Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le quarante-septième chapitre de SAMLP =)
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ccassandre24 : C'était vraiment impossible à deviner pour l'explosion XD Mais oui, les personnages s'ennuieraient si c'était trop calme XD En effet, ça va beaucoup avancer pour Harry et Draco dans ce chapitre =) Alors j'en suis au 61e chapitre pour le moment et il reste encore près de trois mois à couvrir, donc je pense qu'on ira facilement dans les 100 chapitres, tout compte fait XD Je suis en train d'écrire la fin des vacances de Pâques (elles ont lieu un peu tôt), elles devaient durer 3 ou 4 chapitres et au final, elles en font 8 ou 9, je me désespère toute seule XD Il y a donc encore beaucoup de lecture qui t'attend XD
Butterfly Fictions : Personne ne devait s'attendre à cette explosion, je pense XD À vrai dire, ce n'était pas quelque chose qui était prévu à la base mais je ne savais pas encore comment j'allais amorcer plusieurs choses et ça me permettait justement de les aborder XD Il va y avoir plusieurs moments avec la bande d'amis, promis =) Elle va prendre une place assez importante dans l'histoire :) Ravie que la scène Hermione/Terry t'ait plu =) Harry a effectivement besoin d'un peu de temps pour se remettre dans le bain :) Drarry c'est dans ce chapitre, oui XD Et en effet, Harry n'est pas prêt du tout à dire à Severus qu'il aime son filleul XD C'est gênant x) La rupture approche entre Justin et Emily =) Ça bouge aussi pour Justin et Théo dans ce chapitre :) La zone d'ombre, en fait, ça vient du fait que l'explosion n'aurait pas dû avoir lieu, même avec les magies instables de Harry et de Théo, et même avec le sort explosif sur lequel ils s'entraînaient. Leurs sorts se sont rencontrés, c'est ça qui a provoqué l'explosion et ce n'est pas normal du tout. En gros, c'est ça, la zone d'ombre, car il n'y a pas d'explication à la rencontre de leurs sorts pour le moment :) Donc oui, ça a bel et bien un lien avec la relation particulière qu'entretiennent Harry et Théo :) Sirius était complètement dévasté, le pauvre :'( C'est vrai que la réaction de Justin aurait pu être intéressante à avoir, mais comme tu l'as dit, je ne peux pas faire le POV de tout le monde sur un même sujet et c'est méga frustrant XD Il y a quand-même des fois où je le fais car c'est important pour l'histoire, et dans ce cas ça prend la quasi-totalité du chapitre x)C'est ce qui va se passer durant les vacances de Pâques (deux fois) et c'est pour ça qu'il y aura plus de chapitres que prévu XD Mais il y a du POV Justin dans ce chapitre, ça va compenser un peu le POV qu'on n'a pas eu dans le chapitre précédent XD Pour ce qui est de l'annonce du lien de Remus à Sirius, ça va très, très, très bientôt se faire XD Pour les retrouvailles, tu vas avoir la réponse dès le début du chapitre :) Pour les complications, c'est un peu comme l'explosion, c'est impossible à deviner XD
Zackos : Navrée, mais je ne peux pas finir tous les chapitres par un POV Sirius et Remus XD Même si je le voulais, ce serait très compliqué x) L'annonce du lien va effectivement avoir lieu dans les temps que tu pensais =) C'est vrai qu'ils sont trop choupi les épagneuls *-* Ravie que l'histoire de Sirius et Remus te plaise toujours autant =) Désolée pour la longueur des chapitres XD Et désolée si ça t'a déprimé, ce n'était pas trop le but, même si le chapitre n'était pas vraiment joyeux :/ Alors, pour être honnête, je me perds parfois mais il suffit que je fasse les bonnes recherches dans les chapitres d'avant pour m'y retrouver =) J'ai plein d'idées, je les note, j'écris des scènes à l'avance, je fais des résumés d'autres scènes, j'écris tout ce qui doit avoir lieu encore … C'est du boulot, en effet, mais la motivation est toujours aussi présente =) Et savoir que des personnes lisent et aiment la fic, ça aide à se donner à fond pour la rendre la plus plaisante possible =)
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Merci pour vos retours, c'est toujours un plaisir de lire ce que vous en pensez, et merci à tous ceux qui continuent à lire cette histoire =) Je vous laisse avec ce nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture =)
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Warning : Ce chapitre contient une scène sexuellement explicite. De plus, il contient une scène où Harry relate son viol à Severus. Je préfère prévenir pour celles et ceux que cela pourrait gêner.
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47 – Retrouvailles, complications et Drarry
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(vendredi 09/02) POV Tonks
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Ah les hommes ! Ils ne savaient jamais ce qu'ils voulaient. En à peine une heure, Tonks était passée par toutes les émotions. Ce soir-là, elle devait voir Severus qui était censé passer la nuit chez elle. À seize heures quarante-cinq, il lui avait envoyé un Patronus pour lui dire qu'il serait peut-être en retard. À dix-sept heures, elle en avait reçu un autre disant qu'en fait, il n'allait pas pouvoir venir. À dix-sept heures quinze, un troisième Patronus lui était parvenu lui annonçant que tout compte fait, Severus était en mesure de venir. Elle avait décidé de renoncer à tenter de comprendre les hommes. C'étaient des cas désespérés. Mais bon, le principal était que Severus puisse venir. Du moins, pour l'instant. Elle préférait rester sur ses gardes. Elle n'excluait pas la possibilité que Severus lui envoie un quatrième Patronus pour lui annoncer qu'il ne pouvait finalement pas venir. Tout pouvait encore arriver. Il était dix-huit heures trente et Severus lui avait dit qu'il serait là à dix-neuf heures. Cela lui laissait une demie-heure pour changer une nouvelle fois d'avis. Cela faisait néanmoins trois quarts d'heure qu'elle n'avait rien reçu. Elle se disait que c'était peut-être bon signe.
