Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le vingt-neuvième chapitre de SAMLP. On approche du gros dénouement, le warning sera de mise pour le chapitre en question (le trente-et-unième) et c'est pour ça qu'il y a quelques semaines, j'ai précisé les mises en garde dans la NA du premier chapitre. Dans celui-ci ça reste assez calme alors profitez-en ! =)
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Zackos : Ça me fait énormément plaisir, merci ! J'essaie d'être au plus proche de la réalité en m'aidant de ce que j'ai pu lire et ce qui est sûr, c'est que ça ne tombera jamais dans le vulgaire car j'ai horreur de ça XD
mimibou : C'est donc toi la guest XD Crabbe et Goyle offrent du répit pour le moment à Théo et ça va durer un bon bout de temps, ils sentent qu'ils sont surveillés et savent qu'ils ont peu de chances de pouvoir s'en prendre à Théo, mais il va sûrement y avoir quelque chose qui va les pousser à repartir à l'attaque :/ Pour l'instant, Théo galère avec ses sentiments et ça lui prend déjà bien la tête comme ça XD Pour ce qui est de Mme Pomfrey, c'est bien le nom anglais :) Elle s'appelle Pompom Pomfresh en français et comme «Pompom» ne me convenait pas, j'ai préféré prendre son prénom et son nom anglais plutôt que faire un mix XD Si ça ne tenait qu'à moi, elle se serait appelée Poppy Pomfresh XD Alors si tu vois que les chapitres sont publiés à 5h, c'est effectivement parce que tu es au Canada XD Car je publie mes chapitres entre midi et 13h :) Merci à toi pour tes reviews et tes questions =)
Mel : Je comprends, l'été n'est pas forcément propice au repos XD Pour Adrian il y a clairement des signes, la possessivité, l'agressivité ... Il m'a semblé important de préciser que c'est parce que Harry est amoureux qu'il ne voit rien de tout ça, ça arrive malheureusement souvent qu'une personne ne se rende compte de rien alors que c'est pourtant évident :/ Mais Adrian fait partie de ceux qui maîtrisent le mensonge à la perfection et il s'en sert avec Harry, et pas que :/ Oui, Harry et Draco sont vraiment dans une relation de confiance et ils y tiennent énormément *-* Ils viennent tout juste de se mettre ensemble dans l'écriture et c'est tombé pile le jour que je ne voulais pas, mais c'était difficile de faire autrement XD Donc armez-vous de patience XD Oui Draco était vraiment perdu, la situation n'est pas du tout facile pour lui :/ Je crois que Justin est le personnage le plus complexe de l'histoire XD Vous allez avoir envie de le secouer comme un prunier je pense XD Brian n'a pas eu de chance avec ses parents et il est loin d'être un cas isolé :/ Il parle d'un centre qui accueille les jeunes personnes rejetées par leur famille à cause de leur homosexualité (même s'il n'y a pas que ça) et je n'ai pas réalisé quand j'ai écrit ça que c'était l'équivalent d'une association en France qui s'appelle Le refuge, dont j'avais pourtant déjà entendu parler XD Mais oui Sirius est vraiment irrécupérable XD Son idée d'emmener Brian boire un verre partait d'une bonne intention mais c'est clairement parti en cacahuètes XD Merci à toi pour ta review ! =)
lilalali07 : La relation entre Adrian et Harry est réellement malsaine, elle touche à sa fin mais ce ne sera pas aussi facile que ça :/
Gryffondor : Oui, l'idée de Sirius partait vraiment d'une bonne intention mais c'est parti en vrille à cause du côté un peu trop impulsif de Sirius :/ Brian et lui devaient juste boire quelques verres mais Sirius a été piqué dans sa fierté et a voulu prouver qu'il savait boire alors que ce n'est pas vraiment le cas, et évidemment il a oublié ce pour quoi ils étaient sortis à la base ^^ Et après c'est Remus qui doit payer les pots cassés, comme tu dis :/ En ce qui concerne Harry, Remus n'a pas du tout envie de le savoir dans le lit d'Adrian, c'est sûr ! Mais il s'est fait des idées car ils n'en sont pas du tout là où il croyait XD Même si Adrian en aurait bien envie ^^ Si Sirius avait été là, il aurait fait un malaise XD Oui, Adrian a franchi un pas dans les effets de la drogue sur son comportement avec Harry :/ Si Draco le pouvait, il rectifierait son portrait à Adrian, mais il ne veut pas avoir d'ennuis, surtout après les horreurs qu'il a dites à Harry ^^
Butterfly : Adrian se laisse complètement dominer par ses potions et c'est Harry qui en paie les frais :/ Harry va s'en rendre compte au tout dernier moment et ça va être un choc mais ça va le sauver, en quelque sorte :/ Pour Hermione et Terry ça va être timide mais un événement va les rapprocher *-* Pour Justin et Théo, ça va être plus compliqué, leur relation va être très ambiguë XD Pour le titre de ce chapitre, il va être en effet question de Harry et d'Adrian :) Pour les baisers, surprise :p XD En espérant que tout ça te plaira ! =)
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Merci à tous pour vos retours et merci à tous ceux qui lisent cette histoire ! Je ne vous embête pas plus longtemps et je vous laisse découvrir le nouveau chapitre !
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Warning : Ce chapitre est classé M en raison d'une scène à caractère sexuel.
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29 – Premiers baisers et devoirs d'amis
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(dimanche 19/11) POV Severus
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Alors que Severus s'apprêtait à sortir, il entendit quelqu'un frapper à sa porte. Il alla ouvrir et tomba sur Draco.
- Oh, c'est toi. Quel bon vent t'amène ?
- Je... je voulais te parler, dit Draco, l'air gêné.
- Ah...
Severus était mal à l'aise. Il devait vraiment partir mais il ne se voyait pas dire à Draco qu'il tombait mal. Il ne voulait pas que son filleul se sente rejeté. Mais celui-ci se rendit compte de lui-même que Severus allait partir en le regardant de la tête aux pieds.
- Oh, tu allais sortir ?
- Oui mais ça peut attendre, assura Severus.
Cela ne sembla pas convaincre Draco.
- Tu vas où ? s'enquit-il.
- Au Ministère. Je dois voir le père d'un élève qui travaille là-bas.
- Tu vas voir les parents d'élèves sur leur lieu de travail, maintenant ? s'étonna Draco.
- C'est un cas urgent, expliqua Severus. Il faut que j'agisse vite. Tu penses bien qu'un dimanche, je préférerais rester ici plutôt que me rendre au Ministère.
- Oui, c'est sûr... Je vais te laisser, alors.
Draco tourna les talons mais Severus le retint en lui attrapant le bras.
- Non, reste, je t'ai dit que ça pouvait attendre. J'ai quand-même le temps de t'écouter.
- Non, il vaut mieux que je repasse une autre fois. Moi aussi ça peut attendre. Il n'y a rien d'urgent.
Severus ne voulait pas que Draco s'en aille mais ce dernier semblait bien décidé à ne pas rester.
- Bon, comme tu veux. Viens me voir demain à dix-sept heures, je pourrai t'accorder tout le temps nécessaire, promit Severus.
- On verra, éluda Draco, visiblement de plus en plus mal à l'aise. Je vais y aller. Bonne chance avec ton parent d'élève.
Il s'en alla sur ces mots. Severus sentait que Draco lui avait menti et qu'il avait en réalité quelque chose d'important à lui dire. Et qu'il avait été découragé en voyant son parrain sur le point de partir. Severus s'en voulut de ne pas avoir su retenir Draco. Quel parrain était-il s'il était incapable de consacrer du temps à son filleul quand celui-ci en avait besoin ? Ça se trouve, il voulait peut-être lui parler de la traque de ses parents qui l'angoissait... Quelques jours plus tôt, Severus avait appris dans la Gazette que les Aurors avaient échoué à attraper le couple alors que l'opération avait été rondement menée et minutieusement préparée. Cela ne faisait que confirmer à quel point les époux Malfoy étaient redoutables. Il semblait impossible de les attraper. De plus, parmi les douze Aurors dépêchés sur place, trois avaient été sérieusement blessés. La traque prenait vraiment une tournure dangereuse.
Severus sortit de sa rêverie et se souvint qu'il avait quelque chose d'urgent à faire. Il quitta ses appartements sans plus attendre puis il sortit du château. Il marcha jusqu'aux grilles, les franchit et transplana. Il aurait préféré prendre la poudre de Cheminette mais il n'en avait plus. Il fallait qu'il en rachète. Il atterrit devant le Ministère, entra dans la vieille cabine téléphonique, composa le code et attendit que la cabine s'enfonce dans le sol. Lorsqu'elle s'arrêta, il sortit et se retrouva dans l'atrium. Il se rendit au deuxième étage, le département de la justice magique. Il chercha le bureau des Aurors qu'il trouva après avoir longé plusieurs couloirs. Il frappa à la porte qui s'ouvrit quelques secondes plus tard sur un homme d'une trentaine d'années.
- Oui, c'est pour quoi ?
- Je souhaiterais parler à un de vos collègues. C'est important.
L'homme le regarda, perplexe.
- Vous êtes au courant que les Aurors n'ont pas forcément le temps de recevoir des visites ?
- Je sais mais c'est vraiment urgent. Il s'agit du fils de l'Auror Harper. C'est à son père que je veux parler.
- Il n'est pas ici.
- Savez-vous quand il reviendra ? Ou quand j'ai des chances de pouvoir le voir ici ?
- Je ne suis absolument pas au courant de son emploi du temps. Je vais vous envoyer quelqu'un qui sera plus à même de vous répondre, vu qu'elle gère une grande partie de la paperasse...
Severus ne put s'empêcher d'espérer qu'il parlait de Tonks. Ce serait logique, après tout. Étant encore novice, elle devait être cantonnée à la paperasse une majeure partie de son temps. Et ce fut en effet elle qui vint le voir.
- Oh, bonjour M. Snape. Mon collègue m'a dit que vous aviez besoin d'un renseignement que je pourrais peut-être vous apporter. Que puis-je pour vous ?
- Je dois parler à l'Auror Harper. Votre collègue m'a signalé qu'il n'était pas là. Et il n'a pas pu me dire quand je pourrais le trouver ici. Après je sais qu'on est dimanche, c'est donc peut-être son jour de repos...
- Le dimanche est un jour comme les autres, chez les Aurors. Surtout en ce moment, avec tout le travail qu'on a. Mais je crois que Garrett est parti sur une mission. Je vais vérifier ça. Vous pouvez me suivre au lieu de m'attendre ici.
Severus ne se fit pas prier et entra dans le bureau des Aurors. Il n'y avait jamais mis les pieds et trouva l'endroit très spacieux. Lorsqu'on y pénétrait, on tombait sur une pièce avec une grande table au milieu. C'était sûrement là que devaient se tenir les réunions des Aurors. De part et d'autre de cette pièce, il y avait des petits bureaux dont chacun devait être réservé à tel ou tel Auror. Celui de Tonks était ni à gauche, ni à droite mais derrière la pièce principale où se trouvait la grande table. Severus s'attendait à voir un bureau en pagaille, où rien n'était à sa place mais non, il découvrit une pièce rangée et en ordre. Mais cela s'expliquait par le fait qu'il n'y avait pas grand-chose comme objets. Ce qui n'était guère étonnant lorsqu'on voyait les piles de dossiers qui prenaient les trois quarts de la place sur le bureau de la jeune Auror. Il comprenait mieux pourquoi, durant l'été, elle avait frôlé le burn-out. Il était évident qu'elle avait énormément de travail. Peut-être même trop de travail.
- Alors, où est-ce que j'ai mis les différents ordres du jour de la semaine prochaine... Ici ? Non, ce sont des rapports de missions... Là ? Non plus... Zut, je dois bien les avoir mis quelque part...
Ce qui semblait rangé pour Severus était de toute évidence un vrai fouillis pour Tonks qui ne s'y retrouvait visiblement pas. Elle déplaça pas moins de six piles de parchemins avant de trouver celle qui l'intéressait. Elle la feuilleta et tomba rapidement sur ce qu'elle cherchait.
- Il est sur le terrain toute la semaine prochaine mais samedi il n'est prévu sur aucune mission. Il n'est pourtant pas en repos ce jour-là, ce qui signifie qu'il sera toute la journée ici.
- Parfait, dit Severus, soulagé. Je reviendrai samedi prochain, dans ce cas.
Il eut très envie de demander à Tonks «Est-ce que vous serez là ?» mais il se retint.
- Vous êtes sûr que ça peut attendre jusque-là ? Mon collègue m'a dit que c'était urgent.
- Disons qu'il vaut mieux régler cette affaire au plus vite. Mais ça peut tout de même attendre. Je n'ai pas vraiment le choix, de toute façon.
- Je peux quand-même essayer de lui en toucher un mot si je le vois, si vous voulez, suggéra Tonks. Enfin, après, je ne sais pas comment il pourrait communiquer rapidement avec vous... Et puis je ne sais même pas pourquoi vous voulez le voir. Oubliez ce que je viens de vous proposer.
- En effet, cela ne servirait pas à grand-chose mais c'est aimable de votre part de m'avoir proposé votre aide. Même si je ne vois pas ce qui vous a poussé à le faire.
- J'ai toujours aimé aider, ça doit être devenu une habitude. Je suis une vraie Poufsouffle, de toute façon. Prenez mon aide comme un dédommagement pour tous les chaudrons qui ont subi un triste sort par ma faute, plaisanta Tonks.
Severus sourit bêtement, trouvant la vanne de Tonks très drôle. Il se gifla mentalement. Merlin mais qu'est-ce qui lui arrivait ?! Depuis quand était-il sensible à l'humour de quelqu'un ? Il l'avait déjà remarqué mais il devenait vraiment stupide lorsqu'il se trouvait face à cette jeune Auror. Mais c'était plus fort que lui, tout l'attirait chez elle. Il ne s'en était pas rendu compte sur le moment mais il avait commencé à tomber sous son charme lorsqu'elle était venue l'interroger chez lui durant l'été avec cet imbécile de Dawlish. En repensant au jugement qu'il avait eu sur Tonks, il réalisa à quel point il avait été de mauvaise foi. Il avait trouvé ses cheveux trop roses, trop vifs, trop indécents, trop tout alors qu'en réalité, ils lui avaient beaucoup plu. Il l'avait trouvée bon public parce qu'elle avait ri à une phrase qu'il avait prononcée alors qu'en réalité, il avait beaucoup aimé son rire également. Il n'avait juste pas voulu l'admettre sur le moment. Il l'avait de toute façon vite oubliée par la suite. Jusqu'à ce qu'il la revoit au Ministère, quelques semaines plus tard. Il avait une nouvelle fois exercé son métier de médicomage en la forçant à prendre un arrêt de travail alors qu'à la base, il était venu pour avoir une date pour la vérification annuelle des chaudrons de ses cachots. Il avait été très attentionné, ce qui ne lui ressemblait pas vraiment. Puis, trois semaines plus tôt, il y avait eu ce jour où il avait accompagné Théo à son rendez-vous avec Amelia. Si les avances de son ex ne lui avaient fait ni chaud ni froid, les quelques minutes qu'il avait ensuite passées avec Tonks ne l'avaient pas laissé de marbre. Il ne devait pas se voiler la face : il était attiré par Tonks.
- M. Snape ?
Severus sortit brusquement de ses pensées. Il leva la tête et croisa le regard inquiet de Tonks.
- Vous allez bien ? demanda-t-elle d'un ton soucieux.
- Oui, bien sûr, pourquoi ? répondit-il machinalement.
- Parce que ça fait plusieurs minutes que vous me fixez. Je ne m'en étais pas rendue compte sur le moment parce que j'étais en train de faire du rangement sur mon bureau mais quand je me suis retournée, vous étiez en train de me fixer. Mais je ne sais pas si vous me regardiez vraiment ou si vous étiez perdu dans vos pensées...
- Un peu des deux.
Il regretta aussitôt sa réponse. Il venait littéralement d'avouer à Tonks qu'il la regardait. Cherchait-il volontairement à se mettre dans des situations gênantes ou était-il simplement et désespérément idiot ? Heureusement, Tonks ne semblait pas avoir compris de quelle façon il la regardait.
