Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le vingt-huitième chapitre de SAMLP =)
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lilalali07 : Merci beaucoup pour ton commentaire, ça me fait hyper plaisir ! Je trouve aussi que les chapitres actuels n'ont rien à voir avec les premiers XD La longueur y est pour beaucoup, je me sens beaucoup plus à l'ais avec des longs chapitres =) Et détrompe-toi, chaque avis compte beaucoup pour moi ! Pour Draco, c'est exactement ça : Graham lui permet d'oublier tout ce qui le tracasse. Quant à savoir comment il va gérer cette relation, c'est là tout le mystère XD Contente que tu aimes la relation entre Justin et Théo, elle va mettre du temps à se mettre en place mais à l'heure où j'écris, ils sont enfin en couple XD
lyraserah : Graham va changer de comportement, c'est plutôt Draco qui ne va pas être clair avec lui-même XD Quant à Justin, il n'a pas fini de faire l'autruche XD
ccassandre24 : Ravie que les chapitres te plaisent toujours autant ! Pour Terry et Hermione, ça avance lentement pour le moment, j'aimerais les faire intervenir plus souvent mais c'est compliqué de donner la même importance à tous les personnages quand il y en a autant XD Mais je suis contente que tu aimes ce futur couple =) Merci beaucoup pour ton commentaire sur les scènes intimes et les orientations sexuelles des personnages ! Ça me fait super plaisir =) Tu vas être servie dans ce chapitre XD
Butterfly Fictions : Ne t'inquiète pas, je comprends parfaitement =) Tout ça a l'air très prenant ! Alors pour la potion de sommeil sans rêves, ce sont les deux à la fois. Au bout d'un moment, elle ne fait plus autant effet qu'avant. Et comme Harry est devenu dépendant, il y a effectivement des effets secondaires :/ Mais comme les potions baissent en efficacité avec le temps, elles n'assurent plus un sommeil de bonne qualité à Harry et c'est pour ça qu'il est autant fatigué :/ Le secret de Harry sera bientôt découvert, plus que quelques chapitres :/ Tu ne crois pas si bien dire quand tu dis que Harry doit découvrir la vérité avant de se donner corps et âme à Adrian ! Draco va mal alors il n'est plus trop maître de ses émotions :/ Il a dû ramer pour que Harry l'écoute XD Mais ça en valait la peine *-* Entre Draco et Graham, ça ne va pas durer très longtemps mais leur relation sera importante pour Draco :) Le couple Terry/Hermione va se former d'une façon complètement différente du couple Justin/Théo XD En effet, Severus est très intéressé par Tonks, mais en effet, il ne sait pas s'il en est de même pour la jolie Auror ! Entre Blaise et Ginny, c'est ... électrique XD Angelina n'est pas vouée à se calmer, mais justice sera rendue à un moment donné XD Merci pour ta review, il y a énormément de choses à dire donc c'est normal si tu en oublies XD Mais je crois que tu as fait le tour x)
Gryffondor : Effectivement, on approche vraiment du dénouement pour l'histoire des potions de sommeil sans rêves ! Harry découvre de plus en plus de choses, et ça va être le cas aussi dans ce chapitre, mais c'est clair qu'il ne veut pas se précipiter ! Severus n'est pas au courant de ce que font les élèves dans leur dortoir, mais c'est sûr que s'il le savait, il ferait de la prévention à tout-va ! Sirius n'a absolument pas envie de savoir que Harry expérimente déjà des choses avec Adrian XD Les autres couples vont commencer à se former et il va d'ailleurs y avoir des avancées dans le prochain chapitre =) Merci pour ta review ! =)
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Merci à vous tous pour vos retours, ça fait toujours autant plaisir ! =) Avant de vous laisser avec le nouveau chapitre, je tiens juste à préciser que Harry agit comme n'importe quelle personne folle amoureuse de son petit-ami. C'est bien connu que l'amour rend aveugle, eh bien Harry en est la preuve :/ Voilà, je ne vous embête pas plus longtemps et je vous souhaite une bonne lecture ! =)
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Warning : Ce chapitre comporte plusieurs scènes à caractère sexuel.
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28 – Dérapage, annonces et nouvelles expériences
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(samedi 11/11) POV Sirius
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- Tu es sûr que c'est une bonne idée ?
- Mais oui, c'est ce que je faisais toujours avec James quand il était stressé.
- Sauf que Brian n'est pas James, Sirius. James tenait l'alcool, ce qui n'est peut-être pas le cas de Brian.
- Je n'ai jamais dit qu'on allait se bourrer la tronche, répliqua Sirius en levant les yeux au ciel. Mais si tu as peur qu'on se mette la tête à l'envers, tu n'as qu'à venir avec nous.
- Je t'ai déjà dit qu'il fallait que quelqu'un soit là au cas où Harry aurait besoin de nous. Et puis il n'a jamais été question que je vous accompagne. Bon, vas-y ou tu vas être en retard. Tu sais au moins où sont les appartements de Brian ?
- Oui, je n'y suis jamais allé mais je sais où ça se trouve. Mais ça ne te dérange pas, toi, que je te laisse ici tout seul ?
- Mais non, j'ai une tonne de travail à faire, ça va m'occuper. Profite de cette sortie. Ça va te faire du bien de te retrouver en-dehors de Poudlard.
- Je pense aussi. Passe une bonne soirée mais ne reste pas trop longtemps sur tes copies. Le week-end c'est fait pour décompresser, à défaut d'être fait pour se reposer. Je te dis à demain car je pense que tu seras couché quand je rentrerai.
Sirius prit sa baguette et s'en alla. Il se dirigea vers les appartements de son collègue qui étaient situés dans l'aile Est du château. Il ne savait pas comment il allait être accueilli car il n'avait pas du tout prévenu Brian que ce soir-là, il l'emmenait se décontracter dans un bar. Il pensait que Brian accepterait plus facilement s'il était pris au dépourvu. Il arriva quelques minutes plus tard à ses appartements et frappa énergiquement à la porte. Brian vint aussitôt ouvrir. Le soulagement se lut sur son visage lorsqu'il vit Sirius.
- Oh, c'est toi. Tu m'as fait peur.
- Pourquoi ? Tu t'attendais à ce que ce soit quelqu'un d'autre ?
- Non, non. C'est juste que tu as toqué avec un peu trop d'entrain. Que fais-tu là ?
- Je voulais savoir si tu étais libre ce soir.
Brian haussa les sourcils.
- Libre ?
- Oui, j'aimerais t'emmener boire un verre. J'ai l'impression que tu ne t'es familiarisé avec personne ici alors j'ai décidé de prendre les choses en main.
Brian écarquilla les yeux. Sirius crut un instant qu'il allait lui lancer «Mais de quoi je me mêle ?!» tellement Brian semblait ne pas en revenir.
- Je n'ai rien demandé, dit-il, l'air mal à l'aise.
- Je sais mais je trouve ça triste que tu sois à l'écart de tout le monde. C'est important de créer des liens avec ses collègues. Bon, tu n'es pas obligé de sympathiser avec tout le monde mais c'est bien d'avoir des contacts avec quelques-uns d'entre eux.
- Je suis très bien tout seul, répliqua Brian.
- Mais ça ne te manque pas, de n'avoir personne à qui parler ? s'étonna Sirius.
- Je ne vois pas avec qui je pourrais parler. Vous êtes tous bien plus vieux que moi.
- Nous n'avons que treize ans d'écart. Enfin, douze et demi parce que je suis né en fin d'année. Et tu n'en as que douze d'écart avec Remus. Ce n'est rien. Remus et moi sommes encore jeunes.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire, se défendit Brian. Pour moi ça fait quand-même une grosse différence. Je me dis que personne n'aurait envie de parler avec moi. Je suis plus proche de l'âge de mes élèves que de celui de mes collègues...
«Et c'est pour ça que tu te fais marcher sur les pieds par tes élèves» se dit Sirius. Il comprenait désormais mieux pourquoi Brian ne se faisait pas respecter. S'il voyait les choses comme ça, c'était normal qu'il ait un manque d'autorité. Même si les élèves n'avaient pas à profiter que leur professeur soit jeune pour lui manquer de respect. Il fallait vraiment que Sirius lui fasse comprendre qu'il devait se montrer plus ferme.
- Ce n'est pas une raison. Regarde, je suis bien plus jeune que Filius et pourtant, je m'entends très bien avec lui. Tout comme avec Pomona. Tu devrais vraiment essayer d'établir le dialogue. Sinon l'année risque d'être longue pour toi.
Brian soupira.
- D'accord, je vais essayer.
- Super. En attendant, ma proposition pour ce soir tient toujours.
- Je ne sais pas si c'est une bonne idée. J'ai plein de copies à corriger et j'ai également mes cours à préparer.
- Oui mais parfois ça fait du bien d'oublier un peu le travail et de décompresser. Tu pourras préparer tes cours demain. Et tes copies attendront un peu. Tu as le droit de prendre une soirée rien que pour toi de temps en temps.
- Ok, je crois que j'ai compris. En fait c'est toi qui veut aller boire un coup mais tu ne veux pas y aller seul. Alors tu viens me voir pour essayer me convaincre de t'accompagner.
- Il y a un peu de ça mais c'est plutôt l'inverse. Je voulais trouver un moyen de te détendre, je me suis dit que ce serait intéressant d'aller boire un verre ensemble et j'ai pensé que ça me permettrait de me détendre moi aussi par la même occasion. Avoue que ça te ferait du bien. Ce n'est pas bon de rester enfermé plusieurs mois sans sortir. Il y a les sorties à Pré-au-Lard, d'accord, mais ce n'est qu'une fois par mois et tu ne sors pas vraiment de la sphère scolaire puisqu'il y a plein d'élèves. Tu vas finir par faire un burn-out si tu restes le nez plongé dans ton travail.
Brian sembla hésiter un moment avant de céder.
- D'accord, mais un verre seulement.
- Pourquoi ? Tu n'as pas l'habitude de boire ?
- Non, c'est juste que j'ai envie de rester raisonnable.
- Tu ne diras plus ça quand tu seras un peu détendu. Après, si tu ne tiens pas l'alcool, tu peux me le dire, je ne te pousserai pas à boire un deuxième verre.
- Je tiens très bien l'alcool, rétorqua Brian. Je peux te le prouver.
Sirius sourit intérieurement. Il avait trouvé le moyen de faire réagir Brian. Il fallait juste le titiller un peu dans sa fierté. Son collègue n'était pas un ancien Serpentard pour rien. Les Serpentard tenaient à leur fierté et la défendaient vigoureusement. Et Sirius avait effectivement l'impression que Brian allait le lui prouver. Il y avait une lueur de défi dans son regard.
- Bien, allons-y, alors, répondit simplement Sirius.
- Tu sais déjà où on va aller ?
- Oui, on va aller à Little Norton. Il y a des bars très sympas là-bas.
- D'accord, je te fais confiance. Attends-moi là, je reviens.
Brian s'éclipsa et revint peu de temps après.
- C'est bon, on peut y aller.
Sirius et Brian sortirent des appartements de ce dernier et se mirent en route. Une fois avoir quitté le château, ils se dirigèrent vers les grilles puis ils transplanèrent. Ils arrivèrent dans une rue calme mais où il y avait tout de même du monde. Ils marchèrent un peu avant d'arriver au bar que Sirius connaissait bien, même si cela faisait une dizaine d'années qu'il n'y était plus allé. Le propriétaire avait sûrement changé. Si c'était le cas, ce serait dommage car Sirius s'entendait très bien avec l'ancien. Mais ce n'était pas ça qui lui importait le plus. Il espérait surtout que le bar ne serait pas trop bondé. Il avait toujours autant de mal avec la foule. Mais il se disait qu'avec quelques verres dans le nez, ça irait mieux.
Lorsqu'ils entrèrent dans le bar, Sirius proposa à Brian d'aller s'installer au comptoir. Ils s'assirent et commandèrent tous deux un Whisky Pur Feu. Sirius aimait bien cet endroit. Il y était souvent allé entre sa sortie de Poudlard et son séjour à Azkaban. Il en gardait de très bons souvenirs. Il espérait que l'endroit plairait aussi à Brian. C'était essentiel pour qu'il se détende. Car Sirius avait un objectif : le faire parler sur les problèmes qu'il rencontrait avec ses élèves. C'était quand-même pour ça qu'il l'avait emmené ici, à la base. Il comptait vraiment sur cette soirée pour avoir des confidences de la part de son collègue. Il n'y aurait que comme ça que Sirius pourrait l'aider. La bonne ambiance du bar ainsi que quelques verres allaient probablement aider.
Bon, pour le moment, Brian était encore un peu tendu. Sirius devait avouer qu'il était crispé, lui aussi. Ils étaient seuls au comptoir mais il y avait trop de monde dans le bar, même s'il ne devait y avoir qu'une vingtaine de personnes. Il fallait qu'il pense à autre chose. Il décida donc de parler de choses et d'autres.
- Tu n'étais jamais venu ici, avant ? demanda-t-il à Brian.
- Non, c'est la première fois que je viens. Mais c'est sympa, comme endroit. Tu es beaucoup venu ici, toi ?
- Un certain nombre de fois, oui. Mais c'était il y a longtemps. J'étais jeune, à l'époque. C'était avant que je n'aille à Azkaban.
- Tu n'y es pas retourné, depuis ta sortie ? s'étonna Brian.
- Non, j'ai peur de la foule, avoua Sirius. C'est déjà dur pour moi quand nous sommes tous réunis entre professeurs à Poudlard. Mais j'arrive quand-même à gérer. Je suis néanmoins beaucoup plus à l'aise lorsque je ne suis qu'avec deux ou trois personnes. C'est pour ça que j'ai tout de même réussi à sympathiser avec plusieurs collègues. Il faut juste que je ne les vois pas tous en même temps.
Sirius se tut sur ces mots et rougit en voyant le regard que son collègue portait sur lui. Il semblait à la fois surpris et admiratif.
- Ça ne se voit pas du tout que tu es mal à l'aise quand tu es avec tous les collègues dans la salle des professeurs.
- Parce que je ne veux pas le montrer, dit Sirius en souriant. Je préfère que les collègues me voient comme quelqu'un de drôle qui n'arrête pas de blaguer plutôt que quelqu'un qui a la frousse et qui sursaute au moindre bruit...
- Les gens ne t'aimeront pas moins pour autant. Je pense même qu'ils s'attacheront encore plus à toi. Tu devrais te montrer sous ton vrai jour.
Brian sembla soudain un peu gêné.
- Ouais enfin bon, je n'ai pas à te donner des conseils, moi je fuis carrément les gens...
- Nous sommes un peu pareils, en fait. Sauf qu'on agit différemment. Mais tu vois, là ça se passe plutôt bien, non ?
- Oui, c'est vrai. Mais je ne pense pas que je serais aussi à l'aise avec tout le monde.
- Invite-les tous tour à tour à prendre un verre, ça aide toujours pour un premier contact. La preuve. Bon, un conseil : n'essaie pas avec Snape. Il n'est pas du tout du genre à boire, lui, je pense. Et puis qui aurait envie de passer du temps avec lui, sérieux ?
- Il n'est pas aussi horrible que ça, protesta Brian. Mais bon, je sais que ce n'est pas le grand amour, entre vous. On va donc éviter de parler de lui.
- Sage décision, approuva Sirius. On est là pour se détendre.
Alors qu'il portait son verre à ses lèvres, Sirius remarqua que Brian avait déjà presque vidé le sien. Lui n'avait plus trop l'habitude, il y allait donc doucement.
- Eh bé, pour quelqu'un qui ne voulait pas boire... se moqua-t-il gentiment.
- Je crois que j'ai changé d'avis, en fait, admit Brian. Tu avais raison, j'avais vraiment besoin de me détendre. Et puis j'ai quelque chose à te prouver, rappelle-toi. D'ailleurs...
Brian interpella le barman et commanda un autre verre. Sirius grimaça. Il n'allait pas pouvoir suivre, à ce rythme ! En plus il fallait que Brian reste quand-même un peu lucide pour lui raconter ce qui n'allait pas avec ses élèves... C'était cependant encore un peu trop tôt pour le questionner à ce sujet. Il décida de rebondir sur ce que son collègue venait de dire.
- Si je ne t'avais pas poussé à sortir ce soir, tu serais resté enfermé dans le château pendant toute l'année ?!
- Aucune idée. J'aurais peut-être fini par ressentir le besoin de prendre l'air et de m'éloigner de la sphère professionnelle.
- Mais tu n'as personne à retrouver en-dehors de Poudlard ? Pas d'amis, pas de famille ?
- J'ai des amis, oui, mais ils sont éparpillés aux quatre coins du monde. Et puis on a notre vie chacun de notre côté. Nous sommes tous très occupés alors c'est difficile de se voir.
- Je vois. Et avec ta famille ?
Brian se rembrunit.
- Je n'ai pas une très grande famille et je suis en froid avec mes parents.
- Oh, pardon, je ne voulais pas aborder un sujet aussi délicat...
- Ce n'est pas grave, tu ne pouvais pas savoir.
- J'espère que ça va s'arranger.
- Ça fait sept ans donc je n'ai plus trop d'espoirs.
Sirius aurait lâché son verre s'il l'avait tenu à la main. Il était stupéfait. Brian avait vingt-trois ans, ce qui voulait donc dire qu'il était encore mineur lorsqu'il avait coupé les liens avec ses parents... Cela lui rappelait douloureusement sa propre histoire. Il n'avait que seize ans lorsque sa famille l'avait renié. Il était parti s'installer chez les parents de James qui l'avaient accueilli à bras ouverts. Eux s'en fichaient totalement que Sirius ne partage pas les idées de sa famille. Les Potter eux-mêmes étaient des gens très ouverts d'esprits, qui n'avaient aucun préjugé et qui n'avaient absolument rien contre les moldus et les nés-moldus. Les Potter le considéraient comme leur deuxième fils et ça, Sirius ne l'oublierait jamais.
