Bonjour à toutes et à tous ! Me revoilà pour le trente-deuxième chapitre de SAMLP =)
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Zackos : Oui, si Harry avait écouté Severus, s'il lui avait parlé, s'il lui avait dit la vérité, rien de tout cela ne serait arrivé :/ Alors pour les petits-amis respectifs de Harry et de Draco, ce n'était pas vraiment prévu à la base qu'ils soient en couple en même temps, ni que ça dure aussi longtemps, mais ma foi c'est bien comme ça XD Et la scène entre Draco et Harry dans le dortoir de leurs petits-amis, fallait bien que ça arrive au moins une fois XD Emily n'est pas censée être quelqu'un de méchant mais elle sent que son couple lui échappe et elle s'en prend au pauvre Théo qu'elle pense être responsable de la situation :/ Tu as parfaitement bien résumé le chapitre en ce qui concerne Justin et Théo XD Ils vont devoir attendre encore un peu pour les bisous et les câlins à souhait mais ils vont vivre heureux ensemble, ça, c'est sûr ! Le chapitre était clairement placé sous le ton de l'angoissa donc je suis ravie que ce soit bien passé =) Je n'ai pas voulu m'attarder sur la scène de viol mais elle était nécessaire car elle va déboucher sur beaucoup de choses qui vont aider Harry à aller mieux :) Pour Sirius et Remus, c'est encore plus compliqué que ça en a l'air XD Mais une fois qu'ils auront tous les deux accepté leurs sentiments, ils vont être eux aussi heureux ensemble :) Pour la fin du chapitre, je crois que Draco a fait son sport pour la journée XD
lilalali07 : L'ange gardien de Harry s'est pris 14 ans de vacances, je crois :/ Mais maintenant ça va aller mieux pour lui, doucement mais sûrement =)
ccassandre24 : Il était essentiel que je prévienne au vu de ce qui se passe dans le chapitre mais je suis soulagée par les retours =) Et c'était en effet nécessaire :) Oui, Harry est entre de bonnes mains, les semaines qui vont suivre vont être dures pour lui mais paradoxalement, elles vont lui faire beaucoup de bien :)
Butterfly Fictions : Justin est un peu perdu entre Théo et Emily et il va le rester un bon moment XD La scène du parchemin entre Harry et Draco c'était un clin d'oeil tout mignon parce qu'il fallait bien un peu de fluffy dans ce chapitre XD Pour le moment c'est difficile de dire qui est le plus lucide sur la situation entre Sirius et Remus, mais l'un d'entre eux va bientôt se démarquer :) Tu as bien résumé la situation de Draco, c'est exactement ça, en plus d'être avec Graham pour de mauvaises raisons, il commence à éprouver de drôles de choses envers son binôme ... Ça va doucement évoluer entre Harry et lui, et ils ne se prendront pas la tête de la même manière que les autres sur leurs sentiments XD C'est fou car quand je réponds aux reviews, vous faites souvent allusion à quelque chose que je vais très bientôt écrire XD En l'occurrence, le procès de Nott XD Il va y avoir plusieurs rebondissements, ce ne sera pas un procès ordinaire et j'espère vraiment le réussir *-* Emily devrait sérieusement remettre son couple en question mais elle est plutôt du genre à chercher des coupables et à accuser les autres :/ Effectivement, durant tout le chapitre, on sent le dénouement approcher avec tout le monde qui essaie d'aider Harry mais ils vont tous manquer de temps à peu de choses près :/ Il y avait peu de doutes quant au fait qu'Adrian se droguait vraiment mais il pouvait y avoir encore de maigres espoirs pour les plus coriaces XD Tout s'accélère entre Harry et Adrian durant le chapitre, il était vraiment temps de mettre un terme à cette relation :/ À sa manière, Théo a lui aussi voulu aider Harry, et c'est sûrement lui qui y est le plus arrivé, mais ça n'a pas été suffisant :/ Adrian entendait les protestations de Harry et il le sentait se débattre mais l'information ne montait pas jusqu'au cerveau à cause de la drogue :/ Cela ne l'excuse pas pour autant car s'il ne s'était pas drogué, il n'aurait jamais essayé de forcer Harry :/ Harry veut juste dormir toute la journée et ignore que les potions étaient périmées :( Mais tout ça sera peut-être un peu plus clair dans ce chapitre :) Théo s'inquiétait beaucoup pour Harry et je pense qu'il sentait inconsciemment que quelque chose allait se passer et ça l'empêchait de se détendre pour dormir :/ La relation entre Draco et Severus va rester compliquée pendant quelques chapitres encore mais ça va s'arranger :) Pour Narcissa, il sera bientôt brièvement question d'elle :) Toutes tes questions de fin de review trouveront leurs réponses durant cette troisième partie =)
Gryffondor : Adrian est clairement impardonnable, même si je pense que Harry va finir par lui pardonner, bien qu'il ne le reverra peut-être plus jamais, ou alors bieeeen plus tard :/ Adrian ne se maîtrisait plus du tout, autant lui-même que les prises de ses potions :/ Il a passé une sale nuit, alors pour lui la solution c'est de prendre des potions :/ Et en effet, c'est Harry qui trinque, comme toujours :( Severus va avoir beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de boulot ! Il ne sait même pas encore à quel point ! L'annonce va être dure :/ Se remettre en question, c'est quelque chose qu'Emily ne sait pas faire, mais elle ne pourra pas garder éternellement Justin...
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Merci à vous pour vos retours et merci à tous de suivre cette histoire ! Voilà le chapitre tant attendu, visiblement XD On entame la troisième partie qui couvrira toute la convalescence de Harry ainsi que ce qui se passera avec les autres personnages durant ce laps de temps :) Il y aura des mises en couple, notamment =) Je vous laisse donc avec ce nouveau chapitre et je vous souhaite une bonne lecture ! =)
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Warning : Présence d'une scène sexuellement explicite en fin de chapitre.
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Edit : En lisant la review de lilalali07, ça confirmait ce que je pensais : pour qualifier ce qu'a subi Harry, le terme "viol" est plus approprié que "violence sexuelle" ou "agression sexuelle". J'avais eu un gros doute à ce sujet, je savais pourtant ce que disait la loi, m'étant renseignée, mais j'avais peur d'en faire trop, alors j'ai choisi le mauvais terme :/ Par contre je n'ai pas trouvé dans ce chapitre l'endroit où je me suis trompée, mais je ferai attention en relisant les suivants ^^ S'il s'agit du moment où Severus demande à Harry si Adrian lui a déjà fait subir des violences sexuelles, pour le coup, il parlait de toutes sortes de violences :) Tout comme Sirius quand il se dit que Harry est trop jeune pour avoir connu des violences de la part de son petit-ami. S'il y a une méprise quelque part ou si quelque chose n'est pas clair, n'hésitez pas à me le dire !
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32 – Réactions
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(samedi 09/12) POV Sirius
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- Bon, je corrige encore quelques copies et ensuite j'irai voir Dumbledore, annonça Sirius.
Remus leva un regard surpris vers lui.
- Pourquoi veux-tu aller voir le directeur ?
- Je m'en doutais que tu avais oublié. En même temps ça fait plusieurs jours que je dois le faire... Mais je n'ai pas eu le temps avec les cours, les rondes, les devoirs à corriger, les cours à préparer...
- Mais qu'est-ce que tu dois faire ? s'impatienta Remus.
- Je dois aller voir Dumbledore pour lui demander s'il peut me donner d'autres appartements.
- Oh... Alors tu es toujours décidé à partir ?
- Je ne le fais pas par envie, Remus. Mais parce que c'est mieux comme ça.
- Je n'en suis pas si sûr.
- Remus...
- Ce n'est pas en fuyant les problèmes qu'ils vont se régler, Sirius !
- Tu as une autre solution, peut-être ? Nous sommes attirés l'un par l'autre alors que nous sommes censés être amis. Que veux-tu faire pour y remédier à part mettre de la distance entre nous ? Coucher ensemble ? Désolé mais je n'ai pas envie de gâcher notre amitié à cause d'une partie de jambes en l'air. Parce que je sais très bien qu'il n'y a rien de pire pour fragiliser une amitié que de coucher ensemble. Et je ne veux pas que ça nous arrive. De toute façon on n'a pas le droit. Tu m'as répété un nombre incalculable de fois qu'on n'avait pas le droit d'entretenir une relation entre collègues. Tu ne voudrais quand-même déroger au règlement ? Toi qui a été préfet durant ta cinquième et sixième année ?
Remus soupira.
- Je n'ai jamais dit ça. Enfin je ne sais pas. Ce serait peut-être efficace de coucher ensemble vu que nous sommes apparemment tous les deux frustrés mais je suis comme toi, j'ai peur que ça gâche notre amitié. Je n'ai pas de solution, en fait. Mais ce que je sais, c'est que je ne veux pas te voir partir. Hormis ces deux moments d'égarement, notre cohabitation s'est toujours bien passée... Ce serait dommage d'y mettre un terme alors que nous sommes bien ensemble. Sans compter que c'était une façon de récupérer un peu ces douze années qu'on a perdues, même si on ne pourra jamais les rattraper entièrement... Et puis nous sommes habitués à être l'un avec l'autre. Ça risque d'être dur de se retrouver d'un coup à vivre seul. Autant pour toi que pour moi.
- Justement, il faut peut-être qu'on réapprenne à vivre chacun de notre côté, dit Sirius. Imagine, pendant les vacances, tu rencontres quelqu'un dont tu tombes fou amoureux. Au bout d'un moment, tu voudras sûrement emménager avec lui. Je me retrouverai soudain tout seul et ça pourrait être dur pour moi. Et c'est valable dans le cas inverse. Si c'est moi qui rencontre une femme avec qui je décide d'emménager, je ne te chasserai jamais du Square mais je sais pertinemment que c'est toi qui te sentira de trop et que tu te chasseras de toi-même. Et là c'est toi qui va te retrouver d'un coup tout seul. Mieux vaut anticiper ce genre de situation.
Remus regarda Sirius dans les yeux un moment avant de capituler :
- D'accord. Tu as raison, il est préférable qu'on arrête d'habiter ensemble le plus vite possible. Mais pourquoi ce serait forcément toi qui changerait d'appartements ?
- Parce que toi tu as déjà déménagé une fois pour venir t'installer au Square. C'est à mon tour, maintenant. Il n'y a pas de raison pour que ce soit toujours toi qui doive déménager et te trimballer toutes tes valises !
- Ça ne me dérange pas, assura Remus. J'ai l'habitude.
- Oui eh bien moi ça me dérange. Je suis pour l'égalité alors c'est moi qui déménage cette fois, un point c'est tout.
- D'accord, si tu y tiens tant... Je ne voudrais pas te vexer, s'amusa Remus.
- Bon, je vais y aller maintenant, sinon je vais retarder, retarder et ce soir à vingt heures je ne serai toujours pas allé voir Dumbledore.
Sirius se leva et prit sa baguette. Il quittait le salon lorsqu'un bruit se fit entendre dans la cheminée. Il se retourna et vit la tête de Snape dans les flammes.
- Snape ? Mais qu'est-ce que tu fous ici ?! s'exclama-t-il.
- Je dois vous parler, à tous les deux. C'est urgent. Je ne peux pas me déplacer, c'est pour ça que je vous préviens par cheminée.
- Attends, t'es en train de nous dire qu'on doit aller jusque chez toi ? demanda Sirius, irrité. Tu es au courant qu'on n'a pas que ça à faire ?
- C'est réciproque, je te rassure, répliqua Snape. Je ne serais pas dans ta cheminée si ce n'était pas aussi urgent.
- De quoi s'agit-il ? intervint Remus.
- Du filleul de Black.
- Harry ?! s'écria Sirius, surpris.
- Tu as d'autres filleuls, peut-être ? ironisa Snape.
- Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi veux-tu nous parler de lui ?
- Ce n'est pas quelque chose que je peux vous dire à travers des flammes. Je dois vous en parler de vive voix.
- D'accord, on arrive, dit Remus sans laisser le temps à Sirius de répondre.
Snape acquiesça et disparut des flammes. Sirius se tourna vers Remus.
- Qu'est-ce qu'il veut nous dire, à ton avis ?
- Je n'en sais rien mais il ne nous ment pas quand il dit que c'est urgent, répondit Remus en enfilant sa cape. Allez, en route.
Sirius et Remus quittèrent leurs appartements et se rendirent à ceux de Snape. Lorsqu'ils frappèrent à la porte, ce dernier vint vite leur ouvrir. Il les fit entrer et les mena directement au salon. À leur grande surprise, Snape leur demanda ce qu'ils voulaient boire. Perplexes, ils commandèrent un jus de citrouille. Snape les servit puis il s'assit en face d'eux.
- Tu peux nous dire maintenant ce qui se passe ? s'agaça Sirius.
- C'est ce que j'allais faire. Ton filleul a ingurgité cinq potions de sommeil sans rêves qui n'avaient pas été mises sous sort conservateur et qui ont donc tourné. Du moins, c'est ce que je pense mais je suis sûr de ce que je dis.
Sirius haussa les sourcils, incrédule.
- Tu nous as fait venir pour ça ? Pour accuser Harry de s'être bourré de potions de sommeil sans rêves ? Tu n'as vraiment rien d'autre à faire que nous faire perdre du temps en nous racontant n'importe quoi ?!
- Je te dis la vérité, Black, répliqua sèchement Snape. Ton filleul se trouve actuellement ici, je l'ai soigné et il dormira sûrement jusqu'à ce soir ou demain matin.
Sirius resta un moment sans réagir, choqué. Remus devait être dans le même état puisqu'il ne dit rien non plus.
- Mais... mais... comment... bafouilla Sirius.
- C'est Draco qui est venu me voir pour me dire que ton filleul était inconscient. Il était paniqué et bouleversé mais il a réussi à me dire le principal. Il m'a emmené jusqu'au dortoir des garçons de cinquième année de Gryffondor où j'ai effectivement trouvé Potter inconscient. M. Nott était en train de le surveiller et s'est fait agresser par Weasley qui a cru que M. Nott avait mis son meilleur ami dans cet état. J'ai emmené ton filleul ici en faisant bien attention à ce que personne ne le reconnaisse, je l'ai soigné et j'ai demandé à Draco et M. Nott de tout m'expliquer. Ils m'ont dit qu'ils étaient d'abord allés voir Pucey dans son dortoir car un élève de Serpentard leur avait dit que Potter était sorti en trombe de la salle commune à neuf heures du matin. Ils ont découvert Pucey par terre, inconscient et blessé à la tête. Il a dû se cogner contre quelque chose en tombant. Après s'être assurés qu'un de leur camarades allait s'occuper de Pucey, Draco et M. Nott se sont rendus à la salle commune de Gryffondor. Ils ont pu y entrer grâce à un élève qui en sortait et ils sont aussitôt montés au dortoir de Potter. C'est là qu'ils l'ont vu inconscient lui aussi et trop pâle pour quelqu'un qui était simplement en train de dormir. M. Nott a remarqué la présence des cinq fioles vides sur la table de chevet, les a reniflées et a deviné que c'étaient des potions de sommeil sans rêves qui avaient probablement tourné. Il a ordonné à Draco de venir me chercher et la suite vous la connaissez.
La fin du récit de Snape fut suivie d'un long silence. Tout comme Remus, Sirius était sous le choc. Dans le même temps, mille et une questions se bousculaient dans son esprit. Heureusement qu'il était assis sinon il serait tombé tellement il avait la tête qui tournait. Lorsqu'il revint complètement à lui, il bombarda Snape de questions :
- Mais pourquoi Harry a-t-il pris autant de potions de sommeil sans rêves ? Comment a-t-il pu se les procurer ? Qu'est-ce qui s'est passé avec son petit-ami ? Est-ce que c'est Harry qui a blessé Adrian ? Est-ce à cause de ça qu'il a pris toutes ces potions ? Parce qu'il s'en voulait ? Il n'a pas voulu faire une connerie, quand-même ?!
- Je n'ai pas la réponse à toutes ces questions. Je dois justement les poser à ton filleul quand il se réveillera. Mais je suis presque sûr de pouvoir répondre à une d'entre elles. Quand j'ai lancé le sort de diagnostic, ça a révélé une intoxication aux molécules de la potion de sommeil sans rêves. Mais ça a aussi révélé autre chose.
Snape marqua une pause, ce qui n'augura rien de bon pour Sirius. Il ignorait ce que Snape allait lui dire mais il savait que ça n'allait pas lui plaire.
- Eh bien vas-y, parle, s'agaça-t-il. Qu'est-ce qu'il a révélé d'autre ?
