Bonjour à toutes et à tous ! J'espère que vous allez bien =) On se retrouve aujourd'hui pour le vingt-septième chapitre de SAMLP. Plus que trois chapitres après celui-là avant un gros dénouement =) Ce sera un chapitre compliqué mais essentiel pour la suite de l'histoire :)
Tout d'abord, réponses aux reviews reçues depuis le dernier chapitre :
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Zackos : Harry ne va pas vraiment faire de malaise, enfin si mais ... je ne peux pas en dire trop sans spoiler XD Mais il n'en a plus pour longtemps avec ces potions =)
lyraserah : Entièrement d'accord avec toi ! XD Il va avoir du mal à se faire pardonner, le pauvre Draco XD
Meranath : C'est clair, Draco ne l'a pas voulu mais avec son déni, il a blessé des personnes à qui il tient beaucoup :/ Mais ça va aller mieux*-*
Gryffondor : Harry est vraiment au bout du rouleau, oui :/ Sirius va prendre les choses en main dans ce chapitre mais pas forcément de la façon dont on le penserait XD Angelina je la vois vraiment comme un tyran, c'est ce qu'elle est d'ailleurs dans les livres, mais ça va finir par lui porter préjudice ! Draco souffre beaucoup, ce n'était pas un bon jour pour lui, mais rien n'excuse son comportement, ça c'est sûr :/ En effet, Severus ne va pas laisser passer ça, la preuve dans ce chapitre XD
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Merci à vous pour vos reviews, et merci à tous ceux qui suivent cette histoire ! =) Je vais vous laisser découvrir le nouveau chapitre et je vous souhaite une bonne lecture ! =)
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Warning : Ce chapitre est classé M en raison de deux scènes à caractère sexuel.
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27 : Assumer
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(dimanche 05/11) POV Sirius
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Sirius se dirigeait d'un pas raide vers les appartements de Snape. Il était hors de lui. Il avait promis à Harry qu'il ne ferait rien au fils Malfoy mais comme il l'avait plus ou moins dit, il comptait bien faire comprendre à Snape ce qu'il pensait de l'éducation qu'il donnait à son filleul ! Une fois arrivé, il tambourina aussi fort qu'il put à la porte. Snape vint aussitôt ouvrir, comme s'il avait été sur le point de sortir. Ce qui était peut-être le cas, étant donné que c'était l'heure du dîner. Snape sembla agacé de découvrir l'identité de son visiteur.
- Puis-je savoir ce que tu as à t'acharner comme ça sur ma porte ?
- Je voulais te parler.
- Navré mais je m'apprêtais à aller dîner.
- Oui eh bien ça attendra. Ce que j'ai à te dire concerne entre autres ton filleul.
Snape leva un sourcil.
- Tiens donc. J'imagine que si tu viens me déranger à une heure pareille, c'est que ça concerne aussi le tien ?
- Tu imagines bien. Sinon je ne serais pas ici, en effet. Ton filleul a fait quelque chose de grave et je ne pouvais pas attendre pour venir t'en parler.
Ces mots semblèrent inquiéter Snape. Ce fut pourtant d'une voix neutre qu'il invita Sirius à entrer. Ils se rendirent au salon et s'installèrent autour de la table.
- Je t'écoute, dit Snape.
- Tout d'abord, j'aimerais savoir si tu as appris la tolérance à ton filleul. Car je me doute bien que ce n'est pas avec ses parents qu'il a pu acquérir ce genre de valeurs.
- Tout dépend de quel genre de tolérance tu parles.
- La tolérance envers ceux et celles qui aiment les personnes du même sexe.
Snape haussa cette fois les deux sourcils.
- Je n'en ai jamais parlé avec lui mais je n'en ai pas eu besoin puisqu'il est déjà très ouvert d'esprit à ce sujet. Mais tu dois le savoir autant que moi. À moins que tu aies déjà oublié l'affaire Milligan et Parker ?
- Absolument pas. Mais au risque de te décevoir, je crois que ton filleul est un très bon comédien et qu'il faisait simplement son devoir de préfet. En plus, la victime dans cette affaire était un de ses meilleurs amis. Il n'a juste pas supporté que ces deux Serdaigle s'en prennent à lui. Mais il devait se moquer complètement de la raison pour laquelle ils ont agressé son ami. Vu qu'il n'aime visiblement pas les personnes gay.
- C'est faux, asséna Snape.
- Ah oui ? Alors pourquoi s'en est-il pris à Harry à cause de son orientation sexuelle ?! demanda sèchement Sirius.
- Mais qu'est-ce que tu racontes ? s'énerva Snape.
- Ton filleul a lancé des insultes homophobes à Harry ! Il lui a demandé de ne pas poser ses sales pattes sur lui comme s'il avait peur de se faire contaminer par l'homosexualité, il l'a traité de sale gay, il lui a dit qu'il n'était pas du même bord que lui et que lui était un vrai mec contrairement à Harry !
Snape sembla choqué par les paroles de Sirius.
- Tu mens, lâcha-t-il.
- J'aimerais bien mais non, rétorqua Sirius. Sinon ça voudrait dire que Harry m'a menti et je sais très bien que ce n'est pas le cas. Il était trop blessé et en colère pour avoir pu inventer des propos pareils.
- Justement, sous le coup de la colère on peut exagérer les choses, répliqua Snape.
- Non, tu ne dirais pas ça si tu avais entendu Harry, dit tristement Sirius.
- Alors Draco serait devenu du jour au lendemain un élève homophobe qui s'en prend à son propre binôme ? Alors que leurs relations s'étaient grandement améliorées ? Tu ne trouves pas ça un peu gros ?
Sirius dut admettre que Snape avait raison. Mais il savait pourtant que Harry avait dit la vérité. Il commença alors à se demander si Malfoy n'avait pas parlé sous le coup de la colère ou quelque chose dans le genre. Cela n'excuserait rien pour autant mais ça expliquerait le soudain changement de comportement du Serpentard. Tout ce que Sirius voulait, c'était que Snape parle à son filleul. Il s'exhorta donc au calme, sachant qu'il n'obtiendrait rien en s'énervant.
- Écoute, je reconnais que, jusque-là, Draco n'avait rien d'un élève homophobe. Il semblait même prêt à faire des pieds et des mains pour que Milligan et Parker paient pour l'agression qu'ils ont commise sur son ami Théo. Et Harry ne m'a jamais dit que Draco avait l'air gêné par le fait qu'il était gay. Même moi je vois bien que ça ne lui pose pas de problème en cours d'être assis à côté de Harry. Mais je te promets que Harry m'a pourtant dit la vérité et que Draco l'a vraiment insulté sur son orientation sexuelle. Je ne connais pas le contexte exact, ton filleul était peut-être dans un mauvais jour, il était peut-être irrité à cause de la défaite de son équipe, il avait peut-être des soucis qui le préoccupaient... Il y a tout un tas de raisons qui puissent expliquer pourquoi il s'est conduit de la sorte. Mais ce n'est pas à moi d'en parler avec lui. Je ne suis ni son parrain, ni son directeur de maison.
Snape regarda un long moment Sirius. Puis il soupira.
- D'accord, je vais le convoquer. Mais il faut s'attendre à ce qu'il nie. Je vais essayer d'insister mais je ne pourrai rien faire si au bout d'une heure il affirme toujours être innocent.
- Je te serais déjà reconnaissant de tenter de le faire parler. Et de ne pas ignorer les accusations de Harry. Je sais que la situation est doublement difficile pour toi puisque l'élève que tu hais le plus accuse ton filleul mais les faits sont trop graves pour être ignorés.
- Je suis bien d'accord, aussi étonnant que cela puisse paraître. Avais-tu autre chose à me dire ?
- À la base non, mais puisque je suis là... Est-ce que tu as remarqué un changement dans le travail de Harry ?
- Il m'a rendu un très bon échantillon avant-hier et son compte rendu était tout aussi bon. Je n'ai pas encore demandé aux cinquième année de rendre un devoir individuel depuis notre mise au point donc je ne peux pas encore juger son travail à ce niveau-là. Mais si ton filleul a décidé de retrouver son vrai niveau en pratique, il n'y a pas de raison pour qu'il continue à faire semblant d'être nul en théorie.
- Tant mieux, ça me rassure. Et... euh... Non, rien, il ne faut pas trop abuser non plus.
- Black, si tu as des questions, profite d'être là pour me les poser.
- Ça ne sert à rien, je sais très bien que tu ne pourras pas me répondre. Mieux vaut que je demande ça à des professeurs qui ont toujours eu de bons rapports avec Harry.
Snape sembla irrité par cette décision.
- Tu comptes me reprocher encore longtemps le comportement que j'ai eu envers ton filleul durant ses quatre premières années ? s'agaça-t-il.
- Ce n'est pas ça, répliqua Sirius. Bon, si tu veux savoir, je voulais te demander si tu avais remarqué des signes de fatigue chez Harry. Parce que moi, oui, et Remus aussi. On en a parlé à Harry mais il nous a dit que ça allait bien, qu'il manquait juste d'un peu de sommeil et qu'il n'y avait pas de raison de s'en faire. Sauf que Remus et moi voyons bien que c'est plus sérieux que ce qu'il veut nous faire croire. Mais nous ne sommes pas médicomages donc nous ne pouvons rien affirmer. C'est pour ça que je me demandais si, toi, tu avais remarqué quelque chose. Mais c'est stupide puisque je me doute bien que tu ne fais pas attention à Harry en cours.
- Navré mais je vais te décevoir, ironisa Snape. Contrairement à ce que tu penses, j'ai moi aussi constaté la fatigue de ton filleul. Puisque nous sommes trois à l'avoir remarqué, je pense que c'est le cas aussi pour les autres professeurs. Après, comme il ne pique pas du nez durant les cours et qu'il semble écouter malgré tout, je n'ai pas eu de raison de le réprimander.
- Mais c'est quand-même inquiétant, non ?
- Comment veux-tu que je le sache ?
- Je sais que tu as un diplôme de médicomage, répliqua Sirius, agacé. Tu as donc forcément un avis sur la question.
- Au cas où tu aurais oublié, ici je suis professeur, lâcha froidement Snape. Mon rôle est d'apprendre aux élèves l'art rudimentaire des potions, et non pas de surveiller leur moral ou leur état de forme. J'outrepasse déjà mes fonctions en m'occupant d'un élève car je l'ai soigné durant l'été et je me voyais mal le refourguer à l'infirmière, sachant que cet élève a besoin de stabilité et de se sentir en confiance. Si je dois surveiller et m'occuper de tous les élèves qui présentent des signes de fatigue, autant ouvrir mon propre cabinet ici et démissionner de mon poste de professeur !
Il y eut un long silence avant que Sirius ne réponde :
- Qu'est-ce qui t'en empêche ?
Snape le regarda comme s'il était soudain devenu fou.
- Tu te moques de moi ?!
- Pas du tout. C'est visiblement ce que tu as de mieux à faire. Pour que tu outrepasses tes fonctions de professeur, comme tu dis, pour t'occuper d'un élève ou plutôt, d'un patient, c'est que tu dois être attaché à ton métier de médicomage. Je dirais même que tu dois l'aimer. Alors que ça ne semble pas être le cas pour ton métier de professeur. Franchement, pourquoi tu continues à enseigner alors que tu n'aimes pas ça ?
- Je n'ai jamais dit que je n'aimais pas enseigner, rétorqua Snape.
- Tu n'as pas besoin de le dire pour que ça se voit, répondit Sirius du tac-au-tac. Tu ferais plaisir à tout le monde en renonçant à ton poste de professeur. Les élèves se porteraient bien mieux avec un enseignant qui aime son métier et toi, tu pourrais te consacrer au métier qui te plaît.
- J'aimerais, Black. J'aimerais. Mais ce n'est pas aussi simple que tu sembles le croire.
Sirius soupira.
- Si tu ne fais pas d'efforts, aussi... Le bonheur ça ne tombe pas tout cuit dans le bec, hein. C'est ton droit de vouloir rester malheureux toute ta vie mais le problème c'est que tu fais payer des élèves qui n'ont rien demandé. Bon, je vais y aller. Je n'aurais pas dû rester aussi longtemps. J'ai eu ce que je voulais, après tout. Tu vas parler à ton filleul, c'est tout ce qui compte. Le reste ne me regarde pas. Salut.
Sirius se leva et sur ces mots. Il s'apprêtait à sortir du salon lorsque la voix de Snape s'éleva :
- Je vais parler à ton filleul également, Black. Je ne voudrais pas qu'il fasse un malaise en plein cours et que tu m'accuses de n'avoir rien fait avant. Je ne tiens pas à t'avoir sur le dos.
Sirius, qui s'était figé sans se retourner, esquissa un sourire moqueur que Snape ne put pas voir. Il n'était pas dupe. Snape disait peut-être la vérité, mais la vraie raison pour laquelle il acceptait de parler à Harry, c'était qu'il n'avait pas pu résister à l'envie d'exercer son métier de médicomage. Mais peu importe. Une fois de plus, Sirius avait obtenu ce qu'il voulait. Soit Snape était dans son bon jour, soit c'était le jour de chance de Sirius.
- Merci, Snape.
Le sourire toujours aux lèvres, Sirius quitta le salon, puis les appartements de Snape. Il rejoignit les siens et fut soulagé de voir que Remus et Harry étaient toujours là. Il était plus de dix-neuf heures, ils auraient donc très bien pu aller dîner.
- Alors, comment ça s'est passé ? demanda Harry, l'air inquiet.