Tonks s'était quelque peu apprêtée pour recevoir Severus. Rien de bien extravagant cependant, étant donné qu'ils préféraient tous deux la simplicité. Elle avait juste soigné ses cheveux et mis une robe parme qui lui arrivait juste au-dessus des genoux. Elle portait habituellement des pantalons ou des jupes mais elle aimait aussi les robes. Seulement, avec des cheveux roses, ce n'était pas évident de trouver des robes assorties à cette couleur. Elle avait plus de choix avec les jupes puisqu'elle pouvait se rattraper avec le haut si la couleur de la jupe n'allait pas trop avec ses cheveux roses. Et comme elle tenait à sa couleur capillaire, elle la faisait passer avant son style vestimentaire. Elle faisait tout de même attention à la façon dont elle s'habillait. Mais sans en faire trop. Elle ne passait pas trois heures tous les matins devant son armoire en se demandant ce qu'elle allait mettre. D'une, elle n'était pas comme ça et de deux, elle n'avait pas le temps.
Il était dix-huit heures cinquante lorsqu'elle entendit des coups frappés à la porte. Elle dut se retenir pour ne pas courir ouvrir à Severus. Un peu de tenue, que diable ! Elle se dirigea calmement vers la porte et l'ouvrit doucement. Elle ne put s'empêcher de sourire en voyant Severus couvert de neige de la tête aux pieds. Elle l'embrassa et le fit entrer.
- Il va vraiment falloir qu'on pense à relier nos cheminées.
- Ça me gênerait trop de débarquer chez toi de cette manière.
- Puisque c'est moi qui te le propose. Allez, viens te réchauffer.
Tonks précéda Severus jusqu'au salon.
- Tu veux boire quelque chose avant de manger ? Un thé ?
- Normalement c'est après manger qu'on en boit mais je veux bien, oui. Je suis frigorifié.
- Tu as transplané si loin que ça de chez moi ?
- Non, c'est le chemin qui mène jusqu'aux grilles de Poudlard qui a été long.
- Ah oui, j'avais oublié qu'il fallait aller aussi loin pour pouvoir transplaner. Je reviens, je vais faire le thé.
Tonks s'éclipsa et se rendit à la cuisine. Elle prépara le thé en quelques minutes et retourna au salon. Elle servit deux tasses, disposa deux cuillères, du sucre ainsi que des petits gâteaux puis elle s'assit en face de Severus. Alors qu'elle s'activait, elle avait senti le regard du potionniste sur elle.
- Cette robe te va à ravir, dit-il, émerveillé.
Tonks se sentit rougir.
- Elle est toute simple. Mais je l'adore. Il faudrait que je la mette un peu plus souvent. Je suis ravie qu'elle te plaise. Moi, c'est ton pantalon que j'aime beaucoup. Je ne pensais pas que tu étais du genre à mettre du bleu. Ça te va trop bien. Tu as l'air d'avoir vingt ans, avec ce jean. Je vais être jalouse si tu te mets à être plus jeune que moi !
Severus secoua la tête, amusé.
- La prochaine fois, je viendrai avec un gros pull vert ou gris, un pantalon marron et des sabots noirs. Tu auras l'impression d'être avec un retraité, comme ça.
Tonks éclata de rire.
- Non, reste comme ça, c'est très bien !
- Je te rassure, je n'ai même pas ce genre de vêtements dans mon armoire, avoua Severus. Pourtant ce serait bien utile par un temps pareil. Il fait tellement froid... Vivement qu'on passe au printemps. Je n'en peux plus de cette neige.
- Je préfère l'été. J'aime quand il fait chaud. J'ai des glaçons pour la canicule, en plus.
- La planète te remercie de penser à elle.
- Je n'ai pas dit que je voulais une canicule, j'ai dit que j'étais prête à l'affronter s'il y en avait une. On en a tous les ans, il a bien fallu que je m'adapte. J'ai donc des glaçons d'avance, même en plein hiver.
- Je ne t'imaginais pas aussi prévoyante.
- Mais tu as encore beaucoup de choses à apprendre sur moi, Severus. Tout comme j'en ai beaucoup à apprendre sur toi. Tiens, aujourd'hui, par exemple, j'ai appris que tu étais capable de changer trois fois d'avis en seulement quarante-cinq minutes. Ça m'a épatée.
- Ce n'est pas de ma faute, protesta Severus. Crois-moi, j'aurais préféré être à l'heure.
- Tu aurais pu rester avec tes élèves, tu sais, dit doucement Tonks. J'aurais parfaitement compris.
