Bonjour à toutes et à tous ! Nous nous retrouvons pour le trente-et-unième chapitre de SAMLP =)

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Zackos : La chute va être très, très, très rude pour Harry :/ Même si ce n'est pas lui qui va tomber, en l'occurrence... Étrange, ce que disait cette fiction au sujet des Poufsouffle et des Serpentard ! Ce sont les deux maisons qui sont le plus opposées une à l'autre, je crois XD Les Gryffondor vont faire quelque chose contre leur capitaine mais plus tard XD Mais oui, je reprends vraiment le caractère d'Angelina dans le livre ! Je ne l'ai jamais aimée en tant que capitaine, elle est vraiment odieuse ! Pour ce qui est du warning dans la NA du premier chapitre, il n'y a en effet pas beaucoup de suspense et ce sera d'ailleurs dans ce chapitre :/ Severus a choisi le mauvais moment pour aller à Sainte-Mangouste ! Même si ce n'est pas de sa faute :/ Tu as tout compris au sujet de Draco et de sa relation avec Graham. Il croit avoir trouvé la bonne solution pour se changer les idées mais ce n'est jamais bon de partir dans cette voie-là, surtout quand on est en plein déni :/ Contente que la scène entre Graham et Draco t'ait plu, Graham fait très attention à Draco car lui est amoureux du petit blond =)

Butterfly Fictions : Harry commence effectivement à avoir des doutes sur Adrian, mais il ne veut pas croire qu'il se drogue :/ Le déni, le déni, le déni ... En soi, il y a trois personnes qui vont agir pour essayer d'aider Harry mais il y en a deux qui vont lui parler :) Il y a beaucoup de questions autour d'Adrian, qu'est-ce qui est vrai, qu'est-ce qui est faux ? Réponses dans ce chapitre :) Blaise est clairement amoureux de Ginny mais Ginny a besoin de temps pour être sûre de ses sentiments, mais tout ça s'expliquera un peu plus tard =) Ron et Hermione se posent de sérieuses questions mais ne peuvent pas aider Harry à eux tout seuls :/ Ça avance tout doucement entre Terry et Hermione, ils marchent sur des oeufs mais je crois que c'est le couple qui va moins se prendre la tête sur leurs sentiments XD Ils prennent juste leur temps *-* Severus est persuadé de ne pas avoir le droit d'être heureux à cause de ce qui est arrivé à Lily par sa faute :/ Tonks est assez directe dans ses sentiments, pas comme Severus XD Leur discussion arrivera plus tard que prévu mais elle aura bien lieu :) Draco est complètement paumé, il se sent abandonné et il fait tous les mauvais choix possibles :/ Sa relation avec Graham en elle est une erreur XD Le baiser entre Théo et Justin va beaucoup faire cogiter Justin XD Mais il est marié avec le déni donc bon ... XD Théo ne s'attendait pas à ça pour son premier baiser mais tout est tellement compliqué entre Justin et lui que leur premier baiser devait l'être aussi XD Il y a de plus en plus de tensions entre Harry et Adrian mais Harry s'obstine à croire en leur couple :/ Il y a en effet un gros dénouement dans ce chapitre, dur mas nécessaire :/

Gryffondor : Oui, Harry n'est pas si borné que ça, il voit quand-même des choses mais ce n'est pas suffisant pour qu'il se pose les bonnes questions :/ Le truc c'est qu'Adrian est un excellent manipulateur et que Harry est amoureux, naïf et fragile, alors évidemment il se fait facilement embobiner :/ Oui, c'est allé très vite entre Draco et Graham, parce que Draco est perdu et qu'il fait n'importe quoi :/ C'est exactement ça : «Severus n'est pas là ? D'accord, pas grave, Graham saura me réconforter, lui», telles sont les pensées de Draco ! Le couple Justin/Emily devrait ne plus exister depuis longtemps mais Emily est vraiment amoureuse et Justin est trop dans le déni pour voir la réalité en face :/ En fait ce n'est pas avec Théo qu'il va tromper Emily mais avec le déni XD

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Merci à vous pour vos retours, ça fait toujours autant plaisir ! =) Et merci encore à tous ceux qui suivent l'histoire =) Je vous laisse avec ce chapitre, c'est le dernier de la deuxième partie, j'espère qu'il vous plaira même s'il est assez dur :)

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Warning : Ce chapitre est classé M, à la fois pour une scène sexuellement explicite mais aussi pour une tentative de viol. Je la délimiterai pour ceux qui ne veulent pas la lire. Le chapitre en lui-même est dur dans sa globalité, il y a de la souffrance psychologique qui pourrait mettre mal à l'aise les personnes les plus sensibles. Je préfère prévenir au cas où :)

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Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture car il y a quand-même des passages un peu plus cool ! =)

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31 – Cœurs en miettes

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(lundi 04/12) POV Justin

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Justin bâilla pour ce qui devait être la dixième fois depuis qu'il était levé. La journée allait être longue. Il peinait à garder les yeux ouverts malgré toute la bonne volonté qu'il y mettait. Il était fatigué. Cela n'avait rien d'étonnant puisqu'il n'avait pas dormi de la nuit. Il n'avait pas arrêté de penser à ce qui s'était passé avec Théo. Les mêmes questions revenaient en boucle dans son esprit : mais pourquoi avait-il fait cela ?! Pourquoi avait-il embrassé Théo ? Qu'est-ce qui lui était passé par la tête ? Pourquoi ne s'était-il pas retenu ? Car c'était ça qu'il aurait dû faire. Il ne s'en était pas rendu compte sur le moment mais ce baiser n'avait absolument pas été consenti par Théo. Justin avait pris son manque de réaction pour un «oui» alors qu'en réalité, Théo avait sûrement été choqué. Justin ne lui avait pas demandé son avis et ne s'était pas assuré qu'il souhaitait lui aussi ce baiser. Il l'avait même serré contre lui alors que Théo avait probablement voulu s'arracher de cette étreinte tout aussi forcée que ce baiser. Même s'il n'avait rien fait pour s'enfuir. Cela perturbait d'ailleurs Justin. Avec le recul, il avait compris que Théo n'était pas consentant mais il s'était pourtant laissé faire. Comme s'il s'était résigné. Si le professeur Snape n'avait pas débarqué, Théo aurait sûrement laissé Justin faire ce qu'il voulait de lui. Heureusement pour lui, Justin n'aurait rien fait de plus. Mais tout ça n'était pas normal. Quoi qu'il en soit, il s'en voulait énormément. Il n'avait jamais voulu forcer Théo et c'était pourtant ce qu'il avait fait. Il ne savait même pas pourquoi il l'avait embrassé. Enfin si, il savait, mais il ne voulait pas l'admettre. Car la vérité, c'était qu'il avait ardemment désiré ce baiser. Et qu'il avait aimé. Il avait pris bien plus de plaisir à embrasser Théo qu'il n'en avait jamais pris avec Emily. Il se sentait horrible à cause de ça. Il était censé être hétéro et il préférait embrasser son binôme plutôt que sa petite-amie ! Cette pensée le culpabilisait encore plus car cela lui faisait rappeler qu'il était en couple. Rien que pour cette raison, il n'aurait jamais dû embrasser Théo. Il avait un peu l'impression d'avoir trompé Emily. Même si ce n'était qu'un baiser. Bon, il avait aussi posé ses mains sur les fesses de Théo. Il avait beaucoup aimé ça aussi, d'ailleurs. Elles étaient petites, rondes et fermes. Théo avait repris un peu de poids depuis la rentrée et jouer au Quidditch l'avait de toute évidence un peu musclé. Il se gifla mentalement en réalisant ce qu'il venait de penser. Merlin mais qu'est-ce qui lui prenait de penser des choses pareilles ?! Il ne tournait vraiment pas rond. Voilà où il en était dans ses réflexions lorsqu'Ernie vint s'asseoir en face de lui.

- Salut, bien dormi ?

Justin grogna en guise de réponse.

- Ouh là, ça, ça veut dire non. En même temps j'aurais dû m'en douter, c'est rare que tu te lèves aussi tôt. Ça a un rapport avec ce qui s'est passé hier dont tu n'as pas voulu parler ?

Justin grimaça. La veille, ses amis avaient bien vu que quelque chose n'allait pas mais Justin n'avait rien voulu leur dire. Il avait trop honte pour leur avouer qu'il avait embrassé son binôme de force. Ses amis se demanderaient sûrement comment il avait pu embrasser Théo alors qu'il était hétéro et en couple et il n'était pas prêt à faire face à cette question. Car lui-même se la posait et il n'arrivait pas à y répondre.

- Oui, ça a un rapport mais je ne veux toujours pas en parler, dit-il à Ernie. Ce n'est pas contre toi, c'est juste que je ne me sens pas prêt à en parler.

- Je comprends. Mais si ça te tracasse autant, tu ne devrais pas garder ça pour toi. Sinon, est-ce que tu as revu Emily depuis votre dispute ?

Justin baissa les yeux. Cela dut suffire comme réponse à Ernie puisqu'il s'excusa :

- Désolé, je n'aurais pas dû te poser cette question.

- Ce n'est pas grave. Évitons juste d'en parler pour le moment.

- Mais ça va s'arranger, entre vous ?

- Je l'espère. Mais je pense qu'il va falloir du temps.

- Ouais, comme toujours. Vous restez brouillés pendant environ trois semaines et ensuite vous vous réconciliez. Mais franchement, est-ce que cette relation te convient ? Car je te connais, tu as besoin de stabilité, or avec Emily c'est...

Justin n'entendit pas la fin de la phrase d'Ernie car son attention fut attirée par un bout de parchemin qui se posa devant lui. Il le prit, le déplia et reconnut l'écriture de Théo :

«Coucou, je n'ose pas venir te voir à ta table alors je t'envoie ce petit mot pour te dire que j'aimerais te parler. Peux-tu me rejoindre près de l'entrée de la Grande Salle quand tu auras fini de manger ? Je ne t'oblige à rien, c'est comme tu veux mais ce serait bien qu'on discute avant d'aller en cours. À dans quelques minutes j'espère.».

Justin ne savait pas quoi penser de ce mot. Même quand Théo était censé être en colère contre lui, il arrivait à être doux et gentil dans le mot qu'il lui écrivait. Justin avait peur de se retrouver face à lui mais il savait que Théo avait raison. Ils devaient parler. Il termina donc rapidement son petit pain, se leva et quitta la Grande Salle. Théo était déjà là. Il semblait aussi gêné que lui.

- Merci d'être venu, dit-il néanmoins en souriant. J'espère que tu ne t'es pas dépêché de finir de manger...

- Non, rassure-toi. Je voulais juste te voir le plus vite possible pour avoir cette... euh... discussion. Je suis vraiment désolé pour hier, je ne sais pas du tout ce qui m'a pris. Tu as sûrement été effrayé et choqué mais ce n'était pas du tout mon intention.

- Je sais, répondit doucement Théo. Je ne t'en veux pas. Je sais que tu n'allais pas bien et je pense que c'est ça qui t'a poussé à faire n'importe quoi. Mais je ne comprends pas pourquoi tu m'as embrassé alors que tu es en couple avec une fille... Tu étais si désespéré que ça ?

- Non, j'en avais vraiment envie, avoua franchement Justin. Mais ça ne veut pas dire pour autant que je suis attiré par les garçons. C'est juste que tu avais l'air en pleine détresse, ça m'a touché et au lieu de te prendre dans mes bras pour te réconforter, je n'ai pas réfléchi et je t'ai embrassé. Je m'en veux et je te demande pardon. J'étais moi-même complètement perdu à ce moment-là alors je n'ai pas senti que tu n'étais pas consentant. Ce n'est qu'après, en y repensant, que j'ai compris. Je sais que je te l'ai déjà dit plusieurs fois mais...

- Tu es désolé, oui, je sais, compléta Théo d'un air légèrement moqueur. Et moi je t'ai dit que je ne t'en voulais pas.

- Mais j'ai dû te choquer...

- Oui mais c'est bon, c'est oublié. Je préfère passer à autre chose. Pour moi il ne s'est rien passé. Je ne veux pas que ce baiser change quoi que ce soit entre nous. J'aime trop la relation qu'on a réussi à construire pour qu'elle se détruise à cause d'un simple baiser. Alors fais comme moi et oublie. Et arrête de t'en vouloir.

Vaincu, Justin acquiesça. Il était plus que soulagé. Il se rendit compte qu'il n'aurait pas supporté d'être de nouveau en froid avec Théo. Car cette fois ils étaient amis. Et pas seulement binômes de travail. Théo comptait énormément pour lui. Il avait une envie folle de le prendre dans ses bras tellement il lui était reconnaissant de ne pas lui en vouloir. Mais il se retint. Il ne comprenait pas pourquoi il ressentait autant le besoin d'avoir Théo tout contre lui. Ce genre d'envies, il devrait les avoir envers Emily ! Il fallait vraiment qu'il se reprenne.

- Merci, Théo, dit-il en souriant. Du coup, on se voit toujours ce soir à vingt heures ?

- Oui, toujours, affirma Théo. Oh, pendant que j'y pense, est-ce que tu sais ce qui a causé cette marée verte ?

- Ce serait un coup des jumeaux Weasley. C'était près des cachots et c'est bien connu qu'ils aiment bien s'en prendre de près ou de loin au professeur Snape ou plus généralement aux Serpentard.

Théo secoua la tête, l'air à la fois dépité et amusé.

- Ils n'ont vraiment que ça à faire... Franchement je me demande où ils vont trouver toutes leurs idées. Ils ont une des ces imaginations... Bon, l'heure avance, je dois aller chercher mon sac de cours. À tout de suite en botanique.

Théo sourit à Justin et s'en alla. Justin le regarda s'éloigner sans pouvoir le quitter des yeux. Lorsque Théo fut hors de sa vue, il ressentit un grand vide. Il avait déjà hâte de le retrouver à leur premier cours de la journée. Il culpabilisa de se sentir aussi dépendant de la présence de Théo. Il devait vraiment se réconcilier au plus vite avec Emily. Alors qu'il allait chercher lui aussi son sac dans son dortoir, il se fit la promesse d'essayer de trouver Emily à la fin de la journée. Il ne savait pas encore ce qu'il allait lui dire mais il allait tout faire pour arranger les choses avec elle. Quitte à mettre de l'eau dans sa bièreaubeurre. Il tenait à Emily et il était prêt à faire beaucoup d'efforts pour retrouver la paix dans leur couple.

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(mardi 05/12) POV Harry

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- Zut, je n'ai plus assez de parchemin ! C'est bête, il ne reste qu'une heure de cours... Harry, tu n'aurais pas un vieux parchemin qui ne te sert à rien et où il reste un peu de place ?

La question de Draco troubla Harry. Il avait l'impression d'être revenu trois mois en arrière. Sauf que là c'était complètement différent. À l'époque, Draco avait voulu à tout prix l'énerver en le forçant à lui donner du parchemin. Harry avait refusé mais Draco avait insisté et était allé jusqu'à lui voler son rouleau. Après plus d'une demie-heure de pression, Harry avait fini par céder mais Théo l'avait empêché de dépanner Draco, préférant le faire lui-même. Tout cela semblait bien loin maintenant aux yeux de Harry. À cette époque, pour lui, Draco était encore «Malfoy» et Théo était encore «Nott». Harry ne sortait même pas encore avec Adrian. C'était il y a trois mois mais, pour lui, cela semblait remonter à une éternité. Tant de choses avaient changé et s'étaient passées depuis...

- Harry ? Tu m'écoutes ?

Harry sortit brusquement de sa rêverie. Il tourna la tête vers Draco et lui adressa un sourire d'excuse.

- Pardon, j'étais parti loin. Je repensais à un cours lors du début d'année pendant lequel tu m'avais également demandé du parchemin. Tu nous avais fait repérer par notre professeur de sortilèges et tu avais presque réussi à m'énerver.

Draco sembla honteux à l'évocation de ce souvenir.

- J'étais vraiment bête, à cette période. Je ne me suis jamais excusé pour ça. Alors je le fais maintenant. Pardonne-moi de m'être comporté comme un imbécile.

- Je t'ai déjà tout pardonné, dit Harry en souriant. Mais merci, ça me touche beaucoup. Sinon, pour répondre à ta question, je peux directement te prêter du parchemin, je sais que ce n'est pas pour m'embêter, cette fois.

- Merci, c'est super gentil de ta part. J'étais persuadé d'avoir assez de parchemin pour la journée mais j'ai dû écrire plus que prévu...

- Ça ne te ressemble pas d'être à court de quelque chose. Que ce soit de parchemin ou d'encre.

- Je sais mais j'ai dû faire mon sac à la va-vite ce matin, avoua Draco, l'air gêné.

- Tu as eu une panne de réveil ?

- Non, je me suis réveillé presque à la même heure que d'habitude. C'est juste que... je n'étais pas dans mon dortoir, en fait.

- Oh...

Harry se sentit rougir en comprenant ce que ça voulait dire. Mais il tint à rassurer Draco :

- Tu n'as pas à être gêné, tu sais. Ça m'est arrivé aussi de dormir dans le dortoir de mon petit-ami en pleine semaine. Je me suis même fait enguirlander par mon directeur de maison à cause de ça.

- C'est vrai, je m'en souviens, dit Draco en souriant. Mais moi là ce n'était pas du tout prévu. Je n'étais pas censé dormir avec Graham. Mais l'heure du couvre-feu approchait et je n'avais pas envie de retourner à mon dortoir. Graham m'a donc gentiment proposé de rester avec lui. Je sais, j'abuse, mon dortoir se trouve tout près du sien...

- Oui, alors que moi j'ai tout le château à traverser, rigola Harry.

- Je comprends mieux pourquoi tu restes souvent avec ton petit-ami, plaisanta Draco. La flemme que tu dois avoir, sérieux.

- Il y a de ça, admit Harry. Mais j'ai surtout envie de rester avec Adrian. Mais attends, si tu as passé la nuit avec Graham, ses compagnons de dortoir ont dû te voir ?