- Eh bien, mieux que je ne l'espérais, avoua Sirius. C'était un peu houleux au début mais nous avons tout de même réussi à discuter calmement. Il a accepté de parler à Malfoy.
- Il pourra toujours dire que je mens et Snape le croira sûrement, supposa Harry, amer.
- Non, ça a été dur de le convaincre mais il a fini par croire à tes accusations, assura Sirius. Il est un directeur de maison comme les autres. Il a d'abord voulu défendre son élève. Mais il fera en sorte de faire dire la vérité à Malfoy.
- Donc il y a des chances que le binôme de Harry doive s'excuser ? intervint Remus.
- Je pense, oui.
- Remus m'a dit que si c'était le cas, je devrais être là, dit Harry en grimaçant.
- C'est vrai. Il faut bien que tu le revois, de toute façon. Tu es en binôme avec lui, je te rappelle. Tu es assis en cours à côté de lui, ce qui signifie que tu devras le revoir dès demain matin.
- Je sais, soupira Harry. Mais pendant les cours, je ne suis pas obligé de faire attention à lui. Je peux faire comme s'il n'existait pas. Mais je n'ai pas envie de parler de tout ça. Je préfère oublier pour le moment. Je vais aller dîner. Bonne soirée et merci pour tout.
Harry s'en alla sur ces mots. Sirius voulut le retenir mais Remus l'en empêcha.
- Laisse-le, il ne faut pas le brusquer. Pendant que tu n'étais pas là, il m'a bien fait comprendre qu'il voulait se changer les idées. Je n'ai pas cherché à parler plus longtemps de ce qui s'était passé. Il aurait esquivé le sujet et il aurait fini par se refermer sur lui-même. Il ne veut vraiment pas en parler.
- Mais il faut bien que les choses s'arrangent avec son binôme... Or là il ne veut carrément plus lui adresser la parole...
- Il est en colère et sous le choc. Mais aussi et surtout profondément blessé. Mais ça va lui passer. Demain il sera plus calme et il verra les choses sous un autre angle. Il faut juste lui laisser du temps. En tout cas je suis content de voir que tu n'es pas dans le même état d'esprit que lui.
- J'ai réfléchi quand j'étais chez Snape. Je me suis dit qu'il y avait peut-être quelque chose qui avait poussé Malfoy à réagir au quart de tour et à se montrer aussi insultant. Même si ça n'excuserait rien.
- Je pense la même chose. J'ai essayé de raisonner un peu Harry avant de le laisser tranquille avec ça et il m'a dit qu'il avait besoin d'y réfléchir calmement. Je crois vraiment qu'il doit y penser à tête reposée pour y voir plus clair. Ça va s'arranger, crois-moi.
- Je l'espère. Bon, et si nous allions dîner ? Si on tarde trop il n'y aura plus personne dans la Grande Salle.
- Et je manquerais à mes devoirs de directeur de maison en n'ayant pas pu surveiller mes élèves de Gryffondor, dit Remus. Alors que c'est quand-même lors des repas qu'on peut voir comment vont les élèves.
- Il t'est déjà arrivé de voir qu'un élève n'allait pas bien lors d'un repas ? demanda Sirius, curieux.
- Oui, quelques fois. Dans ces cas-là j'attends d'avoir cours avec cet élève et je demande à lui parler à la fin de ce cours. Jusque-là ils se sont tous confiés à moi et il n'y avait rien de trop, trop grave. Mais il fallait quand-même en discuter. Au fait, est-ce que tu as parlé à Brian depuis la réunion qu'on a eue avec tous les professeurs à propos de la fatigue des élèves ? C'était il y a un mois mais je n'ai plus eu le temps d'y penser.
- Eh bien moi non plus, avoua Sirius. Enfin si, j'y ai pensé, mais je n'ai pas eu le temps de lui parler. J'ai voulu, pourtant. Mais j'ai l'impression que, depuis cette réunion, il me fuit. Quand tout le monde était parti, j'étais allé le voir et j'avais essayé de le questionner sur son intégration. Il était mal à l'aise, ça se voyait. Je n'avais pas réussi à lui soutirer grand-chose. Il était vite parti. À mon avis il sait que je me doute que ça ne se passe pas très bien pour lui et il n'a pas envie d'en parler. En plus, quand Théodore était venu me voir à la fin d'un cours pour me parler de Harry, il m'a clairement fait comprendre que son professeur de Défense Contre les Forces du Mal manquait d'autorité. Ça je ne t'en avais pas parlé car j'étais obnubilé par les soucis de Harry avec Snape et c'était tout ce qui comptait pour moi à ce moment-là. Et ensuite j'ai oublié de te parler de Brian. Pourtant j'avais dit à Théodore que je m'en occuperais.
- Tu es débordé, c'est normal qu'il y ait des choses qui te sortent de la tête.
- Oui mais notre collègue a visiblement besoin d'aide alors je ne vais pas le laisser tomber.
Une idée traversa soudain l'esprit de Sirius.
- Oh, je sais ce que je vais faire. Le week-end prochain, je vais lui proposer d'aller boire un verre dans un bar. J'imagine qu'on a le droit de sortir de Poudlard, de temps en temps ?
- Bien sûr, je pense qu'on deviendrait vite fous si on restait enfermés dans le château pendant toute l'année. Je pense d'ailleurs que je vais bientôt faire comme toi et que je vais profiter d'un week-end pour prendre quelques heures pour moi.
- Tu vas faire quoi, exactement ?
- Me promener dans Londres, je pense. Et sûrement aller faire un tour sur le Chemin de Traverse. Mais je vais éviter de m'absenter d'ici le même jour que toi. Il faut que l'un de nous reste ici au cas où Harry aurait besoin de nous.
Sirius sourit, attendri.
- Tu t'es vraiment attaché à lui.
- Comment peut-on faire autrement, franchement ? Bon, on ferait vraiment mieux d'y aller.
- Oui, allons-y.
Sirius et Remus sortirent de leurs appartements et se rendirent à la Grande Salle. Lorsque Sirius s'installa à sa place habituelle, il scruta la table des Gryffondor et fut déçu de ne pas y voir Harry. Il était sans doute déjà parti. «Il a quand-même fait vite pour manger» se dit-il, perplexe. Il se mit à manger en espérant que Harry ne leur avait pas menti et qu'il était réellement allé dîner...
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(lundi 06/11) POV Severus
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Severus détestait parfois son statut de directeur de maison. Il n'avait pas d'autre choix que de convoquer Draco après ce que Black lui avait dit la veille. Il aurait préféré ne pas avoir à faire ça mais il n'avait vraiment pas le choix. En plus, Black avait réussi à lui mettre le doute. Il ne voulait pas croire que Draco ait réellement insulté Potter mais au fond de lui, il savait que ce dernier n'aurait jamais porté de telles accusations alors que c'était faux, même sous le coup de la colère. Il devait donc à tout prix avoir une discussion avec Draco. D'une, pour en avoir le coeur net, et de deux pour le rappeler à l'ordre s'il s'avérait que Potter disait la vérité.
Heureusement, ce jour-là, Draco n'avait ni de ronde, ni d'entraînement de Quidditch. Severus put donc le convoquer à dix-sept heures, après la fin de son cours avec les deuxième année. Finissant les cours à quatorze heures le lundi, Draco attendait déjà derrière la porte lorsque Severus libéra ses élèves. Il invita Draco à entrer et le fit asseoir devant son bureau.
- Tu te doutes peut-être de la raison pour laquelle je veux te parler ? demanda-t-il de but en blanc.
- J'ai une vague idée, oui, marmonna Draco.
Severus ne savait pas ce qu'il avait espéré en posant cette question. Si Draco n'avait rien fait, il n'aurait pas dû se douter pourquoi Severus le convoquait. Il décida donc de ne pas y aller par quatre chemins.
- Bon, je vais être franc avec toi. Hier, j'ai reçu la charmante visite du parrain de ton binôme. Potter s'est plaint auprès de lui de propos que tu aurais prononcés à son égard. Des propos insultants visant son homosexualité. Est-ce exact ?
- Oui, murmura Draco.
Severus en resta comme deux ronds de gallion. Il n'était pas prêt à... ça. Il ne s'attendait pas à ce que Draco avoue aussitôt. Il pensait qu'il aurait d'abord nié avant d'avouer... ou pas. Car Severus avait gardé l'espoir que Draco n'ait rien fait. Or, là, il lui balançait direct que les accusations de Potter étaient fondées. Il était choqué, déçu, et en colère.
- Donc tu as bel et bien insulté ton binôme ? Puis-je savoir pourquoi tu as fait ça ? demanda-t-il sèchement.
- Je ne l'ai pas voulu, c'est sorti tout seul, plaida Draco. Je n'ai pas pensé un seul mot de ce que je lui ai dit.
- Pourquoi les as-tu prononcés, alors ?. Tu sais que c'est grave, au moins ? Que ce sont ni plus ni moins des insultes homophobes que tu as proférées ?
- Oui mais je viens de te dire que je ne les pensais pas, insista Draco.
- Ça ne change rien à la situation, répondit Severus. Je suis désolé mais je ne peux pas laisser passer ça. C'est grave de tenir de tels propos envers quelqu'un. Je n'arrive pas à comprendre comment tu as pu te conduire de la sorte. Est-ce que tu as quelque chose contre les personnes gay ?
- Non ! s'écria Draco. Théo est gay et il est toujours mon ami !
- Pourtant, à travers les insultes que tu as lancées envers Potter, c'est aussi Théo que tu as visé.
- Je sais, répliqua Draco d'un ton sec. Mais je ne voulais pas le blesser. Ni lui, ni Potter, ni qui que ce soit d'autre.
- Alors pourquoi t'es-tu laissé aller à un tel comportement envers Potter ?
- Je ne sais pas.
Severus soupira. Il avait besoin de comprendre ce qui avait poussé Draco à avoir une attitude aussi répréhensible mais il ne semblait pas vouloir apporter de réponses aux questions que Severus lui posait. Il décida d'y aller autrement.
- Qu'est-ce qui s'est passé exactement ? J'ai la version de Black mais je ne sais pas ce que je dois croire et ce que je dois laisser de côté. Il m'a juste dit que tu avais insulté son filleul. Déjà, on va se mettre au clair sur les insultes en question. Quelles sont celles que tu as lancées à ton binôme ?
- Je suis vraiment obligé de te les répéter ? grimaça Draco.
- Oui, c'est important que je le sache et tu dois de toute façon assumer.
Draco céda et rapporta les insultes qu'il avait prononcées à l'encontre de Potter. Severus fut choqué de les entendre de la bouche de son filleul et de constater que Black – ou plutôt Potter – avait là aussi dit la vérité.
- Merci pour ton honnêteté, dit Severus d'un ton neutre. Maintenant dis-moi ce qui s'est passé avant que tu n'insultes ton binôme. Il y a forcément un contexte qui t'a poussé à te conduire de la sorte.
- C'est parti d'un quiproquo. Enfin, de deux quiproquos. On était en train de parler de nos équipes quand Potter m'a demandé si ça se passait bien avec Graham. Il nous a vus parler après le match et il a bien compris que Graham me faisait des reproches. À un moment, il a voulu me dire qu'il avait cru que Graham allait m'attraper par le col et moi j'ai bêtement pensé qu'il allait me dire qu'il avait cru que Graham allait m'embrasser. J'ai appris récemment que Graham était gay, ça a été un choc pour moi alors j'ai un peu trop surréagi en me méprenant sur ce qu'allait dire Potter. On s'est expliqués et juste après, Potter s'est d'un coup rapproché de moi. Je crois qu'il voulait enlever quelque chose que j'avais dans les cheveux. Mais sur le moment je me suis fait des idées, j'ai pris peur, je l'ai violemment repoussé et c'est là que je lui ai dit toutes ces insultes. Je sais que j'ai fait n'importe quoi et je le regrette vraiment. Si je pouvais revenir en arrière je le ferais. Je veux m'excuser auprès de lui mais je sais qu'il n'acceptera pas aussi facilement de m'écouter.
- Ça, son directeur de maison s'en occupera quand j'aurai parlé de tout ça avec lui. Mais j'aimerais d'abord revenir sur ce que tu viens de me dire. Si j'ai bien compris, tu n'as pas supporté que Potter se soit soudainement rapproché de toi ?
- C'est ça.
- Qu'est-ce que tu as ressenti à ce moment-là ? Du dégoût ?
- Non ! Je ne suis pas homophobe, Severus ! s'énerva Draco. J'ai juste... j'ai juste eu peur.
- Peur ? Pourquoi ? L'homosexualité n'est pas contagieuse, tu sais. Ce n'est pas parce que Potter allait te toucher les cheveux que tu allais soudain te retrouver attiré par la gente masculine.
- Je sais, répliqua Draco d'un air agacé. J'ignore vraiment ce qui m'est passé par la tête. Je ne sais pas de quoi j'ai eu peur.
Severus regarda Draco pendant de longues secondes.
- Tu sais que cette réaction n'est pas normale ? Tu me dis que tu n'as rien contre les personnes gay, que tu n'en es pas dégoûté et pourtant tu as eu peur quand Potter s'est un peu trop rapproché de toi pour t'enlever quelque chose dans les cheveux. Avoue qu'il y a de quoi se poser des questions.
- Oui, j'en ai bien conscience. Mais je n'ai pas d'explications.
Severus voyait bien que Draco lui cachait quelque chose mais il savait que cela n'allait servir à rien d'insister pour le moment.
