Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le trentième chapitre de SAMLP =)

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ccassandre24 : Le couple Severus/Tonks n'est pas ce qu'on trouve le plus souvent, c'est sûr XD Dans cette fic, je voulais à la fois des couples classiques (Draco/Harry, Blaise/Ginny, Sirius/Remus, Ron/Pansy) mais aussi des couples plus originaux (Severus/Tonks, Terry/Hermione, Justin/Théo) et je trouvais ça tellement risqué que j'ai mis du temps à me lancer XD Mais Tonks est exactement ce qu'il faut pour égayer le taciturne Severus *-* Heureuse que les POV George et Ron t'aient plu ! =) George n'était pas censé avoir de POV à la base mais il sera normalement un peu plus présent dans le deuxième tome, donc je l'introduis en douceur XD Et en effet, c'est assez difficile de jongler entre toutes les histoires et tous les POV, c'est pour ça qu'il y a des personnages qui ont moins de POV que d'autres, qui sont un peu plus secondaires, et c'est pour ça aussi qu'on n'entend plus parler de certaines intrigues pendant un moment :) Mais je n'abandonne rien ni personne XD En ce qui concerne Adrian et Harry, ce n'est plus qu'une question de jours pour eux maintenant XD Théo n'a pas une vie facile mais le bonheur viendra pour lui aussi *-*

Zackos : Draco est un peu fatigué mais il est surtout déprimé et Severus n'est pas disponible quand il veut en parler :/ Il va falloir du temps pour que Severus accepte de s'engager dans une relation avec Tonks, surtout que le chapitre suivant va marquer un tournant pour lui qui va le tenir éloigné de sa vie amoureuse pendant un bon moment vu qu'il sera très occupé :/ Pour Théo, il n'est pas sorti de l'auberge XD Oui les Weasley ont été mis à l'honneur lors du chapitre précédent XD En effet, c'est dans le chapitre 9 qu'on apprend que la fin des vacances d'été a été assez tendue chez les Weasley :/ La relation entre Draco et Graham n'a clairement rien à voir avec la relation entre Adrian et Harry, mais là pour le coup c'est Draco qui ne va pas être très clair dans cette histoire XD Désolée pour Graham, je suis allée chercher un personnage dont on connaît surtout le nom de famille dans les livres XD Pour ce qui est du dénouement final entre Harry et Adrian, ça va être dur mais nécessaire pour la suite :/

Gryffondor : Le secret d'Adrian n'en est plus un aux yeux de quelques personnes, en effet ! Mais pas aux yeux de la bonne personne :/ Oui, Adrian n'est pas dupe, la preuve dans le début de ce chapitre ! Il est malin et rusé et n'est pas à Serpentard pour rien :/ Ce ne sont pas forcément les personnes qu'on croit qui vont parler à Harry, quoique ... XD Vous avez le choix pour les pronostics XD Théo y voit clair dans ses sentiments et ça doit bien être l'un des seuls XD Mais ce n'est hélas pas facile pour lui pour autant :/

Butterfly Fictions : Tonks et Severus ne s'y attendaient pas eux-mêmes XD Ils vont vouloir parler de ce baiser mais la discussion aura lieu bien plus tard que prévu :/ Mais comme je le disais avant, Severus aura bien d'autres choses à faire que penser à sa vie sentimentale XD Théo a toujours été protégé par Draco, du coup là il lui rend un peu la pareille *-* Les sentiments et les réactions de Justin vont vraiment être complexes, la situation ne sera pas du tout facile pour lui :/ Pour Ron et Pansy, ça va être un peu compliqué de les suivre x) La question de «Qui en parlera à Harry en premier ?» aura sa réponse lors du prochain chapitre ! Deux personnes vont s'en mêler :) Draco a en effet une réaction bien étrange pour quelqu'un qui ne ressent que de l'amitié envers son binôme de travail :p Il n'est pas clair à bien des égards dans sa relation avec Graham, même si ça reste discret pour l'instant :/

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Merci encore une fois pour tous vos retours et à toutes les personnes qui suivent cette histoire ! :) Je vous laisse avec le nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture =)

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Warning : Ce chapitre contient une scène sexuellement explicite.

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30 – Éloignements et rapprochements en tout genres

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(dimanche 26/11) POV Harry

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Harry se réveilla une fois de plus aux côtés d'Adrian. C'était le week-end, ils avaient donc pu dormir ensemble. Comme prévu, ils étaient sagement restés dans leur dortoir tout au long de la semaine. Harry s'était senti un peu seul sans Adrian, ayant l'habitude de passer au moins trois nuits par semaine avec lui mais il n'avait pas le choix. Il devait rester sérieux. Il n'avait pas envie de se faire convoquer de nouveau par Remus. Il avait compris la leçon et ne souhaitait vraiment pas qu'il lui fasse une nouvelle fois la morale. De plus, passer moins de soirées et moins de nuits avec Adrian lui permettait d'être un peu plus souvent avec ses amis. Il avait l'impression que plus ça allait, moins il passait de temps avec ses amis puisqu'Adrian voulait l'avoir avec lui à chaque fois qu'ils avaient du temps libre. Parfois, il pensait même qu'Adrian voulait l'éloigner de ses amis. Mais il se ravisait vite et regrettait ce qu'il avait pensé. Adrian n'était pas comme ça.

Étant encore un peu fatigué, il décida de se rendormir. Mais c'était sans compter l'humeur taquine de son petit-ami qui s'était lui aussi réveillé. Harry le sentit se coller contre son dos et déposer des baisers dans son cou. Harry frissonna malgré lui. Il regretta presque d'être déjà réveillé. Il adorait lorsqu'Adrian le sortait du sommeil en l'embrassant ainsi. C'était doux, tendre et amoureux. Mais là il était justement déjà réveillé et voulait retourner dans les bras de Morphée. Mais il appréciait aussi les attentions d'Adrian. Il ne savait donc pas quoi faire. D'un côté il voulait qu'Adrian le laisse se rendormir et d'un autre côté il voulait qu'il continue de l'embrasser. Il finit par décider de faire comme si de rien n'était, feignant être profondément endormi. Ce petit jeu dura quelques minutes avant qu'Adrian ne lui fasse comprendre qu'il n'était pas dupe.

- Je sais que tu es réveillé...

- Non je dors...

- Tu parles en dormant, alors.

- Je suis somnambule.

- Ben voyons... Tu ne vas pas rester somnambule très longtemps, crois-moi.

Adrian repartit à l'assaut du cou de Harry qui dut user de tout son self-contrôle pour ne pas gémir. Il réussit à rester de marbre pendant un moment mais il ne put s'empêcher de crier quand Adrian commença à le chatouiller. Puis il se mit à rire tout en se tortillant afin d'essayer de se soustraire aux doigts qui le tourmentaient.

- Adrian arrête, c'est pas drôle !

- Tu ris beaucoup pour quelqu'un qui ne trouve pas ça drôle, se moqua Adrian sans arrêter sa torture.

- Mais tu sais bien que je n'aime pas çaaAAAAh !

Adrian venait de le chatouiller à un endroit plus que sensible, au creux de ses hanches, le faisant rire et crier de plus belle. Ce qui sauva Harry fut le fait qu'Adrian et lui étaient restés très chastes la veille au soir et que, par conséquent, Adrian n'avait pas eu à poser le sort d'insonorisation. Les cris de Harry se firent donc bien vite entendre... ainsi que la voix mécontente de Miles.

- LE SORT D'INSONORISATION BORDEL !

Adrian arrêta aussitôt de chatouiller Harry.

- Oups, pardon, j'ai oublié...

- Oui bah tu serais prié d'y penser la prochaine fois qu'il te viendra à l'esprit de faire des choses avec ton petit-ami à sept heures du matin !

Harry se redressa d'un coup.

- On ne faisait rien du tout, c'est juste Adrian qui me chatouillait !

- On se demande bien où... fit la voix de Graham.

Harry piqua un fard et adressa un regard noir à Adrian qui souriait comme un idiot, l'air pas du tout gêné par la situation.

- Franchement vous abusez les gars, vous êtes incapables de tenir une semaine sans vous sauter dessus... protesta à son tour Cassius.

Complètement mortifié et rouge de honte, Harry enfouit sa tête dans l'oreiller. À chaque fois qu'il passait la nuit avec Adrian, ils avaient droit à des remarques et des moqueries le lendemain matin. Ce n'était cependant jamais bien méchant et c'était principalement destiné à gêner Harry. Gay ou hétéro, Cassius, Miles et Graham le trouvaient «trop mignon» quand il avait le rouge aux joues. Ils faisaient donc tout pour le faire rougir et ça marchait toujours. Mais Harry ne s'en plaignait pas. Au contraire. Il savait que c'était juste pour le taquiner et au fond, il aimait bien être charrié. Ces trois Serpentard lui montraient à bien des égards qu'il était le bienvenu dans leur dortoir. Harry avait été surpris de voir à quel point ils l'avaient vite apprécié et accepté parmi eux. Ils semblaient le voir comme le garçon qu'il était réellement et non pas comme le garçon que décrivait la Gazette, à savoir

le-garçon-qui-avait-tué-le-plus-grand-mage-noir-de-tous-les-temps et qui en était fier. Bien sûr, ils avaient dû être méfiants au début mais ça n'avait vraiment pas duré longtemps. Cela avait conforté Harry dans l'idée que les Serpentard n'étaient pas tous de mauvaises personnes. Graham, Miles et Cassius n'en voulaient même pas à Adrian de sortir avec quelqu'un qui faisait partie d'une équipe concurrente à la leur. Cela touchait énormément Harry. Il y avait une belle amitié entre les quatre compagnons de dortoir et cela faisait vraiment plaisir à voir.

Heureusement, ce matin-là, les trois amis d'Adrian laissèrent vite le couple tranquille. Adrian attira contre lui Harry qui se laissa faire, oubliant les chatouilles que lui avait fait subir son petit-ami. Il se blottit contre Adrian et exhala un soupir de bien-être. Il était bien. Ils restèrent ainsi un long moment avant qu'Adrian ne brise le silence agréable qui s'était installé entre eux :

- Tu veux qu'on se rendorme un peu ou tu préfères aller prendre le petit-déjeuner ?

- Ni l'un ni l'autre. J'étais encore fatigué quand j'ai ouvert les yeux mais tes chatouilles m'ont complètement réveillé.

- Que veux-tu faire, alors ?

- Rester au lit avec toi. Toute la journée.

Adrian se mit à rire.

- Tu es au courant qu'il faut aller prendre le petit-déjeuner ?

- Oui, je sais, mais je n'ai pas faim.

- Il faut pourtant que tu manges. Tu es déjà assez mince comme ça pour que tu fasses une grève de la faim...

Harry secoua la tête, amusé.

- Je veux bien aller manger mais uniquement si tu viens avec moi.

- C'est bien ce que je comptais faire. Tu crois vraiment que je vais rester dans le dortoir pendant que toi tu vas aller manger ? Si tu y vas, je viens avec toi.

- Ce n'est pas ça que je voulais dire. Je voudrais que tu manges avec moi.

- Tu n'auras qu'à venir à ma table, proposa gentiment Adrian.

- Justement, j'aimerais que, pour une fois, ce soit toi qui vienne manger à la table des Gryffondor. Tu le faisais bien, avant. Alors que là, ça fait plusieurs jours que je suis obligé de venir à ta table si je veux manger avec toi. Tu ne viens plus à la mienne. Tu veux toujours qu'on aille à la tienne. Ce n'est pas que ça me dérange mais... j'aimerais pouvoir profiter à la fois de mes amis et de toi.

Adrian soupira.

- Je savais que tu allais finir par me faire ce genre de remarque.

- Comment ça ? répondit Harry, perplexe.

- Je vais être franc avec toi. Je cherche justement à éviter de manger à la table des Gryffondor.

- Mais... pourquoi ? demanda Harry, surpris.

- Parce que l'ambiance serait tendue entre un de tes amis et moi.

- Mais Hermione et Ron t'acceptent très bien, opposa Harry.

- C'était vrai jusqu'à il y a peu de temps. Ron ne t'a donc rien dit ?

- Non, pourquoi ? Il aurait dû me dire quelque chose ?

- Disons que je pensais qu'il t'en aurait parlé. Mais si c'était le cas, tu aurais sûrement déjà abordé le sujet avec moi...

- Mais de quoi tu parles ? s'impatienta Harry, agacé de ne pas comprendre.

- Je vais tout t'expliquer, dit Adrian. Jeudi, Ron effectuait une ronde avec une de ses collègues préfètes. Ils ne l'ont pas dit mais je l'ai facilement deviné. À un moment, je les ai croisés alors que j'étais avec un autre élève. Jusque-là, rien d'anormal. Sauf que cet élève et moi sortions d'une salle où nous nous cachions et que nous avions bloquée pour ne pas être dérangés. Ron et sa collègue ont su qu'il y avait du monde dans cette salle et comme ils n'arrivaient pas à ouvrir la porte, ils ont pris l'issue de secours. Sauf que, dans le même temps, je suis sorti de la salle avec l'élève avec qui j'étais et nous avons également pris l'issue de secours. Nous avons donc croisé les deux préfets.

- Mais qu'est-ce que vous faisiez dans cette salle ? Qui était cet autre élève ?

- Je vais te répondre, laisse-moi le temps de m'expliquer, répondit Adrian. Je t'avais déjà parlé de mon allergie ?

- Oui, ça me dit quelque chose.

- Je t'en avais parlé car Hermione me soupçonnait de me droguer. Je t'avais affirmé que ce n'était pas le cas. Et je ne t'ai pas menti. Sauf que je ne t'ai pas dit toute la vérité. Je prends bien des potions, oui, mais ce n'est pas de la drogue. Ce sont des potions qui m'aident à supporter les effets indésirables du traitement que je prends pour mon allergie. Seulement, certaines personnes pourraient considérer que c'est de la drogue. Alors que ça n'en est pas. C'est pour ça que je suis obligé de me cacher quand je me fournis ces potions. Même si je n'ai rien à me reprocher, je sais que je pourrais avoir des problèmes si on me voyait en train d'acheter ces potions. J'aurais d'ailleurs pu en avoir si Ron et sa collègue nous avaient fouillés, mon fournisseur et moi. Ils ne l'ont pas fait car ils étaient aussi gênés l'un que l'autre de tomber sur moi. Mais je me doute bien que Ron doit penser que je me drogue. Ou que je te trompe.

- QUOI ?!

- Oui parce que mon fournisseur a tellement eu peur que les préfets croient qu'il me vendait de la drogue qu'il leur a fait croire qu'on avait couché ensemble dans la salle qu'on avait bloquée. Il s'est sûrement dit qu'on risquait moins gros avec cette excuse. Moi j'étais coincé, je ne pouvais pas dire qu'il me vendait des potions, même si elles n'étaient pas droguées, et je ne voulais pas que ton meilleur ami croit que je te trompais... Alors je n'ai rien pu dire. Et je ne sais donc pas ce que Ron et sa collège ont cru. Mais je te promets que je n'ai pas acheté de potions droguées et que je ne couchais pas avec avec ce mec, assura Adrian.

- Je te crois, affirma Harry ans hésiter. Mais tu aurais pu me dire que tu prenais ces potions dès que tu m'as parlé de ton allergie...

- J'avais peur que tu crois que c'était de la drogue.

- Si tu m'avais dit que ça n'en était pas, je t'aurais cru. Tu as de la chance que Ron ne m'ait pas parlé de cette ronde avant toi. Là j'aurais pu me poser des questions.

- Je suis désolé. Mais mets-toi à ma place. Ce n'est pas facile d'avouer qu'on prend des potions qui peuvent être considérées comme de la drogue... J'avais vraiment peur que tu crois ça et que tu me quittes pour ça... Je ne veux pas te perdre, Harry. Je t'aime trop pour ça.

Harry se sentit fondre sous ces mots. En guise de réponse, il plaqua ses lèvres contre celles d'Adrian et entraîna son petit-ami dans un long et langoureux baiser. Ils se séparèrent au bout de plusieurs minutes, les lèvres rougies et le souffle un peu court.

- On va déjeuner ? proposa Adrian.

- Uniquement si tu me promets de manger avec moi. Ne t'en fais pas pour Ron, je lui expliquerai tout lorsque je serai seul avec lui.

- Bon, dans ce cas je veux bien.

- Super, allons-y alors.

Adrian et Harry se levèrent, s'habillèrent et sortirent du dortoir. Alors qu'ils se dirigeaient vers la Grande Salle, Harry repensa à ce que venait de lui apprendre Adrian et il sentit un malaise l'envahir. C'était comme s'il avait l'impression que quelque chose n'allait pas sans savoir quoi. Il se souvint alors que Hermione avait elle aussi croisé Adrian dans une situation similaire à celle de Ron. Là aussi, Adrian avait pris les devants en lui expliquant qu'il n'était pas du tout en train d'acheter de la drogue et qu'il avait justement empêcher un dealer d'en vendre à un jeune élève. Harry ne put s'empêcher de se dire que cela faisait deux fois qu'un de ses amis découvrait Adrian dans une situation délicate et que c'était toujours Adrian qui lui en parlait en premier. Comme s'il voulait avoir une longueur d'avance sur Ron ou Hermione... Comme si... comme s'il cachait quelque chose... Non, il se faisait des idées. Adrian avait toujours été honnête avec lui. La preuve, il venait de lui avouer qu'il prenait des potions pour calmer les effets indésirables de son traitement contre son allergie... Non, ce malaise n'avait pas lieu d'être. Tout était parfaitement normal. Ce fut sur cette pensée que Harry entra dans la Grande Salle avec Adrian. Il remarqua bien l'air gêné de Ron lorsqu'Adrian s'installa à la table des Gryffondor mais il l'ignora, sachant qu'il parlerait plus tard à son meilleur ami. Il ne voulait pas qu'il y ait des tensions entre son petit-ami et un de ses amis. Adrian était quelqu'un de bien, Harry en était persuadé.