- Non, je suis resté très discret. On a mis le sort d'insonorisation et je suis sorti du dortoir quand tous les camarades de Graham sont partis. Aucun d'entre eux n'a su que j'avais passé la nuit dans leur dortoir. De toute façon, nous ne sommes pas vraiment stressés à l'idée que Miles ou Cassius nous surprennent ensemble. Nous savons qu'ils garderont le secret. Ton mec, lui, le sait déjà. Et on sait qu'il ne dira rien non plus. Mais je vais quand-même éviter de dormir avec Graham dans son dortoir. C'est un peu trop stressant.

- Je comprends. Après ça n'a pas dû être trop dur pour toi de ne pas te faire repérer. Tu as juste eu à monter quelques marches pour passer de ton dortoir à celui de ton petit-ami.

- Exactement. J'ai juste fait attention à ce que personne ne monte ou ne descende en même temps que moi. Ah, voilà notre professeur. On ferait mieux de se taire.

En effet, Snape venait d'entrer dans le cachot. Cela faisait déjà une bonne dizaine de minutes que les élèves étaient arrivés mais Snape avait visiblement eu un empêchement qui l'avait mis en retard. Il ne perdit d'ailleurs pas de temps et commença directement le cours. Harry s'empressa de prêter du parchemin à Draco, déchirant le début de son rouleau dans sa précipitation.

- Cette fois, ce n'est pas moi, s'amusa Draco.

Harry dut se mordre la langue pour ne pas rire. Il ne fallait surtout pas qu'il parte dans un fou rire en plein cours de potions. Si Sirius avait été cool en le virant juste le temps qu'il se calme lorsque ça lui était arrivé en cours de sortilèges, il doutait que Snape serait aussi clément. Il se cacha donc le visage derrière sa main et se mit à écrire ce que disait Snape.

Comme d'habitude, le cours passa très vite. Il y avait tellement de notes à prendre que Harry ne voyait jamais le temps passer. Il était toujours surpris quand Snape annonçait la fin du cours. Mais ce jour-là, il fut d'autant plus étonné que Snape lui demanda de rester :

- Le cours est terminé. M. Potter, vous viendrez me voir, j'ai à vous parler.

Harry n'aima pas du tout cette requête. Qu'avait-il fait encore ? Cela faisait un bon moment que Snape ne l'avait pas convoqué après un cours. Il espérait qu'il ne le retiendrait pas trop longtemps car il devait retrouver Adrian. Stressé, il rangea ses affaires et se dirigea vers le bureau de son professeur.

- Vous souhaitiez me voir ?

- Oui. Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je voudrais revenir sur ce qui s'est passé samedi matin entre M. Pucey et vous dans la Grande Salle.

Harry se crispa. Il n'avait aucune envie de parler de ça. C'était sa vie privée, Snape n'avait pas à s'en mêler. Mais il comprenait tout de même qu'il l'ait convoqué pour en discuter. Il avait quand-même eu une assez grosse dispute avec Adrian lors de ce petit-déjeuner. Il ne put cependant s'empêcher de faire de l'ironie :

- Vous convoquez tous les élèves qui se disputent avec leur petit-ami ?

- Uniquement quand ces disputes sont accompagnées de violences, répondit calmement Snape. Et il se trouve que c'était le cas entre M. Pucey et vous. Ne niez pas, je l'ai vu attraper violemment votre bras. Il aurait pu vous faire mal tellement il y est allé fort. J'aurais dû intervenir mais j'ai eu une urgence au même moment. M. Potter, ce n'est pas pour vous ennuyer que je souhaite en parler avec vous. C'est parce que le comportement de votre petit-ami est inquiétant. Était-ce la première fois qu'il se montrait violent envers vous ?

- Oui, mentit Harry. Mais ce n'était pas aussi violent que vous semblez le penser. Et puis il s'est vite excusé. C'était juste une dispute de couple, rien de plus.

- Non, c'était plus que ça, et vous le savez, répliqua Snape. Vous avez la réaction typique de quelqu'un qui subit des violences de la part de son petit-ami, que ces violences soient verbales ou physiques. Vous ne devez pas le laisser vous faire du mal. S'il vous en fait, vous devez le dire.

- Il ne m'a jamais frappé, rétorqua vivement Harry. Nous avons des disputes assez violentes, oui, mais il ne m'a jamais giflé ou jeté par terre ou que sais-je encore.

- C'est donc ça que vous attendez pour réagir ? Je vous préviens tout de suite, c'est loin d'être une bonne idée. C'est même une très mauvaise idée. Plus vous attendrez, plus il vous sera difficile d'en parler. Sans compter que votre petit-ami risque de vous faire de plus en plus de mal.

- Je vous dis qu'il ne m'a jamais fait de mal, insista Harry, agacé.

- Pas encore mais ça pourrait venir, prévint Snape.

- Vous ne connaissez pas Adrian pour dire ça, professeur, lâcha Harry. C'est triste pour un élève de la maison dont vous êtes le directeur.

- Ne jouez pas à ce petit jeu avec moi, M. Potter, menaça Snape. Vous êtes en couple avec M. Pucey depuis trois mois alors que ça fait plus de six ans qu'il est dans la maison dont je suis responsable. S'il y en a un de nous deux qui le connaît mieux que l'autre, ce serait plutôt moi.

- Vous ne le connaissez pas comme moi je le connais, s'obstina Harry. De toute façon, tout ça ne vous regarde pas. Je ne suis pas un élève de votre maison. Si vous devez parler à quelqu'un, ce serait plutôt à Adrian lui-même. Mais vous allez devoir attendre car je dois justement le retrouver. Puis-je y aller ou souhaitez-vous continuer à vouloir me faire avouer des violences qui n'existent pas ?

Les mots de Harry furent suivis d'un court silence pendant lequel Snape et lui s'affrontèrent du regard. Ce fut Snape qui finit par briser ce silence :

- Allez-y. Je m'arrangerai avec ma conscience lorsqu'on vous ramassera à la petite cuillère.

Harry fit semblant de n'avoir rien entendu et quitta le cachot sans même dire au revoir à son professeur. Il tenta d'oublier cette désagréable discussion qu'il venait d'avoir et se dirigea vers la salle commune de Serpentard.

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Lorsqu'il arriva, Adrian était déjà devant la porte et semblait de très mauvaise humeur. Harry en eut vite la preuve lorsqu'il le rejoignit :

- Ah, te voilà ! lui lança Adrian. Je peux savoir où tu étais ?

- Le professeur Snape m'a retenu, expliqua calmement Harry. Je suis désolé mais c'est le genre de choses que je ne peux pas prévoir.

- Tu lui as dit qu'on devait se voir ?

- Parce que tu crois qu'il m'aurait libéré simplement parce que j'avais rendez-vous avec mon petit-ami ? ironisa Harry.

- Tu le lui as dit oui ou non ?!

- Hé oh c'est bon, calme-toi, ne m'agresse pas comme ça ! se défendit Harry. Qu'est-ce que tu as à être sur les nerfs comme ça ?

- Je serais peut-être moins sur les nerfs si tu étais arrivé à l'heure !

- Mais je te dis que c'est Snape qui m'a retenu ! Crois-moi, j'aurais largement préféré te rejoindre directement après mon cours plutôt que passer dix minutes en tête-à-tête avec lui ! Après si c'est pour me faire traiter comme de la bouse de dragon par mon petit-ami, je préfère encore rester avec Snape !

- Non, c'est bon, excuse-moi. Ne pars pas, s'il te plaît.

Harry soupira. Adrian s'était radouci. Il aimait mieux ça. Il s'approcha de lui et déposa un baiser sur ses lèvres.

- Je n'avais pas réellement envie de partir. On reste planté là ou on y va ?

- On y va, dit Adrian en souriant.

Il prononça le mot de passe et fit entrer Harry avant lui dans la salle commune. Ils se rendirent aussitôt au dortoir d'Adrian. Ils déposèrent leur sac et s'installèrent sur le lit. Adrian ouvrit ses bras, Harry s'y lova et poussa un soupir de bien-être. Il ne se sentait jamais mieux que lorsqu'il était dans les bras de son petit-ami. Il ferma les yeux et se concentra sur la main d'Adrian qui caressait ses cheveux. L'autre main était sur sa taille mais elle ne tarda pas à se déplacer pour prodiguer des caresses sur le torse de Harry. Celui-ci apprécia même si c'était à travers sa robe de sorcier. Adrian dut justement la trouver de trop car il décida vite de la déboutonner. Voulant être au plus près du corps d'Adrian, Harry entreprit lui aussi de lui ôter sa robe. Alors qu'il était en train de la lui retirer, une lettre tomba d'une des poches. Harry la ramassa et la tendit à Adrian.

- Désolé, j'ai fait tomber cette lettre. Tiens.

- Oh, je l'avais complètement oubliée. Je l'ai reçue ce matin mais je n'ai pas eu le temps de l'ouvrir. Pourtant je crois savoir ce que c'est et j'attendais cette réponse avec impatience...

Adrian déplia le parchemin et commença à lire la missive. Son visage devint vite livide alors que ses poings se crispèrent sur la lettre. Il la déchira d'un coup d'un geste rageur, puis il se retourna et donna un violent coup de pied dans sa table de chevet. Effrayé, Harry eut un mouvement de recul face à cet accès de violence. Adrian était assis au bord du lit et avaient les mains crispées sur ses genoux. Inquiet, Harry demanda :

- Adrian, qu'est-ce qu'il y a ?

- Rien ! Il n'y a rien du tout ! Tout va super bien ! Comme si ma journée n'avait pas déjà été assez pourrie comme ça, je viens d'apprendre que ma candidature a été refusée pour le poste de poursuiveur dans l'équipe des Flèches d'Appleby ! Alors que c'était la seule équipe que je voulais intégrer ! Celle qui me fait rêver depuis que je suis tout petit !

- Tu pourras peut-être retenter ta chance plus tard...

- Mais non, que ce soit dans un mois ou dans six mois leur réponse sera la même !

- Tu n'en sais rien, ils préfèrent peut-être juste attendre que tu aies fini tes études à Poudlard... Ça ne te coûte rien de proposer de nouveau ta candidature, ça se trouve ils apprécieront ta persévérance...

- Non, ça va les saouler plus qu'autre chose ! Ne parle pas de choses que tu ne connais pas !

- J'essaie simplement de t'aider, répliqua Harry, blessé.

- Oui bah tu ferais mieux de te taire au lieu de raconter des bêtises !

Harry eut l'impression de recevoir un coup de poignard en plein coeur tellement les mots d'Adrian lui firent mal. Les larmes aux yeux, il se leva.

- Où est-ce que tu vas ?! demanda brusquement Adrian.

- Je retourne à mon dortoir, annonça Harry. J'en ai marre de me faire agresser toutes les cinq minutes alors que je n'ai rien fait.

- Attends tu vas vraiment me laisser seul, là ?!

- Je ne vois pas pourquoi je resterais alors que ma présence a l'air de t'insupporter, répliqua Harry.

- J'ai passé une sale journée et je viens de recevoir une mauvaise nouvelle, c'est un peu normal que je sois sur les nerfs ! Mais vas-y, je t'en prie, va rejoindre ton dortoir, je ne voudrais surtout pas que tu te sentes obligé de rester avec moi !

Les mots d'Adrian culpabilisèrent Harry. Il s'en voulut d'avoir envisagé de laisser Adrian alors qu'il n'allait pas bien du tout. Il soupira et se rassit sur le lit.

- Non, je vais rester avec toi. Mais parce que je le veux, pas parce que je m'y sens obligé. Mais il faut que tu me comprennes. Tu me parles hyper mal depuis que je suis arrivé. À la longue ça devient un peu dur à supporter. Je ne te fais pas de reproches, je sais que tu as eu une journée difficile mais moi je n'y suis pour rien.

Cette fois, ce fut Adrian qui eut l'air coupable.

- Désolé, je ne me rendais pas compte que j'étais aussi infect envers toi. Pardonne-moi, je ne voulais pas te blesser ou te faire de la peine. Je t'aime, Harry. Je vais me calmer, je te le promets.

Ces paroles réchauffèrent le coeur de Harry.

- Oublions ce qui vient de se passer, proposa-t-il.

- Oui, et on va aussi oublier cette lettre. De toute façon elle est nulle, cette équipe. C'est loin d'être la meilleure, j'aurais perdu mon temps avec eux. En fait ils me rendent service en ayant refusé ma candidature. Ils devront se passer de mon talent, voilà tout. Ça fera le bonheur d'une autre équipe et ils n'auront plus que leurs yeux pour pleurer quand cette équipe dans laquelle je serai les battra à plate couture.

Harry sourit, amusé.

- En fait tu es juste vexé.

- Tout à fait.

- C'est trop mignon.

- Tu me trouves mignon ? s'extasia Adrian.

- Comme si tu ne le savais pas, se moqua Harry. Mais oui, un Adrian boudeur, je trouve ça hyper adorable.

Adrian sourit à son tour et embrassa Harry. Celui-ci répondit au baiser et allongea son petit-ami afin de se coucher sur lui. Il voulait être le plus proche possible d'Adrian. Mais ce dernier n'était visiblement pas du même avis puisqu'il repoussa doucement Harry. Devant son air blessé, Adrian se justifia :

- Ce n'est pas que je ne veux pas t'avoir sur moi mais je suis encore sous pression alors je pourrais vite réagir en te sentant tout contre moi. Et je crois que ce serait un peu trop compliqué de me soulager efficacement avec ce qu'on a l'habitude de faire.

- Oh... Mais je veux être près de toi, moi, bouda Harry.

- Je sais bien mais je ne pense pas que tu sois prêt à faire ce qu'il faut pour me soulager.

- Ça dépend. Que voudrais-tu que je fasse ?

Adrian hésita avant de répondre :

- J'aimerais que tu utilises autre chose que tes mains.

Harry comprit aussitôt ce qu'il voulait dire. Cela le mit mal à l'aise. Il n'avait jamais fait ça et ça lui faisait un peu peur. Mais d'un autre côté, il était prêt à beaucoup pour soulager Adrian et le calmer par la même occasion. Il sentait lui aussi qu'Adrian pouvait encore s'énerver à tout moment et il ne voulait pas que ça se reproduise. Il préférait s'adonner à cette nouvelle expérience qui l'effrayait un peu plutôt que subir une nouvelle fois le courroux de son petit-ami. Il avait eu trop peur lorsqu'il s'était mis en colère pour le voir s'énerver de nouveau.

- Je veux bien essayer, dit-il. Mais vas-y doucement. Je n'ai pas du tout l'habitude. Je n'ai jamais fait ça.

- Je sais, je ne te brusquerai pas, c'est promis, l'apaisa Adrian. En plus tu vas l'avoir au repos au début, ça va te permettre de t'y habituer au fur et à mesure qu'il grossira. C'est mieux pour toi de l'avoir comme ça pour commencer plutôt que de l'avoir directement en pleine forme.

Harry acquiesça, déjà un peu plus rassuré.

- Assis-toi au bord du lit, je vais me mettre devant toi, tu seras à la bonne hauteur.

Harry obéit et se mit dans la position souhaitée par son petit-ami qui se plaça devant lui. Harry déboutonna le pantalon d'Adrian et le fit glisser sur ses chevilles. Puis il baissa son sous-vêtement. Il fut soulagé de voir que son sexe était effectivement encore au repos. Il se souvint des quelques fois où Adrian lui avait offert ce petit plaisir et il commença par suçoter son gland tout en massant ses bourses. Au vu du soupir que poussa Adrian, Harry comprit qu'il ne s'y prenait pas trop mal. Il continua à titiller le gland avec sa langue puis il prit le sexe d'Adrian en bouche. Il commença à le faire aller et venir entre ses lèvres tandis que ses mains massaient toujours les bourses de son petit-ami.

- Harry, c'est bon, continue...

Encouragé, Harry poursuivit ses va-et-vient et sentit le membre d'Adrian grossir peu à peu dans sa bouche. Il sut qu'il n'allait bientôt plus pouvoir le prendre en entier. Il avait enfin accepté de le voir en érection peu de temps auparavant et il avait été effrayé par sa grosseur. Comme il l'avait prédit, il dût vite s'aider de sa main afin de compléter les mouvements de sa bouche.

- Essaie de le prendre un peu plus loin...

Il en avait de bonnes, lui ! Harry ne pensait pas être capable d'accéder à cette requête mais il essaya quand-même. Il eut cependant beau faire des efforts, il avait un réflexe de rejet qui l'empêchait de prendre plus profondément ce membre qui se faisait déjà trop imposant. Adrian n'insista pas et se contenta de ce que Harry lui offrait. Il accéléra ses mouvements et entendit Adrian gémir de plus en plus fort. Il devina qu'il s'approchait de l'orgasme et fit de son mieux pour aller plus vite. Mais apparemment, cela ne suffit pas à Adrian qui posa ses mains dans les cheveux de Harry et qui commença à lui imposer un rythme plus soutenu. Ce faisant, son sexe s'enfonça un peu plus loin, faisant venir les larmes aux yeux de Harry. Il n'était pas prêt à le recevoir aussi loin. Mais il laissa faire Adrian, ne voulant pas le frustrer. Heureusement, celui-ci était vraiment proche de l'orgasme et il ne lui fallut que quelques mouvements supplémentaires pour jouir dans la bouche de Harry. Surpris, Harry se retira vivement et recracha le sperme qui avait envahi sa bouche. Il s'essuya les lèvres et prit sa baguette afin de lancer un sort de nettoyage. Puis il se tourna vers Adrian qui était en train de se rhabiller, l'air satisfait et apaisé.

- Merci, Harry, dit-il en souriant. C'était vraiment très bon. J'espère que tu as aimé, toi aussi ? Je ne voudrais pas être le seul à en avoir profité... Ça doit rester un moment de partage.

Touché par les mots d'Adrian, Harry sourit également.

- Ça a été. Ça m'a juste un peu coupé l'appétit. Je crois que tu devras aller dîner tout seul.

