Hello tout le monde ! On se retrouve aujourd'hui pour le trente-quatrième chapitre de SAMLP =)
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ccassandre24 : Rien n'est laissé au hasard XD Il y a des choses qui ont pu passer inaperçues et qui ont pourtant leur importance :) Entre Ron et Pansy, ça va être parfois simple, parfois pas simple XD Il était temps que le problème Viktor soit réglé XD Il encombrait l'esprit de Hermione alors qu'il n'est même pas là physiquement x) «Emily» et «obstacle» sont une seule et même définition XD Ah mais Justin ne sait clairement pas ce qu'il veut et ce n'est pas fini, bien au contraire XD Je pense qu'il va y avoir des envies de claques à son égard x) En ce qui concerne la structure de cette histoire, je vais effectivement faire un tome par année jusqu'à la fin de la septième année de Harry, Ron, Hermione, Draco, Théo et compagnie. Ensuite, il y aura un tome «Post-Poudlard», voire plus si besoin :)
Butterfly Fictions : Entre Draco et Severus, il y aura certaines choses attendues dans ce chapitre :) Pour Severus et Tonks, il va falloir attendre un petit peu XD Severus va vraiment accompagner Harry pendant toute sa convalescence, et même après :) Harry veut effectivement s'en sortir et ça va beaucoup l'aider, même si tout ne sera pas simple :) Hé oui, il se pourrait bien que Harry pense un peu trop à son binôme, et pas de la même façon qu'avant XD Bon, c'est très léger pour l'instant, il n'est pas prêt à s'imaginer en couple avec qui que ce soit XD Harry va avoir besoin de plus de temps que cela pour retourner en cours, surtout psychologiquement parlant, il faut que ça aille mieux pour qu'il puisse envisager de reprendre une vie normale :) Justin refuse de voir la réalité en face, il préfère penser qu'il est hétéro et amoureux d'Emily même si pour ça il doit s'enfoncer dans une relation qui ne lui convient pas :/ Les problèmes au sein de la famille de Justin n'ont pas une très grande importance, mais ça doit être une crasse qu'a fait un membre de la famille de la mère de Justin à un membre de la famille du père de Justin ou vice-versa :) Un truc bateau mais qui crée des tensions :/ Pas de bataille de boules de neige de prévues pour ces vacances-là XD Mais c'est une idée pour les prochaines XD Harry va en effet voir du monde durant ces vacances, elles vont un peu servir à ça, en fait XD Draco va rester borné jusqu'au bout concernant son couple avec Graham :/ Pour Ron et Pansy, il va falloir attendre la rentrée car Pansy passe les vacances chez elle XD Oui Graham avait besoin de quelqu'un pour le conseiller et Pansy semble être parfaite pour ça :) Ça va bouger entre Hermione et Terry, promis XD Contente que le moment entre Ron et Hermione t'ait plu ! *-*Les paris sont ouverts pour une possible nouvelle rupture entre Justin et Emily XD Comme Emily passe les vacances chez elle aussi, s'ils doivent rompre, ce sera par lettre et je doute que ce soit leur genre XD
Zackos : Oui oui, Harry va parler de tout XD Mais ça va prendre du temps car il a trop de choses à dire XD Severus va s'occuper du cas de la psychomage mais ça va aussi demander du temps pour diverses raisons :/ Désolée pour la répétition du mot «match», je les évite normalement, celle-là a dû passer à la trappe, peut-être parce que je m'étais levée à 5 heures du matin XD Il se peut aussi que c'était fait exprès pour un souci de compréhension, faudrait que je vois ça XD Ça va finir par s'apaiser pour Hermione XD Alors, pour le nombre de chapitres, je pense que dans ce tome, il y aura environ 75 chapitres :) Je suis en train d'écrire le 51ème, je suis au début du mois de mars, il reste quatre mois donc je vais essayer de les couvrir avec 24 chapitres, sinon ce sera 80 chapitres :) Oui, ce chapitre pouvait paraître un peu lent parce qu'il n'y a pas beaucoup d'action mais il y a des fois où c'est nécessaire :)
Gryffondor : La première chose dont devait parler Harry était clairement sa séance avec l'autre folle de psychomage qui ne mérite pas ce titre, en effet :/ Elle n'est plus faite pour ce métier, mais elle ne va pas s'en sortir comme ça, même si ça doit prendre du temps XD Oui, Severus aurait largement préféré que Harry soit devenu bon en potions pour une autre raison :/ Mais il va l'aider et l'accompagner bien au-delà de sa convalescence :) Graham commence effectivement à comprendre que Draco ne l'aime pas et que leur relation n'est pas très saine :/ Il est plus lucide que Draco et a pris une décision pour le bien de celui-ci en dépit de ses propres sentiments :/ C'est une preuve d'amour, en soi, puisqu'il est prêt à sacrifier ses sentiments pour rompre avec Draco si cela s'avère nécessaire :/ Pour Ron et Pansy, ça se décantera un peu après la rentrée :)
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Merci à vous tous pour vos reviews ! =) Et merci à tous ceux qui suivent toujours cette histoire =) Ça fait vraiment plaisir, ça donne du baume au coeur *-* Je vous laisse avec le nouveau chapitre et je vous souhaite une bonne lecture ! =)
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Warning : Ce chapitre contient une scène sexuellement explicite.
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34 – Un début de vacances compliqué
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(samedi 16/12) POV Severus
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Severus ignorait pourquoi mais il sentait que les vacances allaient être mouvementées. Du moins, celles des élèves et des autres professeurs puisque lui, cela faisait déjà une semaine qu'il était en vacances. Même si ça n'en était pas vraiment, étant donné qu'il continuait à s'occuper de Potter. Mais c'était loin d'être aussi fatigant que ce à quoi il s'attendait. Potter était bien plus facile à vivre que ce qu'il aurait cru. En fait, si Severus n'avait pas à s'occuper de lui, il ne remarquerait même pas sa présence. Au début, il trouvait ça bien. Mais la discrétion de Potter l'avait vite intrigué. C'était comme s'il voulait se faire oublier aux yeux de Severus. Il ne parlait jamais spontanément. Lorsqu'il y avait un problème, il ne le disait pas de lui-même. Il fallait toujours que Severus s'en aperçoive et qu'il lui pose la question pour que Potter lui dise ce qui n'allait pas. Severus pensait alors que Potter ne se sentait peut-être pas à l'aise chez lui mais la veille, il avait surpris le Gryffondor en train de faire la vaisselle juste après le déjeuner. Severus en était resté comme deux ronds de gallion. Une fois remis de sa surprise, il avait demandé à Potter ce qu'il faisait. Le Gryffondor avait presque hurlé de peur et avait lâché le tas de couverts qu'il tenait à la main. Il s'était excusé d'avoir dérangé Severus et avait assuré qu'il avait pourtant essayé de ne pas faire trop de bruit. Severus n'avait pas su quoi répondre tellement il était dépassé par la situation. Il avait eu l'impression de faire face à un elfe de maison qui s'excusait d'avoir perturbé la tranquillité de son maître. Ce sentiment lui avait fait froid dans le dos. Avec toute la douceur dont il était capable, il avait demandé à Potter de laisser tomber la vaisselle – au sens figuré, bien sûr – et de faire autre chose. Comme il n'était pas encore fatigué, Potter avait décidé de commencer à lire les cours qu'il avait manqués. Severus lui en avait donné l'autorisation, le trouvant assez en forme pour cela. Mais il lui avait imposé une limite : deux heures maximum et ensuite il devait se reposer. Potter avait accepté sans broncher. Severus aurait dû être satisfait de le voir obéir ainsi mais ce n'était pas le cas. Il ne trouvait pas ça normal. D'accord, Potter voulait se faire discret, d'accord, il avait sûrement été habitué à obéir à Pucey au doigt et à l'oeil mais cela n'expliquait pas tout... Severus sentait que quelque chose lui échappait à ce sujet. Il allait devoir en parler avec Potter. Mais plus tard. Là, ils étaient encore sur ce qui s'était passé lors de la troisième tâche du tournoi des trois sorciers. Severus estimait qu'ils étaient arrivés presque au bout de ce sujet. Il y avait juste un élément qui retenait encore son attention. Il préférait le garder pour la fin avant de passer à un autre sujet. À savoir sa relation avec Pucey.
Potter était actuellement en train de se reposer tandis que Severus préparait des potions. Alors qu'il faisait des potions d'hydratation, il entendit quelqu'un frapper à sa porte. Il alla ouvrir et fut surpris de tomber sur son remplaçant.
- Horace, dit-il en faisant un signe de tête. Qu'est-ce qui vous amène ?
- Je dois vous parler de trois élèves de Serpentard.
- J'aurais dû m'en douter. De qui s'agit-il ?
- De M. Malfoy, de M. Montague et de Miss Hodge. Je les ai surpris en pleine activité amoureuse dans une salle de classe cette semaine mais je ne sais plus quel jour car c'étaient deux jours différents. J'avais oublié à quel point les adolescents étaient guidés par leurs hormones...
- Vous vous y referez très vite, je peux vous le garantir. Il ne se passe pas une ronde sans qu'on ne découvre des élèves en train de s'embrasser dans un endroit inapproprié du château. Mais je préfère encore tomber sur ça que sur des trafics de potions droguées.
- Je n'en ai pas encore vu. D'après ce que j'ai entendu dire, les vendeurs se font assez discrets.
- Oui, on arrive quand-même à en coincer mais ils sont trop nombreux et la moitié d'entre eux sont vraiment discrets. Mais nous ne désespérons pas et nous continuons à nous battre. Aviez-vous autre chose à me signaler ?
- Non, c'est tout. Je n'ai pas encore commencé à corriger les devoirs que les élèves devaient rendre cette semaine. Je m'y mettrai dans la journée, je pense. Je vais y aller, d'ailleurs. Passez une bonne fin de journée.
Severus souhaita de même à son collègue et le raccompagna jusqu'à la porte. Puis il se rendit au salon afin de rédiger un mot à l'adresse de Draco lui signifiant qu'il souhaitait le voir le jour-même à dix-sept heures. Il plia le bout de parchemin et l'enchanta afin qu'il parvienne jusqu'à Draco. C'était lui que Severus voulait voir en priorité. Il attendrait le lendemain pour convoquer M. Montague et Miss Hodge. Heureusement, cette année-là, tous deux passaient les vacances de Noël à Poudlard. Une fois le mot envoyé, Severus alla retrouver ses potions et resta dans son laboratoire pendant un peu plus d'une heure. Après avoir rempli une vingtaine de fioles de potions d'hydratation, il retourna au salon, sachant que Potter n'allait pas tarder à se lever. Il arriva effectivement dix minutes plus tard. Comme d'habitude, Severus lui laissa une demie-heure pour émerger avant de commencer leur séance quotidienne.
- Êtes-vous prêt pour la séance d'aujourd'hui ? demanda Severus.
- Oui, professeur.
- Bien. Hier, nous avons longuement parlé de la renaissance de Vous-Savez-Qui et de ce que cela vous avait inspiré. Estimez-vous avoir fait le tour du sujet ou souhaitez-vous en parler davantage ?
Potter secoua la tête.
- Y a-t-il autre chose dont vous voudriez me parler à propos de ce qui s'est passé ce jour-là ?
Potter sembla réfléchir un peu avant de répondre :
- Oui mais c'est quelque chose d'assez confus.
- Ces séances servent justement entre autres à éclaircir toutes les zones d'ombre, rappela doucement Severus. Ce n'est pas grave si on doit y passer plusieurs séances. Le principal est de parler de tout ce qui vous tracasse. Alors prenez tout votre temps pour vous lancer.
- En fait c'est surtout que c'est contradictoire... Ça concerne les Mangemorts. En tuant leur Maître, je les ai un peu poussés à partir en cavale. Ils n'avaient aucune chance de s'en sortir. Tôt ou tard, ils allaient se faire attraper. Et je sais que la plupart d'entre eux ont des enfants. Je me sens donc un peu responsable d'avoir privés ceux-ci de leur père... Mais en même temps, ça me rendait malade de savoir ces Mangemorts en liberté. Pour moi leur place est à Azkaban. Ils ont commis des choses atroces et ils étaient au service de celui qui voulait me tuer, alors je n'avais pas très envie qu'ils aillent je ne sais où pour y faire leur vie sans jamais payer pour ce qu'ils avaient fait... Mais ça ne m'empêche pas de m'en vouloir pour leurs enfants. Surtout que c'est en grande partie à cause du fait que son père avait été obligé de partir en cavale que Draco a été infect avec moi pendant plusieurs semaines après la rentrée... Il m'a bien fait comprendre que j'étais responsable de son mal-être mais il s'est excusé par la suite quand il s'est remis en question sur son comportement. Je lui ai pardonné mais ses paroles sont restées gravées en moi. Et depuis je m'en veux.
Potter se tut sur ces mots. Severus resta silencieux un moment.
- Vous savez ce que je vais vous dire.
- Oui, que je ne suis pas responsable, murmura Potter.
- Exactement. Vous le savez mais votre sentiment de culpabilité prend le dessus. Il faut que vous compreniez que ce n'est pas vous qui avez poussé ces personnes à devenir des Mangemorts. Elles ne peuvent s'en prendre qu'à elles-mêmes. Vous n'avez pas tué Vous-Savez-Qui pour que ces personnes se retrouvent à Azkaban. Vous avez tué Vous-Savez-Qui pour vous défendre. Si vous ne l'aviez pas fait, le monde sorcier serait de nouveau sous la menace de ce mage noir qui sèmerait la peur et la zizanie à l'heure actuelle. Les Mangemorts seraient encore en liberté et ils continueraient à torturer et à tuer des gens. Vous l'avez dit vous-même : leur place est à Azkaban. Et puis dites-vous que leurs enfants seraient sûrement devenus des Mangemorts à leur tour si vous n'aviez pas débarrassé notre monde de vous Vous-Savez-Qui. Certes, ils doivent être déprimés de savoir leurs pères derrière les barreaux mais c'est beaucoup mieux pour eux ainsi. Pensez-vous vraiment que c'était sain pour eux d'avoir un père, voire des parents, qui tuaient des gens sans le moindre scrupule ? Pensez-vous que c'était une vie saine pour des adolescents ?
- Non.
Potter avait répondu sans même réfléchir tellement cela avait l'air de lui paraître évident. Severus vit qu'il semblait déjà bien plus apaisé. Visiblement, il y avait des choses auxquelles il n'avait pas pensées. Ou qu'il savait mais qu'il avait besoin d'entendre pour ne plus se sentir coupable. Ces séances étaient une véritable thérapie pour lui. Elles l'aidaient et lui faisaient beaucoup de bien. Severus ne regrettait absolument pas d'avoir pris en main son rétablissement physique et psychique. Voir Potter aller mieux valait bien le temps sacrifié qu'il lui consacrait.
- Donc vous n'avez rien à vous reprocher, conclut Severus. Est-ce que c'est bien clair pour vous ?
- Oui, dit sincèrement Potter.
- Bien. Y a-t-il encore autre chose dont vous souhaiteriez me parler à propos de ce jour-là ?
- Non.
- Vous m'avez dit que vous aviez vu et entendu vos parents. Ressentez-vous le besoin d'en parler ?
- C'est grave si je vous dis «non» ?
- Tant que c'est la vérité, non, ce n'est pas grave du tout, assura Severus.
Potter sembla mal à l'aise.
- Mais ce sont mes parents... Quand je les ai vus, oui, ça m'a fait quelque chose, mais... c'est tout. Ça ne m'a pas remué au point que je doive en parler. Et ce n'est pas du tout comme si je refoulais. En fait c'est ça qui me gêne. Je ne trouve pas ça normal.
- Cela s'explique tout simplement par le fait que vous avez fait votre deuil depuis longtemps. Vous n'avez pas à vous en vouloir de ne pas ressentir de la peine en y pensant. Vous n'auriez pas été le seul à réagir comme ça. Vous pouvez me croire, vous n'avez aucune culpabilité à avoir pour ça.
Potter acquiesça, l'air rassuré et détendu. Bon, c'était visiblement une bonne chose d'avoir eu une mini discussion à ce sujet.
- Vous n'avez rien d'autre à me dire ?
- Non. On a vraiment fait le tour, je crois.
- Presque, en effet.
Potter fronça les sourcils.
- Presque ?
- Oui, il y a un élément que vous avez très brièvement abordé et sur lequel nous ne sommes pas arrêtés. Je m'attendais à ce que vous en parliez de vous-même mais vous ne l'avez pas fait. Ce n'est pas un reproche, je vous le dis tout de suite. Mais cela me surprend car c'est important que nous en discutions. Pensez-vous savoir de quoi je veux parler ?