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(lundi 27/11) POV Ginny

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Ginny attendait avec impatience que les cours se terminent. Elle avait un entraînement de Quidditch à dix-sept heures et elle avait prévu de voir Blaise ensuite. Enfin, après le dîner. C'était le genre de fin de journée qu'elle adorait.

Sa relation n'avait pas beaucoup évolué avec Blaise. Ils passaient toujours du temps ensemble à parler et à s'embrasser et cela leur convenait très bien ainsi. Ils n'arrivaient pas vraiment à définir leur relation car ils ne savaient toujours pas ce qu'ils voulaient. Ginny ne voulait pas refaire l'erreur qu'elle avait faite avec Michaël. Elle ne regrettait absolument pas l'histoire qu'elle avait eue avec lui, ça s'était toujours bien passé et ils s'étaient quittés en de très bons termes, mais elle n'avait pas assez réfléchi à ses sentiments avant de sortir avec lui. Elle souhaitait donc prendre son temps avec Blaise. Elle ne voulait pas se mettre vraiment en couple avec lui pour se rendre compte quatre mois plus tard qu'en fait, elle n'était pas réellement amoureuse de lui. Elle savait que Blaise, lui, était amoureux d'elle. Il n'avait pas eu besoin de le lui dire pour qu'elle l'ait deviné. Cela se voyait dans la façon dont il la regardait, dans ses attentions, dans ses gestes, dans le ton de sa voix... Elle voulait donc à tout prix éviter de lui faire de la peine en sortant avec lui alors qu'elle n'était pas amoureuse de lui. Elle tenait à être honnête avec lui. Même si elle avait de sérieux doutes quant à ses propres sentiments. Elle sentait bien qu'elle éprouvait quelque chose de différent pour Blaise que ce qu'elle avait éprouvé pour Michaël. Mais elle ne savait pas ce que c'était exactement. Car elle n'avait jamais ressenti ça pour personne. Si c'était de l'amour, elle préférait attendre d'en être sûre avant de s'engager dans quoi que ce soit avec Blaise. Elle agissait de manière responsable au lieu de foncer tête baissée et elle dérogeait donc au caractère de Gryffondor. Mais c'était pour le mieux.

Lorsque le professeur Chourave annonça la fin du cours, Ginny fut l'une des premières à quitter les serres de botanique. Elle rejoignit le château, monta à son dortoir où elle déposa son sac de cours et récupéra ses affaires de Quidditch, puis elle ressortit du château pour se rendre aux vestiaires. Elle arriva pile à l'heure. Le briefing commença dès qu'elle s'installa.

- Bon, comme vous le savez, le match contre les Poufsouffle a lieu dans trois mois, ce qui nous laisse deux mois et demi environ pour nous entraîner, étant donné que lors des vacances de Noël, tout le monde ne restera pas à Poudlard. Pour l'instant on ne se débrouille pas trop mal, même si je note une légère baisse de niveau chez certains d'entre vous. Pour ceux qui ont assisté au match hier entre Poufsouffle et Serdaigle, vous avez pu remarquer que Poufsouffle était très axé sur l'attaque. Alors que lors des années précédentes, ils étaient beaucoup plus défensifs. Cette stratégie est assez dangereuse pour les autres équipes car même s'ils n'ont marqué que sept buts, ils ont beaucoup, beaucoup, beaucoup essayé de marquer. Ils avaient le souafle pendant les trois quarts du match, si ce n'est plus. Les poursuiveurs de Poufsouffle ne sont peut-être pas très doués pour marquer, mais ils sont très efficaces pour empêcher l'autre équipe de marquer puisqu'ils gardent en permanence le souafle. S'ils avaient laissé plus souvent le souafle aux Serdaigle, ces derniers auraient marqué bien plus de buts car ils ont des poursuiveurs qui sont très doués pour marquer. Durant ce match ils ont marqué plus de buts que Poufsouffle et ils auraient presque pu gagner le match sans le vif d'or s'ils avaient eu plus souvent la balle. Le match a duré très longtemps, les Poufsouffle ont eu le souafle au moins vingt fois et n'ont marqué que sept fois alors que les Serdaigle ont eu le souafle onze fois et ont marqué dix fois. Niveau possession, ils ont été relativement en-dessous. Poufsouffle a réussi à défendre en étant axé sur l'attaque car ils récupéraient le souafle avec une aisance plus que déconcertante et empêchaient ainsi les Serdaigle de marquer. Ils ont vraiment été très vicieux, il va falloir se méfier d'eux. On ne sait pas comment ils vont jouer face à nous. Mais nous, ce qu'on sait, c'est qu'ils sont très habiles pour garder le souafle. Ils ne se laissent pas perturber facilement. Fred, George, vous allez donc devoir vous concentrer sur les poursuiveurs tout en gardant un oeil sur l'attrapeur qui a quand-même eu le vif d'or face à Serdaigle. Mais normalement, si notre attrapeur se montre plus attentif que lors des derniers entraînements, celui de Poufsouffle ne devrait pas nous poser de problèmes.

Ginny tiqua face à la remarque d'Angelina sur Harry. George sembla lui aussi irrité puisqu'il fixa Angelina avec un regard noir.

- Quant à toi, Ron, même si les Poufsouffle semblent nuls pour marquer, ne te repose pas sur tes lauriers. Lors du match qui nous opposera, ils pourront très bien être dans leur bon jour et marquer bien plus que face aux Serdaigle. Inutile de vous rappeler ce qui s'est passé face aux Serpentard. On savait que l'un des poursuiveurs serait un remplaçant, on s'est dit qu'il n'y avait pas de quoi s'en méfier et on a failli s'en mordre les doigts. Nott nous a bien eus en jouant aussi bien qu'un titulaire. Surtout qu'il était en parfaite osmose avec Montague et Pucey. Nous ne devons plus nous fier aux apparences. Il va également falloir qu'on marque le plus possible face aux Poufsouffle. Car certes, on a gagné face à Serpentard mais ils ont beaucoup plus marqué que nous. Et ils vont sûrement faire de même face à Poufsouffle et Serdaigle. Si Serpentard attrape en plus le vif d'or face à eux, même si on gagne nos deux prochains matchs, Serpentard pourrait très bien nous surpasser au nombre total de points. Car si on ne marque pas autant qu'eux, cela réduira l'écart qui existe entre nous depuis le premier match. C'est pour cela qu'il faut marquer le plus possible contre Poufsouffle et Serdaigle. Nous ne sommes vraiment pas assurés de gagner la Coupe à la fin d'année pour le moment. Nous allons donc devoir nous perfectionner sur tous les plans lors des prochains entraînements. Pour celui d'aujourd'hui, on va travailler à la fois sur l'attaque et sur la défense. Ce qui signifie que les poursuiveurs vont devoir garder le souafle le plus longtemps possible tout en essayant de marquer un max. Fred, George, vous vous concentrez sur Dean, Demelza et Kyle en priorité et sur Ginny une fois le vif d'or apparu mais tout en continuant à envoyer les cognards sur les poursuiveurs de l'équipe adverse. Dean, Kyle et Demelza, vous devez essayer de garder le souafle pour nous obliger, Alicia, Katie et moi, à venir le prendre. Andrew et Jack, votre mission est simple : viser n'importe quel joueur dès que le cognard vient vers vous. Cela forcera Fred et George à jouer aussi sur la défense et à être très attentifs puisqu'ils ne sauront pas à l'avance quel joueur sera visé. Je crois que je vous ai tout dit, je vous donne rendez-vous dans cinq minutes sur le terrain.

Comme tous les autres membres de l'équipe, Ginny s'empressa d'aller se changer. Elle fut l'une des premières à arriver sur le terrain. Lorsque l'équipe fut au complet, tous les joueurs s'envolèrent dans les airs. Ginny fit exprès de se poster à un endroit où elle ne se postait jamais d'habitude afin de déstabiliser Harry. Celui-ci la regarda avec un air faussement courroucé qui la fit rire. Bon, l'un comme l'autre, il allait falloir repasser pour «faire comme si on était adversaires». Ils observèrent leurs coéquipiers jouer en-dessous d'eux et ils échangèrent de temps à autre un regard dans lequel ils faisaient passer leurs commentaires sur l'entraînement de leurs camarades. «Peut mieux faire», «Bien», «Très bonne passe», «Attends il a voulu faire quoi là ?!», «Aucune idée mais c'était nul» furent les phrases que l'un put lire dans le regard de l'autre. Cela ne les empêchait pas de vérifier dans le même temps si le vif d'or était là. Ce fut au bout d'une demie-heure d'entraînement que la balle dorée fit son apparition. Harry et Ginny la virent au même moment. Ils se précipitèrent tous les deux vers elle et furent très vite au coude à coude. Ils suivirent les mouvements du vif d'or et faillirent le perdre de vue deux fois. Mais ils s'accrochèrent et gardèrent la petite balle ailée dans leur ligne de mire. Ginny tenta une fois de l'attraper mais le vif d'or ne se laissa pas faire aussi facilement. Il vira brusquement à droite, obligeant Harry et Ginny à faire de même. Il les sema pendant un court instant mais ils réussirent vite à se rapprocher de lui de nouveau. Harry avait une légère avance sur Ginny et il en profita pour tendre le bras. Ginny était sûre et certaine qu'il allait attraper le vif d'or tellement il était bien placé. Mais ses doigts manquèrent de peu la petite balle. Ginny en fut vraiment étonnée. Normalement, Harry aurait pu s'en saisir. C'était comme s'il voyait le vif d'or mais qu'il ne savait pas où il était exactement. Les lunettes de Harry lui faisaient-elles défaut ? Ginny n'eut pas le temps de s'interroger davantage car ils aperçurent une nouvelle fois le vif d'or en même temps. Elle fut plus réactive que Harry mais il vola plus vite qu'elle, ce qui lui permit de se retrouver de nouveau au coude à coude avec elle. Il parvint même à la dépasser et tendit le bras dans une deuxième tentative d'attraper le vif d'or. Cette fois, ses doigts se refermèrent sur la petite balle ailée. Ginny et lui redescendirent pour atterrir doucement sur la terre ferme. Leurs coéquipiers les rejoignirent quelques minutes plus tard. Alors que Fred, George, Dean et Harry rangeaient souafle, cognards et vif d'or, Ginny discuta avec Katie, Alicia et Demelza. Elles étaient en train de parler du prochain match contre les Poufsouffle quand les voix de Fred et de George se firent entendre derrière eux :

- Les filles attention !

Ginny et ses coéquipières se retournèrent et virent un cognard arriver droit vers elles. Ginny eut juste le temps de se jeter sur le sol. Une vive douleur au poignet lui indiqua que celui-ci n'avait pas apprécié le choc brutal. À peine fut-elle par terre qu'elle entendit le cognard fuser à pleine vitesse au-dessus d'elle. Elle attendit que les jumeaux aient neutralisé la balle pour se relever. Katie, Alicia et Demelza ne semblaient pas avoir été touchées, elles non plus.

- Excusez-nous, il nous a totalement échappé, se justifia Fred. George pensait trop à sa moitié pour tenir suffisamment le cognard...

- N'importe quoi, dit George en levant les yeux au ciel. Je pourrais en dire autant de toi... Qui dit que tu ne pensais pas à Angelina ?

- Parce que je ne pense pas à elle à chaque seconde de la journée.

- Si tu le dis. Bon, sinon, vous n'avez rien ? Vous n'êtes pas blessées ?

- Comme tu le vois, ça va, répondit Alicia. D'ailleurs on ferait mieux de...

- Je peux savoir ce que vous faites plantés là ?!

Tout le monde – ou presque – se retourna. Angelina venait de les rejoindre et elle n'avait pas l'air très contente.

- On vous attend pour le debrief, je vous ferais dire ! Ce n'est pas étonnant qu'on ait failli perdre contre Serpentard si vous n'êtes même pas disciplinés ! Comment voulez-vous être rigoureux dans vos entraînements si vous n'êtes pas rigoureux dans votre ponctualité ?!

- Et si tu nous laissais nous expliquer au lieu de tout de suite nous agresser ? demanda sèchement Fred. Pour ta gouverne, George, Dean, Harry et moi étions en train de ranger les balles quand le cognard nous a échappé des mains. Les filles qui n'étaient pas très loin auraient pu être gravement blessées. Nous nous assurions juste qu'elles allaient bien quand tu es arrivée.

Angelina sembla gênée suite aux explications de Fred.

- Pardon, je ne savais pas. Mais si les filles avaient rejoint les vestiaires au lieu de rester papoter, elles n'auraient pas été en danger ! Maintenant je vous veux tous dans les vestiaires et pas plus tard que maintenant !

Angelina tourna les talons sur ces mots. George se tourna vers Fred.

- Mais qu'est-ce que tu lui trouves, sérieux ? Tu ne vois pas comment elle nous traite ?

- Elle est gentille, en dehors du Quidditch... plaida Fred.

- Elle doit bien se rattraper, alors, railla George. Enfin bon, c'est ta vie privée, je n'ai pas à m'en mêler. Allons aux vestiaires sinon on ne ressortira pas vivants de cette séance.

Tout le monde se mit en route vers les vestiaires alors que Fred bougonnait un «T'exagères...». Lorsqu'ils arrivèrent, Angelina était déjà en train de débriefer l'entraînement. Elle félicita la plupart des joueurs, en critiqua d'autres – dont Harry – puis elle les laissa se doucher et se changer. Ginny ne se fit pas prier et partit de suite prendre une douche. Alors qu'elle se lavait, Ginny s'aperçut que son poignet lui faisait toujours mal. Elle se dit que ça allait vite passer et que ça ne servait à rien d'aller à l'infirmerie. Elle sortit des vestiaires une dizaine de minutes plus tard, rentra au château, alla déposer ses affaires dans son dortoir et descendit ensuite dîner dans la Grande Salle. Elle y resta une bonne demie-heure puis elle sortit et attendit Blaise qui ne tarda pas à la rejoindre. Comme ils en avaient l'habitude depuis trois semaines, ils se rendirent à la Salle sur Demande. Ginny l'avait découverte grâce à Harry et avait décidé d'en profiter pour y passer du temps avec Blaise. Ce dernier avait de suite apprécié l'endroit. Ils pouvaient transformer la salle en tout ce qu'ils voulaient. Le plus souvent, ils faisaient apparaître des fauteuils aux couleurs de Serpentard et de Gryffondor ainsi qu'une table basse pour y déposer la nourriture qu'ils apportaient avec eux, étant donné que la Salle sur Demande ne pouvait pas en fournir. Dans cette salle, au moins, ils ne risquaient pas d'être dérangés.

Une fois arrivés, la Salle prit l'apparence qu'elle avait quand ils venaient. Blaise s'assit dans le fauteuil aux couleurs vert et argent, Ginny dans celui aux couleurs rouge et or. En s'asseyant, elle s'appuya sur les bras du fauteuil, ce qui lui valut un petit cri de douleur. Elle avait complètement oublié son poignet. Évidemment, son cri alerta Blaise.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Tu t'es fait mal ?!

- Oui mais pas à l'instant...

- Comment ça ?

- Je me suis blessée pendant l'entraînement. Enfin pas pendant l'entraînement en lui-même, mais juste après.

Blaise regarda Ginny avec un air perplexe. Réalisant qu'il ne pouvait rien comprendre avec ce qu'elle venait de dire, elle décida de lui raconter ce qui s'était passé.

- Mais pourquoi n'es-tu pas allée à l'infirmerie ? interrogea Blaise lorsqu'elle eut fini son court récit.

- Parce que je croyais que ça allait passer. Ce n'est rien, c'est juste un peu sensible.

- Ouais, tu peux à peine t'appuyer dessus, tu veux dire !

- C'est encore frais, c'était il y a une heure, c'est normal que ça me fasse encore mal, mais ça va passer, assura Ginny. Il faut juste attendre.

- Ginny... soupira Blaise. Je te rappelle que ça fait des années que je souhaite devenir médicomage. J'ai forcément déjà quelques connaissances. Je sais donc que, contrairement à ce que tu veux me faire croire, ça ne va pas passer comme ça. Il faut mettre quelque chose sur ton poignet. Les potions ne te serviront à rien, il te faut juste un baume. Et il faut aussi immobiliser ton poignet jusqu'à ce qu'il ne te fasse plus mal.

- Mais je n'ai pas envie d'aller à l'infirmerie, s'obstina Ginny.