- Non, je reste avec toi. Je dois te satisfaire, moi aussi.

- C'est gentil mais ce ne sera pas nécessaire.

- Pourquoi ? demanda Adrian, l'air surpris.

- Parce que je n'en ai pas envie, répondit simplement Harry. C'est le calme plat, chez moi.

- Oh. Peut-être plus tard, alors ?

- Non, je crois que ce soir, ce sera juste bisous et câlins.

- Ça me va aussi, comme programme, approuva Adrian.

Il se rallongea sur le lit et ouvrit de nouveau ses bras. Harry le rejoignit et vint se blottir contre lui. Il soupira d'aise lorsque les bras d'Adrian se refermèrent autour de lui. Il sentait qu'Adrian avait retrouvé tout son calme et il le préférait bien mieux ainsi. Il ne regrettait pas de lui avoir offert ce petit plaisir. En fait, il était plutôt content d'être allé jusqu'au bout de cette première expérience. Enfin, presque jusqu'au bout. Mais pour une première fois, il s'était plutôt bien débrouillé. Il ferma les yeux et se laissa bercer par la main d'Adrian qui lui caressait tendrement les cheveux. Il commençait à somnoler quand la voix de son petit-ami le réveilla :

- Harry, je n'ai pas envie de dormir seul, cette nuit. J'aimerais que tu restes avec moi.

Cette demande rendit Harry mal à l'aise. Ils étaient en début de semaine, il était censé rentrer dormir dans son dortoir. Mais après ce qui s'était passé une heure plus tôt, il n'osait pas refuser la requête de son petit-ami. Même si Adrian avait l'air apaisé, Harry avait peur qu'il s'énerve de nouveau et qu'il lui reproche de le laisser tomber. Il ne voulait pas se faire crier dessus une nouvelle fois. Et il ne voulait pas faire de la peine à Adrian. Il fit alors ce qui lui semblait être la meilleure chose à faire : il céda.

- D'accord, murmura-t-il. Je vais rester.

Il ne regretta pas sa décision en voyant le sourire que lui offrit Adrian. Et puis il était lui-même content de passer la nuit avec son petit-ami. Il ferma de nouveau les yeux et ne tarda pas à être gagné par le sommeil. Lorsqu'il était vraiment épuisé, il lui arrivait de réussir à s'endormir sans avoir pris sa potion de sommeil sans rêves mais il se réveillait toujours au bout d'une ou deux heures. Quand il était avec Adrian, il attendait que celui-ci soit endormi pour prendre sa potion. Elle ne faisait plus autant effet qu'avant mais elle lui permettait quand-même de dormir. Sauf qu'il ne se sentait pas vraiment reposé. Son sommeil n'était plus aussi récupérateur qu'avant. Mais il arrivait à dormir et, pour lui, c'était tout ce qui comptait.

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(mercredi 06/12) POV Remus

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Il y avait des matins où Remus aurait préféré rester couché. Ce jour-là, c'était principalement dû au fait que la pleine lune avait lieu le lendemain. Il était donc plus fatigué qu'à l'accoutumée. Mais il savait qu'une bonne douche allait le réveiller, en plus de la potion qu'il allait prendre juste après. En plus ça tombait bien car le mardi, il était le premier à utiliser la salle de bain. Il s'y rendit donc et après s'être débarrassé de son pantalon de pyjama, il s'empressa de se mettre sous le jet d'eau. En effet, cela faisait du bien. Mais il n'avait pas beaucoup de temps alors il ne resta pas longtemps sous la douche. Lorsqu'il en sortit, il chercha une serviette mais n'en trouva pas. Il se souvint vite que Sirius avait fait une lessive la veille, vu que c'était à son tour de la faire. À tout coup sûr, il avait tout rangé dans les placards sans penser à mettre le nécessaire dans la salle de bain. Remus pesta, enfila un caleçon, quitta la salle de bain et se rendit à la cuisine. Il ouvrit tous les placards mais ne trouva toujours pas de serviette. Excédé, il se résolut à aller voir Sirius qui lisait la Gazette dans le salon.

- Sirius, tu peux me dire où tu as mis les serviettes ?! Il n'y en a ni dans la salle de bain, ni dans les placards de la cuisine ! C'est gentil de ta part d'avoir fait la lessive mais ce serait bien que tu penses à mettre les choses à leur place !

Remus se tut et attendit une réponse... qui ne vint pas. Sirius avait le regard rivé sur son torse et semblait rester bloqué dessus.

- Sirius, tu m'écoutes ?! demanda Remus, agacé.

Sirius leva d'un coup la tête vers lui.

- Hein ? Pardon ? Tu disais ?

Remus soupira.

- Les serviettes. Où les as-tu mises ?

- Euh... je n'en sais rien. À leur place, sûrement...

- Non, justement.

- Ah, attends, ça doit être dans ma chambre ! C'est là que j'ai tout posé avant de ranger. Seulement je crois que je n'ai pas eu le temps de tout mettre à sa place alors j'ai dû laisser le reste sur ma commode. Tu veux que j'aille te chercher une serviette ?

- Non, c'est bon, je vais y aller, merci.

Remus tourna les talons et s'en alla. Alors qu'il franchissait l'entrée du salon, il sentit le regard de Sirius posé sur lui. Il se retourna vivement et surprit son ami en train de reluquer ses fesses. Sirius rougit brusquement.

- Ce... ce n'est pas ce que tu crois, balbutia-t-il. Je... je croyais juste que... que c'était un caleçon à moi... Mais je me suis trompé. Désolé.

- Y a pas de mal. Mais je suis encore capable de différencier mes caleçons des tiens.

Remus s'en alla sur ces mots et rejoignit la chambre de Sirius. Il y trouva effectivement une pile de serviettes et prit celle qui était sur le dessus. Il retourna à la salle de bain, se sécha – même s'il n'était plus vraiment mouillé – s'habilla et retrouva Sirius pour lui dire que la place était libre. Sirius alla aussitôt se laver, laissant Remus seul dans le salon. Ce dernier prit la Gazette et se mit à la lire en attendant que Sirius revienne. Mais son esprit fut justement accaparé par son ami. Il ne cessait de penser à la façon dont Sirius avait fixé son torse et reluqué son postérieur. Remus voulait bien être parano parfois mais là, il y avait peu de place au doute. Sirius avait vraiment regardé son corps avec insistance. Et pas n'importe quelles parties de son corps. Son torse et, surtout, ses fesses. Remus ne s'attendait vraiment pas à voir Sirius poser ce genre de regard sur lui. En fait, il ne comprenait plus rien en ce qui concernait son ami. Il ne savait plus à quoi s'en tenir avec lui. Ils avaient échangé deux baisers, ils étaient même allés un peu plus loin que ça mais à chaque fois ils avaient décidé d'oublier et de passer à autre chose. La première fois, ils venaient de se disputer, c'était un jour de pleine lune, le loup était agité en Remus et l'avait poussé à embrasser Sirius sans raison apparente. La deuxième fois, Sirius était bourré et Remus avait cédé malgré lui à la tentation. Dans les deux cas, ils avaient préféré dire que c'était une erreur et Sirius avait affirmé être hétéro. Mais après ce qui venait de se passer, Remus commençait à avoir de sérieux doutes. Sirius était indéniablement attiré par lui. C'était clair comme de l'eau de roche. Mais comment pouvait-il ressentir de l'attirance envers Remus alors qu'il était censé être hétéro ? Sirius n'avait rien d'un gay refoulé qui refusait de s'assumer. Il aimait vraiment les femmes. Cela semblait impossible pour Remus que Sirius soit bi. Il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond. En tout cas, il était sûr d'une chose : il en avait marre d'être dans l'incertitude. Il avait besoin de savoir ce que Sirius éprouvait réellement pour lui. Remus lui-même ne savait plus où il en était. Il décida alors de les confronter, Sirius et lui, face à la réalité. Il voulait en avoir le coeur net. Lorsque Sirius revint, il se leva et se dirigea vers lui.

- Tu m'attendais ? s'étonna Sirius.

- Oui, répondit franchement Remus. Je crois qu'on doit arrêter de se voiler la face. On a voulu faire comme si de rien n'était mais ça finit toujours par nous rattraper.

- Mais de quoi tu parles ? demanda Sirius, les sourcils froncés.

- De ce qu'il y a entre nous. Ces deux baisers n'étaient pas seulement dûs au loup en moi, à l'alcool ou à la frustration. Il y a autre chose. Quelque chose de plus fort et qu'on ne contrôle pas.

- Tu dis ça à cause de la façon dont je t'ai regardé tout à l'heure ? Mais ça ne veut rien dire, Remus. Je te l'ai dit, ce n'est pas du tout ce que tu crois...

- Sirius, arrête, je t'en supplie. Tu es dans le déni, là.

Sirius regarda Remus un moment avant de soupirer.

- Où est-ce que tu veux en venir, exactement ?

- J'aimerais être fixé. Tu es sobre ?

Sirius leva les yeux au ciel.

- Ai-je vraiment besoin de répondre à cette question à huit heures du matin ?

- Je prends ça pour un oui. De mon côté, je le suis aussi et même si la pleine lune est pour demain, je me sens actuellement très calme. Je te propose donc qu'on s'embrasse et qu'on voit ce qu'on en retire.

Sirius écarquilla les yeux.

- Mais... Remus... Tu n'es pas sérieux ?!

- À ton avis ?

Sirius voulut protester mais il finit par rendre les armes.

- Bon, comme tu veux.

- Je ne veux pas que tu te forces.

- Ce n'est pas le cas. Je ne sais pas ce qui me pousse à accepter ton idée mais au point où on en est...

Remus acquiesça, combla l'espace qui le séparait de Sirius et posa doucement ses lèvres sur les siennes. Sirius répondit aussitôt au baiser et se rapprocha même de Remus. Tous deux avaient compris qu'ils avaient besoin de ce test. Ils n'hésitèrent donc pas à approfondir le baiser, sans pour autant se précipiter. Ils prirent le temps d'analyser ce qu'ils ressentaient tout en profitant de ce baiser. Alors que leurs langues se taquinaient et jouaient ensemble, Remus posa ses mains sur les hanches de Sirius et se pressa un peu plus contre lui. Sirius gémit et enfouit ses mains dans les cheveux de Remus. Le baiser se fit tout de suite plus passionné. Sirius délaissa vite la tignasse de Remus pour glisser ses mains sous sa chemise. Haletant en sentant les doigts de Sirius sur son torse, Remus rompit difficilement le baiser, provoquant un gémissement frustré de la part de Sirius.

- Remus, encore un peu...

- Ce n'est pas que je ne veux pas mais... il faut rester raisonnables. C'était censé n'être qu'un baiser.

Sirius capitula et retira sagement ses mains. Il leva un regard perdu vers celui de Remus.

- Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ?

Remus soupira.

- Je n'en sais rien. Je croyais qu'après ce baiser on y verrait plus clair mais... ce n'est pas vraiment le cas.

- Si, les choses sont quand-même un peu plus claires. On sait maintenant qu'on est attiré l'un par l'autre.

- C'est vrai. Mais comment est-ce que ça a pu arriver, Sirius ? Nous sommes amis depuis plus de vingt-quatre ans, et lors de notre scolarité à Poudlard, nous n'avons jamais ressenti cette attirance commune... Et puis, surtout, tu es hétéro.

- Je crois que c'était tout simplement une erreur de s'installer dans les mêmes appartements. Nous sommes tous deux sûrement frustrés et vivre ensemble dans un espace restreint n'a pas dû arranger les choses. Je vais demander à Dumbledore de me trouver d'autres appartements. Je m'en occuperai quand j'aurai le temps. Là il faut aller déjeuner.

Sirius partit sur ces mots sans attendre de réponse. Même si Remus avait voulu le retenir, il ne l'aurait pas fait. Il savait que cela ne servait à rien de chercher à discuter plus longtemps. Sirius n'était pas disposé à parler davantage et resterait campé sur ses positions. Mais Remus ne voulait pas que Sirius déménage. Il n'avait pas envie de se retrouver tout seul. Mais c'était peut-être la meilleure chose à faire. Ils étaient sûrement trop proches dans la sphère spatiale et c'était sans doute ça qui avait créé et nourri cette attirance. Ils passaient trop de temps ensemble. Et cela ne datait pas de la veille. Après tout, cette attirance était née durant l'été, quand ils étaient encore au Square. À ce moment-là, cela faisait six mois qu'ils y vivaient ensemble. Cette cohabitation les avait trop rapprochés. Et c'était la même chose depuis qu'ils étaient à Poudlard. Sirius avait donc sûrement raison. Ils devaient arrêter d'habiter ensemble. Remus soupira. Pourquoi les choses étaient-elles toujours aussi compliquées ? Bon, ce n'était pas trop le moment pour se poser ce genre de questions. Il était fatigué, la pleine lune avait lieu le lendemain, il n'était pas trop en état de réfléchir. Il ne put s'empêcher de se dire que c'était justement et bizarrement à l'approche de la pleine lune qu'il avait de nouveau eu envie d'embrasser Sirius. C'était sûrement stupide mais il avait l'impression que ces deux choses étaient liées. La première fois, c'était bien son loup qui l'avait poussé à embrasser Sirius. La deuxième fois, c'était sa frustration qui s'était exprimée. Et peut-être le fait que Sirius l'attirait quand-même un peu. Là, il n'avait pas vraiment senti le loup décider à sa place mais peut-être parce qu'il était au repos. Cela n'empêchait pas le fait que la pleine lune était pour le lendemain. Il y avait forcément un lien. Mais dans ce cas, pourquoi son loup ferait-il une fixette sur Sirius ? Cela n'était jamais arrivé auparavant qu'il s'immisce dans sa vie amoureuse. Tout cela n'avait aucun sens. Mais il avait besoin d'avoir des réponses à ses questions. Il avait beau être un loup-garou depuis trente ans, il ne savait pas tout sur la lycanthropie. Il y avait des choses trop spécifiques qui lui échappaient. Mais il savait qu'il y avait quelqu'un, dans ce château, qui connaissait absolument tout sur les loups-garous et sur les autres créatures qui s'apparentaient aux Forces du Mal. Mais il était tout bonnement hors de question qu'il aille lui parler de ses problèmes personnels ! Cela ne regardait que lui. Et Sirius. Et il doutait fortement que Sirius apprécierait qu'il se confie à leur sujet à la personne qu'il exécrait le plus au monde. Non, il allait trouver un autre moyen d'avoir les réponses à ses questions. Mais plus tard. Là, il devait vraiment aller manger. Il enfila sa robe de sorcier, sa cape, prit son sac, sa baguette et sortit de ses appartements.

Lorsqu'il arriva dans la Grande Salle, il sentit aussitôt un regard se poser sur lui. Il pensa que c'était Sirius mais en levant la tête, il vit que c'était Severus. Drôle de coïncidence. Quelques minutes plus tôt, Remus pensait justement à lui. Si Severus le regardait alors qu'il venait tout juste d'entrer dans la Grande Salle, c'était qu'il voulait lui parler. Comme d'habitude, Remus s'installa à côté de lui. Il s'attendit à ce que Severus s'adresse à lui, ce qu'il fit au bout d'une ou deux minutes :

- Tu tombes bien, Lupin. J'ai à te parler.

- Je t'écoute.

- C'est au sujet de M. Pucey. As-tu remarqué des troubles du comportement chez lui pendant tes cours ?

- Non, pas à ma connaissance. Enfin, ça dépend de ce que tu entends par-là. Parce que je le trouve de plus en plus distrait. J'allais bientôt te parler de lui, de toute manière. Car ses notes baissent et je ne sais pas à quoi c'est dû.

Severus fronça légèrement les sourcils.

- Depuis quand as-tu remarqué cette baisse ?

- C'est assez compliqué. J'ai comparé ses notes depuis le début de l'année avec celles de l'année dernière que m'a transmises Minerva et je constate déjà une baisse entre la fin de sa sixième année et le début de sa septième année. Après, il reste quand-même à un niveau correct mais je trouve ça inquiétant qu'il soit passé d'Optimal à Acceptable. Au mois de mai, il avait encore des Optimal, à la rentrée il avait des Effort Exceptionnel et depuis un mois, il a des Acceptable. Je ne sais pas si ça vient d'un désintérêt pour cette matière, pour les cours en général ou s'il a du mal à se concentrer mais dans tous les cas, il faut y remédier.

- Je le convoquerai, déclara Severus. Merci pour ces informations. Je vais juste attendre quelques jours, le temps que je demande à tous les collègues qui l'ont dans leurs cours s'ils ont constaté eux aussi une baisse dans ses notes.

- Tu n'as rien remarqué, toi ? Il a continué les potions, je crois ?

- Oui, il est passé d'Optimal à Effort Exceptionnel mais c'est une baisse courante chez les élèves qui passent de la sixième année à la septième année. Il est resté stable depuis la rentrée.

- Tu penses que cette baisse pourrait être due au fait qu'il passe trop de temps avec Harry ?

- Franchement je n'en sais rien. Mais je dois t'avouer que tout cela m'inquiète un peu. Je vais essayer de le faire parler. Tu n'as rien remarqué chez Potter, toi ?

- Non, ses notes sont toujours aussi bonnes. Il y a juste sa fatigue persistante que je ne trouve pas normale. Mais je le vois moins souvent qu'avant donc c'est un peu compliqué de remarquer quoi que ce soit. Avant, il venait tous les week-end prendre le thé avec Sirius et moi dans nos appartements et là, ça fait un mois et demi qu'il ne vient plus car il n'a pas le temps. Je sais qu'il est très occupé mais j'ai l'impression qu'il y a une part de mensonge quand il dit ça. Ou qu'il ne nous dit pas tout. En plus il a l'air triste, comme s'il voulait venir mais qu'il ne pouvait vraiment pas. Après je me fais peut-être des idées, j'ai sûrement trop tendance à m'inquiéter...

