Bonjour tout le monde ! Me revoilà pour le trente-septième chapitre de SALMLP =)

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ccassandre24 : Severus et Tonks vont bientôt se revoir, Severus a juste besoin de réfléchir à tête reposée =) Justin est complètement désespérant, en effet XD Et la mise en couple avec Théo ne va pas être de tout repos XD Contente que le flash-back t'ait plu =)

Zackos : La description que tu t'imagines de Remus est très conforme à la réalité XD Je le vois presque de la même façon, à part pour les cheveux que j'imagine légèrement longs au niveau de la nuque et sur le front XD Pour le tablier, je l'imagine plutôt blanc mais le rose va très bien aussi x) Et pour la chemise et le pantalon, je suis tout à fait d'accord ! Et il rougit, bien évidemment ! XD Bon par contre, je ne sais absolument pas comment est habillé Sirius mais il pourrait effectivement être uniquement vêtu d'un jogging XD Contente que ce couple te plaise =) Ça ne va pas être tout le temps rose entre eux mais ça finira toujours par s'arranger =)

lilalali07 : Ne te précipite pas, prends ton temps XD Bon courage pour la rentrée ! C'est le coup de s'y remettre et après ça va aller XD Oui, la notion de viol est quelque chose de très important, et ça touche en effet bien plus de personnes qu'on ne le croit, surtout qu'il y a plusieurs choses qui sont considérées comme du viol et que tout le monde ne le sait pas forcément :/ Je prends absolument toutes les remarques en compte, donc s'il y a quelque chose qui n'est pas clair, il ne faut surtout pas hésiter à me le dire XD Ravie que touuuutes les évolutions te plaisent ! =) Même si pour certaines, c'est long à venir XD Pour Cédric, ça devient de plus en plus clair et Harry va bientôt en parler avec Severus :) Pour Harry et Théo, il y a bien quelque chose entre eux, on pourrait les considérer comme des âmes soeurs mais je ne suis pas partie là-dessus car je n'y connais pas grand-chose XD Ça me fait plaisir que cette relation plaise car elle va devenir vraiment importante dans le deuxième tome :) Tout est flou pour l'instant, eux-mêmes ne savent pas ce qu'il y a entre eux et c'est fait exprès XD

Butterfly Fictions : Pas de problèmes, c'est déjà gentil de ta part d'avoir reviewé alors que tu es occupée ! Les déménagements ça prend un temps fou ! Bon courage =) J'ai l'impression que nous sommes tous occupés à l'approche de la rentrée, ce qui est normal XD Pour les préfets qui se droguent, j'avais prévu qu'il y en ait un(e) qui soit concernée(e) mais je crois que ça attendra le deuxième tome XD Je suis à la mi-mars dans le premier tome, il y a encore plein de choses à traiter donc trois mois et demi ça risque d'être court pour y ajouter une histoire de préfet drogué XD Mais je retiens l'idée =) Justin n'est vraiment pas au clair sur ses sentiments et c'est Théo qui en pâtit :/ Concernant le sujet dont veut parler Harry avec Ginny, réponse dans ce chapitre =) Draco va mettre du temps à avouer à Severus sa relation avec Harry et Severus va en mettre encore plus à avouer à Draco qu'il sort avec Tonks XD L'amitié entre Draco et Théo est vraiment très profonde, Théo ne peut pas en vouloir trop longtemps à Draco qui le blesse sans le vouloir mais qui est toujours là pour l'écouter et le rassurer :) Et Draco a totalement raison pour Justin XD Hermione va avoir besoin de temps pour savoir ce qu'elle veut faire plus tard et je pense que Terry va rester sur le métier d'avocat :) Leur mise en couple est imminente, encore un peu de patience XD Ravie que tu aies aimé la discussion entre Blaise et Ginny *-* C'était nécessaire et les choses vont enfin pouvoir se décanter =) / Il va bientôt y avoir une discussion entre Severus et Tonks, Severus est un peu plus clair à ce sujet dans ce chapitre :) Leur relation va évoluer doucement mais sûrement, ça va être assez dur pour eux de se voir XD Oui Harry se sent vraiment, vraiment, vraiment mieux =) Il est beaucoup plus épanoui avec Sirius et Remus et les fêtes lui font énormément de bien =) Oui je trouvais aussi que le flash-back était une meilleure façon de raconter ce souvenir, seulement Harry n'a pas eu tous les détails alors que les lecteurs oui XD La connaissance de Remus chez Poufsouffle et la connaissance de Corner chez Gryffondor sont juste d'anciennes ou actuelles petites-amies mais ni Remus ni Corner ne veulent le dire XD Je n'avais pas assez de matière pour l'anecdote du pudding raté de Sirius XD Le POV de Pansy était une façon de la voir un peu durant ces vacances, vu qu'elle ne les passe pas à Poudlard XD Le cadeau de Draco à Théo est effectivement très symbolique et ça représente beaucoup pour Théo *-* Justin fait enfin des progrès XD Mais ça va devenir beauuucoup plus compliqué par la suite XD La relation entre Sirius et Remus est bien plus complexe qu'il n'y paraît, il y a quelque chose dont ils n'ont pas encore conscience et c'est ça qui rend la situation aussi difficile :/ La relation entre Severus et les deux Maraudeurs va prendre de plus en plus d'importance, chacun fait des efforts pour que les tensions s'apaisent entre eux :) Ne t'en fais pas pour la longueur de la review, ça revient au même que si c'était sur deux reviews différentes, sauf que c'est plus pratique pour toi de commenter sur une seule review =)

Gryffondor : Harry aime bien savoir ce qui se passait du temps des Maraudeurs à Poudlard parce qu'il aime beaucoup l'amitié qu'il y avait entre eux :) Mais pour ce qui est de son père ... c'est un peu plus compliqué que ça XD Ouh là, Harry reste un ado, il n'a jamais bu car il n'en a jamais eu l'occasion, mais s'il se retrouve dans une soirée avec de l'alcool à disposition ... XD C'est tout à fait ça pour l'estomac de Harry, il y avait peu de chances pour qu'il se réveille en pleine forme le lendemain XD Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas autant mangé, on se réveille rarement en forme dans ces cas-là XD Oh oui, Pansy va être complètement gaga du bébé XD Et elle trépignera d'impatience de le dire à ses amis à la rentrée XD

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Merci à vous tous pour ces reviews, ça fait toujours extrêmement plaisir =) Et merci à tous ceux qui suivent toujours l'histoire =) Je vous laisse avec ce chapitre et je vous souhaite à toutes et à tous une agréable lecture =)

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Warning : Une scène sexuellement explicite est présente à la fin de ce chapitre.

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37 - Visites et discussions importantes

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(mercredi 27/12) POV Harry

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- Sirius, tu peux faire un peu de place s'il te plaît ? J'aimerais corriger mes copies.

- Je vais essayer.

- Je peux en faire aussi, si tu veux, proposa Harry à Remus.

- Non, ce n'est pas toi qui gêne, c'est Sirius. Il prend les trois quarts de la table, si ce n'est plus ! Je crois que j'aurais dû réfléchir avant de lui offrir ce jeu de cartes...

- C'était le meilleur cadeau que tu pouvais me faire, Remus. Mais c'est bon, je vais libérer de la place. Je vais me mettre aussi au travail sinon mes copies ne seront jamais corrigées pour la rentrée. Tu t'en sors avec ton devoir, Harry ?

- Moyen. D'habitude je suis bon en botanique mais là je galère. J'ai vraiment hâte de revoir Draco et de pouvoir travailler de nouveau avec lui.

- Tu dois le voir après-demain, normalement.

- Oui, aujourd'hui c'est Ron et Hermione que je dois voir.

- Tu ne stresses pas trop ?

- Non, ça va. J'ai hâte de les voir, eux aussi. Ils me manquent. C'est juste dommage que je ne puisse les voir que deux heures. Mais c'est déjà sympa de la part du professeur Snape d'avoir décalé notre séance.

- Je pense qu'il tenait à ce que vous ayez une séance juste après que tu aies reçu la visite de tes amis, dit Remus. Histoire que tu puisses te confier sur ce que tu as ressenti, sur la façon dont tu as vécu ces retrouvailles, sur la façon dont elles se sont passées... C'est un moment très important, il doit s'attendre à ce que tu lui en parles.

- Je vois. J'espère que ça va bien se passer, alors. Comme ça je n'aurai pas grand-chose à dire. Je n'ai pas du tout envie de passer la séance à parler des retrouvailles avec mes amis. Enfin bref, toujours est-il que je galère sur mon devoir de botanique. J'ai beau n'avoir manqué qu'une semaine de cours, je me sens complètement largué dans certaines matières. Les cours de Draco sont super mais pour la botanique, par exemple, on avait l'habitude de s'appuyer sur des informations qu'on trouvait dans des livres qu'on allait chercher à la bibliothèque. Mais comme je ne peux pas sortir d'ici...

- Ce n'est pas vraiment ça, rectifia Sirius. En soi, rien ne t'oblige à rester enfermé ici. Tu as tout à fait le droit de sortir et d'aller te promener dans le château. Mais tu n'es probablement pas encore prêt. Si tu sors maintenant, il y a de fortes chances pour que tu te sentes mal dans les couloirs et que tu rentres complètement paniqué. Je ne pense pas que tu sois apte à croiser le regard des autres. Et puis, pour commencer, il vaut mieux que tu sortes d'abord accompagné. Que ce soit par moi, par Remus ou par Snape. Mais tout ça devrait se faire assez rapidement quand-même. Le but est que tu puisses reprendre les cours le plus vite possible mais en étant sûr que tu sois prêt. À un moment, il va donc falloir que tu dépasses certaines peurs. Sinon tu vas rester prostré et ça va être de plus en plus dur de te lancer.

- En gros, il va falloir que je me mette un coup de pied aux fesses, traduisit Harry.

- C'est un peu ça l'idée, oui.

- Je sais tout ça et je m'y suis préparé. Mais ce n'est pas vraiment le regard des autres qui me fait peur. C'est le fait que tout le monde va me regarder. Parce qu'ils vont tous être surpris de me voir vu que ça fera un moment que je ne serais pas sorti dans le château... Tous les élèves sauront que ça fera environ un mois que je ne serais pas retourné en cours, même s'il y aura eu les vacances entre-temps. En fait je redoute surtout d'être au centre de l'attention. Je veux au contraire passer inaperçu. Mais je sais que ce ne sera pas possible.

- Je comprends très bien ce que tu veux dire, affirma Remus. Quand tu sortiras pour la première fois depuis un mois dans le château, c'est sûr que ce sera un moment dur à passer. Idem quand tu vas retourner en cours. Mais il faut passer par-là. Je sais que ce n'est pas très encourageant mais il n'y a pas grand-chose à faire à part serrer les dents et ignorer les regards posés sur toi.

Harry hocha distraitement la tête.

- Mais tu parleras de tout cela avec Severus en temps et en heure. Chaque chose en son temps. En attendant, Sirius et moi pouvons peut-être t'aider pour ton devoir de botanique. Est-ce que tu sais précisément quels livres il te faudrait ?

- Des livres sur l'aubépine des marais.

- On peut te trouver ça. Je vais y aller pour toi, décida Remus.

- Mais je croyais que tu devais corriger tes copies ? s'étonna Harry. Et puis je ne sais pas si tu as le droit d'aller chercher des livres à ma place...

- Tant que c'est toi qui me dit quels livres il te faut, c'est toléré. Et puis tu n'as pas vraiment le choix. Tu as besoin de livres mais tu ne peux pas y aller toi-même. Ce n'est pas comme si tu avais juste la flemme d'y aller et que je faisais tout le travail à ta place. C'est déjà très bien de ta part que tu fasses tes devoirs. Tu pourrais très bien te laisser aller et refuser de travailler. Donc j'y vais, un point c'est tout.

Harry sourit.

- D'accord, vas-y, je ne voudrais pas te contrarier, plaisanta-t-il.

Remus se leva et partit.

- Je t'envie, Harry, soupira Sirius. Durant nos sept années d'études à Poudlard, il fallait limite que je soudoie Remus avec du chocolat pour qu'il accepte d'aller me chercher un livre à la bibliothèque...

- Parce que toi, tu pouvais très bien y aller toi-même, répliqua Harry. Tu avais juste la flemme. Et puis je suis sûr que même sans l'appâter avec du chocolat, Remus finissait toujours par accepter de faire ce que tu lui demandais. Il ne peut rien te refuser. Ou presque.

- Tu oublies l'histoire des murs cet été.

- C'est bien pour ça que je dis «ou presque», rétorqua Harry. Bon, en attendant qu'il revienne, je vais essayer d'avancer un peu sur le devoir.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Harry se replongea dans les cours de Draco tandis que Sirius délaissait son jeu de cartes pour corriger ses copies. Un silence agréable s'installa dans le salon. Harry aimait bien ces moments où chacun travaillait. Même s'ils ne faisaient pas exactement la même chose, ils étaient dans la même ambiance. En fait, le travail en binôme avait drastiquement changé la façon d'étudier de Harry. Il préférait désormais travailler avec quelqu'un plutôt que tout seul, même sans forcément faire la même chose. Il essaya donc de continuer son devoir mais il n'avait pas beaucoup avancé lorsque Remus revint.

- Voilà, je t'ai ramené quatre livres, j'espère que ça suffira.

- Je pense, oui, dit Harry en souriant. Merci beaucoup, ça va bien m'aider. Mais c'est frustrant car je me retrouve avec quatre livres en étant tout seul pour chercher des informations dedans... En temps normal, je me serais occupé de deux livres et Draco de deux autres.

- Si tu veux vraiment voir ça avec Draco, tu peux mettre ton devoir et les livres de côté et passer à une autre matière, suggéra Remus.

- C'est ce que je devrais faire mais j'ai vraiment envie de faire mon devoir de botanique maintenant, se justifia Harry. C'est la seule matière qui m'attire en ce moment-même.

- Je te comprends tout à fait, approuva Sirius. J'étais exactement comme toi quand j'étais élève. Je ne pouvais pas me forcer à travailler sur une matière si je n'en avais pas envie. Bon, sauf s'il y avait un devoir urgent car il fallait le rendre le lendemain.

- Ce qui arrivait assez souvent, se moqua Remus. Combien de fois t'es-tu retrouvé à faire un devoir à vingt-trois heures car il fallait le rendre le lendemain à huit heures...

- Ce n'était pas de ma faute si je n'étais pas organisé, se défendit Sirius.

- C'est surtout ta flemme légendaire qui te mettait en retard à chaque fois, répliqua Remus.

- Ça ne m'empêchait pas d'avoir de bonnes notes.

- Ça, c'est sûr, je me suis toujours demandé comment tu faisais. Moi je devais bosser pendant quatre heures sur un devoir pour avoir un Optimal. Toi tu y passais deux heures et tu avais la même note que moi.

- Tu pouvais très bien avoir des Optimal en y passant moins de temps, Remus. Ce que tu n'as jamais compris, c'est que les profs ne pouvaient pas te mettre au-dessus d'Optimal. Sinon ils l'auraient fait. Tu y passais trop de temps pour rien. Regarde, James y passait le même temps que moi et ses notes oscillaient entre Effort Exceptionnel et Optimal.

- Je consacrais peut-être trop de temps à mes devoirs mais c'est juste parce que j'aimais travailler.

- Hermione est pareil. Et Théo aussi, je crois. Ce n'est pas étonnant qu'ils s'entendent aussi bien. Le Choixpeau aurait dû les mettre ensemble pour le travail en binôme. Mais ça n'aurait eu aucun intérêt puisqu'ils étaient déjà amis avant. Bon, maintenant que j'ai des livres, je vais pouvoir avancer.

Harry se remit au travail, tout comme Sirius et Remus. Ils durent cependant s'arrêter une heure plus tard pour manger. Harry n'eut pas le temps ensuite de se replonger dans son devoir puisque Ron et Hermione devaient venir à treize heures. Ils furent même un peu en avance. Sirius alla leur ouvrir et revint quelques secondes plus tard avec eux. Il leur demanda de s'installer puis il alla chercher du jus de citrouille et du thé. Après en avoir discuté avec Harry, Sirius et Remus avaient convenu de rester un peu avant de laisser Harry seul avec ses amis. Ce fut Sirius qui lança la discussion lorsqu'il fut de retour avec les boissons qu'il posa sur la table.

- Alors, comment se passent vos vacances ? Vous ne vous ennuyez pas trop ? Trois semaines c'est long, surtout quand on ne peut pas trop sortir à cause du temps qu'il fait dehors...

- C'est vrai que ce n'était pas la meilleure année pour nous mettre une semaine de vacances de plus, grimaça Ron. Il n'a jamais fait aussi froid et il n'a jamais autant neigé. Mais bon, ça permet de se reposer.

- Oui, on ne s'en rendait pas vraiment compte mais on en avait besoin, approuva Hermione. Après je ne m'ennuie pas spécialement puisque j'ai mes rondes à faire, tout comme Ron. Et puis je profite des vacances pour voir un peu tout le monde.

- Oui, Hermione en est carrément venue à tenir un carnet de rendez-vous, s'amusa Ron. À la base, c'était une blague de Ginny mais Hermione l'a finalement prise au sérieux. Elle a trop d'amis, du coup elle doit s'organiser pour tous les voir.

- J'en fais partie ? s'enquit Harry en battant des cils.

Hermione éclata de rire.

- On croirait Ginny ! Mais oui, en effet, tu en fais partie. Il y a toi, Ginny, Théo, Terry... J'ai réussi à voir tout le monde jusque-là sauf Théo. Je l'ai bien vu à la bibliothèque à deux reprises mais j'ai senti qu'il ne voulait pas être dérangé, même s'il ne l'aurait jamais dit ou fait comprendre. Tout ça pour dire que je n'ai vraiment pas le temps de m'ennuyer, en plus des devoirs qu'on a à faire.

- Tiens, en parlant de devoirs, vous avez fait celui de botanique ? interrogea Harry.

