Bonjour tout le monde ! Me revoici pour le trente-neuvième chapitre de SAMLP =)
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lyraserah : Ravie que l'histoire te plaise toujours autant =)
ccassandre24 : Le rapprochement entre les maisons est un point important de la fic, surtout avec des couples Gryffondor/Serpentard, Gryffondor/Serdaigle, Serpentard/Poufsouffle ... XD Contente que ça te plaise et que tu aies apprécié la fête dans la salle commune de Gryffondor =) Il y aura d'autres fêtes, une est déjà écrite et une autre est en cours de réflexion XD Mais elles seront toutes différentes les unes des autres :) Ah, ça tombe bien que tu parles de Dean XD Il est une sorte de transition pour Draco, il l'aide à faire la passerelle entre sa relation passée avec Graham et sa relation future avec Harry :) Draco a besoin d'oublier ce qui s'est passé avec Graham et il a aussi besoin de reprendre sa sexualité en main, ce qu'il va faire avec Dean :) Oui, ça avance enfin entre Severus et Tonks XD Cédric est bien le deuxième petit-ami de Harry, et ça explique en effet pourquoi il n'allait pas bien durant l'été :/
mimibou : Heureuse que le chapitre t'ait plu ! Il reste maintenant moins de dix chapitres avant la mise en couple de Harry et de Draco :) Elle interviendra au tout début de la quatrième partie qui commencera après le premier jour de la reprise des cours de Harry :) On s'approche, on s'approche ! Ça peut sembler long mais ils reviennent de trop loin pour qu'ils puissent se mettre ensemble du jour au lendemain, surtout avec ce qu'a subi Harry :/ Mais ça va vite venir =)
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Merci pour vos retours et merci à tous ceux qui continuent à suivre l'histoire ! Je vous laisse avec le nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture =)
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Warning: Présence d'une scène sexuellement explicite dans ce chapitre.
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39 : Fin de vacances mouvementée
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(jeudi 04/01) POV Severus
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Severus avait l'esprit en ébullition. Il avait énormément de choses en tête et il avait du mal à faire le tri. Déjà, il s'était rendu compte que Potter était devenu «Harry» dans son esprit. Il ne savait pas quoi en penser. Il se doutait bien qu'à force de passer du temps avec lui, il s'était attaché à lui mais il ne voulait pas tout mélanger. Durant leurs séances, il restait son patient. Il ne devait pas le considérer comme le binôme et ami de son filleul, le filleul d'un de ses collègues ou le fils d'une des seules femmes qu'il avait aimées. Bon, c'était sûr qu'avec tout ça, il aurait difficilement pu ne pas s'attacher à lui. Surtout que l'adolescent avait passé deux semaines chez lui et qu'ils se voyaient quasiment tous les jours depuis qu'il était rentré chez son parrain. De plus, durant tout le temps que Harry avait passé chez lui, Severus avait bien vu qu'il s'était trompé à son sujet. Harry n'était pas du tout l'enfant pourri gâté qu'il pensait qu'il était. Il ne cherchait pas à attirer l'attention sur lui, bien au contraire. Il avait plutôt essayé de se faire tout petit, voire de se faire oublier. Severus avait été très intrigué par ce comportement et il avait hâte de pouvoir aborder ce sujet avec Harry. Mais ce n'était pas encore pour tout de suite. Là, ils en avaient pour de longues séances à parler de Cédric Diggory.
Severus avait été très surpris d'apprendre que Harry était sorti avec son défunt camarade. Il avait tellement bien caché cette relation que personne ne s'était rendu compte de quoi que ce soit. Et ce n'était pas forcément une bonne chose. C'était même plutôt l'inverse. Comme Harry ne pouvait pas révéler qu'il avait eu une histoire d'amour avec son camarade, il avait été obligé de garder pour lui la souffrance qui l'habitait depuis la disparition de son ex petit-ami. Il n'avait pas pu dire à quel point il en souffrait. Et comme il ne pouvait pas se confier à ce sujet, il s'était en quelque sorte protégé en refusant de parler de son camarade. Cela l'avait rongé et détruit petit à petit. Severus se demandait comment il avait fait pour tenir et rester debout. Il aurait très bien pu vouloir mettre fin à ses jours. C'était vraiment un miracle qu'il n'ait pas essayé de le faire.
Mais il n'y avait pas que ça qui faisait tourner ses méninges à plein régime. Il y avait aussi ce que lui avait dit Harry à propos d'une certaine Serdaigle de sixième année. Severus était plus ou moins au courant que Miss Chang était la meilleure amie de M. Diggory. C'était elle que ce dernier avait dû libérer dans le Lac Noir lors de la deuxième tâche du tournoi des trois sorciers. Miss Chang était donc probablement effondrée d'avoir perdu son meilleur ami. Pourtant, Severus n'avait pas noté un quelconque changement chez cette élève. En fait, il n'avait pas spécialement fait attention à elle. Il aurait peut-être dû. S'il n'avait rien remarqué chez elle, c'était que Miss Chang avait sûrement voulu se faire discrète. Si elle allait mal, elle l'avait certainement caché. Ou alors peut-être avait-elle vu un psychomage durant les vacances d'été ? Il fallait qu'il en parle avec elle. Il se faisait peut-être du souci pour rien mais il refusait de courir le moindre risque. Il ne ferait plus l'erreur qu'il avait faite avec Théo. Draco lui avait souvent dit qu'il pensait que son ami se faisait battre par son père mais sans plainte du principal concerné, Severus n'avait pas estimé nécessaire d'agir. Il l'avait regretté six mois plus tôt lorsqu'il avait dû soigner Théo en urgence chez les Zabini et il ne voulait plus répéter la même erreur. S'il avait le moindre doute sur un élève, il n'allait pas attendre que cet élève vienne en parler de lui-même. Il convoquerait aussitôt l'élève en question. Et c'était ce qu'il allait faire avec Miss Chang. Enfin, d'abord, il allait en parler avec les deux directeurs des Serdaigle. Pour une fois, il trouva cela bien pratique que les Serdaigle soient sous la responsabilité de deux professeurs. Car il avait deux fois plus de chances que l'un d'entre eux ait remarqué quelque chose chez Miss Chang. Il décida d'aller voir Black en premier. Il avait davantage l'habitude de lui parler à lui, même si cela faisait plus longtemps qu'il était collègue avec Flitwick. Sachant que Black n'appréciait pas trop que quelqu'un débarque à l'improviste dans sa cheminée, Severus préféra lui envoyer un Patronus pour lui dire qu'il désirait lui parler. Il jugea plus prudent de rester vague, au cas où Harry serait dans les parages. Il valait mieux qu'il ne sache pas que son médicomage souhaitait parler à son parrain au sujet de Miss Chang. Il voudrait sûrement savoir pourquoi et Severus préférait qu'il reste en-dehors de tout ça. Il avait déjà suffisamment de problèmes comme ça pour qu'il se préoccupe de ceux d'une de ses camarades.
Après avoir envoyé le Patronus, Severus décida d'aller préparer quelques potions. Il était en train de brasser des potions antipyrétiques quand un grand chien argenté vint se poser devant lui. La voix de Black en sortit :
- Viens ce matin si tu es libre. Remus se repose et Harry travaille dans sa chambre. Tiens-moi au courant.
Le chien argenté se volatilisa. Severus envoya sa réponse, gela le contenu de son chaudron et sortit de son laboratoire. Il prit sa mallette de cours qui pourrait lui être utile, quitta ses appartements et se rendit à ceux de Black et de Lupin. Il frappa et fut accueilli par Black qui le précéda jusqu'au salon. À peine furent-ils installés que Black lui demanda :
- Alors, qu'est-ce que tu voulais me dire ? Tu as été très vague dans ton message.
- Je ne voulais pas que ton filleul l'entende.
Black fronça les sourcils.
- Il y a un problème avec Harry ?
- Non, rassure-toi, tout va bien avec lui. Mais il est indirectement lié à ce dont je veux te parler. Tu dois sûrement savoir qu'avant-hier, nous avons enfin abordé le sujet de M. Diggory ?
- En effet, Harry me l'a dit.
- Il m'a parlé, entre autres, d'une élève de Serdaigle qui était très amie avec M. Diggory.
Un éclair de compréhension traversa le regard de Black.
- C'est d'elle dont tu veux me parler ?
- Oui.
- Mais c'est davantage Filius son directeur de maison...
- Tu es son adjoint, et je sais que tu prends ton rôle très au sérieux. Et je préférais d'abord venir te voir.
- Bien, je t'écoute. De qui s'agit-il précisément ?
- De Miss Chang.
- Ah oui, je vois.
- Je voulais savoir si tu avais remarqué quelque chose d'étrange chez cette élève depuis la rentrée.
- Je l'ai convoquée à plusieurs reprises, oui. Je voyais qu'elle n'allait pas bien, j'ai essayé de savoir ce qu'elle avait mais elle n'a rien voulu me dire. Elle me dit juste que ça va et qu'elle n'a pas besoin de parler.
- Si tu n'étais pas au courant de son amitié avec M. Diggory, c'est normal que tu n'aies pas réussi à la faire parler. Il faut la lancer sur le sujet. Ce n'est pas elle qui va l'aborder d'elle-même.
- Tu es sûr que c'est ça qui la mine ?
- D'après ce que m'a dit ton filleul, elle était vraiment très proche de M. Diggory. Elle protégeait un secret qu'il voulait absolument garder secret et elle a même joué la comédie pour cela. Elle doit être complètement dévastée d'avoir perdu son meilleur ami.
- Vu comme ça... Ça expliquerait pourquoi elle est aussi renfermée sur elle-même. Mais il faudrait qu'elle en parle, elle ne peut pas garder ça pour elle...
- Je suis bien d'accord. Et je compte m'en occuper.
- Tu vas la convoquer ?
- Oui.
- Mais... sous quel motif ? Tu ne vas pas la convoquer, lui demander de s'asseoir en face de toi et lui dire «Bien, maintenant parlez-moi de M. Diggory»...
- Bien sûr que non, répliqua Severus. Je vais y aller en douceur. Mais avant de la convoquer, je vais voir si ses notes n'ont pas trop baissé depuis l'année précédente. Et j'aimerais que tu me dises si c'est le cas aussi en sortilèges. S'il y a une chute dans ses notes, je ne lui parlerai pas des autres matières mais ce sera toujours important de savoir si les potions sont la seule matière concernée. Je ne suis pas son directeur de maison. Ce n'est pas à moi de lui parler de ses notes en général. Si ses notes ont baissé, je m'en servirai pour amorcer le dialogue avec elle. Sinon je choisirai une autre approche.
- C'est très gentil de ta part de vouloir l'aider mais... tu ne crois pas que ça va faire un peu trop ? À la base, tu as pris des congés pour t'occuper de Harry. Là, tu t'apprêtes à t'occuper d'une autre élève. Et je sais plus ou moins que tu suis un élève de Serpentard et que tu es en pleine thérapie avec ton filleul.
Severus réalisa que Black avait raison. Il avait décidé spontanément de venir en aide à Miss Chang. Il n'avait même pas réfléchi. Ça avait été instinctif. Il soupira.
- C'est vrai, j'ai déjà trois patients sous le coude. J'aurais dû savoir qu'en m'occupant d'un élève, je ne saurais plus m'arrêter ensuite. Mais ça ne fait que donner du poids à mon idée.
- Comment ça ? demanda Black, perplexe.
- Je ne compte pas redevenir professeur à plein temps quand ton filleul reprendra les cours et moi aussi par la même occasion. J'aimerais assurer de nouveau mes cours mais seulement à mi-temps. Il faut juste que j'arrive à convaincre Dumbledore. L'autre moitié des cours serait assurée par Horace. Les élèves l'aiment bien, d'après ce que j'ai pu comprendre. Et je pense que ça plaît à Horace d'avoir retrouvé son métier de professeur. Tout le monde serait gagnant. Et quand je ne ferai pas cours, je pourrai seconder Poppy à l'infirmerie. Elle est toujours débordée. Ça lui ferait du bien d'avoir de l'aide. Et comme j'aurai moins de cours, j'aurai moins de copies à corriger et je pourrai proposer des séances d'écoute à la fin des cours. Je pense que le directeur n'aura rien à redire sur cette idée. Je ne demande même pas à retourner à Sainte-Mangouste. Je me rendrai quand-même utile puisque j'exercerai mon métier de médicomage au sein de Poudlard. Je servirai même de psychomage. Les élèves ont grand besoin de quelqu'un qui puisse les écouter et déceler le moindre pépin chez eux. Enfin bref, ce n'est qu'une idée et je sais qu'elle ne plaira pas forcément à Dumbledore.
- Ça ne coûte rien de la lui soumettre, répondit Black. Moi je trouve que c'est une super idée. Quand on y réfléchit bien, une infirmière pour deux cent quatre vingt élèves, ce n'est clairement pas assez. Surtout qu'elle n'est pas aussi qualifiée qu'un médicomage. Il leur faut quelqu'un qui puisse déceler le moindre problème. Si un élève se met à déprimer en pleine année, ce ne sont pas ses parents qui vont s'en rendre compte ! Il faudrait que chaque élève puisse avoir accès à une oreille attentive s'il a de gros soucis et s'il ressent le besoin d'en parler. Bien sûr, il faudra que la confiance s'installe mais si les élèves viennent à savoir les miracles que tu as faits avec Harry, ils commenceront à te voir sous un nouveau jour. Franchement je suis vraiment pour ton idée. C'est ce qui pourrait arriver de mieux aux élèves. Je ne veux pas qu'il y ait d'autres Harry dans cette école. Et je pense pourtant qu'il y en a. Si des élèves souffrent, ils doivent pouvoir en parler.
Severus resta un moment silencieux, surpris par ce soutien inattendu. Il n'aurait jamais pensé que Black le suivrait autant dans une de ses idées.
- Je ne m'attendais pas à ce que mon idée t'emballe tant, finit-il par dire. Ça me donnerait presque des espoirs face à Dumbledore.
- Si tu lui vends aussi bien ton idée que tu viens de le faire avec moi, je pense qu'il y a des chances pour qu'il te donne sa bénédiction.
Severus regarda longuement Black.
- Qu'est-ce que tu as mangé au petit-déjeuner ? interrogea-t-il, sceptique.
Black haussa les sourcils.
- Je t'arrête tout de suite, je n'ai pas besoin d'un nutrimage.
- Ce n'est pas pour ça que je te pose cette question, rétorqua Severus. Je me demande juste si tu n'as pas mangé quelque chose qui expliquerait pourquoi tu es aussi... enjoué. Je comprends pourquoi tu approuves mon idée mais... venant de toi, c'est surprenant.
- J'avoue qu'il y a trois mois, je ne t'aurais même pas laissé rester aussi longtemps dans mon salon. J'aurais plutôt cherché à te faire déguerpir au plus vite. Je n'étais franchement pas emballé jusque-là mais j'ai fait une promesse à Remus et je crois qu'il avait raison, tout compte fait. Je sais que vous avez fait la paix, lui et toi. Et il voulait qu'on en fasse autant, toi et moi.
- Je sais, il m'en a parlé.
- Ce serait peut-être une bonne chose à faire. Après tout, il n'y a plus vraiment de haine entre nous. Bien sûr, on ne pourra jamais effacer tout ce qui a pu se passer durant nos sept années d'études mais on a changé. Quand nous étions élèves, tu étais déjà intéressé par la magie noire et c'était en grande partie à cause de ça que James et moi te détestions.
- Et moi je vous détestais car vous étiez complètement immatures, vous vous fichiez des règles et vous passiez votre temps à vous en prendre aux Serpentard. Vous vouiez une haine sans nom aux gens de cette maison sans chercher à faire la part des choses.
- Et j'avoue que j'étais encore un peu comme ça lorsque je me suis évadé d'Azkaban. Je n'avais pas vraiment changé, si on oublie les changements dûs à mes douze ans passés là-bas. C'est quand j'ai repris une vie à peu près stable et que j'ai remué ciel et terre pour avoir la garde de Harry que j'ai commencé à changer. Je me suis assagi. Remus m'y a beaucoup aidé. Je devais prouver que j'étais quelqu'un de responsable alors j'ai tout fait pour. C'est un peu pour ça que j'ai sauté sur l'occasion quand Dumbledore m'a proposé le poste de professeur de sortilèges. Je me suis dit qu'avoir un travail m'aiderait à retrouver une vie un peu plus normale, si tant est qu'on puisse avoir une vie normale à Poudlard. Me préparer à mon futur métier a contribué à mon changement. J'ai fait plein d'efforts sur pas mal de choses. En revanche, je n'étais absolument pas prêt à oublier ma rancoeur envers toi. Et ça tombait bien puisque toi non plus. Le seul qui voulait bien faire des efforts, c'était Remus. Mais aujourd'hui, je sais que tu n'es plus le même que celui que tu étais lors de nos études à Poudlard. Tu as changé, tout comme moi.