L'air avec lequel Snape le regarda le mit mal à l'aise. C'était comme s'il cherchait à le ménager. Ce qui était sûrement le cas. Il se demanda s'il voulait vraiment savoir lorsque Snape déclara :
- Ton filleul avait de légères lésions intimes. Ce n'était rien de très grave mais ça aurait pu le devenir sans soins immédiats.
Là, cette fois, Sirius crut qu'il allait faire un malaise. Il avait évidemment compris ce que Snape sous-entendait par-là. Ces lésions, Harry ne se les était pas infligées lui-même. Il avait été agressé. Et pas par n'importe qui. Il avait été agressé par l'une des personnes en qui il avait le plus confiance. Son petit-ami. Il sentit la nausée l'envahir à cette pensée. Il ne pouvait imaginer ce que Harry avait dû ressentir. Il allait être détruit à son réveil. Une question lui vint soudain à l'esprit. Malgré le choc, il parvint à la poser :
- Est-ce que Harry va se souvenir de ce qui s'est passé ?
- C'est assez difficile de le savoir à l'avance. Il peut aussi bien s'en souvenir aussitôt que quelques heures plus tard. Il peut aussi être dans le déni ou avoir une amnésie sélective.
- S'il ne s'en souvient pas, est-ce que... est-ce que tu vas le lui dire ?
- Je ne sais pas, tout dépendra de son état d'esprit. Mais tant qu'il ne se souviendra pas de ce qui s'est passé, il ne pourra pas répondre aux questions que nous nous posons et que je dois lui poser. J'espère juste qu'il aura retrouvé la mémoire avant que je ne le confie à l'infirmière.
Sirius fronça les sourcils.
- Comment ça, à l'infirmerie ?
- Il faut bien que je reprenne les cours lundi, expliqua Snape, l'air gêné.
- Mais... ça va être trop perturbant pour Harry ! Ce n'est pas bon du tout pour lui d'être trimballé d'un endroit à un autre ! Et de changer de personne qui s'occupe de lui ! Il lui faut de la stabilité !
- Je suis entièrement d'accord et c'est bien ça qui m'embête. Mais ton filleul aura besoin d'au moins une semaine de repos. Je ne peux pas laisser les élèves manquer quatre cours de potions. Surtout pour les cinquième et septième année qui ont un lourd programme et qui passent les BUSE et les ASPIC à la fin de l'année.
Sirius grimaça. Snape avait raison, les élèves ne pouvaient pas passer une semaine sans cours de potions. Lui-même ne les laisserait pas aussi longtemps sans cours de sortilèges. Mais Harry était sa priorité.
- Tu ne peux pas te faire remplacer ? insista-t-il.
Snape regarda Sirius avec un drôle d'air.
- Tu tiens vraiment à ce que ce soit moi qui m'occupe de ton filleul ? demanda-t-il, profondément perplexe.
Sirius se souvint alors à ce moment-là que c'était Snape qui était en face de lui. Il l'avait presque oublié tant Snape ne se comportait pas comme l'homme qu'il avait l'habitude de côtoyer. Il n'était pas le professeur hargneux qui en voulait à la Terre entière et qui semblait faire payer à tous ses élèves sa propre existence. Il n'avait rien d'un professeur, en fait. Sauf quand il parlait de ses élèves qu'il ne pouvait pas abandonner. Il était davantage un médicomage qui parlait de son patient. Ce n'était pas du tout la même personne, même si c'était toujours Severus Snape. Il semblait vraiment concerné par l'état de Harry. Et Sirius sentait qu'il avait envie de s'occuper de lui. Mais qu'il ne le pouvait pas à cause de son emploi du temps de professeur. Il sentait qu'il suffisait d'un rien pour pousser Snape à essayer de trouver une solution pour qu'il puisse s'occuper de Harry. Sirius voyait bien qu'il était davantage animé par son métier de médicomage que par son métier de professeur. Il décida alors d'être franc :
- Oui, je pense que tu es le mieux placé pour t'occuper de Harry. Tu es médicomage, toi, au moins. C'est sûrement ce qu'il lui faut. Et je ne tiens pas à ce qu'il aille à Sainte-Mangouste. Il n'y a que toi qui puisse l'aider. Je sais que tu ne seras pas le même avec lui en tant que professeur qu'en tant que médicomage. Je préfère vraiment qu'il reste ici plutôt qu'il aille à l'infirmerie. Là-bas, Mme Pomfrey jonglera entre plusieurs élèves alors qu'ici, il sera le seul à être sous tes soins. Et puis à l'infirmerie, tout le monde voudra venir le voir alors qu'ici il sera plus tranquille.
Snape soupira.
- Je suis d'accord sur tous ces points. Et je suis prêt à passer autant de temps qu'il le faudra avec ton filleul pour traiter tout ce qui ne ve pas et le remettre d'aplomb. Mais ce n'est pas à moi que revient la décision. Déjà, il faut que ton filleul soit d'accord pour que je m'occupe de lui. S'il ne veut pas et qu'il préfère être entre les mains de l'infirmière, je respecterai son choix. Je vais lui demander ce qu'il en pense et j'aviserai en fonction de ce qu'il me répondra. Mais s'il veut bien rester ici et être sous mes soins aussi longtemps que nécessaire, je ne peux pas décider de me faire remplacer et trouver quelqu'un sans en parler au directeur. C'est d'ailleurs lui qui doit trouver le remplaçant.
Sirius n'avait pas pensé à ça. Mais ce n'était pas censé être un problème pour lui. Il ne voyait pas pourquoi Dumbledore refuserait de faire remplacer Snape.
- Dumbledore acceptera forcément de trouver quelqu'un pour te remplacer. C'est pour Harry, ce sera un argument suffisant pour lui.
- C'est plus compliqué que ça, Black. Je ne suis plus censé exercer. J'ai dû arrêter de travailler à Sainte-Mangouste pour me consacrer entièrement à mon métier d'enseignant quand le professeur avec qui je partageais les heures de cours a pris sa retraite. Mais Dumbledore sait très bien que si je pouvais retourner à Sainte-Mangouste, je le ferais. Et c'est ce qu'il veut éviter à tout prix. S'il me laisse m'occuper de ton filleul, il va sûrement avoir peur que mon désir de retourner travailler à Sainte-Mangouste prenne le dessus. C'est pour cela qu'il pourrait refuser de me remplacer.
- Mais pourquoi tu ne démissionnes tout simplement pas ?
- Parce que je ne peux pas. Il me tient par un moyen et je ne peux rien contre ça. À part revenir en arrière et changer le passé.
Sirius était interloqué. Il était loin de s'imaginer que Snape était en quelque sorte retenu en otage par Dumbledore. Il commençait à comprendre pourquoi Snape était aussi aigri. Il était malheureux à Poudlard et il ne pouvait pas s'en échapper. Mais ce n'était pas le sujet en cet instant-même.
- Je vois. Du coup il n'y a aucune chance pour qu'il te laisse t'occuper de Harry ?
- Je peux toujours lui demander.
- J'appuierai ta demande s'il le faut, assura Sirius. Et Remus aussi. N'est-ce pas Remus ?
Sirius se tourna vers son ami qui ne réagit pas. Il semblait en état de choc. Sirius réalisa alors qu'il ne l'avait pas entendu parler depuis un bon moment. Il était sûrement comme ça depuis le début des explications de Snape concernant l'état de Harry. Sirius s'en voulut de ne pas s'en être rendu compte plus tôt. Si lui avait été choqué avant de vite bombarder Snape de questions, ce n'était pas le cas de Remus qui était resté dans sa léthargie.
- Remus ? appela doucement Sirius.
Un bruit de casse se fit soudain entendre, faisant violemment sursauter Sirius. Cela fit également enfin réagir Remus qui sortit brusquement de son apathie. Sirius vit alors Snape faire léviter des morceaux de verre jusqu'à une poubelle.
- Je savais bien que ce vase était affreux, dit-il d'un ton ennuyé. J'aurais dû le faire plus tôt.
Sirius écarquilla les yeux.
- Attends, tu as fait exprès de le casser ?!
- Aux dernières nouvelles, les objets ne tombent pas encore tout seuls. Mais j'ai bien fait de le casser. Il était moche, il faisait tache sur mon étagère et, surtout, ça a réveillé ton ami.
Sirius comprit alors que c'était pour cette dernière raison que Snape avait volontairement cassé son vase. Il devait avouer que ça avait été efficace mais il n'imaginait pas du tout Snape avoir recours à des plans pareils. Il avait vraiment l'impression de découvrir un tout autre Severus Snape. Bien sûr, cela n'enlevait rien à tout ce qui s'était passé durant leurs sept années d'études à Poudlard mais qui sait, peut-être Snape était-il déjà malheureux à l'époque... Sirius sortit de ses pensées et se tourna vers Remus qui avait l'air un peu désorienté.
- Ça va Remus ? demanda-t-il, inquiet.
- Oui, je... je ne sais pas trop ce qui s'est passé.
- Tu semblais en état de choc, dit Sirius. Je suis désolé, je parlais avec Snape, je n'ai pas vu que tu avais du mal à te remettre de ce qu'il nous avait dit... J'étais choqué aussi au début mais plein de questions me sont venues à l'esprit et ça a pris le dessus...
- Je m'en veux, avoua Remus. J'aurais dû voir qu'il y avait un problème entre Harry et son petit-ami. J'aurais dû demander à Harry si ça se passait bien avec lui. J'aurais dû le protéger. Et au lieu de ça je n'ai rien fait.
Les reproches que Remus se faisaient serrèrent le coeur de Sirius. Il ne savait pas quoi dire à Remus pour le rassurer car lui aussi, au fond de lui, il s'en voulait. Il n'en avait pas encore complètement conscience mais il savait qu'une fois dans leurs appartements, la culpabilité allait prendre le dessus et le dévorer tout entier.
- Ne pense pas à ça pour le moment, dit-il d'une voix douce. Là on essaie de trouver un moyen pour que Dumbledore laisse Snape s'occuper de Harry. Ce qui n'est pas gagné car Dumbledore ne veut pas que Snape exerce son métier de médicomage, apparemment. Mais il faut réussir à le convaincre. Car si Snape s'occupe de Harry, il doit se faire remplacer pour ses cours. C'est pour ça qu'il doit en parler à Dumbledore. Je lui ai dit que j'appuierai sa demande de remplacement. Et que tu le feras aussi. Tu serais d'accord, n'est-ce pas ?
- Oui, bien sûr, répondit aussitôt Remus.
Il se tourna vers Snape.
- Tu veux vraiment t'occuper de Harry ?
- Oui, cela vaudra mieux pour lui. Je t'expliquerai plus tard ou Black le fera. On ne va pas refaire toute la conversation.
- Mais du coup il faut que Dumbledore te trouve un remplaçant avant lundi matin, lâcha Sirius, très peu confiant. Ça ne laisse même pas quarante-huit heures...
- Je pense que si on s'y met tous les trois, Dumbledore n'aura pas d'autre choix que de se laisser convaincre.
- Bien, va le voir en premier et tiens-nous au courant. Avant qu'on parte, est-ce qu'on peut voir Harry ? demanda Sirius, limite implorant.
- Je ne sais pas si c'est une bonne idée, hésita Snape. Cela pourrait vous faire un choc.
- J'ai besoin de le voir, insista Sirius. C'est mon filleul, je ne peux pas partir sans être allé le voir !
Snape soupira.
- D'accord, je vous y emmène. Je l'ai installé dans la seule pièce où je pouvais le mettre. Je n'allais pas le laisser sur le canapé du salon...
Snape conduisit Sirius et Remus jusqu'à une pièce relativement petite. Sirius devina que c'était censé être une sorte de débarras ou une pièce qui pouvait servir à tout car Remus et lui avaient la même. Pour l'occasion, Snape l'avait transformée en chambre de soins. Harry était installé sur un lit et semblait dormir à poings fermés. Il était un peu pâle mais Sirius savait qu'il avait dû l'être plus que ça. Mais, plus que tout, Harry semblait fragile. Sirius eut soudain envie de le prendre dans ses bras alors que les larmes lui montaient aux yeux. Il fut pris d'une violente envie de pleurer. Il n'était pas prêt à voir Harry comme ça. D'un sens, il voulait que Harry se réveille pour pouvoir lui parler, lui dire qu'il était là, qu'il l'aimait, qu'il ne le lâcherait pas, mais d'un autre sens, il voulait qu'il reste endormi le plus longtemps possible. Car tant qu'il dormait, il n'avait pas à affronter la réalité. Le réveil allait être trop dur. Sirius aurait voulu que Snape lui lance un Oubliettes pour qu'il ne se souvienne de rien. Mais ce n'était pas une solution. Tout doucement, il posa une main sur la joue de son filleul. Il était tellement innocent... Et trop jeune pour avoir déjà connu des violences de la part de son petit-ami. Sirius ne savait pas comment Harry allait pouvoir se relever de tout ça. Mais il l'aiderait, ça, c'était sûr et certain. Il posa un léger baiser sur le front de son filleul et se redressa, les yeux humides.
- On va y aller, dit-il, la voix rauque.
Remus acquiesça, embrassa à son tour Harry et les trois adultes sortirent ensemble de la pièce. Sirius se sentit affreusement mal à l'idée de laisser Harry là. Il n'aurait peut-être pas dû aller le voir. Il comprenait maintenant mieux pourquoi Snape lui avait dit que ce n'était peut-être pas une bonne idée. Celui-ci dut deviner ses pensées car il s'excusa :
- Je suis désolé, j'aurais dû t'empêcher de lui rendre visite. Je savais que ça allait être dur pour toi.
- J'ai l'impression de l'abandonner, une fois de plus...
- Non, c'est faux. Tu ne peux rien faire. Il ne sent pas ta présence. Ça ne sert à rien que tu restes là. Je te donnerai des nouvelles dès qu'il sera réveillé et que j'aurais parlé avec lui. Il vaut mieux que tu attendes plusieurs jours avant de venir le voir. Aussi bien pour lui que pour toi.
Sirius acquiesça. Même si c'était dur à accepter, il savait que c'était mieux ainsi. Il reviendrait voir Harry quand Snape estimerait que ce serait le bon moment. Si on lui avait dit un jour que la vie de Harry reposerait entre les mains de Snape, il aurait ri très fort.
- Tiens-nous vite au courant.
- Promis. Je vous raccompagne.
Sur ces mots, Snape conduisit Sirius et Remus jusqu'à la porte. Ils échangèrent quelques mots puis Sirius et Remus s'en allèrent. Ils rejoignirent leurs propres appartements quelques minutes plus tard. Sirius se contentait d'aller là où ses pieds le menaient car il avait l'impression que son cerveau était complètement déconnecté de la réalité. Une fois arrivés, tel un automate, Sirius se rendit au salon où il s'assit lourdement sur une chaise. Il entendit vaguement Remus lui dire qu'il allait faire du thé. Il resta assis, sans bouger, fixant le mur d'en face sans vraiment le voir. Remus arriva vite avec le thé chaud qu'il versa dans deux tasses. Cette fois, ce fut lui qui s'enquit de l'état de son ami :
- Ça va Sirus ?
Sirius acquiesça, incapable de dire quoi que ce soit. En plus de la culpabilité qu'il ressentait à l'idée d'avoir laissé Harry chez Snape, il commençait à ressentir celle de n'avoir rien vu, de n'avoir rien fait, de ne pas avoir su protéger le garçon dont il était responsable... Il s'en voulait d'autant plus qu'il aurait pourtant dû se douter de quelque chose. Un souvenir, entre autres, lui revint brusquement en mémoire. Ce jour où, juste après son dernier cours de la semaine avec les cinquième année, il avait entendu une dispute entre Adrian et Harry derrière la porte de sa salle de classe. Il l'avait ouverte et était tombé sur Harry qui manquait de se faire entraîner de force par Adrian il ne savait où. Il se souvenait encore de la poigne féroce d'Adrian autour du poignet de Harry. À ce moment-là, il aurait déjà dû se poser des questions. Pourquoi n'avait-il rien fait ? Pourquoi n'avait-il pas parlé à Adrian ? Pourquoi avait-il laissé Harry continuer à voir son petit-ami ? Pourquoi ? POURQUOI ? Sans qu'il ne s'en rende compte, des larmes se mirent à couler sur ses joues. Deux bras vinrent aussitôt l'entourer. Sirius posa sa tête contre le torse de Remus et se mit à sangloter. Il s'agrippa à la chemise de Remus comme à une bouée de sauvetage.
