Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le quarante-deuxième chapitre de SAMLP =) Désolée pour le petit retard, j'ai l'habitude de poster à midi mais mon ordi m'a lâchée à 22h55 hier (précisément), il a fallu que je coure un peu partout aujourd'hui pour en trouver un et je n'avais pas encore préparé le chapitre. Vous l'avez comme convenu aujourd'hui, mais avec quelques heures de retard :) En plus, j'ai un vilain rhume qui m'est tombée dessus, alors la concentration n'était pas au rendez-vous XD Bref, j'arrête de blablater, je réponds aux reviews et je vous laisse découvrir le chapitre =)
.
Zackos : Ah que c'est énervant de savoir qu'on a quelque chose à faire et de ne pas s'en souvenir XD On a coutume de dire que si on ne se souvient pas de quelque chose, c'est que ce n'est pas important XD Ça permet de relativiser x) Tu as eu la notif à 16h alors que le chapitre a été publié à midi ? Différence de pays, peut-être, ou bien FF qui est capricieux, comme souvent x) En ce moment, le bug qui revient, c'est ne pas avoir accès à son compte, ce qui est assez embêtant pour ceux qui doivent publier un chapitre :/ C'est vrai que Draco aurait pu savoir parler plusieurs langues, ce sera peut-être le cas dans une autre fiction XD Mais dans celle-là, il s'en tient à l'anglais x) L'histoire avec Simon n'est pas encore revenue dans l'écriture à l'heure actuelle mais je vais sûrement en reparler, même si ce n'est pas tout de suite :) Contente que l'histoire te plaise toujours autant ! =)
Butterfly Fictions : Ravie que la scène Harry/Draco/Théo t'ait plu, tu l'avais attendue alors j'avais un peu peur, surtout qu'elle était assez longue XD Il y a beaucoup de choses qui peuvent sembler insignifiantes dans cette scène coupée en 2 POV mais il y a pourtant des éléments très importants, mais je suis vraiment heureuse que tu aies aimé :) Je voulais apporter un peu de légèreté à cette histoire qui en a besoin XD Et l'action vérité aura lieu un peu avant la fin de l'année scolaire, je pense :)Il était temps que Harry sache pour l'homosexualité de Remus x) Sirius n'en est pas encore à se rendre compte de ses sentiments, ou, du moins, à les assumer :/ Le rôle de psychomage de Severus va prendre de plus en plus d'ampleur, donc je suis rassurée que ça te plaise :) Et j'espère que c'est le cas pour tout le monde ! Harry va effectivement se confier à Severus sur sa relation avec Adrian et son enfance chez les Dursley, mais ces sujets seront traités l'un après l'autre :) Je ne sais pas encore si je vais évoquer la propre enfance de Severus, mais ça pourrait être une discussion intéressante entre Severus et Harry, en effet :) Le procès arrivera lentement mais sûrement =) Lors de la conversation entre Severus et Théo, ce dernier a tout simplement fait une crise d'angoisse à l'idée que son père soit défendu par le meilleur avocat qui soit, il a cru que son père allait sortir libre et que le cauchemar recommencerait l'été suivant :/ Et comme il a son trouble magique qui se manifeste lorsqu'il a des émotions trop fortes, Severus a voulu qu'il prenne sa potion pour qu'il se calme :) En ce qui concerne les jumeaux, un élément de réponse dans ce chapitre =) Ravie que le couple Blaise/Ginny te plaise, j'espère que ça continuera ainsi =)
.
Merci à vous pour ces retours et merci à tous de suivre cette histoire jour après jour, à la base je l'avais juste imaginée dans ma tête, j'avais plein d'idées mais je n'osais pas me lancer, je l'ai finalement fait grâce à ma sœur et à une amie et maintenant, c'est en grande partie pour vous que je l'écris, alors merci d'être toujours là, ça me fait vraiment hyper plaisir :) Je vous laisse avec ce nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture =)
.
.
11 - Indécisions
.
.
(mercredi 17/01) POV Ron
.
- Ron, tu vas être en retard à ta ronde.
- Il me reste encore dix minutes...
- Oui, et c'est exactement le temps qu'il te faut pour rejoindre ton homologue au rez-de-chaussée.
Ron soupira. Hermione avait raison. S'il n'y allait pas maintenant, il allait être en retard.
- D'accord, j'y vais.
- Tu as l'air heureux d'aller faire cette ronde, ça fait peur.
Ron haussa les épaules tout en se levant.
- J'aurais préféré aller à l'entraînement de Quidditch. Mais cette semaine, c'est juste impossible de concilier les emplois du temps de tout le monde. Comme on n'avait pas encore eu d'entraînement depuis samedi, j'ai accepté de me sacrifier pour que l'équipe puisse en avoir un aujourd'hui. Du coup, il manquait un gardien mais Angelina avait prévu ce genre de situation et avait des remplaçants sous le coude. Autres que ceux qui sont déjà dans l'équipe, bien sûr. Par contre, j'aurais préféré qu'elle choisisse quelqu'un d'autre...
- Pourquoi ? Elle a choisi qui ?
- Cormac McLaggen.
- Oh... J'espère qu'il sera aussi doué que prétentieux.
Ron sourit face à la pique bien sentie de Hermione.
- Ça m'arrangerait plutôt qu'il ne soit pas trop bon sinon Angelina pourrait avoir bien envie de me remplacer par lui. Et dans ce cas, je serais encore plus dégoûté de m'être désisté pour l'entraînement.
- Surtout que tu t'es sacrifié pour pouvoir effectuer ta ronde à laquelle tu n'as visiblement pas envie d'aller... Ça t'ennuie tant que ça de la faire ?
- Non, ce n'est pas la ronde en elle-même, le problème...
- Oh, je vois. Tu dois la faire avec Pansy, c'est ça ?
- Oui.
- Vous n'avez toujours pas discuté ?
Ron secoua la tête.
- C'est la première ronde qu'on a ensemble depuis la rentrée.
- C'est peut-être le moment de parler de ce qui s'est passé juste avant les vacances.
- Je n'ai pas envie de créer un malaise entre nous si j'aborde le sujet alors qu'elle ne veut pas en parler... Et puis je croyais que tu m'avais conseillé d'attendre et de laisser passer le temps en voyant ce que ça allait donner ?
- Oui, mais visiblement, ça te turlupine toujours, alors je me dis que, tout compte fait, vous feriez peut-être mieux d'en parler.
- Je ne veux pas prendre le risque.
- Dans ce cas, suis le conseil que je t'ai donné au début des vacances. Fais comme si de rien n'était. Sauf si tu vois que l'ambiance est clairement tendue.
- Oui, je pense que là, je n'aurai pas trop le choix, grimaça Ron. Merci pour ces conseils. J'y vais. À tout à l'heure au dîner.
Ron quitta la salle commune et descendit au rez-de-chaussée où l'attendait Pansy. Ils se saluèrent et commencèrent leur ronde. Les deux premiers étages furent relativement calmes. Le troisième fut un peu plus animé. Ils interrompirent une dispute et firent déguerpir Peeves qui était en train de jeter des encriers sur la tête des élèves.
- Quel fauteur de trouble, celui-là, siffla Pansy. Il faudrait vraiment que les professeurs trouvent le moyen de s'en débarrasser.
- Je crois qu'ils avaient réussi à coincer Peeves, une fois, mais il était parvenu à s'échapper. Mais là, ce qu'il a fait, c'est rien contrairement à tout ce qu'il a pu faire pendant les vacances...
- Il a été si infernal que ça ?
- Oui, les professeurs n'en pouvaient plus. Son truc préféré, c'était d'attendre qu'un élève ouvre une porte pour la lui claquer au nez et l'empêcher de l'ouvrir de nouveau ensuite.
- Eh bien je suis contente de ne pas avoir passé les vacances ici, déclara Pansy. Je n'aurais pas tenu cinq jours avec un Peeves aussi intenable. Il m'aurait rendu folle. D'ailleurs, tu as passé de bonnes vacances ?
- Oui, mis à part Peeves, c'était plutôt calme. Mais ça a été un peu long. J'adore les vacances mais trois semaines c'est trop. Mais c'est sûrement parce que je suis resté à Poudlard que j'ai eu ce ressenti. Et toi ? Ça a été ?
- Oui, c'était top. J'avoue que trois semaines, c'est long, mais ça a été à peine suffisant pour que je puisse tout raconter à mes parents.
- En même temps, il s'en est passé des choses, depuis la rentrée...
- Ça, c'est sûr. En plus je suis préfète et membre de l'équipe de Quidditch de ma maison, alors ça fait encore plus de choses à raconter...
- Ils ont dû adorer t'entendre parler de tes rondes. Surtout les plus palpitantes !
- J'ai dû éviter de parler de celles-là, justement. Enfin, pas dans les détails. Je vais avoir un petit frère ou une petite sœur et même si ma mère n'en est qu'à deux mois de grossesse, je préfère la ménager. Je doute qu'elle serait ravie d'apprendre que je m'engage parfois dans des duels assez violents.
- Je pense que ça inquiéterait n'importe quel parent, renchérit Ron. Mais tu n'as pas été trop surprise de savoir que tu allais être grande sœur ? Tu l'as su pendant les vacances ou tu étais déjà au courant avant ?
- Non, mes parents ont attendu le jour de Noël pour me l'annoncer. Et j'ai été très surprise, oui. Déjà, c'est rare qu'à quinze ans, tu apprennes ce genre de nouvelle, mais dans le cas de ma mère, ça relève carrément de l'exploit. Enfin bref, je suis trop heureuse ! En plus, l'accouchement est prévu pour mi-juillet, je pourrai voir le bébé dès le lendemain !
- J'espère que tu pourras le voir éveillé. Je ne sais plus si c'était Charlie ou Percy mais l'un d'entre eux dormait à chaque fois que quelqu'un venait rendre visite à ma mère à Sainte-Mangouste.
- Il faisait peut-être semblant, plaisanta Pansy. Ça se trouve, il ne voulait voir personne. Mais tu as combien de frères, déjà ?
- Cinq. Bill, l'aîné, a vingt-cinq ans, ensuite il y a Charlie qui a vingt-trois ans, puis il y a Percy qui va avoir vingt ans, puis les jumeaux qui sont devenus majeurs l'année dernière et après il y a moi et Ginny.
- Sacrée famille, commenta Pansy, l'air impressionnée. Les professeurs ne doivent plus être étonnés de voir un Weasley dans leur liste d'élèves...
Ron éclata de rire.
- Ça va surtout leur faire bizarre de ne plus en voir ! Dans trois ans, il n'y aura plus de Weasley. Ils devront attendre l'entrée à Poudlard du premier enfant de la fratrie Weasley. Et comme il n'y en a pas encore, ils ne sont pas près de revoir ce nom de famille dans leurs listes.
- Je suis sûre que quand tout le monde va s'y mettre, il y aura au moins une naissance chaque année.
- Ça fera le bonheur de ma mère. Je crois qu'elle met un peu la pression à Bill pour qu'il commence à y songer. Enfin bon, il faudrait déjà qu'il se marie.
- C'est obligé ?
- Ce sont les convenances, dit Ron en haussant les épaules. Ma mère ne serait pas très contente si un de ses enfants fondait sa famille sans être marié.
- Mais qu'est-ce que ça change, concrètement ? Ce n'est pas ça le plus important. Tant que l'enfant est désiré et qu'il est conçu dans l'amour, on s'en fiche que ses parents soient mariés ou non.
- Entièrement d'accord, approuva Ron. Hep là, vous deux ! lança-t-il à l'attention de deux élèves qui s'embrassaient.
Bon, ils n'étaient pas seulement en train de s'embrasser, sinon Ron ne serait pas intervenu. Ils étaient surtout en train de se caresser de façon un peu trop intime. Ils pensaient sûrement que personne ne les verrait dans un coin aussi reculé du château mais ils oubliaient qu'à cette heure-là, il y avait la ronde des préfets.
- Il y a des dortoirs pour ce genre de choses, rappela Ron. On ne vous dit rien pour cette fois mais qu'on ne vous y reprenne plus.
Les deux élèves, dont Ron savait les noms puisqu'ils étaient à Gryffondor, acquiescèrent et partirent sans demander leur reste.
- Tu les connais ? s'enquit Pansy.
- Oui, ils sont en sixième année et ils passent déjà leur temps dans notre salle commune à se coller et à s'embrasser. Allez, plus que trois étages et c'est bon.
Ron et Pansy reprirent leur ronde et montèrent au cinquième étage. Ils croisèrent plusieurs élèves mais n'eurent pas à faire leur devoir de préfet. Au sixième étage, en revanche, ils interrompirent un trafic entre deux élèves. Ce n'étaient pas des potions droguées mais des potions qui pouvaient avoir le même effet si la personne en consommait trop. Vu le nombre de fioles que l'élève venait d'acheter au vendeur, Ron et Pansy n'eurent aucun doute quant au fait que l'élève recherchait justement cet effet proche de la drogue. Mais c'était quasiment impossible de le prouver puisque cet élève leur fit croire qu'il voulait juste avoir une bonne réserve d'avance. Ils n'eurent aucune raison de mettre sa parole en doute. Ils laissèrent donc repartir le vendeur et l'acheteur après leur avoir tout de même demandé leurs noms.
- C'est la deuxième fois que je tombe sur ce genre de trafic, dit Ron à Pansy. Et je sais que certains de nos collègues en ont déjà fait l'expérience aussi pendant les vacances.
- Oui, c'est ce qu'ils ont dit hier lors de la réunion des préfets. Cette tendance devient inquiétante. Ces potions sont peut-être moins dangereuses que les potions droguées mais leur trafic est bien plus compliqué à contrôler puisqu'on ne peut pas interdire aux élèves d'en vendre et d'en acheter... Elles sont autorisées à la consommation, il faut juste ne pas en abuser. Mais c'est impossible à savoir si un élève va se montrer sage ou s'il va en prendre cinq d'un coup...
- Je pense que ça va faire comme d'habitude. Les professeurs vont attendre qu'il y ait des victimes pour réagir et instaurer des règles.
- C'est fort probable, en effet, affirma Pansy. Mais ils sont un peu obligés d'attendre. Ce serait mal vu de leur part d'instaurer déjà des règles alors qu'il n'y aAAAAAAAAAAAH !
Ron eut juste le temps de sursauter avant de se retrouver avec une Pansy accrochée à lui avec les jambes autour de sa taille. Par réflexe, il la soutint mais ce n'était pas très utile puisque Pansy était accrochée à lui comme un koala à son arbre. Il ne comprenait absolument pas ce qui s'était passé mais il avait quand-même cru deviner que Pansy avait eu peur de quelque chose. Mais de quoi ? Ça, il n'en avait aucune idée. Il décida de lui poser la question :
- Pansy, tu peux m'expliquer ce qui se passe ?
- Y a un rat !
- Un rat ? répéta Ron, surpris. Ce n'était pas plutôt une souris ?
- Je n'en sais rien, mais pour moi c'est pareil !
Ron comprit alors que Pansy avait la phobie des rongeurs et que c'était pour ça qu'elle était agrippée à lui. Elle savait qu'elle ne risquait rien en hauteur.
- Que ce soit une souris ou un rat, cette bête ne te fera pas de mal sans raison. Elle ne viendra pas te chercher des noises parce que ta tête ne lui revient pas. Tu n'as rien à craindre.
Pansy devait être quelque peu rassurée car elle se remit sur ses pieds.
- Tu n'as pas peur, toi ? s'étonna-t-elle.
- J'ai eu un rat comme animal de compagnie durant mes trois premières années à Poudlard. Et avant, il avait appartenu à mon frère Percy. Donc j'ai très vite été habitué à la présence d'un rat dans mon entourage. Mais ce n'était pas un vrai rat, en réalité.
Pansy haussa les sourcils.
- Comment ça ?
Ron regrettait un peu d'avoir commencé à parler de Croûtard. Il ne s'était jamais vraiment remis de ce qui s'était passé à la fin de sa troisième année. Mais cela restait une histoire passionnante et une partie de lui avait quand-même envie d'en parler. Il céda et se lança :
- C'était un Animagus. Mais on ne l'a su que douze ans après l'avoir adopté. On aurait dû se poser des questions car un rat qui vit douze ans, c'est assez étrange. Mais il avait tout d'un vrai rat. Il avait juste une patte où il manquait un doigt. Mais on croyait qu'il l'avait perdu dans une bagarre avec un autre rat ou quelque chose dans le genre. C'était déjà un rat adulte quand on l'a recueilli. Il avait déjà eu une vie avant d'atterrir chez nous. Ce n'est qu'il y a un an et demi qu'on a su la vérité. Ce rat était en réalité Peter Pettigrew, un homme qui était censé avoir été tué en même temps que douze moldus par Sirius Black. Il a bien trompé son monde. Tu as dû entendre parler de tout ça mais tu ne savais pas forcément que Peter Pettigrew était mon rat.