- Je l'ai remarqué, en effet, approuva Severus. Mais il m'a fallu du temps aussi pour m'en apercevoir. Quand tu es revenu ici pour enseigner, je te voyais toujours comme le Gryffondor que tu étais lors de nos années Poudlard. Pour moi, rien n'avait changé. Je vous mettais tous dans le même panier, Lupin, ton filleul et toi. Pour moi, vous n'étiez que trois Gryffondor qui allaient encore me gâcher la vie comme vous l'aviez toujours fait. Je ne voyais pas pourquoi ça changerait cette année. Mais ton filleul a absolument tout chamboulé. Je me suis retrouvé à m'occuper de lui et à vous côtoyer de plus près, Lupin et toi. Mais pas de la même façon que d'habitude. Avant, on se voyait en tant que collègues. Alors que quand ton filleul était chez moi, on se voyait comme médicomage et tuteurs ou responsables légaux du patient. C'est là que j'ai commencé à vous voir, Lupin et toi, sous un autre jour. Ainsi que ton filleul. Comme tu l'as dit, j'ai effectivement constaté que tu étais devenu bien plus mature. Tu prenais les décisions pour ton filleul de façon plus réfléchie. Tu as accepté de me faire confiance alors que quelques semaines plus tôt, tu me haïssais encore cordialement. Tu voulais ce qu'il y avait de mieux pour ton filleul et ça m'a touché. Car moi aussi j'ai un filleul et moi aussi je veux ce qu'il y a de mieux pour lui, pour son bien-être et pour son bonheur. Même si, pendant plus de trois mois, j'ai été complètement à côté de la plaque avec lui.
- Toi aussi ? s'étonna Black.
- Eh oui. Mais pas de la même façon que toi. Disons que je n'ai pas été assez présent pour lui alors que j'aurais voulu l'être. Je me suis trompé de priorités et ça m'a éloigné de lui.
Black sembla choqué.
- Mais tu t'es pourtant tellement bien débrouillé avec Harry quand il était chez toi... Tu avais l'air de tellement bien t'y prendre avec les adolescents... Même si ça me faisait mal de l'admettre, je pensais que tu étais un bien meilleur parrain que moi.
- Je pense que c'est toujours plus facile de bien s'occuper des enfants des autres que des nôtres. C'est bête mais c'est comme ça. Et puis Harry était mon patient, alors que Draco est mon filleul. Ce n'est pas du tout la même chose.
- C'est vrai. En tout cas, ça me rassure de savoir que je ne suis pas le seul à galérer avec mon filleul.
- Merci pour ta sollicitude, s'amusa Severus. Bon, alors on tourne la page ?
Black acquiesça.
- Je pense que ce sera mieux pour tout le monde. Après tout, nos filleuls sont bien devenus amis alors qu'ils se détestaient eux aussi encore cordialement à la rentrée. Je pense que tout nous poussait à faire la paix, en fait.
- Je suis sûr qu'ils seront ravis de savoir que leurs parrains ont enterré la hache de guerre.
- Ils ont été plus matures que nous, pour le coup. Comme quoi, ce concept de travail en binôme était vraiment une bonne idée.
- J'étais franchement sceptique mais je dois avouer que ça a porté ses fruits. Nous, on n'aura pas eu besoin de ça pour faire la paix mais plutôt d'événements imprévus. Quoi qu'il en soit, nos filleuls ne seront pas les seuls à être contents. Lupin sera aussi ravi d'apprendre que nous ne sommes plus en guerre.
- Ça, c'est sûr. Depuis le temps qu'il attend que les tensions s'apaisent...
- Il a réussi un grand coup de maître en te poussant à faire ce gros effort. Ce n'est pas tout le monde qui aurait réussi cet exploit. Je sais qu'il t'a mis la pression mais tu n'es pas du genre à céder aussi facilement.
- Qu'est-ce que tu veux dire par-là ? demanda Black d'un air soupçonneux.
- Rien, je me dis juste que tu dois beaucoup tenir à lui.
- Évidemment puisqu'il est le seul ami qui me reste, rétorqua Black du tac-au-tac.
Severus fixa Black pendant de longues secondes. Visiblement gêné, son collègue détourna le regard. Cela ne fit que confirmer les doutes de Severus. Il y avait anguille sous roche. Mais il préféra ne pas s'attarder là-dessus.
- Bon, revenons-en à l'objet initial de ma visite. Peux-tu me dire si Miss Chang a vu ses notes chuter en sortilèges ?
Black acquiesça, se leva et alla prendre sur un meuble une pile de parchemins. Severus, quant à lui, prit lui aussi des parchemins dans sa mallette. Il trouva vite la liste des sixième année et chercha le nom de Miss Chang. Une fois trouvé, il regarda les notes de son élève et les compara avec celles de l'année précédente. Il vit qu'elles avaient baissé et il s'étonna de ne pas s'en être aperçu avant. Ce n'était pas une baisse spectaculaire non plus mais l'écart entre la moyenne de la cinquième année et la moyenne provisoire de la sixième année était tout de même flagrant. Passer de dix-huit (optimal moyen) à treize (acceptable élevé), cela faisait une assez grande différence.
- Alors, est-ce que ses notes ont baissé en sortilèges ? demanda-t-il à Black.
- Elle est passée de dix-neuf à seize, donc ça va, ça reste raisonnable.
- Oui, une perte de trois points d'une année sur l'autre n'est pas très inquiétante. Je ne vais donc lui parler que de ses notes en potions. Je sais qu'elle ne me dira rien d'elle-même mais j'orienterai petit à petit la discussion sur M. Diggory.
- J'espère qu'elle se confiera à toi. Ça se trouve, elle a déjà vu un psychomage...
- Vu l'état que tu me décris dans lequel elle est, ça m'étonnerait beaucoup. Mais je vais quand-même lui poser la question. Oh, en parlant de psychomage et avant de m'en aller... Ce serait bien que tu recontactes la tienne. Elle s'inquiète pour toi, elle aimerait bien avoir de tes nouvelles à défaut de ne pas avoir de séances avec toi. Elle espère que tu les reprendras bientôt, d'ailleurs.
Black regarda Severus avec des yeux ronds comme des gallions.
- Mais comment tu sais tout ça, toi ?!
- Je l'ai vue il y a environ une semaine à Sainte-Mangouste. C'est une ancienne collègue. Elle savait que nous étions collègues puisque tu lui as parlé de moi et elle m'a donc demandé de te dire qu'elle souhaitait avoir de tes nouvelles. Ce n'est pas bon de suspendre une thérapie aussi longtemps, tu sais.
- Oui, je sais, mais je n'avais vraiment pas le temps. Tu sais très bien que j'ai été très occupé.
- C'est ce que je lui ai dit. Sans entrer dans les détails, bien sûr, précisa Severus. Je lui ai dit que je te passerais le message alors voilà, c'est fait.
- Je la recontacterai à la rentrée. Tant que Harry est ici, il n'y a que lui qui compte.
- Je comprends. Ne tarde pas trop, c'est tout.
- Promis, soupira Black en levant les yeux au ciel. Est-ce que tu avais autre chose à me dire ?
- Non, je crois que je t'ai tout dit. Du coup, je vais y aller. J'ai des potions à préparer. J'attends ton filleul à treize heures, comme d'habitude.
- Il viendra.
Severus acquiesça, salua Black puis il quitta les appartements de celui-ci pour rejoindre les siens. Une fois arrivé, il se remit aussitôt au travail. Il souhaitait avoir au moins terminé de préparer les potions antipyrétiques et avoir bien entamé la fabrication des potions anti-inflammatoires avant de recevoir son patient pour leur séance quotidienne de thérapie. Ensuite, il aurait la séance de Draco et selon l'heure à laquelle elle se terminerait, il pourrait peut-être retourner dans son laboratoire avant d'aller manger dans la Grande Salle pour assurer son devoir de directeur de maison. Il s'occuperait du cas de Miss Chang le lendemain. Il fallait d'abord qu'il en parle avec son collègue directeur des Serdaigle. Il grimaça en repensant à ce que Black avait dit. Quatre patients, ça commençait à faire beaucoup pour quelqu'un qui avait pris des congés pour s'occuper d'une seule personne. Mais il ne pouvait pas laisser une élève s'enfoncer dans son mal-être. Il était prêt à prendre en main tout élève qui avait des problèmes, que ceux-ci soient plus ou moins graves. Il espérait de tout coeur que le directeur accepterait cette requête. Les élèves avaient vraiment besoin d'avoir quelqu'un à leur écoute. Et s'il fallait les convoquer un par un pour s'assurer que tout allait bien, eh bien Severus le ferait. C'était son projet et il comptait bien le mener à bout.
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(vendredi 05/01) POV Terry
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- Je te dis que cette rune c'est celle du chêne rouge !
- N'importe quoi, c'est celle du cèdre !
- Non, celle-là c'est celle du mélèze !
- Non, moi je dis que cette rune c'est celle du sycomore.
Terry sourit en entendant ses camarades de dortoir se disputer au sujet de leur devoir de runes. Il savait très bien comment ça allait se terminer puisque ce n'était pas la première fois que ça arrivait.
- Non, la branche de gauche est un peu plus haute pour le sycomore, déclara Anthony. Et la branche de droite est un peu plus courte pour le cèdre. Et il me semble que la rune du chêne rouge n'a pas cette forme. Donc je reste sur le mélèze.
- Je ne me souviens pas du tout que la rune du mélèze avait cette forme-là, rétorqua Michaël. Je suis presque sûr qu'il s'agit du cèdre.
- Non, je suis d'accord avec Anthony, la branche de droite ne correspond pas du tout pour le cèdre, affirma Stephen. Mais j'hésite entre le mélèze et le chêne rouge, maintenant.
- Pour moi ce n'est ni l'un ni l'autre, protesta Kevin. Je pense vraiment que c'est le sycomore.
- On n'arrivera à rien si on ne réussit pas à se mettre d'accord pour éliminer au moins une de nos possibilités, soupira Anthony.
- Dans ce cas, je ne vois qu'une solution, trancha Michaël. Terry ! Tu peux lâcher ton livre et venir nous aider, s'il te plaît ?
«Enfin» se dit Terry en posant son livre sur sa table de chevet. Cela faisait vingt minutes que ses camarades s'arrachaient les cheveux sur ce devoir. Lui l'avait déjà fait et savait donc que ses amis étaient sur une mauvaise piste. À la base, c'était juste Michaël qui faisait ce devoir. Mais il avait eu besoin d'aide pour un mot et avait donc appelé Anthony. Ils avaient bataillé pendant dix minutes et comme ils n'arrivaient pas à se mettre d'accord, Stephen et Kevin s'en étaient mêlés. C'était souvent ainsi que ça se passait et que les quatre garçons se retrouvaient à se chamailler autour d'un devoir jusqu'à ce qu'ils fassent appel à Terry. Ce jour-là, ils avaient de la chance que Terry soit encore dans le dortoir, car il avait rendez-vous avec Hermione une heure plus tard. Il alla donc voir ses amis qui étaient tous assis sur le lit de Michaël.
- On a besoin de toi, Terry, dit celui-ci. On n'arrive pas à savoir ce que signifie cette rune. Anthony pense que c'est la rune du mélèze, Stephen celle du chêne rouge, Kevin celle du sycomore et moi celle du cèdre.
- Oui, je sais, je vous ai entendus.
- Et tu ne pouvais pas venir plus tôt ? s'agaça Michaël.
- Tu sais bien que je ne me mêle jamais de quelque chose sans qu'on me l'ait demandé. Bon, vous faites tous fausse route. Ce n'est pas la rune d'un arbre, mais celle d'une plante.
- Ah bah c'est pour ça que les branches n'allaient pas ! s'exclama Kevin. Donc après avoir fait le tour des arbres, on va devoir faire le tour des plantes...
- Elle est plutôt facile à trouver une fois qu'on sait que c'est une plante, assura Terry. Je dois partir dans quarante-cinq minutes mais d'ici là, je suis là si vous avez besoin d'aide.
Terry laissa ses camarades et rejoignit son lit. Ils avaient beau être en vacances, ils s'étaient tous rapatriés dans leur dortoir après le déjeuner et ne l'avaient pas quitté depuis. Ils préféraient un bon livre à une promenade dans le château ou à une bataille de boules de neige dans le parc. Ils étaient de vrais Serdaigle, en somme. Et ce n'était pas forcément un cliché. C'était dans leur façon d'être. Il était bien connu que les Serdaigle étaient des rats de bibliothèque. Ils en avaient même une dans leur salle commune. Mais ils ne passaient pas non plus tout leur temps à lire et étudier.
Visiblement, Michaël, Anthony, Stephen et Kevin n'eurent pas besoin de lui à nouveau puisqu'ils ne firent plus appel à lui. Ils avaient dû trouver la signification de la rune récalcitrante. Terry put ainsi lire une quinzaine de pages de son livre avant de partir pour aller à son rendez-vous avec Hermione. Comme d'habitude, ils devaient se retrouver devant la salle des binômes. Mais ce rendez-vous était un peu différent des autres car ils allaient se voir moins longtemps. Normalement, ils se voyaient vers quinze heures et se quittaient vers dix-huit heures. Là, ils avaient rendez-vous de quinze heures trente à dix-sept heures. Mais ils allaient rester ensemble puisqu'à dix-sept heures, ils allaient faire leur ronde. C'était la première fois qu'ils se voyaient avant de faire une ronde ensemble. Et Terry trouvait cela chouette. Ils pourraient ainsi continuer à parler tout en faisant le tour du château.
Hermione et lui s'étaient vus six ou sept fois depuis le début des vacances. Ils se voyaient tous les deux ou trois jours et restaient environ trois heures ensemble. Si, au début, ils avaient la salle des binômes rien que pour eux, cela avait vite changé. D'autres binômes avaient visiblement eu la même idée qu'eux et avaient décidé de se voir dans la même salle qu'eux pour discuter. Ils en avaient tout à fait le droit mais cela irritait un peu Terry. Il voulait être seul avec Hermione. Sans personne autour d'eux. Mais c'était peut-être mieux ainsi. En sachant qu'ils n'étaient pas seuls, Terry était obligé de garder une certaine distance avec Hermione. Car il avait très envie de se rapprocher d'elle, dans tous les sens du terme. Mais Hermione n'était peut-être pas de cet avis-là. Terry ne savait pas ce qu'elle ressentait à son égard mais il n'allait pas essayer de se rapprocher d'elle si elle le considérait juste comme un ami... Il sentait pourtant au fond de lui qu'il ne la laissait pas indifférente. Ça se voyait dans son regard et dans son sourire. Mais Terry ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il se faisait peut-être des idées. Et il ne voulait pas être déçu. Il s'efforçait donc de faire comme si de rien n'était.
Lorsqu'il arriva devant la salle des binômes, Hermione était déjà là. Ils se saluèrent, entrèrent dans la salle et s'installèrent à leur table habituelle.
- Tu es toujours en avance, fit remarquer Terry.
- Parce que je déteste être en retard, répondit logiquement Hermione.
- Oui mais à chaque fois, j'ai l'impression que tu es arrivée depuis vingt minutes... Du coup je m'en veux car j'ai horreur de faire attendre les gens.
- Tu n'es pourtant jamais en retard, le rassura Hermione. C'est moi qui suis trop en avance. Toi tu es toujours pile à l'heure. Je ne sais pas comment tu fais. C'est quelque chose que je suis incapable de faire, tu vois. C'est pour ça que j'arrive toujours avec dix minutes d'avance.
- Dans ce cas, je vais essayer de partir un peu plus tôt, dit Terry en souriant. Comme ça, on aura plus de temps pour se voir. Mais là je voulais rester le plus longtemps possible dans mon dortoir au cas où mes camarades auraient eu besoin de moi. Ils galéraient sur le devoir de runes.