- Je ne te cache pas que l'idée m'a traversé l'esprit, même si j'avais très envie de venir te voir mais on m'a convaincu que ma place était ailleurs que dans mes appartements à tourner en rond. Et ces personnes avaient raison. Mais je me sens quand-même un peu mal à l'idée d'avoir laissé mes deux patients à l'infirmerie. Même si je sais que je ne pourrai les examiner que demain après-midi quand ils seront réveillés.
- C'est si grave que ça ?
- Ça aurait pu l'être mais ils ont eu beaucoup de chance. Ils ont été légèrement blessés et ont reçu un choc.
- Ça avait l'air violent, vu ce que me disait ton deuxième Patronus. Tu me parlais d'une explosion et de gros dégâts. Comment ont-ils pu s'en sortir avec juste de légères blessures ? J'ai du mal à croire que ce soit simplement de la chance.
- Moi non plus, à vrai dire. Mais je ne vois pas d'autres explications.
- Bon, le principal c'est qu'ils aillent bien. Du coup, tu vas t'occuper d'eux ? Ça ne va pas faire trop avec les patients que tu as déjà ?
- Eh bien non. Car figure-toi que parmi les quarante élèves de la classe, il a fallu que cette explosion soit provoquée par les deux élèves qui étaient déjà mes patients !
Tonks écarquilla les yeux.
- Tu veux dire Harry et Théo ? Ceux dont tu me parles dans tes lettres ?
- Eux-mêmes.
- Mais non ? Mais ils ne peuvent pas passer ne serait-ce qu'une semaine sans avoir d'ennuis ?!
- C'est exactement la question que je me pose depuis cinq mois, ironisa Severus.
- Mais attends, ça s'est produit dans quel cours, cette explosion ?
- Durant le cours de sortilèges.
Tonks se tapa le front de la main.
- Manquait plus que ça. Sirius doit être dévasté, j'imagine ?
- Il s'en voulait énormément, oui. Et il devait être très inquiet jusqu'à ce qu'il reçoive des nouvelles de la part de Poppy. Heureusement, Lupin était avec lui. En fait, pour être honnête, j'aurais pu venir plus tôt mais j'ai voulu passer par les appartements de Black pour voir comment il allait et pour le rassurer si besoin.
- Je ne vais pas t'en vouloir pour ça, rétorqua Tonks. Au contraire. Je suis soulagée que tu sois allé le voir. Je suis vraiment contente que les relations se soient apaisées entre vous. Mais il allait mieux quand tu es parti ?
- Oui, j'ai réussi à lui faire comprendre qu'il n'y était pour rien, qu'il n'aurait rien pu prévoir et qu'il devait simplement faire attention maintenant qu'il savait les risques.
- Tant mieux. Tu es vraiment un excellent psychomage. Tu arrives à rassurer n'importe qui.
- Je te l'avais dit : après avoir réussi à obtenir la confiance de Harry, plus rien ne pouvait me résister, plaisanta Severus. Bon et toi alors ? Comment ça se passe au Ministère ?
- C'est un peu la folie, comme d'habitude. J'ai beaucoup de travail. Il y a plusieurs grosses enquêtes qui nous prennent tout notre temps. Il faut en garder pour les dossiers dits mineurs mais on manque cruellement d'effectif. Seulement, ces petits dossiers risquent de prendre de plus en plus d'ampleur à la longue. Tiens, comme le voleur à la tire, par exemple. Pour l'instant, il ne s'en est pris qu'à trois ou quatre personnes mais en voyant qu'on ne s'occupe pas de lui, il pourrait très bien en profiter pour étendre ses méfaits. Et quand on daignera enfin s'intéresser au dossier, il sera déjà hors de contrôle. Mais on ne peut pas laisser de côté l'histoire du voleur de potions à Sainte-Mangouste ou l'histoire du violeur qui sévit aux alentours de Londres...
- En effet, grimaça Severus. Vous aurez un peu moins de travail quand ces personnes seront derrière les barreaux et la population s'en portera bien mieux. Mais il y aussi les interventions sur le terrain qui doivent vous prendre du temps.
- Oui, même si elles se font un peu plus rares en ce moment.
- Tu es quand-même envoyée un peu sur le terrain ?
- Oh oui, plus qu'avant. À la fois parce que je gagne en expérience mais aussi parce qu'il y a besoin d'effectif. Bon, je ne suis pas mise sur les grosses, grosses interventions mais on m'envoie sur des opérations de plus en plus délicates.
- Tu n'es donc plus cantonnée à la paperasse ?
- Non, même si j'en fais toujours un peu plus que les autres, ce qui est un peu normal pour une jeune recrue. Mais je ne fais plus seulement des rapports d'enquêtes. Je travaille aussi sur les dossiers en cours, je les étudie, je cherche des pistes, des failles, des éléments probants, des preuves... Je peux passer des journées entières sur un même dossier sans m'en lasser. Même si je ne découvre rien de plus que la veille. Car il y a cet espoir de dénicher quelque chose et c'est ça qui nous motive. Bref, j'adore toujours autant mon métier. Même de plus en plus chaque jour.
- C'est ce que j'ai cru comprendre, et ça fait plaisir à voir, dit tendrement Severus. Ils ont vraiment de la chance de t'avoir. Et je le pense vraiment. Ce n'est pas une blague.
Tonks fronça légèrement les sourcils avant de saisir l'allusion. Elle fut à la fois amusée et gênée.