L'air soucieux de Severus indiqua à Remus qu'il avait peut-être des raisons de s'inquiéter. Mais ils n'eurent pas le temps d'en discuter davantage car Severus dut aller voir deux Serpentard qui avaient l'air un peu trop agités. Remus soupira. Cette conversation qu'il venait d'avoir avec Severus ne l'avait pas du tout rassuré. N'ayant pas faim, il renonça à manger et se contenta de surveiller la table des Gryffondor. Alors qu'il regardait deux élèves en train d'échanger des cartes chocogrenouille, il se dit que sa vie était moins compliquée du temps où il enchaînait les petits boulots. Mais il était plus qu'heureux d'être de retour à Poudlard pour y enseigner et pour rien au monde il ne laisserait sa place. En plus, il y avait Sirius et Harry. Même s'il avait l'impression que ces deux personnes étaient en train de s'éloigner de lui, il ferait tout pour les garder près de lui. Il ignorait ce qui se passait avec Harry en ce moment mais il comptait bien le découvrir. En espérant qu'il soit encore temps...

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(jeudi 07/12) POV Draco

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Draco avait le coeur qui battait la chamade alors qu'il montait au dortoir de Graham. Il avait peur de se faire attraper mais curieusement, il aimait bien ça. Il n'aurait jamais pensé qu'il aimerait ce genre d'aventures palpitantes. Une fois arrivé, il souffla et ouvrit doucement la porte. Il passa une tête et vit qu'il n'y avait personne. Il entra et referma la porte le plus silencieusement possible. Il se dirigea vers les rideaux de Graham qui se trouvaient tout au fond du dortoir et il manqua de hurler en voyant Cassius sortir de ses propres rideaux. Il ne put cependant retenir une exclamation tout en faisant un bond en arrière.

- Oups, désolé de t'avoir fait peur, dit Cassius, l'air à la fois sincère et gentiment moqueur. D'habitude les gens ne réagissent pas comme ça lorsqu'ils me voient.

Remis de son choc, Draco secoua la tête, amusé.

- Je ne m'attendais pas à te voir.

- Normal, puisque tu viens ici en douce. Ne t'inquiète pas, je ne dirai rien, ajouta Cassius en voyant la gêne de Draco. De toute façon, avec Miles on se doutait déjà de quelque chose. Et avant que tu ne poses la question, non, ça ne nous dérange pas. On n'a pas notre mot à dire, de toute façon. Tant que vous pensez au sort d'insonorisation, pour nous, c'est le principal.

Draco se sentit rougir face à l'insinuation de Cassius. Il ne chercha pas à nier, n'ayant pas honte de ce qu'il pouvait bien faire avec Graham. Il promit à Cassius de penser au sort et reprit sa marche vers les rideaux de Graham. Il les ouvrit et découvrit Graham allongé sur son lit en train de lire un livre. Il leva la tête et sourit à Draco.

- Je ne t'attendais pas si tôt. Viens, ne reste pas planté debout.

Draco ne se fit pas prier et vint s'installer à côté de Graham. Il se blottit tout contre lui et soupira de bien-être lorsque Graham passa un bras autour de sa taille. Et il se sentit encore mieux en sentant une main se mettre à caresser ses cheveux.

- Tu as passé une bonne journée ? lui demanda Graham.

- Ouais, la routine. J'adore cette journée car je commence à onze heures mais je la déteste en même temps car j'ai deux heures d'histoire de la magie...

- Les cours sont quand-même un peu plus passionnants depuis qu'ils sont assurés par le professeur Manley.

- Ouais mais bon, ça reste de l'histoire de la magie. Je préférerais avoir un double cours de potions.

- Ben voyons, se moqua Graham. Et pourquoi pas une journée entière de potions, pendant qu'on y est ?

- Oh mais moi j'aimerais bien. C'est ma vie, les potions. Je vis potions. Je rêve potions. Je lis potions. Je pense potions.

- Oui, tu es complètement accro, quoi.

- Exactement. Sauf que moi je ne suis pas accro aux potions droguées mais au domaine des potions en général.

- Ce qui est beaucoup plus sain, approuva Graham. Tu comptes en faire ton métier, j'imagine ?

- Oui mais je ne sais pas encore ce que je vais faire précisément. Même si le métier de potionniste m'intéresse beaucoup.

- Et celui de professeur de potions ?

- Non merci, grimaça Draco. L'enseignement ce n'est pas trop mon truc.

- C'est dommage. L'école gagnerait à changer de professeur. Sans vouloir dire du mal de ton parrain...

- Oh, tu peux. Je sais qu'il est imbuvable.

- Je trouve qu'il est quand-même plus supportable depuis un moment. Il note de façon toujours aussi sévère, il est toujours aussi exigeant sur les devoirs mais il est moins hargneux.

- Si tu le dis.

La main qui caressait les cheveux de Draco cessa ses mouvements.

- Il y a un problème avec ton parrain ? s'inquiéta Graham.

- Non, pas du tout. Bon et toi, que veux-tu faire après Poudlard ?

- Je te laisse deviner.

- Ça doit être quelque chose d'évident, si tu me dis ça. Une carrière dans le Quidditch ?

- Gagné.

- Tu sais déjà quelle équipe tu veux intégrer ?

- J'hésite entre plusieurs, avoua Graham. Je suis tenté par le Club de Flaquemare, les Frelons de Wimbourne, les Flèches d'Appleby et les Pies de Montrose.

- Ah oui, tu as l'embarras du choix. Je serais toi, j'éviterais le Club de Flaquemare. L'ancien capitaine de Gryffondor fait partie de cette équipe. Il pourrait y avoir des rivalités entre vous.

- Olivier Dubois ? Oui, je le connais très bien.

Draco fronça les sourcils et pencha la tête en arrière pour regarder Graham.

- Comment ça, tu le connais très bien ?

- Je pense que tu as compris.

- TU AS COUCHÉ AVEC LUI ?!

- Vas-y, crie-le encore plus fort, je crois que tout le monde ne t'a pas bien entendu.

- On s'en fout, ils ne savent pas de qui on parle. Non mais sérieux, tu as vraiment couché avec lui ?

- Oui, on a été amants mais ça n'a pas duré longtemps. C'était vers la fin de ma quatrième année. Lui était en sixième année. On a arrêté de se voir d'un commun accord mais on est resté en contact. De façon secrète, bien sûr.

- Mais tu m'avais dit que tu étais sorti pendant deux ans avec ton premier petit-ami, s'étonna Draco. Et que tu avais commencé à sortir avec lui pendant ta quatrième année. Or, tu viens de me dire que tu as eu une aventure avec Dubois à la fin de ta quatrième année... Tu étais donc encore avec ton petit-ami...

- Oui mais on a eu une petite rupture pendant laquelle j'ai déprimé. J'ai eu besoin de me changer les idées et je l'ai fait avec Dubois. Mais ça a vraiment été furtif. Peu après la rentrée, il est sorti avec quelqu'un mais il a refusé de me dire avec qui. Moi je me suis remis en couple avec mon petit-ami et on ne s'est pas séparé jusqu'à notre rupture définitive. Dubois, lui, est resté quelques mois avec sa conquête puis il a rencontré le vrai grand amour. Enfin c'était un garçon qu'il connaissait déjà très bien et qui l'avait toujours intéressé. Si, à ce moment-là, j'avais encore des vues sur Dubois, j'aurais toujours pu courir car il est vraiment tombé littéralement amoureux de ce garçon. De l'amour à l'état pur. Et c'était réciproque. Ils sont toujours ensemble, à l'heure qu'il est.

- Parce qu'il te parle de sa vie amoureuse ?!

- Oui, nous sommes vraiment restés amis.

- Eh bien profite-en pour lui demander de te pistonner ! Tu es intéressé par l'équipe dans laquelle il joue, ce serait dommage de ne pas en profiter pour qu'il parle de toi au capitaine ! Il pourrait appuyer ta candidature.

Graham regarda Draco avec un air perplexe.

- Ça ne te ferait rien que je sois dans la même équipe que mon ex ?

- Bah non, pourquoi ?

- Tu ne serais pas un peu jaloux ?

- Tu m'as dit que vous étiez amis, maintenant. Pour moi tous les ex ne couchent pas ensemble dès qu'ils se revoient. J'ai confiance en toi, tu devrais être content !

- Je le suis, assura Graham en souriant. Mais tu es quand-même le garçon qui change le plus vite d'avis au monde. Il y a dix minutes tu me disais d'éviter le Club de Flaquemare et là tu me conseilles de demander à mon ex de me pistonner auprès du capitaine...

- Je m'adapte à ce que tu me dis, répliqua Draco. Je te recommandais d'éviter cette équipe parce que je pensais qu'il y aurait des tensions entre Dubois et toi mais vu que vous vous entendez bien, ce serait cool que vous vous retrouviez dans la même équipe.

- Tu es étonnant, comme petit-ami. Mais je vais réfléchir à tout ça. De toute façon je vais postuler pour chaque équipe.

- Bonne idée. Rien à voir mais tu as déjà dîné, j'imagine ?

- Oui, je suis allé manger vers dix-neuf heures. Tu as dû dîner assez tard puisque je ne t'ai pas vu entrer et t'installer à la table des Serpentard.

- J'ai eu une longue séance de travail avec mon binôme. Elle s'est finie un peu avant vingt heures. En fait je suis monté à ton dortoir juste après le dîner.

- Et maintenant je t'ai toute la nuit rien que pour moi. Mais je vais devoir me coucher tôt.

- Moi aussi. D'ailleurs je vais me mettre tout de suite sous les draps. Comme ça, quand je voudrai dormir, j'aurai juste à poser mon livre et hop, dodo.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Draco se mit en caleçon et se glissa sous les draps. Graham fit de même et attira Draco tout contre lui. Ils prirent chacun un livre et se plongèrent dedans dans un silence très agréable. C'était le genre de moment qu'affectionnait tout particulièrement Draco. Ils se couchèrent une heure plus tard, commençant les cours tôt le lendemain. Comme c'était la fin de la semaine, ils étaient tous deux un peu fatigués. Ce fut donc tout contre son petit-ami que Draco s'endormit et qu'il rejoignit le pays des songes.

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Le lendemain matin, le réveil fut un peu dur pour Draco. Il avait super bien dormi et d'une traite, et c'était justement ça qui rendait le réveil difficile. Il bâilla, s'étira et grimaça en sentant une envie pressante le prendre. Il s'extirpa en douceur des bras de Graham qui dormait encore, se leva et passa les rideaux. Il leva la tête et hurla en voyant quelqu'un juste devant lui. Il n'en fut pas sûr mais il lui sembla que la personne responsable de sa frayeur hurla elle aussi. Draco n'ayant pas pris sa baguette avec lui, ce fut l'autre qui les éclaira d'un Lumos. Draco faillit hurler de nouveau en voyant que cette personne n'était autre que Harry.

- Mais qu'est-ce que tu fous là ? s'écrièrent-ils en choeur.

- J'ai dormi avec mon petit-ami, répondirent-ils une nouvelle fois ensemble.

Ils se regardèrent et sourirent. Harry baissa sa baguette et s'excusa :

- Désolé, je ne voulais pas te faire peur.

- Moi non plus. Je ne m'attendais pas à te voir, en fait.

- Il fallait pourtant bien que ça arrive un jour.

Ce ne fut qu'en entendant les mots de Harry que Draco réalisa pleinement que leurs petits-amis se trouvaient dans le même dortoir. C'était un point commun assez troublant. Comme Draco ne s'en était pas vraiment rendu compte avant, il ne s'était pas préparé à ce qu'ils tombent l'un sur l'autre en caleçon à six heures et demie du matin. Dire que c'était un peu gênant était un pur euphémisme. Draco devait carrément être rouge tomate. Harry était son binôme de travail, il n'avait pas à le voir dans ce genre de situation ! C'était beaucoup trop intime ! Il n'allait plus jamais pouvoir le regarder dans les yeux ! Bon, s'il devait être tout à fait honnête avec lui-même, la vue était loin d'être déplaisante. Harry n'était absolument pas désagréable à regarder. À peine eut-il cette pensée que Draco s'en voulut. Mais qu'est-ce qui lui prenait de mater Harry comme ça ?! Ça n'allait pas bien du tout, il devait se reprendre ! Heureusement, Harry n'avait pas vu qu'il l'avait un peu trop détaillé du regard, lui-même étant occupé à fixer le sol, l'air très gêné. Draco voulut alors le rassurer :

- Hé, on s'en fout, c'est pas grave. Bon, j'allais au petit coin, on se voit dans deux heures et demie aux serres.

Draco accompagna ces mots d'un sourire puis il prit congé de Harry pour se rendre aux toilettes. Son envie pressante était toujours là. Il vida sa vessie et retourna se coucher. Il ne se rendormit pas mais il profita de rester une heure de plus dans les bras de Graham. Lorsque ce dernier se réveilla, Draco eut le droit à une séance de bisous et de câlins. Graham était quelqu'un de très affectueux au réveil, ce qui plaisait beaucoup à Draco. Graham lui offrait vraiment tout ce dont il avait besoin : du réconfort, de la tendresse, de l'amour et de l'attention. Ils durent cependant vite se lever pour aller déjeuner.

Un peu plus d'une heure plus tard, Draco se rendit aux serres pour son premier cours de la journée. Il retrouva Harry qui semblait avoir décidé d'oublier leur rencontre matinale et qui l'accueillit avec le même sourire que d'habitude. À peine Draco fut-il installé que le professeur Chourave commença à parler de la plante qu'ils allaient étudier ce jour-là. Draco essaya de rester concentré mais il ne put s'empêcher de repenser à ce qui s'était passé quelques heures plus tôt dans le dortoir avec Harry. Il n'en avait pas parlé à Graham et il se demandait comment il aurait réagi si Draco lui en avait fait part. La veille au soir, Graham avait semblé vraiment étonné que Draco ne soit pas jaloux. Cela signifiait-il que Graham l'était, lui ? Draco fut troublé à l'idée que Graham soit jaloux et pas lui. Il était déjà gêné par le fait que Graham était amoureux de lui alors que lui ne savait pas ce qu'il ressentait envers son petit-ami. Ce qu'il aimait, c'était ce que lui apportait Graham. Il ne supporterait pas que son petit-ami le quitte. Il avait trop besoin de lui. C'était en grande partie pour cela qu'il avait voulu faire sa première fois aussi vite avec lui. Il en avait eu aussi envie, évidemment. Mais il avait également eu peur que Graham finisse par le quitter s'il mettait trop de temps à franchir le pas avec lui. Même si Graham lui avait dit qu'il était prêt à attendre. Draco ne voulait vraiment pas que Graham l'abandonne à son tour et il ferait tout pour le garder.

- Draco ? Tu m'écoutes ?

Draco sortit brusquement de ses pensées. Il tourna la tête vers Harry qui venait de l'appeler et qui le regardait avec un air perplexe.

- Pardon, j'étais perdu dans mes pensées. Tu me disais quoi ?

- Je te demandais si tu voulais bien qu'on fasse notre devoir de métamorphose ce soir plutôt que notre devoir de botanique puisque le professeur Chourave vient de nous dire qu'elle nous laissait quelques jours de plus pour le rendre.

- Ah euh comme tu veux. Ce serait mieux, en effet. Mais du coup qu'est-ce qu'on va faire demain, étant donné qu'on avait prévu de faire le devoir de métamorphose ?

- On va faire notre devoir de sortilèges et lundi on fera le devoir de botanique. Car le devoir de métamorphose et de sortilèges sont à rendre avant celui de botanique.

- Heureusement que tu es là pour tout réorganiser, dit Draco, admiratif.

Harry rougit et se remit à noter ce que le professeur Chourave disait. Draco trouva cette rougeur adorable sur les joues de Harry. Avant de sentir le malaise l'envahir en pensant à ce qu'il venait de se dire. Il n'avait pas le droit de trouver Harry mignon. Ce n'était pas une pensée qu'il devait avoir envers son binôme de travail. Et puis il était en couple, nom d'un hippogriffe ! Perturbé, il reporta lui aussi son attention sur le cours. Il n'était que neuf heures et demie et il avait déjà l'esprit en vrac. La journée promettait d'être longue...

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(vendredi 08/12) POV Théo

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Le vendredi était une journée que Théo appréciait tout particulièrement. Deux heures de botanique, une heure de métamorphose, déjeuner, une heure de Défense Contre les Forces du Mal, deux heures de potions et une heure de sortilèges. C'était la journée idéale pour ceux qui voulaient devenir Aurors. Lui ne voulait pas faire ce métier mais il adorait toutes ces matières. Il était actuellement à son cours de potions. Il ignorait pourquoi mais le professeur Snape souhaitait le voir à la fin de l'heure. Il s'était déjà fait convoquer le matin-même par le professeur Chourave après le cours de botanique car elle souhaitait le voir rapidement pour lui parler d'une formation qui pourrait l'intéresser. Elle savait qu'il voulait se spécialiser dans la botanique mais elle semblait avoir oublié qu'il prévoyait de faire une double formation de potions et de botanique. Est-ce que le professeur Snape voulait lui aussi lui parler de son orientation post-Poudlard ? Il n'en savait rien mais il espérait que cela n'allait pas déclencher une guerre entre son professeur de potions et son professeur de botanique. Ce fut donc avec une certaine anxiété qu'il vit la fin du cours arriver. Alors que ses camarades sortaient du cachot, il alla voir son directeur de maison.

- Ah, M. Nott. Je sais que vous avez cours mais je vous ferai un mot que vous donnerez à votre professeur. Je suis bien conscient qu'il est un peu tard pour vous prévenir mais je souhaiterais vous voir demain à quatorze heures.

Théo haussa les sourcils, surpris.

- Mais... c'est la semaine prochaine que nous sommes censés faire le contrôle bimensuel...

- Tout à fait, mais ce n'est pas de cela dont je veux vous parler. Je n'ai pas le temps de tout vous expliquer en détail maintenant et c'est d'ailleurs pour cela que je veux vous voir demain, mais j'ai pris contact avec un avocat qui vous défendra lors du procès de votre père.