- Eux aussi ? s'exclama Hermione. Je l'ai fait au tout début des vacances et j'ai failli laisser tomber tellement il était compliqué ! Heureusement, j'ai eu l'aide de Théo. Sans lui, j'aurais sûrement remis ce devoir à plus tard, même si ce n'est pas dans mes habitudes de faire ça.
- C'est dommage que tu aies fait ce devoir si tôt, sinon j'aurais pu t'aider quand on s'est vus pour la première fois pendant les vacances, regretta Terry.
- On avait dit qu'on se voyait uniquement pour discuter, lui rappela gentiment Hermione.
- Ah oui, c'est vrai. Désolé, j'ai tellement l'habitude qu'on fasse nos devoirs ensemble que ça me fait bizarre de t'entendre dire que tu t'es faite aider par quelqu'un d'autre...
- Il n'y a qu'avec Théo et toi que je travaille. Sinon, je suis plutôt du genre à faire mes devoirs seule.
- Oh, tant mieux. Enfin non, je veux dire... c'est cool. Tu es sûre de ne pas être accusée d'avoir triché sur quelqu'un, comme ça.
Terry se serait mis des baffes. Il disait n'importe quoi. Pour qui Hermione allait-elle le prendre ? Il venait de passer pour quelqu'un qui ne voulait pas que son binôme de travail fasse ses devoirs avec quelqu'un d'autre ! Bon, ce n'était pas totalement faux, en soi. Enfin, c'était surtout qu'il avait peur qu'un garçon moins timide que lui se mette à draguer Hermione et qu'elle tombe sous le charme de ce garçon. Il était donc rassuré de savoir qu'en temps normal, elle travaillait seule. Même si elle avait parfaitement le droit de travailler avec qui elle voulait.
- En tout cas, ce devoir de runes était vraiment compliqué, reprit Hermione sans sembler se douter des pensées de Terry.
- Il était un peu ardu, c'est vrai.
- Il n'a pas dû te poser tant de problèmes que ça si tes compagnons de dortoir t'ont demandé ton aide, constata Hermione.
- Disons que j'ai réussi à le faire assez facilement mais que je l'ai quand-même trouvé plus difficile que les devoirs précédents. J'ai juste mis un peu plus de temps que d'habitude. Et puis ce n'est pas la première fois que je dois aider mes camarades de dortoir.
- Ils avaient tous du mal avec ce devoir ?
- Au début, c'était Michaël qui avait besoin d'aide. Anthony est venu à son secours mais ils n'étaient pas d'accord alors Kevin et Stephen s'en sont mêlés. Sauf qu'ils sont tous partis sur une mauvaise piste et ils n'arrivaient donc pas à se mettre d'accord. Ils ont fini par m'appeler, je les ai mis sur la bonne voie et ils ont dû rapidement trouver la réponse car je ne les ai plus entendus ensuite.
- Heureusement que tu étais là pour les aider, conclut Hermione. C'est drôle mais je n'avais jamais vraiment réalisé que vous suiviez tous la même option. Elles doivent être sympas, les soirées dans votre dortoir, ajouta-t-elle, amusée.
- Ouais et tu sais quoi ? On se fait même des soirées arithmancie puisque nous suivons également tous cette matière, plaisanta Terry. On alterne, en fait.
- Au moins vous êtes soudés. Ce n'est pas forcément le cas dans tous les dortoirs. Que ce soit ceux des filles ou ceux des garçons.
- C'est vrai qu'on a de la chance d'être unis, admit Terry. Je suis très vite devenu ami avec Michaël et Anthony mais je m'entends aussi très bien avec Stephen et Kevin. Il n'y a jamais eu de conflits entre nous. Mais c'est surtout depuis la troisième année que nous sommes tous amis. Partager les mêmes options, ça aide. Mais Anthony et Michaël restent mes meilleurs amis. Tu ne t'entends pas bien avec les filles de ton dortoir, toi ?
- Non, pas trop. Enfin c'est surtout avec Lavande et Parvati que j'ai du mal. Elles sont trop... je n'ai pas les mots pour les qualifier mais nous ne pouvons pas être amies. Elles vénèrent le professeur Trelawney alors que c'est bien le seul professeur que je ne peux pas supporter. Il n'y a qu'avec elle que j'ai quitté la salle de classe en plein cours. Et puis elles passent leur temps à glousser et ça, ça m'énerve. Et elles ne parlent que de garçons. En fait, elles me font un peu penser à mes cousines sauf que Parvati et Lavande ne sont pas méchantes, elles. Elles sont un peu pimbêches mais mille fois moins que mes cousines. Enfin bref, nous ne sommes pas compatibles amicalement parlant.
Terry sourit.
- J'ai cru comprendre ça. Mais ça m'étonne un peu de t'entendre parler de tes camarades de dortoir comme ça. Ce n'est pas un reproche, loin de là. Mais tu es plutôt du genre à te retenir de critiquer les gens, d'habitude.
- Oui, je préfère garder pour moi ce que je pense. Ça évite les débats inutiles. Mais ce n'est pas de l'hypocrisie. Si on me demande mon avis, je le donne et je dis franchement ce que je pense.
- Tu as bien raison, approuva Terry. Je ne connais pas bien Lavande et Parvati mais je comprends pourquoi tu ne les aimes pas. Et en ce qui concerne les deux autres filles de ton dortoir ?
- Kellah et Rionach ? Je m'entends bien avec elles mais nous ne sommes pas vraiment proches.
- Mais tu dois te sentir un peu seule dans ton dortoir, alors ?
- J'ai mes livres, rit Hermione. Ça passe le temps.
- Tu te serais peut-être davantage plu à Serdaigle.
- Je ne sais pas. Je ne serais sûrement pas devenue amie avec Harry et Ron si j'y avais été répartie. Et puis je suis bien à Gryffondor.
- C'est le principal. De plus, être à Gryffondor ne t'a pas empêchée de te faire des amis dans les autres maisons. Tu as sympathisé avec ton ami de Serpentard et tu es devenue amie avec moi grâce au travail en binôme. Il faut que tu te trouves un ami à Poufsouffle, maintenant, s'amusa Terry.
- Je suis collègue avec Ernie et Hannah, ça compte, non ? plaisanta Hermione.
- On va dire que ça passe, répondit Terry sur le même ton. Mais c'est déjà bien que tu aies des amis à Serdaigle et à Serpentard. À part toi, je ne suis proche de personne parmi les autres maisons.
- Je pense que c'est normal. Nous ne sommes pas forcément faits pour s'entendre avec les quatre maisons. Je ne me vois pas être amie avec quelqu'un de Poufsouffle, par exemple. Toi, je pense que c'est avec les élèves de Serpentard que tu aurais du mal.
- En effet, je ne me sens pas du tout attiré par les gens de cette maison. Enfin bon, le principal c'est qu'on ait des amis, peu importe la maison dont ils font partie.
- Entièrement d'accord. D'ailleurs, est-ce que tu avais des amis avant d'entrer à Poudlard ?
La question de Hermione fit prendre une autre tournure à la discussion, même s'ils restaient sur le thème de l'amitié. Ils parlèrent ainsi de leur vie avant Poudlard et plus particulièrement des amis qu'ils s'étaient faits durant leur enfance. Ils n'eurent pas l'occasion d'en parler longtemps car l'heure de leur ronde arriva bien vite. Ils laissèrent la salle des binômes aux quelques élèves qui s'y étaient installés et ils commencèrent leur ronde en longeant d'abord le rez-de-chaussée. Ils n'y croisèrent personne et montèrent ensuite au premier étage. Il fut tout aussi désert, ce qui n'était guère étonnant puisque tout le monde était soit dehors en train de faire des batailles de boules de neige, soit dans leur salle commune, dans leur dortoir ou à la bibliothèque pour faire leurs devoirs. Il y avait donc peu d'élèves qui se promenaient dans le château.
- La ronde va être bien calme, songea Hermione, comme en écho des pensées de Terry.
- Tant mieux, comme ça on pourra retourner à la salle des binômes, dit Terry d'un ton mi-blagueur, mi-sérieux.
- S'il nous reste du temps avant le dîner, je veux bien, approuva Hermione. Moi je dis qu'à dix-huit heures, on a terminé notre ronde.
- Ouh là, tu vises serré. Je dirais plutôt dix-huit heures trente et seulement si on ne traîne pas trop.
- Donc tu pars du principe qu'on aura quelques élèves à réprimander.
- Oui, je pense comme toi que la ronde sera calme mais pas au point de n'avoir personne à reprendre sur son comportement.
- Bien, on va voir ça.
- Je ne t'imaginais pas adepte des paris, taquina Terry.
- Tu as encore plein de choses à apprendre sur moi, répondit Hermione, l'air mystérieux.
- Je ne demande que ça, dit sincèrement Terry.
Hermione rougit et détourna le regard. Cela fit sourire Terry. C'était exactement dans ce genre de moments-là qu'il se disait qu'il ne laissait peut-être pas Hermione indifférente. Ils continuèrent leur ronde et vérifièrent le deuxième et troisième étage en silence. Cela leur arrivait souvent de rester un moment sans parler. Ils n'avaient pas besoin de discuter pendant toute la ronde. Ils étaient tous deux de nature très calme et appréciaient donc les moments de silence. Lorsqu'ils arrivèrent au cinquième étage et qu'ils le découvrirent vide lui aussi, Terry grimaça.
- Je vais perdre mon pari...
- Pas forcément. Il reste deux étages et les Tours à vérifier, il peut encore se passer n'importe quoi, prévint Hermione.
Après avoir regardé dans toutes les salles de classe et longé tous les couloirs du cinquième étage, ils montèrent à l'étage suivant qui fut à l'image des cinq précédents. Terry était désormais sûr qu'il allait perdre son pari. Cependant, après avoir vérifié deux salles de classe, ils sentirent une odeur qui les intrigua.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Hermione, l'air peu rassurée.
- Je ne sais pas mais je crois que ça sent le brûlé, dit Terry en fronçant les sourcils. Mais je n'en suis pas sûr car il y a une autre odeur...
- On ferait peut-être mieux d'aller prévenir un professeur, suggéra Hermione.
- Je ne suis pas très à l'aise à l'idée de partir alors qu'une salle est peut-être en train de brûler, avoua Terry. Le temps qu'on va perdre en allant chercher un professeur peut causer de gros dégâts...
- D'accord, allons voir d'où vient l'o... Attends, il n'y a pas de la fumée sous cette porte ? interrogea Hermione en désignant du doigt la porte de la salle de métamorphose.
Terry regarda à son tour et remarqua qu'il y avait en effet de la fumée.
- Si, confirma-t-il.
- Allons-y, dit fermement Hermione. On s'y prend comment ?
- On va légèrement ouvrir la porte. Juste assez pour voir ce qu'il y a dans la salle. Il faudra se tenir prêt à lancer un Aguamenti.
Hermione acquiesça et sortit sa baguette, tout comme Terry. Ils se dirigèrent vers la salle d'où sortait de la fumée et ouvrirent suffisamment la porte pour pouvoir passer une tête dans l'entrebâillement. Ils virent aussitôt ce qui était responsable de l'odeur et de la fumée : un chaudron avait été laissé sur le feu sans surveillance et s'était enflammé.
- Il faut couvrir le chaudron ! cria Hermione.
Ils entrèrent dans la salle et refermèrent directement la porte derrière eux.
- Cherche quelque chose pendant que j'essaie de maîtriser le feu, demanda Terry à Hermione.
Celle-ci acquiesça et se dirigea vers l'armoire au fond de la salle de classe tandis que Terry tenta de contenir les flammes avec un Aguamenti aussi puissant que possible. Il savait que ce ne serait pas suffisant pour les éteindre mais, au moins, il pouvait les empêcher de prendre davantage d'ampleur.
- Je ne trouve rien ! paniqua Hermione.
- Il n'y a pas un couvercle, un plat ou un truc en métal ? On est dans la salle de métamorphose, on apprend à transformer tout et n'importe quoi, il doit forcément y avoir quelque chose comme ça !
- C'est un peu le bazar, c'est une vraie caverne d'Ali baba cette ar... Ah c'est bon j'ai quelque chose !
Terry soupira de soulagement alors que Hermione faisait un boucan de tous les diables en faisant tomber par terre tout ce qui l'empêchait d'accéder à l'objet qu'elle avait trouvé. Aucune importance, ils rangeraient tout ça plus tard. Le plus urgent, là, c'était d'étouffer le feu pour éviter que la salle de classe ne brûle. Il regarda Hermione déverser par terre la moitié de ce que contenait l'armoire avant de mettre enfin la main sur ce qu'elle cherchait : un plat en métal. Elle l'amena à Terry qui fit léviter le plat jusqu'à ce qu'il se trouve au-dessus du chaudron. Il le fit doucement retomber et soupira de nouveau en le voyant étouffer les flammes. Il continua d'asperger d'eau le chaudron afin d'éteindre le feu et crut avoir enfin maîtrisé la situation. Mais alors qu'il combattait les dernières flammes, le chaudron explosa soudain, le faisant crier ainsi que Hermione qu'il protégea instinctivement en l'aplatissant au sol et en la couvrant de son corps. Heureusement, ni lui ni elle ne furent touchés par les projectiles de la potion. Ils restèrent de longues minutes sans bouger alors que le calme revenait dans la salle de classe. Ce fut Terry qui bougea le premier. Il regarda autour de lui et s'assura que tout danger était écarté avant de se redresser. Hermione fit de même, livide et tremblante.
- Ça va ? demanda Terry, inquiet.
- Oui, j'ai juste eu peur... Je ne m'attendais pas à ce que ça explose comme ça...
- Moi non plus, je pensais qu'il n'y avait plus de danger vu que le feu était maîtrisé... C'est peut-être le choc thermique ou alors la potion a continué à bouillir et... enfin je n'en sais rien mais en tout cas on l'a échappé belle.
- C'est surtout grâce à toi, tu as de ces réflexes, murmura Hermione.
- Je n'ai pas réfléchi, avoua Terry.
Il remarqua que Hermione tremblait toujours. Il s'approcha d'elle et la prit dans ses bras afin de la frictionner.
- C'est bon, c'est fini, on ne craint plus rien maintenant, chuchota-t-il.
Il sentit Hermione acquiescer dans son cou. Il se souvenait l'avoir déjà réconfortée, une fois. Mais c'était différent. Cette fois-là, elle était hyper inquiète pour un de ses meilleurs amis et elle ne savait pas quoi faire. Là, c'était pour elle-même qu'elle avait eu peur. Terry continua à lui caresser le dos et ne la lâcha que lorsqu'elle cessa de trembler. Elle releva la tête et le regard de Terry tomba dans celui chocolat de Hermione. Sans réfléchir, comme une évidence, ils rapprochèrent leurs visages et unirent leurs lèvres. Les mains de Terry remontèrent pour encadrer le visage de Hermione qui se pressa davantage contre lui et croisa ses bras derrière son cou. Ils se contentèrent de s'embrasser uniquement avec leurs lèvres pendant plusieurs minutes avant que Terry ne quémande l'accès à la bouche de Hermione. Elle entrouvrit alors les lèvres, lui permettant ainsi d'approfondir le baiser en mêlant sa langue avec celle de Hermione. Il la sentit un peu hésitante et comprit qu'elle n'avait pas l'habitude. Il y alla donc doucement et mena la danse sans brusquer Hermione. Elle le laissa faire et imita timidement ce qu'il faisait, ce qui fit fondre Terry tellement il trouva cela adorable. Il rompit le baiser quelques minutes plus tard et fondit encore plus en voyant les joues légèrement rouges de Hermione. Merlin qu'elle était belle. Il eut soudain peur qu'elle regrette ce qui venait de se passer car lui ne regrettait absolument pas. Maintenant qu'il avait pu goûter aux lèvres de Hermione, il voulait recommencer et serait donc très déçu si elle considérait ce baiser comme une erreur. Même s'ils l'avaient tous deux initié, il ne put s'empêcher de s'excuser :
- Je suis désolé, j'aurais dû me retenir, enfin on l'a voulu tous les deux mais...
- Alors tu n'as pas à t'excuser, le coupa Hermione. Comme tu l'as dit, on l'a tous les deux voulu.
- Mais tu regrettes peut-être...
- Non, pas du tout, répondit Hermione d'un ton sincère. Je n'ai pas réfléchi une seule seconde mais je crois que j'avais déjà assez attendu.
Hermione dut réaliser ce qu'elle venait de dire car elle rougit brusquement. Terry, qui pensait avoir rêvé, sut alors qu'il avait bien entendu. Il se sentit transporté de joie en comprenant ce que ça voulait dire : Hermione partageait ses sentiments.