- C'est vrai, c'est passionnant de voir quelqu'un trier ses papiers, se moqua-t-elle gentiment. Bon, je ne vous chasse pas mais j'ai du boulot, ajouta-t-elle avec un sourire contrit.
La déception envahit Severus à l'entente de ces mots. Il ne voulait pas s'en aller. Il était bien avec Tonks. Elle lui changeait les idées. Sa bonne humeur et sa joie de vivre lui faisaient du bien. Tout comme son sourire et sa voix. Il n'avait pas envie de la quitter pour retourner à Poudlard. Il fallait qu'il trouve une excuse pour rester. Il prit la première qui lui vint à l'esprit.
- Vous êtes sûre d'être en état de travailler ? Vous avez l'air fatiguée. Et vous êtes toute pâle.
Tonks haussa les sourcils. Puis elle prit soudain un air las.
- C'est fou, je ne l'avais pas remarqué. Mais maintenant que vous le dites... Mon travail va attendre un peu. Il ne sera pas très productif si je suis fatiguée.
- C'est exactement ce que je me disais, approuva Severus.
En réalité, il s'en fichait totalement de la productivité du travail de Tonks. Lui, tout ce qu'il voulait, c'était passer du temps avec elle. Il savait très bien que ce n'était pas bien, qu'il n'avait pas le droit d'utiliser son métier de médicomage pour lui préconiser du repos juste pour pouvoir rester avec elle, qu'il devrait plutôt rentrer à Poudlard et la laisser travailler... Mais cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été autant attiré par une femme et, malgré la promesse qu'il s'était faite, il ne voulait pas laisser passer sa chance, si tant est qu'il en avait une...
- Reparti dans vos pensées ?
Il sursauta et leva de nouveau la tête. Cette fois, ce ne fut pas un regard inquiet qu'il croisa, mais un regard... amusé.
- Je vais finir par croire que je vous trouble, ajouta Tonks.
Severus écarquilla les yeux, ce qui parut encore plus amuser la jeune Auror.
- Mais peut-être est-ce la vérité ? Cela expliquerait pourquoi vous cherchez à rester ici.
Comprenant que Tonks avait vu clair dans son jeu, Severus se sentit soudain terriblement gêné. Il avait été idiot de croire que Tonks ne verrait rien. Elle était une Auror. Elle savait forcément quand quelqu'un lui mentait. Elle avait visiblement deviné aussi qu'il n'était pas insensible à son charme. Mais pourquoi s'était-il autant mis à découvert ?! Comment avait-il pu croire qu'il avait peut-être une chance avec elle ? Il était évident qu'il ne l'intéressait pas ! Il allait se prendre un râteau et c'était tout ce qu'il aurait gagné ! Estimant s'être assez ridiculisé comme ça, il décida de partir.
- C'était idiot de ma part, je... je vais m'en aller. Excusez-moi de vous avoir dérangée.
- Non ! Attendez...
Severus se retourna alors qu'il s'apprêtait déjà à partir. Il n'y avait plus d'amusement dans le regard de Tonks. Elle semblait sérieuse. Et déterminée. Déterminée à quoi ? Il ne tarda pas à avoir la réponse à sa question. Tonks s'avança vers lui jusqu'à se trouver très proche de lui. Le coeur de Severus manqua un battement. Il crut un moment qu'elle allait l'embrasser mais elle se contenta de le regarder droit dans les yeux. Il comprit alors ce qu'elle attendait. Elle voulait que ce soit lui qui prenne les devants. Envoyant valser toutes les promesses qu'il avait pu se faire, il ne réfléchit pas et posa directement ses lèvres sur celles de Tonks. Il chercha aussitôt à lui faire entrouvrir les siennes, quémandant un accès qu'elle lui offrit sans hésiter. Leurs langues ne tardèrent pas à se trouver et à se taquiner avant que le baiser ne se fasse plus profond. Severus attira Tonks tout contre lui et l'embrassa avec plus de passion. Tonks n'était pas en reste et répondit plus que positivement au baiser de Severus. Des soupirs leur échappèrent sans qu'ils ne puissent les retenir. Severus aurait voulu que ce moment ne s'arrête jamais. Mais ils durent se séparer lorsque le souffle commença à leur manquer. Ils restèrent cependant proches l'un de l'autre, si bien que Severus pouvait voir chaque cil de Tonks. Il voulait de nouveau goûter aux lèvres de la jeune Auror mais il savait que ce ne serait pas sérieux. Ils étaient sur le lieu de travail de Tonks, il ne souhaitait pas qu'ils se fassent repérer et que la jeune femme ait des ennuis avec ses supérieurs.
- Je vais y aller, dit-il à contrecoeur.
Tonks acquiesça.
- Je me sens beaucoup mieux, ma fatigue s'est envolée, plaisanta-t-elle.
Severus lui sourit de nouveau bêtement. Il lui souhaita une bonne fin de journée et sortit du bureau de Tonks. Il était comme dans un état second lorsqu'il quitta le Ministère. Il n'arrivait pas à réaliser ce qui venait de se passer. Il avait presque l'impression d'avoir rêvé. Ça ne pouvait pas être vrai. Il n'avait pas pu embrasser Tonks. Ou, plutôt, elle n'avait pas pu se laisser faire et répondre au baiser... Elle ne pouvait pas être attirée par lui... Il avait treize ans de plus qu'elle et il n'avait aucun charme ! Il n'y comprenait rien. Tout était flou dans son esprit. Il ne savait même pas ce que ça allait donner par la suite. Étaient-ils censés se revoir ? Lui en avait plus qu'envie. Il ne pouvait pas se contenter d'un seul baiser. Il voulait plus avec elle. Mais était-ce réciproque ? Il ne savait absolument pas ce que Tonks, elle, voulait. Ça se trouve, elle avait simplement voulu s'amuser... Non, elle n'était pas comme ça. Une Poufsouffle ne se jouait pas des autres. «Et Amelia alors ?» lui souffla une voix dans sa tête. Il l'ignora. Amelia ce n'était pas du tout pareil. Ils avaient seize ans, à l'époque. Suite à la discussion qu'ils avaient eu quelques semaines plus tôt, il avait compris qu'elle s'était retrouvée autant coincée que lui. Qu'elle n'avait pas pu continuer leur relation car il souhaitait devenir ce contre quoi elle allait lutter après Poudlard. Cette pensée rappela à Severus ce qu'il avait été. Un Mangemort. Est-ce que Tonks méritait de sortir avec quelqu'un comme lui ? Quelqu'un qui avait été au service du plus grand mage noir de tous les temps ? Quelqu'un qui avait permis à ce dernier de tuer la femme qu'il aimait ? Non, Tonks méritait beaucoup mieux que lui. Il la salirait en sortant avec elle. Il devait respecter la promesse qu'il s'était faite et qu'il avait oubliée le temps d'un instant. Il pouvait avoir des aventures, oui, mais ça devait s'arrêter là. Il ne devait pas avoir de relations sérieuses et durables. Or, c'était ça qu'il voulait avec Tonks. Mais ce n'était pas possible. Un jour ou l'autre, il finirait par la mettre en danger. Et ça, il ne le supporterait pas. Alors il devait l'oublier. Purement et simplement.
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(mardi 21/11) POV Théo
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- Draco, dépêche-toi ou on va être en retard pour l'entraînement, s'impatienta Blaise.
- Il s'en fiche, il ne se fera pas enguirlander par le capitaine, lui, ironisa Pansy.
- Ah oui, c'est vrai, j'avais oublié, répondit Blaise sur le même ton. Monsieur a les faveurs du capitaine...
- Laissez-le tranquille, ordonna gentiment Théo. Vous pouvez y aller, si vous voulez. Je reste avec Draco, Graham ne me dira rien non plus si j'arrive en retard.
- Il y a du favoritisme dans l'air, singea Blaise.
- Que veux-tu, ça aide d'être du même bord que le capitaine, s'amusa Théo.
Blaise écarquilla les yeux, ne s'attendant visiblement pas à ce que Théo dise une chose pareille.
- Tu as raison, on va y aller, dit-il précipitamment. Il y en a qui ont pris des potions pas nettes, ici.
Blaise s'en alla sur ces mots avec Pansy. Malgré la fatigue lisible sur son visage, Draco sourit d'un air amusé à Théo.
- Blaise va croire que Graham, toi et moi faisons un ménage à trois après ce que tu viens de dire, rit-il.
- Ce n'était pas mon intention, dit Théo, gêné. Je voulais juste dire quelque chose qui troublerait assez Blaise pour qu'il te laisse tranquille. Je ne m'attendais pas du tout à ce qu'il prenne carrément la tangente.
- Ça a été efficace, au moins. J'avoue que je ne suis pas vraiment d'humeur à me faire chambrer. Je pourrais vite m'énerver.
- C'est ce que j'ai vu. Tu as l'air fatigué. Tu as dormi cette nuit ?
- Très peu, avoua Draco. J'ai dû dormir à peine deux heures et ça m'a suffi pour faire un cauchemar qui m'a empêché de me rendormir par la suite.
- Tu devrais en parler à ton parrain pour qu'il te donne des potions relaxantes.
- Il n'est pas très disponible, en ce moment, répondit Draco d'une voix tendue. À vrai dire j'ai voulu lui en parler avant-hier mais j'ai bien vu qu'il avait autre chose à faire. Je ne lui en veux pas, hein. D'après ce que j'ai compris, il devait aider un élève en allant voir son père. Ça devait sûrement être un Serpentard. Son devoir de directeur de maison passe avant tout.
- Je ne pense pas qu'il voit les choses de cette manière, dit prudemment Théo. Pour lui, c'est toi qui passe avant tout.
- C'était vrai jusqu'à ce qu'il apprenne que j'avais eu un comportement homophobe à l'égard d'un de mes camarades. Il était déçu, choqué et en colère lorsqu'il m'a convoqué. Quelque chose s'est cassé entre nous ce jour-là.
- Mais il a dû voir que les choses se sont grandement arrangées entre Harry et toi, plaida Théo. Je suis sûr qu'il ne t'en veut plus. Mais je pense que tu aurais dû lui dire toute la vérité.
- J'aurais dû lui dire par la même occasion que j'étais gay et je n'étais absolument pas prêt à le lui apprendre, répliqua Draco. Et je ne le suis toujours pas.
- Donc tu préfères laisser ces tensions entre vous ?
- Ce n'est pas que je préfère, c'est juste que c'est plus simple comme ça pour le moment.
Bien que peu convaincu, Théo décida de ne pas insister. Il ne voulait pas se brouiller avec Draco. Il savait que ça ne mettrait absolument pas leur amitié en danger mais il ne voulait plus jamais avoir la moindre dispute avec lui. Ils avaient trop souffert de leur brouille après les insultes qu'avait lancées Draco à Harry, même si cette brouille n'avait duré que quelques minutes. De plus, ils n'avaient pas vraiment le temps de discuter. Graham les attendait. Normalement, l'entraînement aurait dû avoir lieu le lendemain mais plusieurs membres de l'équipe s'étaient découvert un empêchement, ce qui avait poussé Graham à avancer la séance.
- Je ne veux pas te presser à mon tour mais on ferait mieux d'y aller, dit gentiment Théo à Draco.
- Oui, on y va. Heureusement que Severus est en train de discuter avec Daphné, sinon ça ferait longtemps qu'il nous aurait virés du cachot.
Théo se mit à rire et emboîta le pas à Draco. Alors qu'ils quittaient le cachot, Théo eut soudain une idée pour venir en aide à Draco concernant ses nuits agitées. Il allait devoir mentir mais c'était pour le bien de son ami.
Lorsqu'ils arrivèrent dans les vestiaires, ils eurent droit à un regard agacé de Graham qui ne dit pourtant rien, comme l'avaient prédit Draco et Théo. Ils s'installèrent et écoutèrent le briefing qui venait tout juste de commencer. Il expliqua la tactique sur laquelle ils allaient travailler durant cet entraînement ainsi que ceux des trois prochaines séances puis il demanda à tout le monde d'aller se changer. Théo s'empressa d'obéir avec Draco et Blaise. Après trois semaines passées avec l'équipe titulaire, il retrouvait ce jour-là sa place dans l'équipe des remplaçants, l'épaule de Cassius étant suffisamment remise pour lui permettre de refaire du Quidditch. Théo avait beaucoup apprécié son expérience parmi les titulaires mais il aimait aussi beaucoup ses camarades remplaçants qui étaient également ses meilleurs amis, alors cela ne le gênait pas de les retrouver. Une fois en tenue de Quidditch, il sortit des vestiaires, toujours avec Draco et Blaise. Pansy, elle, était déjà sur le terrain. Quelques minutes plus tard, les quatorze joueurs de l'équipe s'envolèrent dans les airs. Le souafle fut d'abord entre les mains des titulaires mais Théo réussit vite à l'intercepter à l'occasion d'une transmission ratée entre Adrian et Cassius. Il s'inquiéta de voir Cassius grimacer mais sachant qu'il ne pouvait rien y faire, il s'efforça de ne pas y faire attention et passa le souafle à Pansy qui le lança ensuite à Blaise qui repassa à Théo. Étant assez proche des buts, il tira et marqua. Le souafle fut redonné aux titulaires, et plus précisément à Graham. Celui-ci passa à Adrian qui repassa à Graham qui lança à Cassius qui garda le souafle et essaya de se rapprocher des buts. Dans une logique de défense, Blaise et Théo le poursuivirent et le prirent en sandwich afin de l'empêcher de passer le souafle à qui que ce soit. Théo vit de nouveau Cassius grimacer et n'eut cette fois plus aucun doute. Comme Théo le pressait d'un côté et Blaise de l'autre en appuyant chacun contre une épaule de Cassius, Théo devina que l'une d'entre elles faisait toujours mal à Cassius. Il cessa le pressing et alla trouver Graham afin de lui demander de stopper l'entraînement. Le capitaine dut comprendre que c'était sérieux car il fit signe à tout le monde de redescendre. Une fois le pied à terre, Graham voulut plus d'explications :
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Cassius a toujours mal à l'épaule. Elle va se casser une nouvelle fois s'il continue l'entraînement. Enfin, c'est plutôt son omoplate qui va se casser mais bref, tu m'as compris.
- D'accord, je vais le voir. S'il a vraiment mal, on va devoir annuler l'entraînement. On ne va pas pouvoir continuer avec un poursuiveur manquant dans l'une des deux équipes.
Graham prit congé de Théo et se dirigea vers Cassius qui se massait l'épaule quelques mètres plus loin. Théo fut vite rejoint par Draco et Blaise tandis que Graham discutait avec Cassius.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda à son tour Draco, inquiet.
- Cassius a un problème à son épaule, répondit sombrement Théo. Je crois qu'il s'est un peu trop précipité. Elle ne s'est pas encore correctement remise.
- C'est bien ce que je pensais, ce rétablissement me semblait bien trop rapide, grimaça Blaise. Son épaule était vraiment dans un sale état, ce n'est pas en trois semaines qu'elle pouvait se remettre... J'ai bien vu la vitesse à laquelle avait été lancé le cognard. Ce n'était absolument pas réglementaire. Cassius n'aurait pas survécu s'il l'avait reçu en pleine tête. Pour moi, c'était vraiment intentionnel.
- Sauf que le cognard a touché la «mauvaise» personne, marmonna Draco.
Théo perçut nettement la colère dans la voix de Draco. Il n'avait pas voulu y croire jusque-là mais il comprit seulement à ce moment-là que ses amis avaient vu juste. C'était lui que Goyle avait voulu viser. Voire même plus que viser. Cassius avait été son bouclier malgré lui. Il n'aurait jamais dû recevoir ce cognard. Il n'avait rien demandé. Et c'était pourtant lui qui allait peut-être devoir arrêter définitivement le Quidditch. Théo s'en voulut horriblement à cette pensée. Tout ça, c'était de sa faute. S'il n'avait pas intégré l'équipe, Cassius irait bien à l'heure qu'il était. Son épaule serait intacte. Si seulement il pouvait faire quelque chose... Il fut tiré de ses pensées par la voix de Graham qui s'adressa à toute l'équipe :
- Bon, l'entraînement est annulé. Il faut que j'accompagne Cassius à l'infirmerie. On essaiera de rattraper cet entraînement un autre jour. Vous pouvez y aller.