- Sirius, ça va ?
Il releva brusquement la tête. Brian le regardait avec un air inquiet.
- Oui, oui, je... je pensais juste à ma propre famille. Je... j'ai été renié au même âge que toi. J'avais une famille qui croyait à la suprématie des Sang-Pur et qui n'acceptait pas la discussion à ce sujet. J'ai toujours refusé d'adhérer à leur idéologie alors à mes seize ans, j'ai quitté la maison familiale et mes parents m'ont renié. Ma mère a effacé mon nom de la tapisserie qui représente la lignée des Black. Bon, je n'ai pas trop à me plaindre, j'ai pu me réfugier chez les parents de mon meilleur ami.
- C'est sûr, c'est une chance, murmura Brian.
- Tu... tu es allé où, toi ?
- Dans un centre qui accueillait les jeunes personnes comme moi. C'est-à-dire les ados rejetés par leur famille à cause de leur orientation sexuelle.
- Oh...
Sirius ne s'était pas attendu à ça. Tout était plus clair, maintenant. Il comprenait mieux pourquoi Brian avait peur d'aller vers les autres. Il avait peur d'être rejeté pour ce qu'il était.
- Tes parents t'en veulent parce que tu es gay ? lâcha Sirius, choqué.
- Oui.
- Mais ce n'est pas de ta faute... Et puis, surtout, tu as le droit d'aimer qui tu veux...
- Ce n'est pas ce qu'ils pensent. Ils croient que c'est un choix. Que j'en ai fait exprès d'être gay. Que je l'ai décidé. Alors que pas du tout. Mais même s'ils comprenaient que je ne l'avais pas choisi, ce serait pareil pour eux. Ils ne veulent pas d'un fils qui a des préférences contre-nature. J'ai essayé plusieurs fois de leur expliquer, d'avoir une discussion calme à ce sujet mais ils n'ont jamais voulu m'écouter. Ils font comme si je n'existais plus pour eux.
- Mais c'est horrible, souffla Sirius.
- Ça arrive malheureusement plus souvent qu'on ne le croit.
Sirius était vraiment choqué. Il ne comprenait pas comment des parents pouvaient rejeter leur enfant à cause de son orientation sexuelle. Il ne lui serait jamais venu à l'esprit de renier Harry quand il avait appris qu'il était gay. Il avait été surpris, certes, mais il avait bien pris la nouvelle. Tout comme l'auraient fait James et Lily. James aurait eu les discussions adéquates avec Harry en le mettant facilement à l'aise et Lily, elle, se serait assurée que Harry vivait bien les choses, qu'il se sentait bien dans sa tête et elle lui aurait dit que James et elle seraient toujours là pour l'écouter, le soutenir et le conseiller. Ils auraient été de merveilleux parents, en somme.
- Mais parlons d'autre chose, si tu veux bien, dit alors Brian.
Cela fit sortir Sirius de sa rêverie. Il sourit à son collègue.
- Oui, tu as raison. On avait dit qu'on était là pour se détendre.
Il finit d'un coup son verre et en commanda un autre. Il regretta un peu sa témérité en se sentant soudain un peu ailleurs, ce que remarqua Brian :
- Tu devrais faire attention, tu n'as peut-être plus trop l'habitude.
- Ça va aller, affirma Sirius. Je vais vite reprendre la main.
- On peut prendre autre chose, si tu veux, insista Brian.
- Mais je tiens l'alcool, qu'est-ce que tu crois ? s'indigna Sirius. Après, si tu dis ça pour toi...
- Pas du tout, répliqua Brian. Je peux tenir longtemps, moi.
- Mais moi aussi, s'offusqua Sirius. Et plus longtemps que toi, j'en suis sûr.
- Bien, c'est ce que nous allons voir.
Brian prit son verre et le vida d'une traite. Sirius crut que sa mâchoire allait se décrocher en le voyant faire. Il sut, à ce moment-là, qu'il n'aurait jamais dû parier. Mais il était un Gryffondor alors il était hors de question qu'il revienne sur ses mots. Il avait un pari à honorer et il comptait bien le gagner.
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Quelques heures plus tard, POV Remus
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Contrairement à ce que Sirius lui avait conseillé, Remus resta jusque tard pour corriger ses copies. Il en avait un sacré paquet et il voulait vraiment s'avancer au maximum. À une heure du matin, il était donc toujours en train de travailler. Cela lui faisait bizarre d'être sans Sirius mais il arrivait à s'accommoder de son absence. Il n'était pas non plus dépendant de son ami. Enfin, pas totalement.
Il était en train de corriger la copie d'un élève de deuxième année lorsqu'il entendit la porte d'entrée s'ouvrir. Il regarda l'heure. Une heure et demie. Sirius s'était absenté pendant plus de cinq heures. Dans quel état allait-il le retrouver ? Il eut très vite un élément de réponse lorsque la voix de Sirius lui parvint :
- Je suis un Botruc. Je m'accroche à mon arbre. C'est gentil un Botruc, hein ?
- Oui, oui, c'est très gentil, mais fais attention, tu vas te cogner.
- Ooooh c'est mignon, tu t'inquiètes pour moi...
«Oh non» pensa Remus. À n'en pas douter, Sirius était ivre. Remus se dépêcha de le rejoindre à la porte d'entrée. Il le découvrit en compagnie de Brian qui le soutenait. Ce dernier sembla gêné.
- Pardon, on t'a réveillé ?
- Non, non, pas du tout, j'étais encore en train de travailler.
- Sur koââââ ? demanda bêtement Sirius.
Remus l'ignora et s'adressa à Brian :
- Merci de l'avoir raccompagné jusqu'ici. Ça n'a pas dû être un cadeau.
- Oh, c'était assez drôle. Je ne suis pas totalement sobre non plus, je dois donc être bon public.
- Ça ne se voit pas, commenta Remus. Vous avez transplané ?
- Oui, je me sentais quand-même en état de le faire. Je suis désolé de te le laisser comme ça sur les bras, j'aurais dû l'empêcher de boire autant... Surtout que c'est un peu de ma faute.
«Il est beaucoup plus loquace que d'habitude» songea Remus. Tout compte fait, cela se voyait peut-être qu'il avait bu, lui aussi. Mais chez lui, cela avait un impact très positif. Pas comme chez Sirius.
- Ce n'est pas grave, assura Remus. Je pense que ça lui aura quand-même fait du bien de se laisser aller le temps d'une soirée. Je vais bien m'occuper de lui. Merci encore de l'avoir ramené.
- De rien. Bonne nuit et bon courage avec Sirius.
Brian se délesta de Sirius qu'il confia à Remus puis il s'en alla.
- Ooooh tu es bien plus robuste... Mais tu fais un arbre très confortable...
Remus se retint de lever les yeux au ciel. Il ne se souvenait pas que Sirius avait un comportement pareil lorsqu'il avait trop bu. Pourtant il l'avait accompagné dans bon nombre de soirées lorsqu'ils étaient plus jeunes.
- Peut-être mais tu seras mieux dans ton lit.
- Veux pas dormir tout seul... Veux mon arbre avec moi.
- Oui, on va y penser. Allez, je vais te conduire jusqu'à ta chambre.
Sirius acquiesça et se laissa docilement mener par Remus. Une fois arrivés à la chambre de Sirius, Remus le fit s'allonger et entreprit de lui enlever ses chaussures.
- Tes gestes sont doux... C'est agréable... Moi je défais jamais les lacets, j'enlève directement mes chaussures... Toi tu prends le temps. Je pourrais m'endormir sans m'en rendre compte.
- N'hésite surtout pas. Tu as besoin de te reposer.
- Non, je veux continuer à te sentir t'occuper de moi.
- Je vais bientôt partir, Sirius.
- Noooooon Moony reste... Tu ne peux pas m'abandonner comme ça...
- Tu dois dormir et moi aussi.
- T'as qu'à dormir avec moi.
- Non, Sirius. Ce n'est pas une solution. En plus demain – enfin, dans quelques heures – tu risques de hurler si tu me découvres à côté de toi au réveil.
- Mais non, tu ne me fais pas peur, Moony. Allez, reste, s'il te plaît...
- J'ai dit non, Sirius. Est-ce que tu portes une ceinture à ton pantalon ?
- Pourquoi ? Tu veux me frapper avec ? Je ne te savais pas adepte de ce genre de choses, Remus.
«Bon sang empêchez-moi de l'assommer» pria Remus.
- Ce n'est pas pour ça que je t'ai posé la question, mais pour te l'enlever afin que tu ne sois pas trop serré et que tu puisses dormir dans les meilleures conditions qui soient.
- Ooooh... C'est gentil de penser à moi comme ça. Sinon, oui, je porte une ceinture.
- D'accord, je te l'enlève et ensuite je te laisse.
Sirius acquiesça avec une lueur étrange dans le regard qui ne rassura pas du tout Remus. Il avait l'air de quelqu'un qui s'apprêtait à jouer un tour. «Arrête de te faire des films, il est bourré, il n'est pas du tout en état de jouer un tour à qui que ce soit» se raisonna Remus. Il souleva légèrement la chemise de Sirius et découvrit qu'il avait effectivement une ceinture. «On ne sait jamais, il aurait pu me faire une blague en disant qu'il en avait une alors que c'est faux» se dit Remus, toujours convaincu que Sirius préparait quelque chose. Il posa ses doigts sur la boucle de la ceinture et commença à la défaire. Alors qu'il la faisait passer entre les crochets du pantalon, il sentit deux mains se poser dans son dos avant qu'il ne se retrouve brusquement plaqué contre Sirius.
- Je t'avais bien dit que tu resterais avec moi !
- Sirius arrête c'est pas drôle ! Lâche-moi !
- Non sinon tu vas t'en aller.
Remus ne savait pas quoi faire. Il ne pouvait quand-même pas dormir avec Sirius ! Ce n'était pas envisageable ! Même s'il devait avouer que c'était agréable d'avoir Sirius contre lui. Non, non, il ne devait pas avoir ce genre de pensées.
- Sirius, lâche-moi, s'il te plaît.
- Non.
Remus soupira, le haut de son corps toujours plaqué contre le lit et Sirius et ses pieds toujours par terre. Ce n'était vraiment pas une position confortable pour lui.
- Je vais avoir mal au dos si je reste comme ça.
- On va arranger ça, alors.
Avant que Remus ne puisse protester, Sirius le hissa jusqu'à ce qu'il se retrouve complètement sur le lit. Sirius s'installa de part et d'autres de ses jambes tout en posant ses mains sur ses épaules. Alors que Remus aurait dû être gêné d'être dans une telle position, ce fut le regard de Sirius qui le troubla. Un regard empli de quelque chose qu'il ne devrait pas y avoir dans les yeux de son ami. Du désir. Une voix dans la tête de Remus lui conseilla d'utiliser sa force de loup-garou pour repousser Sirius avant que les choses ne dérapent mais Remus ignora cette voix. Pourtant il savait que c'était ce qu'il devait faire. Mais il n'en avait aucune envie. En voyant le regard empli de désir de Sirius, il se sentit aussi embrumé que s'il avait bu quelques verres de trop, lui aussi. Il fut alors incapable de faire quoi que ce soit lorsque le visage de Sirius se rapprocha dangereusement du sien. Il ne put que laisser ses lèvres se poser sur les siennes. Ce contact le fit réagir mais pas du tout de la bonne façon. Au lieu de repousser Sirius, il gémit et l'attira davantage contre lui. Il savait que ce n'était pas bien. Il savait que Sirius était ivre et qu'il n'était pas entièrement conscient de ce qu'il faisait. Il savait qu'il s'en voudrait le lendemain de ne pas avoir repoussé Sirius. Mais en ce moment-même, il se fichait bien de tout cela. Il n'y avait que les lèvres de Sirius sur les siennes qui comptaient. Mais cela ne leur suffit bientôt plus. Sans rompre le baiser, les doigts de l'un se mirent à déboutonner la chemise de l'autre. Les mains de Sirius découvrirent le torse et les hanches de Remus, déclenchant des milliers de frissons à celui-ci qui, pour sa part, faisait voyager ses mains dans le dos de son ami. Remus grogna quand les lèvres de Sirius se détachèrent des siennes avant de gémir quand elles se posèrent dans son cou. Il sentit le désir lui brûler les reins alors que son érection déjà présente depuis un moment se durcissait dans son pantalon. Ce ne fut que lorsque Sirius s'allongea complètement sur lui et qu'il plaqua son bassin contre celui de Remus que ce dernier revint enfin à la raison. La bosse qu'il sentit contre la sienne lui fit prendre conscience qu'ils étaient déjà allés trop loin. Il décida cette fois de repousser fermement Sirius, n'hésitant pas pour cela à utiliser la force que lui conférait sa nature de loup-garou. Sirius le regarda d'un air perdu, ne comprenant visiblement pas la réaction de Remus qui reboutonnait déjà sa chemise.
- Remus...
- Je n'aurais jamais dû te laisser m'embrasser. Tu es ivre, tu ne sais pas ce que tu fais.
- Qu'est-ce que tu en sais ? Je crois au contraire que j'étais pleinement conscient de mes actes. Et j'ai d'ailleurs très envie de recommencer.
- C'est l'alcool et probablement la frustration qui font ça, Sirius. Tu vas tout regretter demain et tu me reprocheras de t'avoir laissé faire alors que moi, j'étais sobre. Et tu auras entièrement raison. Mieux vaut s'arrêter avant d'aller vraiment trop loin. Tu as besoin de dormir, de toute façon. Et seul. Ça vaudra mieux pour tout le monde. Bonne nuit, Sirius.
Remus quitta la chambre de Sirius sur ces mots, frustré et en même temps soulagé d'avoir arrêté au bon moment. Il retourna au salon où l'attendaient toujours ses copies. Comme il n'était pas du tout fatigué et que, de toute manière, il ne réussirait pas à dormir après ce qui venait de se passer, il préféra continuer à travailler. Il passa ainsi une nuit blanche sans que la fatigue ne lui tombe dessus à un moment ou à un autre.
Ce ne fut que vers onze heures que Sirius se leva. Remus lui donna plusieurs potions pour soigner les effets de sa beuverie. Sirius les prit volontiers avant d'attaquer le petit-déjeuner que Remus lui avait préparé. Une gueule de bois coupait normalement l'appétit mais Remus savait que Sirius n'avait pas dîné avant d'aller voir Brian la veille au soir. Ce n'était donc pas étonnant que Sirius ait un peu faim. Alors qu'il entamait son deuxième petit pain, il se racla la gorge et prit la parole :
- Je suis désolé pour ce qui s'est passé cette nuit. Je ne me souviens pas de tout mais je sais que j'ai fait n'importe quoi. Tu avais raison, c'est l'alcool et la frustration qui m'ont poussé à agir comme ça. Tu as bien fait de me repousser. J'espère que tu ne m'en veux pas trop...
- Non, pas du tout, dit Remus en souriant. Je sais que tu n'aurais jamais fait ça en temps normal. On n'a qu'à oublier, d'accord ?
- D'accord, approuva Sirius. Mais tout ça, ça m'a fait prendre conscience que je dois vraiment me reprendre en main. Je ne pense pas être prêt à me trouver quelqu'un mais je crois que des aventures d'un soir me suffiront largement pour le moment. Tu devrais en faire autant.
- Tu sais bien que ce n'est pas mon truc, les aventures d'un soir.
- Oui mais ça te ferait du bien. Toi aussi tu es frustré. Il faut y remédier. Au moins, avec les coups d'un soir, tu n'auras pas besoin de cacher ta lycanthropie puisque tu ne seras pas censé les revoir. Il n'y a aucune prise de tête, c'est juste du bon temps à passer. Bon, je vais aller me laver. Une bonne douche s'impose.
Sirius se leva de table et quitta le salon. Remus soupira. Il devait avouer que Sirius n'avait pas tout à fait tort. Mais il n'était vraiment pas adepte des aventures éphémères. Lorsqu'il était en couple, il avait certes une sexualité très épanouie, mais il avait tout de même besoin de sentiments. Il n'avait jamais eu de relations uniquement basées sur le côté charnel. Mais contrairement à ce qu'avait dit Sirius, il ne se sentait pas frustré. Ce n'était pas à cause de ça qu'il avait été facilement excité cette nuit. Il avait l'impression que c'était juste Sirius lui-même qui l'avait mis dans cet état. Non, ce n'était pas possible. Il ne pouvait pas désirer son ami. Sirius devait avoir raison, tout compte fait. Il était frustré sans s'en rendre compte. C'était pour cela qu'il avait réagi au quart de tour. Bon sang, pourquoi tout était donc si compliqué ? Il se sentit d'un coup las et fatigué. Il avait besoin de dormir. Et c'était ce qu'il allait faire. Un peu de repos lui ferait le plus grand bien.
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Quelques heures plus tard, Remus se sentit effectivement mieux. Il se rendit au salon et découvrit un Sirius en train de travailler.
- Tu es motivé pour quelqu'un qui s'est pris une cuite durant la nuit, constata-t-il.
- J'avais besoin de m'occuper l'esprit. En plus ça fait une bonne dizaine de jours que je dois corriger certaines copies. Il faut que je rattrape mon retard.
- Je vais te laisser travailler alors. Je vais m'y remettre, moi aussi. J'ai encore quelques devoirs à noter.