- Je suis désolée pour la réaction que j'ai eue ce jour-là. Je pensais vraiment que tu avais voulu faire de l'humour. Tu m'avais toujours dit à Poudlard que j'allais devoir m'accrocher pour trouver quelque chose avec mes maladresses et mes difficultés à me concentrer... Alors quand tu m'as dit devant le Ministère que cela aurait été dommage que le service des Aurors se prive de moi, je n'ai pas pensé une seule seconde que tu étais sérieux.
- Je l'étais, pourtant. Mais je comprends que tu aies pu croire que je me moquais de toi. Je reconnais que je t'ai un peu trop souvent discriminée à cause de ta maladresse et de tes bavardages incessants. Mais tout ça ne t'a pas empêchée de devenir une excellente Auror. Et tant mieux. Ça rabat le caquet aux vieux aigris comme moi. Enfin, «vieux», c'est une façon de parler. Mais je ne devrais plus faire ce genre de commentaires désagréables à mes élèves, maintenant.
- Pourquoi ça ? demanda Tonks, intriguée.
- Parce que j'apprécie davantage mon métier de professeur. Je ne le vois plus comme une contrainte ou comme une obligation. De plus, comme je te l'ai dit dans la lettre que je t'ai envoyée la semaine dernière, j'ai eu une discussion avec Dumbledore qui m'a permis de ne reprendre les cours qu'à mi-temps. Je les partage désormais avec Horace qui a bien aimé me remplacer quand je m'occupais de Harry. Je n'ai donc plus que quatorze heures de cours par semaine. À côté, j'exerce mon métier de médicomage et de psychomage. Je n'ai cependant encore aucun autre patient pour le moment. Cette semaine j'ai surtout passé mes heures libres à aider Poppy à l'infirmerie.
- Les élèves arrivent à te faire confiance ?
- Oui, j'y vais de façon assez directe, en fait. Je ne leur laisse pas le temps d'avoir peur. J'entre dans le vif du sujet dès que je viens les voir en leur demandant ce qu'ils ont mais sans les brusquer pour autant. Je me comporte comme si ça faisait dix ans que je secondais Poppy et ça contribue à mettre les élèves à l'aise. En fait je fais comme si tout était parfaitement normal. Et ça porte ses fruits.
- C'est génial, je suis trop contente pour toi, se réjouit Tonks. Tu as l'air enfin heureux dans ce que tu fais. Mais tu ne préférerais pas être à Sainte-Mangouste ?
- Il y a quelques mois, je t'aurais répondu oui sans hésiter. S'il n'y avait pas Draco et si je n'étais pas à la botte de Dumbledore, je ne serais jamais devenu professeur. Aujourd'hui c'est différent. Je n'ai plus envie de quitter Poudlard. J'ai trouvé un équilibre qui me convient et qui me plaît et je ne veux pas le perdre pour aller travailler à Sainte-Mangouste. Les élèves ont besoin de moi et il est hors de question que je les abandonne. J'ai plein de combats à mener à Poudlard pour redresser cette école. Je sais que je ne pourrai pas y arriver tout seul et je compte bien demander l'aide de mes collègues.
- Je suis sûre qu'à vous tous, vous allez réussir à faire bouger les choses. On dit toujours que l'union fait la force. Eh bien vous allez le prouver. Ce sont les bébés et les enfants d'aujourd'hui qui ont de la chance. Quand ils entreront à Poudlard dans sept ou dix ans, ils auront une bien meilleure école que les élèves actuels. Bon, est-ce que tu as faim ?
- Je vais m'évanouir si je ne mange pas d'ici cinq minutes.
- Pffff, t'es bête... Je vais prendre ça pour un oui, alors. Je reviens.
Tonks prit les tasses de thé, les cuillères et l'assiette vide à gâteaux et retourna à la cuisine. Elle mit le tout dans l'évier et sortit le plat qu'elle avait préparé plus tôt dans la journée. Elle était en repos ce jour-là et avait donc pu faire un peu de cuisine. Elle réchauffa rapidement le plat à l'aide d'un sort et rejoignit Severus dans le salon.
- J'ai fait une tourte à la viande et aux légumes. C'est rare que j'en fasse donc j'espère que je n'ai pas trop perdu la main.
- Tu es du genre à cuisiner ? s'enquit Severus alors qu'ils commençaient à manger.
- Quand j'ai le temps, oui. Ce qui est assez rare.
- C'est ta mère qui t'a initiée ?
- Il y a un peu de ça, oui. Mais j'ai surtout appris en autodidacte.
- En tout cas c'est très bon. Je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait des épices mais c'est logique et ça va super bien avec tout ce que tu as mis dedans.
- Je mets des épices un peu partout, avoua Tonks. Sauf dans les desserts, évidemment. Je n'ose pas imaginer le goût qu'aurait une tarte à la framboise au curry, au cumin ou à l'échalote.
- Ça se tente, songea Severus.
- Tu n'es pas sérieux j'espère ?!
- Bien sûr que si. Prends ça comme un défi à relever. Tu n'es pas obligée d'en mettre beaucoup pour commencer. Il faut juste que ça ait un peu le goût. Tu en rajoutes au fur et à mesure et tu vois ce que ça donne.
Tonks considéra la proposition de Severus avant de répondre :
- D'accord, mais je veux que tu goûtes avec moi.
- Comme tu veux, accepta Severus. Du coup, il va falloir que je revienne souvent ici, ajouta-t-il, l'air malicieux.