La mine triste, Théo se dirigea vers les vestiaires, en tête devant ses amis, ce qui était très rare. Il prit une douche rapide, s'habilla et attendit ses amis à la sortie des vestiaires. Ils rentrèrent ensemble au château mais durent se séparer car Draco et Pansy décidèrent d'aller travailler sur leurs devoirs tandis que Blaise, lui, voulut essayer de trouver sa douce et belle Ginny. Nullement vexé d'être ainsi lâché par ses amis, Théo se dit au contraire que c'était l'occasion pour lui de mettre son plan «aider Draco» à exécution. Il se rendit au bureau du professeur Snape en espérant qu'il y était. Une fois arrivé, il toqua et fut soulagé d'entendre un «Entrez» venant de l'intérieur du bureau. Il ouvrit la porte et vit son directeur de maison en train de corriger des copies. Il leva la tête et ne sembla pas très surpris de l'identité de son visiteur. Il l'invita à s'asseoir, ce que fit Théo.
- Que venez-vous faire ici ?
- C'est un peu délicat. Je... je n'ai plus de potions relaxantes.
Le professeur Snape haussa un sourcil.
- Je vous ai pourtant réapprovisionné la dernière fois qu'on s'est vus, c'est-à-dire il y a dix jours et je vous avais donné une quinzaine de fioles.
- Je sais mais... j'en ai cassé quelques-unes sans faire exprès.
Théo vit dans le regard de son professeur qu'il ne le croyait pas du tout.
- M. Nott, est-ce que vous seriez en train d'essayer de me mentir, par hasard ?
- Non, répondit Théo, les joues brûlantes.
- Donc vous pensez vraiment que je vais croire ces sornettes ?
- Ce ne sont pas des sornettes...
- Vous ne savez pas mentir, M. Nott. Vous devriez le savoir. Dites-moi la vérité. Pourquoi avez-vous besoin de potions relaxantes ? Elles ne vous font plus effet ? Une seule ne vous suffit plus ?
- Non, non, je dors très bien. Elles font toujours autant effet.
- Alors vous en voulez pour quelqu'un d'autre. Qui ? Je veux une réponse, M. Nott.
- Personne, mentit Théo.
- Cessez de me prendre pour un idiot, ordonna sèchement le professeur Snape. Qui d'autre que vous a besoin de potions relaxantes ?
- Je ne peux pas le dire, avoua Théo.
Le professeur Snape regarda un moment Théo avant de déclarer :
- Bien, je n'insiste pas. Mais vous comprendrez que sans nom, je ne peux rien vous donner. Ce serait irresponsable de ma part de vous donner des potions pour quelqu'un sans savoir de qui il s'agit.
Théo se sentit coincé. Draco avait vraiment besoin de ces potions mais il ne voulait pas dire à son professeur qu'elles étaient pour lui. Il n'avait cependant pas le choix. Alors il finit par capituler :
- C'est pour Draco.
Le professeur Snape eut l'air surpris. Il ne s'était visiblement pas attendu à cela.
- Pour Draco ? Mais... il ne me semblait pas fatigué en cours, pourtant.
- C'est assez récent, je crois. Je ne l'avais moi-même pas encore remarqué mais là il commence vraiment à être fatigué. Je l'ai vu à la fin du cours de potions. Vous étiez en train de discuter avec Daphné, c'est pour ça que vous n'avez rien pu voir.
Le professeur Snape pinça les lèvres.
- J'aurais quand-même dû m'apercevoir de quelque chose. Surtout qu'il a essayé de m'en parler, je crois. Quoi qu'il en soit, merci pour votre franchise.
- Vous n'allez pas lui dire que je suis venu vous voir ? demanda Théo, inquiet.
- Non, rassurez-vous. Je vais vous donner ces potions et je vais surveiller de très près Draco. Si je constate qu'au bout d'un moment ça ne va pas mieux, je le convoquerai pour lui parler. Mais je vous conseille d'attendre quelques jours avant de les lui donner. Ses troubles du sommeil ne sont peut-être qu'éphémères. Ce ne serait pas très judicieux de lui faire prendre des potions alors que ça peut s'arranger sans. Même si ces potions n'ont aucun risque de dépendance, mieux vaut éviter qu'il en prenne alors qu'il n'en a pas besoin. Attendez la fin de la semaine pour voir s'il va mieux et s'il est toujours fatigué, vous pourrez les lui donner. Quoi qu'il en soit, si je dois le convoquer parce que je vois qu'il ne va pas mieux, je ne lui dirai rien à votre sujet, c'est promis.
- Merci, professeur. Je vais suivre vos conseils. J'attendrai samedi pour les lui donner afin qu'il ait au moins une journée pour profiter des bénéfices de cette potion.
- Cela me paraît raisonnable, approuva le professeur Snape. Aviez-vous autre chose à me dire ?
- Non, c'est tout.
- Bien, vous pouvez y aller, dans ce cas.
Théo acquiesça, salua son professeur et quitta son bureau. Il prit la direction de sa salle commune et croisa Graham sur le chemin. Il s'y rendait vraisemblablement lui aussi, mais en venant d'autre part.
- Ah, Théo, tu tombes bien.
- Comme souvent, j'ai l'impression.
Ces mots étaient sortis sans que Théo n'ait pu les retenir. Son ironie sembla amuser Graham.
- Tu auras remarqué que j'ai arrêté de te dragouiller.
- Il vaudrait mieux puisque tu es actuellement en couple, répliqua Théo.
- C'est vrai, je ne suis pas du genre à sortir avec deux personnes à la fois.
- Surtout que tu n'as jamais vraiment eu l'intention de sortir avec moi. Tu voulais juste rendre Draco jaloux.
Graham sourit.
- Ça ne m'étonne même pas que tu aies vu clair dans mon jeu. Tu as toujours été intelligent. C'est vrai, je me suis un peu servi de toi. J'espère que tu ne m'en veux pas trop ?
- Ce n'est jamais très agréable de s'en rendre compte, mais tu as de la chance que je ne sois pas tombé sous ton charme, contrairement à Draco. Tu as réussi à séduire la bonne personne, au moins.
- Oh, tu sais, je n'aurais pas été contre l'idée de t'avoir dans mon lit. Au contraire.
- L'espoir fait vivre, comme on dit, railla Théo.
- Ouh là, tu me sembles un peu rancunier.
- Non, pas du tout. Même si tu n'avais pas cherché à éveiller la jalousie de Draco, ta drague m'aurait vite énervé. J'espère simplement que tes sentiments sont sincères envers Draco. Que tu n'as pas juste l'intention de le mettre dans ton lit, comme tu le dis si bien.
- Sinon quoi ? Qu'est-ce que tu vas me faire ? se moqua Graham.
Les yeux de Théo se rétrécirent.
- Tu ne devrais pas me prendre à la légère, Graham. Tu ne sais pas ce que je suis capable de faire si on fait du mal à mes amis. Je ne m'en prends jamais physiquement aux gens. Je suis contre les violences en tout genre. Mais j'ai plus d'un tour dans mon sac. Je reste un Serpentard, quoi qu'en pensent les gens. Je ne laisserai personne faire du mal à ceux que j'aime.
Théo vit le sourire de Graham disparaître ainsi que la moquerie dans son regard. Il connaissait suffisamment Théo pour savoir qu'il ne plaisantait pas.
- Tu n'as pas à t'en faire, dit-il d'un ton étonnamment sérieux. Je ne ferai pas de mal à Draco. Il sait ce que j'attends de notre relation, j'ai été franc avec lui. Je ne le mettrai pas au pied du mur. Je suis sincère avec lui. Et mes sentiments le sont aussi. Le temps qu'on passe ensemble lui fait du bien et pour moi, c'est tout ce qui compte.
Théo se détendit à l'entente de ces mots. Il devait admettre que Draco était plus apaisé depuis qu'il sortait avec Graham. Cette relation lui faisait visiblement du bien. Et c'était le principal aussi pour Théo.
- Je te crois, dit-il sincèrement. Je n'aime pas me montrer menaçant comme ça mais Draco compte énormément pour moi. Il m'a toujours protégé contre tout et n'importe quoi alors si je peux en faire autant, je n'hésiterai pas. Sinon, mis à part ça, j'imagine que tu reviens de l'infirmerie ? Comment va Cassius ?
- Pas très bien. Il va devoir subir des examens à Sainte-Mangouste pour son épaule. Sa fracture était plus importante que ce qu'on croyait. Il y a des risques que son omoplate reste à jamais fragile et que le moindre mouvement brusque ait à chaque fois de lourdes conséquences.
Théo sentit son coeur se serrer en comprenant ce que cela signifiait.
- Il ne pourra donc plus refaire du Quidditch ?
- Ce serait très imprudent. C'est pour ça qu'il ne va pas très bien. Ça lui a mis un coup au moral.
- Mais il n'y a rien qui puisse réparer ça ? J'ai un traitement qui consiste à fortifier et protéger les os. C'est peut-être ce qu'il lui faut ?
- Aucune idée. Mais si c'était le cas, je pense qu'il serait déjà sous ce traitement. Je crois que c'est plus sérieux que ça. C'est comme une lésion irréversible.
- Je suis sûr qu'une potion pourrait arranger cela, s'entêta Théo.
Graham le regarda d'un air triste.
- Théo, je sais que tu vis dans le monde des licornes mais il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien faire, il faut l'accepter...
- Non, dit sèchement Théo. Ce n'est pas parce qu'il y a des gens qui baissent les bras trop vite que je dois en faire autant. Je vais faire des recherches et je vais trouver quelque chose. Sûrement pas le remède, mais une piste ou un semblant de solution. Parce qu'il doit forcément y en avoir une. Ce n'est pas possible autrement.
Graham soupira.
- Comme tu veux. Si ça t'amuse de perdre du temps... Tu ne peux rien faire dans l'immédiat pour Cassius mais tu peux en revanche faire quelque chose pour l'équipe. Vu que Cassius ne peut plus jouer, tu redeviens titulaire. Murray reprendra ta place dans l'équipe des remplaçants.
- D'accord.
- Bien. Je vais essayer de trouver Murray pour le prévenir. À samedi pour le prochain entraînement.
Graham s'en alla sur ces mots. Théo se retrouva seul avec son désarroi et sa culpabilité. C'était de sa faute si Cassius ne pouvait plus jouer au Quidditch. Il avait pris ce maudit cognard à sa place et ça, Théo n'allait jamais pouvoir se le pardonner. Il se dit un instant qu'il n'aurait pas dû s'acharner autant à survivre sous les coups et les tortures de son père. Avant de se souvenir qu'il y avait des personnes qui l'aimaient. Draco, Blaise, Pansy, Hermione... Il ne pouvait pas citer Harry puisqu'il n'était pas encore ami avec lui durant l'été. Mais Théo serait passé à côté d'une belle amitié. Non, il ne pouvait pas s'en vouloir d'avoir résisté aux sévices de son père. Il soupira et essaya d'arrêter d'y penser. Étant donné qu'il avait une séance de travail avec Justin à vingt heures, il décida d'aller dîner. Il tenta d'ignorer la douce chaleur qui l'envahit lorsqu'il pensa à son binôme. Il n'avait pas le droit de ressentir ça. Justin devait justement rester son binôme, ou son ami tout au plus. Ça devait s'arrêter là. Théo le savait mais il s'était pourtant rendu compte qu'il éprouvait des sentiments bien plus forts à l'égard du Poufsouffle. Des sentiments qu'il n'avait jamais ressentis envers quiconque auparavant. Il n'avait d'abord pas compris ce que c'était avant que l'évidence ne lui tombe d'un coup dessus. Il était amoureux. Il ne savait pas depuis quand exactement mais cela ne datait pas de la veille. Il se demandait s'il n'avait pas commencé à tomber amoureux de Justin lorsque celui-ci l'ignorait encore. Malgré le comportement hostile que le Poufsouffle avait eu envers lui, Théo n'avait jamais vraiment réussi à lui en vouloir. Même s'il avait très vite compris pourquoi Justin le rejetait ainsi, cela l'avait énormément blessé. Bien plus que s'il s'était agi de n'importe quelle autre personne. Normalement, il aurait dû le détester et lui en vouloir de le traiter ainsi. Mais c'était comme s'il avait deviné que ce n'était pas la vraie facette de Justin. Il avait senti que le Poufsouffle était en réalité un garçon gentil et sensible. Qu'il avait juste eu peur à cause des préjugés qui étaient profondément ancrés en lui depuis sa deuxième année. Lorsque Justin avait finalement compris que Théo n'était pas celui qu'il croyait et qu'ils avaient fait la paix, leur relation avait changé du tout au tout. Ils s'étaient rapidement hyper bien entendus. Tout était devenu naturel, entre eux. Et au fil des séances de travail, ils avaient développé une certaine complicité. Théo avait aussitôt apprécié la personne qu'était Justin. Tout lui plaisait chez le Poufsouffle. Et c'était sûrement ça le problème. Tout lui plaisait tellement qu'il en était tombé amoureux. Il adorait passer du temps avec Justin durant leurs séances de travail et il était toujours triste et déçu lorsqu'elles se terminaient. Il adorait entendre Justin parler, il adorait son rire, il adorait son sourire, il adorait son humour, il adorait sa gentillesse, il adorait quand il râlait et s'énervait parce qu'il ne comprenait pas quelque chose... S'il le pouvait, Théo passerait les séances de travail à regarder Justin. Bref, il n'avait pas besoin d'avoir connu ça avant pour comprendre qu'il était amoureux de son binôme. Il n'avait pas voulu l'admettre, au début, mais il ne pouvait plus se voiler la face. Cela aurait dû le mettre en joie d'être amoureux. Car c'était la première fois que cela lui arrivait. Mais ça le rendait au contraire triste. Car il savait que c'était un amour à sens unique. Théo était un garçon et Justin aimait les filles. Il était d'ailleurs complètement accro à sa petite-amie avec qui il avait rompu à deux reprises depuis la rentrée avant de se remettre avec elle quelques semaines plus tard à chaque fois. Cela suffisait à prouver à quel point les deux Poufsouffle s'aimaient. Théo n'avait donc aucune chance avec Justin. C'était triste mais il l'acceptait. Théo n'allait pas se jeter dans le Lac Noir pour autant. Il acceptait les choses telles qu'elles étaient. Il avait l'amitié de Justin, il avait la chance de pouvoir passer beaucoup de temps avec lui et cela lui suffisait amplement. Il ne demandait rien d'autre. Du moins, c'était ce qu'il croyait...
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(jeudi 23/11) POV Ron
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À la fin du cours de métamorphose qui était le dernier de la journée, Ron se dépêcha de ranger ses affaires afin de rejoindre Pansy qui l'attendait près de la porte.
- C'est bien, tu fais des progrès, se moqua gentiment la Serpentard.
- Je ne comprendrai jamais comment tu fais pour sortir aussi vite, se désespéra Ron.
- J'ai sans cesse la bougeotte, je ne tiens pas en place. Alors quand un professeur annonce la fin du cours, je m'active aussitôt. Bon, allons-y, sinon on va encore finir la ronde après dix-neuf heures.
Ron acquiesça et emboîta le pas à Pansy. Il aimait bien faire ses rondes avec elle. Ils se complétaient bien et s'entendaient tout aussi bien. Ron avait été surpris d'avoir sympathisé aussi facilement avec une élève de Serpentard. Bon, cela avait quand-même pris du temps. Car au début, ni l'un ni l'autre ne se faisaient vraiment confiance. Surtout Ron qui pensait que tous les Serpentard étaient mauvais. Il avait eu du mal à se défaire de ce préjugé. Il s'était d'ailleurs plusieurs fois pris la tête avec Ginny à ce sujet. Même s'il admettait s'être trompé au sujet des Serpentard en général, il ne regrettait pas le sort qu'il avait lancé à Zabini lorsqu'il l'avait vu un peu trop proche de Ginny dans la salle des binômes. Il ne lui inspirait pas confiance. Il était sûr que ses intentions envers sa soeur n'étaient pas honnêtes. Ce garçon était juste un bellâtre qui collectionnait les filles. Même si Ron n'avait pas le souvenir d'avoir vu Zabini sortir avec quelqu'un. Mais il n'était pas de mauvaise foi ! Il savait ce qu'il disait. Heureusement, Zabini semblait avoir lâché l'affaire avec Ginny. Cela faisait deux mois, il avait dû passer à autre chose.