Remus s'installa et reprit sa petite pile de parchemins qu'il avait laissée sur la table avant d'aller faire sa sieste. Il se replongea vite dans son travail, si bien qu'il en oublia la présence de Sirius qui corrigeait ses devoirs en silence. Du moins, jusqu'à ce qu'il pose soudain une question à Remus, le faisant presque sursauter :
- Remus, il se passe quoi si un élève a un Piètre, un Désolant ou un Troll en sortilèges aux BUSE ?! Il redouble ?!
- Pas forcément. C'est extrêmement rare qu'un élève redouble. Il faut vraiment qu'il ait de grosses difficultés. Et ce, dans bon nombre de matières. Mais comme les sortilèges sont l'une des deux seules matières qu'il faut continuer jusqu'aux ASPIC, si un élève obtient un Désolant ou un Troll, le redoublement peut être envisagé, oui. Après il faut voir ça au cas par cas. Si l'élève a eu d'assez bonnes notes tout au long de l'année, on lui proposera sûrement de repasser l'épreuve en session de rattrapage. Mais uniquement s'il a eu un Désolant ou un Troll à sa BUSE. S'il a eu un Piètre, on le fera passer en sixième année sans lui faire repasser l'examen. Mais ses notes seront surveillées de très près.
- D'accord, ça me rassure.
- Pourquoi me poses-tu cette question ?
- Parce que j'avais peur de me farcir Crabbe et Goyle pendant encore trois ans si jamais ils devaient redoubler.
Remus éclata de rire.
- Je comprends ! Pour le coup je suis désolé de te décevoir mais ils risquent fort de redoubler. Ils ne peuvent pas passer en sixième année avec les notes qu'ils ont dans toutes les matières.
- Je vais démissionner.
- Je te laisse l'annoncer à Harry.
Sirius fit les gros yeux et ouvrit la bouche avant de la refermer.
- Tu n'es qu'un Serpentard, Remus.
- Je sais, tu me l'as déjà dit plusieurs fois. D'ailleurs, en parlant de Serpentard, est-ce que tu as réussi à faire parler Brian ?
Sirius fronça les sourcils.
- Comment ça ?
- Bah oui, tu étais censé le faire parler sur les problèmes d'autorité qu'il rencontrait avec ses élèves...
- Les pro... Aaaaah ouiiii, c'est vrai ! Désolé, je suis un peu long à la détente.
Remus s'attendait à ce que Sirius finisse par répondre à sa question mais il n'en fit rien.
- Alors, tu l'as fait parler ? s'impatienta-t-il.
- De ?
- Non mais tu en fais exprès !
- Mais non, c'est toi qui n'est pas clair !
- Mais je viens te le dire ! Est-ce que tu l'as fait parler sur ses problèmes d'autorité, oui ou non ?!
- Oui. Non. J'sais plus. Non, je crois.
Remus regarda Sirius d'un air désespéré.
- Tu te souviens quand-même que c'est pour ça, à la base, que tu l'as entraîné avec toi hier soir ?
- Oui mais avec l'alcool j'ai fini par oublier.
- Donc on n'est pas plus avancé ? Il ne t'a fait aucune confidence ?
- Ben... non.
Remus secoua la tête, à la fois dépité et agacé.
- En fait tu voulais juste te prendre une cuite. Tu n'as jamais eu l'intention de le faire parler.
- Mais si ! C'est juste que j'ai oublié !
- Eh bien je ne te félicite pas.
- Oh, c'est bon, tu ne vas pas me faire un caca nerveux pour ça ! Ça m'a fait du bien, cette soirée. Et je pense que Brian ne regrette pas non plus. Pour moi c'est le principal.
Remus leva les yeux au ciel et se leva.
- Où est-ce que tu vas ? demanda Sirius.
- Je vais faire un tour. J'ai besoin de prendre l'air.
Remus n'attendit pas de réponse, prit sa baguette et quitta les appartements. Il commença à se promener dans les couloirs qui étaient plutôt déserts. Jusqu'à ce qu'il tombe sur Pomona qui en profita pour l'interpeller.
- Ah, Remus, tu tombes bien ! Je dois te parler.
«Ouh là, ça ne sent pas bon» songea Remus.
- Je t'écoute, dit-il néanmoins.
- C'est à propos d'un élève de ta maison.
- Je m'en doutais un peu, répondit Remus en souriant. De qui s'agit-il ?
Pomona sembla un peu gênée. Le sourire de Remus commença à s'évanouir alors qu'il pensait avoir deviné la réponse à sa question. Il espéra se tromper car il n'avait pas du tout envie d'entendre dire que Pomona avait des problèmes avec Harry. Cela ferait un peu trop en une journée.
- Avant de te répondre, je ne pense pas que ce soit nécessaire d'en parler à Sirius...
- D'accord, j'ai compris. Tu veux me parler de Harry, soupira Remus.
- Oui. Cela fait deux fois qu'il arrive en retard en cours.
- Comment ça, en retard ? Deux minutes ? Cinq minutes ?
- Non, plutôt quinze ou vingt, avoua Pomona. Sinon je ne t'en aurais pas parlé. J'aurais directement réglé ça avec lui.
- Mais qu'est-ce qui peut le mettre autant en retard ? demanda Remus, choqué.
- Je ne sais pas, c'est la question que tu devras justement lui poser. Ça me surprend vraiment car d'habitude, il est toujours à l'heure et à part ces deux gros retards, je n'ai rien à lui reprocher. Ses notes sont excellentes.
- Je vais lui en parler, promit Remus. Il faut juste que je demande aux autres professeurs s'il est arrivé en retard à leurs cours également.
- Interroge surtout les professeurs qu'il a en premier dans la journée. Car il me semble que les deux fois où c'est arrivé, j'étais son premier cours de la journée. Il ne fait pas duel ?
- Non, il n'a pas pris cette option.
- Donc j'étais bien son premier cours à chaque fois.
- D'accord, je verrai son emploi du temps et je poserai la question aux professeurs concernés. Merci de m'en avoir parlé.
- De rien, j'espère juste que ce n'est rien de trop grave.
- Je l'espère aussi. Passe une bonne journée.
Pomona souhaita de même à son collègue et s'en alla. Remus soupira et se remit en route. Cette journée était vraiment pourrie. Il avait hâte qu'elle se termine afin qu'il aille se coucher. En espérant que le lendemain, la semaine commencerait sous de bonnes augures...
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(lundi 13/11) POV Théo
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Théo était profondément endormi lorsque le réveil sonna ce matin-là. Il l'éteignit cependant rapidement pour ne pas déranger ses compagnons de dortoir. Il bâilla et voulut s'asseoir mais il fut gêné par une présence gênante dans son pantalon de pyjama. Il y porta la main en fronçant les sourcils et découvrit qu'une certaine partie de son anatomie était particulièrement dure. Un frisson le parcourut lorsqu'il l'effleura de ses doigts. Bon sang mais qu'est-ce que c'était que ça ?! Pourquoi était-ce aussi dur et gonflé ?! Il pensa à une envie pressante mais non, d'habitude, ça ne lui faisait pas ça. Il posa de nouveau la main dessus et se mordit la lèvre en sentant un autre frisson envahir son corps. Il était terriblement gêné. Pourquoi était-ce aussi sensible ?! Il n'y comprenait rien et cela le troublait beaucoup. Si, jusque-là, il se contentait d'essayer de comprendre, il paniqua soudain quand d'autres questions lui vinrent à l'esprit : quand serait-il débarrassé de cette bosse ? Allait-elle partir toute seule ? Si non, que devait-il faire ? Parce qu'il fallait absolument que ça parte avant qu'il n'aille prendre son petit-déjeuner. Il ne pouvait pas se balader dans le château avec un truc pareil dans son pantalon ! Il n'était pas sûr que sa robe de sorcier allait pouvoir cacher ça... Il repensa alors à certaines discussions qu'il avait entendues entre Draco et Blaise. Ils parlaient de quelque chose qui semblait être exactement ce qu'il avait en ce moment-même. Mais ça concernait un sujet qui ne l'intéressait pas du tout et dont il avait toujours voulu se tenir éloigné le plus possible. Il se laissa retomber sur son lit et enfouit son visage dans l'oreiller en gémissant. Pourquoi fallait-il que ça lui arrive à lui ?! Il ne savait absolument pas quoi faire. Il n'avait plus qu'à rester dans son lit en priant pour que ça passe tout seul. Le problème, c'était qu'il avait cours dans une heure et demie. Il voulait bien sauter le petit-déjeuner mais il fallait que ce soit parti à tout prix avant neuf heures. Alors qu'il se demandait ce qu'il allait faire si ce n'était pas parti à ce moment-là, il entendit la porte du dortoir s'ouvrir, puis se refermer de longues secondes plus tard. C'étaient probablement Crabbe et Goyle qui venaient de s'en aller. Ils étaient toujours lents, le matin. Quelques minutes passèrent avant que la porte ne s'ouvre et se ferme de nouveau. Il pensa que ses deux amis étaient eux aussi partis mais il fut vite détrompé par la voix de Draco qui s'éleva derrière ses rideaux :
- Théo, tu es là ?
- Oui oui, répondit-il d'une petite voix.
- Ben qu'est-ce que tu fais alors ? Ça ne te ressemble pas de mettre autant de temps à te lever.
- Je n'ai pas très faim, je vais sans doute rester dans le dortoir jusqu'au cours de divination.
- Mais tu sais que tu dois manger même quand tu n'as pas faim...
- Oui mais là je sais que ça va repartir si je me force. N'insiste pas, s'il te plaît. Va manger, toi. Ne t'occupe pas de moi.
- Non mais tu m'inquiètes, là. Tu vas bien, au moins ?
- Oui, ne t'en fais pas, je te dis.
- Généralement, quand on dit ça, c'est que quelque chose ne va pas. Tu ne te sens pas bien ?
- Mais si, ça va très bien.
- Non, ça ne peut pas aller bien quand on sait d'avance qu'on va rejeter son petit-déjeuner.
- Mais je te dis que ça va, arrête d'insister !
Théo savait que hausser la voix n'allait pas aider à convaincre Draco. Et, en effet, ce dernier ne fut tellement pas convaincu qu'il ouvrit d'un coup les rideaux de Théo qui n'apprécia pas du tout l'initiative de Draco :
- Je ne t'ai jamais permis d'entrer ! protesta-t-il.
- Tu aurais refusé si je t'avais demandé l'autorisation. Or, je vois bien que tu as un problème, je ne peux pas te laisser sans savoir ce que tu as.
- Je n'ai pas envie d'en parler.
- Donc il y a bien quelque chose. Si ça t'empêche de te lever de ton lit, il vaudrait mieux que tu en parles.
- Je ne peux pas. S'il te plaît, Draco, laisse-moi. Je ne suis pas malade, si ça peut te rassurer.
- Alors pourquoi tu n'as pas faim ?
- On peut ne pas avoir d'appétit sans être malade pour autant, répliqua Théo.
Draco soupira.
- Théo, dis-moi ce qu'il y a. Tu m'inquiètes à ne rien vouloir me dire.
- Il n'y a rien de grave, je ne peux juste pas t'en parler.
- S'il n'y a rien de grave et que tu n'es pas malade, alors sors de ce lit !
Draco voulut repousser les draps mais Théo les rabattit violemment sur lui en rougissant comme une tomate. Il fut encore plus gêné lorsque Draco écarquilla les yeux. Visiblement, il avait compris. Théo eut envie de disparaître sous terre. Il ne savait pas lequel des deux était le plus gêné.
- Désolé, je... je n'avais pas compris que... tu... enfin voilà quoi, bafouilla Draco.
- Tu ne pouvais pas deviner, murmura Théo.
Il y eut un léger silence avant que Draco ne demande :
- Je peux m'asseoir ?
Bien qu'étant mal à l'aise, Théo acquiesça. Bizarrement, maintenant que Draco était au courant, il ne voyait plus l'intérêt de le faire partir.
- C'est la première fois que ça t'arrive ? demanda doucement Draco.
- Oui, répondit-il, honteux.
- Il n'y a pas de honte à avoir, tu sais. Bon, j'avoue que c'est quand-même un peu étonnant, car ce genre de choses arrive normalement vers douze ou treize ans mais j'imagine qu'il y a des cas où ça peut arriver un peu plus tard. Mais avant, tu n'as jamais tâché tes draps, par exemple ?
- Non, dit Théo, perplexe.
- Oh... Parce que c'est souvent comme ça que ça commence. Tu te réveilles un beau matin en ayant les draps un peu mouillés. Mais c'est tout de même bizarre que tu n'aies jamais rien eu avant.
- Je n'ai jamais été à l'aise avec ça, rappela Théo. Je déteste mon corps à cause de tout ce qu'il a subi. J'ose à peine le voir quand je me lave. Je suis pourtant bien conscient qu'il n'y a plus de traces, mais je ne peux pas m'empêcher de penser à tous les bleus, toutes les coupures, toutes les entailles, toutes les plaies qu'il y a eu et ça suffit à me dégoûter.
- Je t'ai vu de rares fois torse nu et je peux t'assurer qu'il n'y a rien de laid chez toi, au contraire. C'est dans ta tête, tout ça. C'est sans doute parce que tu n'acceptes pas ton corps qu'il a mis autant de temps à avoir ce premier petit problème matinal.
- J'aurais préféré qu'il ne l'ait jamais.
- Tu ne peux rien contre ça, Théo.
- Mais c'est gênant !
- Je te l'ai dit, tu n'as pas à avoir honte. Ça arrive à tous les garçons. Ça n'a rien de sale, d'immoral, de honteux ou que sais-je encore. C'est naturel. C'est même primordial. Car sans ce type de réaction, il n'y aurait pas de vie sur Terre. Personne n'existerait. Je n'ai quand-même pas besoin de t'expliquer comment on fait les enfants ?
Théo se sentit rougir de nouveau.
- Non, ça va, merci, je ne suis pas si ignare que ça. Il y a quand-même des choses que je sais à ce sujet.
- Quelqu'un t'en a parlé ?
- Oui, la femme d'un Mangemort. Tu imagines bien que ce n'est pas mon père qui allait me faire la discussion. Mais je t'avoue que cette femme ne m'avait pas parlé du fait qu'une réaction de ce genre était nécessaire pour la conception d'un enfant. Ou alors je n'ai pas compris sur le moment.
- Il faudrait quand-même que tu sois au point sur tout ça, grimaça Draco. Est-ce que tu serais d'accord pour aller voir Mme Pomfrey ?
Théo haussa les sourcils, surpris.
- Pourquoi Mme Pomfrey ?
- Parce que c'est elle qui doit s'occuper de ce genre de discussion quand les parents ne daignent pas le faire eux-mêmes. Je te rassure, elle est très compétente, elle sait très bien expliquer et elle te met facilement à l'aise.
- Tu es allé la voir, toi ?
- Non, je n'en ai pas eu besoin. Mon père m'a parlé du problème que tu as ce matin et Severus m'a expliqué tout le reste. Je pense qu'il ne m'en voudra pas de te l'avoir dit mais c'est Blaise qui a dû aller voir l'infirmière. Il ne l'a absolument pas regretté. Tu peux vraiment y aller en toute confiance. Elle t'expliquera ce que tu veux savoir mais elle ne te forcera pas à te parler de certaines choses si tu n'en as pas envie.
- D'accord. Je crois que je vais lui demander de tout me dire d'un coup. Si, comme tu le dis, elle arrive à me mettre en confiance, je pense que j'accepterai d'entendre parler de tout.
- C'est bien. Tu ne vas pas le regretter, je te le promets. Bon, en attendant, il faut que tu t'occupes de ton problème actuel. À moins que ce soit passé depuis le début de la discussion ?
Théo n'eut pas besoin de répondre : sa grimace parla pour lui. Draco sourit, malgré son air un peu gêné.
- Il n'y a pas trente-six solutions pour faire passer ça. Parfois, une douche froide c'est efficace, mais vu comme tu es fragile, j'ai peur que tu doives aller voir Mme Pomfrey plus tôt que prévu à cause d'un vilain rhume.
- Qu'est-ce qu'il faut faire, alors ? demanda Théo, désespéré.
- Tu dois te soulager avec ta main. Tu peux le faire à travers ton pantalon de pyjama si tu es trop gêné pour y toucher directement. Tu te détends, tu ne penses à rien, tu fais aller et venir ta main et au bout d'un moment tu vas te libérer. Après, quand je te dis de ne penser à rien, c'est surtout pour te détendre. Mais ce sera plus efficace si tu penses à quelque chose qui éveille ton désir. Quelque chose qui t'excite, quoi.
Théo se sentit rougir une fois de plus. Il n'avait jamais été «excité» par quoi que ce soit. Du moins, pas dans ce sens. Draco dut le comprendre car il se reprit :
- Ok, on va rester sur «ne pense à rien». Ça viendra mécaniquement, juste avec les frottements. Ça va aller ?
Théo se retrouva pris au dépourvu par cette question. Les explications de Draco étaient très claires mais il ne se voyait pas du tout faire ce qu'il lui disait de faire. Il n'avait pas envie de toucher à ça. Il n'était pas prêt. Il ne s'attendait pas à ce qu'une chose pareille lui tombe d'un coup dessus et il ne s'était donc pas préparé à devoir y remédier. Il décida d'être franc avec Draco.
- Non, je ne veux pas faire ça. Il n'y a pas un autre moyen pour faire passer cette gêne ?
- Si mais ce n'est pas sûr que ça marche.
- Dis quand-même.
- Eh bien, tu peux penser à un truc très désagréable. Mais s'il n'y a rien qui t'excite, ça veut dire qu'il n'y a rien non plus qui ne t'excite pas... Il ne reste donc plus que la douche froide. Après, tu as un avantage non négligeable.