- Comme si ça me dérangeait, répliqua Tonks. Tu viendras autant de fois que ce sera nécessaire. Il va juste falloir que tu réussisses à te libérer.
- Ça ne devrait pas poser de problèmes, assura Severus.
Tonks sourit et se remit à manger. Ils continuèrent à déguster la tourte tout en portant la discussion sur les dernières nouvelles de la Gazette. Ils prirent ensuite une autre tasse de thé puis ils passèrent au gâteau aux pommes qui faisait office de dessert.
- Tu as le don de nourrir les estomacs sans les gaver tout en faisant des plats et des desserts légers, apprécia Severus. C'était vraiment très bon, en tout cas.
- Merci, j'ai eu la journée entière pour tout préparer, donc ça avait plutôt intérêt à être bon, plaisanta Tonks. Mais je suis ravie que ça t'ait plu, même si je ne me mettais pas trop la pression. Que dirais-tu de visiter mon humble demeure, à présent ?
- Cela me va très bien, ce sera parfait pour digérer.
Tonks et Severus se levèrent et quittèrent le salon. Tonks fit d'abord voir à Severus la cuisine, puis la salle de bain, puis la chambre d'en face.
- Tu as réussi à avoir deux chambres ? s'étonna Severus. Car il me semble en avoir vu une autre en face de la cuisine...
- Celle où on est actuellement c'est la chambre d'amis. Enfin, à la base, c'était une sorte de débarras. J'en ai fait quelque chose d'utile. Ça a demandé plusieurs semaines de travaux pour transformer ce taudis en une chambre certes petite mais confortable. L'autre, celle que tu as vue en passant, c'est ma chambre.
- Ok, je comprends mieux. Elle a déjà servi, cette chambre d'amis ?
- Oui, plusieurs fois. Mais ça fait un moment que personne n'y a dormi. On continue ?
Severus acquiesça. Tonks lui montra où se trouvaient les toilettes puis elle lui fit visiter une dernière pièce.
- Et voici ma chambre.
- Oh, je ne l'imaginais pas aussi grande.
- C'est en grande partie pour ça que j'ai choisi cet appartement. Il n'était pas cher du tout car en lui-même, il est relativement petit mais j'ai une chambre assez grande. C'est un peu mon lieu de vie, j'y passe le plus clair de mon temps donc ça m'arrange beaucoup. J'ai une armoire, une commode, une bibliothèque, une table de nuit, un bureau, un lit... Je l'aime vraiment beaucoup. Et je suis heureuse de la partager avec toi. Tu ne devrais pas te sentir trop à l'étroit, normalement.
- Je ne pense pas non plus. Il y a bien assez de place pour deux. Quoi qu'il en soit, tu as un très bon goût en terme de décoration.
- Autant qu'en terme de mecs, s'amusa Tonks.
- C'est très gentil, ça.
Tonks sourit et posa ses lèvres sur celles de Severus. Celui-ci répondit au baiser et l'approfondit très vite, au plus grand plaisir de Tonks. Elle soupira dans la bouche de Severus lorsqu'il l'attira contre lui d'une main tandis qu'il plongeait l'autre dans ses cheveux. Ils s'embrassèrent un long moment en se caressant doucement, profitant pleinement de ce moment. Severus finit par rompre le baiser pour dévier ses lèvres vers le cou de Tonks qui frissonna et gémit. Merlin elle adorait ça. C'était tendre et doux. Elle avait rarement connu ça. Elle jeta légèrement la tête en arrière, exposant ainsi sa gorge à Severus qui en profita. Tout en mordillant et embrassant la peau offerte, ses mains voyagèrent dans le dos de Tonks avant de glisser doucement le long de ses hanches. Tonks pouvait sentir la chaleur des mains de Severus à travers le tissu de sa robe. À moins que ce fut elle qui avait chaud ? C'était fort possible. Mais elle s'en fichait. Tout ce qui comptait, c'était Severus qui lui faisait du bien. Ne voulant pas rester là sans rien faire, elle passa ses mains sous le pull de Severus et grogna lorsque ses doigts rencontrèrent ce qui devait être un tee-shirt. Elle sentit Severus sourire contre son cou. Et ça l'amusait !
- Tu as décidé de me frustrer, c'est ça ? s'indigna-t-elle.
- Pas du tout. Mais tu peux enlever les deux en même temps, si tu veux.
Tonks ne se fit pas prier et retira à Severus son pull et son tee-shirt. Elle constata avec surprise qu'il n'était pas aussi gracile qu'elle le pensait. Il était juste normal, même s'il restait un peu mince. Mais cela lui importait peu. Elle promena ses doigts sur le torse de Severus dont elle ne parvenait pas à détacher le regard. Elle voulait apprendre chaque millimètre de peau de Severus afin de les graver dans sa mémoire. Mais il y avait bien d'autres choses à faire alors elle s'arracha à regret de cette vue qui la fascinait tant. Elle reprit possession des lèvres de Severus qui lui rendit une nouvelle fois son baiser. Il posa ses mains dans le dos de Tonks et les descendit très lentement. Arrivées en bas de sa chute de reins, elles s'arrêtèrent. Percevant l'hésitation de Severus, Tonks sépara leurs lèvres et ancra son regard dans celui de son futur amant :
- Je ne suis pas faite de porcelaine, Severus, protesta-t-elle gentiment.
