Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le quarantième chapitre de SAMLP =)
.
Casper1702 : Merci, heureuse que l'histoire te plaise =) Harry est sur la bonne voie, il va aller de mieux en mieux même si tout ne sera pas toujours rose =) Je crois aussi qu'au singulier, dans la saga, on dit «une BUSE», mais c'est peut-être un choix personnel du traducteur, vu qu'en anglais on ne se pose pas vraiment la question XD Mais au pluriel je ne sais pas ce que ça donne :/
Zackos : Sirius ne va pas retourner voir sa psychomage tout de suite, trop de choses à faire XD Je parlais justement des élèves handicapés récemment avec ma soeur et ça nous a donné envie d'intégrer ce sujet dans nos histoires respectives =) Je ne sais pas encore si je le ferai mais avec Severus qui va se mettre en tête de révolutionner Poudlard, son système éducatif et son accompagnement scolaire et social, ça pourrait très bien arriver ! Je pense que jusque-là, les élèves handicapés ne sont pas admis à Poudlard et suivent leur instruction chez eux, avec leurs parents ou un précepteur :/ Sirius est exactement comme tu le décris, c'est un vrai chien fou ! Remus a des caractéristiques du loup, donc son caractère doit forcément s'en ressentir, ce qui n'est pas pour déplaire à Sirius XD Ils sont tous deux des canidés, après tout XD Ce serait tellement plausible la scène du mensonge de Remus avec James, Sirius et Peter ! XD Je les vois comme ça aussi, en ayant tous un caractère assez différent : James qui ne prend rien au sérieux, Sirius qui est toujours là pour mettre l'ambiance, Peter qui est un peu timide et qui suit ses amis, et Remus qui est la voix sage du groupe mais qui ne dit pas non pour accompagner ses amis dans leurs blagues XD De mon côté c'est un peu la pagaille, j'espère que ça va bien du tien !
mimibou : Tu n'es pas stupide du tout, c'est moi qui ai oublié que le système éducatif n'était pas le même dans tous les pays :/ Les examens blancs, ce sont des examens qui surviennent vers février ou mars (je ne sais plus trop, ça commence à dater XD) pour préparer les élèves aux vrais examens (brevet ou bac) qu'ils passent en fin d'année scolaire :) Et j'ai eu envie d'inclure ce système à Poudlard XD Merci pour ta réponse, je pensais la même chose mais le doute était là ! Je ne crois pas que le chapitre était plus long que les autres mais la NA était plus courte que d'habitude, donc ça t'a peut-être fait cet effet-là :) En tout cas, le chapitre d'aujourd'hui est plus long, il fait 24 000 mots XD
Mel : Ne t'en fais pas, je peux comprendre que ce soit long de reviewer un chapitre de plus de 20 000 mots XD Tu as parfaitement bien résumé ce qui s'est passé durant les chapitres précédents XD Justin et Théo, c'est vraiment compliqué et encore, pour l'instant ça va, j'ai envie de dire XD Ouiiii, la mise en couple de Draco et Harry, c'est pour bientôt, il faut juste attendre un peu après la reprise des cours de Harry =) Pour Draco et Dean, c'est tout à fait ça, Draco a besoin de reprendre sa sexualité en main et Dean est plus que d'accord pour l'y aider XD Ça a été très dur de séparer Draco et Graham, si Draco avait été amoureux, ils auraient pu avoir une longue et belle histoire d'amour *-* Ça va aller de mieux en mieux entre Severus et les Maraudeurs, la relation entre Remus et Sirius va prendre un tournant et Severus n'y sera pas étranger *-* Oui, Terry et Hermione sont enfin ensemble ! Ça s'est fait plutôt facilement mais il fallait quelque chose comme ça pour les pousser l'un vers l'autre XD Heureuse que tu aimes la relation entre Harry et Théo, c'est sûrement la relation la plus saine de l'histoire ! Et ce n'est même pas un couple XD Emily est un véritable obstacle entre Justin et Théo et elle va le devenir encore plus d'ici quelques chapitres :/ Mais oui, Justin se voile complètement la face ! Mais il réagit comme beaucoup de personnes le font dans la réalité :/ Emily aime Justin et c'est peut-être ça le problème :/ Elle s'accroche à leur histoire et ne veut pas voir ce qu'elle est devenue :/ C'est hyper gentil, je suis contente que cette fic divertisse, même si elle est un peu déprimante sur les bords XD Bon courage pour tes études, je comprends parfaitement, c'est galère de mon côté aussi, on est ensemble XD Ne pas savoir quel cours on aura la semaine suivante, avoir les cours qui changent de jour et d'heure d'une semaine à l'autre et ne rien pouvoir prévoir à l'avance alors qu'on a des rendez-vous à prendre, c'est cooooool XD Perso je préfère en rire, c'est le seul moyen pour ne pas péter les plombs XD Et je sais que les étudiants en master ont beaucoup de mal à trouver des stages :/ Merci pour ta réponse sur les BUSE, je suis tout à fait d'accord ! Dans la logique, on doit dire «BUSE blancs» mais nos oreilles francophones n'apprécient pas forcément à cause de l'oiseau qui porte le même nom et qui est un nom féminin XD
Butterfly Fictions : Ne t'inquiète pas, on a tous moins de temps qu'avant, je pense :) La paix entre Ron et Draco est primordiale à bien des égards, ils ont gagné en maturité et ça leur permet de mettre les vieilles rancœurs de côté =) Draco ne s'attendait pas du tout à ce que son moment intime avec Dean prenne cette tournure XD Le coming-out de Draco sera un peu passé sous silence car il ne fera pas face aux même réactions qu'ont dû subir Harry et Théo :) Du moins, pour le moment XD Justin va y aller progressivement dans son acceptation de son attirance et de ses sentiments envers Théo :) Tout va pour le mieux entre Severus et Draco, ils n'étaient pas voués à rester en froid, ils ont trop besoin de leur bonne entente d'antan pour ça =) Oui, vous étiez plusieurs à avoir deviné que Harry était sorti avec Cédric :) Mais c'était important de ménager le peu de suspense qui subsistait encore XD Entre Tonks et Severus ça va évoluer doucement, on ne peut pas les voir trop souvent ensemble mais ils apparaîtront aux moments opportuns =) Hop, on change de review XD Harry se fait effectivement tout petit à cause de son enfance chez les Dursley :/ Sirius et Remus n'en savent encore rien pour l'instant, c'est à Severus que Harry en parlera en premier lors d'une séance de thérapie :) Et ils vont rester un long, très long, très très long moment sur le sujet ... Ravie que tu aies aimé le moment entre Terry et Hermione =) Ils y vont en douceur, c'est le couple qui se prend le moins la tête je crois XD L'histoire du chaudron restera un mystère jusqu'au prochain tome XD Ça n'aura pas d'importance pour le reste de ce tome-là :) Tout ce qu'il faut se dire, c'est que ça a permis à Terry et Hermione de se mettre ensemble x) La relation entre Draco et Dean sera éphémère, je le dis car j'ai déjà dévoilé que Harry et Draco allaient bientôt sortir ensemble XD Et Draco n'est pas du genre à sortir avec deux personnes à la fois, il n'est pas comme un certain Poufsouffle dont on taira le nom (HEIN JUSTIN ?) XD L'identité du garçon que Dean aime est un mystère à l'heure actuelle XD C'est un personnage qu'on connaît ;) Draco va rapidement mettre fin à sa relation avec Dean :) Et il se mettra bientôt en couple avec Harry :) La phobie des doudous de Harry s'expliquera plus tard, toujours avec Severus :) Un des Dursley n'y est pas étranger, en effet :/ Je suis vraiment, vraiment contente que vous aimiez tous la relation entre Théo et Harry *-* Harry est l'une des seules personnes à qui Théo peut se confier au sujet de Justin et il a bien fait de lui en parler =) Un peu de patience pour voir un tournant dans la relation de Sirius et de Remus =) La rentrée va être assez intense mais ça ne concerne pas Harry qui doit attendre encore un peu pour retourner en cours :) Merci pour ta réponse au sujet des BUSE, nous sommes tous d'accord, visiblement XD
.
Merci à tous pour vos retours, ça me fait extrêmement plaisir ! Et merci pour vos réponses concernant les BUSE blancs, je vais choisir cette appellation du coup =) Je préférais vraiment avoir votre avis pour ne pas faire un choix qui puisse gêner votre lecture :) J'ai conscience que l'écriture n'est pas parfaite, même si je passe une matinée à relire les chapitres (et faire la NA), mais si je peux éviter de faire une erreur qui puisse vous heurter, je le fais =)
Je vous laisse avec le nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture ! =)
.
.
40 - Semaine de rentrée agitée
.
.
(lundi 08/01) POV Pansy
.
Pansy grogna lorsque son réveil sonna. Elle le fit taire et replongea son visage dans l'oreiller. Cinq minutes plus tard, son réveil se fit de nouveau entendre. Cette fois, elle le laissa sonner, ayant trop la flemme de lever une nouvelle fois le bras. Évidemment, cela ne plut guère aux autres filles du dortoir :
- Parkinson, éteins ce maudit réveil ! lança Davies.
- Ouais, on aimerait dormir, nous ! renchérit Jones.
- C'est clair, j'étais en plein rêve, en plus, se lamenta Bulstrode.
- Oh ça va, si je n'avais pas laissé mon réveil sonner, vous auriez été réveillées dans dix minutes par le vôtre ! C'est quoi, franchement, dix minutes ?
- C'est du temps de sommeil en plus, répliqua Jones. C'est peut-être rien, pour toi, mais pour nous, c'est toujours ça de pris.
- Oui, c'est du temps en plus pour rêver.
- Ou pour dormir, tout simplement. Alors ce serait bien que tout le monde ici gère son réveil comme il se le doit !
- Hé c'est bon, lâchez-la, intima la voix de Greengrass.
- De quoi tu te mêles, Greengrass ? rétorqua Jones.
- De ce qui ne me regarde pas, c'est vrai, répondit calmement Greengrass. Mais je trouve ça lâche de se mettre à trois contre quelqu'un juste à cause d'une histoire de réveil qui sonne dix secondes de trop. Gardez votre énergie pour des combats plus importants.
Pansy entendit quelques secondes plus tard la porte de la salle de bain s'ouvrir et se refermer. Elle ne comprenait pas pourquoi Greengrass l'avait défendue mais, en tout cas, cela avait fait effet. Elle se promit néanmoins à l'avenir d'empêcher son réveil de sonner trop longtemps. Elle ne voulait pas avoir d'ennuis avec ses compagnes de dortoir. Elle était pour la paix dans le monde. En plus, c'était la première fois qu'elle dérangeait ses camarades avec son réveil. Elle n'avait jamais eu de conflit avec elles jusque-là. Mais elle avait bien remarqué que, depuis la rentrée, et plus particulièrement depuis le début du mois d'octobre, Davies, Jones et Bulstrode la regardaient d'un mauvais oeil. Elle ne savait pas pourquoi. Elle ne leur avait strictement rien fait. Elle se contentait de vivre sa vie sans faire de mal à qui que ce soit. Elle avait tout pour être heureuse : elle se débrouillait plutôt bien en cours, elle s'entendait très bien avec son binôme de travail et son équipe de Quidditch, elle n'avait aucun souci avec ses collègues préfets et elle avait toujours avec elle ses trois meilleurs amis. Elle n'était que joie et bonne humeur et n'avait aucune envie d'embêter les autres. Et elle était encore plus heureuse depuis qu'elle savait qu'elle allait bientôt devenir grande soeur. Elle n'avait pas encore eu le temps de le dire à Draco, Blaise et Théo, n'étant arrivée que la veille au soir mais elle comptait bien le leur dire le jour-même. Ce fut sur cette pensée qu'elle se leva et qu'elle se rendit elle aussi à la salle de bain. Il y avait deux douches par dortoir, ce qui permettait donc à deux filles de se laver en même temps. Il n'y avait alors pas besoin d'attendre les unes après les autres, surtout qu'aucune des cinq filles n'était vraiment longue sous la douche. De plus, certaines se lavaient le soir tandis que d'autres se lavaient le matin. Pansy prenait généralement sa douche après le dîner mais la veille au soir, elle avait préféré se coucher tôt et se laver le lendemain matin, étant trop fatiguée pour faire quoi que ce soit.
Comme d'habitude, elle mit environ un quart d'heure dans la salle de bain mais passa deux bonnes minutes à se réveiller en s'aspergeant le visage d'eau froide. Elle détestait les jours de rentrée. Elle était toujours fatiguée et avait du mal à reprendre le rythme. Mais cela s'expliquait sûrement par le fait qu'elle attendait toujours la veille de la rentrée pour se coucher plus tôt. Elle savait qu'il fallait y aller progressivement mais elle n'y arrivait pas.
Une fois habillée, elle sortit de la salle de bain, prit son sac, quitta son dortoir et prit la direction de la Grande Salle. Elle y trouva ses trois amis qui étaient déjà en train de prendre leur petit-déjeuner. Elle préféra attendre la fin des cours pour leur apprendre qu'elle allait devenir grande soeur.
- Salut les garçons ! dit-elle en s'asseyant. Vous allez bien ? Vos vacances se sont bien passées ?
- Oui, ça va, répondit évasivement Draco. Et toi ? Ça a été, chez tes parents ?
- Oui, c'était super.
- Ça ne m'étonne pas. Tu avais l'air heureuse hier soir, fit remarquer Draco.
- Parce que je le suis, affirma Pansy.
- Il y a une raison à cela ? s'enquit Draco.
- Oui, mais je préfère attendre ce soir pour vous en parler.
- Oh, tu ménages le suspense, plaisanta Blaise.
- Oui et non, rit Pansy. C'est surtout que j'ai quelque chose à vous dire mais que je ne veux pas vous l'annoncer à la va-vite.
- Ouh là, ça doit être important.
- Assez, oui, enfin pour moi, en tout cas. Et c'est justement parce que ça me tient à coeur que je veux faire l'annonce en bonne et due forme.
- D'accord, tu nous diras ça à la fin des cours, alors, dit Draco.
- Zut, je vais être le dernier au courant, soupira Théo. Vous terminez à quatorze heures mais moi j'ai runes jusqu'à seize heures.
Trois regards éberlués se tournèrent vers Théo.
- Quoi ? demanda celui-ci, visiblement mal à l'aise.
- Non mais tu croyais vraiment que j'allais d'abord le dire à Blaise et Draco et ensuite à toi ?
Le rougissement de Théo tint lieu de réponse. Pansy leva les yeux au ciel.
- Il n'est pas question que l'un d'entre vous soit mis à part. J'attendrai que tu sois là et je vous le dirai à tous les trois à seize heures, un point c'est tout. Non mais. Bon, Draco m'a répondu mais pas vous deux, ajouta-t-elle à l'intention de Blaise et Théo. Vous avez passé de bonnes vacances ?
- Oui, j'ai beaucoup vu Ginny, déclara Blaise, l'air rêveur.
- Étonnant, se moqua gentiment Pansy.
- Si je ne le savais pas déjà, je ne l'aurais pas deviné moi-même, renchérit Draco.
- Oui bah vous verrez quand vous serez amoureux, bouda Blaise. Enfin, je veux dire, quand vous sortirez avec quelqu'un... Parce qu'on peut être amoureux sans pour autant sortir avec la personne...
Alors que Blaise s'embourbait dans ce qu'il disait, Pansy avait clairement vu Théo se tendre. Draco, lui, semblait très gêné. Elle eut la nette impression que quelque chose lui échappait. Théo finit par soupirer.
- J'aurai à te parler aussi, Pansy.
La préfète fut surprise par l'annonce de Théo. Elle mit plusieurs secondes à réagir :
- Bien, si tu veux. On verra ça ce soir. Mais ce n'est rien de grave, j'espère ?
- Non, c'est juste quelque chose que je n'ai pas eu l'occasion de te dire jusque-là. Et comme on ne veut pas de secrets entre nous...
- Bon, tu me rassures, alors, dit Pansy en souriant.
Elle regarda l'heure et tapota la table.
- On ferait mieux de se dépêcher de finir de déjeuner. On a botanique dans une demie-heure et il faut aller jusqu'aux serres.
- Mais on n'attend que toi, Pansy, s'amusa Blaise. Draco, Théo et moi avons presque fini de manger.
- Oh là là, je suis vraiment en retard...
- En même temps, tu es arrivée plus tard que d'habitude, constata Draco.
- Je suis toujours lente, le jour de la rentrée. Mais j'avoue que j'ai fait fort, ce matin. J'étais tellement fatiguée que je ne voulais pas me lever et que j'ai laissé mon réveil sonner une deuxième fois, ce qui ne m'était jamais arrivé avant. Et je ne l'ai pas éteint assez vite au goût de trois de mes camarades. Elles me l'ont bien fait comprendre.
- Ne me dis pas que tu t'es disputée avec Daphné ? grimaça Draco.
- Non, c'est la seule qui ne m'a rien reproché. Au contraire, elle m'a même défendue. Je ne sais pas à quoi elle joue. Mais elle mijote forcément quelque chose.
- Tout de suite, soupira Draco. Tu ne peux pas simplement te dire qu'elle t'a défendue parce qu'elle en avait envie ?
- Pourquoi est-ce qu'elle en aurait eu envie ? rétorqua Pansy. On se déteste.
- Non, c'est toi qui la déteste. Elle n'a aucun grief contre toi, elle.
- En même temps je suis clean, moi, répliqua vertement Pansy. Je ne suis pas intéressée comme elle.
- Elle n'est pas intéressée, Pansy, protesta Draco d'un air las.
- Peut-être plus maintenant mais avant, elle l'était. Du moins, elle n'est plus intéressée par toi vu que votre future union a été annulée. Mais ses parents doivent déjà être en train de lui trouver quelqu'un d'autre d'aussi riche que toi.
- Elle n'a jamais voulu de ce mariage qui était prévu entre nous, je te l'ai déjà dit un million de fois.
- Elle est quand-même amie avec toi, s'obstina Pansy. Et elle aimerait être plus que ça.
Draco n'insista pas mais Pansy savait qu'il n'était pas d'accord avec elle. C'était depuis longtemps un sujet de discorde entre eux. Ils évitaient d'en parler mais lorsque cela arrivait, c'était plus souvent Draco qui finissait par lâcher l'affaire. Pansy était de loin la plus têtue du groupe. Elle avait souvent le dernier mot, à part lorsqu'elle savait qu'elle était en tort.
Afin de détendre l'atmosphère, Pansy décida de relancer la discussion sur un sujet plus joyeux :
- Sinon, est-ce que vous savez quand aura lieu le premier entraînement de Quidditch de l'année ?
- Demain, après les cours, répondit automatiquement Draco.
- Chouette ! Plus que.. euh..
- Trente-deux heures et vingt minutes à attendre ? compléta Théo, amusé.
Pansy le regarda d'un air dérouté.
- Mais comment tu fais pour calculer aussi rapidement ?!
- J'adore les chiffres. Ça aide à calculer facilement de tête.
- La chance... Je ne suis pas trop nulle en calcul mais il me faut plus de temps que ça. Ce sont bien les Serdaigle qu'on affronte à la fin du mois ?