- Lequel ?
- Tu as énormément de self-contrôle. Tu sais très bien maîtriser tes émotions. Ça peut t'être très utile dans ce genre de situation. Si tu as toujours ta bosse actuellement, c'est parce que jusque-là, tu étais perdu et tu ne savais pas quoi faire. Mais maintenant que tu sais ce qu'il faut faire, à savoir prendre une douche froide, ça devrait partir assez facilement. C'est juste une réaction matinale, elle n'est pas due à un rêve que tu aurais fait, ça doit être pour ça aussi que tu n'as pas envie de te soulager. Donc fais ce que je te dis, mets-toi sous l'eau froide, ne pense à rien, détends-toi, relâche tes muscles et ça passera tout seul. Avec le contrôle que tu as sur toi, il suffit que tu te dises que ça doit passer pour que ça passe. Tu n'as eu aucun mal à apprendre l'Occlumancie, tu es même un excellent Occlumens, ce qui prouve que tu contrôles très bien ton esprit. Tout ça, ça va t'aider. Mais comme je te l'ai dit, tu es fragile alors ne reste pas trop longtemps sous l'eau froide. Et un conseil : évite de regarder vers le bas si tu n'as pas envie de voir le loup. Allez, bon courage.
Draco pressa l'épaule de Théo et s'en alla. Une fois son ami parti, Théo soupira et se décida à suivre les conseils de Draco. Il prit ses affaires de toilette ainsi que ses vêtements et se rendit à la salle de bain. Il se débarrassa de son pyjama, entra dans la cabine et actionna le robinet d'eau froide. Il ferma les yeux, prit de lentes et profondes inspirations et expira par le nez. Il sentit ses muscles se relaxer et une certaine tension quitter son corps. Il n'eut pas besoin de se concentrer énormément pour faire le vide dans son esprit, ses exercices de relaxation y contribuant beaucoup. Ceci ajouté à l'eau froide qui lui gelait le corps, il sentit très vite la gêne entre ses jambes disparaître. Il regarda quand-même pour s'en assurer et fut soulagé de voir que c'était aussi plat que d'habitude. Il allait pouvoir se laver à l'eau chaude, maintenant. Il avait beau ne pas être frileux, Draco avait raison quand il disait qu'il était fragile. Il n'avait aucune envie de se retrouver à l'infirmerie. Il changea donc la température de l'eau et une bonne douche chaude acheva de le relaxer.
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(mercredi 15/11) POV Severus
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Severus était satisfait. Plus qu'une heure de cours et il aurait terminé sa journée. Enfin, c'était vite dit. Car il avait une pile énorme de copies à corriger. Il allait encore passer sa soirée à travailler. D'abord dans son bureau, puis dans ses appartements. Il restait souvent dans son bureau jusqu'à l'heure du dîner, au cas où des élèves auraient besoin de lui parler. Les soirées étaient toujours plus agréables lorsqu'il devait aider un ou plusieurs élèves, pour n'importe quelle raison que ce soit. Il était toujours prêt à aider, à écouter et à conseiller. Il n'était pas l'homme asocial que tout le monde pensait qu'il était. Il préférait de loin aider plutôt que corriger devoirs et copies. C'était quand-même plus intéressant. D'ailleurs, il devait voir Potter à la fin du cours. Car dix jours plus tôt, il avait promis à Black qu'il convoquerait son filleul pour vérifier s'il allait bien. Bon, pour lui, la réponse était clairement non. Il aurait dû parler à Potter plus tôt mais il n'en avait pas eu le temps. En vérité, il n'avait pas vraiment plus de temps ce jour-là mais ça ne pouvait plus attendre. Potter s'endormait presque en cours, désormais. Mais il relevait toujours la tête avant de piquer vraiment du nez. Et il semblait toujours suivre le cours malgré tout. C'était comme s'il savait qu'il allait se faire disputer s'il s'endormait et qu'il voulait à tout prix éviter ça en s'empêchant de piquer du nez à la dernière minute. Severus ne savait pas s'il devait trouver ça rassurant. Il en doutait fortement. Il savait par Black que Potter ne voulait pas être questionné sur sa fatigue et qu'il évitait le sujet. Pour Severus, cela cachait forcément quelque chose. Quelque chose de pas net. Et Severus voulait découvrir ce que c'était. Il ne lâcherait pas Potter avec ça. Il espérait avoir des réponses à la fin du cours. En attendant, il devait faire ledit cours. Ça, c'était ennuyeux. Encore plus que corriger les copies.
Le cours se passa néanmoins bien. À la fin de l'heure, Severus libéra les élèves et demanda à Potter de rester. Le Gryffondor sembla à la fois surpris et inquiet. Il s'approcha du bureau lorsque tous ses camarades furent partis.
- Vous vouliez me voir, professeur ? demanda-t-il avec de la crainte dans la voix.
- Oui. Cela fait un moment que j'ai remarqué que vous manquez souvent de vous endormir en cours.
L'inquiétude fit place à de la méfiance dans le regard de Potter.
- C'est mon professeur de sortilèges et mon professeur de métamorphose qui vont ont demandé de me parler ?
Severus retint une grimace. Potter n'était pas dupe et en plus, il était déjà sur la défensive.
- Ce n'est pas la question, M. Potter. Je suis votre professeur, il est tout à fait normal que je vous convoque lorsque je constate que vous piquez du nez pendant mon cours. Mais ce n'est pas juste le professeur qui vous parle. C'est aussi le médicomage. Je vois bien que vous êtes anormalement fatigué depuis quelques temps. Si vous avez des problèmes, quels qu'ils soient, vous pouvez m'en parler.
Potter haussa les sourcils. L'air sérieux, il demanda :
- Vous vous sentez bien, professeur ?
Severus mit quelques secondes à comprendre pourquoi Potter lui posait cette question. La réponse était pourtant évidente : Severus avait passé quatre ans à traiter Potter comme un moins que rien en le rabaissant et en l'humiliant et là, tout à coup, il lui proposait gentiment de lui parler de ce qui n'allait pas, comme si tout était parfaitement normal. Il y avait de quoi se poser des questions.
- Ne retournez pas la situation, M. Potter, répliqua Severus. Je sais très bien que votre parrain et votre directeur de maison n'ont pas insisté pour avoir des réponses à leurs questions parce qu'ils ne voulaient pas se brouiller avec vous mais ce ne sera pas mon cas. Je ne serai pas aussi clément qu'eux. Je veux savoir la cause de votre fatigue et je ne vous lâcherai pas tant que vous ne m'aurez rien dit.
- Excusez-moi, professeur, mais en quoi ça vous regarde ? Vous êtes peut-être médicomage mais ici je suis votre élève et vous êtes mon professeur. Tant que je suis votre cours, que je vous rends de bons devoirs et de bons échantillons et que je ne m'attire pas d'ennuis, vous n'avez aucune raison de me convoquer.
- Ce n'est pas à vous de me dire ce que je dois faire ou non, rétorqua sèchement Severus. Comme vous l'avez si bien dit, je suis votre professeur et vous me devez donc le respect.
- Nous sommes bien d'accord, vous êtes mon professeur, pas mon médicomage ! asséna Potter. Je vous suis grandement reconnaissant d'avoir cessé de me persécuter et de me haïr sans raison mais ça ne vous donne pas le droit de me forcer à vous parler de ma santé si je ne veux pas que vous vous en mêliez !
Severus résista à l'envie de remettre le Gryffondor à sa place. Il en avait terriblement envie mais il savait que cela ne ferait qu'empirer les choses. Il devait rester calme sinon Potter allait encore plus se braquer.
- Vous vous trompez d'ennemi, dit-il posément. Je suis là pour vous aider. Je sais que c'est difficile à croire mais je ne veux que votre bien. Vous devez vraiment me voir comme un médicomage et non comme votre professeur de potions. Vous devez mettre de côté toute la rancoeur que vous pouvez ressentir à mon égard. Vous avez besoin d'aide, alors acceptez la mienne.
Potter baissa les yeux.
- Je suis désolé de m'être emporté, professeur. Je vous remercie pour votre aide mais je n'en ai pas besoin, contrairement à ce que vous croyez. Je suis fatigué, c'est vrai, mais vous n'avez pas à vous inquiéter. Je vais bien.
Severus regarda longuement le Gryffondor. Il sut qu'il n'allait rien réussir à tirer de lui, même en le gardant jusqu'au couvre-feu. Il s'était promis de ne pas le lâcher mais il savait qu'insister ne servirait à rien. Il commençait à comprendre pourquoi Black et Lupin avait abandonné si vite. Et, surtout, pourquoi Black était venu lui demander implicitement son aide. Sauf que là, Severus ne pouvait rien faire. Pour aider Potter, il fallait qu'il trouve par lui-même ce qui mettait le Gryffondor dans cet état de fatigue. Peut-être devait-il interroger tous ses amis... Il verrait cela plus tard. Il devait d'abord y réfléchir.
- Bien, je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Mais votre parrain et votre directeur de maison s'inquiètent pour vous. Ce n'est pas en vous taisant qu'ils vont être rassurés. Vous avez une bien drôle de façon de les remercier pour tout ce qu'ils font pour vous.
Potter fit la même tête que s'il avait avalé le Magicobus de travers. Severus sut qu'il avait touché la corde sensible. Mais il savait également que cela n'allait pas suffire pour inciter le Gryffondor à se confier. Celui-ci ne tarda d'ailleurs pas à le lui prouver :
- C'est tout ce que vous aviez à me dire ? Je peux y aller ?
- Oui. Mais ne croyez pas que je lâche l'affaire pour autant.
Potter acquiesça, souhaita une bonne soirée à Severus et partit. Severus soupira. Il détestait ce genre de situation. Surtout quand il ne savait pas comment y remédier. «Mieux vaut arrêter d'y penser pour le moment» se dit-il. Il se leva, rangea toutes ses affaires dans sa mallette, prit sa baguette, quitta le cachot et se rendit à son bureau. Une fois arrivé, il sortit un tas de copies de sa mallette et se mit aussitôt au travail. Tout compte fait, corriger ses devoirs, ça avait parfois du bon. Cela l'aidait à penser à autre chose. Il avait à peine corrigé cinq devoirs lorsque quelqu'un frappa à la porte de son bureau. Il lança un «Entrez» et s'attendit presque un instant à voir la porte s'ouvrir sur Potter. Mais non, ce fut Harper, un Serpentard de quatrième année. Severus fut étonné de le voir entrer dans son bureau. Harper n'était pas le genre d'élève à venir le voir, que ce soit après les cours ou à la fin d'un cours de potions. Cela s'expliquait peut-être par le fait qu'il n'était pas un très bon élève et qu'il ne cherchait pas à s'améliorer. Du moins, en potions. Son niveau ne dépassait guère la moyenne. Il était même abonné aux Piètre. Enfin, ça, c'était jusqu'à cette année. Car depuis qu'il travaillait en binôme avec Miss Weasley, il obtenait des Effort Exceptionnel, voire même des Optimal, bien que c'était plus rare. Mais c'était uniquement valable lors des devoirs en commun. Car il avait toujours des Piètre à ses devoirs individuels et à ses échantillons. Cela ne faisait aucun doute pour Severus que c'était Miss Weasley qui faisait tout le boulot lors des séances de travail en binôme, même si elle avait affirmé le contraire lorsqu'il l'avait convoquée. Severus avait été agacé de la voir mentir alors que, jusque-là, il n'avait jamais rien eu à lui reprocher. Elle avait toujours été bonne élève et avait toujours eu un bon comportement. Elle était sûrement l'une des meilleurs élèves de sa promotion en potions, ce qui, selon Severus, confirmait ses doutes. Bref, il ne s'attendait donc pas à voir Harper.
- M. Harper, qu'est-ce qui vous amène ?
- Je... j'ai un problème et... on m'a dit que... que c'était à vous que je devais en parler.
- En effet, puisque je suis votre directeur de maison, il y a de grandes chances que vous deviez vous adresser à moi. Installez-vous, je vous prie.
Harper s'avança et s'assit sur la chaise en face du bureau de Severus.
- Je vous écoute.
Harper sembla gêné.
- Je ne sais pas comment vous dire ça... J'ai peur que vous ne me croyiez pas, en fait.
- Dites toujours.
- Mon père veut que je devienne Auror comme lui. Seulement, moi, je n'en ai aucune envie.
- Est-ce que vous le lui avez dit ?
- Oui, plus d'une fois. Mais il me dit toujours la même chose.
- C'est-à-dire ?
- Il me dit que je suis trop jeune pour décider de ce que je dois faire, qu'il sait mieux que moi ce qui est bon pour moi, qu'étant donné qu'il est devenu Auror, alors je dois aussi le devenir... Il ne tient pas du tout compte de mes désirs, en fait. Tout ce qu'il voit c'est que je suis son fils et que je dois donc faire le même métier que lui. Il veut que je fasse le meilleur métier qui soit selon lui. Mais moi ça ne m'intéresse pas du tout. C'est pour ça que j'ai besoin de votre aide. Il faut que quelqu'un parvienne à raisonner mon père. Il me tient car il ne paiera aucune autre formation que celle d'Auror. Je sais qu'il ne lâchera pas l'affaire aussi facilement car ça fait déjà plusieurs années qu'il a décidé de mon avenir. Je n'étais même pas encore à Poudlard quand il m'a dit que je serai Auror plus tard. J'étais très jeune à l'époque mais j'ai vite su que ce métier n'était pas pour moi. Mais j'ai aussi vite compris que mon père ne changerait pas d'avis. Alors j'ai décidé d'être nul dans une matière où il fallait un Effort Exceptionnel aux ASPIC pour intégrer la formation d'Auror. Mon choix s'est rapidement porté sur les potions. C'était une matière où il était facile d'être nul et je savais que je ne voudrai pas faire un métier où un ASPIC en potions était requis. Alors j'ai fait exprès d'avoir un faible niveau en potions pour ne pas pouvoir poursuivre la matière en sixième année, ce qui aurait obligé mon père à abandonner ses plans. Mais je n'avais pas prévu que, cette année, il y aurait un travail en binôme et que ce concept concernerait, entre autres, les potions. Je ne voulais pas pénaliser Ginny alors j'ai dû montrer mon vrai niveau lors des devoirs communs. Mais tout en continuant à être mauvais en pratique et lors des devoirs sur table. Je savais dès le début que la différence entre mes notes allait vous interpeller et ça n'a pas manqué puisque vous avez convoqué Ginny. Je sais que cette situation est compliquée pour elle et c'est entre autres pour ça que je viens vous voir. Il faut que quelqu'un raisonne mon père et une amie de Ginny lui a dit que vous étiez la meilleure personne pour cela. J'espère donc que c'est vraiment le cas.
Severus regarda longuement son élève. Il ne s'était absolument pas attendu à cela. Il venait de découvrir la raison de trois ans de mauvaises notes et il en était choqué. Il ne pouvait s'empêcher de penser que cela faisait deux élèves qui faisaient exprès d'être des ânes en potions. Sauf que c'était pour deux raisons complètement différentes. Pour Potter, il ne tenait qu'à Severus de changer les choses puisque c'était lui le problème. Pour Harper, c'était une toute autre histoire. Le problème, c'était le père de l'élève. Comment raisonner un homme qui semblait être certain d'avoir le droit de régir l'avenir de son fils sans tenir compte de son avis et de ses désirs ? Severus ne savait pas comment il allait faire mais une chose était sûre : il n'allait pas abandonner cet élève. Il savait trop ce que c'était de faire un métier que l'on n'aimait pas pour faire connaître à Harper le même sort. Il ne laisserait pas un élève se faire dicter sa vie et son avenir par un père tyrannique.
- Je vais faire le nécessaire pour que votre père change d'avis, promit-il.
Le soulagement se lut dans le regard de Harper. Severus comprit alors à quel point son élève devait être désespéré. Mais pourquoi Merlin ne venait-il le voir que maintenant ?! Il lui en fit la remarque :
- Vous auriez dû m'en parler plus tôt.
- Je pensais avoir trouvé la bonne solution, se justifia Harper.
- Ce n'est jamais une bonne solution de faire semblant d'être mauvais dans une matière, répliqua Severus. Vous ne pouvez pas brider votre potentiel ainsi. De plus, vous me disiez que vous aviez choisi les potions car vous pensez qu'un ASPIC dans cette matière ne vous sera pas utile pour plus tard. Mais ça, vous ne pouvez pas en être sûr. D'ici la fin de votre cinquième année, vous pouvez très bien avoir envie de faire un métier qui nécessite un ASPIC en potions. Je veux que vous arrêtiez dès maintenant de faire exprès de rendre de mauvais devoirs et de mauvais échantillons. Est-ce clair ?
- Oui, professeur.
- Bien. J'ai une question à vous poser avant de vous laisser partir. Jusqu'à aujourd'hui, je pensais que c'était votre binôme qui faisait tout le travail puisque vous aviez de bonnes notes aux devoirs que vous rendiez avec elle alors que vous en aviez de mauvaises aux devoirs que vous rendiez seul. Je dois sûrement revoir mon jugement après ce que vous venez de me dire. J'aimerais donc savoir si la répartition du travail est équitable lorsque vous faites les devoirs de potions avec Miss Weasley.
- Oui, c'est totalement équitable, comme dans toutes les matières où nous travaillons ensemble. Il y a évidemment des matières où l'un est plus à l'aise que l'autre mais nous cherchons toujours à faire en sorte de diviser équitablement le travail sur chaque devoir. Que ce soit en botanique, en histoire de la magie, en sortilèges, en métamorphose, en Défense Contre les Forces du Mal ou en potions.