- Mais... je vous avais dit que je ne voulais pas d'un avocat car je n'avais rien pour le payer ! s'écria Théo.

- Justement, celui-là ne demande d'honoraires. Je suis désolé mais je ne pouvais pas vous laisser aller à ce procès sans avocat, même si c'est vous la victime. Je suis en quelque sorte responsable de vous et je ne voulais pas que vous ayez à subir la pression d'un procès tout seul, même si je suis là pour vous soutenir. L'avocat s'occupera de tout. Vous aurez plusieurs rendez-vous avec lui afin de préparer ce procès mais vous verrez que tout sera beaucoup plus simple pour vous. Cet avocat a tout de suite accepté de vous représenter sans être payé. Il entend bien sortir vainqueur de cette affaire et il sait que si c'est le cas, cela lui fera une très grosse publicité. Il va tout faire pour que votre père ait la peine la plus lourde possible et qu'il ait une très grosse somme à débourser en réparation de ce qu'il vous a fait. Il est très déterminé. Vous pouvez lui faire confiance. Ce procès sera vraiment très médiatisé. C'est une aubaine pour lui. Ce n'est pas tous les jours qu'un Mangemort doit faire face à un double procès qui inclue des violences de toutes sortes perpétrées à l'encontre de son unique héritier. Je suis désolé de vous dire ça comme ça mais il faut que vous sachiez que c'est ainsi que les choses sont vues par la communauté sorcière. Tout cela pour vous dire que je vous recommande vivement d'accepter de vous faire représenter par cet avocat.

Théo n'avait vraiment pas prévu d'avoir un avocat lors du procès mais il devait reconnaître que son professeur avait raison. Il était cependant choqué par ce qu'il venait de lui dire. Mais ce n'était rien d'autre que la vérité.

- D'accord, je veux bien qu'il me représente, annonça-t-il.

- C'est vraiment le meilleur choix que vous ayez à faire. Êtes-vous également d'accord pour qu'on se voit demain à quatorze heures pour que je vous en dise davantage ?

- Oui, je veux bien.

- Parfait, je vous attendrai dans mon bureau. Je vous fais un mot et vous pourrez y aller.

Le professeur Snape griffonna rapidement quelque chose sur un bout de parchemin qu'il tendit à Théo. Celui-ci remercia son directeur de maison et sortit du cachot pour se rendre à son cours de sortilèges. Il frappa et entra avec l'autorisation du professeur Black. Il alla le voir et lui donna le bout de parchemin.

- Je suis désolé pour mon retard, le professeur Snape m'a retenu.

- C'est ce que m'a dit un de tes amis. Je souhaiterais également te voir à la fin du cours.

Théo regarda le professeur Black avec un air désespéré. Cela faisait le troisième professeur qui le convoquait en une seule journée. Ne voulant plus parler de ce qu'il ferait après Poudlard, il préféra prévenir son professeur :

- Professeur, je tiens à vous le dire tout de suite, je ne compte pas devenir briseur de sort ou faire un quelconque métier en rapport avec les sortilèges...

- Rassure-toi, ce n'est pas du tout de ça dont je veux te parler. Viens juste me voir à la fin de l'heure, d'accord ? Allez, va t'asseoir.

Résigné, Théo tourna les talons et alla s'installer à côté de Justin. Celui-ci le regarda d'un air inquiet. Théo le vit et lui sourit afin de le rassurer, ce qui sembla fonctionner. Ils se concentrèrent tous deux sur ce que disait le professeur Black avant de passer à la pratique. Comme d'habitude, Théo réussit à lancer rapidement le sort sur lequel il devait s'entraîner avec ses camarades. Il aida Justin qui eut un peu plus de mal et il surprit le regard du professeur Black alors qu'il était en train d'expliquer à son binôme ce qui n'allait pas dans son geste. Au vu du regard moqueur de son professeur, Théo devina ce qu'il pensait : «Et une carrière de professeur de sortilèges, ça ne te dirait rien ?». Théo fit alors une chose qu'il n'aurait jamais faite avec aucun autre professeur : il secoua la tête tout en fixant son professeur droit dans les yeux, comme pour dire «N'y comptez même pas». Le sourire du professeur Black ne fit que s'agrandir davantage. Théo leva les yeux au ciel et reporta son attention sur Justin. Ce dernier réussit vite à lancer le sort grâce à ses conseils. Vingt minutes plus tard, le professeur Black annonça la fin du cours. Tout le monde s'empressa de ranger ses affaires et de partir, sauf Théo qui avait été retenu. En levant la tête, il constata que Ron, Hermione et Draco étaient restés, eux aussi. Cela n'inspira pas du tout confiance à Théo. Il remarqua que ses camarades ne semblaient pas plus rassurés que lui. Ils s'approchèrent ensemble du bureau de leur professeur qui leur sourit.

- N'ayez pas peur, je ne vais pas vous manger. Je voulais vous voir au sujet de Harry. Je ne vais pas vous mentir : je m'inquiète beaucoup pour lui. Je vois bien qu'il va mal mais je n'arrive pas à comprendre ce qu'il se passe. J'ai l'impression qu'il a perdu sa joie de vivre et son sourire. Quand il sourit, c'est toujours de manière forcée. Je crois qu'il s'est remis à perdre du poids, aussi. J'aimerais bien lui demander de vive voix ce qui ne va pas mais ça fait un mois et demi qu'il ne vient plus boire le thé le week-end avec moi et quand je veux lui parler à la fin d'un cours, il me dit toujours qu'il n'a pas le temps car il a quelque chose à faire. Je ne sais même pas si c'est vrai. Je me fais peut-être des idées mais je crois qu'il est en train de se couper de son entourage. C'est pour cela que je souhaitais vous voir. Je sais que mis à part son petit-ami, vous êtes les quatre personnes avec qui il passe le reste de son temps. Est-ce que vous avez vous aussi l'impression qu'il passe moins de temps avec vous qu'avant ?

Théo, Hermione, Draco et Ron se regardèrent. Ce fut Hermione qui répondit en premier :

- On ne le voit pas beaucoup, c'est vrai, mais nous ne sommes pas aidés avec tout ce que nous avons à faire. Ron et moi avons nos devoirs de préfet et Harry a ses entraînements de Quidditch, tout comme Ron. Et nous avons tous trois nos séances de travail en binôme. C'est très compliqué de se voir, même si nous sommes dans la même salle commune. Sans compter que Harry a également son petit-ami.

- Justement, est-ce que, d'après toi, il passe trop de temps avec Adrian au détriment de Ron et de toi ?

Théo vit Hermione échanger un regard avec Ron. Tous deux semblaient très gênés.

- Il est souvent avec Adrian, oui, admit Hermione.

Le professeur Black se tourna vers Draco.

- Confirmes-tu ce que dit Hermione ? Tu es dans la même maison qu'Adrian, tu dois sûrement le voir assez souvent avec Harry.

- Ils sont rarement ensemble dans la salle commune. Mais je confirme que Harry passe une bonne partie de son temps libre avec son petit-ami.

- Comment le sais-tu si tu ne les vois pas ensemble dans ta salle commune ?

Draco tourna la tête vers Théo qui haussa les sourcils. Draco voulait certainement qu'il l'aide mais Théo se posait exactement la même question que le professeur Black ! Il ne pouvait donc pas l'aider. Draco soupira.

- Je les vois régulièrement monter au dortoir de Pucey.

Théo grimaça. Il aurait dû s'en douter. Il comprenait mieux pourquoi Draco avait voulu de l'aide. Il aurait préféré ne pas dire la vérité. Et vu l'air du professeur Black, lui aussi aurait aimé entendre autre chose.

- D'accord, je vois. Mais dans ce cas, s'il a du temps à passer avec son petit-ami, c'est qu'il a du temps libre. Pourquoi me dit-il donc sans cesse qu'il est occupé ? Son petit-ami peut bien attendre un peu !

- Je crois que Pucey n'est pas quelqu'un de très patient, lâcha Draco. Une fois, il est venu faire une scène à Harry dans la salle des binômes parce qu'il était en retard alors que Harry lui avait bien dit qu'il ne serait pas à l'heure. À mon avis il régit un peu trop la vie de Harry.

- Eh bien il va falloir qu'il le laisse un peu tranquille, décréta le professeur Black. Harry n'est pas à sa disposition. Je vais lui parler afin qu'il le comprenne. Avez-vous autre chose à me dire ? Ron, Théo ?

- Je n'ai rien d'autre à dire que ce qu'a déjà dit Hermione, dit Ron.

Le professeur Black se tourna vers Théo.

- Et toi, Théo ? Je sais qu'au début de l'année, Harry passait du temps avec toi.

- Oui mais ce n'est plus trop le cas depuis un moment. On avait l'habitude de se retrouver quelque part mais il ne vient plus.

- Tu penses qu'il préfère être avec son petit-ami ?

- C'est possible, éluda Théo, mal à l'aise.

- Bien. Draco, Hermione, vous n'avez rien à ajouter ?

Théo regarda Draco, puis Hermione. Il vit cette dernière hésiter et alors qu'elle allait dire quelque chose, un élève déboula dans la salle, les faisant tous sursauter :

- Professeur, il y a des élèves qui se battent dans le couloir !

Le professeur Black se leva d'un coup et prit sa baguette avant de s'adresser à Draco, Hermione, Ron et Théo :

- Vous pouvez y aller.

Et il partit sans plus attendre. Théo tourna la tête vers Hermione.

- Tu voulais dire quelque chose ?

- Non, je... je voulais lui dire de ne pas s'inquiéter. Bon, j'y vais, puisqu'il nous a autorisés à partir.

- J'y vais aussi, dit Ron.

Les deux Gryffondor quittèrent la salle ensemble. Draco et Théo se retrouvèrent seuls.

- Tu as quelque chose de prévu ? demanda Théo à son meilleur ami.

- Oui, j'ai une séance de travail avec Harry jusqu'à dix-neuf heures. Il m'attend, là. On va faire notre devoir de métamorphose. Normalement on devait faire celui de botanique mais vu que le professeur Chourave nous laisse plus de temps que prévu, Harry s'est dit qu'il valait mieux faire les devoirs les plus urgents d'abord. Tu vas faire quoi, toi ?

- Rien du tout, déclara Théo en faisant une moue ennuyée. On a fait presque tous nos devoirs avec Justin. Du coup pas de séance de travail ce soir. Pas d'entraînement non plus et je n'ai pas de petit-ami à voir. Et Blaise et Pansy doivent travailler avec leur binôme, eux aussi. Je vais sûrement lire un livre dans le dortoir, du coup.

- Je n'aime pas l'idée que tu sois tout seul, grimaça Draco.

- Ne t'en fais pas, je suis un grand garçon, je peux très bien rester tout seul quelques heures, s'amusa Théo. Allez, va rejoindre Harry.

Draco acquiesça et s'en alla. Théo ne tarda pas à faire de même. Alors qu'il se dirigeait vers les escaliers, il entendit quelqu'un l'appeler. Il se retourna et reconnut la petite-amie de Justin. Il ne fut pas spécialement content de la voir. Surtout qu'elle avait l'air de celle qui voulait en découdre.

- Je peux te parler ? demanda-t-elle d'une voix un peu agressive.

- Oui, répondit poliment Théo. J'imagine que tu viens me voir à propos de Justin ?

- Tu imagines bien, affirma froidement Emily. Il t'a sûrement dit que nous nous sommes disputés il n'y a pas longtemps ?

- En effet.

- Ça a dû te faire plaisir, n'est-ce pas ?

- Plaisir ? répéta Théo, surpris. Pourquoi est-ce que ça m'aurait fait plaisir ?

- Peut-être parce que c'était ce que tu voulais, accusa Emily.

- Mais... pas du tout ! se défendit Théo.

- Oh arrête, j'ai bien compris ton petit jeu ! J'aurais dû m'apercevoir bien plus tôt que tu étais en train d'essayer de me voler Justin ! Mais je te préviens, ça ne va pas se passer comme ça !

Théo écarquilla les yeux, ahuri. Cette fille délirait complètement ! Il tenta de calmer le jeu :

- Emily, je ne sais pas comment tu t'es mis ça dans la tête mais je t'assure que je n'essaie absolument pas de te voler Justin, comme tu le dis. C'est juste mon binôme, on s'apprécie, on s'entend bien mais ça s'arrête là.

- À d'autres ! Je suis sûre que tu as envoûté Justin d'une manière ou d'une autre ! Il ne fait que me parler de toi ! Il n'a plus que ton nom à la bouche ! Et c'est en grande partie à cause de toi qu'on s'est disputé dans la Grande Salle ! Je ne sais pas ce que tu as fait à Justin mais tu as intérêt à arrêter de le manipuler ! On était heureux avant qu'il ne devienne ton binôme ! Depuis que tu es entré dans sa vie, rien ne va plus entre nous ! En fait c'est lui qui avait raison dès la rentrée. Tu n'es pas quelqu'un de confiance. Tu n'es peut-être pas un Mangemort mais tu es un Serpentard de la pire espèce. J'ai vraiment été idiote de te défendre à la rentrée. J'ai imposé un break à Justin jusqu'à ce qu'il change d'avis et de comportement envers toi. C'est ce qu'il a fini par faire et il n'aurait pas dû. Je n'irais pas jusqu'à dire que mon cousin a eu raison de te faire ce qu'il t'a fait avec son ami mais je ne peux pas m'empêcher de me dire que tout irait bien mieux sans toi. Tu dois avoir l'impression d'avoir le contrôle de la situation puisque je suis en froid avec Justin mais je ne compte pas lâcher l'affaire aussi facilement. Je me battrai pour le récupérer, tu peux me croire. De toute façon tu n'as aucune chance avec Justin. Il aime les filles, lui. Alors tu ferais mieux de l'oublier et de jeter ton dévolu sur quelqu'un d'autre. À bon entendeur !

Emily s'en alla sur ces mots, laissant derrière elle un Théo complètement dévasté. Même si Emily lui avait laissé le temps de répondre, il n'aurait rien pu dire tellement il était effondré et choqué. Il n'avait retenu qu'une phrase parmi tout ce qu'elle lui avait dit. Je ne peux pas m'empêcher de me dire que tout irait bien mieux sans toi. Elle avait raison. Il n'apportait rien de bon. En l'espace de trois mois, il avait brisé le bonheur de trois personnes. Cassius, Justin, Emily. Il n'avait rien fait de lui-même, pourtant. Mais c'était juste le fait qu'il existait qui gâchait la vie de ces trois personnes. Dans ce genre de situation, comment était-il censé ne pas se dire qu'il avait eu tort de résister sous les coups et les tortures de son père ? S'il avait laissé son père le tuer, ses trois camarades seraient heureux à l'heure qu'il était. Le coeur en miettes, il poursuivit son chemin vers les escaliers. Il les descendit jusqu'au rez-de-chaussée puis il tourna à droite en direction des cachots. Sans savoir pourquoi, ses pieds le menèrent au cachot où Justin les avait menés quelques jours plus tôt. Ce même cachot où Justin l'avait embrassé. Certes, Théo n'avait pas voulu ce baiser mais il s'était laissé faire. Alors qu'il aurait dû repousser Justin. Pourquoi ne l'avait-il pas fait ? Il savait que ce n'était pas bien que Justin l'embrasse. Il savait qu'il sortait avec Emily, même s'ils étaient en froid. Il savait que Justin faisait n'importe quoi. Mais il l'avait laissé faire. Il n'était pas quelqu'un de bien. Si seulement il pouvait revenir en arrière et arranger les choses... Pousser Justin à aller voir sa petite-amie au lieu de le laisser l'emmener dans ce cachot... Déprimé, il s'assit à même le sol du cachot. Il ramena ses jambes contre sa poitrine, les entoura de ses bras et enfouit sa tête dans ses genoux. Il resta ainsi un long moment et eut une chance folle que le professeur Snape ne vienne pas faire le tour des cachots. Ce ne fut que vers dix-neuf heures qu'il décida de se bouger et de partir. Il prit la direction de la Grande Salle même s'il n'avait pas faim. Sur le chemin, il croisa Harry qui venait d'un autre sens. Ce fut lui qui l'interpella :

- Tiens, Théo, tu vas dîner, toi aussi ? s'enquit-il, le sourire aux lèvres.

- Oui, je n'avais pas envie de dîner seul, je me suis dit que vers cette heure-là, il y aurait mes amis, prétendit Théo. Tu n'es pas avec Draco, d'ailleurs ?

- J'avais une séance de travail avec lui mais il est resté dans la salle des binômes pour discuter avec Pansy et Blaise.

- Et donc il t'a laissé partir tout seul comme l'être infâme qu'il est, plaisanta Théo.

- Que veux-tu, on ne le changera pas, rit Harry.

Le coeur de Théo se réchauffa un peu en voyant Harry aussi jovial. Cela faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas retrouvés seuls tous les deux. Cela lui manquait. Théo ne comprenait pas comment ce Gryffondor avait pu prendre autant d'importance dans sa vie en si peu de temps. Leur relation était difficile à qualifier. C'était une amitié spéciale. Théo avait l'impression qu'un lien fort les unissait alors qu'ils ne se connaissaient pas encore vraiment. Il repensa aux inquiétudes du professeur Black et décida d'essayer de parler à Harry. Il ne pouvait pas laisser la situation telle quelle. Il devait tenter de faire quelque chose.

- Harry, je peux te parler ? demanda-t-il doucement.

- Euh... oui, bien sûr, répondit Harry, visiblement surpris.

Théo posa une main sur son épaule et l'emmena un peu à l'écart.

- Harry, je ne vais pas te mentir. On s'inquiète tous énormément pour toi. S'il y a quelque chose qui ne va pas, tu dois en parler. Même si ça concerne Adrian.

Harry détourna le regard.

- Pourquoi tu me parles de lui ?

- Parce qu'on pense tous qu'il exerce une trop grosse pression sur toi. Qu'il entrave ta liberté. Et ça, ce n'est pas normal. Il n'a pas à te dicter ce que tu dois faire. Il n'a pas à t'empêcher de voir tes amis ou... ou ton parrain.