Comme à leur habitude, Pansy et lui commencèrent par faire le tour du rez-de-chaussée avant de monter au premier étage. Ils vérifièrent toutes les salles de classe qui étaient toutes censées être vides à cette heure-là. Il n'était pourtant pas rare de tomber sur deux élèves en train de s'embrasser dans l'une d'elles. Voire plus que s'embrasser. Cela arrivait même souvent à Ron de tomber sur ce genre de scène lors de ses rondes. Au début, il avait été tellement gêné qu'il avait préféré faire comme s'il n'avait rien vu. Ses collègues préfètes avaient été comme lui, que ce soit Pansy, Hannah ou Padma. Maintenant, il était tellement habitué qu'il savait par coeur ce qu'il fallait faire. La plupart du temps, le couple ne faisait que s'embrasser. Les préfets devaient donc juste faire déguerpir les deux élèves. Mais il arrivait que les choses aillent plus loin et là, c'était un retrait de points qui s'imposait. Si le couple était carrément en plein ébat, là, c'était un rapport à faire auprès du ou des directeurs de maison des deux élèves concernés. Mais les salles de classes n'étaient pas seulement réquisitionnées par les couples qui souhaitaient passer un moment entre amoureux. Les salles de classe, c'était aussi un endroit parfait pour les trafics de potions. Ça aussi, ça arrivait souvent. Ces deux genres de cas étaient devenus tellement habituels pour Ron qu'il pariait avec ses collègues préfètes sur quoi ils allaient tomber lors de leur ronde. Moment intime ou trafic de potions ? Il y avait également un autre pari : à quel étage cela allait-il tomber ? Ce jour-là, ce fut Ron qui posa la question à Pansy :
- Tu paries sur quoi ?
- Rien du tout. J'ai bon espoir de ne rien trouver dans les salles de classe aujourd'hui. Et toi ?
- Je dirais un couple. Un Serdaigle et une Poufsouffle de septième année, pronostiqua Ron.
- Tu es au courant qu'il y a toujours des tensions entre ces deux maisons ?
- Oui, mais des tensions peuvent en entraîner d'autres. Mais de natures différentes.
- Intéressant, commenta Pansy. On va voir ça.
- Si tu te trompes, sur quoi tu parierais ?
- Mmmh... comme toi. Mais je dirais plutôt des quatrième année. Une Gryffondor et un Poufsouffle.
- Tant que c'est pas Ginny...
Pansy éclata de rire.
- Mais laisse-la vivre, ta soeur ! Elle a le droit de sortir avec qui elle veut !
- Oui mais pas devant tout le monde et encore moins dans une salle de classe vide !
- Je sens qu'elle va bien s'amuser quand elle sera en septième année...
- Comment ça ?!
- Bah elle n'aura plus de grand frère pour la surveiller. Elle pourra faire ce qu'elle voudra. Elle pourra sortir avec qui elle veut, quand elle veut, où elle veut... Si elle a envie d'embrasser son petit-ami dans un couloir, elle pourra le faire. Si elle a envie de batifoler dans une salle de classe vide, elle pourra le faire. Si elle a...
- STOP ! C'est bon, j'ai compris, merci. Je... je vais essayer de trouver quelqu'un de son année pour la surveiller quand je ne serai plus à Poudlard.
Pansy leva les yeux au ciel.
- Bon sang, Ron, ce que tu peux être désespérant... Je suis bien contente de ne pas avoir de grand frère, qu'il soit à Poudlard ou non. Je ne supporterais pas qu'on me surveille comme ça. Sinon on n'a pas fait le deuxième pari. Quel étage ?
- Troisième.
- Moi je dis cinquième. Mais uniquement si je me trompe. Car je pense toujours qu'il n'y aura rien.
- D'un sens, ça m'arrangerait. On pourra aller dîner plus tôt, déclara Ron.
- Tu ne penses donc vraiment qu'à manger ?!
- Ce n'est pas de ma faute si les rondes finissent à l'heure du dîner !
Pansy secoua la tête et ne répondit rien. Ron et elle continuèrent leur ronde et vérifièrent les couloirs et les salles de classes du deuxième et du troisième étage. Ils réprimandèrent un élève dans un couloir mais ne virent personne dans les salles de classe. Ils montèrent au quatrième étage où ils ne remarquèrent rien de spécial non plus. Au cinquième, ils durent calmer une dispute entre deux élèves de troisième année, un Gryffondor et un Serdaigle. Ils empêchèrent également un Serpentard de deuxième année de jeter une bombabouse dans un couloir. C'était souvent dans les derniers étages du château que les rondes devenaient plus animées. Mais contrairement à ce qu'avait prédit Ron, il n'y eut pas de couple dans une salle de classe du cinquième étage. Il semblerait que Pansy était en train de gagner son pari. Ils prirent les escaliers menant au sixième étage et firent là aussi les vérifications nécessaires. Ils tombèrent vite sur une salle de classe dont la porte était fermée. Ron se tourna vers Pansy :
- On peut dire que j'ai à moitié gagné mon pari ?
- Attends, on ne sait même pas ce qu'il y a dedans. Ça se trouve, c'est juste un professeur qui a fermé cette salle.
Pansy sortit sa baguette et lança un «Alohomora». La porte ne s'ouvrit pas. Ron essaya alors d'autres sorts qui n'eurent pas plus d'effets. Ils se regardèrent, sceptiques.
- On fait quoi ? demanda Ron. On prévient un professeur ?
Pansy sembla réfléchir avant de répondre :
- Non, j'ai une meilleure idée. Ils ont bloqué la porte mais il y en a une autre.
- La porte de secours ? devina Ron.
- Exactement.
- Mais on n'a pas le droit d'y accéder dans ce sens-là... On peut l'utiliser pour sortir de la salle en cas d'urgence mais pas pour y entrer...
- Oui mais là c'est justement un cas d'urgence. Il y a sûrement un trafic dans cette salle, on ne peut pas faire comme si de rien n'était !
Ron hésita avant de se dire que Pansy avait raison.
- Ok, on y va.
Pansy et lui se remirent en route et se dépêchèrent de se rendre à la salle en prenant l'issue de secours. Il fallait faire un assez grand détour pour cela et ils avaient peur qu'entre-temps, les élèves qui étaient dans la salle n'en sortent et qu'ils les ratent. Alors qu'ils y arrivaient presque, ils entendirent des bruits de voix et de pas venir vers eux. Ils se regardèrent de nouveau, terrifiés. Ce qu'ils avaient craint était arrivé : les élèves qui se trouvaient dans la salle en étaient déjà sortis. Sauf qu'au lieu de prendre la porte qu'ils avaient bloquée, ils avaient pris la porte de secours et ils se dirigeaient droit vers Ron et Pansy. Ils allaient se croiser et les élèves en faute se douteraient forcément de quelque chose s'ils voyaient arriver deux préfets en face d'eux. Ron cherchait une solution pour se sortir de cette impasse quand Pansy le fit soudain reculer jusqu'à un mur contre lequel elle le plaqua avant de poser ses lèvres sur les siennes. Il ne fallut qu'une demie-seconde à Ron pour comprendre qu'il s'agissait d'un stratagème de Pansy pour faire diversion. Il n'eut pas le temps d'être gêné, l'adrénaline prenant le dessus. Il enfouit ses mains dans les cheveux de Pansy et entrouvrit les lèvres pour approfondir le baiser. Quitte à s'embrasser pour de faux, autant le faire bien... Pansy semblait être du même avis puisque sa langue ne tarda pas à rencontre celle de Ron. Il n'avait jamais embrassé quiconque auparavant, il faisait les choses par instinct. Il ne savait pas du tout s'il se débrouillait bien, sûrement Pansy allait-elle se moquer de lui par la suite mais il s'en fichait. Du moins, pour le moment. Le principal, c'était de faire diversion. Diversion qui fut assez courte puisqu'ils furent vite interpellés par un des élèves qui venaient vers eux :
- Eh bien ne vous en faîtes pas, surtout !
Ron se retourna. Il fut surpris de voir le petit-ami de Harry en compagnie d'un Serdaigle qui devait être en sixième ou septième année. Si le Serdaigle avait un air goguenard, Adrian, lui, semblait mal à l'aise.
- Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? demanda Ron d'un ton détaché.
- Vous pourriez faire ça ailleurs, répliqua le Serdaigle.
- Et vous alors ? intervint Pansy. On peut savoir ce que vous faites là ? Vous nous avez dérangés et vous n'avez aucun droit d'être ici. C'est une issue de secours. À moins que vous ne vous cachiez quelque part ?
- Pourquoi nous cacherions-nous ? s'étonna faussement le Serdaigle.
- Je ne sais pas, pour faire des transactions pas très nettes, peut-être ? ironisa Pansy.
- Ma pauvre Parkinson, tu es tellement à côté de la plaque...
- Alors dites-nous ce que vous faisiez !
- Mais en quoi ça te regarde, au juste ?
- Je suis préfète. Je suis en droit de demander à deux élèves ce qu'ils faisaient en les voyant prendre un chemin interdit. Surtout si ces deux élèves s'adonnaient à un trafic de potions !
- Mais tu délires complètement, il faut arrêter le jus de citrouille s'il ne te réussit pas ! On s'adonnait à quelque chose, oui, mais pas à un trafic de potions. C'était des occupations beaucoup plus intimes, si tu vois ce que je veux dire.
- Mais arrête, ne dis pas n'importe quoi ! protesta Adrian. J'ai un petit-ami, je te rappelle ! Et mon petit-ami c'est le meilleur ami de l'un d'entre eux ! Je n'ai pas du tout envie qu'il aille croire que je trompe Harry !
- Qu'est-ce que tu veux leur dire, alors ? répliqua le Serdaigle. Que l'un d'entre nous vendait des potions droguées à l'autre ? Tu veux vraiment leur dire ça ?
Adrian semblait de plus en plus mal à l'aise.
- On ferait mieux d'y aller, éluda-t-il. Préfets ou pas, eux non plus n'ont pas le droit d'être là. Surtout si c'était pour se bécoter...
- On ne faisait pas mieux, je te signale, se moqua le Serdaigle.
Ron serra les poings. Pansy dut s'en rendre compte puisqu'elle menaça les deux élèves :
- Déguerpissez et vite, avant que l'envie ne nous prenne de vous dénoncer auprès de vos directeurs de maison.
Adrian et le Serdaigle ne se firent pas prier et prirent la poudre d'escampette. Pansy se tourna vers Ron, l'air mal à l'aise :
- Il ne faut pas t'en faire, Ron... Ça se trouve ils nous ont menti. Ils faisaient peut-être autre chose que se vendre de la drogue ou... enfin tu vois.
Ron regarda Pansy, perplexe.
- Tu crois vraiment ce que tu dis ?
Pansy grimaça.
- Non. Mais je ne pense pas qu'ils étaient en train de batifoler.
- C'est ce que prétendait pourtant le Serdaigle, objecta Ron.
- Parce que c'était sûrement lui le dealer, expliqua Pansy. Il ne voulait pas que son client avoue devant deux préfets qu'il venait de lui acheter de la drogue...
- Attends, tu es en train de me dire que tu penses qu'Adrian se drogue ?!
- Ça ne m'étonnerait pas, avoua Pansy. Ça expliquerait pourquoi il est à l'ouest dans les vestiaires depuis quelques temps. Il est très bon lors des entraînements mais il a l'air complètement ailleurs lors des briefings.
- Mais ce n'est pas possible, dit Ron qui ne voulait pas y croire. Harry ne sortirait jamais avec un mec qui se drogue !
- Parce que tu crois qu'il le sait ? railla Pansy. Adrian le lui cache forcément. Tu penses vraiment que Harry continuerait à sortir avec lui s'il savait qu'Adrian se drogue ?
Ron soupira.
- Je ne sais pas. Je ne peux pas croire qu'Adrian touche à ce genre de potions. Je le côtoie de temps en temps quand il mange à la table des Gryffondor et il n'a rien de quelqu'un de drogué. Il a l'air tout à fait normal.
- Tu te fies aux apparences. Moi je vois Adrian tous les jours dans la salle commune ainsi que deux fois par semaine lors des entraînements. Et je vois bien que son comportement n'est pas vraiment normal.
- Donc pour toi c'est sûr qu'il se drogue ?
- Je pense, oui. Et tu ferais mieux d'en parler à Harry. Il doit savoir.
- Ça va le détruire, protesta Ron. Je ne veux pas être responsable de son chagrin. Surtout qu'il est bien avec Adrian. Il est complètement accro à lui. Il ne jure que par lui. Et je n'ai aucun doute quant au fait qu'Adrian aime tout autant Harry. Ça se voit. On ne peut pas faire semblant comme ça. Ils s'aiment trop pour que je vienne briser leur bonheur.
- Je comprends que tu ne veuilles pas faire de peine à Harry mais tu dois avant tout penser à sa sécurité. Sous l'emprise de la drogue, Adrian pourrait s'en prendre verbalement ou physiquement à lui. Il faut agir avant que ce genre de choses n'arrive.
Ron ne savait pas quoi faire. Il savait que Pansy avait raison mais il ne voulait vraiment pas faire de la peine à Harry. Il était tellement heureux avec Adrian... Mais il ne pouvait pas nier qu'il y avait un risque qu'Adrian se montre violent envers Harry, que ce soit dans les mots ou dans les gestes. Il ne pouvait pas laisser de telles choses arriver. Il prit donc sa décision.
- Je parlerai à Harry, promit-il.
- Bien. N'attends pas trop sinon ça va être de plus en plus dur. Bon, on ferait mieux de reprendre notre ronde.
Ron acquiesça et se remit en route avec Pansy. Ils firent demi-tour afin de retrouver leur chemin habituel. Ils continuèrent leur ronde et la terminèrent une vingtaine de minutes plus tard, n'ayant que le septième étage et quelques endroits dans les Tours à vérifier. Alors qu'ils allaient se séparer, Pansy eut l'air mal à l'aise.
- Avant qu'on se quitte, je voulais m'excuser de m'être jetée sur toi tout à l'heure. C'était la seule diversion que j'avais trouvée sur le moment...
- Je ne t'en veux pas, assura Ron. J'ai très bien compris pourquoi tu as fait ça et c'était une très bonne idée.
Pansy parut soulagée.
- J'ai eu peur que tu m'aies prises pour une nymphomane. Ce n'est pas du tout mon genre de sauter sur un garçon pour l'embrasser comme ça...
- Je me doute bien, dit Ron en souriant. Enfin, je veux dire, tu n'as pas l'air d'être une fille comme ça... C'est juste dommage qu'on n'ait pas pu coincer ce Serdaigle.
- Nous aurions pu si Adrian ne s'était pas trouvé avec lui, soupira Pansy. Mais même moi je n'avais pas envie qu'il ait des ennuis. C'est pour ça que je n'ai pas cherché à leur faire vider leurs poches et leur sac. Alors que c'est ce qu'on aurait dû faire. C'est horrible. On a laissé filer un dealer parce qu'on ne voulait pas causer du tort à son client... Quel genre de préfets sommes-nous ?
- Des êtres humains avant tout, grimaça Ron. Bon, je vais y aller.
- Tu vas parler à Harry aujourd'hui ?
- Non, je préfère attendre un peu. Il faut que je sache comment aborder le sujet avec lui et ce que je vais lui dire. Je ne peux pas me lancer sans avoir rien préparé. Je vais vite me retrouver à court de mots.
- Je comprends. Après, je vais forcément en parler à Draco, peut-être pourra-t-il en parler à Harry plus facilement que toi ?