- Bien, je vous crois. Aviez-vous autre chose à me dire ?
- Non, je ne crois pas.
- Vous pouvez y aller, dans ce cas.
Harper remercia Severus, se leva et s'en alla. Severus poussa un long soupir. Il avait déjà eu des cas d'élèves qui se voyaient imposer par leurs parents de faire tel ou tel métier après Poudlard mais cela n'avait jamais été aussi sérieux. Severus avait toujours facilement réglé l'affaire. Là, il savait que cela allait être plus délicat. Et cela ne le décourageait absolument pas pour autant. Au contraire, il avait envie de faire tout ce qui était en son pouvoir pour aider cet élève. Déjà, il devait parler avec le père du garçon. Vu qu'il était Auror, le plus simple était d'aller le voir sur son lieu de travail, à savoir au Ministère. Encore fallait-il que l'Auror ne soit pas en mission lorsque Severus s'y rendrait... Si jamais il était sur le terrain à ce moment-là, Severus allait devoir chercher à savoir quand il avait des chances de trouver le père de Harper au Ministère.
Une idée lui vint subitement à l'esprit. Il connaissait une certaine Auror qui pourrait l'aider... Il était certain que Tonks serait ravie de lui donner les informations nécessaires, surtout si c'était pour aider un élève. Lorsqu'elle était elle-même élève à Poudlard, certes, elle était bavarde et maladroite, mais elle avait toujours été gentille et attentionnée envers les autres. Ce qui ne signifiait pas qu'elle avait sa langue dans sa poche, bien au contraire. Elle était franche mais sans être méchante ou insultante pour autant. Elle disait simplement ce qu'elle pensait. En fait, elle avait une personnalité qui plaisait beaucoup à Severus. C'était peut-être pour cela qu'il n'avait jamais réussi à détester cette élève qui avait pourtant fait exploser, brûler ou fondre bon nombre de chaudrons et qui discutait sans cesse en classe. Et puis, même s'il ne le s'avouerait sûrement jamais, il avait toujours trouvé cette Poufsouffle plutôt jolie. Du moins, à partir de sa cinquième année.
Severus se rendit brusquement compte de ce qu'il venait de penser et secoua vigoureusement la tête comme pour se remettre les idées en place. Mais qu'est-ce qui lui prenait de penser à Tonks de cette manière ?! Il se demanda vaguement si c'était une bonne idée d'aller lui demander son aide. Ce serait peut-être plus raisonnable de s'adresser à quelqu'un d'autre. Mais il avait quand-même bien envie de revoir la jolie Auror. Raaaah voilà qu'il recommençait ! Oh et puis zut, il ne voyait pas pourquoi il se priverait d'aller voir Tonks s'il en avait envie. Une jeune femme rousse et aux yeux verts apparut alors soudain dans son esprit, comme une réponse à la question qu'il venait de se poser. Bien sûr. Comment avait-il pu oublier ? Même en sortant avec Amelia, il n'avait jamais pu se la sortir de la tête. Elle était la seule femme qu'il avait aimée et elle était morte par sa faute. Il s'en voudrait toute sa vie de l'avoir livrée à Voldemort en lui rapportant une prophétie dont il avait appris l'existence en espionnant une discussion entre Dumbledore et Trelawney. Il n'avait pas le droit d'être heureux avec une autre femme alors qu'il avait tué celle qu'il avait toujours aimée. Il s'était juré de ne plus jamais retomber amoureux. Il n'en avait pas le droit après ce qu'il avait fait. Il était voué à rester seul. Au moins, comme ça, plus aucune femme ne serait en danger à cause de lui. Il avait pris cette décision depuis longtemps et il comptait bien s'y tenir.
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(vendredi 17/11) POV Harry
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- Tu sais pourquoi le professeur Lupin veut te voir à la fin de l'heure ?
- J'ai une idée, oui, grimaça Harry.
- Ce n'est pas à cause de tes notes, quand-même ?
- Non, non, tout va bien de ce côté-là. C'est juste que je suis encore arrivé en retard ce matin. Ça a dû remonter aux oreilles de mon directeur de maison et c'est pour ça qu'il veut me voir. Je savais que ça allait finir par arriver.
- Mais pourquoi es-tu souvent en retard depuis un moment, aussi ?!
Harry se mit à rougir.
- Parce qu'il y a certains matins où je suis obligé de faire un détour par mon dortoir.
Draco sembla surpris.
- Tu passes alors vraiment des nuits avec ton petit-ami ?! Graham n'arrête pas de le taquiner à ce sujet mais je pensais qu'il plaisantait...
- Il nous charrie souvent au matin aussi, avec Miles et Warrington, avoua Harry.
- Mais attends, si tu dors avec Pucey, ça veut dire que lui et toi, vous avez déjà... Non, rien, laisse tomber, ça ne me regarde pas.
Harry rougit encore plus en comprenant ce que Draco voulait dire.
- Non ! s'exclama-t-il. On n'en est pas du tout là, on dort juste ensemble.
- Ah, d'accord. Mais ça aurait pu, tu sais. Après tout, ça fait quand-même plus de deux mois que vous êtes ensemble.
- Je ne me sens absolument pas prêt à franchir ce cap, répliqua Harry. Il le sait et il attendra le temps qu'il faudra.
- Désolé, je ne voulais pas t'embêter avec ça, s'excusa Draco. J'étais juste surpris mais ça ne m'aurait pas choqué. C'est ça que je voulais te dire. Je ne te juge pas.
Harry sourit, touché. Il était encore étonné de voir à quel point sa relation avec Draco avait changé en si peu de temps. Leur réconciliation dix jours plus tôt les avait considérablement rapprochés. Ils s'étaient rendus compte qu'ils tenaient à cette relation fragile qu'ils avaient réussi à créer depuis qu'ils avaient fait la paix. Ils étaient officiellement devenus amis et cela rendait Harry très heureux. Au fil des séances de travail, il avait appris à connaître Draco – du moins, son caractère et sa façon d'être – et il avait naturellement appris à l'apprécier. Et il savait que c'était la même chose pour Draco.
- Merci, Draco, dit-il sincèrement. On ferait mieux de s'entraîner sinon je vais me faire doublement disputer à la fin de l'heure.
- Il y a trois mois je t'aurais dit que rien ne m'aurait fait plus plaisir que te savoir te faire passer un savon par ton directeur de maison.
- Et moi, rien ne m'aurait fait plus plaisir que te demander d'aller te faire voir.
Harry et Draco sourirent en même temps. Cette époque leur semblait bien lointaine alors qu'elle était pourtant encore relativement récente. Ils se remirent à l'exercice demandé, à savoir transformer un chaudron en allumette mais leurs résultats ne furent pas très concluants. Ils ne s'en formalisèrent pas : Remus leur avait dit qu'ils n'y arriveraient probablement pas dès le premier cours. D'ailleurs, à la fin du cours, peu d'élèves avaient réussi à transformer correctement leur chaudron en allumette. Remus libéra la classe tout en faisant clairement comprendre à Harry du regard qu'il voulait toujours le voir et lui parler. Harry attendit donc que ses camarades soient partis pour aller voir son professeur et directeur de maison.
- Tu dois te douter de la raison pour laquelle je t'ai demandé de rester ?
- Mes retards ? suggéra Harry.
- Tout à fait. En deux semaines, tu es arrivé six fois en retard à ton premier cours de la journée. Trois fois en botanique, deux fois en divination et une fois en Défense Contre les Forces du Mal. Tu connais le professeur Chourave, elle est très gentille mais là elle commence un peu à s'agacer. D'autant plus que ce ne sont pas des petits retards mais des retards de dix, quinze ou vingt minutes. Franchement, je serais toi, je ne prendrais même pas la peine d'aller en cours !
Harry baissa les yeux. Il n'aimait pas entendre Remus hausser la voix. Mais il savait qu'il avait un peu dépassé les bornes.
- Je suis désolé.
- J'en suis ravi mais ce que je veux, ce sont des explications.
- J'ai des pannes de réveil, mentit Harry.
- Et la vraie raison ?
Harry ne répondit pas. Il n'avait aucune envie d'avouer à Remus qu'il dormait avec Adrian dans son dortoir ou... ou ailleurs et qu'il oubliait systématiquement de prendre quelque chose dans son propre dortoir le soir dont il avait besoin le lendemain matin...
- Harry, je ne te lâcherai pas tant que tu ne m'auras pas répondu.
Harry retint un soupir et se décida à dire la vérité.
- Je dors parfois dans le dortoir d'Adrian et à chaque fois, le lendemain matin, au petit-déjeuner, je me rends compte qu'il me manque quelque chose que je n'ai pas pris la veille au soir dans mon dortoir avant de rejoindre Adrian. C'est toujours cinq minutes avant d'aller en cours que je m'en aperçois. Pourtant je vérifie le soir mais j'oublie quand-même un truc.
- Si tu dormais dans ton propre dortoir, ce genre de choses n'arriverait pas, répliqua Remus.
Une pensée sembla soudain traverser son esprit.
- Attends, quand tu dis que tu dors dans le dortoir d'Adrian... tu ne veux quand-même pas dire par-là que tu dors avec Adrian ?
- Ben... si, avoua Harry, terriblement gêné.
- Mais enfin, Harry, tu es beaucoup trop jeune pour ça ! À ton âge on ne dort pas avec son petit-ami ! Tu avais tout le temps avant de penser à aller aussi loin ! J'espère que vous vous êtes protégés, au moins ?!
Hébété, ne comprenant pas la question de Remus, Harry mit un moment avant de demander :
- Nous protéger de quoi ?
- Tu te moques de moi ?!
- Mais non, je...
- Sirius t'a fait la conversation à ce sujet cet été, pourtant ! Je pensais que tu t'en serais souvenu !
Harry commença à comprendre de quoi parlait Remus. Mais il ne voyait pas pourquoi il lui parlait de ça.
- Tu parles du sort de protection ? Mais... pourquoi est-ce qu'on en aurait eu besoin ?
Remus sembla alors pris d'un doute.
- Attends, tu es en train de me dire qu'Adrian et toi, vous n'avez pas...
Harry écarquilla les yeux en comprenant enfin ce qu'avait cru Remus.
- Non ! s'écria-t-il pour la deuxième fois en à peine une heure. Mais qu'est-ce que vous avez tous aujourd'hui à croire ça ?! Je ne suis pas prêt et je ne le serai sans doute pas avant un bon moment ! Adrian le sait et il le respecte !
- Désolé, tu disais que tu dormais avec Adrian alors j'ai cru que vous aviez déjà franchi le pas...
- Eh bien non. Quand on se retrouve après le dîner, qu'on va dans son dortoir et que l'heure du couvre-feu approche, on n'a pas envie de se séparer, alors on finit toujours par décider de dormir ensemble. Après je ne dis pas qu'on ne fait rien, on a déjà fait des choses mais on n'est pas allé aussi loin que ce que tu crois. Adrian a voulu initier les choses une fois mais je l'ai repoussé. Il s'en est aussitôt voulu et il s'est excusé. Je t'assure qu'il me respecte, Remus.
- Je te crois, dit doucement Remus. Je suis vraiment désolé, j'aurais dû réfléchir avant de te sauter à la gorge comme je l'ai fait.
- Ce n'est pas grave, je peux comprendre que la situation pouvait prêter à confusion. Mais tu n'as vraiment aucun souci à te faire. Et je te promets de faire en sorte de ne plus arriver en retard à mon premier cours de la journée quand je passe la nuit avec Adrian.
- Je l'espère sinon je vais être obligé de sévir. Bon, je t'ai assez retenu comme ça. Allons-y ou nous n'aurons plus le temps de manger.
Harry acquiesça, prit son sac et sortit de la salle avec Remus. Tout compte fait, c'était plutôt une bonne chose qu'il y ait eu ce quiproquo. Cela avait passé l'envie à Remus de le disputer davantage. Il s'en était plutôt bien sorti. Mais il comptait bien respecter la promesse qu'il avait faite à Remus. Il allait devoir dormir un peu moins souvent avec Adrian en semaine. Après tout, ils avaient tout le week-end pour ça. Il en parlerait avec Adrian le soir-même, puisqu'ils devaient se voir après le dîner. Adrian aurait bien voulu qu'ils se retrouvent plus tôt mais Harry avait une séance de travail avec Draco juste après les cours. Adrian avait été déçu mais il avait compris. En tout cas, Harry avait hâte de le voir. Mais il allait devoir attendre encore huit heures. Cela pouvait paraître long mais avec l'après-midi qui l'attendait, Harry savait qu'il n'allait pas voir le temps passer.
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Comme Harry l'avait prédit, le reste de la journée passa très vite. Il était actuellement en cours de sortilèges, le dernier de la journée, et il réussissait presque à lancer correctement le sort sur lequel ses camarades et lui devaient s'exercer, à savoir le sortilège de mutisme. À côté de lui, Draco s'entraînait aussi et arrivait à peu près au même résultat. Ils s'en sortaient mieux que la plupart de leurs camarades qui peinaient à faire taire leur corbeau ou leur grenouille. Goyle n'arrêtait pas de pester contre sa grenouille, ce qui exaspérait Harry au plus haut point. Il n'était visiblement pas le seul puisque Draco semblait carrément vouloir jeter un sort à son «camarade» de maison qui était assis juste derrière Harry et lui. Ils avaient également Ron et Susan devant eux, Terry et Hermione à leur gauche et Théo et Justin à leur droite. Alors que Harry essayait de voir ce qui n'allait pas dans sa prononciation ou dans son geste, il entendit Goyle lancer le sort qui, cette fois, eut l'effet escompté.
- AH ! Tu fais moins la maline maintenant, hein ? lança-t-il à sa pauvre grenouille.
Harry n'apprécia pas trop le comportement du Serpentard qui s'en prenait à un pauvre animal qui n'avait rien demandé. Il échangea un regard avec Théo et vit que son ami était encore plus irrité que lui, passionné des animaux qu'il était. Mais il eut soudain un sourire qui, bizarrement, n'inspira pas du tout confiance à Harry. Quelques minutes plus tard, il entendit la voix inquiète d'Ernie derrière lui :
- Goyle, tu te sens bien ?
Harry se retourna et vit Goyle parler... sans produire le moindre son. Comme s'il avait été victime à son tour du sortilège de mutisme. Il se tourna vers Théo qui était en train d'écrire ses constatations sur son parchemin, l'air concentré, mais avec un sourire en coin. Harry comprit alors que c'était lui qui était à l'origine du mutisme de Goyle. Il fut autant abasourdi que choqué. Il s'en remit cependant vite et ne put s'empêcher de trouver la situation drôle. Il s'apprêtait à se concentrer de nouveau sur sa propre grenouille quand Théo se retourna et lui adressa un clin d'oeil. Ce fut trop pour Harry qui dut se mordre la lèvre pour ne pas rire. Il intercepta le regard de Draco qui n'avait rien suivi et qui l'observait avec un air perplexe. Cela ne fit qu'augmenter l'hilarité de Harry qui, cette fois, ne put se retenir d'éclater de rire. Sirius leva la tête, surpris et le regarda avec l'air de demander «Mais qu'est-ce qui te prend ?!». Le rire de Harry se transforma alors en un véritable fou rire qui attira l'attention de tous ses camarades.
- Harry, sors d'ici immédiatement, ordonna Sirius.
Harry ne se fit pas prier et sortit de la salle de classe. Il lui fallut plusieurs minutes pour se calmer, les larmes dévalant ses joues tellement il riait. Il revint dans la salle en regardant résolument par terre afin de ne pas voir les regards éberlués de ses camarades qui, à coup sûr, feraient repartir son fou rire. Il s'assit à côté de Draco en évitant également son regard. Sachant que la fin du cours approchait, il s'empressa d'écrire ses observations sur son parchemin. Lorsque Sirius libéra la classe, il demanda à Harry de rester. Ce dernier s'y était attendu. Alors qu'il s'avançait vers le bureau de Sirius, il entendit quelqu'un le rejoindre. Il se retourna et vit que c'était Théo qui semblait gêné et honteux.
- Professeur, ce n'est pas de la faute de Harry s'il a eu un fou rire en plein cours. C'est à cause de moi. Goyle m'a agacé à s'en prendre à sa grenouille qui n'avait rien fait alors j'ai voulu lui donner une leçon en le soumettant à son tour au sortilège de mutisme.
Sirius haussa les sourcils.
- Les autres élèves s'en seraient aperçu si tu avais fait une chose pareille, lâcha-t-il, perplexe. Or, ils ne semblaient pas savoir qui avait rendu muet leur camarade.
- Personne n'a pu m'entendre puisque j'ai lancé le sort en informulé, expliqua Théo. Je suis vraiment désolé. Je sais que je n'aurais pas dû mais... ça m'a un peu trop énervé et j'avais déjà une certaine rancoeur envers Goyle depuis un bon moment. Harry a été le seul à s'apercevoir que c'était moi qui avait fait le coup, il a dû trouver ça drôle et moi, comme un idiot, je n'ai rien trouvé de mieux à faire que lui adresser un clin d'oeil qui l'a encore plus fait rire. L'air avec lequel Draco l'a regardé n'a pas dû arranger les choses. Et puis a...
- Mais comment tu sais tout ça, toi ?! le coupa Harry, stupéfait.
- Je t'ai regardé, c'est tout, se justifia Théo.
- Mais personne ne voit autant de choses juste en me regardant !
- Tu oublies que je commence à te connaître, rétorqua Théo. Et puis tu es gentil mais je n'avais pas fini de te défendre quand tu m'as coupé. J'en étais où ? Ah oui, je disais...
- Non, c'est bon, j'en ai assez entendu ! Je ne sais pas qui dit vrai, qui dit faux et je ne veux pas le savoir ! Déguerpissez et vite !