- J'ai voulu mais j'ai laissé tomber, avoua Ron. Il était trop compliqué. Je m'y remettrai un peu plus tard.

- Oh ça va, je ne suis pas le seul alors, se rassura Harry. Et toi Hermione, est-ce que tu l'as fait, ce devoir ?

- Oui mais c'est vrai qu'il était dur. Mais ce n'est pas étonnant puisque c'est un devoir type BUSE.

- Ah bah d'accord, je comprends mieux ! On avait oublié de me le dire, ça.

- Dans ce cas, sache que c'est aussi le cas pour le devoir de potions, de sortilèges, de métamorphose et d'histoire de la magie.

- Il n'y a que pour l'histoire de la magie et la botanique que je ne savais pas. J'étais au courant pour les autres puisque Sirius, Remus et le professeur Snape me l'ont dit pour leurs propres devoirs. Il va falloir que je potasse bien mes cours alors.

- Est-ce que ceux de Draco te suffisent ? demanda Hermione.

- Oui, je crois qu'il complète son cours avec les notes de Théo, donc j'ai ce qu'il faut.

- Bon, on va vous laisser, on a du travail à faire, nous aussi, déclara Sirius. On a des Troll et des Désolant à mettre à nos copies.

- Sirius... soupira Remus.

Harry, Ron et Hermione se mirent à rire alors que les deux adultes quittaient le salon après leur avoir dit qu'il y avait du pudding dans la cuisine au cas où ils auraient faim.

- Ils sont géniaux, dit Hermione.

- Je confirme, assura Harry. Ils sont même plus que géniaux. Ils sont parfaits. Je sais pourtant que ce n'est pas facile pour eux mais ils s'en sortent très bien. Ils ont dû beaucoup parler avec le professeur Snape, je pense.

- En tout cas, tu as l'air d'aller beaucoup mieux, observa Hermione. Tu as surtout l'air apaisé, en fait.

- C'est en grande partie parce que je suis une thérapie qui me fait du bien. Je me confie sur tout un tas de choses que je gardais pour moi et ça m'apaise. Je dors mieux, aussi. À la fois grâce à cette thérapie et grâce à une potion que je prends le soir juste avant de me coucher. Elle est à base de plantes et elle me permet de me relaxer. Elle me met dans les bonnes dispositions pour bien dormir. Ça n'a rien à voir avec les potions de sommeil sans rêves. C'est beaucoup plus sain. Et c'est plus efficace sur le long terme. Il n'y a pas d'effets de dépendance, ni d'accoutumance. Mais le professeur Snape ne m'a pas mis tout de suite sous cette potion. Il m'a d'abord mis sous une autre potion qui me faisait dormir d'une traite le temps que je récupère et que je me repose suffisamment. La potion à base de plantes a mis un peu de temps à faire effet puisqu'elle ne permet pas vraiment de dormir, elle aide juste à se relaxer. Et comme j'ai été dépendant de la potion de sommeil sans rêves et que je suis sous sevrage, ça a été un peu difficile pour moi de m'endormir naturellement. Mais là, ça va beaucoup mieux. Désolé, je parle beaucoup mais...

- Non, au contraire, c'est super, coupa Hermione. C'est la première fois depuis la rentrée que tu nous dis vraiment comment tu vas, et ça fait vraiment plaisir.

Harry baissa les yeux.

- Je suis désolé de m'être éloigné de vous. Je ne l'ai pas fait volontairement. Je sentais bien que je passais moins de temps avec vous mais...

- Tu n'y pouvais rien, compléta Hermione.

- C'est ça. Je ne faisais pas ce que je voulais. J'étais sous emprise. Je venais tout juste de m'en rendre compte quand... enfin, vous voyez. J'avais eu la veille une discussion avec Théo qui m'avait ouvert les yeux mais je n'ai pas eu le temps d'en tirer profit. J'ai réalisé trop tard, en fait.

- Un peu comme tout le monde, dit tristement Hermione. On commençait vraiment à comprendre ce qui se passait mais on a manqué de temps pour réagir.

- Je ne veux pas que vous vous en vouliez, indiqua fermement Harry. J'ai un peu bataillé avec Sirius et Remus, j'ai réussi à les raisonner alors ce n'est pas vous qui allez me résister.

Ron et Hermione sourirent.

- Message reçu, s'amusa Ron. Bon, qu'est-ce que tu fais de tes journées ?

- Je parle beaucoup avec Sirius et Remus. Sinon je lis, je rattrape les derniers cours que je n'ai pas encore lus et je fais mes devoirs. Et je me repose de temps en temps quand je suis vraiment fatigué. Mais beaucoup moins souvent que lorsque j'étais chez Snape.

- Ça s'est bien passé chez lui, d'ailleurs ? s'inquiéta Ron. Sirius et le professeur Lupin nous disaient que oui quand ils nous donnaient de tes nouvelles mais on avait un peu de mal à y croire.

- C'est pourtant la vérité, assura Harry. On ne s'est pas pris la tête une seule fois. Enfin, sauf quand Snape me demandait d'arrêter de travailler alors que je voulais continuer. Mais ce n'étaient même pas des prises de tête. Disons qu'on parlementait. Mais il n'était pas du tout le professeur Snape qu'on a l'habitude de voir en cours. Il était complètement différent. Il était... humain. Mais genre vraiment humain. Il était patient, il ne me faisait aucun reproche, il était indulgent tout en étant un minimum strict... C'était vraiment déroutant. Mais j'ai passé un bon séjour chez lui. J'étais un peu mal à l'aise mais en même temps, je me sentais en sécurité. C'est assez compliqué à expliquer.

- Je crois qu'on a compris le principal, dit gentiment Hermione. Ça n'a pas été trop dur de partir de là-bas pour venir ici ?

- Je dois avouer que j'appréhendais. Mais ça s'est très bien passé. Il n'y a pas eu trop de gêne, au moins. C'est surtout ça qui me faisait peur. Mais comme on s'était déjà vus deux fois chez Snape, on a pu mettre un peu les choses à plat et dissiper justement la gêne qu'il aurait pu y avoir entre nous quand je suis venu m'installer ici. Mais assez parlé de moi. Du moins, pour aujourd'hui. Vous allez revenir me voir, de toute façon ?

- Bien sûr, répondit Hermione sur le ton de l'évidence.

- Bon alors gardons-en un peu pour votre prochaine visite. Comment est-ce que vous allez, vous ?

- Plutôt bien. Comme je le disais, je n'ai pas le temps de m'ennuyer, répondit Hermione.

- Mais tu te reposes un peu, au moins ? Parce que ce sont quand-même les vacances...

- Mais oui, ne t'inquiète pas, apaisa Hermione. J'ai même demandé à Ron de me remplacer une fois parce que j'étais justement fatiguée.

- C'est vrai, je confirme, appuya Ron.

- Tant mieux, dit Harry, soulagé. Mais attendez, ajouta-t-il en fronçant les sourcils, comment Ron a-t-il pu te remplacer si les rondes doivent être assurées par un garçon et par une fille ?

- Les règles changent un peu lors de ces vacances, expliqua Hermione. Il y a des préfets qui rentrent chez eux, du coup il n'y a plus forcément la parité entre garçons et filles. Par exemple, cette année, nous sommes quatre préfets et deux préfètes à être restés. Tu comprendras donc que c'est un peu compliqué de faire en sorte que les rondes soient assurées à chaque fois par un préfet et une préfète. Sinon ça voudrait dire que Padma et moi devrions faire une ronde tous les deux jours. Ça ferait un peu trop, surtout sur trois semaines et alors qu'on est censés être en vacances.

- Oui, c'est sûr, vu comme ça... Donc du coup, si je comprends bien, il y a un préfet qui est parfois obligé de faire une ronde avec un autre préfet ?

- C'est ça, affirma Ron. Pour te donner un exemple, avant-hier j'ai fait une ronde avec Terry Boot. Et la semaine dernière j'ai fait une ronde avec Ernie MacMillan. C'était bizarre car on était habitués à faire nos rondes avec quelqu'un qu'on avait appris à connaître. Mais ça s'est très bien passé. Ce qui est cool, en plus, c'est qu'on fait des rondes après le couvre-feu. Au début, j'avais peur de trouver ça barbant mais pas du tout ! Ce n'est absolument pas la même ambiance. C'est même un peu flippant. C'est la nuit, il fait sombre, tu éclaires juste devant toi avec un Lumos, tu as l'impression qu'il peut t'arriver n'importe quoi, à n'importe quel moment... Tu as à la fois hâte et pas hâte de finir ta ronde, hâte parce que tu serais plus rassuré dans ton lit et pas hâte car c'est quand-même bien plus excitant qu'une ronde en début de soirée... Mais il ne s'est encore rien passé de fou pour autant. Les rondes sont plutôt calmes. C'est un mythe de croire qu'il y a des élèves qui se promènent dans le château après le couvre-feu. Ou alors ils sont bien cachés.

- Je crois que c'est plutôt ça, supposa Hermione. Car parfois, je jurerais qu'il y a quelqu'un.

Harry voulut poser une question mais il n'osa pas. Il avait pourtant envie de savoir. Il prit alors une grande inspiration et se lança :

- Et en ce qui concerne le trafic de potions droguées ? Où est-ce que ça en est ?

Ron et Hermione semblèrent troublés par cette question, ce qui n'étonna pas Harry. Ils pensaient sûrement que Harry ne voudrait pas en entendre parler. Mais il n'était pas dans cet état d'esprit-là. Il voulait que les choses bougent. Que tous les dealers se fassent attraper pour qu'ils ne puissent plus vendre leurs saletés de potions qui faisaient plus de mal que de bien. Il refusait qu'il y ait d'autres victimes collatérales de ces potions. Son histoire ne devait pas se répéter.

- On stagne un peu, avoua Hermione. Ça fait un moment qu'on n'a plus attrapé de dealer. Pourtant, on sait qu'il y en a encore. Mais ils se font plus discrets. En fait, ceux qui restent, ce sont les plus coriaces.

- Et les plus dangereux, murmura Harry. Ceux qui ont le plus de clients réguliers.

Hermione posa doucement une main sur l'avant-bras de Harry qui releva la tête et croisa le regard chocolat de son amie. Elle avait l'air grave et sérieux.

- Je te promets que nous faisons notre maximum pour les coincer. C'est notre priorité.

Harry hocha la tête. Il sentait les larmes lui picoter désagréablement les yeux.

- C'est juste que... sans ces dealers, Adrian ne se serait jamais drogué et... on...

Harry fut incapable de terminer sa phrase, les larmes ayant fini par couler sur ses joues. Hermione se leva et vint aussitôt le prendre dans ses bras. Harry se laissa aller dans cette étreinte et pleura sans pouvoir se retenir. Il venait seulement de se rendre compte à quel point ces potions avaient gâché son histoire avec Adrian. Et ça lui faisait mal de le réaliser. Même s'il avait tiré un trait sur Adrian, il ne pouvait s'empêcher de penser à ce qu'aurait pu être leur histoire sans ces maudites potions.

- Ça va passer, Harry, ça va passer, lui chuchota Hermione.

Harry acquiesça contre elle et serra davantage la robe de sorcier de son amie dans son dos. Il fallut plusieurs minutes pour que ses larmes se tarissent. Il se détacha alors doucement de Hermione à qui il offrit un petit sourire. Il voulut s'excuser mais Hermione le devança :

- Ne t'excuse pas, Harry. C'est normal que tu aies ce genre de réaction. C'est un sujet encore sensible mais je pense qu'il fallait en parler. Tu te posais des questions, tu voulais des réponses, il n'y a rien de plus normal que ça. Mais maintenant, changeons de sujet, si tu veux bien.

Harry acquiesça vivement.

- Racontez-moi tout ce que j'ai loupé et que je dois savoir. Tenez, prenez des chocolats, Sirius et Remus m'en ont offert une montagne à Noël, je n'en avais jamais vu autant.

Ron et Hermione piochèrent dans la pile de chocolats que leur tendait Harry et se mirent à raconter tout ce qu'il avait manqué. Ils furent cependant vite interrompus par Sirius et Remus qui vinrent rappeler à Harry qu'il devait bientôt aller à sa séance avec Snape. Ron et Hermione s'en allèrent mais promirent à Harry de vite revenir. Ce dernier était content d'avoir passé deux heures avec ses deux meilleurs amis. Il se sentait heureux alors qu'il se dirigeait vers la cheminée. Il s'aperçut que, contrairement à ce qu'il avait pensé, il avait envie d'en parler lors de sa séance avec le professeur Snape. Il n'allait peut-être pas passer toute la séance là-dessus mais il allait quand-même en parler. En tout cas, il avait déjà hâte de revoir ses amis. Mais avant ça, il devait recevoir la visite de Draco et Ginny. Il aimerait aussi revoir Théo. Car ils s'étaient vus, certes, mais pas assez longtemps. Alors qu'il prenait de la poudre de Cheminette, il réalisa que lui aussi avait beaucoup de monde à voir. Il allait bientôt devoir tenir un carnet de rendez-vous, comme Hermione ! Ce fut sur cette pensée qu'il jeta la poudre dans l'âtre de la cheminée. Il espérait que Snape était prêt à lui accorder du temps car il avait beaucoup de choses à lui dire. Mais ça, Snape devait commencer à en avoir l'habitude...

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(jeudi 28/12) POV Ginny

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- Il est barbant, ce devoir. Je n'y comprends absolument rien. J'ai l'impression qu'on n'a même pas vu ce sujet en cours.

- Si, on l'a vu juste avant les vacances. Mais le professeur Manley nous a dit que le cours ne suffirait pas pour le devoir.

- Ça veut dire que je vais devoir aller à la bibliothèque ? Super... Ça attendra plus tard. Je n'ai pas du tout envie d'y aller maintenant. De toute façon, j'ai encore du temps pour faire ce devoir. Il n'est pas à rendre pour la semaine de la rentrée mais celle d'après. Je vais plutôt faire le devoir de sortilèges.

- Tu es sûre que tu as envie de travailler, Ginny ?

- Oui, pourquoi ?

- Parce que ça fait trois fois que tu changes de matière.

Ginny grimaça. Luna disait vrai. Elles étaient arrivées une heure plus tôt dans la salle des binômes et Ginny avait eu le temps de changer trois fois d'avis. Elle avait d'abord voulu faire son devoir de potions, puis son devoir de métamorphose, puis son devoir de botanique avant de se rabattre sur son devoir d'histoire de la magie. Et elle venait une fois de plus de changer d'avis.

- Si tu préfères aller te promener ou rentrer dans ta salle commune je comprendrais, dit Luna.

- Non, je n'ai envie ni de l'un, ni de l'autre. Je préfère encore travailler. Je dois juste me motiver.

- Et arrêter de penser à ton Serpentard. Même si tu dois le voir dans deux heures.

Ginny se sentit rougir. Si elle avait voulu garder secrète la personne vers qui étaient tournées ses pensées, eh bien c'était raté. En même temps, il était difficile de cacher quoi que ce soit à Luna. Elle voyait absolument tout. Bon, il avait quand-même fallu que Ginny lui dise qu'elle était intéressée par Blaise, sinon Luna ne l'aurait pas su d'elle-même. Car Ginny faisait bien trop attention pour que quiconque le devine aussi facilement. Après tout, sa relation avec Blaise était encore secrète. Quoi qu'il en soit, elle pensait bel et bien à son beau Serpentard. Elle devait le voir deux heures plus tard et elle avait autant hâte qu'elle appréhendait. Mais là, elle devait travailler. Certes, il restait encore une semaine et demie de vacances mais elle n'avait encore fait aucun devoir. Elle avait eu un gros manque de motivation. Mais elle avait beaucoup de devoirs à rendre pour la semaine de la rentrée alors elle devait sérieusement se mettre au travail. Elle rangea donc ses cours d'histoire de la magie et prit ses affaires de sortilèges. Elle regarda l'énoncé du devoir et fut plutôt rassurée. Il avait l'air plus facile que les autres. Mais cela ne réussit pas à la motiver pour autant. C'était rare qu'elle soit aussi réticente à l'idée de travailler, mais là il n'y avait vraiment rien à faire. Elle pensait cependant savoir pourquoi elle n'avait pas envie de faire ses devoirs. Car Simon n'était pas là, tout simplement. Elle avait trop l'habitude de travailler avec lui. Mais ces devoirs étaient de toute façon individuels. «Ils ne le seraient pas s'il n'y avait pas eu ces vacances» pensa Ginny. Elle soupira.

- Vivement que les cours reprennent, maugréa-t-elle.

- Entièrement d'accord.

Ginny grimaça face à cette réponse de Luna. Son amie avait elle aussi hâte que quelqu'un revienne, et ce n'était pas son binôme de travail.

- Tu as eu de ses nouvelles ? demanda doucement Ginny.

- Oui, on s'est écrit deux fois. Je lui ai répondu hier. Ses vacances se passent très bien. Ça lui fait du bien de revoir ses parents. Mais il lui tarde aussi de revenir. Je lui manque. Mais je lui ai dit de ne pas penser à moi et de profiter de ses vacances.

- Plus facile à dire qu'à faire, commenta Ginny.

- Je pense que c'est la réponse que je vais recevoir, en effet, plaisanta Luna. Bon, soyons sérieuses. Tu veux que je t'aide pour ton devoir d'histoire de la magie ?

- Je suis passée à celui de sortilèges, rappela Ginny.

- Je sais mais il vaut mieux que tu fasses d'abord celui d'histoire de la magie. Car, certes, c'est celui à rendre le plus tard mais tu vas justement en profiter pour retarder, retarder, retarder et tu vas finir par le faire la veille pour le lendemain.

Ginny fit une autre grimace. Luna la connaissait décidément trop bien.

- Mais tu n'as pas le droit de m'aider. C'est un devoir individuel.

- Personne n'en saura rien. Ce n'est pas comme si j'allais faire le devoir à ta place.