- Bien. Je crois qu'il est inutile d'en parler davantage pour aujourd'hui. Néanmoins, c'est une bonne chose que tu veuilles t'excuser auprès de ton binôme car c'est exactement ce que tu vas devoir faire. Ça se fera en ma présence et celle du professeur Lupin. C'est lui qui fera en sorte de convaincre Potter de t'écouter. Tout ça est-il clair ?
Draco acquiesça.
- Bien, tu peux y aller.
Draco se leva. Alors qu'il se dirigeait vers la porte du cachot, il se retourna.
- Je suis vraiment désolé, Severus. Je regrette réellement ce que j'ai fait.
Severus vit dans le regard de son filleul à quel point celui-ci était sincère. Il sut alors que Draco disait la vérité et qu'il n'avait pas une seule seconde pensé les insultes qu'il avait proférées envers son binôme.
- Je te crois, dit Severus. J'aurais juste aimé que tu me dises vraiment tout. Ma porte reste toujours ouverte si tu veux me parler de ce que tu gardes pour toi.
- Merci, murmura Draco. Passe une bonne soirée.
Il tourna de nouveau les talons et quitta le cachot. Severus soupira. Il avait l'impression que cette convocation n'avait pas servi à grand-chose. De plus, il venait de se rendre compte que Draco ne semblait pas aller très bien. Il regretta de ne pas en avoir profité pour lui demander comment il gérait les nouvelles concernant la traque de ses parents. Mais il savait que c'était un sujet plus que sensible. Il avait essayé une fois d'en parler avec lui et Draco s'était littéralement replié sur lui-même. Cela aurait été sûrement pareil cette fois-ci. Surtout que Severus venait un peu de le disputer à cause de son comportement. Draco n'aurait donc pas vraiment été d'humeur à se confier. Severus repensa alors à ce que lui avait dit Black la veille. Il lui avait suggéré de démissionner de son poste de professeur pour se consacrer à son métier de médicomage. Severus n'avait pas attendu Black pour y penser. Il y avait songé plus d'une fois. Mais ce qui s'était passé avec Draco était la preuve s'il en fallait une qu'il ne pouvait pas laisser tomber Poudlard pour Sainte-Mangouste. Il ne pouvait pas s'en aller de Poudlard tant que Draco y était encore. Son filleul avait besoin de lui, surtout dans cette période compliquée pour lui. Draco savait que ses parents allaient bientôt être arrêtés, il ne pouvait pas affronter ça tout seul. Severus devait être auprès de lui. Il était hors de question qu'il fasse passer ses préférences professionnelles avant le bien-être de son filleul. De toute façon, il savait que Dumbledore n'allait pas le laisser partir aussi facilement. Ils étaient liés par un contrat et Severus était bien conscient que Dumbledore le tenait avec ça. Quatorze ans plus tôt, Severus avait accepté de devenir professeur de potions à Poudlard et en échange, Dumbledore l'avait innocenté auprès du Magenmagot en assurant que Severus était devenu un Mangemort afin de lui servir d'espion. Si Severus venait à démissionner, Dumbledore pourrait très bien décider de revenir sur ses déclarations. Cela signifierait la fin de la liberté de Severus. Il allait de nouveau passer devant le Magenmagot et cette fois, il serait jugé comme un vrai Mangemort. Dumbledore ne serait plus là pour lui sauver la mise. Severus ne pourrait plus justifier ses trois années passées au service du grand mage noir. Il allait être envoyé à Azkaban, au même titre que les autres Mangemorts. Et ça, Severus ne pouvait pas s'y résoudre. Son poste de professeur était son moyen de rester libre. Cela était ironique puisque Severus se sentait pourtant enfermé dans ce métier qu'il n'avait jamais voulu exercer. Un mois plus tôt, il refusait de se l'admettre mais là, il était bien obligé de reconnaître qu'il n'avait jamais aimé ce métier. Il aurait pu l'apprécier s'il avait choisi lui-même de devenir professeur mais ce n'était pas le cas. On l'y avait forcé. Et Dumbledore n'accepterait jamais de se passer de lui. Severus lui était bien trop utile. Il faisait tout ce que Dumbledore lui demandait car il avait peur de ce que pourrait faire le vieil homme s'il refusait. Et Dumbledore savait très bien tout ça. Et il en jouait. Il en profitait. Jamais il n'irait chercher un autre professeur de potions alors qu'il avait Severus qui était prêt à obéir à tous ses ordres. C'était pour cette même raison que Severus avait accepté de surveiller et de protéger Potter. Parce que Dumbledore le lui avait demandé. Le vieil homme avait joué sur la corde sensible en lui disant que Potter avait les yeux de Lily, la femme que Severus avait toujours aimée et qu'il aimait encore, même si elle n'était plus là. Severus était donc complètement soumis à Dumbledore et c'était pour cela qu'il savait qu'il ne pourrait jamais quitter Poudlard et retrouver le métier qui lui avait toujours plu et qu'il avait toujours voulu exercer. C'était triste mais Severus s'était fait une raison. Il ne serait jamais entièrement libre. Son métier était son fardeau et il allait devoir le supporter pendant de nombreuses années encore.
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(mardi 07/11) POV Harry
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Harry était énervé. Il avait prévu de retrouver Adrian ce jour-là dix-sept heures mais il avait dû décaler d'une heure leur rendez-vous puisqu'il devait assister aux excuses que Malfoy voulait lui faire. Et ce, devant Remus et Snape. Lorsqu'il avait appris que ces excuses devraient se faire en la présence de ses deux professeurs, Harry s'était senti irrité à l'idée que Snape sache tout. Il savait que Sirius lui en avait parlé mais le réaliser pleinement avait fait naître en lui un sentiment de honte. Il ne voulait pas que tout le monde sache que Malfoy l'avait insulté. Heureusement, les Serpentard qui avaient assisté à la scène n'avaient pas ébruité l'affaire. Harry soupçonnait Parkinson d'y avoir mis son grain de sel. Il avait cru comprendre qu'elle n'hésitait pas à user de son statut de préfète quand c'était nécessaire. Elle avait dû demander aux Serpentard de se la fermer et elle avait visiblement été entendue.
Ce fut donc d'un pas traînant que Harry se rendit à la salle des professeurs, lieu où devaient se tenir les excuses. Remus et Snape avaient préféré choisir un endroit neutre, ce que n'était pas la salle de cours de chacun des deux professeurs. Lorsqu'il arriva, il vit que Malfoy était déjà là, tout comme Remus et Snape. Ce fut Remus qui l'invita à entrer. Harry s'avança en évitant délibérément le regard de Malfoy.
- Merci à tous les deux d'être venus, dit Remus. Nous savons que vous avez des choses à faire mais il était indispensable que cette rencontre ait lieu.
Remus laissa la parole à Snape qui s'adressa à Harry.
- M. Potter, M. Malfoy souhaite vous présenter ses excuses pour le comportement qu'il a eu envers vous avant-hier. Allez-y, M. Malfoy.
Harry sentit le regard de Malfoy se poser sur lui. Il voulut faire l'effort de lever les yeux vers lui mais il le regretta en voyant le regard empli de culpabilité de Malfoy. Il n'était pas prêt à voir ça dans les yeux de son binôme. Celui-ci ne tarda pas à s'excuser :
- Je voulais te demander pardon pour t'avoir insulté. Je n'aurais pas dû et je le regrette. Les mots ont dépassé ma pensée. Je comprendrais que tu ne veuilles pas me pardonner mais je veux que tu saches que je suis vraiment désolé.
- D'accord, j'accepte tes excuses, répondit Harry d'un ton affreusement neutre. C'est tout ? On peut y aller ?
Remus et Snape se regardèrent, l'air indécis. Snape finit par hausser les épaules. Remus soupira.
- Oui, on ne va pas vous retenir plus longtemps.
- Merci, professeurs. Bonne soirée, à demain.
Harry s'empressa de quitter la salle, comme s'il avait peur que Snape et Remus ne changent d'avis et le retiennent. Il voulait mettre le plus de distance possible avec Malfoy. Il n'avait cependant pas prévu que celui-ci le suivrait, ou, plutôt, qu'il l'appellerait :
- Potter, attends !
Harry ne se retourna pas. Il entendit Malfoy courir derrière lui. Il le rattrapa très vite et retint Harry en agrippant son poignet. Harry fit brusquement volte-face.
- Qui t'a dit que tu pouvais me toucher, Malfoy ? Je croyais d'ailleurs que mon contact te rebutait ?
- Non, c'est faux. C'est justement pour ça que je veux te parler. Pour t'expliquer.
- Ça ne m'intéresse pas.
Harry reprit son chemin mais Malfoy ne lâcha pas l'affaire et vint se planter devant lui, lui barrant ainsi le passage.
- S'il te plaît, donne-moi une chance. Je veux juste que tu m'écoutes et ensuite je te promets de te laisser tranquille.
- Je n'ai pas envie de t'écouter, Malfoy.
Harry voulut de nouveau se remettre en route mais Malfoy lui attrapa une nouvelle fois le poignet.
- Attends... Harry.
Harry se figea. Ce n'était qu'un murmure mais il avait pourtant bien entendu. Malfoy l'avait appelé Harry. Malfoy l'avait appelé par son prénom. Il ne l'avait pas fait une seule fois depuis qu'ils se connaissaient. Si bien que c'était presque intime, venant de la part de Malfoy. Harry ne pouvait pas l'ignorer alors qu'il venait de faire ce qu'en quatre ans, il n'avait jamais fait. Malfoy devait vraiment vouloir lui parler pour en être arrivé là. Et puis, il y avait aussi le ton sur lequel il avait prononcé ces mots. Un ton suppliant. Harry n'y tint plus et se retourna. Le regard sur lequel il tomba le déstabilisa au plus profond de son être. La tristesse, la douleur et le remords se lisaient dans les yeux de Malfoy. Harry s'en voulut d'être la cause de tout ça. Il oublia quelque peu sa rancoeur et mit son orgueil de côté :
- Tu as vraiment l'air décidé à me parler alors vas-y, je t'écoute.
- Je préférerais qu'on aille dans un endroit plus tranquille.
- Tu n'as pas peur que je te saute dessus et que je pose mes sales pattes sur toi ?
Harry regretta aussitôt ses paroles en voyant l'air blessé de Malfoy. Celui-ci tenta alors de rectifier ses propos :
- Je voulais dire un endroit plus calme pour qu'on ne soit pas dérangés. Mais pas dans le sens que tu crois ! Un endroit à l'abri des oreilles indi... Oh et puis zut, laisse tomber. Désolé de t'avoir dérangé.
Malfoy voulut partir mais cette fois, ce fut Harry qui le retint.
- Non, reste.
Malfoy se retourna. Il avait les yeux baissés mais Harry vit pourtant qu'ils brillaient de larmes contenues. Le coeur de Harry se serra à cette vision. Il n'avait jamais vu Malfoy comme ça. Il avait vraiment l'air au fond du gouffre. Harry réalisa à ce moment-là que Malfoy ne mentait pas quand il disait qu'il s'en voulait pour ce qu'il lui avait dit. Peut-être devait-il donc écouter ses explications ? Et ce, sans le rembarrer à chaque phrase qu'il prononçait ?
- Je vais faire un effort, promit Harry. Où veux-tu aller ?
Malfoy sembla soulagé.
- Je pense qu'on sera plus tranquille dans une salle de classe. Elles sont toutes vides, à l'heure qu'il est.
Harry acquiesça et suivit Malfoy. Ils montèrent plusieurs étages et se réfugièrent dans une salle de classe abandonnée.
- Je t'écoute, dit Harry pour la deuxième fois.
Malfoy prit une inspiration et se lança.
- J'étais sincère quand je me suis excusé devant le professeur Lupin et le professeur Snape. Je m'en veux vraiment de t'avoir insulté et de t'avoir blessé. J'aimerais remonter en arrière et effacer ce que j'ai dit. Parce que je ne le pensais pas.
- Alors pourquoi m'as-tu lancé toutes ces insultes ? demanda douloureusement Harry.
- Parce que je me suis fait des idées quand je t'ai vu t'approcher de moi d'un coup.
- Tu pensais que j'allais t'embrasser ?
- Oui, avoua franchement Malfoy.
- Mais je n'aurais jamais fait ça, voyons ! Je suis en couple, je te rappelle. J'aime trop Adrian pour aller embrasser quelqu'un d'autre. Je n'en ai pas envie, de toute façon. Il n'y a que lui que je veux embrasser. Et puis, je n'aurais jamais embrassé quelqu'un d'hétéro.
- Ce n'est pas ce que tu aurais fait.
Harry cligna des yeux, surpris.
- Comment ça ? Je ne comprends pas, là.
- Ce n'est pas quelqu'un d'hétéro que tu aurais embrassé.
Harry regarda Malfoy, perplexe.
- Excuse-moi mais... je ne comprends toujours pas.
Malfoy soupira.
- Je t'ai menti quand je t'ai insulté. J'ai dit que je n'étais pas comme Pucey, Montague et toi mais c'était faux. Je suis comme vous. Je suis gay.
Harry eut l'impression qu'une chape de plomb venait de lui tomber sur la tête. Il ne s'attendait pas du tout à ça. Il avait du mal à y croire. Il fut tenté de penser que Malfoy se moquait de lui mais cela n'aurait aucun sens. Pourquoi Malfoy lui dirait-il qu'il était gay si c'était faux ? Ce serait totalement absurde.
- Mais... pourquoi as-tu réagi comme ça, alors ? demanda Harry, désespéré de ne pas comprendre.