- Je ne veux simplement pas te brusquer. Je ne sais pas si tu souhaites qu'on prenne notre temps ou si tu veux qu'on aille un peu plus vite...
- Tu m'as déjà bien assez frustrée comme ça et ma patience a des limites, prévint Tonks, amusée. Je suis néanmoins touchée par ta prévenance. Tu es adorable.
- C'est normal, voyons. Mais j'ai compris le message.
Comme pour le lui prouver, Severus descendit davantage ses mains qui se posèrent sur les fesses de Tonks qu'il malaxa doucement. Ils s'empara également des lèvres de Tonks qui n'hésita pas à aller vérifier la fermeté du postérieur de son chéri. Au bout de quelques minutes, Severus dut trouver que Tonks était trop habillée car il défit les boutons de sa robe qui se situaient dans le dos. Il fit preuve d'une habileté qui surprit Tonks. Mais elle se souvint qu'il était potionniste et se dit que ça lui venait sûrement de là. Comme sa robe était quelque peu serrée, elle dut l'enlever d'elle-même afin d'éviter de déchirer les coutures. Elle se retrouva en sous-vêtements devant Severus et vit clairement le désir dans son regard.
- Merlin tu es magnifique... souffla-t-il.
Elle sourit et entraîna Severus dans un autre baiser. En se collant contre lui, elle sentit son excitation contre le bas de son ventre. Il était déjà dur et elle savait que les caresses précédentes n'y étaient pas pour rien. Afin de le soulager un peu, elle entreprit de lui ôter son pantalon. Une fois ceci fait, elle put voir la jolie bosse qui déformait le caleçon de Severus. Se dire que c'était elle qui le mettait dans cet état lui faisait drôlement plaisir.
- Et si nous nous installions plus confortablement ? proposa-t-elle.
- Avec grand plaisir, approuva Severus.
Ils s'avancèrent sur le lit sur lequel Tonks s'allongea. Severus la surplomba et vint dévorer son cou, la faisant rire aux éclats. Il consentit à la laisser tranquille lorsqu'elle cria grâce et captura ses lèvres afin de l'embrasser langoureusement. Les mains repartirent à l'exploration des corps, faisant monter doucement le désir. Celles de Severus caressèrent d'abord le dos de Tonks, puis ses hanches, puis ses fesses, puis ses cuisses, descendirent encore un peu avant de remonter lentement, provoquant à Tonks des milliers de frissons. Ses mains à elle voyageaient principalement sur le dos et le torse de Severus et s'aventuraient parfois vers les fesses et le haut des cuisses. Leurs lèvres ne se quittaient pas et menaient un baiser aussi doux que passionné. Tonks laissa faire Severus lorsqu'il dégrafa son soutien-gorge et le lui enleva. Il put ainsi toucher à volonté les seins de Tonks qu'il parut beaucoup apprécier. Il resta doux dans ses gestes, pétrissant délicatement chaque sein, ce qui plut énormément à Tonks. Elle grogna lorsque Severus délaissa ses lèvres et elle voulut protester mais elle ne put que gémir lorsque Severus prit en bouche l'un de ses tétons. Il le mordilla, le tritura, l'embrassa avant de s'attaquer à l'autre et lui faire subir les mêmes outrages. Tonks ne savait plus où donner de la tête et n'était plus que soupirs et gémissements. Severus finit par abandonner son pauvre téton et remonta afin d'embrasser Tonks. Dans le même temps, les mains de Severus glissèrent le long de ses hanches et arrivèrent au niveau du dernier sous-vêtement qu'elle portait. Elle lui accorda la permission d'un regard et il n'en fallut pas plus à Severus pour le lui retirer. Il caressa son intimité, taquina gentiment son clitoris et étouffa ses gémissements dans le baiser qu'il lui offrait. Mais ce fut bientôt trop pour Tonks.
- Severus, fais quelque chose, je n'en peux plus...
- Il suffit de le dire, s'amusa Severus.