- Non, la Gazette n'est pas allée jusque dans ces détails. Mais c'est fou comme histoire... Il a réussi à se cacher pendant douze ans sous sa forme d'Animagus ?
- Oui, et ça a laissé des traces. Il ressemblait vraiment à un rat lorsqu'il a repris sa forme humaine.
- Tu l'as vu sous sa forme humaine ?!
- Oui mais ce serait trop long à expliquer. Et puis ça impliquerait de révéler plein de choses dont je ne suis peut-être pas autorisé à en parler...
- Oh, je vois. Il y a des choses pas très nettes dans cette histoire, c'est ça ?
- C'est le moins qu'on puisse dire, s'esclaffa Ron. Enfin moi ça va, je suis beaucoup plus innocent que Harry et Hermione.
- De toute façon, il ne se passe pas une année sans que vous ne jouiez aux héros, s'amusa Pansy.
- C'est ça d'être ami avec Harry Potter, plaisanta Ron. Bon, on ferait mieux de monter au septième étage. Ça fait un quart d'heure qu'on arpente le sixième alors qu'il n'y a personne.
Pansy acquiesça et tous deux montèrent au septième étage. Ils n'y croisèrent que quelques élèves qui se promenaient et qui ne faisaient rien de mal. Ron et Pansy prirent la direction des escaliers et commencèrent à les descendre. Alors qu'ils arrivaient au sixième étage, Ron vit le rongeur qui avait probablement effrayé Pansy une demie-heure plus tôt. Cette dernière dut le voir aussi car elle poussa un cri.
- N'aie pas peur, je t'ai dit qu'elle n'allait pas te faire de mal, apaisa Ron. Reste là, je vais voir ce que c'est exactement.
Ron descendit les dernières marches et s'approcha du rongeur qui était prostré en bas des escaliers. Il le regarda attentivement mais ne put identifier l'animal.
- Je ne sais pas quel animal c'est mais ce qui est sûr, c'est que ce n'est ni un rat, ni une souris. C'est beaucoup plus mignon que ça. Ça me fait penser à un hamster mais ce n'est pas vraiment ça. Après, je ne m'y connais pas trop en animaux, je sais juste différencier un rat d'une souris. Tu peux venir, ce rongeur est parfaitement inoffensif.
- T'es sûr que ce n'est ni un rat, ni une souris ?
- Oui, sûr et certain.
Pansy semblait toujours craintive mais elle devait faire confiance à Ron puisqu'elle le rejoignit. Elle regarda à son tour le rongeur et s'attendrit aussitôt :
- Tu as raison, ça n'a rien à voir ! Comment ai-je pu penser que c'était un rat...
- De loin, c'est assez difficile de les différencier. Je serais curieux de savoir ce que c'est, en tout cas.
- J'essaierai de voir ça avec Théo. Il adore les animaux, qu'ils soient magiques ou non. Je te redirai ça. On a encore les tours à vérifier, alors on ferait mieux d'y aller.
- Pars devant, je te rejoins.
Pansy hocha de nouveau la tête et s'éloigna. Ron reporta son attention sur le rongeur.
- Tu devrais éviter de te promener dans les couloirs vers ces heures-là. Ça peut être dangereux pour toi. Il y a souvent du passage et il y en a qui pourraient mal réagir en voyant un rongeur. Mais je te remercie, car grâce à toi, j'ai eu Pansy contre moi pendant quelques minutes et c'était très agréable.
Ron partit sur ces mots et courut pour rejoindre Pansy qui était à une trentaine de mètres devant lui. Ils revinrent au rez-de-chaussée, vérifièrent les Tours puis redescendirent de nouveau.
- La ronde a été légèrement plus longue que d'habitude, constata Pansy. Il est un peu plus de dix-neuf heures.
- Parfait, c'est pile l'heure d'aller manger !
Pansy secoua la tête, l'air amusé.
- Tu es un vrai ventre sur pattes. Mais je dois avouer que j'ai faim, moi aussi.
- Allons dîner, alors !
- Attends... Je... je voulais m'excuser pour ce qui s'est passé au sixième étage, tout à l'heure. Ça ne se fait pas, ce que j'ai fait. Je n'avais pas à m'agripper à toi comme ça. Surtout dans cette position, quoi. On aurait dit un koala accroché à son arbre...
- C'est l'impression que j'ai eue aussi, mais je ne t'en veux pas du tout. Après coup, je trouve même ça plutôt drôle. C'est surtout que je ne m'y attendais pas, en fait. Tu as juste eu de la chance d'avoir fait ta ronde avec quelqu'un d'assez musclé.
- C'est sûr que si j'avais été avec Terry, je lui aurais cassé le dos, rit Pansy. Je pense que je me serais abstenue. Il ne faut pas croire mais je prends soin de mes collègues préfets !
- Et si ça avait été Ernie ?
- Je me serais abstenue aussi. Je ne sais pas s'il est en couple, alors dans le doute, j'aurais évité ce genre de comportement qui peut prêter à confusion.
- Tu aurais eu tout à fait raison. Donc ça veut dire que j'aurais été le seul à avoir ce privilège ?
- Parce que t'appelles ça un privilège, toi, d'avoir une fille qui se jette sur toi et qui s'accroche à toi tel un koala parce qu'elle a eu peur d'un rat qui n'en était même pas un ? Moi, j'appelle plutôt ça une idiote ou une folle.
- Ne dis pas n'importe quoi, protesta Ron. J'ai trouvé ça plus drôle et mignon qu'autre chose. Et puis je commence à être habitué à ce que tu me prennes par surprise, ajouta-t-il, rieur.
Pansy rougit face à l'évocation de leur premier baiser. Elle n'avait clairement pas laissé le choix à Ron. Celui-ci se rendit compte de ce qu'il venait de dire et se retrouva gêné lui aussi. Ce souvenir en amena un autre, à savoir leur deuxième baiser qu'ils avaient cette fois initié tous les deux en même temps. Ils s'étaient quittés là-dessus juste avant les vacances et s'étaient mis d'accord pour oublier et passer à autre chose. Sauf que Ron n'avait pas réussi à oublier. Il avait aimé partager ce baiser avec Pansy et au fond de lui, il voulait recommencer. Il s'éclaircit la gorge et entreprit de mettre fin à ce moment de gêne :
- Je... je vais aller manger.
- Oui, moi aussi.
Alors qu'ils auraient dû se remettre en marche et se rendre à la Grande Salle, ils restèrent plantés au bas des escaliers à se regarder dans le blanc des yeux. Ils se fixèrent un moment ainsi avant de céder à la tentation et d'avancer l'un vers l'autre. Ils étaient sur le point de s'embrasser lorsqu'ils entendirent du bruit en haut des marches. Ils sursautèrent, levèrent les yeux et virent des élèves qui commençaient à descendre les escaliers en bavardant joyeusement. Pansy se tourna vers Ron.
- Pars sans moi. Je... j'ai oublié quelque chose dans mon dortoir. À demain.
Pansy s'en alla sans attendre de réponse. Ron soupira. Ils avaient failli s'embrasser. Encore. Devait-il en conclure que le baiser qu'ils avaient échangé juste avant les vacances n'était pas qu'une simple erreur ? Que c'était plus que ça ? Qu'il y avait vraiment quelque chose entre eux ? Une attirance ? La réponse à toutes ces questions était sûrement «oui» mais tout était trop confus dans son esprit pour qu'il en soit vraiment sûr. Mieux valait qu'il y réfléchisse à tête reposée. Ce fut sur cette sage décision qu'il se rendit à la Grande Salle. Il avait une faim d'hippogriffe. Au moins, il y avait des choses qui ne changeaient pas. C'était plutôt rassurant.
.
.
(jeudi 18/01) POV Sirius
.
- Ah là là, il y a des jours où on ferait mieux de rester couché !
Sirius leva les yeux vers Remus qui venait d'entrer dans le salon.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- J'ai eu mon lot de problèmes à chaque cours. Ce matin, j'ai dû envoyer quatre élèves de troisième année à l'infirmerie et deux élèves de première année chez le directeur. Cet après-midi, il y a eu un gros règlement de comptes entre deux élèves de quatrième année. L'un accusait l'autre de lui avoir volé sa petite-amie. Je ne sais pas pourquoi ils ont attendu le cours de métamorphose pour se mettre sur la figure mais c'est venu d'un coup, sans prévenir. Ils se sont levés en plein cours et se sont mis à s'invectiver puis à se battre. Je les ai eux aussi envoyés chez le directeur et quand je suis revenu, la petite-amie en question était partie en pleurs car elle avait reçu des insultes de la part de certaines de ses camarades. Ça, c'est une élève qui me l'a dit et d'autres ont confirmé. J'ai ordonné aux élèves qui avaient insulté leur camarade de se dénoncer mais évidemment, personne ne s'est levé. Je n'ai pas insisté sur le moment mais je leur ai promis que ça n'allait pas s'arrêter là et que j'aurai les noms des élèves concernés. À la fin de ce cours, j'ai prié pour que le cours des cinquième année se passe bien. Mon voeu n'a pas été exaucé. Je ne sais pas ce que les élèves avaient mangé ce midi mais ils étaient tellement énergiques qu'il y a eu des blessés durant la pratique. Du coup, rebelote, j'ai dû envoyer plusieurs d'entre eux à l'infirmerie. Comme il y en avait qui ne se sentaient vraiment pas bien, je les ai accompagnés. Lorsque je suis revenu, personne n'était parti mais il y avait en revanche un début de dispute. Enfin c'était surtout Justin qui s'énervait contre Théo. Lui restait calme et essayait tant bien que mal d'apaiser son binôme. Il a fini par laisser tomber en voyant que ça ne servait à rien. Draco est alors intervenu et a demandé à Justin de se calmer de façon beaucoup moins diplomatique que Théo. Ça n'a pas plu à Justin qui est monté dans les tours et qui a ordonné à Draco de se mêler de ses affaires. Sentant que ça allait dégénérer, je les ai séparés et je les ai envoyés se calmer chacun dans une salle. Théo s'est retrouvé tout seul, du coup, mais je pense que ça lui a fait du bien. Voilà donc la journée palpitante que j'ai eue.
- Ouah. Sacrée journée, en effet. À ta place, j'aurais craqué et j'aurais détruit ma salle de classe entre deux cours pour me calmer.
- J'y ai pensé, rit Remus. J'étais vraiment au bord de l'implosion.
- Tu m'étonnes. Mais c'était si tendu que ça entre Justin et Théo ?
- Oui. Mais ça ne m'étonne pas vraiment. Ils sont en froid depuis le début de la semaine. Je ne sais pas ce qui s'est passé entre eux mais ça a l'air sérieux.
- Il faudrait en parler à leurs directeurs de maison.
- On voit Severus dans une heure. Dommage que Justin ne soit pas un Serdaigle, vu que Filius sera là aussi...
- Oui, on aurait pu faire d'une pierre deux coups. Après, rien ne nous empêche d'en parler à Servilus.
- Sirius, je t'ai déjà demandé d'arrêter de l'appeler comme ça, soupira Remus.
- Je ne le fais plus pour être méchant, se défendit Sirius. C'est juste un réflexe.
- Oui eh bien ce serait bien que tu l'oublies, ce réflexe. Tu appelles tous tes autres collègues par leur prénom alors que tu as moins de contacts avec eux qu'avec Severus. Avant, c'était normal puisque vous vous détestiez, Severus et toi, mais là ce n'est plus le cas. Tu devrais prendre exemple sur ton filleul. Ça fait déjà longtemps qu'il appelle Draco par son prénom et vice-versa. Ils se détestaient pourtant autant que Severus et toi. Même si leur haine était moins ancienne que la vôtre.
- C'est vrai, admit Sirius. Je vais essayer de faire un effort.
- Bien. Je suis fier de toi.
- Ça mérite une récompense, alors ? demanda Sirius d'une voix suave.
Il se leva et alla rejoindre Remus qui était resté appuyé contre la porte du salon. Il voulut défaire les agrafes de la robe de sorcier de Remus mais ce dernier l'en empêcha.
- Sirius, ce n'est pas le moment. On doit bientôt retrouver Severus et Filius.
- Dans quarante-sept minutes précisément. Ça nous laisse du temps pour faire certaines choses...
- Oui, mais tu oublies qu'il faut se rhabiller, se recoiffer, se parfumer...
Sirius soupira.
- D'accord, j'ai compris. On verra ça quand on rentrera.
Remus secoua la tête, l'air à la fois dépité et amusé.
- Tu es incorrigible.
- Tu dis ça mais je suis sûr que tu en as autant envie que moi.
- Tu as réussi à me donner envie, oui. Et je compte bien te le prouver à notre retour.
Les mots de Remus éveillèrent encore plus le désir de Sirius. Il avait déjà hâte d'être revenu de la réunion avec leurs deux collègues. Mais avant de penser à en revenir, il fallait s'y rendre. Ça allait être long... Mais c'était important. Snape souhaitait leur parler de sa discussion avec Cho Chang. Apparemment, elle ne s'était pas très bien passée. Sirius devait être franc : ce n'était pas une grosse surprise pour lui. Il s'y était attendu. Cette élève était vraiment renfermée sur elle-même depuis la rentrée. Il se souvenait encore de sa propre entrevue avec elle. Elle n'avait pas été très bavarde. Il n'avait pas réussi à lui faire dire ce qui n'allait pas. Mais même s'il s'était douté de l'issue du rendez-vous entre Severus et Cho, Sirius avait espéré que son collègue parviendrait à faire parler la jeune Serdaigle. Après tout, il avait fait tellement de miracles avec Harry... Mais ce n'était pas vraiment comparable. Snape ne connaissait pas Cho. Il partait de zéro avec elle. Harry, c'était différent. Snape savait davantage de choses sur lui que sur Cho, même s'il l'avait longtemps détesté. Harry n'était pas un total inconnu pour lui. Quoi qu'il en soit, Sirius espérait que cette réunion allait permettre à son collègue de savoir quoi faire avec Cho. Cette élève avait besoin d'aide et ni lui, ni Remus, ni Filius, ni Snape n'allaient la laisser tomber.
Afin d'occuper le temps, Sirius prépara ses cours pour la semaine d'après. Remus, lui, corrigea des copies. Trois quarts d'heure plus tard, ils sortirent de leurs appartements et se rendirent à la salle des professeurs. Ils s'étaient mis d'accord pour se retrouver là, étant donné qu'il s'agissait d'une réunion entre professeurs. Sirius avait tout d'abord refusé car cela signifiait que Snape devrait laisser Harry tout seul dans ses appartements. Snape l'avait rassuré en lui disant que Draco et Théo seraient avec lui. S'il y avait le moindre problème, l'un d'entre eux pourrait venir le chercher tandis que l'autre resterait avec Harry. Il s'était arrangé avec eux et ils étaient tous deux libres ce soir-là. Sirius avait été de suite soulagé. Savoir Harry avec ses deux amis de Serpentard le rassurait beaucoup. En plus, comme ça, ils allaient pouvoir travailler ensemble. C'était vraiment une bonne idée.
Lorsque Sirius et Remus arrivèrent à la salle des professeurs, Snape et Filius étaient déjà là.
- Ah, vous voilà, dit Snape. Installez-vous, ne perdons pas de temps.
Sirius et Remus ne se firent pas prier et s'assirent autour de la table.
- Bien, comme vous le savez, si je vous ai demandé de venir, c'est parce que j'ai eu récemment une discussion avec Miss Chang qui s'est assez mal passée. Je souhaitais donc en parler avec vous afin de savoir ce qu'il convenait de faire. Je devais de toute façon en parler avec les deux directeurs de maison de l'élève concernée avant de prendre une quelconque décision. Lupin, je sais que toi, tu es le directeur des Gryffondor et non des Serdaigle mais je me suis dit qu'avoir l'avis de quelqu'un de calme et de réfléchi pourrait m'être utile.
Remus rougit sous le compliment implicite de Snape. Cela irrita Sirius sans qu'il ne sache pourquoi.
- Je ne suis pas sûr de pouvoir t'être d'une très grande aide étant donné que je n'ai jamais parlé avec Miss Chang mais je ferai de mon mieux. Mais qu'est-ce qui s'est passé précisément lors de votre entrevue ?
- J'y venais.