- Ce n'est pas du tout ce qu'il fait, répliqua Harry.

- Alors pourquoi tu dis à ton parrain que tu n'as pas le temps de le voir alors que tu as tout le temps de voir Adrian ?

Harry leva un regard stupéfait vers Théo.

- Mais... mais... mais comment tu sais tout ça ?

- Ton parrain nous a retenus, Draco, Hermione, Ron et moi pour nous parler de toi. Il était vraiment inquiet. S'il avait pu convoquer toute la classe pour savoir ce que tu as, il l'aurait fait. Sauf que ça n'aurait servi à rien. Il n'a convoqué que ceux qu'il sait être proches de toi. Il nous a posé plein de questions. Je n'ai pas dit grand-chose puisqu'on ne se voit plus du tout, toi et moi. Ce sont surtout Draco et Hermione qui ont parlé. Je ne suis pas du genre à balancer ce qui doit rester secret mais si je te dis tout ça, c'est pour que tu comprennes à quel point tout le monde s'inquiète pour toi. Tu ne te rends pas compte du nombre de personnes qui tiennent à toi. Je ne serais pas là en train de te parler de tout ça si tu ne comptais pas pour moi. Tu n'es pas tout seul, Harry. Il y a beaucoup de personnes qui t'aiment et qui sont là pour t'aider. Mais il faut que tu leur parles sinon elles ne pourront rien faire pour toi. Je sais que tu n'as rien demandé mais tu ne peux pas empêcher ceux qui t'aiment de s'inquiéter pour toi et de vouloir t'aider. Alors parle-nous, s'il te plaît. Pas forcément à moi ou à un de tes amis mais à ton parrain ou à ton directeur de maison.

Théo termina sa tirade sur ces mots. Harry le regardait avec des yeux pleins de larmes. Le coeur de Théo se serra à cette vision.

- Je... je ne sais plus quoi faire, Théo... balbutia Harry. Je sais que ma relation n'est pas saine avec Adrian mais... je l'aime, je ne veux pas le quitter !

- Mais tu ne peux pas rester avec quelqu'un qui te fait du mal, insista Théo. Même s'il ne t'en fait pas physiquement, il t'en fait mentalement et psychologiquement. Et c'est tout aussi destructeur.

- Je pense savoir quel est le problème, il faut juste que je lui en parle et que je le convainque d'y remédier, assura Harry. Il m'aime, il acceptera forcément de faire ce que je lui dis. Mais ça peut prendre du temps. C'est pour ça que vous devez m'en laisser. Vous n'avez plus à vous inquiéter. Ça va s'arranger, je vous le promets. Je dois juste lui parler. Tu m'as donné le courage de le faire. Dis aux autres de ne plus s'inquiéter, d'accord ? Tout est sous contrôle.

Théo avait du mal à croire à ce que disait Harry mais il y avait une détermination dans son regard qu'il n'avait encore jamais vue jusque-là. Il semblait avoir de nouveau envie de se battre. Théo voulut alors le croire.

- Je le leur dirai, promit-il.

- Merci, dit Harry en souriant.

Il eut l'air soudain un peu gêné.

- Théo ?

- Oui ?

- Ce... c'est vrai, tout ce que tu as dit à l'instant ?

- Comment ça ?

- Ben... le fait que je compte pour toi, que tu t'inquiètes pour moi, tout ça tout ça...

Théo sourit.

- Bien sûr que c'est vrai, dit-il doucement.

Harry sembla rassuré. Il parut hésiter avant de s'avancer vers Théo. Au grand étonnement de ce dernier, Harry posa la tête contre son épaule et l'entoura de ses bras. Théo fut tellement surpris qu'il mit plusieurs secondes à réagir. Il n'eut pas besoin de se demander ce qu'il convenait de faire tant cela lui parut évident. Il passa lui aussi ses bras autour de Harry et le serra contre lui. Il sentit immédiatement le corps du Gryffondor se détendre contre le sien. Théo ferma les yeux, appréciant lui aussi ce contact inattendu. Il lui parut pourtant tout à fait naturel. L'étreinte dura un petit moment et fut doucement rompue par Harry. Lorsqu'il releva la tête vers Théo, la reconnaissance se lisait dans son regard.

- Merci, dit Harry d'une voix profondément sincère. Ça m'a fait beaucoup de bien.

- C'est ce que j'ai cru sentir. Tu t'es aussitôt détendu, remarqua Théo.

- Parce que ça fait trop longtemps que je suis sous pression, avoua Harry. Mais je ne m'en étais pas rendu compte jusque-là. Je vais aller dîner et ensuite... eh bien, je ferai ce que je t'ai dit.

Harry offrit un sourire débordant d'affection à Théo puis il se dirigea vers la Grande Salle. Théo mit un moment à se remettre de ce qu'il venait de se passer. Il avait fait un câlin à Harry. Mais où était passé le Théo qui avait peur du contact des gens ? Il n'en savait rien mais en tout cas, il était heureux d'avoir fait plaisir à Harry. Tout ce qu'il espérait maintenant, c'était que le Gryffondor ait raison et qu'il réussisse à arranger les choses avec Adrian...

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Une heure plus tôt, POV Adrian

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Harry ayant une séance de travail avec son binôme, Adrian en profita pour aller voir la personne qui lui fournissait ses potions. En seulement trois mois, il avait dû changer trois fois de fournisseur. Les préfets et les professeurs étaient sur le qui-vive pour mettre fin au trafic de potions droguées et leurs efforts portaient leurs fruits. Mais ils avaient encore un long, très long chemin à faire pour arrêter tous les dealers qui sévissaient dans les couloirs et les coins secrets du château. Adrian était bien placé pour le savoir.

Contrairement à ce qu'il faisait croire à Harry depuis deux mois, il prenait bel et bien des potions droguées. Mais il ne pouvait pas le lui avouer. Il avait trop peur que Harry le quitte à cause de ça. Oui, il lui mentait, mais c'était pour le bien de leur couple. S'il y avait bien une chose sur laquelle il ne lui mentait pas, c'était sur la sincérité de ses sentiments. Il était profondément amoureux de Harry et il était prêt à tout pour le garder près de lui. Bien sûr, il s'en voulait de lui mentir. Mais il ne pouvait pas faire autrement. Et il ne pouvait pas non plus arrêter de se droguer. Il en avait besoin. Il était déjà trop dépendant pour s'en passer.

Il maniait le mensonge à la perfection mais les meilleurs amis de Harry lui donnaient bien du fil à retordre. Ils n'avaient pas été nommés préfets pour rien. Ils savaient ce qu'ils avaient à faire et ils le faisaient très bien. Sauf qu'au lieu de le dénoncer comme ils auraient tous les deux dû le faire, ils l'avaient couvert pour ne pas faire de peine à Harry à qui ils n'avaient rien dit non plus. Adrian avait eu beaucoup de chance. D'autant plus que Harry avait cru chacun de ses mensonges. Car en réalité, Adrian n'avait jamais empêché un dealer de vendre de la drogue à un jeune élève. Il n'avait aucune allergie. Et il ne prenait donc pas de potions pour atténuer les effets du supposé traitement qui soignait son allergie. Ce Serdaigle avec qui Ron et Pansy l'avaient vu était bel et bien son fournisseur. Mais il n'avait en revanche pas couché avec lui. Il aimait beaucoup trop Harry pour le tromper. Il n'irait jamais voir ailleurs, même s'il commençait à être un peu frustré à cause du fait que Harry n'était toujours pas prêt à se donner à lui. Ça le frustrait, oui, mais il comprenait Harry et il le respectait. Du moins, quand il n'était pas sous l'emprise de ses potions. Il sentait bien qu'il perdait de plus en plus le contrôle de lui-même quand il était avec Harry, qu'il avait pris une potion et qu'il avait passé une mauvaise journée. Dans ces moments-là il ne contrôlait plus rien. Et il le regrettait lorsqu'il n'était plus sous les effets de ses potions. Mais Harry ne lui en tenait jamais rigueur. Il subissait chacune de ses crises de colère et lui pardonnait tout. Adrian était bien conscient qu'il ne méritait pas un petit-ami aussi gentil mais il tenait trop à Harry pour s'en séparer.

Il se rendait donc actuellement à l'endroit où il devait retrouver son fournisseur. C'était toujours le Serdaigle avec qui il s'était fait griller par Ron et Pansy. Il le rejoignit dans une salle de classe du cinquième étage. Il n'avait pas été favorable à cette idée mais Craig avait insisté et ne lui avait pas vraiment laissé le choix. Lorsqu'il entra, il referma la porte derrière lui et lança une bonne dizaine de sorts pour la bloquer. Puis il s'avança vers son dealer.

- J'aurais vraiment préféré qu'on se voit ailleurs, maugréa Adrian.

- Ne t'en fais pas, personne ne viendra nous déranger. Les préfets en sont rarement au cinquième étage à dix-huit heures lors de leur ronde. Bon, tu veux combien de fioles ?

- Vingt, s'il te plaît.

Craig haussa les sourcils.

- Ah ouais, carrément ? Tu n'as pas l'intention de faire une connerie, j'espère ?

Adrian leva les yeux au ciel.

- Mais non. J'ai juste besoin de décompresser.

- N'abuse pas trop quand-même.

- Il n'y a que ça qui réussit à me calmer.

- Tu es sûr que ce n'est pas plutôt le contraire ?

- Non, je sais ce que je dis, répliqua sèchement Adrian. Bon, tu me les donnes ces potions ou tu préfères que j'aille me fournir ailleurs ?

- Oh c'est bon calme-toi... Tu dois vraiment être en manque pour être à fleur de peau comme ça. Ou alors t'es frustré. Change de mec si Potter n'arrive pas à te satisfaire.

- Je ne suis ni frustré, ni en manque. J'ai juste peur qu'on se fasse attraper, alors si tu pouvais te dépêcher de me donner les potions, ça m'arrangerait beaucoup.

- C'est bon, les voilà. Par contre je te préviens, elles sont un peu plus fortes que d'habitude. Donc si tu as prévu d'en prendre plusieurs d'un coup pour «décompresser» comme tu le dis si bien, je te le déconseille fortement. Ou alors pas plus de deux, sinon tu risques vraiment de disjoncter et de ne plus être toi-même.

- D'accord, merci pour le conseil.

- Tu en veux toujours vingt, du coup ?

- Oui, toujours.

- Même si elles sont plus corsées ?

- Oui.

- Bien, comme tu veux.

Craig donna une à une vingt fioles à Adrian qui les rangea dans son sac. Il donna l'argent à son fournisseur, lui donna une date pour le prochain rendez-vous et sortit de la salle de classe. Il prit la direction de sa salle commune et ne croisa heureusement personne sur le chemin. Il n'avait pas envie de parler à qui que ce soit. Une fois arrivé, il se rendit directement à son dortoir. Il était un peu plus de dix-huit heures, il avait donc environ deux heures avant de retrouver Harry. Il ne comptait pas aller dîner ce soir-là, n'ayant pas très faim. Il savait que la potion qu'il prendrait d'ici peu allait le nourrir, de toute façon. Il la but un quart d'heure plus tard et sentit presque aussitôt la potion faire effet. Tout compte fait, il n'allait peut-être pas avoir besoin d'en prendre plusieurs d'un coup. Il s'allongea et ferma les yeux. Son corps se détendit progressivement au fur et à mesure que la potion faisait effet. Lorsque Harry arriva à son dortoir une heure et demie plus tard, il était complètement relaxé. Ce fut donc avec le sourire qu'il accueillit son petit-ami. Il l'invita à s'installer sur le lit et le prit dans ses bras comme il avait l'habitude de le faire. Si Adrian était parfaitement détendu, il sentit vite que ce n'était pas le cas de Harry.

- Quelque chose ne va pas ? demanda-t-il, inquiet.

- Oui mais je ne sais pas comment t'en parler...

- Tu peux tout me dire Harry, tu le sais bien.

Harry sembla hésiter avant de se lancer :

- C'est à propos de mon entourage. Tout le monde voit que je ne suis plus comme avant. Ça les inquiète beaucoup. Ils trouvent que je passe trop de temps avec toi et pas assez avec eux. Et je pense qu'ils ont raison. Tu te montres un peu trop possessif envers moi. Ce n'est pas un reproche, je tiens à te le dire tout de suite. Parce que ce n'est pas de ta faute. Je crois que ce sont tes potions qui te rendent comme ça. Je ne sais pas si c'est le traitement contre ton allergie ou si ce sont les potions que tu prends pour contrer les effets secondaires de ce traitement mais il y a une de ces potions qui ne te réussit pas. C'est pour ça que tu piques des crises de colère dès que quelque chose ne va pas. Il faut que tu y remédies.

Adrian resta un long moment silencieux. Il ne s'attendait pas à ce que Harry se mette à critiquer son comportement et à douter de ses potions. Il n'avait pas songé à cette éventualité et il ne s'y était donc pas préparé. Ne sachant pas quoi répondre, il décida de faire parler davantage Harry :

- Que veux-tu que j'y fasse ?

- Eh bien, tu pourrais en parler au professeur Snape. C'est ton directeur de maison et les potions sont justement son domaine. En fait c'est lui que tu aurais dû aller voir depuis le début pour qu'il te donne de quoi soulager les effets secondaires de ton traitement. Il est le mieux placé pour ça.

- Je vais y réfléchir, promit Adrian. Je vais tout faire pour ne plus avoir de crises de colère comme celles que j'ai pu avoir.

- Tu me laisseras voir mes amis plus souvent ?

- Oui. Je ne me rendais pas compte que je te retenais un peu en otage. Je te demande pardon.

Harry pencha la tête en arrière et sourit à Adrian.

- Tu es pardonné. Tout ce que je veux c'est pouvoir rassurer mes proches afin qu'ils cessent de s'inquiéter pour moi.

- Tu pourras les rassurer, alors. Je vais faire des efforts, c'est promis.

Adrian savait que c'était la potion qu'il avait prise peu avant qui le rendait aussi conciliant. Mais il tenait vraiment à rassurer Harry. Même s'il savait qu'il n'allait pas pouvoir tenir les promesses qu'il lui faisait. Il se promit cependant d'essayer de se contrôler avec Harry. Il ne voulait pas que ses proches viennent s'immiscer dans leur couple. Mais il verrait ça plus tard. Quand il aurait l'esprit un peu plus clair. Là, il voulait juste profiter d'être avec Harry. Il attendit un peu avant de se mettre à le caresser un peu partout. Harry comprit vite où il voulait en venir. Après avoir un peu râlé pour la forme, il répondit aux caresses et en prodigua également à Adrian, au plus grand plaisir de celui-ci. Ils se dévêtirent l'un l'autre et furent bientôt complètement nus. La suite ne fut que soupirs, râles et gémissements. L'effet apaisant de la potion n'ayant qu'une durée limitée, Adrian se retrouva très vite en pleine forme et il décida d'en faire profiter Harry. D'habitude, ils s'en tenaient à une ou deux façons de se donner du plaisir mais là, ils firent tout plusieurs fois. Ils se frottèrent l'un contre l'autre un certain nombre de fois, ils se donnèrent mutuellement du plaisir avec leurs mains, puis avec leurs bouches et ils s'adonnèrent de nouveau à des mouvements de frictions... Adrian était tout bonnement insatiable et Harry suivait tant bien que mal le rythme. À deux heures du matin, Adrian avait encore envie mais il commençait à se lasser de faire ce qu'ils avaient l'habitude de faire. Il voulut aller plus loin avec Harry. Et ce fut ce qu'il entreprit de faire. Mais alors qu'il dirigeait ses doigts entre les fesses de son petit-ami, il s'aperçut que ce dernier s'était endormi. Il tenta de le réveiller, que ce soit par des baisers ou par des caresses mais rien n'y fit. Harry était déjà parti très loin. Adrian gémit, frustré. C'était au moment où ça devenait le plus intéressant que Harry le laissait tomber ! Il était pourtant sûr que ce soir-là – ou plutôt cette nuit-là – il aurait convaincu Harry d'aller jusqu'au bout. Enfin, c'était plutôt son esprit embrumé par le désir et les effets tardifs de la potion qui lui faisaient croire ça. Quoi qu'il en soit, Harry n'était visiblement pas en mesure de le satisfaire. Adrian soupira et fit de son mieux pour se débarrasser de son érection douloureuse qui l'empêcherait de dormir si elle lui restait entre les jambes. Il eut tout de même du mal à trouver le sommeil. Il était trop frustré pour cela. Il passa donc une nuit très courte et ce fut pour cette raison qu'il décida de prendre deux potions sur les coups de huit heures du matin. Si, le soir, elles avaient un effet relaxant, le matin, elles avaient au contraire un effet énergisant. Cela dépendait de l'état de forme du consommateur, en fait. Ces potions étaient vraiment spéciales.

Il vérifia donc que Harry dormait toujours, ouvrit le tiroir de sa table de chevet et prit deux fioles qu'il but rapidement. Sachant qu'elles feraient déjà effet d'ici cinq minutes, il décida de réveiller Harry en douceur. Il était toujours frustré et comptait bien faire ce qu'il n'avait pas pu faire quelques heures plus tôt. Il plongea ses lèvres dans le cou de Harry et se mit à l'embrasser tendrement tout en caressant son corps qu'il aimait tant. Harry ne réagit pas. Adrian accentua donc ses caresses ainsi que ses baisers. Un grognement sortit des lèvres de Harry.

- Réveille-toi petit calamar, chuchota Adrian à l'oreille de son petit-ami.

- Non je suis fatigué...

- Justement, je sais comment te réveiller.

- J'ai pas envie, Adrian. Tu m'as épuisé hier soir...

- Oui mais moi j'avais encore envie. Tu as pu dormir alors que moi non tellement j'étais frustré. Mais maintenant que tu es réveillé on va pouvoir y remédier...

À peine Adrian eut-il prononcé ces mots qu'il posa sa main sur le sexe de Harry qu'il caressa doucement.