- J'ai ce qu'il faut dans mon dortoir, annonça Blaise. Attends-moi là, je reviens.

- Mais tu ne vas pas me laisser là toute seule ! Tu ne veux pas que je t'accompagne ?

- C'est à mon dortoir que je dois aller, Ginny, répéta Blaise, l'air gêné.

- Oui, j'ai compris, merci, lâcha Ginny. Mais je peux très bien venir avec toi.

- Il vaut mieux éviter, dit prudemment Blaise.

- Pourquoi ? Parce que ton dortoir est sans dessus dessous ? J'ai six frères, Blaise. Je sais ce que c'est de vivre avec des garçons et leur désordre.

- Ce n'est pas de ça dont je veux parler. Si tu viens avec moi, ça signifie que je vais emmener une fille dans mon dortoir. Ça va aussitôt jaser dans ma salle commune. Tous les efforts qu'on a fait pour rester discrets vont être réduits à néant. Et puis ça me met mal à l'aise de t'emmener à mon dortoir. J'aurais l'impression de brûler les étapes même si on ne fait absolument rien d'intime.

- Oh...

Ginny venait juste de comprendre ce qui gênait Blaise. Elle ne put s'empêcher de trouver ça trop adorable. Elle sentit une vague d'amour sans précédent envahir son coeur et elle n'eut qu'une envie : se jeter dans les bras de Blaise et l'embrasser à en perdre haleine. Elle repensa aussitôt à ce qu'elle venait de penser. Une vague d'amour ? Était-ce vraiment cela qu'elle avait ressenti ? Apparemment, oui... Mais ce n'était pas la question pour le moment. Elle devait convaincre ce stupide Serpentard qu'il n'y avait rien de gênant à ce qu'il l'emmène dans son dortoir pour soigner son poignet.

- Je comprends que tu sois gêné mais si on ne veut vraiment pas que tes camarade se fassent des idées, on n'aura qu'à leur dire la vérité, un point c'est tout. Si tu veux, tu pourras même soutenir mon poignet pour bien leur faire comprendre que tu vas juste me soigner. Et si vraiment tu veux éviter tout quiproquo, tu cries direct en arrivant que tu vas t'occuper de mon poignet. Comme ça les gens n'auront pas le temps de se faire des idées.

Blaise regarda Ginny un moment avant de capituler :

- D'accord, on fait comme ça. Allons-y !

Ginny et lui quittèrent la Salle sur Demande et se rendirent à la salle commune de Serpentard. Blaise donna le mot de passe, la porte s'ouvrit et il annonça direct haut et fort :

- Que personne n'aille croire quoi que ce soit, j'emmène Ginny dans mon dortoir mais uniquement pour soigner son poignet ! Inutile donc de créer des rumeurs puisqu'elles n'auront rien de fondé ! Si vous voulez vraiment vous assurer qu'il n'y a rien entre Ginny et moi, vous pouvez venir vérifier, vous savez où se trouve mon dortoir ! À bon entendeur !

Ginny dut se retenir de rire en voyant les regards interloqués, ahuris et dépassés des Serpentard présents dans la salle commune. Elle suivit Blaise jusqu'à son dortoir qu'elle découvrit plutôt bien rangé. Blaise l'invita à s'asseoir sur son lit et chercha ce qu'il fallait pour soigner son poignet. Ginny le vit sortir un baume et un bandage. Il s'assit à côté d'elle, lui demanda de tendre la main et la prit doucement dans la sienne. De son autre main, il manipula délicatement son poignet, lui faisant faire tout un tas de mouvements avant de le tâter tout aussi doucement. Ginny eut légèrement mal, ce qui conforta Blaise dans ce qu'il pensait. C'était le choc qui avait rendu douloureux le poignet de Ginny. Blaise étala ensuite le baume puis il entoura le poignet de Ginny d'un bandage qui l'empêchait de se plier. Ginny fut surprise et fascinée par la délicatesse avec laquelle il effectua ces soins. Il était vraiment fait pour être médicomage. C'était de toute évidence sa vocation. Elle aima aussi beaucoup le contact des doigts de Blaise sur sa peau mais ça, elle n'était pas sûre que ça ait un rapport avec ses dons de médicomage. C'était davantage une appréciation... personnelle.

- Tu devrais avoir moins mal d'ici quelques heures, lui dit Blaise alors qu'il rangeait le matériel.

- Cool. Combien de temps vais-je devoir garder le bandage ?

- Je dirais trois jours, mais ça dépendra de ce que tu feras de ton poignet. Si tu l'utilises beaucoup, tu vas devoir garder le bandage plus longtemps.

- C'est le gauche, ça va. Et le prochain entraînement n'est prévue que jeudi donc ça devrait aller.

- Tu es quand-même la seule fille qui arrive à rester entière durant un entraînement de Quidditch malgré le fait qu'elle joue contre de vrais cognards humains mais qui se blesse juste après ledit entraînement sans avoir rien fait de spécial pour cela.

- Disons que le véritable cognard a décidé de m'attaquer à ce moment-là, rit Ginny. Et je ne suis pas celle qui joue le plus face à Fred et George Certes, je joue avec les remplaçants et eux avec les titulaires, mais je ne suis qu'attrapeur. Bon, ça ne les empêche pas pour autant de me viser quand je poursuis le vif d'or. Mais durant le reste du match ils me laissent tranquille.

- Et ils t'attaquent au moment où tu t'y attends le moins. C'est-à-dire juste après l'entraînement quand tu es en train de discuter tranquillement avec tes coéquipières.

- Ils n'en ont pas fait exprès, protesta Ginny. Le cognard leur a échappé des mains.

- Il n'a blessé personne d'autre ?

- Non, apparemment. C'est bien, toi au moins tu prends des nouvelles des potentielles victimes. Pas comme notre chère capitaine...

- Ouh là, ce n'est toujours pas le grand amour entre elle et toi. Ou, plutôt, entre l'équipe et elle.

- Elle est imbuvable, répliqua Ginny. Tout prétexte est bon pour qu'elle nous dispute. Ça fait trois semaines que le match contre Serpentard a eu lieu et elle nous reproche encore notre prestation... Enfin moi je n'y étais pas mais je compatis avec ceux qui ont joué ce match.

- Mais vous ne pouvez pas vous plaindre de l'attitude de votre capitaine auprès de votre directeur de maison ?

Ginny haussa les épaules.

- Ça ne ferait que rendre l'ambiance encore plus mauvaise au sein de l'équipe. On préfère éviter de donner à Angelina des raisons de nous en vouloir. Mais il y a des joueurs qui en ont quand-même parlé au professeur Lupin. Il nous a tous réunis il y a quelques jours pour qu'on mette les choses à plat mais ça n'a servi à rien. Nous sommes tous restés campés sur nos positions et Angelina a refusé de se remettre en question. Le professeur Lupin a juste pu nous demander de faire des efforts pour que l'ambiance soit plus agréable. Son regard s'est légèrement attardé sur Angelina mais elle a fait comme si de rien n'était.

- Elle n'aurait jamais dû être nommée capitaine, estima Blaise. Si elle n'est même pas capable de se remettre en cause et de s'assurer que ses joueurs vont bien après qu'un cognard les ait attaqués...

- Heureusement que tu es là pour t'occuper de moi, plaisanta Ginny. En fait je crois que je vais faire exprès de me blesser d'une manière ou d'une autre pour que tu sois aux petits soins pour moi.

- Ooooh c'est très Serpentard, cette idée... J'aime beaucoup ça, sourit Blaise.

- Prouve-le-moi, défia Ginny.

Blaise ne se fit pas prier et posa ses lèvres sur celles de Ginny qui répondit aussitôt à son baiser. Celui-ci, d'abord sage, devint vite passionné. Ginny essaya de se rapprocher le plus possible de Blaise, ce qui n'était guère évident puisqu'ils étaient tous deux assis sur le lit. Elle passa alors ses bras autour de la nuque de son Serpentard adoré et elle l'attira à elle tout en se laissant tomber sur le lit, entraînant ainsi Blaise avec elle. Se retrouvant allongé sur Ginny, ce dernier voulut se redresser, sûrement gêné, mais elle l'en empêcha en gardant ses bras autour de son cou. Blaise ne chercha pas à se battre bien longtemps et oublia sa gêne pour se concentrer sur le baiser. Il se pressa même davantage contre Ginny qui apprécia beaucoup cette initiative. Elle glissa ses doigts dans les cheveux de Blaise pendant que celui-ci caressait les épaules de Ginny. Le baiser se fit de plus en plus intense, si bien que Ginny en perdit presque la tête. Elle oublia même qu'elle était dans le dortoir et sur le lit de Blaise et que ce dernier était complètement allongé sur elle. Mais un certain Serpentard ne tarda pas à le leur faire rappeler. Ils n'eurent pas le temps de se séparer lorsque les rideaux de Blaise s'ouvrirent d'un coup.

- Blaise je dois te...

Le Serpentard s'interrompit brusquement alors que Blaise se redressait vivement. Ginny vit alors que le visiteur indésiré n'était autre que Malfoy qui, en cet instant-même, semblait avoir avalé de travers le Magicobus. Une fois remis du choc, il se mit à rougir.

- Oups, pardon, je... je ne voulais pas vous... vous déranger... bafouilla-t-il, l'air très gêné. Blaise, tu pourrais prévenir quand tu veux batifoler avec ta copine.

Blaise écarquilla les yeux alors que Ginny rougissait à son tour.

- Mais ce n'est pas du tout ce qu'on faisait ! s'écria Blaise.

- Ce n'était pas très flagrant, rétorqua Malfoy.

- Draco, je te jure qu'on ne faisait rien, insista Blaise. Je l'ai même dit à tous ceux qui étaient dans la salle commune pour que...

- Ah parce qu'en plus toute la salle commune était au courant que tu allais coucher avec ta petite-amie ?!

- Mais non, c'est tout le contraire ! C'était ce que j'étais en train de te dire ! Ginny s'est blessée après son entraînement, elle ne voulait pas aller à l'infirmerie alors nous sommes venus ici pour que je la soigne. Je savais que ça allait jaser dans la salle commune s'ils me voyaient aller dans mon dortoir avec une fille alors je leur ai dit à tous que j'allais simplement soigner Ginny. On était juste en train de s'embrasser quand tu es arrivé.

- C'est bon, je te crois. Mais ça ne me regarde pas, de toute façon. Tu fais ce que tu veux avec ta copine. J'étais juste venu te dire quelque chose mais ça attendra. À plus tard.

Malfoy s'en alla sur ces mots. Un silence un peu gênant s'installa avant que Ginny ne le brise :

- C'est moi ou il ne t'a pas du tout cru ?

- Je me pose la même question, grimaça Blaise. Je vais devoir lui parler en tête-à-tête afin de clarifier les choses.

Ginny se mordit la lèvre.

- Je suis désolée, tout ça c'est de ma faute. Je n'aurais pas dû te faire tomber sur moi comme ça.

- Je ne t'en veux absolument pas. C'était très agréable. Mais il va quand-même falloir qu'on fasse attention. Ne t'en fais pas, je vais arranger les choses avec Draco. Tu veux qu'on retourne à la salle sur demande ?

- Je veux bien, il reste deux heures avant le couvre-feu des binômes, autant en profiter.

Blaise acquiesça et se leva, aussitôt imité par Ginny. Ils quittèrent le dortoir, sortirent de la salle commune de Serpentard et se rendirent de nouveau à la Salle sur Demande. Lorsqu'ils se voyaient après le dîner, ils restaient toujours ensemble jusqu'à vingt-trois heures, profitant du couvre-feu réservé aux binômes même s'ils ne travaillaient pas ensemble. En réalité, les professeurs étaient assez souples quand ils voyaient des troisième, quatrième ou cinquième année se promener dans les couloirs avec une autre personne que leur binôme. Ils savaient que le travail en binôme occupait une grande partie du temps libre des cent vingt élèves concernés qui n'avaient donc pas le temps de voir leurs amis ou leurs petits-amis. Ce couvre-feu retardé, c'était l'occasion de décompresser un peu les soirs où les élèves n'avaient pas de séance de travail avec leur binôme. Tant qu'ils ne faisaient pas de bêtises dans les couloirs, les professeurs laissaient les élèves de troisième, quatrième et cinquième année se promener dans le château, peu importe la personne avec qui ils étaient. Ginny trouvait ça cool de leur part.

Lorsqu'elle entra dans la Salle sur Demande avec Blaise, les fauteuils et la table basse étaient de nouveau là. Ils s'installèrent et se racontèrent leur journée. Alors qu'ils discutaient, Ginny repensa à ce qui s'était passé dans le dortoir de Blaise. Elle était un peu déçue et frustrée. Elle aurait aimé que ce moment dure plus longtemps. Elle était un peu en rogne contre Malfoy de les avoir interrompus. Bien sûr, elle n'aurait vraiment rien fait avec Blaise mais elle avait apprécié de l'avoir eu sur elle. Ils n'avaient jamais été aussi proches et cela lui avait beaucoup plu. Mais elle aimait tout autant parler avec lui, rire avec lui, plaisanter avec lui... En fait, elle aimait tout simplement passer du temps avec lui, quoi qu'ils fassent. Elle se disait de plus en plus qu'elle aimait tout chez Blaise, mais peut-être l'aimait-elle tout court ? Elle ne savait pas encore si elle pouvait l'affirmer. Elle préférait attendre d'en être sûre. En tout cas, ce qui était certain, c'était que ce rapprochement dans le dortoir lui avait plu et qu'elle souhaitait devenir de plus en plus proche avec Blaise, de n'importe quelle manière que ce soit.

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(mercredi 29/11) POV Hermione

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En sortant du cours de potions qui était le dernier de la journée, Hermione se tourna vers ses amis :

- Vous avez quelque chose de prévu ?

- Oui, une séance de travail, grimaça Ron.

- Ne fais pas cette tête, dit Hermione. Ça se passe bien avec Susan, non ?

- Oui, bien sûr, mais on doit faire le devoir d'histoire de la magie et je n'ai pas envie de m'y mettre.

- Susan va réussir à te motiver, positiva Hermione.

- Elle n'est pas fan non plus de cette matière, avoua Ron. Je pensais que ça irait mieux en changeant de professeur mais je n'arrive vraiment pas à accrocher.

- On n'a peut-être pas le meilleur professeur qui soit, aussi, supposa Hermione.

Harry et Ron la fixèrent avec des yeux ronds.

- Quoi, qu'est-ce que j'ai dit ? s'étonna Hermione.

- Tu viens de critiquer indirectement un professeur, lâcha Harry, perplexe.

- Ah... Je dis ce que je pense, c'est tout.

- Tu n'aimes pas le professeur Manley ?

- C'est plutôt son cours que je n'aime pas. Ou, plutôt, la façon dont il le présente. Le professeur Binns n'avait aucun parti pris, il dictait son cours et voilà, et c'est ce que fait aussi le professeur Manley sauf qu'on entend dans sa voix quel jugement il porte sur tel ou tel événement de l'histoire du monde magique. Je ne pense pas qu'un professeur doive montrer ce qu'il pense. Mais bon, tant que ses cours nous apprennent ce qu'on doit savoir, c'est le principal. Tu vas faire quoi, toi, Harry ?

- Je vais voir Adrian.

Hermione vit Ron grimacer de nouveau. Mais sûrement pas pour la même raison que la première fois. Elle l'ignora pour le moment et s'adressa à Harry :

- Amuse-toi bien, alors, dit-elle en souriant. Tu n'as aucun devoir à faire ?

- Non, répondit Harry, mi-agacé, mi-amusé. Je ne fais pas passer mes devoirs après mon couple, si c'est ce qui t'inquiète. Et toi, tu vas faire quoi ?

- Je ne sais pas, je n'ai rien de prévu. Je vais sûrement aller me promener un peu dans le parc. Ça va me faire du bien de prendre l'air.

- D'accord, on se voit au dîner alors.

Harry s'en alla, laissant Ron et Hermione seuls. Cette dernière se tourna vers son ami :

- Ça te dérange que Harry aille voir Adrian ?

- Non, pas du tout. Pourquoi tu me demandes ça ?

- Parce que tu as fait une drôle de tête quand Harry nous a dit qu'il allait rejoindre Adrian.

- Je me disais juste qu'il avait peut-être quelque chose de plus urgent à faire. Genre, ses devoirs, ou un truc comme ça.

Hermione haussa un sourcil.

- Depuis quand tu t'inquiètes pour les devoirs de Harry ?

- Je ne m'inquiète pas, c'est juste que... oh et puis laisse tomber. Ce n'est pas important.

- Si, ça l'est. Je ne sais pas ce que tu me caches mais ça doit être sérieux pour que tu ne veuilles pas me le dire. Tu sais bien que je ne dirai rien, alors dis-moi ce qu'il y a.

Ron soupira.

- Il s'est passé quelque chose la semaine dernière dont je ne t'ai pas parlé. C'était jeudi, pour être plus précis.

Ron raconta alors à Hermione ce qui s'était passé durant sa ronde avec Pansy. Elle se sentit très mal au fur et à mesure que le récit de Ron avançait.

