Bonjour à toutes et à tous ! J'espère que vous allez bien =) On se retrouve aujourd'hui pour le quarante-quatrième chapitre de SAMLP !

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ccassandre24 : Il faut parfois donner un grand coup dans la fourmilière pour faire avancer cette histoire qui progresse à pas d'escargot XD Ravie que la rencontre entre Théo et son avocat t'ait plu =) On avait déjà eu le récit de Théo à Amélia Bones mais pas avec autant de détails, c'est vrai ! Et on apprendra d'autres choses lors du procès :) Oh oh, Justin fait le yo-yo avec toi ? XD Difficile de se faire un avis sur lui, il faut l'avouer XD Mais il a enfin décidé de prendre les choses en main :) Il lui faut juste du temps XD Plus que quelques chapitres pour voir le couple Harry/Draco se former *-* Heureuse que le côté médicomage de Severus te plaise, ça va vraiment prendre une place importante =) Merci et bonne semaine à toi aussi =)

Butterfly Fictions : Sirius a pris son rôle de directeur de maison à coeur pour aider Cho =) Il n'y a pas vraiment de séances prévues avec elle car il y a déjà trop de choses à traiter comme ça mais je pense qu'on la reverra quand il sera de nouveau question de la psychomage Forester:) Pour ce qui est de Sirius et Remus, il y a un gros tournant dans ce chapitre XD L'avocat de Théo va l'aider à préparer le procès et je pense que Théo n'aurait pas pu avoir mieux comme avocat :) C'est prévu que Justin parle bientôt à Emily, et il compte bien s'y tenir :) Ça avance effectivement entre Harry et Draco, doucement mais sûrement *-* Ils se sent vraiment en confiance l'un avec l'autre, et ils savent que c'est important de se confier l'un à l'autre sur leur expérience avec les potions droguées *-* Oui, il fallait écarter le «problème» Dean pour que nos deux tourtereaux puissent se mettre en couple XD Heureuse que le dîner de Tonks chez ses parents t'ait plu =) C'est important pour Severus de continuer à préparer des potions mais il a déjà tellement de travail … XD Ça doit vraiment être dur pour lui d'avoir oublié Harry, lui qui est toujours ponctuel, rigoureux tout ça tout ça XD Quand tu dis que c'est nécessaire que Harry parle de sa relation avec Pucey à Severus pour pouvoir envisager une relation avec Draco, j'ai l'impression que tu as lu un des chapitres suivants en avance XD Il va falloir attendre pour que Severus entame quelque chose contre la psychomage Forester, il n'y a pas assez de victimes connues pour le moment :/ Mystère pour la mise en couple et les révélations dont il est question dans ce chapitre XD C'est sûrement le chapitre qui porte le mieux son titre jusque-là x) Car il y en a où c'est compliqué de les intituler et c'est pour ça que c'est assez difficile parfois de faire des suppositions sur ce qui peut bien s'y passer :/ Mais là, pour la mise en couple, il a pu y avoir des hypothèses :p

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Merci pour ces reviews et merci à tous ceux qui continuent à suivre cette histoire ! Je vous laisse avec ce chapitre et je vous souhaite une agréable lecture =) Il fait 25 000 mots, on entre dans la période des looooongs chapitres XD

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Warning : Ce chapitre contient une scène sexuellement explicite.

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44 – Mise en couple, match et révélations

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(samedi 27/01) POV Pansy

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- Ah je suis claquée... C'était pas un entraînement, ça. C'était une torture.

Pansy, Draco, Blaise et Théo venaient de rentrer de leur entraînement de Quidditch. Celui-ci avait été très éprouvant. Il avait duré trois heures et demie, soit deux heures de plus que d'habitude. Cela s'expliquait par le fait qu'ils avaient un match contre Serdaigle le lendemain. Même si ce n'était pas l'équipe qui semblait la plus dangereuse cette année, Graham avait voulu mettre le paquet pour que tout le monde soit prêt. À la fin de l'année, le classement se basait sur le nombre total de points de chaque maison et pour l'instant, Serpentard était troisième à cause de sa défaite contre Gryffondor. Il fallait donc qu'ils marquent le plus de buts possibles contre Serdaigle. Et cela allait se jouer dans la possession du souafle. Graham avait alors voulu que les poursuiveurs s'exercent là-dessus. Chez les Serpentard, quatre-vingt-dix pour cent des entraînements prenaient la forme d'un match entre les titulaires et les remplaçants. Cela durait entre une heure dix et une heure et demie. Les dix pour cent des entraînements restants étaient des exercices propres à chaque poste. Ce jour-là, l'entraînement avait été composé d'abord d'un match, puis d'exercices. C'était pour cela qu'il avait duré trois heures et demie. Et c'était pour cela que Pansy était aussi fatiguée, tout comme ses trois meilleurs amis.

- Je ne sens plus mes bras, renchérit Blaise. À un moment, j'ai dû utiliser le bras gauche pour passer le souafle et essayer de marquer tellement j'avais le bras droit en compote.

- J'ai fait la même, avoua Pansy. Mais ce n'était pas une très bonne idée. J'ai raté tous mes tirs dès que j'ai changé de bras. Tu as de la chance, toi, Théo. Tu n'as pas ce problème. Tu es ambidextre, tu peux alterner autant que tu veux entre le gauche et le droit.

- Ce serait de la chance si j'avais été ambidextre dès la naissance, répliqua Théo. Ce qui n'est pas le cas. J'ai dû apprendre à me servir de mon bras gauche quand j'étais enfant lorsque je ne pouvais pas utiliser le droit. Inutile de préciser pourquoi. Mais c'est vrai que ça m'est bien utile dans certaines situations. Après, je reste droitier de naissance, j'ai donc plus de facilités à lancer le souafle avec la main droite. Mais je vous rassure, je vais avoir des courbatures comme vous demain matin...

- Pas avec les potions que Graham nous a données, intervint Draco. Si vous prenez une potion anti-douleurs et une potion relaxante ce soir, demain matin et demain midi, vous serez totalement remis pour le match de demain après-midi. Vous n'aurez plus aucune courbature.

- Ça a l'air tentant mais je vais m'abstenir, décréta Théo. J'ai déjà assez de potions à prendre comme ça.

- Tu vas souffrir le martyre demain si tu ne fais pas ce que je dis, prévint Draco. Tu ne seras pas au top de tes capacités et c'est l'équipe qui va en pâtir.

Théo sembla accuser le coup.

- Bon, d'accord, je vais faire un effort, céda-t-il.

- Moi, je suis tranquille, je ne suis pas obligée de les prendre, ces potions, se réjouit Pansy. Vu que je suis remplaçante, je n'aurai pas à jouer demain.

- Méfie-toi, Pansy, Graham peut très bien se blesser en vingt-quatre heures. Avec le bol qu'on a cette année, ce ne serait pas étonnant si tous les poursuiveurs remplaçants de base devaient jouer demain.

- Draco a raison, approuva Blaise. Après Cassius et Adrian, on pourrait très bien perdre Graham, même de façon provisoire. Alors à partir de ce soir et jusqu'à demain midi, nous sommes tous sous potions et pas de discussion !

Ni Pansy, ni Draco, ni Théo ne cherchèrent à s'opposer à Blaise. Ils se plièrent tous de bonne grâce à sa recommandation. Après tout, c'était un futur médicomage qui leur parlait. Ils devaient l'écouter.

- Dis, Pansy, t'as pas une ronde dans dix minutes ? demanda soudain Draco.

Pansy poussa une exclamation et bondit sur ses pieds.

- Zut, c'est vrai, j'avais complètement oublié ! Heureusement que tu es là, Draco. J'y vais, du coup. À tout à l'heure.

Pansy sortit de la salle commune et se rendit dans la hall d'entrée où se trouvait déjà Ron.

- Désolée, je n'avais pas vu l'heure passer, s'excusa-t-elle.

- Mais tu n'es pas en retard, répondit Ron. Tu es juste pile à l'heure.

- Oh, tant mieux. On y va ?

- Tu ne veux pas te reposer un peu, d'abord ? Tu as l'air essoufflée.

- Je reviens d'un entraînement de Quidditch. Il a duré trois heures et demie. J'étais rentrée dans ma salle commune depuis dix minutes quand Draco m'a fait rappeler que j'avais une ronde. J'avais peur d'être en retard alors je me suis un peu dépêchée. Mais on peut commencer la ronde tout de suite. Il faut juste y aller doucement.

- D'accord.

Ron et Pansy se mirent en marche et longèrent le rez-de-chaussée avant de monter au premier étage où il n'y eut aucun élève à réprimander. Il en fut de même à l'étage suivant. Alors qu'ils prenaient les escaliers qui menaient au troisième étage, Pansy brisa le silence qui s'était installé entre Ron et elle.

- Tu vas soutenir une équipe, demain ?

- Je suis bien obligé, plaisanta Ron. Tout me pousse à supporter Serpentard. Mon meilleur ami est devenu très proche de deux Serpentard dont l'un d'entre eux est son binôme de travail, le petit-ami de ma sœur est un Serpentard et la préfète avec qui je m'entends le mieux en-dehors de Hermione est une Serpentard.

- Ah oui, ça va être dur pour toi de supporter Serdaigle, en effet, s'amusa Pansy. Du coup, tu ne seras pas avec Granger. Elle va sûrement soutenir l'équipe de la maison de son petit-ami.

- Eh bien non, ils vont faire partie de ceux qui ne supporteront aucune des deux équipes. Hermione ne veut pas se départager entre Serdaigle et Serpentard. Dans l'une des deux maisons, elle a son petit-ami et dans l'autre, elle a un ami à qui elle tient beaucoup. Elle préfère donc rester neutre. Terry, lui, n'est pas un grand fan de Quidditch, d'après ce que m'a dit Hermione. Ça ne le dérange donc pas de ne pas soutenir Serdaigle.

- Eh bien au moins ils sont unis. Ça fait plaisir à voir. Ils forment un très joli couple.

- Je trouve aussi.

- Tu trouves ? s'enquit Pansy.

- Oui. Je ne connais pas bien Terry mais je l'ai assez vu avec Hermione pour penser qu'ils sont faits l'un pour l'autre.

- C'est trop mignon. Granger doit être contente que tu approuves son couple. Ton avis doit beaucoup compter pour elle.

- Tu crois ?

- Évidemment. Tu es un de ses meilleurs amis, c'est important à ses yeux que tu t'entendes bien avec son petit-ami. C'est comme Blaise. C'est important pour lui que Draco, Théo et moi ne jugions pas sa relation avec ta sœur.

- Vous l'avez facilement acceptée ?

- Ça a été assez naturel, oui. On a très vite compris que Blaise était fou amoureux de cette fille dont il n'arrêtait pas de nous parler. Il a galéré avec elle, car il faut dire que ta soeur a un sacré caractère, mais il s'est accroché. Et il a eu raison. Il n'a jamais été aussi heureux que depuis qu'il sort avec sa jolie rouquine.

Ron sembla troublé par les paroles de Pansy.

- Je ne pensais pas qu'il était autant amoureux de Ginny... Je l'ai vraiment mal jugé. Comme tous tes amis, en fait.

- Le principal, c'est que tu aies compris que les Serpentard n'étaient pas tous des grands méchants. On monte à quel étage, là ?

- Au quatrième.

- Oh là là, encore quatre étages à vérifier et trois escaliers à monter...

- Je peux continuer tout seul, si tu veux, proposa gentiment Ron.

- Non, ça va aller, assura Pansy. Avec un peu de chance, les étages suivants seront aussi calmes que les trois premiers et on aura vite terminé notre ronde.

Ce fut sur cette pensée positive que Ron et Pansy parcoururent le quatrième étage. Il fut à l'image des trois précédents : désert et calme. Tout changea lorsqu'ils arrivèrent au cinquième étage. Il était beaucoup plus bondé et plus bruyant. Ils durent interrompre une dispute qui allait finir en bagarre et ils délogèrent plusieurs élèves d'une salle de classe qu'ils avaient prise d'assaut pour se livrer à des jeux stupides. Au sixième étage, ils croisèrent des première année qui courraient dans les couloirs et à qui ils demandèrent de se calmer.

- Pourquoi est-ce que ce sont souvent les trois derniers étages qui sont les plus animés ? s'interrogea Pansy.

- Parce que c'est là où les élèves se croient le plus en sécurité. Ils n'ont pas encore compris que les préfets vérifient systématiquement tous les étages. Ils doivent être un peu idiots. Allez, plus qu'un étage et c'est bon. Espérons qu'il sera plus calme...

Le souhait de Ron ne fut pas vraiment exaucé. Arrivés au septième étage, Pansy et lui eurent à faire à des deuxième année un peu trop farceurs. Après leur avoir confisqué leurs bombabouses, les deux préfets firent le tour de chaque salle de classe. Si les cinq premières se révélèrent vides, ce ne fut pas le cas de la sixième dont la porte était verrouillée de l'intérieur.

- Il va falloir user de la magie, constata Ron.

Pansy acquiesça et sortit sa baguette. Elle murmura un sort qu'elle accompagna d'un geste précis. Un halo bleu lui signala que le sort avait fonctionné. Elle poussa tout doucement la porte. À peine fut-elle suffisamment ouverte pour que Pansy puisse voir ce qu'il y avait dans la salle qu'elle reçut un sort qui la projeta violemment plusieurs mètres en arrière. Le choc fut si rude lorsqu'elle tomba qu'elle resta sonnée pendant un moment. Elle entendit confusément des sorts être échangés avant que le calme ne revienne. Elle revenait tout juste à elle quand Ron accourut vers elle.

- Pansy, ça va ?!

- Oui, je crois... Je suis en un seul morceau, quoi.

Pansy vit un profond soulagement se dessiner sur les traits de Ron.

- Ouf, j'ai eu peur en voyant que tu ne te relevais pas...

- J'étais juste sonnée, apaisa Pansy. Tu peux m'aider à me relever ? Histoire que je ne me retrouve pas une deuxième fois par terre si j'ai des vertiges.

Ron acquiesça, tendit sa main à Pansy et l'aida à se remettre sur ses pieds.

- Ça va ? demanda Ron, inquiet.

- Oui oui, c'est bon, tout va bien, assura Pansy.

Elle réalisa soudain qu'elle était très proche de Ron. Et qu'elle avait toujours sa main dans la sienne. Mais elle ne fit rien pour changer tout cela. Elle aimait être tout près de Ron et elle aimait sentir la poigne ferme mais douce de Ron autour de sa main. Et puis, surtout, elle aimait quand leurs regards s'accrochaient comme ils le faisaient actuellement. Pourquoi mettre fin à tout cela alors que c'était si agréable ? Ce serait complètement stupide. Ron devait être du même avis puisqu'il combla l'espace qui les séparait encore jusque-là. Elle savait ce qu'il allait faire. Là non plus, elle ne ferait rien pour l'en empêcher. Parce qu'elle en avait tout autant envie que lui. Elle le laissa donc poser ses lèvres sur les siennes et entamer un long et doux baiser. Une main vint se poser derrière sa tête tandis qu'une autre se logea au creux de son dos. Instinctivement, elle se rapprocha davantage de Ron et enroula ses bras autour de son cou. Ils approfondirent le baiser, mêlant leurs langues qui jouèrent ensemble pendant un long moment. Ils ne se séparèrent que lorsque le besoin d'air devint urgent. Pansy vit la gêne dans le regard de Ron.

- Pansy, il va peut-être falloir qu'on parle sérieusement de tout ça...

- Tu en as envie ? répondit aussitôt Pansy.

- Non, avoua Ron.

- Moi non plus. C'est pour ça qu'on n'aborde jamais le sujet. Parce qu'on ne veut pas se prendre la tête avec ça. Et si on laissait les choses se faire sans se poser de questions ?

- Tu veux dire... on s'embrasse quand on veut et basta ?

- C'est à peu près ça l'idée, oui.

- Ça t'irait vraiment, ce genre de relation ?

- Uniquement s'il y a un minimum de sentiments entre nous. De mon côté, c'est le cas. Je ne sais pas exactement ce que je ressens mais... tu me troubles. C'est la première fois qu'un garçon me fait ça.

- C'est exactement pareil pour moi, dit Ron, visiblement soulagé. J'aime énormément de choses chez toi. Je ne peux pas en citer une sans en citer une autre et j'ai peur d'en oublier.

- Alors ne dis rien, s'amusa Pansy. Comme ça, pas de jaloux, pas de favoritisme.

Ron sourit et regarda Pansy avec une intensité qui la fit fondre.

- Je n'avais jamais ressenti ça non plus pour quelqu'un avant, confia-t-il. Je ne suis jamais sorti avec une fille, pour être honnête.

- Et moi je n'ai jamais eu de petit-ami, renchérit Pansy. Je ne suis pas connue pour être timide, loin de là, ce serait même plutôt le contraire, mais dès qu'il s'agit d'approcher un garçon... Déjà, il aurait fallu que j'aie vraiment envie de sortir avec lui. Mais genre, vraiment vraiment. Et ce n'est jamais arrivé jusque-là. J'ai déjà été intéressée par des garçons mais pas au point de vouloir sortir avec eux.

- Je suis un privilégié, alors, plaisanta Ron. Mais c'est drôle, on avait décidé de ne pas en parler et c'est pourtant exactement ce qu'on est en train de faire.

- Parce qu'on a justement décidé de ne pas en parler, rit Pansy. C'est l'esprit contradictoire de l'être humain. Il suffit qu'on prenne une décision qui nous soulage pour que notre esprit se libère. Même si ça va à l'encontre de ce qu'on avait décidé.

- C'est vrai. Tu devrais faire sociomage, plus tard. Tu as déjà de bonnes bases.

- Je verrai, je n'ai pas encore choisi ce que j'allais faire, tout est donc encore possible. Mais du coup, est-ce qu'on considère qu'on est en couple ou... ?

- Pour moi, oui, affirma Ron sans hésiter. Nous sommes juste un couple qui ne veut pas se prendre la tête.

- Donc devant les autres... ?

- On s'en fiche ?

Pansy ne put retenir un sourire.

- Nous sommes sur la même longueur d'ondes, déclara-t-elle. Si tu t'en fiches de l'avis des autres, alors on peut s'afficher devant eux. Moi, ça ne me gêne absolument pas. Je n'ai jamais fait attention aux imbéciles et ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer. Alors ils peuvent penser et dire ce qu'ils veulent, je n'en ai rien à faire.

- Tu es impressionnante quand tu dis ça, s'émerveilla Ron. Mais je suis entièrement d'accord avec toi. Du coup, je pourrai t'avoir dans mes bras, demain, dans les gradins ?

Les yeux de Pansy se mirent à pétiller à cette idée.

- Ce serait super, dit-elle, émue.

- On fait comme ça, alors, conclut Ron en souriant. Bon, on ferait mieux de reprendre notre ronde. Mais si tu veux rentrer, il n'y a pas de problème, je peux la terminer seul.

- Non, c'est bon, il ne reste que les tours à vérifier, je ne vais pas abandonner maintenant, protesta Pansy. Allez, en route !