- Adrian je t'ai dit que je n'avais pas envie...

- C'est parce que tu es encore tout endormi, laisse-moi éveiller le désir en toi.

Adrian se remit à embrasser Harry dans le cou tandis que sa main continuait ses mouvements sur le membre qui ne semblait pas vouloir réagir. Un peu agacé et ignorant les protestations de Harry, il se colla contre son dos, lui faisant ainsi sentir son érection en espérant que cela l'exciterait. Mais cela eut l'effet inverse. Harry tenta de le repousser, lui et sa main.

- Laisse-moi, Adrian, dit-il fermement.

Complètement sous l'emprise de ses potions, Adrian ne l'écouta toujours pas et accentua encore ses caresses et ses baisers qu'il déposa dans le cou et sur les épaules de Harry qui voulut le repousser de nouveau. Cette fois franchement excédé et poussé par son désir et par son érection qui lui faisait mal, il décida de passer aux choses sérieuses.

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Quelques minutes plus tôt, POV Harry

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Harry était profondément endormi quand il fut tiré de son sommeil par des caresses et des baisers dans son cou. Il ne voulut pas se réveiller, trop épuisé par les activités qu'il avait partagées avec Adrian la veille au soir. Son petit-ami l'avait réellement éreinté. Il avait été infatigable malgré tout ce qu'ils avaient pu faire en plus de cinq heures. Harry s'était endormi à deux heures du matin et n'avait même pas eu besoin de prendre sa potion de sommeil sans rêves pour dormir d'une traite et ne faire ni rêves, ni cauchemars. Et il aurait pu encore dormir plusieurs heures si Adrian n'avait pas décidé de le réveiller. C'est pourquoi il grogna, appréciant peu d'avoir été tiré des bras de Morphée alors qu'il était encore fatigué.

/!\

- Réveille-toi, petit calamar, lui chuchota Adrian à l'oreille.

- Non, je suis fatigué...

- Justement, je sais comment te réveiller.

- J'ai pas envie, Adrian. Tu m'as épuisé, hier soir.

- Oui mais moi j'avais encore envie. Tu as pu dormir alors que moi non tellement j'étais frustré. Mais maintenant que tu es réveillé on va pouvoir y remédier...

Comme pour accompagner ses paroles, Adrian posa une main sur le sexe de Harry qui protesta :

- Adrian je t'ai dit que je n'avais pas envie...

- C'est parce que tu es encore tout endormi, laisse-moi éveiller le désir en toi.

Les lèvres d'Adrian s'activèrent de nouveau dans le cou de Harry qui ne ressentit aucun plaisir alors que d'habitude, il aimait beaucoup ça. La main d'Adrian, quant à elle, caressait toujours son sexe mais sans réussir à lui faire avoir une érection. Cela sembla énerver Adrian qui se colla contre son dos, lui faisant sentir son sexe qui, lui, était plus que réveillé. Cette insistance commença à énerver Harry qui essaya de repousser Adrian ainsi que sa main sur son sexe.

- Laisse-moi, Adrian, dit-il d'une voix ferme.

Adrian ignora son ordre et poursuivit ses caresses et ses baisers dans son cou avant que ses lèvres ne dérivent vers ses épaules. Harry tenta de nouveau de le repousser mais cela n'eut aucun effet à part faire soupirer Adrian d'agacement.

- Tu n'es vraiment pas coopératif, Harry. J'essaie de te faire du bien et toi tu me repousses. Mais moi là je n'en peux vraiment plus.

Harry n'eut pas le temps de se demander ce que voulait dire Adrian par-là qu'il sentit des mains lui écarter les fesses. La seconde d'après, quelque chose de dur se présenta contre son entrée la plus intime. Effrayé, il tenta de se dégager brusquement.

- Adrian non, je ne suis pas prêt du tout !

- Ah oui oups, pardon, je suis allé un peu trop vite.

Harry crut qu'Adrian allait enfin le laisser tranquille mais deux doigts remplacèrent son membre et entrèrent d'un coup en lui. Harry cria sous la douleur que provoqua cette intrusion. C'était la première fois que quelque chose entrait par-là et ça faisait un mal de chien.

- Adrian, arrête, ça fait mal, supplia-t-il.

- Détends-toi et ça ira mieux.

Harry voulut protester mais il ne put que crier lorsqu'Adrian retira ses doigts et les renfonça tout aussi brusquement que précédemment. C'était horrible. Les doigts d'Adrian étaient affreusement secs et le brûlaient de l'intérieur. Et ce fut pire quand ces deux doigts s'écartèrent l'un de l'autre, étirant douloureusement ses chairs et son fondement qui n'appréciaient pas du tout le traitement. Adrian ne se rendait visiblement pas compte qu'il faisait souffrir Harry puisqu'il força pour faire entrer un troisième doigt. Harry crut qu'il allait s'évanouir. Il avait beaucoup trop mal. Il était autant paralysé par la peur que par la douleur. Il n'arrivait plus à dire quoi que ce soit et pourtant, il aurait voulu supplier une nouvelle fois Adrian d'arrêter. Après ce qui lui parut être une éternité, les doigts se retirèrent. Devinant ce qui allait inévitablement suivre et ne pouvant se résigner à l'idée de perdre sa virginité dans un rapport forcé, Harry tenta le tout pour le tout. Il savait qu'il ne parviendrait pas à repousser Adrian en étant sur le ventre alors il lui demanda :

- Adrian, attends, laisse-moi au moins me retourner...

À son grand soulagement, Adrian accéda à sa requête et lui permit de se mettre sur le dos, chose que Harry fit avec beaucoup de difficultés. Il croisa alors le regard d'Adrian pour la première fois depuis qu'il était réveillé et ce qu'il vit le terrifia. Les pupilles d'Adrian étaient complètement dilatées et ses yeux étaient injectés de sang. Il n'en fallut pas plus à Harry pour tout comprendre. Adrian n'était pas dans son état normal. Il était drogué. Cette révélation le choqua tellement qu'il ne réalisa pas qu'Adrian s'installait entre ses jambes et qu'il lui écartait de nouveau les fesses. Ce ne fut que lorsqu'il sentit le membre d'Adrian se présenter pour la deuxième fois contre son intimité et pousser qu'il revint brusquement à lui. Avec une force qu'il ne s'imaginait pas avoir, il repoussa violemment Adrian qui chuta lourdement par terre. Traumatisé et voulant partir le plus vite possible, Harry ne s'en préoccupa pas, se rhabilla à toute vitesse, prit son sac et sa baguette et quitta précipitamment le dortoir. Chacun de ses mouvements lui faisait mal mais il s'en fichait totalement, désirant seulement mettre un maximum de distance entre Adrian et lui.

/!\

Il traversa en trombe la salle commune de Serpentard sans se soucier des regards des quelques personnes présentes qui se posèrent sur lui. Il courut à perdre haleine jusqu'à sa propre salle commune et monta directement à son dortoir. Il passa ses rideaux, les referma derrière lui et s'affala à plat ventre sur son lit en enfouissant son visage dans son oreiller qu'il serra entre ses bras. Il avait le coeur qui battait la chamade, il tremblait et il ne s'était même pas rendu compte que des larmes avaient coulé sur ses joues. Il tenta de se calmer mais n'y parvint pas. Ce qui venait de se passer tournait en boucle dans sa tête alors qu'il voulait au contraire tout oublier. Il n'était même pas neuf heures, il avait plein de choses prévues ce jour-là mais tout ce qu'il voulait, c'était dormir toute la journée et ne se réveiller que le lendemain. Il savait qu'il n'y arriverait pas comme cela alors il ne vit qu'un moyen. Ses potions de sommeil sans rêves ne faisaient plus autant effet qu'avant mais il se dit qu'en prenant cinq fioles, cela serait suffisant pour le faire dormir vingt-quatre heures. En plus il allait entamer le tas de potions qu'il avait préparées le week-end précédent. Elles seraient peut-être plus efficaces que celles d'avant. Il ouvrit alors le tiroir de sa table de chevet et prit cinq fioles qu'il but les unes après les autres. Trop perdu dans son mal-être, il ne s'aperçut pas tout de suite qu'elles avaient un goût étrange. Ce ne fut que lorsqu'il ingurgita la dernière potion qu'il sentit qu'elle avait un goût âcre. Un vilain doute envahit soudain son esprit. Avait-il pensé à les mettre sous sort de conservation ? Il ne s'en souvenait plus. La panique commença à l'envahir. Cela faisait une semaine qu'il avait préparé ces potions, elles avaient largement eu le temps de tourner puisqu'il fallait les mettre tout de suite sous sort conservateur. Et il connaissait très bien les effets de ces potions lorsqu'elles avaient tourné. Elles rendaient malade la personne qui n'en consommait ne serait-ce qu'une seule fiole. Lui en avait pris cinq. Il ne savait pas si c'était le stress à l'idée de ce qui allait lui arriver ou si c'étaient déjà les effets de la péremption de cette potion mais il sentit son ventre se retourner avant d'être pris de fortes douleurs abdominales. Dans le même temps, il fut pris de vertiges et ses paupières commencèrent à devenir lourdes. Il ignora s'il s'agissait d'une hallucination mais alors qu'il se sentait partir, il crut entendre la porte de son dortoir s'ouvrir. Il eut juste le temps d'espérer que ce soit quelqu'un venu pour l'aider avant de sombrer dans un profond sommeil.

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Vingt minutes plus tôt, POV Draco

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Alors que Draco était encore en train de dormir, il fut réveillé en sursaut par le réveil strident d'un de ses camarades.

- BON SANG MAIS C'EST QUOI CE BORDEL ?

Ça, c'était Blaise.

- ÇA VA C'EST BON PAS LA PEINE DE GUEULER !

Ça, c'était Crabbe. Le réveil cessa aussitôt de sonner. Draco laissa retomber sa tête sur son oreiller. Il commençait à se rendormir quand le réveil se fit de nouveau entendre.

- MAIS JE VAIS LE LUI FAIRE BOUFFER C'EST PAS POSSIBLE !

- Essaie, Zabini, essaie, tu vas voir de quel bois je me chauffe !

- Blaise, ne rentre pas dans son jeu, conseilla la voix ensommeillée de Théo. Sinon il va te le faire payer lors des prochains entraînements de Quidditch... Ce serait bête que tu finisses comme Cassius.

Draco écarquilla les yeux en entendant les mots de Théo. Il était sérieux à avoir des idées aussi noires dès le réveil ?! «La journée commence bien» pensa ironiquement Draco. Sachant qu'il ne réussirait pas à se rendormir, il décida de se lever. Il s'habilla, se coiffa, prit sa baguette et sortit de ses rideaux. Il tomba sur Théo qui s'apprêtait lui aussi à quitter le dortoir. Il avait les traits tirés et des cernes sous les yeux.

- Toi, tu n'as pas beaucoup dormi, devina Draco alors qu'ils sortaient du dortoir.

- Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit, avoua Théo.

- Pourquoi ? s'inquiéta Draco.

- Je ne sais pas, j'étais agité sans savoir pourquoi. J'étais déjà comme ça hier soir, du coup je n'ai pas réussi à faire le vide dans mon esprit. C'est pourtant ce que je dois faire pour que mes potions relaxantes fassent effet.

- Mais qu'est-ce qui te prenait la tête hier soir pour que tu n'aies pas réussi à te détendre ?

- Je ne sais pas, répéta Théo.

Sentant que son ami lui mentait, Draco l'attrapa par le bras et s'arrêta, le forçant à faire de même.

- Théo, dis-moi la vérité. Il s'est passé quelque chose, hier soir ?

- Non, s'entêta Théo. Ne m'ennuie pas avec ça, s'il te plaît.

Draco soupira et lâcha le bras de Théo. Ils descendirent les dernières marches et arrivèrent dans leur salle commune. Ils furent aussitôt intrigués par leurs camarades qui s'étaient rassemblés et qui semblaient parler de quelque chose d'important. Draco s'approcha et demanda :

- Qu'est-ce qui se passe ?

Harper, son remplaçant dans l'équipe de Quidditch, se tourna vers lui.

- C'est ton binôme. Il a déboulé dans la salle commune il y a un quart d'heure comme s'il avait le Quintaped aux trousses. Il ne s'est pas arrêté et il est sorti en trombe. On se demande donc ce qui a bien pu se passer.

Draco sentit la Pimentine lui monter aux oreilles.

- Et aucun d'entre vous n'a pensé à aller voir dans le dortoir de son petit-ami ?! Il ne vous est pas venu à l'esprit qu'il ait pu y avoir une bagarre entre Harry et son mec ?! Ça se trouve Pucey est assommé à l'heure qu'il est et si on ne fait rien Harry va être accusé de l'avoir agressé et...

- Draco, calme-toi, ce n'est pas en t'imaginant tout et n'importe quoi que ça va faire avancer les choses, intervint Théo. Le mieux à faire est d'aller vérifier par nous-mêmes.

Draco acquiesça tout en regardant avec dégoût ses camarades de maison. Il se laissa entraîner par Théo qui les mena de nouveau vers les escaliers. Ils montèrent jusqu'au dortoir des garçons de septième année et entrèrent sans prendre la peine de frapper. Ils se dirigèrent vers les seuls rideaux qui étaient ouverts. Ils ne purent retenir un cri en voyant Pucey par terre, inconscient, avec un mince filet de sang qui coulait depuis l'arrière de sa tête. Draco resta figé sur place, livide, alors que Théo se précipita aussitôt vers Pucey.

- Harry... il... il l'a...

- Non, il est juste évanoui, le rassura Théo. Mais il doit vite être pris en main. Il est empêtré dans ses draps mais on va le laisser comme ça pour le moment. Je ne pense pas qu'il soit beaucoup habillé. Il faut aller chercher Mme Pomfrey.

Draco s'apprêtait à répondre quand la voix de Graham se fit entendre derrière lui.

- Mais qu'est-ce qui se passe ici ?!

Draco se retourna. Il voulut expliquer la situation mais Graham sembla comprendre de lui-même en voyant à son tour l'état de son coéquipier.

- Mais... qu'est-ce que...

- On n'en sait rien, coupa Draco. On ignore ce qui s'est passé. Mais puisque tu es là, tu n'as rien entendu, il y a environ un quart d'heure ?

- Si, j'ai entendu quelqu'un sortir en trombe du dortoir mais je pensais justement que c'était Adrian. C'est pour ça que je suis étonné de le voir ici...

- Tu ne savais pas que Harry avait passé la nuit ici ?

- Non, c'est assez rare mais ça arrive qu'on ne l'entende pas entrer dans le dortoir. Dans ces cas-là on tombe souvent sur lui au petit matin. Mais... vous croyez qu'ils se sont battus ?

- Ça m'en a tout l'air, grimaça Draco.

- Il faut qu'on trouve Harry, décréta Théo. Quoi qu'il ait pu se passer, il ne doit pas rester seul.

- Mais il peut être n'importe où, se désespéra Draco.

- Je pense qu'il a dû retourner à son dortoir.

- Allez le chercher, je vais réveiller Cassius ou Miles et l'un d'entre nous va rester avec Adrian pendant que l'autre va chercher Mme Pomfrey.

- D'accord, approuva Théo. Viens, Draco. On va chercher Harry.

Totalement perdu, Draco suivit Théo sans réfléchir. Ils redescendirent les escaliers, sortirent en toute hâte de la salle commune et traversèrent tout le château pour se rendre à la salle commune de Gryffondor.

- Mot de passe ? demanda la Grosse Dame.

- On n'en sait rien, laissez-nous entrer, c'est urgent ! dit Draco.

- Navrée mais vous devez avoir le mot de passe pour pouvoir entrer.

Draco se tourna vers Théo.

- Tu ne l'as pas, par hasard ?

- Non, sinon je l'aurais déjà donné.

Draco commençait vraiment à désespérer quand la porte de la salle commune s'ouvrit sur un élève de leur année.

- Merci, Thomas ! s'exclama Draco.

Il attrapa le bras de Théo et l'entraîna à l'intérieur de la salle commune en ignorant le regard surpris de Dean Thomas. Ils ne firent pas plus attention aux Gryffondor qu'ils effrayèrent en entrant ainsi dans leur antre et ils se précipitèrent vers les escaliers qu'ils montèrent à toute vitesse. Ils arrivèrent vite au dortoir des garçons de cinquième année, y entrèrent là aussi sans frapper et s'arrêtèrent en se demandant où se trouvaient les rideaux de Harry.

- Près de la fenêtre, dit alors Théo.

- Quoi ?

- Son lit se trouve près de la fenêtre. Donc ça doit être au fond.

Draco ne chercha même pas à savoir comment Théo savait cela et se dirigea avec lui vers le fond du dortoir. Ils s'arrêtèrent de nouveau devant les supposés rideaux de Harry. Draco se tourna vers Théo, gêné.

- Ce n'est pas que j'ai peur mais...

- T'inquiète, je comprends.

Sous le regard admiratif de Draco, Théo tira doucement les rideaux de Harry, comme s'il n'avait pas peur de ce qu'il allait découvrir. Alors que Draco, lui, contrairement à ce qu'il disait, craignait plus que tout ce qu'il allait voir. Il eut quand-même le courage de regarder devant lui mais il le regretta lorsqu'il vit Harry étendu sur son lit, le visage pâle, la tête légèrement tournée sur le côté et les yeux fermés. Mais ce qui attira l'attention de Draco, ce furent les cinq fioles vides posées sur la table de chevet. Son sang se glaça d'horreur.

- NON !

Il se précipita en même temps que Théo vers Harry. Comme il l'avait fait avec Pucey, Théo prit le poignet du Gryffondor afin de vérifier son pouls. Draco eut l'impression qu'il se passa une éternité avant que Théo ne déclare :

- Il bat mais il est faible, murmura-t-il.

Draco sentit les larmes lui monter aux yeux.

- Mais qu'est-ce qu'il a fait ?