- Peut-être, répéta Ron. Il peut toujours essayer. Mais je ne sais pas s'il osera en parler à Harry. Il ne voudra pas peut-être pas prendre le risque de se disputer avec lui... Ils semblent beaucoup tenir à leur amitié, aussi bizarre et soudaine soit-elle.
- Draco voudra avant tout le bien de Harry. Il le mettra en garde contre Adrian pour qu'il agisse en conséquence. Mais tout ne dépend pas que de Draco ou de toi. Harry doit vous écouter et vous croire et ça, ce n'est pas gagné. Il ne voudra pas croire que son petit-ami se drogue. Et là il n'y aura pas de moyen miracle pour le convaincre. Il n'y aura plus qu'à espérer qu'il ouvre les yeux par lui-même plus tard ou qu'Adrian ne s'en prenne jamais violemment à lui.
- C'est très rassurant, ironisa Ron.
- Croisons simplement les doigts, répondit Pansy en faisant la moue. Allez, je te laisse. Bonne chance avec Harry, même si tu ne lui parles pas maintenant.
Pansy sourit à Ron et s'en alla. Ron soupira de nouveau et prit la direction de sa salle commune qui ne se trouvait pas très loin puisqu'il était au septième étage. Il espérait y trouver ses amis, même s'il n'avait pas l'intention de parler à Harry de ce qui venait de se passer.
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Quelques minutes plus tard, POV George
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Fred et George étaient en train de chercher de nouvelles inventions lorsque Ron vint les voir.
- Salut, vous faites quoi ? demanda-t-il.
- Nos devoirs.
George vit Ron lever les yeux au ciel. Il avait sans doute remarqué qu'il n'y avait aucun parchemin sur la table à laquelle Fred et lui étaient installés.
- Très drôle. Plus sérieusement, vous êtes en train de travailler sur vos inventions ?
- Bravo, Lershock.
- Sherlock, Fred. Sher-lock, répéta distinctement George. Elle est gentille Angelina à t'apprendre des expressions moldues mais ce serait bien que tu apprennes à les prononcer correctement avant de les utiliser.
- Tu t'es réconcilié avec Angelina ? s'enquit Ron en s'adressant à Fred.
- Dis donc, tu es bien curieux aujourd'hui. On t'a réquisitionné pour écrire un article sur nous dans la Gazette ?
Ron se renfrogna.
- Ok, j'arrête de poser des questions.
À peine eut-il prononcé ces mots qu'une idée sembla lui traverser l'esprit.
- En fait j'en ai d'autres à vous poser mais pas sur vous, cette fois. Vous êtes bien dans la même classe qu'Adrian Pucey ?
- Oui, répondit Fred, l'air méfiant.
- Comment est-ce que vous le trouvez ?
- Demande ça à George, moi je suis intéressé par les filles, au cas où tu aurais oublié.
- Je ne parlais pas de ça, répliqua Ron. Je parlais de son comportement. Est-ce qu'il est normal, en cours ?
- Normal comment ?
- Bah... est-ce qu'il est attentif ? Est-ce qu'il est calme ? Est-ce qu'il a des sautes d'humeur ?
Fred et George échangèrent un regard, ne comprenant pas pourquoi leur frère leur posait toutes ces questions.
- Mais pourquoi nous demandes-tu tout ça ? interrogea George.
- J'ai besoin de savoir, répondit simplement Ron.
- C'est Harry qui t'envoie ? Il veut des informations sur son mec pour savoir s'il est un bon garçon en cours ? se moqua Fred.
Ron soupira.
- C'est bon, laissez tomber. Désolé de vous avoir dérangés.
Ron tourna les talons. Se rendant compte trop tard que les questions de Ron étaient sérieuses, George adressa un regard courroucé à Fred qui semblait un peu penaud.
- Ron, attends ! lança George.
Ron se retourna, l'air intrigué.
- Reviens, on va te répondre.
Le préfet sembla hésiter un instant avant de rejoindre de nouveau ses frères. Il s'installa en face des jumeaux comme George le lui demanda.
- Excuse-nous, on n'avait pas compris que c'était sérieux, se justifia George. Pour répondre à tes questions, nous ne passons pas notre temps à regarder Pucey en cours, donc on n'a rien remarqué de spécial. Enfin toi, Fred, je ne sais pas, mais moi je n'ai rien vu.
- Moi non plus, renchérit Fred. Nous ne sommes déjà pas attentifs nous-mêmes en cours car nous avons des choses plus intéressantes à faire qu'écouter les professeurs. Et ces choses n'incluent pas d'observer le comportement du petit-ami du meilleur ami de notre petit frère.
George planta son coude dans les côtes de son jumeau.
- Mais pourquoi est-ce que tu nous demandes tout ça, Ron ? Est-ce qu'il y a un problème avec Pucey ?
- C'est justement ce que j'aimerais savoir, avoua Ron.
- En gros tu te demandes s'il se drogue, c'est ça ? supposa George.
- Je n'ai pas dit ça, esquiva Ron en rougissant.
- On ne dira rien, on sait se taire lorsque c'est nécessaire, assura Fred.
- Je n'ai aucune preuve. C'est pour ça que ça doit rester secret. Et je ne veux pas que ça remonte aux oreilles de Harry avant que je ne lui en parle.
- Si son petit-ami se drogue, il doit vite être mis au courant, s'inquiéta Fred.
- Je sais, je vais lui en parler mais il faut juste que je sache quoi lui dire. C'est quand-même délicat comme sujet...
- C'est sûr mais il ne faut pas que tu tardes trop.
- Je vais y réfléchir ce soir à tête reposée. Bon, je vais vous laisser retourner à vos inventions. Merci d'avoir répondu à mes questions, même si ça ne m'a pas beaucoup avancé.
Alors que Ron prononçait ces mots, George remarqua à quel point il semblait triste et anxieux. Fred et lui ne pouvaient pas le laisser partir sinon il allait à tout coup sûr déprimer dans son dortoir. Il échangea de nouveau un regard avec Fred qui avait l'air de penser la même chose.
- Non mais reste, tu vas pouvoir nous donner ton avis sur quelques-unes de nos inventions. Il y en a une qui nous pose problème car on ne sait pas sous quelle forme la mettre.
- Je n'y connais pas grand-chose...
- Ton avis nous sera quand-même utile.
- Bon, si vous voulez.
Fred et George s'empressèrent alors de lui présenter le brevet de plusieurs de leurs inventions, avec ses effets, sa forme, ses avantages, ses inconvénients, la façon dont faire cesser les effets... Ron se montra curieusement très intéressé. Il commenta chaque invention et comme l'avait prédit Fred, son avis leur fut très utile. Ce ne fut que deux heures plus tard que Ron les quitta pour aller terminer ses devoirs.
- C'est bien, ça lui a changé les idées, dit Fred en faisant un peu de rangement. Il semblait un peu plus joyeux en partant. Mais franchement ça craint cette histoire. Je veux dire, concernant Pucey.
- Je trouve aussi. J'espère que Ron ou la personne qui lui a mis cette idée dans la tête se trompe. Pas pour Pucey mais pour Harry. Il ne mérite pas un petit-ami qui se drogue. Surtout qu'il a l'air hyper amoureux...
- C'est sûr qu'il va tomber de haut si Pucey se drogue vraiment et qu'il l'apprend, grimaça Fred.
- Je n'ose même pas imaginer sa réaction, soupira George. Il doit tellement idéaliser Pucey... Il ne doit pas penser une seule seconde que son petit-ami toucherait à ce genre de choses.
- Tu y crois, toi ?
- Honnêtement je n'en sais rien du tout. Pucey n'a pas l'air méchant, comme garçon. Sinon je ne pense pas que Harry en serait tombé amoureux. Mais il peut se droguer sans que ça se voit. Il y a des gens qui cachent très bien leur jeu. Il faudrait qu'on l'observe discrètement en cours pour voir s'il a un comportement étrange. Enfin je ne t'oblige à rien, mais moi je vais essayer.
- C'est parce qu'il sort avec Harry que tu veux chercher à savoir s'il se drogue ?
- Oui, répondit franchement George. Si Pucey prend des potions pas nettes, Harry doit le savoir. Je ne peux pas rester dans l'incertitude. Je ne veux pas que Harry reste avec quelqu'un qui pourrait le mettre en danger. Il m'a tellement soutenu et aidé dans ma mise en couple avec Olivier que je suis obligé de l'aider à mon tour.
- Je comprends.
George ne manqua pas le sourire moqueur qui étira les lèvres de son jumeau.
- Quoi ? demanda-t-il, agacé.
- Rien, je me dis juste que mon jumeau a peut-être une case en moins pour vouloir à tout prix aider l'ex de son copain.
George leva les yeux au ciel.
- Je n'ai aucune raison d'en vouloir à Harry pour ça. Ce serait plutôt à Olivier à qui je devrais en vouloir d'être sorti avec quelqu'un qui avait quatre ans de moins que lui. Heureusement que je sais qu'il a été correct avec lui...
- Évite quand-même de laisser échapper l'info auprès de maman. Elle ne s'en remettrait pas si elle apprenait qu'un garçon de dix-sept ans a osé poser ses pattes sur Harry alors qu'il n'était qu'en troisième année...
- Elle n'a pas besoin de ça pour détester Olivier, dit tristement George.
- Elle ne le déteste pas, protesta doucement Fred. Ils ne sont juste pas sur la même longueur d'ondes. Mais je suis bien d'accord avec toi sur le fait qu'elle a abusé avec Olivier...
- J'ai tellement voulu partir avec Olivier à ce moment-là... Les vacances se seraient mieux terminées pour tout le monde si je l'avais fait. Ça n'aurait pas changé grand-chose que je sois là ou non.
En effet, George n'avait pas desserré les dents jusqu'à la fin des vacances après ce fameux dîner. Il avait été profondément blessé par l'attitude de sa mère envers Olivier. Cette dernière avait pensé trouver un allié en la personne d'Olivier pour convaincre George de poursuivre ses études après Poudlard mais elle s'était lourdement trompée. Olivier avait défendu George et avait affirmé qu'il serait fier de lui, quoi qu'il fasse après Poudlard. Cela avait valu toutes les déclarations du monde pour George. Mais sa mère ne l'avait pas du tout bien pris. Elle avait attaqué Olivier sur sa propre activité professionnelle, sous-entendant clairement qu'il ne faisait pas un vrai métier. George avait riposté, défendant à son tour Olivier et après avoir dit ses quatre vérités à sa mère, il avait quitté la table avec son petit-ami. Ils s'étaient réfugiés dans l'ancienne chambre de Percy qui devait être celle d'Olivier durant son séjour au Terrier. Normalement, George aurait dû rester dans la chambre qu'il occupait avec Fred mais il avait passé outre l'ordre de sa mère et avait passé la nuit avec Olivier. Ils en avaient profité pour se redécouvrir et se prouver leur amour de la plus tendre des manières. George ne comptait plus le nombre de fois où Olivier lui avait dit «Je t'aime» cette nuit-là. Et il ne comptait plus le nombre de fois où il lui avait répondu la même chose. Olivier était reparti le lendemain alors qu'il aurait dû rester deux jours de plus. George avait été très triste et très déçu mais il avait donné son accord. Car c'était ensemble qu'ils avaient pris cette décision. Olivier n'aurait pas écourté son séjour si George avait été contre. Ils s'aimaient éperdument et ne voulaient que le bonheur de leur moitié.
- Tu vas pouvoir le revoir lors de la prochaine sortie à Pré-au-Lard, dit alors Fred. C'est ce week-end, plus que deux jours à tenir.
- Je sais et j'ai hâte. Il me manque trop. Je n'en peux plus d'être loin de lui. J'en ai marre de ne pouvoir le voir qu'une fois par mois. J'aimerais être avec lui tout le temps.
George se tut sur ces mots. Il se confiait rarement ainsi, même à Fred. Parler d'Olivier était trop dur pour lui. Il supportait vraiment mal cette distance. Il ne savait pas comment il avait pu tomber amoureux à ce point, lui qui n'avait eu personne avant Olivier mais il ne le regrettait absolument pas. Si ça tenait qu'à lui, il quitterait Poudlard sur-le-champ pour aller rejoindre Olivier et s'installer avec lui. Mais il ne pouvait pas. Il y avait Fred. Jamais George ne laisserait son jumeau tout seul. Il avait bien pensé à lui proposer de s'en aller ensemble et d'aller monter leur boutique sans attendre, ce qui permettrait à George de voir plus souvent Olivier mais il ne voulait pas imposer cela à Fred. Il ne voulait pas que Fred le suive et regrette par la suite de ne pas avoir passé ses APIC. Ou de ne pas avoir simplement terminé leur apprentissage à Poudlard. Et puis, il avait Angelina, à Poudlard. Ils s'étaient réconciliés et c'était reparti de plus belle entre eux. George ne pouvait pas demander à Fred de mettre entre parenthèses son histoire d'amour pour pouvoir vivre librement la sienne avec Olivier. Ce serait égoïste. Mais il n'y avait pas que le fait qu'Olivier lui manquait qui donnait envie à George de quitter Poudlard. Il était aussi lassé des cours. Cela ne l'intéressait plus. Il éprouvait un profond désintérêt pour toutes les matières. Il voulait plaquer tout ça et se lancer directement dans la vie active avec Fred en montant leur boutique de farces et attrapes. Ils n'avaient pas besoin d'avoir leurs ASPICS pour cela. Mais encore une fois, il ne voulait pas imposer ses désirs à Fred. Il savait que son désintérêt pour les cours était quand-même grandement dû au fait qu'Olivier lui manquait. Il fallait juste qu'il prenne son mal en patience. Il lui restait sept mois à tenir. Ce n'était rien du tout.
Il sortit de ses pensées et décida de penser à autre chose.
- On se remet au travail ? proposa-t-il à Fred.
Ce dernier acquiesça et étala sur la table les parchemins qu'il n'avait pas encore rangés. C'étaient ceux qui concernaient les inventions sur lesquelles ils devaient encore beaucoup réfléchir. L'avis de Ron les avait beaucoup éclairés mais ils avaient encore beaucoup de travail à abattre. Contrairement à ce que certains pensaient, ce n'était pas une mince affaire de monter une boutique de farces et attrapes ! Il y avait énormément de choses à voir. Avant de créer les inventions, il fallait réfléchir à tout un tas de choses. Ensuite il fallait les fabriquer, les tester, arranger certains détails... C'était un vrai travail. Et ça les passionnait plus que tout. Ce n'était que lorsqu'il travaillait là-dessus avec Fred que George réussissait à se changer les idées. Il avait vraiment hâte de quitter Poudlard et de monter son affaire avec Fred. Cela allait être long mais il savait que le bonheur était à bout de bras et cela lui donnait le courage d'attendre.
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(samedi 25/11) POV Draco
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- Draco, je peux te parler ?
Draco leva la tête et fronça légèrement les sourcils en voyant l'air gêné de Pansy.
- Oui, bien sûr. Qu'est-ce qu'il y a ?
Pansy s'installa en face de lui et les entoura d'un sort de silence.
- Avant-hier, lors de notre ronde, Ron et moi sommes tombés sur quelque chose et... je pense que je dois t'en parler.
- Je t'écoute.
- Lorsque nous étions au sixième étage, Ron et moi avons constaté qu'une salle de classe était fermée et nous n'avons pas pu l'ouvrir malgré les sorts que nous avons essayés. Ayant peur qu'il s'agisse d'un trafic de potions et ne voulant pas passer à côté, nous avons décidé d'accéder à la salle par l'issue de secours. Je sais que nous n'avions pas vraiment le droit mais nous avons estimé que c'était un cas d'urgence. Seulement, nous n'avons pas pu aller jusqu'au bout du chemin car les élèves qui étaient dans la salle en sont sortis entre temps en prenant le même chemin que Ron et moi mais en sens inverse. Nous avons dû faire diversion pour ne pas qu'ils croient que nous les tracions mais c'est l'un d'eux qui nous ont interpellés. C'était un Serdaigle de sixième ou septième année et il était en compagnie d'un autre élève.