Potter ne répondit pas mais l'anxiété plus que visible sur son visage parlait pour lui. Cela confirma ce que Severus pensait : Potter avait délibérément omis d'en parler.
- M. Potter, je sais que c'est difficile mais il faut que vous me parliez de ce que vous avez ressenti lorsque vous avez vu M. Diggory se faire tuer devant vous.
- Non, je ne veux pas en parler, répliqua sèchement Potter.
- Pourquoi ? demanda calmement Severus.
- Parce que je ne veux pas, c'est tout.
Potter s'était tendu comme un arc. Il s'excusa néanmoins rapidement pour ce qu'il venait de dire :
- Désolé, ce n'était pas contre vous. Je sais que vous voulez simplement m'aider, vous le faîtes très bien et je ne vous remercierai jamais assez pour tout ce temps que vous m'accordez. J'ai toujours l'impression que ce n'est qu'un rêve, que je vais finir par me réveiller et me rendre compte que rien n'a changé, que je ne suis pas chez vous et que je ne vous ai jamais parlé de tout ce que j'avais sur le coeur... Je vous avais dit qu'il y avait des choses dont je ne pourrai pas vous parler et ce sujet en fait partie. En fait, il n'y a que ça dont je ne peux pas parler, je crois.
- Je comprends, dit Severus en hochant la tête. Vous dites que vous ne pouvez pas en parler mais est-ce que vous en avez envie ? Est-ce que vous en ressentez le besoin ?
- Je ne sais pas, je... je sais que je dois en parler mais... ça me paraît juste impossible. Pourtant je suis bien conscient que ça me ferait du bien mais je ne peux pas. Il faudrait que je vous dise quelque chose mais je n'en ai pas le droit et c'est là tout le problème... Je sais que vous ne diriez rien mais... c'est vraiment compliqué.
- Je vois ça. Que voulez-vous dire par «je n'en ai pas le droit» ?
- C'était quelque chose qu'il ne voulait pas ébruiter. Je ne veux pas trahir sa mémoire.
- Je pense qu'il ne vous en voudrait pas de le dire si ça peut vous aider à aller mieux. Il ne voudrait certainement pas que vous gardiez ça pour vous alors que ça vous fait du mal et que vous avez besoin d'en parler. Comme vous l'avez si bien dit, je ne dirai rien. Ça restera entre ces murs. Vous ne trahirez pas sa mémoire, je vous le promets.
Les épaules de Potter s'affaissèrent d'un coup. Les mots de Severus l'avaient brusquement détendu. Encore une fois, c'était quelque chose que Potter avait besoin d'entendre. Il garda le regard rivé sur ses mains un long moment avant de le lever vers Severus. Ce dernier y lit alors de la détermination.
- Je veux bien en parler. Mais je ne pourrai pas vous le dire de moi-même.
- Est-ce quelque chose que vous pourriez me montrer ?
- De façon détournée, oui. Vous comprendrez tout de suite.
- Donc vous souhaitez avoir de nouveau recours au visionnage d'un souvenir par Occlumancie inversée ?
Potter acquiesça.
- Nous pouvons procéder ainsi, affirma Severus. Il semblerait que ce soit une méthode qui porte ses fruits avec vous. Vous êtes sûr que cela vous permettrait de vous lancer ?
- Oui. Il n'y a que ce moyen qui m'y aiderait. Mais... je ne veux pas faire ça tout de suite. J'ai besoin d'un peu de temps pour m'y préparer.
- Il n'y a aucun problème, vous prendrez le temps qu'il vous faudra, assura Severus. Vous me direz quand vous vous sentirez prêt. Vous avez fait la démarche d'accepter d'en parler et c'est déjà un très grand pas. Nous allons nous arrêter là pour aujourd'hui. Demain il n'y aura pas de séance, puisque vous devez voir votre parrain et votre directeur de maison. Ce sera une vraie journée de repos pour vous.
- Mais je ne fais que ça, me reposer, lâcha Potter, perplexe.
- Oui mais ces séances vous épuisent psychologiquement parlant. Ce ne doit pas être une partie de plaisir pour vous.
- Je ne m'y sens pas du tout obligé et ça me fait du bien, répliqua Potter. Je ne peux même pas dire que je préférerais passer des vacances normales dans ma salle commune, dans mon dortoir, dans la Grande Salle en compagnie de mes amis puisque ce n'est pas entièrement vrai. Je ne me sens pas du tout prêt à me retrouver dans ma salle commune. Je suis beaucoup trop instable pour ça.
- Je suis ravi de vous entendre dire tout cela. Le retour dans votre salle commune et dans votre dortoir n'est pas prévu pour tout de suite, je vous rassure. Avant de vous laisser tranquille, j'ai une question à vous poser. Draco doit venir ici à dix-sept heures. Est-ce que vous souhaitez le voir ?
Un dilemme sembla s'imposer dans l'esprit de Potter. Après un moment d'hésitation, il finit par faire une moue triste et résignée.
- J'aurais bien aimé mais c'est un tout petit peu trop tôt.
- C'est ce que je pensais aussi. Je préférais quand-même vous demander. Vous pouvez disposer ou rester ici si vous le souhaitez.
- Puis-je lire un peu mes cours ?
- Si vous vous sentez suffisamment en forme, oui, vous pouvez. Mais pas plus de deux heures et demie.
- Ce n'est plus deux heures ?
- Il faut que vous retrouviez petit à petit un rythme normal. Je pense donc qu'on va augmenter chaque jour votre temps de travail d'une demie-heure. Il faut que vous soyez dans les meilleures conditions possibles lorsque vous reprendrez les cours. Et ça, ça se prépare en amont. Cela signifie que vous passerez de moins en moins de temps à dormir durant la journée.
- Tant mieux, ça faisait du bien au début parce que j'en avais besoin mais je commence un peu à me lasser. Je veux m'occuper.
- C'est pour cela que je vous autorise à travailler un peu plus longtemps, dit Severus en souriant.
- Merci, professeur. J'y vais, alors. Je reviendrai pour le dîner.
- C'est ce que j'escomptais. Travaillez bien.
Potter acquiesça et quitta le salon. Severus resta un moment pensif. Il n'aurait jamais cru que cela se passerait aussi bien avec Potter. Tout était incroyablement simple. Mais c'était très bien ainsi.
En attendant son rendez-vous avec Draco, Severus fit un peu de rangement. Il mit surtout de l'ordre dans son courrier. À dix-sept heures précises, il entendit des coups frappés à la porte. Il alla ouvrir et tomba sans surprise sur Draco.
- Bonjour, tu voulais me voir ?
- Oui, entre.
Draco pénétra dans les appartements et suivit Severus jusqu'au salon. Une fois tous deux assis, Severus prit la parole :
- Je t'ai convoqué car en début d'après-midi, j'ai reçu la visite du professeur Slughorn. Il m'a fait part d'un incident qui avait eu lieu cette semaine. Vois-tu de quoi je veux parler ?
- Si c'est à propos de certains baisers échangés dans une salle de classe vide, je n'étais pas seul. Je ne vois donc pas pourquoi je suis le seul à être convoqué.
- Parce que le professeur Slughorn m'a donné uniquement le nom des Serpentard concernés. Oui, je dis bien «des», car en une semaine, il a surpris trois Serpentard en pleine séance de bécotage dans une salle de classe.
- Et il ne t'est pas venu à l'esprit qu'il ait pu surprendre deux Serpentard ensemble ?
Severus fronça les sourcils.
- Tu étais avec Miss Hodge ?
- Non, pas du tout.
- Alors tu étais forcément avec quelqu'un d'une autre maison puisque le professeur Slughorn ne m'a parlé que de toi, de Miss Hodge et de M. Montague.
- Ok, donc si je comprends bien, j'aurais pu être avec Hodge mais pas avec Graham ?
Severus regarda Draco avec perplexité.
- Tu étais avec M. Montague ?
- Aussi étonnant que cela puisse paraître, oui, j'étais avec lui.
Severus resta un moment surpris avant de soupirer.
- Écoute, Draco, je n'ai rien contre le fait que tu t'adonnes à de nouvelles expériences mais il y a des dortoirs, pour ça ! Surtout que c'était simple pour vous d'aller dans le dortoir de l'un ou de l'autre vu que vous faites partie de la même maison...
Draco secoua la tête tout en fixant Severus droit dans les yeux.
- Tu es vraiment à côté de la plaque, Severus, lâcha-t-il. En plus de ne jamais être là quand il faut, tu ne vois même pas la vérité quand elle est juste devant toi. Ce n'était pas qu'une expérience, Severus. Je sors avec Graham. Je suis gay. J'aime les garçons. Hodge se serait mise nue devant moi que ça ne m'aurait fait ni chaud ni froid.
Severus fut tellement choqué qu'il resta plusieurs secondes sans réagir.
- Tu... tu es gay ? finit-il par demander.
- C'est ce que je viens de te dire, oui. Pourquoi ? Ça te dérange ?
Hébété, Severus ne répondit pas tout de suite. Le sourire moqueur de Draco s'effaça alors lentement.
- Attends... ça te dérange ?
Si, la première fois, Draco avait posé cette question sur un ton provocateur, là, il l'avait posée un ton bien plus sérieux. Il avait l'air soudain inquiet et le manque de réaction de Severus n'arrangea pas les choses.
- Severus, réponds-moi... Ça te pose un problème que je sois gay ? insista Draco, la voix brisée.
Severus savait qu'il devait répondre, qu'il devait le rassurer, lui dire que non, ça ne lui posait aucun problème – car c'était la vérité – mais il était incapable de produire le moindre son. Draco en tira alors les conclusions que n'importe qui en aurait tiré. Il se leva brusquement.
- Ok, ne t'en fais pas, j'ai compris. Je ne te croyais pas comme ça, Severus. Mais au moins cette fois c'est clair : je ne peux vraiment plus compter sur toi. Au revoir, professeur.
Draco cracha presque le dernier mot et s'en alla. Severus ne reprit ses esprits que lorsqu'il entendit la porte d'entrée se refermer en claquant. Il voulut appeler Draco mais c'était trop tard. Il était parti. Severus regretta de l'avoir laissé partir sans rien faire. Mais il avait trop été choqué pour faire ou dire quoi que ce soit. Ce n'était pas le fait d'apprendre l'homosexualité de Draco qui l'avait choqué mais le fait de n'avoir rien vu alors qu'il avait eu des indices. Il s'en fichait totalement que Draco soit hétéro, gay ou bi ! Ça n'avait aucune importance pour lui. Et il ne voulait pas que Draco croit que ça lui posait un quelconque problème. Mais c'était pourtant ce que pensait Draco en ce moment-même. Severus se fustigea d'être resté dans son mutisme. Il avait blessé Draco alors que c'était bien la dernière chose qu'il souhaitait faire. Il l'avait tellement blessé que... Non, ce n'était pas possible. Draco ne l'avait pas quand-même pas appelé professeur ? Il était pourtant sûr que oui. Il n'avait pas pu inventer ça. Cette pensée acheva de le démoraliser. Cette fois, il avait vraiment perdu Draco. Non, il ne pouvait pas se résoudre à cette idée. Il pouvait forcément recoller les morceaux. Il allait lui laisser du temps et d'ici quelques jours, il essaierait de lui parler. Severus n'allait pas baisser les bras comme ça. Il tenait à Draco plus que tout au monde et il était bien décidé à se rattraper auprès de lui.
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(dimanche 17/12) POV Harry
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Harry était stressé. Sirius et Remus devaient venir lui rendre visite deux heures plus tard et il appréhendait énormément ce moment. Il craignait qu'ils lui en veuillent, même si le professeur Snape lui avait assuré qu'il n'avait pas à s'en faire pour cela. Harry voulait le croire mais il ne pouvait s'empêcher d'avoir peur. C'était plus fort que lui. Il s'était éloigné de Sirius et de Remus et il leur avait menti lorsqu'il leur disait qu'il n'avait pas le temps de les voir. Ils s'étaient inquiétés pour lui, l'avaient tous deux convoqué et malgré cela, il ne leur avait rien dit. Il les avait tenus à l'écart de ses problèmes alors qu'il aurait dû se confier à eux. Ils avaient toutes les raisons de lui en vouloir. Mais il n'y avait pas que ça. Harry savait que Sirius et Remus étaient au courant de ce que lui avait fait Adrian. Il avait peur qu'ils le regardent avec pitié même si, là encore, le professeur Snape lui avait dit que ce ne serait pas le cas. Harry craignait aussi que ni lui, ni Sirius, ni Remus ne sachent quoi dire. Qu'un malaise s'installe, perdure et s'éternise entre eux. En fait, il ne savait pas à quoi s'attendre et cela l'effrayait.
Pour passer le temps et penser à autre chose, il avait décidé de s'atteler à son cours d'histoire de la magie. Les cours lui manquaient tellement que n'importe quelle matière le rendait heureux. En plus il adorait l'écriture de Draco. Ce fut donc avec un certain entrain qu'il prit le cours qu'il avait choisi de rattraper. Il fut surpris de voir une écriture différente de celle qu'il avait l'habitude de voir. C'était une écriture tout aussi jolie mais encore plus soignée que celle de Draco. Il était sûr de l'avoir déjà vue mais impossible de se souvenir à qui elle appartenait. Il était un peu déçu mais il se dit que le plus important, c'était le cours en lui-même. Il se mit donc à le lire mais il était tellement intrigué par ce changement d'écriture qu'il ne parvint pas à se concentrer. De plus, il se demandait pourquoi ce n'était pas le cours de Draco qu'il avait. Il décida d'aller voir le professeur Snape, sachant qu'il aurait sûrement les réponses à ses questions. Il sortit donc de la chambre qu'il occupait et se rendit au salon. Il y trouva le professeur Snape en train de rédiger une lettre. Ne souhaitant pas le déranger, il fit demi-tour. Mais Snape l'avait vu :
- Vous vouliez quelque chose, M. Potter ?
Harry se retourna, mal à l'aise.
- Oui mais ce n'est pas très important, je reviendrai plus tard.
- Qu'est-ce qui vous empêche de m'en parler maintenant ?
- Eh bien... vous êtes occupé.
- Non, je m'occupe, nuance. Cette lettre n'a absolument rien d'urgent. Et je ne veux pas que vous vous empêchiez de venir me voir parce que vous pensez que je suis occupé sans me demander si je le suis réellement. Alors je vous écoute.
Résigné, Harry s'avança et posa son cours sur la table, juste devant le professeur Snape.
- Jusque-là, les cours que j'ai lus, à savoir la métamorphose, les sortilèges et la Défense Contre les Forces du Mal étaient ceux de Draco. Or, là, le cours d'histoire de la magie est celui de quelqu'un d'autre. Je me demande donc qui c'est et pourquoi je n'ai pas le cours de Draco.
- Draco n'a jamais été très bon en histoire de la magie. Il aura sûrement voulu vous donner un cours meilleur que le sien.
Le professeur Snape prit les parchemins et sembla vite reconnaître l'écriture.
- Il a demandé à Théodore Nott de lui passer son cours pour vous le transmettre. Connaissant M. Nott, il aura voulu lui-même recopier son cours afin d'alléger le travail de Draco.
- Oh...
Harry se sentit tout de suite moins déçu de ne pas avoir le cours de Draco. Avoir celui de Théo lui convenait tout aussi bien.
- Merci, professeur.
- Lorsque vous reprendrez les cours, vous me ferez cinq heures de colle pour les cinq minutes pendant lesquelles vous m'avez dérangé.
Harry leva les yeux au ciel mais ne put retenir un sourire. Il s'apprêtait à partir mais un détail retint son attention. Ce n'était pas la première fois depuis qu'il était chez Snape qu'il remarquait que ce dernier appelait Draco par son prénom. Cela aussi l'intriguait mais, pour le coup, il avait vraiment peur d'être indiscret s'il lui posait la question.
- M. Potter, si vous avez autre chose à me dire ou à me demander, faites-le, je ne vais pas vous manger.
- Je sais mais... ça ne me regarde pas, alors j'ai un peu peur de votre réaction...
- Dites toujours.
- Ça concerne Draco. J'ai remarqué que vous l'appeliez par son prénom. Alors que vous avez plutôt l'habitude d'appeler les élèves par leur nom de famille... Mais je comprendrais que vous ne voulez pas me dire pourquoi.
- S'il n'y avait que moi, je vous le dirais mais il me faut l'accord de Draco. Vous pourrez lui poser la question quand vous le verrez. Dites-lui que je suis d'accord pour qu'il vous le dise et je pense qu'il vous répondra.
- Très bien. Merci, professeur.