- Je suis désolé, dit-il entre ses larmes.
- Non, tu n'as pas à être désolé, répondit doucement Remus. C'est normal que tu aies besoin de te lâcher. C'est le trop-plein d'émotions. N'aie pas honte, lâche-toi.
Sirius suivit le conseil de Remus et se laissa aller. Il ne se calma qu'au bout de longues minutes, vidé et épuisé. Il se décolla de Remus et remarqua qu'il avait bien mouillé sa chemise.
- Tu n'as plus qu'à aller te changer, maintenant, réussit-il à plaisanter.
- Oh non, ça ira, renchérit Remus en souriant. Je préfère que ma chemise soit trempée et que tu te sentes un peu mieux plutôt qu'elle soit sèche et que tu gardes ton mal-être pour toi.
Les mots de Remus réchauffèrent le coeur de Sirius. Il repensa soudain à ce qu'il avait prévu de faire avant que Severus ne débarque dans leur cheminée. Une demie-heure plus tôt, il voulait aller voir Dumbledore pour lui demander s'il pouvait lui trouver d'autres appartements. À ce moment-là, ses problèmes relationnels avec Remus étaient la première de ses priorités. Maintenant, cela lui semblait bien futile. Ça n'avait plus aucune importance comparé à ce qui venait de lui tomber dessus. Quoi qu'il en soit, il n'avait plus du tout envie de s'en aller. Il ne supporterait pas d'être seul. Il avait besoin de se raccrocher à quelqu'un. Et ce quelqu'un, c'était Remus. Il leva timidement la tête vers lui.
- Remus, ça te dérange si je reste ici, tout compte fait ? J'ai peur de me retrouver tout seul.
- Tu n'as pas besoin de me le demander, voyons. Tu es autant chez toi ici que je le suis.
- Oui mais j'avais prévu de partir...
- Et moi je t'ai toujours dit que c'était une mauvaise idée.
Sirius ne put s'empêcher de sourire.
- Du coup t'es content, tu as gagné.
- Pour une fois, oui, rit Remus. J'aurais préféré que tu décides de rester dans d'autres circonstances mais je suis vraiment soulagé que tu ne veuilles plus t'en aller. De toute façon, j'aurais été inquiet de te savoir seul. Et puis pour être tout à fait honnête, je ne voulais pas non plus me retrouver seul. J'ai autant besoin de toi que tu as besoin de moi.
Sirius acquiesça et entrelaça ses doigts avec ceux de Remus.
- On va traverser cette épreuve ensemble. On va soutenir Harry ensemble. On va l'aider ensemble. On sera là pour lui ensemble.
Remus hocha lentement la tête. Ils restèrent un moment sans parler, sans bouger, leurs doigts toujours entrelacés. Ils finirent cependant par se rendre compte que l'heure tournait et qu'il fallait manger. Même s'il n'avait pas faim, Remus devait assumer son devoir de directeur de maison en allant déjeuner dans la Grande Salle. Et Sirius tenait à l'accompagner. Ils s'y rendirent donc ensemble et tentèrent de faire comme si de rien n'était. Pour l'instant, personne ne savait ce qui s'était passé. Mais les élèves se poseraient bientôt des questions, surtout les cinquième année qui constateraient vite l'absence de Harry en cours. Sirius préféra ne pas y penser pour le moment. Il restait environ trente heures de tranquillité, alors autant en profiter.
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Une heure plus tard, POV Ron
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Il avait disjoncté. Et maintenant il s'en voulait. En fait, il ne savait pas ce qui s'était passé. Lorsqu'il s'était levé, il avait vu que les rideaux de Harry étaient encore fermés. Cela l'avait étonné car Harry était censé avoir passé la nuit dans le dortoir de son petit-ami. Intrigué et voulant s'assurer que tout allait bien, il avait ouvert les rideaux et ce qu'il avait vu l'avait choqué. Harry était allongé sur son lit, aussi pâle qu'un Inferi. Mais surtout, à côté de lui, il y avait quelqu'un qui n'était pas censé être là. Nott. Il était en de bons termes avec lui depuis que Harry et le Serpentard étaient devenus amis mais il n'avait pas réfléchi lorsqu'il avait vu Nott auprès de son meilleur ami qui semblait inconscient et il avait cru que le Serpentard était responsable de l'état de Harry. Il avait d'abord demandé à Nott ce qu'il avait fait à Harry puis il s'était jeté sur lui et lui avait mis un coup de poing dans la figure. Il lui en aurait certainement donné d'autres si Seamus et Neville n'étaient pas venus le ceinturer. Alors qu'il tentait de se débattre, Snape était arrivé avec Malfoy. Ron avait alors été renvoyé de son propre dortoir par Snape avec Seamus et Neville. Ils étaient descendus à leur salle commune et avaient attendu. Quelques minutes plus tard, Snape était descendu lui aussi et avait traversé la salle commune avec un tas de couvertures dans les bras, suivi par Malfoy et Nott. Ron avait évidemment deviné que ce tas de couvertures cachait en réalité son meilleur ami. Cela l'avait anéanti. Pourquoi Snape l'emmenait-il ? Où l'emmenait-il ? Qu'allait-il lui faire ? Que se passait-il donc, nom d'un hippogriffe ?! Dire qu'il était inquiet était un pur euphémisme. Il n'était même pas allé déjeuner. Il restait dans la salle commune à patienter, comme s'il s'attendait à voir débarquer Harry à tout moment. Il était donc toujours à la même place, à savoir avachi dans un fauteuil, quand Hermione vint le rejoindre.
- Tu es toujours là ? s'étonna-t-elle.
- Comme tu vois...
- Mais tu as raté le déjeuner...
- Je n'avais pas faim.
Hermione le fixa avec un air inquiet.
- Ron, ne me dis pas que tu es resté toute la matinée dans ce fauteuil ? Déjà, à neuf heures et demie, quand je suis revenue du petit-déjeuner pour prendre mon sac avant d'aller à ma séance de travail avec Terry, tu étais déjà là. Je suis directement allée déjeuner après ma séance, je reviens et je te vois toujours au même endroit.
- Je n'avais rien d'autre à faire.
Cela ne sembla pas rassurer Hermione.
- Ron, dis-moi ce qui ne va pas.
- Il y a rien, protesta Ron.
- Arrête, ça ne te ressemble pas de rester toute une matinée avachi dans un fauteuil et ça te ressemble encore moins de ne pas aller manger. Je ne sais pas ce qu'i Gryffondor aujourd'hui mais vous êtes tous bizarres ! Seamus et Neville faisaient une drôle de tête, Dean semblait perplexe et je n'ai pas vu Harry venir déjeuner.
Le doute envahit soudain le regard de Hermione.
- Attends, tout ça ne serait pas lié, par hasard ? Il s'est passé quelque chose ce matin dans le dortoir ?
- Hermione, arrête de lire des bouquins, ça te monte à la tête...
- Mais bon sang arrête de me prendre pour une idiote et dis-moi la vérité !
Ron baissa les yeux face à l'éclat de voix de son amie.
- Je ne sais pas grand-chose... commença-t-il.
- Tu en sais toujours plus que moi à l'heure actuelle. Moi je ne suis au courant de rien. Dis-moi tout ce que tu sais.
Ron capitula et raconta à Hermione ce qui s'était passé. Il se sentait tellement coupable vis-à-vis de Nott qu'il avoua également à Hermione ce qu'il avait fait au Serpentard. Mais il insista surtout sur l'état de Harry et la peur que ça lui inspirait. À la fin de son récit, Hermione semblait aussi inquiète que lui. Elle tenta cependant de relativiser :
- Au moins il a été pris en main par le professeur Snape...
- Tu trouves ça rassurant, toi ? ironisa Ron.
- Il est médicomage, expliqua Hermione. Il est le plus à même de s'occuper de Harry. Une fois, j'ai dû aller le voir car j'étais en pleine crise de nerfs. Enfin, c'est Malfoy qui m'a obligée à aller le voir. Ça s'était passé durant une de nos rondes et j'étais tellement en train de partir en vrille qu'il a dû finir la ronde sans moi pendant que j'étais avec Snape. Il m'a fait dire ce qui n'allait pas alors que j'étais franchement réticente à l'idée de parler et il m'a donné de quoi me calmer. C'est-à-dire une potion relaxante qui s'est révélée très efficace. Il m'a également donné des conseils pour que ce genre de crise ne se reproduise pas. Il a vraiment été très professionnel. Il est bien plus agréable en tant que médicomage qu'en tant que professeur. Donc tu n'as vraiment pas à t'en faire pour Harry. Il est entre de bonnes mains.
Ron acquiesça, un peu rassuré. Il restait cependant inquiet.
- Ça ne nous dit pas ce qui est arrivé à Harry.
- Malfoy et Théo le savent peut-être, eux. On pourrait aller les voir.
- Tu sais où ils sont, toi ?
- Non mais je dirais qu'ils sont dans leur salle commune.
- Et on y accède comment sans mot de passe ?
- Ta soeur doit le connaître. Je vais aller la voir.
- Je viens avec toi.
Ron se leva et rejoignit Ginny avec Hermione.
- Salut Ginny, dit Hermione. Dis-moi, est-ce que tu connaîtrais le mot de passe de la salle commune de Serpentard ?
- Pourquoi ? demanda Ginny en fronçant les sourcils.
- On a besoin d'aller voir deux Serpentard et on pense qu'ils sont dans leur salle commune.
- Oh... J'imagine que vous ne pouvez pas me dire pourquoi vous voulez aller les voir ? C'est encore une histoire de préfets ?
- Euh... entre autres, oui, éluda Hermione, mal à l'aise.
- Le mot de passe est «noblesse».
- Merci, Ginny.
Ron remercia également sa soeur et sortit avec Hermione de leur salle commune. Ils se rendirent à celle des Serpentard, prononcèrent le mot de passe et entrèrent. Hermione fut la première à repérer Malfoy et Nott et entraîna Ron à sa suite. Une fois devant les deux Serpentard, Ron se retrouva un peu gêné. La joue de Nott avait été soignée mais il arborait tout de même un bel hématome. Son regard fut sans expression lorsqu'il vit Ron et Hermione arriver. Malfoy, lui, en revanche, parut à la fois surpris et irrité.
- Qu'est-ce que vous faites là ? demanda-t-il d'une voix un peu agressive.
- Nous venons vous voir au sujet de Harry. Mais d'abord, Ron a quelque chose à dire à Théo.
Ron fut encore plus gêné en comprenant que Hermione voulait qu'il s'excuse face à Nott. Elle avait raison, c'était la moindre des choses qu'il pouvait faire.
- Je suis désolé de t'avoir donné ce coup de poing ce matin, dit-il à Nott. Je n'ai pas réfléchi, j'ai fait n'importe quoi. Je sais pourtant que Harry t'apprécie beaucoup, que c'est sûrement réciproque mais j'ai pourtant cru que tu l'avais agressé ou quelque chose comme ça...
- Je ne t'en veux pas. J'ai surtout eu peur pour Harry, à vrai dire. C'est pour ça que je ne me suis pas défendu. J'ai eu peur qu'en sortant ma baguette, tu ripostes, que Harry se prenne un sort perdu et que ça aggrave son état...
Ron s'en voulut encore plus d'avoir agressé Nott en entendant ces mots. Il s'était vraiment trompé sur toute la ligne et s'était comporté comme un idiot.
- Tu es adorable, Théo, dit Hermione. Ron m'a dit que vous avez suivi le professeur Snape quand il emporté Harry avec lui. Est-ce que vous savez ce qui s'est passé ?
Malfoy et Nott se regardèrent, l'air hésitants.
- Nous savons une partie de l'histoire seulement, déclara Nott. On sait ce qui a mis Harry dans cet état mais nous ne connaissons pas le contexte.
- Nous voulons surtout savoir ce qu'il a. Nous sommes très inquiets.
- Il a pris au moins cinq potions de sommeil sans rêves d'un coup, annonça Malfoy. C'est déjà un truc à ne pas faire en temps normal mais là, en plus, ces potions avaient tourné.
- Comment ça ? s'intrigua Ron.
- Ces potions doivent être mises sous sort conservateur aussitôt après avoir été fabriquées, expliqua Nott. Il semble que ça n'ait pas été le cas des potions qu'a ingurgitées Harry. Ou alors elles étaient trop vieilles. Mais ce serait plutôt la première option.
- Mais pourquoi en a-t-il bu autant d'un coup ? Et comment ça se fait qu'il avait ce genre de potions sur lui ? Comment a-t-il pu se les procurer ?
- Ce sont les questions qu'on se pose, le professeur Snape, Théo et moi, avoua Malfoy. Et on n'a pas encore de réponses. Enfin on pense avoir un élément de réponse mais nous ne sommes sûrs de rien...
- Dites toujours, insista Hermione.
- Ce serait trop long à vous expliquer comme ça mais avant d'aller voir Harry dans son dortoir, Théo et moi sommes allés à celui de Pucey avec qui il était censé avoir passé la nuit. On l'a découvert par terre, inconscient et blessé à la tête. Apparemment, Harry serait sorti en catastrophe du dortoir et de la salle commune. Il a dû aussitôt aller se réfugier dans son propre dortoir et il a dû boire très vite ses cinq potions de sommeil sans rêves.
Ron fut autant choqué que Hermione par les explications de Malfoy.
- Il se serait passé quelque chose avec Adrian qui aurait poussé à Harry à avaler toutes ces potions ? demanda Hermione d'une voix blanche.
- C'est ce que nous pensons, oui, dit prudemment Nott.
- Mais... Harry n'aurait quand-même pas voulu...
- Nous n'en savons rien, coupa Malfoy.
- Mais ça m'étonnerait beaucoup, ajouta Nott. Cinq fioles ce n'est pas suffisant.
- C'est clair, surtout si...
Malfoy s'interrompit brusquement, comme s'il regrettait d'avoir commencé sa phrase.
- Surtout si quoi ? le pressa Ron.
Nott adressa un regard un peu accusateur à Malfoy. Ce dernier l'ignora et répondit :
- Il se peut que ce ne soit pas la première fois que Harry prenait des potions de sommeil sans rêves. Cela expliquerait pourquoi il était aussi fatigué depuis un moment. Il était sûrement déjà accro et les potions ne faisaient plus effet. Enfin, elles le faisaient toujours dormir mais son sommeil n'était plus aussi récupérateur qu'avant. Elles l'empêchaient toujours de faire des rêves et des cauchemars mais l'inconscient de Harry devait sûrement travailler pendant qu'il dormait, ce qui ne lui permettait pas de se reposer.
Hermione dut se sentir mal car Nott l'aida à s'asseoir sur le fauteuil le plus proche.
- Mais pourquoi on ne s'est aperçus de rien ? souffla-t-elle.
- Nous ne sommes sûrs de rien, ce ne sont que des suppositions, rappela Nott. Mais si Harry prend bel et bien ces potions depuis un moment, il l'a caché à tout le monde. C'est donc normal que nous n'ayons rien vu.
- Mais pourquoi nous l'aurait-il caché ?
- Sûrement parce qu'il n'est pas censé en prendre, suggéra Nott. Il ne voulait donc pas que ça se sache.
- C'est plausible, reconnut Hermione. Mais il n'y a pas de vendeur de potions de sommeil sans rêves à Poudlard...
- Il s'en procure peut-être ailleurs, hasarda Ron.
- Ou alors il les fabrique lui-même, supposa Nott.
Tous les regards se tournèrent vers lui.
- Harry n'est pas assez doué en potions pour ça, lâcha Ron.
- Si tu le dis, répliqua Nott en haussant les épaules.
- Non mais Théo, on parle de Harry, rappela Malfoy. D'accord, il a fait des progrès depuis la rentrée mais la potion de sommeil sans rêves est une potion relativement compliquée à préparer. Enfin, c'est surtout la concentration extrême qu'elle demande qui la rend compliquée. Et c'est justement parce que Harry avait du mal à se concentrer qu'il ne réussissait pas ses potions durant ses quatre premières années.
- Oui mais il s'est entraîné durant l'été, objecta Nott. C'est sûrement sur ça qu'il a travaillé. Sur sa concentration. Enfin, je dis ça, mais je n'en sais rien. Encore une fois, ce ne sont que des suppositions.
- Tout ça, ce sera au professeur Snape de le découvrir, de toute façon, trancha Malfoy.
- Moi, ce que j'aimerais surtout savoir, c'est ce qui s'est passé entre Adrian et Harry, s'interrogea Ron. Ils se sont disputés ? Bagarrés ?
- Harry ne portait pas de traces de coups, songea Malfoy.