Harry et Théo ne se le firent pas dire deux fois. Une fois sortis de la salle, Harry s'adressa à Théo :
- Tu n'étais pas obligé de prendre ma défense comme ça, dit-il, gêné.
- Je n'allais pas le laisser te réprimander alors que tout est de ma faute, protesta Théo.
- J'aurais dû me contrôler au lieu de partir bêtement dans un fou rire pareil, grimaça Harry. Mais je te remercie d'être venu à mon aide, ajouta-t-il, touché. C'est vraiment gentil de ta part. Par contre, ça m'étonne beaucoup de toi, le tour que tu as joué à Goyle !
- C'était une petite vengeance personnelle, avoua Théo. Je sais qu'on ne doit pas se faire justice soi-même mais...
- Un sortilège de mutisme, ce n'est rien du tout comparé à tout ce qu'il t'a fait avec Crabbe, répliqua Harry. Ça ne lui a rien fait du tout. Et puis, te connaissant, j'imagine que tu l'as libéré du sort au bout de quelques minutes ?
La grimace de Théo tint lieu de réponse pour Harry.
- Je me suis senti obligé de lever le sort, se défendit-il.
- Je comprends, ne t'inquiète pas, le rassura Harry. Mais tu es vraiment beaucoup trop gentil. Tu es autant Serpentard avec ta ruse que Poufsouffle avec ta gentillesse. Mais aussi Gryffondor avec ton courage et Serdaigle avec ton intelligence. Tu as toutes les maisons réunies en toi, c'est ahurissant. Tu es clairement mon idole.
Les joues de Théo se teintèrent de rose, ce qui amusa autant Harry que cela l'attendrit. Il regretta de devoir aller rejoindre Draco. Il aurait aimé rester un peu plus avec Théo.
- Je vais devoir y aller, Draco m'attend, je lui ai dit que je le rejoindrais dans la salle des binômes.
- Vas-y alors, il déteste quand on le fait trop patienter.
- J'ai cru le remarquer, dit Harry en riant. Il va sûrement être énervé quand je vais arriver.
- En effet. Mais tu sais, Draco est très, très curieux. Il voudra forcément savoir pourquoi tu as ce fou rire en cours.
- Euh... oui, peut-être, mais je ne vois pas trop le rapport...
Théo sourit malicieusement, se pencha à l'oreille de Harry et lui chuchota «S'il s'énerve, dis-lui que c'est bête parce que tu voulais partager avec lui la raison de ton fou rire. Ça le calmera aussitôt.» Il lui adressa un autre clin d'oeil et le laissa sur ces mots. Harry ne savait pas ce que son ami avait mangé le matin-même mais il était d'humeur très taquine et cela faisait plaisir à voir ! Alors qu'il se promettait de suivre le conseil de Théo, il entendit quelqu'un l'appeler. Il fit volte-face et vit Adrian venir vers lui. Oh non, ce n'était pas le moment... Il devait rejoindre Draco ! En plus, Adrian n'avait pas l'air très content. Il semblait même furieux.
- Je peux savoir pourquoi Théo était aussi proche de toi ?! Il te murmurait quoi à l'oreille ? Des mots d'amour ?!
Harry écarquilla les yeux.
- Mais qu'est-ce que tu vas chercher là ?! Il me donnait juste un conseil !
- Il avait besoin de te coller pour ça ? Il est au courant que tu as un petit-ami, au moins ?
- Mais arrête, Théo n'est absolument pas intéressé par moi !
- Désolé mais ce n'était pas flagrant, à l'instant ! Et puis qu'est-ce que tu faisais avec lui, d'abord ? Tu n'étais pas censé avoir une séance de travail avec ton binôme ?
- J'y allais, justement, répondit Harry calmement. J'ai été retenu par Sirius à cause de quelque chose qui s'est passé durant le cours, Théo a dû me défendre, on s'est chamaillé devant Sirius qui nous a littéralement virés de sa salle et on a discuté un peu avant de se quitter. Comme Théo savait que Draco allait m'en vouloir d'être en retard, il m'a donné un conseil sur le ton de la confidence et c'est ça que tu as vu en arrivant. Il n'y a absolument rien entre nous. Je t'aime et je n'ai pas du tout envie d'aller voir ailleurs. Je ne pourrais pas sortir avec Théo, de toute façon. Tu dois me croire.
Adrian sembla se détendre.
- Je te crois. Désolé de m'être emporté et d'avoir cru n'importe quoi. Je sais que tu ne seras pas libre avant vingt heures mais on peut se voir après le dîner ?
- Vu que c'est vendredi et que demain, c'est le week-end, oui, on peut, accepta Harry.
Adrian fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que tu veux dire par-là ?
- Je n'ai pas le temps de t'expliquer maintenant mais il va falloir qu'on évite de dormir ensemble en semaine. À chaque fois j'arrive en retard en cours le lendemain et je me suis fait disputer ce midi par mon directeur de maison à cause de ça. Ça me déboussole de dormir ailleurs que dans mon dortoir et j'oublie toujours de prendre quelque chose qui m'est indispensable le lendemain matin. Du coup je suis obligé de repasser par mon dortoir après le petit-déjeuner et ça me met toujours en retard. Il va donc falloir qu'on dorme moins souvent ensemble.
- Mais ça ne va pas être possible, ça. Je ne vais jamais tenir cinq nuits d'affilée sans toi.
- Ça ne me fait pas plaisir non plus mais on ne va pas avoir le choix.
Les traits d'Adrian se durcirent.
- Dis plutôt que tu en as marre de moi, accusa-t-il.
- Quoi ?! Mais... non ! s'écria Harry, blessé. Ce n'est pas du tout ça ! Je t'aime, Adrian, je n'en aurai jamais marre de toi !
- Alors prouve-le-moi. Ne va pas à ta séance avec Malfoy et reste avec moi.
- Tu ne peux pas me demander ça, Adrian, on a toujours dit que les devoirs passaient avant notre couple, rappela Harry.
- Oui eh bien on n'aurait jamais dû instaurer cette règle stupide. Allez, reste avec moi, s'il te plaît. Ton binôme tu peux le voir un autre jour.
- Non, je ne peux pas annuler comme ça, répliqua Harry.
- Oh ça va, il va s'en remettre ! De toute façon je ne te laisse pas le choix. Tu viens et tu ne discutes pas.
Adrian attrapa brusquement le poignet de Harry qui cria de surprise et de douleur mêlées.
- Adrian lâche-moi tu me fais mal !
Harry essaya de se dégager de la poigne d'Adrian mais sans y parvenir. Il réussissait tout juste à l'empêcher de l'entraîner derrière lui. Mais Adrian semblait bien décidé à l'emmener avec lui et tira fortement sur le bras de Harry. Celui-ci manqua d'être déséquilibré et commença à paniquer en comprenant qu'il n'allait pas pouvoir résister très longtemps. Il demandait une nouvelle fois à Adrian de le lâcher quand la porte de la salle de sortilèges s'ouvrit d'un coup, les faisant tous deux sursauter.
- Je peux savoir ce qui...
Sirius s'interrompit et écarquilla les yeux en voyant la main d'Adrian qui enserrait le poignet de Harry.
- Adrian, tu peux lâcher Harry s'il te plaît ? Tu vas lui briser le poignet à le serrer comme tu le fais.
La demande venant cette fois d'un professeur, Adrian n'eut d'autre choix que d'obéir, faisant presque soupirer Harry de soulagement.
- Merci pour son poignet. Maintenant j'aimerais que tu nous laisses, j'ai à parler à Harry.
Adrian ne sembla pas du tout d'accord avec cette requête mais une fois de plus, il ne put qu'obéir.
- Je t'attends après le dîner, Harry.
Il s'en alla sur ces mots. Harry le regarda s'éloigner, le coeur lourd. Une main se posa alors sur son épaule. Il se retourna et tomba sur le regard inquiet de Sirius.
- Comment te sens-tu ?
- Bien, répondit Harry.
Il ne savait pas si c'était vrai mais c'était la première réponse qui lui était venue à l'esprit. Sirius lui prit doucement le poignet, contrastant terriblement avec la façon dont Adrian s'en était emparé quelques minutes plut tôt.
- Tu vas sûrement avoir une marque, constata Sirius. J'exagérais à peine quand j'ai dit qu'il allait te le briser. Tu peux me dire ce qui lui a pris de se comporter ainsi ?!
- Je ne sais pas, il a dû avoir une mauvaise journée...
- Ça ne lui donne pas le droit de se montrer aussi brutal envers toi. Son attitude n'était pas normale du tout. Je ne suis pas rassuré de te savoir avec lui après ce que j'ai vu, Harry.
- Il n'avait pas l'intention de me faire du mal, Sirius, tempéra Harry. On n'était pas d'accord sur quelque chose et il s'est un peu trop emporté. Mais ça va aller. Je vais lui laisser le temps de se calmer et ça ira mieux.
Sirius ne sembla pas convaincu.
- J'ai peur qu'il s'en prenne de nouveau à toi, Harry. Et de façon plus violente qu'à l'instant.
- Adrian n'est pas quelqu'un de violent, répliqua Harry. Il ne se rendait pas compte qu'il serrait un peu trop fort. Il ne m'aurait pas frappé et il ne me frappera jamais. Fais-moi confiance, Sirius. Je sais ce que je dis.
Sirius regarda Harry pendant plusieurs secondes avant de soupirer.
- J'espère que tu as raison. Tu peux y aller.
- Merci, Sirius. Et ne t'en fais pas pour moi. Je t'assure que tout va très bien.
Harry sourit comme pour appuyer ses paroles puis il partit en se dirigeant vers les escaliers. Il descendit les trois étages et se rendit à la salle des binômes. Lorsqu'il arriva, il trouva rapidement Draco qu'il rejoignit. Il semblait légèrement irrité.
- C'est ton parrain qui t'a retenu pendant tout ce temps ?
- Oui et non, j'ai eu quelques soucis mais c'est bon, je suis là, c'est le principal.
- Ouais, sauf qu'on a déjà perdu vingt minutes ! Franchement t'abuses !
Harry se souvint du conseil de Théo et estima que c'était le bon moment pour l'utiliser.
- C'est dommage que tu sois énervé car j'avais l'intention de t'expliquer pourquoi j'ai eu ce fou rire pendant le cours de sortilèges. Mais je comprends que tu ne sois pas d'humeur.
Draco sembla soudain oublier son agacement.
- Non mais c'est bon, je ne suis pas si énervé que ça... Vas-y, raconte-moi.
Harry retint un sourire en se disant que Théo connaissait décidément bien Draco. Il lança le sort de silence autour d'eux et raconta à Draco ce qui l'avait fait tant rire. Harry avait eu raison d'insonoriser leur espace car cela fit beaucoup rire Draco. L'ambiance fut bien plus détendue et ce fut dans la joie et la bonne humeur qu'ils travaillèrent sur leur devoir de métamorphose et de potions.
.
Après le dîner, Harry voulut monter à son dortoir, épuisé par la journée qu'il avait eue. Ayant oublié ce que lui avait dit Adrian avant qu'il ne s'en aille, Harry ne s'attendait donc pas à le voir à la sortie de la Grande Salle. Il se crispa aussitôt en repensant à leur échange tendu qui avait eu lieu trois heures plus tôt. Il préféra continuer son chemin en l'ignorant mais Adrian n'était pas du tout de cet avis. Il le suivit et lui attrapa le bras.
- Harry, attends...
Harry s'arrêta et se retourna.
- Quoi ? dit-il un peu sèchement.
Adrian eut un mouvement de recul.
- Tu m'en veux ? C'est pour ça que tu m'évites ?
L'air blessé d'Adrian fit culpabiliser Harry. Il n'aimait pas faire de la peine à son petit-ami.
- Tu m'as fait peur, tout à l'heure. Je ne voulais pas te suivre et tu as voulu me forcer.
- Je sais, je suis désolé, je ne m'en suis pas rendu compte sur le moment... J'ai passé une mauvaise journée, j'étais sur les nerfs et j'ai réagi n'importe comment. Je suis vraiment, vraiment désolé. Je ne voulais ni te faire peur, ni te faire du mal. Je t'aime, Harry.
Harry se sentit fondre à l'entente de ces mots. Il voyait bien qu'Adrian s'en voulait et qu'il était sincère. Il décida donc d'oublier et de passer à autre chose.
- Je ne t'en veux pas, dit-il en souriant. Mais ne recommence pas, s'il te plaît.
- Promis, jura Adrian. Tu veux bien qu'on monte à mon dortoir ?
- Je passe d'abord au mien prendre quelques affaires, dit Harry.
- Je t'accompagne et je t'attendrai devant ta salle commune.
- D'accord.
Adrian et Harry se rendirent donc à la salle commune de Gryffondor. Harry donna le mot de passe, entra et gagna son dortoir où il prit quelques vêtements avant de retrouver Adrian. Ils firent à peu près le tour du château pour rejoindre la salle commune de Serpentard. Une fois dans le dortoir d'Adrian, ils s'allongèrent sur le lit de celui-ci. Harry exhala un soupir de bien-être et ferma les yeux.
- Dure journée pour toi aussi ? demanda gentiment Adrian.
- Riche en émotions, surtout. Et un peu mouvementée.
- Tu me racontes ?
Harry sourit et relata sa journée à Adrian.
- En gros, ils se sont tous donnés le mot pour te tomber dessus aujourd'hui, commenta Adrian.
- C'est ça. Mais ce fou rire en cours de sortilèges ça m'a fait un bien fou. Ça faisait longtemps que je n'avais pas ri comme ça. Je comprends néanmoins que Sirius m'ait convoqué. N'empêche, j'ai dû passer pour un fou. Les gens ont dû croire que j'étais drogué.
- Drogué à la bonne humeur, oui, se moqua Adrian. Quelle honte.
Harry rit et posa la tête sur le torse d'Adrian.
- Tu veux me parler de ta journée ?
- Oh, il n'y a rien de très intéressant. J'ai juste été convoqué par plusieurs professeurs qui voulaient me parler de mes notes. C'est ça qui m'a énervé. Je suis passé d'Effort Exceptionnel à Acceptable dans quatre matières alors évidemment, ça les inquiète. Mais je m'en fiche de mes notes. Il n'y a qu'eux que ça intéresse. Personne n'ira me demander quelle note j'ai obtenu aux ASPIC en potions, en botanique, en sortilèges, en histoire de la magie ou que sais-je encore pour m'embaucher dans une équipe professionnelle.
- C'est toujours bien d'avoir une idée de reconversion si jamais tu n'y arrives pas en tant que joueur professionnel de Quidditch...
- Je sais très bien que mon avenir est dans le Quidditch. Il ne peut pas en être autrement. C'est ma passion.
- Je comprends, dit Harry en souriant. Mais essaie quand-même d'avoir de bonnes notes aux ASPIC. C'est toujours un plus.
- Je vais essayer de faire des efforts. Tu vois, j'arrive mieux à me raisonner quand c'est toi qui me le dit que quand ce sont les professeurs.
- C'est parce que tu as envie qu'on parle d'autre chose, s'amusa Harry.
- Ce n'est pas faux, admit Adrian. Mais je n'ai pas vraiment envie de parler, en fait. J'ai d'autres projets bien plus intéressants...
Harry se redressa.
- Je me demande bien lesquels, prétendit-il d'un ton faussement innocent.
- Tu vas très vite comprendre...
Adrian rallongea doucement Harry sous lui et l'embrassa avec beaucoup de douceur. Harry répondit au baiser en soupirant de bien-être, appréciant la tendresse dont faisait preuve Adrian. Ils se mirent bientôt à s'effeuiller l'un l'autre mais là aussi avec beaucoup de douceur et beaucoup d'amour. Ce ne fut qu'au bout de vingt bonnes minutes qu'ils se retrouvèrent entièrement nus. Joueur, Adrian quitta les lèvres de Harry pour les poser dans son cou où il déposa une myriade de baisers, faisant frémir et gémir Harry. Les mains d'Adrian explorèrent le torse et le ventre de Harry qui ne resta pas inactif et qui fit voyager ses propres mains dans le dos de son petit-ami. Adrian mordilla une zone sensible dans le cou de Harry qui poussa un gémissement plus fort en se trémoussant sous Adrian qui se mit à rire.
- Tu vas bien, Harry ? demanda-t-il d'une voix moqueuse.
- À ton avis ? répliqua Harry. Tu ne peux pas rapprocher un peu ton bassin du mien ?
- Pourquoi ? Mon bassin est très bien là où il est.
- Alors sers-toi intelligemment d'une de tes mains !
- Non, j'ai une meilleure idée que ça. Tu me fais confiance ?
- Pourquoi ? Qu'est-ce que tu vas faire ?
- Je vais te faire découvrir un nouveau plaisir. J'ai juste besoin que tu écartes un peu les jambes.
Harry prit soudain peur.
- Adrian je t'ai déjà dit que je n'étais pas prêt à...
- Je sais, je ne vais pas toucher à cet endroit-là, c'est promis. Fais-moi juste confiance, d'accord ?