- Oui, et ce serait bien qu'on sache comment ils comptent jouer.
- À tout hasard, je dirais sur des balais, dit innocemment Pansy.
Pour toute réponse, Draco lui jeta un petit pain qu'elle esquiva en riant.
- Je parlais de leur stratégie, patate, rectifia Draco.
- Dans ce cas, j'en sais rien. Mais ils ont sûrement élaboré leur stratégie en se basant sur le match qu'on a fait contre Gryffondor. Ils ont repéré nos points faibles, nos points forts et ils vont sûrement chercher à tirer profit de nos faiblesses. Mais tout ça, c'est à Graham d'y réfléchir.
- C'est vrai, reconnu Draco. Mais tu ferais une très bonne capitaine. Tu as une très bonne réflexion.
- Très peu pour moi. Diriger une équipe, ce n'est pas du tout mon délire. Je suis trop fofolle pour ça, de toute façon. En plus, c'est plutôt toi qui est pressenti pour succéder à Graham. Tu es dans l'équipe depuis trois ans et demi et l'année prochaine, tu seras le plus ancien de la bande. Graham, Miles et Cassius ne seront plus là. Adrian non plus mais lui il est déjà parti. Tu vas avoir toute une équipe à reconstituer !
- Merci, tu sais mettre la pression aux gens, ironisa Draco.
- Oh, c'est bon, tu devais bien te douter que tu serais le prochain capitaine... Ils ne vont quand-même pas nommer quelqu'un qui n'a jamais été dans l'équipe auparavant ! Et puis tu as toutes les qualités pour être capitaine.
- Pansy a raison. Tout le monde te voit capitaine l'année prochaine, assura Blaise.
- Eh bien si je prends vraiment la direction de l'équipe, je ne vais pas m'embêter pour les postes de poursuiveurs. Vous passerez tous les trois titulaires, comme ça c'est réglé, il n'y aura plus qu'à trouver des remplaçants.
- Tu vas être accusé de favoritisme si tu fais ça, prévint Théo. Les gens vont dire que tu avantages tes meilleurs amis. Il vaudrait mieux que tu fasses de vraies sélections.
- Et si vous êtes vraiment les meilleurs candidats parmi tous ceux qui se présenteront au poste de poursuiveur ? Qu'est-ce que je fais ? Je ne nomme titulaire aucun d'entre vous pour montrer que je suis parfaitement impartial ?
- Tu n'es pas obligé d'en arriver là, relativisa Théo. Sois juste honnête dans tes choix. Après, si tu trouves ça trop compliqué ou si tu n'as pas envie d'être capitaine, tu peux très bien le dire. Personne ne t'obligera à prendre la tête de l'équipe si tu ne le souhaites pas.
- Ah, merci, ça, ça me rassure ! s'exclama Draco. J'en parlerai avec Severus, de toute façon.
- Bonne idée, il saura mieux te conseiller que nous, approuva Pansy. Bon, j'ai fini de déjeuner, on peut y aller.
Draco, Blaise et Théo ne se firent pas prier et se levèrent en même temps que Pansy. Ils quittèrent la Grande Salle, puis le château et se rendirent ensuite aux serres de botanique pour leur premier cours de l'année.
.
La matinée passa relativement vite au goût de Pansy. La botanique et les sortilèges étaient des matières qu'elle affectionnait tout particulièrement. Elle aimait un peu moins la Défense Contre les Forces du Mal mais ils avaient un bon professeur, ce qui rendait la matière plus intéressante et plus facile à comprendre. Il ne restait que la métamorphose après le déjeuner et Pansy était ensuite libre jusqu'à son cours d'astronomie. Elle était actuellement en train de manger avec Blaise, Draco et Théo et était partagée entre leur discussion et celle qu'avaient les Poufsouffle derrière elle. Depuis qu'elle avait été en binôme avec Hannah Abbot avant de changer et d'être mise avec Padma Patil, elle avait développé un certain goût pour les ragots et c'était exactement ce dont il était question à la table des Poufsouffle. Mais elle voulait aussi écouter ce que disaient ses amis qui parlaient de ce qui était paru dans la Gazette le matin-même. Ils s'interrogeaient surtout sur les vols commis à Sainte-Mangouste qui faisaient l'objet d'une enquête diligentée par les Aurors. Chacun y allait de son avis et de ses hypothèses. Pansy, elle, ne savait pas quoi en penser alors elle préférait écouter les diverses opinions de ses amis. Elle finit d'ailleurs par concentrer son attention sur cette discussion plutôt que sur les ragots des Poufsouffle, même s'ils avaient l'air intéressants.
- Vous ne pensez pas que ça pourrait être un patient de Sainte-Mangouste ? suggéra Draco.
- C'est une piste à ne pas négliger, consentit Blaise. Mais ce qui est étrange, c'est que les potions qui sont volées n'ont pas toutes un lien les unes avec les autres.
- Ça, c'est sûrement pour brouiller les pistes, songea Théo. Le voleur prend ce dont il a besoin et ce dont il n'a pas besoin pour que les Aurors ne puissent pas se focaliser sur un profil en particulier. Par contre, ça m'étonnerait que le voleur soit un patient. L'équipe médicale devrait le voir si un patient cachait des potions dans sa chambre...
- Pas faux. Les Aurors devraient t'engager, tu résoudrais l'enquête en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
- Désolé mais ce métier ne m'intéresse pas, s'amusa Théo. Je suis incapable de faire du mal à une mouche, alors attraper un délinquant, ce n'est pas du tout dans mes cordes. Je préfère me mettre au service des autres en cultivant des plantes et en fabriquant des potions.
- Toujours décidé à faire une double formation ? s'enquit Pansy.
- Oui, toujours. Enfin, si j'ai de quoi la payer.
- Ton père ne va pas te déshériter depuis Azkaban, quand-même ? protesta Draco.
- Ce n'est pas question de ça, répondit Théo, l'air gêné. Parlons d'autre chose, si vous voulez bien. Tiens, est-ce que l'un de vous est de ronde aujourd'hui ?
- Non, ce soir ce sont MacMillan et Granger, annonça Draco. Mais mercredi je suis avec Patil.
- Et jeudi je suis avec Terry Boot, informa Pansy. Et demain ce sont Ron Weasley et Hannah Abbot.
- Vous m'épatez à apprendre le programme des rondes par coeur comme ça, dit Blaise. Bon, il est bientôt treize heures, on ferait mieux d'y aller.
Draco, Théo et Pansy acquiescèrent et se levèrent avec Blaise. Ils quittèrent la Grande Salle et se rendirent au septième étage pour leur cours de métamorphose. Sur le chemin, ils continuèrent leur discussion sur les rondes, Pansy voulant savoir comment ça s'était passé durant les vacances. Draco se fit un plaisir de lui raconter ses propres rondes nocturnes. Tout en l'écoutant avec attention, Pansy avait l'impression que, dès qu'ils le pouvaient, ils ne faisaient que ça depuis le matin-même : parler, parler, parler. Il fallait dire que trois semaines sans se voir, c'était long. Surtout qu'ils avaient eu une semaine de vacances de plus que d'habitude. Ils devaient bien rattraper tout ça. Évidemment, ils se turent pendant le cours de métamorphose. Celui-ci passa aussi vite que les cours du matin. Le lundi était la journée préférée de Pansy. Lorsqu'elle sortit de la salle de classe avec ses amis, elle prit le chemin de la salle commune de Serpentard avec Draco et Blaise tandis que Théo se rendait à son cours de runes avec Granger. Une fois arrivée, elle proposa de jouer aux échecs à ses deux amis. Sa proposition fut acceptée par Draco mais refusée par Blaise qui préféra lire un livre. Il était nul aux échecs et n'avait pas envie de subir défaite sur défaite. Pendant deux heures, Pansy joua donc avec Draco et remporta presque autant de parties de lui. Ils n'étaient pas d'excellents joueurs d'échecs mais ils avaient le même niveau, ce qui rendait les parties relativement équitables. Lorsque Théo revint, Pansy stoppa net la partie qu'elle était en train de jouer avec Draco, sous les protestations de celui-ci qu'elle ignora. Elle fit signe à Théo de les rejoindre, toute excitée à l'idée de pouvoir enfin leur annoncer la grande nouvelle. Théo s'installa en face d'elle et lança un sort pour insonoriser leur espace.
- Alors, vas-tu nous dire ce qui te brûle les lèvres depuis hier soir ? demanda-t-il gentiment.
- Je n'attendais que toi, répondit Pansy, les yeux pétillants. Pour vous, ce n'est sans doute pas grand-chose, mais pour moi, c'est beaucoup.
- On t'écoute, affirma Draco. Dis-nous tout.
- Je n'ai rien vu venir, commença Pansy. Mes parents étaient restés hyper discrets depuis que j'étais arrivée. Pendant huit jours, ils n'ont rien laissé échapper. Ou alors je n'ai rien vu. Quoi qu'il en soit, ils ont attendu le jour de Noël pour m'annoncer quelque chose de très important. Je ne sais plus ce que je disais à ce moment-là mais mon père a rebondi dessus pour me mettre sur la voie.
- Il veut bien t'acheter une chouette pour tenir compagnie à Archibald ? essaya de deviner Draco.
- Non, pas du tout, rit Pansy.
- Il veut bien que tu prennes un chat, alors ?
- Non plus. Ça n'a rien à voir avec les animaux. Enfin, si tu avais dit «chaton», tu aurais été un peu plus proche de la vérité.
- Mais un chaton, c'est un animal, répliqua Draco, perplexe.
- Oui, mais c'est différent d'un chat. Et c'est cette différence qui peut vous donner un gros indice.
- La seule différence que je vois, c'est qu'un chaton c'est un bébé tandis qu'un chat, c'est un adulte, dit Théo.
- Voilà, c'est ça. Un chaton c'est un bébé. C'est ça l'indice.
- T'ES ENCEINTE ?! cria alors Draco.
- Non mais ça va pas ?! Bien sûr que non ! Et puis tu crois vraiment que c'est mon père qui m'aurait annoncé cette nouvelle ?! Et qui me l'aurait cachée depuis le début des vacances ?!
- Ah euh non, c'est vrai...
- Oh ! s'exclama soudain Blaise. Je crois avoir deviné.
- Moi aussi, renchérit Théo.
- Mais c'est impossible, tu nous as dit que tes parents ne voulaient pas mener un énième combat, reprit Blaise.
- Oui mais la vie nous réserve parfois des surprises, répondit Pansy d'une voix émue.
- C'est fou, souffla Blaise. Mais je suis trop...
- Quelqu'un peut m'expliquer ? coupa Draco, agacé. Je ne comprends rien du tout, moi !
- Pansy va être grande soeur, annonça Blaise d'un ton presque théâtral.
Draco écarquilla les yeux.
- Qu... quoi ? Mais... c'est impossible... Enfin je veux dire...
- Personne ne se l'explique mais c'est arrivé, dit simplement Pansy. Ma mère en est à deux mois de grossesse.
- Mais c'est génial ! s'écria Draco, ayant visiblement oublié ses récentes interrogations. On s'en fout de comment c'est arrivé, le principal c'est que tu vas être grande soeur ! Mais ça se passe bien ? Il n'y a pas de risque ni rien ?
- Non, tout se passe à merveille, apaisa Pansy. Ça n'a rien à voir avec les grossesses précédentes. En fait, il semblerait que le problème de ma mère ait disparu à l'âge où, normalement, elle n'était plus censée avoir d'enfants. Mais ma mère a toujours eu des facilités à tomber enceinte. C'est juste que les foetus n'étaient pas viables, du coup elle faisait à chaque fois des fausses couches. Il n'y a que lors de sa troisième grossesse qu'elle n'en a pas fait mais elle a perdu l'enfant à la naissance. Et elle n'en a pas fait non plus lors de la grossesse dont je suis issue, évidemment. Sinon je ne serais pas là. Mais là, le bébé ne risque rien, c'est sûr et certain. Tout se passe très bien.
- Tant mieux, dit sincèrement Blaise. Franchement vous méritez mille fois ce bonheur. Cet enfant va être heureux. Il va être choyé et aimé. Il va faire des jaloux. Il aura des parents aimants et une soeur complètement gaga de lui. Il n'est pas né celui qui lui fera du mal.
- Ça c'est sûr, approuva férocement Pansy. Non mais vous imaginez ? Je vais être grande soeur ! Je vais pouvoir lui apprendre plein de choses à cet enfant ! Je vais lui faire découvrir un tas de choses, il va vouloir m'imiter, je serai comme son modèle ! Il faut absolument que je sois là pour toutes les choses qu'il fera pour la première fois. Son premier sourire, son premier rire, son premier mot, ses premiers pas... Ou alors il faut que mes parents filment tout ça. Je vais leur demander d'investir dans une ca... caré... cara... cama... enfin dans un truc moldu qui sert à filmer, quoi. Je crois que c'est une caréma mais je ne suis pas sûre.
- Tu es déjà mordue, fit remarquer Blaise, un sourire aux lèvres.
- Mais c'est pas de ma faute, j'adore les enfants, répliqua Pansy. Ils sont trop mignons, sérieux ! En tout cas, ce qui est sûr, c'est que quand j'aurai mon propre appart', un boulot, un salaire convenable et une situation financière stable, je demanderai à garder pendant quelques jours mon petit frère ou ma petite soeur. On va faire plein de choses ensemble. Ça va être génial. Évidemment, il faudra que je sois en congés à ce moment-là. Enfin bon, on n'y est pas encore...
- Oui, ce n'est pas pour tout de suite, il va déjà falloir attendre sept mois pour qu'il vienne au monde, donc tu as largement le temps de t'organiser pour les années à venir, se moqua gentiment Blaise. En tout cas, je suis trop content pour toi.
- Nous aussi, dirent en même temps Draco et Théo.
- Merci, vous êtes trop mignons, dit Pansy, émue. J'ai rarement été aussi heureuse. Pourtant, il m'en faut peu pour me mettre en joie ! J'ai tellement hâte qu'il naisse... Mais je ne veux pas qu'il naisse en avance. D'une, parce que je veux qu'il soit en bonne santé et en pleine forme et de deux, parce qu'il faut que j'aie le temps de faire du shopping avant sa naissance pour lui acheter tout ce qu'il faut. Vu qu'il est prévu pour la mi-juillet, ça me laisserait deux semaines pour faire tout un tas de magasins.
- Je me demande ce que tu vas lui acheter comme peluche, songea Blaise.
- Ça existe, les Boursouflets en peluche ? interrogea Draco.
- Non mais c'est une bonne idée, approuva Pansy. Rien que d'en parler, ça me donne envie de m'en procurer un vrai. C'est tellement adorable, ces petites bêtes-là ! Ça mange quoi, au fait ?
- Aucune idée, mais on va te laisser en parler avec Théo, il doit s'y connaître, lui. Tu viens, Blaise ? Faut que je te montre quelque chose, ça va te plaire.
Blaise acquiesça et s'en alla avec Draco. Pansy et Théo se retrouvèrent seuls.
- Je crois que Draco a emmené Blaise pour que tu puisses me parler, dit Pansy. Tu disais ce matin que tu avais quelque chose à me dire.
- Ah oui... C'est par rapport à ce qu'a dit Blaise ce matin avant de se rattraper.
- Oui, il a dit quelque chose du genre «vous verrez quand vous serez amoureux». Tu as eu une drôle de réaction que je n'ai pas vraiment compris. Draco semblait gêné et Blaise essayait tant bien que mal de se rattraper...
- Oui, ce qu'a dit Blaise qui m'a crispé car il se trouve que je suis justement amoureux.
- De ton binôme ? Oui, je sais.
Théo ouvrit de grands yeux ronds.
- Quoi ?! Mais... comment ?
- Je ne sais pas. Je pense que je l'ai à la fois vu et senti. C'est donc ça que Draco et Blaise savent et que tu ne m'avais pas encore dit ?
- Oui. Je ne comptais pas te le cacher bien longtemps, c'est juste que je n'ai pas eu l'occasion de te le dire avant. J'en ai parlé à Draco en premier pour la simple raison que j'avais besoin de me confier à quelqu'un qui pouvait savoir ce que je ressentais.
- Quelqu'un de gay, quoi, résuma Pansy.
- C'est ça. Je lui avais dit qu'il pouvait vous le dire si vous veniez à avoir des doutes ou à vous poser des questions sur moi. C'est ce qu'il a fait avec Blaise quand l'occasion s'est présentée.
- Je vois. En gros, il aurait fallu que j'aborde le sujet avec toi pour que tu me le dises. Mais tu n'étais pas obligé, tu sais. Tu as le droit d'avoir ton jardin secret.
- C'était difficile à garder, avoua Théo. J'avais besoin de conseils. Il y a d'ailleurs quelque chose que je n'ai dit à personne sauf à quelqu'un cette semaine. Je n'ose pas le dire à Draco et Blaise car je sais très bien comment ils vont réagir. Toi, c'est différent. Je sais que tu seras comme la personne à qui j'en ai parlé. Sauf que tu n'étais pas là durant les vacances alors je n'ai pas pu me confier à toi là-dessus.
- Eh bien maintenant, je suis là, alors dis-moi tout, dit gentiment Pansy. C'est à propos de Justin ?
- Oui. Je... j'entretiens une relation plus qu'amicale avec lui.
Pansy haussa les sourcils.
- Comment ça ?
- C'est un peu compliqué à expliquer.
- On a encore du temps avant le dîner. Je t'écoute.
Théo se lança sans plus discuter. Pansy l'écouta alors lui faire le récit de ce qui s'était passé avec son binôme depuis le début des vacances. Elle ne l'interrompit pas une seule fois et bien qu'elle trouvât l'attitude de Justin un peu limite, elle n'en laissa rien paraître.
- Comme je te l'ai dit, j'en ai déjà parlé à quelqu'un qui n'a pas vraiment pu me conseiller mais qui pense que Justin est amoureux de moi.
- Je serais tentée de croire la même chose. Et si c'est le cas, d'après ce que tu me dis, il n'est pas près de l'assumer.
- Qu'est-ce que tu me conseillerais, alors ?
- Déjà, pour moi, tu ne dois pas rester dans cette situation. Ensuite, il y a deux cas de figure. Soit il met les choses au clair avec tout le monde, y compris avec lui-même, soit il continue à mentir à tout le monde, y compris à lui-même. Dans le premier cas, s'il met les choses au clair, soit il ne t'aime pas, il te le dit et vous mettez un terme à votre relation, soit il est amoureux de toi, il te le dit et vous poursuivez votre relation. Dans le deuxième cas, s'il continue à se mentir à lui-même et aux autres, tu le quittes et puis c'est tout. Tu as autre chose à faire que t'embourber dans une relation avec un gars qui ne sait pas ce qu'il veut. Quoi qu'il en soit, dans tous les cas, tu dois le confronter. Tu ne me l'as pas dit clairement mais je pense que la relation que vous entretenez actuellement ne te convient absolument pas.
- En effet, admit Théo. Je n'aime pas être dans l'indécision. Je préfère quand tout est clair et net. Et puis ça ne me suffit pas qu'on se voit juste pour s'embrasser. J'aimerais qu'il me prenne dans ses bras et qu'il me dise qu'il m'aime.