- Mais Adrian, lui, était blessé à la tête, d'après ce que vous nous avez dit, rapporta Hermione.
- Vous voyez vraiment Harry et Adrian se battre ? demanda Nott, incrédule.
- Tu as d'autres hypothèses, peut-être ? s'agaça Ron.
Nott se renfrogna et ne répondit pas. Ron intercepta le regard courroucé que Hermione lui adressa. Il préféra reporter son attention sur Malfoy. Une pensée sembla alors lui traverser l'esprit.
- Théo, tu m'as bien dit que Pucey était sûrement nu sous les draps dans lesquels il s'était emmêlé ?
- Oui, c'est fort probable. Il n'était pas entièrement recouvert et ce que j'ai pu voir me laissait penser qu'il ne portait rien. Après je n'ai pas regardé en détails, hein. J'ai même plutôt préféré vite regarder ailleurs. Mais pourquoi me demandes-tu ça ?
Malfoy baissa le regard, l'air gêné.
- Draco... gronda Nott.
- Je me demande si... non, rien, je ne veux même pas me l'imaginer.
- Attends, tu ne penses quand-même pas qu'Adrian aurait voulu forcer Harry ? douta Hermione.
- Au vu de la situation, ça se pourrait. Ça expliquerait pas mal de choses. Il aurait pu être traumatisé, avoir voulu oublier et c'est pour ça qu'il aurait pris ces cinq potions. Pour dormir toute la journée. Je sais qu'il ne le fera jamais mais si mon petit-ami cherchait à me forcer et qu'il allait trop loin, ce serait sûrement comme ça que je réagirais.
- C'est sûr que... attends, qu'est-ce que tu viens de dire ?!
Malfoy sembla soudain hyper gêné.
- C'est une hypothèse, je n'ai pas dit que j'avais un petit-ami, essaya-t-il de se rattraper.
- Non, tu as dit «je sais qu'il ne le fera jamais». Tu ne peux pas dire ça sans parler de personne en particulier. Ça implique que tu as forcément quelqu'un.
- Pas du tout, je voulais juste dire par-là que si j'avais un petit-ami, je lui dirais direct qu'il est hors de question qu'il me force et je serais tellement convaincant qu'il n'essaiera jamais de me forcer !
- Tu t'enfonces, Malfoy, grimaça Ron. Mais tu peux nous le dire si tu es gay. On ne te jugera pas. Et on ne dira rien à personne. On s'en fiche de l'orientation de nos camarades. Ils ont autant le droit d'être attirés par le même sexe que par le sexe opposé. Il ne devrait pas y avoir de normes à ce sujet.
Malfoy parut surpris par les mots de Ron mais également touché.
- Merci, Weasley, dit-il d'un ton sincère. Je ne pensais pas vous l'annoncer comme ça mais c'est vrai, je suis gay. Mais je ne veux pas que ça se sache pour le moment. Ça fait peu de temps que je le sais et je ne suis pas prêt à assumer.
- On gardera le secret, c'est promis, assura Hermione. Sinon, pour en revenir à Harry, ça ne sert à rien d'essayer de deviner ce qui s'est passé avec Adrian. Il vaut mieux penser à autre chose sinon on va se faire des films.
- Des films ? répéta Malfoy, les sourcils froncés.
- C'est quoi ? renchérit Ron.
- Pardon, j'oubliais que j'étais avec trois Sang-Pur, s'amusa Hermione. C'est un mot moldu. Ce serait compliqué de vous donner une définition simple puisque dans tous les cas, je devrais utiliser des d'autres mots moldus que je devrais aussi vous expliquer... On en parlera plus tard. Je ne vais pas vous ennuyer avec ça maintenant.
- Si, au contraire, rétorqua Malfoy, l'air soudain très intéressé. Nous avons besoin de penser à autre chose et apprendre des mots moldus est une excellente idée pour ça. On ne va sûrement rien comprendre mais au moins on va essayer et ça va nous occuper l'esprit.
Hermione sembla très surprise mais également ravie. Ron et Nott acceptèrent eux aussi de subir une séance d'apprentissage de mots moldus. Rien de tout cela n'était prévu mais Malfoy avait raison : ils avaient besoin de se changer les idées. Ron et Hermione oublièrent complètement qu'ils se trouvaient dans la salle commune de Serpentard et passèrent le reste de l'après-midi avec Malfoy et Nott. Bien sûr, Harry n'était jamais bien loin dans leurs pensées mais ils réussirent à s'occuper l'esprit et Ron dut avouer que la compagnie des deux Serpentard était plutôt agréable. Il n'aurait jamais cru qu'un jour, leur amitié pour Harry les rapprocherait mais il se dit que c'était peut-être pour le mieux.
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Début de soirée, POV Severus
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Severus sentait que son week-end allait être long. Il allait passer la nuit à surveiller Potter et il devait parler à plusieurs personnes. Il ne savait pas encore comment il allait faire pour parler à Pucey à l'infirmerie alors qu'il devait rester près de Potter. Il allait devoir demander à quelqu'un de prendre sa place auprès de son patient. Il profiterait probablement d'être sûr que Potter dorme un moment pour se rendre à l'infirmerie. Ainsi, la personne à qui il demanderait de le surveiller n'aurait rien à faire. Ce serait vraiment seulement pour ne pas laisser Potter sans surveillance que Severus ferait appel à quelqu'un. Il demanderait certainement à Black ou à Lupin, même s'ils n'étaient pas censés revenir voir le Gryffondor si tôt. C'était juste le temps d'une heure environ. En tant que directeur de maison, Severus devait interroger Pucey sur sa version des faits concernant ce qui s'était passé avec Potter.
Même s'il avait prévu de s'occuper de Potter et de se faire donc remplacer, Severus était en train de préparer le devoir sur table des septième année tout en surveillant son patient. Il était vingt heures, il pouvait se réveiller à tout moment. Mieux valait que Severus soit là. Alors qu'il cherchait un sort qui pourrait faire l'objet d'un exercice de réflexion, il vit Potter bouger du coin de l'oeil. Il le scruta alors plus attentivement. Potter papillonna bientôt des yeux. Lorsqu'il les ouvrit, il sembla évidemment se demander où il était. Puis son regard se posa sur Severus et il sursauta. Il voulut se redresser mais Severus l'en empêcha.
- Non, restez allongé, vous êtes fragile.
- Mais qu'est-ce que je fais ici ? Je suis où, d'abord ?
- Vous êtes dans mes appartements.
Potter regarda Severus sans comprendre. Il grimaça et ferma les yeux avant de les rouvrir. Le doute se lut alors dans son regard.
- Je ne me sens pas bien, dit-il d'une voix faible. Vous m'avez drogué ?
- Bien sûr que non, répondit calmement Severus. Vous avez mal quelque part ?
- À la tête et au ventre. Mais pourquoi je me réveille chez vous ? Pourquoi je ne suis pas dans mon dortoir ? Quelle heure est-il ?
- L'heure d'aller dîner.
Potter écarquilla les yeux avant qu'une grimace ne déforme de nouveau son visage. Sans prévenir, il roula sur le côté et vomit par terre. Severus regretta d'avoir parlé de dîner. Mais si ça n'avait pas été ça, ça aurait été autre chose. Potter allait être malade pendant plusieurs jours à cause des potions qu'il avait ingurgitées. Severus s'y était attendu mais il ne pensait pas que le simple mot «dîner» rendrait fragile l'estomac de Potter. Ce n'était pas ce soir-là qu'il allait manger, visiblement. Une fois avoir vidé le peu de choses que contenait son estomac, Potter se rallongea sur le dos. Son visage se crispa dans le mouvement. Il tourna la tête vers Severus.
- Pourquoi est-ce que je suis comme ça ? Pourquoi j'ai l'estomac en vrac ? Pourquoi j'ai du mal à me retourner ? Qu'est-ce que j'ai, bon sang ?!
- Vous ne vous souvenez de rien ?
Potter fronça légèrement les sourcils. Au vu de son air concentré, il devait chercher dans sa mémoire des réponses à ses questions. Des souvenirs semblèrent alors remonter à la surface. Potter se redressa brusquement, faisant fi de la douleur qu'il dut ressentir et regarda autour de lui, l'air effrayé. Devinant ce qu'il cherchait, Severus s'empressa de le rassurer :
- Il n'est pas là, ne vous en faîtes pas. À l'heure qu'il est, il doit être à l'infirmerie.
Potter braqua de nouveau son regard sur Severus.
- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a ? s'affola-t-il.
- Il était inconscient et blessé à la tête quand il a été découvert. Deux ou trois de ses camarades de dortoir se sont occupés de lui tandis que deux autres élèves sont allés vous chercher.
- Qui ça ?
- M. Malfoy et M. Nott.
Le visage de M. Potter se décomposa. Devinant une fois de plus ses craintes, Severus l'apaisa :
- Ils ne savent pas ce qui vous est arrivé. Il y a des informations que je ne leur ai pas dévoilées.
- Parce que vous, vous savez ? accusa presque Potter.
- J'ai été obligé de lancer un sort de diagnostic pour savoir la raison précise de votre état. Il a révélé une intoxication ainsi que de légères lésions intimes. J'ai fait le nécessaire mais vous allez quand-même être malade durant plusieurs jours, le temps que votre organisme élimine le poison que vous avez ingéré. Vous allez également être gêné par de petites douleurs intimes. C'est pour cela que je voulais vous empêcher de vous asseoir brusquement. Il n'y a rien de grave mais c'est tout de même très irrité et vous risquez d'avoir de petits saignements. Bien sûr, des soins quotidiens pendant trois ou quatre jours accéléreraient le processus de guérison mais je ne peux pas vous les imposer si vous ne voulez pas de ces soins. Tout comme je ne peux pas vous obliger à prendre des potions contre les nausées, les maux de tête et les maux de ventre. C'est vous qui voyez.
- Rien que le mot «dîner» me fait vomir, comment voulez-vous que je réussisse à boire ces potions ?
- Il faut que vous passiez outre cette sensation de rejet. Ensuite vous verrez que ça ira beaucoup mieux.
Potter se laissa retomber sur l'oreiller et ferma les yeux. La fatigue commençait sûrement à se faire sentir, ce qui était tout à fait normal. Il rouvrit les yeux quelques minutes plus tard.
- Je veux bien essayer de prendre les potions. Mais juste ça. Pour ce qui est du reste, je préfère avoir mal plutôt qu'on me touche à cet endroit-là.
- Bien, comme vous voulez. Est-ce que vous souhaitez me parler de ce qui s'est passé ?
- Vous avez déjà sûrement compris, non ? Je ne me suis pas fait ça tout seul.
- Oui mais je dois l'entendre de votre propre bouche. Est-ce M. Pucey qui vous a fait cela ?
Les yeux de Potter se remplirent de larmes.
- Je ne veux pas qu'il soit puni pour ça... C'est de ma faute, si j'avais compris plus tôt... J'en aurais parlé et... rien de tout cela ne serait arrivé...
- De quoi parlez-vous ? s'étonna Severus.
- Adrian n'était pas dans son état normal. Il... il avait pris de la drogue. Je ne sais pas quelle potion précisément mais il avait les pupilles dilatées et ses yeux étaient légèrement injectés de sang. Je ne m'en suis pas rendu compte plus tôt parce que... parce que j'étais sur le ventre mais... si j'avais vu ça plus tôt je lui aurais fait la remarque et... ça l'aurait peut-être arrêté ou... ou alors il m'aurait frappé pour avoir dit n'importe quoi ou... je ne sais pas, il aurait pu avoir d'autres réactions, il pouvait être tellement imprévisible...
Severus resta un moment choqué par les propos de Potter. Certes, ils n'étaient pas très clairs, Potter s'embrouillait dans ce qu'il disait, ce qui était parfaitement normal, mais Severus avait compris le principal. Pucey se droguait. Cela expliquait tout. Severus saisissait mieux maintenant comment un élève aussi doux pouvait devenir aussi violent une fois seul avec son petit-ami... Et cela expliquait aussi pourquoi les notes de Pucey avaient baissé. Severus s'en voulut de ne s'être rendu compte de rien. Mais ce n'était pas le moment de se flageller. Il devait rassurer Potter et s'organiser pour aller voir Pucey à l'infirmerie le lendemain.
- M. Potter, vous n'êtes responsable de rien. Vous êtes une victime, dans cette histoire. Personne n'a deviné que votre petit-ami se droguait...
- Mais moi j'étais avec lui dans l'intimité ! cria Potter. J'aurais dû m'apercevoir de quelque chose ! Surtout que j'ai eu plus d'une fois des raisons de croire qu'il se droguait ! Mais il prenait toujours les devants, il me racontait des mensonges et moi j'y croyais comme un idiot ! Je gobais tout ce qu'il me disait, sans me poser de questions ! J'ai refusé de voir la vérité alors qu'elle me crevait les yeux ! J'ai bien cherché ce qui m'est arrivé, en fait ! Si je n'avais pas été aussi bête, j'aurais compris qu'il se droguait, j'en aurais parlé à Ron et à Hermione qui en auraient eux-mêmes parlé à un professeur ! Mais au lieu de ça, je me suis éloigné de tout le monde, je restais sous la coupe d'Adrian, il n'y avait que lui qui comptait alors qu'il me faisait du mal, et... et...
Potter se mit à suffoquer, ce qui l'empêcha de terminer sa phrase. Il était en proie à une véritable crise d'angoisse, de panique, de nerfs ou d'autre chose mais il fallait vite le calmer et ce fut ce que fit Severus. Il força Potter à s'allonger, prit une seringue dans sa mallette et injecta à son patient un sédatif mêlé à un produit calmant. Le mélange fit aussitôt effet. Potter s'endormit et plongea dans un sommeil plus récupérateur que celui dans lequel il avait été durant toute la journée. Il allait sûrement dormir une dizaine d'heures et lorsqu'il se réveillerait le lendemain matin, il serait beaucoup plus calme et il y verrait beaucoup plus clair. Severus pourrait alors avoir une discussion plus apaisée avec lui. En tout cas, une chose était sûre : il n'était pas sorti de l'auberge avec lui. Il allait devoir beaucoup, beaucoup, beaucoup discuter avec le Gryffondor. Car Potter avait besoin d'une vraie thérapie. Et Severus était prêt à l'accompagner aussi longtemps que nécessaire. Il allait tout de même demander à Potter s'il était d'accord pour que ce soit lui qui s'occupe de lui mais aussi bizarre que cela puisse paraître, il était plutôt confiant. Depuis son réveil, Potter ne l'avait pas vu une seule fois comme son professeur de potions mais bel et bien comme un médicomage. Et ça, c'était très engageant pour la suite. De toute façon, Potter sentait bien qu'il avait besoin de se confier. Là, pour le coup, c'était venu tout seul car son état un peu instable le poussait à avoir des réactions qu'il ne contrôlait pas mais il ne semblait pas réticent à l'idée de parler. Il n'avait pas hésité une seule seconde à dire que son petit-ami se droguait. Il avait explicitement avoué que Pucey lui faisait du mal, qu'il était sous sa coupe et qu'il l'empêchait de voir ses proches et ses amis. En fait, Potter semblait cacher beaucoup plus de choses que Severus ne le pensait et cela commençait à faire tellement trop qu'il ne pouvait plus garder tout cela pour lui. Cela allait grandement l'aider à se confier. Mais ils verraient tout cela le lendemain. Pour l'heure, Potter allait passer une bonne nuit de repos. Severus allait le surveiller et le lendemain, il aurait une discussion avec lui puis il irait voir Dumbledore et Pucey. Cette journée s'annonçait bien remplie. Mais Severus était prêt à y faire face. Ce n'était pas une nuit sans sommeil qui allait lui faire peur. Il allait se shooter au café tout en espérant que cela ne l'énerverait pas suffisamment pour mettre son poing dans la figure de Dumbledore si celui-ci l'asticotait un peu trop durant leur discussion...
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Après une longue nuit sans dormir, Severus se sentait plutôt en forme. Ses dix tasses de café avaient fait effet et l'avaient maintenu éveillé. Il prit un petit-déjeuner vitaminé mais assez léger et en prépara un pour son patient même s'il craignait que celui-ci ne soit pas encore prêt à manger. Il le fallait, pourtant. Severus ne connaissait pas le poids actuel de Potter mais il avait assurément perdu plusieurs kilos depuis la rentrée. Déjà qu'il n'était pas bien épais avant... Bon, il n'était pas rendu au stade d'un certain Serpentard dont s'occupait également Severus mais s'ils avaient décidé de faire ensemble le concours de celui qui obtiendrait le poids le plus désespérant, ce n'était franchement pas une bonne idée. Quoi qu'il en soit, Potter devait se remplumer. Une fois avoir terminé de manger, Severus retourna surveiller son patient. Celui-ci se réveilla quelques minutes plus tard. Il sembla tout aussi désorienté que la veille. Mais cette fois, il savait où il était.