Harry quitta le salon et retourna dans la petite pièce qui lui servait de chambre. Il l'aimait beaucoup. Elle était simple mais il y avait tout ce qu'il fallait. Snape avait vraiment fait des efforts pour qu'il se sente à l'aise. En même temps, il valait mieux qu'il y soit bien car il allait rester un petit bout de temps chez Snape. Si tout se passait bien, il devait déménager quatre jours plus tard chez Sirius et Remus et passer le reste des vacances chez eux. Même s'il n'était pas directement concerné, il était hyper heureux que les vacances durent une semaine de plus par rapport à d'habitude. Normalement, il aurait dû attendre le samedi suivant pour déménager chez Sirius et Remus. Mais étant donné que les vacances étaient avancées et qu'il était prêt à aller chez Sirius et Remus, Snape avait décidé de l'y envoyer plus tôt que prévu. Il allait donc passer deux semaines et demie avec Sirius et Remus et cela allait leur faire le plus grand bien. La veille de la rentrée, il retournerait chez Snape, puisque Sirius et Remus allaient devoir reprendre les cours. Il resterait chez Snape jusqu'à ce qu'il puisse retourner en cours. D'ici là, il passerait les week-end chez Sirius et Remus. Tout était savamment organisé et cela convenait très bien à Harry.
Il se réinstalla sur son lit et reprit sa lecture du cours d'histoire de la magie. Cette fois, il parvint à se concentrer. Le cours de Théo était très intéressant. Il était aussi très complet. Tellement complet que Harry avait l'impression que Théo écrivait absolument tout ce que le professeur Manley disait. Et il en disait, des choses. Harry, lui, essayait de noter autant de choses qu'il le pouvait mais son cours devenait vite désordonné et vide de sens. Le cours de Théo, lui, était parfaitement clair et très bien construit. Harry admirait beaucoup le travail de son ami.
Il travailla ainsi pendant près d'une heure et demie. Peu avant dix-sept heures, il quitta sa petite pièce et retourna au salon. Il était nerveux et Snape le remarqua très vite.
- Cela va bien se passer, ne vous inquiétez pas, assura-t-il.
- Mais je ne sais même pas quoi leur dire, protesta Harry.
- Déjà, «bonjour».
Harry se retint de jeter un regard noir à son professeur. Ce n'était pas très gentil de se moquer de lui ainsi.
- Laissez-les parler en premier. Même si ce sera difficile pour eux aussi, ils seront quand-même un peu plus à l'aise que vous.
- D'accord.
Harry voulut poser une question à Snape mais des coups frappés à la porte l'en empêchèrent. Snape alla ouvrir et revint quelques secondes plus tard avec Sirius et Remus. Lorsque leur regard se posa sur Harry, celui-ci leur sourit timidement.
- Je vous laisse, j'ai des potions à préparer, informa Snape. J'ai fait du thé, si vous en voulez. Il est sur la table.
Snape s'en alla sur ces mots. Harry s'assit, tout comme Sirius et Remus.
- Comment vas-tu ? demanda sérieusement Sirius.
- Bonjour, dit au même moment Harry.
Il grimaça. Il était nul, le conseil de Snape. Ça ne faisait pas du tout naturel. Il décida de rebondir sur la question de Sirius :
- Ça va plutôt bien. Je suis constamment fatigué mais c'est en train de s'arranger. Et vous ? Contents d'être en vacances ?
- Oh oui ! Pour une fois, ce week-end, je n'ai pas touché à une seule copie. J'ai trois semaines pour les corriger alors je peux bien me prendre deux jours de repos pour bien commencer les vacances !
- C'est surtout que tu as oublié toutes tes copies dans ta salle de classe et que tu avais la flemme d'aller les chercher, se moqua Remus.
- Je réfute ces accusations. Ce sont mes copies qui sont restées d'elles-mêmes dans la salle.
- Ben voyons...
Harry ne put s'empêcher de sourire face aux chamailleries de Sirius et de Remus. Ils étaient tout à fait naturels et c'était exactement ce qu'il lui fallait pour se détendre.
- Il vaut mieux éviter de se disputer devant Harry, il est en convalescence, il a besoin de repos, dit Sirius.
- Oh non, au contraire, continuez, c'est très divertissant, s'amusa Harry.
- Non, je préfère qu'on parle de toi. Ça se passe bien, avec Snape ?
- Oui mais ça il a dû vous le dire. Je sais qu'il vous tient au courant de tout.
- C'est vrai mais je veux l'entendre de ta bouche, insista Sirius.
- Ça se passe bien, confirma Harry. Il est super avec moi. C'est un très bon médicomage et il a de bonnes notions de psychomagie. En fait, je jurerais qu'il est psychomage s'il ne m'avait pas dit qu'il n'avait pas de diplôme. À mon avis c'est un domaine qui doit beaucoup l'intéresser. Je me demande ce qu'il fait à Poudlard alors qu'il pourrait être bien plus utile à Sainte-Mangouste...
- Évite de te poser trop de questions, Snape est un énergumène trop compliqué à comprendre, railla Sirius. Mais je suis content que tout aille bien entre vous. On aurait pu s'attendre à ce que ce soit la guerre...
- Tu m'as pourtant laissé ici sans trop d'hésitations, fit remarquer Harry. Ça veut dire qu'au fond de toi, tu savais que tu pouvais compter sur Snape.
- Il t'avait sauvé de ton intoxication et il tenait à tout prix à s'occuper de toi. J'aurais très bien pu le soupçonner de vouloir en profiter pour te faire du mal mais je savais que ce n'était pas le cas. Il était trop sincère pour que ce soit feint. On ne peut pas mentir comme ça. Il était vraiment déterminé à assurer ton rétablissement. De toute façon, c'était la meilleure solution qu'on avait. Mais, crois-moi, je m'en suis voulu de partir en te laissant ici. J'aurais voulu rester près de toi. Même si c'était dur de te voir inconscient.
- Mais tu ne pouvais pas, dit Harry, la voix tendue par l'émotion. Je n'étais pas prêt à voir qui que ce soit à mon réveil. Et toi tu aurais sûrement craqué. Ce n'était pas ce qu'il me fallait.
Harry vit que Sirius et Remus avaient l'air impressionnés par ses paroles.
- Je suis lucide sur la situation, expliqua-t-il. Je sais ce qui est bon pour moi et ce qui ne l'est pas et je veux m'en sortir. Bien sûr, c'est loin d'être facile. Je pourrais très bien laisser tomber et rester au fond de mon lit à me morfondre sur mon sort. Mais j'ai décidé de me battre. Je veux aller de l'avant. Et je sais que vous allez m'y aider.
- C'est promis, jura Remus. Nous avons déjà fait tout ce qu'il fallait dans nos appartements pour t'y accueillir et pour que tu t'y sentes bien. Ta chambre n'attend plus que toi.
Harry se sentit étrangement ému d'apprendre qu'il avait déjà une chambre chez Sirius et Remus. Cela voulait dire qu'il était chez lui là-bas. Bien sûr, il le savait déjà mais en avoir une fois de plus la preuve l'émouvait vraiment.
- J'ai hâte de venir, dit-il sincèrement. Vous le savez sans doute mais Snape a prévu de me laisser sortir jeudi si tout va bien. Mais ça ira forcément bien. Par contre, je suis désolé mais j'aurai souvent le nez plongé dans mes cours...
- On se doute bien, affirma Remus. Severus nous l'a dit, de toute façon. Mais il ne veut pas que tu y passes trop de temps non plus. Il ne faut pas que tu te fatigues trop. Tu dois être bien reposé quand tu reprendras les cours.
- J'ai hâte, soupira Harry. Et en même temps j'ai peur.
- C'est normal, assura Sirius.
- En fait j'ai peur que les élèves sachent et...
- Et que tu le vois dans le regard qu'ils poseront sur toi ? devina Remus.
Harry le regarda, surpris. Avant de se souvenir que Remus était un loup-garou et qu'il avait dû avoir cette peur, lui aussi. La peur que les autres sachent ce qu'il voulait cacher. Même si ce n'était pas pareil, Remus devait savoir ce que Harry ressentait.
- Oui, murmura-t-il.
- Ne t'en fais pas, ils recevront comme consigne de ne pas te regarder comme si tu étais une bête de foire, apaisa Remus. Normalement, personne ne doit être au courant et il n'y a pas de rumeurs pour l'instant.
Harry acquiesça, un peu rassuré.
- Tant mieux. Bon, j'ai le temps d'y penser, la reprise des cours, ce n'est pas pour tout de suite.
- Surtout qu'actuellement, ce sont les vacances, plaisanta Sirius. Et je compte bien en profiter, moi. Surtout si tu viens passer deux semaines et demie avec nous...
- Ça ne vous dérange pas ? s'inquiéta Harry.
Snape avait beau lui avoir dit, répété et rabâché que Sirius et Remus n'attendaient que ça de l'avoir avec eux, Harry ne pouvait s'empêcher d'avoir peur d'être un fardeau pour eux. C'était plus fort que lui.
- Bien sûr que non, répondit doucement Remus. On comprend pourquoi tu nous poses cette question mais tu n'as pas à t'en faire pour ça. On a plus que hâte que tu viennes t'installer chez nous. Ce sera te laisser partir qui sera dur. Mais est-ce que toi, ça te dérange ? Tu pourrais très bien ne pas avoir envie de passer les vacances avec nous.
- Non, au contraire, je ne veux pas les passer ailleurs que chez vous, avoua Harry en rougissant. Mais ce qui me faisait peur c'est que...
Il s'interrompit, affreusement gêné.
- C'est que... ? insista Sirius.
Harry baissa les yeux.
- J'avais peur que vous m'en vouliez.
Un léger silence suivit son aveu. Lorsqu'il releva les yeux, Harry tomba sur le regard triste de Sirius et de Remus.
- Ce n'est pas à toi qu'on en veut mais à nous, finit par dire Remus. On regrette de n'avoir rien vu, de ne pas avoir su te protéger, de ne pas avoir assez insisté quand on te demandait si tu allais bien... Severus nous a dit que tu te sentais coupable de t'être éloigné de nous mais ce n'était pas de ta faute. Tu étais fragile et sous l'emprise de quelqu'un qui te manipulait. Ce que j'essaie de te dire par-là, c'est que tu ne l'as pas fait consciemment. On sentait bien que tu avais envie de passer du temps avec nous mais qu'il y avait quelque chose qui t'en empêchait. Ça fait partie des choses qu'on n'a pas su voir. En réalité nous avons commencé à avoir des doutes la semaine dernière, on a voulu agir mais on n'en a pas eu le temps.
La gorge de Harry se serra à l'entente de ces mots. Ça s'était joué à peu de choses près. Mais il se dit que si Adrian n'avait pas essayé d'abuser de lui, il ne serait pas chez Snape à l'heure actuelle, il n'aurait pas été pris en main et il serait toujours en train de prendre ses potions de sommeil sans rêves qui le détruisaient de l'intérieur. Se dire qu'il y avait eu des conséquences positives malgré l'horreur de la situation l'aidait un peu à surmonter tout cela.
- Vous n'avez pas à vous en vouloir, dit Harry. J'ai tout fait pour que personne ne se rende compte de rien. Mais je crois qu'il vaut mieux oublier tout ça et passer à autre chose. Ce qui est fait est fait et on ne peut pas revenir en arrière. Et puis, le principal, c'est que j'aille bien.
- Tout à fait, approuva Remus. Tu as l'air plus détendu.
- Si j'étais de mauvaise foi, je dirais que je soupçonnerais la potion que Snape me fait boire le soir d'y être pour quelque chose, plaisanta Harry. Mais je sais que c'est grâce, entre autres, à nos séances quotidiennes de thérapie. Ça me fait vraiment du bien.
- C'est le but, déclara Sirius en souriant. Cette potion dont tu parles, c'est une potion de sommeil ? Je sais que Snape nous en a parlé mais je suis un peu perdu à ce sujet.
- C'est différent d'une potion de sommeil. C'est une sorte de sédatif qui me fait dormir d'une traite la nuit. En fait, ça me permet d'avoir des nuits récupératrices. J'arrêterai d'en prendre quand je me serai assez reposé. Snape me donnera ensuite des potions à base de plantes qui m'aideront à me relaxer le soir avant de dormir. Il faudra juste que je pense à bien vider mon esprit. Je prendrai ces potions jusqu'à ce que mon esprit soit suffisamment apaisé pour que je ne fasse plus de cauchemars. Pour ça, il faut que je dise à Snape tout ce que j'ai dans la tête durant nos séances thérapeutiques. On avance bien donc ça devrait aller assez vite. Enfin j'ai quand-même beaucoup de choses à dire... Je crois que c'est lui qui va avoir besoin de consulter un psychomage quand on aura fini notre thérapie, ajouta Harry en riant.
- Ce sont les élèves qui vont être contents si Snape ne peut pas reprendre tout de suite les cours, répondit Sirius sur le même ton. Apparemment ils aiment plutôt bien le professeur Slughorn.
- Je serais curieux de l'avoir, ne serait-ce que pendant un cours, songea Harry. Mais normalement, Snape reprendra les cours en même temps que moi. En tout cas, je suis content que les élèves aient un bon professeur. Je me sens un peu moins coupable d'avoir obligé Dumbledore à remplacer Snape en très peu de temps... Mais parlons d'autre chose. Enfin, si vous voulez bien...
- Oui, c'est une bonne idée, dit Sirius. Remus et moi reviendrons mardi, veux-tu qu'on t'apporte quelque chose pour t'occuper jusqu'à ce que tu emménages chez nous ?
- C'est gentil mais je vais passer de plus en plus de temps à rattraper mes cours. Je ne vais pas avoir le temps de lire, je pense. Mais au cas où je m'ennuierais d'ici votre prochaine visite, je veux bien que vous m'apportiez mon livre sur le Quidditch. Il est sur ma table de chevet, normalement.
- D'accord, Remus ira le prendre, puisqu'il est ton directeur de maison. Il est plus à même d'avoir accès à ton dortoir.
- Ben voyons, répliqua Remus en levant les yeux au ciel.
Harry rit de nouveau. Les chamailleries entre Sirius et Remus lui avaient manqué. Ils discutèrent pendant encore une bonne heure avant que Sirius et Remus ne doivent partir. Harry sentit une boule se former dans sa gorge en les voyant prêts à s'en aller. Il voulait rester avec eux. Ça s'était bien mieux passé que ce qu'il avait imaginé. C'était vite redevenu naturel entre eux, même s'il y avait de nombreux sujets qu'ils avaient évité d'aborder. Sirius dut voir son émotion car il posa timidement une main sur son épaule. Sans réfléchir, Harry alla se serrer contre lui. Le contact ne lui faisait pas peur. Il n'avait peur que d'Adrian. Là, il voulait le réconfort de son parrain. Et ce dernier ne se priva pas pour lui en donner. Il eut tout de même quelques secondes d'hésitation avant que ses bras ne se referment autour de Harry. Des larmes se mirent à couler sur ses joues. Il ne se souvenait plus à quand remontait la dernière fois où Sirius l'avait pris dans ses bras. Cela lui semblait être il y a une éternité. Alors il profita le plus possible de cette étreinte dont il avait tant besoin. Ce fut lui qui la rompit doucement au bout de plusieurs minutes. Il releva la tête vers Sirius qui avait l'air aussi ému que lui. Ce dernier se tourna vers Remus et le nargua :
- Tu auras ton câlin un autre jour, on doit y aller.
- Sirius... protesta Harry.
Comme pour donner raison à son parrain, Snape entra dans le salon.
- Loin de moi l'idée de vous virer mais...
- Ne t'inquiète pas, nous allions nous virer nous-mêmes, assura Sirius. Merci de nous avoir laissés voir Harry. On revient mardi, comme convenu.
Sirius fit un signe de tête à Snape, ébouriffa les cheveux de Harry et se dirigea vers la porte du salon. Remus profita qu'il ait le dos tourné pour s'approcher de Harry et lui chuchoter à l'oreille :
- Il fait le malin mais il ne perd rien pour attendre, tu peux me croire.
Sur ces mots, Remus adressa un clin d'oeil à Harry qui sourit puis il sortit du salon à la suite de Sirius. Harry se retrouva seul avec Snape.
- Comment vous sentez-vous ? demanda celui-ci.
- Bien, répondit Harry. C'est juste un peu dur de les voir partir.
- Plus que quatre jours et vous pourrez passer le reste des vacances avec eux.
- Je sais et j'ai hâte. Bon, je vais travailler encore un peu.