- Mais dimanche, Harry m'en a justement parlé, poursuivit-il. Il m'a dit qu'Adrian avait bel et bien acheté des potions à ce Serdaigle mais que c'étaient des potions pour calmer les effets indésirables de son traitement contre son allergie. Il m'a assuré qu'Adrian ne se droguait pas. Il a réussi à me convaincre sur le moment mais quand j'y repense, je ressens quand-même un certain malaise. C'est comme si je sentais au fond de moi que tout ça était faux. Harry m'a dit qu'Adrian lui avait déjà parlé de son allergie mais qu'il n'avait pas osé lui dire qu'il prenait ces potions car il avait justement peur que Harry prenne ça pour de la drogue... En soi c'est plausible et cohérent. Mais Adrian pourrait très bien être un excellent menteur et mener Harry par le bout du nez...

Hermione ferma les yeux un instant afin de s'exhorter au calme. Il ne fallait surtout pas qu'elle se mette à paniquer.

- Je ne sais pas quoi en penser, avoua-t-elle. Je ne t'en avais pas parlé non plus mais il y a un mois et demi environ, j'avais moi-même surpris Adrian en train de parler avec un dealer. Il s'est enfui quand Terry et moi sommes arrivés mais il a eu le temps de nous voir et de me reconnaître. Il savait que j'allais le soupçonner de se droguer. Là aussi, il a pris les devants en parlant de cette scène à Harry avant que je ne le fasse. Il lui a expliqué qu'il avait en fait empêché ce dealer de vendre de la drogue à un jeune élève. Cet élève était déjà parti quand Terry et moi sommes arrivés. Harry m'a fait part des explications d'Adrian avant que je ne vienne lui en parler. Je ne sais pas si je l'aurais fait mais il ne voulait pas que je soupçonne Adrian de consommer ce genre de potions. Là, avec toi, Adrian a fait exactement la même chose. Il a parlé à Harry avant que tu ne le fasses. D'après ce que m'a dit Harry, il lui avait déjà parlé de son allergie. Je ne sais donc pas si c'est un prétexte dont Adrian se sert à chaque fois ou si c'est vrai. C'est vraiment compliqué. Adrian pourrait à la fois mentir ou ne pas mentir, se droguer ou ne pas se droguer, être sincère avec Harry ou le mener en bateau... On ne peut pas accuser Adrian s'il est innocent. Il a de bonnes excuses, quand-même. Franchement là je suis perdue, je n'arrive pas à y voir clair.

- J'en ai parlé à Pansy quand on s'est revus, elle en a discuté avec Malfoy et ils avaient décidé de mettre tous les préfets au courant pour avoir leur avis. Heureusement, quand j'ai vu Pansy, ils ne l'avaient pas encore fait. Personne ne savait encore ce qui s'était passé. J'ai préféré que les autres préfets ne le sachent pas, étant donné que, tout compte fait, il semblerait qu'Adrian soit innocent. Je ne voulais pas que tous les préfets lui tombent dessus alors qu'il n'avait peut-être rien fait.

- Tu as eu raison, approuva Hermione. Il vaut mieux que ça reste entre Malfoy, Parkinson, toi et moi pour le moment. J'ignore ce qu'on va faire mais je vais y réfléchir. Merci de m'en avoir parlé, en tout cas. Je suis désolée de t'avoir retenu, je sais que tu as une séance avec Susan...

- Ce n'est pas grave, elle comprendra. J'y vais, d'ailleurs. À ce soir au dîner !

Hermione acquiesça et regarda Ron s'éloigner. Elle se demanda ce qu'elle allait faire jusqu'au dîner et se souvint qu'elle avait prévu d'aller se promener. Elle sortit donc du château et se rendit dans le parc. Comme il faisait bon, elle alla s'asseoir près du lac. Elle observa l'étendue d'eau onduler sous l'effet du vent et laissa ses pensées défiler dans son esprit. Alors qu'elle repensait à la discussion qu'elle venait d'avoir avec Ron, deux mains se posèrent soudain sur ses épaules, la faisant sursauter.

- Bouh !

Vite remise de sa surprise, Hermione leva les yeux au ciel en reconnaissant la voix de Ginny. Celle-ci prit place à ses côtés, l'air fier de lui avoir fait peur.

- Tu ne crois pas que tu as passé l'âge de faire peur aux gens comme ça ?

- Il n'y a pas d'âge pour s'amuser, répliqua Ginny. Je ne t'ai pas dérangée dans ta contemplation du lac ?

- Je ne le regardais pas vraiment. J'étais surtout perdue dans mes pensées.

- Oh. Tu préfères rester seule avec toi-même ?

- Non, ça fait du bien d'avoir de la compagnie, dit Hermione en souriant.

- Bien, je reste alors. Tu pensais à quoi ?

- Oh, un peu de tout. J'en étais à Harry quand tu es arrivée.

- C'est ce garçon qui hante ton esprit ? Tu sais qu'il est gay et qu'il est en couple, au moins ?

- Je ne pensais pas à lui de cette manière-là, dit Hermione en riant. En fait je pensais plutôt à son petit-ami. Mais je ne peux pas t'en dire trop car ce sont des histoires de préfet et comme souvent, c'est très compliqué.

- D'accord, j'espère juste qu'Adrian n'a rien fait de grave. Mais continuons à parler de garçons. Tu en es où ?

- J'ai «rompu» avec Viktor. Je lui ai envoyé une lettre au début du mois.

Ginny haussa les sourcils.

- Ça y est, tu l'as enfin fait ? Ça n'a pas été... trop dur ? Je sais que tu étais complètement perdue à ce sujet la dernière fois qu'on en a parlé...

- Il s'est passé quelque chose qui m'a fait prendre conscience que je n'étais pas amoureuse de Viktor. Je n'ai pas réfléchi quand j'ai écrit la lettre. Sinon je savais que je n'allais jamais réussir à la rédiger. La culpabilité m'aurait envahie et j'aurais laissé tomber. Il a dû la recevoir il y a trois semaines à peu près mais il ne m'a toujours pas répondu. J'ai peur de l'avoir blessé et qu'il m'en veuille.

- Tu ne pouvais pas faire autrement, Hermione. Tu devais être honnête avec lui. Tu t'es trompée en croyant que tu l'aimais, ça peut arriver à tout le monde. C'était la première fois que tu ressentais quelque chose pour un garçon, c'est normal que tu te sois méprise sur tes sentiments. Ça m'est arrivé aussi avec Michaël. Je sais, ce n'est pas la même chose car notre histoire a été différente de celle que tu as eue avec Viktor mais ça revient quand-même un peu au même. Surtout que moi je le voyais tous les jours, j'aurais dû me rendre compte que ce n'était pas vraiment de l'amour, mais c'était la première fois pour moi aussi que j'étais attirée par un garçon alors j'ai cru aussitôt que j'étais amoureuse. Tu n'as donc pas à t'en vouloir. Vous n'avez pas vraiment eu le temps de vous poser des questions, vous vous êtes embrassés juste avant le départ de Viktor, c'était compliqué pour vous de savoir si vous étiez amoureux l'un de l'autre ou si c'était juste une attirance... Vous avez décidé de tenter quelque chose ensemble, vous avez correspondu par lettres, ça n'a pas marché pour toi, c'est triste mais c'est comme ça. Viktor aurait dû se dire qu'il y avait des chances que ça ne marche pas entre vous. Je pense d'ailleurs qu'il le savait. Ça m'étonnerait qu'il t'en veuille. Il va te répondre, j'en suis sûre. Il n'a peut-être tout simplement pas le temps. Ou alors il est comme toi, il est lui aussi gêné par la situation. Ça se trouve, il ne sait pas quoi te dire. Alors il repousse le moment de t'écrire. Si jamais dans un mois il ne t'a toujours pas écrit, tu pourras lui renvoyer une lettre en lui disant que tu souhaites rester en contact avec lui. Laisse passer un peu de temps, pour l'instant je ne pense pas que tu puisses faire grand-chose. Il faut juste que tu patientes. Mais cela ne doit pas t'empêcher de vivre en attendant une éventuelle réponse de sa part. Tu as été honnête avec lui, tu lui as bien dit que tu préférais ne pas poursuivre votre histoire, tu es donc libre. Tu peux sortir avec un autre garçon si tu le souhaites, même si je sais qu'il y a peu de chances pour que tu le fasses.

Hermione se mordit la lèvre, ce que vit Ginny. Elle écarquilla les yeux.

- Tu as déjà quelqu'un en vue ? s'exclama-t-elle.

- Je ne sais pas, répondit aussitôt Hermione. C'est flou pour le moment. Je suis un peu perdue sur ce que je ressens. Mais c'est plus fort que ce que j'éprouvais pour Viktor. Ça n'a même rien à voir. Mais comme je me suis déjà trompée une fois sur mes sentiments, j'ai peur de me tromper de nouveau. Je préfère donc ne pas m'avancer en disant si je suis amoureuse ou pas.

- Je comprends. À vrai dire, je suis dans la même situation que toi avec Blaise. Je suis presque sûre d'être amoureuse de lui mais, comme toi, j'ai peur de me tromper et de répéter la même erreur qu'avec Michaël. On a eu une très belle histoire, je ne regrette rien mais je trouve quand-même ça dommage qu'on soit sortis ensemble sans s'aimer réellement. Du coup, pour le moment, Blaise et moi avons décidé d'apprendre à nous connaître comme si nous voulions devenir amis. Sauf que ça s'est vite révélé impossible de ne s'en tenir qu'à une relation purement amicale. Nous sommes attirés l'un par l'autre, c'est indéniable. On continue donc à faire connaissance mais on a désormais le droit de s'embrasser quand on en a envie. Je pense ne pas me tromper en disant que lui est amoureux de moi, et je crois que je l'aime aussi mais je ne veux vraiment pas faire deux fois la même erreur. De toute façon, pour l'instant, cette situation nous convient très bien. C'est le principal. Je te conseille donc d'essayer de passer du temps avec ce garçon qui te plaît afin de savoir ce que tu ressens réellement pour lui. J'imagine que c'est quelqu'un que tu connais déjà assez bien ?

- Oui, répondit Hermione, gênée.

Sachant que Ginny ne dirait rien, qu'elle ne la jugerait pas et qu'elle ne se moquerait pas, elle décida de lui dire de qui il s'agissait :

- C'est Terry, mon binôme de travail.

Ginny haussa les sourcils, l'air surprise.

- Oh. Je comprends mieux pourquoi c'est compliqué. Vous passez déjà énormément de temps ensemble alors tu ne dois pas vraiment savoir si tu t'es juste attachée à lui ou si tu as appris à l'aimer au fil de vos séances de travail...

- C'est exactement ça, souffla Hermione.

Elle était presque choquée que Ginny ait aussi bien lu en elle. Elle n'aurait pas su mieux expliquer sa propre situation.

- Dans ce cas je réitère ce que j'ai dit mais en étant plus précise : il faut que tu passages davantage de temps avec lui mais en-dehors de vos séances de travail. Il faut que vous vous voyiez dans un autre cadre.

- Mais il va forcément se douter de quelque chose si je lui dis que je veux qu'on se voit en-dehors de nos séances, craignit Hermione. Ça se trouve il va vite en avoir marre de moi...

- Si c'est le cas, je pense que tu t'en rendras vite compte et là tu sauras qu'il vaudra peut-être mieux que tu l'oublies comme un potentiel petit-ami. Mais il ne faut pas que tu scrutes pour autant chacune de ses réactions. Et je ne pense pas qu'il se dira aussitôt «Tiens, elle a des vues sur moi». Après tout, vous avez le droit de vouloir vous voir sans pour autant travailler ensemble. Je pense que tous les binômes devraient faire ça, d'ailleurs. C'est important de créer des liens. Bon, évidemment, il faut vraiment bien s'entendre pour envisager de passer plus de temps ensemble, même si c'est en tant qu'amis.

- C'est vrai, admit Hermione. Tu vois Simon en-dehors de vos séances de travail, toi ?

- Quelques fois, oui. Mais c'est très rare. Pourtant on aimerait bien se voir plus souvent. Mais on n'a tout simplement pas le temps. On a déjà eu du mal à s'organiser pour nos séances à cause de nos entraînements respectifs alors c'est presque impossible de se trouver du temps pour se voir juste en tant qu'amis. C'est bête car on s'entend vraiment super bien et on aimerait bien discuter de choses et d'autres. Mais nous sommes trop occupés, l'un comme l'autre. Après je ne me plains pas car je n'ai pas le temps de m'ennuyer. J'aime bien être partout à la fois. Mais j'avoue que parfois j'aimerais bien avoir une heure rien que pour moi. Je sens que je vais bien profiter des vacances.

- Tu rentres chez toi, d'ailleurs ? s'enquit Hermione.

- Je ne sais pas encore. Il faut que je vois ça avec Ron, Fred et George. Et toi, tu comptes rentrer ?

- Oui, sûrement. Ça dépendra de ce que j'aurai à faire. En fait, le plus embêtant, c'est qu'il faut qu'il y ait des préfets qui restent pendant les vacances. Même si on a le droit de tous rentrer si on le veut. Je suis presque sûre que Malfoy va rester, ce sera déjà ça. Mais ce serait bien qu'il y ait au moins trois autres préfets qui passent les vacances à Poudlard. On verra ça dans une ou deux semaines je pense. Bon, sinon, comment se passent tes cours ?

Ginny et Hermione continuèrent à discuter pendant une bonne heure. Devant retrouver Blaise à vingt heures, Ginny dut laisser Hermione afin d'aller dîner. Cette dernière resta encore un peu devant le lac puis elle rentra à son tour lorsqu'il commença à faire vraiment froid. Elle se rendit à la Grande Salle et dîna avec Harry et Ron qui venaient tout juste d'arriver eux aussi. Ils s'en allèrent avant elle, Harry ayant une séance de travail avec Malfoy et Ron ayant son devoir d'astronomie à faire. Hermione quitta la Grande Salle peu après et prit la direction de sa salle commune. Alors qu'elle se dirigeait vers les escaliers, elle tomba sur Terry. Il parut aussi surpris qu'elle de la croiser. Cela se produisait très rarement. Les seules fois où ça arrivait, ils se contentaient de se sourire avant de continuer leur chemin. Là, ils s'étaient tous deux arrêtés mais sans avoir l'air de savoir pourquoi. Résultat, ils se retrouvaient plantés l'un devant l'autre comme des idiots.

- Tu... tu viens de dîner ? demanda Terry.

- Oui, j'allais à ma salle commune, là, répondit Hermione. Tu y vas, toi ?

- Oui, j'ai des devoirs à faire.

Hermione fronça les sourcils.

- Tu vas dîner tout en faisant tes devoirs ?

- Non, je vais les faire dans ma salle commune.

- Mais tu viens de me dire que tu allais dîner...

- Non, tu m'as demandé si j'allais à ma salle commune.

- Mais non, je... Oh, on s'est mal compris. J'aurais dû être plus précise.

- Je crois qu'on devrait éviter de s'échanger des banalités, s'amusa Terry. Ça ne nous ressemble pas et on n'est pas fait pour ça.

- C'est vrai. On n'aurait pas dû s'arrêter, en fait.

- On a voulu se montrer un minimum civilisés, plaisanta Terry. Ça nous apprendra.

Hermione sourit en guise de réponse. Elle se souvint alors du conseil de Ginny. Elle aurait bien aimé proposer à Terry de passer un moment ensemble mais il venait de lui dire qu'il devait faire ses devoirs... Elle trouva cependant une parade :

- La prochaine fois qu'on se croisera, si nous sommes tous les deux libres, on pourra passer une ou deux heures ensemble. Car je trouve ça un peu dommage qu'on se voit uniquement lors de nos séances de travail. Ça nous changerait un peu les idées.

Terry sembla surpris par sa proposition. Croyant qu'il la trouvait absurde, Hermione s'empressa de se rattraper :

- Mais si tu ne veux pas je comprendrais, après tout on se voit déjà assez souvent comme ça... C'était idiot de te proposer ça, surtout qu'on n'a pas vraiment de temps libre... Ou, du moins, pas en même temps. La preuve, là je n'ai rien à faire alors que toi tu dois faire tes devoirs... Demain ça se trouve ce sera l'in...

- Non mais Hermione, je n'ai rien dit du tout, la coupa gentiment Terry. Je trouve que c'est une bonne idée. Seulement, comme tu dis, on n'a pas beaucoup de temps pour se voir. Mais ça peut s'arranger. On va bien pouvoir se trouver une ou deux heures dans la semaine. C'est toi qui a raison. Ce serait bien qu'on puisse se voir sans que ce soit pour travailler ensemble. Parce que ça fait trois mois qu'on se voit plus de dix heures par semaine et on ne sait pas grand-chose l'un sur l'autre. Ça craint.

Hermione haussa les sourcils, amusée.

- Tu parles comme ça, toi ? Tu dis «ça craint» ?

- Bien sûr, répondit Terry sur le ton de l'évidence. Bon, j'avoue, c'est assez rare. Mais ça m'arrive quand-même de le dire. Tu croyais que je parlais comme un intello tout le temps ?

- Je n'en sais rien, dit franchement Hermione. Je ne sais pas comment tu es dans «la vie de tous les jours», en fait.