Ce fut ainsi que Ron et Pansy se remirent en marche. Ils vérifièrent toutes les tours et terminèrent leur ronde une demie-heure plus tard. Ils s'arrêtèrent en bas de l'escalier menant au premier étage et s'embrassèrent avant de se séparer. Alors que Ron se rendait à la Grande Salle, Pansy, qui n'avait pas faim, retourna à sa salle commune. Elle était presque arrivée lorsqu'elle entendit sur sa droite deux filles qui semblaient se disputer à voix basse. Enfin, ce n'était pas vraiment une dispute mais plutôt une discussion fortement argumentée. Pansy voulut passer son chemin mais il n'y eut soudain plus aucun bruit, ce qui l'intrigua. Ces deux filles avaient-elles lancé un sort d'insonorisation afin de réellement se disputer sans que personne ne les entende ? Et si elles en venaient aux mains ? Pansy ne pouvait pas rester là sans rien faire. Rien ne lui prouvait que ces filles allaient vraiment se battre mais, dans le doute, mieux valait jouer la sécurité. Elle n'était pas partisane du «sans preuves, on ne fait rien». Elle se dirigea alors vers l'endroit d'où provenaient les voix quelques minutes plus tôt et sortit sa baguette au cas où les filles seraient en train de se battre en duel, même si cela l'étonnerait beaucoup. À un moment, elle tourna vers les cachots et ce fut là qu'elle les trouva. Ce qu'elle vit la cloua sur place. Loin de s'arracher les cheveux ou de se lancer des insultes à la figure, les deux filles étaient tout simplement en train de s'embrasser. Bien qu'elle ne s'attendait pas du tout à cela, Pansy se remit vite de sa surprise et hésita à faire son devoir de préfète. Si ces deux élèves se cachaient et étaient, de surcroît, dans l'ombre, c'était parce qu'elles ne voulaient pas que quiconque les voit. Et pour cause. Que cela concerne deux filles ou deux garçons, l'homosexualité n'était pas bien vue par certaines personnes. Deux élèves en avaient fait les frais au début de l'année. Pansy ne savait donc pas quoi faire. Certes, ces filles ne devaient pas être si près des cachots, mais c'était sûrement le seul endroit qu'elles avaient trouvé pour passer un moment ensemble sans être vues. Pansy décida alors de les laisser tranquille. Mais au même moment où elle s'apprêtait à partir, l'une des deux filles la vit et s'éloigna brusquement de l'autre fille. Cette dernière remarqua à son tour la présence de Pansy et s'en alla après avoir murmuré un «désolée» à sa petite-amie. Pansy vit juste que c'était une Serdaigle lorsqu'elle passa à côté d'elle. Elle reporta son attention sur l'autre élève qui restait immobile et qui ne semblait pas vouloir bouger. Comme l'endroit était vraiment sombre, Pansy ne pouvait pas voir de qui il s'agissait et quelque chose lui dit que c'était justement pour ça que la fille ne bougeait pas. Parce qu'elle ne voulait pas que Pansy la reconnaisse. Celle-ci tenta alors de la rassurer :

- Je ne dirai rien, promis. Je comptais m'en aller quand tu m'as vue. J'aurais dû faire mon devoir de préfète mais je n'en ai pas eu le courage.

Pansy vit l'élève sortir sa baguette. Elle ne distinguait pas grand-chose mais le geste était équivoque. Quelques secondes plus tard, un Lumos les éclaira. Pansy put enfin voir le visage de l'élève et, une fois de plus, elle s'attendait à tout sauf à ça. Un cri lui échappa en reconnaissant sa camarade. Elle recula d'un pas, choquée.

- Gr... Greengrass ?!

- Oui, c'est moi.

- M-mais je... tu...

Pansy était incapable d'aligner deux mots tant elle était choquée. Toutes ses certitudes venaient de voler en éclat en un seul coup. À moins que...

- Tu es bi ? ne put-elle s'empêcher de demander.

Greengrass secoua la tête.

- Mais... je ne comprends pas, lâcha Pansy.

- Je ne suis pas bi car je n'aime que les filles.

Loin d'éclairer sa lanterne, cette réponse ne fit que déstabiliser encore plus Pansy.

- Mais... et Draco ? interrogea-t-elle, désespérée.

- Tu veux que je te répète une cent quatre-vingt-deuxième fois ce que j'essaie de te faire comprendre depuis notre première année ? Je n'ai jamais été amoureuse de lui. Il n'a toujours été qu'un ami. Et c'est pareil pour lui. Les choses ont toujours été claires entre nous. Ce mariage qui était prévu entre nous, je n'en ai jamais voulu. J'ai essayé de le dire à mes parents mais ils ont refusé de m'écouter. J'ai fini par abandonner, sachant que, de toute façon, je n'aurais pas mon mot à dire sur le choix de mon futur mari. Je n'avais pas spécialement envie de me marier avec quelqu'un dont le père était un Mangemort mais mes parents, eux, s'en moquaient complètement. Tout ce qu'ils voyaient dans ce mariage, c'était l'intérêt que cela représentait. J'ai donc été immensément soulagée lorsque Tu-Sais-Qui s'est fait tuer et que tous les Mangemorts sont partis en cavale. Comme le père de Draco faisait partie des fugitifs, le mariage ne pouvait plus avoir lieu. Mes parents étaient courroucés mais ça ne les a pas empêchés de me trouver un autre fiancé. Je l'ai appris lors des vacances de Noël et même si je m'y attendais, ça m'a démoralisée. À la rentrée, j'ai rompu avec la fille que tu as vue à l'instant. Enfin, on a plutôt rompu d'un commun accord. On ne le voulait pas mais on n'avait pas vraiment le choix. Notre relation devenait trop compliquée à gérer. On ne se sentait pas prêtes à rester ensemble alors que j'étais de nouveau fiancée. Seulement, là, elle voulait me parler à propos de mon fiancé, on s'est un peu disputées à ce sujet et à un moment on a craqué, on s'est embrassées et c'est là que tu es arrivée. Tout ça pour te dire que je n'ai jamais eu l'intention de me marier avec Draco et que son statut, son sang, son rang social et son argent ne m'intéressent absolument pas. Ça, c'est la lubie de mes parents. Moi, je préfère vivre avec une fille de famille modeste dans un coin de campagne avec des poules et des coqs plutôt que vivre avec un aristo Sang-Pur dans un manoir avec des elfes et des domestiques.

Greengrass termina sa tirade sur ces mots. Pansy resta un moment silencieuse. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle ait pu se tromper à ce point sur Greengrass. Une question lui vint à l'esprit, la sortant de sa léthargie.

- Mais pourquoi tu ne m'as dit plus tôt que tu aimais les filles ?

- Parce que tu m'as haïe dès que tu as appris que j'étais fiancée à Draco. À ce moment-là, je ne savais pas encore quelle était mon orientation sexuelle. Quand je l'ai su deux ans plus tard, tu me détestais trop pour croire un seul mot de ce que je dirais.

Pansy grimaça. Greengrass avait raison, elle devait le reconnaître.

- Mais tu n'as jamais vraiment cherché à me faire changer d'avis sur toi, tu te contentais juste de dire que tu n'étais pas amoureuse de Draco. Tu ne me donnais pas beaucoup d'arguments.

- Parce que c'était plus simple pour moi de te laisser me détester et de faire le strict minimum pour me défendre plutôt que m'acharner bec et ongle à tenter de te convaincre que je n'étais pas le genre de fille que tu croyais. Je ne t'en ai jamais voulu de m'accuser de n'en avoir que pour le rang social et l'argent de Draco, tu sais. Je suis bien consciente qu'il y avait de quoi se poser des questions. Et puis, tu es la meilleure amie de Draco. C'est normal que tu veuilles le protéger et que tu aies peur que sa fiancée ne soit intéressée que par sa fortune et sa classe sociale. Tu ne pouvais que me détester, en fait.

- Oui mais ça ne change rien au fait que je t'ai haïe pour rien, répliqua Pansy. Je ne sais pas quoi te dire à part que je suis désolée. Je viens d'apprendre que j'ai passé quatre ans et demi à haïr quelqu'un sans raison, c'est un peu dur à digérer.

- Je ne te demande rien, Pansy. Je suis juste soulagée que les choses soient enfin claires entre nous. Ça me suffit amplement. Et je suis également contente pour Draco. Si les tensions peuvent s'apaiser entre nous, ce serait cool pour lui. Bon, j'y vais. Je n'ai pas encore mangé et l'heure tourne. À plus tard, Pansy.

Greengrass s'en alla sur ces mots. Pansy se retrouva seule. Elle avait l'impression que son cerveau était en ébullition. Il avait emmagasiné trop de choses en trop peu de temps. Il fallait qu'il se repose. Elle avisa l'heure et décida d'aller manger, elle aussi, même si elle n'avait toujours pas faim. Trop de pensées se bousculaient dans sa tête pour qu'elle puisse se concentrer sur son appétit. Sans compter qu'elle était relativement fatiguée. Entre l'entraînement de Quidditch qui avait duré trois heures et demie, sa mise en couple avec Ron qui n'était pas du tout prévue et les révélations de Greengrass auxquelles elle ne s'attendait pas, l'après-midi et le début de soirée avaient été riches en émotions. Elle avait l'esprit en bouillie mais elle était au moins sûre d'une chose : elle allait bien dormir ce soir-là !

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(dimanche 28/01) POV Harry

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- Il est quelle heure ?

- Cinq minutes de plus que la dernière fois que tu as demandé.

Harry leva les yeux au ciel face à cette réponse.

- Très drôle, bougonna-t-il.

- Oh ça va, un peu d'humour, répliqua Sirius. Je comprends que tu sois stressé mais il faut que tu te détendes un peu. Ce n'est pas en tournant en rond et en demandant l'heure tous les cinq minutes que ton médicomage va arriver plus vite. À moins que ce soit l'idée d'assister au match qui te stresse ?

- C'est tout ça à la fois, avoua Harry.

Sirius posa la Gazette et regarda Harry.

- Assis-toi, tu veux ? demanda-t-il doucement.

Harry acquiesça et regagna sa place.

- Dis-moi ce qui te tracasse tant.

- Tout, soupira Harry. Je ne suis pas seulement stressé. Je suis aussi énervé. Je suis une contradiction à moi tout seul et ça a le don de m'agacer. D'un côté, j'ai méga envie d'assister au match et d'un autre côté, j'ai peur d'y aller. Ça ruine mon envie. Je comprends mieux pourquoi Remus et toi étiez aussi réticents à l'idée que j'y assiste. J'étais d'accord avec vous mais le professeur Snape, lui, dit que je suis prêt à y aller...

- Et il a raison, affirma Sirius. Psychologiquement parlant, tu es prêt. Ta peur c'est dans le mental. Et ça, ton médicomage n'y peut pas grand-chose. C'est à toi de te donner un grand coup de pied au derrière et de vaincre ta peur. C'est tout à fait normal que tu stresses mais il n'y a pas vraiment de raison. Ça va bien se passer. Tu seras beaucoup moins regardé que tu ne le penses. Presque tout le monde sait que tu es de retour dans le château. Ça fait plusieurs sorties que tu fais et tu as déjà croisé bon nombre de tes camarades.

- Je sais tout ça mais ils vont se dire que si je suis capable d'assister à un match, alors je suis capable aussi de reprendre les cours... Or, ce n'est que dans une semaine que je vais y retourner.

- N'oublie pas que tu seras calé entre Remus et moi. Ils vont bien comprendre que si tu n'es pas avec les autres élèves, c'est que tu es encore un peu fragile. Ils ne sont pas aussi idiots que tu le crois.

- Je n'avais pas pensé à ça, admit Harry. Vu comme ça, c'est sûr que j'ai moins de raisons de m'en faire. Mais ce serait quand-même bien que le professeur Snape se dépêche de venir. Le match est dans trois heures. S'il me donne son feu vert, il faut que j'aie le temps de me préparer dans tous les sens du terme.

- Il ne va pas tarder à arriver, ne t'inquiète pas, apaisa Sirius. Tu sais bien qu'il est très occupé. Il ne va pas t'oublier comme ça.

Harry retint un sourire. Deux jours plus tôt, le professeur Snape avait oublié leur séance de thérapie tellement il était plongé dans la fabrication d'une potion. Harry ne lui en avait pas tenu rigueur : cela prouvait juste que Snape était un humain comme les autres et qu'il lui arrivait de se laisser prendre par le temps. Harry aurait de toute façon bien du mal à lui en vouloir pour si peu. Il faisait tellement pour lui depuis plus de six semaines qu'il avait bien le droit de faire une petite erreur de temps en temps. Harry n'en revenait toujours pas de la différence flagrante entre l'exécrable professeur Snape et l'humain et gentil médicomage Snape. C'était le jour et la nuit. Il venait tout juste de se faire cette réflexion lorsque des coups frappés à la porte se firent entendre. Sirius souffla.

- Je lui ai dit qu'il pouvait utiliser la cheminée, s'exaspéra-t-il.

- Il n'est pas comme toi, lui. Il préfère utiliser ses pieds plutôt que le conduit de cheminée, s'amusa Harry.

Pour toute réponse, Sirius marmonna dans sa barbe avant de quitter le salon. Il revint une vingtaine de secondes plus tard en compagnie du professeur Snape.

- Bonjour, M. Potter. Vous attendiez ma visite avec impatience, apparemment.

Harry lança un regard noir à Sirius qui lui répondit par un grand sourire.

- Je ne vous avais pas oublié, rassurez-vous. Bon, est-ce que vous souhaitez toujours aller voir le match d'aujourd'hui ?

- Oui, dit Harry sans hésiter.

- Vous sentez-vous prêt mentalement ?

- Oui. J'en ai parlé avec Sirius et il a apaisé mes craintes. Je suis quand-même encore un peu stressé mais ça, personne ne pourra rien y faire.

- Tout à fait, il y a une partie de votre stress qui est normale et contre laquelle on ne peut rien. Mais elle s'estompera assez rapidement quand vous serez dans les tribunes. Vous serez avec votre parrain et votre directeur de maison et cela devrait suffire à vous rassurer. Je serai également près de vous au cas où vous auriez besoin de quoi que ce soit.

Ce détail acheva de rassurer Harry. Il sourit à son professeur.

- Merci, je crois que je n'ai plus de raisons de m'en faire.

- Je ne crois pas non plus, confirma Snape sur un ton légèrement moqueur. J'ai quelques conseils à vous donner avant de vous laisser. Nous sommes en hiver, il fait beau depuis quelques jours mais les températures restent froides. Je vous recommande donc vivement de vous habiller chaudement. Ce sera votre première sortie à l'extérieur depuis un mois et demi, vous n'êtes plus habitué au froid et cela pourrait vous être préjudiciable si vous n'êtes pas assez couvert. Donc si vous voulez assister au match, ce sera avec des bottes, une écharpe et des gants.

- D'accord. Je ne comptais pas non plus y aller en short et en tee-shirt. Mais je suivrai vos conseils, promis.

- Bien. Ce serait dommage que vous tombiez malade suite à votre première sortie. Je vous conseille également de bien manger ce midi. Vous allez avoir besoin de forces.

Harry acquiesça.

- Il me semble que c'était tout ce que j'avais à vous dire. On se retrouve donc à quatorze heures dans les tribunes. Puis-je emprunter ta cheminée, Black ?

- Tu te fous de moi ?! Je t'avais proposé de l'utiliser pour venir, contre toute attente tu viens à pied et là tu veux l'utiliser pour repartir ?! Tu joues avec mes nerfs, en fait ?

- Ravi que tu l'aies compris.

- Dégage, bouda Sirius.

Snape arbora un grand sourire et se dirigea vers la cheminée. Il disparut quelques secondes plus tard dans une gerbe de flammes vertes.

- Et il est content, bougonna Sirius.

Harry se mit à rire.

- Il adore te chercher, tu le sais bien. Avant, il le faisait pour te faire sortir de tes gonds, maintenant il le fait juste pour t'embêter.

- Et mon filleul qui prend sa défense. Merlin aidez-moi !

- Hé, c'est dans les bras de mon parrain adoré que je vais être pendant le match. Pas dans les siens.

- Il y a intérêt, s'offusqua Sirius. Manquerait plus que ça ! Bon, je vais préparer le repas. Remus doit rentrer pour midi et il faut qu'on mange tôt. On partira vers treize heures pour que tu aies le temps de voir tes amis avant le match. Notamment ceux qui doivent y participer. Tu auras plus de temps pour Hermione, Ron et Ginny.

- C'est vrai. Heureusement que ce n'est pas un match Serpentard contre Gryffondor, observa Harry. Sinon, parmi mes amis, il n'y aurait eu que Hermione dans les gradins. Ron est titulaire et Ginny m'aurait remplacé. Quant à Draco et Théo, ils sont désormais tous les deux titulaires.

- Tu as beaucoup d'amis qui font partie de l'équipe de Quidditch de leur maison. À croire que tu les choisis sur ce critère, plaisanta Sirius.

- Ben voyons, c'est bien connu, ironisa Harry. Et si tu allais faire la cuisine au lieu de dire n'importe quoi ?

- Oh, si monsieur le prend comme ça, se moqua Sirius. Puis-je seulement demander à son altesse si elle veut bien essuyer la table et mettre couverts, assiettes et verres en attendant ?

Harry lança un regard noir à Sirius qui s'en alla en riant. Harry secoua la tête, dépité. Mais il adorait quand Sirius et lui se lançaient des petites piques comme ça. Jamais ils n'avaient été aussi complices que durant les six semaines qui venaient de passer. Il essayait d'éviter de se dire que c'était grâce à l'acte odieux que lui avait fait subir Adrian. Mais c'était pourtant le cas. Sans ça, jamais il ne se serait retrouvé chez Snape. Jamais ce dernier ne se serait occupé de lui. Jamais il n'aurait pu être soigné comme il l'avait été. Aussi bien physiquement que psychologiquement parlant. Bien sûr, il y avait des médicomages très compétents à Sainte-Mangouste, mais encore aurait-il fallu que Harry y aille... Il ne pouvait donc s'empêcher de se dire que son viol avait eu des conséquences positives, et il s'en voulait de penser ça. Car un viol était un acte horrible et ne pouvait rien avoir de positif. Sauf que là, ce n'était pas de l'acte en lui-même dont il était question mais des conséquences qu'il avait eues... Car c'était suite à cela qu'il avait pu être soigné pour tous ses problèmes physiques et mentaux. Mais cela n'excusait rien… Merlin que c'était compliqué…

Se rappelant que Sirius lui avait «demandé» d'essuyer et de mettre la table, Harry se mit à la tâche. Il était en train de disposer les verres quand il entendit la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer. Dix secondes plus tard, Remus entra dans le salon.

- Déjà de retour ? s'étonna Harry.

- Oui, ça a été plus rapide que prévu.

- Il te voulait quoi, Dumbledore ? Enfin, je te demande ça mais tu n'as peut-être pas le droit de m'en parler...

- Non non, il n'y a rien de bien secret. Il voulait juste savoir si je m'en sortais avec la pleine lune. Il sait que la prochaine a lieu dans pile une semaine, alors il s'est dit que c'était le bon moment pour me convoquer afin de s'assurer que tout allait bien à ce niveau-là.

- Il serait peut-être temps, lâcha Harry. Ça fait quand-même cinq mois que les cours ont repris. Mais bon, c'est déjà bien qu'il se préoccupe de toi. Même si je pense qu'il s'inquiétait davantage pour les élèves.