Harry quitta le salon et retourna dans la petite chambre qu'il avait désertée deux heures plus tôt. Il reprit son cours d'histoire de la magie mais la motivation n'était plus là. Il n'était pas fatigué donc il n'avait pas non plus envie de se reposer. Tout compte fait, il aurait bien aimé avoir son livre sur le Quidditch sous la main. Il se rappela soudain que Snape lui avait donné la permission de prendre des livres dans la petite bibliothèque qu'il lui avait montrée quelques jours plus tôt. Il décida alors de s'y rendre. La pièce était tellement petite qu'il se sentit vite à l'étroit. Oppressé, il se dépêcha de choisir un livre et sortit sans perdre de temps. Il avait développé une certaine phobie des espaces restreints. Il rejoignit sa petite chambre, s'installa sur son lit et se mit à lire son ouvrage. C'était un livre sur les métiers de la médecine. Harry n'avait jamais été vraiment intéressé par ce domaine mais il était curieux de savoir quels métiers pouvaient être exercés dans le monde magique. Il fut surpris de constater qu'il y avait beaucoup de métiers qui existaient aussi bien dans le monde sorcier que dans le moldu. Notamment ceux qui se rapportaient à la chirurgie. Mais il apprit surtout de nombreuses différences entre des métiers qui se ressemblaient. Il s'étonna également en apprenant que les naissances sorcières avaient lieu à Sainte-Mangouste. Cela le rendit perplexe. Comment une femme qui était sur le point d'accoucher pouvait-elle se rendre à Sainte-Mangouste ?! Le transplanage lui semblait impossible à imaginer, c'était bien trop violent. Pareil pour le Magicobus. La poudre de Cheminette ? Harry ne voyait plus que cette possibilité. Encore fallait-il se trouver dans un endroit où il y avait une cheminée reliée à celle de Sainte-Mangouste... Tout cela était bien mystérieux. De toute façon tu t'en fiches, tu n'auras jamais d'enfant, lui souffla une méchante petite voix. Harry sentit son coeur se serrer à cette pensée. Il n'avait encore jamais pensé à cela. Mais c'était pourtant vrai. Étant gay, il ne pourrait pas avoir d'enfants. Toutes ces questions qu'il se posait ne le concernaient pas. Il n'aurait jamais à s'inquiéter de la façon dont la mère de son futur enfant allait se rendre à Sainte-Mangouste pour accoucher... Et puis ça ne devrait pas tant le questionner pour le moment. Il était trop jeune pour songer à avoir des enfants. Pourtant, alors qu'il n'avait vraiment jamais réfléchi à cette question avant, il lui sembla inconcevable qu'il ne puisse pas devenir père un jour. Réalisant ce qu'il venait de se dire, il secoua la tête. Qu'est-ce qu'il lui prenait d'avoir des pensées pareilles ? Il ne s'était jamais imaginé avec un enfant et voilà qu'il tenait absolument à en avoir un – ou plusieurs – un jour ou l'autre ! Il ne tournait pas rond. Les potions que lui donnait le professeur Snape devaient commencer à lui monter au ciboulot. Et puis ce livre n'était pas fait pour lui. Qu'est-ce qui lui avait pris de prendre un livre sur les métiers de la médecine alors que ce domaine ne l'avait jamais particulièrement attiré ? Il était vraiment bizarre, aujourd'hui. Il avait peut-être eu trop d'émotions en voyant Sirius et Remus... Quoi qu'il en soit, il devait se reprendre. Il abandonna donc le livre et décida de se remettre à son cours d'histoire de la magie. La motivation revint tout doucement et il se retrouva bientôt plongé dans les notes de Théo. Il oublia les pensées étranges qu'il avait eues et se concentra sur les révoltes elfiques qui avaient secoué la Grande-Bretagne au cours du quinzième et seizième siècle. C'était loin d'être aussi passionnant que la description d'un match de Quidditch entre deux grandes équipes nationales mais c'était tout de même intéressant. Et ça lui changeait les idées. Il lut donc son cours jusqu'à ce que ce soit l'heure d'aller dîner. Cette lecture lui avait été bénéfique car en se rendant au salon, il avait complètement oublié les pensées qui l'avaient troublé deux heures plus tôt.
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(lundi 18/12) POV Hermione
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Hermione bénissait les professeurs d'avoir laissé ouverte la salle des binômes pendant les vacances. Car travailler dans la salle commune de Gryffondor, à quatorze heures, avec des jumeaux Weasley en vacances, c'était juste impossible. Ils étaient encore plus déchaînés qu'à l'ordinaire. Sans compter les première et deuxième année un peu trop excités qui courraient un peu partout et qui provoquaient des tas de catastrophes sur leur passage... Hermione n'avait pas tenu dix minutes. Elle n'y croyait pas vraiment mais à tout hasard, elle était allée voir si la salle des binômes était ouverte. Elle avait été agréablement surprise de constater que c'était le cas. Pourtant, il ne devait pas y avoir de séances de travail en binôme pendant les vacances, étant donné que tous les élèves de troisième, quatrième et cinquième année ne restaient pas à Poudlard. Mais cela arrangeait bien Hermione que ce soit ouvert. Elle s'installa à une table et sortit ses affaires de runes. Elle se mit au travail et se plongea vite dans son devoir. Elle ne vit pas le temps passer. Elle était tellement absorbée qu'elle ne remarqua pas tout de suite que quelqu'un s'était assis en face d'elle. Elle finit cependant par sentir un regard posé sur elle. Elle leva la tête et vit Théo qui la regardait avec amusement.
- Tu es fascinante quand tu es à fond dans quelque chose, dit-il en souriant.
Hermione se sentit rougir. Elle ne s'habituerait jamais aux compliments de Théo. Il disait rarement ce genre de choses mais quand il le faisait, c'était toujours avec une étonnante sincérité.
- Ce sont les runes qui font ça, plaisanta-t-elle. Que viens-tu faire là ?
- J'avais besoin d'un peu de tranquillité.
- Trop de bruit dans ta salle commune ?
- Non, envie de changer d'air. Draco est de mauvaise humeur car son petit-ami lui manque et ça a suffi à rendre l'ambiance morose dans notre dortoir où j'étais avant de venir ici. Blaise est allé s'occuper ailleurs, lui aussi.
- Oh, je vois. Le petit-ami en question est reparti chez lui ?
- Non, il est à l'infirmerie. Ça fait deux jours qu'il y est et il doit sortir demain, normalement.
- J'espère qu'il avait déjà prévu de rester, grimaça Hermione.
- Oui, heureusement. Mais il est allé à l'infirmerie samedi en fin d'après-midi, le train était déjà parti depuis plusieurs heures, il aurait pu le prendre s'il avait décidé de rentrer chez lui. Et si c'était le cas, Draco se serait déjà jeté du haut de la tour d'astronomie...
- Il est si amoureux que ça ? s'étonna Hermione.
- Il tient beaucoup à son couple, oui.
- Je ne l'imaginais pas comme ça.
- Tu ne l'imaginais pas gay, déjà, se moqua gentiment Théo. Moi non plus, d'ailleurs.
- Ça ne t'a pas fait un choc de l'apprendre ?
- Je l'ai appris dans des conditions assez particulières. On s'était disputé à cause de quelque chose qu'il avait fait et pour que je comprenne son comportement, il avait été obligé de me dire qu'il était gay. Je m'en doutais déjà un peu donc ça n'a pas été une trop grosse surprise.
- Ça ne t'a pas gêné ? Je veux dire, point de vue votre amitié...
- Non, absolument pas. Au contraire, ça nous a plus rapprochés qu'autre chose.
- Oh, tant mieux. J'espère que vous n'allez pas vous battre pour le même garçon, s'amusa Hermione.
- Non, je ne pense pas qu'on ait les mêmes goûts, rit Théo.
- Ça, c'est sûr. Je doute que Malfoy soit intéressé par Justin.
Théo écarquilla les yeux avant de devenir rouge comme une tomate.
- Je n'ai jamais dit que j'étais intéressé par Justin, se défendit-il.
- Tu n'as pas eu besoin de me le dire, je l'ai deviné, rétorqua Hermione.
- Mais... comment ?!
- Tu me parles tout le temps de lui en runes et en arithmancie, tu le couves du regard en cours et parfois, dans la Grande Salle, quand mon regard tombe sur toi, je te vois en train de fixer Justin comme si tu avais peur qu'il disparaisse d'une minute à l'autre.
Le visage de Théo se décomposa.
- Je suis si transparent que ça ?
- Oui mais rassure-toi, il faut vraiment bien te connaître pour se rendre compte de quelque chose.
- Oh, ça va alors. Mais je vais quand-même faire attention.
- En tout cas, je suis contente parce que tu ne nies pas. Tu pourrais, pourtant.
- J'ai accepté mes sentiments envers Justin et je sais que tu ne diras rien.
- En effet, tu peux compter sur moi, promit Hermione. Mais ça ne t'a pas fait trop bizarre de te rendre compte que tu étais amoureux ?
- Si, ça m'a complètement déstabilisé. Ça peut paraître bête à dire mais je n'étais pas prêt à être amoureux. Je voulais attendre encore un peu avant que l'amour ne me tombe dessus.
- Ce sont malheureusement des choses qui ne se contrôlent pas. On ne choisit pas le moment où on va tomber amoureux et on ne choisit pas d'aimer ou telle ou telle personne.
- Ce serait pourtant tellement plus simple, soupira Théo. Encore, tomber amoureux, je veux bien, il faut bien que ça arrive un jour ou l'autre, mais pas d'un garçon qui est hétéro et qui est en couple ! Et qui est mon binôme de travail, accessoirement... Franchement, si j'avais voulu me compliquer la vie, je ne m'y serais pas mieux pris.
- Tu n'as rien voulu, Théo, je te l'ai dit : l'amour ça ne se contrôle pas.
- Oui mais je dois être quand-même tordu pour tomber amoureux d'un garçon hétéro... Ma raison aurait dû m'en empêcher. Je ne comprends pas pourquoi elle ne l'a pas fait.
- Tu sais ce qu'on dit. Le coeur a ses raisons que la raison ignore.
- Super. Je suis l'archétype d'une expression. Mais ça résume bien la situation.
Théo avait l'air tellement dépité que cela fit de la peine à Hermione.
- Tu l'aimes tant que ça ?
Théo acquiesça.
- C'est la première fois que je tombe amoureux mais je sens bien que c'est quelque chose de fort. Il fait battre mon coeur plus vite et ça, personne ne l'a jamais fait avant lui. Mais je sais que je dois l'oublier.
- Il y a peut-être quelqu'un d'autre qui pourrait te plaire dans le château ?
- Non, pour que je tombe amoureux, il faut que je connaisse un minimum la personne. Mais je n'ai pas envie de sortir avec quelqu'un pour l'instant.
- Donc tu préfères rester avec tes sentiments pour Justin ?
- Disons que c'est un choix par défaut.
- Je comprends. Mais tu es sûr que rien n'est possible entre vous ?
- Il est en couple et hétéro. Je ne vois pas comment je pourrais espérer quelque chose avec lui. Il m'a d'ailleurs affirmé qu'il était hétéro.
Hermione haussa les sourcils.
- Parce qu'il t'a parlé de son orientation ?!
- Oui mais c'est un peu compliqué... En fait il m'a embrassé mais il m'a bien fait comprendre le lendemain que c'était une erreur. Il n'allait pas bien, il venait de se disputer avec sa petite-amie, on avait dû se cacher dans un cachot pour échapper à une horrible marée verte, je n'étais pas bien car j'étais terrifié à l'idée d'être enfermé, il a voulu me rassurer et... il a dérapé. Mais c'était vraiment une erreur. Ce sont le contexte et la situation qui lui ont fait faire n'importe quoi. Et puis, la preuve que ce baiser ne voulait rien dire pour lui, c'est que ça n'a rien changé entre nous. Comme je te l'ai dit, il m'a affirmé qu'il était hétéro et il s'est même réconcilié avec sa petite-amie peu avant les vacances.
- Oh, tant mieux pour lui. Mais ça n'a pas l'air de t'affliger, remarqua Hermione.
- Tant qu'il est heureux, c'est le principal pour moi. Ça suffit à mon bonheur.
Hermione retint une grimace face à ces mots. Ça, c'était typique de Théo. Il pensait toujours au bonheur des autres avant de penser au sien.
- Bon, et toi ? As-tu enfin reçu une lettre de Viktor ?
Si Hermione avait tout dit à Ginny sur ses amours, elle s'était aussi confiée à Théo mais uniquement au sujet de Viktor. Elle ne lui avait pas parlé de ses sentiments envers Terry. Mais cela faisait un moment qu'ils ne s'étaient pas retrouvés pour discuter alors Théo n'était pas au courant des dernières nouvelles concernant sa relation avec Viktor.
- Oui, il m'a répondu il n'y a pas très longtemps. Il était très occupé, aussi bien professionnellement que personnellement parlant. Il n'avait donc pas le temps de m'écrire.
Hermione raconta à Théo ce que lui avait dit Viktor dans sa lettre.
- Ouh là, il accepte votre rupture mais il te propose de passer les prochaines vacances chez lui ? Ce n'est pas un peu risqué comme idée ?
- Je trouve aussi. C'est pour ça que je vais refuser.
- Donc tu es vraiment sûre que tu n'aimes pas Viktor ?
- Oui, je n'ai plus de doutes à ce sujet. Sinon je n'aurais pas rompu avec lui.
- Heureux que tu sois au clair là-dessus. Tu dois te sentir un peu mieux.
- Oui... et non.
- Comment ça ? demanda Théo, l'air surpris.
Hermione se résigna à lui dire la vérité.
- En fait, j'ai compris que je n'aimais pas Viktor en me rendant compte que j'étais tombée amoureuse de quelqu'un d'autre.
- Oh... Je ne m'attendais pas à ça. C'est ce qui t'a poussée à rompre avec Viktor ?
- Un peu, oui. Je ne pouvais pas lui faire croire que notre histoire existait toujours à mes yeux alors que j'aimais un autre garçon... Je voulais être honnête avec lui.
- Tu as bien eu raison, approuva Théo. Tu comptes envisager quelque chose avec ce garçon que tu aimes ?
- Je ne sais pas trop. En ce moment j'essaie de passer du temps avec lui afin de le connaître un peu plus.
Théo haussa à son tour les sourcils.
- Mais comment arrives-tu à trouver du temps pour un garçon alors que tu es méga débordée entre tes séances de travail en binôme, tes rondes, les cours, les devoirs individuels...
- J'ai dit que j'essayais, je n'ai pas dit que j'y arrivais, rectifia Hermione.
- Mais tu as quand-même dû réussir à trouver du temps pour aborder ce garçon...
- Il n'y a rien de plus facile pour moi.
Théo regarda Hermione avec un air complètement dépassé. Hermione dut admettre qu'à sa place, elle ne comprendrait rien non plus.
- Toi et moi, nous sommes dans le même cas, précisa-t-elle. Je passe autant de temps avec le garçon que j'aime que tu n'en passes avec celui que tu aimes.
Théo sembla alors comprendre.
- Oh, je vois... Il n'y en a pas un pour rattraper l'autre, plaisanta-t-il. Qu'est-ce qu'on a tous à tomber amoureux de nos binômes ?!
- Je ne sais pas mais je me dis parfois que c'était à prévoir, soupira Hermione. Passer autant de temps avec quelqu'un risquait forcément de faire naître des sentiments...
- Le Choixpeau aurait dû nous mettre avec quelqu'un dont on était sûr de ne pas tomber amoureux, alors, protesta Théo. Pour moi, c'était simple : me mettre avec une fille. Et toi pareil. Enfin sauf s'il s'avère que tu aimes aussi les filles...
- Non, je ne pense pas, rit Hermione. Ce serait peut-être plus simple, remarque. Parce que je ne veux pas dire mais vous êtes vachement compliqués, vous, les garçons.
- Je ne le nie pas, s'amusa Théo. Mais tu sais que les garçons disent exactement la même chose sur vous, les filles.
- C'est vrai. Et toi, tu en penses quoi ?
- Je trouve que les garçons sont aussi compliqués que les filles. Et inversement.
- Tu as sûrement raison, admit Hermione. Mais je crois qu'il y a plus compliqué encore.
- Quoi ?
- Ce devoir de runes.
Théo éclata de rire.
- Il doit être hors-catégorie alors ! Tu veux que je t'aide ?
- Tu l'as déjà fait ?
- Oui, hier.
- Je veux bien, alors.
- Ok, je vais juste voir où tu en es.
Théo se mit à lire ce qu'avait déjà écrit Hermione. Celle-ci le regarda faire, perplexe. Étant en face d'elle, il devait lire à l'envers. Elle ne trouvait pas ça très pratique.
- Ce ne serait pas mieux si tu venais à côté de moi ?
- Pourquoi ?
- Ce serait plus facile pour toi. Tu pourrais lire à l'endroit.