Tout comme Remus et Filius, Sirius écouta Snape leur raconter la discussion qu'il avait eue avec Cho Chang. Sirius eut du mal à la reconnaître dans la façon dont Snape décrivit son comportement. Sirius se souvenait pourtant qu'elle avait eu la même attitude avec lui mais uniquement durant leur courte entrevue. Sinon, en cours, elle était une élève très douce et très respectueuse. Elle était juste renfermée sur elle-même. Mais jamais elle n'avait fait preuve d'une quelconque insolence. Sirius comprenait mieux maintenant pourquoi Snape avait besoin de l'avis de ses collègues. Il ne pouvait pas convoquer Cho de nouveau puisqu'elle l'avait prévenu qu'elle ne viendrait pas. Il était pourtant le seul à pouvoir l'aider...
- Il faudrait que quelqu'un la convainque de retourner te voir, Severus, songea Remus lorsque Snape eut terminé son récit. Car la décision doit venir d'elle-même.
- C'est ce que je pense aussi. Je ne peux pas la forcer à venir me voir si elle n'en a pas envie. Cela ne servirait à rien. On n'obtient pas la confiance de quelqu'un de force. Mais j'hésitais entre laisser faire le temps ou demander à l'un d'entre vous de lui parler...
- Je ne pense pas être le mieux placé pour ça, déclara Remus. Tout le monde sait que j'ai tendance à défendre n'importe qui. Si je dis à Miss Chang que tu veux juste l'aider, mon avis n'aura pas un très grand impact sur elle.
- Ce n'est pas faux, admit Snape. Il ne reste donc que deux choix.
Sirius vit son regard se poser d'abord sur lui, puis sur Filius.
- Je doute que Miss Chang ne prenne davantage en considération l'avis de Filius, dit Remus. Vous êtes collègues depuis trop longtemps, elle pensera sûrement que Filius est de parti pris. Il ne reste donc qu'une seule personne.
Tous les regards se tournèrent vers Sirius.
- Tu serais le meilleur choix et à bien des égards, reprit Remus. Déjà, ça fait moins longtemps que nous que tu es collègue avec Severus. Ensuite, il est de notoriété publique que vous vous détestez depuis vos années Poudlard. Bon, ça s'est arrangé depuis quelques semaines mais ça, les élèves ne le savent pas encore. Le fait que ce soit toi qui incite Miss Chang à faire confiance à Severus va avoir bien plus de poids que si c'était Filius ou moi qui cherchions à la convaincre. Enfin, pour terminer, tu es l'un de ses directeurs de maison. Filius et toi étiez donc les mieux placés pour lui parler. Mais tu as des avantages que Filius et moi n'avons pas. Après, c'est toi qui voit.
Sirius soupira.
- Comme tu le dis si bien, je suis l'un de ses directeurs de maison alors je ne vais pas me défiler. Je vais essayer de lui parler le plus vite possible.
- Attends quand-même un peu, conseilla Snape. La discussion est trop récente pour que tu lui parles maintenant. Elle va être encore trop crispée. Il vaut mieux que tu attendes la semaine prochaine.
- D'accord. Ça va me laisser du temps pour réfléchir à ce que je vais lui dire. Ou, plutôt, à la façon dont je vais amener les choses. Car je sais déjà à peu près quels arguments je vais utiliser.
- Parfait, je te fais confiance là-dessus. Tu me tiendras au courant quand tu auras parlé avec elle.
- Évidemment.
- Bien, pendant que nous y sommes, y a-t-il des choses à régler entre professeurs et directeurs de maison ? Des problèmes avec des élèves ?
- Oui, dit Remus. Ce matin, j'ai dû emmener deux élèves de première année chez le directeur. Parmi eux, un élève de Serdaigle et un élève de Serpentard. Apparemment, il y a des tensions entre eux qui ne datent pas d'hier. Il s'agit d'Edgar Cowen et Louis Digby.
Snape et Filius se regardèrent.
- Le frère de M. Cowen joue dans l'équipe de Quidditch de Serpentard, informa Snape.
- Et le frère de M. Digby dans l'équipe de Quidditch de Serdaigle, ajouta Filius. Il faudrait peut-être que nous les convoquions ensemble... Il ne faudrait pas laisser la situation s'envenimer.
- C'est vrai, consentit Snape. Nous verrons un peu plus tard quel jour nous conviendrait le mieux. D'autres choses à signaler ?
- Oui, répéta Remus. Cet après-midi, il y a eu un gros règlement de comptes entre un Serdaigle et un Poufsouffle durant mon cours avec les quatrième année. Le premier accusait le second de lui avoir volé sa petite-amie. Ils ont commencé à s'insulter, je leur ai demandé de se calmer mais ils se sont mis à se battre. Je les ai alors emmenés eux aussi chez le directeur. Quand je suis revenu, j'ai appris que la petite-amie en question était partie en pleurs durant mon absence. Plusieurs de ses camarades l'avaient insultée à cause de cette histoire de rivalités amoureuses. C'est une élève de Gryffondor qui me l'a dit et ses propos ont été confirmés par d'autres élèves. La petite-amie est elle aussi une élève de Gryffondor.
Sirius, qui avait eu moins de détails lorsque Remus lui avait relaté sa journée mouvementée, haussa les sourcils.
- On dirait que le travail en binôme n'a pas eu que des conséquences positives, lâcha-t-il. Les maisons se rapprochent visiblement un peu trop au goût de certains. Un Serdaigle et un Poufsouffle qui se battent pour une fille de Gryffondor... On n'aurait jamais eu ça avant.
- Je ne peux pas te contredire là-dessus puisqu'il se trouve que l'élève de Gryffondor et l'élève de Poufsouffle sont binômes de travail, grimaça Remus. À mon avis, cette jeune fille n'est pas la seule personne qui a quitté sa moitié pour son binôme de travail. Mais bon, on ne va pas jeter l'opprobre sur un concept qui, en quatre mois, a relativement apaisé les tensions entre les maisons...
- Oui, les conséquences négatives sont bien moins significatives que les conséquences positives, affirma Filius. À la fin de l'année, le bilan sera beaucoup plus positif que négatif.
- Tout à fait, appuya Snape. D'autres choses encore à signaler, à part ça ?
Sirius regarda Remus qui était manifestement gêné. Sachant pourquoi, Sirius lui adressa un sourire compatissant.
- Oui, il y a encore eu un autre problème, avoua Remus, mal à l'aise. Lors de mon cours avec les cinquième année, plusieurs élèves se sont blessés pendant la pratique. Certains ont pu se rendre à l'infirmerie tout seuls mais d'autres semblaient un peu plus mal en point, alors je les ai accompagnés. À mon retour, il y avait un début de dispute entre M. Nott et M. Finch-Fletchley. Du moins, c'est ce que je croyais quand je suis arrivé mais M. Nott essayait davantage de calmer son binôme que de se défendre. Il a fini par abandonner, M. Finch-Fletchley ne s'est pas calmé pour autant et un des amis de M. Nott a cru qu'il était de son devoir d'intervenir.
- Quel ami ? demanda Snape qui avait l'air de redouter la réponse.
Sirius vit Remus se mordre les lèvres. Snape soupira.
- D'accord, j'ai compris. Qu'a-t-il fait ?
- Il a lui aussi demandé à son camarade de Poufsouffle de se calmer mais de façon beaucoup moins sympathique que M. Nott. Le ton est monté entre eux et j'ai dû les envoyer se calmer chacun dans une salle.
Snape paraissait tellement dépité que Sirius le plaignit sincèrement.
- Si je comprends bien, ça ne s'est toujours pas arrangé entre M. Nott et M. Finch-Fletchley. J'ai vu M. Nott lundi, j'ai essayé d'en savoir plus à ce sujet mais il a catégoriquement refusé d'en parler. Il a juste avoué qu'il était bel et bien en froid avec son binôme mais que ça n'allait pas les empêcher de travailler ensemble. Je n'ai pas insisté car je devais lui parler de quelque chose de très important et j'avais besoin qu'il soit disposé à m'écouter. Si je l'avais brusqué en m'attardant sur ses conflits avec son binôme, je n'aurais pas eu toute son attention.
- Tu as bien fait, assura Remus. Mais là, je pense que tu dois sérieusement en parler avec lui.
- Je vais le convoquer et je ne le lâcherai pas tant qu'il ne m'aura rien dit. Vu que je dois également discuter avec M. Cowen, je vais voir tout ça ce week-end, comme ça je n'aurai pas à laisser Harry tout seul. Est-ce que c'est tout ou... ?
- Oui, c'est tout, il n'y a rien d'autre, dit Remus en souriant.
- Tant mieux. C'est déjà bien assez. Filius, Black, s'il y a un problème avec un Serpentard, merci de me le dire maintenant.
- Je ne voudrais pas achever de vous démoraliser, hésita Filius.
- Au contraire, je préfère tout régler aujourd'hui, répondit Snape d'un air résigné.
- Comme vous voulez, céda Filius. J'ai juste eu un souci hier avec une élève de Serpentard durant le cours de duel des cinquième année.
Alors que Filius exposait le problème en question, Sirius se désintéressa de la discussion et reporta son attention sur Remus qui, lui, écoutait attentivement. Sirius décida de l'embêter un peu et posa son pied sur le mollet de Remus. N'ayant aucune réaction, Sirius remonta son pied jusqu'au genou de Remus. Cette fois, ce dernier réagit et adressa un regard courroucé à Sirius. Pour toute réponse, celui-ci lui fit un grand sourire innocent et posa son pied sur le genou de Remus. Il attendit que son amant s'intéresse de nouveau à la discussion de leurs deux collègues avant de se recommencer son petit jeu. Il reprit la progression de son pied et le remonta le long de la jambe de Remus qui tenta de repousser ce pied un peu trop insistant. Sirius ne se laissa pas faire, si bien que Remus abandonna. Sirius continua à monter son pied jusqu'à ce qu'il arrive tout près de l'entrejambe de Remus qui dut sentir le danger venir car il tourna la tête et regarda Sirius avec un air menaçant. Sirius n'y prit pas garde et appuya son pied contre l'entrejambe de son amant. Il sourit en voyant Remus se tendre. Il pressa un peu plus et observa attentivement le visage de Remus qui faisait de son mieux pour rester impassible. Sirius se mit alors à faire de petits mouvements circulaires avec sa chaussure tout en appuyant de plus en plus franchement. Sa semelle étant assez fine, il put sentir le membre de Remus se durcir rapidement. Ravi de son succès, il continua son manège et se régala des réactions de son amant qui se tendait et qui se mordait les lèvres. Il était bien décidé à faire jouir Remus et il allait y arriver. Ce qu'il n'avait pas prévu, cependant, c'était que Snape finisse par s'inquiéter de la rougeur sur les joues de Remus.
- Lupin, tu te sens bien ? demanda-t-il en interrompant sa discussion avec Filius.
- Oui, je... j'ai juste un peu chaud. Ça me fait souvent ça deux semaines après la pleine lune.
Snape regarda Remus avec un air clairement dubitatif mais il n'insista pas et reprit sa conversation avec Filius. Remus tourna une nouvelle fois la tête vers Sirius et lui lança un regard noir. Conscient d'être allé un peu trop loin et, surtout, d'avoir mis en péril leur secret, Sirius forma le mot «désolé» avec ses lèvres. Remus secoua la tête, l'air agacé, et se concentra de nouveau sur leurs deux collègues. Ceux-ci finirent leur discussion quelques minutes plus tard, au plus grand soulagement de Sirius qui avait hâte de sortir de cette salle.
- Bien, nous pouvons nous quitter là-dessus, déclara Snape. Black, je dois te parler.
Sirius retint une grimace et se tourna vers Remus.
- Tu peux rentrer, tu as sûrement mieux à faire que poireauter derrière la porte...
- En effet. Bonne soirée, Severus. À plus tard, Sirius.
Remus partit sur ces mots. Alors qu'il avait franchi la porte laissée ouverte par Filius, Sirius cria :
- Attends !
Il rejoignit Remus et lui chuchota :
- Tu peux m'attendre tout nu, si tu veux, ça nous fera gagner duAOUUUUCH !
Remus venait littéralement de lui écraser le pied.
- Ça, c'est pour tout à l'heure. Mais ne crois pas que je vais m'en arrêter là. Tu m'as cherché, tu vas me trouver. Tu m'as frustré et je compte bien te le faire comprendre ce soir.
Sirius déglutit difficilement alors que Remus tournait les talons et s'éloignait. Le message était clair et il était très bien passé. Sirius avait presque peur de rentrer, maintenant. Il savait que les menaces de Remus n'étaient pas à prendre à la légère. Il décida d'oublier ça pour le moment et retourna voir Snape.
- De quoi voulais-tu me parler ?
- De ce qui s'est passé lors de la première sortie de ton filleul. Il m'a dit qu'il avait été pris à parti par trois Serpentard de sixième année.
Sirius commença à comprendre où Snape voulait en venir.
- Oui, c'est vrai, j'étais là, dit-il d'un ton neutre.
- Je me doute bien qu'il m'a dit la vérité, lâcha Snape. Et je sais que tu étais là puisque c'est toi qui a accompagné Harry. Et je ne pense pas que tu l'aurais laissé seul, ne serait-ce qu'une minute. En fait, ce n'est pas de Harry dont je veux parler mais de toi. Et plus précisément de la réaction que tu as eue suite à l'échange entre Harry et ces trois Serpentard. Harry semblait très inquiet quand il m'en a parlé. Il avait peur que tu t'en prennes injustement à ces élèves dans le seul but de le venger de ce qu'ils lui ont dit.
- Jamais je ne ferai ça, dit Sirius, mal à l'aise.
- Ah oui ? Tu as pourtant dit à Harry qu'ils allaient t'avoir sur le dos.
- Je voulais dire par-là que j'allais les surveiller de près, répliqua Sirius. Je ne veux pas qu'ils s'en prennent de nouveau à Harry. Je ne peux pas faire autrement que veiller à ce que ça n'arrive pas !
- Je ne dis pas le contraire, apaisa Snape. Moi-même je vais les avoir à l'oeil, si ça peut te rassurer. Si je les vois traîner trop près de Harry, je n'hésiterai pas à les convoquer pour leur demander de le laisser tranquille. Mais je pense que tu ne feras pas que les surveiller de près, contrairement à ce que tu essaies de me faire croire. J'ai peur que tu sautes sur la moindre occasion pour les coller sans que ce ne soit vraiment justifié.
- Je t'ai dit que je ne ferai jamais ça, répéta Sirius.
- Tu en es vraiment sûr ? Si, par exemple, l'un d'entre eux oublie de te rendre un devoir, tu n'auras pas envie de le coller au lieu de simplement lui retirer des points comme tu le ferais avec n'importe quel autre élève ?
Sirius dévia le regard, gêné. Il ne s'était pas posé la question mais il ne pouvait pas nier qu'il aurait très certainement envie de se montrer plus sévère qu'à l'accoutumée.
- Réponds-moi, Sirius.
Sirius sursauta. Est-ce que Snape venait vraiment de l'appeler par son prénom ? Sans qu'il ne sache pourquoi, ses barrières cédèrent d'un coup.
- Si, j'en aurais sûrement envie, avoua-t-il. Mais comprends-moi, ils ont attaqué mon filleul alors qu'il n'avait pas besoin de ça ! Il est encore fragile, il était hyper mal quand nous sommes rentrés ! Heureusement, on avait prévu le coup avec Remus. Pendant que Harry et moi étions partis, Remus est allé chercher de la farine périmée et des tomates pourries aux cuisines. À un moment, on s'est cachés dans la cuisine et on a attendu que Harry vienne pour lui renverser un seau de farine sur la tête. S'en est suivie ensuite une bataille de tomates pourries qui a mis la cuisine sans dessus dessous. Ça a vite redonné le sourire à Harry. Ça lui a aussi fait retrouver sa joie et sa bonne humeur. Il s'est même vengé de nous en nous lançant un Aguamenti avant de filer à la salle de bain. Et Remus et lui se sont battus pour un simple encrier alors que je préparais le repas. De vrais gamins ! Mais ça n'empêche pas le fait que Harry ait été bouleversé par ce que lui ont dit ces trois Serpentard. Je ne peux laisser ça impuni. C'est mon filleul ! Mon devoir est de le défendre et de le protéger !
- Je sais tout ça, mais ce n'est pas en t'acharnant sur ces trois Serpentard pour venger Harry qu'il va se sentir mieux. Tout ce que tu vas gagner, ce sont des plaintes à ton encontre par ces trois élèves. Si Harry vient à l'apprendre, il va être encore plus mal car il aura l'impression que c'est de sa faute. Et je pense que tu veux tout sauf ça.
- En effet, admit Sirius. Je ne veux surtout pas qu'il se sente responsable de quoi que ce soit. C'est lui la victime dans tout ça.