- Ça tombe bien car moi aussi, ça faisait un moment que j'attendais ça, dit-il en souriant.
Hermione le regarda, surprise, avant de sourire à son tour, l'air soulagée.
- Si je comprends bien... on s'est tous les deux tourné autour sans le savoir ? plaisanta-t-elle.
- Ce n'est pas pour ça que tu as voulu qu'on se voit en-dehors de nos séances de travail ? se moqua gentiment Terry.
Hermione rougit de nouveau.
- Ce n'était pas que pour ça, je voulais vraiment en apprendre davantage sur toi, se défendit-elle.
Terry se mit à rire.
- Je te taquinais ! Pour être franc, j'ai eu des doutes dès le début mais je pensais que je me faisais des idées. Ou, plutôt, c'est ce que j'ai préféré croire. Car je ne voulais pas me faire de faux espoirs. Mais je ne regrette pas qu'on ait autant attendu. On a eu le temps d'apprendre à se connaître, comme ça.
- Entièrement d'accord, renchérit Hermione. Mais du coup... qu'est-ce qu'on est, maintenant ?
- Je peux te répondre par une autre question ?
- Oui, si tu veux, dit Hermione, perplexe.
Terry plongea alors son regard dans celui de la Gryffondor et demanda solennellement :
- Hermione, veux-tu sortir avec moi ?
Hermione parut surprise avant de sourire, l'air à la fois touchée et amusée.
- Avec grand plaisir, répondit-elle.
- Dans ce cas, je pense que nous pouvons dire que nous sommes en couple, déclara Terry, amusé lui aussi.
Hermione sourit une nouvelle fois et déposa un léger baiser sur les lèvres de Terry.
- On a quand-même choisi un drôle d'endroit pour un premier baiser et pour se mettre officiellement ensemble, rit-elle.
- Ça, c'est sûr ! D'ailleurs, on ferait mieux de tout ranger, de terminer notre ronde et d'aller parler de ce chaudron à un de nos directeurs de maison.
- Bonne idée. Et je crois qu'il y a autre chose qui est désormais officiel.
- Quoi donc ? demanda Terry, intrigué.
- Il est dix-huit heures passées. J'ai définitivement perdu mon pari.
Terry éclata de rire.
- J'avais complètement oublié ! Et moi qui était persuadé que j'allais perdre le mien...
- Je te l'avais dit qu'il pouvait se passer n'importe quoi, rappela Hermione, mutine. Même aux derniers étages. Bon, arrêtons de parler et rangeons tout ça.
Terry acquiesça et remit tout dans l'armoire avec Hermione. Ils nettoyèrent ensuite la salle tout en laissant des traces pour une éventuelle investigation, puis ils la quittèrent et reprirent leur ronde en vérifiant les différentes Tours.
- Qui va-t-on voir, alors ? demanda Terry alors qu'ils redescendaient de la Tour d'Astronomie.
- On peut aller voir si le professeur Flitwick est dans son bureau, suggéra Hermione.
- D'accord, allons-y.
Terry et Hermione reprirent les escaliers et montèrent au septième étage afin de se rendre au bureau de leur ancien professeur de sortilèges.
- On aurait dû se demander plus tôt qui on irait voir, comme ça on y serait allé avant de vérifier les Tours, commenta Terry.
- Je n'y avais pas pensé sur le moment, mais ce n'est pas grave, ça nous fait faire du sport, plaisanta Hermione. Nous y voilà. Je te laisse frapper.
Terry toqua à la porte et attendit.
- Il n'est pas là.
- Dans ce cas, on peut aller aux appartements du professeur Lupin et du professeur Black. Même s'il n'est qu'adjoint du professeur Flitwick, le professeur Black est lui aussi ton directeur de maison. Le professeur Lupin est le mien et je sais où se trouvent leurs appartements.
- Allons-y, alors, approuva Terry.
Ils redescendirent les sept étages et se rendirent aux appartements de leur professeur de sortilèges et de leur professeur de métamorphose. Cette fois, ce fut Hermione qui frappa. Quelques secondes passèrent avant que la porte ne s'ouvre sur le professeur Black.
- Bonjour, Hermione, bonjour, Terry, dit-il en souriant. Que me vaut l'honneur de votre visite ?
- Nous souhaiterions parler à nos directeurs de maison, expliqua Hermione.
- Ah, je vois. Vous revenez d'une ronde, c'est ça ?
Terry et Hermione acquiescèrent.
- Je suis désolé mais vous allez devoir vous contenter de moi, votre professeur de métamorphose est indisponible jusqu'à demain matin.
- Oh... Je n'avais pas fait attention, pardon, s'excusa Hermione.
- Ce n'est pas grave, je n'attends pas des élèves qu'ils apprennent le calendrier lunaire sur le bout des doigts, s'amusa le professeur Black. Bon, entrez, ne restez pas sur le pas de la porte. Quelque chose me dit que vous allez me parler d'un problème compliqué et qu'on en a pour un moment.
Étonné par tant de perspicacité, Terry regarda Hermione qui, elle, ne sembla pas surprise. Elle eut même un sourire en déclarant simplement :
- Je crois que le professeur Black a beaucoup de flair.
- Tout à fait ! Allez, venez.
Terry et Hermione entrèrent et suivirent leur professeur jusqu'au salon. Une fois attablés devant une tasse de thé, ce dernier prit la parole :
- Alors, je vous écoute. Que s'est-il passé ?
Après un bref regard échangé avec Hermione, Terry entreprit d'expliquer au professeur Black leur mésaventure dans la salle de métamorphose. Leur professeur sembla à la fois inquiet et admiratif.
- Vous auriez dû avertir tout de suite un professeur, protesta-t-il une fois le récit de Terry terminé.
- On ne voulait pas partir et laisser la salle de classe brûler encore plus longtemps, se défendit Terry. Enfin on ne savait pas si elle était réellement en train de brûler mais il y avait de la fumée sous la porte, alors dans le doute...
- Je comprends mais c'était quand-même risqué. Vous auriez pu être gravement brûlés !
- On a surtout pensé aux élèves qui auraient pu passer par-là entre temps et qui auraient pu voir eux aussi la fumée et être intrigués comme nous. Ils seraient sûrement allés voir d'eux-mêmes au lieu d'aller chercher un préfet ou un professeur, argumenta Hermione.
- Ça se défend, admit le professeur Black. Bon, le principal c'est que vous soyez sains et saufs. Mais qu'est-ce que faisait ce chaudron dans la salle de métamorphose ?!
- Ça, on n'en sait rien du tout, grimaça Terry. Nous ne savons pas non plus qui l'a posé là, pourquoi, quelle potion il y avait dedans...
- Je trouve ça étrange et inquiétant, répondit le professeur Black. Déjà, un chaudron n'a rien à faire dans une autre salle de classe que les cachots. Ensuite, ce chaudron n'aurait jamais dû être laissé sans surveillance. Pour terminer, cette potion devait être particulièrement dangereuse si elle a explosé. Je ne sais pas si je me fais des idées mais pour moi, ça ressemble fortement à un mauvais coup.
- Vous voulez dire que quelqu'un aurait fait exprès de partir en laissant ce chaudron sur le feu ? En sachant pertinemment que ça allait finir par exploser ? s'inquiéta Hermione.
- C'est ce que je pense, oui. Je ne vois pas d'autre explication.
- Mais n'importe qui aurait pu être gravement blessé ! s'exclama Terry.
- C'est aussi ça qui m'intrigue. La personne responsable de tout ça devait bien savoir qu'il n'y avait presque personne dans les couloirs aujourd'hui. Enfin, je ne suis pas sorti mais je me doute bien que les couloirs doivent être assez déserts.
- En effet, nous n'avons croisé personne, affirma Hermione.
- Mais cette personne doit forcément savoir qu'il y a une ronde dans ces heures-là, murmura Terry.
- C'est exactement ce que je me dis. Mais je ne veux pas que vous paniquiez pour autant. Nous ne sommes sûrs de rien et c'est probablement juste une mauvaise blague. Cela ne veut pas dire pour autant qu'il faut prendre ça à la légère. Au contraire, il faut que vous soyez très prudents lors de vos prochaines rondes. Et cela vaut aussi pour les autres préfets. Je vais demander aux autres directeurs de maison de faire passer le message à leurs élèves. La prochaine fois que vous trouvez une salle suspecte, l'un de vous doit aller chercher un professeur tandis que l'autre reste devant la salle pour empêcher quiconque d'y entrer.
- C'est ce qu'on aurait dû faire, se reprocha Terry.
- Vous n'étiez pas vraiment dans les bonnes conditions pour réfléchir avant d'agir. Vous avez été pris au dépourvu et c'était la première fois que vous vous retrouviez dans une situation pareille. À votre place, j'aurais sûrement fait comme vous. Vous n'avez pas à vous en vouloir. Surtout que vous avez quand-même bien géré la situation, même si le chaudron a explosé. C'est vraiment une chance que vous n'ayez pas été touchés.
- Terry a eu le réflexe de nous aplatir par terre, raconta Hermione sous les rougissements de Terry. Je me suis retrouvée face contre le sol sans comprendre ce qui se passait.
- Oh, ça explique tout alors, dit le professeur Black d'un air amusé. Merci d'avoir sauvé la meilleure amie de mon filleul, Terry.
- Sir... Professeur, je ne pense pas que ce soit nécessaire que Harry sache ce qui s'est passé, protesta Hermione.
- Je ne comptais pas lui en parler, ne t'inquiète pas, assura le professeur Black. Il doit être ménagé, je ne vais pas lui provoquer des frayeurs inutiles.
- Comment va-t-il, au fait ? s'enquit Hermione.
- Il va bien, il est en train de travailler, là. Il va vous remercier d'être venus, d'ailleurs. J'étais sur le point de l'appeler pour venir dîner quand vous avez frappé. Il doit être bien content en ce moment-même d'avoir plus de temps pour travailler. C'est très dur de lui faire lâcher ses cours quand il est à fond dedans. Je ne sais même pas s'il se rend compte à l'heure actuelle que je le laisse étudier plus longtemps que prévu. Ça se trouve, il ne fait pas du tout attention à l'heure.
- Ça ne ressemble pas à Harry d'être aussi studieux, s'étonna Hermione.
- C'est ce que je me disais aussi mais ça fait partie de sa volonté à aller de l'avant. Et puis bon, je suis quand-même content qu'il prenne ses études au sérieux. Surtout l'année des BUSE. Ce n'est pas vous qui allez dire le contraire.
- Ça, c'est sûr, approuva Hermione. Mais on va vous laisser dîner, du coup. De toute façon, Terry et moi devons aussi aller manger.
- Très bien. Je vais juste prévenir votre professeur de potions pour le chaudron. Même si vous avez maîtrisé le feu et arrosé le chaudron, il faut quand-même qu'il soit examiné par un professionnel.
- Vous pensez qu'il pourra savoir quelle potion était préparée dedans ? demanda Terry.
- Aucune idée. Est-ce qu'il reste des résidus de cette potion, dans la salle ?
- Pas dans le chaudron puisqu'il a explosé mais on a laissé des traces par terre et sur les murs, au cas où il y aurait une enquête ou quelque chose comme ça.
- Ça pourra toujours servir. Allez, filez manger. Je ne voudrais pas qu'on m'accuse d'avoir retenu deux élèves et de les avoir empêchés d'aller se sustenter.
Terry et Hermione acquiescèrent, souhaitèrent une bonne soirée à leur professeur, lui demandèrent de passer leur bonjour à Harry et quittèrent les appartements.
- Tu as l'air de bien t'entendre avec le professeur Black, constata Terry alors qu'il se dirigeait vers la Grande Salle avec Hermione.
- C'est le parrain de Harry. Pour moi, c'est un peu comme s'il était le père de mon meilleur ami. Et puis... on l'a un peu sauvé, avec Harry. Mais je t'expliquerai tout ça plus tard.
- D'accord. On est bientôt arrivés, en plus.
En effet, deux minutes plus tard, Terry et Hermione se retrouvèrent aux portes de la Grande Salle. Ils faillirent s'embrasser mais ils se retinrent à temps. Gênés, ils se regardèrent.
- On ferait peut-être mieux d'attendre un peu avant de s'afficher, suggéra Hermione.
- Je pense aussi, dit Terry, soulagé.
Ils se contentèrent alors de se sourire avant d'entrer dans la Grande Salle et de rejoindre leurs tables respectives.
- Il y avait tant de monde que ça dans les couloirs ? s'étonna Michaël alors que Terry s'asseyait.
- Non, pourquoi ?
- Parce qu'il est sept heures moins le quart et que c'est l'heure à laquelle tu reviens d'une ronde avec un trafic normal dans les couloirs. Là, on pensait qu'il n'y aurait presque personne et que tu serais de retour plus tôt que ça.
- On a eu un pépin durant la ronde. Mais je préfère ne pas en parler ici.
- Ouh là, tu nous inquiètes. Vous ne vous êtes pas fait agresser, au moins ?
- Euh... en quelque sorte mais pas directement par quelqu'un.
- Ça a l'air compliqué, cette histoire. Tu as raison, mieux vaut attendre qu'on soit au calme pour que tu nous racontes tout ça.
- Je vous dirai tout dans le dortoir. Bon, sinon, vous avez avancé dans vos devoirs ?
Une discussion s'ensuivit sur ce qu'avaient fait Michaël et Anthony durant l'absence de Terry. Celui-ci se demanda s'il devait leur parler de sa mise en couple avec Hermione. Il préféra attendre un peu. Il avait hâte de le leur apprendre mais sa nature calme et réfléchie lui dictait de prendre son temps. Et puis, il voulait d'abord en parler avec Hermione. Il sourit malgré lui en pensant à sa désormais petite-amie. Il se ressaisit cependant vite mais croisa le regard gentiment moqueur d'Anthony. Il se sentit rougir et reporta son attention sur son assiette. Il espérait qu'Anthony n'avait rien deviné. Mais il savait que ses deux meilleurs amis seraient contents pour lui lorsqu'il leur annoncerait qu'il sortait avec Hermione. Ils le taquineraient sûrement mais toujours avec bienveillance. Tout ce qui comptait pour eux, c'était qu'il soit heureux. Et ils pouvaient être rassurés car Terry était plus qu'heureux.
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(samedi 06/01) POV Draco
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- Bon sang, vivement qu'on reprenne le Quidditch !
- Plus que trois jours à attendre, courage. Mais pourquoi as-tu hâte de reprendre les entraînements ? demanda Draco à Blaise, intrigué.
- Parce que je me suis ramolli ! Une fois n'est pas coutume, au lieu d'aller dans la salle sur demande, Ginny et moi avons décidé de se promener dans le château. Comme des amis, quoi. Bon, ça ne nous a pas empêchés de s'arrêter plusieurs fois dans un couloir désert pour s'embrasser mais ça, tu dois t'en douter. On était près des cachots quand Ginny a dû rentrer urgemment à son dortoir. Je n'ai pas compris pourquoi mais ça avait l'air important. Je l'ai donc raccompagnée à sa salle commune puis je suis rentré. J'ai donc dû faire deux fois le tour du château en plus de celui qu'on a fait quand on s'est promené ensemble. Et ça m'a essoufflé ! Alors qu'avant, ça ne me faisait rien du tout !
- T'inquiète, tu n'es pas le seul. On est tous pareils. Ça fait trois semaines qu'on se sédentarise, c'est normal qu'on perde un peu de souffle et de tonus.
- Ces vacances sont décidément beaucoup trop longues, maugréa Blaise.
- Tu ne t'en plaignais pas jusque-là, fit remarquer Draco. Ça t'a permis de voir ta rouquine un certain nombre de fois. Elles t'ont plutôt bien profité, ces vacances.
- C'est vrai. Je n'ai pas à m'en plaindre. Mais j'ai quand-même hâte de reprendre les entraînements.
- Moi aussi, avoua Draco. J'ai besoin de bouger. D'ailleurs, je vais aller faire un tour. Je ne sais pas quand je vais revenir. Mais tu ne vas pas rester seul bien longtemps, je pense. Théo sera bientôt de retour.
- Il est parti faire un tour, lui aussi ?
- C'est ce qu'il m'a dit, oui.
Blaise fronça les sourcils.
- Tu ne le crois pas ?