- Parce qu'à ce moment-là, j'étais encore complètement perdu concernant mon orientation. Cela faisait une semaine que j'avais commencé à me poser des questions mais je refusais de l'admettre. Tu avais raison sur un point, quand tu m'as parlé de Montague juste avant que je te repousse. Il est attiré par moi. Il me l'a prouvé en m'embrassant à deux reprises. C'était lundi et mercredi de la semaine passée. J'ai aimé ces deux fois mais je l'ai pourtant repoussé car je ne voulais pas l'assumer. Il m'a invité à sa fête d'anniversaire qui avait lieu vendredi et il a maintenu la proposition malgré mes deux rejets. J'y suis allé mais je n'aurais pas dû. Je n'ai pas supporté d'apprendre qu'il allait finir la soirée avec un mec qui était là lui aussi. J'étais jaloux mais ça aussi je n'ai pas voulu l'admettre sur le moment. Je me suis alors saoulé pour oublier. Avant-hier, j'étais donc relativement fragile psychologiquement parlant quant on s'est vus dans ma salle commune. En plus de mes doutes sur mon orientation sexuelle, j'avais complètement foiré le match et il y avait aussi la traque de mes parents qui m'angoissait terriblement. Je sais que ce n'est pas une excuse mais c'est à cause de tout ça que j'ai réagi aussi violemment quand tu t'es rapproché d'un coup de moi. J'étais perdu et à bout de nerfs. J'ai cru n'importe quoi et je t'ai balancé toutes ces insultes alors que je ne les pensais même pas. Je sais que je te l'ai déjà dit mais je suis vraiment désolé.
Harry resta sonné un moment par les explications de Malfoy. Tout était confus dans son esprit. Mais une chose était sûre : il ne lui en voulait plus du tout. Il en était incapable après tout ce que Malfoy venait de lui dire. Il lui avait absolument tout dit, sans aucun filtre. Ce simple fait touchait déjà beaucoup Harry. Cela prouvait que Malfoy lui faisait confiance. Mais il était aussi ému par ses explications en elles-mêmes. Harry comprenait à présent la réaction de Malfoy. Il s'était retrouvé dans une situation très compliquée qu'il n'avait pas su gérer. Il était stressé de toute part avec tout ce qui lui tombait dessus au même moment. Ses doutes sur son orientation, la traque de ses parents, le match qu'il avait totalement raté... Harry s'étonnait que Malfoy n'ait pas craqué plus tôt, en fait. Il ne savait pas comment lui-même aurait réagi à sa place. Il aurait sûrement pété les plombs, lui aussi. Il décida alors d'oublier ce qui s'était passé deux jours plus tôt. Cela le soulagea beaucoup. Il n'avait vraiment pas aimé être ainsi en froid avec Malfoy. Ce nom sonna soudain bizarrement à ses oreilles. Il lui sembla incongru de continuer à appeler et à penser à son binôme par son de famille après ce qu'il venait de lui avouer. En plus, depuis un mois et demi, ils s'étaient relativement rapprochés. Harry ne savait pas comment qualifier leur relation mais il avait l'impression qu'elle tendait plus vers une relation amicale qu'autre chose. Et Harry n'appelait pas ses amis par leur nom de famille. D'autant plus que son binôme l'avait appelé par son prénom. Harry décida alors tout naturellement de faire de même.
- Je ne t'en veux plus, dit-il en souriant. Je comprends que la situation était difficile pour toi. Je suis touché que tu te sois ainsi confié à moi.
- C'était la seule solution que j'avais pour espérer avoir ton pardon, avoua Draco.
- Tu l'as, affirma Harry. Je suis désolé de ne pas avoir voulu t'écouter. J'ai eu tort. Tu as bien fait d'insister. En fait, pour être tout à fait franc, je n'ai pas aimé être en froid avec toi. Notre relation me manquait.
Draco sembla touché par ces mots.
- Ça me manquait aussi, dit-il d'un ton sincère. Sinon je n'aurais pas fait des pieds et des mains pour que tu daignes accepter de m'écouter.
Harry ne put s'empêcher de sourire.
- Les Gryffondor sont têtus, tu le sais bien. Et les Potter sont tout aussi têtus, à ce qu'il paraît. C'est ce que mon parrain n'arrête pas de me dire.
- Je plains tes futurs enfants, alors.
- Merci, Draco. C'est très gentil, ironisa Harry.
Draco le regarda étrangement. Il semblait se demander s'il avait mal entendu. Sachant que, parfois, les mots n'étaient pas nécessaires, Harry se contenta de lui sourire pour lui signifier que, oui, il avait bien entendu. L'émotion se lut aussitôt dans le regard de Draco. Il parut hésiter une demie-seconde avant de se décider et de faire un pas vers Harry. Il fit alors quelque chose à laquelle le Gryffondor ne s'attendait pas du tout : il lui tendit la main. Harry se sentit soudain bizarre. Il eut l'impression d'être revenu quatre ans en arrière. Sauf que ce n'était pas du tout pareil. Les choses avaient considérablement changé. Draco n'était plus le crétin arrogant qu'il était lors de leur première année. Il était devenu quelqu'un avec qui Harry avait vraiment envie d'être ami. Il n'hésita donc pas une seule seconde et serra le plus naturellement du monde la main de Draco. Ce moment fut à la fois simple et solennel et il allait sûrement rester gravé longtemps dans leur mémoire. Cela marquait quelque chose de nouveau. Harry ne put résister à la tentation de faire de l'humour :
- Tu sais, tu n'étais pas obligé de m'insulter et de tout faire pour t'excuser ensuite pour me faire comprendre que tu voulais qu'on devienne amis.
- Je sais mais un simple «Veux-tu devenir mon ami ?» me paraissait beaucoup trop fade et ennuyeux pour deux personnes comme nous. Il fallait marquer le coup.
Harry secoua la tête, amusé. Une question lui vint soudain à l'esprit.
- Euh... je peux te demander quelque chose ?
- Oui, bien sûr.
- Devant les autres... ça donne quoi ?
Draco leva un sourcil. Harry détestait autant cette habitude qu'elle le fascinait. Car il trouvait ça énervant mais il admirait en même temps la grâce avec laquelle Draco faisait ça. Harry devait admettre qu'il y avait quand-même du bon à être un aristo. Cela donnait une certaine classe que Harry était sûr de ne jamais avoir.
- Comment ça ?
- Eh bien... est-ce que tu veux qu'on affiche notre nouvelle amitié ou préfères-tu garder ça secret ? Parce qu'on sait l'un comme l'autre que ça va attirer tous les regards quand on va s'appeler par nos prénoms devant tout le monde. Ça va être forcément gênant autant pour toi que pour moi.
- Sûrement mais je m'en fiche. Que ça leur plaise ou non, ils vont bien finir par s'y faire. Ils n'ont rien à dire, de toute façon. Si quelqu'un fait la moindre remarque, il sera bien accueilli, tu peux me croire !
Harry se mit à rire.
- Je te crois ! Bon, je vais y aller. J'ai rendez-vous à dix-huit heures et ça avance à grands pas.
- Avec un certain Serpentard de septième année, j'imagine ?
- Tout à fait. On devait se voir à dix-sept heures mais nos plans ont été légèrement perturbés.
- Désolé, c'est un peu de ma faute.
- Un peu seulement.
Draco sourit avant de paraître gêné.
- Avant que tu partes, je voudrais juste te demander de garder pour toi ce que je t'ai dit sur Graham.
- Évidemment, pour qui tu me prends ? répondit Harry en levant les yeux au ciel. Je ne répéterai rien à personne, c'est promis.
- Merci.
- De rien, c'est normal, dit Harry en souriant à son tour. On se dit à demain en botanique ?
Draco acquiesça. Harry lui souhaita une bonne fin de journée puis il sortit de la salle de classe. Il se rendit au septième étage et vit qu'Adrian n'était pas encore arrivé. Ce n'était pas plus mal, cela allait laisser du temps à Harry pour se remettre de tout ce qui venait de se passer.
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Adrian arriva une demie-heure plus tard. Il était un peu en retard mais Harry ne lui en tint pas rigueur. Ils entrèrent dans la Salle sur Demande et s'installèrent comme à l'accoutumée sur leur canapé. Adrian réquisitionna aussitôt les lèvres de Harry qui fut un peu surpris mais qui se laissa faire. Il répondit même au baiser qui devint très vite fougueux et passionné. Harry comprit alors que les intentions d'Adrian n'allaient pas rester chastes très longtemps. En fait, c'était rare qu'ils n'en restent qu'aux baisers lorsqu'ils se retrouvaient seuls, que ce soit dans la Salle sur Demande ou dans le dortoir d'Adrian. Leur relation avait d'ailleurs progressé de ce côté-là. Désormais, Harry arrivait à se retrouver en caleçon devant Adrian. Il était toujours un peu gêné au début mais il devait avouer que c'était bien plus pratique pour se caresser l'un l'autre. Car il était également assez à l'aise pour voir Adrian lui aussi uniquement vêtu de son sous-vêtement. Mais ça s'était arrêté là pour l'instant, Harry étant encore trop gêné pour qu'ils soient entièrement nus l'un face à l'autre. Harry ne broncha donc pas lorsqu'Adrian le débarrassa de sa robe de sorcier. Il aida même son petit-ami à enlever la sienne. Les mains d'Adrian trouvèrent vite leur place sous la chemise de Harry qui gémit sous le contact et qui voulut faire de même. Adrian ôta alors sa chemise puis il fit de même avec celle de Harry. Voilà, c'était beaucoup mieux. Ces vêtements étaient vraiment de trop pour pouvoir accéder à la peau de l'autre. Ils purent ainsi se caresser à leur guise et faire monter par la même occasion la température entre eux. Harry se contorsionnait sous Adrian alors que celui-ci lui embrassait son cou tout flattant son ventre et ses hanches. Il frottait sournoisement son entrejambe contre celle de Harry qui se maudissait d'être jeune et de réagir au quart de tour à ce genre de contact. Il se tortilla de plus belle, ce qui amusa Adrian.
- Aurais-tu un problème, par hasard ? se moqua-t-il.
- Oui et c'est à cause de toi !
- Dans ce cas, si c'est de ma faute, je dois peut-être y remédier ?
- Ce serait sympa de ta part, en effet.
- Il suffit de le demander, dit sensuellement Adrian.
Il s'attaqua à la ceinture de Harry, la défit et fit passer son pantalon le long de ses jambes. Il enleva ensuite le sien face à un Harry un peu gêné. Il était toujours impressionné en voyant la bosse qui déformait le caleçon de son petit-ami. Il n'eut cependant pas l'occasion de la regarder longtemps puisqu'Adrian vint se rallonger sur lui. Ils gémirent de concert lorsque leurs virilités se frottèrent l'une contre l'autre à travers leurs sous-vêtements. Cela frustra Harry qui savait que ce serait bien meilleur si elles se rencontraient directement. Mais cela signifiait enlever son caleçon et il ne savait pas s'il était prêt à ça. Adrian continua à onduler contre lui, les faisant tous les deux gémir de plaisir. Harry sentit qu'il allait vite venir, aussi grogna-t-il de frustration quand Adrian arrêta soudain ses mouvements.
- Adrian, j'y étais presque...
- Je sais, c'est pour ça que j'ai arrêté.
Harry haussa les sourcils.
- C'est nouveau ? Tu veux m'empêcher de jouir, maintenant ?
- Non, je veux juste qu'on se donne davantage de plaisir.
Harry se demandait ce qu'Adrian voulait dire par-là quand il sentit ses doigts se poser sur l'élastique de son caleçon. Il se crispa et attrapa les poignets de son petit-ami.
- Attends, je ne sais pas si...
- Je ne vais pas te faire de mal, Harry, coupa doucement Adrian. Je ne veux en aucun cas te forcer mais j'aimerais que tu essaies au moins de me laisser faire. Si tu ne le sens vraiment pas, j'arrêterai, c'est juré. Je sais que c'est une étape importante à franchir mais je te promets que tu peux avoir confiance en moi. J'irai tout doucement pour te laisser le temps de me dire stop. Après, si tu ne veux vraiment pas qu'on essaie, je comprendrais.
Harry ressentit une bouffée d'amour envers Adrian qui se montrait toujours si attentionné envers lui. Jamais il ne le forçait à faire quoi que ce soit. Il cherchait toujours son consentement. Dès qu'ils tentaient quelque chose de nouveau, Adrian faisait tout pour le mettre en confiance. Et il était doué pour ça. Harry avait de la chance d'avoir un petit-ami comme lui. Il savait qu'il pouvait lui faire confiance. Alors il accepta de le laisser faire et donna son assentiment en hochant la tête. Adrian lui sourit et commença à tirer tout doucement le sous-vêtement vers le bas. Comme promis, il lui laissait le temps de tout arrêter s'il le voulait. Mais Harry ne voulait pas l'arrêter. Il se sentait en confiance et il avait envie de franchir ce cap. Il n'interrompit donc pas une seule fois Adrian jusqu'à ce que son caleçon ait atteint ses chevilles. Voilà, il était nu. C'était quand-même un peu gênant. Surtout avec son membre qui était plus qu'au garde-à-vous. Il n'osait même pas se regarder lui-même. Mais Adrian, lui, ne sembla pas trouver cela gênant du tout. Il ne se privait pas de regarder, l'air visiblement conquis par ce qu'il voyait. Il y avait une telle lueur de gourmandise dans ses yeux que Harry crut un instant qu'il allait le manger tout cru. Mais Adrian ne fit rien de tout cela et leva simplement son regard vers celui de Harry en souriant.