- Alors laisse ces trois Serpentard tranquille. S'ils ne sont pas bêtes – et je doute qu'ils le soient – ils verront bien que nous les surveillons. Ils se sentiront déjà bien assez punis comme ça tellement ce sera désagréable pour eux. Tu n'as pas besoin de te venger davantage, je te l'assure. Tu risquerais de ternir ta réputation, en plus. Tu es l'un des professeurs les plus appréciés de l'école. Ce serait bête de perdre l'affection de tes élèves. Ça te rendrait malheureux, crois-moi. J'en sais quelque chose.
Sirius regarda attentivement Snape.
- Ça ne te rendait pas heureux de saquer tes élèves ?
- Non, pas du tout. C'était sûrement l'impression que je donnais mais c'était faux. Jusqu'à il y a peu de temps, je n'ai jamais été heureux. Quand je suis devenu professeur, ça faisait trop longtemps que j'étais enfermé dans mon mal-être, sans compter que je n'avais jamais voulu faire ce métier. Alors je me suis en quelque sorte vengé sur les élèves que je tenais pour responsables de ma situation. C'est idiot, je sais, mais je me disais que s'ils n'existaient pas, je n'aurais pas besoin de faire ce métier qui m'ennuyait terriblement. Je l'aurais peut-être aimé si j'avais décidé de moi-même de l'exercer. Mais on m'y a obligé et s'il y a bien une chose dont j'ai horreur, c'est qu'on me force à faire quelque chose. Enfin bref, tout ça pour te dire que ça ne vaut pas le coup de te faire détester des élèves parce que tu te seras acharné sur trois d'entre eux. Tu es apprécié de tout le monde, aussi bien des élèves que des professeurs, alors ne gâche pas ça. Et puis, surtout, pense à Harry. Il ne veut pas que tu t'acharnes sur ces élèves alors écoute-le.
Sirius mit un moment à répondre, remué par ce que venait de dire Snape.
- D'accord, je les laisserai tranquille, céda-t-il. Je n'avais pas réfléchi à tout ça mais je dois avouer que tu as raison. Je tiens à ma relation avec mes élèves et ça ne vaut pas le coup de la gâcher à cause de trois crétins qui ne méritent même pas qu'on fasse attention à eux. Merci de m'avoir fait voir les choses autrement. Est-ce que c'est tout ce que tu avais à me dire ?
- Normalement oui, je voulais te voir juste pour ça mais pendant que nous y sommes, je te conseille de faire attention avec ton... colocataire ? Collègue ? Ami ? Amant ?
Sirius se sentit rougir comme une tomate.
- Je ne vois pas ce que tu veux dire, prétendit-il, de nouveau gêné.
- Oh non, s'il te plaît, pas à moi, désapprouva Snape. J'ai très bien compris ce qui s'est passé sous la table pendant la réunion. Si ton amant avait chaud, ce n'était pas à cause du temps qui le séparait de la pleine lune, contrairement à ce qu'il a voulu me faire croire. C'était à cause de la personne qui se trouvait en face de lui. À savoir toi. Tu as de la chance car Filius n'a sûrement rien vu et ce n'est pas moi qui irait vous balancer au directeur. Filius non plus, d'ailleurs. Vous êtes au courant au moins que les relations entre collègues sont interdites ?
- Évidemment, répliqua Sirius en levant les yeux au ciel. C'est à cause de ça, entre autres, qu'on a tenté de résister. Ce n'est pas pour le simple plaisir d'enfreindre le règlement qu'on... mais pourquoi je suis en train de te parler de ça ?!
- Peut-être parce que je suis le seul à qui tu peux en parler.
- Mais je n'ai pas à en parler à qui que ce soit sans l'accord de Remus, protesta Sirius.
- Tu préfères aller lui demander la permission avant de revenir m'en parler ?
- Qui te dit que j'ai envie d'en discuter avec toi ? Je peux très bien garder tout pour moi comme je le fais depuis le début de ma relation avec Remus !
- Oh, très bien. Si tu ne veux pas en parler, je ne vais pas t'y forcer. Surtout si tu gères la situation.
Sirius grimaça à ces mots. Il ne pouvait pas vraiment dire qu'il gérait la situation. S'il devait être honnête, il dirait même qu'il ne contrôlait absolument rien avec Remus. Et ce, depuis déjà un bon moment. C'était d'ailleurs pour ça qu'ils avaient fini par céder à leurs pulsions. Parce que c'était plus simple ainsi. Mais ça, il ne pouvait pas le dire à Snape. Pour qui Remus et lui passeraient-ils ? Pour des hommes qui ne savaient pas se retenir ? Il soupira.
- Je n'ai jamais dit que je gérais la situation. C'est juste que, pour le moment, j'arrive à m'en sortir. J'estime que c'est le principal.
- D'accord, je ne vais pas insister. Mais sache que je peux faire bénéficier de mes compétences de psychomage à quiconque en a besoin. Je ne voudrais pas que mon patient se remette à déprimer en voyant son parrain malheureux. Allez, passe une bonne soirée et... amuse-toi bien.
Snape s'en alla sur ces mots. Sirius poussa un autre soupir, plus profond cette fois. Il s'en voulait un peu de ne pas avoir accepté la main – ou l'oreille – tendue de Snape. Il aurait peut-être été judicieux d'avoir ses conseils. Mais il n'assumait tellement pas sa relation avec Remus qu'il refusait d'en parler avec qui que ce soit. Il aurait pourtant pu profiter du fait que Snape ait compris, qu'il lui ait promis de ne rien dire à personne et qu'il lui ait proposé son oreille attentive... Au lieu de ça, il l'avait limite envoyé bouler. Il était vraiment nul. Ne voulant pas se démoraliser davantage, il décida d'oublier ça pour le moment et sortit à son tour de la salle des professeurs. Remus l'attendait. Et Sirius espérait qu'il l'attendait nu, comme il le lui avait suggéré. Remus lui avait promis qu'il comptait bien lui faire payer sa frustration et Sirius avait très hâte de voir ça...
.
.
(vendredi 19/01) POV Théo
.
Théo revenait de son dortoir où il venait de déposer son sac lorsqu'il vit en bas des escaliers Pansy qui semblait attendre quelqu'un.
- Ah, te voilà !
Apparemment, c'était lui qu'elle attendait.
- Comment sais-tu que j'étais dans mon dortoir ? s'étonna-t-il.
- Je suis arrivée juste après toi dans la salle commune et je t'ai vu monter les marches.
- Oh... Désolé, je ne m'étais pas rendu compte que tu me suivais.
- C'est normal, tu étais ailleurs. Comme souvent en ce moment, d'ailleurs.
- Tu voulais me parler de quelque chose ? demanda Théo, désireux de changer de sujet.
Pansy le regarda pendant plusieurs secondes, l'air de vouloir insister, avant de se résigner :
- Oui, je veux t'en parler depuis avant-hier mais je n'en ai pas eu l'occasion. Mercredi, lors de ma ronde avec Ron, on a vu un animal mais ni lui ni moi n'avons pu déterminer ce que c'était. C'est moi qui l'ait vu en premier et j'ai hurlé de peur car je croyais que c'était un rat. Mais en regardant de plus près, ça ne ressemblait pas du tout à un rat. C'était un rongeur, oui, mais c'était beaucoup moins gros qu'un rat et c'était surtout plus mignon.
- Tu as osé t'en approcher ? s'intrigua Théo.
Comme à peu près tous les Serpentard, il savait à quel point Pansy avait peur des souris et des rats. Il y en avait déjà eu dans leur salle commune et Pansy était toujours la première à hurler et à monter sur les tables. En général, c'était souvent comme ça que les autres élèves savaient qu'il y avait un rat ou une souris dans la salle commune. Pansy était une informatrice très efficace.
- C'est Ron qui m'a dit que je n'avais rien à craindre.
- Il t'a juste dit ça ? Il a mis combien de temps à te convaincre ?
- Euh... cinq minutes, je dirais.
- Et ça t'a suffi pour lui faire confiance ? Alors que nous, ça fait quatre ans et demi qu'on essaie de te convaincre et que tu ne veux pas nous écouter ?
- Parce que là ce n'était ni un rat, ni une souris ! se défendit Pansy. S'il m'avait dit que c'était une de ces bêtes, jamais je ne me serais approchée.
- Ok, je comprends mieux. Mais c'est ton droit de faire davantage confiance à Ron qu'à nous, il a peut-être des arguments que nous n'avons pas, s'amusa Théo.
- Ne dis pas n'importe quoi, répliqua Pansy en levant les yeux au ciel. Bon, est-ce que tu saurais me dire ce qu'était cet animal ?
- Avec si peu d'informations, non, je ne peux pas. Il faudrait que je voie l'animal de plus près pour savoir ce que c'est. Comme ça, je dirais que c'est soit un hamster, soit une gerbille, soit un octodon, soit une gerboise. J'avais aussi pensé à un chinchilla mais ça me semble un peu trop gros. Où avez-vous vu ce rongeur ?
- Au sixième étage, près des escaliers.
- J'ai rendez-vous avec le professeur Snape dans vingt minutes, je ferai un petit tour en passant par le sixième étage avant de rentrer.
- Pourquoi veut-il te voir ?
- Oh, je pense que tu as une petite idée.
- À cause de ce qui s'est passé hier en métamorphose ?
- Exactement.
- Tu crois que le professeur Lupin est allé raconter à notre directeur de maison ta prise de bec avec Justin ?
- Ça me paraîtrait logique. C'était quand-même assez intense. Surtout quand Draco s'en est mêlé et qu'il s'est pris le chou avec Justin. C'était même tellement intense que le professeur Lupin a dû les envoyer se calmer.
- C'est vrai. J'espère que tu n'en veux pas trop à Draco, d'ailleurs...
- Non, je sais qu'il a juste voulu me défendre. Je ne peux pas lui en vouloir pour ça. Il n'a fait que son devoir d'ami. Et puis ce n'est pas comme si je gérais la situation...
- Je sais que ce n'est pas facile pour toi mais tu n'aurais pas dû t'écraser comme ça devant Justin... Même si ce n'est pas à toi qu'on doit faire des reproches. Au contraire, Justin s'est mis à s'énerver contre toi alors que tu n'avais rien fait. Tu as même essayé de le calmer. Mais qu'est-ce qu'il avait à être autant en rogne contre toi ?
- Aucune idée, avoua tristement Théo. Mais je crois qu'il n'a pas besoin de raison particulière pour s'emporter comme ça. C'est tellement tendu entre nous depuis une semaine qu'il suffit d'un rien pour qu'il monte dans les tours.
- Tu ne veux toujours pas me dire ce qui s'est passé ?
Théo soupira. Depuis que Justin et lui s'étaient quittés en froid une semaine plus tôt à cause d'une phrase de Justin, Théo s'était renfermé sur lui-même et avait refusé d'en parler à Pansy. Mais là, son humeur sombre était retombée et il se sentait désormais prêt à se confier.
- Tu vas me dire que c'est bête de se faire la tête pour ça, commença-t-il.
- Si tu fais la tête à quelqu'un, c'est que tu dois avoir une bonne raison. Si tu boudes, c'est que Justin a dû dire ou faire quelque chose qui t'a vraiment blessé. Alors vas-y, raconte-moi.
Il n'en fallut pas plus à Théo pour céder. Il fit à Pansy le récit de ce qui s'était passé entre Justin et lui le vendredi précédent lorsque le Poufsouffle l'avait incité à aller dans un cachot pour s'embrasser jusqu'à l'heure du couvre-feu. Il termina en rapportant à Pansy les quelques phrases qui avaient jeté un froid entre eux qui ne s'était pas réchauffé depuis :
- Juste avant de se quitter, je lui ai dit qu'à un moment, il fallait faire un choix. Il a compris que je parlais de celui qu'il devait faire entre Emily et moi. Il m'a dit que c'était impossible car il aimait trop sa petite-amie pour ça. Je lui ai répondu du tac-au-tac qu'il aimait également trop mes lèvres pour s'en passer. Et là, il m'a lancé que ce n'était pas comme s'il y avait autre chose entre nous.
Pansy écarquilla les yeux.
- Il t'a dit ça ?! Mais... c'est un vrai goujat ! Je comprends pourquoi tu lui en veux autant ! Si je ne me retenais pas, j'irais bien le voir pour lui faire comprendre ce que je pense de lui ! Franchement tu devrais vraiment essayer de l'oublier, Théo. Je ne suis pas du genre à donner ce genre de conseils mais là je ne peux pas faire autrement. Il te fait plus de mal qu'autre chose.
- Je sais mais je l'aime, Pansy...
La voix et le regard de Théo étaient tellement tristes et désespérés que sa meilleure amie, émue, vint le prendre dans ses bras. Théo resta un long moment contre elle, profitant de cette étreinte qui lui faisait tant de bien. Rien que pour ça, il ne regrettait pas de s'être confié à Pansy. Il adorait ses câlins qui réussissaient toujours à lui remonter le moral. Ils étaient pleins de tendresse et c'était exactement ce dont avait besoin Théo dans ce genre de moment. Ce ne fut donc qu'après plusieurs minutes qu'il se sépara de Pansy.
- Merci, dit-il en souriant. À la fois pour l'écoute et pour le câlin. Tu es vraiment une amie en or. J'y vais, je ne voudrais pas être en retard à mon rendez-vous avec le professeur Snape.
- Oui, tu as raison. Bonne chance.
Théo sourit de nouveau à Pansy en guise de réponse et déposa un baiser sur sa joue avant de sortir de la salle commune. Il prit le chemin du bureau de son directeur de maison et y arriva cinq minutes plus tard. Il frappa à la porte qui s'ouvrit rapidement.
- Bonjour, M. Nott, entrez.
Théo ne se fit pas prier et pénétra dans le bureau de son professeur.
- Asseyez-vous.
Théo obéit de nouveau et s'installa en face du professeur Snape.
- Vous devez vous douter de la raison pour laquelle je vous ai convoqué.
- Oui, en effet. Vous voulez sûrement me parler de ce qui s'est passé hier après-midi lors du cours de métamorphose.
- C'est bien cela. Le professeur Lupin m'a dit que votre binôme de travail s'était acharné sur vous sans raison apparente. Il vous a hurlé dessus, vous avez tenté de le calmer mais sans succès. Vous avez alors abandonné et Draco s'en est mêlé en venant vous défendre. Confirmez-vous tout cela ?
- Oui.
- Pouvez-vous me dire pourquoi M. Finch-Fletchley s'en est pris à vous comme ça ?
- Non, je n'en ai aucune idée. Et c'est la vérité.
- Même si vous le saviez, je suppose que vous ne me le diriez pas ?
Théo ne répondit pas, mais son silence était éloquent. Le professeur Snape soupira.
- Vous êtes vraiment désespérant. Quand allez-vous comprendre que je suis là pour vous écouter et pour vous aider ?
- Je le sais, répondit Théo, mal à l'aise à l'idée que son professeur pense qu'il ne lui faisait pas assez confiance. C'est juste que... vous ne pouvez rien faire.
- Je peux en parler avec le professeur Chourave pour qu'elle discute sérieusement avec M. Finch-Fletchley.
- Les professeurs ne sont pas censés se mêler de la vie privée de leurs élèves, répliqua Théo.
Le professeur Snape haussa un sourcil. Théo retint un soupir. Il savait qu'il se trahirait en disant ça. Mais il n'avait pas eu le choix pour faire comprendre à son directeur de maison qu'il ne pouvait pas l'aider.
- Je vois. Vous sortez avec M. Finch-Fletchley.
- Non. C'est plus compliqué que ça. Nous entretenons une relation un peu particulière. Mais je ne peux pas vous en dire plus. Il y a déjà deux personnes qui sont au courant autour de moi et ce sont deux personnes de trop. Parce que Justin n'a sûrement pas envie que je parle de notre relation à qui que ce soit.
- Il n'a pas à décider si vous avez le droit d'en parler ou non, asséna le professeur Snape. S'il ne veut pas que vous parliez de votre relation, il sait ce qu'il lui reste à faire.
- Si vous voulez dire par-là «me quitter», ça ne semble pas faire partie de ses choix envisageables. Ce n'est pas faute pourtant de le lui avoir subtilement proposé...
Théo ne se rendit compte que maintenant à quel point il en voulait à Justin. Mais il savait que si ce dernier revenait vers lui avec la bouche en cœur, il allait de nouveau lui tomber dans les bras en oubliant tout le mal qu'il avait bien pu lui faire. Parce qu'il était trop faible pour résister.
- M. Nott, vous m'entendez ?
Théo sortit brusquement de sa rêverie.
- Désolé, je... j'étais perdu dans mes pensées.