- Bonjour, M. Potter, dit Severus. Comment vous sentez-vous ?
- Cotonneux et engourdi.
- C'est parce que vous êtes alité depuis vingt-quatre heures et que je vous ai mis sous sédatifs hier soir.
- Oh, c'est pour ça que je ne me souviens pas de m'être endormi... J'étais si agité que ça ?
- Oui, je n'aurais pas pu vous calmer autrement et en plus vous aviez besoin de repos. Et vous allez encore en avoir besoin.
- Je ne suis donc pas près de sortir d'ici ? devina Potter d'une voix faible, l'air résigné.
- C'est un peu ça, oui. C'est justement quelque chose dont nous devons parler ensemble. Je sais que vous venez de vous réveiller et que vous n'êtes patraque mais comme je viens de vous le dire, vous avez encore besoin de repos. Durant les cinq jours qui vont suivre, vous allez alterner phases d'éveil et phases de sommeil. Je vais donc profiter de vos phases d'éveil pour avoir des petites discussions avec vous. Vous allez également en profiter vous-même pour vous lever, marcher et vous laver afin de ne pas vous ankyloser les bras et les jambes. Vous commencerez à vous lever dans la journée.
Potter sembla un peu dépassé avant de protester :
- Mais je ne vais pas rester une semaine ici ? Vous avez vos cours à assurer, vous n'allez pas pouvoir me surveiller...
- Comme je vous le disais, nous devons justement parler de cela. Je vais être direct : je préfère que ce soit moi qui m'occupe de vous plutôt que Mme Pomfrey. Elle est très compétente, c'est sûrement la meilleure infirmière que puisse avoir Poudlard mais c'est un médicomage qu'il vous faut. Et il se trouve que j'en suis un, comme vous le savez déjà. Après, si vous préférez être sous les soins de l'infirmière, je le comprendrais parfaitement et je respecterais votre choix. C'est vous qui décidez. Mais ne vous préoccupez pas de moi, je peux très bien me faire remplacer et c'est ce que j'ai déjà prévu de faire si vous décidez de rester ici. Alors, qu'en pensez-vous ?
M. Potter mit plusieurs secondes à répondre, l'air un peu hébété.
- Euh... je n'en sais rien, vous me prenez un peu de court... Mais je crois que je ne serais pas très à l'aise à l'idée d'être à l'infirmerie. Cela supposerait que Mme Pomfrey sache ce qui m'est arrivé et je n'en ai pas très envie. Je veux qu'il y ait le moins de personnes possibles au courant.
- Je m'en doutais et c'est entre autres pour cela que j'ai pensé que vous préféreriez peut-être rester ici. Je dois cependant être honnête avec vous : j'en ai parlé à votre parrain et à votre directeur de maison.
Severus vit l'abattement dans le regard de Potter.
- Sirius et Remus savent ? demanda-t-il d'une voix brisée.
- Je ne pouvais pas le leur cacher, se justifia Severus. Ils sont tous deux responsables de vous à leur manière. Vous n'avez pas à avoir honte, M. Potter. Je vous le répète : vous êtes une victime. Vous n'avez rien demandé. Black et Lupin ne vous regarderont pas avec pitié à cause de cela, si c'est de cela dont vous avez peur. Vous ne les dégoûterez pas non plus. Vous êtes toujours le même à leurs yeux. Tout ce qu'ils veulent, c'est être près de vous et vous aider. Ils vous aiment toujours autant. Vous allez devoir compter sur eux et sur vos amis. Même si ces derniers ne savent pas tout ce qui s'est passé, ils ont deviné que vous aviez des problèmes avec votre petit-ami.
- Je sais, Théo m'en a parlé, murmura Potter. La veille, il avait réussi à me faire réaliser qu'il y avait un problème dans mon couple... qu'Adrian ne me traitait pas très bien... qu'il exerçait une trop forte pression sur moi... qu'il m'éloignait de mes proches et de mes amis... J'avais compris à ce moment-là que tout ça c'était à cause des potions que prenait Adrian... Mais je ne savais pas encore que c'était de la drogue... J'en ai parlé à Adrian le soir-même, je lui ai conseillé d'aller vous voir pour que vous lui donniez des potions pour contrer les effets secondaires de son traitement contre son allergie... Il m'avait dit qu'il le ferait, mais en réalité il n'a jamais eu l'intention de le faire... Puisqu'il n'y a jamais eu d'allergie, de traitement et d'effets secondaires... Je lui aurais demandé d'arrêter de prendre ces potions, il m'aurait dit qu'il le ferait... Il était déjà sûrement drogué à ce moment-là... Il disait amen à tout ce que je lui disais mais ça rentrait par une oreille et ça ressortait de l'autre... Mais pourquoi ne me suis-je rendu compte de rien ?!
Potter enfouit sa tête dans l'oreiller alors que ses épaules étaient secouées de sanglots. La détresse visible du garçon serra le coeur de Severus. Potter commençait à réaliser les choses, c'était un passage douloureux mais nécessaire. Les jours suivants allaient être difficiles mais Severus savait que cela finirait par s'arranger. Il laissa Potter pleurer jusqu'à ce qu'il se calme.
- J'ai peur de le revoir et qu'il s'en prenne de nouveau à moi, avoua-t-il.
- Cela n'arrivera pas, promit Severus. Je vais aller le voir dans la journée, je vais parler avec lui, je vais essayer de savoir depuis combien de temps il se drogue mais peu importe ce qu'il dira, je vais prendre contact avec Sainte-Mangouste pour qu'ils lui trouvent une place. Il va être sevré là-bas. Pour en être arrivé là, c'est qu'il doit déjà être très accro. Il ne peut pas rester ici. Pas après ce qu'il vous a fait et dans l'état dans lequel il était. J'ai d'ailleurs besoin de savoir quelques petites choses avant d'aller le voir. Mais je comprendrais si vous refusiez de répondre à mes questions.
- Je sais que je vais avoir plein de choses à vous dire alors si on peut déjà en enlever quelques-unes maintenant...
La réponse de Potter étonna Severus. Mais cela l'arrangea qu'il réagisse comme cela.
- Bien, comme vous voulez. Était-ce la première fois que M. Pucey vous faisait subir des violences sexuelles ?
Potter se mit à rougir.
- Il avait déjà voulu, une fois, mais je m'étais violemment dégagé et il avait compris. Mais là, hier, j'ai eu beau lui dire que je n'avais pas envie, que je ne voulais pas, que je n'étais pas prêt, il n'a pas voulu m'écouter.
- Que vous a-t-il fait précisément ?
Potter baissa les yeux et ne répondit pas.
- Vous n'êtes pas obligé de tout me raconter pour le moment, dit doucement Severus. Je veux juste savoir jusqu'où il est allé en vous pour comprendre ce qui a causé ces lésions.
- Il a utilisé ses doigts. Trois, je crois. Il a commencé par deux, ça faisait mal, ça brûlait, mais il ne s'en rendait pas compte. Je ne pouvais plus bouger. C'était la première fois et...
Potter s'interrompit alors que des larmes se remirent à couler sur ses joues.
- Je suis désolé, s'excusa-t-il. Je n'arrête pas de pleurer pour un oui ou pour un non depuis hier soir...
- C'est tout à fait normal, le rassura Severus. Il va falloir que vous vous y fassiez car cela va durer pendant plusieurs jours encore. Vous êtes fragile à cause de ce qui vous est arrivé et les cinq potions de sommeil sans rêves que vous avez ingurgitées n'ont pas arrangé les choses.
Potter baissa de nouveau les yeux.
- Je ne vais pas vous embêter avec ça maintenant mais nous devrons avoir une discussion à ce sujet. Ne vous en faites pas, je ne vais pas vous disputer, vous renvoyer ou que sais-je encore. Je vais juste vous demander de me dire toute la vérité. Mais nous verrons cela plus tard. Pour l'heure, je dois quand-même vous poser quelques questions. Était-ce la première fois depuis la rentrée que vous preniez cette potion ?
Potter secoua la tête.
- Cela faisait-il longtemps que vous en preniez ?
- Depuis cet été, avoua-t-il.
- Vous en preniez souvent ?
- Tous les soirs.
- Merci pour votre honnêteté. C'est bien ce que je pensais, vous êtes déjà accro à ces potions. J'avais besoin de le savoir dès maintenant afin que vous puissiez commencer le sevrage le plus tôt possible. Car il est hors de question que vous continuiez à prendre ces potions. Elles ne font plus effet et elles sont en train de vous détruire. C'est pour votre bien, M. Potter.
- Je sais, dit doucement le Gryffondor.
Il leva son regard vers Severus. Celui-ci fut frappé par ce qu'il y lut. De la reconnaissance. Potter acceptait d'être aidé. Severus n'allait même pas avoir besoin de le convaincre.
- Cela doit sûrement vous surprendre que je réagisse comme ça mais... j'ai vraiment envie de m'en sortir et de passer à autre chose. Au fond de moi, je voulais crier à l'aide mais sans pouvoir le faire. Ce n'est pas seulement à cause de ce que m'a fait Adrian que j'ai pris ces cinq potions. Je voulais juste tout oublier. J'étais fatigué. J'en avais marre. Je souffre depuis six mois et je n'arrive pas à en parler. J'ai cru que ma relation avec Adrian m'aidait, c'était sûrement le cas au début mais c'est vite devenu l'inverse. Elle m'enfonçait plus qu'autre chose. Je n'ai pas voulu me suicider, contrairement à ce que vous devez penser. Je voulais juste dormir toute une journée, c'est pour ça que je n'ai pris que cinq potions. Si j'avais voulu mettre fin à mes jours, j'aurais bu tout mon stock. J'avais une vingtaine de fioles sur moi. Mais ce que je n'avais pas prévu, c'était qu'elles avaient tourné. C'était un stock tout neuf, je ne l'avais pas encore entamé avant les cinq potions que j'ai ingurgitées. Je ne savais pas qu'elles étaient impropres à la consommation.
- Je vous crois, assura Severus. Je doutais sérieusement que vous ayez voulu mettre fin à vos jours. Si c'était le cas, vous vous y seriez pris comme un pied. Ce n'est pas avec cinq potions que vous y seriez arrivé. Même si c'étaient cinq potions qui avaient tourné.
Les lèvres de Potter s'étirèrent très légèrement. Cela allait mettre un peu de temps avant qu'il puisse de nouveau sourire normalement. Il y avait plein de choses que Potter allait devoir réapprendre à faire.
- Je ne vais pas chercher à en savoir plus pour aujourd'hui. Nous verrons cela demain ou plus tard. Là, ce qui serait bien, c'est que vous preniez une bonne douche. Vous prendrez ensuite des potions et vous essaierez de manger un peu. Vous n'avez pas mangé depuis plus de vingt-quatre heures et vous avez du poids à reprendre. Durant tout le temps que vous passerez ici, vous allez réapprendre à manger. Je veux que vous fassiez plus de poids en partant d'ici que lorsque vous êtes arrivé, c'est-à-dire hier. Vous irez à votre rythme, je ne vous donne même pas un nombre minimum de kilos à prendre durant votre séjour ici. Bon, assez discuté. Je vous aide à vous lever et je vous accompagne jusqu'à la salle de bain. Je ne sais pas si vous allez tenir tout seul sur vos jambes. Votre pratique du Quidditch vous aura peut-être permis de ne pas perdre trop de muscle en vingt-quatre heures...
Severus ne croyait pas si bien dire. Potter n'était pas si ankylosé que lui-même le pensait. Il tint rapidement sur ses jambes sans avoir besoin d'être soutenu. Il put ainsi se rendre à la salle de bain tout seul tandis que Severus retournait au salon. Le petit-déjeuner qu'il avait préparé allait devoir attendre. Il espérait au moins que Potter mangerait quelque chose. Alors que Severus faisait un peu de rangement sur la table, il se rendit compte que Potter n'avait pas d'autres vêtements que ceux qu'il portait. Il allait devoir demander à quelqu'un de ramener un sac d'affaires appartenant à Potter. Il confierait cette tâche à Black et Lupin qui devaient venir surveiller Potter pendant qu'il irait voir Pucey. Comme Potter n'était pas prêt à voir quiconque, Severus avait décidé de lui donner une potion qui le ferait dormir durant son absence. C'était mieux pour tout le monde, même pour Black et Lupin qui ne sauraient sûrement pas quoi dire à un Potter éveillé. Pour ce qui était du directeur, ce dernier avait accepté de venir chez Severus, ayant bien compris que le Maître des Potions ne pouvait pas se déplacer. Severus ne lui avait cependant pas dit de quoi il voulait lui parler. Cela allait être la surprise pour le directeur. Lui qui pensait savoir tout ce qui se passait dans son école allait tomber de haut en voyant à quel point il se fourvoyait...
.
Quelques heures plus tard, Severus reçut la visite de Dumbledore. En bon hôte, il lui proposa un thé au citron ainsi que des petits gâteaux.
- Eh bien Severus, que vouliez-vous me dire ?
- J'aurais besoin de me faire remplacer un certain temps, annonça Severus sans préambule.
- Oh. Et pourquoi cela, je vous prie ?
- Je dois m'occuper d'un élève.
- Pouvez-vous être un peu plus précis ?
- Je dois assurer le rétablissement de M. Potter.
Dumbledore fixa Severus avec étonnement. Il lui avait demandé d'être plus précis, eh bien il l'avait fait. Bon, peut-être un peu trop. Mais Severus n'était pas du genre à tourner autour du pot.
- Excusez-moi mais je ne comprends pas très bien. J'ai manqué quelque chose, je crois. Qu'est-il arrivé à Harry et depuis quand est-ce vous qui devez vous occuper de lui ?
Severus raconta alors à Dumbledore tout ce qui s'était passé la veille. Le directeur sembla choqué. Évidemment, lui qui pensait tout savoir n'avait pas vu tout ça. Severus ne précisa pas la nature des blessures de M. Potter mais dit simplement qu'elles avaient été infligées par son petit-ami. Il laissa l'imagination de Dumbledore faire le reste.
- Pourquoi ne pas l'avoir emmené à l'infirmerie ? demanda le directeur une fois remis de son choc.
- Parce que M. Potter avait besoin de quelqu'un qui s'y connaissait en potions. Il lui fallait d'urgence des soins pour traiter son intoxication et ça ne pouvait passer que par une association de potions. Le sort de diagnostic que j'ai lancé a également révélé autre chose qui m'a fait comprendre que Potter était en danger avec son petit-ami. Il va avoir besoin d'en parler. Étant donné qu'il sait que je suis au courant, je doute qu'il voudra en parler à Poppy. Car cela signifiera qu'elle devra le savoir aussi. Il m'a avoué lui-même qu'il préférait rester ici. Ce n'est pas pour échapper à mon métier de professeur que je souhaite m'occuper de lui, mais pour son bien-être.
- Je conçois tout cela, Severus. Mais vous comprendrez que cela puisse me rendre perplexe que vous vouliez soudain à tout prix vous occuper de Harry. Qui me dit que ce n'est pas votre vocation de médicomage qui prend le dessus et qui vous fait faire abstraction de votre haine passée envers Harry ?
- Je vous assure que ce n'est pas le cas, répliqua Severus. Je n'ai aucune preuve à vous donner à part ma parole et ma bonne foi. Il y a évidemment un peu de ma passion pour ce métier qui parle mais c'est avant tout pour venir en aide à M. Potter. C'est moi que Draco est venu voir pour le sauver. Et je l'ai sauvé. Je ne peux pas l'abandonner maintenant. Pas alors qu'il a commencé à se confier à moi.
Ces mots retinrent l'attention de Dumbledore.
- Il vous a parlé ?
- Oui mais il le fait sans vraiment s'en rendre compte. Il en est arrivé à un point où les mots sortent sans qu'il ne puisse les retenir. Il garde beaucoup trop de choses en lui et ça a besoin de sortir. Il y a vraiment un long travail à faire mais il l'a commencé avec moi. Et il ne voudra pas le recommencer avec quelqu'un d'autre. Je suis obligé de continuer. Je ne peux pas le laisser tomber.
Dumbledore fixa Severus pendant un long moment.
- Vous avez raison, ce n'est pas votre vocation qui vous pousse à l'aider. Mais votre culpabilité.