Il fit entrer un, puis deux doigts en elle, la faisant gémir fortement de plaisir. Elle dut se retenir pour ne pas jouir rien qu'avec les deux doigts de Severus en elle. Ils firent de longs va-et-vient, effleurant parfois son clitoris et allant un peu plus profondément à chaque fois. Elle soupirait et demandait à la fois à Severus de continuer et d'arrêter. Lorsqu'il toucha un point bien précis en elle, elle cria et dut agripper les draps pour ne pas se laisser aller. Severus devina qu'elle était proche et retira ses doigts. Tonks se redressa et poussa Severus à s'allonger à son tour. Elle fit descendre son caleçon le long de ses jambes, libérant une érection plus qu'au garde-à-vous. Voulant faire durer les préliminaires, elle lécha d'abord le gland avant de prendre le membre en bouche, faisant sourdement gémir Severus. Elle n'avait pas besoin de lubrification lorsqu'il la pénétrerait, étant suffisamment humide grâce à l'excitation mais elle voulait offrir ce petit plaisir à Severus, bien qu'elle savait qu'il ne la laisserait pas aller jusqu'au bout. Elle fit monter et descendre ses lèvres autour du sexe gorgé de désir et le prit de plus en plus profondément à chaque va-et-vient, récoltant des soupirs et des gémissements de la part de Severus. Comme elle l'avait prédit, il lui demanda d'arrêter lorsque la jouissance fut proche. Elle se rallongea de nouveau et permit à Severus de s'installer entre ses jambes. Il entra de nouveau deux doigts en elle, les fit aller et venir plusieurs fois avant de les retirer. Il prit sa baguette, lança le sort de protection et posa ses lèvres sur celles de Tonks. Quelques secondes plus tard, elle sentit le membre de Severus entrer en elle. N'ayant pas eu de relation depuis dix mois, elle eut le réflexe de se crisper, ce qui poussa Severus à s'arrêter. Elle le rassura d'un sourire et l'enjoignit à continuer. Il poursuivit la pénétration et glissa bientôt entièrement en elle. Après presque un an d'abstinence, cela lui fit bizarre de se sentir aussi remplie mais Merlin que c'était bon. Severus était en elle. Ils étaient unis. Il resta immobile pendant quelques minutes avant d'amorcer le premier va-et-vient. Ce n'était déjà plus bizarre. C'était juste bon. Severus y allait lentement, savourant comme elle ce moment qui n'appartenait qu'à eux. Leurs lèvres se retrouvèrent très vite tandis que Severus se retira et entra en elle avec un peu plus de force. Tonks gémit longuement et s'accrocha aux épaules de Severus. Cette réaction dut plaire à son amant car il réitéra son geste. Il garda ce rythme durant de longues minutes, ce qui finit par frustrer Tonks.
- Severus, plus vite...
Elle sentit de nouveau Severus sourire mais contre ses lèvres cette fois. Elle crut qu'il allait ignorer sa demande pour la frustrer davantage mais au lieu de ça, il se retira et se rengaina puissamment en elle, la faisant crier. Elle n'eut pas le temps de s'en remettre car il recommença et enchaîna aussitôt les coups de rein. Tonks ne put que crier sous le plaisir que lui procurait Severus. Le baiser n'arrivait même pas à étouffer ses cris. Severus lui-même gémissait entre les lèvres de Tonks alors qu'il allait et venait en elle avec force. Afin de le sentir plus loin en elle, Tonks croisa ses jambes dans le dos de Severus. Celui-ci comprit ce qu'elle voulait et souleva légèrement son bassin. Tonks savait qu'il allait y avoir une nette différence mais elle ne put s'empêcher de crier plus fort lorsque Severus la pénétra bien plus profondément. Il venait de toucher ce point qu'il avait trouvé avec ses doigts plus tôt et c'était juste incroyablement bon pour Tonks qui n'allait plus pouvoir tenir bien longtemps. Elle allait jouir. Severus dévia ses lèvres vers son oreille et lui murmura un «Je t'aime» qui la fit fondre alors qu'il lui donnait un coup de rein qui lui arracha un autre cri de plaisir. Il devait être proche lui aussi car le rythme des va-et-vient s'accéléra considérablement. Il ne laissait pas une seule seconde de répit à Tonks qui ne cessait de crier et qui sentait l'orgasme arriver à grands pas. Le plaisir était juste inouï. Il monta, monta, monta, elle commença à se contracter par spasmes et ce fut après un coup de rein particulièrement puissant qu'elle se resserra violemment et jouit dans un ultime cri de plaisir. Severus la suivit quasiment aussitôt et atteignit l'orgasme à son tour en se déversant en elle. Elle était tellement prise dans sa propre jouissance qu'elle ne lui tint pas rigueur lorsqu'il retomba doucement sur elle. Il leur fallut un long moment pour reprendre leur souffle. Lorsqu'il eut retrouvé une respiration à peu près normale, Severus se redressa et se retira délicatement. Tonks gémit tout de même de cette perte mais elle soupira de bien-être en sentant le léger vent frais provoqué par le sort de nettoyage que lança Severus. Il se recoucha près d'elle et Tonks en profita pour se blottir tout contre lui. Ils se glissèrent sous les draps en sentant le sommeil bientôt les gagner et ce fut dans les bras de l'un de l'autre qu'ils s'endormirent, repus et heureux.
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(samedi 10/02) POV Harry
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Harry eut l'impression d'être passé sous un rouleau compresseur lorsqu'il ouvrit les yeux ce matin-là. Il ignorait ce qu'il avait bien pu faire la veille mais il doutait fortement avoir bu. Il n'avait jamais touché à l'alcool mais il savait qu'il ne se sentirait pas comme ça s'il s'était pris une cuite. Il s'était passé autre chose. Mais quoi ? Il n'en avait aucune idée. Tout était confus dans son esprit. Il regarda autour de lui et commença à comprendre en reconnaissant l'endroit où il se trouvait. Il était à l'infirmerie. Qu'est-ce qu'il avait bien pu faire encore pour avoir atterri là ? Il pensa tout d'abord avoir chuté de son balai mais il se souvint aussitôt qu'il n'avait pas repris le Quidditch. Avait-il été agressé ? C'était l'explication la plus probable à ses yeux. Il devait avoir reçu un sacré coup à la tête pour avoir une telle amnésie. Il essayait de forcer sa mémoire lorsque Mme Pomfrey vint le voir.
- Ah, vous voilà réveillé. Comment vous sentez-vous ?
Harry cligna des yeux. Il ne s'était pas posé la question. Il sonda son corps et constata qu'il n'avait mal nulle part. Il se sentait juste engourdi.