- C'est ce que j'ai cru comprendre. Je vous disais que j'étais là si vous aviez besoin de parler de votre relation avec M. Finch-Fletchley.
Théo détourna le regard. Il savait qu'il pouvait en parler à son professeur. Mais quelque chose l'en empêchait.
- M. Nott, pourquoi êtes-vous si réticent à vous confier sur ce sujet ?
- Je ne sais pas, je... je crois que j'ai honte.
- Honte de quoi ? demanda doucement le professeur Snape.
- De cette relation. Elle n'est pas saine. Justin n'en a que pour les baisers qu'on partage. Il n'y a que ça qui l'intéresse. Alors que moi, j'aimerais qu'il m'aime. Je ne suis pas à l'aise à l'idée qu'on se voit juste pour s'embrasser mais je ne dis pourtant jamais non car c'est le seul moyen que j'ai pour passer du temps avec Justin en-dehors de nos séances de travail. J'oublie tout dans ce genre de moment. Il n'y a que lui qui compte. Mais le bonheur que je ressens n'est qu'éphémère. Car en-dehors de ces moments, il faut qu'on se comporte comme de simples binômes de travail. En plus je m'en veux vis-à-vis de la petite-amie de Justin. Cette relation me fait souffrir mais je ne peux pas m'en défaire.
Théo baissa les yeux sur ces mots.
- Vous avez pourtant une volonté incroyable. Et vous êtes quelqu'un de raisonnable. Si vous savez que vous devez mettre fin à cette relation, pourquoi n'arrivez-vous pas à le faire ?
- Parce que j'aime Justin, murmura Théo. C'est la première fois que je ressens ça. C'est la première fois que je tombe amoureux. Je ne pensais pas que ça se passerait comme ça. Je ne sais pas à quoi je m'attendais exactement mais certainement pas à ça. Je n'étais même pas prêt à vivre mes premiers émois amoureux...
- C'est malheureusement quelque chose qui nous tombe dessus sans qu'on ne s'y attende. Mais vous n'avez pas à voir honte de cette relation, M. Nott. Vous êtes amoureux, c'est donc tout à fait normal que vous suiviez votre cœur plutôt que votre raison. Cela ne fait pas de vous quelqu'un de faible. Cela prouve juste que vous êtes humain. Mais si cette relation vous fait vraiment souffrir, il serait peut-être judicieux d'écouter votre raison. Surtout si c'est à cause de cette relation qu'il y a toutes ces tensions entre vous. Est-ce le cas ?
- Oui. Il m'a fait comprendre qu'il n'y avait justement que ces baisers entre nous et... ça ne m'a pas plu. Depuis nous sommes en froid.
- Les tensions s'apaiseraient peut-être si vous mettiez fin à votre histoire. Les choses seraient claires entre vous et vous pourriez repartir sur de bonnes bases. C'est la meilleure chose que vous ayez à faire. Ce que vous ne devez pas faire, en tout cas, c'est rester dans cette situation. Vous voyez bien que ça devient intenable.
Théo acquiesça, la gorge serrée. Il savait, au fond de lui, que c'était ce qu'il devait faire. Jusque-là, il n'avait pas voulu s'y résoudre mais le professeur Snape avait raison : il ne pouvait pas rester comme ça. Harry et Pansy lui avaient plus ou moins suggéré la même chose mais il avait besoin de recevoir ce conseil de la part de quelqu'un dont le devoir était de l'écouter et de l'aider. C'est-à-dire, soit son directeur de maison, soit un psychomage. Et il se trouvait que le professeur Snape était les deux à la fois. Théo décida donc de suivre son conseil et prit sa décision.
- Je vais mettre un terme à ma relation avec Justin. Je vais essayer de le voir ce week-end et je lui parlerai.
- Je pense vraiment que c'est ce que vous avez de mieux à faire. Même si c'est dur. Est-ce que vous avez autre chose à me dire ? Que ce soit sur ce sujet ou à propos d'autre chose ?
- Non, pas à ma connaissance.
- Bien. Je profite de vous voir pour vous annoncer que j'ai écrit à votre avocat et qu'il m'a répondu. Il n'était pas libre ce week-end et il souhaite vous voir mardi à dix-sept heures. Ayant deux enfants à Poudlard, il sait que c'est l'heure à laquelle finissent généralement les cours. Il ne vous en voudra donc pas si vous arrivez avec cinq ou dix minutes de retard. J'ai eu le temps d'apprendre par cœur mon emploi du temps en trois mois et je connais celui de Draco, je sais donc que le mercredi, vous terminez par potions. Le professeur Slughorn est quelqu'un d'indulgent, si vous le lui demandez, il vous laissera partir dix minutes avant la fin du cours. J'informerai au préalable tous vos professeurs que vous risquez de quitter prématurément leurs cours pour voir votre avocat. Mais il vaut mieux que vous les préveniez en début de cours que vous devez partir à telle heure.
- Bien, je le ferai. Merci, professeur.
- Je vous en prie. Bon, je crois que je vous ai déjà assez retenu comme ça. Si vous n'avez rien à me dire ou à me demander, vous pouvez y aller.
Théo acquiesça de nouveau, souhaita une bonne soirée à son professeur et quitta son bureau. Il était sur le point de prendre la direction de sa salle commune lorsqu'il se rappela qu'il devait passer par le sixième étage. Il se dirigea donc vers les escaliers et commença à les monter. Ayant envie de faire un petit tour, il traversa des couloirs avant de se rendre à l'étage suivant. Il ne croisa pas beaucoup d'élèves, ce qui ne l'étonna guère. Il était plus de dix-huit heures, bon nombre d'élèves devaient être en train de manger. Arrivé au quatrième étage, il entendit des voix. Même si elles étaient très basses, Théo perçut nettement le ton menaçant dans ces voix. Il regarda autour de lui, espérant voir arriver les deux préfets qui étaient de ronde ce soir-là. Vu l'heure, ils étaient déjà sûrement au cinquième ou sixième étage. N'écoutant que son courage et ne voulant pas laisser un élève en difficulté, il avança vers l'endroit d'où provenaient les voix. Elles se firent de plus en plus proches au fur et à mesure qu'il s'approchait d'un recoin du couloir. Il avança encore un peu et découvrit deux élèves tout près d'un troisième. Il lui fallut quelques secondes pour les reconnaître. Son sang se figea alors dans ses veines. Car devant lui se tenaient Josh Parker et Dick Milligan, les deux Serdaigle de sixième année qui l'avaient agressé et qui étaient vraisemblablement en train de menacer Justin. Il sentit une colère sourde l'envahir et n'hésita pas une seule seconde à venir en aide à son binôme.
- Je vous dérange ?
Parker et Milligan sursautèrent violemment et se retournèrent.
- Qu'est-ce que tu fous là, toi ? cracha Milligan.
- Bonjour à toi aussi. J'aimerais parler à mon binôme, si cela ne vous ennuie pas.
- Eh bien si, ça nous ennuie, répliqua Parker. Lui et nous n'avons pas fini de discuter.
- Discuter ? Je crois qu'il y a erreur. Tu ne voulais pas plutôt dire «Mon acolyte et moi n'avons pas fini de menacer notre camarade à deux contre un comme les lâches que nous sommes» ?
Il n'en fallut pas plus pour que les deux Serdaigle dégainent leurs baguettes. Théo avait cependant anticipé cette réaction et sortit aussitôt la sienne. Il était tout seul face à deux élèves plus âgés que lui mais il n'avait pas peur. De toute façon, il ne comptait pas engager un duel avec eux.
- Je serais vous, je ferais profil bas. Il y a un témoin. Si je me fais attaquer et que ce témoin dit que c'est vous qui m'avez agressé, c'est le renvoi définitif assuré pour vous. Justin n'aura qu'à fournir son souvenir de cette confrontation pour attester de la véracité de ses propos. Et puis, à votre place, je ne me frotterais pas à quelqu'un qui a su s'échapper d'une maison protégée par de nombreux sorts lancés par un Mangemort. Après, c'est vous qui voyez.
Parker et Milligan regardèrent Théo comme si rien ne pourrait leur faire plus plaisir que le voir se faire dévorer par le Calmar géant. Vaincus, ils partirent lentement à reculons tout en gardant leurs baguettes pointées sur Théo. Ce ne fut qu'une fois arrivés au bout du couloir qu'ils firent volte-face pour s'enfuir en courant. Théo sentit la tension redescendre lentement. Il se tourna vers Justin qui semblait choqué.
- Ça va ? demanda doucement Théo.
- Oui, je... je ne m'attendais pas à ce que tu débarques, en fait. Mais heureusement que tu étais là. Je n'arrivais pas à me défaire d'eux.
- Qu'est-ce qu'ils te voulaient ?
- Je ne pense pas que tu aies envie d'en entendre parler.
Théo se rembrunit.
- Très bien. J'y vais alors, bonne soirée.
Théo s'apprêta à s'en aller mais Justin le retint par le bras.
- Non, attends... Tu as mal compris. Je veux bien t'en parler mais tu risques de ne pas apprécier ce que je vais te dire.
- Il y avait Parker dans le lot, donc j'imagine que ça a un rapport avec Emily ?
- Oui.
- Ils en ont après votre couple ?
- Ils en ont surtout après moi. Emily s'est confiée à son cousin sur notre relation, elle s'est plainte de moi et ça a suffi à Josh pour venir me menacer avec son pote. Il m'a demandé d'être plus cool avec Emily sinon ça n'allait pas le faire. Ils ont précisé qu'ils n'hésiteraient pas à me faire subir le même sort que toi.
Théo serra les poings si fort que ses ongles s'enfoncèrent dans ses paumes.
- Il faut que tu fasses attention. Je ne veux pas qu'il t'arrive la même chose qu'à moi. Fais ce qu'ils te disent. Je ne sais pas ce qui se passe exactement entre Emily et toi en ce moment mais fais en sorte que ça aille mieux.
- Ça va être compliqué. S'il y a des tensions entre Emily et moi, c'est en grande partie parce qu'il y en a entre toi et moi. Je suis de mauvaise humeur à cause de nos relations tendues et je la rejette sans le vouloir sur Emily. Alors évidemment, ça provoque des tensions et des disputes.
- Eh bien dans ce cas il faut apaiser les choses entre nous. Et ça tombe bien car je voulais justement t'en parler. Je veux qu'on oublie tout ce qui s'est passé et qu'on reparte sur de bonnes bases.
Justin haussa les sourcils.
- Comment ça ?
- Il faut qu'on redevienne de simples binômes de travail.
Le visage de Justin se décomposa.
- Tu veux dire par-là que tu veux qu'on arrête de se voir en privé ?
- Ça fait une semaine qu'on ne se voit plus de cette manière, Justin.
- Parce qu'on était en froid ! Mais ça ne veut pas dire pour autant que notre relation était terminée ! Écoute... je suis désolé pour ce qui s'est passé hier. Je n'aurais jamais dû m'emporter ainsi contre toi. Mais je m'étais disputé le matin-même avec Emily, j'avais été en rogne pendant toute la journée, sans compter que j'étais fatigué car c'était presque la fin de la semaine alors arrivé au dernier cours de la journée, j'ai craqué. Tu n'y étais pour rien, tu ne méritais pas que je te tombe dessus comme ça. Je suis vraiment désolé.
- N'en parlons plus, dit Théo en souriant. C'est oublié, je ne t'en veux plus.
- On peut reprendre notre relation là où elle s'était arrêtée, alors ?
Théo fronça légèrement les sourcils.
- Je viens de te dire que je voulais y mettre un terme, répondit-il, perplexe.
- Parce que tu m'en voulais encore, mais là c'est bon, c'est réglé.
- Non, ce n'est pas juste pour ça, Justin. Je n'en peux plus de cette situation. Cette relation nous fait plus de mal qu'autre chose. Je préfère que nous redevenions de simples binômes de travail plutôt que continuer cette histoire qui ne mène à rien et qui fait souffrir tout le monde. Je t'ai demandé plusieurs fois de choisir entre Emily et moi, tu ne l'as pas fait alors je prends la décision pour toi.
Un long silence suivit les mots de Théo. Justin avait l'air tellement dévasté que Théo dut faire appel à toute sa volonté pour ne pas revenir sur ce qu'il venait de dire. Il s'était montré plus ferme qu'il ne l'avait jamais été alors ce n'était pas le moment de flancher. Il se passa de longues minutes pendant lesquelles ils se regardèrent avant que Justin ne finisse par répondre :
- Je vais quitter Emily.
Théo écarquilla les yeux.
- Qu... quoi ? bredouilla-t-il, choqué.
- Je vais quitter Emily, répéta Justin.
- Mais... je... tu... balbutia Théo.
Il n'arrivait pas à aligner deux mots tant il était pris au dépourvu. Il s'était attendu à tout sauf à ça. C'étaient pourtant les mots qu'il espérait entendre de la bouche de Justin depuis plusieurs semaines mais il n'aurait jamais cru que ce dernier les prononcerait au moment où Théo voulait mettre fin à leur relation... C'était un revirement auquel il ne s'était absolument pas préparé.
- C'est toi qui avait raison, Théo, dit Justin. Ça ne peut plus durer comme ça. Mon histoire avec Emily est finie depuis longtemps. Mais ni elle, ni moi n'avons voulu le voir.
- Mais tu l'aimes, lâcha Théo qui ne comprenait plus rien.
- C'est ce que je pensais mais je me trompais. Si je dois être tout à fait honnête, je crois qu'en réalité, je n'ai jamais été amoureux d'elle. J'ai cru que je l'étais quand elle m'a elle-même avoué qu'elle était amoureuse de moi. Je n'avais jamais été aussi proche d'une fille, alors j'ai cru que l'amitié s'était au fil du temps transformée en amour. Je n'avais jamais eu de petite-amie avant Emily, je n'avais donc aucune expérience dans ce domaine. Je ne savais pas ce qu'on ressentait quand on aimait quelqu'un. On a alors commencé à sortir ensemble et comme ça n'a rien changé entre nous et que je ressentais toujours la même chose pour Emily, je me suis dit que c'était ça, l'amour. Mais maintenant, je sais que c'était juste de l'amitié et un profond attachement.
- Comment l'as-tu compris ?
- Je préfère ne pas te le dire pour le moment. Je ne suis pas encore prêt à l'assumer. Ça fait un peu trop à encaisser d'un coup pour moi.
- D'accord, je n'insiste pas alors. Mais si tu quittes Emily, qu'est-ce que ça va changer entre nous ? Est-ce qu'on continuera à se voir juste pour s'embrasser dans un coin du château ?
Justin dévia le regard, l'air gêné. «Ça veut tout dire» pensa Théo. Il retint un soupir. Ce n'était pas demain la veille qu'il allait avoir la relation qu'il espérait avec Justin... Pour cela, déjà faudrait-il que Justin soit amoureux de lui. Et ça, Théo n'en savait fichtrement rien. Il était complètement perdu au sujet des sentiments de son binôme à son égard. Il avait l'impression que Justin avait eu peur de le perdre quand il lui avait dit qu'il souhaitait mettre fin à leur relation et que c'était pour ça qu'il avait soudain pris la décision de quitter Emily. Parce qu'il savait que c'était ça qu'attendait Théo. Il ne s'y était pourtant pas résolu jusque-là. Il avait fallu que Théo lui dise qu'il voulait arrêter leur relation pour qu'il se décide. Est-ce que cela voulait dire que Justin tenait à lui ? Ou avait-il juste eu peur de devoir se passer de ses lèvres ? Théo se rembrunit à cette pensée. Justin dut le voir car il s'empressa de clarifier les choses :
- Théo, je ne veux pas que tu tires des conclusions trop hâtives, dit-il d'une voix à la fois douce et sérieuse. Pour l'instant, je préfère qu'on continue à se voir juste pour s'embrasser car je ne suis pas encore prêt à me demander ce que je ressens vraiment pour toi. Au fond de moi, je sais la réponse mais c'est trop tôt pour que je l'assume. C'est pour ça que je n'ai pas voulu te répondre quand tu m'as demandé comment j'avais su que je n'étais pas amoureux d'Emily. J'ai juste besoin de temps.
Théo acquiesça sans vraiment s'en rendre compte. Son cœur battait à toute allure car Justin venait de lui dire à mi-mot qu'il était sûrement amoureux de lui. Rien n'aurait pu lui faire plus plaisir. Bien sûr, il était déçu de devoir encore s'en tenir à des séances de bécotage mais au moins, il n'aurait plus l'impression de trahir Emily en embrassant le petit-ami de cette dernière en secret dans un recoin du château.
- Par contre, je vais également avoir besoin de temps pour rompre avec Emily.