Severus écarquilla les yeux.
- Pa... pardon ?!
- Vous savez que vous avez été injuste envers Harry pendant ses quatre premières années d'études. Vous avez enterré depuis peu la baguette de guerre avec lui et vous vous êtes mis à faire des efforts pour vous comporter avec lui comme avec n'importe quel autre élève. Mais cela n'enlève rien à toutes les fois où vous vous êtes montré injuste envers lui. Vous n'avez pas pu encore vous rattraper pour cela. Et vous venez juste de trouver un moyen pour le faire. En soignant Harry, vous avez un peu l'impression de racheter vos fautes. Et c'est tout à votre honneur, Severus. Vous ne pouviez pas me faire plus grand plaisir.
Severus regarda Dumbledore, un peu choqué par ce qu'il venait de lui dire. Pas une seule fois depuis la veille il n'avait vu les choses sous cet angle. Mais en y réfléchissant, Dumbledore avait sûrement raison. Cela expliquerait pourquoi Severus cherchait tant à aider Potter. Que ce soit en cet instant-même ou lorsqu'il l'avait convoqué pour lui parler du petit-déjeuner pendant lequel Pucey s'était montré violent envers lui. C'était probablement cela : il cherchait à se rattraper.
- Je ne peux nier ce que vous dites, admit Severus. Mais est-ce une raison suffisante pour que vous acceptiez de trouver quelqu'un pour me remplacer ?
- Je peux difficilement vous empêcher de vous occuper de Harry s'il n'y a que vous qui puissiez le faire. À vrai dire, je suis plus inquiet qu'autre chose. Harry doit aller vraiment mal s'il arrive à se confier à vous sans même s'en rendre compte...
- Il est vraiment dans un état psychologique préoccupant, confirma Severus. Pour être honnête, j'ai un peu peur de tout ce qu'il va me dire. Je sens bien que son mal-être est bien plus ancien que ce que l'on pourrait croire. Il va me falloir du temps pour traiter tout ça. Cela signifie que pendant tout ce temps, je ne pourrai pas assumer mon rôle de professeur et de directeur de maison. Je préfère ne pas vous prendre en traître et vous prévenir tout de suite.
- Je vous remercie pour votre honnêteté, dit Dumbledore en hochant la tête. Combien de temps vous faudra-t-il, pensez-vous ?
- Un bon mois, je dirais. Voire plus.
Dumbledore fronça légèrement les sourcils.
- Il y aura les vacances entre-temps. Ainsi que les fêtes de fin d'année.
- Il les passera avec Black et Lupin, assura Severus. Je ne lui en ai pas encore parlé mais il n'y a pas à tergiverser là-dessus. C'est absolument primordial pour son rétablissement. Il passera même une bonne partie des vacances avec eux. Mais nous devrons nous voir quotidiennement. Sauf à Noël, au Nouvel An et lors des deux réveillons, bien entendu. Vu que je n'aurai pas cours non plus, je l'aiderai à rattraper les cours qu'il manquera durant tout son rétablissement. Il ne faudrait pas que sa scolarité pâtisse de cette période. Surtout avec les BUSE en fin d'année. Mais je vais évidemment attendre un peu avant de lui faire travailler ses cours. Il faut d'abord qu'il se repose.
- Vous avez déjà pensé à tout, constata Dumbledore, l'air admiratif.
- J'ai eu toute la nuit pour réfléchir, répondit Severus avec un demi-sourire.
- Face à une telle organisation, je ne peux qu'accepter de vous faire remplacer. Harry sera vraiment entre de bonnes mains avec vous.
Severus sentit un grand soulagement l'envahir.
- Merci, je vous en suis profondément reconnaissant, dit-il sincèrement. Je sais que cela vous oblige à trouver quelqu'un en catastrophe mais je ne pouvais pas vous prévenir avant. Tout cela a eu lieu hier et j'ai dû attendre de savoir si Potter souhaitait rester ici ou non pour vous en parler...
- Je comprends, ne vous tracassez pas pour cela. Vous n'avez pas à vous en faire, je pense avoir déjà trouvé quelqu'un pour vous remplacer. Cela ne le dérangera pas de venir travailler pour quelques semaines seulement puisqu'il est à la retraite. Mais il est encore jeune, il est donc tout à fait apte à enseigner. J'irai le voir dans la journée. Il lui faudra sûrement quelques jours pour s'organiser mais ce ne sera pas bien grave. Les élèves pourront survivre sans deux ou trois cours de potions. Après, vous pourrez toujours demander à certains de vos collègues de faire passer aux élèves les cours qu'ils manqueront.
- Si j'ai le temps, c'est ce que je ferai.
- Bien, tout est donc réglé. Aviez-vous autre chose à me dire ?
- Non, je crois que c'est tout.
- Parfait, dans ce cas je vais de ce pas préparer mon argumentaire pour convaincre notre futur collègue.
- Est-il si retors que cela ?
- Disons qu'il ne sera pas très content de me voir venir le démarcher alors qu'il est à la retraite. Mais vous le connaissez et je sais que vous l'appréciez.
Severus pensa alors deviner l'identité de son éventuel futur remplaçant. Si c'était le cas, Dumbledore avait raison : il appréciait beaucoup cette personne.
- Je vais donc vous laisser. Je vous souhaite bon courage avec Harry. À bientôt, Severus.
Dumbledore se leva, très vite imité par Severus qui raccompagna le directeur jusqu'à la porte. Puis il retourna au salon et débarrassa les deux tasses de thé. Il était plus que soulagé que Dumbledore ait accepté de le remplacer. Il ne lui restait plus qu'à aller voir Pucey et il pourrait ensuite se consacrer entièrement à son patient. En attendant l'arrivée de Black et de Lupin, il décida de rédiger les cours pour les classes qu'il aurait dû avoir le lendemain, au cas où son remplaçant ne pourrait pas encore être là. Bizarrement, ce fut loin d'être une corvée. Il se plut même à écrire ces cours. Peut-être était-ce parce qu'il savait qu'il allait passer un mois sans faire cours ? Le fait de ne plus être obligé de préparer ses cours rendait-il cette activité plus plaisante ? Il n'en avait aucune idée mais, en tout cas, il ne vit pas le temps passer durant les deux heures qui suivirent.
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Sur les coups de seize heures, Severus entendit quelqu'un frapper à sa porte. Il se douta que c'étaient Black et Lupin et alla ouvrir. C'étaient bien eux.
- Ah, vous avez pensé à prendre les vêtements de Potter, dit-il en voyant le sac que portait Black.
- Oui, comme tu nous l'as demandé. Comment va-t-il ?
- Je ne peux pas dire «bien» mais il a un moral d'acier. Il m'a avoué qu'il prenait des potions de sommeil sans rêves depuis les vacances d'été. Il est donc déjà accro mais il veut s'en sortir. Il me l'a dit. Il est vraiment arrivé à un point où il n'y a que deux attitudes à adopter : soit il se laisse aller, soit il se bat. Il a préféré la deuxième option. Bien sûr, ça va être dur mais il va y arriver car il le veut. Sinon, physiquement parlant, ce n'est pas la grande forme, il vomit beaucoup mais c'est normal. Là il dort, comme prévu.
- Quand est-ce qu'on pourra le voir éveillé ? demanda Lupin.
- Quand il ira un peu mieux à tout point de vue. Je pense que d'ici vendredi soir vous pourrez venir le voir. Mais je vous donnerai régulièrement de ses nouvelles d'ici là. Il sait que vous êtes au courant de tout, il était effrayé à cette idée mais je l'ai rassuré. Je lui ai donné des potions pour qu'il se repose pendant au moins trois heures. Même si vous n'étiez pas venu, je les lui aurais données car il en a vraiment besoin. Bon, j'y vais. Merci encore d'être venus.
- Merci à toi de t'occuper de lui, répondit Black.
Severus hocha la tête, prit sa mallette et quitta ses appartements. Il se rendit à l'infirmerie et y arriva cinq minutes plus tard. Il frappa, entra et fut vite accueilli par Poppy qu'il avait prévenue de sa visite.
- Je vous attendais, dit-elle en s'avançant vers lui.
- Comment va M. Pucey ?
- Assez bien, il s'est réveillé hier midi et n'a pas de traumatisme crânien ou d'hématome ou quoi que ce soit d'autre. Il s'est juste ouvert un peu la tête en tombant mais il n'y a rien de grave. J'aurais pu le laisser sortir dans la soirée si le sort de diagnostic n'avait pas révélé quelque chose d'inquiétant. À la base, je l'avais lancé pour savoir de quoi souffrait M. Pucey exactement mais j'ai vu qu'il avait de la drogue dans le sang.
- Je sais, quelqu'un m'a appris qu'il se droguait. Je pense que vous n'allez pas pouvoir le laisser sortir jusqu'à ce que Sainte-Mangouste ait trouvé une place pour l'accueillir.
Poppy écarquilla les yeux, l'air choquée.
- C'est à ce point ?
- Oui, il est un danger pour lui-même et pour les autres. Vous ne pourrez pas assurer son sevrage. Il doit être pris en main par des médicomages spécialisés dans les addictions de ce genre. Je vais tout de même en parler avec lui avant de prendre contact avec Sainte-Mangouste mais je suis déjà sûr de ce que je dis.
- J'espérais que ce ne soit pas grave à ce point. Il n'y a donc pas une année où on y échappera. Tous les ans c'est pareil, se lamenta Poppy. Il y a toujours au moins un élève qui finit en sevrage à Sainte-Mangouste... Il faut arrêter de fléau, ce n'est plus possible !
- Nous faisons de notre mieux mais il y a des trafics que nous n'arrivons pas à trouver et que nous ne pouvons donc pas démanteler. Mais nous y travaillons, ça je peux vous le garantir. Bon, je vais voir M. Pucey. Où est-il ?
- Tout au fond à droite.
Severus remercia Poppy et se dirigea vers le fond de l'infirmerie. Il ouvrit les derniers rideaux de la rangée et découvrit Pucey qui était en train de fixer le plafond.
- M. Pucey ? appela-t-il d'une voix neutre.
Le Serpentard sursauta et braqua son regard sur Severus.
- Oh, professeur, vous tombez bien ! Vous allez pouvoir demander à Mme Pomfrey de me laisser sortir. J'ai des devoirs à faire et je dois voir Harry.
- Vous ne ferez rien de tout cela, répliqua sèchement Severus. Je suis venu vous parler. Je sais que vous n'étiez pas dans votre état normal mais est-ce que vous vous souvenez de ce qui s'est passé hier matin dans votre dortoir ?
- Comment ça ? demanda Pucey d'un air soupçonneux.
- Est-ce que vous vous souvenez de ce que vous avez fait à M. Potter ?
- Comment savez-vous que...
- Ici c'est moi qui pose les questions, M. Pucey ! Répondez à celle que je vous ai posée.
- Je n'ai pas voulu faire de mal à Harry, se défendit Pucey. Je croyais qu'il était consentant.
- Il n'y a pas que le consentement qui pose problème. Les blessures intimes que j'ai constatées et ce que m'a dit M. Potter laissent penser que vous n'avez utilisé aucun lubrifiant et que vous y êtes allé comme un bourrin ! La préparation ne dispense pas d'un minimum de douceur et de se servir d'un lubrifiant ! Mais vous n'auriez jamais dû le préparer hier matin puisqu'il n'était pas consentant ! Il ne voulait pas, il vous l'a dit plusieurs fois ! D'après ce que j'ai compris, c'était la première fois pour lui et il n'était absolument pas prêt à aller aussi loin avec vous ! Vous auriez pu le blesser gravement s'il n'avait pas réussi à vous échapper ! Par chance il n'aura aucune séquelle mais il va rester traumatisé un bon moment !
Pucey sembla réaliser l'ampleur de la situation.
- Je suis désolé, je... je ne me suis pas rendu compte...
- C'est bien ce que je vous reproche, asséna froidement Severus.
- Je vais m'excuser auprès de lui, il faut que je le voie...
- Il n'est pas du tout en état de recevoir de la visite. Et il est hors de question que vous l'approchiez. Vous lui faites peur. Il ne veut plus vous voir. De toute façon, cela va être compliqué pour vous de le voir puisque vous ne serez bientôt plus à Poudlard.
Les yeux de Pucey s'écarquillèrent d'effroi.
- Je vais être renvoyé ?!
- Non, mais vous allez passer quelques mois loin de Poudlard. Je vais être franc avec vous : je sais que vous vous droguez. M. Potter l'a deviné et me l'a dit. Mme Pomfrey l'a également vu en lançant le sort de diagnostic. C'est surtout de ça dont je suis venu vous parler. Je veux que vous me disiez la vérité et que vous me répondiez franchement. Depuis quand vous droguez-vous ?
- Occasionnellement depuis deux ans et quotidiennement depuis cet été, avoua Pucey.
- Que prenez-vous précisément ?
- J'alterne entre les drogues dures et les potions euphorisantes. Parfois je prends les deux en même temps. Il m'est arrivé aussi de prendre un philtre de paix mélangé à une potion d'euphorie.
- Vous êtes un connaisseur, en somme. Quel est le nom de votre dealer ?
- J'en ai plusieurs et je ne connais pas leurs noms.
- Me prenez-vous pour un idiot ?
- Pas du tout, rétorqua Pucey. Je ne vois pas pourquoi j'aurais besoin de connaître le nom des personnes qui me fournissent. Ce sont leurs potions qui m'intéressent, pas leur identité. Et eux, c'est mon argent qui les intéresse, pas mon nom. Désolé professeur mais ce n'est pas encore aujourd'hui que vous réussirez à coincer plusieurs dealers.
- Et cela vous amuse, siffla Severus. Vous avez traumatisé un garçon de quinze ans en essayant de le violer, vous l'avez progressivement éloigné de ses proches et de ses amis pendant trois mois, il va mettre des semaines à s'en remettre et vous, tout ce qui compte pour vous, c'est d'empêcher les professeurs de démanteler des trafics de potions droguées alors que c'est justement à cause d'elles que vous avez agi ainsi ! Mais vous avez vraiment besoin de vous faire soigner !
- C'est ce qui est prévu, non ? ironisa Pucey.
- Oui et je vais m'en occuper le plus vite possible, lâcha Severus. Il est inconcevable qu'un individu comme vous reste plus longtemps ici.
- Tant mieux, votre filleul pourra prendre ma place dans le dortoir, comme ça. Ah bah non, je suis bête, il préfère squatter le lit de son petit-ami...
Severus eut l'impression qu'un seau d'eau glacée venait de lui tomber sur la tête.
- Vous pouvez répéter ce que vous venez de dire ? demanda-t-il d'une voix blanche.
- Je ne pense pas que ce soit nécessaire, vous avez très bien entendu.
- Vous essayez de m'atteindre mais vous n'y arriverez pas, prévint Severus. On va dire que c'est le manque qui vous fait dire n'importe quoi. J'espère que vous vous plairez à Sainte-Mangouste, M. Pucey. Un long séjour vous y attend.
Severus tourna les talons sur ces mots. Il souhaita bon courage à Poppy, sortit de l'infirmerie et prit la direction de ses appartements. Il ne fit que penser à la discussion qu'il venait d'avoir avec Pucey sur tout le chemin. La fin de cette discussion revint en boucle dans son esprit et il s'en voulut pour ça. Pucey était en manque, il ne devait pas accorder d'importance à ses paroles. Il l'aurait remarqué si Draco était gay. Il l'aurait remarqué s'il sortait avec un garçon. «Et comment ? Tu n'arrives déjà même pas à t'occuper de lui quand il le faut...» lui souffla une voix dans sa tête. Ces mots le firent culpabiliser. Non, il ne devait pas penser à ça. Pucey délirait sûrement. Ça ne pouvait être que ça. Severus ne pouvait pas avoir été autant à côté de la plaque... Il allait devoir quand-même en parler avec Draco. Histoire de se rassurer. Il allait avoir du temps pour cela. Il avait trop délaissé Draco, il devait se rattraper. Ce fut sur cette bonne résolution qu'il arriva à ses appartements. Et cette résolution, il comptait bien la tenir.