- C'est vrai. Je veux bien, alors.

Luna se déplaça et vint s'asseoir à côté de Ginny. Elles travaillèrent sur le devoir d'histoire de la magie jusqu'à ce que Ginny doive partir. Celle-ci ne regrettait rien : elle avait bien mieux compris le devoir avec Luna et elle avait beaucoup avancé dessus. Elle pourrait faire le reste toute seule. Ce fut donc de bonne humeur qu'elle quitta la salle des binômes pour se rendre à la salle sur demande. Elle restait cependant stressée à l'idée de retrouver Blaise. C'était elle qui avait demandé à ce qu'ils se voient car elle avait quelque chose de très important à dire à Blaise. Ils ne s'étaient pas revus depuis qu'elle lui avait raconté ce qui s'était passé durant sa première année. Blaise lui avait dit de prendre son temps pour faire le point sur ses sentiments et c'était ce qu'elle avait fait. Elle avait longuement réfléchi et elle avait fini par prendre sa décision. Elle ignorait si c'était la bonne mais comme le lui avait dit Blaise, à un moment, il fallait prendre le risque et se lancer, même sans être sûr de son choix. C'était donc pour cela que Ginny avait souhaité ce rendez-vous.

Lorsqu'elle arriva à la salle sur demande, Blaise était déjà là. Ginny l'admirait entre autres pour sa ponctualité sans faille. Ils profitèrent qu'il n'y ait personne dans le couloir – comme souvent – pour s'embrasser puis ils entrèrent dans la salle sur demande que Blaise fit apparaître. Ils se délestèrent de leurs capes et s'installèrent dans leurs fauteuils habituels.

- Tu voulais me parler ? demanda gentiment Blaise.

- Oui, je... j'ai réfléchi à ce que tu m'as dit la dernière fois qu'on s'est vus et... je voulais t'en parler.

- Je t'écoute.

- Comme je te l'ai dit, je ne voulais pas me prononcer sur ce que je ressentais pour toi car je n'étais justement pas sûre de mes sentiments. Je ne voulais pas me rendre compte que je m'étais trompée. J'étais pourtant quasiment certaine de savoir ce que je ressentais mais j'avais toujours cette peur de me planter. Je t'ai aussi expliqué pourquoi c'était aussi important pour moi d'avoir le contrôle. Mais tu avais raison quand tu disais qu'à un moment donné, il faut savoir se lancer. Alors c'est ce que j'ai décidé de faire.

Ginny se leva et vint s'asseoir sur les genoux de Blaise. Elle prit ses mains dans les siennes et reprit :

- Il s'est passé beaucoup de choses depuis notre rencontre sur le Chemin de Traverse. Notre relation a connu des hauts et des bas jusqu'à ce qu'on décide d'apprendre à se connaître. Au début, on devait juste garder une relation amicale mais on s'est vite rendus compte que ça n'allait pas être possible puisqu'on ne pouvait pas s'empêcher de s'embrasser. C'est ça, entre autres, qui m'a mis le doute sur ce que je ressentais pour toi. J'aimais tout chez toi mais je voyais bien qu'il y avait une grosse attirance entre nous. Je ne savais donc pas si j'étais juste attirée par toi ou si c'était plus que ça. La réponse m'est apparue au fil du temps mais j'avais peur de mal interpréter ce que je ressentais. Avec le recul, je me dis que c'était pourtant clair comme l'eau de roche. Et ça l'est toujours aujourd'hui. Comme je te l'ai dit, j'aime tout chez toi. J'aime ton regard, j'aime ton sourire, j'aime ton rire, j'aime ta voix, j'aime ton humour, j'aime la mauvaise foi dont tu fais preuve parfois... J'aime être avec toi, j'aime quand on s'embrasse, j'aime te sentir tout contre moi, j'aime respirer ton odeur... Mais il n'y a pas que ça. Je pense à toi tout le temps. J'ai toujours hâte qu'on se revoit. Tout me manque quand nous ne sommes pas ensemble. Il n'y a qu'une seule place où je veux être et c'est dans tes bras. Alors je pense que tout ça veut dire quelque chose. J'en suis même sûre. Et c'est ça que je voulais te dire.

Ginny leva les yeux et plongea son regard dans celui de Blaise.

- Je t'aime, Blaise. Je veux construire une vraie relation avec toi. Je veux qu'on se voie en tant que petits-amis et non en tant que deux personnes qui apprennent à se connaître et qui ne savent pas où elles en sont. Et si tu es d'accord, j'aimerais qu'on cesse de se cacher.

Ginny se tut sur ces mots. Elle n'avait pas lâché Blaise du regard et avait donc parfaitement vu les émotions qui avaient défilé sur son visage. Il avait surtout eu l'air surpris mais là, il paraissait plus ému qu'autre chose. Peut-être un peu trop, d'ailleurs, car il semblait incapable de dire quoi que ce soit. Ginny se dit alors qu'elle y était sûrement allée un peu trop fort et voulut donc s'excuser :

- Pardon, ça fait peut-être un peu trop de choses à la fois...

- Non, non, au contraire ! s'empressa de répondre Blaise. C'est juste que... je ne m'attendais pas à tout ça. Il y a quelques jours encore tu ne voulais pas t'avancer et là...

- Je te l'ai dit, j'ai beaucoup réfléchi...

- Je vois ça. Et je suis super content, dit sincèrement Blaise. Parce que je t'aime aussi, Ginny. Je le sais depuis un bon moment déjà mais je ne voulais pas te le dire tant que tu n'étais pas sûre de tes sentiments. Et je suis d'accord pour tout. Mais es-tu sûre de vouloir officialiser notre relation ?

- Oui. Je sais que ça va faire du bruit mais je m'en fiche. Je veux qu'on puisse se voir où on veut et pas seulement ici. Je veux qu'on puisse se promener ensemble dans le château et pas seulement à onze heures du soir quand tu me ramènes à ma salle commune les rares fois où on reste aussi tard tous les deux dans la salle des binômes. Je veux qu'on puisse s'embrasser quand on en a envie, que ce soit dans un couloir ou ailleurs. Je veux qu'on soit libres, tout simplement. Alors oui, je suis sûre de vouloir officialiser notre relation.

- Je le veux également, et ça aussi depuis un moment déjà, mais tu n'as pas peur de la réaction de ton frère ?

- Lequel ? J'en ai trois ici, plaisanta Ginny. Enfin, j'imagine que tu parles de Ron puisque tu as déjà eu des problèmes avec lui...

- Oui et je n'ai pas vraiment envie que ça recommence, grimaça Blaise. Déjà qu'il m'avait pétrifié juste parce que j'avais osé poser une main sur ton bras, alors je n'imagine même pas ce qu'il va me faire quand il apprendra que tu sors avec moi...

- Si ça te fait peur, on peut rester cachés pour le moment.

- Mais tu viens de me dire que tu voulais justement qu'on arrête de se cacher...

- Oui mais je peux attendre si tu n'es pas prêt.

- J'en ai envie, c'est juste la réaction de ton frère qui me fait peur. Donc ça ne sert à rien d'attendre puisque, tant que je serai à Poudlard, il y sera aussi.

- Ce n'est pas faux. En fait, je ne sais pas vraiment si tu as raison ou non d'avoir peur. Je pense que Ron a un peu changé d'avis sur les Serpentard. Hermione m'a dit qu'il y a dix jours, elle a passé tout un après-midi avec Ron, Malfoy et Nott. Elle leur a notamment appris plein de choses moldues.

- Ouais enfin ton frère a quand-même mis son poing dans la figure de Théo, répliqua Blaise. Je sais que par la suite il s'est excusé mais je ne tiens pas à subir le même sort.

- Tu veux que je lui apprenne notre relation avant qu'on ne l'officialise aux yeux de tous ? Comme ça, je pourrai lui faire comprendre qu'il n'a pas intérêt à s'en prendre à toi.

- Je ne veux pas que tu t'embrouilles avec lui...

- Je préfère ça plutôt qu'il s'en prenne à toi. Je l'adore mais il n'a pas à se mêler de ma vie privée.

- Bon, comme tu veux. C'est peut-être mieux que tu lui parles d'abord, en effet. Du coup, jusqu'à ce que tu lui parles, on continue à se voir ici ?

- Ce serait mieux, oui.

- Mieux vaut attendre la rentrée, dans ce cas. Ce serait bête de gâcher le reste des vacances. Et puis on peut bien tenir encore dix jours avant de se montrer au grand jour.

- Tout à fait d'accord, approuva Ginny. Mais assez parlé. Je te ferais dire qu'on s'est quand-même dit pour la première fois qu'on s'aimait et qu'on ne s'est même pas encore embrassés...

- Mais tu as raison ! Réglons ça tout de suite.

Ginny sourit alors que Blaise posait ses lèvres sur les siennes. Elle enroula ses bras autour de son cou et se rapprocha le plus possible de lui. Blaise la serra davantage contre lui et quémanda l'accès à sa bouche. Elle le lui offrit, permettant ainsi à leurs langues de se rencontrer. Le baiser s'intensifia mais tout en restant très doux. Ils se séparèrent au bout de plusieurs minutes, les lèvres légèrement rougies. Leurs regards s'accrochèrent et Ginny vit dans celui de Blaise tout l'amour qu'il lui portait. Elle s'en retrouva émue et réalisa à ce moment-là à quel point elle l'aimait elle aussi. Elle regretta de devoir attendre la rentrée pour parler à Ron et ensuite officialiser sa relation avec Blaise. Mais elle voulait faire les choses bien pour que tout se passe au mieux. Après, cela ne la dérangeait pas tant que ça d'attendre. Le plus important pour elle, c'était d'être avec Blaise. Elle espérait tout de même pouvoir afficher leur relation avant que Blaise ne quitte Poudlard. Car, oui, elle avait bien l'intention de rester le plus longtemps possible avec Blaise. Ce n'était pas qu'une amourette, pour elle. C'était aussi pour ça qu'elle avait souhaité prendre son temps. Parce qu'elle voulait que ça dure entre eux. Et elle était sûre que ça allait être le cas. En tout cas, elle ferait tout pour.

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(vendredi 29/12) POV Draco

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- Flitwick ?

- Non.

- Manley ?

- Non.

- Gordon ?

- Non.

- Lupin ?

- Non.

- Black ?

- Non. Draco, tu ferais mieux d'oublier et de passer à autre chose, suggéra Théo.

- Mais je veux savoir !

- Tu vas regretter quand tu sauras.

- Pourquoi ?

- Parce que te connaissant, ça va te dégoûter.

- Bon alors soit c'est quelqu'un de pas beau du tout, soit c'est contre-nature. Ne me dis pas que c'est Hagrid ?!

- Non, ce n'est pas lui et non, ce n'est pas contre-nature.

- Donc c'est quelqu'un de moche.

- Tu as de ces conclusions...

- Non, c'est juste qu'il n'y a pas vraiment d'autres possibilités. Bon, est-ce que c'est un homme, au moins ?

- Oui.

- Dommage. J'aurais bien vu Pince avec une femme. Bon, qui reste-t-il parmi le personnel masculin de Poudlard ? Attends, ce n'est pas Dumbledore quand-même ?!

- Non, soupira Théo.

- Bon alors là je sèche. Je proposerais bien Slughorn mais ça ne fait pas longtemps qu'il est là...

- Lui non mais la personne qu'il remplace, en revanche...

Draco écarquilla les yeux.

- Tu plaisantes j'espère ?!

- Non, ça fait bien une dizaine d'années que ton parrain enseigne ici.

- Mais je ne te parle pas de ça ! Je te parle de la personne avec qui Pince sort !

- Ah oui, c'est vrai.

- Alors ?

- Alors quoi ?

- Non mais tu en fais exprès !

- Non, c'est toi qui n'est pas clair dans tes questions !

- BON ALORS C'EST SEVERUS QUI SORT AVEC PINCE OUI OU NON ?!

- Non.

Draco se laissa retomber dans son fauteuil, soulagé. Puis il adressa un regard noir à Théo.

- Je peux savoir pourquoi tu m'as mis sur la piste de Severus alors ?!

- Pour t'embrouiller, répondit Théo, amusé.

- Très drôle, ironisa Draco.

- Oh ça va, c'était pour plaisanter.

Draco grogna.

- Les gens se trompent sur toi. Ils disent que tu n'as rien à faire à Serpentard mais c'est faux. Bon, tu ne veux vraiment pas me dire le nom de l'amant de Pince ?

- Ce serait trop bête, il reste juste une personne que tu n'as pas encore proposée. Si je te dis que ce n'est pas un professeur ?

Draco regarda Théo, perplexe.

- Ça me perd encore plus, je crois.

- Et si je te dis que c'est quelqu'un que tu n'aimes pas ? Comme bon nombre d'élèves, d'ailleurs ?

Draco fronça les sourcils et essaya de chercher. Une idée lui vint soudain à l'esprit.

- Rusard ?!

- Eh bah voilà, je savais qu'on allait finir par y arriver !

Draco grimaça.

- Je n'ai pas du tout envie de les imaginer ensemble.

- Je te l'avais bien dit.

- Ça ne te gêne pas, toi ?!

- Ils font ce qu'ils veulent, ça ne me regarde pas.

- Non mais ça ne te fait rien de les imaginer tous les deux dans le même lit ?!

- Encore faudrait-il que je les imagine ainsi pour que ça me fasse quelque chose.

Draco leva les yeux au ciel.

- Ah oui, c'est vrai, j'avais oublié ce léger détail... Je ne sais pas comment tu fais pour n'avoir jamais imaginé deux personnes en train de faire ce genre de choses. Tu es tellement innocent. Mais c'est comme ça qu'on te connaît et qu'on t'aime, alors ne change rien.

- Je n'y comptais pas, dit Théo en souriant.

- Tant mieux. Bon, je vais devoir y aller. J'ai encore une demie-heure avant d'aller voir Harry mais il suffit que je tombe sur quelqu'un qui veut me parler pour que je me mette en retard...

- Tu as raison. Tu pourras passer le bonjour à Harry de ma part, s'il te plaît ?

- Bien sûr, promit Draco. Mais ce serait bien que tu puisses aller le voir toi-même.

- Ça, c'est Harry qui décide, je pense. C'est lui qui dit quelles sont les personnes qu'il veut voir et son parrain et son directeur de maison s'arrangent pour faire venir ces personnes. Si elles le souhaitent, bien sûr. C'est ce qui s'est passé avec toi. Harry a dû dire qu'il voulait te voir au professeur Black et au professeur Lupin et ils te l'ont fait savoir par l'intermédiaire de ton parrain.

- Bon alors Severus viendra sûrement te voir toi aussi un matin au petit-déjeuner. Car je suis sûr que Harry voudra que tu viennes lui rendre visite. Tu veux que je le lui demande ?

- Si tu veux. Mais fais-le subtilement, alors. Je ne veux pas qu'il se sente obligé de demander à ce que je vienne parce qu'il croit que je veux à tout prix le voir...

- Ce qui n'est absolument pas le cas, railla Draco.

Ce fut au tour de Théo d'adresser un regard noir à Draco.

- Vas-y au lieu de te moquer de moi.

Draco ébouriffa les cheveux de Théo et se leva.

- Tu as raison, j'y vais. Je dois voir Harry jusqu'à quinze heures mais je serai de retour vers trois heures et demie, à peu près.

- Au cas où quelqu'un voudrait te parler ? s'amusa Théo.

- Exactement, répondit Draco sur le même ton. Allez, à tout à l'heure.

Draco quitta le dortoir, puis la salle commune et se dirigea vers les appartements du parrain et du directeur de maison de Harry. Comme ils étaient assez compliqués à trouver pour quelqu'un qui n'y était jamais allé, Severus avait donné des instructions à Draco qui les avait notées sur un bout de parchemin. Il était en train de chercher ledit parchemin dans la poche de sa robe de sorcier quand une voix le fit sursauter :

- ATTENTION !

Trop tard. Ne regardant pas où il allait, Draco n'avait pas vu quelqu'un arriver devant lui et se cogna contre lui. Le choc fut assez violent pour qu'il manque de tomber en arrière mais la personne eut la bonne idée de le retenir. Une fois stable sur ses appuis, il releva la tête et eut un coup au coeur en voyant qui était devant lui. Graham.

- Désolé, j'ai essayé de te prévenir, dit celui-ci.

- Je n'ai pas eu le temps de réagir, répondit Draco. Mais c'est gentil de ta part. Je suis navré mais on m'attend.

- Oh...

Graham avait l'air déçu. Mais il reprit vite contenance :

- J'aurais voulu qu'on parle mais je comprends que tu sois occupé. Ce sera pour une prochaine fois, peut-être.

Graham passa à côté de Draco et s'éloigna. Après une seconde d'hésitation, Draco fit volte-face et courut rattraper Graham. Il le retint en lui attrapant le bras.

- Attends... Je ne suis pas si pressé que ça, en fait. Je suis conscient qu'on doit parler alors autant le faire maintenant.

- Je ne voudrais pas te mettre en retard, insista Graham.

- J'ai vingt minutes devant moi. Ça devrait le faire.

- En effet. Je ne serai pas long, de toute façon. Je voulais juste te demander pardon.

Draco haussa les sourcils.

- Me demander pardon ? Mais... pour quoi ?

- Pour tout. Pour t'avoir sauté dessus alors que tu pensais toujours être hétéro. Pour t'avoir poussé à sortir avec moi alors que tu réalisais à peine que tu étais gay. Pour t'avoir entraîné dans cette relation alors qu'elle ne te convenait pas. Pour ne pas avoir vu que tu n'allais pas bien. Pour ne pas avoir vu que cette relation était malsaine pour toi. Pour t'avoir pris ta première fois alors que tu n'étais pas amoureux. Pour ne pas avoir réagi plus tôt et t'avoir laissé t'enfoncer dans cette relation toxique. Je n'ai rien vu alors que je t'aimais et que ton bien-être était ce qui comptait le plus pour moi. Je suis vraiment désolé.