- Je ne sais pas, je trouve ça bizarre qu'il aille autant se promener dans le château depuis le début des vacances. Enfin, plutôt depuis le début de la deuxième semaine. Ça ne lui ressemble pas d'avoir la bougeotte comme ça.
- Tu sais bien que depuis cet été, il n'aime pas rester enfermé.
- Oui mais j'ai l'impression qu'il y a autre chose. Enfin bon, tant qu'il rentre en un seul morceau et de bonne humeur, c'est le principal. Bon, j'y vais. À tout à l'heure.
Draco quitta le dortoir, puis la salle commune et commença sa promenade dans le château. Il n'avait pas vraiment envie de se balader, en réalité. Il avait décidé de prendre son courage à deux mains et d'essayer de trouver Thomas dans les couloirs. Pour ça, il devait donc quand-même faire le tour du château. Il se souvenait que Thomas lui avait dit qu'il se promenait souvent entre quatorze et seize heures. Il était presque quinze heures donc Draco avait toutes ses chances de le croiser. Au lieu de le chercher partout, il préféra l'attendre au cinquième étage. Il espéra que Thomas faisait comme lui et qu'il commençait ses balades par le premier étage. Il espéra aussi que Thomas n'avait pas trouvé un garçon avec qui il était en train de coucher en ce moment-même. Sinon, Draco n'avait pas fini de l'attendre... Heureusement pour lui, Thomas pointa le bout de son nez une dizaine de minutes plus tard. Il sembla surpris de le voir.
- Salut Malfoy. Qu'est-ce que tu fais ici tout seul ?
- Eh bien, je t'attendais.
Thomas haussa les sourcils.
- Pour quoi faire ?
- Pour te parler, répondit Draco, un peu agacé. Et pour m'excuser, aussi. Je n'aurais pas dû m'enfuir comme ça la dernière fois qu'on s'est vus. Ce n'était pas très classe de ma part.
- Je te l'accorde. J'aurais surtout aimé avoir des explications, en fait. Je n'ai pas compris pourquoi tu as tout arrêté d'un coup.
- Est-ce qu'on peut en discuter ailleurs ?
- Si tu veux.
- Suis-moi.
Draco entraîna Thomas au septième étage et l'emmena devant la tapisserie de Barnabas le Follet. Il passa trois fois devant en pensant à ce qu'il voulait et fit ainsi apparaître la salle sur demande.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda Thomas, ébahi.
- Ça s'appelle la salle sur demande. Il faut faire trois allers-retours devant la tapisserie de Barnabas le Follet en pensant fort à ce dont tu as besoin pour qu'elle apparaisse.
- Génial, souffla Thomas en s'asseyant sur un coussin rouge et or par terre. Il y en a beaucoup qui la connaissent ?
- Nous sommes plusieurs à savoir qu'elle existe, oui, affirma Draco. Mais je ne dirais pas que nous sommes «beaucoup». Nous devons être sept ou huit, pas plus.
- Je n'en avais jamais entendu parler. Bon, je t'écoute. Qu'est-ce que tu voulais me dire ?
- Je voulais t'expliquer pourquoi je suis parti comme un lâche. Contrairement à ce que je t'ai dit, ce n'est pas parce que je n'en avais plus envie.
- Ça je m'en suis douté. Tu étais encore dur.
- C'est la seule excuse que j'ai trouvée sur le moment. Mais la vérité, c'est que ça m'a effrayé quand j'ai compris que tu voulais être en-dessous. Parce que ça signifiait que j'allais devoir être au-dessus et... je n'avais jamais fait ça avant. Mais tu avais l'air de croire l'inverse et je n'ai pas osé te dire que j'étais puceau de ce côté-là.
Thomas regarda Draco avec un air stupéfait.
- Ce n'était que ça ? Mais... je t'aurais guidé, lâcha-t-il, perplexe. Et si tu n'avais pas envie d'être au-dessus, eh bien tu aurais été en-dessous. Je me serais adapté. Et si tu n'avais voulu ni l'un, ni l'autre, on aurait fait ce que tu voulais. Il ne fallait pas avoir peur de me dire la vérité. Je ne force jamais mes amants à faire quoi que ce soit. Pour moi, la confiance est primordiale et elle doit être mutuelle. Et puis je ne m'envoie pas toujours en l'air avec mes conquêtes. Certaines d'entre elles ne veulent pas des actes trop poussés. Le principal pour moi, c'est qu'on passe un bon moment, peu importe ce qu'on fait.
Draco écouta attentivement Thomas. Il était une fois de plus admiratif face au Gryffondor. Il avait vraiment l'impression que tout était hyper simple avec lui. Il regrettait encore plus le comportement qu'il avait eu en le laissant en plan comme il l'avait fait. Mais à ce moment-là, il n'avait pas encore réalisé à quel point Thomas était quelqu'un de bien. Draco savait qu'il avait un chagrin d'amour et il ne comprenait pas comment le type qui en était responsable avait pu rejeter un garçon pareil. Mais c'était sûrement un mal pour un bien. Car, de toute évidence, ce type ne méritait pas quelqu'un d'aussi bien que Thomas.
- Je suis désolé, s'excusa une nouvelle fois Draco. J'aurais dû savoir que tu ne te serais pas moqué de moi...
- C'est de ça dont tu as eu peur ? Ça peut se comprendre. Mais c'est vrai, je ne me serais pas moqué de toi. Je suis passé par-là, moi aussi. Je sais combien c'est angoissant.
Draco regarda autour de lui. Il hésita en se mordant la lèvre avant de faire de nouveau appel à son courage et de se lancer :
- Ce serait bête de ne pas profiter d'être là, dit-il, gêné. Je suis un peu frustré depuis cette nuit-là car j'en avais vraiment envie. Mais si tu as eu quelqu'un aujourd'hui, tu es peut-être rassasié...
- Tu sembles penser qu'il ne se passe pas une seule journée sans que je n'aie des relations sexuelles, s'amusa Thomas. Mais ce n'est pas forcément le cas. Et je n'ai eu personne aujourd'hui. En fait, pour être franc, je n'ai eu personne depuis toi. Je n'avais pas envie. Ce qui s'est passé a mis un coup à ma libido, je crois. Enfin, c'est surtout que je pensais avoir fait quelque chose de mal. Je n'ai pas arrêté d'y penser, pour tout te dire.
- J'ai vraiment été nul, se lamenta Draco.
- Oublie ça, intima Thomas en souriant. Si je comprends bien, tu aimerais qu'on couche ensemble, là, tout de suite, maintenant ?
- Oui, confirma Draco sans hésiter.
- Je ne suis pas contre, au contraire. Mais du coup, tu veux être au-dessus ou en-dessous ?
- Je veux essayer d'être au-dessus, dit Draco, un peu tendu. Mais ce sera ma première fois alors j'ai peur de mal m'y prendre...
- Je t'ai dit que je te guiderai, l'apaisa Thomas. J'ai l'habitude des deux, je sais ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire. Par contre, ce serait mieux qu'on ait un lit pour...
Thomas s'interrompit et écarquilla les yeux en voyant un lit se matérialiser devant lui. Draco se mit à rire.
- Il suffit de vouloir quelque chose pour que la salle le fasse apparaître. La seule exception, c'est la nourriture.
- C'est vraiment génial, répéta Thomas, l'air émerveillé.
Il se leva et s'installa sur le lit, très vite imité par Draco qui l'allongea doucement. Il prit possession des lèvres du Gryffondor et lui retira sa robe de sorcier qu'il déposa par terre. Thomas lui enleva la sienne à son tour et glissa ses mains sous sa chemise, ce qui fit frissonner Draco. Il fit de même tout en approfondissant le baiser et sentit l'excitation monter en lui en caressant le torse finement musclé de son futur amant. Merlin il était bien foutu ce Gryffondor. Pas un pet de graisse mais pas trop de muscles non plus. C'était exactement ce qu'aimait Draco. Il s'amusa un instant avec les tétons du Gryffondor avant de se décider à lui retirer sa chemise.
- Tu vas t'en sortir cette fois ? pouffa Thomas.
- Y a intérêt sinon je vais mal le prendre, rigola Draco.
- Tu ne veux pas qu'on enlève nos chaussures, d'abord ? demanda Thomas, taquin.
- Ce n'est ni ton lit, ni le mien, alors on s'en fout, répondit Draco. Mais enlevons-les quand-même, comme ça ce sera fait.
Draco et Dean se déchaussèrent puis Draco se réattaqua aux boutons de la chemise du Gryffondor. Contrairement à six jours plus tôt, il eut cette fois le dessus. Sa propre chemise lui fut également ôtée par les soins de Thomas qui s'empressa de caresser le torse de Draco. Ils restèrent un moment ainsi à s'embrasser et à découvrir le haut du corps de l'autre, faisant doucement monter l'excitation. Draco finit par délaisser le torse de Thomas pour le débarrasser de son pantalon. Il dut d'abord se battre avec la ceinture qui lui résista.
- Bon sang Thomas tu peux pas mettre des trucs plus faciles à enlever ?!
- Déjà t'es mignon mais tu m'appelles Dean et ensuite c'est toi qui t'y prend mal.
- Ben voyons...
- Les Gryffondor sont de mauvaise foi, il va falloir t'y habituer.
Draco leva les yeux au ciel et laissa Dean enlever lui-même sa ceinture. Il se délesta de son jean et fit de même avec celui de Draco qui se rallongea sur Dean et ondula lentement du bassin, les faisant tous deux gémir de plaisir en sentant leurs érections déjà bien présentes dans leurs caleçons se frotter l'une contre l'autre. Dean accompagna le mouvement, surprenant Draco qui ne s'y attendait pas et qui gémit plus fortement.
- Évite de faire ça, je suis déjà trop excité, protesta-t-il.
- Alors passons aux choses sérieuses.
Draco ne se fit pas prier et fit glisser le caleçon de Dean le long de ses jambes, révélant une érection ni trop grosse, ni trop fine, ni trop longue, ni trop courte... Draco la trouva tout simplement parfaite. Il enleva à son tour son sous-vêtement et prit sa baguette afin de lubrifier ses doigts. Il connaissait la théorie mais n'avait jamais pratiqué ça lui-même. Dean écarta les jambes et s'installa de manière confortable. Lui semblait complètement relaxé alors que Draco était tendu comme un arc. C'était un peu le monde à l'envers. Il était beaucoup moins crispé lors de sa toute première fois... Mais c'était différent, là. Lorsqu'il était en-dessous, il ne craignait pas de faire mal à son partenaire. Alors que là oui. Mais il savait que Thomas le lui dirait si c'était le cas. En fait, il était bien content de faire sa première fois de ce côté-là avec lui. Il aurait été encore beaucoup plus tendu s'il l'avait faite avec quelqu'un qu'il aimait. À savoir son prochain petit-ami. Au moins, à ce moment-là, il saurait ce qu'il fallait faire pour que tout se passe bien. Mais il voulait que ce soit également une réussite avec son amant du jour. Il inséra alors très lentement un premier doigt à l'intérieur de son corps. Il fut surpris de sentir à quel point c'était chaud et serré. Il trouvait cela très agréable et il se demanda s'il allait tenir jusqu'à ce qu'il remplace ses doigts par son érection. Il allait devoir se contrôler. Il regarda le visage de Dean et n'y vit aucune trace de douleur. Il fit aller et venir plusieurs fois son doigt en lui pour bien détendre ses parois. Il ajouta ensuite un deuxième doigt en y allant encore plus lentement qu'avec le premier. Il sentit Dean se crisper et s'inquiéta aussitôt. Mais le Gryffondor lui sourit d'un air rassurant.
- Ce n'est rien, ça me fait toujours ça à cause de l'étirement. Mais je n'ai pas mal, tu peux continuer.
Rasséréné, Draco poursuivit l'intrusion de son doigt et laissa le temps à Dean de s'habituer avant de faire bouger ses doigts et de les écarter l'un de l'autre afin d'étirer ses chairs. Il était aussi doux que possible, ce que sembla apprécier Dean. Lorsqu'il sentit ses chairs suffisamment détendues, il inséra un troisième doigt. Là aussi, il guetta les réactions sur le visage du Gryffondor. Il y avait un léger inconfort mais Dean le rassura de nouveau :
- Ça va, il faut juste que tu essaies de trouver ma prostate pour que ça passe.
Draco se serait mis des baffes. Il avait complètement oublié ce point sensible qui était pourtant si important. Il fit donc aller et venir ses doigts en changeant régulièrement d'angle de pénétration et il sut qu'il avait trouvé la prostate de Dean lorsque celui-ci se cambra en criant.
- Recommence...
Draco accéda à sa requête, retira et renfonça ses doigts en gardant le même angle qui fit crier une nouvelle fois Dean. Il réitéra son geste plusieurs fois, menant presque son amant à l'orgasme. Celui-ci lui attrapa d'ailleurs le poignet, le corps tendu sous l'effort visible qu'il faisait pour ne pas jouir. Draco comprit le message, retira délicatement ses doigts et reprit sa baguette afin de lancer le sort de protection et le sort de lubrification. Dean écarta davantage les jambes, permettant ainsi à Draco de bien s'installer. Il guida son érection jusqu'à l'anus de Dean et poussa doucement. Il s'inquiéta en sentant une résistance.
- N'aie pas peur de me faire mal, il faut forcer un peu pour que ça entre, lui dit Dean.
Un peu rassuré, Draco écouta son conseil et exerça une pression plus franche. Son gland passa l'anneau de chair, ce qui valut une grimace au Gryffondor. Il se crispa brièvement mais se détendit bien vite. Draco continua à entrer centimètre par centimètre en guettant attentivement l'expression du visage de Dean. Une fois enfoncé jusqu'à la garde, il s'immobilisa même si son corps lui hurlait de bouger tant la sensation de l'étau chaud qui l'enserrait était divine. Il laissa Dean se faire à sa présence, ce qui ne prit guère de temps. Ce fut lui qui ondula légèrement du bassin, donnant ainsi la permission à Draco de bouger. Il se retira et se rengaina alors doucement, veillant à ne pas blesser Dean. Il fut rassuré en l'entendant pousser un soupir appréciateur. Il refit le même geste jusqu'à ce que le Gryffondor l'enjoigne à aller plus vite. Draco, qui se sentait au bord de l'implosion, ne se le fit pas dire deux fois, agrippa les hanches de Dean et lui donna un premier coup de bassin qui les fit tous deux gémir de plaisir. La sensation fut indescriptible pour Draco. C'était mille fois mieux de se sentir à l'intérieur de quelqu'un que de se servir de sa main. C'était beaucoup plus chaud et beaucoup plus serré. Il s'était toujours dit qu'il avait la meilleure place lorsqu'il était en-dessous mais il n'en était plus si sûr, désormais. Mais il ne devait pas penser qu'à lui. Il se concentra sur Dean et chercha le meilleur angle pour lui donner le plus de plaisir possible. Il mit quelques minutes à trouver l'angle parfait et se régala du cri que poussa Dean. Dès lors, il s'attela à frapper ce point sensible à chaque coup de rein. Mais le plaisir qu'il offrait à son amant n'était pas suffisant à son goût. Il voulait lui en donner plus alors il entreprit de lui faire des suçons dans le cou tandis que sa main alla se poser sur le sexe tendu qui réclamait qu'on s'occupe de lui. Il se mit à masturber Dean sur le même rythme que ses va-et-vient en lui et augmenta peu à peu la cadence. Plus il allait vite, plus le plaisir montait en lui et il voyait que c'était le cas aussi chez son amant. Il ne se lassait pas d'aller et venir en lui mais il sentit bientôt l'orgasme approcher à grands pas.
- Draco, vas-y plus fort, plus vite...
- Si je vais plus vite, je ne vais plus tenir très longtemps...
- C'est un peu le but car moi j'en peux plus là... C'est trop, je vais exploser...
Comprenant qu'ils étaient au même point, Draco accéléra considérablement le rythme de ses coups de rein et masturba Dean avec plus de vigueur. Ses cris devinrent bien plus forts et agirent comme un aphrodisiaque sur Draco. Ses mouvements se firent plus durs, plus puissants et plus profonds et ce fut quelques minutes plus tard que Dean jouit dans la main de Draco en se resserrant autour de lui. Il ne lui fallut que trois coups de rein supplémentaires pour se libérer à son tour en poussant un râle de délivrance. Il retomba doucement sur Dean, haletant et en sueur. Ils mirent plusieurs minutes à se remettre de leur orgasme et à retrouver un souffle normal. Draco se retira alors délicatement, les nettoya d'un coup de baguette et s'affala à côté de Dean.