- Oh, ne t'en fais pas pour ça, je sais lire à l'envers. Je trouve ça drôle, en fait. Les lettres n'ont pas la même forme.
Théo reprit sa lecture qu'il n'avait pas vraiment arrêtée puisqu'il parlait tout en lisant. Encore une chose qu'il était capable de faire. Hermione renonça à essayer de le comprendre. Théodore Nott resterait à jamais un mystère pour elle. Et c'était très bien ainsi.
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(mardi 19/12) POV Remus
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- Raaaah mais qu'est-ce qu'il raconte lui ?! Le sortilège de Réduction n'a jamais été inventé par un nain ! D'où est-ce qu'il sort ça ?! Et en plus il insiste ! Il me raconte carrément une histoire qui n'a jamais existé ! Ouais donc en gros il n'a pas appris son cours. Autant ne rien répondre si c'est pour dire des âneries...
Remus fronça les sourcils. Cela ne ressemblait pas à Sirius d'être aussi critique envers le devoir d'un élève. Il était presque méchant. D'habitude, il riait de ce genre «d'âneries». Ce n'était peut-être pas une bonne idée qu'il soit allé chercher ses copies qu'il avait oubliées dans sa salle de classe, tout compte fait.
- Tu es sûr que tu veux travailler maintenant, Sirius ?
- Je n'ai que ça à faire.
- Oui mais là tu es peut-être un peu trop tendu pour corriger des devoirs...
- Je veux avoir corrigé un max de copies avant l'arrivée de Harry. Je tiens à pouvoir me consacrer entièrement à lui.
- Tu pourras travailler quand il aura ses séances avec Severus.
- Mais pourquoi tu veux à tout prix que je ne travaille pas maintenant ?!
- C'est pour toi, se défendit Remus. Ce n'est pas bon de travailler quand on est tendu comme ça.
Sirius soupira.
- Excuse-moi, je ne voulais pas être désagréable. Je crois que ça me détendrait de boire un peu de thé.
- Je vais en faire, alors.
Remus se leva et se rendit à la cuisine. Il ne lui fallut que quelques minutes pour préparer le thé. Lorsqu'il revint dans le salon et que son regard se posa sur Sirius, il remarqua à quel point celui-ci était tendu. Cela se voyait dans sa posture. Remus espéra que le thé allait effectivement le détendre. Il déposa le service sur la table et versa du thé dans les deux tasses qu'il avait amenées. Remus se remit à ses propres corrections tout en buvant son thé et vit du coin de l'oeil Sirius faire de même. Le silence régna dans le salon jusqu'à ce que Sirius renverse accidentellement sa tasse sur une de se copies.
- ET VOILÀ MANQUAIT PLUS QUE ÇA !
Remus soupira, sortit sa baguette, prit le devoir trempé et le sécha d'un sort. Puis, constatant que le thé n'avait pas suffi à détendre Sirius, Remus décida d'employer les grands moyens. Il se leva et alla se placer derrière Sirius. Il posa ses mains sur les épaules de son ami et collègue et commença à les masser.
- Remus, ce n'est pas comme ça que je vais réussir à travailler...
- Tu ne pourras pas être productif tant que tu ne seras pas détendu. Alors laisse-moi faire et profite.
Sirius n'opposa pas plus de résistance et laissa Remus le masser. Il ne tarda pas à soupirer.
- Tu masses bien.
- C'est quelque chose que j'ai appris à faire. Pourquoi étais-tu aussi crispé ?
- Je stresse pour après-demain.
- Tout est prêt pour accueillir Harry.
- Les appartements, oui. Nous, par contre...
- On ne sera jamais totalement prêts, Sirius. Mais ça va bien se passer, tu n'as pas à t'en faire.
- Comment peux-tu en être aussi sûr ? Tu ne stresses pas un tout petit peu, toi ? Tu n'as pas peur de faire une gaffe, de dire quelque chose qu'il ne faut pas, de ne pas savoir quoi dire, quoi faire ?
- Si, bien sûr, mais on finira toujours par trouver ce qu'il faut faire. Et puis Harry sait que ce n'est évident ni pour lui, ni pour nous. Il ne nous en voudra pas si on patauge un peu. De plus, il va déjà beaucoup mieux psychologiquement parlant que lorsqu'il est arrivé chez Severus. Il est plus apaisé, même s'il reste encore du chemin à faire. Severus et lui ont débloqué plusieurs sujets. Harry a pu se confier sur ce qui le faisait souffrir. Il lui en reste encore à dire, d'après ce que nous dit Severus, mais il est sur la bonne voie.
- Mais il y a des sujets dont il ne veut pas parler. Hier, Snape devait le faire parler sur quelque chose mais Harry n'a pas voulu.
- Il ne se sentait pas prêt, nuança Remus. Mais ça viendra plus tard. Et la séance n'a pas été perdue puisqu'ils ont parlé d'autre chose. Et puis Severus nous a dit que c'était le seul sujet qui posait vraiment problème. Mais il va réussir à pousser Harry à se confier. Il faut juste un peu de temps.
Sirius soupira.
- J'aimerais tellement que ça aille plus vite et que Harry soit bientôt libéré de tout ce qu'il y a dans son esprit...
- Je comprends mais il faut attendre. Arrête de stresser, d'accord ? C'est en étant nerveux que tu vas faire n'importe quoi. Il faut que tu sois calme.
- Je vais avoir besoin de tes massages à longueur de journée, alors...
- Mais je ne demande que ça.
Remus s'en voulut aussitôt d'avoir dit ça. Mais cela ne sembla pas interloquer Sirius qui se détendait progressivement sous les doigts de Remus. Il avait même l'air de beaucoup apprécier. Remus se dit qu'il apprécierait sûrement davantage s'il enlevait sa chemise. Ne souhaitant pas le lui demander directement, il entreprit de la déboutonner. Il y alla lentement afin de laisser à Sirius le loisir de l'arrêter s'il préférait garder son vêtement.
- Remus, qu'est-ce que tu fais ? demanda mollement Sirius.
- Je pense que le massage serait plus agréable pour toi sans ta chemise... Mais si tu veux la garder, je comprendrais.
- Non vas-y, tu peux l'enlever.
Remus ne se fit pas prier et déboutonna entièrement la chemise avant de la retirer. Il reprit son massage et entendit bientôt Sirius soupirer de nouveau. Remus se mordit la lèvre. Il ne devait pas réagir face à ces manifestations de bien-être. Il devait rester de marbre. Il s'efforça alors de se concentrer sur le massage en lui-même. Mais ses mains s'égarèrent malgré elles vers le torse de Sirius qu'elles se mirent davantage à caresser qu'à masser. Sans pouvoir s'en empêcher, Remus déposa ses lèvres dans le cou de Sirius qui poussa un gémissement. Remus savait que ce n'était pas bien, qu'il n'avait pas le droit, que c'était interdit, que Sirius était son ami, son collègue, qu'ils pourraient avoir des ennuis mais il n'en pouvait plus de se retenir. Il avait besoin de céder à ce désir qui le dévorait depuis trop longtemps déjà. Mais Sirius, qui était plus lucide que lui, tenta de le raisonner :
- Remus, arrête, on ne peut pas...
- Tu en as envie ?
- Oui mais ce n'est pas la question... Tu sais bien qu'on n'a pas le droit. On en a déjà parlé...
- Personne n'en saura rien, Sirius. Je suis le premier à respecter le règlement, tu le sais aussi bien que moi. Mais là je crois que, pour une fois, on doit oublier le règlement. On en a autant besoin l'un que l'autre. On ne peut pas refouler éternellement notre désir. On traverse déjà une période assez compliquée comme ça, alors on ne va pas dire non à un peu de réconfort... On a assez lutté, Sirius. Il est temps de se laisser aller. Qu'y a-t-il de mal à se faire du bien ?
Sirius resta quelques secondes dos à Remus avant que ses épaules ne s'affaissent d'un coup. Remus sut alors qu'il avait gagné. Sirius se leva et lui fit face. Il le regarda droit dans les yeux.
- Tu es sûr de toi ? demanda-t-il sérieusement.
- Oui, répondit Remus sans hésiter. Je m'en fous de regretter ensuite. On en a envie tous les deux et si on n'en profite pas maintenant, on n'aura pas d'autre occasion avant un bon moment. C'est juste le temps d'un instant. On oublie tout et on se laisse aller.
- Ça me semble être un très bon programme, murmura Sirius.
Sans plus attendre, il combla l'espace qui le séparait de Remus et posa ses lèvres sur les siennes. Remus répondit aussitôt au baiser et demanda vite l'accès à la bouche de Sirius. Tous deux gémirent lorsque leurs langues se trouvèrent et se taquinèrent. Remus promena ses mains dans le dos de Sirius qui voulut visiblement faire de même puisqu'il se mit à déboutonner la chemise de Remus. En temps normal, ce dernier ne se déshabillait pas aussi vite devant quelqu'un mais là ce n'était pas pareil. Ce n'était pas n'importe qui. C'était Sirius. Il l'avait vu un nombre incalculable de fois torse nu, alors... Et puis comme ça ils étaient à égalité, maintenant. Sirius put lui aussi accéder à la peau de Remus. Ne voulant pas rester debout au milieu du salon, Remus fit reculer Sirius jusqu'à ce qu'il tombe sur le canapé. Remus l'accompagna dans sa chute et se retrouva au-dessus de lui. Sirius parut soudain un peu gêné. Devinant ses craintes, Remus le rassura :
- N'aie pas peur, on ne fera rien que tu ne veuilles pas, lui dit-il doucement.
- Je sais mais... je n'ai jamais rien fait avec un homme...
- Laisse-moi faire, je m'occupe de tout, assura Remus.
Sirius acquiesça. Remus prit à son tour possession de ses lèvres et repartit à l'exploration du torse de Sirius qui fit de même. Remus joua avec les tétons de Sirius et délaissa ses lèvres pour poser les siennes dans le cou du brun. Il y déposa des baisers avant de le mordiller gentiment, faisant gémir Sirius qui s'arqua sous lui.
- Remus...
Le susnommé sourit dans le cou de Sirius et le mordilla de nouveau, mais dans une autre zone qui arracha cette fois un cri à Sirius.
- Bon sang Remus...
- Ça ne te plaît pas ? demanda innocemment Remus en relevant la tête.
- Bien sûr que si mais je me sens déjà réagir alors que tu n'as presque rien fait encore...
- C'est parce que tu es frustré.
- Tu ne l'es pas, toi ?
- Si, sûrement au moins autant que toi.
- Alors occupe-toi de nous au lieu de parler.
Remus ne se fit pas prier et plongea de nouveau ses lèvres dans le cou de Sirius tout en s'allongeant sur lui. Un gémissement leur échappa lorsque leurs érections déjà bien présentes se rencontrèrent à travers leurs pantalons. Remus ondula lentement tandis qu'il s'appliquait à faire un suçon dans le cou de Sirius. Celui-ci gémit sans retenue et se mit à prononcer des bouts de phrases sans queue ni tête. Remus savait combien c'était déroutant de vivre sa première expérience homosexuelle, quelle qu'elle soit, et il voulait que Sirius en garde un bon souvenir. Surtout si ça devait être leur seul et unique moment intime. Il entreprit donc d'embrasser toutes les zones érogènes dans le cou de Sirius pendant que ses hanches continuaient à se mouvoir contre celles de Sirius. Il gardait un rythme lent, ce qui ne tarda pas à frustrer Sirius :
- Remus...
- Oui ?
- J'ai besoin de plus.
- Suffit de demander, dit Remus en souriant.
Il s'empara des lèvres de Sirius et augmenta considérablement le rythme de ses mouvements. Sirius se cambra en criant, accentuant involontairement la friction entre leurs deux membres. Sirius jura si fort que Remus crut qu'il avait joui. Mais non, il était toujours tendu contre lui. Il n'était pas loin, cependant. Remus empoigna alors les hanches de Sirius et se frotta impitoyablement contre lui, les faisant tous deux gémir et crier de plaisir. Il ne leur fallut pas longtemps pour atteindre l'orgasme et jouir dans un même cri d'extase. Remus se laissa complètement retomber sur Sirius, épuisé par les efforts qu'il venait de fournir. Il n'était plus habitué. Heureusement qu'ils n'avaient fait que se frotter l'un contre l'autre, sinon il n'aurait jamais tenu le coup... Mais c'était surtout la jouissance qui l'avait vidé de toutes ses forces. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas ressenti un plaisir pareil. Et il était sûr que c'était le cas aussi pour Sirius. Il avait dû beaucoup plus apprécier que lorsqu'il se donnait du plaisir seul... De longues minutes furent nécessaires pour qu'ils reprennent leurs esprits.
- Merci, Remus, dit alors Sirius. C'était... indescriptible.
- Et ça encore ce n'est rien, s'amusa Remus. J'aurais pu te donner bien plus de plaisir. Mais c'était ta première expérience, tu n'étais pas du tout prêt alors ça n'aurait servi à rien. Tu n'en aurais pas profité.
- On pourra faire autre chose la prochaine fois. Si je suis prêt.
Remus regarda Sirius, surpris.
- La prochaine fois ? répéta-t-il, perplexe.
- Tu n'en as pas envie ? s'inquiéta Sirius.
- Si mais... je pensais que pour toi...
- Écoute, l'interrompit Sirius. C'est toi qui avait raison. C'était idiot de se retenir comme on l'a fait. On en avait envie et on avait besoin de se libérer de cette tension. Certes, ce n'est pas bien car nous sommes amis et collègues mais à un moment il faut choisir. Et puis, comme tu disais, personne n'en saura rien. Il va juste falloir que je cache mon cou pour que personne ne voit le joli suçon que tu m'as fait. De plus, ce n'est pas un stupide règlement qui va nous interdire de prendre du plaisir ensemble... Et tu avais raison sur un autre point. Dans la situation actuelle, si on peut s'offrir un peu de bonheur, on ne va pas s'en priver. En fait, je crois que je suis complètement paumé et que je ne sais plus ce que je dis, ni ce que je fais...
- Je vais éviter de te sauter à nouveau dessus pour le moment, alors, dit Remus. Je ne veux pas profiter du fait que tu sois perdu pour t'inciter à partager des moments intimes.
- Je le voulais vraiment, Remus. C'est juste que si la situation n'était pas aussi compliquée en ce moment, je ne me serais pas laissé convaincre aussi facilement. Le besoin de me changer les idées a été plus fort que la raison.
- Je vois. Du coup on fait comme si rien ne s'était passé jusqu'à la prochaine fois ?
- Je crois que ce serait le plus simple à faire, oui. Je ne veux pas me poser de questions. Je veux juste laisser les choses se faire.
- Je comprends, affirma Remus. Faisons comme ça, alors.
Sirius haussa les sourcils.
- Tu es sérieux ? Ça te convient vraiment ?
- Oui. Je n'aime pas ce genre de relation, d'habitude, mais là...
- C'est différent, compléta Sirius.
- C'est ça. Bon, on ferait mieux de retourner travailler.
Remus prit sa baguette qu'il avait pensé à glisser dans la manche de sa chemise et lança un sort de nettoyage sur Sirius et lui. Puis, tout comme Sirius, il se rhabilla. Ils n'avaient que leur chemise à remettre. Ils retournèrent ensuite s'asseoir et reprirent leurs corrections. Ils faisaient exactement ce qu'ils avaient dit : «comme si rien ne s'était passé». Pourtant, en regardant Sirius corriger ses copies, Remus vit bien qu'il était beaucoup plus apaisé. Ils ne pouvaient pas nier qu'il s'était passé quelque chose. Mais Remus était d'accord avec la décision qu'ils avaient prise. Lui non plus n'avait pas envie de se prendre la tête. C'était déjà bien assez compliqué en ce moment pour qu'ils se posent mille et une questions sur leur relation... Ils en parleraient plus tard. Ce qui comptait, pour le moment, c'était Harry. Il allait s'installer chez eux le surlendemain et toute leur attention allait devoir être portée sur lui. Il était le centre de leurs priorités et ils allaient tout faire pour que Harry se sente bien avec eux. Remus était sûr que ça allait bien se passer. En tout cas, Sirius et lui allaient faire le maximum pour que ce soit le cas.
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(mercredi 20/12) POV Draco
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- Qu'est-ce que ça fait du bien d'être en vacances !
Tels furent les mots que Blaise prononça en s'installant à la table des Serpentard ce midi-là. Draco ne répondit pas mais Blaise ne sembla pas lui en tenir rigueur. Ayant mal dormi, Draco n'avait pas très envie de parler. Et son humeur ne s'arrangea pas lorsqu'un bout de parchemin tomba devant lui. Il le prit, le déplia et vit que c'était un mot de Severus qui lui demandait de le rejoindre à l'entrée de la Grande Salle quand il aurait fini de manger. «Alors là tu peux toujours rêver» pensa Draco. Il déchira le bout de parchemin et jeta les confettis dans la carafe de jus de citrouille.