- Regarde ailleurs, si tu veux. Je vais enlever le mien.
Harry se sentit rougir comme une pivoine et suivit aussitôt le conseil de son petit-ami en fixant le plafond. Il n'était pas du tout prêt à voir en chair et en os – enfin, surtout en chair – cette partie de l'anatomie d'Adrian. La toucher comme il le faisait depuis environ deux semaines était une chose. La voir en était une autre. Comme il ne regardait donc pas ce que faisait Adrian, il poussa un cri de surprise lorsqu'il s'allongea de nouveau sur lui et que leurs érections se rencontrèrent cette fois directement. Bon sang Adrian avait raison. C'était mille fois mieux. Il bougea de lui-même afin de créer un mouvement de friction, les faisant tous deux fortement gémir. Adrian captura les lèvres de Harry tout en ondulant contre lui et en promenant ses mains sur le corps de Harry. Ils se mirent bientôt à bouger ensemble, ce qui décupla leur plaisir et la sonorité de leurs soupirs et de leurs gémissements. Harry oublia complètement sa nudité, totalement perdu dans le plaisir que cette nouvelle expérience lui offrait. C'était beaucoup trop bon. Il faisait son maximum pour se retenir mais il savait qu'il n'allait pas tenir très longtemps. Les mouvements s'accélérèrent, le baiser s'intensifia, leurs caresses devinrent plus fébriles et ce fut ensemble qu'ils atteignirent la jouissance quelques minutes plus tard. Harry cria en se libérant tandis qu'un voile blanc dansa devant ses yeux. Il se dissipa au fur et à mesure que Harry se remettait de son orgasme. Il n'en revenait pas tant cela avait été fort. Adrian avait eu raison de le pousser un peu. S'il ne l'avait pas fait, dans dix ans, Harry n'aurait toujours pas connu ce plaisir intense. Bon, il exagérait peut-être un peu mais il fallait vraiment qu'il ose aller de lui-même de l'avant. Il gémit en sentant les lèvres d'Adrian se poser dans son cou. Cela ne l'empêcha cependant pas de protester :
- Adrian, je suis rincé là...
- Justement, je m'occupe de te revigorer... J'ai encore très envie de toi, moi...
Harry fut quelque peu troublé par les mots d'Adrian. C'était la première fois qu'il lui disait ça. Un autre gémissement passa la barrière de ses lèvres lorsqu'Adrian entreprit de lui faire un suçon dans une partie très sensible de son cou. Harry affirmait être rincé mais son membre n'était apparemment pas du même avis puisqu'il se réveilla sous les attentions d'Adrian. Harry le traita mentalement de traître et il cria de surprise et de plaisir mêlés lorsqu'une main se posa dessus. Elle exerça de longs va-et-vient qui firent gémir Harry. Mais elle délaissa vite son sexe pour aller s'aventurer vers l'arrière. Harry grogna de frustration et s'apprêtait à réprimander Adrian lorsqu'un doigt se faufila entre ses fesses. La panique l'envahit en même temps que l'excitation retomba. Il repoussa Adrian et se redressa en ramenant ses jambes contre lui. Adrian le regarda, l'air perdu, ne comprenant visiblement pas sa réaction. Mais il dut comprendre qu'il avait effrayé Harry car il s'excusa :
- Harry, je suis désolé, je ne voulais pas te faire peur... Je voulais juste te faire découvrir autre chose... Je croyais que ça te plairait... Mais je me suis sans doute trompé...
- En effet, répliqua Harry. Je ne suis pas prêt pour ça, Adrian. Je pensais que tu le savais.
- Oui, pardon, j'ai été idiot, je n'ai pas réfléchi...
Harry regarda Adrian. Il voyait bien qu'il s'en voulait. Mais il s'aperçut aussi que ses yeux étaient un peu vitreux. Il fut de nouveau troublé sans savoir pourquoi. Il sentait que quelque chose n'allait pas mais il était incapable de mettre le doigt dessus. Ne voulant pas que des tensions s'installent entre eux, il décida de passer à autre chose.
- Oublions ça, d'accord ? dit-il en souriant.
Adrian acquiesça. Harry se pencha vers lui et l'embrassa rapidement avant de se mettre à chercher ses vêtements.
- On ferait mieux d'aller dîner, suggéra-t-il tout en se penchant pour attraper sa chemise.
- On peut se voir après ? Promis, je ne te sauterai pas dessus. Je veux juste être avec toi.
Harry fut touché par ces mots. Il était toujours surpris par l'amour qu'Adrian lui portait.
- D'accord, on s'attendra devant la Grande Salle. On ira où ?
- Dans mon dortoir ?
- Ça me va.
- Tu ferais mieux de prévoir quelques affaires, au cas où. Ainsi que ton sac de cours. Avec tes cours de demain dedans, bien sûr.
Harry ne put s'empêcher de sourire. C'était une façon très subtile de lui dire qu'ils risquaient fort de passer la nuit ensemble. En effet, à chaque fois qu'ils se rendaient dans le dortoir d'Adrian après le dîner, ils ne voulaient plus se séparer et ils finissaient toujours par décider de dormir ensemble. Ils se faisaient souvent charrier au matin par Graham, Miles et Cassius qui partageaient le dortoir d'Adrian. Mais ce n'était jamais bien méchant.
- Je passerai rapidement par mon dortoir, alors, dit Harry. On y va ?
Adrian acquiesça de nouveau. Ils étaient tous deux entièrement vêtus et purent donc quitter la Salle sur Demande. Tout en se dirigeant vers la Grande Salle, Harry pensa qu'il devait vraiment avoir confiance en Adrian pour accepter de passer la nuit avec lui après ce qui venait de se passer. Mais il savait qu'Adrian ne le forcerait jamais à faire quoi que ce soit. La preuve, il n'avait pas du tout insisté quand Harry l'avait repoussé. Il s'était même aussitôt excusé. Il ne recommencerait pas, Harry en était persuadé. Car Adrian le respectait. Et parce qu'il l'aimait, tout simplement.
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(mercredi 08/11) POV Terry
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L'arithmancie était l'une des matières préférées de Terry. Ce jour-là, pourtant, il n'était pas très attentif au cours. Il jetait sans cesse des coups d'oeil à Hermione, installée quelques tables plus loin, ce qui exaspérait Michaël qui lui donnait des coups de coude dans les côtes. Alors qu'il tournait une énième fois la tête, Terry reçut un coup de pied dans le tibia. Il se tourna brusquement vers Michaël qu'il fusilla du regard.
- Non mais ça va pas ?!
- Désolé mais il n'y avait que ça pour attirer ton attention. Ou, plutôt, pour la détourner de la jolie brune assise à trois tables de nous.
Terry se sentit rougir, affreusement gêné.
- Ce n'est pas parce qu'elle est jolie que je la regarde, se défendit-il à voix basse.
- Alors pourquoi tu n'arrêtes pas de tourner la tête vers elle depuis le début du cours ?
- Parce qu'elle m'inquiète. Elle n'a pas l'air bien.
- Je comprends que ça te perturbe mais ce n'est pas en la regardant que ça va aller mieux. Tu iras lui parler à la fin de l'heure, si tu veux. Mais là tu ferais mieux de te concentrer sur le cours. Car si tu ne prends pas de notes, tu vas galérer sur le prochain devoir, tu vas devoir y passer plus de temps et tu devras écourter tes séances de travail avec ta douce et belle préfète de...
- Ça, va, c'est bon, j'ai compris, s'agaça Terry.
Il reporta son attention sur le cours et parvint à ne pas regarder sa collègue préfète jusqu'à ce que le professeur Vector les libère. Il rangea aussitôt ses affaires et voulut aller voir Hermione mais celle-ci était déjà partie. Il soupira et se rendit au cours de métamorphose avec Anthony et Michaël, ses deux meilleurs amis. Lorsqu'ils arrivèrent, Terry vit Hermione qui parlait avec Harry. Ce dernier semblait agacé et ne tarda d'ailleurs pas à prendre congé de son amie. Terry crut alors comprendre ce qui tracassait son binôme de travail. Elle était encore inquiète pour son meilleur ami. Terry se promit de lui parler après le cours de potions qui était leur dernier cours de la journée juste après la métamorphose. Ils auraient tout le temps de discuter puisqu'ils n'avaient pas prévu de séance de travail, ayant déjà fait tous leurs devoirs en commun.
C'était souvent quand on avait hâte qu'un cours se termine que le temps passait lentement. Mais comme d'habitude, le cours de métamorphose fut très intéressant. Terry appréciait beaucoup le professeur McGonagall mais il préférait de loin le professeur Lupin. Il était ferme et autoritaire mais sans être trop strict pour autant. Ses devoirs étaient assez ardus mais Terry savait que c'était pour les préparer aux BUSE. Et ses cours étaient vraiment passionnants. Terry ne vit donc pas le temps passer. Ce fut également le cas pour le cours de potions. Non pas parce qu'il était particulièrement intéressant, mais parce qu'il fallait prendre tellement de notes que Terry n'eut pas le temps de poser sa plume, ne serait-ce qu'une seule seconde. Il n'eut donc pas l'occasion de s'ennuyer, si bien qu'il fut surpris lorsque le professeur Snape annonça la fin du cours. Alors que Hermione rangeait ses affaires, Terry se tourna vers elle :
- Hermione, je peux te parler ?
- Tu veux qu'on se voit pour une séance de travail, tout compte fait ?
- Non, je... Il vaut mieux qu'on sorte d'abord du cachot.
- Oui, tu as raison.
Ils prirent leur sac, quittèrent le cachot et se mirent à l'écart afin de ne pas gêner le passage.
- Je t'écoute, dit Hermione.
- Je voulais savoir si tu allais bien. Tu avais l'air soucieuse, aujourd'hui.
- Ce n'est rien.
- Tu es sûre ? Je ne veux pas te forcer à m'en parler mais je suis inquiet pour toi.
- C'est gentil mais ça va. Je suis juste inquiète pour un ami.
- Harry ?
Le sourire que Hermione tenait visiblement de garder depuis le début de la discussion se fana d'un coup. Elle soupira.
- Je ne peux pas m'empêcher de m'en faire pour lui.
- Parce qu'il est arrivé en retard ce matin ?
- Oui. On commençait à dix heures – enfin sauf ceux qui font l'option de duel – donc ce n'est pas normal qu'il soit arrivé avec vingt minutes de retard... Et puis il avait l'air encore plus fatigué que d'habitude.
- S'il a eu une panne de réveil, il n'a sûrement pas eu le temps d'émerger avant d'arriver en classe.
- Avoir une panne de réveil à dix heures ? Alors que d'habitude, le mercredi, il est dans la Grande Salle à huit heures et demie maximum pour le petit-déjeuner ? Ça me paraît vraiment étrange. Je sais que je m'inquiète facilement mais là il y a vraiment des raisons de s'en faire.
Hermione n'avait pas tort, Terry devait l'avouer. Mais que pouvaient-ils y faire ? Eux, rien.
- Tu en as parlé au professeur Lupin ? C'est votre directeur de maison, il pourra parler à Harry. Il est le plus à même de pouvoir faire quelque chose.
- J'y avais bien pensé mais il doit déjà avoir remarqué des signes de fatigue chez Harry.
- Ça ne coûte rien de lui en parler. Surtout qu'il a dû être mis au courant du retard de Harry ce matin. Si tu lui dis qu'il a sûrement eu une panne de réveil, ça va forcément le questionner.
- C'est vrai. Merci pour tous ces conseils.
Hermione devait être soulagée d'avoir trouvé un semblant de solution car elle sourit à Terry. Ce dernier se sentit tout drôle. Cela lui faisait souvent ça, en ce moment, lorsque Hermione lui souriait.
- Je vais y aller, merci encore. On se voit demain en Défense Contre les Forces du Mal.
Hermione partit sur ces mots. Terry resta un moment planté là où il était avant de ressaisir et de décider de rejoindre sa salle commune. Sur le chemin, il ne parvint pas à oublier le sourire de sa collègue préfète. Cela ne faisait que confirmer les doutes qu'il avait déjà depuis un moment. Il n'était pas idiot, il sentait bien qu'il était en train de tomber amoureux de Hermione. Si ce n'était pas déjà fait. Mais comme il n'avait jamais été amoureux avant, il ne pouvait pas en être sûr. Il était déjà sorti avec une fille mais il avait vite rompu car il s'était rendu compte qu'il voyait davantage cette fille comme une amie et non comme une petite-amie. Elle avait heureusement compris et elle ne lui en avait pas voulu. Ils étaient donc restés en très bons termes, ce qui était plutôt une bonne chose étant donné que cette fille était Lisa Turpin, une élève qui faisait partie de la même maison et de la même année que lui. Ils s'étaient beaucoup rapprochés à un moment, durant leur quatrième année et c'était sûrement cela qui avait induit Terry en erreur sur ses sentiments. Mais là, ce qu'il ressentait pour Hermione était différent de ce qu'il avait pu éprouver pour Lisa. Cela n'avait presque rien à voir, en fait. Mais c'était compliqué à expliquer. Sachant que ses amis ne se moqueraient pas de lui s'il leur avouait qu'il pensait être amoureux de Hermione, il décida de leur demander conseil. Eux avaient déjà eu une vraie histoire d'amour. L'année précédente, Michaël était sorti avec Ginny Weasley et Anthony était sorti avec Millicent Bulstrode. Ils étaient donc plus calés sur le sujet que Terry.