- On ne peut rien te cacher. Il m'a dit que si j'avais du mal à assumer les lendemains de pleine lune, le professeur McGonagall pouvait me remplacer.

- Tant qu'elle te remplace juste en tant que professeur, ça va.

- Je ne lui laisserai pas ma place de directeur de maison, assura Remus en souriant. Les Gryffondor sont sous ma responsabilité et ils le resteront tant que je serai à Poudlard.

- On a vraiment de la chance de t'avoir. Toi, tu ne nous abandonneras pas. On peut compter sur toi. Comme quoi, un loup-garou c'est plus fiable qu'un chat.

Remus haussa les sourcils avant d'éclater de rire.

- Bien vu ! Bon, sinon, ton médicomage est passé pendant que je n'étais pas là ?

- Oui, il est parti il y a un peu plus d'une demie-heure. Il m'a donné son feu vert pour que j'aille voir le match. Sirius m'avait rassuré un peu avant, du coup je suis moins stressé.

- C'est bien. Il faut que tu sois un maximum détendu afin de pouvoir apprécier le match. Sirius est en train de faire à manger, j'imagine ?

- Oui, et je finissais de mettre la table quand tu es arrivé. C'est lui qui me l'a demandé. Il veut qu'on mange tôt.

- Et il a raison. Tu voudras sûrement passer un peu de temps avec tous tes amis avant d'aller dans les tribunes.

- Sûrement, oui. J'aimerais voir Hermione, Ron et Ginny et j'aimerais encourager Draco et Théo.

- Inutile de te demander dans quel camp tu seras, s'amusa Remus. Si on m'avait dit il y a deux ans que tu soutiendrais Serpentard contre Serdaigle, je n'y aurais jamais cru.

- Moi non plus, avoua Harry. Les choses ont changé si vite... Ça a pourtant été progressif mais j'ai à peine eu le temps de m'en apercevoir. Je ne m'imagine plus sans Draco et Théo, maintenant. Ils sont devenus plus qu'importants pour moi. Après tout, ce sont eux qui m'ont sauvé en premier. Ce sont eux qui m'ont trouvé inconscient dans mon dortoir lorsque j'ai ingurgité les cinq potions de sommeil sans rêves. C'est Draco qui est allé chercher son parrain tandis que Théo est resté près de moi pour me surveiller. Ils ont fait tout ce qu'il fallait. Je leur dois beaucoup. Même s'ils estiment n'avoir fait que leur devoir d'ami. Alors il me semble naturel de les soutenir aujourd'hui. Et puis bon, Draco est mon binôme de travail. Je dois être solidaire.

- C'est une très bonne raison, ça, approuva Remus. Ah, voilà le cuisinier du jour qui arrive.

En effet, Sirius arriva très vite dans le salon avec le plat dans les mains. Ils se mirent rapidement à manger mais prirent tout de même leur temps pour déguster le repas préparé avec soin par Sirius.

.

Une heure plus tard, Harry sortit des appartements en compagnie de Sirius et de Remus. Il était toujours un peu anxieux mais il avait surtout hâte de se retrouver dehors. Il avait l'impression d'être un jeune chiot fébrile à l'idée de faire sa toute première promenade à l'extérieur. Ce qui était un peu le cas puisque cela faisait un mois et demi qu'il n'avait pas mis le nez dehors. Il avait un peu peur du froid, lui qui était resté bien au chaud pendant sept semaines mais il s'était habillé avec des vêtements bien chauds, comme le lui avait conseillé le professeur Snape.

- Tu veux attendre tes amis en bas des escaliers ou près du terrain ? demanda Sirius.

- Je préférerais près du terrain, choisit Harry. Ron, Hermione et Ginny sont peut-être déjà dehors. Hermione est du genre à être dans les tribunes une heure avant le début du match. Et Ron et Ginny sont sûrement avec elle.

- Bien, allons dehors, dans ce cas.

Sirius, Remus et Harry reprirent leur marche et sortirent du château. Ils venaient tout juste d'arriver dehors lorsqu'une voix appela Harry.

- Potter ?

Harry se retourna et reconnut Cassius Warrington.

- Bonjour, Caïus. Comment vas-tu ?

- Bien, merci, et toi, Harriet ?

Harry fut ravi de constater que Cassius se souvenait de leur toute première entrevue dans la salle commune de Serpentard. Harry avait fait exprès d'écorcher le prénom et le nom de Cassius et celui-ci était entré dans son jeu en faisant de même. Depuis, ils s'étaient revus plusieurs fois dans l'antre des Serpentard et Cassius ne manquait jamais de saluer Harry.

- Ça va parfaitement bien. Mais ça ira encore mieux quand je serai dans les airs.

- Pas trop stressé ?

- Ça t'étonne si je te dis «Oui, un peu» ?

- Pas du tout, répondit honnêtement Harry. Ça a beau faire quatre ans et demi que je suis dans mon équipe, j'ai toujours ce petit stress avant chaque match. Je me doute bien que même si tu as un peu plus d'expérience que moi, ça ne t'empêche pas d'avoir ce petit stress, toi aussi.

- C'est exactement ça, renchérit Cassius, l'air abasourdi. Tu es bien l'un des seuls qui admet avoir le stress alors que ça fait longtemps que tu es dans ton équipe.

- L'admettre, ça soulage. Ça permet de prendre un peu de recul.

- Mais je suis entièrement d'accord, s'émerveilla Cassius. Mais au fait, qu'est-ce que tu fais là ?

- Je suis de sortie. J'ai eu l'autorisation d'assister au match.

- Oh mais c'est super ! C'est Draco qui va être content. Il était déprimé à l'idée que tu doives rester au château alors que tu voulais suivre le match. Il ne fait que parler de toi depuis qu'il a su que tu ne pourrais peut-être pas venir. Impossible de lui faire changer de disque.

Harry se sentit rougir jusqu'à la pointe des oreilles. Il ne s'attendait pas à ce que Cassius lui avoue que Draco n'avait que son prénom à la bouche et ce, devant Sirius et Remus. C'était un peu gênant. Mais bizarrement, ça lui faisait aussi plaisir. Et il s'en voulait pour ça.

- Eh bien, Draco pourra être rassuré, dit-il en souriant. Je serai au rendez-vous. Est-ce que tu sais où il est d'ailleurs ? J'aimerais le voir ainsi que Théo.

- Ils sont encore dans la salle commune. Je peux aller les chercher, si tu veux. Si je leur dis que tu veux les voir, ils vont rappliquer en moins de deux.

- Serait-il possible que Harry vous accompagne ? intervint Remus. Ce sera plus pratique ainsi. À moins que vous y voyiez un inconvénient, bien sûr.

- Non, non, je peux l'emmener avec moi, affirma Cassius. Ça te dit, Harry ?

- Euh...

Harry était un peu pris au dépourvu. Il ne s'était pas préparé à l'idée de marcher dans le château avec quelqu'un d'autre que Snape, Sirius, Remus ou Draco. Mais il dut admettre que cela serait justement un bon exercice. Cela mit fin à son hésitation :

- Je suis d'accord.

- Bien, nous t'attendrons ici, Harry, déclara Remus. Nous nous rendrons ensemble dans les gradins.

Harry acquiesça et s'éloigna avec Cassius. Il était stressé de ne pas avoir les personnes habituelles avec lui mais il s'efforça de le cacher. D'autant plus que la gêne ne tarda pas à prendre le dessus sur l'angoisse. Car il venait de se souvenir que Cassius était l'un des amis les plus proches d'Adrian. Et si Cassius lui en voulait d'avoir envoyé Adrian à Sainte-Mangouste ? Car après tout, si Harry n'avait pas blessé Adrian en le repoussant violemment, ce dernier n'aurait pas été emmené à l'infirmerie... Mme Pomfrey n'aurait pas découvert la présence de drogue dans le sang d'Adrian en lançant le sort de diagnostic et Adrian lui-même n'aurait jamais avoué qu'il se droguait. S'il n'avait pas été blessé et inconscient, il se serait défendu, aurait sûrement menti et ne serait pas à Sainte-Mangouste à l'heure qu'il était. Harry savait que c'était pourtant là où devait être Adrian pour son bien mais est-ce que Cassius, lui, voyait les choses de la même manière ? Harry n'en avait aucune idée et ça le stressait. Car la gêne avait de nouveau fait place à l'angoisse alors qu'il se faisait tout ce cheminement dans sa tête. Il était d'ailleurs tellement plongé dans ses pensées qu'il poussa un cri lorsque Cassius le força à s'arrêter en lui attrapant doucement le bras. Il leva les yeux vers le Serpentard et vit que celui-ci le fixait d'un air inquiet.

- Est-ce que tout va bien ? demanda-t-il, anxieux.

- Euh... oui, pourquoi ?

- Parce que tu avais l'air de te torturer l'esprit. Tu n'étais pas complètement avec moi. Si tu ne te sens pas bien, dis-le-moi et on retourne voir tout de suite ton parrain et ton directeur de maison.

- Non, non, ça va, assura Harry en souriant. C'est juste que... je suis un peu mal à l'aise. Vis-à-vis de toi.

Cassius haussa les sourcils.

- Et pourquoi ça ? s'enquit-il, curieux.

- Parce que tu es très ami avec Adrian. Tu sais sûrement que c'est à cause de moi s'il a été blessé à la tête, qu'il a été emmené à l'infirmerie et qu'il a fini à Sainte-Mangouste...

- Ouh là, attends, tu fais un peu trop de raccourcis, là. À t'entendre, c'est à cause de toi si Adrian est à Sainte-Mangouste en ce moment-même. Or c'est faux. Et nous le savons très bien. Par ce «nous», j'inclus Graham, Miles et moi. Si je dois faire le porte-parole de notre groupe d'amis, eh bien soit. On va mettre les choses à plat dès maintenant. Personne ne t'en veut, Harry. Nous ne sommes pas idiots, nous avons très bien compris ce qui s'était passé. Seulement, personne ne t'en parlera pour ne pas te mettre mal à l'aise. Tu t'en veux sûrement mais tu n'as rien fait de mal. C'est nous qui sommes désolés. Adrian est notre meilleur ami et nous n'avons pas su voir qu'il se droguait. Même si nous sommes conscients que c'était difficile de se rendre compte de quoi que ce soit tellement il cachait bien son jeu, ça ne nous empêche pas de nous en vouloir. Mais il ne faut pas se sentir responsable de tout pour autant. Si on commence par-là, alors toute l'école doit se sentir coupable. À commencer par le dealer qui a fourni Adrian. Si on va un peu plus loin, on peut aussi en vouloir aux professeurs et aux préfets qui n'ont pas réussi à coincer ce dealer. Si on va encore plus loin, on peut en vouloir au directeur qui n'a pas su gérer son école correctement. On peut continuer encore longtemps comme ça. Mais ce n'est pas une solution de chercher tous les responsables de cette situation. Ce qui compte, c'est qu'Adrian et toi, vous vous en sortiez. Crois-moi, ceux qui ont des reproches à se faire sauront se le faire dire. Je pense que le directeur va finir par payer sa gestion minable de l'école. Tout vient à point à qui sait attendre.

- C'est moldu, ça, fit remarquer Harry, amusé. Non mais plus sérieusement... merci pour tout ce que tu viens de dire. Ça me soulage d'un grand poids. Je savais tout ça mais... je crois que j'avais besoin de l'entendre dire par quelqu'un d'assez extérieur.

- Tu veux dire par-là, quelqu'un qui n'est ni le professeur Snape, ni ton parrain, ni ton directeur de maison, ni un de tes amis proches ?

- C'est ça, confirma Harry, impressionné par la vivacité d'esprit de Cassius.

- Eh bien ravi de t'avoir fait voir les choses sous un autre angle, dit Cassius, à la fois rieur et sérieux. Bon, tu veux toujours aller voir Draco et Théo ? Ou tu as peur de la réaction de tous les Serpentard en entrant dans leur antre secrète ?

- Non, c'est bon, je n'ai pas peur, je sais que j'aurai des personnes autour de moi pour me protéger, plaisanta Harry.

- Ça c'est sûr qu'avec Draco, personne n'aura le temps de te faire quoi que ce soit, ironisa Cassius. Allez, en route !

Cassius et Harry se remirent à marcher et arrivèrent rapidement à la salle commune des Serpentard. Cassius donna le mot de passe et fit entrer Harry. À peine eut-il fait un pas que tous les regards se braquèrent sur lui. Harry se sentit oppressé par cette attention soudain portée sur lui mais il essaya d'en faire abstraction. Il fut aidé dans sa tâche par Draco qui le vit et qui le fit vite savoir :

- Harry ! Quelle surprise ! Mais qu'est-ce que tu fais ici ?!

- Eh bien... je suis venu voir mes deux amis, répondit Harry, gêné.

Il n'en fallut pas plus à Draco pour s'élancer vers lui et le prendre dans ses bras. D'abord crispé par ce geste d'affection en public, Harry se détendit vite et rendit son étreinte à Draco. Il trouva même cela amusant que son aristo Sang-Pur de binôme se laisse aller à autant de familiarité devant ses camarades de maison. Plus qu'amusé, il en fut touché. Et un peu troublé. Un grand vide se fit sentir en lui lorsque Draco se détacha de lui.

- On te manquait tant que ça pour que tu n'aies pas pu attendre de nous voir sortir du château ? se moqua gentiment Draco.

- Disons que c'était ce qui était prévu à la base mais j'ai croisé Cassius, enfin il m'a interpellé, on a discuté, je lui ai demandé où vous étiez, Théo et toi, il m'a proposé de venir vous chercher et mon directeur de maison nous a plutôt suggérés d'y aller ensemble. Ça faisait un bon exercice, tu vois.

- Oui, je comprends. Et alors, ça s'est bien passé ?

Harry fut ému de voir à quel point Draco s'inquiétait pour lui. Mais cela lui fit aussi plaisir, comme lorsque Cassius lui avait dit que Draco parlait souvent de lui. Il se morigéna d'avoir cette réaction.

- Oui, j'étais juste stressé d'être tout seul avec Cassius, par rapport à Adrian, tout ça tout ça mais il s'en est aperçu, il a mis les choses au clair et il m'a bien rassuré.

- Tu avais besoin d'avoir une discussion comme celle-ci, comprit Draco.

- Exactement. Le fait que les amis d'Adrian ne m'en veuillent pas, ça me soulage beaucoup. Bon et toi, ça va ? Pas trop le trac ?

- Non, nous nous sommes très bien entraînés, ça devrait donc aller, répondit Draco d'un ton détaché.

Harry retint difficilement un sourire. C'était typiquement ce que Cassius lui disait un quart d'heure plus tôt. Peu de personnes avouaient être stressées à l'approche d'un match qu'elles devaient jouer. Harry trouvait cela idiot mais il savait que c'était une question de fierté.

- Tant mieux si les Serdaigle ne vous font pas trop peur. Bon, il ne faut non plus les sous-estimer. Ça pourrait vous être préjudiciable. Mais je sais que vous savez ce que vous faites. Bon, et Théo ? Il est où ?

- Il est en train de se calmer dans le dortoir. Il a eu une crise d'angoisse juste après le déjeuner. Il a pris une potion mais il faut attendre qu'elle fasse effet. J'ai voulu aller chercher Severus mais il m'a dit que ce n'était pas la peine. Ce n'est pas la première fois que ça lui arrive depuis quelques temps mais d'habitude, c'est beaucoup plus léger. Ce n'est pas le même genre de crise d'angoisse que tu as eue juste avant ta sortie avec moi. Il est suivi pour ça, il a un traitement mais il est tellement stressé en ce moment à cause de tout ce qui lui tombe dessus que j'ai l'impression que ses potions ne font pas vraiment effet. Il faudrait qu'il en discute avec Severus.

- Tu crois qu'il va être remis pour le match ? s'inquiéta Harry.

- Oui, il reste encore vingt minutes avant le briefing dans les vestiaires, ça devrait être suffisant. Il a juste besoin de calme. C'est pour ça que Blaise et moi l'avons laissé seul dans le dortoir.

- Mais s'il n'arrive pas à se calmer ? Si ça devient grave ? s'angoissa Harry.

- Je monterai dans dix minutes s'il n'est pas descendu d'ici là, tempéra Draco. Ne t'inquiète pas, je gère la situation. Et lui aussi. Il sait comment calmer ses crises, il n'a besoin de personne pour cela tant qu'il a ses potions à portée de main. Ah bah tiens, en parlant du loup...

Harry tourna la tête vers les escaliers et vit en effet Théo descendre les marches. Il était pâle et avait l'air fatigué. Mais un grand sourire illumina son visage lorsque son regard se posa sur Harry.

- Salut Harry ! Tu ne te serais pas trompé de salle commune, par hasard ?

- C'est vrai que c'est un peu vert, ici, rit Harry. Mais non, je ne me suis pas trompé.

Harry expliqua vite fait à Théo sa rencontre avec Cassius.

- Heureusement que vous vous êtes croisés, on a pu te voir plus tôt que prévu, se réjouit Théo. Mais tu veux certainement aller voir tes amis de Gryffondor ?

- Je les chercherai quand vous irez aux vestiaires, informa Harry. Sinon, toi, ça va ? Tu te sens prêt à jouer le match ? Je veux dire... physiquement. Tu n'as pas l'air au top de ta forme.

- Ça va aller, assura Théo. Je me remets tout juste d'une crise d'angoisse mais une fois que je serai dans les airs, ça ira beaucoup mieux.

Harry voulut insister mais Draco lui marcha doucement mais fermement sur le pied. Comprenant le message et ne voulant pas braquer Théo, Harry lâcha l'affaire. Les deux Serpentard demandèrent à Harry comment il avait eu l'autorisation d'assister au match. Harry leur raconta alors la visite de son médicomage et les rassura sur le fait qu'il n'était plus autant angoissé qu'avant. Ce fut à regret qu'ils durent quitter la salle commune de Serpentard en voyant l'heure du briefing approcher. Ils sortirent de l'antre des Serpentard, puis du château et se séparèrent lorsqu'ils arrivèrent au niveau du terrain. Draco et Théo se rendirent aux vestiaires tandis que Harry se dirigea vers les tribunes. Il n'eut pas le temps de les atteindre qu'une tornade brune fusa vers lui. Il put juste bander ses muscles avant l'impact. C'était ça ou il se retrouvait par terre. Il ne put s'empêcher de sourire lorsque Hermione le serra de toutes ses forces dan ses bras. Il ne parviendrait jamais à lui faire comprendre que ce n'était pas parce qu'il avait survécu à un Avada Kedavra qu'il avait pour autant des capacités respiratoires hors norme. À son plus grand soulagement, Hermione le lâcha assez vite.

- Je suis tellement contente de te voir ! s'écria-t-elle. Je ne m'attendais pas du tout à ce que tu aies le droit d'assister au match ! Tu n'as même pas l'air si stressé que ça. Tu ne t'es pas gavé de potions, au moins ?!

Harry se mit à rire.

- Mais non ! De simples discussions m'ont apaisé. Où est...

Une grande claque dans le dos empêcha Harry de terminer sa phrase. Il se retourna et découvrit son meilleur ami qui avait un grand sourire aux lèvres.