- Miam, du jus de citrouille au parchemin. Tu es au courant que la carafe n'est pas une poubelle ? se moqua Blaise.
- M'en fous.
- Ouh là, t'as l'air de bonne humeur toi, ce matin, ça fait peur...
- Ça ira mieux quand j'aurai vu Graham.
- T'es encore plus accro que moi, ma parole.
Draco haussa les épaules. N'ayant pas faim depuis le matin-même et étant quelque peu dégoûté par la nourriture, il se leva.
- Désolé de te laisser alors que tu viens d'arriver mais je vais vomir si je reste là. Je vais attendre Graham dans la salle commune.
Draco s'en alla sur ces mots. Il sortit de la Grande Salle et tomba sur Severus qui l'attendait.
- Draco, je veux te parler, dit-il sérieusement.
- Eh bien pas moi. Qu'est-ce que tu fais ici, d'ailleurs ? Tu n'es pas censé être avec Harry ? Tu l'as abandonné, lui aussi ?
- Il est avec son parrain. J'ai demandé à Black de venir le surveiller.
- Ça au moins, c'est un parrain digne de ce nom. Pas comme d'autres.
- Draco...
- Tu n'as pas été là pour moi, Severus. Tu n'acceptes même pas mon homosexualité.
- Non, c'est faux, je...
- Je n'ai pas envie de t'écouter. Oublie-moi jusqu'à ce que tu reprennes les cours, ça vaudra mieux pour tout le monde.
La peine se lut dans le regard de Severus. Draco aurait dû se sentir satisfait de l'avoir blessé mais ce ne fut pas le cas.
- Dans ce cas je demanderai à Black de te prévenir quand tu pourras aller voir ton binôme, murmura Severus. Après tout, il sera chez son parrain quand tu pourras lui rendre visite. Tu n'auras aucun contact à avoir avec moi. Au revoir, Draco.
Severus tourna les talons et s'éloigna. Draco se sentit affreusement mal. Il n'avait jamais vu Severus comme ça. Draco avait beau lui en vouloir, il ne supportait pas de lui avoir fait de la peine. Surtout que Severus avait juste essayé de lui parler... Il voulait sûrement s'excuser et mettre les choses à plat... Peut-être lui aurait-il expliqué pourquoi il n'avait pas été auprès de lui à plusieurs reprises alors qu'il en avait besoin... Au lieu de ça il était reparti sans avoir rien pu lui dire... Parce que Draco l'avait rejeté. Il s'en voulut énormément à cette pensée. Il eut une furieuse envie de rattraper Severus afin de s'excuser. Mais il ne le fit pas. Car il avait trop honte. De toute façon, Severus ne voulait sûrement pas le voir... Déprimé, Draco reprit son chemin et prit la direction de sa salle commune. Mais à peine eut-il fait quelques pas qu'il entendit quelqu'un l'appeler. Il se retourna et vit Graham arriver vers lui.
- Je t'ai vu partir de la Grande Salle mais je n'avais pas fini de déjeuner. Je pensais que tu serais plus loin que ça.
- J'ai été retenu. On va à la salle sur demande ?
- Si tu veux.
Draco et Graham vérifièrent que personne ne les voyait et se dirigèrent vers les escaliers. Arrivés au septième étage, ils prirent le couloir où se trouvait la tapisserie de Barnabas le Follet, passèrent trois fois devant et entrèrent dans la salle sur demande lorsqu'elle apparut. Ils se délestèrent de leur robe de sorcier et de leurs chaussures et s'installèrent sur le canapé aux couleurs vert et argent. Draco voulut embrasser Graham mais celui-ci le repoussa doucement.
- Attends, j'ai à te parler.
- Quoi, toi aussi ?! Vous vous êtes donnés le mot ou quoi ?!
- Je voulais te parler ce week-end mais comme j'ai dû aller à l'infirmerie et que je n'en suis sorti qu'hier soir...
- Justement, j'aimerais qu'on profite de nos retrouvailles et qu'on remette les discussions sérieuses à plus tard.
- Non mais c'est important...
Draco soupira, agacé.
- Je n'ai pas envie de parler de choses sérieuses maintenant, répliqua-t-il. J'ai besoin de me changer les idées. J'ai besoin de penser à autre chose qu'à mon parrain avec qui je viens de me prendre la tête. J'ai besoin...
- Ok, c'est bon, j'ai compris, coupa doucement Graham. Je ne savais pas que tu étais aussi déprimé que ça.
- Eh bien si, je le suis. Et j'ai vraiment besoin d'oublier. Et je compte bien sur toi pour m'y aider. Change-moi les idées, s'il te plaît.
- D'accord, céda Graham.
Il attira Draco à lui et l'embrassa. Draco répondit aussitôt au baiser et s'assit à califourchon sur les jambes de Graham. Le baiser, d'abord doux, devint vite plus passionné. Les mains de Graham se faufilèrent sous la chemise de Draco qui le laissa faire mais qui garda ses propres mains dans le dos de Graham sans passer sous le vêtement. Il essaya de calmer l'ardeur du baiser, n'ayant envie que de douceur mais Graham ne comprit pas le message et intensifia au contraire le baiser. Visiblement gêné par la chemise de Draco, il décida de l'enlever. Draco comprit alors ses intentions. Cela le mit mal à l'aise car il n'avait pas du tout les mêmes projets. Il avait pourtant l'impression que Graham pensait que c'était ce qu'il voulait. Et Draco crut comprendre pourquoi. Il avait demandé à son petit-ami de lui changer les idées. Graham avait donc aussitôt pensé à ce moyen pour accéder à sa requête... Sauf que Draco avait simplement voulu qu'ils s'embrassent. Cela lui aurait suffi pour s'aérer l'esprit. Mais il ne pouvait pas en vouloir à Graham d'avoir pensé à autre chose... Et il ne pouvait pas lui dire qu'il y avait eu un quiproquo. Sinon Graham allait comprendre qu'il n'en avait pas envie et Draco avait peur qu'il le prenne mal et qu'il mette fin à leur rendez-vous. Et Draco ne voulait pas que Graham le laisse tout seul. Il avait besoin de lui. Et puis le désir allait peut-être venir au fil des caresses... Ça avait déjà marché une fois... Il se résigna donc à attendre que le désir vienne s'inviter en lui. Il se laissa faire lorsque Graham l'allongea sous lui après avoir retiré sa propre chemise. Il tenta d'apprécier lorsque les lèvres de Graham vinrent se poser dans son cou. Il essaya de trouver cela agréable lorsque les doigts de Graham vinrent titiller ses tétons et caresser son torse et son ventre. Il s'efforça de ne pas se crisper lorsque Graham glissa une main dans son pantalon, puis dans son boxer. Mais malgré tous ses efforts, ce fut un sexe complètement au repos que trouva Graham dans son sous-vêtement. Il ne s'en formalisa pourtant pas et commença à masturber Draco qui fit de son mieux pour tenter de réagir. Mais son sexe resta désespérément mou. La main arrêta alors de s'activer et les lèvres qui mordillaient gentiment son cou le désertèrent en même temps. Draco se risqua à lever les yeux et le regretta en tombant sur le regard inquiet et déçu de Graham.
- Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu n'en avais pas envie ?
- Je pensais que ça allait venir...
- Mais ce n'est pas comme ça que ça marche, Draco !
- Ça a marché, une fois, se défendit Draco.
Ce fut cette fois ses paroles qu'il regretta en voyant l'air choqué de Graham.
- Parce que tu t'es déjà forcé ? demanda-t-il d'une voix blanche.
- Au début, oui, mais comme je te l'ai dit, j'ai fini par en avoir envie !
- Mais ce n'est pas une raison ! Bon sang mais qu'est-ce qui ne va pas chez toi ?! On ne se force pas à faire l'amour, par Merlin !
- Mais je ne voulais pas te frustrer...
- J'aurais très bien compris si tu m'avais dit que tu n'en avais pas envie ! Je n'aurais pas insisté et on aurait fait autre chose ! Je ne suis pas un animal, Draco ! Je t'aime et je ne te forcerai jamais à rien !
- Mais je ne voulais pas que tu me quittes ! Je ne voulais pas que tu m'abandonnes, toi aussi ! Tu es mon seul repère, celui qui a toujours été là quand j'en avais le plus besoin, quand les mauvaises nouvelles sur mes parents s'enchaînaient dans la Gazette, quand Severus me délaissait, quand j'ai perdu mon binôme de travail... Tu étais le seul à réussir à me changer les idées, tu étais là pour moi, tu me donnais de l'affection, de l'attention, de l'amour, de la tendresse... Et c'était tout ce dont j'avais besoin. Et j'en ai encore besoin. J'ai besoin de toi, Graham. Sans toi je m'écroule.
Graham sembla encore plus choqué qu'avant. Il se passa lentement une main sur le visage.
- Mais pourquoi n'ai-je pas vu tout ça plus tôt...
- Quoi ? De quoi tu parles ? demanda aussitôt Draco, inquiet.
- Je croyais que tu m'aimais mais c'était faux. Tu ne m'as jamais aimé. Tu cherchais auprès de moi ce que tu n'arrivais plus à trouver auprès de ton parrain. Tu t'es accroché à moi comme à une bouée de sauvetage. Tu t'es empêtré dans une relation en croyant qu'elle te faisait du bien. Alors qu'elle n'était pas saine du tout. La preuve, tu as failli te forcer juste pour me garder. J'aurais dû réagir bien plus tôt. Mettre fin à cette relation avant qu'elle ne devienne aussi malsaine.
- NON ! Graham, je t'en supplie, ne fais pas ça...
- Mais ça ne peut pas continuer ainsi, Draco. Ce n'est pas de moi dont tu as besoin mais d'un psychomage. Tu ne vas pas bien du tout. Tu as subi beaucoup trop de chocs depuis cet été et tu n'aurais pas dû encaisser tout ça sans être suivi par quelqu'un. On ne laisse pas un adolescent abandonné par ses parents sans suivi psychologique. Et encore moins quand les parents en question sont traqués par les Aurors.
- Alors tu sais que je vais mal et toi, tout ce que tu trouves à faire, c'est me quitter ?! hurla Draco.
- Je suis prêt à rester auprès de toi et à te soutenir mais juste en tant qu'ami...
- MAIS CE N'EST PAS DE TON AMITIÉ QUE JE VEUX ! JE N'ARRIVE PAS À CROIRE QUE TU M'ABANDONNES, TOI AUSSI !
- Draco...
- TAIS-TOI, JE NE VEUX PLUS T'ENTENDRE ! JE TE DÉTESTE, TU N'ES PLUS RIEN POUR MOI !
Draco ne laissa pas le temps à Graham de répondre, récupéra sa chemise, l'enfila, attrapa sa robe de sorcier et sortit en furie de la salle sur demande. Il marcha un long moment sans savoir vers où, son seul désir étant de mettre le plus de distance possible entre lui et la personne qui venait de le laisser tomber à son tour. Abandonné par la seule personne qui réussissait à lui faire tout oublier, il avait l'impression que plus rien n'avait d'intérêt. Il voulait oublier. Pas seulement Graham mais tout. Il ne savait donc pas où il allait mais il devait tourner un peu en rond car lorsqu'il voulut savoir où il était, il se rendit compte qu'il était au cinquième étage. Vu comment il marchait, il aurait du être loin, très loin de la salle sur demande... Ressentant soudain le besoin d'être seul, il chercha un coin isolé où il serait sûr de ne pas être dérangé. Mais il ne savait pas trop où se trouvaient ce genre de coins. Il ne vit alors qu'un endroit qui répondrait à ses exigences : les toilettes. Il s'y rendit donc en se disant qu'il y avait peu de chances qu'il y croise quelqu'un. Mais lorsqu'il entra, il tomba sur deux élèves qui sortaient d'une cabine.
- Qu'est-ce que tu fous là, Malfoy ? demanda l'un d'entre eux.
- Je t'en pose, des questions ? répondit Draco d'une voix ennuyée. Je ne vous suivais pas, si c'est ça que tu veux savoir. Et je ne vais pas vous fouiller, je n'en ai rien à foutre de votre trafic. Profitez-en et laissez-moi tranquille.
Draco passa devant les deux élèves et alla s'enfermer dans une cabine. Il s'assit et enfouit son visage dans ses mains. Il eut à peine le temps de se morfondre qu'il entendit des coups frappés à la porte de sa cabine.
- Malfoy, si t'es pas occupé, ouvre-moi.
Draco ne répondit pas.
- Écoute, c'est idiot de rester tout seul. J'ai bien vu que tu n'allais pas bien. J'ai de quoi t'aider.
Draco releva brusquement la tête. Avait-il bien compris ce que cet élève voulait dire par-là ? Lui proposait-il vraiment de lui vendre de la drogue ? Sans savoir pourquoi, Draco déverrouilla la porte. L'élève l'ouvrit et se faufila à l'intérieur de la cabine. Draco le regarda, perplexe.
- Tu n'es pas un peu maso de proposer de la drogue à un préfet ?
- Quelque chose me dit que je peux te faire confiance et que tu ne diras rien. Et que tu serais même intéressé. Je me trompe ?
Draco ne sut quoi répondre. Enfin si, il savait ce qu'il était censé faire. Il devait dire non, prendre le nom de cet élève et aller le dénoncer auprès de son directeur ou de sa directrice de maison. Mais il n'avait aucune envie de le faire. En fait, il était terriblement tenté par les potions de cet élève. Même s'il ne savait pas ce que c'était précisément, il était sûr que c'était exactement ce dont il avait besoin. Il préféra tout de même s'en assurer :
- On oublie tout avec tes potions ?
- Oui, ça te met dans un état d'euphorie pendant plusieurs heures. Une seule potion suffit. Surtout si tu n'as pas l'habitude. Mais si tu en prends plusieurs, l'état d'euphorie dure plus longtemps. Mais je te le déconseille fortement. Alors, tu en veux ?
- C'est combien la fiole ?
- Pour un premier achat, je peux te la vendre un gallion. Après, ça dépend de combien tu en veux.
Songeant qu'il avait plus de vingt gallions dans sa bourse qu'il avait toujours sur lui, Draco se dit qu'il pouvait se permettre de prendre plusieurs potions.
- Si je t'en prends quinze, ça monte à combien de gallions ?
- Normalement ça fait dans les vingt gallions car c'est un peu plus d'un gallion la fiole mais je peux faire un effort et réduire à quinze gallions. Mais je serais toi, je n'en achèterais pas autant d'un coup. Si tu ne les supportes pas, tu vas te retrouver avec plusieurs potions sur les bras.
- Bon bah vends-en-moi dix, alors.
- Bien, comme tu veux. Ça te fera dix gallions.
Draco sortit sa bourse, prit dix gallions et les tendit à l'élève qui lui donna les dix fioles. Draco les rangea et remarqua que le dealer semblait trouver la situation tout à fait normale.
- Tu n'as pas l'air surpris de réussir à vendre de la drogue à un préfet, lâcha-t-il.
- Parce que tu n'es pas le premier préfet à qui j'en vends, tout simplement, se moqua le dealer. Ce sont de très bons clients. Pas les meilleurs, certes, mais de bons clients quand-même.
Draco fut choqué par ces informations. Il n'aurait jamais pensé que les préfets pouvaient être de potentiels clients pour les dealers... Une question lui vint alors tout naturellement à l'esprit.
- Tu n'es pas obligé de me donner des noms mais... cette année, est-ce que je suis le premier préfet à qui tu vends de la drogue ?
- Oui. Parce que cette année, je suis davantage dans les potions euphorisantes que dans les coupe-faim. Et ce sont principalement par les coupe-faim que sont attirés les préfets. Bon, je dois y aller. J'ai rendez-vous avec quelqu'un.
- Un client ?
- Non, ma copine.
- Oh.
Draco se renfrogna. Il regretta d'avoir été curieux. Sa réaction ne passa pas inaperçue auprès du dealer qui se montra perspicace :
- Oh, je vois. C'est une peine de coeur que tu veux oublier ?
- Oui mais je n'ai aucune envie de m'éterniser là-dessus. Merci pour les potions. Salut.