Pansy sentit son coeur se serrer en entendant l'air triste sur lequel Théo prononça ces mots. Il n'avait jamais été amoureux jusque-là mais il était évident que le jour où il le serait, il voudrait une relation remplie d'amour, de douceur et de sincérité. Or, ce n'était pas vraiment ce que lui offrait Justin. Il y avait beaucoup de douceur mais pas d'amour et encore moins de sincérité. Alors que Justin pourrait très bien lui donner tout ça s'il se décidait à assumer ce qu'il ressentait vraiment. Pansy trouvait cette relation aussi triste que compliquée. Le bonheur ne tenait à rien, parfois, et Théo et Justin étaient en train de passer à côté du leur à cause de la volonté de Justin de ne pas assumer son homosexualité et ses sentiments. Pansy se demandait pourquoi il avait autant de mal à accepter qu'il était gay alors qu'il avait très bien pris le fait que Théo l'était. Sentant Théo triste et perdu, elle se rapprocha de lui et le prit dans ses bras. Ce n'étaient pas ceux de Justin mais Pansy savait que Théo aimait beaucoup ses câlins. Il le lui prouva une fois de plus en se laissant aller dans son étreinte. Pansy le serra contre elle pendant de longues minutes, jusqu'à ce que Théo se détache doucement d'elle.
- Merci pour ces conseils, dit-il d'un ton profondément sincère. Je préfère attendre un peu avant de les suivre. Là, Justin vient juste de retrouver sa petite-amie, ça se trouve, ça va lui faire un déclic de se sentir pris entre deux feux. C'est-à-dire entre sa petite-amie et moi. Car contrairement à ce qu'il m'a dit, je pense que notre relation ne s'est pas arrêtée avec la fin des vacances. Je suis presque sûr qu'il va vouloir qu'on continue à se retrouver dans notre repaire secret. Il est trop accro à nos baisers pour pouvoir s'en passer aussi facilement. Mais il va vite se rendre compte qu'il ne peut pas gérer deux relations à la fois. Il ne va pas supporter de mentir à sa petite-amie, de toute façon.
- Donc en gros, tu vas le laisser poursuivre votre relation pour qu'il s'aperçoive de lui-même que c'est invivable et pour que ça le pousse à faire un choix ?
- Exactement.
- C'est très Serpentard, ça. Mais comme d'habitude, quand tu te conduis comme un vrai Serpentard, ce n'est jamais pour être méchant et c'est toujours par nécessité. En tout cas, j'espère que ton binôme va réagir et qu'il va prendre la décision qui s'impose. Mais si, entre temps, tu tombes amoureux de quelqu'un d'autre, n'hésite pas à laisser tomber ton Poufsouffle. Je pense qu'aucun autre garçon ne sera plus compliqué que lui.
- Navré mais mon coeur ne bat que pour une personne. Je suis beaucoup trop amoureux de Justin pour m'intéresser à quelqu'un d'autre.
- C'est trop mignon, soupira Pansy d'un air attendri. Il ne se rend pas compte de la chance qu'il a, ton Poufsouffle. Est-ce que c'est tout ce que tu avais à me dire sur le sujet ?
- Oui, j'espérais que tu me conseillerais et tu l'as fait au-delà de mes espérances.
- Contente d'avoir pu t'aider, dit sincèrement Pansy. Bon, je vais faire deux ou trois choses dans mon dortoir avant d'aller dîner.
- D'accord, on se retrouve dans la Grande Salle.
Pansy acquiesça, planta un baiser sur la joue de Théo et se leva pour se diriger vers les escaliers. Elle les monta et se rendit à son dortoir qu'elle découvrit vide. Elle fit du rangement, chose qu'elle n'avait pas pu faire la veille au soir. Tout en mettant ses vêtements dans son armoire, elle repensa à la discussion qu'elle venait d'avoir avec Théo et cela l'amena à penser à sa propre vie sentimentale. Le souvenir de son baiser avec Ron lui revint en mémoire. Elle l'avait occulté durant les vacances, sauf à Noël lorsqu'elle avait abordé le sujet de ses collègues préfets avec ses parents. Elle n'avait pas de ronde prévue avec Ron cette semaine-là. Elle en avait une jeudi avec Terry et une dimanche avec Ernie. Elle avait donc encore du temps pour voir si ce baiser avait changé quelque chose entre Ron et elle. Elle ne savait pas si elle espérait que ce soit le cas ou pas. Elle n'avait jamais été amoureuse. Elle s'était intéressée à des garçons, oui, mais elle n'en avait jamais embrassé avant Ron. C'était le premier garçon dont elle se sentait proche. En-dehors de Draco, Blaise et Théo, bien entendu. Elle avait bien été intéressée par Cassius mais ça n'avait pas été pareil. Elle le trouvait beau et elle avait été séduite par son charisme. Avec Ron, c'était différent. Elle avait appris à le connaître lors de leurs rondes et elle aimait beaucoup la personne qu'il était. Il avait des défauts, certes, mais cela le rendait attachant. En fait, elle aimait surtout discuter avec lui. Elle aimait la façon dont il voyait les choses, elle aimait son humour, elle aimait sa spontanéité, elle aimait son côté un peu incisif... Elle aimait beaucoup de choses chez Ron mais elle ne savait pas pour autant si elle était amoureuse. Et c'était bien ça qui était frustrant. Elle soupira et décida d'arrêter d'y penser pour le moment. Elle n'y verrait pas plus clair en se torturant l'esprit avec ça. Elle verrait bien comment ça allait se passer lors de sa prochaine ronde avec Ron. Elle avait mieux à faire que d'y songer. Elle avait sa valise à défaire et si elle voulait retrouver ses affaires au bon endroit, mieux valait qu'elle concentre tout son attention là-dessus.
.
.
(mardi 09/01) POV Ginny
.
Ginny regrettait d'avoir été trop flemmarde pendant les vacances. Arrivée à la rentrée, elle n'avait pas fait tous ses devoirs et elle était désormais obligée de devoir tous les faire assez vite pour ne pas se retrouver submergée de travail lorsque les professeurs donneraient les prochains devoirs en binôme à rendre. En fait, elle n'avait pas été si flemmarde que ça. Elle avait juste passé un peu trop de temps avec Blaise. Elle avait plusieurs fois préféré le voir plutôt que travailler comme elle avait prévu de le faire. Elle était donc actuellement en train de se rendre à la bibliothèque. Elle avait hésité avec la salle des binômes mais elle s'était dit qu'il y aurait moins de monde à la bibliothèque. Et puis c'étaient des devoirs individuels qu'elle devait faire. Elle n'avait pas encore de devoirs en binôme à rendre. En même temps, cela ne faisait que deux jours que les cours avaient repris. Mais elle savait que ça n'allait pas tarder et que, d'ici la fin de la semaine, elle allait devoir se remettre à travailler avec Simon. Ce qui était loin d'être une corvée. Bien au contraire. Elle avait même hâte de reprendre les séances avec lui. Tout comme elle avait hâte de reprendre le Quidditch. Elle avait un entraînement prévu le lendemain et c'était pour cela qu'elle avait décidé de se mettre à ses devoirs juste après les cours. Elle avait juste été retardée sur le chemin en croisant Michaël avec qui elle avait parlé pendant une dizaine de minutes. Elle avait dû se faire violence pour couper court à la discussion et prendre congé de Michaël. Ils étaient toujours en contact et avaient gardé de très bons liens. Blaise le savait et n'était pas jaloux. Il savait que c'était du passé entre Michaël et elle. Ce fut sur cette pensée qu'elle arriva à la bibliothèque. Lorsqu'elle y entra, elle vit aussitôt Luna assise à une table remplie de livres et de parchemins. Elle aussi s'était visiblement rendue directement à la bibliothèque après les cours. Sauf que, contrairement à Ginny, elle n'avait pas dû être retardée par quelqu'un. Ginny la rejoignit et s'assit en face d'elle. Elle remarqua aussitôt que son amie n'était pas en train de travailler. Le regard dans le vague, elle avait l'air triste. Elle ne semblait même pas avoir remarqué la présence de Ginny. Perplexe et soucieuse, celle-ci passa une main devant les yeux de Luna qui sortit de sa rêverie.
- Tu m'as parlé ? demanda-t-elle.
- Non, j'ai juste vu que tu semblais être ailleurs alors j'ai pensé qu'il fallait peut-être te faire revenir à la réalité puisque tu étais venue ici pour travailler...
- Oh. Oui, c'est vrai, je suis venue terminer mon devoir d'arithmancie.
- Il n'avait pas l'air de t'emballer, fit gentiment remarquer Ginny.
- Non, ce n'est pas ça, soupira Luna.
- C'est quoi alors ? s'inquiéta Ginny.
- Ma belle idylle a pris fin, annonça tristement Luna.
- Oh, dit à son tour Ginny, peinée. Vous vous êtes disputées ?
- Non, même pas. Nous nous sommes séparées d'un commun accord même si on ne le voulait pas. C'est juste que ça devenait trop compliqué. Elle n'était plus libre. Elle n'a pas voulu me le dire dans ses lettres mais ses vacances ne se sont pas aussi bien passées qu'elle me le disait. Mais je ne peux pas trop en parler, par respect pour elle.
- Je comprends, affirma Ginny. Mais vous ne voulez pas essayer de vivre une relation cachée ?
- C'est ce qu'on faisait jusque-là mais comme je te le disais, ce serait trop compliqué de continuer comme ça. Il faudrait faire encore plus attention et ça nous mettrait une trop grosse pression. Elle m'a dit qu'elle ne voulait pas m'imposer ça. Je lui ai dit plusieurs fois que ça ne me dérangeait pas mais elle a préféré me redonner ma liberté qu'elle estime m'avoir volée. Elle veut que je me trouve quelqu'un de bien avec qui je pourrai vivre une histoire d'amour sans avoir à me cacher à tout bout de champ. Elle est géniale, cette fille.
La voix de Luna se brisa sur ces mots. Ginny se sentit encore plus peinée pour son amie.
- Je suis désolée, murmura-t-elle. Je ne pensais pas que votre histoire allait s'arrêter comme ça...
- Je m'y étais préparée mais le choc est quand-même rude. C'est surtout pour elle que je m'inquiète, en fait. Moi, je suis libre, alors qu'elle non. Enfin bon, parlons d'autre chose. Tu es venue travailler sur quoi ?
- L'astronomie et la Défense Contre les Forces du Mal, répondit Ginny en grimaçant.
- Ah oui, tu t'y prends vraiment à la dernière minute étant donné que ces deux devoirs sont à rendre pour demain...
- J'en ai déjà fait les trois quarts, il faut juste que je les termine.
- Bon courage, alors. Si tu as besoin d'aide, je suis là.
- Merci, sourit Ginny.
Elle sortit ses affaires d'astronomie et se remit à son devoir. Elle dut faire un effort surhumain pour rester concentrée. Cette matière l'ennuyait tellement... Elle préférait encore l'histoire de la magie ! C'était plus intéressant. Cela apportait un bagage culturel. Alors que l'astronomie... C'était juste utile pour ceux qui souhaitaient comprendre le cosmos et savoir lire les signes du ciel. Ce qui n'était pas du tout son cas. C'était comme la divination. C'était utile uniquement pour ceux qui voulaient savoir comment lire leur avenir. Là non plus, elle n'était pas concernée. Malgré son manque de motivation, elle réussit à boucler son devoir d'astronomie avant d'aller dîner. Elle ferait celui de Défense Contre les Forces du Mal après manger. Enfin, d'abord, elle devait parler à Ron. Comme elle l'avait prévu, maintenant que la rentrée était passée, elle voulait le prévenir de l'officialisation imminente de son couple avec Blaise. Elle souhaitait aussi le mettre en garde pour qu'il n'aille pas chercher des noises à Blaise à cause de leur relation.
Elle se rendit donc à la Grande Salle et rejoignit la table des Gryffondor. Elle s'assit à côté de Colin et mangea avec lui. C'était un camarade qu'elle aimait beaucoup. À force d'entendre son père parler de choses moldues à la maison, elle y avait pris goût et elle adorait discuter avec Colin et apprendre des choses sur le monde moldu. Ce soir-là, cependant, il était un peu pressé car il devait rejoindre son binôme de travail sitôt après avoir mangé. N'ayant pas très faim, Ginny ne resta pas longtemps non plus dans la Grande Salle. Elle monta à sa salle commune et fut soulagée de voir que Ron était là. Elle avait eu peur qu'il ne soit déjà dans son dortoir. Elle s'avança et s'arrêta juste devant lui.
- Ron, j'ai à te parler.
Ron leva les yeux vers elle.
- Ouh là, tu as l'air bien sérieuse. C'est grave ? Tu as un problème ?
- Non, mais c'est important.
- Bon, très bien. Tu veux qu'on aille quelque part ?
- Ça dépend. Est-ce que quelqu'un doit te rejoindre ici ?
- Non, Hermione est déjà montée à son dortoir.
- Dans ce cas on peut rester là. Je vais juste insonoriser notre espace.
Ginny sortit sa baguette et les engloba, Ron et elle, dans une bulle de silence.
- Je t'écoute, dit Ron.
- C'est à propos de Blaise, annonça-t-elle de but en blanc. Je préfère te l'annoncer en premier pour que tu n'aies pas l'impression que je te prenne en traître. Je sors avec lui et on va bientôt officialiser notre relation.
Ron sembla surpris, mais pas choqué.
- J'avais bien remarqué que vous étiez proches de l'un de l'autre mais je ne pensais pas que c'était au point que vous sortiez ensemble...
- C'est un peu normal puisqu'on fait justement semblant de n'être que de simples amis devant tout le monde. Mais ça fait deux mois qu'en réalité, on sort plus ou moins ensemble.
- Plus ou moins ? répéta Ron, perplexe.
- Nous sommes passés par différentes phases dans notre relation. On a mis un peu de temps à savoir ce qu'on voulait vraiment. Enfin, lui savait mais moi je n'étais pas sûre...
- Il t'a forcé la main ?! Attends je vais lui dire deux mots à ce sale petit...
- NON ! s'écria Ginny en attrapant le bras de Ron. Tu ne vas rien faire du tout. C'est aussi pour ça que je voulais te mettre au courant avant les autres. Je – ne – veux – pas – que – tu – fasses – du – mal – à – Blaise. Tu le laisses tranquille. Si tu lui fais quoi que ce soit, je te jure que je ne te parlerai plus jamais, Ron.
La menace de Ginny dut faire effet car Ron sembla se calmer.
- Pour répondre à ta question, non, il ne m'a pas forcé la main. À aucun moment. Il m'a au contraire laissé tout le temps dont j'avais besoin pour me décider. Il était prêt à accepter n'importe quel choix de ma part. Et il s'est retenu de me dire qu'il m'aimait tant que je n'étais pas sûre de ce que je voulais avec lui. Il ne voulait pas m'influencer. C'est un garçon bien, Ron. C'est sûrement l'un des garçons les plus respectueux de l'école. Je l'aime, il m'aime et on aimerait officialiser notre couple sans avoir peur que tu t'en prennes à lui.
- Je veux juste t'éviter des déconvenues, plaida Ron. Je ne veux pas qu'il se moque de toi et que tu t'en rendes compte trop tard.
- Ça n'arrivera pas, assura Ginny. Il est sincère avec moi.
- C'est ce qu'ont dû penser toutes les filles qui sont sorties avec lui avant toi...
- Ça m'étonnerait beaucoup.
- Pourquoi ? demanda Ron en fronçant les sourcils.
- Parce qu'il n'a pas plus d'expérience que toi en terme de relations amoureuses. Je suis sa première petite-amie. Oui, je sais, c'est difficile à croire. Car on sait tous qu'il a presque toutes les filles à ses pieds. Mais il n'a jamais cédé à l'une d'entre elles. Il a besoin d'être vraiment attiré et intéressé par une fille pour sortir avec elle. Et avant moi, ça n'a jamais été le cas.
Ron sembla méditer pendant un court instant les paroles de Ginny, le regard dans le vague. Lorsqu'il reporta son attention sur elle, il la fixa avec un air très sérieux.
- Tu es vraiment sûre de sa sincérité ?
- Oui, j'en suis totalement sûre. Fais-moi confiance, Ron. Je sais ce que je dis, je sais ce que je fais.
Ron soupira.
- D'accord, je te crois. Mais quand tu dis que vous voulez officialiser, tu veux dire quoi par-là ?
- Bah... qu'on veut se montrer comme un vrai couple en public.
- Oui mais en faisant quoi exactement ?
- Tu as vraiment besoin que je te fasse un dessin ? On va s'embrasser quand on en aura envie, mais dans la limite du raisonnable, si c'est ce que tu veux savoir.
- Super, ironisa Ron. Je vais devoir supporter de voir ma soeur se faire dévorer les amygdales par son petit-ami...
Ginny leva les yeux au ciel.
- Nous resterons décents, Ron. Blaise et moi n'avons pas du tout envie de nous conduire comme bon nombre d'adolescents guidés et bouffés par leurs hormones. Si nous voulons avoir des échanges un peu plus passionnés, nous avons des endroits pour ça.
- Eh oh, doucement, hein, répliqua Ron. Zabini ne doit pas oublier que tu es plus jeune que lui.
- Il le sait, rétorqua Ginny. Je parlais juste de s'embrasser de façon plus approfondie. Et puis je fais ce que je veux, Ron. Tu n'as pas à t'en mêler. Quand tu auras quelqu'un, ça te plairait que je te dise ce que tu dois faire ou non ?
- Ça n'a rien à voir ! Je suis plus vieux que toi ! Toi tu as quatorze ans, à cet âge-là on reste sage avec son petit-ami !
- Si j'avais seize ans et toi dix-sept, tu dirais la même chose, lança Ginny. Ce qui te gêne c'est l'idée que ta petite soeur puisse faire des choses avec son petit-ami. Ce serait une autre fille de mon âge, tu n'en aurais rien à faire.
Ron accusa le coup. Ginny sut alors qu'elle avait visé juste.
- Je sais qu'en tant que grand frère tu t'inquiètes facilement pour moi mais tu dois me laisser vivre mon histoire avec Blaise comme je l'entends. Il me respecte et il ne me forcera jamais à faire quoi que ce soit.
- Il y a intérêt, gronda Ron. Sinon il aura à faire à moi.
Ginny sourit. Elle trouvait tout de même cela mignon que Ron soit prêt à la défendre ainsi. En fait, elle était plutôt satisfaite de la façon dont Ron avait réagi. Elle s'était attendue à une réaction bien plus virulente.
- Il le sait, répondit-elle, amusée. Mais il n'a pas besoin que tu lui fasses peur pour qu'il se conduise bien avec moi.
- D'accord, je n'irai pas le voir, c'est promis. J'accepte même de lui accorder ma confiance.
- Vraiment ? s'enquit Ginny, surprise.
- Oui. Je ne veux pas être en guerre avec lui s'il sort avec toi.
- Tu ne pouvais pas me faire plus plaisir, dit sincèrement Ginny. À vrai dire, je suis assez étonnée de la facilité avec laquelle tu as accepté ma relation avec Blaise.