- Je suis là ! s'exclama-t-il, hilare.

- Ron, tu pourrais être moins brutal, quand-même ! protesta Hermione. Harry est encore fragile, tu vas nous l'abîmer en le traitant comme ça !

- Ça va Hermione, j'ai l'habitude avec Sirius, tranquillisa Harry. Je suis content de vous voir, en tout cas. Vous m'avez manqué depuis que vous m'avez rendu visite. Enfin, je t'ai vue quelques minutes lorsque j'étais de sortie et toi de ronde, Hermione, mais ce n'était pas du tout suffisant.

- Je confirme, approuva Hermione avec force. Comment tu vas ? Le choc thermique n'est pas trop dur ?

- Pour l'instant, non, ça va. J'ai trente-six mille couches sur moi, ça doit aider, blagua Harry. Bon, qui allez-vous soutenir ?

Hermione et Ron se regardèrent. Harry sentit que quelque chose lui échappait.

- Est-ce qu'il y a un truc que je devrais savoir ? demanda-t-il, suspicieux.

- Ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vus, commença Hermione, gênée.

- Je crois qu'on peut lui dire les choses sans tourner autour du pot, coupa Ron. S'il y a quelqu'un qui ne sera pas choqué en l'apprenant, c'est bien lui.

- C'est vrai, admit Hermione. Bon, alors je vais y aller directement : je sors avec Terry. Ça fait trois semaines que nous sommes ensemble et ça fait une semaine que toute l'école est au courant.

- Et moi, je sors avec Pansy. Depuis hier. Mais ça faisait un moment qu'on se tournait autour. Je l'ai dit à Hermione hier soir et tout le monde l'a plus ou moins compris depuis ce matin.

Harry resta un moment sans réagir, surpris. Comme l'avait prédit Ron, il n'était pas du tout choqué. Il était juste étonné. Il ne s'attendait absolument pas à ça. La dernière fois qu'il avait vu ses deux meilleurs amis, ils étaient célibataires et ils ne lui avaient pas parlé de quelconques vues sur qui que ce soit. En même temps, ce n'était pas comme s'ils avaient abordé le sujet...

- Eh bien on en apprend des choses, finit-il par dire. Je suis heureux pour vous, ça me fait vraiment plaisir de savoir que vous avez trouvé l'amour. Mais ça me fait aussi un peu bizarre. J'étais habitué à ce que mes deux meilleurs amis soient célibataires et là paf, d'un coup, j'apprends qu'ils sont tous les deux en couple... Il est vraiment temps que je revienne dans le château, ajouta Harry en riant.

- On ne te le fait pas dire ! renchérit Ron. On aurait bien aimé attendre ton retour pour officialiser les choses mais Hermione et moi n'étions pas du genre à nous cacher trop longtemps avec nos moitiés respectives.

- Je comprends, ne vous en faites pas, affirma Harry. Je ne voulais pas que vous vous empêchiez de vivre votre vie pendant mon absence, au contraire. Je suis vraiment trop heureux, en vrai ! J'ai hâte de vous voir avec vos moitiés. Je suis surtout content que vous assumiez, en fait. Vous avez eu le courage de braver le regard de tout le monde et je vous admire pour ça. Surtout que c'est votre toute première relation, quoi...

Hermione sembla de nouveau gênée. Harry écarquilla les yeux.

- Tu étais déjà sortie avec quelqu'un ?!

- C'est plus compliqué que ça, éluda Hermione. Je vous en parlerai mais plus tard, on n'a pas assez de temps, là. Je vais juste te dire qui c'était puisque Ron le sait déjà. C'était Viktor Krum.

- Oh... C'est assez logique. Hâte que tu nous parles de tout ça ! Je veux tout savoir ! Enfin non, tu nous diras ce que tu voudras. Mais du coup vous ne m'avez pas répondu. Qui allez-vous soutenir ?

- J'ai décidé d'être neutre, annonça Hermione. Terry et moi serons donc assis au milieu des tribunes, normalement.

- Terry ne va pas supporter l'équipe de sa maison ? s'étonna Harry.

- Il n'est pas un très grand fan, il s'en fiche un peu. Évidemment, il soutient quand-même sa maison mais il préfère être neutre pour être avec moi dans les gradins.

- C'est trop mignon, s'attendrit Harry. Et toi, Ron ? Tu vas soutenir Serpentard, du coup ?

- On ne peut rien te cacher. Comme tous les titulaires peuvent assurer leurs postes, Pansy ne va pas avoir besoin de jouer son rôle de remplaçante et on va donc pouvoir suivre le match ensemble. On sera du côté des Serpentard.

- Je m'en doutais. C'est trop gentil de ta part de soutenir l'équipe de la maison de ta petite-amie. Ça doit lui faire drôlement plaisir. J'ai vraiment hâte de vous voir ensemble. Ah, tiens, voilà Ginny. Ça tombe bien, je voulais la voir aussi et c'était la seule personne que je n'avais pas encore vue.

- On va vous laisser, alors. On va aller s'installer.

Harry acquiesça et regarda ses amis rejoindre les gradins. Son attention fut cependant vite détournée par Ginny qui arriva vers lui.

- C'est moi qui les fait fuir ? plaisanta-t-elle.

- Non, ils ont juste voulu nous laisser tranquille, répondit Harry en souriant.

- Ils sont adorables. Je suis étonnée de te voir mais j'imagine que si tu es là, c'est que tu as l'accord de ton super médicomage, devina Ginny.

- En effet, je l'ai vu ce matin et il m'a donné son feu vert. Ce n'était pas sûr il y a quelques semaines encore mais les sorties m'ont bien aidé et il a estimé que j'étais prêt psychologiquement parlant.

- C'est le principal, commenta Ginny. Je suis trop contente pour toi ! Ça va te faire du bien. Ça fait un mois et demi que tu es enfermé, ça devait commencer à faire long.

- Je n'en avais pas vraiment conscience mais je sentais quand-même qu'il était temps que je respire de nouveau le grand air, avoua Harry. Et ça fait effectivement du bien. Bon, j'ai demandé à Ron et Hermione qui ils allaient soutenir mais je pense qu'il est inutile que je te pose la question...

- Hé, je te rappelle que j'ai une amie à Serdaigle, répliqua Ginny. Mais tu as raison, je vais soutenir Serpentard.

- Étonnant, s'amusa Harry. Ils vont avoir du monde derrière eux, alors. Entre Ron, toi et moi...

- Les Gryffondor vont devenir pro-Serpentard, ça va être épique !

- Après s'être fait la guerre pendant des dizaines d'années, ça, c'est sûr ! D'ailleurs, est-ce que vous avez enfin officialisé, Blaise et toi ? Quand tu es venue me voir il y a un mois, tu m'avais annoncé que vous alliez bientôt le faire.

- Et on l'a fait, déclara Ginny, le regard pétillant. Nous nous sommes embrassés devant les vestiaires après un entraînement de Blaise en sachant très bien que ses coéquipiers pouvaient nous voir. Puis nous sommes rentrés main dans la main au château et nous nous sommes rendus à la salle commune de Serpentard, toujours main dans la main. Au cas où les camarades de Blaise n'auraient pas encore compris, on a choisi un canapé assez large et on s'y est installés comme de vrais amoureux. On a eu de la chance car à part des regards et quelques remarques, on n'a pas du tout été embêtés. Bon, je pense que tout le monde s'en doutait déjà un peu. J'ai juste dû prévenir Ron et les jumeaux en amont afin qu'ils ne s'en prennent pas à Blaise quand ils nous verraient ensemble. Mais je t'expliquerai tout ça plus tard.

- C'est ce que m'a dit Hermione aussi, rigola Harry. J'en ai des choses à rattraper...

- J'espère que tu auras un peu de temps pour qu'on puisse se voir quand tu auras repris les cours. Pas forcément dès la première semaine, je sais bien que tu vas avoir besoin de temps pour retrouver tes marques mais au bout de deux ou trois semaines, tu arriveras peut-être à dégager du temps.

- Je ferai de mon mieux, c'est promis, jura Harry. Moi aussi je tiens à ce qu'on ait un moment pour se voir, rien que tous les deux. Il faudra juste attendre un peu. Bon, on ferait mieux d'aller s'installer, nous aussi. Sinon les tribunes vont être blindées et ça va être la croix et la manière pour se rendre à nos places.

- C'est vrai, allons-y. Profite bien du match !

- Merci, toi aussi !

Harry et Ginny s'adressèrent un signe de la main alors qu'ils regagnaient les gradins en prenant deux directions différentes. Harry rejoignit Sirius et Remus qui étaient assis tout en haut.

- Tu as bien discuté, dis donc, fit remarquer Sirius. Mais c'est bien, ça fait plaisir de te voir aussi à l'aise avec tes amis. Même à l'extérieur.

- Ce n'est pas aussi terrible que je le croyais, reconnut Harry. Mais je ne fais pas vraiment attention au regard des autres depuis que je suis arrivé. J'étais trop occupé à parler avec Ron et Hermione puis avec Ginny pour me préoccuper de ceux qui me regardaient.

- Et c'est une très bonne chose. Tu te forges le mental et c'est exactement ce qu'il te faut. Du coup, tu préfères peut-être suivre le match avec tes amis ?

Harry secoua la tête.

- Je ne pourrais pas être avec tous mes amis en même temps vu qu'ils ne sont pas tous du même côté des tribunes. Et je n'ai pas envie de choisir. Et puis je pense que je ne serais pas très à l'aise. Il vaut mieux que je sois avec vous.

- Je pense aussi, approuva Remus. Il ne faut pas trop pousser, ça risque de faire trop, sinon.

Harry acquiesça et s'installa de sorte à être blotti contre le torse de son parrain. Celui-ci l'entoura de ses bras, lui offrant un cocon protecteur qui rassura instantanément Harry. Il n'aurait pas pu se sentir mieux qu'en ce moment-même. Il était bien au chaud, en sécurité, avec son parrain et son directeur de maison et il avait la chance immense de pouvoir suivre le match entre Serdaigle et Serpentard. Peu importe l'issue de celui-ci, Harry allait l'adorer, c'était certain.

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Au même moment, POV Théo

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- Cela devrait être assez simple de battre les Serdaigle mais il faut quand-même se méfier. Ils n'ont pas souvent le souafle, mais dès qu'ils l'ont, ils essaient de marquer et dans neuf cas sur dix, ça se termine en but. La base de ce match, c'est donc d'éviter de leur laisser le souafle. Il va falloir être très défensifs. Évidemment, l'idéal est de marquer le plus possible mais je préfère que vous tentiez de garder le souafle plutôt que vous tentiez de marquer. Tant que vous avez le souafle, les Serdaigle ne pourront pas marquer. Les poursuiveurs, vous savez donc ce que vous avez à faire. Soyez très attentifs, évitez les fautes bêtes et soyez très rigoureux dans vos passes. Il ne faut pas que le souafle soit intercepté au cours d'un échange entre deux d'entre vous. Les batteurs, concentrez-vous sur les poursuiveurs adverses. Plus ils seront harcelés par les cognards, moins ils pourront essayer d'avoir le souafle. Déconcentrez-les un maximum. Miles, comme d'hab, tu fais ton boulot et tu ne relâches pas une seule seconde ton attention. Enfin, Draco, tu vas devoir attendre qu'il y ait un écart assez conséquent entre les deux scores pour tenter d'attraper le vif d'or. On a soixante points de retard sur Gryffondor, cinquante sur Poufsouffle. Ce serait donc bien qu'il y ait un écart de soixante-dix points quand tu t'empareras du vif d'or. Par contre, si on se fait mener ou si l'écart se réduit alors que c'était nous qui menions, fonce et attrape le vif d'or le plus rapidement possible. Est-ce que c'est clair pour tout le monde ? Oui ? Des questions ? Non ? Bien, on se change et on se retrouve sur le terrain !

Tous les membres de l'équipe se levèrent sur ces mots de Graham. Théo suivit le mouvement et alla se changer. Comme d'habitude, il se mit dans un coin à l'abri des regards pour se dévêtir et enfiler sa tenue de Quidditch. Il sortit des vestiaires en même temps que Draco et Blaise. Ce dernier semblait stressé, ce que remarqua vite Théo.

- Ça va, Blaise ? s'enquit-il gentiment.

- J'ai le coeur qui bat à cent mille à l'heure mais sinon ouais, ça va, ironisa Blaise.

- C'est normal que tu stresses mais ça va bien se passer, ne t'inquiète pas, positiva Draco. Tu as fait de nombreux progrès lors des entraînements, cela va se voir durant le match. Et puis tu ne joueras pas de la même manière face aux remplaçants que face aux Serdaigle. Là, tu vas être dans la réalité, dans l'action, tu vas jouer pour gagner et ça aussi, ça va se ressentir dans ta façon de jouer.

Blaise sembla beaucoup plus détendu. Théo ne put retenir un sourire en coin. Draco le remarqua et haussa un sourcil avec toute la grâce qui le caractérisait.

- Qu'est-ce qui t'amuse donc ?

- Toi, répondit Théo. Tu dis que ce ne sera peut-être pas toi le capitaine l'année prochaine mais tu as pourtant ce qu'il faut pour le devenir. Tu as dit ce qu'il fallait à Blaise. Tu sais motiver tes troupes. Et tu seras le plus ancien de l'équipe. Franchement, s'il devait y avoir une campagne pour devenir capitaine, je serais à fond derrière toi. J'écrirais tes discours, Blaise serait le porte-parole et Pansy ferait ta promo. Un vrai travail d'équipe.

- Ooooh mais tu es trop mignon ! s'attendrit Draco. Mais en vrai c'est génial comme idée ! C'est sûr qu'avec vous dans mon équipe de campagne, je serais élu haut la main ! Il faudrait soumettre cette idée au directeur. Faire des élections lorsqu'il faut choisir un nouveau capitaine. Au moins, avec ce système, les élèves auraient leur mot à dire. Parce que c'est quand-même dommage qu'on impose un capitaine aux membres de l'équipe sans qu'ils n'aient leur avis à donner. Après tout, ce sont eux qui sont les principaux concernés. Tout ça n'est pas très démocratique.

- Je suis bien d'accord, approuva Blaise. Vu que d'après toi, Théo, j'aurais une âme de porte-parole, j'irai parler en ton nom de ton idée au directeur.

- Blaise, je plaisantais, lâcha Théo. Il n'y aura jamais d'élections à Poudlard. Ce n'est pas dans l'âme de l'école. On n'a jamais eu le choix de rien et ce n'est pas aujourd'hui que ça va changer. Bon, on y est, alors oublions tout ça et concentrons-nous sur le match.

En effet, Draco, Blaise et Théo venaient d'arriver sur le terrain. Ils n'étaient pas encore au complet mais les personnes qui manquaient ne tardèrent pas à rejoindre ceux qui étaient déjà présents. Dix minutes plus tard, les quatorze joueurs étaient là. Mme Bibine donna le signal et tous s'envolèrent dans les airs. Le souafle fut lancé et habilement attrapé par Graham. La voix de Jordan Lee s'éleva dans les tribunes :

- Et le coup d'envoi est donné avec Montague qui s'empare du souafle !

Théo se rapprocha de Graham qui le vit et lui lança le souafle. Théo avança vers les buts mais fut déstabilisé par un cognard qui dévia sa trajectoire. Il garda cependant le souafle et réussit à faire une passe à Blaise qui lança à Graham qui repassa à Blaise qui transmit à Théo. Durant ces échanges, ils avaient largement regagné du terrain, si bien que Théo se trouvait tout près des buts. Il estima qu'il était néanmoins un peu trop loin et voulut s'appuyer sur un de ses coéquipiers mais ils avaient tous deux été attaqués par un cognard et avaient donc reculé. Théo se retrouvait alors seul et il vit en plus les trois poursuiveurs adverses arriver vers lui. Cela ne servait à rien de tirer, surtout qu'il perdrait forcément la balle et c'était exactement ce qu'il devait éviter. Il s'éloigna donc des buts et essaya de semer les poursuiveurs de Serdaigle qui lui volaient après. Il faillit être pris en sandwich par deux d'entre eux mais il piqua vers le bas, provoquant des cris effrayés dans les gradins. Mais Théo savait ce qu'il faisait et redressa vite son balai.

- Belle esquive de Nott qui a échappé au piège d'Aberline et de Conley qui ont essayé de le prendre en sandwich et qui se sont cognés l'un contre l'autre. Ça fait mal. Nott a retrouvé l'appui de Zabini alors que les Serdaigle sont totalement dispersés sur le terrain.

En effet, Théo s'était rapproché de Blaise à qui il lança le souafle. Complètement désorientés par la feinte de Théo, les Serdaigle mirent du temps à se réorganiser et perdirent de précieuses secondes pendant lesquelles Théo, Blaise et Graham se regroupèrent et retrouvèrent le chemin des buts. Ils se passèrent le souafle plusieurs fois et ce fut Graham qui tira et marqua. Une clameur s'éleva dans les gradins.

- Montague offre le premier but à son équipe ! Dix à zéro en faveur de Serpentard !

Le souafle fut redonné aux Serdaigle qui tentèrent aussitôt de se rapprocher des buts. Mais ils firent face au mur formé par Graham, Blaise et Théo qui les empêchèrent d'avancer. Ce mur fut cependant vite brisé lorsque Blaise se prit un cognard à l'arrière de son balai. Aberline profita du trou dans la défense pour avancer, faisant réagir Graham et Théo qui essayèrent de le ralentir mais qui ne purent l'empêcher de transmettre le souafle à Kirby, le troisième poursuiveur de Serdaigle. Celui-ci voulut passer à Conley mais Graham intercepta le souafle et le lança à Blaise qui était revenu en force et qui passa à Théo. Ce faisant, ils s'étaient acheminés vers les buts et cette fois, ce fut Théo qui lança et marqua.

- Vingt à zéro en faveur de Serpentard ! L'attaque et la défense de cette équipe sont bien rodées et rien ne semble leur faire peur ! Les Serdaigle réussiront-ils à trouver la faille ? On va voir ça tout de suite puisque ce sont eux qui ont le souafle.

Les Serdaigle profitèrent mieux de leur possession que la fois précédente et réussirent à garder la balle tout en grignotant du terrain. Graham, Blaise et Théo faisaient du pressing mais les Serdaigle tenaient bon et ne se laissaient pas intimider. Alors que la situation devenait vraiment dangereuse pour Serpentard, Théo fut visé par un cognard qu'il esquiva mais il ne put échapper au deuxième qui frappa l'arrière de son balai. Il se rattrapa de justesse et vit Graham se faire lui aussi attaquer par un cognard qui faillit le faire tomber de son balai.

- Les poursuiveurs de Serpentard sont en difficulté, Kirby en profite pour filer vers les buts, il passe à Conley qui passe à Aberline qui passe à Conley qui passe à Kirby qui est pile dans la bonne zone pour tirer, il saisit sa chance, il lance et... OH SUPER ARRÊT DE BLETCHLEY QUI PARE AVEC LE BOUT DE SON PIED ! Toujours vingt à zéro en faveur de Serpentard. Ils l'ont échappée belle.