Draco resta interdit face à ces excuses. Cela le touchait mais... pour lui, Graham n'avait pas à lui présenter des excuses. C'était plutôt à lui, Draco, de lui en faire. Il finit cependant par réagir :

- Merci pour ces excuses mais... elles n'ont pas lieu d'être. Tu n'as voulu que mon bonheur. Si j'avais été amoureux de toi, tu aurais plus que réussi à me rendre heureux. Tu as été parfait. C'est moi qui ait fait n'importe quoi. Et ce, depuis le début de notre relation. Toi tu as toujours été sincère dans tes sentiments, alors que moi...

- Tu étais perdu, Draco. Tu vivais des choses très difficiles, tu ne savais plus où tu en étais. Et je ne t'en veux absolument pas d'être sorti avec moi alors que tu ne m'aimais pas. Je suis juste triste que notre histoire n'ait pas pu marcher. Et, surtout, je suis triste pour toi.

- Il n'y a pas de raison, dit Draco en souriant. Je vais beaucoup mieux. Je me suis réconcilié avec mon parrain et il me fait suivre une sorte de thérapie. Il me fait dire tout ce que je garde en moi depuis cet été. C'est très efficace. Je me sens beaucoup plus léger.

- Tant mieux, dit Graham, l'air soulagé. C'est la meilleure nouvelle que tu pouvais m'annoncer.

- Vraiment ? Tu n'aurais pas été plus heureux si je t'avais dit que je voulais qu'on reprenne notre histoire ?

- Non, parce que je sais que ça n'aurait servi à rien.

- Tu ne m'aimes plus, alors ?

- Si. Mais j'avais besoin de te parler avant d'essayer de t'oublier.

- Je comprends. Mais... non, rien.

- Si, vas-y, dis.

- Je ne veux pas trop en demander non plus...

- Dis toujours, insista Graham.

Draco hésita puis céda :

- Tu dis que tu vas essayer de m'oublier mais je pensais que... qu'on... qu'on pourrait peut-être... non mais rien, oublie.

- Non, je veux savoir.

Draco soupira.

- Je pensais qu'on pourrait au moins rester en contact. Rien que pour le Quidditch, déjà.

Graham haussa les sourcils avant qu'un éclair de compréhension ne traverse son regard. Il se mit alors à rire.

- Ah mais non, tu as mal compris ! Ou bien c'est moi qui me suis mal exprimé. Quand je disais que j'allais essayer de t'oublier, je voulais dire par-là que j'allais essayer d'oublier mon amour pour toi. Je n'ai jamais eu l'intention de couper les ponts avec toi ! Au contraire, moi aussi je veux qu'on reste en contact. Voire même qu'on reste amis.

Draco sentit un immense soulagement l'envahir tout entier.

- Ça me va parfaitement, assura-t-il. Mais ça ne va pas être trop dur, pour toi ?

- Non, ne t'inquiète pas, apaisa Graham. Le plus important pour moi, c'est qu'on ne s'éloigne pas l'un de l'autre à cause de cette histoire. Bon, je dois retrouver Miles et Cassius. Et toi je crois que tu es attendu par quelqu'un ?

- Oui, j'y vais aussi, d'ailleurs. On se reverra sûrement d'ici la fin des vacances.

- Il reste dix jours donc à moins qu'on hiberne chacun dans notre dortoir, on se reverra sûrement, oui, s'amusa Graham. Allez, passe une bonne journée.

Draco lui souhaita de même puis ils se séparèrent. Draco reprit son chemin tout en cherchant dans la poche de sa robe de sorcier les instructions de Severus. Il les trouva tout au fond de sa poche après avoir sorti deux autres bouts de parchemins qu'il ne se souvenait même pas d'avoir sur lui. Il suivit ce qui était marqué et arriva quelques minutes plus tard aux appartements du professeur Black et du professeur Lupin. Il frappa et ne dut attendre qu'une dizaine de secondes avant que quelqu'un ne vienne lui ouvrir. Il tomba sur le professeur Lupin qui lui sourit et l'invita aussitôt à entrer :

- Bonjour, Draco. Entrez, vous êtes attendu de pied ferme au salon.

Draco rougit et pénétra dans les appartements. Il suivit le professeur Lupin jusqu'au salon où se trouvaient Harry et son parrain. Il savait par Severus que son binôme ne ressemblait plus à celui qu'il était encore deux semaines plus tôt mais il fut tout de même frappé par la différence flagrante. Harry n'avait pas vraiment changé physiquement parlant, hormis le fait qu'il semblait avoir repris un petit peu de poids, mais il n'était pourtant plus le même qu'avant. En fait, c'était surtout son visage qui avait changé. Si Draco devait résumer les choses en quelques mots, il dirait que Harry avait l'air reposé. Draco était déjà un peu troublé par ce changement mais il le fut encore plus lorsque Harry lui sourit. Il eut l'impression étrange d'avoir des papillons dans le ventre. Il lui rendit son sourire et s'assit à la demande du professeur Black.

- On va vous laisser discuter, dit celui-ci. Draco, je préfère te prévenir : Harry risque de beaucoup te parler de cours. J'espère que tu es patient.

- Pfff, n'importe quoi, se défendit Harry en rougissant.

Draco ne put s'empêcher de le trouver mignon. Ce fut à son tour de rougir lorsqu'il réalisa ce qu'il venait de penser.

- Quoi, c'est vrai, non ? Il faut bien le prévenir que tu n'as que ce sujet à la bouche sinon il va se barrer au bout de deux minutes !

- Sirius, arrête de les embêter, intima le professeur Lupin à son collègue. On vous laisse, les enfants.

Sur ces mots, le professeur Lupin sortit du salon en entraînant le professeur Black avec lui. Draco se tourna vers Harry.

- C'est un sacré numéro, ton parrain. Je pensais que c'était juste en cours qu'il était comme ça.

- Non, il est comme ça tout le temps, déclara Harry, l'air à la fois amusé, résigné et désespéré. Il est épuisant mais je l'adore. N'écoute pas ce qu'il dit, en tout cas.

- Je suis pourtant un peu tenté de le croire. Severus m'a dit qu'il avait eu du mal à te faire lâcher tes cours durant les deux semaines que tu as passées chez lui.

- Super, ils se liguent tous contre moi, maugréa Harry.

- C'est la conspiration des adultes, que veux-tu, plaisanta Draco. Non mais plus sérieusement, ça ne me dérange pas si tu parles des cours. Ce serait même un peu normal que tu abordes le sujet avec moi puisque c'est avec mes notes que tu rattrapes les cours. Et puis, nous sommes un peu binômes de travail, surtout.

- Oui, mais on pourra en parler une autre fois. Si tu veux bien revenir, évidemment.

- Bien sûr que je le veux, répondit Draco sur le ton de l'évidence. Je sais que tu as beaucoup de personnes à voir mais j'espère bien revenir au moins une fois.

- Je vais te réserver une place, s'amusa Harry. Bon, sinon, comment tu vas ?

- C'est plutôt à moi de te poser la question.

- Réponds-moi d'abord, insista Harry. J'ai su par Théo que peu avant Noël, ça n'allait pas fort. Et le professeur Snape me l'a un peu confirmé puisqu'il m'a dit que vous deviez vous voir régulièrement pendant les vacances. Après je ne te demande pas de tout me raconter en détails, mais juste de me dire comment tu vas.

- Je vais bien, dit sincèrement Draco. Je suis une thérapie pour dire tout ce que je gardais pour moi depuis six mois et ça me fait du bien.

- Oh, on suit la même thérapie, alors, constata Harry. C'est vrai qu'on se sent beaucoup mieux quand on libère notre inconscient.

- Oui, sauf que moi, ça va durer moins longtemps que toi, grimaça Draco. Je sais que tu en as pour plusieurs semaines de thérapie...

- Oui mais c'est nécessaire. C'est long, c'est dur, c'est éprouvant mais il faut en passer par-là pour aller mieux. Je ne dis pas que c'est facile tous les jours, loin de là. Il y a des fois où j'ai envie de tout abandonner et de rester au fond de mon lit à me morfondre et à pleurer toutes les larmes de mon corps, mais je ne le fais pas car il ne faut pas céder à ces envies. Ça ne mènera à rien et en plus elles sont passagères. Ce sont juste des petites baisses de moral temporaires. C'est normal quand on est en pleine thérapie. Mon but immédiat, c'est reprendre les cours le plus vite possible, mais pour ça il faut que j'aille suffisamment bien, alors je m'accroche.

- Tu as vraiment un mental d'acier, remarqua Draco, impressionné.

Harry se remit à rougir, ce qui attendrit une nouvelle fois Draco. Le Gryffondor devait être vraiment gêné puisqu'il changea de sujet :

- Sinon, en-dehors de tout ça, comment se passent tes vacances ?

- Plutôt bien. Je passe presque tout mon temps avec Blaise et Théo. J'ai des nouvelles de Pansy mais j'ai hâte qu'elle revienne. Il y a un truc qui manque dans le groupe et qu'elle seule peut apporter. Ça va être long d'attendre la rentrée. Je trouve ces vacances trop longues. Au moins, on a le temps de faire nos devoirs mais sans binôme de travail ce n'est franchement pas drôle. Il n'y a que des devoirs individuels à rendre, c'est assez déprimant. Je n'ai pas du tout la motivation. Mais bon, il va quand-même falloir que je m'y mette.

- J'en ai commencé quelques-uns mais je n'y comprends pas grand-chose, même avec tes cours.

- Et ce n'est pas moi qui vais pouvoir t'aider, soupira Draco. Je suis une tâche pour aider quelqu'un à faire ses devoirs. Théo, lui, par contre, sait très bien expliquer. Je suis sûr qu'il serait d'accord pour t'aider. En plus il aimerait bien te voir.

- Il te l'a dit ? s'enquit vivement Harry.

- Pas explicitement mais je l'ai bien senti. Après c'est toi qui voit. Si tu veux le voir, en tout cas, tu peux être sûr qu'il viendra.

- Je vais demander à mon parrain et à mon directeur de maison s'ils peuvent lui en parler, alors. Ou, plutôt, s'ils peuvent passer le message au professeur Snape.

Une pensée sembla soudain traverser l'esprit de Harry.

- Au fait... En parlant de lui, j'ai une question à te poser.

- Vas-y, je t'écoute.

- Quand il me parle de toi, j'ai remarqué qu'il t'appelait par ton prénom. Alors qu'il désigne tous les autres élèves par leur nom de famille. Je sais que ça ne me regarde pas mais je trouve ça étrange et je me demandais pourquoi. Mais si tu ne veux pas répondre, je comprendrais parfaitement.

Draco ne réagit pas tout de suite, ne s'étant pas attendu à ce que Harry lui pose cette question. Mais il se rendit compte qu'il venait lui-même d'appeler Severus par son prénom devant Harry. Il n'avait pas prévu de lui en parler mais il ne vit aucune raison qui l'empêcherait de le faire. À part une mais Harry le rassura rapidement :

- Je tiens à préciser que le professeur Snape m'a dit que tu pouvais m'en parler.

- Tu lis dans mes pensées, plaisanta Draco. Dans ce cas, je vais répondre à ta question. Tu peux te sentir privilégié car il y a très peu de personnes qui le savent. Il faut vraiment que je fasse confiance à quelqu'un pour le lui dire. Bon alors voilà : si Severus m'a appelé par mon prénom au cours d'une de vos discussions, c'est parce que je suis son filleul. Bon, normalement il n'est pas censé m'appeler «Draco» devant toi mais j'imagine qu'après quelques jours passés ensemble, il a oublié de faire attention. Ou alors il s'est dit inconsciemment que tu avais le droit de savoir. Sauf qu'il m'a laissé le soin de te le dire.

- Il ne voulait pas me le dire au cas où tu ne souhaiterais pas que je le sache, précisa Harry. Et je comprends mieux pourquoi, maintenant. Je ne m'attendais pas à ça.

- Je me doute bien. On ne laisse rien paraître, donc c'est difficile pour quiconque de le deviner.

- Ça semblait pourtant évident. Je veux dire, quand j'étais chez lui et toi aussi. Il avait l'air tellement inquiet pour toi... Bien plus qu'aurait dû l'être un professeur pour un élève de sa maison. Mais ça ne se voyait pourtant pas quand tu parlais de lui.

- Parce que j'ai appris à rester neutre et à masquer mes pensées, mes émotions, mes sentiments...

- Tu es un Occlumens ? s'étonna Harry.

- J'ai des bases, oui. Enfin disons que je maîtrise assez bien l'Occlumancie. Mais pas aussi bien que Severus. Lui c'est un brillant Occlumens et un brillant Legilimens.

- Je sais, il m'en a parlé durant une de nos séances. Mais du coup, tu connaissais déjà le professeur Snape avant d'entrer à Poudlard ?

- Oui, mes parents l'ont choisi comme parrain alors que ma mère était encore enceinte de moi. Je le connais depuis ma naissance, en fait, même si je n'en ai pas le souvenir. J'ai été l'un des premiers accouchements dont il s'est occupé. Le troisième, plus précisément. Il était à la fin de sa troisième année de formation de médicomage, il était donc en mesure de s'occuper de ce genre de choses. C'est grâce à lui si j'aime autant les potions. J'ai passé de nombreuses vacances chez lui et il m'a vite fait découvrir et prendre goût à ce domaine. Vers huit ou neuf ans, j'ai commencé à l'aider dans la préparation de certaines potions. Les plus simples, celles qui ne comportaient aucun risque. C'est vraiment vite devenu une passion pour moi. Ce n'est pas parce que je suis un Serpentard et que je suis le filleul d'un potionniste que j'aime les potions. J'aurais été un Poufsouffle, né-moldu et filleul ou fils d'avocats, ça aurait été la même chose. Il y a certaines personnes qui sont faites pour un domaine, eh bien le mien ce sont les potions. Enfin bref, je suis désolé, je suis en train de te raconter ma vie alors que tu m'as juste posé une question...

- Non, ne t'excuse pas, c'est hyper intéressant ! s'exclama Harry. J'ai l'impression de te connaître un peu mieux quand tu me dis tout ça et... c'est plutôt agréable, ajouta-t-il en rougissant.

Draco fut de nouveau attendri par la gêne de Harry mais aussi troublé et touché par ce qu'il venait de dire. Ne voulant pas qu'un malaise s'installe entre eux, il décida de faire de l'humour :

- Il aura fallu que je vienne te rendre visite alors que tu es en pleine convalescence pour que tu en saches plus sur moi, plaisanta-t-il.

- C'est vrai qu'on ne se connaît pas tant que ça, admit Harry. On pense se connaître mais on ne sait que très peu de choses l'un sur l'autre, quand on y réfléchit bien.

- En même temps, on n'a jamais eu vraiment l'occasion de parler de nous. Il y a encore trois mois, on se détestait cordialement, alors on n'avait pas vraiment envie d'apprendre à se connaître. Et depuis que nos relations se sont apaisées, quand on passe du temps ensemble, c'est pour faire nos devoirs. En fait, c'est la première fois qu'on se voit juste pour... parler. Comme le feraient n'importe quels amis.

- On aurait dû faire ça plus tôt, dit tristement Harry. Je veux dire... faire la paix et devenir amis.

- Tout nous opposait, on n'était pas prêts. N'oublie pas que je suis le fils d'un des partisans de celui qui voulait te tuer depuis que tu étais tout bébé et que je n'y voyais aucun inconvénient. À partir de là, c'était très compliqué de sympathiser... Tant que j'étais sous le joug de mon père, on ne pouvait pas changer d'avis l'un sur l'autre. Mais le principal c'est qu'on soit amis, maintenant. Si tu veux, quand tu auras repris les cours, on pourra essayer de se trouver du temps pour se voir en-dehors de nos séances de travail.

- Ce serait bien, oui, approuva Harry. Pour l'instant, il reste dix jours de vacances, tu pourras venir deux ou trois fois. Bon, là par contre, il y a des risques pour qu'on travaille plus qu'autre chose. Mais on pourra garder une petite demie-heure pour discuter.

- En fait, il faudrait surtout qu'on se voit plus longtemps que deux heures, grimaça Draco. Et plus que deux ou trois fois d'ici la fin des vacances. Je vais voir ça avec Severus. En attendant, parle-moi de toi.

Bien qu'un peu gêné, Harry se livra à son tour et parla de sa passion pour la cuisine. Draco lui avoua ensuite qu'il aimait beaucoup dessiner, puis ils parlèrent de leur passion commune : le Quidditch. Draco fut très déçu quand vint l'heure pour lui de s'en aller, Harry devant se rendre chez Severus pour sa séance. Il était néanmoins heureux d'avoir pu passer deux heures avec Harry. Il était donc de très bonne humeur lorsqu'il sortit des appartements du professeur Black et du professeur Lupin. Ne voulant pas rentrer tout de suite à sa salle commune, il décida de faire le tour du château. Un peu comme lorsqu'il faisait ses rondes, sauf que là, il se promenait pour le plaisir. Il monta au premier étage et apprécia le calme qui régnait dans les couloirs. Il ne croisa que deux élèves qui semblaient avoir décidé de se promener en même temps que lui. Il longea ensuite le deuxième et le troisième étages qui, eux, étaient complètement déserts. Arrivé au quatrième, Draco eut une crampe au mollet. Il étouffa un juron et s'arrêta pour se masser la jambe. Il dut attendre de longues minutes pour que la crampe disparaisse. Bon, il valait peut-être mieux rentrer. Il s'apprêta à faire demi-tour mais le bruit d'une porte qui s'ouvrait attira son attention. Il se retourna et vit Dean Thomas et un autre élève sortir d'une salle de classe. D'abord surpris, il ne tarda pas à faire son devoir de préfet :

- Puis-je savoir ce que vous faisiez dans cette salle de classe ? demanda-t-il en s'avançant vers les deux élèves.

- Ça te regarde, Malfoy ? rétorqua l'élève qui accompagnait Thomas.