- Il y a un mois encore, je ne l'aurais pas aussi bien pris. Mais depuis, j'ai revu mon opinion sur les Serpentard. Je sais qu'ils ne sont pas tous forcément de mauvaises personnes. Les amis de Zabini me l'ont prouvé. Déjà, je m'entends bien avec Pansy qui n'est pas du tout comme je l'imaginais. Elle est très drôle, très vive et très gentille. Ensuite, Malfoy et Nott ont sauvé Harry en allant chercher de l'aide à temps quand ils l'ont retrouvé inconscient dans son dortoir. Je crois que c'est suffisant pour revoir mon jugement. Même si, à eux trois, ils ne représentent pas tous les Serpentard.
- En effet, mais ce sont des Serpentard de ta classe, alors c'est une bonne chose que tu aies changé d'avis sur eux. Surtout que tu es collègue avec deux d'entre eux. D'ailleurs, tu sembles beaucoup apprécier ton homologue féminin de Serpentard.
- Les rondes sont sympa avec elle, éluda Ron. Bon, si tu n'as rien d'autre à me dire, je vais monter à mon dortoir. J'ai des cours à réviser pour demain.
Ginny retint difficilement un sourire moqueur.
- Non, c'est bon, je t'ai tout dit. Travaille bien, et à demain soir pour l'entraînement si on ne se revoit pas avant.
Ron acquiesça, se leva et se dirigea vers les escaliers qui menaient aux dortoirs des garçons. Ginny soupira, soulagée. Ça s'était vraiment mieux passé qu'elle ne l'aurait cru. Évidemment, elle n'avait pas échappé à quelques réactions typiquement Ronesques mais dans l'ensemble, il avait plutôt bien réagi. Le principal pour Ginny, c'était que son frère accepte sa relation avec Blaise et qu'il n'aille pas chercher des noises à son petit-ami. Elle pouvait donc afficher officiellement son couple sans avoir aucune crainte. Et elle comptait bien le faire le plus vite possible. Elle allait enfin pouvoir assumer son couple partout dans l'école et cela suffisait à la remplir de joie.
.
.
(jeudi 11/01) POV Draco
.
- Raaah mais où est passé mon cours de Défense Contre les Forces du Mal ?!
- Tu veux que je te passe le mien ? proposa Théo.
- C'est gentil mais je te pique déjà tes cours de divination et d'histoire de la magie pour les donner à Harry, je ne vais pas en plus te demander tes cours de Défense Contre les Forces du Mal...
- Ça ne me dérange pas. Je peux en faire rapidement une copie, si tu veux. D'habitude, je recopie à la main les cours que je te donne pour Harry mais là, vu que c'est urgent...
- Tu peux vraiment faire ça ? s'étonna Draco.
- Oui, bien sûr.
Les rideaux latéraux de Théo étant ouverts, Draco put voir son ami prendre son sac et en sortir son cours de défense Contre les Forces du Mal du matin-même. Il y avait environ cinquante centimètres de parchemin. Alors qu'ils n'avaient eu qu'une heure de cours. Draco ne savait pas comment Théo faisait pour écrire autant. C'était un vrai mystère pour lui. De toute façon, Théo était un mystère à lui tout seul. En quelques secondes, il dupliqua son cours de Défense Contre les Forces du Mal.
- Génial, se réjouit Draco. Mais si tu sais dupliquer tes cours, pourquoi tu réécris ceux que tu me donnes pour Harry ?
- Parce que Harry mérite qu'on écrive son propre cours. C'est un effort que je veux faire pour lui.
- C'est trop mignon, s'attendrit Draco. Tu es sûr que tu ne veux pas venir avec moi, d'ailleurs ?
- Sûr et certain. Là, ce n'est pas seulement Harry que tu vas voir. C'est aussi et surtout ton binôme. Vous allez essentiellement travailler donc mieux vaut que vous ne soyez que tous les deux. Même si ça n'y ressemble pas totalement, c'est comme si vous vous retrouviez pour une séance de travail en binôme. Et puis je suis censé aller le voir dimanche avec toi. Je peux bien patienter jusque-là.
- Théo, la voix de la sagesse, s'amusa Draco. Bon, je vais y aller.
- Tu as les autres cours de la journée sur toi ?
- Oui, il y a juste celui de Défense Contre les Forces du Mal que je n'arrive pas à retrouver. J'ai dû le poser quelque part quand j'ai vidé mon sac ce midi pour y mettre les cours de l'après-midi mais je ne me souviens pas de l'endroit où je l'ai mis. Mais ce n'est pas grave, je chercherai mieux et de façon plus efficace après le dîner. J'y vais, Harry m'attend. Merci pour ton cours.
Draco quitta son dortoir, puis sa salle commune et se rendit ensuite aux appartements de son parrain.
Quelques secondes après avoir frappé à la porte, il fut accueilli par Severus qui le salua et l'emmena au salon. Il y trouva Harry en train de potasser ses cours.
- Je vous laisse, j'ai des potions à brasser, dit Severus. Travaillez bien.
Il s'en alla, laissant Draco et Harry seuls. Draco s'assit en face de Harry et le regarda.
- Comment vas-tu ? demanda-t-il doucement.
- Bien, et toi ? répondit Harry en souriant.
- Ça va. Un peu fatigué car les cours, les rondes et les entraînements ont repris ainsi que les devoirs jusque tard le soir, mais c'est le temps de s'y réhabituer. C'est surtout le fait de se lever tôt pour aller en cours qui est perturbant après trois semaines de repos. D'ailleurs, tu as bien reçu les cours depuis le début de la semaine ?
- Oui, ton parrain me donne les cours que tu lui apportes tous les soirs. Je peux passer mes journées à travailler, maintenant. Du coup, c'est comme si j'avais cours en même temps que vous, mais avec un jour de décalage vu que je reçois à dix-sept heures les cours que vous avez eu durant la journée.
- C'est bien, tu commences vraiment à retrouver un rythme normal, constata Draco.
- Oui, d'ici trois semaines je pourrai sûrement retourner en cours.
Draco vit clairement Harry se tendre en prononçant ces mots. Sans réfléchir, il se leva et s'installa à côté de son binôme. Il posa une main sur son bras et plongea son regard dans celui du Gryffondor.
- Ça te stresse de reprendre les cours ?
Harry acquiesça.
- Ça fera presque deux mois que je ne serai pas allé en cours. Mon retour va forcément surprendre tout le monde et ils vont tous me regarder. J'en ai l'habitude mais pas pour ce genre de raison. J'ai peur du regard qu'ils vont poser sur moi.
- On a reçu l'ordre de ne pas te regarder comme une bête de foire quand tu reviendras. Bien sûr, au début, tout le monde va avoir les yeux rivés sur toi mais ça ne devrait pas durer longtemps. On va y veiller, crois-moi.
Harry sembla rassuré par les mots de Draco. Puis la curiosité se lut sur son visage.
- C'est qui, «on» ?
- Eh bien, tes amis, les miens et moi, évidemment, dévoila Draco.
- Tes amis ?
- Oui, Blaise, Théo et Pansy.
- Oh... Mais pourquoi ils s'en mêleraient ?
- Parce qu'ils t'aiment bien, tout simplement. Blaise et Pansy ont bien compris que tu étais quelqu'un d'important pour moi, alors ils te considèrent d'ores et déjà comme un des leurs. Tu peux compter sur eux, désormais.
Harry resta silencieux un moment, l'air profondément touché. Des larmes vinrent même envahir ses yeux.
- Merci Draco, je... je ne pensais pas que j'avais autant de monde autour de moi... À part Théo, je ne les connais même pas, tes amis...
- Tu as passé beaucoup de temps dans notre salle commune lorsqu'on l'utilisait pour nos séances de travail. Ils ont bien vu que tu n'étais pas la personne qu'ils ont longtemps cru que tu étais. Et puis, c'est surtout le fait qu'on soit devenus amis, toi et moi, qui les a convaincus que tu étais quelqu'un de confiance. Ils sont prêts à te soutenir et à te défendre.
- C'est vraiment gentil de leur part, murmura Harry. Ça me fait un peu moins peur de retourner en cours, maintenant. Mais avant ça, je vais devoir sortir dans le château pour la première fois depuis un mois et ça aussi, ça me stresse. C'est prévu ce week-end et je ne sais pas si je suis prêt.
- Je pense que tu ne seras jamais vraiment prêt, dit Draco. Il va falloir que tu prennes sur toi, ça c'est obligé.
- C'est ce que m'a dit mon parrain. C'est avec lui que je vais me promener samedi dans les couloirs.
- Ça va bien se passer, assura Draco d'un ton apaisant. Je sais que tu crains le regard des autres mais il faut justement que tu essaies de ne pas y faire attention. Et contrairement à ce que tu dois croire, personne ne va mal te regarder ou se moquer de toi. Tout le monde a compris que tu allais très mal et que tu avais besoin d'aide. Je pense que tu seras surpris du nombre de sourires sincères que tu vas voir sur le visage des autres. Les gens ne sont pas aussi méchants que tu le penses. Les mentalités ont changé. Bon, c'est sûr, il y aura toujours des idiots mais ils sont très minoritaires et tu ne dois pas leur accorder de l'importance. D'accord ?
Harry acquiesça de nouveau, mais cette fois en souriant. Il sembla hésiter quelques secondes avant de se pencher timidement vers Draco et lui faire un câlin. D'abord surpris et un peu gêné par cette soudaine et inédite proximité, Draco finit par rendre l'étreinte de Harry en l'entourant de ses bras. Il était étrangement ému d'avoir Harry tout contre lui. S'il était gêné deux minutes plus tôt, à présent, ce câlin lui paraissait tout à fait naturel. Il ressentit une vague d'affection sans précédent envers le garçon frêle qu'il avait dans ses bras. Il ne s'était pas rendu compte à quel point ils étaient devenus proches. Mais cela ne le gênait absolument pas, bien au contraire. Il était heureux d'être proche de Harry. Ce fut lui qui rompit l'étreinte au bout de plusieurs minutes, un sourire timide aux lèvres.
- Merci, ça m'a fait du bien, dit-il sincèrement. On peut travailler, maintenant. C'est pour ça que tu es venu, après tout.
- En effet. Tu étais en train de travailler sur quoi quand je suis arrivé ?
- Je lisais le cours de potions que vous avez eu hier.
- Tu as lu les autres cours de la journée ?
- Oui, je les suis dans le même ordre que vous les avez. C'est ton parrain qui m'a conseillé de procéder ainsi. Comme ça, je suis davantage dans des conditions réelles. Je serai moins décalé quand je reprendrai les cours. Car si je m'écoutais, je lirais en premier les matières que je préfère. Or, quand je retournerai en cours, je n'aurai pas le choix, je devrai suivre l'emploi du temps.
- C'est vrai, approuva Draco.
Une question lui vint soudain à l'esprit.
- Et pour le Quidditch ? Est-ce que tu sais quand tu vas pouvoir reprendre les entraînements ?
- Je vais d'abord devoir me réhabituer au rythme des cours. Il va sûrement me falloir deux semaines pour ça. Si tout se passe bien durant ces deux semaines, à partir de la troisième semaine de cours, je vais pouvoir reprendre les entraînements.
- Tu as hâte ?
- Je ne sais pas.
Draco fut surpris par la réponse de Harry.
- Tu n'as pas envie de refaire du Quidditch ? s'étonna-t-il.
- Je n'ai pas dit ça. C'est juste qu'à l'heure actuelle, c'est loin d'être ma priorité. J'ai plein de combats à mener pour m'en sortir et j'y mets toutes mes forces et toute ma volonté. Je ne suis donc pas sûr qu'il m'en reste suffisamment pour le Quidditch.
- Je comprends. Tu en as parlé avec Severus ?
- Non, pas encore. En fait, c'est lui qui a abordé le sujet du Quidditch. Je n'en ai pas parlé de moi-même. Il sait que je suis titulaire dans mon équipe alors il fallait bien qu'il m'en parle. Mais il m'a juste dit que je pourrai retrouver ma place dans l'équipe deux semaines après avoir repris les cours. Il ne m'a pas demandé si je souhaitais vraiment reprendre le Quidditch ou non. Je pense qu'il préfère attendre un peu avant d'approfondir le sujet vu que ce n'est pas pour tout de suite.
- Et il a bien raison. Il y a sûrement des sujets plus importants à traiter en priorité.
- Tout à fait, affirma Harry. Il y en a même trop, ajouta-t-il en riant. Enfin ça, c'est moi qui le dit. Mais je sais que c'est important d'aborder tous ces sujets. J'en ai besoin. La thérapie est loin d'être finie mais elle durera le temps qu'il faudra.
Draco fut impressionné par les mots de Harry. Il avait une telle force de caractère... Il voulait s'en sortir et il allait se battre comme un forcené pour ça. Car même si Harry semblait aller bien, Draco savait que ce qu'il vivait était très dur et très éprouvant. Il devait avoir des coups de déprime ainsi que des moments où il voulait tout lâcher. Mais il tenait bon et il ne se laissait pas abattre. Draco l'admirait énormément pour ça.
- Bon, on ferait vraiment mieux de s'y mettre, reprit Harry avec un sourire contrit. Ça doit faire une demie-heure que tu es là et on n'a toujours pas touché aux cours.
- Ah oui, oups... Nous ne sommes vraiment pas sérieux, plaisanta Draco. Allez, on s'y met. Est-ce qu'il y a des cours que tu n'as pas trop bien compris ?
- Depuis le début de la semaine ? Ou parmi ceux que j'ai lus aujourd'hui ?
- Depuis le début de la semaine. Vu que je suis là, autant passer en revue tous les cours depuis la rentrée.
- Pas faux. Bon alors j'ai un peu galéré sur l'histoire de la magie, la Défense Contre les Forces du Mal et la métamorphose. Si j'avais été chez mon parrain, j'aurais pu avoir l'aide du professeur Lupin pour la métamorphose mais vu que je suis chez le professeur Snape...
- Tu aurais pu lui demander de l'aide, fit remarquer Draco.
- Je sais, mais il fallait bien qu'on ait de la matière pour notre séance de travail... Si ça ne tenait qu'à moi, je lui aurais demandé s'il pouvait m'aider pour tous les cours que je ne comprenais pas. Ça ne l'aurait absolument pas dérangé. Mais du coup, ça n'aurait servi à rien que tu viennes puisqu'il n'y a pas encore de devoirs en binôme à rendre. De toute façon, jusqu'à ce que je retourne en cours, tu dois rendre les devoirs en binôme tout seul et moi de mon côté, je dois faire ce que je peux.
- Oui, je suis juste censé t'aider dans tes cours et dans tes devoirs. Comme ça, on peut quand-même travailler ensemble. Bon, on commence par quoi ?
- Étant donné que la métamorphose est la seule matière qu'il y a demain et après-demain et qu'on se revoit dimanche, ce serait mieux de commencer par cette matière. Ah non, il y a aussi la Défense Contre les Forces du Mal...
- La métamorphose, tu peux voir ça samedi avec le professeur Lupin, argua Draco. Il saura mieux t'expliquer que Severus ou moi. Tu laisseras donc de côté les cours de métamorphose de demain et d'après-demain et tu te concentreras sur les autres matières en attendant de rentrer chez ton parrain.
- Très bonne idée. Va pour la défense Contre les Forces du Mal, alors.
Ce fut ainsi que Draco et Harry se mirent enfin au travail. Ils travaillèrent pendant un bon moment sur les cours de Défense Contre les Forces du Mal que Draco expliqua à Harry. C'était normalement la matière où Harry se débrouillait le mieux mais c'était assez compliqué de comprendre les cours sans y assister. Lorsqu'ils eurent passé en revue tout ce qui posait problème à Harry, il ne leur resta que vingt minutes pour voir les autres matières. Ils décidèrent quand-même de passer à l'histoire de la magie mais ils furent vite interrompus par Severus qui entra dans le salon.
- Il va bientôt falloir que tu y ailles, Draco.
- Je peux rester un quart d'heure de plus, s'il te plaît ? On vient tout juste de commencer l'histoire de la magie...
- Tu ne vas pas avoir le temps de manger, Draco.
- Il me restera trois quarts d'heure, ce sera largement suffisant.
- Je ne veux pas que tu te dépêches de manger.
- Ce n'est pas mon genre, tu le sais bien.
Severus regarda Draco un instant avant de demander :
- Vous avez encore d'autres matières à voir ensemble ?
- Harry avait surtout besoin d'aide pour trois matières, on en a vu une, on était en train de travailler sur la deuxième quand tu es arrivé et vu que la troisième c'est de la métamorphose, Harry la verra avec le professeur Lupin quand il rentrera chez son parrain. Après, ça aurait été bien qu'on voit vite fait les autres matières mais on devra s'en passer.
- Non, c'est bon, tu peux rester, décréta Severus. Tu vas manger ici, comme ça vous pourrez vous remettre au travail après le dîner. Ça vous laissera une bonne heure et demie pour travailler sur ce qu'il vous reste à voir.
Draco fut autant surpris que Harry par la proposition de son parrain.
- C'est super gentil mais... je ne comprends pas, tu dis non pour quinze minutes de plus mais par contre tu me proposes de dîner et de rester ici jusqu'à neuf heures et demie ?
- Vous n'auriez pas pu faire grand-chose en quinze minutes, argumenta Severus. C'est pour ça que j'ai refusé, et aussi parce que ça faisait trop tard pour que tu ailles dîner dans la Grande Salle. Mais rien ne t'interdit de rester manger ici. Je suis à la fois ton directeur de maison et ton parrain et tu as besoin de travailler avec ton binôme de travail qui est ici-même. Et je pense que ça fera justement plaisir à ton binôme de te voir rester.
Harry rougit en guise de réponse, ce que Draco trouva drôle et adorable.
- Mais toi, ça ne te dérange pas ? demanda-t-il à son parrain.
- Puisque je te le propose, répondit Severus en levant les yeux au ciel. Après, c'est comme tu veux. Je ne t'oblige à rien. Si tu préfères dîner dans la Grande Salle...
- Non, non, j'accepte ta proposition, s'empressa de dire Draco.
- Bien, tu pourras nous raconter ta première semaine de cours, comme ça. Même si elle n'est pas encore terminée. Je vais préparer le repas, ce ne sera pas long alors ne vous remettez pas au travail tout de suite.
Severus quitta le salon sur ces mots. Harry et Draco se regardèrent. Même s'ils étaient contents de pouvoir se voir plus longtemps, ils étaient tous deux un peu gênés. Ils avaient déjà mangé plusieurs fois ensemble à la table des Serpentard lorsque Harry sortait avec Pucey mais dîner ensemble, rien que tous les deux avec Severus, c'était différent. C'était assez intime. Surtout que maintenant, Harry savait que Severus était le parrain de Draco. C'était loin d'être un repas entre un professeur et ses deux élèves. Mais ce qui troublait le plus Draco, c'était qu'il n'aurait pas été aussi gêné si ça avait été Blaise ou Théo à la place de Harry. Il aurait trouvé ça moins intime, moins gênant. Il ne savait pas pourquoi il avait cette réaction différente avec Harry. Peut-être parce que Harry n'était pas un Serpentard ? Draco partit sur cette explication, ne voulant pas en chercher d'autres. Il sortit ainsi de ses pensées et offrit un sourire à Harry.