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(lundi 11/12) POV Draco
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Le week-end avait été horrible. Hormis le samedi après-midi qu'il avait passé avec Théo, Weasley et Granger et qui avait été très agréable, il avait passé son temps à déprimer. Il s'en voulait de n'avoir rien fait et il n'était pas le seul. Pansy se sentait elle aussi coupable puisqu'elle avait laissé filer Pucey lors d'une de ses rondes et Théo s'était muré dans un silence inquiétant. Draco ne savait pas s'il s'en voulait, s'il était inquiet, s'il était triste ou si c'était tout ça à la fois et c'était bien ça qui était le plus angoissant. Il était impossible de savoir ce que Théo ressentait lorsqu'il se réfugiait ainsi dans le silence. Mais Draco savait qu'il pensait à Harry. Il ignorait quel était ce lien entre Théo et Harry mais Théo s'était énormément attaché au Gryffondor. C'était cependant différent de l'attachement qu'il avait envers Blaise, Pansy ou Draco. C'était presque fusionnel. En tout cas, ils étaient trois à déprimer et Blaise n'avait pas réussi à remonter le moral de ses amis.
C'était donc sans joie que Draco se rendait aux serres de botanique avec Blaise, Pansy et Théo. Ils s'installèrent à leur place habituelle et Draco commença à sortir ses affaires. Il crut avoir oublié son encrier et pesta :
- Raaah mais qu'est-ce que j'ai en ce moment à toujours oublier quelque chose ?! Harry, tu pourras partager ton encrier avec moi ?
Il n'obtint pas de réponse. Il se tourna et eut un choc en ne voyant personne à côté de lui. La place était vide. Harry n'était pas là. Draco se sentit soudain affreusement seul. Affreusement vide. Affreusement triste. Il ne réalisa qu'à ce moment-là à quel point il était devenu accro à la présence de Harry. Son absence fut alors très, très, très dure à supporter. Il avait l'impression qu'on lui avait enlevé un morceau de lui-même. Son binôme était un peu devenu une extension de lui-même. Et là on l'en séparait d'un coup, sans prévenir. Il eut brusquement envie de pleurer. Il voulait qu'on lui rende Harry. Il ne voulait pas être seul. Il voulait son binôme à côté de lui. Il s'en fichait des devoirs. Il pouvait bien les faire tout seul. Il voulait juste Harry. Tout le monde avait son binôme et pas lui. Il eut de nouveau l'impression d'être abandonné. Sauf que Harry n'y était pour rien. Ce qui n'était pas le cas de ses parents ou de Severus... Il soupira et repartit à la recherche de son encrier. Tout compte fait, il ne l'avait pas oublié. Il était juste bien caché. Il le prit, s'assit et commença à noter ce que disait le professeur Chourave. Comme d'habitude, après leur avoir donné les informations principales sur la plante et leur avoir donné les consignes, elle laissa les élèves passer à la pratique. Draco aimait bien cette partie du cours, en temps normal. Mais là, sans Harry, elle lui parut fade et sans intérêt. D'habitude, il parlait et riait avec Harry pendant qu'ils s'occupaient de leur plante. Là il n'avait personne avec qui rire et parler. Il s'occupa de sa plante tout seul et écrivit plus d'observations qu'à l'accoutumée sur son parchemin. Ce qui était assez logique vu que, d'habitude, il se partageait les observations avec Harry. Puis ils mettaient tout en commun lors de la séance de travail suivante. Draco pensa alors à quelque chose. Étant donné qu'il allait avoir plus de temps libre puisqu'il ferait plus vite ses devoirs tout seul, il pourrait recopier ses cours sur un autre parchemin pour Harry... Et les donner à Severus pour qu'il les transmette à Harry. Ou alors, avec un peu de chance, il pourrait les donner directement à Harry... Il verrait ça avec Severus. Cette idée l'anima d'un coup et l'aida à se sentir un peu mieux. Faire quelque chose pour Harry l'aidait à supporter un peu mieux son absence.
La fin du cours arriva rapidement. Draco fut l'un des premiers à sortir des serres. Il attendit ses amis, chose qu'il ne faisait plus trop avant puisqu'il allait de cours en cours avec Harry. Ce fut donc avec Blaise, Pansy, Théo et les binômes de ces deux derniers qu'il se rendit au cours de sortilèges. Lorsqu'il entra dans la salle, il voulut s'asseoir à sa table habituelle mais Théo l'en empêcha. Intrigué, Draco vit son ami déplacer une table pour la mettre à côté de la sienne.
- J'ai bien vu que tu te sentais seul en botanique, expliqua-t-il. Tu avais l'air malheureux et je n'aime pas quand tu es triste comme ça. Et puis te voir assis à une table avec une chaise vide à côté de toi...
Théo frissonna sans terminer sa phrase.
- Mais le professeur Black ne va rien dire en me voyant à côté de toi alors que tu es déjà avec ton binôme ? s'inquiéta Draco.
- Il m'adore, il ne dira rien, plaisanta Théo.
Draco ne put s'empêcher de sourire à son tour. Il savait que Théo disait ça pour rire, il n'était pas du tout du genre à profiter de la sympathie d'un professeur à son égard pour faire tout ce qu'il voulait. Et Draco savait aussi que si le professeur Black venait demander des explications, Théo lui dirait la vérité, à savoir que Draco se sentait seul sans son binôme et qu'il avait besoin d'un peu de compagnie. Mais Draco ne pensait pas que le professeur Black viendrait leur dire quoi que ce soit. Il ne remarquerait sans doute rien tellement il devait être déprimé lui aussi. Et Draco en eut vite la confirmation. Même s'il tenta de ne rien laisser paraître, cela se voyait que le professeur Black n'allait pas bien. Il était distrait et s'embrouillait un peu dans ce qu'il disait. Il les lâcha légèrement en avance et faillit oublier de leur donner le sujet du prochain devoir à rendre quinze jours plus tard.
Le cours suivant se passa mieux que celui de sortilèges. Draco fut touché lorsque le professeur Gordon vint le voir pour lui dire qu'il pouvait venir lui parler s'il rencontrait des problèmes pour s'organiser. Théo avait de nouveau invité Draco à s'asseoir à côté de lui mais cela ne dérangea pas le professeur Gordon.
Après le déjeuner, Draco se rendit en métamorphose. Là aussi, il s'installa à côté de Théo. Il s'assura que cela ne gênait pas le binôme de son ami qui lui promit que non. Il avait l'air tellement sincère que Draco fut obligé de le croire. Alors qu'il sortait ses affaires, le professeur Lupin prit la parole :
- Avant de commencer le cours, j'aimerais vous parler de quelque chose. Depuis ce matin, vous avez sûrement remarqué l'absence d'un de vos camarades. Afin d'éviter toutes interrogations et toutes rumeurs, je préfère vous en parler tout de suite. Harry ne reviendra pas tout de suite car il n'est pas en état de venir en cours. Il est néanmoins toujours à Poudlard. Quelqu'un s'occupe de lui, il est entre de bonnes mains. Je ne peux pas encore vous dire quand il va revenir mais il devrait rester absent un bon mois, le temps qu'il se remette et qu'il soit estimé prêt à retourner en cours. Je sais que ça fait peu d'informations mais je vous demanderais de ne pas créer de rumeurs à ce sujet. Votre camarade sera encore fragile lorsqu'il reviendra, il n'aura pas besoin de faire face à des rumeurs qui auront circulé sur lui pendant son absence. Bien, commençons le cours, maintenant.
Draco éprouva une énorme vague de sympathie envers le professeur Lupin. Il était plus que rassuré qu'un professeur ait fait le point à ce sujet. C'était nécessaire et le professeur Lupin avait dit ce qu'il fallait. Il était soulagé pour Harry. Avec un professeur et un directeur de maison pareil, il savait que Harry allait être bien entouré et soutenu. Ce fut donc avec le coeur un peu plus léger que Draco se mit à écrire le cours. Celui-ci passa très vite alors que c'était le dernier cours de la journée pour Draco – enfin, si on ne comptait pas l'astronomie à vingt-et-une heures – et que ça avait donc tendance à passer plutôt lentement. Lorsque le professeur Lupin libéra la classe, il demanda à Draco de rester. Surpris, il attendit que ses camarades soient partis avant d'aller voir son professeur.
- Je ne vais pas vous retenir très longtemps, promit celui-ci. Je sais que vous vous retrouvez seul pour vos devoirs et c'est de cela dont je souhaite vous parler. Je ne suis pas votre directeur de maison mais je suis celui de votre binôme, et comme le professeur Snape n'est pas disponible, c'était plus logique que ce soit moi qui vous en parle. Vous ferez ces devoirs tout seul jusqu'à ce que Harry aille mieux. Cela ne vous demandera pas plus de temps que lorsque vous les faisiez en binôme, bien au contraire. Comme vous avez dû vous en apercevoir, ce qui prend le plus de temps, c'est de tout mettre en commun et s'organiser. Vous n'aurez pas à faire tout cela et vous pourrez faire ces devoirs quand bon vous semblera. Vous allez même mettre moins de temps que d'habitude. Enfin sauf au début, car vous risquez d'avoir un peu de mal à vous réhabituer à travailler seul. Mais si vous rencontrez le moindre problème, vous pourrez toujours en parler à vos professeurs. Ils sont au courant de la situation et ils savent que ça doit être compliqué pour vous. Mais cela ne durera pas longtemps. Harry commencera à rattraper ses cours quand il ira un peu mieux, le professeur Snape l'y aidera et il sera donc à jour lorsqu'il reviendra en cours. Vous pourrez alors vous remettre très vite à faire vos devoirs ensemble.
- Merci, professeur. J'avais déjà pensé au fait que j'allais avoir plus de temps libre puisque je n'aurai plus de séances de travail et que je pourrai organiser mon temps comme je le voudrai. Mais j'ai peur de m'ennuyer, alors j'ai décidé de recopier les cours pour Harry. Comme ça il n'aura pas à le faire. Il aura juste à lire.
- C'est très gentil de votre part. Harry appréciera beaucoup votre geste. Mais ne vous épuisez pas non plus à la tâche, vous devez garder du temps pour vous.
- Ne vous en faites pas, je resterai raisonnable, promit Draco. À qui dois-je donner ces cours ?
- Vu que nous nous voyons le lundi, le mercredi, le jeudi et le vendredi, vous pourrez me les donner ces jours-là. Le mardi, vous pourrez les confier au professeur Black. Mais quand Harry sera apte à recevoir des visites, vous pourrez lui donner les cours de vous-même, si vous en avez envie.
- Bien sûr que j'en aurai envie ! rétorqua vivement Draco.
Se rendant compte du ton véhément sur lequel il avait répondu, il s'excusa :
- Pardon, c'est sorti tout seul...
Le professeur Lupin sourit.
- Ce n'est pas grave, ça fait plaisir de vous voir aussi enthousiaste. Est-ce que vous avez quelque chose à me dire ou à me demander ?
- Non, professeur.
- Dans ce cas vous pouvez y aller.
Draco remercia le professeur Lupin, lui souhaita une bonne fin de journée et s'en alla. N'ayant plus cours jusqu'à vingt-et-une heures, il se rendit à sa salle commune pour y faire quelques devoirs. Il y serait au calme, puisque les cinquième année étaient les seuls élèves à ne pas avoir cours le lundi à quatorze heures. Il n'avait pas très envie d'aller à la salle des binômes, étant donné qu'il ne pouvait pas être avec le sien. De plus il avait rendez-vous avec Graham à dix-sept heures et ils avaient prévu de se retrouver dans leur salle commune. Ils ne s'étaient pas vus du week-end, Draco ayant eu peur d'être de mauvaise compagnie pour son petit-ami qui avait parfaitement compris. Là, en revanche, Draco avait très envie de voir Graham. Il lui manquait. Mais il devait attendre jusqu'à dix-sept heures alors il patienta en faisant son devoir de botanique, puis en commençant à faire son devoir d'histoire de la magie. Il suivait le calendrier qu'avait élaboré Harry et il se dit que son binôme avait vraiment le sens de l'organisation. C'était une des nombreuses qualités qu'il n'aurait jamais soupçonnées chez Harry. Bon, il fallait juste arriver à déchiffrer son écriture. Draco devrait être habitué, désormais, mais bon sang ce qu'il écrivait mal ! Mais il trouvait cela mignon. Réalisant ce qu'il venait de penser, il se gifla mentalement. Il ne devait pas penser ce genre de choses. Il valait mieux qu'il se concentre sur ses devoirs. Il se prit alors d'intérêt pour son devoir d'histoire de la magie. Au fond de lui, il se dit qu'il devait vraiment être désespéré pour préférer s'intéresser à la façon dont les Trolls s'étaient introduits dans la communauté sorcière plutôt qu'à un petit brun aux yeux verts qu'il trouvait bien plus mignon qu'il ne voulait bien l'admettre.
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À dix-sept heures, Draco fut rejoint par Graham qui venait de terminer les cours. C'était rare qu'ils se retrouvent dans la salle commune, étant donné qu'ils cachaient toujours leur relation et qu'ils préféraient donc se rejoindre dans la salle sur demande ou dans le dortoir de Graham lorsqu'ils se voyaient après le dîner. Graham fit donc comme s'il venait voir un de ses joueurs :
- Draco, tu peux me suivre s'il te plaît ? J'ai à te parler.
Il avait l'air tellement sérieux que Draco se demanda si c'était une excuse ou si c'était la vérité. Un peu perplexe, il acquiesça, rangea ses affaires et quitta la salle commune avec Graham. Celui-ci l'entraîna aussitôt vers la salle sur demande. Une fois arrivés, il l'invita à s'asseoir sur un canapé qui se matérialisa. À peine furent-ils installés que Draco posa sa tête sur l'épaule de Graham qui se mit à lui caresser les cheveux.
- Toi tu m'attendais, murmura Graham.
- Oui, la journée a été un peu compliquée. Je me suis senti seul.
- Ton binôme te manque ?
Draco acquiesça dans le cou de Graham.
- Tu veux en parler ?
- Non, ça va aller. Il n'y a pas grand-chose à dire, de toute façon. Tu voulais me parler, je crois ?
- Oui mais je n'ai pas envie de t'embêter avec ça.
- Tu ne m'embêteras pas du tout. C'est à propos de quoi ?
- C'est assez compliqué. Ça concerne justement un peu ton binôme mais aussi et surtout Adrian et l'équipe. J'ai appris qu'Adrian va devoir faire un long séjour à Sainte-Mangouste et on m'a demandé de lui apporter des vêtements à l'infirmerie. C'est ce que j'ai fait et j'ai voulu voir s'il y avait des choses importantes dans la table de chevet d'Adrian auxquelles il pourrait tenir. Je suis tombé sur une quinzaine de fioles, toutes les mêmes. J'ai vite compris que c'était de la drogue mais j'ai du mal à y croire...
- Pourtant c'est bien la vérité. Il se drogue, lâcha Draco. Ça fait un moment que je dois t'en parler mais je n'y arrive jamais car à chaque fois que je suis avec toi, je n'ai pas envie de parler de ça. Je suis vraiment désolé, je sais que c'est un de tes joueurs, que j'aurais dû te le dire au lieu de garder ça pour moi, mais... je n'y arrivais vraiment pas.
- Je ne t'en veux pas, assura Graham. Ce n'était pas à toi de me le dire, de toute façon. Mais du coup, ça veut dire qu'Adrian va subir une cure de désintoxication à Sainte-Mangouste ?
- C'est sûrement ce qui l'attend, oui.
Le visage de Graham se ferma légèrement.
- Oh. C'est sûrement ce qu'il y a de mieux pour lui...
Draco fronça les sourcils en voyant que Graham avait l'air triste. Puis il se souvint que cela faisait plus de six ans que son petit-ami était dans le même dortoir que Pucey. Ils étaient de la même année, de la même maison et dans la même équipe de Quidditch. Ils passaient quasiment tout leur temps ensemble. Et Draco savait bien que Graham et Pucey étaient amis, tout comme ils l'étaient avec Cassius et Miles. Harry lui avait déjà dit qu'il y avait une super ambiance et une super entente entre eux dans leur dortoir. Savoir que Pucey allait partir et ne pas revenir avant un bon moment devait donc faire de la peine à Graham... Draco essaya alors de trouver les mots pour le réconforter.
- Il sera mieux là-bas qu'ici. Il faut qu'il se débarrasse de son addiction. Et il ne peut visiblement pas le faire ici. Il était devenu trop dangereux, de toute façon. Aussi bien pour les autres que pour lui-même.
Graham baissa son regard vers Draco.
- Il s'est montré violent envers Potter ? Il s'est passé quelque chose entre eux samedi matin, quand on a découvert Adrian inconscient dans le dortoir ?
- Je n'ai aucune information mais Pucey semblait nu sous ses draps et apparemment, Harry est sorti en catastrophe du dortoir...
Graham grimaça.
- Tu ne crois quand-même pas...