Théo souffla de soulagement. Miles leur avait sauvé la mise. Après s'être fait mener pendant vingt minutes, les Serdaigle avaient lancé une dangereuse offensive et cela se ressentit dans les minutes qui suivirent. Ils avaient repris du poil de la bête et ils se montrèrent plus solides dans leur attaque et dans leur défense. Aberline intercepta une passe entre Graham et Blaise, fila droit vers les buts, tira et marqua sans que Miles ne puisse rien y faire. Le score était désormais de vingt à dix, toujours en faveur de Serpentard. Mais Graham, Blaise et Théo ne se laissèrent pas démonter et enchaînèrent trois buts tandis que les Serdaigle n'en marquèrent aucun.

- Cinquante à dix en faveur de Serpentard ! Le souafle est donné aux Serdaigle, Aberline le garde, essaie de se faufiler entre Nott et Montague mais le bloc est solide, il est obligé de faire demi-tour et trouve Conley sur sa droite. Conley passe à Kirby qui passe à Aberline qui repasse à Kirby mais le souafle est intercepté par Zabini qui passe à Nott qui passe à Montague qui se rapproche des buts, suivi par Nott à qui il passe le souafle, Nott se décale vers la gauche, passe à Zabini qui passe à Montague qui tire ET QUI MARQUE ! Soixante à dix en faveur de Serpentard. Oh mais que vois-je ? Ne serait-ce pas... Mais si, c'est le vif d'or qui vient d'entrer en jeu ! Si Malfoy et Downey l'ont vu, ils n'en montrent rien mais il s'agit sûrement d'une stratégie. Mais revenons-en au souafle qui est entre les mains des Serpentard car les Serdaigle l'avaient mais ils se le sont fait prendre par Nott qui a passé à Montague qui a passé à Zabini qui est actuellement en train de faire le tour du terrain car il a les Serdaigle aux trousses tandis que ses coéquipiers sont attaqués par les cognards. Montague réussit à se mettre hors de portée de ces balles vicieuses et vole au secours de Zabini qui lui passe le souafle.

Tout en écoutant les commentaires de Lee Jordan, Théo essayait de venir à bout du cognard qui le persécutait et qui ne semblait pas vouloir le lâcher. Enfin, c'étaient surtout les batteurs adverses qui s'acharnaient sur lui. Il réussit cependant à se mettre hors de la trajectoire du souafle et rejoignit ses coéquipiers qui étaient tout près des buts. Il arrivait à leur niveau lorsque Graham passa le souafle à Blaise qui tira mais qui rata son but à cause d'une parade du gardien de Serdaigle.

- Joli arrêt de Hale ! Le vif d'or virevolte joyeusement dans les airs mais les deux attrapeurs n'ont toujours pas l'air de s'en préoccuper. Rappelons que Serdaigle et Serpentard ont tous deux perdu leur premier match. Ils ont donc des points à rattraper. L'indifférence de Malfoy et de Downey est donc sûrement une stratégie pour laisser le score monter. Bon, Serdaigle a de nouveau le souafle...

La demie-heure qui suivit fut une véritable lutte acharnée. Le souafle fut autant dans les mains de Serdaigle que dans celles de Serpentard. Les passes interceptées furent la cause principale de cette possession mitigée. Chaque camp encaissa des buts mais Serpentard garda l'avantage. Au bout d'une heure de jeu, le score était de cent dix pour Serpentard contre cinquante pour Serdaigle. Théo était fier de ce que l'équipe de Serpentard faisait mais ce n'était pas assez. Ils devaient marquer davantage de buts. L'écart n'était pas encore assez conséquent pour que Draco puisse songer à attraper le vif d'or. Il fallait absolument que Serpentard creuse l'écart. Graham et Blaise devaient se dire la même chose car ils se montrèrent encore plus agressifs pour s'emparer du souafle. Théo ne fut pas en reste et intercepta de nombreuses fois le souafle lors de transmissions hasardeuses entre les poursuiveurs adverses. Une autre demie-heure passa pendant laquelle Graham, Blaise et Théo marquèrent un but chacun. Dans le même temps, Miles encaissa deux buts mais en para quatre de plus. Le score était désormais de cent quarante à soixante-dix en faveur de Serpentard.

- Serdaigle se fait littéralement dominer par Serpentard même si les tentatives de marquer se font nombreuses chez les bleu et bronze. Oh mais on dirait que ça s'agite, en haut... Mais oui, Malfoy s'est enfin décidé à courser le vif d'or ! C'était donc bel et bien une tactique. Il attendait visiblement qu'il y ait soixante-dix points d'écart en faveur de son équipe pour se mettre à faire son job. C'était bien vu. Le voilà donc parti à la recherche de la balle dorée tandis qu'un peu plus bas, Serdaigle peine à tenir face à Serpentard qui fait un pressing de ouf pour tenter de faire lâcher le souafle à Kirby qui est coincé de toute part et qui n'a pas d'autre choix que d'essayer de transmettre la balle à un coéquipier. La passe manque cruellement de précision et c'est habilement rattrapé par Zabini qui ne perd pas une seule seconde et qui file vers les buts adverses, talonné de près par Nott à qui il passe le souafle. Nott se rapproche davantage des buts et repasse à Zabini qui manque de se faire désarçonner par un cognard et qui perd le souafle. Nott plonge pour le récupérer sans se soucier du cognard qui fusait droit vers lui et qu'il esquive à deux millimètres près. Ce garçon n'a aucune notion du danger. Tout le public a retenu son souffle. C'est bon, vous pouvez respirer, ce kamikaze va bien. Montague, qui était lui aussi aux prises avec un cognard, est revenu dans la course et vient prêter main forte à ses coéquipiers qui se sont faits rejoindre par les poursuiveurs adverses. Nott passe à Montague qui passe à Zabini qui repasse à Montague qui se décale à droite et qui passe à Nott qui tire ET QUI MARQUE ! Cent cinquante à soixante-dix en faveur de Serpentard. Pendant que les vert et argent creusent l'écart, Malfoy et Downey sont au coude-à-coude avec le vif d'or. Ils ne se font pas de cadeaux et n'hésitent pas à se bousculer pour avoir le champ libre. Malfoy a une légère avance sur Downey et tente une accélération en espérant ne pas effrayer le vif d'or... Mais la balle dorée n'apprécie pas du tout ce brusque accès de vitesse et change brutalement de direction. Tout le monde l'a perdue de vue. Tout le monde ? Apparemment non puisque Malfoy vient de faire une embardée sur la droite, comme s'il avait aperçu le vif d'or. C'est ce qu'il a sûrement voulu faire croire à Downey qui n'est pas dupe et qui n'a pas suivi le mouvement. Et il a eu raison puisque le vif d'or revient vers lui ! Il a un boulevard devant lui puisque Malfoy est à des kilomètres de là suite à sa feinte ratée ! Ooooh joli coup de Crabbe qui a envoyé un cognard droit sur Downey pour le déstabiliser ! Et ça marche puisqu'il s'éloigne du vif d'or. Malfoy, qui a compris son erreur, profite de la diversion opérée sur Downey pour se lancer à la poursuite du vif d'or. Pendant ce temps, en bas, il ne s'est pas passé grand-chose, le score n'a pas bougé, il est toujours de cent cinquante à soixante-dix en faveur de Serpentard...

Durant ce long commentaire de Lee Jordan, Théo avait été attaqué trois fois par un cognard sans que Crabbe et Goyle ne lui viennent en aide. Il avait cru comprendre que Crabbe avait dû secourir Draco en s'occupant de l'attrapeur adverse mais Goyle, lui, était totalement libre... Heureusement, Théo s'en était sorti à chaque fois mais il n'avait pas pu prêter main forte à Graham et Blaise qui en auraient pourtant eu besoin. Il rejoignit ses deux coéquipiers qui essayaient d'empêcher Aberline de passer entre eux avec le souafle. Théo vint en renfort mais Blaise et lui furent de nouveau ciblés par des cognards. Graham se retrouva seul pour défendre, ce ne fut pas suffisant, Aberline le dépassa, passa à Kirby qui s'était déporté sur la droite pour passer à Conley qui tira et qui marqua sous les yeux d'un Théo impuissant.

- Conley réduit le score ! Cent cinquante à quatre-vingt en faveur de Serpentard.

Le souafle fut redonné à Graham qui passa à Blaise qui passa à Théo. Un cognard vint frapper le balai de Kirby, ce qui laissa un trou dans la défense dont profita Théo pour se rapprocher des buts. Il fut imité par Graham et Blaise qui laissèrent derrière eux une défense bleu et bronze complètement démobilisée. Plusieurs passes furent échangées entre Théo, Blaise et Graham et ce fut Théo qui tira et qui marqua.

- Et voilà une nouvelle séquence de réussite collective ! Nott a profité d'une faille et a marqué. Cent soixante à quatre-vingt en faveur de Serpentard. Ça va être dur pour Serdaigle de remonter. Surtout avec une défense à la ramasse... Toujours pas de vif d'or attrapé puisqu'il a échappé à Malfoy qui était sur le point de s'en emparer. Ooooh mais on dirait qu'il vient de le retrouver ! Cette fois c'est Downey qui est à des kilomètres de là. Malfoy a bel et bien vu le vif d'or, il s'élance vers lui, il le poursuit, il accélère, il vire à gauche, à droite, il monte en piqué, il accélère encore, il tend le bras et... IL ATTRAPE LE VIF D'OR ! SERPENTARD GAGNE LE MATCH AVEC TROIS CENT DIX POINTS CONTRE QUATRE-VINGT POUR SERDAIGLE !

Théo sentit le soulagement l'envahir. Il était épuisé mais heureux. Le match avait été intense et les batteurs avaient très bien défendu leurs équipes respectives. Théo redescendit lentement et atterrit en douceur sur le sol. À peine eut-il rejoint la terre ferme qu'un boulet de canon fusa vers lui. Il eut tout juste le temps de se préparer à l'impact avant de se retrouver pris dans une étreinte qui lui coupa le souffle. Il sourit en voyant une masse de cheveux noirs qui lui arrivaient juste en-dessous du nez. Il serra ses bras autour de Harry et le sentit trembler contre lui. Il comprit alors que le Gryffondor avait eu peur pendant le match. Il s'en voulut aussitôt de l'avoir effrayé alors qu'il était fragile, aussi bien physiquement que psychologiquement parlant. Il n'osait pas imaginer la peur panique qu'avait eue Harry en le voyant piquer vers le bas et être harcelé par les cognards sans que Crabbe et Goyle ne cherchent à le défendre. Théo s'empressa de le rassurer en lui caressant le dos et en lui parlant tout bas. Au bout de longues minutes, Harry cessa presque entièrement de trembler. Il se détacha de Théo et le regarda avec un air inquiet.

- Tu vas bien ?

- Mais oui, je suis en un seul morceau et je n'ai mal nulle part, répondit Théo en souriant.

Harry le sonda comme s'il cherchait la moindre trace de mensonge dans ses yeux. Théo fut ému de voir à quel point Harry s'angoissait pour lui. Mais ce qu'il vit dans le regard de Théo dut le rassurer car il finit par sourire lui aussi.

- Bon, tant mieux. J'ai vraiment eu peur. Je n'ai même plus voulu regarder à un moment. Je me suis caché le visage contre mon parrain pour ne plus voir le terrain.

Théo ne put s'empêcher d'être attendri en imaginant la scène. C'était beaucoup trop mignon.

- Mais tu as été extra, reprit Harry, les yeux brillants. Tu as marqué près de la moitié des buts, c'est hallucinant ! Tu n'as pas lâché une seule fois le souafle, même quand la situation était critique. Tu es trop fort. Mais vous avez tous été super. Vous avez largement mérité votre victoire. Bon, je ne vais pas te retenir plus longtemps, tu as sûrement envie d'aller prendre une bonne douche bien chaude... En plus, il faut que j'aille voir Draco. Je ne peux pas rentrer au château sans l'avoir félicité.

- Ça va lui faire très plaisir, assura Théo. Tu dois rentrer à quelle heure au château ?

- Mon parrain m'a laissé une demie-heure. Je m'attendais à ce qu'il veuille qu'on rentre directement après le match donc je suis agréablement surpris. Bon, j'y vais avant que Draco ne me passe sous le nez. Tu viendras me voir chez le professeur Snape dans le courant de la semaine prochaine ?

- Oui, ce sera sûrement mercredi, je pense. Tu voudras que je vienne avec Draco ou tu préfères nous voir séparément ?

- L'un et l'autre à la fois, pouffa Harry. C'était super agréable le jour où on a travaillé tous les trois ensemble. Mais j'aime bien aussi passer quelques heures rien qu'avec l'un ou l'autre. Mais vu que je voudrais voir aussi Ron, Hermione et peut-être Ginny, il vaudrait peut-être mieux que je vous vois ensemble. Il ne reste qu'une semaine avant que je ne retourne en cours, ce ne sera pas suffisant pour que je vous vois tous séparément.

- D'accord, il faudra que tu vois ça avec le professeur Snape. Il y a juste le mardi où Draco et moi ne serons pas libres étant donné que nous avons un entraînement de Quidditch.

- Mais c'est un tortionnaire, votre capitaine ! s'indigna Harry, outré. Vous imposer un entraînement le surlendemain du match...

- Ne t'inquiète pas, on sera remis d'aplomb, promit Théo. Hier, on a eu un entraînement très corsé et Graham nous a donnés des potions très efficaces contre les courbatures. J'en avais ce matin en me levant mais j'ai pris les potions de Graham au petit-déjeuner et au déjeuner et les courbatures sont presque complètement passées. Ce sera pareil pour mardi, surtout qu'on aura eu une journée entière pour récupérer. Et je te rassure tout de suite, ce sont des potions légales, précisa Théo en voyant l'air inquiet de Harry.

Ce dernier se détendit aussitôt.

- Tu ne croyais quand-même pas que j'aurais accepté de prendre des potions qui sont interdites à la consommation ? se moqua Théo.

- Non, bien sûr, excuse-moi, ma réaction était idiote, je sais bien que tu n'es pas du genre à toucher à des potions comme ça. Zut, Draco se dirige vers les vestiaires, je vais le rattraper, à plus tard !

Harry s'en alla et courut rejoindre Draco sous le regard amusé de Théo. Il vit ses deux amis parler et se mettre un peu à l'écart. Se rappelant qu'il voulait prendre une bonne douche, Théo se rendit aux vestiaires tandis que certains de ses coéquipiers en sortaient déjà. Il se débarrassa de sa tenue et se plaça sous le jet d'eau chaude. Il profita un peu de sa douche pour se délasser mais n'y resta pas non plus trois heures. Il mit cependant du temps à s'habiller. Au lieu de le requinquer, la douche l'avait assommé. Il était fourbu et épuisé. Il subissait le contre-coup du match et c'était très violent. Surtout qu'il y avait mis toute son âme, toute sa foi et toute son énergie. Lorsqu'il quitta les vestiaires, il ne fut donc pas étonné de voir Draco sortir en même temps que lui alors qu'il y était entré après lui.

- Tu ne sors que maintenant ? s'étonna Draco.

- Oui, j'ai eu un coup de fatigue après m'être lavé, je n'étais pas très efficace.

- Tu devrais vite rentrer te reposer, alors. Tu as fait un sacré match, c'est normal que tu sois épuisé. Mais c'est rare que tu sois le dernier à sortir. À part nous deux, il n'y a plus personne. D'ailleurs il y en a un qui aurait pu nous attendre...

- Je pense qu'il est allé célébrer notre victoire avec sa dulcinée, s'amusa Théo.

- Il a de la chance d'en avoir une, maugréa Draco.

Théo haussa les sourcils.

- Tu es jaloux ?

- Non, mais j'aimerais bien avoir un petit-ami, moi aussi. Oh, voilà ton binôme qui arrive...

Théo tourna la tête et vit en effet Justin qui se dirigeait vers eux.

- Je vais vous laisser, je dois aller à l'infirmerie. Cet idiot de Downey m'a démonté l'épaule en me bousculant lorsqu'on était au coude-à-coude. J'irais bien voir Severus mais Harry m'a dit qu'il devait le voir en rentrant car Severus veut savoir comment il se sent après le match. Et puis pour des bobos comme ça, mieux vaut aller à l'infirmerie. C'est typiquement ce qu'elle a l'habitude de soigner. Bon, j'y vais. À plus tard.

Draco s'en alla, laissant seul Théo qui fut vite rejoint par Justin.

- Y a du monde dans les vestiaires ? s'enquit celui-ci.

- Non, Draco et moi sommes les derniers à en être sortis.

- Super.

Théo voulut demander à Justin pourquoi il lui posait cette question mais son binôme ne lui en laissa pas le temps et l'entraîna dans les vestiaires. Une fois à l'intérieur, Justin le poussa contre la porte et s'empara de ses lèvres. Théo ne songea pas à protester et profita du baiser que lui offrait Justin. Ils s'embrassèrent pendant de longues minutes avant de devoir se séparer afin de reprendre leur souffle. Théo put alors enfin s'exprimer :

- Tu étais si pressé que ça de retrouver le goût de mes lèvres ?

- Disons qu'on avait un endroit parfait pour s'embrasser sans être dérangés, alors je me suis dit qu'il valait mieux en profiter... Ça nous évite de devoir rentrer au château.

- Mais tu devais être quand-même bien pressé pour être venu me voir jusqu'ici.

- C'est un reproche ?

- Non, mais je doute que tu serais venu me chercher comme ça pour une séance de travail...

Justin regarda Théo avec un air surpris.

- Tu crois encore qu'il n'y a que ça qui m'intéresse ?!

- C'est difficile de penser le contraire. Tu viens, tu ne me dis même pas bonjour, tu m'entraînes dans les vestiaires et tu m'embrasses direct...

- Je ne voulais pas que tu le prennes comme ça, dit doucement Justin. Mais on en a déjà parlé. Tu sais bien que je ne peux pas t'offrir plus pour le moment.

Le coeur de Théo se serra. Oui, il le savait, mais ce n'était pas plus facile pour autant à supporter. Mais il ne dit rien, ne voulant pas plomber l'ambiance en faisant les rabats-joie.

- Oublie ce que j'ai dit, suggéra Théo en souriant. Je veux bien que tu m'embrasses à nouveau.

- Il faudrait savoir, se moqua Justin.

- C'est tout ce à quoi j'ai le droit pour l'instant, alors j'en profite.

- Tu as bien raison.

Justin posa une nouvelle fois ses lèvres sur celles de Théo. Le baiser fut plus long mais aussi plus tendre. C'était ça que préférait Théo et il poussa un soupir de bien-être lorsque Justin se pressa tout contre lui. Théo sentait que son binôme voulait qu'ils soient le plus proches possible l'un de l'autre mais il sentait également qu'il se retenait. Ses mains étaient posées dans son dos et ne bougeaient pas alors que d'habitude, elles voyageaient un peu partout. Cela manquait beaucoup à Théo qui avait l'habitude des caresses de Justin le long de son dos. Il se pressa davantage contre son binôme qui se crispa. Théo le remarqua et rompit le baiser.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il, inquiet. J'ai fait quelque chose qui ne fallait pas ?

- Non, c'est juste que... il faut que tu évites de faire ça. Je me retiens pour ne pas te brusquer mais je ne suis pas un surhomme, plaisanta Justin.