Le moral de Théo retomba d'un coup. Justin s'amusait-il à jouer avec ses émotions ou quoi ?! Son binôme dut de nouveau voir sa réaction car il le rassura aussitôt :
- C'est juste l'histoire d'une ou deux semaines, pas plus, promit-il. Je veux simplement trouver le bon moment pour lui parler.
Théo se détendit et sourit à Justin.
- D'accord, je comprends. Donc en fait, rien ne change pour le moment ?
- Dans les faits, non, mais c'est comme si j'avais déjà quitté Emily. Tu n'as plus à te sentir coupable vis-à-vis d'elle. C'est toi que j'ai choisi, Théo. Même si je ne veux pas encore l'admettre clairement, ça en dit long sur ce que je ressens pour toi. Bon, ce n'est pas tout mais je vais aller dîner. On se voit toujours demain pour une séance de travail ?
- Toujours, confirma Théo, le cœur battant.
Justin sourit à son tour et déposa un baiser sur ses lèvres avant de tourner les talons et de s'en aller. Théo le suivit du regard, le cœur tambourinant dans sa poitrine. Cette fois c'était sûr, Justin était amoureux de lui. Il avait juste besoin de temps pour l'assumer pleinement, comme il le lui avait dit. Il n'arrivait pas à croire comment les choses avaient changé en si peu de temps. Une heure plus tôt, il avait la décision ferme d'arrêter sa relation avec Justin et là, ce dernier venait plus ou moins de lui avouer qu'il l'aimait et qu'il allait quitter sa petite-amie pour pouvoir se concentrer sur leur relation... Bon, il n'avait pas dit ça mais c'était tout comme. Du coup, ça avait changé tous les plans de Théo. Et c'était très bien ainsi. Il était plus qu'heureux de continuer sa relation avec Justin, même si, pour le moment, rien ne changeait fondamentalement entre eux. Mais Justin avait décidé de rompre avec Emily et ça, c'était un grand pas en avant aux yeux de Théo. Il allait enfin pouvoir vivre sa relation avec Justin sans se sentir coupable lors de chaque baiser partagé avec lui. Bon, après, il fallait que Justin admette ses sentiments envers lui. Ça risquait de prendre du temps. Mais il allait finir par le faire, c'était une certitude et c'était ça le plus important. Peu importe le temps que ça allait prendre. Pour la première fois depuis le début de sa relation avec Justin, Théo voyait l'avenir de celle-ci de façon positive. Et ça suffisait amplement à le mettre en joie. Ce fut donc d'excellente humeur qu'il décida de retourner à sa salle commune. Il ne savait même plus ce qu'il faisait au quatrième étage. À tout coup sûr, il avait voulu aller se promener avant de rentrer. Oui, ça devait sûrement être ça. Mais il avait tout de même l'impression d'oublier quelque chose. Tant pis, ça lui reviendrait plus tard. Ça ne devait pas être bien important si ça lui était sorti de la tête. Il prit donc la direction de sa salle commune dans l'optique de se reposer un peu avant d'aller manger. Il avait eu une longue journée et beaucoup d'émotions, alors il avait bien mérité un peu de repos !
.
.
(samedi 20/01) POV Hermione
.
- Pattenrond, lâche mon sac, j'en ai besoin.
- Il ne veut pas que tu t'en ailles, s'amusa Ginny. Il est peut-être jaloux parce qu'il sait que tu t'en vas pour aller voir ton chéri.
- Oui eh bien il doit accepter que sa maîtresse ait une vie privée. Allez Pattenrond, sois gentil, j'ai besoin de mon sac, alors rends-le-moi.
Voyant que son chat n'avait que faire de ce qu'elle disait, Hermione décida d'employer les grands moyens. Elle se baissa et prit Pattenrond dans ses bras.
- Oh là là, tu as mis des poils partout... Tu abuses, Pattenrond.
- J'avoue, il aurait pu penser à s'épiler avant de prendre ton sac pour son lit, se moqua Ginny.
Hermione leva les yeux au ciel et fourra Pattenrond dans les bras de son amie.
- Tiens, prends-le au lieu de dire des bêtises.
Ginny ne se fit pas prier et se mit aussitôt à caresser le félin.
- Tata Ginny va bien s'occuper de toi. Elle n'a que ça à faire, de toute façon. Son chéri est en train de faire ses devoirs avec son binôme de travail et ses amis sont tous occupés. Ils l'ont tous abandonnée, tu te rends compte ?
Hermione secoua la tête, amusée. Ginny avait cette façon de parler à Pattenrond comme s'il pouvait vraiment lui répondre. Mais Hermione trouvait ça trop mignon.
- Bon, j'y vais. Terry va m'attendre. Ce n'est pas trop le jour pour être en retard.
- Vous comptez toujours... ?
- Oui, répondit Hermione, stressée.
- Si tu ne te sens pas prête, dis-lui que tu préfères attendre.
- Non, j'en ai marre de me cacher et lui aussi. J'ai juste peur du regard des autres. Ils ne s'attendent pas à voir la préfète Miss-Je-Sais-Tout chiante et coincée de Gryffondor sortir avec un garçon...
- Tu t'en fiches de ce qu'ils pensent, si ça ne leur plaît pas, eh bien qu'ils regardent ailleurs. Après, je ne vais pas te mentir, c'est sûr que tout le monde risque de vous regarder. Mais fais comme moi, ne fais pas attention à eux et tout se passera bien. Et puis dis-toi que Terry doit être autant stressé que toi.
- Justement, non, soupira Hermione. Il a l'air plus à l'aise que moi à l'idée de s'afficher ensemble.
- Eh bien c'est plutôt une bonne chose, il saura te rassurer ! Tu n'auras qu'à prendre exemple sur lui.
- Mmmh...
Ginny haussa un sourcil.
- Tu as l'air convaincue, ça fait peur.
- Ce n'est pas ça... C'est juste que...
Hermione s'interrompit, n'osant pas dévoiler le fond de sa pensée.
- Oui ? insista Ginny.
Hermione hésita quelques secondes avant de se lancer :
- C'est juste que je me demande pourquoi il est aussi à l'aise à l'idée d'officialiser notre couple.
- Oh, je vois. En gros, tu te demandes s'il a déjà eu une copine avant toi.
- C'est ça, avoua Hermione.
- Tu peux lui poser la question si ça te tracasse tant.
- Je ne vais quand-même pas lui demander s'il a eu une petite-amie avant moi ! s'horrifia Hermione.
- Pourquoi ? s'étonna Ginny.
Hermione la regarda avec effarement. Ginny leva à son tour les yeux au ciel.
- Bon, dans ce cas tu peux juste lui demander pourquoi ça ne le stresse pas d'afficher publiquement votre relation. Mais en lui posant cette question, tu prends le risque de ne pas savoir s'il est déjà sorti avec quelqu'un avant toi ou pas. Car, ça se trouve, c'est peut-être juste dans sa nature de ne pas être stressé. Même pour des choses qui, normalement, devraient le faire stresser.
- Je vais voir, trancha Hermione. Bon, cette fois j'y vais vraiment. On se verra sûrement au déjeuner.
Ginny acquiesça et lui souhaita bonne chance. Hermione la remercia et s'en alla. Une fois sortie de la salle commune, elle descendit au cinquième étage où elle devait retrouver Terry. Ils y avaient un endroit secret où ils étaient sûrs de ne pas se faire déranger. Depuis qu'ils l'avaient découvert, ils y étaient venus trois fois et ils s'y sentaient tellement bien qu'ils avaient installé des plaids et des coussins. Ils les laissaient quand ils partaient et lorsqu'ils revenaient, ils étaient toujours là. Signe que leur cachette était vraiment secrète. Hermione y arriva rapidement et vit que Terry était déjà là.
- Je ne suis pas trop en retard ? souffla-t-elle.
- Non, tu es pile à l'heure. Mais tu n'avais pas besoin de te presser, ce n'est pas grave si tu as une ou deux minutes de retard, dit gentiment Terry.
- Je sais, mais je déteste manquer de ponctualité.
Terry sourit et franchit les quelques mètres qui les séparaient, Hermione et lui. Leurs lèvres s'unirent pour un tendre baiser. Ils s'assirent ensuite sur les coussins et prirent les plaids pour s'en couvrir les jambes. Une fois bien au chaud, Hermione posa sa tête sur l'épaule de Terry qui se mit aussitôt à lui caresser les cheveux. Hermione exhala un soupir de bien-être. Elle se sentait tellement bien avec Terry... Cela faisait deux semaines qu'ils étaient ensemble et chaque moment qu'elle passait avec lui était un pur bonheur. Tout était simple entre eux. Cela intriguait même Hermione. Mais elle ne s'en plaignait pas, loin de là ! Elle était juste surprise que tout se passe aussi bien, même si elle savait que c'était normal puisqu'ils n'étaient en couple que depuis très peu de temps. En fait, tout l'étonnait dans cette relation. Le simple fait qu'elle sortait avec quelqu'un l'étonnait. Jamais elle n'aurait cru qu'elle se mettrait en couple aussi vite. Avant de tomber amoureuse de Terry, elle n'était pas du tout dans cette optique. Elle n'avait d'yeux que pour les études. Elle ne s'intéressait absolument pas aux garçons. En plus, à la rentrée, elle entretenait déjà une relation à distance avec Viktor. Il était donc inconcevable pour elle qu'elle s'intéresse à un autre garçon ! Mais c'était sans compter le choixpeau magique et les idées farfelues de Dumbledore... Enfin, pas si farfelues que ça. C'était ce que tout le monde avait pensé au début mais force était d'admettre que ce concept de travail en binôme était une excellente idée. Tout comme le choix des binômes. Bien sûr, ça coinçait encore chez certains d'entre eux mais ils étaient très minoritaires. D'après ce qu'elle pouvait voir et entendre, le bilan au bout de quatre mois de travail en binôme était plutôt positif. Déjà, il y avait indéniablement moins de tensions entre les maisons qu'avant. Ensuite, bon nombre de binômes s'étaient liés d'amitié tandis que d'autres, comme Terry et elle, s'étaient mis en couple. Ils étaient plusieurs dans ce cas. Surtout chez les quatrième année. Il y avait donc de gros points positifs dans le bilan de ces quatre mois de travail en binôme. Hermione était sûre que le choixpeau savait pertinemment que des amitiés et des couples se créeraient à l'intérieur des binômes. Elle ne savait pas si elle devait être impressionnée ou si elle devait s'en inquiéter. C'était légèrement flippant de se dire que c'était grâce à un choixpeau si certaines personnes avaient trouvé l'amour. Mais au fond, elle s'en fichait. Elle était heureuse avec Terry et c'était ça le plus important.
- Perdue dans tes pensées ?
La question de Terry fit doucement sortir Hermione de ses pensées. Elle pencha la tête en arrière et sourit à son petit-ami.
- Complètement. C'est parce que je me sens bien. Je suis en confiance alors je me laisse aller.
Terry sembla touché par ces mots. Pour toute réponse, il sourit à son tour et embrassa tendrement Hermione qui lui rendit son baiser avec tout autant de douceur et de tendresse. Elle se lova ensuite contre lui et nicha son visage dans son cou. Ils restèrent ainsi pendant un long moment jusqu'à ce qu'un bruit se fasse entendre. Hermione releva la tête vers Terry, intriguée.
- C'est mon ventre, dit ce dernier en riant. Je n'ai pas mangé ce matin mais je n'ai pourtant pas faim. Il essaie de me le faire croire mais je ne tombe pas dans le panneau aussi facilement. Nous allons rester ici jusqu'à midi et il n'a rien à dire. À part si tu as envie d'aller manger avant, bien sûr.
- Non, non, ça ira, répondit Hermione, amusée.
- Bien, n'hésite pas à me le dire, sinon, insista Terry.
- Promis. Je n'ai pas faim pour l'instant et puis je préfère passer le plus de temps possible avec toi. Mais en parlant de ce midi, est-ce que... est-ce qu'on fait toujours comme on avait prévu ?
- Oui, sauf si tu as changé d'avis. Ça aussi, il faut que tu me le dises.
- Non, je veux toujours qu'on s'affiche ensemble, mais...
Hermione se tut de nouveau, comme elle l'avait fait avec Ginny.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Terry, l'air inquiet.
Hermione se mordit la lèvre avant de céder :
- Ça me stresse.
- Oh...
- Tu trouves ça idiot ?! s'angoissa aussitôt Hermione.
- Non, pas du tout ! C'est tout à fait normal. Mais tu ne dois pas faire attention au regard des autres et à leurs remarques. Il y en aura sûrement mais ce n'est pas ça qui changera quelque chose à notre couple. On s'aimera toujours autant, que ça leur plaise ou non. Te laisser atteindre par leur stupidité ne fera que leur accorder trop d'importance. Il faut au contraire les ignorer. L'indifférence est parfois la meilleure des réponses.
Hermione se laissa porter par les mots de Terry. Il avait raison. Elle devait ignorer ces imbéciles. Elle se sentit soudain beaucoup plus légère. Mais quelque chose la chiffonnait toujours.
- Tu n'as pas l'air stressé, toi, fit-elle remarquer.
- Non, c'est vrai, affirma Terry.
- Y a-t-il une raison à ça ?
- Je ne suis pas du genre à stresser facilement. Je suis de nature plutôt calme.
- Oh, ce n'est pas dû à de l'expérience, alors ?
La main qui caressait toujours ses cheveux arrêta soudain ses mouvements. Elle leva les yeux et vit que Terry la regardait, les sourcils haussés. Elle regretta immédiatement sa question.
- Non mais oublie, je n'aurais pas dû te demander ça, dit-elle, les joues rouges.
- Non, au contraire, tu as bien fait, c'est juste que... je ne m'attendais pas à ce que tu me poses cette question. Si je comprends bien, tu veux savoir si j'ai eu des relations amoureuses avant toi ?
- Oui, avoua Hermione. Mais si tu ne veux pas répondre...
- Non, ça ne me dérange pas, assura Terry. Je n'ai eu qu'une petite-amie mais je n'étais pas vraiment amoureux. Je croyais l'être mais je me suis vite rendu compte que ce n'était pas le cas. Enfin, il m'a quand-même fallu deux mois pour que je m'en aperçoive. J'ai rompu à ce moment-là. J'ai expliqué à Lisa que je m'étais trompé sur mes sentiments, je me suis excusé, elle m'a dit qu'elle ne m'en voulait pas, qu'elle s'en doutait un peu, nous nous sommes séparés là-dessus et nous sommes restés en de très bons termes.
- Oh... Tu as eu de la chance que la rupture se soit bien passée. C'est donc avec Lisa Turpin que tu es sorti ? Ou avec une autre Lisa ?
- Non, non, c'est bien Lisa Turpin. Je ne suis pas allé chercher très loin, plaisanta Terry.
- Rassure-toi, je pense que tu n'es pas le pire à ce niveau, renchérit Hermione, amusée. Il y en a qui s'en font encore moins et qui vont carrément chercher dans leur équipe de Quidditch.
- Ah oui, en effet, c'est du haut niveau, là, je ne peux pas rivaliser, rit Terry. Et toi, alors ? Es-tu déjà sortie avec quelqu'un ? Tu n'es pas obligée de répondre non plus, je comprendrais très bien que tu veuilles garder cette information pour toi.
- Non, je veux bien te répondre aussi, dit Hermione en souriant. Comme toi, je n'ai eu qu'une seule histoire. Enfin je ne sais même pas si on peut appeler ça une histoire... Je suis un peu obligée de te dire son nom pour que tu puisses comprendre. C'était Viktor Krum et on s'est mis ensemble la veille de son départ. On s'est embrassé et l'un comme l'autre, on a considéré que c'était le début de notre histoire. On a communiqué par lettres pendant tout l'été et j'aimais beaucoup ce qu'il m'écrivait. Je pensais être amoureuse et c'est pour ça que j'ai continué à échanger avec lui à la rentrée. Je croyais pouvoir gérer une relation à distance mais je me suis vite aperçue que ça allait être très compliqué. J'ai quand-même voulu insister malgré les conseils de mes amis qui me disaient qu'il valait mieux que je rompe mais je ne les ai pas écoutés. Je voulais sauver cette histoire qui était pourtant vouée à l'échec. Sauf qu'à un moment, j'ai dû me rendre à l'évidence. C'est en tombant amoureuse de toi que j'ai réalisé que je n'aimais pas Viktor. Ce que je ressentais pour lui n'avait rien à voir avec ce que je ressentais pour toi. J'aurais dû envoyer une lettre sur-le-champ à Viktor pour rompre avec lui mais il m'a fallu plusieurs semaines pour que je me décide à le faire. Une fois ceci fait, j'ai pu commencer à me rapprocher de toi.