Bien que peu rassuré, Harry acquiesça. Adrian commença alors à déposer des baisers un peu partout avant de descendre le long de son ventre. Harry se détendit, trouvant ces attentions très agréables. Adrian descendit encore plus bas, jusqu'à arriver très près de la virilité tendue de Harry. Il n'eut pas le temps de se demander quoi que ce soit que quelque chose d'humide se posa sur son gland. Il cria et agrippa la première chose qui lui vint sous les mains : les cheveux d'Adrian. Celui-ci ne s'en formalisa pas et commença à suçoter son gland, faisant gémir Harry qui sentit le plaisir monter d'un coup. Mais ce ne fut rien comparé à ce qu'il ressentit lorsqu'Adrian le prit entièrement en bouche. Il faillit donner un coup de bassin involontaire en se cambrant mais Adrian dut anticiper sa réaction car il l'en empêcha. Il se mit à aller et venir autour du membre de Harry qui en perdait ses runes et qui était incapable d'aligner deux pensées cohérentes tant le plaisir envahissait son être. Il savait qu'il n'allait pas tenir longtemps. C'était la première fois qu'on lui faisait ça et il n'avait jamais eu autant de plaisir. Adrian se mit à masser ses bourses pleines alors que sa bouche continuait ses va-et-vient, soutirant de nombreux gémissements à Harry qui ne savait plus où donner de la tête et qui ne pouvait que s'accrocher aux cheveux d'Adrian. Il n'exerçait aucune pression, s'y agrippant juste pour avoir un point d'ancrage et pour ne pas perdre tout lien avec la réalité. Il n'avait de toute façon pas besoin d'imposer un quelconque rythme que ce soit à Adrian puisqu'il semblait le prendre aussi loin que possible dans sa gorge, procurant un plaisir inouï à Harry. Lorsqu'il se sentit venir, il avait encore assez de lucidité pour essayer de prévenir Adrian mais les gémissements avaient laissé place aux cris et il n'arrivait pas à faire autre chose qu'exprimer son plaisir. Il finit donc par se libérer dans la bouche d'Adrian dans un ultime cri de plaisir. Son orgasme l'emporta dans un monde dont il ne soupçonnait même pas l'existence. Il allait devoir le visiter plus souvent, car c'était très agréable. Au bout d'un moment, il reprit ses esprits, ouvrit les yeux et vit qu'Adrian le regardait en souriant.
- Tu ne regrettes pas trop de m'avoir fait confiance ?
- Oh non, pas du tout. C'était... waouh.
- On ira chercher ton vocabulaire demain, si tu veux.
Harry attrapa un coussin et le balança à la figure d'Adrian qui l'esquiva en riant. Puis il prit un air indigné :
- Je viens de te faire connaître le septième ciel en t'offrant une magnifique fellation et toi tu me frappes ? Ce n'est pas très gentil.
- Tu n'avais qu'à pas te moquer de moi, fit Harry, boudeur.
Adrian rit de nouveau et l'embrassa. Un détail revint dans l'esprit de Harry qui fut soudain gêné.
- Adrian ?
- Oui ?
- Je... je suis désolé de ne pas t'avoir prévenu. J'ai voulu mais... j'étais trop perdu dans le plaisir.
- Ce n'est pas grave, je ne comptais pas me retirer de toute façon. Je préfère largement avaler que recracher. Et puis ça économise un sort de nettoyage.
Harry leva les yeux au ciel. Mais la blague d'Adrian eut le mérite de le détendre et de le rassurer.
- Je peux savoir ce qui t'a pris de vouloir me faire connaître ce plaisir ?
Adrian prit un air plus sérieux.
- Je voulais me faire pardonner pour le comportement que j'ai eu tout à l'heure. Je sais que je te l'ai déjà dit mais je m'en veux vraiment.
Harry fut touché par les mots d'Adrian. Mais il ne voulait pas qu'Adrian continue de s'en vouloir alors que lui était passé à autre chose.
- Tu n'étais pas obligé de faire ça, je t'avais déjà pardonné, dit-il doucement.
- Je sais mais... disons que je voulais me racheter.
- Alors tu es mille fois racheté, assura Harry en souriant.
Adrian sembla soulagé. Il embrassa Harry et se rallongea sur lui en ondulant légèrement du bassin. Harry gémit dans le baiser qu'il rompit afin de protester :
- Adrian je viens tout juste d'avoir un orgasme, tu ne vas pas remettre ça tout de suite !
- Mais je n'ai pas été soulagé, moi... Te plains pas, tu vas avoir deux orgasmes en une soirée !
Harry secoua la tête, amusé.
- Dit comme ça... Tu peux reprendre là où tu en étais ?
Adrian sourit et reprit possession des lèvres de Harry tout en rapprochant de nouveau leurs bassins. Ils ondulèrent ensemble tandis que les mains de l'un repartaient à l'exploration du corps de l'autre. À force de caresses et de frictions, ils finirent par avoir tous deux une nouvelle érection. Ils se frottèrent l'un contre l'autre tout en s'embrassant avec de plus en plus de passion. Harry accompagna les mouvements d'Adrian autant qu'il put, même si ce n'était pas facile à cause du fait qu'Adrian était sur lui. Mais il avait tout de même une marge de manoeuvre et c'était largement suffisant pour augmenter les mouvements de friction. La sensation n'était pas la même pour Harry que lors de la fellation que lui avait offerte Adrian mais c'était tout aussi bon car, cette fois, ils prenaient du plaisir ensemble. Harry préférait même ce genre de moment. Cela lui plaisait davantage d'avoir du plaisir en même temps qu'Adrian que d'avoir du plaisir seul. Il aimait Adrian et il voulait tout partager avec lui. C'était tellement une volonté fortement ancrée en lui qu'il fit son maximum pour apporter le plus de plaisir possible à Adrian, arrivant presque à bouger en rythme avec lui. Leur plaisir augmenta de façon considérable. Ils accélérèrent leurs mouvements, s'embrassèrent à en perdre haleine et ce fut ensemble qu'ils jouirent dans un long gémissement étouffé par le baiser qu'ils partageaient. Ils arrêtèrent de bouger, aussi épuisés l'un que l'autre. Une fois remis de leur orgasme, Adrian se décala, libérant ainsi Harry de son poids. Celui-ci tourna paresseusement la tête :
- J'espère que ton désir a été assouvi parce qu'il est hors de question pour moi d'avoir un troisième round.
- C'est parce que c'est la fin de la semaine, tu es fatigué. Si on était mardi soir, tu serais prêt pour un troisième, un quatrième, un cinquième round et bien plus encore.
Pour toute réponse, Harry adressa un regard perplexe à Adrian. Il n'en croyait pas un mot. Adrian se mit à rire.
- On verra ça plus tard. Mais je t'assure que c'est possible.
- Si tu le dis. Je ne veux pas d'autre round mais je veux bien un câlin, en revanche.
Adrian sourit et ouvrit les bras dans lesquels Harry vint se réfugier. Il se blottit tout contre son petit-ami et poussa un soupir de bonheur. Il sentit bientôt le sommeil le gagner et il n'essaya pas de lutter. Il s'endormit dans les bras d'Adrian, heureux et serein comme il l'avait rarement été.
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(samedi 18/11) POV Draco
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Onze heures. Il était onze heures et Draco était toujours au lit. Cela faisait un moment qu'il ne dormait plus, pourtant. Mais il était bien. Il savait néanmoins qu'il devait se lever alors il se fit violence et il repoussa les draps. Il frissonna et s'empressa de s'habiller chaudement. La fin du mois de novembre approchait, entraînant avec elle des températures de plus en plus froides. Comme il était trop tard pour prendre son petit-déjeuner, il préféra attendre l'heure du déjeuner dans sa salle commune. Elle était très remplie, sûrement à cause du fait qu'il faisait trop froid pour se promener dans le parc ou dans les couloirs. Contrairement à ce que bon nombre de Gryffondor, Poufsouffle et Serdaigle pouvaient penser, la salle commune de Serpentard était très bien chauffée. Ce n'était pas parce qu'elle était située dans les sous-sols qu'elle était aussi froide qu'une glaciaire.
Bien qu'elle était donc bondée, Draco n'y trouva pourtant que Blaise parmi ses amis. Il le rejoignit et s'assit en face de lui.
- Te voilà réveillé, la marmotte ? se moqua gentiment son ami.
- Mon lit était trop confortable, je n'avais pas envie de me lever, se défendit Draco. Tu es tout seul ? Tu as été lâchement abandonné ?
- Oui, Pansy est partie à la recherche d'un de vos collègues préfets et Théo est avec son binôme. Je pense que Pansy devrait vite revenir.
- Cool, mais je me demande qui elle est allée chercher comme ça. Est-ce que tu as des infos sur les jours où auront lieu les entraînements de la semaine prochaine ?
- Non, je n'ai rien entendu pour l'instant à ce sujet.
- Moi non plus et ça m'énerve. Il serait quand-même temps qu'on sache, s'agaça Draco.
Il promena son regard dans la salle commune et vit que Graham était là.
- Attends-moi, je vais demander à Graham. Ça se trouve il a donné l'information à quelqu'un depuis le dernier entraînement mais elle n'a pas circulé...
Draco se leva et alla voir celui qui était à la fois son capitaine et son petit-ami. Graham sembla ravi de le voir arriver vers lui.
- Salut beau blond, dit-il d'un air charmeur. J'imagine que c'est le capitaine que tu viens voir ?
- Tout à fait. Je voulais savoir si tu avais déjà choisi les jours où auront lieu les entraînements de la semaine prochaine.
- Oui, ce sera mercredi à dix-sept heures et samedi à quatorze heures. Comme on n'a pas pu se voir depuis le dernier entraînement, toi et moi, j'ai demandé à Adrian de te faire passer le message via son mec pour que tu le dises ensuite à Blaise et Pansy. Potter ne t'a rien dit ?
- Non, il ne m'en a pas parlé. Et ça m'étonnerait qu'il ait oublié.
Graham soupira, agacé.
- Ça c'est encore Adrian qui a oublié de faire ce que je lui ai dit. J'aurais dû demander à Miles ou à Cassius, ils sont moins dans la lune que lui. Il va falloir que je lui parle. Tu pourras transmettre le message à Blaise et à Pansy ?
- Oui, bien sûr.
- Super, merci. Est-ce que tu es libre cet après-midi ?
- Oui, je n'ai rien à faire, normalement. C'est demain après-midi que j'ai une séance de travail avec mon binôme.
- Cool, on peut se voir à quatorze heures, alors ?
- Oui, si tu veux. On se rejoint où ?
- Au cinquième étage, près des escaliers.
- D'accord, ça me va, approuva Draco. À tout à l'heure.
Il voulut embrasser Graham mais il se retint à temps. Il se contenta de lui sourire avant de rejoindre Blaise.
- Les entraînements auront lieu mercredi à six-sept heures et samedi à quatorze heures, dit-il en se rasseyant.
- Ok, je note. Dis donc, il ne te trouverait pas un peu à son goût, le capitaine, par hasard ?
- Pourquoi dis-tu ça ? demanda Draco, gêné.
- Parce que ça se voit dans la façon dont il te regarde. Tu devrais lui mettre un stop rapidement car il n'a pas l'air de comprendre qu'il n'a aucune chance avec toi.
Draco sentit le malaise croître en lui. Il sut qu'il ne devait pas attendre davantage pour dire la vérité à Blaise et qu'il avait même déjà peut-être trop attendu. Il fallait qu'il profite que la discussion soit lancée sur le sujet pour mettre les choses au clair. Mais il n'avait pas prévu de le dire si tôt à son ami... Il prit néanmoins son courage à deux mains, sachant qu'il ne pouvait plus reculer. Il lança le sort d'insonorisation autour de Blaise et lui et regarda son ami droit dans les yeux.
- Blaise, j'ai quelque chose d'important à te dire.
- Je t'écoute.
Draco se retrouva déjà à court de mots. Il n'avait vraiment rien prévu et ne savait donc pas comment dire les choses à son ami. Il décida alors d'y aller par un moyen détourné :
- Je sors avec Graham.
Blaise haussa les sourcils.
- Pardon ?
- Tu as très bien compris ce que je t'ai dit.
- Mais... comment ça, tu sors avec lui ?
- Bah ça me semble évident, non ? À moins que tu aies besoin d'un dessin ?
- Mais ce n'est pas possible, lâcha Blaise. Tu es hétéro.
- Eh bien non, apparemment. Tu vois ce que tu as ressenti quand tu as embrassé Weasley ? Eh bah moi c'était pareil avec Graham. Il m'a fait éprouver un tas de choses que je n'avais jamais éprouvées avec toutes les filles que j'ai pu embrasser. Avec elles c'était fade et sans aucun intérêt alors qu'avec Graham, c'était indescriptible. J'aime absolument tout quand il m'embrasse. Et je n'en ai jamais assez. J'en veux encore et encore. J'ai mis du temps à le comprendre mais j'aime les garçons. J'en suis aussi sûr que je m'appelle Draco Malfoy.
Blaise regarda Draco un long moment, l'air à la fois surpris et impressionné.
- Je vois. En effet, il n'y a aucun doute, tu es gay. Je suis désolé pour la réaction que j'ai eue mais... j'étais persuadé que tu étais hétéro.
- Je pensais en être sûr aussi, avoua Draco. Je n'avais aucune raison d'en douter puisque je n'avais jamais été attiré par un garçon auparavant. Mais j'aurais quand-même pu me poser des questions quand je me suis rendu compte que ça ne me faisait absolument rien lorsque j'embrassais une fille. Je me suis convaincu que je n'avais simplement pas trouvé la bonne. J'ai fait l'autruche, en fait, je crois.
- C'est normal, ça doit être quelque chose d'assez dur à admettre. C'est déjà bien que tu l'aies accepté aussi rapidement. Mais il y a un truc que je ne comprends pas. Si tu es gay, alors pourquoi tu as été aussi insultant envers Harry il y a une dizaine de jours ?
- Ça fait partie du contexte dans lequel j'ai découvert mon homosexualité.
Draco expliqua alors le mal-être dans lequel il était lorsqu'il avait insulté Harry ce jour-là. Il lui raconta ensuite sa réconciliation avec Harry, puis avec Théo. Blaise l'écouta attentivement.
- Mais comment tu as fait pour ne pas péter les plombs avant ?! s'étonna Blaise lorsque Draco eut fini son récit.
- Je ne sais pas, mais ce qui est sûr, c'est que j'ai accumulé trop longtemps.
- Il faut toujours se confier avant que ça explose, sinon t'as vu le résultat, prévint Blaise.
- Je sais mais je n'y arrivais pas. Tout restait bloqué au fond de moi. De toute façon je n'ai pas envie de parler de mes parents. Ça ne sert à rien, en plus. Ça ne changera pas les choses.
- Mais ça te ferait pourtant du bien de te confier sur ce que tu ressens.
- Je préfère vraiment ne pas en parler.
- Bon, comme tu veux. Mais du coup, à part Théo, Harry et moi, qui est au courant ?
- Personne, il n'y a que vous.
- Tu ne l'as pas dit à Pansy ?
- Non, pas encore. Ce n'était pas vraiment prévu que je te le dise tout de suite, en fait. Je m'y suis senti un peu obligé quand tu m'as parlé de Graham. Je ne me voyais pas te mentir plus longtemps.
Blaise grimaça.
- J'ai vraiment été stupide. Te dire qu'il n'avait aucune chance avec toi alors que vous sortez déjà ensemble...
- Tu ne pouvais pas savoir.
- Oui mais bon, ça n'a pas dû être agréable pour toi d'entendre ça. Mais ça ne te fait pas un peu peur de sortir avec Graham ? Je veux dire... tu n'as pas peur que ça se sache et que les gens croient que tu as des faveurs du capitaine parce que tu sors avec lui ?
- On préfère justement garder notre relation secrète à cause de ça, expliqua Draco. On est sur la même longueur d'ondes à ce sujet.
- Tant mieux. N'empêche, ça me surprend que vous soyez ensemble. Je ne m'y attendais pas du tout. Après, c'est vrai que tu as toujours été proche de lui mais je ne pensais pas qu'il y avait autre chose que de l'amitié entre vous...
- J'ai été le premier surpris. En fait je ne sais pas encore vraiment ce que je ressens pour lui. C'est un peu flou. Mais je suis bien avec lui alors je ne me pose pas de questions et je profite de ce qu'il peut me donner. Je n'ai pas envie de me prendre la tête et lui non plus. On veut quelque chose de simple.
- Vous avez bien raison. Tant que vous vous sentez bien dans cette relation et qu'elle vous plaît, c'est le principal. En tout cas, moi, ça ne me dérange pas que tu sortes avec Graham. Ce qui compte pour moi, c'est que tu sois heureux avec lui.
Draco sourit, touché.
- Merci. En fait je suis soulagé que tu saches. C'est stressant de garder un secret pareil.
- Je me doute bien. Mais du coup, maintenant que je suis au courant, ce serait bien que Pansy le soit aussi. Comme ça tu n'auras plus à te cacher devant nous. Et elle le prendra très bien. Il n'y a pas plus ouverte d'esprit qu'elle. Elle a bien réagi avec Théo, alors elle réagira bien avec toi.
Draco hocha la tête.
- C'est vrai. En plus je dois lui donner les jours d'entraînements. Comme Graham et moi étions trop occupés pour se voir depuis le dernier entraînement, il a demandé à Pucey de me faire passer le message via Harry pour que je vous le dise ensuite, à Pansy et toi. Sauf qu'apparemment, Pucey n'a rien dit à Harry.
- Il est vraiment bizarre depuis quelques temps. Il est super bon lors des entraînements mais dans les vestiaires, il a l'air d'être un peu à l'ouest.
- Je n'avais pas remarqué, avoua Draco. Mais je m'intéresse le moins possible à lui, à vrai dire.
- Oui, j'ai cru voir que ce n'était pas le grand amour, entre vous, constata Blaise. Ça a toujours été comme ça ou il s'est passé quelque chose de spécial ?