Draco regarda l'écharpe du garçon et le reconnut comme étant un Serdaigle.

- Je suis préfet donc oui, ça me regarde quand deux élèves outrepassent le règlement en faisant je ne sais quoi dans une salle de classe qui est censée être vide. Aviez-vous une autorisation pour utiliser cette salle ?

- Oui, nous avions l'autorisation de nos propres personnes, déclara le Serdaigle.

Draco sentit la Pimentine lui monter aux oreilles.

- Tu vas arrêter tout de suite de me prendre pour un idiot, siffla-t-il. Videz vos poches. Tous les deux.

Thomas et le Serdaigle s'exécutèrent en soupirant. Ils vidèrent leurs poches qui ne contenaient pas grand-chose à part des mouchoirs, des emballages de chocogrenouilles, des bouts de parchemins et des trucs en plastique que Draco ne réussit pas à identifier. Il n'y avait pas l'ombre de quelconques potions droguées.

- Vous vous en sortez bien, maugréa-t-il. Mais ça ne me dit pas ce que vous faisiez dans cette salle.

- Tu es sérieux, Malfoy ?! Tu n'as pas vu ce qu'il y avait dans nos poches ?!

- Si, mais ça ne m'explique rien du tout, lâcha Draco.

Le Serdaigle le regarda quelques instants avant d'arborer un sourire moqueur.

- Ah oui, excuse-moi, j'oubliais que tu étais un Sang-Pur. Tu ne dois pas connaître ça. Mais rassure-toi, nous ne faisons rien de mal. On s'embrassait, voilà tout. Il me semble que tu ne peux pas nous punir pour ça ?

- En effet, admit Draco. Mais rien ne me prouve que tu dis la vérité. Ça se trouve, vous étiez juste en train de vous droguer ensemble et vous avez jeté les fioles par la fenêtre.

- Tu as de l'imagination, Malfoy. Mais même si c'était le cas, tu n'as aucune preuve. Tu es obligé de me croire sur parole. Et ça m'arrangerait que tu n'insistes pas plus longtemps car j'ai des choses à faire.

- Vas-y, je t'ai assez vu, grogna Draco.

Le Serdaigle ne se fit pas prier et s'en alla. Draco voulut faire de même mais Thomas le retint.

- Malfoy, attends.

- Quoi ?

- Je ne veux pas que tu crois que je me droguais. Je n'ai jamais touché à ce genre de potions et ça ne m'intéresse absolument pas.

- Donc tu soutiens la version de ce Serdaigle ? Vous étiez juste en train de vous embrasser ?

- Non, on ne faisait pas que ça. Si tu veux vraiment savoir, on a couché ensemble dans cette salle.

Draco haussa les sourcils.

- Ah oui, carrément ? Tu sais que c'est interdit de batifoler dans les salles de classe et que je pourrais faire un rapport auprès de ton directeur de maison ?

- Je préfère ça plutôt que tu crois que je me drogue.

Draco fixa Thomas pendant quelques secondes avant de hausser les épaules.

- Je ne vous ai pas surpris sur le fait, je peux fermer les yeux pour cette fois.

- Je vais essayer d'être plus prudent à l'avenir, alors. Mais c'est bien la première fois que je manque de me faire attraper en plein après-midi...

- Parce que ce n'est pas la première fois que tu couches avec un élève dans une salle de classe ? Et tu me le dis alors que je suis préfet ? Tu cherches vraiment les ennuis ou quoi ?!

Thomas sembla amusé par la réaction de Draco qui s'en sentit irrité.

- Détends-toi, Malfoy. Tu dis que tu es préfet mais tu n'as même pas su deviner ce qui s'était passé dans cette salle alors que tu as eu des indices sous les yeux...

- Comment ça ? demanda Draco, énervé.

Thomas sortit de sa poche le carré de plastique que Draco n'avait pas réussi à identifier.

- J'imagine que tu ne sais pas ce que c'est ?

- Non, avoua Draco.

- C'est un préservatif. C'est ce qui remplace le sort Proluo chez les moldus.

Draco sentit brusquement ses joues chauffer de manière très désagréable.

- Quand Matt a sorti ça, j'ai pensé que tu allais tout deviner. Mais, comme lui, j'avais oublié que tu étais un Sang-Pur et que les préservatifs n'étaient pas très utilisés dans le monde sorcier.

- Mais tu es au courant que Poudlard est une école sorcière ? Qu'est-ce que tu fous donc avec des protections moldues dans les poches alors que tu connais l'équivalent sorcier ?!

- Parce que je suis plus familiarisé avec les préservatifs qu'avec le sort de protection. Et puis on ne m'a parlé que des préservatifs lors de mon éducation sexuelle. J'ai été élevé comme un vrai moldu, même si mon père était un sorcier.

- Oh... Je ne savais pas tout ça. Je comprends mieux, maintenant. Quoi qu'il en soit, tu ferais mieux de trouver un autre endroit pour batifoler. Les salles de classe ne sont pas faites pour ça.

- Je sais, mais on n'avait nulle part où aller. Matt ne voulait pas qu'on nous voit aller dans le dortoir de l'un ou de l'autre. Mais j'irai ailleurs la prochaine fois, promis. Avec un peu de chance, ce sera avec quelqu'un qui s'en fiche d'être vu.

Le comportement désinvolte de Thomas déstabilisa profondément Draco. Comment le Gryffondor pouvait-il parler de sa sexualité aussi librement ? C'était un vrai mystère pour Draco.

- Bon, j'y vais, j'ai des choses à faire, moi aussi. Comme prendre une douche, par exemple. Mais c'était un plaisir de discuter avec toi, Malfoy. Si jamais tu es intéressé, je me promène tous les jours dans les couloirs entre quatorze heures et seize heures. Tu connais sûrement des endroits où on sera sûrs de ne pas se faire attraper. À la prochaine, Malfoy.

Thomas s'en alla sur ces mots, laissant derrière lui un Draco complètement dépassé. Il mit un long moment avant de reprendre ses esprits. Il décida d'oublier cette discussion très étrange mais elle ne quitta pourtant pas ses pensées durant tout le temps qu'il mit à retourner à sa salle commune. Il ne savait pas quoi en penser et cela l'irritait autant que ça le perturbait. Mais est-ce que cette discussion avait vraiment eu lieu ? Elle lui avait semblé tellement irréaliste qu'il en venait à se demander s'il ne l'avait pas rêvée. Thomas lui avait quand-même explicitement proposé de coucher avec lui ! Alors qu'il ne devait même pas savoir que Draco était gay ! Non, tout cela était trop bizarre. Mais Draco savait que c'était pourtant vrai. Il n'aurait pas pu rêver une discussion pareille... Il secoua la tête et se força à l'oublier pour de bon. Il n'était pas obligé de répondre aux sollicitations de Thomas, de toute manière. Il pouvait très bien ignorer le Gryffondor et faire comme si cette discussion n'avait jamais existé. Et c'était exactement ce qu'il allait faire. Ce fut sur cette bonne décision qu'il arriva à sa salle commune. Il lui restait dix jours de vacances, il avait passé deux heures formidables avec Harry, il avait retrouvé sa relation d'antan avec Severus, il avait passé un super Noël avec ses amis, alors il était hors de question qu'un Gryffondor vienne perturber sa toute récente tranquillité. Fort de cette pensée, il entra dans sa salle commune et se rendit aussitôt à son dortoir. Il avait envie de dessiner et c'est ce qu'il fit dès qu'il fut sur son lit. Il avait besoin de s'évader et le dessin était exactement ce qu'il lui fallait pour ça.

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Quelques heures plus tard, POV Severus

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Severus soupira alors que Potter venait de disparaître dans sa cheminée. Ils venaient d'avoir une séance assez compliquée. Severus avait fait parler Potter sur son entrevue avec Draco. Il avait pensé que ce serait plus facile pour Potter de retrouver Draco plutôt que Granger et Weasley, étant donné qu'il était moins proche de Draco que de ses deux meilleurs amis mais ça n'avait pas du tout été le cas. Potter avait été beaucoup plus à l'aise avec Granger et Weasley qu'avec Draco. Il disait pourtant que ça s'était très bien passé avec Draco mais qu'il y avait eu des moments de gêne qu'il n'arrivait pas à expliquer. Il s'était notamment senti rougir à plusieurs reprises alors que, selon lui, il n'aurait pas dû. Il ne comprenait pas non plus pourquoi il rougissait face à un compliment de Draco alors que cela lui faisait beaucoup moins d'effets lorsque ce même compliment venait de quelqu'un d'autre, à savoir un de ses meilleurs amis. Severus avait supposé que c'était normal puisqu'il n'avait pas le même rapport avec Draco qu'avec Granger ou Weasley. Il lui avait aussi dit qu'il allait devoir se réhabituer à entendre des compliments venant d'autres personnes que son ex petit-ami. Potter n'avait pas semblé très convaincu mais n'avait pas insisté. Il avait ensuite parlé de son amitié avec Draco. Il s'était demandé s'il aurait été possible que Draco et lui deviennent amis plus tôt. Il avait précisé que Draco lui avait bien démontré que non mais il avait tout de même cherché tout un tas de contextes dans lesquels ils auraient pu se lier d'amitié plus tôt, que ce soit dès leur première rencontre, durant leur première année, durant leur deuxième année, durant leur troisième année, durant leur quatrième année... À un moment, Severus lui avait dit qu'il était peut-être préférable de ne pas trop regarder dans le passé et de se concentrer sur le présent. Bien mal lui en avait pris. Potter l'avait regardé avec un air à la fois choqué et horrifié. Severus n'avait pas tout de suite compris pourquoi, puis il s'était souvenu que la psychomage qu'avait vue Potter durant l'été lui avait dit la même chose, mais de façon beaucoup plus directe. Severus avait alors dû user de patience pour calmer et rassurer Potter qui s'était littéralement replongé dans son souvenir et qui avait commencé à faire une crise d'angoisse. Une fois Potter tranquillisé, Severus avait préféré mettre un terme à la séance. Il avait néanmoins gardé Potter jusqu'à ce qu'il soit entièrement rassuré sur son état. Il lui avait quand-même donné des potions calmantes puis il l'avait laissé rentrer chez Black et Lupin. Depuis, Severus était resté sur sa chaise à réfléchir. Cela faisait une heure qu'il n'avait pas bougé. En revanche, ses méninges, elles, fonctionnaient à plein régime. Cette séance lui avait fait prendre conscience d'une chose : cette psychomage ne pouvait pas s'en tirer comme ça. Elle avait traumatisé un adolescent de quinze ans alors que son métier consistait au contraire à traiter et guérir les traumatismes mentaux ! À cause d'elle, Potter n'avait pas pu parler de ce qu'il gardait pour lui alors qu'il avait justement besoin d'en parler. Elle l'avait enfoncé au lieu de l'aider. Elle lui avait fait perdre le peu d'estime qu'il devait encore avoir de lui. Elle l'avait complètement détruit mentalement parlant. En fait, Severus était surpris que Potter n'ait pas essayé de mettre fin à ses jours lorsqu'il avait pris ses cinq potions de sommeil sans rêves qui avaient tourné. Vu son état psychologique, il aurait très bien pu prendre beaucoup plus de potions. Mais il ne l'avait pas fait. Il avait simplement voulu dormir jusqu'au soir pour oublier qu'il avait failli se faire violer par son petit-ami avec lequel il entretenait une relation à la fois toxique et abusive. En se disant cela, Severus fut frappé d'horreur. Comment un adolescent de quinze ans avait-il pu subir cela alors qu'il était déjà au fond du trou ? Pourquoi est-ce que la vie s'acharnait sur lui à ce point ? Severus était persuadé que Potter n'avait pas eu l'enfance dorée que tout le monde pensait qu'il avait eue. Il croyait au contraire qu'il avait été maltraité par la famille dans laquelle il avait grandi. Et malgré cela, il fallait qu'il lui arrive d'autres horreurs à Poudlard... Severus sentit la nausée l'envahir en réalisant tout cela. Personne ne devrait subir autant de choses. Alors pourquoi était-ce arrivé à Potter ? Pourquoi personne ne s'était rendu compte de quelque chose ? Pourquoi personne ne l'avait aidé ? Pourquoi lui, Severus, médicomage, n'avait-il rien vu ? Pourquoi la haine l'avait-elle emporté sur son humanité ? Il n'en savait rien mais il s'en voulait de ne s'être aperçu de rien. Il aurait dû voir quelque chose. Mais cela ne servait à rien de se flageller. Il fallait agir, désormais. Et c'était ce qu'il allait faire. Il le faisait déjà depuis deux semaines en s'occupant de Potter mais là, il voulait aller encore plus loin. Il voulait faire payer la psychomage qui avait détruit son patient. Il ne savait cependant pas s'il avait le droit d'aller jusque-là. Où s'arrêtait son devoir de médicomage ? Voire même de psychomage ? Certes, cela ferait du bien à Potter de savoir sa psychomage hors d'état de nuire, mais était-ce à Severus de s'en occuper ? Étant donné que personne ne pouvait le faire à sa place, il se dit que oui. Il n'y avait que Black et Lupin qui étaient au courant et eux ne pourraient pas faire grand-chose. Alors que lui... Il pouvait se rendre à Sainte-Mangouste quand il le voulait. Il connaissait presque tout le monde, là-bas. Il avait touché un peu à tous les services. Il trouverait forcément des personnes qui pourraient le renseigner sur la psychomage Forester. Il ne lui en fallut pas plus pour se décider. Il se leva, prit sa cape, sa baguette et se dirigea vers sa cheminée. Il avait la flemme de sortir de Poudlard pour transplaner. Il le faisait quand il avait le temps et quand il avait envie de marcher. Là, il n'avait ni l'un, ni l'autre. Il prit une pincée de poudre de Cheminette, prononça l'adresse de Sainte-Mangouste et jeta la poudre dans l'âtre. Il vit une multitude de cheminées défiler avant d'atterrir dans celle du hall d'entrée de Sainte-Mangouste. Il en sortit et regarda autour de lui. Il n'y avait pas grand-monde et, à priori, les seules personnes présentes étaient des patients. Déjà, il ne savait même pas qui il devait aller voir. Il était en train de se dire qu'il aurait dû prendre davantage le temps de la réflexion lorsqu'il vit Mike, son ex-collègue infirmier qui était venu le chercher à Poudlard quelques semaines plus tôt quand Sainte-Mangouste avait eu besoin de potions à cause d'un afflux de patients dû à une explosion dans un magasin. Severus l'interpella :

- Mike !

L'infirmier se retourna et sourit en voyant Severus.

- Tiens, toi ici ? Qu'est-ce qui t'amène ?

- J'ai besoin de renseignements.

- De renseignements ? Sur quoi ?

- Sur quelqu'un qui travaille ici.

- Pour quoi faire ? Excuse-moi de te poser toutes ces questions mais je trouve ta démarche un peu bizarre.

- Je comprends, je me poserais aussi des questions à ta place. Sans trop entrer dans les détails, je m'occupe d'un élève qui a eu une séance avec une psychomage qui travaille ici. Cette séance s'est mal passée et j'ai donc besoin d'en savoir plus sur cette psychomage. Elle doit s'être mariée depuis que j'ai démissionné car son nom ne me dit absolument rien.

- Qui est-ce ?

- Je n'ai que son nom de famille. Forester.

- Ah oui, en effet, elle est mariée. Je ne sais pas quel était son nom de jeune fille car elle avait déjà son nom d'épouse quand elle est arrivée. Mais ça ne fait pas longtemps qu'elle est là, c'est normal que tu ne la connaisses pas. Si ça t'intéresse, son prénom c'est Astrid.

- Merci, ça peut toujours servir. Tu dis qu'elle est arrivée récemment, mais est-ce que tu sais où elle travaillait avant ?

- Non, je sais juste qu'elle a travaillé dans plusieurs pays. Ça fait deux ans qu'elle est ici et je n'ai presque jamais eu de contact avec elle. J'ai juste entendu parler d'elle, en fait. Mais tu ferais mieux d'aller te renseigner auprès de Jacob, Christina, Garrett ou Judy. Bon, pas sûr qu'ils soient tous là aujourd'hui mais j'ai vu Jacob et Christina ce matin, donc tu peux déjà aller les voir.

- D'accord, merci beaucoup !

Severus salua son collègue et s'éloigna. Il prit les escaliers, monta au troisième étage et se rendit à l'aile réservée au service de psychomagie. C'était une aile relativement petite, étant donné qu'il y avait assez peu de psychomages à Sainte-Mangouste. Severus connaissait les quatre personnes que Mike avait citées puisque c'étaient également d'anciens collègues. Severus s'entendait très bien avec eux mais il les voyait très rarement, n'ayant pas le temps de venir voir tout le monde lorsqu'il se rendait à Sainte-Mangouste. Comme il était plus de dix-huit heures, il espérait que ses ex-collègues avaient fini leur journée et qu'il pourrait ainsi leur parler. Il alla d'abord à la salle de consultation de Jacob et déchanta vite en voyant qu'il finissait ce jour-là à dix-sept heures. Alors qu'il se dirigeait vers le cabinet de Garrett, il tomba sur Judy qui sembla surprise de le voir.

- Monsieur le Maître des Potions a enfin daigné quitter ses cachots pour venir rendre visite à ses anciens collègues ? s'amusa-t-elle.

- Je viens assez souvent ici, c'est juste que je n'ai pas assez de temps pour vous voir tous, se défendit Severus. Et apparemment, ce n'est pas aujourd'hui qu'on aura l'occasion de parler.

- En effet, je m'apprêtais à partir, grimaça Judy. Je suis assez pressée, en plus. Je dois aller chercher mes deux enfants et je suis déjà un peu en retard.

- Tu les as confiés à une nounou ?

- Non, à leur père. Il les avait cette semaine mais ce week-end il travaille, donc je dois les récupérer.

- Oh, tu es...