Dès qu'il entra dans sa salle commune, il rejoignit ses deux meilleurs amis. Ils étaient installés à une table et faisaient visiblement leur devoir de runes, vu les gros dictionnaires qu'ils avaient à côté d'eux. Il s'assit à leur table et insonorisa leur espace, ce qui attira leur attention. Ils comprirent aussitôt que Terry voulait leur parler. Si l'un d'eux jetait un sort de silence alors qu'il venait à peine d'arriver, c'était qu'il avait quelque chose à dire ou à demander aux deux autres.
- J'ai besoin de votre aide, annonça Terry sans préambule.
- À quel sujet ? demanda Anthony.
- Euh...
Bon, il aurait peut-être dû préparer ce qu'il allait dire avant de venir les voir. Il ne savait pas du tout comment aborder le sujet. Il décida donc d'y aller franchement :
- Je crois que je suis amoureux de Hermione mais je n'en suis pas sûr.
Anthony et Michaël se regardèrent un instant avant de repousser leurs affaires, signe qu'ils prenaient le sujet aux sérieux. Ce fut Michaël qui répondit ensuite :
- Bon, qu'est-ce que tu ressens pour elle ?
- Justement, je n'en sais rien. Enfin si, je sais, mais... c'est confus. J'aime passer du temps avec elle, j'aime l'entendre parler, j'aime l'entendre rire, j'aime la voir sourire, j'aime la voir travailler... Tout me plaît quand je suis avec elle. Et puis même physiquement, elle me plaît beaucoup. Pour le coup, je ne sais pas exactement ce que j'aime à ce niveau-là mais je crois que c'est un tout. Elle est belle dans son ensemble.
- Pour moi ça ne fait aucun doute, tu es amoureux, trancha Anthony.
- Mais vous ne croyez pas que ça va faire comme avec Lisa ? J'avais passé beaucoup de temps avec elle à un moment donné et j'avais cru aussi qu'elle me plaisait...
- Oui, sauf que tu ne nous as jamais parlé d'elle comme tu nous parles de Hermione. Toi-même tu dois bien sentir que c'est différent.
- En effet, admit Terry. Mais je ne veux pas tirer de conclusions trop hâtives.
- Il n'y a pas de conclusions hâtives quand les choses sont vraiment évidentes, répliqua Michaël. Et là, en l'occurrence, elles le sont. Après tu n'es pas obligé de tenir compte de notre avis, même si tu nous l'as demandé. Tu es libre d'analyser tes sentiments comme tu le souhaites.
Terry soupira.
- Non mais je sais que vous avez raison. C'est juste que... ça me fait peur, je crois.
- D'être amoureux ?
- Non, enfin peut-être un peu mais c'est surtout le fait d'être amoureux de Hermione. J'aurais préféré que ça tombe sur quelqu'un d'autre. Je ne vais jamais pouvoir tenter quelque chose avec elle.
- Pourquoi ? s'étonna Michaël.
- Parce qu'elle est à la fois mon binôme de travail et ma collègue préfète. Nous passons énormément de temps ensemble entre les rondes et nos séances de travail. On a une super relation et j'ai peur de tout gâcher si on venait à sortir ensemble. Déjà, je ne sais même pas si elle partage mes sentiments. Si je lui fais comprendre que je suis amoureux d'elle et que ce n'est pas du tout réciproque, ça va créer un gros malaise entre nous. Notre relation ne sera plus jamais la même. Si, en revanche, elle éprouve la même chose pour moi et qu'on commence quelque chose ensemble, il y a le risque de se séparer au bout de quelques semaines ou quelques mois de relation. Si la rupture se passe mal, là aussi nos rapports vont en prendre un coup. Et puis même le simple fait de sortir ensemble alors que nous sommes binômes et collègues préfets, ça risque d'être dangereux. On dit souvent qu'il ne faut pas confondre vie privée et vie professionnelle. Eh bah là, c'est pareil. Il ne faut pas confondre sphère privée et sphère scolaire. Or, c'est ce qu'on risque de faire. On pourrait très bien passer nos séances de travail et nos rondes à s'embrasser et nos notes s'en ressentiraient ainsi que notre travail de préfet et de préfète. Bref, toutes ces raisons font que je ferais mieux de rester simplement ami avec Hermione. Ce serait plus raisonnable.
Un silence suivit les paroles de Terry. Ce fut Anthony qui le brisa :
- Je comprends tes arguments et tu as raison sur tous ces points. Tout te pousse à garder une relation amicale avec Hermione. Et c'est en effet ce qu'il y a de plus raisonnable à faire. Mais ce ne sont que des risques, si je peux m'exprimer ainsi. Ce n'est pas sûr que tout ça arrivera. Et je trouve ça idiot et dommage de te priver d'une possible et belle histoire d'amour uniquement à cause de ces risques. Tu pourrais le regretter, plus tard. Déjà, tu peux chercher à savoir si tes sentiments sont partagés sans pour autant lui demander de sortir avec toi. Ça peut se voir dans son regard, dans son sourire, dans son attitude... Il y a plein de choses qui peuvent te mettre sur la piste. Ensuite, si vous venez à sortir ensemble, vous pouvez très bien mettre les choses au clair dès le début concernant vos séances de travail et vos rondes. Vous n'êtes pas des animaux, vous êtes tout à fait capables de vous retenir de vous embrasser pour vous concentrer sur vos devoirs. Enfin, pour ce qui est du risque de rupture, je pense qu'il faut savoir le prendre. Si tu préfères de ne pas sortir avec Hermione par peur de rompre, alors tu n'es pas prêt de te mettre en couple. Parce que ce sera valable pour toutes les filles dont tu tomberas amoureux. Là, je sais que le contexte est compliqué à cause du fait que vous êtes tous les deux préfets et que vous êtes en plus binômes de travail, mais je pense quand-même que tu dois accepter de prendre le risque. Après, c'est toi qui voit.
Terry acquiesça après avoir attentivement écouté d'Anthony. Son ami avait raison. En fait, il devait «juste» choisir de prendre ces risques ou pas.
- Je vais réfléchir à tout ça, dit-il. Merci pour tous ces conseils. Maintenant, je sais au moins que je suis amoureux de Hermione.
- Si jamais il s'avère que vous ressentez la même chose l'un envers l'autre, est-ce que tu te sentirais vraiment prêt à sortir avec elle ? À passer d'une relation entre binômes et préfets à une relation amoureuse ? Parce que tu penses aux risques mais il faut que tu t'assures d'être prêt à ce que votre relation change de nature.
- Je suis prêt pour ça, affirma Terry.
- Et tu serais également prêt à vivre votre histoire au grand jour ?
- Ça il faudra que j'en discute avec Hermione. Je pense que dans un premier temps, j'aimerais que ça reste secret. Mais je préfère ne pas penser à tout ça pour le moment. Je ne sais même pas comment me voit Hermione.
- Tu n'as pas une petite idée, déjà ?
- Ben... parfois, je me dis qu'elle n'est pas tout à fait indifférente. En fait, il s'est passé quelque chose il n'y a pas très longtemps et c'est là que j'ai eu le déclic. Hermione et moi étions sur le chemin de la salle des binômes quand elle a trébuché dans un couloir. Elle s'est affalée de tout son long sur le sol sans que je n'aie eu le temps de la rattraper. Je l'ai donc aidée à se relever et il y a eu un truc à ce moment-là. On est resté plusieurs minutes à se regarder dans le blanc des yeux, sans bouger, comme si le temps s'était figé autour de nous. Pendant tout ce temps, la main de Hermione est restée dans la mienne. Quand je m'en suis rendu compte, j'ai été très gêné et je l'ai lâchée. La main de Hermione, je veux dire. Elle aussi était gênée. Je parle de Hermione, là. On était tellement gênés tous les deux qu'on a préféré annuler notre séance de travail. Après je me dis qu'elle était peut-être mal à l'aise de se retrouver aussi proche de moi parce qu'on ne se connaît pas vraiment mais je me dis aussi qu'elle pouvait être gênée car je ne la laisse pas indifférente...
- Les deux sont possibles, mais il y a quand-même des chances pour qu'elle ressente quelque chose envers toi. En tout cas vous formeriez un très beau couple si vous sortiez ensemble. Vous vous ressemblez autant que vous êtes différents l'un de l'autre.
- C'est vrai. Je crois que c'est ça, entre autres, qui m'attire. Mais assez parlé de moi. Parlons plutôt de vous.
- C'est bête mais j'ai un devoir de runes à faire, se défila Michaël.
- Moi aussi, renchérit Anthony.
- Je suis sûr que ça peut attendre, répliqua Terry.
- Nous discuterons de nos propres amours qu'elles soient existantes ou non mais pas maintenant. Plus tard, insista Anthony.
- Ouais, c'est ça, je suis sûr que vous allez éviter le sujet dès que je l'aborderai de nouveau, grogna Terry. Vous n'êtes vraiment pas drôles.
Il se leva, se rendit à son dortoir, y prit ses cours et ses dictionnaires de runes et revint dans la salle commune où il se réinstalla à la table de ses amis «pas drôles». Il était incapable de réellement les bouder. Il faisait semblant et encore, pas très longtemps. Il se mit lui aussi à son devoir de runes qui était à rendre cinq jours plus tard mais qui était assez long et compliqué. Alors qu'il cherchait un mot dans un des dictionnaires, il se demanda si Hermione était elle aussi en train de faire son devoir de runes. Il trouva cela amusant de l'imaginer faire exactement la même chose de lui. En réalisant ce qu'il venait de penser, il retint un soupir. Il n'y avait vraiment plus de doutes : il était bel et bien amoureux de sa collègue préfète de Gryffondor.
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(jeudi 09/11) POV Draco
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Draco était plutôt content de son entraînement. Il avait réussi à feinter plusieurs fois Harper et s'était rapidement saisi du vif d'or. Il aurait aimé recevoir les compliments de Graham lorsqu'ils étaient tous redescendus mais il s'était contenté de féliciter Pucey, Théo et Miles. En temps normal, il aurait pourtant vanté la prestation de Draco. Mais depuis le match, Graham l'ignorait. En fait, ce jour-là, Graham lui avait adressé la parole uniquement parce qu'il était très énervé. Sinon, à part cette exception, Graham respectait ce qu'il avait dit lors de sa fête : il faisait comme si Draco n'était pas là. Il était passé à autre chose et se conduisait comme si Draco ne l'intéressait plus. Lors du premier entraînement de la semaine, deux jours plus tôt, Graham n'avait pas parlé une seule fois à Draco. Celui-ci en avait été très affecté. Il ne supportait pas d'être rejeté ainsi par Graham. Mais il comprenait néanmoins la réaction de son capitaine. Il en avait eu marre que Draco ne veuille pas assumer le fait qu'il était attiré par les garçons. Il avait tenté par deux fois de lui faire ouvrir les yeux mais Draco n'avait rien voulu voir. Graham s'était lassé et c'était tout à fait normal. Draco n'était pas prêt à assumer son homosexualité devant tout le monde mais il était prêt à le faire face à Graham. Il était prêt à l'embrasser sans s'enfuir juste après. Mais Graham ne voulait plus lui parler. Il ne faisait plus attention à lui. Et cela rendait Draco très triste. Il ne le savait pas encore mais quelqu'un s'en était aperçu.
Pour une fois, il se dirigeait en tête vers les vestiaires quand Théo le rattrapa. Blessé par le manque de considération de Graham, Draco n'avait même pas pensé à attendre ses amis.
- Tu devrais aller le voir après le debrief, dit Théo sans préambule.
Draco tourna la tête vers lui tout en continuant de marcher.
- De quoi tu parles ?
- À ton avis ? De Graham, bien sûr ! Je vois bien que tu es malheureux depuis qu'il t'ignore. Mais il n'attend qu'un pas de ta part. Je suis sûr que si tu vas le voir, il acceptera de te parler. Il te rejettera peut-être au début mais tu pourras facilement le convaincre de t'écouter.
- À quoi ça servirait ? Il est passé à autre chose.
- Ça c'est ce qu'il essaie de te faire croire.
- Attends, tu veux dire qu'il m'aurait menti ?!
- Je pense, oui. D'après ce que tu m'as dit, il avait vraiment l'air accro à toi. Il était même déjà sous ton charme quand tu as rejoint l'équipe. Il n'a pas pu t'oublier aussi facilement !
- Mais comment tu peux savoir tout ça ?! Tu n'as jamais eu d'histoire amoureuse !
- Je me sers de mes neurones, c'est tout. Mais ne détourne pas le sujet, s'il te plaît. Ça ne marche pas avec moi.
Draco soupira.
- D'accord, j'irai voir Graham, tu es content ?
- Oui. Mais fais-le pour toi, pas pour moi.
- C'est le cas, ne t'en fais pas. Même si je le fais quand-même un peu pour toi.
- Dis plutôt que tu le fais pour que je te fiche la paix.
- De telles accusations me blessent profondément. Je suis outré.
Théo secoua la tête, l'air amusé, tout en entrant dans les vestiaires où ils étaient arrivés. Comme à l'accoutumée, Graham fit le debrief de l'entraînement. Étant donné qu'il avait été bon dans l'ensemble, il n'eut pas beaucoup de reproches à faire. Il laissa donc rapidement les joueurs aller se doucher. Au lieu d'en profiter comme il le ferait d'habitude, Draco attendit que tout le monde soit parti dans les douches pour aller voir Graham qui se dirigeait vers sa cabine personnelle.
- Graham, je peux te parler ?
Le capitaine se retourna.
- Me parler de quoi ? demanda-t-il d'un ton neutre.
- De nous, répondit Draco en essayant de soutenir le regard de Graham.