- Ça, c'est la preuve qu'on doit vraiment apprendre à se connaître, affirma Terry, l'air amusé. Il est hors de question que tu continues à croire que je me comporte comme un intello à longueur de journée ! Et puis je suis sûr que je me fais de fausses idées sur toi aussi.

- Sûrement, approuva Hermione. On essaiera de se trouver du temps, alors.

- Même si ce n'est qu'une ou deux heures par semaine, ça me ferait vraiment plaisir, indiqua Terry.

Il y avait tellement de sincérité dans sa voix que Hermione en fut troublée. En fait, elle ne savait pas si elle se faisait des idées ou non mais il lui semblait que Terry n'attendait que ça, de passer du temps avec elle. Et qu'il avait sauté sur l'occasion dès qu'elle le lui avait proposé. Mais ce n'était sûrement qu'une impression.

- Moi aussi, assura-t-elle tout aussi sincèrement. Je vais te laisser aller faire tes devoirs. Tu vas faire quoi ? De l'arithmancie ? Des runes ? De l'astronomie ?

- Runes et arithmancie. Mais j'ai presque fini le devoir de runes. Par contre je n'ai pas du tout commencé le devoir d'arithmancie.

- Bon courage, alors, dit Hermione en souriant. Travaille bien.

Terry la remercia, lui souhaita une bonne soirée et s'en alla. Hermione resta quelques secondes sans bouger puis elle reprit son chemin vers sa salle commune. Elle ne se rendit pas compte qu'elle souriait tout en marchant. Elle était bêtement heureuse à l'idée de passer plus de temps avec Terry. Elle n'avait jamais ressenti ça avec Viktor. Elle était contente quand elle était avec lui, oui, mais sans plus. Alors que là, elle dansait presque de joie en pensant à ces quelques heures qu'elle allait passer avec Terry à faire simplement connaissance. Mais elle ne voulait pas sauter trop vite sur les conclusions. Cela ne voulait pas forcément dire qu'elle était amoureuse. Elle préférait attendre de connaître un peu mieux Terry avant de se demander réellement si elle l'aimait ou non. Elle voulait vraiment éviter de répéter la même erreur qu'avec Viktor. C'était la seule raison qui expliquait la prudence dont elle faisait preuve, même si une petite voix lui disait que cela cachait peut-être une certaine peur de sa part de se lancer dans une vraie histoire d'amour. Elle ignora cette voix. Elle, avoir peur ? N'importe quoi. Elle était une Gryffondor. Elle avait cassé le nez de Malfoy en troisième année et elle aurait pu avoir des ennuis à cause de ça. Alors ce n'était pas une hypothétique histoire d'amour qui allait lui faire peur ! Elle était tout à fait prête à sortir avec Terry. Mais pas tout de suite. Plus tard. Il fallait d'abord apprendre à se connaître. Ce fut sur cette résolution qu'elle arriva à la salle commune de Gryffondor. Ainsi qu'avec le sourire aux lèvres. Si tous les Gryffondor étaient d'aussi bonne humeur qu'elle, ils auraient sûrement dansé la rumba pendant toute la soirée.

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(samedi 02/12) POV Severus

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Severus était de très mauvaise humeur. Il ne savait pas contre qui car en réalité, il n'avait pas de raison d'en vouloir à qui que ce soit. Il venait d'apprendre dans la Gazette qu'une autre opération avait eu lieu pour arrêter les époux Malfoy et que cela avait cette fois fonctionné. Seulement, cette opération avait été montée dans le plus grand des secrets. Rien n'avait fuité. La Gazette n'avait pas été mise au courant car, d'après les Aurors, si la première opération avait échoué, c'était parce que la Gazette en avait parlé. Les époux Malfoy l'avaient donc appris, même si c'était très peu de temps avant que les Aurors ne débarquent. Ils avaient juste eu le temps de prendre de quoi se défendre et avaient réussi à blesser trois Aurors avant de prendre la fuite. Là, ils n'avaient rien pu faire puisqu'ils ne savaient pas que les Aurors avaient découvert leur cachette. Ils s'étaient quand-même défendus, les Aurors avaient riposté et d'après la Gazette, Narcissa Malfoy avait été sérieusement blessée. Rien n'avait été confirmé mais la Gazette semblait sûre de ses sources. Severus était donc énervé de ne pas avoir su qu'une opération allait avoir lieu car il n'avait pas pu convoquer Draco pour en parler avec lui. Il n'imaginait même pas comment allait réagir son filleul lorsqu'il apprendrait que non seulement ses parents avaient été arrêtés, mais que sa mère était en plus blessée. Il allait avoir un très gros choc. Severus allait donc devoir le surveiller attentivement et se tenir prêt à le suivre s'il quittait d'un coup la Grande Salle. C'était le week-end, Draco pouvait donc venir déjeuner à huit heures comme à dix heures. Ça allait sûrement être dix heures car il était déjà neuf heures et demie et Draco n'était toujours par là. Dans tous les cas, Severus devait rester dans la Grande Salle jusqu'à ce que Draco arrive. Il guettait impatiemment l'entrée de la Grande Salle tout en surveillant la table des Serpentard. Car il restait malgré tout directeur de maison et devait donc s'assurer que tout allait bien chez ses élèves. Son attention fut d'ailleurs retenue par Pucey et Potter qui semblaient avoir une discussion... animée. Il était un peu agacé de voir parfois Pucey déjeuner ou dîner à la table des Gryffondor. Comment était-il censé surveiller ses élèves s'ils allaient manger à la table de leur petit-ami qui, évidemment, ne se trouvait pas dans la même maison qu'eux ?! Bon, là, heureusement, c'était Potter qui était venu à la table des Serpentard. Il aurait peut-être dû s'abstenir car l'ambiance n'était visiblement pas au beau fixe entre Pucey et lui. À un moment, Potter voulut partir mais Pucey le retint en lui attrapant brutalement le bras. Severus voulut intervenir mais il en fut empêché par sa collègue d'astronomie qui l'appela. Il tourna la tête vers elle en fronçant les sourcils.

- Quelqu'un veut te parler, je crois. C'est un infirmier de Sainte-Mangouste. Il est dans l'entrée.

Severus dirigea aussitôt son regard vers l'entrée de la Grande Salle et vit en effet qu'un homme semblait l'attendre. Oubliant complètement Potter et son petit-ami – à moins que ce ne soit l'inverse – il se leva et rejoignit l'homme. Il le reconnut aussitôt. Ils avaient commencé en même temps leur formation de médicomage à Sainte-Mangouste. Cet homme s'appelait Mike et avait le même âge que lui. Contrairement à Severus, il avait abandonné l'idée de devenir médicomage, trouvant les études trop dures et avait préféré devenir infirmier.

- Bonjour, Severus. Je suis désolé de venir te déranger mais...

- C'est urgent, oui, j'ai compris, coupa Severus. Que se passe-t-il ?

- Il y a eu une explosion à neuf heures ce matin dans une boutique d'une allée commerçante et il y a de nombreux blessés. Apparemment, l'ouverture de cette boutique était très attendue aujourd'hui. Il y avait donc beaucoup de monde dès neuf heures.

- Je vois, j'imagine qu'il faut plein de potions et en quantités conséquentes ?

- Oui, mais je ne sais pas lesquelles. Je viens te chercher, en fait. Les médicomage pourront mieux t'expliquer que moi sur place.

- D'accord, je viens.

Ayant pris sa sacoche et sa baguette en se levant de table, Severus put directement suivre Mike. Étant pressés par le temps, ils se rendirent au bureau de Severus afin de se rendre à Sainte-Mangouste par voie de cheminée. Cela serait plus rapide que sortir de l'enceinte de Poudlard pour transplaner. Cinq minutes plus tard, ils se retrouvèrent dans le hall de l'hôpital. Mike emmena Severus dans une salle au quatrième étage où l'attendaient plusieurs médicomages.

- Severus, te voilà, merci d'être venu, dit l'un d'eux. Nous avons grandement besoin de ton aide. Mike t'a expliqué ce qui s'est passé ?

- Oui, mais il n'a pas pu me donner de détails. Il m'a dit qu'il valait mieux que je vienne directement.

- En effet. Et le plus vite possible. Car d'une, il y a des blessés qui ont urgemment besoin de potions et de deux, je préférais te voir et tout t'expliquer avant que les Aurors ne débarquent pour faire une enquête préliminaire. Ils vont vouloir tous nous interroger et je ne serai donc pas suffisamment disponible pour te demander toutes les potions dont j'ai besoin et je risque donc d'en oublier dans la précipitation.

- Je comprends. Dis-moi ce qu'il faut.

Le médicomage – que Severus connaissait aussi et qui s'appelait Carl – lui donna le nom de toutes les potions qu'il lui fallait ainsi que les quantités nécessaires. Severus nota tout sur un bout de parchemin qu'il trouva dans sa sacoche. Il essaya de rester neutre mais intérieurement, il s'affolait au fur et à mesure que la liste s'allongeait. Il allait mettre la journée à préparer toutes ces potions. Mais tout était effectivement urgent. Il comprenait mieux pourquoi Mike était venu le chercher en catastrophe à neuf heures et demie du matin. Il fallut dix bonnes minutes à Carl pour énumérer toute la liste. Une fois avoir noté la dernière potion, Severus rangea sa plume et son bout de parchemin dans sa sacoche.

- Je rentre et je m'y mets, dit-il à Carl. Mais vous avez assez de potions pour tenir quelques heures ?

- Oui, je pense qu'on pourra tenir jusqu'à midi. Après ça va vraiment devenir dur.

- D'accord, j'apporterai à ce moment-là ce que j'aurai pu préparer en deux heures. Il y a des potions qui sont assez rapides à fabriquer.

- Fais ce que tu peux. On a mis un autre potionniste sur le coup et on va essayer de prendre contact avec un troisième. On ne fait jamais appel à eux d'habitude mais là on n'a pas le choix.

- Si on peut être plusieurs, ce ne serait pas du luxe.

- Vous êtes déjà deux, on pourra peut-être s'en contenter. Bon, j'y retourne. Merci pour ton aide.

- De rien, bon courage.

Carl remercia Severus et s'en alla. Severus ne perdit pas de temps et sortit lui aussi de la salle. Alors qu'il traversait un couloir, il tomba sur Tonks qui venait en sens inverse. Il aurait dû continuer son chemin sans faire attention à la jeune Auror mais il ne put s'empêcher de s'arrêter.

- Que faites-vous là ? demanda Tonks, surprise.

- Sainte-Mangouste a besoin de potions en toute urgence. Je suis l'un des trois potionnistes à avoir été réquisitionnés pour en fabriquer.

- Oh, je ne vais pas vous retarder alors...

- Je peux vous accorder cinq minutes si vous avez quelque chose à me dire.

- Je souhaiterais parler de ce qui s'est passé la dernière fois qu'on s'est vus mais ce n'est ni l'endroit, ni le moment pour avoir une discussion à ce sujet.

Severus se trouva face à un dilemme. Il devait vite rentrer à Poudlard pour préparer ces potions mais il savait qu'il ne parviendrait pas à se concentrer sans avoir eu cette discussion avec Tonks. Il devait avoir l'esprit entièrement focalisé sur ses chaudrons quand il fabriquait des potions.

- Essayons de faire vite, céda-t-il. Que vouliez-vous me dire ?

- Je voulais savoir où vous en étiez par rapport à ce baiser.

- Nulle part, répondit franchement Severus. Tout ce que je sais, c'est qu'il n'aurait pas dû avoir lieu.

- Vous regrettez ?

- Oui et non. Je n'ai vraiment pas le temps de vous expliquer mais ce baiser était une erreur. Ne vous méprenez pas, j'ai beaucoup apprécié, mais là n'est pas la question. Je n'aurais simplement pas dû vous embrasser. Je suis désolé d'avoir bêtement cédé à mes pulsions. Je comprendrais que vous m'en voudriez.

Tonks regarda fixement Severus pendant quelques secondes avant de demander :

- C'est pour ça que vous n'avez pas cherché à me voir samedi quand vous êtes revenu pour avoir une discussion avec mon collègue Harper ?

- Il y a un peu de ça mais c'est surtout parce que je n'ai pas pu voir Harper, je suis donc vite reparti. Écoutez, je sais que je vous dois des explications et je ne me défilerai pas. Mais là ce n'est vraiment pas le bon moment. On peut se voir un autre jour, si vous voulez.

- Si c'est juste pour me dire que vous ne souhaitez pas avoir une relation avec moi, ce n'est pas la peine, j'ai compris, répliqua Tonks.

- Je sais que vous avez compris mais je tiens juste à vous expliquer pourquoi. Je ne veux pas que vous croyiez n'importe quoi.

- Bon, comme vous voulez. Samedi à dix-huit heures, vous êtes libre ?

- Normalement, oui.

- Attendez-moi devant le Ministère, alors. J'espère que vous avez une bonne raison de ne pas vouloir donner suite à ce baiser car je n'aurais pas été contre l'idée de recommencer. Au revoir, M. Snape.

Tonks s'en alla sur ces mots. Severus la regarda s'éloigner, le coeur lourd. Il aurait aimé la retenir mais il ne pouvait pas. Il devait respecter la promesse qu'il s'était faite. C'était déjà assez compliqué comme ça de résister mais ça l'était encore plus quand Tonks lui disait qu'elle aurait bien voulu recommencer ! Tout aurait été beaucoup plus simple si elle lui avait dit qu'elle regrettait elle aussi ce baiser et qu'elle ne voulait plus le voir. Il aurait été obligé de l'oublier. Mais y serait-il arrivé ? Il en doutait fortement. Il sentait bien que ce qu'il éprouvait pour Tonks n'était pas qu'une simple attirance. Il était complètement sous son charme. Comment avait-il pu en arriver là alors qu'il s'était promis de ne plus jamais retomber amoureux ? Il n'en savait rien mais il fallait vraiment qu'il oublie cette jolie Auror aux cheveux roses. Il soupira et reprit son chemin. Il avait des potions à préparer et pour le moment, c'était ça le plus important.

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Vingt minutes plus tôt, POV Draco

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Draco était en train de beurrer un petit pain lorsqu'un hibou se posa devant lui, manquant au passage de renverser son jus de citrouille.

- Ces bestioles devraient passer un permis de voler, maugréa Draco en détachant la Gazette pliée de la patte du hibou.

- Je dirais plutôt un permis d'atterrissage, commenta Blaise. Avec un Optimal obligatoire à l'issue de l'examen.

Draco leva un regard méfiant vers Blaise.

- Tu ne serais pas en train de te moquer de moi, par hasard ?

- Moi ? Nooon, pas du tout, voyons.

Draco leva les yeux au ciel et déplia la Gazette. Il l'ouvrit à la première page tout en buvant une gorgée de jus de citrouille qu'il faillit recracher en voyant le titre écrit tout en haut. Son coeur se mit à battre la chamade alors qu'il posait le journal à plat sur la table. Les mains tremblantes, il lut l'article et se sentit défaillir au fur et à mesure de sa lecture. Non, ce n'était pas possible... Ça devait être une mauvaise blague... Ou une erreur... Ils devaient s'être trompés de personne...

- Draco, ça va ?

Incapable de répondre, en état de choc, Draco resta bloqué sans bouger. Ce ne fut que lorsqu'il sentit la Gazette lui échapper des mains qu'il réagit. Il voulut la récupérer mais c'était trop tard, Blaise l'avait déjà entre les mains. Il lut à son tour l'article avant de relever les yeux vers Draco. Il semblait gêné.

- Draco, je suis désolé... Je sais que tu dois être inquiet mais elle va sûrement s'en sortir, elle a été prise en main très rapidement...

- Ce n'est pas elle, répliqua fermement Draco. Les Aurors se sont trompés. Mon père ne les aurait jamais laissés blesser ma mère. Il l'aurait forcément protégée. Ce n'était pas ma mère qui était avec lui. Elle doit être quelque part en sécurité. Cette femme que les Aurors ont attaqué, ça doit être une personne dont s'est servi mon père pour se protéger.

- Ils ont l'air formels, Draco...

- Je te dis que ce n'est pas elle ! cria Draco. J'ai déjà mon père qui va finir le restant de ses jours à Azkaban, je ne vais pas en plus perdre ma mère ! De toute façon ce journal n'est qu'un tissu de mensonges ! Si ce ne sont pas les Aurors qui se trompent, c'est la Gazette qui dit n'importe quoi !