- Ça va ? demanda celui-ci d'un ton amusé.
- Tu m'as épuisé, gémit Draco.
- C'est faux, c'est toi qui a fait tout le travail, je n'y suis pour rien, moi, protesta Dean.
- M'en fous, c'est de ta faute quand-même, dit Draco, le visage enfoui dans l'oreiller.
- Je ne pensais pas qu'il y avait plus de mauvaise foi qu'un Gryffondor.
- Ravi de te surprendre.
Draco se mit sur le côté et s'appuya sur un coude.
- Non, en vrai c'était super. Bien meilleur que ce que j'ai vécu jusque-là en solitaire.
- Heureux que ça t'ait plu. Et avant que tu ne me poses la question, c'était super pour moi aussi. On remet ça quand tu veux.
Draco haussa les sourcils.
- Je pensais que tu couchais juste une fois avec chaque mec, dit-il, surpris.
- Oh non, il n'y a pas assez de mecs gay dans l'école pour que je me contente d'une seule fois !
- Ah bah oui, suis-je bête... Sinon je suis d'accord pour qu'on remette ça. Au moins, avec moi, tu ne risqueras pas de te faire attraper. Personne ne saura que nous sommes ici.
- J'avoue que c'est un super avantage. J'aurais dû découvrir cette salle plus tôt. Ça m'aurait évité de me faire prendre à deux reprises.
- Ça va, je ne t'ai même pas sanctionné. Et puis, si je ne t'avais pas surpris, tu ne m'aurais pas fait du rentre-dedans et je serais toujours puceau de ce côté-là.
Dean éclata de rire.
- Vu comme ça, pas de regrets à avoir !
- Tu as déjà été le premier de quelqu'un ?
- Oui, plusieurs fois. Aussi bien d'un côté que de l'autre.
- Oh, donc tu n'es pas tout le temps en-dessous ?
- Non, je n'ai pas de «rôle» préféré. Je peux aussi bien être actif que passif. Je m'adapte aux désirs de mon amant. Tout me va et c'est surtout ça qu'aiment les gars avec qui je couche. Bon, il y a tout de même des limites, il ne faut pas exagérer.
- Ah, tu me rassures. Mais quand as-tu commencé à coucher avec des mecs ? Parce que tu as l'air d'avoir une sacrée expérience...
- J'ai commencé vers la fin de notre quatrième année. Je suis né au mois de janvier donc j'étais déjà majeur sexuellement parlant. Et depuis je n'ai pas vraiment arrêté. J'ai eu des aventures cet été et j'ai continué à la rentrée.
- Ah ouais... Ça ne fait pas si longtemps que ça, alors.
- Non, je ne suis pas précoce, si c'est ça que tu pensais. J'avais quinze ans et quatre mois quand j'ai eu ma première relation sexuelle. Il y en a qui sont plus précoces que ça.
- Tu as déjà couché avec quelqu'un de plus jeune que toi ?
- De rares fois, oui. Mais rien de très poussé. Là aussi, j'ai des limites.
- T'es vraiment le mec parfait, en fait.
- Plutôt l'amant parfait, rectifia Dean. Non je plaisante, je n'ai pas la prétention de croire que je suis parfait.
- Même en tant que personne, tu es quelqu'un de bien. Je ne comprends pas comment tu as pu avoir un chagrin d'amour. Ça ne se quitte pas, quelqu'un comme toi.
- Mais personne ne m'a quitté, s'étonna Dean.
- Ah bon ? Tu m'as pourtant dit que tu cherchais à oublier un mec...
- Oui, mais je ne suis pas sorti avec lui.
- Oh... Excuse-moi, j'avais mal compris.
- Je me suis peut-être mal exprimé aussi. En fait, j'aime quelqu'un mais je sais que rien n'est possible entre nous.
- Pourquoi ?
- Il est hétéro.
- Ah, zut... Tu ne veux pas essayer de trouver quelqu'un d'autre plutôt que coucher avec tous les gars gay de l'école ?
- Je n'ai pas envie d'une relation amoureuse avec quelqu'un d'autre que lui, grimaça Dean.
- Je comprends. Après, tu peux continuer comme ça. Tant que la situation te convient...
- Exactement, approuva Dean. Et puis, qui sait, peut-être l'amour me tombera-t-il de nouveau dessus. Mais de façon plus intelligente, cette fois. Bon, je vais y aller. J'ai besoin d'une bonne douche.
- Moi aussi. Du coup tu veux qu'on se revoit quand précisément ? Avec la reprise des cours, ça va être un peu compliqué de trouver un moment...
- Lundi on finit à quatorze heures, on peut se voir juste après les cours.
- D'accord, ça me va. Je suis privé de séance de travail en binôme pendant encore un bout de temps, donc je suis assez libre. J'ai juste des entraînements de Quidditch, par contre.
- Moi aussi. Je suis poursuiveur de réserve.
- Ah oui, j'avais oublié. Mais alors tu aimes le Quidditch, toi aussi ? On pourrait peut-être en parler un autre jour, enfin sauf si tu préfères qu'on se voit juste pour coucher ensemble...
- Non, je suis ouvert à toute discussion. Je suis quelqu'un de très sociable. Mais on verra ça un autre jour, en effet.
Draco acquiesça, ramassa les affaires un peu éparpillées par terre et tendit à Dean les siennes. Ils se rhabillèrent, sortirent de la salle sur demande, se souhaitèrent une bonne fin de vacances, puis ils se séparèrent en prenant chacun le chemin de leur salle commune. Une fois arrivé à la sienne, Draco se rendit aussitôt à son dortoir. Il y trouva seulement Blaise, ce qui l'étonna.
- Théo n'est toujours pas revenu ?
- Si, mais il est reparti il y a vingt minutes. Il avait rendez-vous avec Harry à seize heures. Il était à peine quatre heures moins le quart quand il est parti mais bon, tu le connais, il aime être en avance.
- C'est vrai. Mais j'avais complètement oublié qu'il devait aller voir Harry aujourd'hui. Bon bah on le reverra au dîner, dans ce cas. Si je comprends bien, il est environ seize heures ?
- C'est ça.
- Cool, ça me laisse tout juste le temps de prendre une douche et de terminer mon devoir d'histoire de la magie.
- Tu vas prendre une douche à cette heure-là ? s'intrigua Blaise.
- Oui, j'ai froid.
- Ah, c'est pour ça que t'as les lèvres gercées.
Draco se mit à rougir face à cette remarque pourtant lancée sur un ton parfaitement innocent. Blaise le remarqua et sembla comprendre qu'il s'était mépris.
- Attends, c'est pas à cause du froid que t'as les lèvres gercées ? Non, en fait, ne réponds pas, je ne veux pas savoir. Mais je comprends mieux pourquoi tu as besoin d'une douche à quatre heures de l'après-midi... Il y avait sûrement un sens caché que je n'ai pas saisi quand tu m'as dit que tu allais faire un tour dans le château... Car ce n'est pas du château dont tu as fait le tour, apparemment.
Affreusement gêné, Draco était désormais sûr qu'il était devenu aussi rouge qu'une tomate.
- Ce n'était pas prévu, se défendit-il.
- Ah bah encore mieux ! Mais pas la peine de t'expliquer, je n'ai vraiment pas envie de savoir.
Draco leva les yeux au ciel et prit congé de Blaise pour se rendre à la salle de bain. Il avait un peu l'impression de passer pour un dévergondé mais il s'en fichait totalement. Il avait passé un très bon moment avec Dean, il avait plus qu'aimé et il avait déjà hâte d'être au lundi pour recommencer.
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Dans le même temps, POV Théo
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Théo était ravi d'avoir obtenu le droit de rendre visite à Harry avant la rentrée. C'était une journée assez remplie pour lui. Il avait passé une heure avec Hermione le matin-même, il avait vu Justin de treize heures à quinze heures trente et là, il était en route vers les appartements du parrain et du directeur de maison de Harry qu'il devait voir jusqu'à dix-huit heures. Il avait à peine vu ses amis, en fait. Heureusement qu'il n'avait plus de devoirs à faire ! À la base, il avait prévu d'en garder pour la fin des vacances afin de ne pas s'ennuyer mais il avait craqué et les avait tous terminés deux jours plus tôt. Bon, c'était finalement une bonne chose car ce n'était pas ce jour-là qu'il aurait pu les faire. Il avait dû avoir du flair.
Une fois arrivé, il frappa à la porte qui s'ouvrit quelques secondes plus tard sur le professeur Black.
- Bonjour, Théo ! Entre, j'ai préparé du thé et des petits gâteaux. Harry t'attend, il a déjà sorti tous ses cours, bonne chance pour trouver une place sur la table.
Théo ne put s'empêcher de sourire alors que le professeur Black le conduisait au salon. Il y trouva Harry qui était en train de faire de l'ordre dans ses cours.
- Je t'ai entendu, Sirius, maugréa-t-il. Ce n'est pas sympa de me vanner comme ça auprès de Théo. Quand Remus va revenir pour de bon, je vais lui dire que tu n'as pas arrêté de te moquer de moi. Là, il est encore fatigué, je ne lui dis rien pour le moment mais d'ici demain, il ira mieux et je vais tout lui raconter.
- Oh tu boudes, c'est trop mignon ! Bon je vais vous laisser. Travaillez bien.
Le professeur Black s'en alla, laissant Harry et Théo seuls.
- Viens, assis-toi, ne reste pas planté debout, dit gentiment Harry.
Théo s'exécuta et s'installa en face de Harry. Il fut ému de le revoir et le sourire que lui offrit Harry lui prouva qu'il était aussi content que lui.
- Tu as l'air d'aller mieux, remarqua-t-il. Je n'ai pas vraiment eu l'occasion de le constater la dernière fois qu'on s'est vus... Enfin si mais pas en détails. Tu m'as dit que tu allais mieux mais je n'avais pas pu le voir de moi-même.
- En même temps, c'était en pleine nuit et on a discuté dans le lit que j'occupais chez Snape. Tu ne voyais que mon visage.
Théo grimaça à ce souvenir.
- Je suis désolé d'être parti alors que tu dormais encore. Tu as dû avoir froid au réveil. Tu m'avais un peu pris pour ton doudou, je devais te tenir chaud pendant ton sommeil.
- J'avais rarement aussi bien dormi que cette nuit-là, avoua Harry. Mais je ne t'en veux pas du tout. Je pense que j'aurais hurlé si je t'avais senti à côté de moi en me réveillant.
- Je crois aussi, rit Théo. Même si je ne suis pas réputé pour faire peur.
- Ça, c'est sûr. En tout cas, tu fais un très bon doudou.
Théo sourit avant de se rappeler soudain quelque chose. Il avait pensé à emmener Bianca avec lui, pensant que cela ferait plaisir à Harry de la rencontrer.
- En parlant de doudou, j'ai quelque chose à te montrer.
Il sortit sa peluche de sa poche et lui redonna sa taille normale. Les yeux de Harry s'écarquillèrent de surprise alors qu'un grand sourire illuminait son visage.
- Mais c'est une licorne ! s'écria-t-il, émerveillé. Elle est trop choupi ! Elle est toute blanche, comme les vraies licornes... Elle a l'air toute douce en plus...
Ému par la réaction de Harry, Théo le regarda caresser la peluche avec les yeux plein d'étoiles. Ils avaient visiblement le même amour pour ces bêtes cornues.
- Tu dors avec ?
- Oui, répondit Théo, un peu gêné.
- Ça doit être agréable mais moi je ne pourrais pas, soupira tristement Harry.
- Pourquoi ? s'étonna Théo.
- J'ai la phobie des peluches et des doudous. Enfin, je peux les voir et les toucher mais je ne peux pas les garder près de moi la nuit.
- Ah bon ? C'est bizarre, ça. Tu sais pourquoi ?
- Non, dit Harry en déviant le regard.
Théo devina aussitôt que c'était faux mais il préféra ne pas insister. De toute évidence, Harry n'avait pas envie d'en parler et Théo ne voulait pas l'y forcer. Mais cela ne l'empêchait pas d'être intrigué, voire inquiet. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer pour que Harry développe cette phobie ? Il garda cela dans un coin de sa tête et décida de parler d'autre chose.
- Bon, sinon, comment se passent tes vacances ? Tu ne t'ennuies pas trop ?
- Non, pas du tout. Je n'en ai pas le temps. Je passe mes journées à étudier, à lire et à discuter avec mon parrain et mon directeur de maison. Et j'ai aussi mes séances de thérapie avec Snape. C'est à peine si je peux me reposer, plaisanta Harry. Mais ce n'est pas plus mal ainsi. Je dois retrouver un rythme normal pour être bien préparé quand je reprendrai les cours. Ce n'est pas encore pour tout de suite mais je vais bientôt pouvoir sortir. Ce seront d'abord mon parrain, mon directeur de maison ou Snape qui m'accompagneront, puis mes amis pourront prendre le relais. Snape m'a même dit que si vous voudrez me rendre visite, alors vous devrez vous promener dans le château avec moi. C'est donnant-donnant, ajouta Harry, amusé. Je crois que ça l'a un peu courroucé que vous insistiez tous pour venir me voir. Et que moi-même j'insiste pour qu'il accepte de vous laisser me rendre visite. Il a dit qu'on allait finir par le rendre chèvre.
Théo éclata de rire.
- Le pauvre, il doit gérer les envies et les caprices de tout le monde ! Il ne mérite pas qu'on l'embête autant.
- C'est sûr, il est d'une patience incroyable, reconnut Harry. J'ai l'impression que c'est un tout autre Snape qui s'occupe de moi, en fait. Il est bien plus humain en tant que médicomage qu'en tant que professeur.
- Parce qu'il est davantage fait pour être médicomage. Enfin, il pourrait être un bon professeur mais je ne sais pas, il y a quelque chose qui coince.
- C'est dommage, commenta Harry. Bon, et toi, tes vacances se passent bien ?
- Oui, super bien. Comme toi, je n'ai pas du tout le temps de m'ennuyer.
- Oh, tant mieux. Mais tu dois quand-même avoir hâte que les cours reprennent.
- Oui, c'est vrai.
Harry haussa les sourcils.
- J'ai connu plus convaincant, comme réponse, se moqua-t-il gentiment. Tu as tellement pris goût à ces trois semaines de vacances que tu ne veux plus retourner en cours ?
- Si, j'attends toujours la rentrée avec impatience, mais cette année c'est un peu différent. Pourtant, j'ai hâte de reprendre à la fois les cours et les entraînements de Quidditch...
- Mais ?
Théo se mordit la lèvre. Personne n'était au courant de sa relation avec Justin, à part Bianca à qui il avait pris l'habitude de se confier. Bon nombre de personnes trouveraient sûrement ça idiot de parler à une peluche mais ça lui faisait du bien d'extérioriser ce qu'il pensait et ressentait. Certes, Bianca n'était pas quelqu'un d'humain mais il avait l'impression qu'elle l'écoutait, même si elle ne pouvait pas lui répondre. Et c'était sûrement aussi pour ça qu'il se confiait à elle. Car il savait que s'il parlait de sa relation avec Justin à Draco ou à Blaise, ils lui conseilleraient tous deux de mettre vite fait un terme à cette relation. Et c'était exactement ce qu'il ne voulait pas entendre. Mais peut-être qu'avec Harry ce serait différent ? Il avait cette intuition étrange qu'il pouvait tout lui dire. Alors il se lança :
- Quand les cours vont reprendre, Justin et moi n'allons plus pouvoir nous voir comme nous le faisons depuis une dizaine de jours maintenant.
- Comment ça ? demanda Harry, perplexe.
- Depuis la deuxième semaine des vacances, on se voit tous les deux ou trois jours mais pas en tant qu'amis ou en tant que binômes de travail. Je ne sais pas comment expliquer ça mais... quand on se voit, on discute et... et on s'embrasse.
Harry sembla surpris, si bien qu'il mit un moment avant de répondre :
- Je ne m'attendais pas à ça, avoua-t-il. Mais je ne comprends pas. Même si je ne cherche pas à me tenir informé des couples de l'école, je croyais avoir entendu dire que Justin sortait avec une fille de sa maison...
- Oui, c'est exact, affirma Théo, gêné.
- Mais, dans ce cas, s'il a déjà une petite-amie, il ne peut pas entretenir une relation avec toi, lâcha Harry, visiblement dérouté.