- Non, c'est depuis un mois que c'est tendu entre nous.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Harry et moi étions dans la salle des binômes quand Pucey a débarqué d'un coup parce que Harry était soi-disant en retard à leur rendez-vous alors que Harry l'avait pourtant prévenu qu'il ne serait pas tout à fait à l'heure. Il a voulu m'arracher Harry alors que nous n'avions pas fini notre séance de travail. Il s'est permis de faire des remarques sur notre façon de travailler et il a dit un truc du genre que Harry était son petit-ami et qu'il était donc dans son droit en venant le chercher. J'ai vraiment eu l'impression qu'il considérait Harry comme son chien et ça ne m'a pas plu du tout. Je crois qu'on aurait pu en venir à la baguette si Harry n'avait pas calmé le jeu. Il a cédé au caprice de son imbécile de petit-ami et il a écourté notre séance de travail. Je n'ai toujours pas digéré depuis et c'est donc pour ça qu'il y a des tensions entre Pucey et moi.
- Je vois. C'est bizarre, il n'a pas l'air d'un mec capable de piquer ce genre de crise...
- Les apparences sont parfois trompeuses. Ah, voilà Pansy, je vais lui parler.
Draco prit congé de Blaise et rejoignit leur amie qui venait d'entrer dans la salle commune.
- Pansy, je peux te parler ?
- Euh oui, bien sûr.
Draco ne perdit pas de temps et entraîna Pansy vers un coin isolé qu'il insonorisa.
- Ouh là, tu me fais peur, se méfia Pansy. C'est grave ?
- Non, pas du tout. Mais c'est important et je n'ai pas envie qu'on nous entende.
Pansy sembla soudain se pâmer de bonheur.
- Oh Draco depuis le temps que j'en rêve ! Je croyais que ce moment n'arriverait jamais ! Tu n'as même pas besoin de me poser la question. Bien sûr que je veux sortir avec toi !
Draco écarquilla tellement les yeux qu'ils crut qu'ils allaient sortir de leurs orbites. Pansy éclata alors de rire.
- Non mais je plaisantais, Draco ! Tu verrais ta tête, c'est trop drôle ! Tu croyais vraiment que j'étais sérieuse ?!
- À vrai dire je n'ai pas eu le temps de me poser la question, répliqua Draco. Tu ne peux pas rester sérieuse deux secondes, franchement ?
- Oh ça va, c'était juste pour rire. Bon, de quoi voulais-tu me parler ?
- Tu me promets de rester sérieuse, cette fois ?
- Oui, promis juré.
- Bon. Je... je sors avec Graham.
Pansy ne répondit pas, attendant visiblement une suite. Voyant qu'il n'y en avait pas, elle demanda :
- Oui, et ?
Draco la regarda, perplexe.
- Je veux dire par-là que je suis en couple avec lui, insista-t-il.
- Oui, merci, j'avais compris.
- Tu n'as pas l'air surprise, lâcha Draco.
- Ben non, je le savais déjà.
- Qu... quoi ?!
- Rassure-toi, je dois être la seule à m'en être rendue compte, tempéra Pansy.
- Mais... comment tu l'as su ?!
- Je ne sais pas, c'est quelque chose qui ne s'explique pas. Je l'ai compris en vous voyant.
- Mais... ça ne te choque pas ?
- Bien sûr que non, pourquoi ?
- Parce que Graham est un garçon, expliqua Draco.
- Aussi bizarre que cela puisse paraître, je l'avais remarqué, ironisa Pansy.
- Mais ça veut dire que je suis gay, Pansy !
- Oui, et alors ?
Draco avait l'impression d'être dans un dialogue de sourds. Ou qu'il ne parlait pas la même langue que Pansy.
- Ça ne te choque pas, ça non plus ? demanda-t-il, désespéré.
Pansy soupira.
- Bon, je vais être franche avec toi : ça fait longtemps que je le sais. Et ça faisait longtemps aussi que je savais pour Théo.
Le choc assomma Draco. Il fixa Pansy d'un air ahuri.
- Comment l'as-tu deviné ?
- Plein de choses m'ont mise sur la voie. Surtout pour Théo. Pour lui je l'ai toujours su. Toi, c'est un peu différent. Je n'ai pas d'explications rationnelles. Crois-le ou non mais c'est comme un sixième sens. Et, non, ça ne me choque absolument pas. Je n'ai même pas eu besoin de m'y faire. Je trouve ça normal, en fait. Et je trouve aussi qu'il n'y a rien de mal ou de surprenant à ça. Pour moi, le plus important, c'est que mes amis soient heureux. Peu importe leur orientation sexuelle et peu importe avec qui ils sortent. Tout ce que je peux te dire, c'est que je serai là pour te soutenir si tu te décides à officialiser ton couple avec Graham. S'il y a besoin, je rappellerai à l'ordre tous les imbéciles qui oseront faire des remarques.
Draco sourit, touché.
- Merci, je... je ne sais pas quoi dire...
- Eh bien ne dis rien, répondit gentiment Pansy. Mais qu'est-ce qui t'a poussé à me dire tout ça aujourd'hui ?
- J'ai dû le dire à Blaise et il m'a conseillé de te le dire à toi aussi. C'est ce que je comptais faire, de toute façon. Je ne voulais pas que l'un sache et pas l'autre.
- C'est gentil. J'imagine que tu ne veux pas que ta relation avec Graham s'ébruite pour le moment ? Vu qu'il est capitaine tout ça tout ça...
- Tout à fait. Il vaut mieux que ça reste secret.
- D'accord, je ne dirai rien, promit Pansy. Bon, je vais retourner à mon dortoir, il faut que je m'occupe de mes cheveux. Trois mois sans les couper et ils m'arrivent déjà en bas du dos. Je vais bientôt m'occuper des vôtres aussi, d'ailleurs. Genre le week-end prochain. Samedi à treize heures, ça vous va ? Normalement j'en ai pour une heure avec chacun d'entre vous. À seize heures vous serez tous libres. Fais passer le message aux autres.
- Oui, chef, se moqua Draco. À plus tard et bon courage avec tes cheveux.
Il s'en alla et rejoignit Blaise une fois de plus. Il resta avec lui jusqu'à l'heure du déjeuner.
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Deux heures et demie plus tard, comme prévu, Draco monta au cinquième étage. Graham était déjà là. Comme il n'y avait personne, Draco en profita pour l'embrasser.
- Pourquoi as-tu voulu qu'on se rejoigne ici ?
- Parce que l'endroit où on va aller se trouve à cet étage.
- Oh. À part des statues je ne vois rien de spécial.
- C'est bien ce que je pensais. Tu n'y es jamais allé.
- De quoi tu parles ? demanda Draco en fronçant les sourcils.
- De la salle de bain des préfets. Tu as quand-même dû en entendre parler ?
- Oui mais ça m'était complètement sorti de la tête. J'avais oublié qu'on avait ce privilège.
- C'est bête. C'est un endroit très agréable, affirma Graham.
- Comment tu le sais ? s'étonna Draco. Tu n'as jamais été préfet.
- Non, mais je suis capitaine. Ce qui me donne également l'accès à ce privilège.
- Ça je ne le savais pas. J'imagine que tu en as déjà profité ?
- Bien sûr, répondit Graham sur le ton de l'évidence.
- Mais... euh... pourquoi veux-tu qu'on y aille ?
- Eh bien, pour passer un petit moment tranquille, toi et moi. Ce sera bien mieux que dans ma cabine personnelle des vestiaires.
Graham dut voir la gêne dans les yeux de Draco car il ajouta :
- Je ne ferai rien que tu ne veuilles pas, Draco. Je te le promets. Je pense juste que cette salle de bain, c'est le meilleur endroit pour un premier moment intime. Il y a plein de mousse, ce qui peut être plutôt pratique pour quelqu'un de pudique.
Draco se détendit.
- Mais je n'ai rien emporté sur moi...
- Ne t'en fais pas, j'ai tout ce qu'il faut. Après si tu ne veux vraiment pas y aller, je comprendrais.
- Non, je veux bien qu'on y aille, assura Draco.
Graham sourit, lui prit la main et l'entraîna à sa suite. Ils passèrent devant la statue de Boris le Hagard et s'arrêtèrent à la quatrième porte. Graham l'ouvrit et pénétra dans la pièce. Draco fit de même et ferma la porte derrière lui. Il fut aussitôt charmé par l'endroit. C'était juste un peu trop blanc à son goût. Mais ça sentait bon et c'était très joli.
- J'y vais en premier, dit Graham.
Draco acquiesça et regarda ailleurs le temps que Graham enlève ses vêtements. Une fois celui-ci dans la piscine, Draco se déshabilla à son tour et entra dans l'eau en gardant une certaine distance avec Graham. Ils étaient quand-même tous les deux nus ! Draco savait que Graham l'avait emmené pour être plus intime avec lui mais il ne savait pas ce que Graham voulait faire exactement et cela lui faisait peur. Il ne voulait cependant pas que Graham le quitte parce qu'il refusait d'avancer dans leur relation. Il ne voulait pas qu'il l'abandonne. Il ne voulait pas être seul à nouveau. Alors il se promit de faire un effort. Perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas que Graham l'avait rejoint. Il sursauta en sentant des lèvres dans son cou. Surpris, il se décala brusquement de Graham. Celui-ci sembla confus.
- Pardon, je ne voulais pas te faire peur, s'excusa-t-il.
Draco sourit.
- Non, tu ne m'as pas fait peur, tu m'as juste surpris. Mais je veux bien que tu m'embrasses.
Graham ne se fit pas prier et posa ses lèvres sur celles de Draco. Ce baiser fut différent de tous ceux qu'ils avaient pu partager jusque-là, notamment parce qu'il était doux et qu'ils n'avaient pas leurs corps plaqués l'un contre l'autre. Cela ne tarda pas à manquer à Draco qui voulait sentir le corps chaud de Graham contre le sien. Mais il était tout aussi nu que lui et cela bloquait un peu Draco. Un dilemme s'imposait à lui. L'envie de sentir Graham contre lui fut la plus forte. Il passa ses mains dans le dos de son petit-ami et l'attira vers lui. Graham comprit le message et vint presser son corps contre celui de Draco tout en prolongeant le baiser. Satisfait, Draco en oublia d'être gêné. En fait, il trouvait cela très agréable. Graham finit par se lasser de ses lèvres et préféra diriger les siennes de nouveau vers son cou qu'il embrassa et mordilla, faisant gémir Draco malgré lui. Il était cependant frustré car il estimait ne pas être encore assez proche de Graham. Leur position n'aidait guère. Lui était assis contre la paroi de la piscine tandis que Graham était presque assis sur ses genoux. Leurs torses n'étaient pas entièrement en contact. Graham dut deviner ses pensées car il intervertit leurs places tout en s'éloignant un peu de la paroi. Il fit asseoir sur lui Draco qui, instinctivement, enroula ses jambes autour de la taille de Graham. Il hoqueta en sentant leurs membres à demi-érigés entrer en contact. Une vague de désir et de plaisir le traversa. Il ne savait pas ce qu'il y avait dans cette satanée eau mais il devait y avoir un aphrodisiaque car il n'arriva même pas à en être gêné ! Au contraire, il en voulait plus. Graham replongea le visage dans le cou de Draco tout en ondulant sournoisement, faisant crier Draco de surprise et de plaisir mêlés. C'était trop bon. Son sexe fut du même avis puisqu'il réagit à cette friction. Draco éprouva alors le besoin de se soulager.
- Graham...
L'intéressé délogea la tête du cou de Draco.
- Oui ?
Draco se mordilla les lèvres, ne sachant pas comment exprimer ce qu'il voulait. Il décida alors de décrire les faits :
- C'est dur entre mes jambes.
- C'est ce que je sens actuellement, en effet.
- Je ne vais pas pouvoir rester comme ça, dit Draco, gêné.
Graham le regarda avec un air sérieux.
- Tu veux que je m'en occupe ?
- Je... je ne sais pas. Toi aussi tu es dur alors...
- On peut aussi se soulager ensemble, si tu veux. Soit en se masturbant l'un l'autre, soit en se frottant l'un contre l'autre. C'est toi qui voit.
- Je préfère la deuxième option.
- Tu es sûr de toi ?
- Oui.
Graham sourit à Draco et reprit possession de ses lèvres tout en se remettant à onduler contre lui. Draco gémit et fit le même mouvement que Graham. Ils soupirèrent de concert et commencèrent à bouger ensemble. Draco laissa exprimer son plaisir et il cria même lorsque Graham lui fit un suçon dans le cou. Leurs hanches remuèrent plus rapidement, déclenchant des vagues de plaisir dans le corps de Draco qui ne savait déjà plus où donner de la tête. Il réclama un baiser, requête qui lui fut vite accordée par Graham qui délaissa son cou pour poser ses lèvres sur les siennes. Le baiser se fit aussitôt passionné alors qu'ils accéléraient leurs mouvements en gémissant de plus en plus fort. N'étant absolument pas habitué à de telles sensations, Draco ne tarda pas à jouir dans un cri de pur plaisir. Graham dut s'aider de sa main car Draco l'entendit pousser un râle libérateur peu de temps après. Ils restèrent un instant sans bouger, se remettant doucement du moment qu'ils venaient de partager. Draco n'en revenait pas de s'être laissé aller aussi facilement. Mais il ne regrettait rien du tout. Tout allait peut-être vite avec Graham mais il lui faisait du bien, il était là, à ses côtés, et c'était tout ce dont Draco avait besoin en ce moment. Graham et lui profitèrent encore un peu de l'eau puis ils sortirent de la piscine et se rhabillèrent. Draco quitta en premier la salle de bain, regarda des deux côtés et, ne voyant personne, il fit signe à Graham qu'il pouvait sortir lui aussi. Alors qu'ils se dirigeaient vers leur salle commune, une question vint à l'esprit de Draco.
- Dis, il va falloir qu'on prévoit les moments où on aura envie de se donner du plaisir ?
Graham tourna la tête, les sourcils légèrement froncés.
- Comment ça ?
- Bah, si je comprends bien, il n'y a que dans les vestiaires ou dans la salle de bain des préfets qu'on peut se retrouver pour ce genre de choses.
- Oh... C'est vrai, je n'y avais pas pensé. C'est sûr que si on officialisait notre relation, je pourrais t'emmener bien plus facilement dans mon dortoir.
Draco grimaça. Il en avait déjà marre de se cacher. Il voulait retrouver Graham quand il voulait, où il voulait, sans se préoccuper du regard des autres et de ce qu'ils pourraient bien dire. Mais il n'était pas encore prêt à afficher son homosexualité et à affronter les conséquences qui en découleraient. Les remarques, les insultes, les moqueries... Tout ça lui faisait peur.
- Je préfère qu'on attende, dit-il tristement.
- Je comprends, assura Graham en souriant.
- Ce n'est même pas à cause du fait que tu sois capitaine. C'est juste que je ne me sens pas prêt à subir toutes sortes de remarques désagréables.
- C'est normal, ça m'a stressé, moi aussi, quand j'ai compris que j'étais gay.
Cette information intéressa Draco.
- Comment ça s'est passé, quand tu as fait ton coming-out ? osa-t-il demander.
- Je ne l'ai jamais vraiment fait. J'avais quatorze ans quand j'ai eu mon premier petit-ami. C'était un Serpentard, il avait un an de plus que moi. On essayait d'être discrets mais on s'est vite fait griller par un autre Serpentard. On n'a pas vraiment eu l'occasion de lui demander de garder ça pour lui. Évidemment, il ne l'a pas fait. Le lendemain, des rumeurs ont commencé à circuler. Je ne me suis pas fait ennuyer pour autant. Mon petit-ami non plus, d'ailleurs. Nous sommes restés ensemble deux ans et on n'a pas vraiment hésité à aller dans le dortoir de l'un ou de l'autre, même si on savait que tous les Serpentard allaient s'en apercevoir. Bizarrement, ça ne s'est jamais su en-dehors de notre salle commune. Ensuite j'ai eu deux autres petits-amis et quelques brèves relations avec lesquels je suis là aussi resté relativement discret. Ça s'est pourtant su un peu partout dans l'école mais je n'ai jamais vraiment eu d'ennuis. Alors que bon nombre de gens doivent savoir que je suis gay, même s'ils n'en ont pas forcément la preuve.
- Tu as eu de la chance, murmura Draco. Tu ne t'es donc jamais montré officiellement avec un de tes petits-amis ?
- Non.
- C'est pour ça que je ne me suis jamais douté de rien, alors. Il y a encore quelques semaines je ne savais pas que tu étais gay.
- C'est ce que j'ai cru comprendre, dit Graham en riant. Mais on prendra le temps qu'il faudra, ne t'en fais pas pour ça.
- Oui et puis on n'est pas obligés de se retrouver uniquement pour batifoler. Mais ce qui m'embête le plus c'est que je ne peux pas t'embrasser quand j'en ai envie. Je ne suis pas prêt pour le moment mais je pense que je vais quand-même vite décider d'officialiser notre couple. Si tu es d'accord, bien sûr.
- On fera ce que tu voudras, répondit doucement Graham.
Draco sourit, vérifia qu'il n'y avait personne et déposa un léger baiser sur les lèvres de son petit-ami. Ils rentrèrent en silence à leur salle commune, profitant simplement d'être ensemble pour quelques minutes encore. Draco ne put s'empêcher de se dire que tout serait plus simple lorsqu'ils arrêteraient de se cacher. Mais il avait encore trop peur alors il attendrait. Après tout, il était déjà très heureux comme ça. Graham lui faisait oublier tous ses soucis. Et c'était tout ce dont avait besoin Draco.
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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que le chapitre vous a plu ! =) Ça bouge, ça bouge ! XD Je vous dis à vendredi pour le prochain chapitre qui s'intitulera «Premiers baisers et devoirs d'amis». Bisous tout le monde !