Draco se leva et quitta la Grande Salle sur ces mots. Il se rendit aux toilettes les plus proches et s'enferma dans une cabine. Il avait besoin de calme. Il s'assit et resta un long moment sans bouger, essayant d'apaiser son esprit. Mais il ne semblait pas vouloir se calmer. Son coeur battait trop vite et il se sentait fébrile. Il n'y arriverait pas seul, dans l'état où il était, il lui fallait quelque chose pour se tranquilliser. Il décida de faire ce qu'il aurait dû faire dès le début : aller voir Severus. Lui seul était en mesure de lui donner une potion adéquate. De plus, il ressentait le besoin de se confier. Ça aussi, il aurait dû le faire plus tôt. Mais il s'était obstiné à tout garder pour lui. Il en payait le prix, désormais. Il ne serait pas dans cet état s'il s'était confié en temps et en heure à Severus. Il sortit des toilettes et se dirigea vers les appartements de son parrain. Il frappa à la porte et attendit. Une minute s'écoula sans que Severus ne vienne lui ouvrir. Il toqua de nouveau. Toujours rien. Comprenant que Severus n'était pas chez lui, Draco décida d'aller à son bureau. Une fois arrivé, il toqua. Pas de réponse. Il soupira. Il n'avait aucune envie de chercher Severus dans tout le château. Il ne voulait pas le croiser dans un couloir et lui dire «Ah, tu tombes bien, je dois te parler de mes parents car j'en ai gros sur la patate». Il avait besoin d'un parrain prêt à lui ouvrir sa porte. Il était triste et déçu que ce ne soit pas le cas. Severus aurait dû se douter qu'il se sentirait mal en lisant la Gazette... Pourquoi n'était-il pas là pour l'accueillir et l'écouter ? Dépité, il fit demi-tour et se mit à marcher sans savoir vers où. Il ne tarda pas à tomber sur son professeur de sortilèges et la professeur de runes qui étaient sûrement en train de faire leur ronde. Tentant le tout pour le tout, il s'adressa à eux :

- Excusez-moi, est-ce que vous sauriez où est le professeur Snape ?

- Il a eu une urgence à Sainte-Mangouste, d'après ce que nous a dit le professeur Sinistra, répondit le professeur Babbling.

Draco eut l'impression qu'une chape de plomb venait de lui tomber sur la tête.

- Vous voulez dire qu'il est... à Sainte-Mangouste ? demanda-t-il d'une voix faible.

- Oui, il est parti très vite, ça avait l'air vraiment urgent, assura la professeur de runes.

- Merci, marmonna Draco. Bonne journée.

Il n'attendit pas de réponse et s'en alla. Tel un automate, il prit la direction de sa salle commune. Il se sentait terriblement abandonné. Severus avait préféré se rendre à Sainte-Mangouste au lieu de s'occuper de lui. La personne dont il avait le plus besoin en ce moment-même n'était pas là pour l'aider. Draco s'en fichait de l'urgence qui avait retenu Severus. Tout ce qu'il voyait, c'était qu'il l'avait laissé seul. Enfin... pas si seul que ça. Ce fut la pensée qu'il se fit lorsqu'il vit Graham arriver en face de lui. Il venait sûrement tout droit de la salle commune alors que Draco, lui, s'y rendait. Graham le vit rapidement et lui sourit.

- C'est rare qu'on se croise comme ça. Tu reviens de la Grande Salle ?

- Oui, je ne savais pas où aller alors j'ai décidé de retourner à la salle commune. Tu vas déjeuner ?

- C'est ce que j'avais prévu de faire, oui, mais je n'ai pas très faim alors si tu veux, je peux rester avec toi.

Draco ne répondit pas, gêné. D'un côté il avait très envie d'être avec Graham mais d'un autre côté il ne voulait pas l'empêcher d'aller manger, même s'il disait qu'il n'avait pas faim.

- Va manger, je t'attends près de la Salle sur Demande, dit-il en s'efforçant de sourire.

Graham fronça légèrement les sourcils.

- Toi, ça ne va pas. Je me trompe ?

- Non, ça va très bien.

- Draco, je te connais, je sais quand tu me mens.

- Je te dis que ça va, insista Draco.

Graham soupira.

- Si tu le dis. Mais je préfère rester avec toi plutôt qu'aller déjeuner. Et ne discute pas. Sauf si tu ne veux pas être avec moi. Dans ce cas je te laisserais tranquille. Je ne veux t'imposer ma présence.

Draco secoua doucement la tête.

- Non, au contraire, j'ai très envie d'être avec toi.

- Allons dans notre repaire secret, alors.

Draco acquiesça et suivit Graham. Cinq minutes plus tard, ils arrivèrent à la Salle sur Demande. Elle prit l'apparence de ce que désirait Draco puisque c'était lui qui était passé trois fois devant en pensant fort à ce qu'il voulait. Il y avait donc un lit bien douillet avec de grosses couvertures bien chaudes ainsi qu'un feu de cheminée. Cela représentait ce dont avait besoin Draco : quelque chose de rassurant et de réconfortant.

- Tu veux faire une sieste ? se moqua gentiment Graham en voyant le lit.

- Non, je veux juste être bien au chaud avec toi.

Graham sourit et s'approcha de Draco pour l'embrasser. Cela ne devait sûrement être qu'un chaste baiser à la base mais Draco ne put résister à l'envie de l'approfondir. Il se colla tout contre Graham, voulant ressentir au maximum sa chaleur. Il gémit de frustration lorsque son petit-ami sépara leurs lèvres pour le regarder attentivement.

- Tu es sûr que ça va ? demanda Graham, l'air vraiment inquiet.

- Mais oui, pourquoi ? s'agaça Draco.

- Parce que tu es bizarre. Ça ne te ressemble pas de vouloir directement un baiser aussi poussé.

Sachant que Graham n'allait pas le lâcher, Draco se résigna à lui dire à moitié la vérité.

- J'ai besoin d'oublier. Et il n'y a que toi qui puisse m'y aider. Si on ne s'était pas croisés, je serais en train de me morfondre dans ma salle commune ou dans mon dortoir. Je ne veux pas parler de ce qui me tracasse, je veux juste que tu me fasses penser à autre chose.

Graham hocha la tête en souriant.

- D'accord, je vais bien m'occuper de toi, promit-il. Tu veux qu'on se mette à l'aise ?

- Oui, je veux bien.

Graham enleva alors sa robe de sorcier, très vite imité par Draco. Ils s'allongèrent sur le lit et commencèrent à s'embrasser. Draco glissa rapidement sa main sous la chemise de Graham et la déboutonna de l'autre main afin d'avoir librement accès au torse de son petit-ami.

- Dis donc, d'habitude c'est moi qui fait ça en premier, s'amusa Graham.

- Mais je t'en prie, je ne t'en empêche pas, répliqua Draco sur le même ton.

Il n'en fallut pas plus à Graham pour enlever la chemise de Draco. Ils se retrouvèrent ainsi tous deux torse nu. Graham captura les lèvres de Draco et fit voyager ses mains sur le torse pâle du blond. Ses doigts jouèrent un instant avec les tétons de Draco qui gémit dans le baiser que lui donnait Graham. Celui-ci se désintéressa des deux bouts de chair et fit descendre sa main jusqu'au pantalon de Draco qui lui demanda de le lui retirer. Graham accéda aussitôt à sa requête. Libéré de son pantalon, Draco entreprit d'ôter celui de Graham qui le laissa faire. Il semblait avoir compris que Draco ne voulait pas rester inactif. Ce dernier se rallongea sur le dos après avoir retiré le jean de Graham qui vint surplomber Draco en l'embrassant de nouveau. Les mains de l'un repartirent à l'exploration du corps de l'autre, faisant doucement monter la température entre eux. Draco se sentit vite à l'étroit dans son caleçon et il le fit comprendre à Graham en inversant leurs positions et en plaquant son bassin contre celui de son petit-ami qui poussa un long gémissement. Draco créa des mouvements de frictions entre leurs deux érections comprimées par leurs sous-vêtements mais Graham ne tarda pas à bloquer son bassin, l'empêchant ainsi de bouger.

- Draco, si tu continues comme ça on va jouir trop vite. Ce serait dommage de salir nos caleçons alors qu'on peut très bien s'en débarrasser...

Draco se mit à rire.

- C'est vrai. Je t'enlève le tien et je te laisse ensuite reprendre les commandes.

- Merci, c'est trop aimable de ta part.

Draco pouffa et fit glisser le caleçon de Graham le long de ses jambes. Il était toujours impressionné par le membre de son petit-ami mais cela ne l'effrayait pas vraiment. Il se rallongea ensuite pour la troisième fois et laissa Graham lui ôter son propre sous-vêtement. Lorsqu'ils furent tous deux nus, Graham se coucha sur Draco, faisant ainsi se rencontrer leurs deux bassins. Draco vit des étoiles en sentant l'érection de Graham se frotter contre la sienne. Merlin il n'allait pas tenir très longtemps. Il était déjà trop excité. Graham dut le deviner car il ondula très lentement contre lui. C'était loin d'être un rythme suffisant pour les amener à la jouissance et Draco savait que c'était fait exprès. Graham ne voulait pas qu'il vienne tout de suite. Et cela tombait bien car Draco ne le voulait pas non plus. Ils gémirent tous les deux lorsque Draco accompagna les mouvements de Graham, accentuant ainsi le friction entre leurs deux membres.

- Mauvaise idée, Draco...

- Mais je ne veux pas rester inactif... Et en même temps je veux tenir le plus longtemps possible...

- Il faut savoir ce que tu veux, rit Graham. L'un n'est pas compatible avec l'autre. Mais moi je ne veux pas que tu viennes comme ça. Je veux te faire découvrir quelque chose. Si tu n'en as pas envie, dis-le-moi. Je te laisserai le temps de me le dire.

Draco fronça les sourcils.

- Qu'est-ce que tu veux faire ?

- Tu vas vite le savoir.

Graham prit sa baguette et lança un sort qui fit apparaître une sorte de gel sur ses doigts.

- Je n'aime pas les massages, prévint Draco.

- Tant mieux, car ce n'est pas ce que je compte faire, répondit Graham. Peux-tu ouvrir un peu les jambes ?

Complètement perdu, Draco fit ce que lui demandait Graham sans même réfléchir. Il sursauta quand Graham écarta ses fesses. Mais ce ne fut que lorsqu'il pressa un doigt contre son entrée intime qu'il devina ce qu'il voulait faire. Il ne comprit pas ce qu'il se passa mais une seconde plus tard, Graham se massait le nez en grimaçant. Draco réalisa alors que, sous le coup de la surprise, il avait repoussé son petit-ami en lui envoyant son genou ou son pied dans le nez. C'était complètement débile comme réflexe car il avait vraiment fait ça sans réfléchir. Il ne s'attendait tellement pas à sentir un doigt à cet endroit qu'il avait réagi un peu trop violemment. Alors qu'il n'avait même pas eu peur ! C'était vraiment une réaction de pure surprise. Il s'en voulut d'avoir fait mal à Graham.

- Je suis désolé, je ne sais pas ce qu'il m'a pris, s'excusa Draco, gêné.

- Non mais c'est moi, j'aurais dû te dire ce que je voulais faire au lieu de te prendre au dépourvu... Mais j'ai pensé que tu allais avoir peur et que tu refuserais sans vouloir essayer...

- J'ignore comment j'aurais réagi si tu m'avais prévenu mais là j'ai vraiment agi sous le coup de la surprise. Je t'ai repoussé sans le vouloir, en fait.

- Tu n'es peut-être pas prêt pour ça, supposa Graham.

- Non, non, au contraire... Je veux bien essayer. Je veux savoir ce que ça fait, avoua Draco.

Graham le regarda, surpris.

- C'est vrai ?

- Oui. Je te fais confiance, je sais que tu feras tout pour ne pas me faire de mal.

- Je te promets d'être le plus doux possible, assura Graham.

Il reprit sa baguette et lança de nouveau le sort sur ses doigts. Draco lui laissa la place nécessaire et resta détendu lorsqu'un doigt se posa nouvelle fois contre son anus. Il accueillit avec plaisir le baiser que lui donna Graham qui profita de l'abandon de Draco pour entrer tout doucement son doigt en lui. Grâce au gel, Draco ne ressentit aucune douleur. C'était à la fois très bizarre et très plaisant. Il n'aurait jamais imaginé que ses chairs intimes étaient aussi sensibles. Il sentait ce doigt frotter contre elles et c'était ça qui était agréable. Il commença à faire des va-et-vient qui soutirèrent vite à Draco des gémissements très appréciateurs. Graham rompit le baiser et le regarda dans les yeux.

- Je peux en mettre un autre ?

- Ça va faire mal ?

- Ça va sûrement tirer un peu mais c'est le temps que tu t'y habitues.

- Je veux bien, alors, dit Draco sans hésiter.

Graham retira son doigt et remit un peu de gel.

- C'est quoi ? demanda Draco.

- Du lubrifiant. C'est indispensable pour ce genre d'activités.

Draco hocha distraitement la tête. Il gémit lorsque Graham entra de nouveau son doigt en lui. Il devait être bien détendu car il glissa tout seul. Le lubrifiant aidait sûrement beaucoup. Il tenta de ne pas se crisper quand il sentit un deuxième doigt se presser contre son anneau de chair. Il dut insister un peu pour pouvoir entrer. L'étirement douloureux fit grimacer Draco.

- Désolé, lui murmura Graham. Tu veux que je le retire ?

- Non, refusa Draco. Tu m'as dit que ça n'allait pas durer alors je vais attendre.

Graham sourit et embrassa Draco tout en continuant à entrer son doigt. Une fois enfoncé en entier, il commença à faire aller et venir ses deux doigts en Draco qui sentit ses chairs se détendre très vite. Il se remit à apprécier cette présence en lui même s'il trouvait ça toujours un peu bizarre. Il aimait bien ce que lui faisait Graham mais il était un peu frustré car il avait entendu dire que ce genre de choses pouvait apporter énormément de plaisir. Or, ce n'était pas vraiment ce qu'il ressentait. Il n'était pas en pleine extase. C'était agréable, oui, mais ce n'était pas du tout ce qu'il...

- AAAAH !

Graham venait de toucher quelque chose de très sensible en lui qui lui avait fait voir des étoiles. Il n'eut pas le temps de poser la moindre question car Graham réitéra son mouvement. Draco cria plus fort et se cambra à l'extrême. Son érection, qui s'était un peu amoindrie, reprit d'un coup de la vigueur. Graham recommença, le faisant de nouveau crier. S'il continuait comme ça, Draco allait vite venir et il ne voulait pas jouir tout de suite.

- Graham arrête...

Les doigts cessèrent immédiatement de s'activer en lui.

- Je te fais mal ? s'inquiéta Graham.

- Non, non, pas du tout... Mais je ne veux pas venir comme ça.

- Qu'est-ce que tu veux, alors ? demanda gentiment Graham.

Draco ne s'était pas posé la question mais la réponse lui sembla aussitôt évidente. Ce qu'il voulait, c'était Graham. Il ignorait jusque-là être prêt mais c'était pourtant le cas. Il était conscient que cela faisait à peine un mois qu'ils étaient ensemble mais il s'en fichait complètement. Il voulait Graham en lui maintenant. Il sentait que c'était le bon moment. Il en avait envie, il était prêt, il était en train de prendre du plaisir, il en voulait plus encore et ces doigts ne lui suffisaient pas. Le message était donc clair pour lui. Il fixa Graham et lui répondit :

- Toi. Je veux que tu me fasses l'amour.

La surprise se lut dans le regard de Graham.

- Mais je... ce... ce n'était pas prévu, balbutia-t-il. Je voulais juste te faire découvrir ce plaisir avec mes doigts...

- Et tu as réussi. Je n'avais aucune idée de ce que tu avais prévu exactement mais moi j'ai envie d'aller jusqu'au bout. Je me sens prêt, Graham. Je suis sûr que tu en as envie, toi aussi. Dès qu'on s'est mis ensemble, tu m'as dit que tu voudrais le faire très vite. Pour être honnête, je pensais que tu m'aurais déjà demandé de le faire...

- C'est vrai, à ce moment-là j'avais l'intention de le faire rapidement avec toi. Mais j'ai changé d'avis quand on a commencé à passer des moments intimes ensemble. En fait, ce que je n'avais pas prévu, c'était de tomber amoureux de toi. À partir du moment où je m'en suis rendu compte, j'ai voulu qu'on prenne notre temps.

Draco resta un moment choqué par les paroles de Graham. Il ne s'attendait pas du tout à ce qu'il lui dise ça. Mais cela ne fit que confirmer ce qu'il voulait.

- Du temps, tu en as pris deux fois plus que ce que tu avais prévu, dit doucement Draco. Tu m'as fait découvrir des tas de trucs les uns après les autres et je ne te remercierai jamais assez pour ça. Mais là, c'est moi qui ne veut plus attendre. S'il te plaît, j'en ai vraiment envie. Après je ne veux pas te forcer, si toi tu ne veux pas...

- Non, j'en ai tout autant envie que toi, le coupa Graham. Je ne vais pas te faire l'affront de te demander si tu es vraiment sûr de toi, car j'ai bien compris que tu l'es, mais je tiens à te dire que tu peux m'arrêter à tout moment. Je vais continuer à te préparer car deux doigts, ce n'est pas assez. Je te le répète : si à un moment tu ne veux plus le faire, dis-le-moi. C'est vraiment important.

- Je te le promets, jura Draco.

Graham lui sourit, lui vola un baiser et prit sa baguette pour lubrifier une énième fois ses doigts qu'il avait retirés entre temps de l'antre de Draco. Il en entra de nouveau un, puis deux dans l'intimité de Draco qui les accueillit facilement, déjà bien dilaté par les activités précédentes de Graham. En revanche il grimaça lorsque les deux doigts étirèrent son intimité en s'écartant l'un de l'autre.

- C'est pour te préparer à la venue du troisième, dit Graham.