Pansy marqua une pause. Draco comprit que c'était cet autre élève qui était la cause du trouble de son amie. Vu à quel point elle était gênée, il devina que c'était quelqu'un qu'ils connaissaient bien.
- Qui était cet autre élève ? demanda-t-il d'une voix qu'il voulut neutre.
Pansy se mordit la lèvre.
- Pucey.
Surpris, Draco mit un moment avant de répondre :
- Mais... qu'est-ce qu'il faisait avec ce Serdaigle ?
- Justement, c'est ça le problème, avoua Pansy, l'air de plus en plus mal à l'aise. Je leur ai bien fait comprendre que Ron et moi les soupçonnions de s'être cachés pour s'adonner à un trafic de potions mais le Serdaigle a démenti en nous faisant croire autre chose.
- C'est-à-dire ? interrogea Draco qui craignait la réponse sans pour autant avoir la moindre idée.
- Il a prétendu que Pucey et lui s'étaient cachés pour passer un moment intime.
Le choc rendit muet Draco pendant quelques secondes.
- Mais ce n'est pas possible, il sort avec Harry, finit-il par dire, incrédule.
- C'est ce que je me suis dit aussi. Je pense que le Serdaigle a juste dit ça pour démentir le fait qu'il étaient en train de dealer. Je suis pourtant sûre que c'est ce qu'ils faisaient. Mais je me dis aussi qu'ils auraient très bien pu faire l'un et l'autre...
- Comment ça ? demanda Draco, perplexe.
- Eh bien, ils peuvent très bien être à la fois dealer et client et amants... Mais ce ne sont que des hypothèses, hein. Je n'ai aucune preuve mais je suis quand-même certaine qu'ils sont au moins une relation de dealer et client.
- Ce qui veut dire que Pucey se droguerait ? supposa lentement Draco.
- C'est ce que je crois. Cela expliquerait son attitude lors des briefings. Mais après il y a toujours l'hypothèse que le Serdaigle ait dit la vérité. Qu'ils étaient en train de coucher ensemble dans une salle de classe qu'ils avaient bien verrouillée pour ne pas être dérangés...
- Super, ironisa Draco. Il cache bien son jeu, cette enflure de Pucey sous ses airs de bon garçon !
- Draco, calme-toi... T'énerver ne servira à rien...
- Mais comment veux-tu que je me calme ?! Soit Pucey se drogue et il est un danger pour Harry, soit il couche avec un autre mec et il trahit Harry ! Dans les deux cas Harry est concerné ! Dans les deux cas il ne mérite pas d'avoir un mec qui se drogue ou qui le trompe, voire les deux en même temps !
- Ça se trouve ce n'est ni l'un ni l'autre... tenta d'apaiser Pansy. Ils peuvent n'avoir rien fait de mal et s'être moqués de nous...
Draco adressa à Pansy un regard sceptique qui la fit grimacer.
- Oui, bon, je dis ça mais je n'y crois pas du tout. Je voulais juste essayer de te rassurer.
- Je ne suis pas dupe. Tout laisse à croire que Pucey est dans la drogue. Ce qui m'inquiète dans tout ça, c'est Harry. Je ne veux pas que Pucey lui fasse du mal. En plus Harry est complètement accro à lui... Mais il ne peut pas rester avec un mec pareil. Sous l'effet de la drogue Pucey pourrait...
Draco s'interrompit soudain, un souvenir lui revenant brusquement en mémoire. Ce même souvenir dont il avait parlé à Blaise une semaine plus tôt. Le souvenir de ce jour où Pucey avait débarqué dans la salle des binômes et s'était montré ultra possessif envers Harry. Il avait eu l'air très agité. Voire trop agité. Et s'il était déjà sous l'emprise de la drogue à ce moment-là ? Et si Harry avait été plus d'une fois en compagnie de Pucey dans ce même état ? Non, il fallait agir et vite. Harry était son ami et c'était le devoir d'ami de Draco de l'aider et de le protéger.
- Je vais parler à Harry, déclara-t-il.
- Attends-toi à ce qu'il ne te croit pas, prévint Pansy. S'il est aussi accro à son mec que tu le dis, il ne va pas vouloir croire qu'il se drogue.
- Je vais faire mon maximum pour le convaincre.
Pansy se mordit la lèvre.
- Je suis désolée, Draco. Ron et moi aurions dû forcer ces deux élèves à vider leurs poches et leur sac... On aurait eu la preuve que Pucey se drogue et tu n'aurais pas eu besoin d'en parler à Harry.
- Je ne t'en veux pas, Pansy. Je me doute bien que la situation était délicate et que tu ne savais pas quoi faire. Tout comme Weasley, d'ailleurs. Je vais essayer de faire entendre raison à Harry mais il faut que je trouve le bon moment pour lui parler.
- Ron doit déjà le faire. Il faudrait peut-être éviter que vous lui en parliez tous les deux dans la même journée. Sinon Harry risque de se méfier.
- Ok, j'en parlerai d'abord avec Weasley. J'espère juste que, d'ici là, Pucey ne s'en prendra pas à Harry.
- Il y a toujours une possibilité qu'il ne se drogue pas et qu'on fasse fausse route. Même si c'est peu probable. Mais il faut quand-même en tenir compte.
Draco grimaça.
- Harry va m'en vouloir si je lui dis que son petit-ami se drogue alors que c'est faux... En fait il faudrait que j'en sois d'abord sûr avant de lui en parler...
Draco se prit la tête entre les mains. Merlin que c'était compliqué... Il ne savait plus quoi faire, plus quoi penser...
- On va essayer de mener notre petite enquête, déclara Pansy. Ce serait bien qu'on tombe de nouveau sur lui quand il sera avec son dealer.
- Il faudrait le tracer pour ça et entre nos rondes, les entraînements de Quidditch et nos séances de travail, on n'a vraiment pas le temps pour une opération traçage. Ou alors il faudrait mettre tous les préfets sur le coup et faire un planning mais d'une, ça va être hyper galère et de deux, Pucey va vite se rendre compte qu'il est surveillé et suivi... Pffff je ne sais vraiment pas quoi faire...
- On va déjà faire quelque chose que tu as dit. Sans trop leur en dire, je peux en parler à tous les préfets. Je vais leur rapporter la situation bizarre dans laquelle j'ai trouvé Pucey et le Serdaigle et je vais leur demander ce qu'ils en pensent et ce qu'on doit faire selon eux. Comme ça j'aurai plusieurs avis et ça nous éclairera un peu plus.
- D'accord, faisons comme ça. Ça ne nous avance pas plus pour le moment mais mieux vaut ne pas se précipiter. Par contre là je dois retrouver Graham, est-ce que tu penses que je devrais lui en parler ? Il s'agit quand-même de l'un de ses joueurs...
- Oui, ce serait bien que tu lui en parles. D'une, il est capitaine. S'il y a des soupçons de drogue chez l'un de ses joueurs, il doit le savoir. De deux, il est de la même année que lui et dans le même dortoir. Il est le plus à même de te dire si Pucey a des agissements ou un comportement bizarres. Il passe quasiment tout son temps avec lui ainsi qu'avec Cassius et Miles puisqu'ils sont en plus dans la même équipe de Quidditch.
- D'accord, je vais lui en parler. Merci, Pansy. J'y vais, on se revoit sûrement au dîner.
Draco se leva, rangea ses affaires et son devoir de divination qu'il était en train de faire et quitta la salle commune. Il se rendit au cinquième étage, comme il avait désormais l'habitude de le faire lorsqu'il avait rendez-vous avec Graham. Comme ils devaient toujours se cacher, la salle de bain des préfets était le seul endroit où ils pouvaient se voir. Ils s'y étaient retrouvés deux fois depuis le samedi précédent et Graham en avait à chaque fois profité pour lui faire découvrir de nouveaux plaisirs. Ils s'étaient également vus la veille dans les vestiaires après l'entraînement de Quidditch mais c'était resté très chaste. Ils avaient surtout beaucoup discuté. Comme Graham le lui avait dit, il n'était pas intéressé que par son corps. Il voulait découvrir Draco dans son entièreté. Cela convenait très bien à Draco qui voulait seulement de l'amour, de la tendresse et de l'attention. Et cela tombait bien car c'était tout ce que lui donnait Graham, ça et plus encore, aussi bien lorsqu'ils se retrouvaient pour parler que lorsqu'ils se retrouvaient pour passer un moment intime. Draco était vraiment bien avec Graham et il était vraiment prêt à tout pour rester avec lui.
Graham était déjà là lorsqu'il arriva devant la salle de bain des préfets. Draco profita qu'il n'y ait personne dans le couloir pour embrasser rapidement son petit-ami. Il voulut ensuite entrer dans la salle de bain mais Graham l'en empêcha.
- Non, on ne va pas là, aujourd'hui.
Draco se retourna, surpris.
- Ah bon ? Et... on va où, alors ?
- Quelqu'un m'a parlé d'une salle très spéciale mais que peu de gens connaissent. Je ne peux pas t'en dire plus, tu comprendras sur place.
Confiant, Draco acquiesça et suivit Graham. Ils montèrent jusqu'au septième étage, longèrent un couloir et s'arrêtèrent devant la tapisserie de Barnabas le Follet. Draco demeura perplexe lorsque Graham passa trois fois devant la tapisserie et fut stupéfait en voyant une porte apparaître dans le mur d'en face.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il, assez peu rassuré.
- Tu le sauras en y allant, répondit Graham, énigmatique. Ne t'inquiète pas, je ne vais pas t'y enfermer et partir ensuite.
Draco leva les yeux au ciel et entra dans la salle. Il entendit Graham le suivre et la porte se refermer. Il découvrit une salle assez spacieuse et très accueillante. Draco l'aima d'emblée. Il y avait tout ce qu'il fallait pour passer un moment en amoureux. C'était bien mieux que la salle de bain des préfets.
- Mais comment ai-je pu passer à côté de cette salle ? s'intrigua Draco.
- Comme je te l'ai dit, peu de gens connaissent son existence. Il faut avoir urgemment besoin d'un endroit précis, se trouver au septième étage et passer trois fois devant la tapisserie de Barnabas le Follet pour qu'elle apparaisse. Et il faut penser très fort à ce dont tu as besoin.
- Très ingénieux, reconnut Draco. Qui t'a parlé de cette salle ?
- Adrian. Bon, autant te le dire tout de suite : il sait qu'il y a quelque chose entre toi et moi. On n'a pas été très discrets après le dernier entraînement. Mais il ne dira rien à personne. Pas même à Miles ou à Cassius.
Draco acquiesça distraitement. Il devrait profiter que Graham lui parle d'Adrian pour faire part de ses doutes au sujet de ce dernier mais il n'avait pas prévu d'aborder le sujet aussi vite. Une question lui vint à l'esprit.
- Comment a-t-il découvert cette salle ?
- Je ne sais pas mais il l'utilise de temps en temps avec son petit-ami. C'est bizarre qu'il ne t'en ait pas parlé, d'ailleurs. Son petit-ami, je veux dire. Ou ton binôme, si tu préfères. Ou l'attrapeur de l'équipe de Quidditch de Gryffondor. Ou Harry, pour faire simple. Enfin bref, appelle-le comme tu veux. Tout ça pour dire qu'il aurait pu t'en parler.
- Il n'avait aucune raison de le faire, répliqua Draco.
- Il ne te parle pas de ses folles nuits d'amour avec son mec ? s'étonna Graham, amusé.
- Non, on ne parle pas du tout de ça, dit sèchement Draco. Ça ne m'intéresse absolument pas et il est très pudique sur le sujet. Et ça m'étonnerait qu'il ait de «folles nuits d'amour» avec Pucey. On n'en a parlé qu'une fois à cause d'un quiproquo et il m'a bien fait comprendre qu'ils n'en étaient pas du tout là. Je ne sais même pas pourquoi on en parle, tout ça ne nous regarde pas.
Graham regarda Draco, l'air surpris.
- Excuse-moi, je ne savais pas que c'était un sujet aussi sensible, dit-il, perplexe.
Draco se sentit rougir. Il avait peut-être un peu trop surréagi.
- Ce n'est pas ça, c'est juste que je n'ai pas envie de parler de la vie sexuelle de mon binôme. Et j'ai encore moins envie d'imaginer Pucey entre ses jambes. Par contre, ce dont j'ai envie là tout de suite maintenant, c'est que tu m'embrasses.
Graham sourit.
- Il suffit de demander.
Il s'approcha de Draco et captura ses lèvres entre les siennes. Le baiser se fit très vite intense et passionné. Graham ne tarda pas à faire reculer Draco jusqu'à un lit sur lequel il le fit basculer. Draco ne protesta pas, trop occupé à dévorer les lèvres de son petit-ami. Il laissa également faire Graham lorsqu'il lui enleva son pull. Il ne se priva pas pour faire de même sans pour autant rompre le baiser. Bientôt, leurs tee-shirts subirent le même sort et ils se retrouvèrent tous deux torse nu. Ce n'était plus un problème pour Draco de se montrer nu devant Graham. Ils ne s'étaient pas encore vraiment vus nus puisque l'eau et la mousse étaient toujours là pour cacher leurs corps mais ils s'étaient déjà touchés un peu partout, ce qui rendait les choses plus faciles pour se mettre à découvert. Il y avait moins d'appréhension pour Draco. Bon, ce qu'il craignait, c'était tout de même de voir le membre de Graham. Il l'avait déjà eu contre le sien ainsi qu'entre ses doigts et il avait beaucoup aimé ces deux expériences. Il sentait que ça allait vite entre eux mais il n'en était pas vraiment gêné. Tout ça lui faisait du bien et l'aidait à oublier ce qui lui torturait l'esprit. Graham aurait très bien pu lui demander de coucher ensemble au bout de quelques jours seulement mais il ne l'avait pas fait, préférant d'abord faire découvrir différents plaisirs à Draco. En une semaine, il avait déjà appris beaucoup de choses. Il savait que Graham voudrait vite passer aux choses sérieuses et il ignorait s'il était prêt pour ça. Mais Graham lui avait promis de ne pas lui mettre la pression et qu'il attendrait le temps qu'il faudrait. Cela rassurait beaucoup Draco. En soi, il s'en fichait de coucher avec Graham au bout de deux semaines de relation. Tout ce qu'il voulait, c'était être prêt et en avoir envie. S'il sentait que ça lui ferait du bien, ça aussi, alors il n'hésiterait pas à le faire.
Étant ainsi débarrassés de leurs hauts, ils purent chacun caresser le torse de l'autre. Mais cela devint vite insuffisant aussi bien pour Draco que pour Graham. Ce fut ce dernier qui prit les devants en retirant le pantalon de Draco. Il voulut faire de même avec le sien mais Draco le prit de court en inversant leurs positions. Graham fut ainsi allongé sous Draco, ce qui permit à celui-ci d'enlever à son tour le jean de son petit-ami. Graham ne broncha pas et le regarda faire, l'air amusé. Lorsque Draco se retrouva face au boxer de Graham et à la bosse qui le déformait, il ne fut pas spécialement gêné mais il se dit qu'il allait effectivement patienter un peu avant de passer aux choses vraiment sérieuses. Les bisous, les caresses et les mouvements de frictions, c'était déjà très bien pour le moment. Il préférait continuer à prendre du plaisir en se frottant contre Graham et à lui en donner avec sa main. Ses fesses n'étaient absolument pas jalouses. Elles pouvaient très bien attendre.
- La vue te plaît ?
Draco redressa brusquement la tête et rougit en voyant l'air moqueur de Graham. Perdu dans ses pensées, il ne s'était pas rendu compte qu'il continuait à fixer l'entrejambe de son petit-ami. Il prit cependant un air bravache pour répondre :
- Oui, beaucoup. Mais tu dois te sentir un peu à l'étroit, non ?
- Autant que toi, j'imagine, répliqua Graham.