- Divorcée, oui. Mais ça va, ça s'est bien passé. On a eu de la chance. On s'est séparés d'un commun accord et nous sommes restés très proches. C'est juste qu'on ne s'aimait plus. Mais on discutera de ça une autre fois. Je suis désolée mais il faut vraiment que j'y aille.

- Oui, je comprends, ne t'en fais pas. Est-ce que tu sais si Garrett et Christina sont là ?

- Garrett non, mais Christina oui.

- D'accord, merci. Je ne te retarde pas plus longtemps, à bientôt j'espère.

Judy acquiesça et s'en alla. Severus poursuivit son chemin et s'arrêta devant le cabinet de Christina. Il frappa et attendit. Plusieurs minutes passèrent sans que personne ne vienne lui ouvrir. Il allait partir quand la porte s'ouvrit sur Christina qui raccompagnait son patient. Elle sourit en voyant Severus.

- Oh, c'est donc toi qui a frappé. Je suis désolée, j'étais occupée. Mais tu as de la chance, c'était mon dernier patient. En tout cas, je suis heureuse de te revoir. Ça faisait longtemps.

- Normalement, je viens ici seulement quand je dois livrer des potions. Mais la plupart du temps, je les envoie par colis. Et quand j'ai une heure devant moi et que je peux donc venir, je ne reste pas très longtemps.

- Je vois. Aujourd'hui fait exception, visiblement.

- Je suis dans une période professionnelle un peu compliquée. J'ai dû abandonner provisoirement mon poste de professeur pour m'occuper d'un élève. J'ai dû rester dans mes appartements vingt-quatre heures sur vingt-quatre pendant dix jours, puis j'ai pu me libérer un peu. Comme ce sont les vacances et que je dois continuer à m'occuper de cet élève à la rentrée, je n'ai ni de copies à corriger, ni de cours à préparer. Je suis juste présent dans la Grande Salle à l'heure des repas pour assurer mes fonctions de directeur de maison. J'en profite donc pour sortir un peu. Enfin là ce n'est pas pour moi que je suis ici, mais pour l'élève dont je m'occupe.

- Donc c'est à son sujet que tu viens me voir, c'est ça ?

- Indirectement, oui.

- Il a besoin d'une psychomage ?

- Non, justement. Il en a déjà vu une et c'est pour ça que je suis ici.

Un éclair de compréhension traversa le regard de Christina.

- Ok, je crois que je commence à comprendre. Tu veux me parler de sa psychomage ?

- Oui. Je veux avoir des informations sur elle.

- D'accord, tu vas m'expliquer tout ça sur une chaise et autour d'une tasse de thé. Et non debout dans l'encadrement de ma porte.

Severus acquiesça et pénétra dans le cabinet de Christina en refermant la porte derrière lui. Il s'assit sur la chaise des patients tandis que Christina préparait le thé. Lorsqu'il fut prêt, elle le versa dans deux tasses puis elle s'installa en face de Severus.

- Je t'écoute.

- J'aimerais en savoir plus sur la psychomage Forester. J'ai essayé d'avoir des infos sur elle auprès de Mike mais il ne savait presque rien sur elle. C'est lui qui m'a conseillé de venir vous voir, Jacob, Garrett, Judy et toi.

- En effet, nous en savons sûrement plus que lui. Mais avant de te dire quoi que ce soit, j'aimerais savoir pourquoi tu enquêtes sur elle comme ça. J'ai bien compris que l'élève dont tu t'occupes avait eu Astrid comme psychomage mais je ne vois pas à quoi ça va te servir d'en savoir plus sur elle...

- Je veux surtout savoir quel genre de psychomage elle est. Je vais être franc avec toi : mon élève a été traumatisé lors de sa séance avec elle. Je ne sais pas si elle était dans un mauvais jour ou si elle est toujours comme ça, mais le comportement qu'elle a eu avec mon élève est inacceptable. J'ai eu accès au souvenir de cette séance et j'en suis sorti choqué. Si elle avait voulu le mettre au fond de l'eau avec une pierre pour l'empêcher de remonter, elle n'aurait pas mieux fait. Elle a passé la séance à le critiquer de façon totalement injustifiée et arbitraire et elle lui a dit tout ce qu'il ne fallait pas lui dire. Il n'a rien pu dire ou presque. Elle lui coupait la parole. Elle l'a notamment accusé d'être venu juste pour avoir des potions de sommeil sans rêves, ce qui était effectivement l'un des motifs de sa visite mais il voulait surtout parler de choses qu'il n'arrivait pas à dire aux personnes qui étaient responsables de lui. Je ne peux pas t'en dire trop dans un souci de confidentialité mais je pense que ce que je t'ai dit est déjà bien suffisant.

- En effet, répondit Christina, l'air choqué. J'ai compris l'essentiel de l'histoire. Je t'avoue que je n'ai jamais entendu parler d'un tel comportement venant d'une psychomage. Et personne ne s'était déjà plaint d'Astrid. En revanche, je ne sais pas si ça veut dire quelque chose mais j'ai remarqué qu'elle ne gardait jamais bien longtemps ses patients. Enfin, c'est la déduction que j'ai faite car je la vois sans cesse avoir de nouveaux patients. Au bout d'un moment, elle ne peut pas tous les voir de façon régulière... Et ça m'étonnerait qu'elle n'ait que des patients qui ont besoin de se faire suivre deux fois par mois. Il y en a forcément qui doivent avoir au moins une séance par semaine.

- Je suis entièrement d'accord. C'est bien beau d'accueillir régulièrement de nouveaux patients mais il faut pouvoir leur assurer un suivi de qualité. Et ça n'a clairement pas été le cas pour mon élève. Il était tellement traumatisé qu'il n'en a parlé à personne. Il aurait gardé ça pour lui encore longtemps si je ne m'étais pas retrouvé à devoir m'occuper de lui. Il a eu de la chance d'avoir été pris en main par quelqu'un qui a de solides notions de psychologie mais ce n'est pas le cas de tous les patients que cette psychomage a dû avoir et qu'elle a actuellement. Si elle les traite tous comme elle a traité mon élève, je ne peux pas rester sans rien faire. Je ne peux pas la laisser traumatiser des adolescents qui ont besoin d'aide. Car je sais qu'elle est spécialisée auprès des adolescents.

- Effectivement. Je t'approuve totalement, il faut faire quelque chose. Mais quoi ?

- Je ne sais pas. Enfin si, je sais. Il faudrait avoir d'autres plaintes. Mais autant dire que ça va être très compliqué. On ne sait pas qui sont ses patients. On ne peut pas contacter les parents des ados dont elle s'occupe et leur en parler. Ou alors il faudrait subtiliser son carnet de rendez-vous mais ce serait risqué.

- Je pense aussi. Je ne vois pas trop comment on pourrait s'y prendre...

Severus soupira.

- Je vais réfléchir à tout ça au calme, décida-t-il. Là tout est trop confus dans mon esprit.

- Tu as raison. Je vais te laisser y aller, alors. À moins que tu aies autre chose à me dire ? Ou à me demander ?

- Non, j'aurais bien aimé rester plus longtemps mais même si je suis plus libre que prévu durant ces vacances, j'ai quand-même des choses à faire. J'essaierai de venir un jour où j'aurai plus de temps. On pourra parler de nous, comme ça.

- Bonne idée, dit Christina en souriant. Avant que tu ne partes, j'aimerais que tu fasses passer un message à quelqu'un, si ça ne te dérange pas. Je sais que tu as Sirius Black comme collègue.

- Désolé mais je crois que ça ne va pas être possible. Il semble déjà intéressé par quelqu'un d'autre.

Christina leva les yeux au ciel.

- Severus, je ne vais pas draguer un de mes patients.

Severus haussa les sourcils.

- Black est ton patient ?! Je savais qu'il se faisait suivre par une psychomage vu qu'il l'a dit lors de la pré-rentrée mais j'ignorais que c'était de toi dont il parlait... Que veux-tu que je lui dise ?

- Eh bien, ça fait un moment qu'il n'est pas venu. Il avait décommandé une séance il y a un mois en me disant qu'il avait trop de travail, il m'a dit qu'il allait devoir attendre les vacances pour reprendre les séances mais je n'ai toujours pas de nouvelles.

Severus grimaça. Il savait très bien pourquoi Black n'avait pas pu recontacter sa psychomage : parce qu'il devait s'occuper de son filleul qui était sa priorité et qu'il n'avait donc pas le temps de venir libérer son esprit. Et ça rejoignait exactement la raison pour laquelle Severus était venu parler à Christina. Parce que ce filleul n'était autre que l'élève dont il lui avait parlé.

- Il va bien, ne t'en fais pas, assura Severus. Il a juste son filleul chez lui pendant toutes les vacances et il doit donc s'occuper de lui. Je crois que tu comprendras un peu mieux quand Black reviendra te voir. Il t'en parlera sûrement. En tout cas, je lui passerai le message.

Christina regarda Severus avec un drôle d'air.

- Quoi ? demanda-t-il, irrité.

- Non, rien. C'est juste que j'ai du mal à croire ce que M. Black me disait quand il me parlait de vos relations. Selon lui, c'était presque si vous vous entre-tuiez à chaque fois que vous vous voyiez. Ce n'est pas du tout l'impression que j'ai quand tu parles de lui.

- Encore une fois, tu comprendras tout la prochaine fois que tu le verras. Je suis désolé mais je ne peux pas t'en dire plus. C'est à lui de t'en parler.

- Tout ça m'a l'air bien mystérieux mais je comprends. J'attendrai ta prochaine visite, en tout cas.

En entendant ces mots, il sembla soudain important à Severus de préciser quelque chose.

- Christina, je pense que tu t'en doutes mais... nos entrevues resteront amicales.

Christina arbora un sourire amusé.

- Je l'avais bien compris. Ça fait un bon moment que je suis passée à autre chose, tu sais. Au cas où tu l'aurais oublié, je suis mariée.

- Ah oui, c'est vrai. Mais qu'est-ce que vous avez tous à être casés et mariés ? soupira Severus.

- Si tu réagis comme ça c'est que tu n'as toujours personne ?

- Je n'ai pas dit ça, répliqua Severus, mal à l'aise.

- Ça veut dire quoi, ça ? demanda Christina, intriguée.

- C'est compliqué, éluda Severus. Je ne suis pas en couple mais...

- Presque ?

- C'est un peu ça, oui.

- Tu es amoureux ?

- Je crois bien que oui. Enfin, j'en suis même sûr. Je suis dans une phase de réflexion, en fait. On s'est vus il y a presque une semaine, on s'est avoués nos sentiments mais comme je n'étais pas sûr de ce que je voulais, elle m'a demandé de réfléchir et de revenir la voir quand j'aurais pris ma décision.

- Tu l'as prise, cette décision ?

- Oui.

- Qu'est-ce que tu attends pour aller la voir, alors ?

- Je préfère attendre quelques jours encore. Je ne veux surtout pas me précipiter. Mais je suis sûr de mon choix, je veux juste laisser passer les fêtes pour aller la voir.

- Je pense que c'est une bonne idée. Mais je ne comprends pas pourquoi tu sembles si désespéré à l'idée que nous soyons tous casés alors que tu comptes toi-même te caser avec quelqu'un...

- Vous vous êtes mariés alors que moi je compte juste me mettre en couple !

- Pour l'instant.

- Je ne suis pas du tout dans l'optique de me marier, Christina.

- Ni d'avoir des enfants ?

- J'ai déjà du mal à m'occuper de mon filleul, alors je ne vais pas me risquer à avoir un enfant...

- Non mais ton filleul c'est un ado, tu te retrouves à devoir t'occuper de lui du jour au lendemain, c'est normal que tu rames un peu ! Avec un enfant à toi, ce sera complètement différent. Enfin bon, c'est toi qui voit. J'espère juste que quand tu auras envie de devenir père, il sera encore temps.

- Si je ne change pas de compagne d'ici là, ce sera encore largement bon. Elle est plus jeune que moi. Voire même beaucoup plus jeune.

- Oh, je vois. Tu as encore le temps d'y penser, alors. Bon, quoi qu'il en soit, je ne te souhaite que du bonheur avec ta mystérieuse dulcinée.

- Merci. Je te dirai de qui il s'agit quand ce sera un peu plus officiel. Bon, je vais y aller. J'espère te revoir bientôt.

Christina acquiesça et raccompagna Severus jusqu'à la porte. N'ayant toujours pas envie de marcher, il décida de rentrer chez lui par voie de cheminée. Sitôt arrivé, il se rendit à son laboratoire afin de brasser quelques potions. Il avait besoin de se changer les idées et c'était l'activité idéale pour ça. Il réfléchirait plus tard à sa discussion avec Christina concernant la psychomage Forester. Il devait y penser à tête reposée. Mais une chose était sûre : il ne lâcherait pas l'affaire. Peu importe le temps que ça allait prendre, cette psychomage paierait pour le mal qu'elle avait fait à Harry ainsi qu'à ses autres patients. Il le jurait.

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(samedi 30/12) POV Harry

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- Tu es sûr de vouloir voir Ginny aujourd'hui ?

Harry se retint de justesse de soupirer.

- Ça fait au moins la cinquième fois que tu me poses cette question depuis ce matin, Sirius. Et la réponse est toujours la même. Oui, j'en suis sûr.

- Mais tu as vu Ron et Hermione mercredi, tu as vu Draco hier et aujourd'hui tu vois Ginny... Tu ne crois pas que ça va faire un peu trop en si peu de temps ?

- Non, je suis prêt à voir Ginny et j'en ai envie. Je sais ce que je fais, Sirius. Fais-moi confiance.

Sirius ne sembla pas convaincu mais il n'insista pas.

- Bien, je te crois. Je me disais juste que trois visites en quatre jours, ce n'était pas très raisonnable. Il aurait peut-être mieux valu les espacer.

- Non, je t'assure que c'est très bien comme ça. Et puis j'ai besoin de parler à Ginny. Et le plus vite sera le mieux. De toute façon, c'est trop tard pour annuler, elle doit déjà être sur le chemin.

- C'est vrai. D'ailleurs, qu'est-ce qu'elle aime boire ? Pour Ron et Hermione, tu m'avais dit du thé ou du jus de citrouille, pour Draco, juste du jus de citrouille mais pour Ginny ?

- Du jus de citrouille ou du chocolat chaud.

- D'accord, je vais préparer ça tout de suite.

Sirius sortit du salon, laissant seul Harry qui, cette fois, soupira. Sirius avait toujours été protecteur avec lui mais là il en venait presque à le couver et Harry n'était pas très à l'aise avec ça. Il ne voulait pas que Sirius se mette à le protéger envers tout et n'importe quoi. Mais d'un autre côté, il devait bien avouer que cela le rassurait et qu'il aimait ce sentiment de sécurité qu'il avait avec Sirius. Mais bon, tant qu'il réussissait à le raisonner quand il commençait à trop s'inquiéter, c'était le principal. Et puis il comprenait le comportement de Sirius. La situation n'était guère facile pour lui. Savoir que son filleul allait mal depuis six mois sans pouvoir en parler, qu'il avait subi des violences de la part de son petit-ami et qu'il avait failli se faire violer par ce même petit-ami devait être assez compliqué à gérer. Surtout que Sirius n'avait rien vu de tout cela. Harry comprenait donc parfaitement que son parrain soit sans cesse inquiet. Il ne voulait pas répéter les mêmes erreurs. Mais cela restait gérable pour Harry pour le moment donc il préférait ne pas trop y penser. À peine se fit-il cette pensée qu'il fut sorti de sa rêverie par Sirius qui revint dans le salon avec deux pichets.

- Et voilà, vous aurez juste à lancer un sort pour que le chocolat reste chaud.

- Merci, Sirius, dit Harry en souriant. Ginny va se régaler. Tes chocolats chauds sont hyper bons.

- Elle a de la chance, c'est la seule chose que je sais faire, marmonna Sirius.

- Ne dis pas n'importe quoi, protesta Harry. Tu as fait des progrès depuis cet été.

- Mmmmh. Je suis sûr que James aurait été bien meilleur que moi.

- Ça, on ne le saura jamais, répliqua Harry. Ça ne sert à rien de se comparer à quelqu'un qui n'a pas pu faire ses preuves.

Sirius regarda Harry avec un air surpris. Gêné, Harry détourna le regard. Il se demandait comment il allait se sortir de cette situation lorsque des coups furent frappés à la porte. «Merci Ginny» se dit-il alors que Sirius allait ouvrir. Il revint quelques secondes plus tard avec Ginny qu'il débarrassa de sa cape et de son sac. Il ramena de la cuisine une assiette de gâteaux puis il les laissa seuls.

- Il est adorable, dit Ginny en s'asseyant.

- Il est tout le temps comme ça. Tu veux boire quelque chose ? Il y a du chocolat chaud et du jus de citrouille.

- Je veux bien une tasse de chocolat. Il fait un froid de canard dans le château, je suis frigorifiée.

- Surtout que tu as dû traverser tout le château pour venir jusqu'ici.

- Je ferais n'importe quoi pour toi, minauda Ginny en battant des cils.

Harry se mit à rire.

- Garde ça pour ton beau Serpentard, veux-tu ?

- Tu as raison, s'amusa Ginny. Non mais plus sérieusement, je suis vraiment contente d'être là. Ça fait trop longtemps qu'on ne s'est pas vus. Comment vas-tu ?

- Ça va plutôt bien. Je passe de bonnes vacances. Sirius et Remus sont aux petits soins pour moi.