Draco prit congé du dealer et se dirigea vers les escaliers. Il comptait retourner dans la salle sur demande, en espérant que Graham n'y soit plus. Heureusement, lorsqu'il arriva, il n'y vit personne. Il s'installa confortablement et sortit plusieurs potions de l'une de ses poches. Ce qui était bien avec les robes de sorcier, c'était que les poches étaient très profondes. Il avait donc facilement pu y caser les dix fioles. Souhaitant vraiment tout oublier, il n'écouta pas le conseil du dealer et but quatre fioles d'un coup. Ce que le dealer avait omis de lui dire, c'était que ça faisait effet très vite. Et que ces potions provoquaient une perte de contrôle. Mais il n'eut pas le temps d'en vouloir au dealer car il plongea vite dans un état de félicité totale. À partir de ce moment-là, il oublia tout et ne fut plus maître de rien...
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Le soir-même, POV Théo
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Théo avait beau aimer les cours, il était tout de même bien content d'être en vacances. Il en avait besoin. Ce n'était pas lui qui allait se coucher à une heure du matin durant toutes les vacances. Il comptait en profiter pour se reposer. Bon, là, c'était de la salle commune dont il profitait. Mais il n'allait pas tarder à aller se coucher. Il était près de vingt-trois heures et c'était l'heure qu'il s'était fixé pour aller au lit. Il voulait juste terminer un passage de son livre. Il lui restait trois pages. Il était tellement plongé dedans qu'il n'entendit pas Miles et Cassius s'approcher de lui. Ils durent toussoter pour attirer son attention. Il leva la tête vers eux et fut surpris de les voir venir lui parler à une heure aussi tardive.
- Excuse-nous de te déranger mais est-ce que tu aurais vu Graham ?
- Non, je ne l'ai pas vu entrer ou sortir.
- C'est bizarre. Je me demande où il a bien pu passer. On avait quelque chose d'assez urgent à lui demander, on pensait qu'il était dans le dortoir vu l'heure qu'il est mais il n'était ni dans son lit, dans la salle de bain. On s'est alors dit qu'il était peut-être ici.
- Non, mais je pense qu'il est avec Draco car je ne l'ai pas vu de la journée et lui non plus n'est pas dans notre dortoir.
- Ok, je vois. Ils sont donc quelque part ensemble dans le château à presque onze heures du soir. Intéressant. Bon, ce n'est pas grave, on le verra demain. Bonne nuit, Théo.
- Merci, bonne nuit à vous aussi.
Cassius et Miles s'en allèrent. Théo resta encore un moment dans la salle commune, le temps de finir son passage puis il se décida à aller se coucher. Il mit son marque-page dans son livre et monta à son dortoir. Il se mit en pyjama, prit sa potion relaxante et se glissa sous les draps. Il soupira de bien-être. Il faisait quand-même bien plus chaud dans son lit. Il ferma les yeux et fit le vide dans son esprit comme il avait l'habitude de le faire avant de dormir. Alors qu'il commençait à se sentir happé par le sommeil, il entendit la porte du dortoir s'ouvrir assez brusquement. Le silence fut alors aussitôt rompu par la voix de Draco qui chan... non, qui hurlait :
- LE GNOME EST UN BOUFFON, L'HIPPOGRIFFE EST UN GLOUTON, LE DOXY EST UN COUILLON, LE...
Théo, qui avait bondi de son lit et qui s'était précipité vers Draco dès qu'il avait entendu sa voix, ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase. Il plaqua sa main contre sa bouche, l'empêchant ainsi de continuer sa chanson aussi ridicule que grotesque. Draco grogna contre sa main et le repoussa.
- Ça ne va pas d'agresser les gens comme ça ?!
- Parle moins fort, Blaise dort, siffla Théo. Et c'est toi qui vient d'agresser nos oreilles, là.
- Tu es en train d'insinuer que je chante faux ? s'offusqua Draco.
- Si tu appelles ça chanter, toi... Bon allez, va te coucher et ne te remets pas à hurler, s'il te plaît.
- Je ne hurlais pas, je chantais !
- Mais oui, c'est ça...
Théo ne chercha pas à parlementer davantage avec Draco et retourna se coucher. Heureusement, Blaise n'avait pas été réveillé par l'entrée fracassante de leur meilleur ami dans le dortoir... Théo ne se posa pas de questions quant au comportement de Draco. Contrairement à Théo, il ne s'était pas arrêté à sa première cuite et avait participé à deux ou trois autres soirées. Il était rentré beaucoup moins bourré que la première fois mais les quelques verres qu'il avait bus avaient suffi à le rendre d'humeur guillerette. À deux reprises, Théo avait dû venir le voir pour l'empêcher de réveiller leurs compagnons de dortoir, comme il venait de le faire à l'instant. Sauf que ces deux fois-là, Draco avait simplement hurlé «Salut tout le monde !». Il avait beaucoup de chance que ce soit Théo qui vienne le voir à chaque fois. Si ça avait été Blaise, il se serait fait sérieusement réprimander. Théo ferma de nouveau les yeux et essaya de retrouver le sommeil. Il commençait tout juste à pointer le bout de son nez quand Théo sentit quelqu'un se glisser sous ses draps. Il se retourna brusquement et reconnut Draco malgré la quasi-totale obscurité dans laquelle était plongé son espace.
- Mais qu'est-ce que tu fais là ?! s'agaça-t-il.
- J'ai besoin de réconfort...
Comme pour appuyer ses mots, Draco plongea sa tête dans le cou de Théo et se colla tout contre lui. Théo ne sut pas quoi faire. Pour le coup, l'attitude de Draco lui semblait un peu étrange. Jamais il n'était venu s'inviter dans son lit pour lui faire un câlin... Cela le mettait un peu mal à l'aise. Et puis il se demandait pourquoi Draco avait soudain besoin de réconfort alors qu'il venait sans doute de passer la soirée avec Graham... À moins qu'ils se soient disputés ? Théo voulut lui demander ce qui se passait mais il sentit au même moment les doigts de Draco s'infiltrer sous son haut de pyjama. Il se raidit aussitôt. Non, alors ça, ça n'allait pas être possible. Il voulait bien pour le câlin mais ça, non. Il essaya d'enlever les mains baladeuses de sous son pull mais Draco ne sembla pas comprendre le message et fit basculer Théo sur le dos tout en poursuivant son exploration. Mais Théo ne se laissa pas faire et réussit à repousser fermement Draco. Celui souffla, agacé.
- Mais qu'est-ce que t'as bon sang ?!
- Ce serait plutôt à moi de te poser la question ! répliqua Théo. Tu ne crois pas qu'il y a un léger problème, là ?
- Oui et le problème c'est toi ! Je viens de me faire larguer, je suis au bout du rouleau et toi tu me repousses comme si tu n'en avais rien à foutre !
- Je ne savais pas, se défendit Théo. Et de toute façon ce n'est pas une raison pour me toucher comme tu viens de le faire !
- Non mais je n'y crois pas ! Je te dis que je viens de me faire larguer, que je suis malheureux, que j'ai besoin de réconfort et toi tu te plains pour quelques malheureuses petites caresses ?! Après tout ce que j'ai fait pour toi ?! Tu n'as pas l'impression d'être un peu ingrat, là ? La reconnaissance, ça te dit quelque chose ?!
Les mots de Draco blessèrent Théo. Les larmes aux yeux, la voix tremblante, il garda cependant la tête froide :
- Draco, tu n'es pas dans ton état normal... Tu ne sais pas ce que tu dis...
- Si, je sais très bien ce que je dis ! hurla Draco en attrapant le col de pyjama de Théo. Tu es comme tout le monde ! Tu n'en as rien à faire de moi ! Tu ne penses qu'à ton crétin de Poufsouffle ! Mais il ne t'aime pas et il ne t'aimera jamais ! Tu ne l'intéresses pas ! Tu ferais donc mieux de l'oublier ! Car il va finir par te rembarrer et tu seras aussi malheureux que moi ! Alors au lieu de me rejeter, tu devrais plutôt accepter l'attention que moi je daigne t'accorder !
Théo fut incapable de réagir tant il était choqué et tétanisé. Il s'en fichait que Draco se mette à le frapper. Son père s'était si souvent adonné à ce genre de violences qu'il en avait l'habitude. Non, ce qui lui faisait mal, c'étaient les paroles de Draco qui le meurtrissaient au plus profond de son âme. Dans un sursaut de lucidité, il se dit que cela ne ressemblait pas à Draco d'être aussi blessant. Même bourré, il ne lui dirait jamais ce genre de choses. Théo eut alors un affreux doute. Sans rien dire, et alors que Draco essayait de reprendre sa respiration tout en le tenant toujours par le col de son pyjama, Théo essaya discrètement d'attraper sa baguette. Mais à peine ses doigts eurent-ils atteint sa table de chevet que ses rideaux s'ouvrirent d'un coup. La lumière baigna l'espace et Théo put alors voir le visage de Draco, et plus particulièrement ses yeux. Il eut juste le temps de comprendre qu'il avait vu juste avant que la voix de Blaise ne se fasse entendre :
- Mais qu'est-ce qui se passe ici ?!
Draco sursauta et se retourna, mais sans lâcher le col de Théo. Celui-ci vit Blaise qui les regardait avec un air stupéfait.
- Mais... Draco... qu'est-ce que...
- Il est drogué, dit alors Théo.
- JE NE SUIS PAS DROGUÉ ! hurla Draco.
- Blaise, aide-moi, demanda Théo en ignorant les protestations de Draco.
Blaise comprit le message, s'approcha, prit les bras de Draco et réussit à lui faire lâcher prise. Théo sortit aussitôt de son lit malgré ses jambes flageolantes.
- Je vais aller chercher le professeur Snape, annonça-t-il, la voix tremblante.
Il n'attendit pas de réponse, attrapa sa baguette et quitta précipitamment le dortoir. Il s'en voulut de laisser Blaise tout seul face à Draco mais il n'avait pas le choix. Il fallait un adulte et vite. Mais il avait tout de même peur et pria donc durant tout le trajet pour que Draco ne fasse pas de mal à Blaise jusqu'à ce qu'il revienne avec le professeur Snape...
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Au même moment, POV Severus
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Severus venait tout juste de se coucher lorsqu'il entendit quelqu'un tambouriner à sa porte. Il se demanda qui pouvait bien venir le déranger à plus de vingt-trois heures. Il se leva, se rhabilla et alla ouvrir en maugréant. Il s'attendait à tomber sur un professeur et fut donc plus que surpris en voyant Théo sur le pas de sa porte. L'air totalement paniqué, il ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit et se mit à parler à toute vitesse :
- Professeur il faut que vous veniez vite c'est Draco je ne sais pas ce qu'il a pris mais il est drogué et il est hors de contrôle Blaise est avec lui mais j'ai peur qu'il lui fasse du mal et...
- M. Nott, calmez-vous, je ne comprends rien à ce que vous dites. Respirez et parlez calmement.
Théo suivit tant bien que mal ses consignes.
- Draco est drogué et a complètement craqué. Il a voulu s'en prendre à moi mais Blaise est intervenu et a réussi à le maîtriser. Je suis venu vous voir aussitôt. Mais Draco est super agité, j'ai peur qu'il s'en prenne à Blaise, il est tout seul avec lui...
Severus dut faire appel à tout son self-contrôle pour ne pas se mettre à paniquer lui aussi. Il devait rester calme. Mais ce n'était guère évident lorsqu'il apprenait que son filleul s'était drogué et qu'il avait manifestement pété les plombs...
- Restez là, je vais aller chercher Draco. Ne bougez pas, d'accord ?
Théo acquiesça. Severus lui indiqua où était le salon puis il quitta ses appartements et se rendit à la salle commune de Serpentard. Il la découvrit déserte, ce qui n'était pas étonnant puisqu'il était assez tard. Il ignora le désordre qui y régnait et monta au dortoir des garçons de cinquième année. Il entra et se dirigea vers les rideaux du fond. Lorsqu'il arriva, il tomba sur une scène qui lui serra le coeur. M. Zabini, assis sur le bord du lit, caressait doucement les cheveux de Draco qui semblait pleurer à chaudes larmes. Il avait le visage enfoui dans son oreiller et ses épaules tressautaient. Il ne devait pas avoir entendu Severus arriver mais ce n'était pas le cas de M. Zabini qui tourna la tête vers lui.
- Je ne sais pas ce qui s'est passé, il était en train de se débattre et de hurler et d'un coup il a éclaté en sanglots...
- Ce sont sûrement les nerfs qui ont lâché. Je vais m'occuper de lui.
Severus s'approcha et posa la main sur l'épaule de Draco. Celui-ci ne réagit pas mais continua à sangloter dans son oreiller.
- Draco, écoute-moi. Tu vas venir avec moi, d'accord ? dit doucement Severus.
Draco ne réagit toujours pas.
- Fais juste un signe de tête, Draco.
Cette fois, Draco répondit et acquiesça très légèrement.
- Bien, lève-toi, demanda Severus toujours d'une voix douce.
Draco se redressa lentement, essuya son visage avec son bras et se mit debout. Severus se tourna vers M. Zabini.
- Est-ce que ça va aller ? Souhaitez-vous aller à l'infirmerie ? Je peux envoyer un Patronus à Mme Pomfrey pour la prévenir de votre visite.
- Merci mais ça va aller, je préfère me recoucher.
- Bien mais n'hésitez pas à aller à l'infirmerie si ça ne va pas. Même en pleine nuit.
M. Zabini acquiesça. Severus entoura les épaules de Draco et l'entraîna avec lui hors du dortoir. Ils rejoignirent ensemble les appartements de Severus. Une fois arrivés, ils se rendirent au salon où les attendait Théo. Severus le vit se crisper en voyant Draco. Il retint un soupir. Il allait devoir parler avec lui. Sauf qu'il devait d'abord s'occuper de Draco. Mais il ne pouvait pas laisser Théo tout seul en attendant... Et il n'avait pas très envie de l'envoyer à l'infirmerie. C'était à lui de prendre en main Théo. Alors qu'il était déjà bien embêté avec ces deux problèmes sur les bras, un troisième vint s'y ajouter, au plus grand désespoir de Severus.
- Mais... qu'est-ce qui se passe ? fit une voix toute ensommeillée.
Le problème numéro trois n'était autre que Potter qui avait décidé de se réveiller pile à ce moment-là. Severus aurait dû s'y attendre. C'était la première nuit que Potter passait sans prendre la potion qui le faisait dormir d'une traite jusque-là. Comme il était suffisamment reposé, il était désormais sous la potion relaxante que Théo prenait lui aussi. Normalement, cette potion faisait effet dès la première prise mais dans le cas de Potter qui sortait d'une addiction aux potions de sommeil sans rêves, cela pouvait prendre du temps. Surtout qu'il était encore sous traitement pour ne pas subir les effets secondaires du sevrage. Il était évident que la première nuit ne serait pas très reposante pour lui et qu'il se réveillerait facilement. Et il n'allait pas se rendormir de si tôt. Cela ne servait donc à rien que Severus lui demande de retourner se coucher. Surtout qu'il devait vraiment se demander ce que faisaient Draco et Théo dans le salon à plus d'onze heures du soir... Il décida alors de parquer deux de ses problèmes ensemble pendant qu'il s'occuperait de Draco. Il s'adressa à Potter et répondit à sa question :
- M. Nott va vous expliquer, emmenez-le avec vous.
Puis il se tourna vers Théo :
- Je dois absolument m'occuper de Draco en priorité et je ne veux pas vous envoyer à l'infirmerie ou dans votre dortoir. Je préfère donc que vous restiez avec M. Potter. Je sais qu'il voudra à tout prix savoir ce qu'il se passe et qu'il ne vous lâchera pas, alors dites-lui juste que Draco ne va pas très bien mais que ça va aller. Je sais que vous avez une certaine complicité avec lui et je vous avoue que ça m'arrange bien en ce moment-même. Je viendrai vous voir dès que j'en aurai fini avec Draco.
- Bien, professeur.
Théo rejoignit son ami de Gryffondor et s'éloigna avec lui. «Une chose de réglée pour le moment», se dit Severus. Maintenant, il devait s'occuper de Draco. Et ça, ça allait être une autre paire de manches.
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POV Harry
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Cela fit bizarre à Harry d'emmener Théo dans la chambre qu'il occupait chez Snape. Chez les Dursley, il n'avait jamais emmené d'amis dans sa chambre, parce qu'il n'en avait tout simplement jamais eu. Surtout que, pendant dix ans, sa chambre s'était résumée à un placard sous l'escalier... Et durant l'été il n'avait pas eu l'occasion d'inviter Ron et Hermione au Square. C'était donc la première fois qu'il faisait découvrir sa chambre à un ami. Même si ce n'était pas vraiment la sienne, pour le coup. Mais en vrai, il s'en fichait un peu de tout ça car il était surtout heureux de revoir Théo. Lorsqu'ils arrivèrent, Harry vérifia discrètement qu'il n'y avait pas de chaussettes à lui qui traînaient quelque part. Il ne voulait pas passer pour quelqu'un de désordonné ! Alors qu'il s'asseyait à la tête de son lit, Théo, lui, s'installa sur une chaise qu'il rapprocha un peu du lit. Il avait l'air épuisé.