- Oh... Mais j'aime te sentir contre moi, dit Théo avec une moue déçue.

- Moi aussi et c'est justement ça le problème, se désola Justin. Mais bon, je ne veux pas te frustrer alors je vais faire de mon mieux pour me retenir. Reprenons là où nous nous étions arrêtés.

Théo acquiesça et scella de lui-même ses lèvres avec celles de Justin. Ce dernier prit cependant vite les rênes du baiser et quémanda l'accès à la bouche de Théo qui le lui accorda volontiers. Très vite, leurs langues se trouvèrent tandis que Justin reprit ses caresses habituelles dans le dos de Théo qui frissonna de plaisir. Même s'il rêvait d'une relation qui ne se résumait pas à de simples séances de bécotage, Théo ne se lassait pas des baisers de Justin. Il se sentait en confiance lorsqu'il laissait son binôme investir sa bouche en long, en large et en travers. Il ne se serait jamais laissé embrasser de la sorte par n'importe qui d'autre. Il trouvait cela extrêmement intime et il ne s'imaginait absolument pas échanger ce genre de baisers avec une autre personne. De toute façon, il n'y avait que Justin qui comptait pour lui. Lui et personne d'autre. Il l'aimait et il ne désespérait pas vivre un jour une vraie histoire d'amour avec lui. Il chassa néanmoins ces pensées de son esprit et se concentra sur le baiser qu'il partageait avec le garçon qui faisait battre son coeur. Ils continuèrent à s'embrasser pendant un long moment et ils en oublièrent complètement le temps. Justin finit tout de même par séparer leurs lèvres, ce qui fit grogner Théo. Le Poufsouffle se mit à rire.

- J'aurais bien voulu continuer aussi pendant des heures mais il ne faudrait pas qu'on sorte de là avec les lèvres gercées, fit sagement remarquer Justin. Ce n'est pas comme ça que j'imagine ma rupture avec Emily. Je veux lui dire les choses de moi-même. Je ne veux pas qu'elle s'en rende compte d'une manière ou d'une autre.

- Je comprends, affirma Théo. Je ne savais pas qu'on pouvait avoir les lèvres gercées à force de trop s'embrasser. Je pensais qu'il n'y avait que le froid qui pouvait faire ça. Tu m'apprends quelque chose. Je suis tellement ignare... Tu as tellement plus d'expérience... Je me demande vraiment ce que tu me trouves. Je suis nul. Je n'y connais rien. Je n'avais jamais embrassé qui que ce soit avant toi. Tu dois tout m'apprendre. Et je sens bien que tu aimerais aller plus loin, même si je ne sais pas exactement ce que tu voudrais faire... Parce qu'encore une fois, je n'y connais rien. Je suis vraiment désolant.

- Non, ne dis pas ça, répliqua Justin. J'ignore ce qui s'est passé dans ta vie jusque-là mais j'ai bien compris qu'elle n'a pas été rose tous les jours. Tu n'as aucune confiance en toi et je sais que c'est à cause de ton père. Je pense avoir deviné quel genre de père tu as et si je l'avais en face de moi, je ne suis pas sûr que j'arriverais à me retenir de le frapper pour tout ce qu'il a bien pu te faire. Même si je ne sais pas précisément ce qu'il t'a fait.

Théo sentit les larmes lui venir aux yeux en entendant les mots de Justin. Il était ému par le désir de son binôme de le défendre avec autant de ferveur. Il se rendit alors compte que le procès avait lieu cinq semaines plus tard et qu'il n'en avait toujours pas touché mot à Justin. Il ne savait pas pourquoi mais il se sentit soudain prêt à lui dire la vérité. Sans entrer dans les détails, bien sûr. Il voulait juste que Justin sache qu'il allait y avoir un procès et pourquoi.

- Je pense qu'il est temps que tu saches ce que je te cache depuis qu'on a sympathisé.

- Tu n'es pas obligé...

- Je sais mais j'y tiens, insista Théo. Depuis mes trois ans, mon père me faisait subir toutes sortes de maltraitances. Gifles, coups de pied, coups de ceinture, sorts, Doloris... Tout y passait. Il m'affamait et il me prenait pour son elfe de maison. Il usait aussi de violences verbales qui étaient destinées à me rabaisser et à me faire sentir comme un moins que rien. Je n'en avais jamais parlé jusqu'à cet été. Ce serait trop long à expliquer mais le professeur Snape s'est retrouvé à devoir s'occuper de moi et il m'a poussé à me confier. Depuis, il est un peu devenu mon médicomage attitré. Il m'a convaincu de porter plainte contre mon père, ce que j'ai fait il y a trois mois et demi et le procès doit avoir lieu le mercredi six mars à quatorze heures. Quand je t'en ai parlé, tu pensais sûrement que c'était le procès pour le passé de Mangemort de mon père et il va effectivement être jugé pour ça mais il devra aussi répondre de ses actes concernant les accusations que j'ai portées contre lui.

Théo termina ses explications sur ces mots. Justin semblait soufflé.

- Je comprends mieux pourquoi tu as besoin d'un avocat... Je pensais que tu devais être présent au procès de ton père parce que tu avais souffert de son passé de Mangemort et parce qu'il voulait te forcer à rejoindre les rangs de Tu-Sais-Qui mais je ne pensais pas qu'il y avait une autre raison... Je me doutais pourtant bien que ton père te maltraitait mais j'étais loin de m'imaginer que c'était à ce point... C'est normal que tu étais autant stressé à l'idée de rencontrer ton avocat. J'avais essayé de te rassurer mais j'ignorais que tu allais devoir parler de tes maltraitances à ton avocat... Car j'imagine que c'est ce que tu as dû faire.

- Oui, j'ai dû tout lui raconter dans les détails. Ça n'a pas été facile mais c'était nécessaire.

Théo hésita quelques secondes avant d'ajouter :

- Ça me soulage que tu sois au courant, maintenant. J'aurais dû t'en parler plus tôt mais je n'étais pas encore prêt.

- Ça me touche que tu me fasses autant confiance au point de me parler de ton enfance difficile, dit Justin d'un ton sincère. Je m'en veux encore plus de te faire tourner en bourrique concernant notre relation quand je vois à quel point tu me fais confiance... Mais j'ai prévu de parler à Emily dans le courant de la semaine prochaine. Vendredi, ce serait bien. Ça lui laisserait le week-end pour digérer et pour s'en remettre.

- Ça me paraît raisonnable, approuva Théo. Mais je n'ai pas mon avis à donner. C'est toi qui décide.

- C'est pour nous que je vais quitter Emily alors je pense que si, tu as ton mot à dire. Et vu que tu es d'accord, c'est décidé, je parlerai à Emily vendredi soir après les cours. Bon, je crois que nos lèvres se sont assez reposées.

- Je crois aussi, renchérit Théo en souriant.

Il n'en fallut pas plus à Justin pour s'emparer une nouvelle fois des lèvres de Théo. Ils se remirent à s'embrasser avec toujours autant de passion et de tendresse. Théo oublia presque qu'ils se trouvaient dans les vestiaires de Quidditch. Il était avec Justin et c'était ça le plus important.

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(lundi 29/01) POV Remus

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- Bon sang quelle journée...

Ce fut sur ces mots que Sirius entra dans le salon où se trouvait déjà Remus.

- Tes élèves t'ont mené la vie dure ?

- Entre autres. Ils n'étaient pas concentrés et ça s'est ressenti lors de la pratique. C'était surtout le cas chez les première et deuxième année. Ils passaient leur temps à bavarder au lieu de travailler et ils se plaignaient de ne pas savoir quoi faire lorsqu'il fallait passer à la pratique... S'ils m'avaient écouté, ils auraient su. Ah les gosses, j'te jure...

- Ils peuvent être vraiment insupportables, hein ? Mais tu es juste en train de subir ce que James et toi faisiez vivre aux professeurs lorsque vous étiez élèves, se moqua Remus. Tu comprends mieux maintenant pourquoi ils étaient autant agacés lorsque vous demandiez sans cesse ce qu'il fallait faire alors qu'ils l'avaient expliqué dix minutes plus tôt.

- Hé, tu es censé me soutenir et me défendre, bouda Sirius. Je suis ton collègue, je te rappelle. Et ton plus vieil ami.

- Et ton colocataire et ton amant, compléta Remus, amusé. Tant qu'on y est, autant faire la liste en entier.

Sirius lui adressa un regard noir.

- T'es pas gentil de te moquer de moi. Si c'est comme ça, je ne te parlerai plus de mes journées.

- Oh tu boudes, c'est trop mignon...

Sirius lui tira la langue en guise de réponse avant de prendre sa mallette qu'il avait posée au pied de la table. Remus le regarda sortir sa plume, son encrier ainsi qu'une grosse pile de parchemins. Enfin, ce n'étaient pas vraiment ses gestes qu'il regarda mais plutôt son visage. Il ne pouvait s'empêcher de trouver Sirius désirable à souhait avec ses sourcils légèrement froncés et son air concentré. Mais il ne devait pas penser à ça. Sirius avait visiblement décidé de travailler, les galipettes seraient donc pour plus tard. En plus, Remus lui-même avait des devoirs à corriger. C'était d'ailleurs ce qu'il était en train de faire avant que Sirius n'arrive. Il se remit alors au travail et fit de son mieux pour ne pas faire attention au fait que l'homme le plus désirable au monde se trouvait en face de lui. Ses efforts furent vains puisque ses pensées restèrent tournées vers Sirius et son corps de rêve. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait d'un coup à ne penser qu'à ça mais il se maudit pour cela. Il avait l'impression de n'être qu'une bête et... Oh Merlin. Comment n'avait-il pas pu faire le rapprochement plus tôt ? Ça lui paraissait tellement évident, maintenant... La pleine lune ayant lieu six jours plus tard, c'était tout à fait normal que sa libido se rappelle brusquement à lui. Déjà, sa nature de loup-garou lui conférait une libido un peu plus exacerbée que la moyenne mais elle l'était cent fois plus durant la semaine qui précédait la pleine lune. Seulement, d'habitude, c'était différent. Lorsqu'il sortait avec quelqu'un, à l'approche de la pleine lune, il avait toujours cette augmentation de sa libido mais elle n'était pas spécialement portée vers la personne avec qui il sortait. Il pouvait avoir du désir envers n'importe qui. Bon, il avait quand-même ses limites mais il pouvait être très facilement excité si un homme le draguait. Il n'avait pour autant jamais été infidèle envers aucune de ses conquêtes. Et c'était plutôt un exploit tellement sa libido était difficilement contrôlable durant les derniers quartiers de la lune. Mais là, avec Sirius, c'était différent. Il n'avait envie que de lui. Il n'avait pas besoin d'être dragué par qui que ce soit pour savoir que cela ne lui ferait ni chaud ni froid. Et cela l'effrayait. Pourquoi n'était-ce pas comme d'habitude ? Pourquoi n'était-il attiré que par Sirius alors qu'il était pile dans la semaine précédant la pleine lune ? Ce n'était pas normal. Pas normal du tout. Il sentait qu'il y avait une explication derrière tout cela mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Agacé, il soupira. Ce qui n'échappa pas à Sirius qui leva les yeux de ses parchemins.

- Un problème ? s'inquiéta-t-il.

- Non, non, répondit Remus en s'efforçant de sourire. C'est juste que je n'arrive pas à me concentrer et ça m'énerve.

Sirius le regarda attentivement pendant quelques secondes avant de se lever et se placer derrière lui. Remus frémit lorsqu'un souffle chaud vint lui caresser l'oreille.

- Tu as peut-être du mal à te concentrer parce qu'il y a des choses bien plus intéressantes à faire que corriger des devoirs qui rabâchent tous la même chose...

Comme pour appuyer ces paroles, deux mains vinrent s'infiltrer sous la chemise de Remus.

- Sirius...

- Quoi ?

- Ce n'est pas raisonnable.

- Pourquoi ?

- Parce que c'est bientôt l'heure du dîner et qu'on doit se rendre à la Grande Salle.

- On a encore une heure devant nous. C'est largement suffisant pour faire quelques petites choses.

Remus voulut protester mais sa volonté s'envola d'un coup lorsque la bouche de Sirius se posa dans son cou. N'y tenant plus, il se leva, se retourna et s'empara brusquement des lèvres de Sirius pour lui donner un baiser urgent et avide. Son amant ne s'en plaignit absolument pas et s'empressa même de répondre au baiser. Ayant besoin d'une surface plane au plus vite, Remus fit reculer Sirius jusqu'au canapé sur lequel il le fit tomber. Là non plus, Sirius ne protesta pas et laissa Remus le surplomber Ce dernier en profita pour s'allonger sur Sirius et entreprendre de lui enlever sa chemise. Tâche qui se révéla assez compliquée à cause des doigts de Remus rendus tremblants par l'excitation. Si bien que Sirius dut finir par l'enlever lui-même.

- Je ne voudrais pas que tu me l'arraches, pouffa-t-il.

Remus rougit car l'idée lui avait effectivement traversé l'esprit. Ça non plus, ça ne lui ressemblait pas. Il fallait qu'il se calme.

- Ce serait bête que tu arraches aussi la tienne, reprit Sirius. Je vais m'en occuper.

Remus acquiesça et laissa Sirius le débarrasser de sa chemise. Une fois ceci fait, Sirius se rallongea et attira Remus vers lui. Ils ondulèrent lentement l'un contre l'autre et gémirent de concert. Remus, qui était en érection depuis qu'il avait commencé à avoir envie de Sirius, sentit son membre durcir davantage dans son pantalon. Celui de Sirius, qui était encore au repos quelques minutes plus tôt, ne tarda pas à s'éveiller, comme le remarqua Remus. Il fut stupéfait de la rapidité avec laquelle Sirius avait réagi. Il ne mettait jamais bien longtemps en temps normal mais là, ça avait vraiment été très rapide. Il avait l'impression que son propre désir avait un impact sur celui de Sirius. Cela le troubla mais il chassa ces pensées de son esprit et se concentra sur le baiser qu'il était en train de partager avec Sirius alors qu'ils continuaient leurs mouvements de frictions. Ils se sentirent bientôt beaucoup trop à l'étroit et se délestèrent de leurs pantalons qu'ils jetèrent négligemment par terre. D'habitude, Remus avait horreur de faire ça. Là, il s'en fichait complètement. Rien n'était décidément normal ce jour-là. Il ne fit pas attention à ce détail et se recoucha sur Sirius. Leurs membres se touchèrent de façon plus directe à travers leurs caleçons, ce qui les fit gémir plus fort qu'avant. Remus se remit à bouger contre Sirius qui sembla beaucoup apprécier le traitement. Il aurait sûrement pu se contenter de ça mais Remus, lui, avait envie de bien plus que ça. Il savait qu'il devait se retenir mais le corps de Sirius l'appelait. S'il ne pouvait pas aller au bout de son envie pour l'instant, il voulait au moins sentir Sirius sans aucune barrière de tissu entre eux. Il délaissa à contrecoeur les lèvres de Sirius et plongea son regard dans les orbes grises de son amant.

- Est-ce que je peux tout enlever ? demanda Remus.

- Je n'attends que ça, répondit Sirius d'une voix rauque de désir.

Remus ne se le fit pas dire deux fois et retira son caleçon ainsi que celui de Sirius. Ils gémirent de nouveau lorsque leurs sexes entrèrent en contact. Poussé par le désir ardent qui lui brûlait les reins, Remus ne perdit pas une seconde et se frotta avec énergie contre Sirius qui accompagna très vite ses mouvements. Leurs gémissements devinrent rapidement beaucoup plus bruyants tandis que leurs souffles se faisaient plus erratiques. Si Remus croyait peu de temps auparavant que Sirius se serait contenté de frottements à travers leurs caleçons, il lui prouva le contraire en bougeant de façon de plus en plus anarchique, comme si le rythme n'était jamais suffisant pour lui. Voir Sirius se laisser complètement dominer par son désir fragilisa considérablement la résistance de Remus. Mais Sirius lui donna le coup de grâce lorsqu'il ouvrit inconsciemment les jambes. La raison déserta Remus qui ne put se retenir et qui dirigea sa main droite vers les fesses de son amant. Il eut tout juste le temps de presser un doigt contre l'anneau de chair tant convoité que Sirius se tendit et jouit brusquement entre eux. Le violent mouvement de friction involontaire que fit Sirius en se cambrant fit également jouir Remus qui ne s'y attendait pas et qui fut pris par surprise par son propre orgasme. Il fut sonné par la puissance de celui-ci, si bien qu'il resta un long moment sans bouger. Il avait l'impression que son cerveau s'était complètement déconnecté de la réalité. Lorsqu'il revint totalement à lui, il tomba sur le regard de Sirius qui était rivé vers le plafond. Il ne semblait pas s'être encore vraiment remis de son orgasme, ce qui inquiéta un peu Remus. Il savait qu'il était trop loin et il s'en voulait pour ça. Une semaine et demie plus tôt, Remus avait tenté d'initier Sirius qui lui avait dit qu'il ne se sentait pas prêt à franchir ce pas. Remus aurait dû s'en souvenir au lieu de céder bêtement à ses pulsions. Heureusement, Sirius ne s'était pas rendu compte de ce qu'il avait failli faire puisqu'il avait joui au même moment. Remus pouvait s'estimer chanceux. Il venait de se faire cette pensée lorsque Sirius tourna le regard vers lui. Il avait visiblement enfin repris ses esprits.

- Désolé, je crois que j'étais parti loin, dit-il, l'air gêné.

- C'est ce que j'ai cru comprendre, s'amusa Remus. Tu étais très en forme, aujourd'hui. Ça doit être pour ça que tu as eu un orgasme aussi puissant.

La gêne de Sirius sembla s'intensifier.

- Non, il n'y a pas que ça. Il y a autre chose. Ce que tu m'as fait, avec ton doigt... ça a eu raison de moi. La sensation m'a complètement électrisé et m'a fait jouir sur le coup. Je ne sais pas pourquoi. Je ne pensais pourtant pas être prêt pour ça mais là... ça m'a énormément plu. Mais c'était vraiment bizarre, aujourd'hui. Je n'avais jamais été autant excité et je n'avais jamais réagi aussi vite. Et puis, d'habitude, j'essaie toujours de dominer un peu, même si tu finis par gagner à chaque fois... Là je me suis totalement laissé faire. J'ignore ce qui s'est passé. C'est vraiment étrange.

Remus se mordit la lèvre, hésitant. Lui avait clairement une idée sur la question et il savait que ça ne devait pas se reproduire. S'ils n'avaient pas été aussi proches de l'orgasme, Remus serait allé au bout de son geste et il aurait pu faire mal à Sirius. Il n'avait pris aucune précaution. Il s'était laissé guider par ses pulsions, par son instinct et c'était tout ce qu'il avait toujours voulu éviter. Cela ne lui était jamais arrivé avant puisqu'il n'avait jamais ressenti un désir aussi intense envers aucune de ses anciennes conquêtes. Il avait toujours su se contrôler. Là, il n'avait pas réussi. Sa nature avait pris le dessus. Il devait faire en sorte que cela n'arrive plus jamais.

- Sirius, tu n'y es pour rien. C'est moi. Mon autre.