- Ça ne t'ennuie pas que je reste dîner ici ?
- Si, beaucoup. Je fais semblant d'être content pour faire plaisir à ton parrain, ironisa Harry.
- Ah bah ça tombe bien, moi aussi, rigola Draco.
Harry secoua la tête, l'air amusé. Puis il redevint sérieux.
- Non, en vrai, je suis content que tu puisses rester un peu. Même si ça me fait un peu bizarre de dîner avec mon binôme de travail et son parrain. Ce n'est pas une situation très courante.
- Tu n'as qu'à te dire que tu dînes avec ton médicomage et ton binôme de travail, blagua Draco.
- Là ça fait très bizarre, rit Harry. Non mais ça va aller. Ton parrain semble trouver ça normal alors il n'y a pas de raison d'être gênés. S'il t'a proposé de rester, c'est pour qu'on ait plus de temps pour travailler. Si j'ai bien compris, il nous donne jusqu'à neuf heures et demie ?
- C'est ça.
- C'est sympa de sa part. Il te fait profiter du couvre-feu de vingt-trois heures qui est réservé aux binômes de travail alors que ce n'est pas vraiment une séance de travail en binôme qu'on a...
- Que veux-tu, c'est ça d'être le filleul de son directeur de maison. Ça me donne le droit à quelques avantages, s'amusa Draco.
- J'ai toujours su que tu avais des traitements de faveur, plaisanta Harry.
Draco n'eut pas l'occasion de répondre car Severus revint dans le salon avec un plat dans les mains. Il regarda la table et haussa les sourcils.
- On va manger à même la nappe et avec les doigts, peut-être ?
- Parce qu'il fallait qu'on mette la table ? demanda innocemment Draco.
- Non, penses-tu, railla Severus. Ah là là, les adolescents, tous les mêmes... Il faut tout leur dire !
Ce fut en riant que Draco et Harry se levèrent et mirent la table. Severus servit tout le monde et ils purent ensuite commencer à manger. Comme prévu, Draco raconta ce qui s'était passé durant ses quatre premiers jours de cours. Cela donna lieu à une discussion très animée, surtout lorsqu'il parla des cours de divination. Harry détestait cette matière et Severus détestait Trelawney. Ce dernier le fit d'ailleurs bien comprendre. Il n'hésita pas à critiquer sa collègue et à désapprouver la façon dont elle enseignait. Draco fut agréablement surpris de l'entendre dire ce qu'il pensait vraiment. Severus les considérait, Harry et lui, comme deux personnes à part entière et Draco apprécia beaucoup cela. Il trouva le repas très agréable. Il se sentait étonnamment à l'aise avec Severus et Harry. Il fut soulagé de voir que, comme lui, Harry avait vite oublié sa gêne. Il put pleinement constater à quel point les choses avaient changé entre son binôme de travail et son parrain. Ce n'était plus du tout la relation qu'ils entretenaient encore à la rentrée. Il y avait presque une certaine complicité entre eux. Ils l'avaient sûrement développée au cours de leurs séances de thérapie, pensa Draco. Cette nouvelle relation lui faisait extrêmement plaisir. Il ne savait pas pourquoi mais c'était important pour lui que Harry et Severus s'entendent bien. Peut-être parce que Harry était son binôme de travail. C'était plus agréable pour Draco de parler de lui à Severus s'il appréciait Harry à sa juste valeur.
Lorsque le repas prit fin, Severus débarrassa la table et laissa Draco et Harry se remettre au travail. Draco eut tout le temps d'expliquer à Harry les cours d'histoire de la magie et ils purent survoler les autres cours. Ce fut avec regret qu'il dut s'en aller quand Severus vint les voir. Il souhaita une bonne fin de semaine à son parrain et à son binôme puis il partit. Étant donné qu'il était plus de vingt-et-une heures trente, il décida de rentrer à son dortoir. Sur le chemin qui le menait à sa salle commune, il croisa plusieurs élèves qui se rendaient probablement à la leur. Ce n'étaient pas des personnes qu'il connaissait, du moins, jusqu'à ce qu'il tombe sur Dean. Sans savoir pourquoi, il ressentit un certain malaise en le voyant. Pourtant, tout s'était très bien passé lorsqu'ils s'étaient vus lundi pour coucher ensemble, même s'ils s'étaient retrouvés un peu plus tard que prévu. Normalement, ils étaient censés se voir à quatorze heures mais Draco avait dû décaler à dix-sept heures puisque Pansy avait quelque chose à lui annoncer ainsi qu'à Blaise et Théo. Il avait été plus qu'heureux d'apprendre que son amie allait devenir grande soeur. Elle méritait ce bonheur, tout comme ses parents. Étant donné que Théo devait lui aussi parler à Pansy, Draco avait ensuite enjoint Blaise à le suivre jusqu'à leur dortoir en prétextant qu'il avait quelque chose à lui montrer. Évidemment, c'était faux et Blaise l'avait compris. Une fois arrivé, Draco avait soudain fait mine de se souvenir qu'il avait un truc à faire. Il était ainsi allé rejoindre Dean qui était un peu en avance. Ils avaient couché ensemble et étaient restés dans la salle sur demande jusqu'au dîner. Avant de se quitter, ils s'étaient donnés rendez-vous samedi à seize heures, Draco ayant un entraînement de Quidditch à treize heures. Dean en avait un le même jour mais à dix heures. Ils ne devaient donc pas se revoir avant le surlendemain. En temps normal, Draco aurait été plutôt content de croiser Dean mais là, il se sentait vraiment mal à l'aise. Il se demandait si ça ne venait pas du fait qu'il venait de passer la soirée avec Harry. Il chassa aussitôt cette pensée de son esprit. Pourquoi sa gêne de voir Dean aurait-elle un rapport avec Harry ? C'était complètement absurde. Il se força à sourire et s'avança vers Dean.
- C'est étonnant de se croiser ici à une heure pareille, fit-il remarquer.
- Je reviens d'une séance de travail, expliqua Dean. Je sais, on n'a pas encore de devoirs en binôme à rendre mais il y a des cours que je n'ai pas très bien compris alors j'ai demandé à mon binôme si on pouvait se voir pour qu'il m'aide un peu. D'habitude, je me débrouille bien dans la plupart des cours mais depuis la rentrée, j'ai l'impression que les cours sont vachement plus compliqués qu'avant.
- C'est vrai qu'il faut être plus attentif pour ne pas s'y perdre, admit Draco. C'est peut-être pour ça que Harry a eu du mal avec certaines matières. Je viens de le voir, précisa-t-il en voyant l'air surpris de Dean.
- Oh, je comprends mieux... À un moment j'ai cru qu'il était revenu en cours mais sans que personne ne l'ait vu, plaisanta Dean. Le pauvre, déjà que les cours sont corsés, alors ça doit être encore plus dur pour lui qui ne peut pas y assister... Comment va-t-il, d'ailleurs ?
- Bien, il a le moral et il a hâte de revenir, répondit Draco, touché par le souci de Dean à l'égard de Harry.
- Toi aussi, tu dois avoir hâte.
Draco se sentit rougir face à la supposition pourtant innocente de Dean.
- Euh... oui, je me sens un peu seul en cours et j'aimerais bien reprendre les séances de travail avec lui. Je ne sais pas si tu as cette impression aussi mais c'est comme si mon binôme était devenu une extension de moi-même.
- Je n'irais peut-être pas jusque-là mais c'est sûr que je me sentirais seul et perdu sans Stephen. Je ne m'imagine pas travailler de nouveau tout seul sur tous mes devoirs, en fait. J'espère que ce concept de travail en binôme continuera à s'appliquer à nous l'année prochaine...
- À la fin de l'année, ce sera sûrement considéré comme un franc succès, alors je pense que l'année prochaine, ce concept concernera les élèves de la troisième à la sixième année incluse. Je ne pense pas que les septième année seront concernés. Ça ne servirait à rien. Après, on nous demandera peut-être notre avis.
- Ce serait bien. Les trois quarts des élèves voudront sûrement que ce système continue, y compris pour eux. Je l'espère, en tout cas. Bon, j'aimerais bien rester plus longtemps mais je suis fatigué. On se voit toujours samedi à dix-sept heures ?
- Toujours, affirma Draco.
- Super, à demain en botanique !
Dean partit sur ces mots après avoir adressé un sourire et un clin d'oeil à Draco. Celui-ci regarda le Gryffondor s'éloigner jusqu'à ce qu'il disparaisse de son champ de vision. L'esprit troublé, il reprit son chemin vers sa salle commune. Il avait machinalement confirmé à Dean le rendez-vous qu'ils s'étaient donnés mais il ne savait plus vraiment s'il avait envie d'y aller. Ne voulant pas se prendre la tête avec ça tout de suite, il décida d'attendre le lendemain pour y réfléchir. Une fois arrivé à sa salle commune, il monta aussitôt à son dortoir. Il se déshabilla et se mit en pyjama avant de se glisser sous les draps. Épuisé par la journée qu'il avait eue, il ferma les yeux et rejoignit rapidement le pays des rêves.
.
.
(vendredi 12/01) POV Justin
.
Justin maudissait ses professeurs lorsqu'il sortit de son dernier cours de la journée. Il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre ! Les cinq professeurs qu'il avait eus ce jour-là avaient tous donné le premier devoir en binôme de l'année à rendre deux ou trois semaines plus tard. Aucun d'entre eux n'avait attendu la semaine suivante pour leur soumettre un devoir. Ils avaient tous choisi le dernier jour de la semaine. Justin et ses camarades se retrouvaient donc avec un devoir de botanique, de métamorphose, de Défense Contre les Forces du Mal, de potions et de sortilèges à rendre. Il restait quatre matières où Justin était encore libre mais il ne se faisait pas d'illusions : d'ici le mardi suivant, il aurait également un devoir à faire en astronomie et en histoire de la magie. Hagrid et le professeur Trelawney attendraient sûrement la fin du mois pour leur imposer un devoir, étant donné que les options ne dispensaient que deux heures de cours par semaine. En deux semaines, il n'y avait donc pas assez de matière pour un devoir.
Du coup, avec ces cinq devoirs qui leur tombaient dessus d'un coup, Justin et Théo avaient convenu de se retrouver à dix-neuf heures pour une séance de travail. Ils voulaient s'y mettre le plus tôt possible. Justin était heureux de reprendre ces séances avec Théo mais il appréhendait un peu celle du soir-même. Ils allaient devoir se comporter comme des binômes de travail et c'était justement ça que redoutait Justin. Il n'était pas sûr d'y arriver. Il avait adoré les moments qu'il avait passés avec Théo pendant ces trois semaines de vacances et il voulait que ça continue. Mais ils avaient décidé d'un commun accord que tout cela s'arrêterait à la rentrée. Justin avait retrouvé Emily et il ne voulait pas jongler entre Théo et elle. Il se sentait déjà honteux d'avoir profité de l'absence de sa petite-amie pour aller bécoter Théo dès qu'ils se retrouvaient, alors il ne pouvait décemment pas continuer à le voir en cachette alors qu'Emily était de retour au château... Cette situation était malaisante mais il était mal placé pour s'en plaindre car c'était lui qui l'avait initiée. C'était lui qui avait jeté son dévolu sur Théo en l'embrassant à deux reprises au début des vacances. C'était lui qui l'avait embarqué dans cette relation clandestine. C'était lui qui était à l'origine de bon nombre de leurs baisers. Tout était de sa faute. Et il ignorait pourquoi il avait fait ça alors qu'il était en couple. Ou plutôt si, il le savait, mais ça n'excusait rien. Il était tout simplement attiré par Théo et il n'avait pas su y résister. Ça avait été plus fort que lui. Et il ne comprenait pas d'où venait cette attirance. Il aimait Emily. Elle lui était indispensable. Ils s'étaient séparés trois fois depuis la rentrée de septembre et à chaque fois, il s'était senti vide sans elle. Il avait besoin d'elle. Il la connaissait depuis sa première année malgré le fait qu'ils avaient une année de différence. Ils avaient très vite noué un fort lien d'amitié et Emily avait même été sa meilleure amie avant de devenir sa petite-amie un an et demi plus tôt. Il ne s'imaginait donc pas sans elle. Mais il y avait aussi Théo. Ce que Justin ressentait pour lui était différent de ce qu'il ressentait pour Emily. C'était plus... intense. Il aimait avoir Théo tout contre lui. Il ne se lassait pas de l'embrasser à chaque fois qu'ils se voyaient. Il aimait être avec lui et apprendre à le connaître. Il aimait regarder Théo. Il aimait écouter Théo. Il aimait son odeur, son sourire, son rire, son regard, sa voix... Il ne savait pas ce que tout cela signifiait mais c'était très perturbant. Quoi qu'il en soit, il devait oublier tout ce qu'il ressentait pour lui. Il devait redevenir son binôme et rien de plus.
Étant donné qu'ils voulaient se voir le plus longtemps possible pour avancer un max sur au moins un devoir, Justin et Théo s'étaient mis d'accord pour dîner tôt afin de pouvoir ensuite travailler d'une traite jusqu'au couvre-feu. Là, Justin se rendait actuellement à son dortoir pour y déposer son sac. Il était tout seul, Ernie ayant une ronde et Susan et Hannah ayant décidé de travailler avec leur binôme dès la fin des cours. Lorsqu'il entra dans sa salle commune, il tomba sur Emily qui s'apprêtait à en sortir.
- Tu t'en allais ? demanda Justin.
- Oui, mais vu que tu es là, je vais rester.
- Non mais si tu as quelque chose à faire...
- Ça peut attendre, assura Emily. On n'a pas pu passer beaucoup de temps ensemble depuis que je suis revenue, alors maintenant qu'on peut se voir, je veux en profiter.
- Comme tu veux, dit Justin en souriant. Mais je ne vais pas pouvoir rester longtemps. Il faut que je dîne tôt car j'ai une séance de travail à dix-neuf heures.
- Oh, fit Emily, déçue. Tu es obligé d'en avoir une ce soir ?
- Il y a cinq devoirs qui nous sont tombés dessus aujourd'hui, alors même s'ils sont à rendre dans deux ou trois semaines, il vaut mieux qu'on s'y mette rapidement.
- Je comprends. Tu comptes dîner à quelle heure, du coup ?
- À dix-huit heures.
- D'accord, ça nous laisse quand-même trois quarts d'heure à passer ensemble. C'est mieux que rien. Enfin, sauf si tu préfères être seul.
- Non, non, je veux bien qu'on reste ensemble, s'empressa Justin de répondre. Je vais juste déposer mon sac dans mon dortoir.
- Je peux venir avec toi ? On y sera plus tranquilles, il y a trop de monde ici.
Justin acquiesça et se rendit à son dortoir avec Emily. Il posa son sac par terre et s'installa sur son lit, très vite imité par Emily. Elle posa sa tête sur les jambes de Justin qui se mit à lui caresser les cheveux.
- Alors, comment se sont passées tes vacances ? s'enquit-il. On n'a même pas eu le temps d'en parler les rares fois où on s'est vus.
- C'était génial. Ça a été très animé. On n'était que trois, pourtant, mais on a bien rigolé. Surtout lors des fêtes. Ça m'a fait du bien de passer ces trois semaines avec mes parents. Bon, le seul souci, c'est qu'ils ne voulaient pas que je reparte, dit Emily en riant. On s'habitue trop vite à être ensemble.
- Il faut bien que tu retournes en cours, dit Justin avec une moue triste. Mais je comprends que ce soit dur pour tes parents.
- C'est surtout le fait que je sois restée une semaine de plus que d'habitude qui a rendu le départ plus compliqué. Et toi, tu as passé de bonnes vacances ? Tu ne t'es pas trop ennuyé ?
- Si, un peu, mentit Justin. Sans toi et sans séances de travail, ça a été un peu long.
- Tu aurais préféré rentrer chez tes parents ?
- Non, pas spécialement. Si j'avais pu choisir, je serais resté ici. Je t'avais expliqué la situation dans ma famille.
- Oui, je m'en souviens. Tes parents ont préféré que tu passes les vacances à Poudlard plutôt qu'avec eux...
- Oui et c'est une bonne chose. J'ai bien senti dans la lettre que m'a envoyée ma mère que l'ambiance n'était pas top à la maison. Elle a essayé de le cacher, bien sûr. Mais ça se sentait. Du coup, je pense que ce sera mieux que tu ne viennes pas chez moi cet été. Je n'ai pas très envie que tu baignes dans cette atmosphère.
- C'est mignon, sourit Emily. Tu pourras venir chez moi, dans ce cas. Je crois que ça arrangerait mes parents, en fait. Ils préféreraient que ce soit toi qui vienne plutôt que ce soit moi qui aille chez toi.
- Pourquoi ? s'étonna Justin.
- Les idées de ton père les crispent un peu, avoua franchement Emily.
Justin soupira.
- Je suis désolée, je n'aurais pas dû te dire ça, s'excusa Emily.
- Non, au contraire, tu as bien fait. Je préfère que tu sois honnête.
Dit celui qui ment délibérément à sa copine, dit une voix dans la tête de Justin. Il l'ignora.
- Je serais ravi de passer une partie des vacances chez toi, dit-il sincèrement. Il faut juste que j'en parle avec mes parents. Mais je suis sûr qu'ils accepteront. Je verrai ça avec eux un peu plus tard.
Emily acquiesça et embrassa Justin avant de reposer sa tête sur ses jambes. Ils restèrent ainsi jusqu'à ce que Justin doive aller dîner. Il proposa à Emily de venir avec lui, ce qu'elle refusa à contre-coeur, n'ayant pas du tout faim. Justin comprit tout à fait et prit donc congé d'elle lorsqu'ils descendirent à leur salle commune. Emily y resta tandis que Justin s'en alla pour se rendre à la Grande Salle. Il y dîna seul, Ernie faisant encore sa ronde et Susan et Hannah étant encore à leur séance de travail. Il prit tout son temps pour manger, ayant une heure devant lui avant de retrouver Théo. Il fut tenté de rejoindre ce dernier lorsqu'il le vit entrer dans la Grande Salle et s'installer à sa table mais il resta sagement à la sienne. Il pouvait bien attendre trois quarts d'heure, nom d'une chouette ! Alors qu'il était arrivé une quinzaine de minutes avant Théo, ce fut pourtant celui-ci qui sortit en premier de la Grande Salle. Justin était certain qu'il n'avait presque rien mangé et cela ne lui plaisait pas du tout. Il avait remarqué à quel point Théo était maigre et il ne pensait pas que c'était une très bonne idée qu'il bâcle ainsi ses repas. Enfin, il avait quand-même pris du muscle depuis qu'il faisait du Quidditch. Cela le sauvait un peu. Du moins, il avait l'air un peu moins maigre. Mais sa minceur ne le rendait pas moins séduisant. Il était au contraire terriblement mignon et Justin était sûr que s'il le lui disait, Théo deviendrait aussi rouge qu'une tomate, ce qui ferait fondre Justin devant tant de mignonnerie. À peine eut-il cette pensée qu'il se fustigea et se gifla mentalement. Il devait oublier son attirance envers Théo, et ce n'était pas en se mettant une telle image en tête qu'il allait y arriver ! Il chassa ces pensées inconvenantes de son esprit et se concentra sur son plat. Il termina de manger vingt minutes plus tard et se leva pour quitter la Grande Salle. Il retrouva Théo qui l'attendait.