- Ça va ? demanda Harry, inquiet.
- Ce serait plutôt à moi de te poser la question, dit Théo en souriant. C'est toi qui est en train de te rétablir ici.
- Je vais bien. Ce n'est pas facile tous les jours mais j'ai un très bon médicomage. En tout cas, je me sens beaucoup mieux que quand je suis arrivé ici, même si je n'en ai pas le souvenir puisque j'étais inconscient à ce moment-là... D'ailleurs, je profite que tu sois là pour te remercier de m'avoir sauvé avec Draco.
- Tu n'as pas à me remercier, voyons, protesta Théo. C'est normal. On n'allait pas te laisser comme ça ! Mais tu serais prié de ne plus jamais nous refaire une peur pareille.
- Pardon, dit Harry, piteux. Je ne voulais pas vous faire peur... Je ne pensais pas que vous viendriez me voir dans mon dortoir, déjà. Et puis je ne savais pas que ces potions avaient tourné. Je voulais simplement dormir toute la journée. Je n'imaginais absolument pas toutes les conséquences que ça allait entraîner... Je n'avais pas du tout prévu de rester deux semaines ici, de suivre une thérapie avec le professeur Snape et de subir une totale remise en forme... Quand j'ai bu ces potions, je pensais que j'allais me réveiller dix heures plus tard, que j'allais reprendre une ou plusieurs potions pour dormir toute la nuit et que le lendemain matin, je me lèverais pour vivre une journée comme les autres... Je ne m'attendais vraiment pas à me retrouver chez Snape et à ce qu'il s'occupe de moi... Mais c'est très bien ainsi. C'est en sentant à quel point je vais mieux de jour en jour que je me suis rendu compte que j'étais tombé dans un état catastrophique et qu'il était vraiment temps de faire quelque chose. Car même si je vais mieux, je sens qu'il y a encore du chemin à faire. Je dois reprendre pas mal de kilos, je dois continuer mon sevrage et je dois encore me confier sur plein de trucs. Dit comme ça, on pourrait penser qu'en vrai, je ne vais pas bien du tout vu tout ce qu'il reste à faire mais mon état actuel n'a vraiment rien à voir avec celui dans lequel j'étais en arrivant. Oh là là, pardon, je parle, je parle, mais je dois t'ennuyer avec tout ce que je dis...
- Non, au contraire, c'est exactement ça que je voulais que tu fasses : me dire précisément comment tu vas. En fait, je suis surtout étonné parce que je ne pensais pas que tu serais aussi bavard au bout de seulement cinq minutes, s'amusa Théo.
- C'est parce que je suis content de te voir, dit Harry en rougissant. C'est long, dix jours sans voir mes amis. Bon, il y a encore une semaine, je n'étais absolument pas prêt à voir qui que ce soit mais ce week-end, j'ai pu recevoir la visite de mon parrain et de mon directeur de maison et demain ou après-demain, je devais commencer à revoir mes amis. Bon, cette échéance a été involontairement avancée à aujourd'hui. Et ce n'est pas plus mal comme ça. Mais qu'est-ce que tu fais là, d'ailleurs ? Ou, plutôt, qu'est-ce que vous faites là ?
- Draco ne se sentait pas bien du tout. Il a un peu perdu pied et il n'y avait que le professeur Snape qui pouvait le calmer. Je suis donc venu le chercher.
- Mais pourquoi tu n'es pas reparti ?
Théo parut mal à l'aise. Harry remarqua qu'il tremblait un peu.
- Tu as froid ? s'inquiéta-t-il.
- Non, ça va.
- Arrête, je vois bien que tu trembles.
Harry se décala sur la gauche dans son lit et tapota la place à droite.
- Allez, viens, tu seras mieux ici que sur ta chaise.
- Mais je ne vais pas venir dans ton lit ! s'exclama Théo.
- C'est juste pour que tu sois au chaud, apaisa Harry. Après, si tu préfères continuer à claquer des dents sur ta chaise...
- Ce n'est pas ça, j'ai juste peur que tu sois mal à l'aise.
- Je sais ce que je fais, Théo. Mais si toi, ça te gêne...
- Non, pas du tout.
Comme pour prouver ses dires, Théo se leva et vint s'installer à côté de Harry. Celui-ci, satisfait, rabattit les draps sur leurs jambes.
- Il va falloir qu'on m'explique un jour pourquoi je ne peux rien te refuser, maugréa Théo.
- Parce que tu ne sais pas dire non ?
- C'est vrai que j'ai du mal mais j'y arrive quand-même. Même avec Draco alors que c'est très dur de lui tenir tête. Toi, c'est vraiment différent.
- Dans ce cas, parce qu'on se ressemble et que tu vois un peu de toi en moi ?
Harry avait lancé ça comme ça mais il remarqua que ses mots avaient troublé Théo.
- C'est peut-être ça... murmura-t-il. Après tout, nous avons plein de points communs. Nous voyons tous les deux les Sombrals. Nous sommes des aimants à problèmes. Nous avons mis du temps à gagner la confiance de nos binômes. Nous avons fait notre coming-out à quelques jours d'intervalle. Nous avons un peu le même caractère. Nous avons le même médicomage. Et plein d'autres choses encore. C'est étrange de se ressembler autant et de s'en être rendus compte aussi vite alors que nous nous connaissons si peu...
- C'est vrai, admit Harry. Pour tout te dire, ça m'intrigue aussi. Mais je préfère ne pas me poser de questions. J'aime la relation qu'on a et je ne veux pas que ça change.
- Tu as raison. Il n'y a pas d'explications à tout, de toute façon.
- Et c'est très bien comme ça. Un peu de mystère, ça ne fait pas de mal.
Théo grimaça.
- Je préfère quand tout s'explique.
- Ah bah tu vois, on ne se ressemble pas tant que ça, tout compte fait, plaisanta Harry.
- Ça par contre ça me va très bien, renchérit Théo sur le même ton.
- Mais tout ça ne me dit pas pourquoi tu es resté ici, dit Harry, mi-sérieux, mi-amusé.
- Mais tu ne lâches donc jamais l'affaire ! s'écria Théo.
- Snape t'avait prévenu, je l'ai entendu, se moqua Harry. Alors, pourquoi n'es-tu pas reparti alors que tu étais juste censé venir chercher Snape pour qu'il s'occupe de Draco ?
- Parce qu'il veut me voir quand il en aura fini avec Draco. Il sait que je suis un peu choqué et il ne veut donc pas me laisser repartir sans en avoir discuté. Et je pense qu'il veut aussi savoir ce qui s'est passé exactement.
- Oh, je vois. C'est vrai que tu n'avais pas l'air bien, tout à l'heure. Mais là ça semble aller mieux. Je te sens plus détendu.
- Le fait que je sois avec toi et qu'on discute doit y être pour quelque chose, supposa Théo avec un petit sourire. D'ailleurs, je suis tellement détendu que je commence à sentir le sommeil me tomber dessus.
- Moi aussi, dit Harry en bâillant.
- Je vais te laisser dormir, alors, déclara Théo.
Il amorça un mouvement pour sortir du lit mais Harry l'en empêcha.
- Non, attends, je ne veux pas être tout seul... Je vais avoir froid sinon. Et je suis sûr que tu n'as pas envie que j'aie froid.
Théo secoua la tête, l'air amusé.
- D'accord, je reste, céda-t-il. Tu me mènes vraiment par le bout du nez.
- C'est même pas vrai. Mais allonge-toi, ne reste pas assis, sinon tu vas avoir mal au dos...
Théo n'essaya même pas de protester cette fois-ci. Il fit simplement ce que Harry lui dit. Celui-ci voulait juste le bien-être de Théo. Et puis il trouvait ça stupide qu'il reste assis alors que lui était allongé. Sachant désormais son ami à l'aise, Harry put fermer les yeux. Il se sentait serein. Plus fatigué qu'il ne le pensait, il ne tarda pas à être happé par le sommeil. Juste avant de se laisser emporter par les bras de Morphée, il entrouvrit un oeil et vit que Théo avait lui aussi fermé les yeux. L'air apaisé qui se voyait sur son visage toucha Harry. Il comprit vite que Théo était déjà en train de dormir. Cette pensée le fit tendrement sourire. Il referma son oeil et soupira de bien-être. Il était encore plus serein qu'avant. Il se rapprocha inconsciemment de Théo et ce fut avec une sensation de plénitude qu'il s'endormit quelques minutes plus tard.
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Une demie-heure plus tôt, POV Severus
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Une fois Théo et Potter partis, Severus reporta son attention sur Draco qui n'avait pas bougé. Il était debout et fixait le sol, le regard dans la vague.
- Draco, l'appela doucement Severus.
Draco leva la tête vers lui.
- Viens t'asseoir.
Draco obéit et s'installa à table en face de Severus. Celui-ci regarda attentivement son filleul. Il était encore sous l'effet de la drogue mais il avait déjà commencé à retrouver ses esprits.
- Comment te sens-tu ?
- Je ne sais pas. Mal, je crois.
Draco sembla regretter aussitôt ce qu'il venait de dire. Severus n'eut aucun mal à deviner pourquoi. Draco essayait de lui cacher son mal-être depuis la rentrée – voire même depuis le début de l'été – et là, il lui avouait à demi-mot qu'il n'allait pas bien. Mais c'était pourtant exactement ce qu'il devait faire. Severus savait cependant que c'étaient les potions que Draco avait prises qui le poussaient à parler sans filtre.
- Mal comment ? Psychologiquement ? Physiquement ?
- Les deux. Je ne me sens pas très bien.
- C'est normal si tu as pris des potions droguées. C'est le cas, n'est-ce pas ?
Draco baissa les yeux.
- Je ne vais pas te disputer, Draco. Je veux juste t'aider. Si tu as pris des potions, je dois le savoir.
- Oui, j'en ai pris.
- Quel type ?
- Euphorisantes.
- Combien en as-tu pris ?
- Quatre.
- D'un coup ou de façon espacée ?
- D'un coup.
- Quand les as-tu prises ?
- En début d'après-midi. Vers treize heures, je dirais. Severus, je ne me sens vraiment pas bien...
- Je vais t'apporter ce qu'il te faut.
Severus se leva et se rendit dans son laboratoire. Il prit plusieurs fioles, retourna au salon et donna les potions à Draco.
- La transparente va purifier ton organisme, la rose va lutter contre les nausées et la bleue va lutter contre les maux de tête.
Draco acquiesça et but les trois fioles. Il reprit très vite quelques couleurs.
- J'ai des questions à te poser mais ça attendra demain. Pour l'instant tu dois te reposer. Je veux te surveiller et être près de toi à ton réveil alors tu vas dormir ici. Enfin, dans ma chambre, plutôt.
- Mais... et toi ?
- Je vais passer la nuit debout. Tu vas prendre une autre potion qui te fera dormir et je vais attendre que tu sois profondément endormi pour aller m'occuper de mes deux autres patients. Je renverrai un d'entre eux dans son dortoir quand il sera prêt à y retourner et ensuite, je passerai la nuit à jongler entre M. Potter et toi.
Draco regarda Severus avec un air à la fois coupable, perplexe et dépassé. Devinant ses pensées, Severus coupa court aux reproches qu'il se faisait :
- Non, je t'arrête tout de suite : tu n'as pas à te sentir coupable de me faire passer une nuit blanche. C'est mon rôle de m'occuper de toi et c'est le moins que je puisse faire. Et puis il n'y a pas que toi, si ça peut te rassurer.
- Mais tu vas passer la nuit à me surveiller alors que ce matin je t'ai...
- On reparlera de tout ça plus tard, coupa doucement Severus. Là, tu dois dormir. Allez, suis-moi.
Severus se leva et conduisit Draco jusqu'à sa chambre. Une fois débarrassé de ses chaussures, Draco but la potion que lui tendit Severus puis il se coucha. Il ne tarda pas à s'endormir sous le regard de Severus qui ne le quittait pas des yeux. Se disant qu'il pouvait laisser Théo et Potter discuter encore un peu, il resta une bonne heure auprès de Draco. Il eut tout le temps de réfléchir et de s'en vouloir de ne pas avoir été là quand il en avait besoin. S'il en était venu à se droguer alors qu'il était préfet et qu'il menait une lutte sans merci contre les potions droguées, c'était qu'il devait vraiment être au fond du gouffre. Cela faisait mal à Severus de le réaliser. Il aurait dû être davantage présent pour Draco. Il aurait dû laisser ses obligations professionnelles de côté. Il avait vraiment été en-dessous de tout. C'était de sa faute si Draco allait aussi mal. Ce fut sur cette pensée accablante qu'il décida d'aller voir Théo. Sa nuit allait vraiment être longue et épuisante. Car après Théo, il devrait s'occuper de Potter et essayer de faire en sorte qu'il puisse dormir quelques heures. Ce qui risquait de s'avérer très compliqué. Mais il allait faire de son mieux. Une autre potion relaxante ferait peut-être l'affaire... Une fois arrivé devant la chambre qu'occupait Potter, il tendit l'oreille et ne perçut aucun bruit de discussion. Il avait pourtant une ouïe assez fine. Il pourrait même entendre de faibles chuchotements. Avaient-ils lancé un sort d'insonorisation ? Cela étonnerait beaucoup Severus. Afin de ne pas faire peur aux deux garçons, il ouvrit tout doucement la porte. Il éclaira le bout de sa baguette et se figea de stupeur en comprenant pourquoi il n'entendait rien derrière la porte. Théo et Potter pouvaient difficilement être en train de parler puisqu'ils étaient purement et simplement en train de dormir. Severus se retrouva complètement dépassé face à cette vision. Et sa discussion qu'il devait avoir avec Théo ? Il pouvait s'asseoir dessus ? Apparemment, oui. Il n'allait quand-même pas réveiller Théo pour lui parler de choses qui allaient le déprimer alors qu'il avait l'air serein dans son sommeil... Mais bon, ce n'était absolument pas prévu qu'il passe la nuit ici ! Et encore moins avec Potter ! Pourquoi est-ce que rien ne se passait jamais comme prévu dans ce château ?! Désespéré, Severus ne chercha même pas à comprendre comment Théo avait atterri à côté de Potter. Ni comment ils avaient pu s'endormir comme ça alors qu'ils étaient normalement voués tous les deux à passer une nuit blanche... C'était incompréhensible. Mais bon, après tout, Severus n'allait pas s'en plaindre. Le principal, c'était que ces deux énergumènes aient réussi à trouver le sommeil. Le reste... Mais cela n'allait pas empêcher Severus de venir les voir régulièrement. Il préférait être là si l'un d'entre eux se réveillait. En attendant, il allait les laisser dormir. Il sortit donc sans faire de bruit et referma la porte aussi silencieusement que possible. Puis il retourna voir Draco. Avec la potion qu'il lui avait donnée, il était très peu probable qu'il se réveille avant le lendemain matin mais, là aussi, Severus préférait le surveiller. Il ne voulait pas rester trop longtemps loin de Draco. Il savait qu'il n'allait pas pouvoir rattraper plusieurs semaines d'abandon en une nuit mais il était bien décidé à profiter de chaque occasion pour montrer à Draco qu'il n'avait jamais voulu le délaisser et qu'il l'aimait plus que tout. Il était même prêt à le lui dire, lui qui n'exprimait pourtant jamais ses sentiments. Il savait que, de toute façon, il allait devoir avoir une discussion avec Draco sur tout ce qui s'était passé depuis qu'ils avaient commencé à s'éloigner. Severus allait s'excuser et, surtout, il allait lui expliquer pourquoi il avait été si peu présent. Il lui dirait tout. Et il espérait que Draco en ferait autant. C'était le seul moyen pour que Severus puisse l'aider. Car il était bien déterminé à le faire. Il ne délaisserait plus jamais Draco. Ce fut la promesse que se fit Severus en regardant son filleul dormir, avec un air apaisé sur le visage qu'il aurait pendant quelques heures encore...
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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Harry s'est davantage confié à Severus, il a revu Sirius et Remus, puis Draco et Théo et s'est carrément endormi auprès de celui-ci XD La relation entre Sirius et Remus a pris un nouveau tournant, où cela va-t-il les mener ? La relation s'est encore dégradée entre Severus et Draco qui a pété les plombs mais heureusement, tout s'est bien terminé pour tout le monde... Et Severus peut désormais s'occuper de son filleul :) Comme d'habitude, on se retrouve vendredi pour le prochain chapitre qui s'intitulera «Des relations qui évoluent». Bisous tout le monde ! =)