- Pucey n'était probablement pas dans son état normal. Il était sûrement drogué. J'aimerais qu'il ne se soit pas passé quelque chose comme ça mais j'ai peu d'espoirs.
- C'est horrible...
Draco vit de la culpabilité dans le regard de son petit-ami.
- J'aurais dû me rendre compte de quelque chose, décréta celui-ci. J'aurais dû voir qu'il se droguait. Je passe tout mon temps avec lui. J'avais bien remarqué qu'il était dans les nuages lors des briefings et après les entraînements mais jamais je n'aurais pensé que c'était parce qu'il était sous l'emprise de la drogue...
- C'est très difficile de s'en apercevoir, surtout quand la personne sait très bien mentir. Et c'est le cas de Pucey. Tu n'as pas à t'en vouloir.
- Désolé mais c'est un peu dur de ne pas me sentir coupable quand j'apprends qu'un de mes compagnons de dortoir a essayé de violer son petit-ami alors que je dormais juste à côté...
Ce fut au tour de Draco de grimacer. Il n'osait même pas imaginer ce que devait ressentir Graham. Mais cette discussion le rendait mal à l'aise. Il ne voulait pas entendre parler de ce qui s'était passé ce matin-là. C'était trop dur à supporter pour lui. Cela lui rappelait que Harry était chez Severus, qu'il ne pouvait pas aller le voir, qu'il lui manquait, qu'il était seul en cours, que la journée avait été longue et difficile sans lui...
- Draco, ça va ?
Draco sortit brusquement de sa rêverie et leva la tête vers Graham qui le regardait d'un air inquiet. Il s'efforça de lui sourire.
- Oui, j'étais juste perdu dans mes pensées. Est-ce qu'on peut parler d'autre chose ? Je n'ai pas très envie de m'éterniser sur ce sujet.
- Oui, bien sûr. J'ai une bonne nouvelle, d'ailleurs. Jeudi soir j'ai envoyé une lettre à Olivier Dubois et j'ai reçu sa réponse hier soir. Il a d'abord préféré parler de moi à son capitaine avant de me répondre. Il m'a dit que son capitaine était intéressé par ma candidature et qu'il allait me contacter quand il le pourrait. Bien sûr, rien n'est fait mais c'est déjà une bonne chose qu'il veuille communiquer avec moi.
- Je suis super heureux pour toi, dit sincèrement Draco. Vivement qu'il t'écrive...
- Ce ne sera sûrement pas pour tout de suite. Il est très occupé. Et puis je ne suis pas pressé. Mes parents savent que ça peut mettre du temps avant que je trouve une équipe qui veuille bien de moi et ils m'ont dit que je pouvais rester chez eux autant de temps qu'il le faudrait lorsque j'aurai fini mes études à Poudlard.
- Ils te soutiennent dans ton choix de carrière ?
- Complètement. Ils étaient presque autant heureux que moi lorsqu'ils ont su que j'avais été nommé capitaine de l'équipe. J'ai eu l'impression d'avoir reçu l'Ordre de Merlin tellement ils étaient fiers de moi. Ils savent que le Quidditch est hyper important pour moi. Ils ne s'attendent pas forcément à ce que je devienne un très grand joueur connu du monde entier, même si, évidemment, ils l'espèrent, mais ce qu'ils veulent, c'est que je m'épanouisse dans ce que je fais. Peu importe ce que je décide de faire. Ils s'y connaissent plutôt bien en Quidditch et ils m'ont conseillé d'éviter de postuler dans certaines équipes à cause de leur réputation ou de leur style de jeu. Ils savent quel genre d'équipe il me faut et ils sont de très bons conseils. Mais ils ne cherchent pas pour autant à décider pour moi.
- Ils ont l'air géniaux, tes parents, murmura Draco.
- Ils le sont, affirma Graham.
- C'est peut-être bête comme question mais... ils savent que tu es gay ?
- Non, ce n'est pas bête du tout, voyons. Et oui, ils le savent. Ils n'ont pas vraiment été étonnées. Et ça ne les a pas dérangés du tout. Là encore ils ne veulent pas que mon bonheur. Que je sois gay ou hétéro, ce qui compte pour eux, c'est que je sois heureux avec la personne avec qui je sors. Comme de nombreux parents, ils espèrent devenir grands-parents un jour mais ils ne me mettront jamais la pression à ce sujet.
- Tu souhaites avoir des enfants, toi, plus tard ?
- Je ne sais pas encore. Cela dépendra de beaucoup de choses. Je préfère ne pas y penser pour le moment.
Draco acquiesça. Un silence agréable s'installa entre Graham et lui. Malgré lui, Draco commença de nouveau à se perdre dans ses pensées. Elles se tournèrent très vite vers une seule et même personne : Harry. Il aurait aimé arrêter de penser à lui mais c'était plus fort que lui. Il se sentait mal à cause de ça. Il n'avait pas à penser à Harry alors qu'il était avec Graham. Il devait se concentrer sur son petit-ami. Et c'est ce qu'il décida de faire. Il s'installa sur les jambes de Graham et posa ses lèvres sur les siennes. Graham répondit vite à son baiser et passa ses mains dans le dos de Draco afin de le rapprocher de lui. Le baiser, d'abord doux et chaste, se fit bientôt plus énergique et passionné. Alors que Draco avait juste voulu une petite séance de bisous et de câlins, Graham devait avoir d'autres plans en tête puisqu'il enleva la robe de Draco au bout de quelques minutes. Draco rompit le baiser, ce qui inquiéta Graham :
- J'ai fait quelque chose qu'il ne fallait pas ?
- Non, c'est juste que je n'avais pas prévu que tu voudrais plus que des bisous.
- Oh... Désolé, j'avais mal compris tes intentions. On peut rester sages, si tu veux.
Draco sentait bien que Graham avait vraiment voulu aller plus loin et il ne voulait pas le frustrer. Il avait toujours peur que Graham le quitte s'il se refusait à lui, même s'il savait au fond de lui qu'il n'était pas comme ça. Mais il ne pouvait s'empêcher d'avoir cette peur. Il ne voulait pas que Graham l'abandonne. Il ne lui resterait bientôt plus que lui, si ça continuait comme ça. D'abord ses parents, puis Severus, puis Harry... Ce serait ensuite le tour de Blaise, de Théo, de Pansy... Non, il ne pouvait s'y résoudre.
- Non, je veux bien qu'on continue, assura-t-il.
- Tu es sûr ?
- Oui.
Draco savait que le désir allait venir petit à petit. Depuis qu'il avait fait sa première fois avec Graham, c'était comme ça que ça marchait. Le désir de Draco s'éveillait au fil des bisous et des caresses. Comme pour convaincre Graham qu'il en avait vraiment envie, il lui enleva à son tour sa robe de sorcier. Et cela porta ses fruits. Graham n'insista pas plus longtemps et reprit possession des lèvres de Draco tout en déboutonnant sa chemise. Draco fit de même et caressa le torse de son petit-ami alors que le baiser s'approfondissait. Lorsqu'il se retrouvèrent tous deux torse nu, Graham allongea Draco sous lui et dériva ses lèvres vers le cou pâle qu'il embrassa et mordilla tendrement. Draco gémit et rejeta la tête en arrière, offrant involontairement davantage son cou à Graham qui en profita pour y apposer un suçon. Draco gémit plus fort et agrippa les cheveux de Graham. Le désir commençait déjà à monter en lui. Son petit-ami laissa son cou tranquille et alla titiller de ses dents un des tétons de Draco tandis que ses doigts jouaient avec l'autre. Draco gémit sans retenue et sentit son pantalon se faire de plus en plus étroit. Graham dut le deviner car il posa la main sur la bosse qui le déformait. Draco glapit et repoussa la main.
- Si tu fais ça, je ne vais pas tenir longtemps...
- Oh, peut-être devrions-nous passer aux choses sérieuses, alors...
- Cela vaudrait mieux, en effet, dit Draco en souriant.
Graham s'empara de nouveau de ses lèvres et le débarrassa de son pantalon. Il retira ensuite le sien et ôta son caleçon ainsi que celui de Draco. Il s'allongea sur ce dernier en faisant vicieusement se rencontrer leurs deux érections. Draco gémit bruyamment et chercha à avoir plus de frictions tout en voulant repousser Graham. Il souhaitait à la fois ressentir plus de plaisir et éloigner le membre de Graham du sien pour ne pas jouir tout de suite.
- Il faut savoir ce que tu veux, se moqua Graham en ondulant du bassin.
- AH ! C'est... c'est de ta faute, ça fait du bien mais je ne veux pas jouir comme ça...
Graham semblait pourtant bien décidé à lui faire atteindre l'orgasme de cette manière puisqu'il continua à créer des mouvements de frictions entre leurs deux sexes. Mais Draco n'était pas du tout de cet avis et il le fit bien comprendre à Graham en le repoussant et en inversant leurs positions. L'air courroucé de Graham le fit sourire.
- Il fallait m'écouter au lieu de jouer avec mes nerfs comme ça, s'amusa Draco.
- Oui bah maintenant je suis frustré...
- Oh, tu ne le seras pas longtemps, ne t'inquiète pas pour ça...
Draco se recula jusqu'à son visage se trouve au-dessus du membre tendu de Graham. Devinant ses intentions, celui-ci essaya d'empêcher Draco de faire ce qu'il avait en tête :
- Non Draco, ne fais pas ça, ce n'est pas comme que je AH !
Draco n'avait pas laissé le temps à Graham de terminer sa phrase et avait directement pris son sexe en bouche. Il se mit à faire aller et venir le pieu de chair entre ses lèvres, faisant gémir Graham malgré lui.
- Draco a... arrête... tu vas me faire jouir...
Ne voulant pas faire venir Graham ainsi et étant ravi d'avoir repris le contrôle de la situation, Draco cessa la fellation qu'il était en train de prodiguer à son petit-ami. Il se coucha à son tour sur Graham mais tout en évitant que leurs membres ne se touchent.
- Tu n'es qu'un vil petit serpent, murmura Graham.
- Si tu veux te soulager, ce sera en moi, point barre, annonça Draco.
- Mais c'est ce qui était prévu.
- Je vais être plus précis, alors : il n'y aura pas de premier round d'abord.
- Tu es bien capricieux, aujourd'hui, taquina Graham. Mais c'est d'accord.
Draco voulut alors reprendre sa position initiale mais Graham l'en empêcha.
- Non, reste comme ça. Écarte juste un peu les jambes.
Bien qu'intrigué, Draco fit ce que lui demandait Graham. Il le vit faire apparaître du gel sur ses doigts et quelques secondes plus tard, un de ces doigts entra en lui. Draco soupira de plaisir. Il trouvait ça étrange de se faire préparer alors qu'il était au-dessus de Graham mais cela ne le dérangeait pas du tout. Il n'était pas contre de nouvelles expériences. Après quelques va-et-vient, un deuxième doigt rejoignit le premier. Graham les fit aller et venir tout en alternant avec des mouvements de ciseaux. Il compléta la préparation avec un troisième doigt et les fit bouger un long moment jusqu'à ce qu'ils percutent la prostate de Draco. Celui-ci faillit jouir sur le coup. Graham retira alors ses doigts. Draco voulut de nouveau s'allonger mais Graham l'en empêcha une fois de plus.
- Tu vas venir sur moi, dit-il. Comme ça, c'est toi qui contrôlera la pénétration. Par contre ça risque d'être un peu plus profond. Mais tu pourras y aller à ton rythme.
Draco acquiesça et se positionna au-dessus du membre de Graham une fois celui-ci lubrifié. Il le guida jusqu'à son anus et le lâcha lorsque le gland commença à entrer en lui. Il grimaça. Même avec une bonne préparation, cette partie était la plus difficile à faire pénétrer. Il ignora pourtant la douleur qu'il ressentit au niveau de son anus et commença à descendre sur le sexe de Graham. Celui-ci le laissa faire et Draco trouva vraiment cela agréable de pouvoir y aller à son rythme. Il sentait le sexe de Graham le remplir et étirer progressivement ses chairs. Au bout d'un moment, il crut l'avoir pris en entier car il le sentait là où il avait l'habitude de le sentir. Mais il restait de l'espace entre ses fesses et les cuisses de Graham.
- Il en reste encore un peu, confirma son petit-ami.
Draco souffla, donna une poussée vers le bas et grimaça en sentant la colonne de chair envahir un territoire encore inexploré. Graham avait vraiment dû le ménager jusque-là. Bon, au moins, cette fois, il était complètement assis sur Graham.
- Prends ton temps pour t'habituer, lui conseilla celui-ci.
Draco lui sourit et se pencha pour l'embrasser. Graham répondit à son baiser et prit en main son sexe qui avait perdu un peu de vigueur à la fin de la pénétration. Il reprit doucement vie entre les doigts experts de Graham tandis que Draco s'habituait à la présence de Graham en lui. Au bout d'un moment, il se souleva et se rabaissa et gémit en même temps que Graham. Il répéta plusieurs fois le mouvement puis il se mit à monter et descendre de plus en plus vite. Les mains de Graham se posèrent sur ses hanches et l'aidèrent dans ses mouvements. Draco tint plusieurs minutes comme ça avant que ses jambes ne commencent à protester. Graham le fit alors basculer sous lui, se retira et se rengaina puissamment en touchant de plein fouet la prostate de Draco qui hurla de plaisir. Il aurait pu jouir s'il ne s'était pas retenu. Graham adopta aussitôt une cadence soutenue en frappant le point sensible de Draco lors de chaque coup de rein. Draco savait qu'il allait avoir mal plus tard mais pour l'instant il s'en fichait car c'était trop bon. Il voulut nouer ses jambes autour de la taille de Graham mais celui-ci les prit au même moment pour les poser sur ses épaules. Il se retira et replongea en lui d'un coup, s'enfonçant plus loin et faisant crier Draco d'extase. Encouragé, Graham reprit ses coups de rein fort et rapides et martyrisa sans relâche la prostate de Draco. Il ignorait comment il avait fait pour tenir jusque-là mais il sentit l'orgasme qui approchait à grands pas. Graham dut le deviner – ou alors il sentait la jouissance venir lui aussi – car il prit le sexe de Draco en main et le masturba sur le même rythme que ses va-et-vient en lui. Il ne leur fallut que quelques minutes de plus pour atteindre l'orgasme dans un même cri de plaisir. Draco jouit entre les doigts de Graham alors qu'il sentit son petit-ami se déverser en lui. Il effectua de lents va-et-vient avant de s'immobiliser et de retomber sur Draco qui poussa un faible gémissement. Graham pesait une bonne dizaine de kilos de plus que lui. Mais il était trop pris dans son orgasme pour songer à protester. Ils mirent un peu de temps à retrouver leurs esprits, puis Graham se retira doucement avant de lancer un sort de nettoyage. Il s'allongea à côté de Draco, le prit dans ses bras et lui murmura un «Je t'aime» à l'oreille. Alors que ça aurait dû lui faire plaisir, cela rendit Draco extrêmement mal à l'aise. Il aurait voulu lui répondre «Moi aussi» mais il en fut incapable. Non pas par pudeur, mais parce que cela n'aurait pas été sincère. Il refusait de l'admettre mais il sentait bien, au fond de lui, qu'il n'était pas amoureux de Graham. Il aimait ce qu'il lui apportait mais il ne l'aimait pas lui. Il se sentait bien avec lui et il le désirait suffisamment pour pouvoir avoir des rapports avec lui et y prendre du plaisir. Mais il n'était pas amoureux. Et il était tout aussi incapable de le dire à Graham. Parce qu'il avait peur qu'il le quitte s'il apprenait que ses sentiments n'étaient pas partagés. Et c'était tout ce craignait Draco. Il ne voulait pas que Graham l'abandonne. Il ne le supporterait pas. Il avait besoin de lui. Il savait que cette relation n'était pas saine puisqu'il sortait avec Graham pour de mauvaises raisons mais il était déjà trop empêtré pour s'en défaire. Même s'il le voulait, il ne pourrait pas mettre fin à cette relation. Il y tenait trop. Tant qu'il ne faisait pas souffrir Graham, c'était le principal. Pour l'instant, ils étaient tous deux heureux ensemble et c'était tout ce qui comptait pour Draco. Graham ne sembla pas se formaliser de son absence de réponse et le serra un peu plus fort contre lui. Draco soupira de bien-être. Oui, tout allait vraiment très bien.
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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! =) Pas de POV Harry dans celui-là car il fallait le laisser se reposer mais c'est lui qui commencera le suivant :) On se retrouve donc vendredi pour le prochain chapitre qui s'intitulera «Confessions, réconciliation et interrogations» =) Bisous tout le monde !