Ce fut au tour de Théo de détourner le regard. Il se passa un court instant avant qu'il ne sente une main se poser sur son bras.
- Je suis désolé, dit doucement Harry. Je n'avais pas compris que la situation était aussi compliquée. Mais je ne juge absolument personne. Je suis juste un peu paumé.
Théo sentit un grand soulagement l'envahir alors qu'il tournait de nouveau la tête vers Harry. Il avait eu raison de se dire qu'il pouvait se confier à lui. Il venait de lui dire les mots qu'il avait exactement besoin d'entendre : il ne jugeait personne. Ni lui, ni Justin. Alors que Draco et Blaise auraient tout de suite jeté l'opprobre sur Justin.
- Je peux tout t'expliquer, si tu veux bien m'écouter, proposa-t-il timidement.
Harry le regarda avec une infinie tendresse.
- Évidemment que je veux bien t'écouter. Je ne demande que ça, assura-t-il sincèrement. Vas-y, dis-moi tout.
Se sentant totalement en confiance, Théo se lança sans attendre :
- Je suis amoureux de Justin. Ça fait environ deux mois que je le sais. Je m'en voulais car je savais bien qu'il était hétéro et en couple, mais je n'y pouvais rien. Depuis qu'il a changé d'avis sur moi, on n'a pas arrêté de se rapprocher. J'aime absolument tout chez lui. Sa personnalité, ses qualités, ses défauts, son regard, son rire, sa voix, son sourire... Et plein d'autres choses encore. Mais je me disais que je n'avais pas le droit de ressentir tout ça. Je ne voulais pas le perdre comme ami, surtout qu'en plus c'est mon binôme de travail, alors je me suis efforcé de faire comme si de rien n'était. J'étais persuadé qu'il ne ressentait rien pour moi. Mais un jour, suite à une blague des jumeaux Weasley, on a dû se réfugier ensemble dans un cachot. Je ne me sentais pas bien du tout car on était enfermés et sans moyen de sortir tant que personne ne venait nous délivrer. Et il se trouve que depuis cet été, je ne supporte plus les espaces confinés. Justin a vite vu que j'allais mal, il a voulu me réconforter et il a dérapé en m'embrassant. Ça m'a rendu encore plus mal à l'aise car je ne désirais pas ce baiser mais je n'arrivais pas à le repousser. Heureusement, le professeur Snape a vite débarqué et nous a sortis du cachot sans pour autant savoir qu'on y était. Je me suis expliqué le lendemain avec Justin qui m'a dit qu'il était désolé de m'avoir embrassé et qu'il ne savait pas ce qui lui avait pris. Je lui ai dit que je ne lui en voulais pas, que je préférais qu'on oublie et on est passé à autre chose. Il ne s'est plus rien passé ensuite jusqu'à la première semaine des vacances. C'était justement le jour où j'ai passé la nuit chez le professeur Snape avec toi. En sortant de ses appartements, j'ai croisé Justin, on a discuté un peu et on a décidé de passer la matinée ensemble dans la salle des binômes. On voulait profiter des vacances pour apprendre à mieux se connaître. On a parlé pendant un certain temps et à un moment, l'atmosphère a soudain changé entre nous. On s'est rapprochés et sans réfléchir, on s'est embrassés. Ça n'avait absolument rien à voir avec la première fois. Là, j'étais pleinement consentant. C'était mon vrai premier baiser et je le désirais ardemment. C'était l'un des meilleurs moments que j'avais connus jusque-là. Mais Justin a rompu brusquement le baiser. Il m'a dit que c'était une erreur, il m'a presque accusé de l'avoir laissé m'embrasser et il m'a bien fait comprendre que ça ne devait plus se reproduire. J'étais complètement dévasté. Je ne considérais pas ce baiser comme une erreur mais j'ai fait comme si c'était le cas et on s'est quittés là-dessus. J'ai déprimé pendant quatre jours jusqu'à ce qu'on se recroise le jour de Noël, cette fois-ci encore dans un couloir. J'ai voulu l'éviter mais il n'a pas été de cet avis. Il semblait surpris que je veuille l'éviter. Il a vite compris pourquoi et une chose en entraînant une autre, il a compris aussi que le baiser qu'on avait échangé n'était pas une erreur pour moi. Il m'a alors entraîné dans une cabine de toilettes et il m'a de nouveau embrassé. Sauf que cette fois, c'était plus passionné même si ça restait quand-même doux. Et contrairement au baiser précédent, c'est moi qui ait mis fin à celui-là. Justin n'a pas cherché à fuir. Il s'est excusé de m'avoir blessé et je lui ai dit que je ne lui en voulais plus. Mais j'étais complètement perdu car ça faisait deux fois qu'il m'embrassait en quatre jours alors qu'il était censé être hétéro et qu'il était en couple. Il n'a pas su m'expliquer pourquoi il était attiré par moi mais il m'a assuré qu'il aimait sa petite-amie. Il m'a proposé qu'on se voit jusqu'à la fin des vacances pour discuter et s'embrasser, et même si ça me gênait vis-à-vis d''Emily, j'ai accepté car il a su me convaincre. Depuis, on se voit tous les deux ou trois jours et on reste environ trois heures ensemble à parler et à s'embrasser. J'aime énormément ces moments mais je ne peux m'empêcher de me sentir coupable à l'idée de voler le petit-ami d'une autre. Et puis je me sens aussi triste car tout ça prendra fin à la rentrée et ça me fait mal d'y penser. Je sais que je devrais tout arrêter de moi-même afin que ce soit moins dur mais j'en suis incapable. J'aime trop ces moments pour ça. En temps normal, je suis pourtant quelqu'un de raisonnable mais avec Justin c'est différent. Voilà, tu connais toute l'histoire maintenant.
Théo se tut sur ces mots. Harry l'avait écouté attentivement et n'avait pas lâché son bras durant tout le temps qu'avait duré son récit. Il avait l'air un peu sonné mais il se reprit bien vite :
- Merci de m'avoir assez fait confiance pour me raconter tout ça. Je sais que ça n'a pas dû être facile, surtout pour toi qui est d'une nature discrète et réservée.
- C'est surtout me confier sur un sujet pareil qui est compliqué, murmura Théo.
- Mais ça t'a fait du bien ?
- Oui, répondit franchement Théo. Mais à part libérer ma conscience, je ne sais pas si ça va servir à grand-chose... Tu ne peux pas vraiment m'aider. Sauf si tu as quelque chose pour réussir à décoder Justin...
- C'est vrai qu'il est assez compliqué à cerner, approuva Harry. D'un côté, il dit aimer sa petite-amie, et de l'autre, il entretient cette relation ambiguë avec toi... En fait, j'ai surtout l'impression qu'il ne sait pas ce qu'il veut.
- Déjà, il refuse d'admettre qu'il est gay ou bi, dit tristement Théo. Après, il a peut-être raison mais dans ce cas, je ne comprends pas pourquoi il est attiré par moi...
- Non, à ce stade, il est forcément au moins bi.
- C'est ce que je me dis aussi. Mais bon, qu'il soit hétéro, gay ou bi, ça ne m'avance à rien puisque c'est Emily qu'il aime...
- Tu en es sûr de ça ?
- Il me le répète assez souvent... Je ne dis pas non plus qu'il ne ressent rien pour moi, même si c'était ce que je pensais il y a deux mois mais là je vois bien qu'il y a un profond attachement entre nous. Il est très protecteur envers moi, très gentil, il fait hyper attention à moi, il s'inquiète très facilement pour moi, il cherche toujours à me faire plaisir...
- Oui, alors là c'est sûr, il n'est pas du tout amoureux de toi. C'est juste de... comment tu dis, déjà ? Ah oui, de l'attachement. Et de l'attirance.
Le ton gentiment ironique de Harry déstabilisa Théo.
- Quoi, tu n'y crois pas ? s'étonna-t-il, déboussolé.
- Pas une seule seconde. Pour moi, il est clairement amoureux de toi. Ça ne fait aucun doute. Et je pense qu'il le sait. Seulement, vu qu'il est déjà en couple, ça doit être impossible à admettre pour lui. En fait, il est en plein déni. Je crois vraiment que tu as raison quand tu dis qu'il refuse d'assumer son homosexualité. Il se sert de sa relation avec sa petite-amie pour affirmer qu'il est hétéro. Mais c'est faux, et au fond de lui il doit le savoir. Ou alors il est bi. Mais je pense qu'il est davantage amoureux de toi que de sa petite-amie.
- Mais qu'est-ce que je dois faire, alors ? demanda Théo, désespéré.
- Ça, je ne peux pas te le dire, se désola Harry. C'est à toi de le savoir. Ça dépend de ce que tu veux. Normalement, je te conseillerais de le mettre face à ses responsabilités mais j'ai bien compris que tu ne voulais pas prendre le risque de te brouiller avec lui, ce que je comprends parfaitement. Mais je ne trouve pas cette relation saine du tout.
Théo soupira.
- C'est ce que je pensais aussi jusque-là mais là, avec ce que tu viens de me dire, je la trouve encore plus malsaine... Mais je suis aussi déçu. En fait, j'ai l'impression de revivre la même discussion que j'avais eue avec Draco lorsqu'il a compris avant moi que Justin était attiré par moi. Il disait la même chose que toi, à savoir qu'il se servait de sa petite-amie pour se rassurer et se prouver à lui-même qu'il était hétéro. J'avais trouvé que c'était du gâchis puisque j'aimais Justin, qu'il était attiré par moi mais qu'il préférait pourtant rester avec sa copine... Là, c'est pareil. Je suis toujours amoureux de lui, il se trouverait que lui aussi mais il préfère encore une fois rester avec sa petite-amie.
- Tu n'as pas choisi le garçon le plus simple à comprendre, grimaça Harry. Enfin, c'est une façon de parler. Je sais bien que tu ne l'as pas choisi, car si on pouvait choisir, tu n'aurais sûrement pas jeté ton dévolu sur quelqu'un d'aussi compliqué que Justin. J'aurais bien aimé t'aider davantage mais je ne peux pas décider pour toi ce que tu dois faire.
- Je comprends, affirma Théo. Mais tu m'as déjà bien aidé. Grâce à toi, j'y vois beaucoup plus clair. Et je cerne mieux Justin. Merci de m'avoir écouté, ça m'a fait du bien d'en parler avec quelqu'un qui n'allait pas tout de suite juger Justin...
- Je suis ravi d'avoir pu t'aider, même si j'ai l'impression de t'avoir plus embrouillé qu'autre chose, plaisanta Harry.
- Non, au contraire, les choses semblent beaucoup plus limpides. Je ne sais pas encore ce que je vais faire mais je vais y réfléchir. Bon, assez parlé de moi. Je crois qu'à la base, j'étais venu pour t'aider à faire tes devoirs ?
- J'espérais que tu aurais oublié...
- Eh bien non, raté, rit Théo. Et on va s'y mettre tout de suite. Sinon on va discuter, discuter, discuter et quand je partirai, tes devoirs en seront toujours au même point. Et on risque de se le faire dire par ton parrain. Alors, par quelle matière veux-tu commencer ?
- C'est une question piège, ça. Soit j'écoute ma raison, soit j'écoute mes envies.
- Ok, donc il faudrait commencer par l'histoire de la magie ou la divination mais tu préférerais qu'on fasse d'abord le devoir de sortilèges, de métamorphose ou de botanique ?
Harry sembla choqué d'avoir été autant percé à jour, ce qui fit rire Théo.
- Je commence à te connaître ! Je sais quelles sont les matières que tu aimes et celles que tu n'aimes pas. Mais j'imagine que tu ne dois pas avoir besoin de moi pour le devoir de sortilèges et le devoir de métamorphose ? Le professeur Black et le professeur Lupin ont dû t'aider sans te donner pour autant les réponses...
- En effet, ils m'ont aidé à comprendre ce qui me posait problème mais comme tu dis, ils n'ont pas fait le devoir à ma place. Ils ont juste fait ce qu'ils auraient fait avec n'importe quel élève qui serait venu leur demander de l'aide à la fin d'un cours.
- Je vois. Après, c'est normal que tu aies plus besoin d'aide pour tes devoirs que les autres élèves. Tu as juste des notes, et aussi complètes soient-elles, tu n'as pas suivi les cours en eux-mêmes, donc c'est un peu compliqué pour toi d'arriver à comprendre ce que tu lis. Mais on va passer tout ça en revue. Du coup, on commence par le devoir de divination ou par le devoir d'histoire de la magie ?
- Le devoir de botanique ? tenta Harry.
Théo secoua la tête, amusé.
- Bien essayé, mais ça ne faisait pas partie des propositions.
- Bon bah va pour le devoir d'histoire de la magie, se résigna Harry avec une moue déçue.
- Très bon choix, c'est l'un des deux devoirs les plus longs. Comme ça, au moins, ce sera fait.
- C'est quoi l'autre devoir le plus long ? voulut savoir Harry.
- Celui de potions, répondit Théo.
- Oh oui, faisons celui-là alors !
- Harry... soupira Théo.
- Quoi ?
- On a dit qu'on faisait le devoir d'histoire de la magie alors on s'y tient.
- Roh, t'es pas drôle...
- Je suis intraitable lorsqu'il s'agit des devoirs, s'amusa Théo.
- Ça, j'avais bien remarqué... Mais j'aime bien ce petit côté autoritaire. C'est ce dont j'ai besoin pour me motiver. Allez, au travail !
Ce fut ainsi que Théo et Harry se mirent au devoir du professeur Manley. Vu comment Harry avait l'air peu disposé à travailler cette matière, Théo craignit au début qu'il allait avoir du mal à retenir son attention mais il fut surpris de voir le Gryffondor se concentrer très facilement. Il avait beau ne pas aimer cette matière, il restait sérieux et travaillait parce qu'il le fallait. Il écoutait très attentivement Théo lui expliquer ce qu'il ne comprenait pas dans les cours qui lui avaient été donnés et il prit de nombreuses notes qui allaient lui être utiles pour le devoir. Ils travaillèrent pendant une heure et demie ainsi et eurent tout juste le temps de déblayer tous les aspects du devoir. Ils furent tous deux déçus quand Théo dut partir mais il était dix-neuf heures et il était grand temps qu'il aille dîner. Il promit de repasser dans la semaine, avec l'accord du professeur Black qui en parlerait avec le professeur Snape. Ce fut donc avec la perspective de revoir prochainement Harry que Théo s'en alla et qu'il rejoignit sa salle commune, puis son dortoir afin d'y déposer ce qu'il avait emmené avec lui, à savoir Bianca et ses affaires de cours. Il se sentit épuisé lorsqu'il se rendit à la Grande Salle. La journée avait vraiment été trop intense. Tout compte fait, il avait hâte que les cours reprennent. Même avec les cours, les devoirs individuels, les séances de travail en binôme et les entraînements de Quidditch, Théo était sûr que les journées allaient être moins fatigantes que les trois semaines de vacances qui venaient de passer !
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(dimanche 07/01) POV Sirius
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- Tu es sûr que tu as bien pris tout ce qu'il te fallait ?
- Oui, j'ai déjà vérifié quatre fois, Sirius.
- Mais tu as peut-être oublié des choses auxquelles tu n'as pas pensé...
- Sirius, il te dit qu'il a tout, laisse-le tranquille, intervint gentiment Remus. Il va finir par être en retard si tu continues à le retenir comme ça. Et puis, s'il a oublié quelque chose, il n'aura qu'à le dire à Severus qui nous enverra un Patronus. Il viendra et il récupérera ce que Harry aura oublié.
- Je pourrai très bien y aller, protesta Sirius.
- Tu penses vraiment que c'est une bonne idée ?
Sirius soupira.
- Ok, j'ai compris.
Il s'adressa à Harry :
- Allez, on y va. J'ai au moins obtenu la permission de t'accompagner. Ils ne m'arrachent pas à toi d'un coup comme les sans-cœur qu'ils sont.
- Ils veulent juste éviter que tu me gardes ici alors que je dois retourner chez le professeur Snape. Remus et lui savent que c'est dur pour toi et ça l'est pour moi aussi mais on se revoit le week-end prochain, assura Harry.
- Il y a intérêt, renchérit Sirius. Bon, vas-y en premier.
Harry acquiesça et se dirigea vers la cheminée. Il partit sous le regard de Sirius qui se tourna ensuite vers Remus.
- Je reviens d'ici une dizaine de minutes.
- Tout seul, précisa Remus.
Sirius leva les yeux au ciel.