Draco sourit et posa ses doigts sur l'élastique du boxer. Il le fit lentement glisser le long des jambes de Graham tout en le fixant droit dans les yeux. C'était plus pour ne pas voir ce qui se cachait sous le sous-vêtement que pour autre chose. Dès que le boxer fut complètement enlevé, Graham inversa de nouveau leurs positions et, après avoir demandé l'autorisation à Draco, il lui retira son caleçon. Il n'eut pas le temps d'être gêné de se retrouver entièrement nu car Graham plaqua aussitôt son bassin contre le sien et posa de nouveau ses lèvres sur les siennes. Le baiser étouffa le gémissement qu'ils poussèrent. Graham ondula lentement contre Draco, les faisant tous deux gémir, soupirer et haleter. Draco accompagna ses mouvements alors que Graham lui dévorait le cou, ce que Draco appréciait tout particulièrement. Il essaya de tenir le plus longtemps possible, ne voulant pas jouir trop vite, mais ce n'était pas évident avec le plaisir qu'il ressentait et le désir qui lui brûlait les reins. D'un côté, il voulait la délivrance, et de l'autre côté, il voulait attendre pour faire durer le moment et continuer à prendre du plaisir et à en apporter à Graham... C'était un vrai dilemme. À chaque fois, il venait avant Graham qui était obligé de finir avec sa main ou celle de Draco. Il n'en voulait pas du tout à Draco mais c'était Draco qui s'en voulait. Il essaya donc de tenir et de retarder le plus possible sa jouissance. Mais Graham ruina tous ses plans en accélérant soudain la cadence. Alors que sa bouche était jusque-là dans le cou de Draco, elle remonta vers les lèvres de celui-ci pour l'entraîner dans un baiser avide et passionné. Les mouvements de friction s'intensifièrent et il ne fallut pas longtemps à Draco pour se libérer entre Graham et lui. La respiration haletante, il mit un moment à se remettre de son orgasme. Lorsqu'il récupéra ses esprits, il pensa à Graham qui n'avait pas encore joui. Il le regarda et lui offrit un sourire contrit.
- Je suis nul.
- Mais non, c'est moi qui ait besoin de temps. J'ai toujours été comme ça. Je ne veux pas faire de comparaison parce que ce n'est pas du tout romantique mais... tu tiens quand-même longtemps par rapport à ce que j'ai pu connaître jusque-là.
Même si Graham faisait référence aux garçons avec qui il avait eu des relations avant lui, Draco ne se sentit pas du tout vexé. Graham avait voulu le rassurer en lui disant ça et il avait réussi. De plus, il avait bien dit qu'il ne voulait pas le comparer à ses précédents amants. Il faisait tout pour ne pas le blesser et Draco trouvait ça vraiment adorable. Mais toujours était-il que Graham n'avait pas encore joui. La première fois, il s'était occupé de lui tout seul. La seconde fois, Draco avait pris les choses en main, dans tous les sens du terme. La troisième fois, Graham avait réussi à faire avoir une autre érection à Draco, il était venu au bout de quelques minutes, étant au bord de l'implosion mais c'était Draco qui n'avait pas eu le temps de jouir. Graham l'avait alors fait venir en usant de sa bouche, ce qui avait conduit Draco tout droit au septième ciel. Ne sachant pas ce que Graham voudrait cette fois-là, Draco décida de le lui demander :
- Tu n'es pas encore venu, du coup. Comment veux-tu te soulager ?
Graham posa son regard sur lui et se mordit les lèvres.
- J'aimerais quelque chose mais... c'est peut-être un peu trop tôt.
- Si ça inclue mes fesses, il vaudrait mieux que tu oublies, en effet.
- Non, non, je sais que tu n'es pas encore prêt pour ça, dit Graham en souriant. Tu te souviens de ce que je t'ai fait la dernière fois qu'on s'est vus ?
- Tu veux dire... lorsque tu m'as fait venir pour la deuxième fois car nous avons été incapables de jouir ensemble malgré les deux rounds et comme les êtres désespérants que nous sommes ?
- C'est ça, répondit Graham en riant. Je me demandais si... si tu voudrais bien faire la même chose ?
Draco se sentit rougir face à la requête de Graham. Celui-ci prit cela comme un refus et s'excusa aussitôt :
- Pardon, je n'aurais pas dû te demander ça... Je... je vais m'en occuper tout seul. Oublie ce que je viens de dire, d'accord ? On verra ça une autre fois ou... ou jamais, si tu préfères.
Draco écarquilla les yeux, effaré par la réaction de Graham. Pour quelqu'un qui souhaitait «passer rapidement aux choses sérieuses», il avait un comportement plus qu'étonnant ! Mais cela montrait à quel point Graham le respectait et voulait prendre son temps avec lui malgré ce qu'il disait. Draco lui en était infiniment reconnaissant. Mais jamais il n'avait dit qu'il ne voulait pas lui faire ce plaisir qu'il lui demandait ! Graham tirait des conclusions beaucoup trop hâtives ! Tout ça parce qu'il avait peur de brusquer Draco... Mais si Draco avait rougi, c'était parce qu'il était tout simplement gêné. Il ne s'attendait pas à ça. Mais l'idée ne le rebutait pas du tout. Il préférait de loin avoir ce membre dans la bouche qu'entre ses fesses... Ça ferait beaucoup moins mal. Bon, il n'était pas sûr d'avoir la détente suffisante. Mais il pouvait toujours essayer.
- Non, je veux bien le faire, déclara-t-il. Tu me prends trop pour une chochotte, Graham. Je n'ai jamais fait ça, alors ça m'impressionne un peu mais je veux essayer. Je te demande juste d'être compréhensif et de ne pas m'en vouloir si je suis nul.
- Je te guiderai, promit Graham.
Il s'allongea à l'endroit où était couché Draco quelques minutes plus tôt. Son membre fièrement dressé n'attendait que de l'attention. Draco prit une grande inspiration et se mit à genoux de part et d'autres des jambes de Graham. Merlin il angoissait. Il n'avait pas peur pour lui, non, il avait peur pour Graham. Il craignait de mal s'y prendre et de ne pas réussir à donner du plaisir à Graham. Il se souvint de la fois où Graham l'avait pris en bouche, quelques jours plus tôt, et décida d'essayer de reproduire les mêmes gestes. Il commença par suçoter le gland, ce qui fit déjà soupirer Graham de plaisir. C'était plutôt normal puisqu'il s'agissait d'une partie très sensible. Il fit tourner sa langue tout autour, faisant gémir Graham cette fois mais il repoussa pourtant la tête de Draco.
- Excuse-moi, c'est super ce que tu fais mais... j'avais réussi à faire redescendre un peu la tension pour que tu n'aies pas quelque chose de trop gros à prendre directement pour une première fois... Je voulais que tu t'y habitues au fur et à mesure que ça grossira. Si tu commences comme ça, tu vas trop me faire réagir.
Draco se sentit fondre face à la volonté de Graham de ne pas le brusquer et d'y aller le plus doucement possible avec lui. Draco se demandait s'il se rendait compte de la chance qu'il avait d'avoir un premier petit-ami aussi prévenant. Il acquiesça et répondit :
- Désolé, je voulais juste faire ce que tu m'avais fait. Je... je vais y aller directement, alors.
Il se repositionna et prit cette fois le membre de Graham dans sa bouche. Il avait effectivement perdu de sa vigueur, ce qui permettait à Draco de le prendre entièrement pour l'instant. Il le fit aller et venir entre ses lèvres et ne tarda pas à avoir un conseil de Graham :
- J'ai oublié de te prévenir mais... il faut éviter d'y mettre les dents.
Draco se donna une gifle mentale. Ça ne devait pas être agréable, en effet. Il reprit ses mouvements mais en rangeant ses dents pour ne pas blesser Graham. Il sentait que ça glissait déjà mieux. Et cela faisait visiblement du bien à Graham au vu des sons qu'il produisait. Il continua ses va-et-vient et sentit le sexe de Graham prendre de plus en plus de volume. Il ne put bientôt plus le prendre en entier dans sa bouche.
- Utilise ta main pour compléter le mouvement, dit Graham.
Draco obéit et enroula ses doigts à la base du sexe de son petit-ami tout en faisant toujours aller et venir ses lèvres autour du membre. Il prenait plaisir à ce qu'il faisait et était encouragé par les bruits appréciateurs de Graham. Il accéléra ses mouvements, aussi bien avec sa bouche qu'avec sa main et il aima de plus en plus la fellation qu'il était en train de prodiguer à Graham. Celui-ci gémissait et tripotait ses cheveux mais sans lui dicter le moindre rythme. Tout cela procurait un certain plaisir à Draco qui fit de son mieux pour ne pas réagir. Il mit tellement d'ardeur à sa tâche qu'il fut surpris lorsque Graham lui demanda d'arrêter :
- Draco, tu peux te retirer...
Mais Draco n'avait aucune envie de se retirer. Il entendait bien le plaisir qu'il donnait à Graham, et il aimait tout autant que lui ce qu'il faisait. Pourquoi devrait-il donc arrêter ? La frustration que lui causa cette demande incongrue l'enhardit davantage et il tenta de prendre le plus loin possible dans sa bouche le sexe de Graham. Celui-ci poussa un gémissement bien plus fort que les autres, haleta et réitéra difficilement sa demande :
- Draco, a... arrête...
Draco ne l'écouta toujours pas et continua énergiquement ses va-et-vient. Graham voulut lui dire quelque chose mais il ne put que crier alors qu'un liquide envahit soudain la bouche de Draco. Il se retira précipitamment, toussa et cracha sans pouvoir se retenir. Il lui fallut plusieurs minutes pour se débarrasser de ce liquide qui avait commencé à couler dans sa gorge et avec lequel il avait manqué de s'étouffer. Alors qu'il reprenait peu à peu une respiration normale, il comprit ce que Graham avait désespérément tenté de lui dire. Il leva la tête vers lui et vit que son petit-ami le regardait avec un air à la fois désolé, dépité et... amusé.
- Tu te souviendras à l'avenir qu'il faut toujours écouter son capitaine, se moqua-t-il.
Pour toute réponse, Draco prit un coussin et l'envoya à la figure de Graham qui éclata de rire. Il lui renvoya gentiment le coussin et prit un air un peu gêné.
- Je suis désolé, j'ai vraiment essayé de te prévenir mais tu me faisais perdre la tête avec ce que tu faisais... J'aurais dû te repousser mais je pensais que tu finirais par comprendre...
- Je suis long à la détente, dit Draco en riant. Je crois que même si tu m'avais dit clairement que tu allais jouir, je n'aurais pas compris. J'étais vraiment pris dans ce que je faisais.
- Tu ne regrettes pas trop alors, malgré ce petit désagrément ?
- Non, je ne regrette absolument pas. J'ai beaucoup aimé. Mais tu y es pour beaucoup. Ça aurait été quelqu'un d'autre, je n'y aurais pas pris autant de plaisir. Tu es toujours si doux, si patient, si tendre, si prévenant que je me sens automatiquement en confiance. Tu ne m'as pas brusqué une seule fois et ça m'a beaucoup aidé. Mais j'essaierai d'aller jusqu'au bout, la prochaine fois. Ce n'est pas très classe ce que j'ai fait et je n'ai pas du tout aimé ça. Ce n'est pas digne d'un Sang-Pur de se conduire de la sorte, dit Draco avec une prétention exagérée.
Graham secoua la tête, amusé.
- Et j'arrive encore à me demander pourquoi je t'aime autant... C'est pourtant tellement évident. Tu es tellement... unique.
Draco sentit son coeur faire un bond dans sa poitrine. Graham venait de dire qu'il l'aimait. Certes, pas directement, mais il l'avait quand-même dit. Sans réfléchir, il se jeta sur Graham et l'embrassa. Il s'élança avec tellement de force qu'il fit tomber Graham à la renverse. Il l'accompagna dans sa chute et se retrouva avachi sur lui. Cela n'arrêta pas leur baiser pour autant, bien au contraire. Il devint même rapidement enflammé alors que les mains repartaient à la découverte du corps de l'autre. Celles de Graham voyagèrent un moment dans le dos de Draco avant de dériver vers ses fesses. Draco se crispa aussitôt mais se détendit bien vite en constatant que ces mains ne tentaient absolument rien et ne faisaient que se poser sur son postérieur. Draco se surprit à trouver ça presque dommage qu'elles restent sagement posées sur ses globes de chair en les caressant légèrement mais sans rien tenter de plus. Graham avait éveillé en lui l'envie de découvrir de nouvelles choses. Il se sentait tellement en confiance et il aimait tellement chaque moment intime passé avec Graham que le désir de connaître davantage de choses surpassait la peur. Tout compte fait, il allait peut-être se sentir prêt plus vite que prévu à franchir l'étape supérieure. Il préféra cependant éviter d'y songer pour l'instant et décida de profiter du moment présent. Il passa le reste de l'après-midi avec Graham, entre bisous, caresses et discussions à propos de tout et de rien. Draco était heureux, Graham aussi et c'était tout ce qui comptait pour lui.
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Quelques heures plus tard, Draco retrouva ses amis dans la Grande Salle en allant dîner. Il avait une faim d'hippogriffe et Blaise ne se priva pas pour le lui faire remarquer au cours du repas :
- Eh bien heureusement qu'on a commencé le dîner avant toi, sinon il n'y aurait plus rien eu pour nous !
- Pfff, t'es bête... répliqua Draco.
- Non mais sérieusement, Graham t'a aussi épuisé que ça pour que tu aies autant faim ?
Le rouge aux joues, Draco baissa le nez vers son assiette afin de cacher sa gêne. Il trouvait déjà la situation assez gênante comme ça mais elle le devint encore plus lorsque Théo demanda avec toute l'innocence qui le caractérisait :
- Parce que vous avez fait du Quidditch ?!
Draco ne sut s'il devait en rire ou en pleurer. Il n'y avait que Théo pour avoir compris les choses dans ce sens-là alors qu'il savait très bien que Draco et Graham sortaient ensemble. Draco devait-il lui dire la vérité ou devait-il plutôt le ménager ? Blaise prit la décision à sa place :
- Oui, sauf que les manches n'étaient pas exactement les mêmes, si tu vois ce que je veux dire. Ils étaient directement intégrés à leurs corps.
Théo rougit brusquement et sembla ne plus savoir où se mettre. Draco s'en voulut d'avoir laissé Blaise répondre. Théo n'était visiblement pas prêt à entendre ce genre de sous-entendus. Des sous-entendus tellement explicites que ce n'étaient presque même plus des sous-entendus. Draco décida de changer de sujet :
- Vous avez fait quoi de votre après-midi ?
- C'est ça, esquive le sujet, se moqua Blaise.
- Je n'esquive rien du tout, c'est juste qu'il y a des oreilles chastes, ici, et que je ne voudrais pas les choquer, rétorqua Draco. Mais si tu y tiens tant, je te ferai un résumé détaillé de ce que j'ai fait avec Graham.
- Non merci, ça ira, grimaça Blaise. Bon, sinon, pour répondre à ta question, j'ai passé une partie de l'après-midi avec Kellah et une autre partie de l'après-midi avec Ginny.
- Ça va, tu ne t'embêtes pas trop, s'amusa Draco. J'espère que ta rouquine n'est pas trop jalouse.
- Je crois qu'elle l'est un peu mais pas de Kellah. Elle sait que c'est juste mon binôme et qu'il n'y a rien entre elle et moi. On s'entend très bien mais ça s'arrête là.
- Tu n'es vraiment pas intéressé par elle ?
- Non, répondit fermement Blaise. Je n'ai d'yeux que pour Ginny. Je ne suis pas seulement intéressé par elle. Je suis amoureux d'elle. J'aime tout chez elle. Elle est juste... parfaite.
L'air rêveur de Blaise fit sourire Draco. En effet, il était amoureux. Draco pouvait le comprendre. Même s'il se savait désormais gay, il trouvait toujours que Ginny Weasley était l'une des plus belles filles de l'école. Et puis elle avait une très forte personnalité. Et, surtout, elle était la confidente de Harry. Ce dernier le lui avait avoué lors de l'une de leurs séances de travail. Si Ginny Weasley avait réussi à obtenir la confiance absolue de Harry et qu'elle l'écoutait sans le juger et que son amitié lui faisait du bien, alors elle était forcément quelqu'un de bien. Il ne pouvait donc qu'encourager Blaise à sortir avec elle. Voyant que son ami était plongé dans ses pensées où devait sûrement figurer la belle rousse, Draco se tourna vers Théo :
- Et toi, qu'as-tu fait de ton après-midi ?