- Excuse-moi de t'avoir fait attendre, dit Justin.
- Ce n'est pas grave, tu as le droit de manger, plaisanta Théo. Et puis c'est de ma faute si je poireaute pendant vingt minutes. Je n'ai qu'à rester plus longtemps dans la Grande Salle.
- Pourquoi tu ne le fais pas, alors ? s'étonna Justin.
- Parce que je n'ai pas faim, répondit Théo sur le ton de l'évidence.
- Il faut que tu te forces un peu.
- J'y penserai. On y va ?
Préférant ne pas insister, Justin acquiesça et emboîta le pas à Théo. Lorsqu'ils arrivèrent à la salle des binômes, ils la découvrirent pleine de monde. Ils choisirent la table la plus isolée possible et s'y installèrent.
- On commence par quoi ? demanda Justin en sortant ses affaires.
- Ça dépend. Tu préfères commencer par le devoir le plus long ou par le devoir qui est à rendre le plus tôt ?
- Euh... bonne question. Le devoir le plus long, c'est lequel, à ton avis ?
- Je dirais celui de potions ou celui de Défense Contre les Forces du Mal.
- Et lequel est à rendre le plus tôt ?
- Celui de botanique. Mais c'est aussi le plus court. Donc je ne sais pas si ce serait une bonne idée de commencer par celui-là.
- On va d'abord faire le devoir de potions, décida Justin. C'est la matière pour laquelle j'ai le moins de motivation, alors autant faire ce devoir en premier.
- Très bon raisonnement, approuva Théo.
Justin et lui sortirent leurs livres et leurs cours de potions et commencèrent à travailler sur le devoir.
- Je ne comprends rien, souffla Justin au bout d'une dizaine de minutes.
- Qu'est-ce qui te pose problème ? demanda doucement Théo.
- Tout, grogna Justin.
Théo se mit à rire.
- Je suis sûr que tu exagères un peu. À partir d'où tu ne comprends plus ce que tu lis ?
- Quand ça parle des effets néfastes de l'alchémille. Il est dit qu'il ne faut surtout pas l'associer au crin de licorne car sinon, il devient très dangereux. Mais il y a justement du crin de licorne dans la potion qu'on a préparée aujourd'hui... Et personne n'a eu de problèmes.
- Parce qu'il y a un ingrédient qui contrait les effets néfastes de cette association, expliqua Théo. Et plus précisément l'épine de rose.
- Ooooh, c'est donc si simple que ça... J'ai bien noté un truc comme ça dans mon cours mais je crois que je me suis un peu perdu dans mes notes, en fait.
- C'est normal, les cours de cette semaine étaient un peu compliqués. Est-ce qu'il y a autre chose que tu ne comprends pas dans tes notes ?
- Oui, à propos de l'épine de rose, cette fois. Pourquoi l'incorporer dans une potion si, la plupart du temps, elle devient inefficace ?
- Non, ce n'est pas vraiment ça, corrigea Théo. Est-ce que tu te souviens avoir déjà utilisé l'épine de rose dans d'autres potions ?
- Oui, plusieurs fois, même.
- Est-ce que tu as remarqué qu'il faut systématiquement la mettre lors des toutes premières étapes de la préparation ?
- Euh... maintenant que tu le dis, oui.
- C'est parce qu'elle devient inefficace lorsqu'on fait bouillir la potion à plus de soixante-dix degrés. Mais c'est indispensable pour les étapes suivantes. Or, en la mettant au tout début, elle a le temps de jouer son rôle, c'est-à-dire neutraliser les effets des ingrédients qui pourraient devenir néfastes sans l'épine de rose. Tout comme elle, ces ingrédients sont ajoutés avant de faire bouillir la potion à plus de soixante-dix degrés pour lui laisser le temps de faire effet. C'est pour ça qu'on ne doit pas mettre les ingrédients dans n'importe quel ordre. Il y a toujours une raison précise pour laquelle on ajoute tel ingrédient à telle étape. Et c'est le cas pour l'épine de rose. Elle n'est pas inefficace, mais elle le devient si on la met trop tard dans la préparation de la potion.
Justin était subjugué par les explications de Théo. Il était littéralement pendu à ses lèvres.
- Ça paraît tellement simple quand c'est toi qui explique... Tu ferais un très bon professeur, que ce soit en potions ou dans une autre matière, dit sincèrement Justin.
Théo rougit sous le compliment.
- Tu me sur-estimes un peu trop, répondit-il, l'air gêné.
- Non, c'est toi qui est trop modeste. Mais c'est comme ça qu'on... que les gens t'aiment. On se remet au devoir ? proposa Justin, désireux de changer de sujet.
Théo acquiesça avec un sourire un peu crispé. Justin essaya de ne pas y faire attention et reporta son attention sur le devoir. Il dut recourir plusieurs fois aux explications de Théo pour éclaircir certains aspects de son cours. Ils se mirent ensuite à leur devoir et travaillèrent dessus durant tout le reste de leur séance. Ils avancèrent beaucoup, si bien qu'il ne leur suffirait que d'une autre séance de quatre ou cinq heures pour le finir. Ils furent tous deux déçus lorsque vint l'heure pour eux de se séparer.
- Ça ne dure jamais assez longtemps, soupira Justin.
- Nous sommes restés près de quatre heures ensemble, souligna Théo. Mais je suis bien d'accord, ça passe trop vite.
- On se revoit quand ?
- Ce week-end, ça va être très compliqué pour moi, je suis assez occupé, mais lundi on peut se voir à partir de seize heures.
- D'accord, ça me va, agréa Justin. On ira dîner vers dix-neuf heures, comme ça, on aura trois heures pour continuer ce devoir. Par contre, on ne pourra pas le terminer.
- Non mais on le bouclera lors de la séance d'après. Et s'il nous reste un peu de temps, on pourra commencer le devoir de Défense Contre les Forces du Mal.
Justin hocha la tête et rangea son parchemin et son encrier dans son sac avant de sortir de la salle des binômes avec Théo.
- Je te raccompagne à ta salle commune ? demanda gentiment Justin.
- Je veux bien, accepta Théo.
Justin et lui prirent alors la direction de la salle commune de Serpentard. Ni l'un ni l'autre ne parla durant le trajet mais cela ne fut absolument pas gênant. Ce fut au contraire un silence très agréable. Justin aima beaucoup ces quelques minutes durant lesquelles il marcha avec Théo dans les couloirs calmes, sombres et déserts du château.. Il essaya même de faire durer ce moment en marchant assez lentement. Évidemment, Théo finit vite par s'en rendre compte. Il s'arrêta et se tourna vers Justin.
- Quelque chose ne va pas ? demanda-t-il, inquiet.
- Non, pourquoi ? répondit Justin d'un air qu'il voulut détaché.
- Parce que j'ai l'impression que tu ralentis de plus en plus le pas.
- Oh... C'est peut-être parce que je n'ai pas très envie d'arriver à ta salle commune.
- C'est pourtant toi qui m'a proposé de me raccompagner, rappela Théo, perplexe.
- Oui, parce que je voulais passer un peu plus de temps avec toi.
Théo soupira. Il avait enfin compris le petit jeu de Justin.
- Mieux vaut qu'on se sépare ici, alors.
- Pourquoi ? fit Justin, déçu.
- Parce que je ne veux pas que tu te fasses des illusions, répliqua Théo.
Justin pinça les lèvres. Ce n'étaient pas des illusions, pour lui. Il avait tenu pendant quatre heures parce qu'il y avait plein de monde autour d'eux mais maintenant qu'ils étaient seuls, il ressentait le besoin d'être plus proche de Théo. Et il savait que c'était réciproque. Sauf que Théo contrôlait mieux ses envies. Mais Justin était bien décidé à accéder à leurs désirs et, pour cela, il devait pousser Théo dans ses retranchements.
- Tu veux vraiment que je m'en aille et que je te laisse rentrer tout seul ? Tu ne préfères pas qu'on profite des vingt minutes qui nous restent à s'embrasser comme on le faisait pendant les vacances ?
- Ce n'est pas la question, rétorqua Théo. On s'était mis d'accord, Justin. C'est toi-même qui a dit que tout ça devait s'arrêter à la rentrée. Ça ne te ferait rien de m'embrasser alors que tu sais très bien que ta petite-amie se trouve sous les toits de ce château ?
- Ce qu'elle ignore ne peut pas lui faire de mal, riposta Justin. Mais c'est bon, j'ai compris. Tu m'as assez vu et tu veux que je m'en aille.
- Mais non, soupira Théo. S'il n'y avait que nous, ça ferait déjà longtemps que je t'aurais proposé d'aller à notre repaire secret. Mais on ne peut pas, Justin. On avait décidé de redevenir de simples binômes à la rentrée et on doit s'y tenir.
- Tu crois vraiment qu'on va pouvoir tenir longtemps comme ça ?
Théo grimaça. Sentant qu'il avait fragilisé sa résistance, Justin se rapprocha de lui et prit ses mains entre les siennes.
- Ça ne sert à rien de lutter, Théo, dit-il doucement. Tu vas te sentir frustré quand tu te retrouveras seul et c'est tout ce que tu auras gagné.
Théo leva ses yeux noisettes et plongea son regard dans celui de Justin. Il semblait tellement perdu que Justin dut se faire violence pour ne pas le prendre dans ses bras et le serrer fort contre lui. Mais l'air perdu de Théo laissa vite place à un air résigné.
- Trouve-nous un endroit où on est sûrs de ne pas se faire attraper, lâcha-t-il. On va perdre trop de temps si on se rend à notre repaire.
- J'ai bien une idée mais...
- Allons-y, alors.
Justin ne se le fit pas dire deux fois et enjoignit Théo à le suivre. Il l'emmena aux cachots qui se trouvaient quelques mètres plus loin. Il savait que Théo allait désapprouver cette idée mais c'était la seule qu'il avait. Il se souvenait très bien avoir justement embrassé Théo pour la première fois dans un cachot et il se souvenait aussi très bien qu'ils s'étaient faits prendre par le professeur Snape. Mais là, c'était différent. Vu l'heure qu'il était, il y avait peu de chances pour qu'un professeur passe par-là. Comme Justin l'avait prédit, Théo protesta lorsqu'il comprit où il comptait les emmener.
- Justin, il est hors de question qu'on aille là-bas, siffla Théo.
- On ne risque rien, apaisa Justin.
- Tu veux que je te rappelle ce qui s'est passé dans un de ces cachots quand tu m'as embrassé pour la première fois ?!
- Ce n'était pas du tout la même heure, répondit calmement Justin. Aucun professeur ne traîne par-là à onze heures moins vingt du soir. Pas même le professeur Snape. Fais-moi confiance, Théo. Je sais ce que je fais.
Théo soupira, visiblement vaincu et se laissa entraîner par Justin. Ils arrivèrent très vite aux cachots. Justin ferma la porte derrière lui et poussa doucement Théo contre le mur avant de s'emparer de ses lèvres. Théo, qui protestait encore trois minutes auparavant, répondit aussitôt au baiser en passant ses bras autour du cou de Justin. Celui-ci fut ravi de constater que son binôme était tout aussi frustré que lui et qu'il avait tout aussi envie d'une séance de bécotage contrairement à ce qu'il avait essayé de lui faire croire. Encouragé par la réaction de Théo, Justin exerça une pression contre ses lèvres afin qu'il les ouvre. Il eut le résultat escompté et put glisser sa langue dans la bouche de Théo. Tout en faisant jouer sa langue avec celle de Théo, il se pressa davantage contre lui et posa ses mains sur ses hanches. Il soupira de bonheur en sentant le corps de Théo tout contre le sien. Mais il en voulait encore plus alors il rapprocha leurs bassins, ses mains toujours sur les hanches de Théo. Il dut user de tout son self-contrôle pour ne pas les glisser vers le fessier qu'il savait rond et ferme. Et il sut qu'il avait eu raison de se retenir quand Théo chercha à se dégager de l'étreinte. Ils étaient déjà trop proches à son goût, visiblement. Justin s'en voulut de l'avoir crispé. Il rompit doucement l'étreinte et regarda Théo avec inquiétude.
- Je suis allé trop loin ?
Théo acquiesça mais s'empressa de rassurer Justin :
- Ce n'est pas de ta faute, c'est moi. J'aime beaucoup être tout contre toi mais là je me suis senti... privé de mes mouvements. Je n'aime pas qu'on me tienne de force, même si je sais que ce n'était pas ton intention.
- En effet, confirma Justin. Mais je suis désolé si tu l'as pris comme tel... Comme tu viens de le dire, je n'ai jamais eu l'intention de te forcer à quoi que ce soit...
- Je sais, tu n'as pas cherché à me retenir quand j'ai voulu me détacher de toi. Ce n'est pas contre toi. J'aurais réagi de la même façon avec n'importe qui.
Ces mots ne rassurèrent pas Justin. Il regarda attentivement Théo et essaya de le percer à jour. Il y avait beaucoup de mystères qui entouraient Théo et cela effrayait Justin. Il savait bien que Théo lui cachait des choses. Sa claustrophobie, son désir d'être libre de ses mouvements, son inconscience face au danger... Tout ça c'était pas normal. Il avait l'impression que Théo avait énormément souffert dans le passé et cela le mettait hors de lui.
- Tu me fais peur, Théo, avoua-t-il.
Théo leva un regard surpris vers lui.
- Comment ça ?
- Je sens que tu gardes de lourds secrets en toi et je n'ose même pas imaginer ce que sont ces secrets en question...
- N'essaie pas de savoir, alors, intima Théo. Je ne veux pas en parler, de toute façon. Je préfère que tu m'embrasses.
- Il suffit de demander, répondit Justin en souriant.
Il reprit possession des lèvres de Théo et s'efforça de ne pas trop rapprocher leurs deux corps. Il put tout de même serrer Théo contre lui en mettant ses mains dans le creux de son dos. Il pensait avoir compris ce qui avait surtout gêné Théo. Ils s'étaient rapprochés un peu trop intimement et cela avait évidemment mis Théo mal à l'aise. Ce n'était pas grand-chose pour bon nombre de personnes, mais pour quelqu'un d'aussi timide, réservé et pudique que Théo, c'était déjà trop. Et Justin le comprenait parfaitement bien. Il ne ferait jamais rien contre la volonté de Théo. Il resta donc sage et se contenta de l'embrasser avec fougue et passion. Voulant profiter au maximum de ce moment, ils poussèrent jusqu'à la toute dernière minute qui leur était accordée. Ayant un délai de cinq minutes d'indulgence après le couvre-feu, ils se donnèrent jusqu'à vingt-deux heures cinquante-sept pour sortir du cachot. Trois minutes étaient suffisantes pour se rendre à la salle commune de Serpentard qui se trouvait à cinq minutes de celle de Poufsouffle. Justin raccompagna de nouveau Théo mais en marchant bien plus vite cette fois-ci. Ce fut avec le coeur lourd qu'ils arrivèrent à la salle commune de Serpentard quelques minutes plus tard.
- Je te laisse pour de bon, dit Justin avec un sourire triste. J'aimerais bien rester plus longtemps mais je suis déjà en retard pour rentrer à ma salle commune...
- Ce n'est pas de ma faute, se moqua gentiment Théo. C'est toi qui a voulu qu'on aille s'embrasser quelque part alors qu'on était presque arrivés ici.
- Parce qu'on en avait tous les deux envie, répliqua Justin. Tu serais rentré frustré à ton dortoir si je n'avais pas insisté.
- C'est vrai, reconnut Théo. Je maintiens toujours que ce n'est pas bien, qu'on ne devrait pas faire ça mais je ne peux pas lutter éternellement contre mes envies...
- Exactement, approuva Justin.
- Mais on ne peut pas non plus rester éternellement dans cette situation. À un moment, il faut faire un choix.
Justin comprit aussitôt que ces mots lui étaient adressés. En disant ça, Théo lui parlait de son couple et du choix qu'il n'arrivait pas à faire.
- Désolé mais c'est impossible, dit fermement Justin. J'aime trop Emily pour la quitter.
- Et tu aimes trop mes lèvres pour t'en séparer, ajouta Théo, l'air amer.
- Ce n'est pas comme s'il y avait autre chose entre nous...
Les mots avaient échappé à Justin. Et il les regretta en voyant l'air blessé de Théo.
- Tu as raison, dit-il d'un ton froid. Nous sommes juste des binômes de travail qui ne peuvent pas s'empêcher de s'embrasser. Entre nous il y a juste des cours et des séances de bécotage. Tu ferais bien d'expliquer ça à Emily, je suis sûr qu'elle adorera. Bonne nuit, Justin.
Théo entra dans sa salle commune sur ces mots. Justin gémit en se maudissant d'être aussi idiot. Il avait fait de la peine à Théo alors que c'était bien la dernière chose qu'il voulait. Mais qu'est-ce qui lui avait pris de dire une chose pareille ?! C'était complètement stupide d'avoir balancé ça à Théo ! Il savait pourtant que Théo était quelqu'un de sensible. Pour lui, ce n'étaient pas juste des séances de bécotage. Justin voyait bien que Théo était profondément attaché à lui. Et il y avait également autre chose mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Tout était si compliqué avec Théo... Une petite voix lui souffla que c'était peut-être lui qui rendait les choses aussi compliquées mais il l'ignora. Il préféra oublier tout ça et retourner à sa salle commune. De toute façon, il était obligé d'y aller s'il ne voulait pas faire perdre des points à Poufsouffle pour non-respect du couvre-feu. Il rentra donc à sa salle commune et monta directement à son dortoir. Épuisé, il se déshabilla et se mit au lit. Il ferma les yeux et essaya de trouver le sommeil. Mais il avait l'esprit beaucoup trop perturbé pour y arriver. Il n'arrêtait pas de penser à ce qui s'était passé avec Théo devant la salle commune de Serpentard. Il s'en voulait tellement... Mais il pensait aussi à ce qu'il lui avait dit sur la situation dans laquelle ils étaient. Il savait que Théo avait raison. Ça ne pouvait pas durer longtemps comme ça. Il devait faire un choix. Mais comme il l'avait dit à Théo, c'était impossible. Il ne pouvait pas choisir. Il poussa un long soupir en se retournant dans son lit. Il devait arrêter de penser à tout ça. Il était fatigué et avait besoin de dormir. Il essaya alors de faire du vide dans son esprit mais cela ne fut pas très concluant. Il mit plusieurs heures à s'endormir et lorsqu'il y parvint enfin, ce fut pour plonger dans un sommeil plus agité que récupérateur.
.
.
(samedi 13/01) POV Harry
.
- Harry, tu ferais mieux de manger un peu. Je t'assure que Sirius n'a pas empoisonné le porridge et le jus de citrouille. Tu peux manger et boire sans aucune crainte.
Harry sourit face à la remarque de Remus.
- Je sais, c'est juste que je n'ai pas très faim, expliqua-t-il. J'ai mal au ventre et je sens que tout ce que je pourrais manger finirait dans les toilettes.
- Tu devrais prendre une tisane ou du thé pour te relaxer, suggéra Remus.