Sirius fixa Remus, l'air de ne pas comprendre ce qu'il voulait dire par-là. Remus décida alors d'être plus direct :

- La pleine lune a lieu dans six jours et j'ai toujours un gros regain de libido durant la semaine qui la précède. D'habitude, j'arrive à me maîtriser mais là, j'ignore pourquoi mais je n'ai pas pu me retenir. Je suis vraiment désolé. Avant même que tu ne viennes derrière moi quand on était encore à table, je savais que j'avais envie de toi en grande partie à cause de la pleine lune qui approchait. J'aurais dû être raisonnable et te repousser. Mais je ne l'ai pas fait. Car ma nature avait déjà pris le pas sur ma raison. Il ne faut pas que ça recommence. C'est pourquoi je vais essayer de voir avec Dumbledore si je peux avoir d'autres appartements durant la semaine qui précède la pleine lune. Crois-moi, ça ne me plaît pas de devoir faire ça mais ça vaut mieux ainsi.

Sirius sembla à moitié choqué.

- Attends, t'es en train de me dire qu'on va devoir être séparés l'un de l'autre une semaine par mois ?!

- On n'a pas vraiment le choix...

- Mais ça va être trop long ! Beaucoup trop long ! Une semaine, Remus ! Une semaine ! Est-ce que tu peux me dire à quand remonte la dernière fois où on a été séparés aussi longtemps ?

Remus sentit sa gorge se serrer.

- Plus d'un an, murmura-t-il.

- Exactement. Tu as emménagé au Square vers la mi-janvier de l'année dernière, c'était il y a un an et depuis, on ne s'est pas quittés une seule journée. Et là tu veux qu'on reste séparés pendant toute une semaine, en se croisant juste dans les couloirs ? Tu crois vraiment qu'on va réussir à tenir comme ça ?

- Il va bien falloir, répondit Remus d'une voix qu'il voulut ferme. De toute façon, ce sera un mal pour un bien. Est-ce que tu trouves ça normal qu'on soit devenus autant dépendants l'un de l'autre ? Est-ce que tu trouves ça normal que l'idée de passer ne serait-ce qu'une journée sans se voir nous effraie à ce point ? Il faut qu'on réapprenne à se détacher l'un de l'autre.

- Mais on a passé douze ans sans se voir, Remus. C'est normal qu'on ait besoin de se voir tous les jours !

- Mais non justement, ce n'est pas normal ! Comment tu peux trouver ça normal qu'on ne puisse pas supporter de passer vingt-quatre heures sans se voir ?! Comment tu peux trouver ça normal d'être autant accro l'un à l'autre ? Je veux bien qu'on ait beaucoup de temps à rattraper mais ça ne doit pas nous empêcher de vivre notre vie chacun de notre côté. Non pas que j'en ai vraiment envie, ce serait même le contraire mais c'est pourtant ce qu'on devrait faire. Déjà, à la rentrée, quand on a appris que le Choixpeau avait décidé de nous mettre ensemble dans les mêmes appartements, ça t'avait soulagé car tu estimais que ça aurait été trop brusque de se retrouver tout seuls d'un coup. Moi, ça ne m'avait pas arrangé car je sentais déjà qu'il fallait mettre de la distance entre nous. Mais tu m'as convaincu que c'était mieux qu'on continue à habiter ensemble et c'est ce qu'on a fait. Je pense que c'était une erreur. Ça n'a fait qu'accroître notre dépendance. Crois-moi, Sirius. Il vaut mieux y remédier.

Sirius parut tiraillé entre sa raison et son envie d'insister. Il finit par choisir la première option :

- Tu as raison, admit-il. Ça ne peut pas continuer comme ça. Mais je trouve ça bête que tu prennes cette décision après une relation intime un peu trop énergique...

- C'est justement pour éviter que ça ne se reproduise que j'ai pris cette décision. Je ne veux pas te prendre ta première fois à l'approche de la pleine lune et que ça se passe mal parce que je serais trop pressé et pas assez doux. Je veux être en pleine possession de mes moyens. J'ai trop peur de ne pas pouvoir me retenir, de te forcer et de te blesser et c'est bien la dernière chose que j'ai envie de faire.

Sirius sourit, l'air touché.

- Dans ce cas je suis d'accord avec toi. Mieux vaut qu'on soit chacun chez soi quand la pleine lune approche. Ça va être dur au début mais on va sûrement réussir à s'y faire. Je me suis peut-être un peu trop emballé en ayant peur comme ça, mais sur le moment ça m'a vraiment paru impossible à tenir, une semaine sans toi...

- Je comprends mais comme tu le dis, on va s'y faire. Du coup, j'irai voir Dumbledore demain pour lui parler.

Sirius fronça les sourcils.

- Mais comment comptes-tu t'y prendre pour lui expliquer la situation si tu ne peux pas lui parler de notre relation ?

- Je vais lui faire croire que ça fait plusieurs fois qu'on se dispute assez violemment quelques jours avant la pleine lune. Je vais baratiner un peu et ça devrait faire l'affaire.

- Et s'il te dit qu'il vaudrait alors mieux que tu déménages tout court dans d'autres appartements ? S'il ne voit pas l'intérêt de t'en donner d'autres juste pour la semaine précédant la pleine lune ?

- J'aviserai, dit calmement Remus. J'ai déjà plein d'arguments de prêts.

- D'accord, je te fais confiance. Juste, une dernière question... Ça ne change rien à notre relation ? En-dehors de la pleine lune, on peut continuer à avoir des relations intimes ?

- Si j'étais vraiment raisonnable, j'en profiterais pour arrêter ça aussi mais je n'en ai ni l'envie, ni le courage. Alors oui, on va continuer cette relation qu'on n'est pas censés avoir.

- Cool. Je sais qu'on est dans l'illégalité mais tant qu'on ne se fait pas attraper...

Remus grimaça mais ne put blâmer Sirius pour ce qu'il venait de dire puisqu'il pensait exactement la même chose quand il avait besoin de se rassurer.

- Bon, on ferait mieux de se rhabiller et d'aller dîner, déclara Sirius.

Remus acquiesça et ramassa leurs affaires qu'ils avaient jetées par terre. Une fois entièrement vêtus, ils sortirent de leurs appartements et se rendirent à la Grande Salle. Enfin, ce fut surtout Sirius qui y emmena Remus. Ce dernier était tellement distrait qu'il faillit se tromper de chemin. Il ne cessait de penser à la discussion qu'il devait avoir le lendemain avec le directeur. Il aurait préféré ne pas l'avoir mais cela valait mieux pour Sirius et lui. Surtout pour Sirius. Il faisait ça pour son bien et même si c'était dur à accepter pour tous les deux, il ne changerait pas d'avis. Il refusait de prendre le risque de blesser Sirius et il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher cela.

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(mardi 30/01) POV Severus

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Severus se détestait d'être incapable de s'organiser correctement. Il avait eu un week-end très agité et n'avait pas pu aller voir Dumbledore pour lui parler de son souhait de reprendre son poste de professeur à mi-temps et consacrer le reste de son temps à son métier de médicomage. La veille, il avait été très occupé également, en grande partie à cause des potions qu'il avait dû préparer. Mais cette discussion avec Dumbledore ne pouvait plus attendre et c'était bien pour cela qu'il avait prévu d'aller le voir le soir-même. Comme il ne voulait pas que Harry reste seul, il avait dû lui trouver de la compagnie. Par chance, il avait appris que l'entraînement de Quidditch des Serpentard avait été annulé car les titulaires n'étaient pas assez remis du match de l'avant-veille pour tenir ne serait-ce que dix minutes sur leurs balais. C'était Draco qui le lui avait dit en venant lui demander s'il pouvait lui donner quelque chose pour calmer les courbatures. Severus avait été étonné par cette requête car il savait très bien que Montague pouvait se procurer des potions légales et efficaces contre ce genre de désagréments. Draco lui avait alors annoncé que celles que le capitaine leur avait donnés après le match n'avaient eu aucun effet. Elles les avaient même rendus légèrement malades, même si cela ne les avait pas empêchés de se rendre en cours. Draco lui avait dit que Montague ne comprenait pas pourquoi ces potions avaient eu cet effet alors que d'autres qui venaient du même lot n'avaient causé aucun problème. Heureusement, Draco n'avait pas bu toutes les potions qu'il aurait dû boire et en avait apporté une à Severus afin qu'il puisse examiner son contenu. Severus n'avait pas eu besoin d'y passer beaucoup de temps pour constater que la potion avait été sabotée. Une question subsistait cependant : qui avait bien pu faire cela ? Il comptait bien le demander à Draco. Grâce à l'annulation de l'entraînement de Quidditch, Théo et lui étaient libres et Severus leur avait donc proposé de venir passer quelques heures avec Harry après les cours. Ils avaient aussitôt accepté, Draco n'ayant pas de ronde ce soir-là.

Severus fut tiré de ses pensées par Harry qui entra dans le salon.

- Ils ne sont pas encore arrivés, informa Severus d'un ton légèrement moqueur.

Harry se mit à rougir.

- Ce n'est pas du tout pour ça que je venais, prétendit-il. Enfin si, mais je savais bien qu'ils n'étaient pas encore là. Il n'est même pas dix-sept heures. Je voulais juste être là quand ils arriveraient. Cela vous évitera de devoir venir me chercher.

- C'est très aimable de votre part. Surtout si c'est uniquement pour ça que vous êtes venu. J'aurais dû me douter que ce n'était pas parce que vous aviez hâte que Draco et Théo arrivent.

Harry lança un regard noir à Severus, ce qui amusa celui-ci.

- Et après on dit que je suis agaçant, ironisa Harry.

- Vous l'êtes, affirma Severus sans la moindre once d'hésitation. Vous êtes une vraie tête de cochon lorsque vous avez décidé quelque chose et que vous ne voulez pas en démordre. C'est heureusement assez rare mais quand ça arrive, impossible de vous raisonner ou de vous faire changer d'avis. Vous me faites penser à un de vos amis de Serpentard, d'ailleurs.

- Laissez-moi deviner... Il voit les Sombrals comme moi ?

Severus haussa un sourcil.

- Exact. Je pensais que vous auriez opté pour Draco.

- Non, Draco est têtu mais beaucoup, beaucoup, beaucoup moins que Théo. Mais ça le rend encore plus attachant qu'autre chose.

- Évidemment, entre têtes de cochons, il fallait que je m'attende à ce que vous le défendiez...

Cette fois, ce fut Harry qui sembla amusé. Il avait réussi à retourner la situation sans que Severus ne s'en rende compte. Le Choixpeau s'était vraiment trompé en envoyant ce gamin à Gryffondor. Ce côté rusé n'appartenait qu'aux Serpentard. Mais c'était une bonne chose que Harry ait été réparti à Gryffondor. Severus n'aurait pas supporté de l'avoir comme élève de sa maison. Du moins, c'était ce qu'il pensait. Il ne pouvait pas en être sûr. Il aurait peut-être vu Harry d'une autre façon s'il avait été un Serpentard. Il l'aurait vu dans la salle commune et se serait sûrement rendu compte qu'il n'était pas du tout comme son père. C'était quelque chose de complètement différent de voir un élève dans sa salle commune que de voir ce même élève en cours. Tout compte fait, peut-être Severus aurait-il supporté Harry en tant qu'élève de Serpentard. Peut-être n'aurait-il pas passé quatre ans et demi à le haïr pour rien. Severus ne pouvait s'empêcher de trouver que c'était du gâchis. Heureusement qu'il avait fini par ouvrir les yeux. Il savait qu'un jour ou l'autre, il allait devoir avoir une discussion avec Harry à propos de leurs relations tendues d'autrefois et qu'ils allaient devoir parler de James Potter. Severus avait déjà essayé d'en parler avec le Gryffondor mais, à chaque fois, Harry avait habilement esquivé le sujet. Severus ne savait pas si c'était le fait de parler de leur haine passée ou de parler du père de Harry qui braquait ce dernier mais il y avait clairement un loup quelque part. Mais Severus ne comptait pas abandonner pour autant. Il allait juste attendre un peu.

Il fut de nouveau sorti de sa rêverie mais cette fois, par des coups frappés à la porte. Il alla ouvrir et tomba sur Draco et Théo. Il les salua et les précéda jusqu'au salon.

- Merci d'être venus. J'espère que vous n'aviez pas de séance de travail prévue avec votre binôme, M. Nott.

- Si, mais j'ai décalé à vingt-et-une heures. Justin a très bien compris et fera son devoir d'astronomie en attendant. Nous avons une organisation qui nous permet de ne pas être pris au dépourvu s'il y a un changement de dernière minute.

- Je vois ça. Votre binôme a beaucoup de chance de vous avoir.

Théo dut cerner le sous-entendu puisqu'il sembla soudain gêné. Deux jours plus tôt, Severus s'était promené dans le château comme il avait l'habitude de le faire le dimanche avant de rentrer chez lui pour accueillir Harry et il avait presque fini son tour quand il était tombé sur Théo et son binôme en train de s'embrasser, près des cachots. Ils s'étaient cachés dans un coin mais manque de chance pour eux, Severus connaissait tous les recoins qui avoisinaient les cachots. À la demande de Severus, le Poufsouffle avait vite déguerpi. Une fois seul avec Théo, celui-ci lui avait expliqué que son binôme l'avait raccompagné à sa salle commune et qu'ils avaient juste voulu s'embrasser une dernière fois avant de se quitter. Il avait dû avouer que, contrairement à ce que Severus lui avait conseillé, il avait continué sa relation avec Finch-Fletchley qui lui avait apparemment promis de tout mettre au clair afin de rendre leur relation plus légitime. Théo avait admis qu'il s'était laissé convaincre, ce qu'avait fortement regretté Severus. Il n'avait cependant rien dit, n'ayant pas voulu se mêler davantage de la vie privée de Théo qu'il ne l'avait déjà fait. Il avait juste voulu l'aider lorsqu'il lui avait parlé de ses tensions avec son binôme, il lui avait conseillé de mettre un terme à leur histoire afin d'apaiser leurs relations scolaires mais cela n'avait visiblement servi à rien. Cela prouvait bien que Théo était une vraie tête d'hippogriffe.

- Bon, je dois y aller, déclara Severus. Draco, je peux juste te voir deux petites minutes ?

- Oui, bien sûr.

Severus entraîna son filleul à l'écart.

- J'ai examiné la potion que tu m'as donnée. Cela ne fait aucun doute qu'elle a été sabotée.

- Sabotée ? Tu veux dire que quelqu'un l'a détournée ?

- Exactement. Il y avait un composant en trop qui annulait les effets de cette potion. Et c'est à cause de ce composant que vous avez été malades, toi et tes coéquipiers. Car il ne doit pas être associé à un ingrédient de base de cette potion.

- Je me doutais un peu de tout ça. Mais qui aurait bien pu saboter les potions de Graham ?

- C'est la question que je voulais te poser. Visiblement, tu n'as pas la réponse.

- Non, grimaça Draco. Je ne vois pas qui aurait pu faire une chose pareille.

- Essaie d'en discuter avec ton capitaine. Ce sont ses potions qui ont été visées, il est le plus à même d'avoir la réponse ou d'avoir remarqué quelque chose qui pourrait nous mettre sur une piste.

- D'accord, je vais lui en parler.

- Bien, tiens-moi au courant dès que possible, cette histoire m'inquiète un peu.

- Promis. Tu penses rentrer vers quelle heure ?

- Dix-huit heures trente ou dix-neuf heures.

- Cool, ça va nous laisser le temps avec Théo de revoir les cours d'hier avec Harry. On pourra peut-être même l'aider sur un devoir s'il a des difficultés.

- Il galère juste un peu sur le devoir sur table que vous avez eu la semaine dernière en histoire de la magie.

- Ok, je vais laisser ça à Théo, plaisanta Draco. Je vais les rejoindre, d'ailleurs. À tout à l'heure.

Draco retourna dans le salon sous le regard de Severus. Il se rendit compte seulement à ce moment-là que sa relation avec Draco était vraiment redevenue comme avant. Ils étaient même encore plus complices qu'avant leur période compliquée. Et cela ravissait Severus. Il aimait son filleul plus que tout au monde et il comptait vraiment respecter la promesse qu'il s'était faite, c'est-à-dire celle d'être toujours là pour Draco. C'était en partie pour cela qu'il souhaitait conserver à mi-temps son poste de professeur. Cela lui permettait de continuer à voir Draco en-dehors des visites qu'il venait lui faire. Ce fut sur cette pensée qu'il quitta ses appartements et qu'il se rendit au bureau du directeur. Il toqua et entra lorsqu'il eut la permission.

- Bonjour, Severus, asseyez-vous donc.

Severus ne se fit pas prier et s'installa en face de Dumbledore.

- Qu'est-ce qui vous amène ?

- Je souhaiterais discuter avec vous de ce qui se passera la semaine prochaine quand j'assurerai de nouveau mon poste de professeur.

- C'est-à-dire ? Je ne vous suis pas, Severus.

- Je voulais surtout vous demander s'il serait possible que je reprenne ce poste à mi-temps. Horace pourrait assurer les heures de cours que je laisserais vacantes... Car je voudrais partager mon temps entre mon métier de professeur, mon métier de médicomage et mes compétences de psychomage. Il y a plus d'élèves qui ont besoin d'aide qu'on ne le croit. Je sais que j'étais censé m'occuper que de M. Potter mais par un concours de circonstances, je me suis retrouvé à m'occuper également d'une autre élève. Ses directeurs de maison s'inquiétaient énormément pour elle et à raison. Elle souffrait depuis sept mois sans pouvoir en parler à personne. Comme c'était le cas pour M. Potter. Ils ont eu tous deux la même psychomage qui les a plus enfoncés qu'autre chose et je suis en train de réparer les pots cassés. Je suis presque sûr qu'il y a d'autres élèves dans cette école qui, à un moment ou à un autre, ont été suivis par cette psychomage et si c'est le cas, je dois le savoir car eux aussi doivent être traumatisés. Et de manière plus générale, il y a sûrement plusieurs élèves qui ont des problèmes et qui doivent en parler mais qui ne peuvent pas le faire car il n'y a personne pour les écouter. Ce ne sont pas leurs parents qui vont se rendre compte de quelque chose puisqu'ils ne voient leurs enfants que deux mois par an... J'ai essayé de faire le tour de tous les problèmes que pouvaient rencontrer les élèves à Poudlard et il y en a un qui a retenu mon attention. Les nés-moldus doivent être perdus lorsqu'ils arrivent à Poudlard. Comment cela se fait-il qu'ils ne voient pas quelqu'un pour en parler ? Il y a aussi les cas de harcèlement. Il ne faut pas se voiler la face. Il y en a dans toutes les écoles. Il y en a donc forcément aussi à Poudlard. Il faudrait que les élèves qui en sont victimes sachent qu'il y a quelqu'un à qui ils peuvent en parler. Il suffit qu'un élève se décide à en parler pour que d'autres suivent l'exemple. Là, je ne fais que de parler du côté psychomage mais je pourrais aussi seconder Poppy pour soigner les élèves. Je ne m'occuperais que des cas spécifiques. À savoir des élèves qui ont besoin d'un traitement régulier. Cela soulagerait beaucoup Poppy qui, nous le savons, est très débordée. Surtout en plein hiver. Je pourrais donc dédier une moitié de mon temps à tout cela. Mais pour cela, il faudrait que j'aie votre accord.