Théo ne répondit pas. Il regardait droit devant lui et ne semblait plus faire attention à ce qui se passait autour de lui.
- Théo, tu m'entends ?
Toujours pas de réponse. Draco suivit alors le regard de Théo et vit le binôme de son ami en plein échange de salive avec une belle jeune fille blonde. Un peu mal à l'aise de voir Théo fixer ainsi le couple, Draco essaya de nouveau d'attirer l'attention de son ami :
- Théo, tu m'écoutes ? Théo ? THÉO !
Théo réagit enfin et sursauta violemment. Il tourna la tête vers Draco, l'air alerte.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Tu me disais quelque chose ?
Draco regarda son ami, perplexe. Ça ne ressemblait pas à Théo d'être aussi distrait.
- Oui, je te demandais ce que tu avais fait de ton après-midi.
- Oh... J'ai eu une séance de travail avec Justin et je suis allé voir ensuite des amis à quatre pattes. Enfin, à quatre jambes, plutôt.
- Oh. Licornes, Sombrals ?
- Licornes, dit Théo en souriant.
- Elles vont bien ?
- Oui, mais elles sont moins nombreuses que d'habitude. Il fait un peu trop froid pour elles.
- Elles sont frileuses, plaisanta Draco.
- Un peu, oui, admit Théo sur le même ton.
Il regarda de nouveau devant lui. Intrigué par la soudaine fixette de son ami, Draco voulu en savoir plus :
- Qu'est-ce que tu as à fixer ton binôme comme ça ?
Théo rougit et détourna brusquement le regard du couple de Poufsouffle.
- Rien, je... je me disais juste que je ne l'imaginais pas aussi... démonstratif. Il est plutôt réservé alors ça m'étonne qu'il embrasse sa petite-amie comme ça en public...
Draco haussa les sourcils, surpris par la remarque de Théo. Il semblait presque... irrité.
- Mais... il a le droit, lâcha-t-il, perplexe.
- Je n'ai pas dit le contraire, répliqua Théo. Je dis juste que je suis surpris de le voir faire ce genre de choses dans la Grande Salle en plein dîner. J'espère simplement qu'ils vont rester décents.
Cette fois, Draco écarquilla carrément les yeux. Mais qu'est-ce qui prenait à Théo de faire soudain son rabat-joie ?! Il n'avait jamais eu ce genre de réaction auparavant !
- Qu'est-ce que ton binôme t'a fait pour que tu sois aussi critique envers lui ce soir ? s'étonna-t-il.
- Je ne le critique pas, répliqua Théo.
- Si, tu critiques sa façon de se comporter, insista Draco. Et ça ne te ressemble pas du tout. Tu t'es disputé avec lui ?
- Mais non, pourquoi tu me demandes ça ? s'agaça Théo.
- Parce que ton comportement n'est pas normal et je veux comprendre pourquoi, répondit Draco.
- Il n'y a rien à comprendre, tu te fais des idées, asséna Théo. C'est toi qui est bizarre, pas moi. Bon, je n'ai plus faim. Je vais au dortoir, salut.
Théo se leva sur ces mots et sortit de la Grande Salle. Draco le suivit du regard, les sourcils froncés, interloqué par l'attitude de son ami. Quel Doxy l'avait donc piqué ?! Il aurait bien aimé suivre Théo mais il savait qu'il l'aurait encore plus braqué qu'autre chose. Il ignorait ce qu'avait son ami mais une chose était sûre : il y avait un truc qui n'allait pas. N'ayant lui-même plus très faim, Draco se contenta de finir son assiette et se rendit à son tour au dortoir. Il s'installa sur son lit, prit son sac de cours et chercha son devoir d'astronomie. Une fois trouvé, il se plongea dedans. Il travailla dessus pendant plusieurs heures et, à vingt-trois heures, il fut sûrement le dernier à être encore «debout». Enfin, ça, c'était ce qu'il croyait jusqu'à ce qu'une petite voix timide ne lui parvienne :
- Draco ?
Il leva la tête et ne dit rien, pas certain d'avoir bien entendu. Était-ce son imagination qui lui avait joué un tour ? Pensant que oui, il se remit à son devoir. Mais un soupir triste venant de sa droite attira son attention. D'une voix hésitante, il demanda :
- Théo ?
Pas de réponse. Pourtant sûr que son ami l'avait bel et bien appelé, il tira doucement les rideaux qui séparaient son lit de celui de Théo.
- Théo, tu dors ?
- Non, marmonna Théo.
- Tu m'as appelé, à l'instant ?
- Oui, mais comme tu n'as pas répondu je pensais que tu dormais.
- Non, je n'étais pas sûr d'avoir bien entendu. Qu'est-ce que tu voulais me dire ?
- Rien.
Draco leva un sourcil, bien que Théo ne pouvait pas le voir puisqu'il lui tournait le dos.
- Donc si je comprends bien, tu m'as appelé... pour rien ?
Théo ne répondit pas. Draco ne lâcha pas l'affaire pour autant. Théo avait besoin de parler, c'était évident. Sauf qu'il n'avait pas l'habitude de se confier de lui-même alors quand ça arrivait, il changeait vite d'avis. Mais Draco n'allait pas le laisser se refermer sur lui-même. Il rejoignit le lit de Théo et se glissa sous les draps, juste à côté de son ami qui se retourna.
- Qu'est-ce que tu fais là ?!
- Tu as besoin d'aide alors je suis là pour t'écouter.
- Qui t'a dit que j'avais besoin d'aide ?!
- Personne, mais si tu n'en avais pas besoin tu ne m'aurais pas appelé à onze heures du soir. Allez, dis-moi ce qui ne va pas. Ça a un rapport avec ton attitude durant le dîner ?
Théo hocha tristement la tête. Le coeur serré de le voir aussi mal, Draco passa un bras autour de ses épaules et le rapprocha de lui. Théo en profita pour se blottir tout contre lui. Bon, visiblement, il n'avait pas seulement besoin de parler, mais aussi d'être réconforté. D'habitude c'était Pansy qui consolait Blaise, Draco et Théo quand ils n'allaient pas bien mais vu qu'elle n'était pas là, Draco prit le relais. De toute façon, il n'était pas sûr que Théo se serait confié à quelqu'un d'autre que lui. Il fit donc de son mieux pour l'apaiser, caressant doucement son dos sans rien dire, laissant le temps nécessaire à Théo pour se lancer. Son souffle le chatouillait un peu car Théo avait le visage caché dans son cou mais cela ne le dérangeait pas du tout. Au bout de longues minutes, Théo finit par se confier :
- Je suis amoureux.
Draco fut tellement surpris qu'il crut de nouveau avoir mal entendu. Il ne s'attendait pas du tout à ça. Même si, à vrai dire, il ne savait pas trop à quoi il s'était attendu.
- C'est ça qui te rend aussi triste ? s'étonna-t-il.
Théo acquiesça dans son cou.
- Ça arrive à tout le monde, tu sais, dit gentiment Draco.
- Oui mais moi je sais que ce n'est pas réciproque...
- Comment peux-tu en être sûr ? Il te l'a dit ?
- Non. Mais il n'a pas eu besoin de me le dire pour que je le sache.
- Tu ne veux pas me dire qui c'est ?
- Non. J'ai trop honte.
- Honte ?! répéta Draco, surpris. Mais... il n'y a pas de honte à avoir, voyons !
- Si. Parce que je n'aurais pas dû tomber amoureux de cette personne. Ce n'est pas bien.
- Ouh là, tu m'inquiètes... C'est pas un professeur, j'espère ?!
- Non, quand-même pas...
- C'est un ami, alors ?
- Si on peut dire.
- Si c'est moi, je préfère que tu ne me le dises pas.
Draco sentit Théo sourire dans son cou.
- T'es bête... Tu crois vraiment que je serais tout contre toi à l'heure qu'il est si c'était de toi dont j'étais amoureux ?
- Non, tu me fuirais comme la scrofulite et je serais en train de déprimer parce que tu refuserais de me parler. Bon, plus sérieusement... ce n'est pas Harry, au moins ?
Le visage de Théo quitta sa cachette. Draco baissa les yeux et tomba sur un regard à la fois ahuri et exaspéré. Il devina alors qu'il venait de dire une grosse bêtise.
- Ok, pardon, ce n'est pas Harry, j'ai compris. Bon, qui ça pourrait être d'autre ? Un joueur de l'équipe ?
- Non, ce n'est pas un Serpentard. Mais arrête de chercher, Draco. Je n'ai pas envie que tu saches qui c'est. Tu vas être mal à l'aise à chaque fois que je vais prononcer son nom et ça va intriguer Blaise et Pansy.
Draco fronça les sourcils.
- C'est quelqu'un dont tu nous parles souvent ? Si c'est le cas, on aurait dû se rendre compte que tu en parlais un peu trop souvent, justement... Ça aurait dû nous mettre la puce à l'oreille...
- Pas forcément puisque c'est normal que j'en parle souvent. Toi tu nous parles bien souvent de Harry et pourtant tu n'es pas amoureux de lui. Blaise nous parle bien souvent de Kellah et ce n'est pas pour autant qu'il est amoureux d'elle.
- C'est vrai. Ce serait drôle, n'empêche. Imagine si on tombait tous amoureux de nos...
Draco s'interrompit brusquement. Un vilain doute venait d'envahir son esprit. Doute qui se confirma lorsqu'il sentit Théo se ratatiner contre lui. Il repensa au comportement de ce dernier durant le repas, à la façon dont il regardait un certain couple, à sa susceptibilité, à sa mauvaise foi, à ses critiques qui ne lui ressemblaient pas... Tout fit soudain sens dans son esprit. Il se demanda pourquoi il n'y avait pas pensé plus tôt. Mais peut-être parce que, comme Théo le disait si bien, il n'aurait pas dû tomber amoureux de cette personne... Draco réalisa alors pleinement la situation dans laquelle se trouvait son ami. Son coeur se serra de nouveau en imaginant à quel point Théo devait être triste et mal. Mais c'était la première fois qu'il pensait être amoureux de quelqu'un, peut-être se méprenait-il sur ses sentiments... Bon, déjà, il fallait le rassurer.
- Tu n'as pas à avoir honte, répéta doucement Draco. Tu ne dois pas non plus t'en vouloir. On ne choisit pas d'aimer telle ou telle personne.
- Mais il est hétéro, Draco, et c'est mon binôme... J'aurais dû me retenir, même si je ne sais pas comment...
- Théo, je viens de te le dire : on ne choisit pas la personne que notre coeur décide d'aimer.
- Ce n'est pas lui le seul responsable, s'entêta Théo. J'ai forcément trop regardé Justin à partir d'un moment. Je ne suis pas tombé amoureux de lui comme ça du jour au lendemain !
- Mais est-ce que tu es sûr d'être amoureux de lui ?
- Oui, répondit Théo sans hésiter. J'aime tout chez lui. J'aime son sourire, j'aime son rire, j'aime son regard, j'aime sa voix, j'aime sa façon d'être, j'aime ses qualités, j'aime ses défauts... Je veux tout le temps être avec lui. Je suis heureux quand je suis avec lui et rien ne me fait plus plaisir que lorsqu'il me sourit. Je sais que je suis ignare dans le domaine de l'amour mais je pense que tout ça, ça veut dire ce que ça veut dire...
Draco grimaça. Théo n'avait pas tort. Il ne faisait pas de doutes qu'il était complètement amoureux de son binôme.
- Je sais que ce n'est pas évident mais il faut que tu essaies de l'oublier. Essaie de te trouver un autre garçon...
- Je n'ai pas envie de m'intéresser à d'autres garçons, Draco. Comme tu le dis si bien, je n'ai jamais voulu m'intéresser à Justin. Ça m'est tombé dessus sans que je n'aie rien demandé. Je ne voulais pas tomber amoureux. Je ne suis pas prêt pour ça.
Sentant la panique envahir Théo, Draco s'empressa de l'apaiser en le serrant contre lui.
- Ne panique pas, ça va aller. Je me doute que c'est compliqué pour toi et je ne sais pas quoi te dire pour t'aider mais sache que je serai toujours là pour t'écouter. Je peux te consoler tous les soirs si tu veux. Il va juste falloir que tu m'appelles un peu plus fort pour être sûr que je t'entende. Papy il se fait vieux, tu sais.
Théo se mit à rire.
- Mais qu'est-ce que t'es bête...
- Je sais mais ça te fait rire, c'est le principal.
Théo secoua la tête dans le cou de Draco. Ils restèrent ainsi un moment sans parler avant que Théo ne redresse brusquement la tête.
- J'allais oublier, j'ai quelque chose à te donner...
Théo se décolla de Draco qui grimaça. Il faisait froid, tout à coup. Ce n'était pas très agréable. Il vit Théo ouvrir le tiroir de sa table de chevet et en sortir une dizaine de fioles. Il haussa les sourcils lorsque Théo les lui tendit.
- C'est pour toi. C'est pour t'aider à dormir.
- Mais... ce sont tes potions !
- Oui et non. Ce sont bien celles que je prends mais celles-ci sont à toi. Je suis allé voir ton parrain, je lui ai fait croire que j'avais cassé la moitié de ma réserve et il a accepté de m'en donner d'autres. Prends-les.
Troublé, Draco prit sa baguette et s'en servit pour faire venir son sac à lui. Il y mit les fioles que lui tendait Théo. Il les rangerait dans sa propre table de chevet lorsqu'il rejoindrait son lit. Il regarda Théo et lui sourit, toujours un peu troublé.
- Ça ne te ressemble pas de mentir, surtout à un professeur...
- Oui mais je n'ai trouvé que ce moyen pour t'aider. Je n'en menais pas large, je déteste mentir mais j'étais obligé de faire quelque chose. Tu étais fatigué et tu avais vraiment besoin de dormir. Ça va te faire du bien. Ces potions sont très efficaces.
Draco acquiesça.
- Merci, c'est vraiment gentil de ta part. Je ne sais pas quoi te dire pour te remercier. Mentir alors que tu n'aimes pas ça juste pour que je dorme mieux...
- Je ne pouvais pas te laisser comme ça, assura Théo. Je pouvais t'aider alors je l'ai fait. Tu n'as rien à dire pour me remercier, tu l'as déjà fait en m'écoutant et en m'aidant à l'instant. Dis-toi qu'on a mutuellement fait notre devoir d'ami, ajouta Théo en souriant.
Draco hocha de nouveau la tête et rendit son sourire à Théo.
- Cette vision des choses me va très bien. Bon, je crois que j'ai assez squatté ton lit, je vais rejoindre le mien.
Théo fit une moue triste.
- C'est dommage, tu étais très bien comme doudou. Je sais que j'ai passé l'âge d'en avoir mais comme je te l'ai déjà dit, je n'en ai jamais eu quand j'étais petit alors maintenant, je me rattrape.
- Eh bien je sais ce que je vais t'offrir pour Noël, plaisanta Draco. Non mais sérieusement, ce ne serait pas raisonnable que je dorme près de toi. Tu as beau être mon meilleur ami, j'ai beau avoir un minimum de self-contrôle et j'ai beau être en couple, il y a des réactions qui ne se contrôlent pas. Mon corps pourrait me jouer de très vilains tours pendant mon sommeil en sentant un autre corps masculin contre le sien.
Rouge comme une tomate, Théo acquiesça. Draco sortit du lit de son ami, lui souhaita une bonne nuit, prit son sac et rejoignit son propre lit. Il attrapa une des potions que lui avait données Théo, la but, se glissa sous les draps et posa la tête sur son oreiller en fermant les yeux. Il se sentit étrangement apaisé. Il n'eut pas le temps de penser à quoi que ce soit que la fatigue l'emporta. Pour la première fois depuis plusieurs semaines, il dormit d'un sommeil calme et récupérateur.
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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! =) Je vous dis à mardi pour le prochain chapitre qui s'intitulera «Rapprochements et éloignements en tout genre». Bisous tout le monde ! =)