- Je n'ai pas besoin de me relaxer, protesta Harry.
Remus haussa un sourcil, l'air de dire clairement qu'il n'en croyait pas un mot. Harry se renfrogna.
- Tu as le droit d'être stressé, dit doucement Remus. N'importe qui le serait à ta place.
- J'ai envie de sortir, assura Harry. J'en ai même besoin. Mais... j'ai peur.
- C'est normal, apaisa Remus. Ça fait un mois que tu n'es pas sorti. Tu sais que tous les regards vont se poser sur toi. Mais ce n'est qu'un moment difficile à passer. Quand les élèves seront réhabitués à te voir, ils ne feront plus attention à toi. Ce sont les premiers jours qui seront durs à passer. Et puis tu ne seras pas seul. Il y aura Sirius avec toi. Tu pourras te reposer sur lui si ça devient trop dur.
Harry acquiesça distraitement. Malgré les paroles réconfortantes de Remus, il était encore inquiet. Son professeur et directeur de maison s'en aperçut :
- Ça va bien se passer, Harry, insista-t-il d'un ton sérieux. Il faut vraiment que tu te détendes sinon tu ne vas pas pouvoir en profiter. Tu me disais que tu étais heureux de sortir, alors concentre-toi là-dessus. Et puis si vraiment ça se passe mal, Sirius et moi saurons te changer les idées quand vous rentrerez. Tu peux nous faire confiance.
Harry hocha de nouveau la tête, mais cette fois avec plus de conviction.
- D'accord, dit-il en souriant. Ça me rassure, tout ce que tu me dis. Je veux bien arrêter de stresser.
- Et manger un peu ?
- Il ne faut pas trop m'en demander, grimaça Harry.
Remus se mit à rire.
- Message reçu ! De toute façon, Sirius ne va pas tarder à sortir de la salle de bain.
Remus ne croyait pas si bien dire. Deux minutes plus tard, Sirius fut de retour dans le salon.
- La place est libre ! lança-t-il.
Harry sauta immédiatement sur ses pieds et se rendit à la salle de bain. Une bonne douche allait lui faire le plus grand bien. Et ce fut effectivement le cas. Après s'être lavé, il se sentit mieux. Il était davantage prêt à affronter cette sortie qui le stressait tant. Lorsqu'il revint dans le salon, Sirius était déjà habillé de pied en cap.
- Allez, enfile tes chaussures, ta robe de sorcier et ta cape et on y va, dit joyeusement Sirius.
Harry s'exécuta, se chaussa, mit sa robe et sa cape et prit sa baguette qu'il glissa dans la manche de sa robe.
- Allons-y ! s'exclama Sirius. Remus, tu es sûr de vouloir rester là ?
- Oui, sûr et certain. J'ai vraiment beaucoup trop de travail. Je viendrai avec vous une autre fois. Ou j'accompagnerai Harry seul, comme Severus nous l'a conseillé.
- Bien, comme tu veux. À tout à l'heure !
Sirius entraîna Harry avec lui sur ces mots. Alors qu'ils venaient de sortir des appartements, Harry s'arrêta. Sirius se retourna, l'air intrigué.
- Tu as oublié quelque chose ? demanda-t-il.
- Non, répondit Harry, gêné. C'est juste... Est-ce qu'on peut remettre cette sortie à une autre fois ?
Sirius sembla comprendre ce qui se passait dans la tête de son filleul. Il s'approcha et posa une main sur l'épaule de Harry.
- Tu n'as pas à avoir peur, dit-il doucement. On va juste se promener dans les couloirs. Il faut passer par-là, Harry. Plus tu attendras, plus ce sera dur. Les élèves ne savent pas grand-chose, tu sais. Nous leur avons juste dit que tu n'allais pas bien, que tu avais besoin de soins, que tu étais entre de bonnes mains et que tu reviendrais quand ça irait mieux. Ils ignorent ce qui s'est vraiment passé, même s'ils doivent avoir de sérieux doutes. Ils ont sûrement fait le rapprochement entre l'absence d'Adrian et la tienne. S'ils t'en parlent, s'ils te posent des questions ou s'ils te font des remarques, ignore-les. Mais s'il y a beaucoup trop d'élèves qui t'embêtent, parle-en, que ce soit à Snape, à Remus ou à moi. Idem si tu reçois des remarques grossières ou déplacées, des insultes ou des accusations. Nous ferons le nécessaire pour que ça ne se reproduise pas. D'accord ?
Harry acquiesça.
- Bon, aujourd'hui, tu devrais être tranquille puisque je suis avec toi. Ce que je viens te dire, ce sera surtout valable quand tu te promèneras seul dans le château ou accompagné de tes amis. Pour ce qui est de cette sortie, contente-toi de passer au-dessus des regards qui se poseront sur toi. S'il y en a qui te fixent un peu trop longtemps, ils vont apprendre à regarder ailleurs, crois-moi !
Harry ne put s'empêcher de sourire. Il savait qu'il pouvait compter sur Sirius pour ça.
- Je te fais confiance, assura-t-il, amusé. On y va ?
Ces simples mots firent sourire Sirius à son tour. Il était visiblement soulagé d'avoir rassuré Harry. Ce fut donc d'un pas décidé qu'ils commencèrent leur promenade. Ils longèrent d'abord le rez-de-chaussée où ils ne croisèrent personne. Arrivés devant les escaliers, Sirius se tourna vers Harry, l'air inquiet.
- Ça va aller ?
- Oui, ne t'en fais pas, apaisa Harry. Snape m'a fait faire tout un tas d'exercices cette semaine. J'ai eu des courbatures dès le lendemain matin de la première séance, ajouta-t-il en grimaçant. Pour moi, il était hors de question que je refasse ces exercices alors que j'avais mal partout mais Snape n'a rien voulu entendre. Je l'ai haï à ce moment-là. Il m'a fait faire de la boxe, entre autres, et il m'a conseillé de faire comme si c'était lui, le sac de frappe. Je peux te dire que j'y ai mis toute ma force. En fait, je crois qu'il a fait exprès de m'énerver pour que je me défoule sur le sac. Je ne sentais plus mes bras et mes jambes, après. Car il fallait évidemment que je frappe à la fois avec les poings et les pieds. Je dois reprendre du muscle partout après avoir passé un mois presque enfermé. Il m'a aussi fait faire beaucoup d'étirements pour retrouver ma souplesse. Il m'a tout fait travailler. Du coup, je pense être largement capable de monter ces marches.
- Je pense aussi, affirma Sirius. Je n'aurais jamais imaginé dire ça un jour mais c'est vraiment une bonne chose que tu passes autant de temps chez Snape. En plus de soigner tes souffrances mentales et psychologiques, il te remet d'aplomb physiquement parlant ! Au bout d'un moment, tu vas te sentir bien mieux que tu ne l'as jamais été.
- Je crois que c'est le but. J'ai hâte d'être à ce moment et en même temps ça me fait un peu peur. Je ne sais pas ce que c'est, d'aller vraiment bien. Mais je sais que c'est agréable comme sensation alors je vais vite m'y faire, conclut Harry en souriant. Allez, combattons cet escalier !
Sirius et lui montèrent les marches qui menaient au premier étage. Il était tout aussi désert que le rez-de-chaussée. Harry fut à la fois soulagé et déçu. Même s'il redoutait de voir ses camarades, il désirait affronter cette épreuve afin d'en ressortir plus fort. Mais bon, même s'il n'était pas sûr de tous les faire, il restait encore six étages. Sirius et lui allaient sûrement croiser plusieurs élèves. Et, en effet, lorsqu'ils arrivèrent au deuxième étage, ils tombèrent sur cinq ou six élèves qui venaient en sens inverse. Évidemment, tous les regards se posèrent aussitôt sur Harry qui fit de son mieux pour les ignorer. Sirius lui donna soudain un coup de coude dans les côtes qui le fit sursauter. Il tourna la tête vers son parrain et haussa un sourcil.
- Je voulais juste détourner ton attention, expliqua-t-il. Je pense qu'on ferait mieux de parler tout en marchant, ça ferait comprendre aux autres que tu es quelqu'un de tout à fait normal qui se promène en compagnie de son parrain en discutant avec lui.
- Tout à fait d'accord, approuva Harry. Raconte-moi la première fois que tu es monté sur un balai, tiens. Tu ne m'en as encore jamais parlé.
- Parce que ce n'est pas un super souvenir, grimaça Sirius. Enfin, pour moi, en tout cas. Si ton père était là, il te dirait certainement le contraire. Je crois qu'il s'est tapé l'un de ses meilleurs fous rires ce jour-là. C'était au tout début de notre deuxième année. James et moi voulions tous les deux intégrer l'équipe de Quidditch de Gryffondor mais contrairement à James, je n'en avais encore jamais fait. Ce n'était pas quelque chose qui s'apprenait dans ma famille avant d'entrer à Poudlard. Il y avait bien eu les cours de vol en première année mais ça n'avait rien à voir. Mais c'est peut-être mon tout premier cours de vol que tu veux que je te raconte ?
- Non, je préfère que tu me parles de la première fois où tu as fait du Quidditch, répondit aussitôt Harry.
- Misère, gémit Sirius, faisant rire Harry. Au début, je voulais être gardien. Ton père, qui voulait soit le poste d'attrapeur, soit le poste de poursuiveur, a pu m'entraîner à arrêter les tirs. Sauf que ça s'est très mal passé. Je n'étais absolument pas fait pour être gardien. J'ai raté les onze premiers tirs et lors du douzième, je me suis pris le souafle en plein visage. J'ai été désarçonné de mon balai et j'ai fait une chute de vingt mètres de haut. Je suis resté deux semaines avec l'infirmerie avec un traumatisme crânien ainsi qu'un nez et un bras cassé. Autant dire que je n'ai plus jamais voulu être gardien après ça. Ouais, c'est ça, moque-toi de moi, lança Sirius à un Harry hilare.
- Désolé, s'excusa Harry sans pouvoir s'empêcher de rire. Mais j'imagine tellement la scène... Par contre, ce n'est pas très gentil de la part de mon père de s'être moqué de toi alors que tu es tombé de ton balai...
- C'est avant qu'il s'est moqué de moi. Il n'arrêtait pas de rire alors qu'il me lançait le souafle. Bon, j'avoue que j'étais plié de rire moi aussi. C'est peut-être pour ça que je n'étais pas assez concentré.
- C'est même sûr, renchérit Harry. C'est ce que les capitaines n'arrêtent pas de nous rabâcher. Mais comment as-tu fait pour survivre à une chute de vingt mètres de haut ?!
- J'ai eu de la chance, répondit Sirius, l'air gêné. En fait, on n'avait pas le droit d'utiliser le terrain, on n'était pas encore dans l'équipe et en plus nous étions trop jeunes pour voler sur nos balais sans être surveillés. Mais tu dois savoir maintenant que James et moi n'en avions rien à faire du règlement... Mais heureusement, le professeur Bibine l'a su et elle est arrivée pile au bon moment. Elle a ralenti ma chute alors que j'étais à moins de dix mètres du sol. Le choc a donc quand-même été assez rude. Mais je m'en suis relativement bien sorti. Pendant que j'étais inconscient à l'infirmerie, James s'est pris une énorme soufflante. J'ai eu la même quand je me suis réveillé. Enfin un peu après, le temps que je reprenne mes esprits.
- Tu as tout gagné, quoi, rit Harry. Le principal, c'est que tu t'en sois vite remis. D'ailleurs, est-ce que tu as pu participer aux sélections, du coup ?
- Non, j'avais encore le bras dans le plâtre à ce moment-là. J'ai dû attendre ma troisième année pour intégrer l'équipe.
- Tu t'es présenté à quel poste ?
- Celui de poursuiveur. Je ne voulais pas être en concurrence avec James qui était déjà titulaire au poste d'attrapeur et je n'avais pas ce qu'il fallait pour le poste de batteur. Je n'avais pas les bras assez musclés.
- Du coup, mon père a fait son choix entre le poste de poursuiveur et le poste d'attrapeur ?
- Oui, mais il est devenu poursuiveur titulaire lors de notre sixième année. Il ne voulait pas quitter Poudlard sans avoir essayé ce poste. Et il a eu raison de tenter l'expérience. Il était aussi bon en tant que poursuiveur qu'en tant qu'attrapeur. Mais il avait déjà été poursuiveur remplaçant à plusieurs reprises lors des entraînements lorsqu'il y avait un remplaçant qui ne pouvait pas assurer son poste. Le capitaine préférait prendre James comme remplaçant plutôt que chercher quelqu'un qui n'était pas déjà dans l'équipe. Déjà que c'était compliqué d'avoir six poursuiveurs qui tenaient la route... On n'a pas eu des poursuiveurs remplaçants très satisfaisants. Tout comme les batteurs et le gardien de réserve. Il n'y avait que l'attrapeur remplaçant qui était plutôt bon. De toute façon, les remplaçants de l'équipe étaient juste là pour permettre aux titulaires de s'entraîner en conditions de match. On ne leur demandait pas grand-chose.
- Ah ouais, super l'ambiance, ironisa Harry. Du coup, mon père est resté poursuiveur jusqu'à la fin de sa septième année ? Et Gryffondor a quand-même réussi à gagner ses matchs ?
- Oui, comme je te disais, l'attrapeur de réserve était plutôt doué. Il est devenu titulaire à la place de James et il a permis à l'équipe de gagner la grande majorité de ses matchs. Mais il y a deux ou trois matchs où on n'a même pas eu besoin du vif d'or pour gagner, tellement on marquait de buts. James était vraiment bon au poste de poursuiveur. Je pense qu'il a longtemps regretté de ne pas avoir pris ce poste plus tôt.
- C'est bizarre, j'ai toujours pensé qu'il raffolait de son poste d'attrapeur, songea Harry. On n'a pas le même amour pour ce poste, visiblement.
- Tu ne tiens pas forcément tout de ton père, objecta Sirius.
- Je sais, mais je pensais tenir au moins ça de lui, je suis déçu, plaisanta Harry. Et toi, alors ? Tu es resté poursuiveur jusqu'à la fin de tes études ?
- Oui, je n'ai jamais quitté ce poste. Je m'entendais très bien avec les deux autres poursuiveurs, nous étions très efficaces mais l'équipe a connu son apothéose quand James a délaissé le vif d'or pour le souafle. Avec le troisième poursuiveur, Sam, on formait une équipe du tonnerre.
- Je ne pensais pas que tu avais été aussi passionné par le Quidditch que ça, murmura Harry.
- Je crois qu'il y a de nombreuses choses que tu ne sais pas encore, soupira Sirius, l'air un peu triste. Mais c'est normal, je n'ai pas encore eu le temps de tout te dire. Tout ça, ce sont des choses que tu aurais dû apprendre durant ton enfance. Depuis tes sept ou huit ans, tu aurais dû entendre parler des années Poudlard de tes parents et de leurs amis. Au lieu de ça, tu as dû attendre tes quinze ans pour que quelqu'un te parle de tes parents... Enfin, tes treize ans avec Remus mais il ne pouvait pas te dire grand-chose.
- Oui mais on rattrape le temps perdu, maintenant, relativisa Harry.
Sirius sourit.
- Tu as raison. C'est ce qu'il faut se dire.
Harry acquiesça et regarda autour de lui. Il fut surpris de se trouver près de la bibliothèque.
- On est déjà au quatrième étage ? s'étonna-t-il.
- Hé oui. Tu ne te rendais plus vraiment compte qu'on avançait et qu'on montait les marches parfois.
- J'étais complètement pris dans ce que tu disais, avoua Harry. On a croisé beaucoup de monde ?
- Je dirais une bonne vingtaine d'élèves. Si ce n'est plus. Ils t'ont tous regardé, mais toi, tu ne les as même pas calculés. Au moins, ceux-là ne te dévisageront pas la prochaine fois qu'ils te verront. Tu veux qu'on aille jusqu'au septième étage ou ça va faire un peu trop ?
- On monte au cinquième et je te dirai ça.
- Tu vas vite me le dire, alors.
Effectivement, ils arrivèrent aux escaliers deux minutes plus tard. Alors qu'ils le prenaient, Harry sentit ses jambes protester. Après avoir monté la dernière marche, il s'arrêta.
- Je crois qu'on va devoir redescendre, grimaça-t-il.
- Ça commence à devenir dur ? comprit Sirius.
- Pour mes jambes, oui. J'aurais aimé pouvoir faire tout le château mais c'était une utopie de penser que j'en serais capable.
- C'est déjà bien d'être monté jusqu'au cinquième étage, tempéra Sirius. Tu feras mieux lors de la prochaine sortie.
- J'y compte bien, assura Harry avec force.
Ce fut sur cette promesse qu'il reprit les escaliers avec Sirius, mais cette fois en sens inverse. Ils ne descendirent pas les escaliers jusqu'au premier étage d'un coup, Harry préférant longer un couloir ou deux entre chaque étage. Il voulait prendre son temps avant de rentrer. Alors qu'ils marchaient le long d'un couloir du troisième étage, ils tombèrent sur Dean et Seamus qui se promenaient. Dean le vit en premier et lui adressa un grand sourire.
- Harry, quel plaisir de te revoir ! Tu reviens après-demain en cours ?
Harry se mit à rire.
- Non, je suis seulement de sortie ! Il est encore trop tôt pour que je reprenne les cours.
- Tu arrives quand-même à t'en sortir avec les cours ? demanda Seamus, inquiet.
- Oui, oui, j'ai plein de personnes qui m'aident, dit Harry en souriant. Je suis très bien entouré. Et tant mieux car je compte bien réussir mes BUSE à la fin de l'année.
- Ne sois pas trop pressé de retourner en cours, alors, conseilla Dean. Les professeurs n'ont que ce mot-là à la bouche depuis la rentrée. Si tu revenais après-demain, ça t'aurait vite saoulé, crois-moi !
Harry rit de nouveau.
- Merci du conseil ! Je vais profiter du temps qu'il me reste avant de reprendre les cours, alors. Je dois y aller mais on se croisera peut-être une autre fois d'ici là.
Dean et Seamus acquiescèrent, souhaitèrent une bonne journée à Harry et Sirius et s'en allèrent.
- Voilà deux personnes heureuses de te revoir, constata Sirius.
- Ce sont mes compagnons de dortoir, c'est normal, répliqua Harry.
- Oui mais c'est mieux que rien.
Harry marmonna un «Si tu le dis» et se remit en marche. Ils descendirent au deuxième étage où ils croisèrent d'autres élèves. Tous regardèrent Harry, quatre ou cinq lui sourirent, certains timidement, d'autres plus franchement.
- Tu vois, les élèves sont contents de te voir, fit remarquer Sirius.
- Oui, c'est vrai, admit Harry. En fait, je suis plutôt rassuré de voir qu'il y en a qui ne savent pas trop comment réagir. Parce que je suis exactement comme eux.
- Tu te sentiras plus à l'aise avec le temps et eux aussi. Déjà c'est une bonne chose qu'ils te...
- HARRY !
Sirius et Harry sursautèrent et se retournèrent d'un même mouvement. Angelina accourait vers eux, l'air apparemment enchantée de voir son attrapeur.
- Bonjour, Angelina, dit Harry avec un sourire.