- Évidemment. Je l'emmène juste chez Snape. Je ne reviens pas avec lui, c'est promis. Même si j'en ai très envie. Allez, j'y vais, à tout de suite.
Sirius rejoignit à son tour la cheminée qu'il utilisa pour se rendre dans les appartements de Snape. Il y trouva Harry en train de discuter avec son professeur médicomage.
- Ah, Black, te voilà. J'étais en train de parler avec ton filleul de la montagne de chocolats qu'il y a dans son sac. Tu ne crois pas que vous avez un peu exagéré, Lupin et toi ?
- C'est le premier Noël qu'on passait avec Harry, se défendit Sirius. Mais rassure-toi, on lui a dit de ne pas trop en manger chaque jour et il nous a écoutés. La preuve, il lui en reste plein. Et puis il en a donné à ses amis quand ils sont venus le voir. Il n'a fait aucun excès, je te le promets.
- Je te crois. Bon, la chambre est prête, vous pouvez vous y réinstaller, ajouta Snape à l'adresse de Harry.
- Ça peut attendre cinq minutes, protesta Sirius.
- Je préfère que ce soit fait rapidement, répliqua Snape. Mais je te laisse dire au revoir à ton filleul.
- Merci, c'est trop aimable de ta part, railla Sirius.
Il s'approcha de Harry et le prit dans ses bras. Il sentit son filleul se serrer contre lui en agrippant sa robe de sorcier dans son dos. Les larmes lui montèrent aux yeux à l'idée de passer cinq jours sans Harry alors qu'ils venaient de passer deux semaines et demie ensemble. Mais il ne les laissa pas couler. Il devait se montrer fort, même s'il avait l'impression d'abandonner Harry et que ça lui brisait le coeur.
- On se revoit samedi, lui chuchota-t-il à l'oreille.
Harry acquiesça contre lui avant de rompre doucement l'étreinte.
- Merci pour ces vacances et ces fêtes, dit-il sincèrement. C'était super.
- Il y en aura d'autres, tu peux me croire, répondit Sirius en ébouriffant les cheveux de Harry. Allez, va défaire tes valises.
Harry hocha de nouveau la tête et partit avec ses bagages.
- Je ne sais pas comment font les parents pour laisser leurs enfants partir le premier septembre en sachant qu'ils ne les verront pas avant quatre ou dix mois, lâcha Sirius. Moi, là, je vais passer cinq jours sans Harry et je trouve ça déjà atrocement long.
- C'est normal, votre situation est assez atypique. Tu es en train de rattraper le temps perdu avec ton filleul, alors chaque jour passé sans lui te semble être une éternité.
- C'est exactement ça, murmura Sirius. Et c'est surtout du temps perdu de plus. Mais je suis obligé de te le laisser. Je dois reprendre le travail demain et Harry, lui, n'est pas encore prêt à retourner en cours et à son dortoir. Du coup, c'est toi qui dois de nouveau t'occuper de lui. D'ailleurs, est-ce que tu es allé voir Dumbledore pour ce dont on avait parlé ?
- Non, pas encore, je n'ai pas du tout eu le temps. Je vais essayer de voir ça le week-end prochain.
- Il faut que tu lui en parles avant que tu ne reprennes les cours. Il ne faudrait pas que Dumbledore vire Horace alors que tu souhaites partager tes heures avec lui.
- Je sais, il faut que je règle ça très vite mais je suis vraiment très occupé. Ne t'inquiète pas, ça ne va pas m'empêcher de bien m'occuper de ton filleul.
- Je ne m'inquiétais pas, dit honnêtement Sirius. Je sais que tu réussiras à gérer ton temps entre tes obligations et Harry. Bon, je vais y aller, j'ai promis à Remus que je rentrerais dans dix minutes.
- Très bien, vas-y alors. Je ne voudrais pas être à l'origine d'une scène de ménage en t'ayant retenu trop longtemps.
Sirius se sentit rougir malgré lui.
- Remus et moi ne sommes pas en ménage, nous sommes juste colocataires, rétorqua-t-il.
- Si tu le dis.
Sirius souffla, agacé.
- Au revoir, Snape.
Il tourna les talons et se dirigea vers la cheminée. Une minute plus tard, il était de retour dans ses appartements. Il s'installa à table, en face de Remus qui était en train de préparer ses cours.
- Tu travailles déjà ? s'étonna Sirius.
- Oui, j'ai besoin de m'occuper l'esprit.
Sirius regarda attentivement Remus. Il ne tarda pas à comprendre ce qu'il voulait vraiment dire par-là.
- Ok, je vois. Le départ est difficile pour toi aussi. J'aurais dû le deviner quand tu m'as poussé à le laisser partir. En fait, tu t'es dit que, plus tôt il partirait, moins ce serait dur pour nous tous.
- C'est ça. Je suis désolé de vous avoir pressés. Mais je sentais que tu retardais le moment et...
- Et tu as eu raison, coupa Sirius. On y serait encore si tu n'avais pas été là. Maintenant, il est chez Snape qui va bien s'occuper de lui, toi et moi on reprend le travail demain, on va tellement avoir une semaine de dingue qu'on ne verra pas le temps passer, le week-end va arriver sans qu'on s'en rende compte, Harry va revenir pour deux jours, puis on va commencer une nouvelle semaine de boulot et ainsi de suite et ainsi de suite jusqu'à ce que Harry reprenne les cours. Il va alors regagner son dortoir et tout redeviendra comme avant, mais en mieux. C'est-à-dire sans potions de sommeil sans rêves, sans petit-ami ami drogué et sans esprit perturbé.
- C'est une très bonne façon de voir les choses, commenta Remus. Et je t'approuve complètement. Le pire est derrière nous et le meilleur reste à venir.
Sirius acquiesça distraitement.
- On revient de loin, quand-même, observa-t-il. Je crois qu'on n'a pas encore réalisé tout ce par quoi on est passé.
- On s'en rendra compte quand tout sera rentré dans l'ordre. Ça risque de nous faire un choc. Mais on sera là pour se soutenir.
Sirius approuva à son tour les mots de Remus. Alors que ce dernier se replongeait dans ses cours, Sirius se leva, se posta derrière Remus et passa ses bras autour de son cou.
- Heureusement que tu étais là, n'empêche. Je n'aurais jamais tenu tout seul. Parfois je me demande si le Choixpeau n'est pas devin et s'il n'avait pas anticipé tout ça, songea Sirius.
- Je me le demande aussi. Mais il ne fait jamais rien par hasard. Il devait savoir ce qu'il faisait quand il a suggéré à Dumbledore de nous mettre dans les mêmes appartements. Il devait avoir une bonne raison pour ça.
- Sûrement, affirma Sirius. En tout cas...
Il approcha sa bouche de l'oreille de Remus.
- ... on peut le remercier. Pour tout le soutien qu'on a pu s'apporter et...
Sirius dévia vers le cou de son amant.
- ... pour ça aussi.
Il mordit légèrement le cou de Remus, faisant glapir celui-ci.
- Sirius, ce n'est pas le moment, protesta-t-il. Ne profite pas que Harry ne soit plus là pour me sauter déjà dessus...
- Je suis sûr que tu ne dirais pas non, pourtant.
- Peut-être mais j'ai du travail.
- Ça peut attendre. Ose me dire que ce ne sont pas tes cours de mercredi ou de jeudi que tu es en train de préparer. Tes cours de lundi et de mardi sont déjà prêts, j'en suis persuadé.
- Eh bien j'ose te dire droit dans les yeux si je me retourne que ce ne sont ni les cours de mercredi, ni les cours de jeudi sur lesquels je suis en train de travailler.
- Ah oui ? Ce sont les cours de quel jour, alors ? demanda Sirius, irrité.
Remus se retourna.
- Vendredi, déclara-t-il, un sourire amusé aux lèvres.
Sirius ouvrit la bouche et la referma. Vexé, il croisa les bras.
- T'es pas drôle. Je me suis bien fait avoir.
- Oui, mais tu avais quand-même raison sur un point. Ça peut largement attendre.
- Je croyais que tu ne voulais pas que je te saute dessus ?
- Oui, c'est vrai. Mais l'inverse n'est pas forcément valable.
Tout en disant cela, Remus poussa Sirius jusqu'au canapé sur lequel il le fit tomber. Sirius ne put rien faire alors que Remus le surplombait et lui prenait les mains qu'il positionna au-dessus de sa tête.
- Hé, c'est pas du jeu ! rouspéta Sirius.
- On ne domine pas aussi facilement un loup-garou, s'amusa Remus. Tu devrais le savoir depuis le temps.
Sirius voulut protester mais Remus l'en empêcha en posant ses lèvres sur les siennes. Il capitula et laissa Remus l'embrasser et glisser ses mains sous sa chemise. Il fit de même et débarrassa très vite Remus de sa chemise.
- Tu es pressé dis donc, fit remarquer celui-ci.
- J'ai eu plusieurs fois envie de toi sans pouvoir te toucher, alors maintenant que je peux le faire, j'en profite. Après, si tu préfères qu'on prenne notre temps...
- Non, ça me va très bien comme ça.
Comme pour le lui prouver, Remus s'attaqua à la ceinture de Sirius. Vu que Remus n'en portait pas, Sirius commença à lui enlever directement son pantalon mais ils furent tous deux interrompus par des coups frappés à la porte. Ils s'immobilisèrent et se regardèrent.
- On fait comme si on n'avait rien entendu ? suggéra Sirius.
- Ce n'est pas très professionnel, grimaça Remus.
- Personne ne le saura, dit Sirius en haussant les épaules.
- Ce n'est pas une raison... Oh et puis zut, tu as raison, on n'est pas obligés d'être tout le temps dans nos appartements !
Sirius sourit, ravi d'avoir corrompu Remus. Ils se remirent à leurs caresses mais ils entendirent de nouveau quelqu'un toquer à la porte, plus fort cette fois.
- Ça a l'air urgent, constata Sirius.
- Effectivement, agréa Remus.
Plusieurs secondes passèrent durant lesquelles ni l'un ni l'autre ne bougea. La personne toqua une nouvelle fois, ou plutôt tambourina.
- Bon, on y va sinon il ou elle va défoncer la porte, décida Remus.
Sirius soupira et remit sa chemise et sa ceinture. Il remit de l'ordre dans ses cheveux, tout comme Remus, puis ils allèrent ouvrir. Ils tombèrent sur leurs collègues d'astronomie et d'histoire de la magie qui semblaient quelque peu irrités.
- Ah bah enfin, ce n'est pas trop tôt ! s'exclama Aurora.
- Désolé, Sirius était en train de travailler dans le calme et moi je faisais la vaisselle. Nous ne vous avons pas entendu frapper. Que se passe-t-il ?
Sirius admira la facilité avec laquelle Remus mentait. Il se doutait bien que, de par sa condition, son ami avait souvent dû mentir pour se sortir d'une situation délicate, pour trouver un emploi, pour se procurer des soins, pour justifier ses absences mensuelles... Sirius, lui, ne savait pas mentir.
- Nous avons repéré un marécage dans un couloir, annonça Ernest. Nous avons voulu y remédier mais il a rapidement pris de l'ampleur et nous n'avons rien pu faire. On a préféré aller chercher les personnes qui étaient les plus à même de pouvoir faire quelque chose.
- Vous avez bien fait, assura Remus. Est-ce que vous savez qui a créé ce marécage ?
- On a d'abord pensé que c'étaient les jumeaux Weasley vu qu'ils sont spécialisés là-dedans mais on a vite compris qu'il s'agissait de Peeves.
- Il n'a rien d'autre à faire qu'inonder les couloirs ? maugréa Sirius.
- On va s'en occuper, promit Remus en même temps. Où se trouve ce marécage ?
- Au troisième étage.
- D'accord, on y va tout de suite.
Aurora et Ernest remercièrent leurs collègues et s'en allèrent. Sirius et Remus quittèrent peu après leurs appartements et se rendirent aussitôt au troisième étage. Ils virent immédiatement l'étendue des dégâts.
- Je vais massacrer Peeves, siffla Sirius.
- Plus tard, intima Remus. On va d'abord réparer ce qu'il a fait. Mais je serais plutôt d'avis à rendre visite au Baron Sanglant, si tu vois ce que je veux dire.
Sirius sourit de toutes ses dents en comprenant l'idée de Remus.
- S'il pouvait faire le boulot à notre place...
- Exactement, approuva Remus. Bon, on ferait mieux de s'y mettre avant que des élèves n'arrivent.
Sirius acquiesça et lança tout un tas de sorts avec Remus pour faire disparaître le marais. Ils étaient en effet les mieux placés pour s'en occuper. Ce marécage était enchanté, ce qui relevait à la fois du domaine des sortilèges et de la métamorphose. Ils mirent vingt minutes pour venir à bout de la farce de Peeves. Ils nettoyèrent ensuite le sol et finirent le travail en faisant en sorte que le sol ne glisse pas.
- Bien, maintenant on va voir le Baron Sanglant.
Sirius et Remus se rendirent aux cachots où ils trouvèrent le fantôme en train d'errer près de la salle commune des Serpentard. Ils lui demandèrent poliment son aide, requête qui fut vite acceptée par le fantôme qui s'ennuyait. Ils rentrèrent alors à leurs appartements et s'assirent aussitôt à table, épuisés mais ravis d'avoir fait leur travail.
- J'ai bien envie de me venger personnellement de Peeves quand-même, songea Sirius. À cause de lui, on a été interrompus dans nos activités...
- Ce sera pour une autre fois, relativisa Remus. Je t'avoue que là, je suis trop fatigué pour faire quoi que ce soit.
- T'inquiète, moi aussi. Je suis vidé. C'est presque aussi éreintant de se battre contre un marécage que de se battre en duel...
- Il était coriace, celui-ci. Bien plus que ceux des jumeaux Weasley. Bon, je vais me remettre au travail, du coup.
- Moi aussi, renchérit Sirius. Je n'ai que ça à faire, ajouta-t-il en voyant le regard étonné de Remus.
- Ah oui, donc c'est pour ça que tu m'as chauffé tout à l'heure. Parce que tu t'ennuyais.
- Pas seulement, répliqua Sirius. J'en avais aussi envie.
- Tu me rassures. L'espace d'un instant, j'ai cru que j'étais ton passe-temps, plaisanta Remus.
- Je ne te considérerai jamais comme ça, affirma Sirius. Tu es bien plus que ça pour moi.
- Je sais, je disais ça pour rire, apaisa Remus. Et puis j'espère bien que tu me considères comme un ami et non comme un passe-temps ! Bon, un peu de sérieux. Où est-ce que je m'en étais arrêté...
Remus se mit à farfouiller dans ses parchemins sous le regard d'un Sirius songeur. Ce que venait de dire Remus l'avait quelque peu troublé. Il ne savait plus vraiment s'il considérait Remus comme un ami. Il avait le sentiment que c'était plus que ça. Que leur relation n'était plus exactement la même que celle qu'ils avaient lorsqu'ils étaient élèves à Poudlard. Et ce n'était pas uniquement dû au fait qu'ils partageaient désormais des moments intimes. Il y avait autre chose. C'était plus profond que de la simple attirance sexuelle mêlée à de l'amitié qui n'en était plus vraiment. Mais il n'arrivait pas à mettre le doigt sur cette chose qui qualifiait leur relation. Ou alors, une petite voix lui disait qu'il ne voulait pas le savoir. Mais comme souvent, il préféra ignorer ce que lui soufflait cette voix. Il savait pourtant qu'il devait sérieusement s'interroger sur la relation qu'il entretenait avec Remus. Car elle n'avait rien de normal. Mais il n'en avait pas envie. Rester dans le doute lui semblait bien plus confortable. Il préférait se dire que Remus et lui étaient juste deux amis qui prenaient du bon temps ensemble. C'était ce qui se rapprochait le plus de la vérité et, pour Sirius, c'était amplement suffisant.
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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que le chapitre vous a plu ! =) Avant de vous quitter, j'aimerais avoir votre avis sur quelque chose. Je suis en train d'écrire la semaine des examens blancs des BUSE et je me demandais s'il valait mieux dire «BUSE blancs» ou «BUSE blanches». Je dirais plutôt «BUSE blancs» mais, dans le doute, je préfère avoir d'autres avis :) Vous pouvez me donner le vôtre en review ou en privé =) Je vous souhaite une bonne semaine et je vous dis à lundi pour le prochain chapitre qui s'intitulera «Semaine de rentrée agitée». Bisous tout le monde !