- Depuis quand il y a un «nous» ?
- Depuis qu'on a échangé ces deux baisers, répliqua Draco.
- Ah, tu veux parler de ces baisers que tu as aimés mais après lesquels tu m'as pourtant repoussé à chaque fois ?
La provocation de Graham agaça Draco mais il ne rentra pas dans son jeu.
- Je n'étais pas encore prêt à assumer le fait que j'étais gay, expliqua-t-il calmement. Je sais que j'ai réagi comme un idiot et je le regrette. Mais j'ai eu le temps de réfléchir et je sais maintenant que je suis gay. Et je suis prêt à l'accepter et à l'assumer.
Graham toisa Draco pendant quelques secondes avant de répondre :
- D'accord. C'est cool, je suis content pour toi. C'est tout ce que tu avais à me dire ?
- Non. Je voudrais qu'on retrouve la relation qu'on avait avant. Ça me manque.
- Je crois que tu n'as pas bien compris ce que je t'ai dit vendredi, lâcha Graham.
- Si, j'ai très bien compris, tu m'as dit que tu allais passer à autre chose puisque tu avais saisi le message quand je te disais que tu ne m'intéressais pas. Sauf que c'était faux. Je te disais ça parce que j'étais encore dans le déni. Je ne sais pas ce que je ressens exactement pour toi mais je n'aime pas quand tu m'ignores. En revanche j'aime quand ton attention est portée sur moi. J'aime quand on rigole ensemble. J'aime quand tu me complimentes pour mes entraînements. Et surtout...
Draco se rapprocha de Graham et planta son regard dans le sien.
- ... j'aime quand tu m'embrasses.
Leurs visages n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Draco vit aisément le dilemme qui prenait place dans l'esprit de son capitaine. D'un côté, Draco savait que Graham était fier, qu'il ne voulait donc pas se laisser amadouer aussi facilement mais d'un autre côté, Draco savait aussi que Graham n'était pas du tout passé à autre chose contrairement à ce qu'il voulait lui faire croire et qu'il avait donc très envie de l'embrasser. Et ce fut ce qu'il finit par choisir de faire. Il entraîna Draco dans sa cabine, le poussa contre le mur et plaqua ses lèvres contre les siennes. Il quémanda rapidement l'accès à la bouche de Draco qui le lui offrit aussitôt. Leurs langues se rencontrèrent, se mêlèrent et se taquinèrent alors Graham se pressait contre Draco tout en fourrageant dans ses cheveux. Draco eut vite très chaud mais pour rien au monde il n'aurait empêché la langue et les mains de Graham de faire des merveilles dans sa bouche et dans ses cheveux. Ne voulant pas rester inactif, il enfouit lui aussi ses mains dans les cheveux de Graham et approfondit autant qu'il put le baiser. Graham gémit et plaqua davantage son bassin contre celui de Draco qui gémit à son tour. Comme la fois d'avant, une partie de son anatomie se réveilla, et il sentit que c'était le cas aussi chez Graham. Ayant peur que cela ne devienne trop gênant, il repoussa doucement Graham. Avant que celui-ci ne proteste, il s'expliqua :
- Je ne vais pas m'enfuir, rassure-toi. C'est juste que tu me fais un peu trop d'effet et que je préfère arrêter avant que ça ne s'intensifie trop.
- Je comprends mais tu sais qu'on pourrait se soulager ensemble ? Surtout ici ?
La gêne fit rougir Draco.
- Ça va un peu trop vite pour moi. Je viens tout juste de découvrir que je suis gay...
- Oui, pardon, j'ai tendance à l'oublier. Tu seras sûrement plus à l'aise la prochaine fois. Je ne vais pas te mentir : j'ai envie de te découvrir le plus intimement possible. Je n'ai pas l'habitude de trop attendre avant de passer aux choses sérieuses. Les bisous et les caresses ça me lasse vite. Je préfère te prévenir pour que tu n'aies pas l'impression que je te prenne en traître.
Draco fronça les sourcils.
- C'est tout ce qui t'intéresse dans une relation ?
- Non, ce n'est pas ce que je voulais dire, dit doucement Graham. Je t'ai toujours bien aimé, Draco. C'est pour ça que je t'ai pris sous mon aile quand tu as intégré l'équipe, même si je n'étais pas le capitaine à l'époque. J'aimais déjà tout chez toi. Mais je crois que c'est surtout ton sale caractère qui m'a le plus charmé. L'année dernière j'ai commencé à te trouver vraiment à mon goût. Mais tu étais encore un peu trop jeune pour que je te mette le grappin dessus. Là tu as suffisamment grandi. Ton caractère me plaît toujours autant, même s'il a changé. En fait, il me plaît encore plus qu'avant. Il n'y a donc pas que ton corps qui m'intéresse. Je veux aussi être avec toi, tout simplement. Ce que je veux avec toi, c'est totalement différent de ce que je voulais avec tous les mecs que j'ai pu avoir jusque-là. Eux, pour le coup, c'était vraiment pour le côté physique et charnel. Mais je n'avais pas spécialement envie de passer du temps avec eux. Avec toi je veux avoir une vraie relation. Mais je veux aussi que ça aille assez vite.
Draco fut touché par les mots de Graham. Jamais personne ne lui avait dit ça. Graham voulait être avec lui. C'était tout ce que Draco avait retenu. Parce que, pour lui, c'était le plus important. Il se sentait tellement seul et abandonné depuis qu'il savait que ses parents allaient être arrêtés qu'il avait besoin de quelqu'un à ses côtés. Quelqu'un qui veuille de lui. Quelqu'un qui ne l'abandonnerait pas. Quelqu'un qui resterait près de lui. Quelqu'un qui prendrait soin de lui. Quelqu'un qui l'aimerait. Graham semblait être ce quelqu'un. Alors Draco était prêt à tout pour le garder près de lui. Même si cela signifiait qu'il allait devoir vite passer aux «choses sérieuses». Il ne voulait pas que Graham l'abandonne parce qu'il refusait de s'offrir à lui. Il ne voulait pas être seul et abandonné de nouveau. Alors il acquiesça et sourit à Graham.
- D'accord. On fera ce que tu voudras. Mais pour cette fois j'aimerais aller prendre ma douche seul.
- Oui, bien sûr. J'espère qu'on se reverra assez vite dans les couloirs du château. Même s'il vaudrait mieux qu'on ne montre pas notre nouvelle relation devant tout le monde.
Draco fut soulagé de constater qu'ils étaient sur la même longueur d'ondes à ce niveau-là.
- Tout à fait d'accord, approuva-t-il. Si on se croise, on trouvera peut-être un endroit où on pourra se voir tranquillement J'y vais, à bientôt.
Draco déposa un rapide baiser sur les lèvres de Graham et quitta la cabine personnelle de celui-ci. Il était un peu gêné car la bosse dans son pantalon n'avait pas disparu. En même temps, quand ça lui arrivait, il avait l'habitude de se soulager aussitôt. Son mini-lui ne devait donc pas comprendre pourquoi Draco n'avait toujours rien fait. Il était comme lui, en fait : il n'était pas habitué à ce qu'on l'ignore. Draco avait espéré que ça lui passerait en discutant avec Graham mais ce n'était pas le cas. Il allait donc devoir se soulager sous la douche. Ce n'était franchement pas prévu. Mais il ne pouvait pas rester comme ça. Il se rendit donc aux douches et croisa plusieurs de ses coéquipiers qui en sortaient, dont Blaise et Théo. Heureusement, les robes de Quidditch étaient assez amples, ce qui était bien pratique dans la situation de Draco.
- Toi tu discutais avec le capitaine, devina Blaise.
Draco comprit que Théo n'avait rien dit à leur ami. Il n'avait pas encore appris à Blaise et Pansy qu'il était gay. Il n'était pas encore prêt à le leur dire. Pour l'instant, seuls Théo et Harry le savaient. C'était amplement suffisant pour l'instant.
- Oui, je devais mettre des choses au clair avec lui.
- Mieux vaut ça que l'inverse. J'aurais bien aimé t'attendre mais je dois retrouver Kellah. Je dînerai sûrement vers vingt heures, j'espère vous voir Pansy, Théo et toi. À tout à l'heure !
Blaise tourna les talons et quitta les vestiaires, laissant Draco et Théo seuls. Draco essaya de ne pas grimacer lorsque son érection se rappela douloureusement à lui. Évidemment, le fait d'avoir parlé de Graham n'avait pas arrangé les choses.
- Je t'attends à la sortie des vestiaires, lui dit gentiment Théo.
- Euh... ce n'est pas la peine, je vais sûrement prendre un peu de temps.
- Ce n'est pas grave, je n'ai rien à faire. Je n'ai pas de séance de travail avec Justin et j'ai déjà fait mes autres devoirs. Après, si tu préfères rentrer seul au château, je comprendrais.
- Non, non, c'est juste que je ne veux pas te faire attendre.
- Ça ne me dérange pas, assura Théo.
- Bien, j'essaie de faire vite quand-même.
Draco quitta Théo sur ces mots pour se rendre pour de bon aux douches. Il n'était jamais resté avec une érection aussi longtemps sans s'en occuper. Mais il pensait savoir pourquoi elle ne voulait pas s'en aller. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas eu de plaisir solitaire, alors il était frustré même s'il n'en avait pas conscience. Il se débarrassa rapidement de ses vêtements, ouvrit l'eau et porta aussitôt une main à sa virilité tendue. Il commença à faire aller et venir sa main en soupirant de plaisir. Ça faisait du bien. Il ferma les yeux et repensa à ce qui venait de se passer avec Graham. Une onde de désir le traversa et le poussa à accélérer les mouvements de sa main. Il se mit à gémir et se concentra davantage sur ce qu'il avait ressenti lorsque Graham l'avait embrassé. Le plaisir augmenta aussitôt alors qu'il allait et venait toujours plus vite. Il repensa à la langue de Graham qui jouait avec la sienne et à ses mains dans ses cheveux. Il gémit plus fort et accéléra encore. Il se souvint du corps de Graham plaqué tout contre le sien, du baiser enfiévré qu'ils avaient échangé, du plaisir qu'il avait éprouvé... Il se sentit proche de venir et intensifia encore les va-et-vient de sa main. Il repensa au bassin de Graham qui s'était collé contre le sien, à la réaction que cela avait déclenché et ce fut ce souvenir qui fit jouir Draco. Il se libéra sur le sol en gémissant une dernière fois de plaisir. Il se remit doucement de son orgasme et rouvrit les yeux quelques minutes plus tard. Ce qui était bien, c'est qu'il n'avait pas besoin de lancer le sort de nettoyage. L'eau de la douche s'en occupait toute seule. Ayant déjà mis assez de temps et ne voulant pas s'éterniser, il se lava, se rinça, se sécha, s'habilla et sortit des vestiaires. Théo, qui l'attendait, se tourna vers lui.
- Je croyais que tu t'étais noyé sous la douche, plaisanta-t-il. Qu'est-ce qui t'a pris autant de temps ?
- Euh... j'avais quelque chose à faire.
- Sous la douche ? demanda Théo, perplexe.
- Oui, répondit Draco, mal à l'aise.
Face à Blaise, il n'aurait eu aucune hésitation à lui dire «Je me soulageais» mais face à Théo, il ne pouvait pas. Surtout que celui-ci ne semblait pas du tout penser à cette occupation.
- Qu'est-ce que tu pouvais faire d'autre à part te laver ?
«Bon, essayons d'expliquer en douceur pour ne pas le choquer» pensa Draco.
- Je m'occupais d'un petit problème qui m'est arrivé quand j'étais avec Graham, dit-il prudemment.
- Il t'a frappé ?! s'exclama Théo, horrifié.
- Mais non, soupira Draco. C'est juste qu'on était un peu trop proches et que ça m'a mis dans un état gênant.
Théo le regarda avec un air complètement paumé. Draco comprit que ça ne servait à rien d'insister.
- Laisse tomber. Ce n'est pas très important, de toute façon. On rentre ?
Théo acquiesça sans chercher davantage à comprendre, ce qui soulagea grandement Draco. Il lui demanda néanmoins comment ça s'était passé avec Graham. Afin d'éviter d'être entendus par des oreilles indiscrètes, Draco préféra attendre d'être dans leur dortoir pour lui raconter son entrevue avec leur capitaine. Il ne lui dit pas tout uniquement parce qu'il ne voulait pas le gêner. Il arrêta son récit en disant que Graham et lui étaient plus ou moins ensemble mais qu'ils préféraient garder cela secret pour le moment. Il ne lui précisa pas quel genre de relation voulait Graham. Il ne raconta pas non plus en détail leur baiser. Ce qu'il relata sembla néanmoins rassurer Théo. Draco était vraiment heureux et soulagé de pouvoir se confier ainsi à lui. Ils étaient déjà proches avant mais ils l'étaient encore plus depuis que Draco avait avoué à Théo être gay. Il ne pouvait pas oublier que Théo l'avait pris dans ses bras, chose qu'il n'avait jamais faite avant. Et qu'il s'était rarement senti aussi bien qu'à ce moment-là. Et puis, il s'était confié comme il ne s'était jamais confié auparavant. Il s'en voulait un peu de tenir Blaise et Pansy à l'écart de ce secret qu'il avait avoué à Théo – et à Harry – mais il ne se sentait vraiment pas prêt à le leur dire pour le moment. Il avait besoin de temps. Théo et Harry savaient et c'était déjà très bien. Il pouvait au moins en parler avec eux. Et il savait qu'avec eux, son secret était très bien gardé.