Draco acquiesça et laissa faire son petit-ami. Celui-ci alterna entre mouvements de ciseaux et va-et-vient en faisant de son mieux pour toucher la prostate de Draco. Ses gémissements prouvèrent qu'il y arrivait très bien. Après de longues minutes, un troisième doigt rejoignit ses deux compères. Draco laissa échapper une petite plainte de douleur qui fut étouffée par les lèvres de Graham qui se posèrent sur les siennes. Une main se posa sur son sexe qu'elle caressa doucement afin de lui faire oublier ce désagrément. Cela porta vite ses fruits puisque Draco se remit à gémir de plaisir. Graham continua à le préparer en prenant tout son temps et ce ne fut qu'une bonne dizaine de minutes plus tard qu'il retira ses doigts. Draco grimaça face à la sensation de vide. Il regarda Graham lubrifier son érection avant de lancer un sort qui lui disait quelque chose. «Sûrement le sort de protection» pensa-t-il. Il sentit le stress l'envahir lorsque Graham s'installa entre ses jambes. Ce dernier sembla hésiter.

- Tu auras moins mal si tu te mets sur le ventre, dit-il, gêné.

Cette idée ne plut absolument pas à Draco.

- Non, j'ai besoin de te voir. Je ne me sentirais pas en confiance si je te tournais le dos.

- Je comprends, mais ça risque de te faire un peu plus mal, prévint Graham.

- Ce n'est pas grave, assura Draco. Je préfère vraiment te voir.

- Comme tu veux, dit Graham en souriant. Je vais juste devoir surélever un peu ton bassin.

Graham se saisit d'un coussin et le plaça sous les hanches de Draco. Puis il prit son sexe en main et le guida contre l'anus de Draco qui se contracta avant de se forcer à se relaxer. Graham posa ses lèvres sur les siennes et poussa tout doucement. Draco se crispa de nouveau et cria de douleur en sentant le gland forcer le passage de son anus. Il voulut reculer son bassin par réflexe mais Graham l'en empêcha.

- Je suis un peu entré, tu vas te faire plus mal qu'autre chose si tu me fais sortir, murmura-t-il. Détends-toi, ça va aller, je sais que ça fait mal mais ça va passer, je te le promets.

Draco acquiesça et souffla afin d'essayer de se détendre. Cela sembla fonctionner puisque la douleur reflua légèrement. Mais elle revint en force lorsque le gland franchit complètement son anneau de chair. Graham s'immobilisa et embrassa Draco tout en posant sa main sur son sexe. Il le masturba doucement tandis que ses lèvres dérivèrent vers son cou qu'elles mordillèrent tendrement. Draco gémit de plaisir et sentit son sexe réagir sous ces attentions. La douleur se dissipa plus vite qu'il ne l'aurait pensé. Graham put alors poursuivre sa pénétration et continua à entrer en Draco avec toute la douceur du monde. La douleur ne se fit presque pas ressentir puisque Graham s'arrêta à chaque fois que Draco grimaça. Une fois entièrement entré, Graham s'immobilisa de nouveau. Draco lui en fut très reconnaissant car, même s'il n'avait pas mal, cette présence était assez gênante. Graham lui laissa tout le temps de s'y habituer et continua à masser doucement son sexe. Bientôt, Draco lui fit comprendre qu'il pouvait bouger. Graham se retira lentement et se renfonça sur le même rythme. Il répéta le geste plusieurs fois, détendant ainsi progressivement les chairs de Draco dont la gêne disparut pour laisser place au plaisir. Il enroula ses jambes autour de la taille de Graham qui comprit le message et qui se mit à lui donner des coups de bassin. Le rythme était assez lent et cela frustra vite Draco.

- Plus vite... supplia-t-il.

Il sentit Graham sourire dans son cou. Il se retira presque entièrement et se rengaina d'un coup en touchant de plein fouet la prostate de Draco qui se cambra en poussant un cri de pur plaisir. Il n'eut pas le temps de s'en remettre car Graham enchaîna aussitôt les coups de rein en visant à chaque fois sa prostate qui le fit crier à s'en casser la voix. Graham alla de plus en plus vite en lui, si bien que la cadence devint presque trop soutenue pour Draco. Il n'arrivait pas à endiguer le plaisir inouï qu'il ressentait et l'orgasme arriva trop vite à son goût. Graham dut le deviner car au lieu de ralentir, il accéléra encore et le masturba avec plus de vigueur. Il ne fallut que quelques coups de rein supplémentaires à Draco pour jouir entre les doigts de Graham en criant son extase. Ses chairs se resserrèrent autour du sexe de Graham qui continua ses va-et-vient. Draco sentit son anus protester sous les assauts qui se faisaient un peu plus brutaux mais Graham eut besoin de cette cadence plus soutenue pour jouir à son tour quelques minutes plus tard. Il se déversa en Draco sur lequel il s'affala, visiblement vidé de toute son énergie. Draco ne lui en tint pas rigueur, étant encore dans les limbes de son orgasme. Lorsqu'ils reprirent tous deux leurs esprits, Graham se souleva et déposa un léger baiser sur les lèvres de Draco qui lui sourit.

- Je vais me retirer, ça risque d'être un peu désagréable, prévint Graham.

Draco acquiesça et grimaça en sentant le sexe de son petit-ami glisser hors de son intimité. En effet, ça n'avait rien d'agréable. Mais il fut vite consolé par Graham qui le prit dans ses bras après avoir lancé un sort de nettoyage. Draco se blottit tout contre lui et exhala un soupir de bien-être. Il était bien tout en se sentant étrangement fatigué. Il prit soudain pleinement conscience de ce qu'il venait de faire avec Graham et il fut un peu troublé en réalisant qu'il n'était plus vierge. Il n'aurait jamais pensé faire sa première fois aussi tôt mais il ne regrettait absolument rien. Il n'aurait pas pu avoir meilleure première expérience. Il l'avait voulu, il avait aimé, il avait pris du plaisir, il n'y avait donc vraiment rien à regretter. À peine se fit-il cette réflexion qu'une question lui vint brusquement à l'esprit. Il leva la tête vers Graham qu'il regarda avec inquiétude.

- Graham ?

- Oui ?

- Tu... je... ça a été pour toi ? demanda timidement Draco.

- Comment ça ?

- Ben... tu as pris du plaisir ? Parce que tu t'es beaucoup occupé de moi mais peut-être pas assez de toi...

- Ne t'inquiète pas pour ça, lui dit gentiment Graham. J'ai dû prendre sur moi, c'est vrai, mais une fois que tu t'es détendu et que tu n'avais plus mal, ça n'a été que du plaisir pour tous les deux. J'en ai même eu plus que toi puisque je suis venu après toi. Je suis d'ailleurs désolé pour ça. J'ai peut-être été un peu trop brusque...

- Un peu mais ça va, rassura Draco. Je pense que je vais devoir m'y habituer, ajouta-t-il en riant. Mais je vais essayer de tenir plus longtemps.

- C'était la première fois, c'est normal que tu aies vite joui. Et puis je t'ai dit que j'étais assez long à venir de manière générale. De toute façon, le principal, c'est que tu aies pris du plaisir. C'est assez rare d'atteindre l'orgasme lors d'une première fois.

- Je suis un privilégié, alors, plaisanta Draco. Mais c'est parce que tu es doué et que tu sais quoi faire.

- Tu y es aussi pour quelque chose. Tu étais détendu, tu en avais envie et tu étais très réceptif. De mon côté, je t'ai longuement préparé, j'ai bien lubrifié et je me suis arrêté dès que tu grimaçais. Et comme j'ai de l'expérience, je savais ce qu'il fallait faire pour trouver ta prostate. Crois-moi, les premières fois se passent rarement aussi bien. Et je suis heureux que tu aies aimé la tienne.

- J'ai plus qu'aimé. J'ai adoré. Bon, tu veux qu'on reste là ou tu préfères aller manger ?

- Vu que je n'ai pas mangé ce matin, je commence à avoir un peu faim, avoua Graham.

- Allons-y, alors !

Draco voulut s'asseoir mais une vive douleur en bas du dos l'en empêcha.

- Je crois que je vais devoir attendre un peu, dit-il en grimaçant.

- J'ai des potions anti-douleurs dans mon dortoir, je vais t'en chercher, je reviens.

Graham ne laissa pas le temps à Draco de protester, se rhabilla et s'en alla. Draco n'eut pas d'autre choix que de patienter. Graham revint assez vite malgré le fait que les dortoirs des Serpentard étaient situés à l'opposé de la Salle sur Demande. Il tendit une potion à Draco qui la prit et la but d'une traite. La douleur ne s'estompa pas entièrement mais suffisamment pour que Draco puisse se rhabiller à son tour et quitter la Salle sur Demande avec Graham. Il avait un peu de mal à marcher mais il réussit à faire comme si de rien n'était. Il allait juste un peu moins vite que d'habitude. Graham et lui se rendirent ensemble à la Grande Salle mais sans rien laisser paraître de leur relation. Ils feignaient d'être simplement des coéquipiers et amis. Ils se séparèrent une fois arrivés à la table des Serpentard, Graham allant manger avec Pucey, Cassius et Miles tandis que Draco s'installait avec Blaise, Théo et Pansy. Il fut content de retrouver ses amis. Blaise le regarda bizarrement, avec un air inquiet, ce que ne comprit pas Draco. Il sourit à son ami qui sembla surpris. C'était comme s'il s'attendait à voir Draco fondre en larmes à tout moment. Mais il n'avait aucune raison de pleurer. Il allait très bien. Blaise dut finir par le comprendre car il cessa de regarder Draco avec cet air inquiet qui n'avait pas lieu d'être. Une petite voix souffla à Draco qu'il était en plein déni mais il l'ignora. Il avait passé un super moment avec Graham et cela suffit à le maintenir en joie jusqu'à la fin de la journée.

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(dimanche 03/12) POV Justin

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Il était assez tôt ce dimanche matin lorsque Justin se rendit à la Grande Salle pour prendre son petit-déjeuner. Il rejoignit la table des Poufsouffle et s'assit à côté de Susan. Ernie et Hannah étaient là eux aussi mais en face. Tout en prenant des petits pains, Justin promena machinalement son regard dans la Grande Salle. Il le laissa particulièrement traîner sur la table des Serpentard sans qu'il ne sache pourquoi. Il fut bizarrement déçu de ne pas y voir Théo. Il s'en voulut un peu pour ça. Comme si sa vie tournait autour de son binôme, franchement...

- Si tu cherches Emily, elle est à la table des Serdaigle.

Les mots de Hannah rendirent Justin encore plus coupable. C'était sa petite-amie qu'il aurait dû chercher dans la Grande Salle, et non son binôme.

- Merci, je me demandais justement où elle était, prétendit-il pourtant.

Il dirigea son regard vers la table des Serdaigle et crut halluciner. En effet, Emily était bien à cette table, mais avec son cousin. Que faisait-il là alors qu'il était censé être exclu ? Et pourquoi Emily était-elle avec lui ?!

- Qu'est-ce qu'il fait là, Parker ? demanda-t-il sèchement à ses amis.

- Ses cinq semaines d'exclusion doivent être passées, suggéra Susan. Son audience disciplinaire a eu lieu fin octobre et on est le trois décembre, ça doit donc faire pile cinq semaines et comme on est dimanche, il reprend sûrement les cours demain.

Justin accusa le coup. Ces cinq semaines étaient passées très vite. Voire trop vite. Il n'était pas du tout à l'aise de savoir Parker et Milligan de retour à Poudlard. Il avait peur pour Théo. Mais cela ne lui disait pas pourquoi Emily était avec son cousin. Il pensait qu'elle aurait coupé les ponts avec lui. Au lieu de ça, il la voyait en train de discuter avec lui comme si elle était heureuse de le revoir. Avait-elle donc oublié ce qu'il avait fait à Théo ?

- C'est Emily qui est allée voir elle-même son cousin ? questionna-t-il.

- Aucune idée, répondit Hannah. Mais la voilà, tu vas pouvoir le lui demander.

En effet, Emily avait semblait-il terminé sa discussion avec le Serdaigle et revenait vers la table des Poufsouffle. Elle s'assit à côté de Hannah, en diagonale de Justin à qui elle sourit.

- Tiens, tu es levé, fit-elle remarquer.

- Oui mais j'aurais mieux fait de rester couché, asséna-t-il.

- Pourquoi ?

- Tu me poses vraiment la question ?! s'exclama Justin.

Emily parut surprise de le voir s'adresser ainsi à elle.

- J'ai fait quelque chose de mal ? demanda-t-elle, inquiète.

- À ton avis ?! Qu'est-ce que tu faisais avec ton cousin ?! Tu lui souhaitais un bon retour parmi nous ?

- Non, je voulais juste savoir comment il allait.

- Tu prends souvent des nouvelles des gens qui en agressent d'autres ?

- C'est mon cousin, c'est normal que je veuille savoir comment il va, répliqua Emily.

- Parce qu'il a pris des nouvelles de Théo, lui ? répondit vertement Justin.

Emily soupira.

- Justin, je n'ai pas du tout envie de me disputer avec toi de si bonne heure.

- C'est ça, fuis la conversation, accusa Justin.

- Je ne fuis rien du tout, je pense juste que ce n'est ni le moment, ni l'endroit pour avoir ce genre de discussion, objecta Emily.

- Dis plutôt que tu préfères parler avec ton homophobe de cousin, lâcha Justin.

- Je t'interdis de parler de Josh comme ça !

- Tu n'as rien à m'interdire du tout ! Ton cousin ce n'est qu'une pourriture homophobe et il n'aurait jamais dû revenir à Poudlard ! On était bien mieux sans lui !

- Non mais tu t'entends parler ?! Depuis quand tu décides qui a le droit d'être à Poudlard et qui n'en a pas le droit ? L'audience disciplinaire a donné cinq semaines d'exclusion à Josh, il les a respectées, maintenant il a tout à fait le droit de revenir afin de poursuivre ses études ! Il est même obligé ! Et puis ce n'est pas comme si il était vraiment libre ! Il va être surveillé quoi qu'il fasse, il n'aura pas le droit de se promener dans les couloirs en-dehors des cours, il devra rester dans sa salle commune ou dans son dortoir et à la moindre incartade, il devra répondre de ses actes devant le Magenmagot ! Tu ne crois pas qu'il est déjà assez puni comme ça pour que tu en rajoutes ?!

- Il n'a que ce qu'il mérite, s'obstina Justin. S'il n'avait pas agressé Théo avec son ami, il serait libre de faire ce qu'il veut à l'heure qu'il est.

- Ça ne te donne pas le droit de t'acharner sur lui ! C'est bon, il ne va plus l'approcher ton binôme, tu n'as pas à t'en faire pour lui !

- Tu n'es pas obligée de te montrer condescendante envers Théo !

- MAIS TU ME POMPES L'AIR AVEC LUI ! Tu n'as que ce nom à la bouche !

- C'est normal puisque comme tu le dis si bien, c'est mon binôme !

- Ce n'est pas une raison pour qu'il prenne autant de place dans notre couple ! À un moment il va falloir choisir, Justin ! C'est lui ou moi ! Mais certainement pas les deux ! Prends la bonne décision et seulement à ce moment-là on pourra se reparler !

Emily se leva de table et quitta la Grande Salle sur ces mots. Justin ne chercha pas à la retenir et se contenta de pousser un soupir las. Il regarda autour de lui et se rendit compte que tout le monde l'observait. Évidemment, sa dispute avec Emily n'était pas passée inaperçue. Il en eut vite la preuve en voyant le professeur Chourave s'avancer vers lui. Rien d'étonnant : il avait légèrement perturbé le petit-déjeuner de ses camarades.

- M. Finch-Fletchley, puis-je vous parler ?

- Oui, professeur.

- Veuillez me suivre.

Justin se leva et suivit le professeur Chourave qui le mena jusqu'à l'entrée de la Grande Salle.

- Que s'est-il passé à l'instant ? demanda-t-elle, inquiète.

- Rien du tout, juste une dispute de couple. Je suis désolé d'en avoir fait profiter mes camarades.

- Je pense que ça ne les a pas plus dérangés que cela mais je suis surtout intriguée car cela ne vous ressemble pas d'avoir des éclats de voix avec quelqu'un en plein repas dans la Grande Salle... Si vous avez des problèmes avec Miss Parker, vous pouvez m'en parler. Je suis votre directrice de maison, je suis là pour vous écouter.

- Je vous remercie mais à ce stade, c'est plutôt un conseiller conjugal qu'il nous faudrait.

Le professeur Chourave sembla peinée pour Justin. Ça non plus, ce n'était pas étonnant. Cela faisait un an et demi qu'il était avec Emily. Son couple était connu de tous les Poufsouffle. Sa directrice de maison prenait souvent des nouvelles sans pour autant être intrusive. Elle était juste attentionnée et Justin l'aimait beaucoup pour cela.

- J'espère que tout va aller pour le mieux, dit-elle sincèrement. Je vous laisse, vous pouvez retourner manger.

- Je vais plutôt retrouver ma salle commune. Merci pour tout, professeur.

Justin prit congé de sa directrice de maison et prit la direction de sa salle commune. Il était arrivé au niveau des cachots lorsqu'il croisa Théo. Il s'en voulut d'être content de le voir. C'était quand-même un peu à cause de lui qu'il s'était disputé avec Emily. Même si Théo n'y était pour rien, en réalité.