- Ça ne m'étonne pas d'eux. Le professeur Lupin est déjà génial comme directeur de maison, alors il doit être tout aussi génial avec toi. Quant à Sirius... il t'aime. Ça se voit, ça se sent, ça s'entend. Je suis allée plusieurs fois lui demander de tes nouvelles. La première fois, je ne savais absolument pas s'il allait m'en donner. Je n'étais pas du tout confiante. Mais il a dû voir que j'étais très inquiète car il n'a pas hésite une seule seconde à me dire comment tu allais. Ce qui m'a surpris, c'est qu'il n'a pas cherché à tout prix à me rassurer. Il m'a juste dit les choses telles qu'elles étaient. Il ne m'a pas vue comme une chose fragile qu'il fallait ménager. Et ça m'a beaucoup plu. Je suis retournée le voir tous les trois ou quatre jours et à chaque fois, j'ai bien vu et senti à quel point il t'aimait. C'était hyper touchant à voir. Donc ça ne m'étonne pas du tout qu'il soit aux petits soins pour toi.

Ginny termina sa tirade sur ces mots. Harry resta un moment silencieux, troublé et ému par les paroles de son amie. Bien sûr, il savait déjà que Sirius l'aimait mais Ginny venait de le lui prouver avec des mots qui l'avaient beaucoup remué. Il finit cependant par sortir de sa léthargie et sourit à Ginny.

- Merci pour ce que tu viens de dire. Ça m'a beaucoup touché. Je pense que s'il t'a dit la vérité pure et simple, c'est parce que je lui ai dit que tu étais ma confidente. Il en a donc déduit que tu pouvais tout entendre. Ce qui n'est sûrement pas le cas de Ron et de Hermione.

- Oh... Je n'avais pas pensé à ça. Ça fait plaisir, en tout cas. Bon, sinon, tu ne t'ennuies pas trop ?

- Non, pas du tout. J'ai beau être en sorte de convalescence, je n'ai pas le temps de m'ennuyer. Je suis très occupé. Je parle beaucoup avec Sirius et Remus, j'ai mes devoirs à faire, j'ai mes séances avec le professeur Snape... Sans oublier que j'ai vu Ron et Hermione mercredi et Draco hier.

- Ah oui, en effet, c'est limite si tu n'as pas une minute à toi ! Je n'imaginais pas que tu étais autant occupé. Ce n'est plus vraiment une convalescence à ce rythme, plaisanta Ginny.

- Oh, ne t'en fais pas, je me repose quand-même, assura Harry. Notamment quand je discute avec Sirius et Remus. Et puis il me reste assez de temps pour lire.

- Bon, si tu arrives à te reposer c'est le principal. Tes séances avec Snape se passent bien ?

- Oui, et elles me font beaucoup de bien. En même pas trois semaines, j'ai débloqué énormément de choses. J'ai le coeur et l'esprit beaucoup plus légers même s'il y a encore plein d'autres choses dont je dois parler. Déjà, j'ai parlé de quelque chose qui s'est passé cet été et qui était l'une des sources de mon mal-être.

Harry raconta alors à Ginny sa séance avec la psychomage. Il enchaîna ensuite sur les potions de sommeil sans rêves et il expliqua que c'était à cause de ça qu'il était autant fatigué depuis la rentrée.

- Bon sang mais cette harpie mérite d'être jetée en pâture à une horde de Nundu déchaînés, murmura Ginny. Je ne comprends pas comment on peut laisser une telle personne pratiquer son métier alors qu'elle fait tout l'inverse de ce qu'elle devrait faire... Au lieu d'aider ses patients, elle les enfonce. Ce n'est pas une psychomage, ça. Elle devrait carrément être radiée de l'ordre des médicomages. Enfin bref, j'imagine que tu n'as pas trop envie de parler d'elle...

Harry ne put s'empêcher de sourire. C'était ça, entre autres, qu'il aimait avec Ginny. Elle disait ce qu'elle pensait mais elle ne s'attardait pas sur un sujet si elle le jugeait trop sensible.

- En effet, je préfère l'oublier, répondit-il honnêtement.

- Et donc de quoi as-tu parlé avec Snape après ça ?

- De ce qui s'est passé lors de la troisième tâche du tournoi des trois sorciers. On a passé beaucoup de temps dessus. On a traité le sujet en long, en large et en travers mais il y a une chose dont je n'ai pas parlé. J'attendais de te voir pour aborder le sujet avec lui.

- Cédric ? devina Ginny.

- Oui. Je sais que je dois en parler mais... j'ai vraiment un blocage. Je ne veux pas trahir sa mémoire et j'aurais l'impression de le faire en disant tout au professeur Snape.

- Non, tu ne dois pas penser comme ça, dit doucement Ginny. Tout ce qu'il redoutait, c'était que son père sache. Mais Snape ne lui répétera rien de ce que tu lui diras. Et puis tu as besoin d'en parler, Harry. C'est surtout ça que tu dois te dire. Il n'y a qu'en te confiant là-dessus que tu pourras aller mieux. Cédric ne t'en voudra pas pour ça. Il n'aurait voulu que ton bien. Tout ça restera entre Snape et toi. Tu n'as vraiment pas à t'en faire. Parle-en, Harry. C'est important.

Les mots de Ginny firent céder les barrières de Harry.

- D'accord, j'en parlerai à Snape lors de notre prochaine séance. J'ai trois jours pour m'y préparer, étant donné que je ne le vois ni demain, ni après-demain.

- C'est une bonne chose, approuva Ginny. J'imagine bien que tu ne vas pas lui en parler aujourd'hui. Parce que tu dois bien le voir cet après-midi, je crois ?

- Oui, mais c'est trop tôt, en effet. J'ai pris la décision d'en parler, maintenant je dois m'y préparer. Mais assez parlé de moi. Comment ça se passe avec ton beau Serpentard ?

- Bien, répondit Ginny. On va bientôt officialiser notre relation, ajouta-t-elle en rougissant.

Harry écarquilla les yeux.

- C'est vrai ?! Mais c'est super ! Mais... vous êtes sûrs de votre choix ?

- On y a mûrement réfléchi, assura Ginny. En fait, ça faisait un moment que je disais à Blaise que je n'étais pas sûre de mes sentiments, que je ne voulais pas me précipiter, que je voulais savoir ce que je ressentais vraiment avant d'officialiser quoi que ce soit, aussi bien entre nous qu'aux yeux de tout le monde... Blaise comprenait parfaitement mais il y a une semaine, il a voulu savoir où j'en étais exactement. Il avait tellement besoin d'être fixé que j'ai su que je devais arrêter de le balader comme je le faisais sans le vouloir. J'ai alors décidé de lui expliquer pourquoi c'était si compliqué pour moi. Je lui ai d'abord parlé de ma relation avec Michaël. Puis je lui ai parlé de ce qui s'est passé lors de ma première année.

Harry sentit Ginny se crisper à l'évocation de ces mots. Instinctivement, il lui prit doucement la main. Elle sembla se détendre légèrement.

- Je lui ai parlé de Jedusor, de tout ce qu'il m'a forcé à faire, de l'état dans lequel j'ai été durant toute cette année, des répercussions que ça a eu sur moi... Je lui ai vraiment tout dit. Ça m'a fait bizarre car il n'y a qu'avec toi que je m'étais autant confiée.

- Je comprends, murmura Harry. Ça n'a pas dû être facile. Comment a réagi Blaise ?

- Il était choqué, évidemment. Mais il a été hyper compréhensif. Il m'a dit qu'il respectait mon désir de vouloir prendre mon temps. Mais il m'a dit aussi qu'à force d'attendre, il avait peur que je n'arrive jamais à me décider et à me lancer. Parce que plus on attend, plus c'est dur de prendre une décision. Il a malgré tout insisté sur le fait que c'était moi qui décidait et que si je voulais qu'on reste comme ça, on resterait comme ça. Je lui ai promis d'y réfléchir. Et c'est ce que j'ai fait. Quelques jours plus tard, je suis allée le voir, je lui ai fait une belle déclaration d'amour et je lui ai dit que j'étais prête à me lancer dans une vraie relation avec lui. Ça a été tellement soudain pour lui qu'il s'est retrouvé à court de mots, le pauvre, précisa Ginny d'un ton tendre et affectueux. Mais il s'en est vite remis et il m'a dit qu'il m'aimait aussi. Vu que tout était désormais clair entre nous, on a voulu officialiser notre relation mais Blaise avait peur de la réaction de Ron.

- On se demande pourquoi, grimaça Harry.

- Complètement, renchérit Ginny. Il n'a pas oublié que mon cher frère l'avait pétrifié dans la salle des binômes parce qu'il avait eu le malheur de poser une main sur mon bras... Après avoir un peu discuté on a décidé d'attendre la rentrée pour afficher notre couple. Mais j'en parlerai d'abord à Ron. Je lui annoncerai que je suis avec Blaise, qu'on compte se montrer ensemble et je le préviendrai qu'il n'a pas intérêt à faire du mal à Blaise. Comme ça, je ne le prends pas en traître et Blaise et moi pourrons officialiser notre relation en toute sécurité.

- Très ingénieux, admira Harry. Du coup, tu comptes en parler quand exactement à Ron ?

- Peu après la rentrée. Je ne veux pas gâcher le reste des vacances si Ron ne réagit pas très bien.

- Tu as raison. C'est plus sage comme ça. En tout cas, je suis trop content que ça avance entre Blaise et toi. J'ai trop hâte de vous voir ensemble. Vous devez être trop mignons.

- Ne t'attends pas à ce qu'on passe notre temps à s'embrasser en public, rétorqua Ginny. Je déteste les couples qui font ça, alors ce n'est pas moi qui vais me conduire ainsi.

- Ça a pourtant l'air passionnel entre vous. Je suis sûr que vous vous embrassez bien plus que ce que tu penses.

Ginny rougit de nouveau.

- On fera attention, alors, dit-elle, mal à l'aise.

- Non mais vous avez tout à fait le droit de faire comme les autres. Ça te permettra de comprendre pourquoi tous ces couples passent le plus clair de leur temps à échanger leur salive...

Ginny se mit à rire.

- Ça t'agace, toi aussi !

- Un peu, oui, admit Harry. Mais bon, il suffit de regarder ailleurs.

- Oui, sauf quand il y a plusieurs couples qui s'embrassent dans ton champ de vision, que ce soit à gauche, à droite ou en face de toi.

- C'est vrai que c'est plus compliqué dans ces cas-là, plaisanta Harry. Mais nous sommes dans une école remplie d'élèves bourrés d'hormones, c'est donc normal que ça s'embrasse un peu partout. Quoi qu'il en soit, ne te prive pas d'embrasser Blaise quand tu seras en public avec lui. Ne te préoccupe pas du regard des autres. Vous vous êtes déjà assez cachés comme ça.

Ginny acquiesça. Harry et elle continuèrent à discuter de choses et d'autres et ne virent pas le temps passer. Il était quatorze heures quarante-cinq lorsque Ginny eut la bonne idée de regarder l'heure. Sachant que Harry avait sa séance avec Snape à quinze heures, elle décida de partir avant que Sirius ne vienne mettre fin à ses retrouvailles avec Harry. Ils se souhaitèrent une bonne année en avance et se promirent de se revoir très vite. À peine Ginny fut-elle partie que Sirius revint dans le salon. Il sembla déçu de n'y trouver que Harry.

- Ginny est déjà partie ?

- Oui, elle a vu l'heure et elle sait que je suis attendu à quinze heures par Snape.

- Eh bien non, pas aujourd'hui. Je venais justement t'informer que Snape m'a envoyé un Patronus pour me dire qu'il devait décaler la séance à seize heures. Il y a eu un accident dans son laboratoire et il doit tout nettoyer et remettre en ordre. Du coup, tu as encore une heure devant toi.

- Oh, Ginny aurait pu rester plus longtemps, alors, dit Harry, dépité. Mais elle ne voulait pas que je sois en retard à ma séance.

- Ponctuelle comme ta mère l'était, constata Sirius. Ça désespérait un peu James qui avait toujours tendance à être en retard. Un peu comme moi. Tu n'as pas gagné au change là-dessus non plus.

Harry se retint de soupirer. Il avait l'impression que Sirius n'avait pas entendu ce qu'il lui avait dit deux heures plus tôt, à savoir que cela ne servait à rien qu'il se compare à James. Il avait été soulagé que Sirius cesse de le comparer sans arrêt à son père. Mais depuis quelques jours, il s'était mis à se comparer lui-même à son défunt meilleur ami. Et cela rendait Harry très mal à l'aise. Il était très bien avec Sirius. Certes, il faisait des erreurs mais c'était normal. Tous les parents en faisaient. Il ne voyait pas pourquoi Sirius devait y échapper. Pour Harry, il était un parent comme les autres. Sauf qu'il avait quatorze ans de retard. Mais ça, ce n'était pas de sa faute. Et Harry trouvait que Sirius s'en sortait très bien pour quelqu'un qui avait justement autant de retard. James, lui, n'en aurait pas eu. C'était donc totalement absurde, à ses yeux, d'entendre Sirius se comparer à lui. Il garda cependant ces pensées pour lui, ne voulant pas créer un nouveau malaise.

- Chacun fait ce qu'il peut, répondit-il simplement. En tout cas c'est la pagaille aujourd'hui ! Entre le professeur Gordon et le professeur Sinistra qui viennent ici pour chercher Remus parce qu'un élève de Gryffondor est en détresse et le professeur Snape qui décale ma séance parce que c'est le bordel dans son laboratoire, on se demande comment va se finir la journée... Mais c'est bien, ça change de l'ordinaire. Bon, je vais débarrasser un peu tout ça.

- Non, laisse, je vais le faire, dit aussitôt Sirius.

- Non, je tiens à le faire moi-même, répliqua Harry. Rassure-toi, je ne cours aucun risque avec deux pichets, deux verres et une assiette. Et puis si je casse quelque chose et que je me coupe, il n'y aura qu'à appeler Snape pour qu'il vole à mon secours.

Sur ces mots, Harry prit les deux pichets et fit un premier voyage vers la cuisine. Une fois arrivé, il lava l'un des pichets qui était vide et rangea celui de jus de citrouille en le mettant sous un sort de fraîcheur. Il retourna ensuite au salon et vit que Sirius s'était assis à table, visiblement résigné à le laisser se débrouiller seul. Harry regretta de s'être montré sarcastique. Il décida de s'excuser lorsqu'il aurait tout rangé. Il fit donc deux autres voyages, l'un avec les verres, l'autre avec l'assiette puis il revint dans le salon et s'assit en face de son parrain.

- Sirius, je suis désolé pour ce que j'ai dit à l'instant. Je n'aurais dû te parler comme ça. Mais ça m'a agacé que tu veuilles tout faire à ma place, alors j'ai un peu surréagi.

Sirius soupira, posa la Gazette qu'il s'était mis à lire, se leva et s'installa à côté de Harry.

- Non, tu avais raison. Tu es en convalescence, certes, mais Snape a bien dit qu'il fallait te laisser faire le plus de choses possible.

- Je sais que c'est dur pour toi et je ne t'en veux pas de vouloir un peu trop me couver. C'est juste que sur le moment, ça m'irrite.

- Je comprends et je te promets de faire des efforts.

Harry sourit et se pencha pour faire un câlin à son parrain. Celui-ci réagit aussitôt et serra Harry contre lui. Ils restèrent un long moment ainsi et ne se séparèrent que quelques minutes plus tard lorsqu'ils entendirent Remus rentrer.

- Ah bon sang, ce n'est pas mon genre de critiquer mais je me demande vraiment ce que faisait Mi... Oh tu es encore là Harry ?

Remus venait d'entrer dans le salon et avait immédiatement remarqué la présence de Harry.

- Oui, le professeur Snape a dû décaler notre séance à seize heures.

- Il a eu un accident de chaudrons, apparemment, précisa Sirius. Mais continue ce que tu disais, ça avait l'air très intéressant. Et ne t'en fais pas pour Harry, si ça concerne son ancienne directrice de maison, il peut tout à fait entendre les reproches que tu as à lui faire. Après tout, elle n'est plus que directrice adjointe, maintenant. Ce n'est pas comme si Harry l'avait toujours comme professeur

- C'est vrai, céda Remus avec une facilité qui surprit Harry. Je disais donc que je me demandais ce que faisait Minerva lorsqu'elle était la directrice des Gryffondor. Je viens de parler avec une élève qui a été secourue par nos collègues d'astronomie et de Défense Contre les Forces du Mal. J'avais déjà remarqué depuis le début de l'année qu'elle n'allait pas bien. Je l'ai convoquée plusieurs fois pour essayer d'en savoir plus afin de l'aider mais elle n'a jamais rien voulu me dire. Comme j'étais vraiment inquiet, j'en ai parlé avec Minerva qui m'a dit qu'elle n'avait jamais remarqué quoi que ce soit concernant cette élève. Et là je viens d'apprendre qu'elle s'est faite enfermer dans les toilettes en début d'après-midi par plusieurs élèves. J'ai discuté avec elle, j'y suis allé en douceur, je l'ai incitée à parler et elle m'a enfin avoué que ça fait deux ans qu'elle se fait harceler par ces mêmes élèves. Deux ans et Minerva n'a jamais rien vu. Il était vraiment temps qu'elle laisse sa place de directrice de maison.

- Je savais que tu ferais mieux qu'elle, dit Sirius avec force. Cette élève t'a-t-elle donné le nom de ses harceleurs ?

- Oui, ce sont deux Serpentard et un Serdaigle. Du coup, j'étais forcément obligé de t'en parler vu que tu es en partie responsable des Serdaigle.

- On en discutera demain avec Filius. Au moins, toi, tu as réussi à tirer les vers du nez à ton élève. Car je m'inquiète moi aussi pour une élève de Serdaigle depuis la rentrée, j'ai essayé de lui parler à plusieurs reprises mais elle reste prostrée et refuse de dire quoi que ce soit.

Sirius regarda Harry et parut soudain gêné.

- Enfin parlons d'autre chose. Tout ça n'est pas très gai et je n'ai pas envie que Harry arrive déprimé à sa séance avec Snape.

- Merci, Sirius, j'apprécie ta sollicitude, plaisanta Harry. Mais vous pouvez continuer à en parler. Je comptais aller dans ma chambre jusqu'à ce que je doive partir pour ma séance.

- Bien, on surveille l'heure au cas où.