- En me proposant de se voir en-dehors de nos rondes et de nos séances de travail, compléta Terry.
- Exactement, confirma Hermione en rougissant.
- Donc tes intentions n'étaient pas si innocentes que ça, s'amusa Terry.
Hermione enfouit son visage dans le cou de Terry tellement elle avait honte. Son petit-ami savait déjà depuis un moment qu'elle avait cherché à se rapprocher de lui en lui suggérant de passer plus de temps ensemble mais elle lui avait dit qu'elle avait juste voulu en apprendre davantage sur lui. Là, il savait tout et elle avait un peu de mal à assumer. Même si, en soi, elle n'avait rien fait de mal. Elle ne s'était pas jetée sur Terry. Mais elle avait quand-même œuvré pour qu'ils se rapprochent.
- Hé, tu n'as pas à avoir honte, lui dit gentiment Terry. Moi je suis plutôt content que tu aies pris les devants. Ça ne fait pas de toi une dépravée ou un truc dans le genre.
Ces mots rassurèrent Hermione. Elle sortit son visage de sa cachette et quémanda un baiser à Terry qui le lui accorda volontiers. Elle se redressa afin d'adopter une position plus confortable et pressa ses lèvres contre celles de Terry. Le baiser s'intensifia, leurs langues se mêlèrent, leurs souffles se mélangèrent et les mains de l'un voyagèrent tantôt dans les cheveux, tantôt dans le dos de l'autre. Ils se séparèrent au bout de plusieurs minutes, les lèvres légèrement rougies et le souffle un peu court. Leurs regards s'accrochèrent et Hermione vit tellement d'amour et de tendresse dans celui de Terry qu'elle se sentit fondre.
- Je t'aime, murmura Terry.
- Je t'aime aussi, répondit Hermione sur le même ton.
Elle se lova de nouveau contre Terry qui enroula tendrement son bras autour de sa taille. Hermione soupira une nouvelle fois de bien-être, heureuse comme elle ne l'avait jamais été. Ce ne fut que bien après midi qu'ils quittèrent leur repaire secret pour aller manger. Alors qu'ils traversaient un couloir, Terry s'arrêta.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Hermione en s'arrêtant également.
- Est-ce que tu souhaites toujours qu'on entre dans la Grande Salle en se tenant par la main ?
- Oui, répondit Hermione sans hésiter. J'appréhende encore le regard des autres mais je ne veux plus me cacher. Je veux pouvoir t'embrasser quand j'en ai envie.
Terry sourit, l'air ravi et satisfait.
- Allons-y, alors.
Hermione acquiesça et emboîta le pas à Terry. Ils descendirent au rez-de-chaussée et se dirigèrent vers la Grande Salle. Lorsqu'ils furent à quelques mètres, ils se prirent la main et ce fut ainsi qu'ils entrèrent dans la Grande Salle. Tous les regards se posèrent aussitôt sur eux tandis que le bruit des conversations diminuait considérablement. Hermione se sentit affreusement gênée. Elle n'aimait pas être au centre de l'attention. Cela ne la dérangeait pas lorsque tous ses camarades la regardaient en cours parce qu'elle était une des seules personnes à lever la main – elle était habituée – mais elle ne supportait pas qu'on l'observe comme si elle était une bête de foire. Elle sentit les doigts de Terry se resserrer autour des siens et cela la rassura légèrement. Elle tourna la tête vers lui et lui adressa un sourire reconnaissant. Ils continuèrent à avancer et s'arrêtèrent une fois arrivés devant les tables. Ils se regardèrent et s'embrassèrent rapidement avant de se séparer à contrecœur. Hermione essaya tant bien que mal d'ignorer les regards posés sur elle et rejoignit la table des Gryffondor. Elle s'installa en face de Ron qui avait la tête baissée vers son assiette. Hermione fut touchée par sa délicatesse. Il ne voulait pas la gêner en la regardant, lui aussi. Mais il finit par relever la tête et fusilla du regard tous ceux qui fixaient Hermione.
- Ils ne peuvent pas regarder ailleurs, sérieux ?! siffla-t-il. Qu'est-ce que ça leur apporte de te fixer comme ça ?!
- Ils sont surpris de voir la préfète coincée de Gryffondor sortir avec un garçon, alors évidemment ils me le font comprendre en me dévisageant du regard.
- Ça ne te gêne pas ? s'étonna Ron.
- Si, mais j'essaie de ne pas y faire attention.
Ron eut l'air très admiratif, ce qui fit rougir Hermione. Au moins, lui la regardait de façon positive. Ça faisait du bien. Merlin qu'elle aimait ses amis. Elle regrettait juste que Harry ne soit pas là à ce moment précis. Elle voulait avoir l'avis de ses deux meilleurs amis. Car, après tout, elle ne leur avait pas dit qu'elle sortait avec Terry. Bon, ça aurait été un peu compliqué de l'annoncer à Harry puisque Ron et elle n'avaient pas pu le voir depuis la rentrée. Mais elle pouvait toujours poser la question à Ron. Et c'est ce qu'elle fit :
- Qu'est-ce que tu en penses ?
- Qu'est-ce que je pense de quoi ?
- Bah... de ma relation avec Terry.
- Oh... Eh bien, je suis un peu surpris que tu aies décidé d'afficher votre relation aux yeux de tous mais ça ne m'étonne pas tant que ça que vous sortiez ensemble. Je trouve que vous êtes faits pour être ensemble. Vous avez une grande complicité et vous semblez très complémentaires.
Hermione fut très surprise de voir à quel point Ron avait analysé sa relation avec Terry. Et de façon très juste, en plus. Il lui faisait un peu penser à Théo. Il ne faisait pas mine de s'intéresser aux gens mais il voyait les choses. C'était amusant de se dire que deux personnes aussi différentes que Ron et Théo pouvaient autant se ressembler sur un point.
- Tu ne m'en veux pas de ne pas t'en avoir parlé ? s'inquiéta-t-elle.
- Non, pas du tout. Tu devais avoir tes raisons et je me doute que ça ne doit pas être simple à dire. Et puis, honnêtement, je préfère que tu sortes avec Terry plutôt qu'avec Viktor Krum.
- Qu... quoi ?!
Hermione était stupéfaite. Ron n'était pas censé savoir qu'elle était sortie avec Viktor ! Son meilleur ami dut voir sa réaction car il écarquilla les yeux.
- Non mais je parlais d'une hypothétique relation avec Krum ! Je ne pensais pas que... Attends, tu es vraiment sortie avec Viktor Krum ?! demanda-t-il, choqué.
Hermione enfouit son visage dans ses mains en gémissant. Elle s'était piégée toute seule. Elle releva la tête et soupira.
- Oui, je suis sortie avec Viktor, avoua-t-elle. On s'est mis ensemble la veille de son départ et on a correspondu par lettres pendant tout l'été. Mais j'ai rompu quand je suis tombée amoureuse de Terry.
C'était bref, rapide et concis mais cela sembla suffire à Ron qui avait l'air un peu secoué. Ce n'était pas étonnant : en cinq minutes, il venait d'apprendre que sa meilleure amie était en couple et qu'elle était sortie avec un des plus célèbres joueurs de Quidditch du monde. Il y avait de quoi être dérouté.
- Eh ben ça alors, si je m'y attendais... Bon, pour moi, tu as clairement fait le bon choix. Mieux vaut sortir avec quelqu'un que tu peux voir tous les jours plutôt qu'avec quelqu'un que tu n'es même pas sûr de revoir un jour...
- Entièrement d'accord, approuva Hermione.
Elle allait se servir à manger quand une tornade rousse se jeta sur elle.
- Alors ça y est, c'est officiel ?! s'écria Ginny, l'air extatique. J'étais à la table des Serpentard quand tu es arrivée avec Terry. Vous avez fait sensation, c'est le moins qu'on puisse dire !
- Un peu trop, même, si tu veux mon avis, ironisa Hermione.
- Oh, ne t'en fais pas, ça va leur passer. Ils ne nous regardent déjà plus, Blaise et moi. Ils vont vous reluquer pendant quelques jours et après ça leur passera. Ils ne restent jamais sur un même couple bien longtemps. Ils se lassent vite. Et puis il se passe toujours plein de choses à Poudlard. D'ici trois ou quatre jours, il va y avoir une rumeur qui va circuler et qui va attirer l'attention de tout le monde.
- Pourvu que Merlin t'entende, pria Hermione.
Elle attrapa le plat de côtelettes, en prit une et se servit des petits pois et des carottes. Elle se mit à manger mais elle fut vite interrompue par Lavande et Parvati qui vinrent la voir. Bizarrement, Ron décida de s'en aller à ce moment-là.
- Hermione, tu sors vraiment avec Terry Boot ?! interrogea Lavande.
- Je crois que ça s'est vu, non ? répliqua Hermione.
- Mais comment ça se fait ? Tu n'étais pas du genre à attendre la fin de tes études pour t'intéresser aux garçons ?
- Apparemment, non, répondit froidement Hermione.
- Ouais moi je suis sûre que tu veux juste respecter le cliché de la petite intello qui se met soudain à sortir avec des mecs pour faire style elle est comme tout le monde, singea Lavande. Mais ce n'est pas comme ça que tu deviendras populaire, hein.
- Ça tombe bien puisque ce n'est pas du tout ce que je recherche, rétorqua Hermione. Si je m'affiche avec Terry, c'est juste parce qu'on en avait assez de se cacher. Et, crois-moi, l'idée de recevoir des remarques aussi débiles que les tiennes m'a longtemps fait hésiter. Maintenant, si ça ne te dérange pas, j'aimerais bien manger tranquille.
Lavande lança un regard noir à Hermione avant de s'en aller en entraînant Parvati avec elle.
- Non mais j'y crois pas, pesta Hermione. Pour qui elle se prend cette dinde ?!
- Je ne sais pas mais je serais toi, je demanderais à Terry s'il ne se serait pas fait tourner autour par une Gryffondor fan de ragots et de Trelawney, lâcha Ginny.
- Tu penses qu'elle a eu des vues sur lui ?! s'exclama Hermione.
- Ça ne m'étonnerait pas, oui. À mon avis, Terry l'a refoulée et ça l'a énormément vexée. Tellement qu'elle ne s'en est toujours pas remise aujourd'hui. Mais je me fais peut-être des idées, hein.
- Non, tu as sûrement raison. Ce serait bien le genre de Lavande de craquer sur quelqu'un comme Terry. Bon sang j'espère que c'est la seule qui a gravité autour de lui, je n'ai pas envie de voir un tas de filles tourner autour de mon petit-ami ! Je vais devenir folle sinon.
- Parle-en avec Terry, et vite. Si Lavande a toujours des vues sur lui, il faut qu'il le sache et qu'il ait une sérieuse discussion avec elle. Enfin c'est toi qui décide, je ne veux pas m'immiscer dans ta vie de couple.
- Les bons conseils sont toujours bons à prendre, dit Hermione en souriant. Je verrai ça un peu plus tard. Ça ferait trop pour aujourd'hui si je lui en parlais dans la journée.
Ce fut sur cette décision que Hermione réattaqua son repas. Mais à peine avait-elle mangé un bout de viande et deux ou trois petits pois qu'elle fut de nouveau dérangée par deux filles de Serpentard qui la rejoignirent. Hermione se tendit aussitôt, méfiante. Elle ne les connaissait pas mais la façon dont elles la regardaient ne lui disait rien qui vaille.
- Alors comme ça t'es en couple avec ton binôme, Granger ? Ça étonne tout le monde, tu sais. On pensait tous que tu allais rester vieille fille pour le restant de tes jours.
- Non mais à mon avis, ils ne sont pas réellement ensemble. Ils le font croire, c'est tout. Allez, dis-nous tout, Granger. C'est un pari ?
- Un gage ?
- Tu lui as fait boire un philtre d'amour ?
- Tu ne pouvais pas trouver plus original qu'un Serdaigle, sérieux ?
- Ça se passe comment, vos soirées ? Vous parlez du dernier livre qu'a sorti le plus grand historien néo-zélandais sur la civilisation des sorciers au temps de la Préhistoire ?
- Non, ils doivent sûrement parler de runes et d'arithmancie... C'est soirée dico, chez eux.
- Vous allez vous réciter les ingrédients des recettes de potions pour vous détendre quand vous allez passer aux choses sérieuses ?
- Hé oh, stop, lâchez-la ! ordonna sèchement Ginny.
- Oh mais on ne t'a pas sonné toi, retourne te faire bouffer les amygdales par ton mec et laisse-nous discuter avec ta copine !
- Non mais faut se laver les yeux parfois hein ! Vous ne voyez pas qu'elle n'a aucune envie de vous parler ? Vous l'ennuyez avec vos questions ! Et puis c'est la table des Gryffondor ici, on n'y accepte que les gens des autres maisons qui sont pourvus de bonnes intentions ! Ce qui n'est clairement pas votre cas ! Alors dégagez et allez voir ailleurs si on y est !
Hermione eut peur pendant quelques secondes que les deux Serpentard en viennent aux mains avec Ginny mais elles furent raisonnables et s'en allèrent sans un mot.
- Elles auraient mérité que je leur lance un bon vieux maléfice de chauve-furie, siffla Ginny. Mais ça leur aurait fait trop plaisir que je fasse perdre des points à Gryffondor ou que je me prenne une retenue.
- Tout à fait, affirma Hermione. Tu as fait exactement ce qu'il fallait. Tu as été parfaite. Tu ferais une très bonne préfète, tu sais.
- Ça ne risque pas d'arriver, les préfets sont nommés pour deux ans, fit remarquer Ginny. Et comme les nouveaux ont été nommés cette année...
- C'est vrai. En tout cas, merci de m'avoir défendue.
- C'est normal, voyons. Je n'allais pas les laisser t'embêter comme ça.
- J'aurais pu me défendre toute seule mais je préférais les laisser parler plutôt que leur répondre.
- Je comprends. C'est vrai qu'en général, il vaut mieux ignorer ce genre de personnes.
- C'est ce que m'a dit Terry, c'est pour ça que je n'ai pas réagi.
- C'est une bonne réaction, en temps normal. Mais il y a des personnes comme ces deux filles qu'il faut rembarrer pour qu'elles te fichent la paix. Quoi qu'il en soit, si elles reviennent t'embêter, il faut que tu en parles au professeur Lupin.
Hermione acquiesça avant de sourire.
- C'est moi qui donne ce conseil, d'habitude, s'amusa-t-elle.
- Ah oui, oups, plaisanta Ginny. Non mais je t'arrête tout de suite : même si je le pouvais, jamais je ne deviendrais préfète.
- Pourquoi ? s'étonna Hermione.
- Parce que je ne suis pas assez calme pour ça. Je déborde trop d'énergie.
- On en a une comme ça et elle fait du très bon boulot, objecta Hermione. Et puis les rondes se font en binôme. Les défauts de l'un sont compensés par les qualités de l'autre et inversement.
- Mmmh. Enfin bon, ça ne sert pas à grand-chose de se demander si j'aurais été une bonne préfète ou non puisque l'année prochaine, il n'y aura pas de nouveaux préfets. C'est bête mais c'est ainsi.
- On aurait pourtant bien besoin de renforts, soupira Hermione.
- Je veux bien te croire. Bon, je te laisse, Blaise vient de sortir de la Grande Salle et je veux passer le plus de temps possible avec lui.
- Mais tu as à peine mangé ! protesta Hermione.
- Pas grave, je mangerai davantage ce soir. Allez, à plus tard !
Ginny se leva et fila vers la sortie de la Grande Salle. Hermione secoua la tête, dépitée. Les Weasley allaient la rendre folle. Elle jeta un coup d'oeil à la table des Serdaigle et croisa le regard de Terry qui lui adressa un doux sourire. Hermione se sentit alors toute chose tandis qu'elle avait l'impression d'avoir plein de papillons dans le ventre. Elle rendit son sourire à Terry sans se soucier des regards qui pouvaient être encore posés sur elle. Si ça les dérangeait qu'elle sourie à son petit-ami, eh bien ils n'avaient qu'à regarder ailleurs ! Forte de cette pensée, elle se remit à manger. Elle allait peut-être enfin pouvoir terminer son assiette ! Elle espérait que Ginny avait raison quand elle disait que les élèves allaient vite passer à autre chose. Pour une fois, elle serait bien contente qu'une folle rumeur se mette à circuler dans le château. Elle tenait à sa tranquillité et elle souhaitait la retrouver le plus vite possible.
.
.
(dimanche 21/01) POV Fred
.
- Oh tu commences sérieusement à me pomper l'air, Fred ! Tu n'es pas le centre de l'attention, je te signale !