- Salut, dit doucement Justin. Tu vas bien ?

- C'est plutôt à moi de te poser la question, répondit Théo, visiblement soucieux. Tu as l'air déprimé.

- Je viens de me disputer avec Emily, avoua Justin.

- Oh... fit Théo, l'air désolé. Je m'attendais à d'autres nouvelles un dimanche à neuf heures du matin.

Justin ne put s'empêcher de sourire.

- C'est vrai qu'il y a de meilleures façons de commencer la journée.

- J'espère que ce n'est pas trop grave et que ça va vite s'arranger entre vous ...

- J'ai de sérieux doutes, dit franchement Justin. Je crois qu'on est dans une impasse. Et je ne sais pas comment en sortir.

- Tu veux en parler ?

Justin s'apprêtait à répondre mais son attention fut attirée par une mare verdâtre qui leur venait aux pieds. Instinctivement, ils se mirent à reculer. Plus ça allait, plus la mare prenait du terrain et de l'ampleur. N'ayant absolument pas confiance, Justin attrapa le bras de Théo et l'entraîna à sa suite. Ils coururent jusqu'aux cachots qui n'étaient pas très loin et s'enfermèrent dans l'un d'eux.

- J'espère que ça ne viendra pas jusqu'ici, craignit Théo en fixant le bas de la porte.

- Ça ne pourra pas envahir le cachot, assura Justin. Il y aura peut-être juste une petite flaque, tout au plus.

Cela ne sembla pas apaiser Théo.

- Comment pourra-t-on savoir qu'on peut sortir d'ici ? Personne ne sait qu'on est là. Personne ne pourra nous prévenir quand la mare aura disparu. Ça se trouve on va devoir rester ici jusqu'à demain matin, en espérant que le professeur Snape fasse le tour des cachots...

Justin sentit la panique monter en Théo. Il s'approcha de lui et posa doucement une main sur son bras.

- Tu es claustrophobe ?

- Non, mais je n'aime pas être retenu de force, dit faiblement Théo. Ça me rappelle cet été et... ce ne sont pas de très bons souvenirs.

Cette confession rendit Justin mal à l'aise. Il ne voulait pas que Théo fasse une crise d'angoisse à cause de lui... Il avait juste voulu les protéger en venant ici mais il comprenait la peur de Théo. Même s'il ne savait pas de quoi il parlait exactement. Théo restait assez vague concernant ce qui s'était passé durant son été.

- Je suis désolé, je ne savais pas que ça t'angoisserait d'être enfermé ici... Mais ça va aller, je te le promets.

Théo leva les yeux vers Justin. Celui-ci fut bouleversé par ce qu'il vit dans le regard de son binôme. Il y vit la terreur d'un garçon hanté par son passé. À ce moment-là, Théo lui sembla tellement fragile qu'il eut envie de le prendre dans ses bras. C'était ce qu'il aurait dû faire. Mais il fit tout autre chose. Sans réfléchir, il franchit la distance qui le séparait de Théo et posa ses lèvres sur les siennes.

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Au même moment, POV Théo

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Théo n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit lorsque Justin se rapprocha soudain de lui. La seconde d'après, les lèvres de son binôme étaient sur les siennes. Surpris, Théo fut incapable de réagir. Il ne comprenait pas ce qu'il se passait. Pourquoi Justin faisait-il ça ? Que devait-il faire ? La réponse lui sembla évidente, à savoir, repousser Justin. Mais il était trop choqué pour bouger ne serait-ce que le petit doigt. Et puis, il n'oserait pas faire ça. Il n'avait sûrement pas le droit de repousser Justin. Il avait appris à ne rien faire lorsqu'il se retrouvait dans une situation qui lui échappait. Comme lorsqu'il était sous les coups de son père. Il devait toujours attendre que ça passe. Devait-il faire pareil ? Justin ne lui faisait pas de mal, certes, mais il faisait quelque chose qui échappait à Théo. Personne ne lui avait jamais fait ça. Personne ne l'avait encore embrassé. Et même s'il aimait Justin, ce n'était pas du tout comme ça qu'il avait imaginé son premier baiser. Il ne l'avait même pas voulu. Il fut soudain sorti de ses pensées par la langue de Justin qui tenta de forcer le barrage de ses lèvres. Affreusement gêné, il voulut se dérober mais Justin l'attira tout contre lui tout en cherchant toujours à entrouvrir les lèvres de Théo. Il ne semblait pas se rendre compte que son binôme ne voulait pas de ce baiser. Ses mains descendirent même jusqu'aux fesses de Théo qui se raidit sous ce contact. Alors qu'il priait Merlin et toutes les divinités existantes de faire revenir Justin à la raison, la porte du cachot s'ouvrit soudain, faisant sursauter Justin qui s'écarta vivement de Théo. Ils découvrirent leur professeur de potions sur le pas de la porte qui ne s'attendait visiblement pas à ce qu'il avait vu.

- Puis-je savoir ce que vous faites là ? demanda-t-il d'une voix glaciale.

- Nous ne faisions rien de mal, nous avons juste dû trouver un abri pour échapper à la marée verte qui ne nous inspirait pas confiance, expliqua Justin. Nous n'étions pas loin des cachots alors nous avons voulu nous y réfugier.

- Et pour passer le temps vous avez décidé de vous adonner à une séance de bécotage, ironisa le professeur Snape. C'est un cachot, ici. Pas un dortoir. Je laisse passer pour cette fois mais que je ne vous y reprenne plus. Le marécage n'est plus là, vous pouvez sortir. Filez immédiatement avant que je ne change d'avis.

Justin ne se fit pas prier et partit sans demander son reste. Complètement dépassé par les événements, Théo resta un moment sans bouger, si bien que le professeur Snape finit par s'inquiéter :

- M. Nott, est-ce que vous allez bien ?

Théo sortit de sa léthargie et leva la tête vers son professeur de potions.

- Oui, je... j'étais perdu dans mes pensées. Excusez-moi pour ce qui vient de se passer. Je... je vais y aller. Au revoir, professeur.

Théo ne laissa pas le temps de répondre à son directeur de maison, fila aussi vite que Justin quelques minutes plus tôt et prit le chemin de sa salle commune. Une fois arrivé, il se réfugia dans son dortoir. Il s'installa sur son lit, attrapa son sac de cours et en sortit son livre de potions. Il avait besoin de se changer les idées. Mais il eut beau essayer de se concentrer, son esprit ne cessa de dériver vers le baiser que lui avait donné Justin. Avec le recul, il ne comprenait toujours pas ce qui s'était passé. Tout ce qu'il savait, c'était que Justin n'allait pas bien du tout. Il l'avait senti. Mais cela n'expliquait pas pourquoi il l'avait embrassé. Justin était en couple et avec une fille, nom d'un hippogriffe ! Mais peut-être était-ce parce que les choses allaient si mal entre Justin et sa petite-amie qu'il avait complètement craqué ? Il avait l'air vraiment déprimé et au bout du rouleau. Et c'était bien pour ça que Théo n'arrivait pas à lui en vouloir. Il avait été juste choqué parce qu'il ne s'attendait pas du tout à ce que Justin l'embrasse. Surtout que c'était son tout premier baiser. Théo soupira. Pourquoi les choses devaient-elles toujours être aussi compliquées ? Le garçon qu'il aimait l'avait embrassé et il n'avait même pas pu en profiter. Après le choc, il était maintenant frustré. Il gémit et enfouit la tête dans ses bras. Persuadé d'être seul, il n'avait pas insonorisé son espace et il le regretta lorsqu'il entendit la voix de Draco :

- Théo, ça va ?

- Oui, oui, dit Théo d'une voix qu'il voulut convaincante.

- Tu es sûr ?

- Oui.

Il ne dut pas être très persuasif puisque Draco voulut visiblement s'assurer de la véracité de ses paroles en ouvrant ses rideaux.

- Théo, tu sais que je n'aime pas quand tu me mens. Je t'ai entendu soupirer. Ce n'était pas le soupir de quelqu'un qui s'ennuie ou qui est un peu énervé. C'était le soupir de quelqu'un qui en a gros sur la patate. Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Je n'ai pas envie d'en parler.

- Ça je m'en doute bien mais tu sais pourtant que ça te ferait du bien. Tu ne t'es pas senti un peu mieux quand tu m'as avoué être amoureux de ton binôme ?

Théo détourna le regard. Cela n'échappa pas à Draco.

- Tu t'es disputé avec lui ? s'inquiéta-t-il.

- Non, murmura Théo.

Il sentit Draco s'asseoir près de lui.

- Mais ça a bien un rapport avec lui ?

- Oui.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

Théo mit plusieurs secondes avant de répondre :

- Il m'a embrassé.

Le silence qui suivit ses mots lui indiqua que Draco était sûrement surpris. Il finit cependant par réagir :

- Mais... pourquoi a-t-il fait ça ?

- C'est bien ce que je me demande.

- Tu veux bien tout m'expliquer depuis le début, s'il te plaît ?

Théo acquiesça et raconta tout à Draco. Celui semblait choqué lorsque Théo termina son récit.

- Non mais il est au courant que ça ne se fait pas d'embrasser les gens comme ça ?!

- Il le sait probablement mais je crois qu'il n'était pas en état de réfléchir. Il n'allait pas bien.

- Ça ne lui donne pas le droit de te t'embrasser de force, répliqua Draco.

- Mais il ne s'est pas rendu compte que je n'en avais pas envie, plaida Théo. Il n'a jamais voulu me forcer à quoi que ce soit. Justin est quelqu'un de bien, il ne m'aurait jamais fait ça consciemment. J'ai été choqué sur le moment, je l'avoue, mais je ne lui en veux pas pour autant. Il ne m'a rien fait de mal, en soi. Il n'a pas été violent, bien au contraire. Il est resté très doux. J'aurais vraiment pu apprécier ce baiser si je l'avais désiré... Il ne faut vraiment pas que tu lui en veuilles. En temps normal il n'aurait jamais fait ça.

- Je te crois, dit doucement Draco. Mais je suis quand-même déçu pour toi. J'aurais voulu que ton premier baiser se passe beaucoup mieux que ça.

- Il n'a pas été très approfondi, si ça peut te rassurer. Il a voulu mais je l'en ai empêché.

Draco haussa les sourcils.

- Il semble bien intéressé par ta personne pour un garçon censé être hétéro.

Théo se sentit rougir.

- Ça ne veut rien dire...

- Je crois que si, au contraire. À mon avis il en pince pour toi.

- Ne dis pas n'importe quoi, il est hétéro et il est en couple !

- Il peut très bien être bi, rétorqua Draco. Ou se tromper d'orientation. Moi aussi j'ai longtemps pensé être hétéro. Je suis bien placé pour dire qu'on peut se tromper.

- Mais ça fait plus d'un an qu'il est avec sa copine, lâcha Théo. Il s'en serait rendu compte depuis un moment si les filles ne l'intéressaient pas !

- Il peut être dans le déni. C'est difficile de s'avouer être gay quand tu es persuadé depuis toujours d'être hétéro.

Théo soupira.

- Je ne sais plus quoi en penser. Il y a trois mois, Justin ne me faisait absolument pas confiance et me haïssait parce que j'étais un Serpentard, un Sang-Pur et un fils de Mangemort. Ça ne fait que deux mois et demi qu'il a changé d'avis sur moi. C'est vrai que depuis, on s'est beaucoup rapprochés mais je n'aurais jamais cru qu'il pourrait être attiré par moi... Il semble tellement amoureux de sa petite-amie...

- Je crois que le mieux, c'est que vous vous expliquiez. Enfin, c'est surtout qui doit s'expliquer. Vous êtes en binôme, vous devez donc régler cette situation au plus vite pour pouvoir continuer à assurer normalement vos séances de travail.

- D'accord, j'essaierai de lui parler demain entre deux cours ou après les cours. Je crois qu'il vaut mieux laisser passer la journée.

- Je crois aussi, approuva Draco.

Théo sourit.

- Merci de m'avoir écouté. Tu avais raison, ça m'a fait du bien.

- De rien, c'est normal, dit gentiment Draco.

- Ça se passe bien de ton côté avec Graham ?

Ce fut au tour de Draco de rougir.

- Oui, oui, ça va.

- Tu es sûr ? Tu as l'air gêné. Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise...

- Non, je t'assure que ça va. Enfin il y a bien quelque chose mais je t'en parlerai plus tard. Peut-être.

- Pourquoi pas maintenant ? demanda Théo, dérouté.

- Parce que tu n'es sûrement pas encore prêt à m'entendre parler de ce que je fais avec Graham sous la couette.

- Oh... On va éviter, en effet, répondit Théo en se remettant à rougir.

- Après, Mme Pomfrey t'en a peut-être parlé... Tu es allé la voir, au moins ?

- Oui, mais je n'ai pas jugé nécessaire de te le dire.

- Vous avez discuté de quoi ?

- Elle m'a expliqué comment fonctionnaient les réactions intimes des garçons et pourquoi ils en avaient parfois au réveil le matin.

- C'est bien, tu as dû mieux comprendre ce qui t'est arrivé ce fameux matin où je t'ai harcelé pour savoir ce que tu avais. Elle t'a parlé d'autre chose ?

- Elle a voulu me parler des relations intimes entre les filles et les garçons mais je lui ai dit que ça ne me concernait pas. Elle a compris que j'étais gay, ce qu'elle ne savait pas encore apparemment, et elle m'a demandé si je voulais qu'elle me parle des relations entre garçons. Je n'ai même pas eu besoin de lui répondre tellement j'étais rouge. J'étais hyper mal à l'aise, elle l'a vu et elle n'a pas du tout insisté. Au contraire, elle m'a dit que je pouvais revenir la voir quand je serais prêt à en parler. Tu avais raison, elle sait vraiment mettre les élèves en confiance.

- C'est ce que m'ont dit Blaise et Pansy. Du coup tu ne sais absolument rien sur les relations intimes entre garçons ?

- Non, ça me gêne trop pour en entendre parler. Ça craint, hein ? ajouta Théo en grimaçant.

Draco sourit.

- Non, tu as le droit de vouloir rester ignare à ce sujet. Tout le monde n'est pas forcément à l'aise là-dessus.

- J'ai l'impression d'être le seul garçon qui n'est pas intéressé par ça...

- Il n'y a aucun mal à ça. Tu n'es pas obligé d'être comme tous les garçons.

- Mais ça doit être frustrant pour toi... Nous sommes tous les deux gay et tu ne peux même pas parler de ce genre de choses avec moi.

- Je pourrai peut-être en parler avec Harry quand on se connaîtra un peu mieux. En plus il est en couple, lui aussi. On pourra parler de nos expériences.

Théo prit un air horrifié. Il n'avait pas du tout envie d'imaginer Harry dans l'intimité avec son petit-ami !

- Même si on s'entend très bien, je n'irai pas demander à Harry comment ça se passe avec Adrian de ce côté-là. Je n'irais même pas lui demander comment ça se passe tout court avec Adrian. Surtout en ce moment.

Draco grimaça à son tour.

- Ouais, non, t'as raison, moi non plus. J'ai entendu dire qu'ils s'étaient disputés hier matin dans la Grande Salle et que ça avait été assez violent.

- J'ai entendu la même chose. Mais j'espère qu'Adrian n'a pas été aussi brutal avec Harry que ce que les gens disent, car si c'est vrai, je vais commencer à m'inquiéter pour Harry... Mais ça m'étonnerait vraiment qu'Adrian soit quelqu'un d'aussi violent. Il est tout à fait normal lors des entraînements de Quidditch. Et je ne l'ai jamais vu se battre avec quelqu'un.

- Tu peux toujours essayer d'en parler avec Harry. Mais il ne te dira jamais du mal de son petit-ami. Bon, je vais te laisser, j'ai un devoir à faire. Je reste quand-même dispo si tu as besoin de parler alors n'hésite pas.

Théo acquiesça. Draco lui sourit puis il s'éclipsa pour rejoindre son propre lit. Théo reprit son livre de potions et parvint cette fois à se concentrer. Du moins, pendant une vingtaine de minutes. Car un mot sur lequel il tomba lui suffit pour repenser à Justin. Il ne songea pas au baiser en lui-même mais plutôt à ses conséquences. Il espérait vraiment que leur amitié n'allait pas pâtir de ce moment d'égarement. Il tenait vraiment à la relation qu'il avait avec Justin. Il avait trop galéré pour obtenir sa confiance pour voir tout cela s'effondrer. Il ne demandait même pas à sortir avec lui. Mais juste de garder son amitié. Bien sûr, il aimerait bien se rapprocher de Justin. Mais il avait peur que ce baiser ne les éloigne plus qu'autre chose. Il allait tout faire pour rassurer Justin et lui dire que, pour lui, ce baiser ne changeait rien entre eux. Il espérait que Justin verrait les choses de la même manière et qu'ils pourraient ainsi passer à autre chose en gardant leur relation telle qu'elle était avant ce fameux baiser.

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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que le chapitre vous a plu ! =) Je vous dis à vendredi pour le prochain chapitre qui s'intitulera «Cœurs en miettes». Bisous tout le monde !