Harry acquiesça et sortit du salon pour se rendre à sa chambre. Il s'installa sur son lit, prit un livre et se plongea dedans. Snape lui avait conseillé de se détendre une heure avant leurs séances quand il n'avait pas de visites. Harry avait remarqué que lire le relaxait du moment où il n'avait pas trente-six mille choses en tête. Il avait donc pris l'habitude de lire juste avant de voir Snape et cela portait ses fruits puisqu'il arrivait effectivement détendu à ses séances. C'était le cas aussi lorsqu'il recevait la visite de ses amis, mais c'était un peu moins efficace. En tout cas, il était content d'avoir tous pu les voir. Enfin, presque tous. Certes, il avait revu Théo dix jours plus tôt mais c'était dans un contexte assez particulier. Ils n'étaient pas censés se voir à ce moment-là. Il voulait donc recevoir également la visite de Théo. Draco lui avait dit qu'il en parlerait à son parrain. Il espérait qu'il l'avait fait. Peut-être Snape lui en parlerait-il durant leur séance... Sinon, il ferait lui-même la requête auprès de son professeur médicomage. Il était sûr qu'il accepterait. Après tout, Harry était en convalescence et il ne fallait donc pas le contrarier. Oui, il n'avait aucun scrupule à jouer là-dessus. Autant que cette convalescence lui serve à quelque chose et qu'il puisse en tirer profit !

.

.

Quelques heures plus tard, POV Sirius

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- Harry, tu piques du nez.

Harry leva brusquement la tête de son livre.

- Hein ? Oh euh pardon, je crois que je me suis assoupi...

- C'est bien ce que je disais. Tu piques du nez, répéta Sirius. Tu ferais mieux d'aller te coucher.

- Non ça va, je peux rester encore un peu. J'aimerais juste terminer le passage que je dois lire pour mon devoir de Défense Contre les Forces du Mal. Il me reste trois pages.

- Tu peux le lire demain, suggéra Remus. De toute façon, tu ne retiendras rien si tu es fatigué. Ce sera même contre-productif. Il vaut vraiment mieux que tu ailles dormir.

- Mais...

- C'est pour ton bien, Harry, insista fermement Remus. Tu as eu une semaine très intense, c'est donc normal que tu accuses le coup ce soir. Il se fait tard, en plus. Alors oublie ton livre et va te coucher. Tu peux l'emmener avec toi si tu veux mais je compte sur toi pour ne pas le lire dans ton lit.

Harry acquiesça.

- Je le prends mais je ne le lis pas, promis.

Sur ces mots, Harry se leva, prit son livre et quitta le salon.

- Je n'ai vraiment aucune autorité sur lui, grimaça Sirius.

- Ça va venir, ne t'en fais pas pour ça, le rassura Remus.

- Je l'espère. Mais tu crois que c'était une bonne idée de le laisser partir avec son livre ?

- Oui, si je lui avais interdit de prendre son livre, il aurait pris ça comme une punition alors qu'il n'a rien fait de mal. Il faut toujours partir sur une relation de confiance. Harry n'est pas un ado rebelle, je lui ai demandé de ne pas lire son livre dans son lit, je pars du principe qu'il m'écoutera et qu'il ne le fera pas.

Sirius soupira.

- Je suis complètement à la ramasse. Harry mérite beaucoup mieux comme parrain. Je fais tout de travers depuis cet été. James doit s'en retourner dans sa tombe s'il voit comment je m'occupe de son fils... Il aurait fait bien mieux que moi.

- Tu ne peux pas comparer ce qui n'est pas comparable, Sirius.

- Je sais, c'est ce que Harry m'a dit. Il me l'a bien fait comprendre, d'ailleurs.

- Comment ça ? demanda Remus en fronçant les sourcils.

- Rien, oublie, dit précipitamment Sirius. Je suis fatigué, je vais aller me coucher, moi aussi. Bonne nuit.

Sirius ne laissa pas le temps à Remus de répondre et quitta le salon pour se rendre à sa chambre. Il se déshabilla rapidement et se mit au lit. Il poussa un profond soupir. Il n'était pas si fatigué que ça, en vrai. C'était la seule excuse qu'il avait trouvée pour fuir la discussion. Pas très Gryffondor mais il assumait. Il se tourna sur le côté et ferma les yeux. Il essayait de faire le vide dans son esprit quand il entendit quelques coups frappés à sa porte. Il se redressa et lança un «Entrez». Il fut surpris de voir la porte s'ouvrir sur Remus. Il n'était encore jamais venu le voir alors qu'il était couché. Il ne dit cependant rien lorsque Remus s'assit sur le bord du lit.

- Tu es parti un peu vite, à l'instant, fit remarquer Remus. Je crois pourtant qu'on doit parler. Qu'est-ce qui s'est passé avec Harry ?

- Je n'ai pas envie d'en parler, Remus.

- Je me doute bien mais il le faut. Tu sais très bien qu'on se sent toujours mieux après avoir parlé de ce qui nous tracasse. Et je suis à peu près la seule personne à qui tu peux te confier.

- C'est vrai, admit Sirius. Bon, je vais te le dire. Pendant que tu étais parti, Ginny est venue rendre visite à Harry, comme c'était prévu. Juste avant qu'elle n'arrive, j'ai demandé à Harry ce qu'elle aimait boire. Il m'a dit du chocolat chaud et du jus de citrouille et je suis donc allé chercher tout ça. Quand je suis revenu, Harry a fait une remarque comme quoi mes chocolats chauds étaient toujours bons. J'ai dit que c'était la seule chose que je savais faire et que James aurait fait mieux que moi niveau cuisine. Harry a alors répondu que je disais n'importe quoi et que... qu'est-ce qu'il a dit, déjà ? Ah oui, qu'il ne fallait pas que je me compare à quelqu'un qui n'avait pas pu faire ses preuves. Il a dit ça sur un ton tellement sec que ça a créé un gros malaise. Heureusement, Ginny est arrivée pile à ce moment-là. Je l'ai faite entrer, j'ai ramené des gâteaux et je les ai laissés seuls.

- Je vois. En soi, ce qu'a dit Harry est vrai. Mais il aurait pu te le dire autrement. Enfin, sur un autre ton.

- C'est ce que je pense aussi. C'est ça, entre autres, qui a jeté un froid. Mais il n'y a pas que ça. Tu vas peut-être dire que je fabule mais j'ai l'impression que Harry ne veut pas entendre parler de son père. Voire même de ses parents.

- Tu ne fabules pas. Ou alors on fabule tous les deux. Car c'est l'impression que j'ai aussi.

Sirius se sentit à moitié soulagé.

- Je ne sais pas si ça doit me rassurer ou m'inquiéter. C'est quand-même étrange que Harry n'ait pas envie qu'on lui parle de ses parents...

- Il faudrait que tu en discutes avec lui. Mais pas tout de suite. Un peu plus tard.

- Et s'il se braque ? S'il nie ou s'il ne veut pas en parler ?

- Dans ce cas, il faudra peut-être songer à en référer à Severus. Ce serait une occasion pour que vous vous parliez.

- Tu ne vas pas revenir là-dessus...

Quelques jours plus tôt, Remus avait soumis à Sirius l'idée qu'il fasse la paix avec Snape car lui-même venait de le faire. Sirius n'avait franchement pas été enthousiaste au premier abord mais à force de persuasion, Remus avait réussi à le convaincre. Il lui avait dit que le plus tôt serait le mieux mais Sirius y avait émis quelques réserves. Remus n'avait pas insisté. Sirius savait cependant qu'il ne lâcherait pas l'affaire aussi facilement. Et il venait de le lui prouver.

- C'est important, Sirius.

- Oui, je sais, je t'ai promis que je ferai la paix avec Snape et je tiendrai ma parole. Inutile de revenir là-dessus. J'ai actuellement d'autres envies que parler de la terreur des cachots.

- Ah oui ? Et lesquelles, si ce n'est pas trop indiscret ?

- À ton avis ?

Sirius oublia qu'il était en caleçon et se rapprocha de Remus pour l'embrasser. Remus se laissa faire et entrouvrit rapidement les lèvres pour approfondir le baiser. Leurs langues entrèrent vite en action et entamèrent un ballet aussi doux que sensuel. Sirius poussa Remus à s'allonger et à remonter vers la tête du lit avant de reprendre possession de ses lèvres et de passer ses mains sous son pull. Remus ne fut pas en reste et posa une main derrière la tête de Sirius tandis que l'autre voyageait dans son dos. Jugeant le pull trop encombrant, Sirius l'enleva et put ainsi caresser plus librement le torse de Remus. Alors que Sirius en restait au haut du corps, la main de Remus qui caressait son dos se mit à descendre de plus en plus bas jusqu'à arriver sur ses fesses. Indigné par ce comportement osé, Sirius se vengea en ondulant lascivement du bassin contre Remus. Celui-ci se retint de justesse de crier et repoussa assez brusquement Sirius.

- Attends, on ne peut pas faire ça ici, enfin pas maintenant, Harry peut nous entendre ou débarquer dans la chambre et mphff...

Sirius venait de faire taire Remus d'un baiser. Il sépara cependant bien vite leurs lèvres et dirigea les siennes vers l'oreille de Remus.

- Ne t'inquiète pas, il ne fera rien de tout cela.

Sirius prit sa baguette et lança un sort d'insonorisation ainsi qu'un Collaporta.

- Voilà, on peut faire ce qu'on veut, maintenant.

Remus n'émit aucune objection et laissa Sirius reprendre leur baiser. Il répondit même au baiser et investit avidement la bouche de Sirius. Alors qu'il ne s'y attendait pas, Remus le fit soudain basculer pour se retrouver au-dessus de lui. Sirius voulut protester mais Remus l'en empêcha en s'emparant de ses lèvres. Sirius abdiqua et profita du baiser que lui donnait Remus. Mais celui-ci sépara vite leurs lèvres, ce qui fit grogner Sirius.

- Remus...

- Je reviens, je veux juste enlever mon pantalon.

Ces mots mirent Sirius mal à l'aise. Lors du seul moment intime qu'ils avaient partagé, ils avaient tous deux gardé leurs pantalons. «Relax, t'as déjà vu tes compagnons de dortoir en caleçon» se dit-il. Cette pensée le détendit et il fut rassuré lorsque Remus vint se rallonger sur lui. Il fut néanmoins un peu perturbé en sentant leurs membres se rencontrer à travers leurs caleçons. Heureusement, ils étaient encore au repos. Il comprit alors mieux pourquoi Remus avait préféré se délester maintenant de son pantalon. Sirius aurait été encore plus mal à l'aise si Remus avait attendu d'être en érection pour enlever son pantalon. Ses pensées furent soudain balayées lorsque les lèvres de Remus vinrent se poser dans son cou qu'elles embrassèrent avant de le mordiller. Sirius gémit et se cambra sans le vouloir contre Remus. Son sexe n'allait pas rester au repos bien longtemps si Remus commençait comme ça... Mais c'était visiblement l'intention de ce dernier puisqu'il continua à embrasser le cou de Sirius en insistant sur les zones les plus érogènes. Les mains de Remus ne restèrent pas inactives et caressèrent fébrilement le torse de Sirius qui ne savait plus où donner de la tête. Comme il l'avait pressenti, son mini-lui ne tarda pas à réagir alors que Remus poursuivait ses attentions dans son cou et sur son torse. Sirius lui rendit tant bien que mal la pareille, du moins avec ses mains qu'il fit voyager dans le dos de Remus. Il se cambra de nouveau en sentant Remus lui faire un suçon dans une région très sensible de son cou. Ce faisant, son érection se frotta contre le membre de Remus qui était lui aussi au garde-à-vous, comme Sirius put le constater. Il gémit et voulut renouveler son geste, cette fois de façon volontaire mais sa tentative fut avortée par Remus qui bloqua son bassin.

- Je ne veux pas qu'on vienne comme ça, lui chuchota-t-il à l'oreille.

Sirius ne comprit pas ce qu'il voulait dire par-là et n'eut pas le temps de réfléchir car les doigts de Remus se posèrent sur l'élastique de son caleçon. Pris de panique, il l'empêcha de faire quoi que ce soit en attrapant se deux poignets.

- Attends, ça va un peu trop vite... Je ne me suis jamais retrouvé nu devant un homme, je te rappelle que je n'ai connu que des femmes jusque-là...

- Je sais, dit Remus d'une voix tranquillisante. Mais rassure-toi, je ne ferai rien que tu ne veuilles pas. Je ne regarderai pas, si ça te gêne vraiment. Je te propose juste qu'on fasse comme la première fois mais sans aucune barrière de tissu. Tu vas avoir beaucoup plus de plaisir comme ça. Enfin, on va avoir beaucoup plus de plaisir comme ça. C'est comme quand tu te touches à travers ton pantalon ou ton caleçon. C'est beaucoup plus agréable quand ta main rencontre directement ton sexe. Eh bien là ce sera pareil. Après, c'est comme tu veux. Si tu n'es pas prêt, on peut très bien garder nos caleçons.

Sirius n'eut pas besoin de temps de réflexion. Il voulait connaître ce plaisir dont parlait Remus.

- Non, on enlève tout.

Remus sourit et déposa un baiser sur les lèvres de Sirius avant de faire glisser son caleçon le long de ses jambes. Comme promis, il ne regarda pas. Mais Sirius ne se sentit pas plus gêné que ça.

- Tu peux regarder si tu veux, dit-il d'un air détaché.

- Et tu regarderas aussi quand j'enlèverai le mien ?

- Bien sûr, répondit Sirius sur le ton de l'évidence.

Il voulait paraître sûr de lui mais en réalité il avait un peu la trouille. Il n'avait jamais vu aucun autre sexe que le sien en érection. C'était assez intimidant. Il comprenait mieux maintenant ce qu'avaient dû ressentir les filles dont il avait été le premier amant. Mais il était mieux loti qu'elles puisqu'il savait déjà à quoi ressemblait l'anatomie masculine. Il sortit de ses pensées lorsqu'il sentit Remus bouger sur le lit. Il le regarda et vit qu'il était en train d'enlever son propre caleçon. Sans vraiment le vouloir, son regard tomba alors sur le membre de Remus. Il fut quelque peu impressionné par ses dimensions plus que respectables. Il se demanda si la nature de loup-garou de Remus y était pour quelque chose. Mais il ne se posa pas plus de questions car Remus se rallongea une troisième fois sur lui, faisant se rencontrer leurs membres plus que dressés. Ils gémirent de concert et se mirent aussitôt à se frotter l'un contre l'autre. Remus ravit les lèvres de Sirius qui répondit au baiser tout en gémissant sous les frictions provoquées par leurs mouvements. Le rythme d'abord lent devint vite insuffisant, ce qui les poussa à augmenter la cadence de leurs mouvements. Mais cela restait encore frustrant, si bien que Remus décida d'y remédier. Sirius grogna lorsqu'il cessa de bouger.

- Est-ce que je peux y ajouter ma main ? demanda alors Remus.

Sirius acquiesça sans hésiter. Remus ne perdit pas une seconde de plus, humidifia sa main et enroula ses doigts autour de leurs deux sexes. Ils se remirent à bouger et Sirius gémit longuement en sentant la main de Remus accompagner leurs mouvements. C'était mille fois mieux. La sensation était juste indescriptible. Il y avait les frictions et en même temps les mouvements des doigts de Remus autour de leurs deux verges... C'était beaucoup trop bon. C'était même divin. Remus devait être du même avis puisqu'il gémissait aussi fort que Sirius. Ils se frottèrent sans aucune retenue tandis que la main de Remus les masturbait de plus en plus vite. Ils essayèrent de tenir le plus longtemps possible mais le plaisir devint trop fort et ils jouirent bientôt dans un gémissement qui fut étouffé par le baiser qu'ils partageaient. Remus se laissa doucement retomber sur Sirius qui ne lui en tint pas rigueur, bien trop plongé dans les limbes de son orgasme. Il n'aurait jamais cru pouvoir prendre autant de plaisir avec un homme. Cela n'avait peut-être pas égalé le meilleur des rapports qu'il avait eu par le passé mais ça avait été très bon. Une fois avoir retrouvé un souffle normal, Remus se redressa et lança le sort de nettoyage sur eux. Il eut soudain l'air un peu triste.

- J'aimerais bien rester mais...

- Tu risquerais de t'endormir et il ne faudrait surtout pas que Harry te voit sortir d'ici demain matin, compléta Sirius.

- C'est ça. Après, en faisant bien attention, ça ne devrait pas arriver...

- Non, je préfère ne prendre aucun risque. Je ne sais pas comment il pourrait réagir. Surtout que nous ne sommes pas vraiment ensemble. Je n'ai pas du tout envie de lui expliquer que nous prenons juste du bon temps ensemble.

- Je sais. Je pourrai rester une autre fois. À moins que ce soit toi qui vienne dans ma chambre. On verra ça à la rentrée. Allez, j'y vais.

Remus se rhabilla, déposa un baiser sur les lèvres de Sirius et s'en alla. Sirius sentit alors un brusque vide dans sa poitrine. Il aurait voulu retenir Remus. Mais ça n'aurait pas été raisonnable. Et puis, ils n'avaient peut-être pas à dormir ensemble... Il ne savait pas vraiment où s'arrêtaient les limites de leur relation. Il soupira. Tout était décidément bien compliqué en ce moment. La fatigue lui tomba soudain dessus. Il bâilla et estima qu'il était grand temps de dormir. Il enfila juste son caleçon avant de se remettre sous les draps. Exténué, il ne tarda pas à s'endormir. Malgré le fait qu'il venait de passer un bon moment, son sommeil fut pourtant agité et ponctué de rêves tous plus étranges les uns que les autres.

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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que le chapitre vous a plu ! =) Les choses bougent ... un peu XD Je vous retrouve le vendredi 10 septembre pour le prochain chapitre qui s'intitulera «Nouvelle année et déclarations» :) Bisous tout le monde !