Théo ne répondit pas et prit une des fioles posées sur la table de chevet. Il la porta à son nez et la renifla. Son visage devient livide.

- Oh non...

- Quoi ?! s'affola aussitôt Draco.

- C'est une potion de sommeil sans rêves. Mais elle a une odeur étrange. Je crois qu'elle est périmée ou qu'elle a tourné ou quelque chose dans le genre. Il faut que tu ailles vite chercher ton parrain.

- Quoi ? Mais...

- Il n'y a que lui qui peut l'aider, vas-y !

- Mais c'est Harry, il ne voudra jamais...

- MAIS BON SANG ARRÊTE DE DISCUTER ET FAIS CE QUE JE TE DIS !

Draco sursauta, effrayé. Jamais Théo ne lui avait crié dessus. Il comprit alors que c'était sérieux et que Harry était peut-être en danger. À cette pensée, les larmes qu'il retenait depuis plusieurs minutes se mirent à couler sur ses joues. Il se leva d'un bond et quitta précipitamment le dortoir. Plus tard, il se demanderait sûrement comment il avait fait pour ne pas tomber dans les escaliers tellement il les descendit à toute vitesse. Il sortit tout aussi vite de la salle commune et refit le tour du château pour se rendre aux appartements de Severus. Il pria de toutes ses forces pour que son parrain soit là. Théo avait raison. Harry avait besoin de Severus et lui seul pouvait le sauver.

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Au même moment, POV Severus

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Severus se demandait s'il allait un jour se souvenir qu'une journée ne durait que vingt-quatre heures. Ce jour-là, il devait voir Théo à quatorze heures et Tonks à dix-huit heures. Sans compter qu'il avait deux devoirs sur table à préparer – un pour les quatrième année et un pour les septième année – et qu'il avait une centaine de copies à corriger. Il n'aurait jamais assez du week-end pour tout faire. Mais il pouvait difficilement annuler ses deux rendez-vous. Surtout celui de Théo. Il devait absolument voir son élève pour lui parler de son avocat. Quant à Tonks, c'était moins urgent mais il devait quand-même avoir une discussion avec elle pour mettre tout à plat. Ses copies allaient devoir attendre, voilà tout. Mais pas les devoirs sur table. Ils devaient être prêts pour lundi et celui des septième année était relativement long à préparer. C'était un examen type ASPIC qui englobait tout ce qu'avaient appris les élèves durant leurs six premières années d'études. Ainsi que pendant les trois premiers mois de leur septième année. Il s'était donc levé tôt pour se mettre vite au travail. Cela faisait deux heures qu'il était en train de préparer le devoir des quatrième année et il comptait bientôt faire une pause pour aller prendre le petit-déjeuner dans la Grande Salle et surveiller ainsi les élèves de sa maison. Il était neuf heures, il avait encore une demie-heure devant lui. Alors qu'il recommençait pour la troisième fois le sujet du devoir des quatrième année, il entendit soudain la porte d'entrée s'ouvrir.

- SEVERUS !

Il se figea en reconnaissant la voix de Draco. Son sang ne fit qu'un tour. Que se passait-il ?! Il se leva, sortit de son salon et tomba nez à nez avec Draco qui venait à sa rencontre. Severus s'affola en voyant l'état dans lequel était son filleul. Il était rouge, ses cheveux étaient décoiffés, son visage était strié de larmes et il avait la respiration haletante. Severus ne savait pas ce qui se passait mais une chose était sûre : Draco n'allait pas bien du tout.

- Draco, qu'est-ce qu'il y a ?!

- C'est Harry, je ne sais pas ce qui s'est passé mais il est inconscient, il a bu des potions, Théo dit que son pouls est faible et il ne veut pas se réveiller ! Il faut aller le sauver, et vite !

Severus n'avait pas saisi grand-chose mais il avait compris le principal : le binôme de Draco avait besoin d'aide.

- Ne bouge pas, je reviens.

Il courut jusqu'à sa chambre, prit une mallette et retrouva Draco dans le couloir.

- Allons-y, mène-moi jusqu'à lui.

Draco et Severus quittèrent les appartements de ce dernier et se rendirent à la salle commune de Gryffondor. Ils montèrent au dortoir des garçons de cinquième année d'où ils entendirent des éclats de voix avant même d'y être arrivés. Lorsqu'ils entrèrent, ils se dirigèrent vers les rideaux du fond et tombèrent sur ce qui ressemblait à un début de bagarre. Finnigan et Londubat tentaient d'empêcher Weasley de s'en prendre à Théo qui avait une pommette bleuie et gonflée. Bon, apparemment, Weasley s'en était déjà pris à Théo. Cette attitude l'irrita au plus haut point.

- M. Weasley, calmez-vous immédiatement ! Vous devriez avoir honte ! Votre ami est sûrement dans un état grave et vous, tout ce que vous trouvez à faire, c'est d'agresser M. Nott qui était simplement en train de surveiller votre ami ! Laissez-moi passer, que je m'occupe de M. Potter.

Finnigan et Londubat reculèrent tout en tirant Weasley vers eux, laissant ainsi passer Severus. Il prit le pouls de Potter et constata qu'il était effectivement faible. Il se tourna vers les Gryffondor :

- Partez, j'ai besoin d'être seul avec votre camarade.

Les trois élèves voulurent protester mais le regard que leur adressa Severus les en dissuada. Ils s'en allèrent, laissant Severus seul avec Draco, Théo et celui qui allait sûrement devenir son patient.

- Je vais transporter M. Potter jusqu'à mes appartements, dit-il à Draco et Théo. Venez avec moi, je vais avoir des questions à vous poser.

Severus enveloppa le Gryffondor dans ses draps afin de pouvoir le transporter sans que personne ne devine de qui il s'agissait. Il retourna ainsi à ses appartements avec son «paquet» et en compagnie de Draco et de Théo à qui il demanda de rester dans le couloir en attendant qu'il s'occupe de leur camarade. En temps normal, il leur aurait demandé de rentrer à leur salle commune mais il avait besoin d'un maximum d'informations et les deux Serpentard semblaient être les seuls à pouvoir les lui donner. Il installa le Gryffondor sur le canapé du salon, prit ses constantes et lança un sort de diagnostic qui révéla une intoxication aux molécules de la potion de sommeil sans rêves. Il resta un moment perplexe face à la quantité de potions ingurgitées. Comment Potter s'y était-il pris pour se procurer autant de potions de sommeil sans rêves ?! Et, surtout, pourquoi en avait-il pris autant ?! Il laissa de côté ces questions pour le moment et fit un lavage d'estomac à son patient avant de lui administrer un certain nombre de potions afin de purger son organisme empoisonné par les potions qu'il avait ingurgitées. Il le perfusa également afin qu'il soit hydraté en continu. Bon, le problème de l'intoxication était traité. À présent, il devait s'occuper de l'autre problème qu'avait révélé le sort de diagnostic, à savoir de légères lésions intimes. Sachant que le Gryffondor refuserait obstinément de se laisser soigner lorsqu'il serait conscient, il profita qu'il soit inconscient pour lui administrer les soins nécessaires. Oui, ce n'était pas bien, il le savait, mais même si ce n'était pas très grave, cela devait être soigné pour éviter que ça ne s'aggrave et que cela n'engendre des problèmes plus sérieux. Il s'efforça de ne pas se poser de questions alors qu'il soignait son patient à l'aide d'un baume. Une fois ceci fait, il le rhabilla, le couvrit et alla ouvrir à Draco et Théo.

- Est-ce qu'il va s'en sortir ? demanda Draco, inquiet.

- Oui, ce n'était pas aussi grave qu'on aurait pu le penser. Il va être malade pendant plusieurs jours malgré toutes les potions que je pourrai lui donner. Il faut que son organisme se vide du poison qu'il a ingéré. Quand il ne sera pas occupé à vomir, il sera épuisé et aura besoin de beaucoup de repos.

- Tu vas devoir le laisser à l'infirmerie alors ? comprit Draco.

- Oui, je n'ai pas le choix et, pour tout te dire, ça m'embête beaucoup. J'ai toute confiance en Mme Pomfrey mais ce qu'il faut à votre camarade, c'est un médicomage. Je pourrai le voir matin, midi et soir mais j'aurais vraiment préféré m'occuper de lui en continu. Il va falloir le faire parler et j'y arriverais plus facilement si je passais un maximum de temps avec lui. Ça aiderait à instaurer une relation de confiance.

- Severus, c'est Harry, lâcha Draco. Sans vouloir te vexer, tu es la dernière personne à qui il aura envie de se confier...

- Détrompe-toi, répliqua Severus. Il est souvent plus facile de se confier à une personne dont on n'est pas proche qu'à un ami ou à un membre de sa famille. Il aura moins peur d'être pris en pitié. Surtout si c'est à moi qu'il se confie. Il saura que je ne vais pas le plaindre à tout bout de champ. Mais oublions ça pour le moment. Je veux que vous me disiez tout ce que vous savez.

Draco et Théo racontèrent alors à Severus tout ce qui s'était passé. Severus fut admiratif de la petite enquête qu'ils avaient menée en allant d'abord au dortoir de Pucey avant d'aller voir où était Potter. Il se doutait que Pucey était à l'origine des lésions intimes du Gryffondor mais en avoir quasiment la preuve lui causa tout de même un choc. Cette histoire aurait pu très, très, très mal se finir, aussi bien pour Potter que pour Pucey. Car il se doutait bien que Pucey avait voulu forcer Potter et que Potter l'avait violemment repoussé. Pucey aurait très bien pu aller jusqu'au bout et blesser plus gravement Potter et il aurait pu se briser la nuque dans la chute qu'il avait faite. Mais les choses étaient déjà bien assez graves comme cela. Il allait devoir parler sérieusement avec Pucey quand celui-ci serait en état de recevoir des visites.

- Merci, dit-il lorsque Draco et Théo eurent fini leur récit. Tout ce que vous venez de me dire va m'aider à faire parler votre camarade. Je vais le garder jusqu'à demain soir et ensuite je le confierai à l'infirmière. Je vais m'occuper de vous, M. Nott, et vous pourrez ensuite tous les deux partir.

Severus alla chercher le nécessaire pour soigner son élève.

- Que s'est-il passé exactement ? demanda-t-il en soignant la pommette de Théo.

- Draco venait de partir quand Ron a tiré les rideaux de Harry, sûrement pour le réveiller. Il a vite remarqué que quelque chose n'allait pas et en me voyant, il a cru que j'étais responsable de l'état de Harry. Il s'est jeté sur moi, il m'a demandé ce que je lui avais fait et il m'a mis un coup de poing. Ses deux camarades de dortoir sont vite intervenus et ils l'ont aussitôt ceinturé. J'aurais pu me défendre et utiliser ma baguette mais j'étais tout près de Harry et j'ai eu peur que Ron sorte lui aussi sa baguette et qu'un sort ne touche Harry par inadvertance. Alors j'ai préféré ne rien faire. De toute façon j'ai vite été secouru.

Severus soupira. Il allait également devoir avoir une sérieuse discussion avec Théo. Il fallait que ce garçon comprenne qu'il devait arrêter de se mettre en danger pour protéger les autres. Et, surtout, qu'il devait attacher plus d'importance à sa vie qu'à celle des autres. Tout en finissant de soigner sa joue, il demanda :

- Donc si je comprends bien, si M. Finnigan et M. Londubat n'étaient pas intervenus, vous auriez laissé M. Weasley continuer à vous frapper ?

L'air un peu trop innocent de Théo servit de réponse à Severus. Il dut se retenir pour ne pas secouer ce garçon comme un prunier. Mais il savait que ce n'était pas de la faute de Théo s'il était comme ça. C'étaient des séquelles d'une dizaine d'années passées sous la tyrannie et la violence d'un père. Mais il fallait y remédier car son comportement pouvait vraiment le mettre en danger. Il fallait qu'il réapprenne la notion de danger. Et ça, ce n'était pas gagné.

- Bon, vous pouvez y aller. Merci encore pour tout ce que vous avez fait. Enfin, presque tout, précisa-t-il en dardant un regard appuyé sur Théo.

- Attends, Severus... Je suppose que tu l'as vu mais... Harry a des potions de sommeil sans rêves sur lui.

- Oui, c'est d'ailleurs à cause de ces potions qu'il est dans cet état.

- Je me doute bien. Mais est-ce que... est-ce que tu crois que c'était la première fois qu'il en prenait ?

- Je ne peux pas te répondre car je n'en sais rien mais c'est la question que je vais devoir lui poser. Ce dont j'ai peur, c'est que sa fatigue anormale soit liée à la prise de ces potions. Et si c'est le cas, il y a de fortes chances qu'il soit malheureusement déjà accro et qu'elles ne fassent plus effet. Cela expliquerait pourquoi il est sans cesse fatigué. J'aurais dû y penser plus tôt mais pour moi, c'était impossible qu'il réussisse à se fournir ce genre de potions. Il va devoir s'expliquer à ce sujet.

- Ne sois pas trop dur avec lui, protesta Draco.

- Je n'y comptais pas. Pour tout te dire, je crois qu'il va très mal psychologiquement parlant. Ce qui ne serait pas du tout étonnant. Ne t'en fais pas, je vais parler de tout cela calmement avec lui.

- Quand ? Tu ne peux déjà pas t'occuper de lui alors que tu le voudrais alors je ne vois pas comment tu pourrais trouver le temps d'avoir toutes ces discussions avec lui...

- Je vais réussir à me dégager du temps, assura Severus.

Il se sentit soudain gêné d'avoir cette conversation avec Draco alors que depuis plusieurs semaines, il n'avait plus de temps à lui accorder. Cela lui fit rappeler ce qui s'était passé une semaine plus tôt.

- Draco, je voulais te dire... Je suis désolé pour le week-end dernier, j'aurais dû être là quand tu as lu la Gazette...

Le visage de Draco se referma.

- Je n'ai pas envie d'en parler, Severus, dit-il froidement. Je suis passé à autre chose. J'ai quinze ans, je ne vais pas te faire un caprice parce que je ne fais plus partie de tes priorités. Et puis j'ai trouvé de l'affection ailleurs, ne t'en fais pas pour moi. Bon, on va y aller. Avec tout ça nous ne sommes même pas encore allés déjeuner. Si ça ne te dérange pas, je viendrai prendre des nouvelles de Harry ce soir et demain dans la journée. Bon courage.

Draco s'en alla avec Théo sur ces mots. Severus soupira. Il allait devoir recoller les morceaux avec son filleul et ça non plus, ce n'était pas gagné. Il savait qu'il avait été en-dessous de tout avec Draco. Il n'avait pas été là quand son filleul avait eu le plus besoin de lui. Il avait préféré aller à Sainte-Mangouste au lieu de surveiller l'entrée de Draco dans la Grande Salle. Non, il n'avait pas préféré. Il avait été obligé. C'était un cas d'extrême urgence. Il ne pouvait pas laisser Sainte-Mangouste sans potions pour soigner les blessés de l'explosion... Il était sûr que Draco le comprendrait quand il lui expliquerait tout cela. Mais il lui parlerait plus tard. Pour l'instant il devait s'occuper du Gryffondor. Il s'approcha de ce dernier et vit qu'il avait repris un peu de couleurs. Cela le rassura. Les potions faisaient effet. Il se réveillerait sûrement dans la soirée ou au plus tard le lendemain matin. Severus repensa à ce que Draco lui avait dit et dut admettre qu'il avait raison. Cela allait être compliqué pour lui de trouver le temps nécessaire pour s'occuper de Potter. S'il devait être honnête avec lui-même, il n'avait pas du tout envie de le confier à Mme Pomfrey. Il ne voulait pas qu'elle sache ce qui était arrivé au Gryffondor. Ce dernier n'aurait certainement pas envie que trop de personnes soient au courant. Déjà que Severus allait devoir le dire à Black et à Lupin... Il savait que ça n'allait pas être facile à entendre pour eux. Ils allaient s'en vouloir de ne pas avoir su protéger ce garçon qui était presque un fils pour eux. Ils avaient pourtant senti qu'il y avait un problème avec Pucey, ils avaient tenté d'en parler avec Potter, mais tout comme Severus, ils ne s'imaginaient pas que c'était grave à ce point. Même si c'était peut-être la première fois que Pucey s'en prenait sexuellement à Potter, il avait sûrement déjà été violent envers lui par le passé. Mais personne n'aurait cru que ça irait jusque-là. Severus lui-même ne pensait pas que Pucey serait capable de faire pareille chose. Il avait toujours été un élève sans histoires. Il était très apprécié de tous et ne s'était jamais bagarré avec qui que ce soit. Et il n'y avait pas eu de plaintes de la part de potentiels ex petits-amis. Comme quoi, il ne fallait jamais, jamais, jamais se fier aux apparences. Severus réalisa alors pleinement à quel point Potter avait dû souffrir de cette relation avec son petit-ami sans pouvoir en parler à personne. Il était complètement sous l'emprise de Pucey et il ne s'en était sûrement pas rendu compte. En tout cas, une chose était sûre : Potter ne devait plus voir Pucey. Déjà, il allait faire un petit séjour à l'infirmerie. Ensuite, il allait devoir se remettre de ce qui s'était passé et réapprendre à vivre sans Pucey. Pour ça, il fallait qu'il fasse ce qu'il n'avait pas su faire jusque-là : compter sur le soutien de ses proches. C'était essentiel qu'il renoue le contact avec ses proches, que ce soit Black, Lupin ou ses amis. Aidé de tous, il allait pouvoir aller mieux, aller de l'avant et, petit à petit, apprendre à se reconstruire.

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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que vous n'êtes pas sortis trop traumatisés de ce chapitre. J'ai envie de dire que le plus dur est passé pour Harry mais la reconstruction ne va pas être des plus facile, mais au moins il est libéré de l'emprise d'Adrian, maintenant :) Et il est (et restera) entre de bonnes mains, je peux vous l'assurer :) Je vous dis à mardi prochain pour le prochain chapitre qui s'intitulera «Réactions». Bonne fin de semaine et bisous tout le monde ! =)