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(vendredi 10/11) POV Justin
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- On va laisser tomber pour aujourd'hui.
La frustration dans la voix d'Emily fit encore plus culpabiliser Justin. Mais qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ?
- Je suis désolé, répéta-t-il pour ce qui devait être la douzième fois.
- Je sais, répliqua Emily.
Justin ne savait pas quoi faire, pas quoi dire tandis que sa petite-amie se rhabillait. Le coeur lourd, il décida de faire de même. Il jeta un regard assassin à son entrejambe et enfila son boxer afin qu'elle disparaisse de sa vue. Il remit ensuite ses vêtements tout en essayant de trouver une excuse assez plausible pour convaincre Emily. Mais il beau chercher, il n'en trouva pas. Il avait déjà épuisé toutes les excuses possibles et imaginables. Il se sentait vraiment mal et nul. Ne pouvant rien faire pour rattraper la situation, il tenta au moins de garder Emily :
- Il est encore tôt, tu veux rester un peu ?
- Non, je vais rentrer à mon dortoir.
- Tu m'en veux ?
Emily soupira.
- Non, ce n'est pas ça. C'est juste que j'ai peur de devenir méchante si je reste et je ne veux pas qu'on se dispute. On va laisser passer le week-end et on se verra lundi après les cours si tu es libre.
- Je crois que j'ai prévu une séance de travail avec Théo à seize heures mais on pourra se voir vers dix-neuf heures. Je dînerai juste après ma séance, comme ça, ça nous laissera deux heures avant mon cours d'astronomie.
- D'accord, on fait comme ça. Ça reste court mais ce sera déjà bien. Au moins on n'aura pas le temps de tenter quoi que ce soit.
Justin grimaça face à l'ironie d'Emily. Celle-ci s'en rendit compte et s'excusa :
- Pardon, je ne voulais pas dire ça... Tu vois, il vaut vraiment mieux que je m'en aille sinon je vais finir par te blesser. On en reparlera plus tard. Allez, j'y vais.
Emily embrassa Justin puis elle s'en alla. Justin poussa un long soupir. Il s'en voulait. Il n'aurait pas dû essayer d'avoir ce rapport avec Emily.
Tout avait pourtant bien commencé. Justin avait tellement passé une excellente journée que lorsqu'il était arrivé dans son dortoir avec Emily, il s'était montré passionné et avait fait basculer sa petite-amie sur son lit tout en l'embrassant. Il s'était vraiment senti d'humeur alors quand Emily lui avait enlevé sa robe de sorcier, puis sa chemise, il s'était laissé faire et avait fait de même avec elle. S'en étaient suivis des baisers, des caresses et toutes sortes d'attentions qui avaient réussi à faire réagir Justin. Mais au moment de passer aux choses vraiment sérieuses, il avait eu un blocage et tout était tombé à l'eau. L'excitation était retombée et n'était jamais revenue malgré les nombreuses tentatives d'Emily. C'était autant frustrant pour elle que pour lui. Il commençait à croire qu'il avait simplement eu une réaction mécanique. Et que ça n'avait pas duré car il n'avait pas réellement envie d'avoir un rapport. Mais ça ne pouvait pas continuer comme ça. Il fallait faire quelque chose. Pour le bien de son couple. Mais quoi ? Justin n'en avait aucune idée. Il soupira et regarda l'heure. Il n'était même pas vingt heures. Il avait déjà dîné et il était trop tôt pour se coucher. Alors qu'il se demandait comment il allait occuper son temps, il se rappela qu'il avait un devoir d'astronomie à faire. Comme il n'avait pas très envie de travailler dans sa salle commune ou à la bibliothèque, il décida de se rendre à la salle des binômes. Lorsqu'il arriva, il ne regarda même pas s'il y avait des gens qu'il connaissait et s'installa à la première table libre qu'il vit. Il lança une bulle de silence autour de lui et se mit au travail. Il fut vite découragé par la complexité du devoir mais il ne voulut pas abandonner pour autant. Il relut son cours, examina attentivement ses croquis et tenta de mettre les deux en lien afin de répondre au sujet du devoir. Mais il n'arriva pas à grand-chose. Il leva la tête et promena son regard dans la salle. Il aperçut alors plusieurs élèves de sa classe : Hermione, Terry, Sue, Oliver, Michaël, Megan, Tracey, Sally-Anne... et Théo. Il était le seul à ne pas être avec son binôme puisque celui-ci avait fait son asocial et s'était assis à une table sans faire attention aux personnes présentes dans la salle. Justin regretta un peu son attitude. Ce n'était pas très digne d'un Poufsouffle. Une pensée lui traversa soudain l'esprit. Et si Théo l'avait vu entrer ? Et s'il avait cru que Justin l'évitait ? Ou qu'il ne voulait pas s'asseoir avec lui ? Non, Justin ne voulait pas que Théo croit ça. Il y remédia aussitôt. Il prit ses affaires et se rendit à la table de son binôme. Celui-ci le regarda, l'air surpris, avant de lui sourire.
- Assis-toi, si tu veux.
Justin ne se fit pas prier. Il posa ses affaires et s'installa en face de Théo.
- Tu fais quoi ? demanda-t-il, curieux.
- Un devoir d'arithmancie. C'est facultatif mais je m'ennuyais alors j'ai décidé de le faire. Et toi ? Que viens-tu faire ici ?
- Je fais le devoir d'astronomie. Sauf que je n'y comprends rien du tout.
Théo se mordilla la lèvre inférieure. Justin sentit une chaleur qui n'avait pas lieu d'être se loger dans son bas-ventre en le voyant faire ça. Il ne put s'empêcher de trouver ça mignon et... non, non, non, il ne pouvait pas trouver ça sexy. C'était impossible. Ça n'avait aucun sens. D'ailleurs, pourquoi Théo se mordillait-il la lèvre ? Il ne tarda pas à avoir la réponse. Théo était tout simplement dans un dilemme :
- J'aimerais bien t'aider mais... je ne sais pas si j'ai le droit, vu qu'il n'y a pas de travail en binôme dans cette matière...
- Non mais ne t'inquiète pas, je vais m'en sortir seul.
Justin sourit à Théo comme pour appuyer ses paroles puis il reporta son attention sur son devoir. Il sentit le regard de son binôme toujours posé sur lui. Il essaya de ne pas y faire attention. Jusqu'à ce que Théo craque :
- Non, je ne peux pas te laisser galérer. Je vais t'aider. Ce n'est pas comme si j'allais faire le devoir à ta place, de toute façon. Je vais juste t'aider à comprendre ce qu'il faut faire et te donner des pistes.
Justin lui sourit, touché.
- Merci, c'est vraiment gentil.
Théo lui rendit son sourire et déplaça sa chaise à côté de la sienne. Il l'aida pendant bonne heure à comprendre le devoir qu'il devait faire. Plusieurs fois, leurs mains se frôlèrent, ce qui troubla Justin alors que cette même chaleur revenait dans son bas-ventre. Il serait resté des heures et des heures à écouter Théo lui parler de satellites, de tous noirs, de supernovas, de comètes, de planètes... Tout ce que disait Théo était intéressant. Il lui parlerait du chapitre le plus barbant de l'histoire de la magie que Justin trouverait ça passionnant. Il fut déçu lorsque Théo décida de le laisser travailler seul. Tout était désormais clair dans sa tête concernant le devoir mais il ne parvint pourtant pas à se concentrer. Car Théo était là. Près de lui. Et cela suffisait à le déstabiliser. Il avait envie d'être encore plus proche de Théo. Il ne comprenait pas pourquoi. Il ne devrait pas avoir ce genre d'envie. Et puis il était déjà assez proche de Théo comme ça ! Soudain mal à l'aise vis-à-vis de ce désir qu'il ne devrait pas ressentir, il estima qu'il valait mieux pour lui de partir. Il était cependant gêné de laisser Théo seul comme ça alors qu'il venait juste de l'aider. Il avait peur de passer pour un ingrat et que Théo pense qu'il était venu juste pour avoir son aide. Embêté, il demanda :
- Théo, ça te dérange si je m'en vais ? J'ai un gros coup de barre, je crois que j'ai usé toutes mes forces en essayant de comprendre ce devoir.
Théo sourit, l'air pas du tout contrarié.
- Non, vas-y, je ne vais pas te retenir en otage.
«Dommage» se dit Justin avant de réaliser avec horreur ce qu'il venait de penser. Il fallait vraiment qu'il s'en aille et vite.
- Tu veux que je te raccompagne ? demanda alors Théo. Je n'ai pas fini mon devoir mais je veux en garder un peu pour plus tard.
«Non, dis-lui non.»
- Oui, je veux bien, répondit Justin.
Il se gifla mentalement d'avoir répondu ça. Il avait accepté sans réfléchir, sans écouter sa raison qui lui conseillait pourtant de refuser. Les mots étaient sortis d'eux-mêmes, sans que Justin n'ait pu les retenir. Il se rendit alors pleinement compte de la situation dans laquelle il venait encore plus de s'enfoncer. À la base, il voulait s'en aller pour ne plus être avec Théo et voilà qu'il venait d'accepter que ce dernier le raccompagne à sa salle commune ! Mais pourquoi était-il donc aussi bête ?! Il aurait voulu revenir en arrière et dire «non» mais Théo était déjà en train de ranger ses affaires. Il pesta en silence contre lui-même et fit de même. Quelques minutes plus tard, il sortit de la salle des binômes avec Théo. Ils prirent le chemin de la salle commune de Poufsouffle sans parler, mais le silence n'était absolument pas gênant entre eux. Ils étaient deux personnes très calmes qui pouvaient rester des heures ensemble sans parler et sans pour autant qu'un malaise ne s'installe entre eux. Ils arrivèrent assez vite à la salle commune de Justin, à la plus grande déception de celui-ci. Il réalisa soudain que c'était le monde à l'envers. Il fit partager sa pensée en se tournant vers Théo :
- Dis, c'est moi qui suis censé te raccompagner, et non l'inverse.
- Crabbe et Goyle semblent avoir décidé de me laisser tranquille. Je sais que Draco et Blaise ne sont pas de cet avis mais ils s'inquiètent pour rien.
- Tes amis sont pourtant sûrs que c'était toi que Crabbe et Goyle visaient lorsqu'ils ont blessé ton coéquipier lors de ce fameux entraînement.
- Ils n'ont aucune preuve. Et ça faisait déjà un moment qu'ils ne m'avaient plus rien fait. Je ne vois pas pourquoi ils auraient soudain voulu s'en prendre de nouveau à moi.
- Avec eux il faut s'attendre à tout. Ça se trouve ils font une trêve juste pour endormir ta méfiance. Ils doivent attendre que tu relâches totalement ton attention pour recommencer à t'attaquer.
- Je pense plutôt qu'ils savent qu'il y a pas mal de personnes qui me protègent et qu'ils préfèrent donc faire profil bas.
- Mouais. Je serais quand-même plus rassuré si je te raccompagnais.
- D'accord, si tu veux.
Justin fut surpris que Théo se soit laissé convaincre aussi facilement. Mais c'était très bien comme ça. Ils firent donc demi-tour et prirent le chemin de la salle commune de Serpentard. Justin tentait de faire taire la petite voix qui lui disait qu'en proposant à Théo de le raccompagner, il avait juste trouvé le moyen de passer plus de temps avec lui. Une fois arrivés, Théo s'arrêta et se tourna vers Justin en souriant.
- Merci de m'avoir ramené. C'est vraiment gentil de ta part.
- De rien, c'est... c'est normal.
Justin ne savait pas pourquoi il se mettait soudain à bégayer. Mais peut-être était-ce à cause du sourire de Théo qui le perturbait. Un étrange moment suivit pendant lequel ils se regardèrent sans rien dire. Justin ne savait pas si c'était la fatigue, si c'était la frustration ou s'il était tout simplement devenu fou mais il eut l'absurde envie d'embrasser Théo. Il dut faire appel à tout son self-contrôle pour se retenir. Cela lui fit prendre conscience qu'il était grand temps qu'il s'en aille.
- Je vais te laisser, dit-il difficilement. Bonne soirée et... bonne nuit.
Théo le remercia, lui souhaita le même chose, lui sourit une dernière fois et donna le mot de passe à la porte de la salle commune dans laquelle il entra quelques secondes plus tard. Justin ne le quitta pas des yeux jusqu'à ce que la porte se referme derrière lui. Comme dans un état second, il tourna les talons et prit de nouveau le chemin de sa salle commune. Une fois arrivé, il se rendit aussitôt à son dortoir. Il se mit en pyjama, se glissa sous les draps et ferma les yeux. Il n'était pas fatigué mais il avait besoin de calmer son esprit. Trop de pensées se bousculaient, il devait y mettre de l'ordre. Mais cela s'avéra beaucoup plus compliqué qu'il ne le pensait. Il voulait ne penser à rien mais c'était impossible avec la journée – ou plutôt la soirée – qu'il venait d'avoir. Le sommeil finit pourtant par le rattraper. Alors qu'il aurait dû penser à sa petite-amie et essayer de trouver une solution pour sauver leur vie intime, ce fut avec le souvenir du sourire de son binôme qu'il rejoignit les bras de Morphée...
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Voilà pour aujourd'hui ! Un couple se forme, de nouveaux sentiments apparaissent ... Reste à voir ce que tout ça va devenir ! Je vous dis à mardi pour le prochain chapitre qui s'intitulera «Dérapage, annonces et nouvelles expériences». Bonne fin de semaine et bisous tout le monde !