Severus se tut sur ces mots. Dumbledore le considéra longuement.

- Vous y avez beaucoup réfléchi, constata-t-il.

- J'ai traité tous les aspects qui pourraient poser problème, oui.

- Et vous les avez très bien traités.

Dumbledore soupira.

- Je sais que je vous ai progressivement arraché à votre métier de médicomage en vous demandant de travailler à Poudlard d'abord à mi-temps, puis à plein temps. Mais j'avais besoin de vous. J'avais besoin de m'assurer que je vous avais sous la main à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Je pouvais vous demander tout et n'importe quoi, je savais que vous accepteriez car si vous refusiez, vous auriez peur que je revienne sur ce que j'avais dit devant le Magenmagot lorsque je vous avais défendu. Je ne l'aurais jamais fait mais j'avais besoin que vous le croyiez. Seulement, aujourd'hui, je n'ai plus vraiment besoin de vous avoir constamment sous la main. D'autant plus que je vais sans doute devoir bientôt laisser la direction de l'école à quelqu'un d'autre. Simple question de vieillesse. Alors je ne vais pas vous empêcher d'exercer votre métier de médicomage au sein de cette école qui a grandement besoin d'un homme dévoué comme vous. Vous pourrez également vous occuper des problèmes psychologiques des élèves. Je crains cependant que vous vous retrouviez vite débordé. Au début, vous aurez sûrement très peu de patients, car les élèves n'auront pas encore totalement confiance mais quand ils apprendront que vous faites des ravages auprès des quelques élèves dont vous vous occupez, vous allez avoir très vite un afflux de patients. Surtout en ce qui concerne votre cabinet de psychomagie. Vous n'aurez pas assez d'un mi-temps pour vous occuper de quarante ou cinquante élèves.

- Et il est inconcevable que j'abandonne complètement mon métier de professeur, précisa Severus.

- Je suis heureux de vous l'entendre dire.

- Qu'est-ce que vous me conseillez, alors ? De laisser tomber cette idée ? De reprendre mon poste de professeur à plein temps ?

- Non, pas du tout. Je pense juste qu'en terme de psychomagie, vous allez avoir trop de travail et je vous conseillerais donc de partager vos patients avec un ou une autre psychomage.

- Mais... vous savez bien qu'il n'y en a déjà pas assez à Sainte-Mangouste, lâcha Severus, perplexe.

- Qui vous dit d'aller réquisitionner un ou une psychomage à Sainte-Mangouste ? S'il y en a si peu là-bas, c'est à cause des conditions de travail qui sont juste épouvantables. Mais il y en a beaucoup qui exercent leur métier de façon libérale. Et ce sont souvent les meilleurs.

- Donc vous voudriez faire appel à un psychomage libéral ? Mais... pourquoi ne pas l'avoir fait plus tôt ?

- Parce que j'ignorais que c'était autant nécessaire. Et parce que cela va être assez dur de convaincre un libéral de venir travailler à mi-temps dans une école. Si j'avais pris cette décision plus tôt et donc sans vous, il aurait fallu en trouver deux, ce qui aurait posé deux fois plus de difficultés.

- Heureusement que je suis là alors, ironisa Severus.

À peine eut-il prononcé ces mots qu'il réalisa que, si Dumbledore ne l'avait pas forcé à travailler à Poudlard, il ne se serait jamais rendu compte que des élèves avaient besoin d'aide. Un sérieux doute envahit alors son esprit.

- Attendez, vous ne m'avez quand-même pas incité à enseigner ici parce que vous saviez qu'un jour ou l'autre, mon métier de médicomage me rattraperait et que cela allait être bénéfique pour l'école ?! Ne me dites pas que vous n'attendiez juste que je sois prêt à prendre en main deux cent quatre-vingt élèves ?!

- Je crois que nous en avons suffisamment discuté pour aujourd'hui, déclara Dumbledore. Comme je vous l'ai dit, vous pourrez reprendre votre poste de professeur à mi-temps et exercer votre métier de médicomage et de psychomage durant le reste du temps. Je vous laisse vous organiser avec Horace pour vous répartir les heures de cours. N'hésitez cependant pas à venir me voir si vous avez besoin de conseils pour trouver la meilleure organisation qui soit ou si vous n'arrivez pas à vous décider. Il y a plusieurs façons de vous répartir les cours et un troisième avis ne sera peut-être pas de refus.

- Je n'y avais pas pensé mais on risque en effet de s'arracher les cheveux, reconnut Severus.

- Ma porte vous sera ouverte au besoin. Je sais que vous allez être très occupé alors je chercherai de moi-même un psychomage pour vous seconder. Quand j'en aurai trouvé un, j'aurai peut-être besoin de vous pour le convaincre.

- Il n'y a aucun problème, je se...

Severus fut interrompu par des coups frappés à la porte.

- Entrez, dit Dumbledore.

Severus se retourna et vit la porte s'ouvrir sur Lupin.

- Bonjour, professeur, je... Oh, je ne savais pas que tu étais là, Severus. Je... je repasserai plus tard.

- Ne t'en fais pas, nous avions terminé, assura Severus. Enfin... je crois, ajouta-t-il en regardant le directeur.

- En effet, nous étions sur le point de clore notre discussion. Que puis-je pour vous, Remus ?

- Je... C'était au sujet de mes appartements mais... ça pourra attendre, je crois. Désolé de vous avoir dérangés. Au revoir, professeur. Au revoir, Severus.

Lupin s'en alla sur ces mots sans demander son reste. Severus se leva brusquement.

- Excusez-moi, je dois le rejoindre, dit-il rapidement à Dumbledore. Merci pour tout, au revoir.

Severus ne laissa pas le temps au directeur de répondre, sortit du bureau et prit tout juste la peine de refermer la porte derrière lui avant de s'élancer à la poursuite de son collègue.

- Lupin ! Lupin, attends !

Lupin s'arrêta et se retourna. Il sembla surpris de voir Severus lui courir après.

- Severus, dit-il poliment. Tu voulais me parler ?

- Oui, enfin je voulais surtout savoir pourquoi tu es parti alors que tu voulais visiblement parler au directeur.

- Je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait déjà quelqu'un dans le bureau. Ça m'a déstabilisé et j'ai jugé préférable de revenir plus tard.

- Dis plutôt que ça t'arrangeait d'avoir une bonne raison de changer d'avis.

- Pourquoi dis-tu ça ?! s'emporta Lupin.

- Parce que tu n'avais pas l'air de celui qui voulait vraiment avoir une discussion. Tu semblais bien trop pressé de partir pour que ça ne cache pas quelque chose. Je te rappelle que même si je n'ai pas de diplôme, je suis psychomage. Je vois tout de suite ce genre de choses. S'il y a un problème, tu ne dois pas attendre pour en parler à Dumbledore. Plus tu attendras, plus ce sera dur de te lancer.

Lupin soupira.

- Je souhaitais effectivement parler au directeur mais je crois que j'ai pris cette décision un peu trop vite. Je n'ai pas assez réfléchi. Je n'ai pas pris le temps d'étudier toutes les possibilités. La preuve, il y en a une à laquelle je viens de penser en te voyant.

Severus haussa un sourcil.

- C'est-à-dire ?

Lupin sembla soudain un peu gêné.

- Je voulais savoir si... non, rien, laisse tomber.

- Ah non, tu as éveillé ma curiosité, là. Qu'est-ce que tu voulais savoir ?

- Si je te le dis, tu vas comprendre des choses et je n'ai justement pas envie que tu les comprennes.

- Si ça concerne Black et toi, ça fait un moment que j'ai compris.

Lupin écarquilla les yeux, choqué. Severus esquissa un sourire moqueur.

- Black ne t'en a visiblement pas parlé, à ce que je vois.

- Parce qu'il sait que tu es au courant ?!

- Oui, mais il n'a rien voulu me dire. Je lui en ai parlé lorsque je l'ai retenu après notre petite réunion entre professeurs. Mais il n'a vraiment pas été bavard sur le sujet.

- Ça t'étonne ? ironisa Lupin. Il s'agit de notre vie intime, je te signale.

- Je sais, merci. En tout cas, c'est bien, tu ne cherches même pas à nier. J'aurais très bien pu bluffer et n'être au courant de rien, en réalité.

- Ça aurait bien été ton genre.

- Ce n'est pas faux. Du coup, vu que je suis au courant, tu peux me la poser, ta question. Car si j'ai bien compris, ça concerne justement votre vie intime.

- Oui mais c'est vraiment trop gênant. Ça va me pousser à te parler de toute ma relation avec Sirius et... je ne sais pas si je suis prêt pour ça.

- Tu en as pourtant besoin. Ose dire le contraire.

Lupin baissa les yeux.

- Je suis complètement perdu, avoua-t-il. Je ne sais plus quoi penser, plus quoi faire... J'ai décidé d'aller parler à Dumbledore sur un coup de tête parce qu'il fallait que je fasse quelque chose. Je ne mentais pas quand je disais que je n'avais pas pris le temps de réfléchir. Aller voir Dumbledore m'a semblé être la meilleure chose à faire, je n'ai pas pris la peine de chercher plus loin et j'ai carrément imposé mon choix à Sirius.

- Et maintenant tu ne sais plus si c'était vraiment la bonne solution, compléta Severus.

Lupin acquiesça.

- Je peux peut-être t'aider mais pour ça, il faut que tu me dises tout. Même ce que tu trouves le plus gênant.

- Je ne veux pas te faire perdre ton temps, protesta Lupin. Et puis qu'est-ce que ça t'apporterait de m'aider ?

- En soi, rien. Je pense que c'est surtout une déformation professionnelle. Mais je dois aussi penser à mon patient. Comment peut-il aller bien si les personnes qui s'occupent de lui, à savoir son parrain et son directeur de maison, ne vont pas bien ? Même sans savoir ce qui se trame entre vous, il doit bien voir qu'il y a des petites tensions entre vous. Ce n'est pas bon pour lui.

- Je n'avais pas pensé à ça, grimaça Lupin. Mais tu as gagné, je veux bien t'en parler. De toute façon, au point où j'en suis... Mais on verra ça un autre jour, Harry doit t'attendre...

- Il est avec Draco et Théo et il ne m'en voudra pas si je reviens plus tard que prévu. Draco et Théo non plus, d'ailleurs. Je vais juste leur envoyer un Patronus pour les prévenir.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Severus invoqua son Patronus, lui délivra un message et le fit partir d'un coup de baguette. Il se tourna vers Lupin.

- Allons dans mon bureau.

Lupin hocha de nouveau la tête. Ils prirent le chemin du bureau de Severus et y arrivèrent quelques minutes plus tard. Severus proposa à Lupin de s'asseoir et prépara du thé. Il espérait que cela allait un peu détendre son collègue. Une fois le thé prêt, il en versa dans deux tasses et s'installa en face de Lupin.

- Quelle était la question que tu voulais me poser ? interrogea-t-il.

Lupin prit une grande inspiration et se lança :

- Je voulais te demander s'il existait une potion qui pourrait calmer mes pulsions à l'approche de la pleine lune.

- Tes pulsions ? répéta Severus, perplexe. Tu me fais peur, là. Ne me dis pas que voir la lune devenir de plus en plus ronde dans le ciel te donne envie de tuer ton colocataire, même si je pourrais tout à fait le comprendre ?

- Non, ce n'est pas de ce genre de pulsions dont je te parle.

- Oh... je vois. J'aurais dû le deviner plus tôt puisque tu m'as fait comprendre que c'était lié à votre vie intime. Mais j'ai du mal à t'imaginer sauter sur Black sans pouvoir t'en empêcher. Tu es plutôt du genre à te retenir, non ?

- En temps normal, oui. Avec mes anciennes conquêtes, ça ne m'est jamais arrivé d'avoir envie de sexe au point que je doive absolument me soulager avec elles, peu importe qu'elles soient d'accord ou non. Bon, évidemment, j'ai un minimum de contrôle, je saurais m'arrêter à temps en voyant que le désir n'est pas partagé. Mais c'est ce qui s'est passé hier avec Sirius. J'ai ressenti le besoin vital de le faire mien. Alors qu'on n'était jamais allé jusque-là avant et que je savais qu'il n'était pas prêt. Heureusement, je n'ai pas eu le temps de faire quoi que ce soit. Je n'ai pas pu aller au bout de mon envie. Je ne sais vraiment pas ce qui m'a pris. Je n'avais jamais ressenti ce désir avec autant de force avant. Mais ce qui m'a encore plus troublé, c'est que Sirius m'a dit qu'il en avait aussi eu envie alors qu'il pensait encore ne pas être prêt. Lui aussi n'a pas compris. Mais j'ai également eu l'impression que mon désir avait influencé le sien. Il a réagi beaucoup plus vite qu'à l'accoutumée et il s'est laissé dominer sans opposer de résistance alors que d'habitude, il essaie toujours un peu d'avoir le dessus. C'était vraiment étrange.

Lupin se tut sur ces mots. Severus le fixa pendant de longues minutes sans vraiment le regarder. Il était perdu dans ses pensées alors que ses méninges fonctionnaient à plein régime. Ce que lui disait Lupin n'avait qu'une seule explication pour lui. Mais c'était tellement fou, tellement incroyable qu'il ne voulait pas se dire que ça pouvait être ça. Mais il avait eu exactement la même réaction lors de sa discussion avec Miss Chang quelques jours plus tôt et il s'était avéré que l'intuition qu'il avait eue était la bonne. Alors même si ça lui paraissait invraisemblable, il devait creuser cette piste.

- J'avoue que tout cela est très étrange. Est-ce que tu peux me parler de ta relation avec Black ? Je veux dire par-là, de vos rapports dans la vie de tous les jours.

- Ça aussi, c'est compliqué, soupira Lupin. J'ai emménagé au Square en janvier de l'année dernière et depuis, on ne s'est pas lâchés ne serait-ce qu'une journée. On ne s'était pas rendus compte qu'on était devenus accro l'un à l'autre jusqu'à ce qu'on nous annonce à la rentrée de septembre qu'on allait devoir partager les mêmes appartements. Sirius avait été soulagé parce qu'il ne se voyait pas sans moi. Alors que moi, j'étais un peu déçu car j'avais espéré qu'habiter séparément nous permettrait de se détacher un peu l'un de l'autre. Car j'avais déjà remarqué que notre relation avait changé. Et ça me troublait beaucoup. Mais on a dû continuer à habiter ensemble parce que le Choixpeau magique l'avait décidé et ça nous a inévitablement rapprochés alors que je voulais tout le contraire. Il y a eu des dérapages, on s'est expliqués mais à un moment, c'est devenu impossible pour nous de résister. On a alors décidé de laisser les choses se faire sans chercher à les en empêcher. C'était au tout début de la convalescence de Harry. C'était un peu avant Noël, il était encore chez toi, Sirius et moi étions complètement dépassés par la situation et nous nous sommes justement dit que les choses étaient déjà assez compliquées comme ça en ce moment pour qu'on en rajoute en refoulant notre désir. On avait besoin de se changer les idées, d'oublier nos soucis et on n'a pas cherché plus loin. Au début, notre relation se résumait uniquement à avoir des moments intimes ensemble. C'est tout. Quand on s'embrassait, c'était rarement innocent. Mais au fil du temps, on s'est mis à s'embrasser parce qu'on en avait simplement envie, sans aucune arrière-pensée. Nos baisers sont devenus plus tendres, il y avait moins ce côté bestial qu'il y avait avant. On s'est mis à passer tout notre temps ensemble dès qu'on était dans nos appartements. C'était plus fort que nous. Il fallait qu'on soit constamment dans la même pièce. Tout le temps. Et c'est toujours le cas maintenant. Je me sens angoissé quand ça fait un peu trop longtemps que je suis loin de Sirius. Je ne me sens pas bien du tout. Et c'est pareil pour lui. C'est comme si nous étions totalement dépendants l'un de l'autre. C'est vraiment flippant.

Lupin se tut de nouveau. Severus comprenait mieux pourquoi ça avait l'air aussi compliqué entre Black et lui. Ce n'était pas une relation comme les autres. Severus en était sûr, maintenant. Cela lui semblait toujours aussi fou mais tout concordait. Il devait se rendre à l'évidence, même s'il n'arrivait pas à y croire. Mais il ne savait pas comment en parler à Lupin. Si lui-même avait du mal à y croire, alors il n'imaginait pas ce que ça allait être pour Lupin... Il allait le prendre pour un fou. Et Severus ne lui en tiendrait pas rigueur. Il prit cependant son courage à deux mains et se lança :

- Je ne vois qu'une seule explication à tout ce que tu me dis. J'ai cependant une question à te poser pour en être vraiment sûr. Est-ce que tu as l'impression que c'est le loup en toi qui te pousse à agir avec Black ?

Lupin regarda Severus avec stupéfaction.

- Oui, finit-il par répondre. C'est arrivé deux fois de façon flagrante. La première fois, c'était lors du tout premier baiser. C'était le jour où vous vous êtes battus, Sirius et toi, après une séance de stage de potions. Je lui avais caché les ennuis que Harry rencontrait avec toi, il l'avait évidemment mal pris, en rentrant on s'est disputés et lorsque le calme est revenu, j'ai été pris d'une pulsion et j'ai embrassé Sirius. J'ai bien senti que c'était le loup qui avait agi à ma place et je m'en suis voulu car d'habitude, j'arrive à le contrôler. La deuxième fois où c'est arrivé, c'est ce que je t'ai raconté au tout début de la discussion. J'ai littéralement laissé le loup en moi me dominer lors du moment intime que j'ai passé avec Sirius. Il y a eu d'autres fois où j'ai senti le loup s'agiter en présence de Sirius mais c'était très léger comparé à ces deux fois-là. Mais ça s'explique sûrement par le fait que ces deux exemples ont eu lieu quelques jours avant la pleine lune.

- En effet. Mais c'est beaucoup plus profond que ce que tu crois.

- Comment ça ? demanda Lupin en fronçant les sourcils.

- Le loup est bien à l'origine de tout ça. L'explication me semble tellement évidente que ça m'étonne que tu n'y aies pas pensé. Mais c'est probablement un déni que tu fais. Car au fond de toi, je pense que tu le sais.

- Severus, crache le morceau, lâcha Lupin. Tu m'angoisses, là.

Severus regarda Lupin droit dans les yeux et déclara :

- Ton loup a choisi Black comme son compagnon. Vous êtes liés. Pour toujours.

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On ne fait pas de mal à l'auteure sinon elle ne pourra pas vous donner la suite. Alors lâchez les pierres et les tomates, c'est pas beau de jouer avec la nourriture en plus, sauf si elle est périmée XD Bon, mis à part ça, j'espère que ce chapitre vous a plu ! =) Que ce soit la mise en couple de Ron/Pansy, le match ou la scène entre Sirius et Remus qui a conduit à LA révélation sur leur relation =) C'était l'avant-dernier chapitre de la troisième partie, on s'approche tout doucement de la fin de la convalescence de Harry =) On se retrouve dimanche prochain pour le quarante-cinquième chapitre qui s'intitulera «Mises au point et reprise des cours» =) Bisous tout le monde !