- Bonjour, Harry, bonjour, professeur. Je ne m'attendais pas à te rencontrer dans un couloir, Harry, comment vas-tu ?
- Ça va, et toi ? Tu t'en sors entre les ASPIC et l'équipe ?
- C'est un peu galère pour trouver des créneaux où tout le monde est libre mais on finit toujours par se mettre d'accord. Souvent grâce à Ron, d'ailleurs. Sinon, est-ce que tu aurais vu Alicia et Katie ? Ça fait une demie-heure que je les cherche partout.
- Non, désolé, mais je n'ai pas fait tout le tour du château, je n'ai donc pas croisé tous ceux qui se promènent actuellement.
- Bon, tant pis, je vais continuer à les chercher.
Angelina salua Harry et Sirius et s'éloigna.
- Elle ne m'a même pas demandé quand j'allais revenir dans l'équipe, s'intrigua Harry. Tant mieux, remarque. J'aurais été gêné si elle m'avait posé la question.
- Si elle n'était pas à la recherche de ses amies, elle te l'aurait sûrement demandé. On y va ?
Harry hocha la tête et emboîta le pas à Sirius. Ils étaient sur le point de tourner à l'angle d'un couloir du deuxième étage lorsqu'ils tombèrent sur trois garçons que Harry reconnut aussitôt comme étant des Serpentard de sixième année. Vu la façon dont ils le toisèrent, Harry sut qu'ils n'étaient pas ravis de le revoir dans les couloirs du château. Et ils ne tardèrent pas à le lui faire comprendre :
- De retour parmi nous, Potter ? lança l'un d'entre eux.
- Comme tu vois, répondit Harry d'un ton qu'il voulut détaché.
- Tu en as, du bol. Tout le monde n'a pas la même chance que toi, lâcha un autre Serpentard.
Harry se crispa en comprenant qu'il faisait référence à Adrian.
- Chacun est là où il doit être, se contenta-t-il de dire. S'il y a des personnes qui ne se trouvent pas à Poudlard en ce moment-même, c'est qu'il y a une raison.
Harry remercia mentalement Sirius d'être près de lui en voyant les trois Serpentard se retenir de le frapper. Nul doute qu'ils l'auraient fait si Sirius n'avait pas été là.
- Tu as vraiment de la chance, Potter, siffla le plus grand des Serpentard.
Harry frissonna face au double sens que pouvait avoir cette phrase. Sirius dut penser comme lui car il intervint :
- Oui, en effet, Harry a beaucoup de chance et vous ne savez même pas à quel point. Il a plein de personnes autour de lui qui lui ont donné la force de se rétablir rapidement et qui seront toujours là pour le soutenir. Elles ne l'abandonneront jamais, même face au danger. Maintenant, excusez-nous mais nous devons y aller.
Sirius attrapa Harry par le poignet et l'entraîna à sa suite en contournant les trois Serpentard. Harry n'avait nullement besoin que Sirius le tienne pour qu'il le suive, tellement il était désireux de mettre le plus de distance possible entre les sixième année et lui. Ce ne fut que dans les escaliers que Sirius lâcha doucement son poignet.
- Ces trois élèves ne savent pas à qui ils se sont frottés. Ils vont m'avoir sur le dos ! promit-il.
- Je ne veux pas que tu fasses la guerre à tous les élèves qui se montreront désagréables envers moi, protesta Harry.
- Désolé, mais tu ne pourras pas m'en empêcher, rétorqua Sirius. Je vais d'ailleurs donner le nom de ces trois élèves à Remus et à Snape afin qu'ils les tiennent à l'oeil lorsque tu reprendras les cours.
Harry soupira mais n'insista pas. En réalité, il était plutôt rassuré de savoir que ces élèves seraient surveillés de près par Sirius, Remus et Snape. Mais cela lui faisait bizarre de devoir s'appuyer sur des adultes. Il trouvait cela un peu déstabilisant. C'était assez nouveau pour lui qui avait l'habitude de ne devoir compter que sur lui-même. Mais c'était tout de même agréable de laisser les adultes gérer les choses.
Sirius et lui redescendirent sans un mot jusqu'au rez-de-chaussée. Ce silence n'était absolument pas gênant, chacun étant plongé dans ses pensées. Ils en sortirent tous les deux lorsqu'ils arrivèrent aux appartements de Sirius et de Remus. Ils entrèrent et se rendirent au salon où Remus était encore en train de travailler. Harry s'assit sur une chaise tandis que Sirius alla préparer du chocolat chaud. Il faisait froid dans les couloirs du château, Harry avait donc bien besoin de se réchauffer.
- Alors, vous avez fait une belle promenade ? s'enquit Remus.
- Oui, nous sommes allés jusqu'au cinquième étage. On a dû faire demi-tour quand mes jambes ont commencé à protester. Elles en avaient surtout marre de monter les marches. Sinon, le reste ça allait encore. On a beaucoup parlé alors on n'a pas vraiment fait attention à ceux qu'on croisait. Du moins, à l'aller. Car sur le retour, je me suis fait interpeller trois fois. Les deux premières fois par des Gryffondor et la troisième fois par des Serpentard.
Harry se tendit en prononçant ces mots. Sans surprise, Remus s'en aperçut.
- Tu as discuté avec eux ?
- Oui. Dean et Seamus croyaient que je revenais après-demain en cours. Ça leur a fait plaisir de me voir, apparemment. Angelina, elle, voulait surtout savoir si j'avais vu deux de nos coéquipières. Elle m'a quand-même demandé comment j'allais. Mais elle ne m'a posé aucune question concernant le Quidditch.
- Elle doit se douter que tu ne vas pas reprendre tout de suite. Et les Serpentard ? Qu'est-ce qu'ils t'ont dit ?
Harry se rembrunit.
- Ça s'est mal passé, c'est ça ? demanda doucement Remus.
Harry acquiesça en baissant les yeux.
- Ils ont osé s'en prendre à toi alors que Sirius était avec toi ?
- Ils l'ont fait de manière très subtile, murmura Harry. C'étaient des sixième année alors évidemment ils connaissaient bien Adrian... Ils m'ont implicitement fait comprendre que, contrairement à lui, j'avais de la chance d'être à Poudlard. Je leur ai répondu tout aussi subtilement, ça ne leur a pas plu, ils m'ont dit que j'avais vraiment de la chance et j'ai bien senti qu'ils faisaient référence au fait que Sirius était là. Il y avait tellement de haine dans leur regard... Alors que je ne les connais même pas. Si j'avais été tout seul, ils m'auraient frappé. Tout ça parce qu'ils me tiennent pour responsable de ce qui est arrivé à Adrian et parce que moi, je suis là, alors que lui non. Mais ce n'est pas de ma faute. S'il est à Sainte-Mangouste, c'est parce qu'il était accro aux potions droguées. Il avait besoin d'aide. Mais ce n'est pas moi qui l'ait poussé à consommer ces potions. Je ne savais même pas que les potions qu'il prenait, c'était de la drogue. Mais j'aurais dû le deviner plus tôt... J'aurais dû voir qu'il me mentait... J'aurais dû comprendre qu'il était drogué quand il me semblait trop agité... Mais je n'ai rien vu. Ou, plutôt, je n'ai rien voulu voir...
Les larmes se mirent à couler sur les joues de Harry. Il entendit Remus se lever et le rejoindre avant de le prendre dans ses bras. D'abord crispé, Harry se détendit très vite et se laissa aller dans cette étreinte réconfortante.
- Tu n'as pas à t'en vouloir, Harry, lui dit Remus. Personne ne s'est rendu compte de quoi que ce soit, et en plus, toi, tu étais amoureux. Tu n'avais pas la même lucidité que les autres et c'est normal. Tu n'es responsable de rien, alors ne te fais pas de reproches. D'accord ?
Harry acquiesça contre le torse de Remus. Il se détacha doucement et s'essuya les yeux.
- Tu as parlé de tout ça à Severus ? questionna Remus.
- Non, on n'a pas encore vraiment abordé le sujet de ma relation avec Adrian, répondit Harry. On a d'abord parlé de la psychomage que j'ai vue cet été, puis des potions de sommeil sans rêves, puis de de la troisième tâche du tournoi des trois sorciers... Nous sommes restés un bon nombre de séances sur ce sujet, car on l'a ratissé en long, en large et en travers. On a parlé de ce qui s'est passé, de ce que j'ai ressenti, des conséquences psychologiques que ces événements ont eu sur moi... Et là on est toujours en train de parler de Cédric. Je sais qu'on va devoir aborder ma relation avec Adrian mais le plus urgent, c'était de parler de ce qui m'a fait souffrir cet été.
- Je comprends. Je sais que tu dois parler de beaucoup de choses avec Severus mais il vaudrait peut-être mieux ne pas trop tarder pour parler d'Adrian.
- On a presque fini de traiter le sujet «Cédric», donc on verra ensuite ce qui est le plus urgent.
- Je fais confiance à Severus pour ça, affirma Remus. Bon, qu'est-ce qu'il fait, Sirius ? Il ne faut pas vingt minutes pour préparer un chocolat chaud ! Je vais aller voir ce qu'il fabrique.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Remus s'en alla, laissant un Harry seul et intrigué. Lui aussi se demandait ce que faisait Sirius. Il attendit patiemment que Remus revienne et se divertit en essayant de lire à l'envers le devoir que corrigeait Remus lorsque Sirius et lui étaient rentrés. Mais l'écriture était trop petite pour qu'il puisse comprendre ne serait-ce qu'un mot. Au bout de dix minutes, il commença à trouver le temps long. Il quitta alors lui aussi le salon pour se rendre à la cuisine. Il vit que la porte était presque fermée. Il hésita. Il ne savait pas s'il pouvait entrer. Mais il se dit que, s'il n'en avait pas le droit, la porte serait entièrement fermée. Il décida de ne pas prendre de risques et toqua pour manifester sa présence et demander la permission d'entrer. Mais il ne reçut pas de réponse. Il fronça les sourcils. Tout ça était très bizarre. Y avait-il un problème ? Inquiet et intrigué, Harry ouvrit tout doucement la porte. Il ne vit personne. Pas très rassuré, il entra tout de même plus franchement dans la cuisine. Mais à peine eut-il fait quelques pas qu'il se prit un seau de farine qui le recouvrit de la tête aux pieds. Surpris et hébété, il mit quelques secondes à relever la tête et il découvrit alors un Sirius et un Remus complètement hilares. Comprenant qu'il s'était fait avoir par les deux guignols qui lui servaient de parrain et de directeur de maison, il lâcha un «pffff» avant de se mettre lui aussi à rire en s'imaginant ce à quoi il devait ressembler.
- Une bataille de tomates pourries, ça te tente ? lança joyeusement Sirius. Regarde sur ta droite.
Harry tourna la tête et vit une assiette remplie de tomates à l'apparence peu appétissante posée sur le plan de travail. Il en prit une et la lança à Sirius qui riposta en lui en envoyant une à son tour. Grâce à ses réflexes de Quidditch, il esquiva la tomate comme il aurait évité un cognard. Il se saisit d'une autre tomate et la lança cette fois à Remus qui l'évita tout en l'attaquant lui aussi. Bientôt, la cuisine devint un vrai champ de bataille où les tomates volaient partout en atteignant une fois sur deux leurs cibles. Les murs ne furent pas épargnés. Les rires et les cris envahirent la pièce pendant une bonne vingtaine de minutes. Si, une demie-heure plus tôt, Harry pleurait contre Remus, là, il riait à gorge déployée, couvert de farine et d'éclaboussures de tomates. Il ne pensait à rien d'autre qu'à esquiver les attaques de Sirius et Remus. Il finit par demander grâce, essoufflé et épuisé mais encore secoué d'un fou rire qui ne voulait pas s'arrêter. Le calme revint peu à peu dans la cuisine alors que chacun reprenait sa respiration.
- Vous êtes de grands malades, dit Harry en s'essuyant les yeux.
- Je te l'avais dit qu'on serait là pour te changer les idées, rappela Remus.
- Oui mais j'étais loin de m'imaginer ce que vous aviez préparé ! Car j'imagine que tout ça était savamment organisé ?
- Bien sûr ! s'exclama Sirius.
- Et donc c'est pour ça que tu as prétendu te rendre dans la cuisine pour préparer du chocolat chaud quand nous sommes rentrés ? En réalité, tu attendais juste qu'on s'inquiète et...
Harry se tut en se souvenant que c'était d'abord Remus qui avait quitté le salon. Il comprit alors que son professeur avait joué la comédie lorsqu'il avait fait mine de se demander ce que faisait Sirius. Choqué, Harry se tourna vers Remus.
- Tu étais de mèche avec Sirius ! accusa-t-il.
- Complètement, admit Remus avec un grand sourire sans sembler éprouver de remords.
- À ton avis, pourquoi Remus a-t-il refusé de nous accompagner ? renchérit Sirius. Il fallait bien que quelqu'un aille chercher la farine et les tomates périmées ! On a bien songé à se les procurer avant mais c'était risqué puisque tu aurais pu tomber dessus. On aurait eu du mal à t'expliquer pourquoi il y avait de la farine et des tomates pourries dans les placards alors qu'on en mange quasiment jamais. C'est Remus qui est allé chercher tout ça aux cuisines pendant qu'on se promenait dans le château. Tu ne nous en veux pas trop, j'espère ?
- Pas du tout, dit Harry en souriant. Au contraire, j'avais rarement autant ri. Mais maintenant, nous sommes tous bons pour la douche !
- Pas besoin, un bon sort de nettoyage sur les vêtements suffira. On prendra une douche complète tout à l'heure. Va te rincer les cheveux dans la salle de bain, pendant ce temps on prépare le chocolat chaud. Pour de bon, cette fois.
Harry sourit, amusé, et se dirigea vers la porte de la cuisine. Alors qu'il s'apprêtait à sortir, il dégaina soudain sa baguette, se retourna et lança un Aguamenti sur Sirius et Remus qui crièrent. Il éclata de rire et s'enfuit en courant de la cuisine alors que Sirius et Remus vociféraient contre lui. Ils s'étaient joués de lui, eh bien ils en payaient les conséquences ! Il se rendit à la salle de bain, se regarda dans le miroir et grimaça en voyant l'état de ses cheveux. Il se lança un sort de nettoyage puis il se passa la tête sous l'eau chaude. Cela lui fit beaucoup de bien et lui permit de se réchauffer. Cette bataille puérile était vraiment une bonne idée. Cela lui avait permis de se changer les idées et d'oublier la fin de sa promenade dans le château. Une fois avoir bien rincé ses cheveux, il les sécha, puis il sortit de la salle de bain pour retourner au salon. Il y vit Remus qui s'était remis à ses copies. Il releva la tête lorsque Harry s'assit en face de lui. Tous deux se regardèrent en chien de faïence. Remus avait visiblement envie de se venger de l'Aguamenti que Harry lui avait lancé. La guerre était déclarée ! Ils avisèrent en même temps l'encrier de Remus et voulurent s'en emparer d'un même mouvement. Ils se mirent alors à se battre et se retrouvèrent bien vite avec les mains couvertes d'encre. Sirius ne tarda pas à arriver et rouspéta en les voyant se bagarrer comme deux gamins :
- Non mais je ne peux pas vous laisser seuls deux minutes, c'est dingue ! s'écria-t-il. Arrêtez de vous battre sinon j'en prends un pour taper sur l'autre !
Remus et Harry lâchèrent à contrecoeur l'encrier qui était désormais presque vide.
- Non mais vous avez quel âge, franchement ?!
- C'est lui qui a commencé, il n'avait qu'à pas être de mèche avec toi ! bouda Harry.
- C'est bon, je crois que tu t'es assez vengé avec l'Aguamenti que tu nous as lancé, riposta Remus.
- Hé, ne te plains pas, ça vous a permis de vous nettoyer un peu !
- Non mais vous allez arrêter oui ?!
- Ça va, c'est pour rire, Sirius, s'amusa Harry.
- Maintenant tu comprends ce à quoi j'ai eu le droit pendant tout l'été, répliqua Remus. Je n'avais pas l'impression d'avoir un mais deux adolescents dont je devais m'occuper !
- Tu adorais ça, Moony, rétorqua Sirius. Tu n'as jamais eu un été aussi trépidant que celui-ci.
- C'est vrai, reconnut Remus en souriant.
- Ça vaut pour moi aussi, ajouta Harry. Même si je n'allais pas très bien, c'était de loin le meilleur été que j'avais passé jusque-là. Et je suis certain que le prochain sera mille fois mieux. On le passera tous les trois ensemble, hein ? demanda-t-il, soudain inquiet.
- Ça, c'est à Remus qu'il faut poser la question.
- Je crois que je ne pourrai plus me passer de vous, désormais, avoua Remus.
Harry sourit jusqu'aux oreilles en comprenant que Remus allait revenir au Square l'été suivant. Son sourire sembla être la meilleure des réponses, à la fois pour Sirius et pour Remus.
- C'est sur cette belle promesse qu'on va prendre le goûter, annonça Sirius, l'air ému. J'ai rapporté du chocolat mais aussi des crêpes.
- Ce n'est pas trop la période, dit Harry, surpris.
- Il n'y a pas de période pour faire des crêpes, déclara Sirius. C'est l'hiver, il fait froid, on s'est bien dépensés aujourd'hui, alors rien de mieux que des crêpes bien chaudes pour reprendre des forces et se réchauffer !
- Je suis bien d'accord, approuva Remus. On en fera demain aussi, comme ça tu pourras en manger avec Draco et Théo tout en travaillant, précisa-t-il à l'adresse de Harry.
- Bonne idée, ça va faire du bien à Théo, il a besoin de prendre du poids, lui aussi.
Il était convenu que Draco et Théo viennent le lendemain pour travailler avec Harry. Ils trouvaient tous trois idiot de se voir séparément alors qu'ils pouvaient très bien se voir tous ensemble. Comme ils voulaient avoir un peu de temps pour bavarder avant de se mettre au travail, Snape avait accepté de décaler la séance de thérapie. Ils la feraient à dix-sept heures, c'est-à-dire l'heure à laquelle Harry devait justement rentrer chez son professeur de potions. C'était même plus pratique ainsi, avaient-ils pensé. Du coup, Harry allait avoir Draco et Théo avec lui pendant quatre heures puisqu'ils étaient censés venir à treize heures. Il avait hâte. Il n'avait jamais passé tout un après-midi avec ses deux amis de Serpentard. Ça allait être une grande première. En fait, il était soulagé que Draco et Théo viennent le voir en même temps. Il avait remarqué que son coeur avait tendance à battre un peu trop vite lorsqu'il se retrouvait seul avec Draco. Et ça le mettait un peu mal à l'aise. Parce qu'il ne savait pas ce que ça signifiait. Il était donc bien content que Théo vienne avec Draco. Ces deux personnes étaient devenues très importantes pour lui. Il avait hâte de passer cet après-midi avec eux. Même si c'était en grande partie pour travailler, ces quelques heures en leur compagnie laissaient présager un très bon moment...
.
.
Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu, même s'il était un peu plus long que d'habitude :) On se retrouve le samedi 25 septembre pour le prochain chapitre intitulé «Révélations et inquiétudes» =) Bisous tout le monde !