- Je n'ai jamais dit ça ! Je demande juste un peu de considération ! Mais c'est bon, vas-y, retourne à tes occupations, j'ai autre chose à faire que me prendre la tête avec une enquiquineuse !
Fred vit clairement Angelina se retenir de le gifler, les poings serrés et les ailes du nez frémissantes. Elle se contenta de le regarder avec tout le mépris dont elle était capable avant de s'en aller d'un pas furieux. «Bon vent» pensa Fred. Il savait qu'Angelina allait finir par revenir vers lui, il n'était donc pas trop inquiet. Il rejoignit son frère jumeau qui était en train de travailler dans un coin de la salle commune. Bon, vu qu'il n'y avait aucun livre sur sa table, Fred devina qu'il était en train de plancher sur leurs inventions plutôt que sur ses cours.
- Tu fais quoi ? demanda-t-il en s'asseyant à côté de George.
- Je note les effets néfastes des Feuxfous Fuseboum. Ils sont trop violents.
- Oui, je sais, mon oreille droite s'en souvient très bien, grimaça Fred. Il faut qu'on mette moins de poudre, c'est tout.
- Je pense plutôt qu'il faut augmenter la dose des autres composants. Si on met moins de poudre, ça risque de ne pas faire beaucoup effet. La fusée ne va pas partir très haut. Et en changeant les doses, il ne faut pas que ça ait un impact sur les formes que ça doit produire. Si on réduit la poudre, on va se retrouver avec des demi dragons enflammés.
- Oh là là, on n'est pas au bout de nos peines avec cette invention... Tu crois qu'on devrait la laisser tomber ?
- Non, hors de question, répondit fermement George. Depuis quand on abandonne quand c'est trop dur ?
- Dit celui qui ne travaille même plus sur ses ASPIC, ironisa Fred.
- Ce n'est pas pareil, répliqua George. Je n'ai pas arrêté de travailler parce que les cours devenaient trop durs. J'ai arrêté parce que ça m'ennuyait prodigieusement. Je prends juste des notes pour ne pas rendre des devoirs vides. Mais je n'essaie plus de m'en tenir à la moyenne. Je préfère me concentrer sur nos inventions.
Fred fixa son jumeau, inquiet. Même s'ils n'avaient jamais été de grands travailleurs, George avait toujours été le plus studieux d'entre eux. Mais depuis la rentrée, son intérêt pour les cours déclinait de façon vertigineuse. Il avait déjà commencé à décrocher l'année précédente mais c'était beaucoup moins significatif. Et ce n'étaient pas forcément les cours qui étaient à l'origine de ce décrochage. C'était beaucoup plus profond que ça. George refusait de l'admettre mais il était en pleine déprime. Olivier lui manquait énormément et il était encore sous le coup de ce qui s'était passé au Terrier à la fin des vacances d'été. George avait été très blessé par l'attitude de leur mère. Il n'avait pas du tout accepté qu'elle essaie de mettre Olivier de son côté pour tenter de lui faire abandonner le projet de boutique de farces et attrapes avec Fred. Et il avait encore moins accepté qu'elle dénigre l'activité professionnelle d'Olivier. Ce dernier avait écourté son séjour au Terrier et depuis, George ne cessait de déprimer. Même s'il affirmait que tout allait bien et qu'il allait reprendre du poil de la bête. Mais Fred connaissait son jumeau mieux que personne et il savait que, contrairement à ce qu'il disait, il n'allait pas bien du tout. Il ne supportait plus d'être loin d'Olivier et il était obligé de suivre des cours qui n'allaient leur servir à rien, à Fred et lui. Si, encore, ils avaient besoin d'avoir un certain nombre d'ASPIC pour monter leur boutique, George aurait pu se donner à fond dans les cours et y trouver un intérêt qui lui aurait quelque peu occupé l'esprit mais ce n'était clairement pas le cas. Les ASPIC n'avaient vraiment aucun intérêt pour eux. Ils étaient obligés de rester à Poudlard et ça démoralisait complètement George. Fred voyait son frère dépérir de jour en jour et il ne savait absolument pas quoi faire pour l'aider. Et il s'en voulait pour ça. Surtout que, quelques jours plus tôt, George avait tenté de lui faire passer un message mais il n'avait strictement rien compris. Son jumeau avait fini par abandonner et s'était replongé dans sa déprime. Fred avait essayé de relancer le sujet, en vain. George était imperméable à toutes ses tentatives. Fred était donc dans une impasse. Et il ne savait pas comment en sortir.
- Ah ça me gave ! s'écria soudain George en déchirant brutalement son parchemin.
Fred sursauta.
- Qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit-il.
- Je n'arrive pas à trouver le bon dosage ! J'ai fait je ne sais combien de calculs et ça ne va toujours pas !
- On peut voir ça ensemble, si tu veux...
- Non, ça m'a saoulé. Je préfère aller me reposer. Ça ira mieux ensuite. À plus tard.
George se leva sur ces mots et se dirigea vers les escaliers qui menaient aux dortoirs des garçons. Fred soupira. Cela ne ressemblait pas à George d'avoir de brusques sautes d'humeur. Il devait faire quelque chose pour l'aider et vite. Mais il ne voyait vraiment pas de solution. Il était dans le flou complet. Il resta un long moment avachi dans son fauteuil, cherchant désespérément un moyen de redonner le sourire à son frère sans pour autant y arriver.
- Ouh là, ça n'a pas l'air d'être la grande forme, toi...
Fred leva la tête et vit sa sœur qui se tenait devant lui.
- Tu n'es pas avec ton Serpentard ?
- Je ne passe pas non plus tout mon temps avec lui, répliqua Ginny. Il a ses amis, j'ai les miens, il a son binôme, j'ai le mien, il a ses devoirs, ses cours, ses entraînements, j'ai les miens, et il se trouve que là, il est en train de travailler avec Kellah. Tu t'es disputé avec Angelina pour m'attaquer direct sur ma vie amoureuse ?
- Non, excuse-moi, soupira Fred. Enfin si, je me suis disputé avec Angelina mais c'est le dernier de mes soucis, pour être honnête.
Ginny le regarda avec un air soudain soucieux.
- Qu'est-ce qu'il y a, alors ? Si ce n'est pas Angelina le problème, c'est peut-être vos inventions ?
- Non, tout va bien de ce côté-là. Enfin, presque. Non, le problème c'est George.
- Oh...
La mine de Ginny s'assombrit.
- Il déprime toujours autant ?
- Oui, et ça ne va pas en s'arrangeant.
- Il t'a dit pourquoi ?
- Pas besoin, je sais que c'est parce qu'Olivier lui manque et qu'il s'ennuie ici.
- C'est peut-être plus sérieux que tu ne le crois.
Fred fronça les sourcils.
- Tu sais quelque chose ? demanda-t-il, soupçonneux.
- Non, mais je pensais que George t'avait parlé.
- Parlé de quoi ? Explique-toi, je ne comprends rien !
- Je pense que George veut quitter Poudlard mais qu'il n'ose pas te le dire.
- Ça non plus, il n'a pas besoin de me le dire puisque je le sais déjà.
- Non, tu ne m'as pas bien comprise. Ce n'est pas juste une envie. Il est prêt à le faire. Il a déjà un pied en-dehors de Poudlard. Tout comme son esprit. Il n'est là que physiquement. S'il n'y avait que lui, ça ferait déjà longtemps qu'il serait parti. Il aurait déjà ouvert la boutique et il verrait son chéri dès qu'ils auraient tous deux un moment de libre. Et bien plus souvent qu'une fois par mois lors des sorties à Pré-au-Lard. C'est ça qu'il a essayé de te faire comprendre lorsque je suis venue vous voir pour vous demander de laisser Blaise tranquille. Je vous ai d'ailleurs laissés seuls car je voyais bien que George avait besoin d'être seul avec toi pour te dire les choses plus clairement. Sauf qu'il n'y est pas arrivé, visiblement. Mais maintenant que tu sais ce qu'il a exactement dans la tête, il faut que tu en parles avec lui. Et le plus rapidement possible.
- C'est ce que je compte faire, dit Fred, la voix blanche.
Il était sonné et choqué. Il ne comprenait pas pourquoi il n'avait pas vu tout ça alors que Ginny, elle, oui. Cette dernière dut lire dans ses pensées car elle le rassura :
- Tu n'as pas à t'en vouloir, Fred. Vous passez absolument tout votre temps ensemble, sauf la nuit, tu as moins de recul, donc c'est normal que tu rates certaines choses, parfois.
- Si tu le dis, lâcha Fred, peu convaincu. Mais pourquoi est-ce qu'il ne me l'a pas dit clairement ?
- Parce qu'il ne partira pas sans toi et qu'il ne veut pas que tu le suives juste pour lui faire plaisir. Ce n'est pas rien de quitter Poudlard sans passer ses examens. C'est une décision qui ne se prend pas à la légère. Il faut mûrement y réfléchir. Ça implique beaucoup de choses. Mais tu ferais mieux d'aller le voir et de lui poser toutes tes questions. C'est à lui de te répondre.
- Oui, j'y vais. Merci, Ginny.
Fred se leva et se dirigea à son tour vers les escaliers. Il monta tout en haut et se rendit à son dortoir. Lorsqu'il entra, il vit que les rideaux de George étaient fermés. Il se doutait que son frère ne voulait pas être dérangé mais il devait lui parler, alors il n'hésita pas à ouvrir ses rideaux d'un coup sec sans même lui demander la permission, comme il l'avait l'habitude de le faire. Il eut tout juste le temps de voir son frère allongé sur son lit, les yeux rivés vers le plafond avant que celui-ci ne se redresse brusquement.
- Mais qu'est-ce que tu fais là ?!
- Je veux te parler. C'est important.
- Me parler de quoi ?
- Accepte la discussion et je te le dirai.
George soupira. Fred prit ça pour un assentiment, ferma les rideaux derrière lui et s'assit sur le lit de son frère.
- Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je viens de parler avec Ginny et elle m'a expliqué ce que je n'arrivais pas à comprendre. Tu veux quitter Poudlard. Tu es prêt à le faire. Si je te disais «Allez, viens, on fait nos valises et on se casse», tu le ferais sans hésiter.
George baissa les yeux.
- Tu aurais pu me le dire clairement au lieu de tourner autour du pot, tu sais. Je ne l'aurais pas mal pris.
- Je ne voulais pas que tu te sentes obligé de quitter Poudlard parce que moi je le veux. Tu n'as peut-être pas envie de partir, toi. Parce que ça signifierait devoir laisser Angelina.
- Oh oui, quelle immense sacrifice je ferais là, ironisa Fred. Je sens arriver les prémices d'une crise d'angoisse rien que d'y penser.
Pour toute réponse, George lui lança un oreiller qu'il esquiva en riant.
- T'es nul, bouda George. Je m'inquiète pour ta vie amoureuse et toi, tu te moques de moi.
- Mais je n'ai pas de vie amoureuse, George. Je ne suis pas vraiment en couple avec Angelina. On ne compte pas se marier à la sortie de Poudlard. On s'amuse juste sous la couette, c'est tout. Ce ne sera pas un déchirement pour moi de la quitter. Et puis ça reposera les oreilles des Gryffondor. Ils doivent en avoir marre de nous entendre nous disputer.
- Un peu, seulement, se moqua George avant de redevenir sérieux. Mais il n'y a pas qu'Angelina. Il y a aussi les ASPIC. Je ne veux pas que tu regrettes par la suite de ne pas les avoir passés...
- Je ne vois pas pourquoi je regretterais de ne pas avoir passé un examen qui ne nous servira à rien. Rester pour les passer serait juste une perte de temps inutile.
- Mais si tu n'avais pas su que j'étais vraiment prêt à quitter Poudlard et que ce n'était pas juste un simple désir, tu les aurais passés.
- Oui, parce que contrairement à toi, je n'avais pas vraiment prévu de quitter Poudlard avant la fin de l'année. J'en avais envie, oui, mais ce n'était pas un projet concret. Je n'avais pas de plan. Mais si toi, tu en as un, je suis toute ouïe.
George regarda Fred avec un air perplexe.
- Tu es vraiment prêt à t'en aller ?
- Puisque je te le dis ! Pourquoi est-ce que ça t'étonne tant ? Tu crois vraiment que je me plais, ici ? À suivre des cours qui ne servent à rien ? À perdre notre temps alors qu'on pourrait très bien gagner notre vie en ouvrant notre propre boutique ? Il n'y a que le Quidditch qui représente un tant soit peu d'intérêt. S'il y a quelque chose qui me ferait hésiter dans ma décision de partir, ce serait bien ça. Mais ce ne serait même pas suffisant. J'ai envie de me casser de là, moi aussi. Peut-être pas autant que toi mais l'envie est là.
- D'accord, je te crois. Mais est-ce que tu réalises tout ce que ça implique ? Est-ce que tu réalises qu'on va avoir maman sur le dos ? Est-ce que tu réalises qu'elle va nous prendre encore plus pour des irresponsables ? Qu'elle va nous en vouloir ? Qu'on va en entendre parler pendant des siècles et des siècles ? Qu'elle va chercher à nous faire retourner à Poudlard par tous les moyens ?
- Je suis prêt à affronter tout ça, dit calmement Fred. Toi, en revanche...
- Je ne suis pas un poltron, répliqua George.
- Non, mais tu ne veux pas décevoir maman. Tu as beau lui en vouloir d'avoir dénigré Olivier, son jugement reste important pour toi. Et c'est tout à fait normal. Mais il faut que tu prennes du recul par rapport à ça. Sinon tu vas rester là à dépérir et passer les ASPIC juste pour lui faire plaisir.
- Non, c'est inconcevable, dit fermement George en secouant la tête. Je ne tiendrai pas deux mois de plus ici. Maman se fera une raison, tant pis. On va partir, c'est décidé. Mais pas tout de suite. Il faut d'abord avoir le local pour la boutique. En feuilletant les petites annonces de la Gazette hier, j'en ai trouvé un qui est à vendre. Il est un peu délabré, il y a quelques travaux à faire mais du coup le prix est largement abordable. Il y a juste à contacter le proprio.
Fred resta un moment sans répondre, surpris par les démarches effectuées par son frère.
- Et... il se trouve où, ce local ? finit-il par demander, intrigué.
- Sur le Chemin de Traverse. C'était là qu'on avait décidé d'installer notre boutique.
- Oui, mais à ce moment-là c'était encore convenu qu'on allait attendre cet été pour faire les visites pour trouver un local. On aurait été libres d'aller là où on voulait. Alors que là, on est encore coincés à Poudlard. On ne peut pas se rendre sur le Chemin de Traverse pour aller voir le proprio et visiter son local...
- C'est pour ça que je te disais qu'on n'allait pas partir tout de suite. Il faut tout préparer.
- Mais on ne pourra pas avoir le local tant qu'on ne l'aura pas visité...
- Tu oublies qu'on a les sorties à Pré-au-Lard. Il y en a une à la fin du mois. On va s'y rendre comme d'habitude, on va se trouver un endroit à l'abri des regards et hop, on va transplaner et atterrir sur le Chemin de Traverse. On n'a pas le droit mais on s'en fout et personne n'en saura rien, de toute façon.
- Ça m'a l'air super, comme plan, approuva Fred, séduit. Tu veux que je contacte le proprio ? Tu en as déjà fait beaucoup, je peux bien prendre le relais...
- Ça m'a occupé et ça m'a évité de penser, avoua George. Mais on peut écrire la lettre ensemble, si tu veux.
- Bonne idée ! Il est temps qu'on fasse de nouveau les choses ensemble. Mais on va d'abord voir le local en question.
George acquiesça et attrapa son exemplaire de la Gazette qui était posé sur sa table de chevet. Alors qu'il cherchait la page des petites annonces, Fred vit qu'il avait retrouvé toute la motivation et toute la détermination qui le caractérisaient. La perspective de quitter Poudlard pour de bon était tout ce qu'il fallait pour le remettre d'aplomb. Fred s'en voulait de ne pas avoir compris plus tôt ce que son frère essayait de lui dire. Mais il savait maintenant ce qui le tracassait tant et il était bien décidé à faire le nécessaire pour pouvoir partir le plus vite possible de Poudlard. Ils étaient bien conscients qu'ils allaient s'attirer les foudres de leur mère mais pour Fred, le bien-être de son frère était le plus important. Et puis ils savaient qu'après la tempête, le beau temps revenait toujours.
.
.
Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu, notamment le POV Fred qui est nouveau XD On se retrouve le mardi 5 octobre pour le prochain chapitre intitulé «Les choses bougent» =) Bisous tout le monde !