- Un peu ankylosé mais ça va, répondit-il. Et j'ai un peu l'impression d'avoir la tête dans un étau.
- C'est normal si vous ne sentez pas trop votre corps, vous avez passé la soirée et la nuit sous anti-douleurs. Et pour ce qui est de votre tête, vous avez eu un gros choc. Mais tout a été soigné.
- Donc c'est normal aussi si je ne me souviens de rien ?
- Oui, ça vient du choc.
- Et qu'est-ce qui s'est passé ?
- Vous avez été victime d'une explosion lors du cours de sortilèges d'hier.
Harry regarda l'infirmière, surpris.
- Une explosion ? Mais... comment est-ce que ça a pu arriver ?!
- D'après ce que j'ai compris, vous vous entraîniez sur le maléfice explosif, comme vos camarades. Apparemment, votre sort avait tendance à être trop puissant.
- Oui, ça je m'en souviens. J'arrive à le lancer depuis le premier cours mais comme je réapprends à gérer ma magie, j'ai du mal à doser la puissance de mes sorts. Mais ne me dites pas que mon sort a été tellement puissant qu'il a provoqué une énorme explosion ?!
- Non, non, vous n'êtes pas le seul impliqué dans cette histoire. En fait, votre sort a rencontré celui d'un de vos camarades. Comme il a lui aussi des difficultés avec sa magie en ce moment, ses sorts ont tendance à être trop puissants, comme les vôtres. Donc imaginez un peu les dégâts lorsque deux maléfices explosifs hyper puissants se sont croisés...
Harry frissonna à cette pensée. Il songea à ce que venait de dire Mme Pomfrey et se sentit soudain blêmir en se souvenant qu'elle avait évoqué un élève qui avait des problèmes avec sa magie.
- Attendez, l'élève dont vous me parlez, ce n'est quand-même pas...
- Je ne peux pas répondre à cette question, M. Potter.
- Non, s'il vous plaît, je veux savoir ! De toute façon je suis presque sûr d'avoir compris de qui vous parliez. Dites-moi juste s'il s'agit de Théo !
- Vous en parlerez avec le professeur Snape quand il viendra vous voir.
- Mais pourquoi vous ne voulez rien me dire ? Théo a été tué dans l'explosion, c'est ça ? Ou alors il est gravement blessé ? C'est pour ça que vous refusez de me répondre ?
Harry était en proie à une crise de panique. Mme Pomfrey tenta de le rassurer mais il pensa soudain à Draco et voulut savoir s'il allait bien et s'il avait été touché. Tout comme pour Théo, l'infirmière ne lui répondit pas, insistant pour qu'il se calme. Croyant que ça allait le distraire, elle lui demanda de boire ses potions mais Harry refusa catégoriquement. Il prévint Mme Pomfrey qu'il ne prendrait pas ses potions et qu'il ne mangerait pas tant qu'il n'aurait pas de réponses à ses questions. Voyant qu'il était sérieux, l'infirmière fut obligée de céder. Elle fit délivrer un message par Patronus à Snape en lui expliquant la situation et en le sommant de venir au plus vite. Juste avant de partir, elle conseilla à Harry de se préparer à subir les foudres de votre professeur. Harry aurait grimacé en temps normal mais là il s'en fichait bien de faire face au courroux de Snape. Ayant tourné le dos à l'infirmière et remonté la couverture jusqu'au cou, il se retourna et soupira, satisfait. Ne restait plus qu'à attendre le professeur Snape. Celui-ci arriva environ un quart d'heure plus tard. Du moins, ce fut ce que pensa Harry en voyant l'infirmière passer devant son lit pour aller visiblement à l'encontre de quelqu'un. Et il eut raison puisque son professeur vint vite le voir, accompagné de Mme Pomfrey.
- Eh bien, M. Potter, à peine réveillé que vous faites déjà des caprices ? Qu'est-ce donc que cette histoire de potions que vous ne voulez pas prendre ? Et de ne pas vouloir manger ? Vous croyez que ça va vous avancer à quelque chose de refuser de vous soigner et de vous nourrir ? Vous ne pensez pas que c'est un peu stupide après tous les efforts que vous avez faits durant votre convalescence ?
Harry baissa les yeux. Il s'était lourdement trompé en pensant que le courroux de Snape n'allait rien lui faire. Ses reproches étaient très durs à supporter. Mais il savait qu'il avait raison.
- M. Potter voulait à tout prix savoir quelle était l'identité du deuxième élève touché par l'explosion, intervint Mme Pomfrey. Comme j'ignorais si je pouvais le lui dire, j'ai préféré garder secrète cette information. M. Potter a alors commencé à paniquer et à me poser tout un tas de questions. Je n'ai pas cédé, je lui ai apporté ses potions et il a refusé de les prendre. Il m'a dit qu'il ne les prendrait pas et qu'il ne mangerait pas tant qu'il n'aurait pas de réponses à ses questions. Or, c'est important qu'il boive ces potions et qu'il mange.
- En effet.
Harry sentit le regard de Snape se poser sur lui. Il se sentait un peu mal, pour le coup. Il avait honte de son attitude.
- Je vais m'en occuper, Poppy. Merci de m'avoir prévenu.
Les yeux toujours baissés, Harry ignora si Mme Pomfrey répondit à Snape mais il sut qu'elle était partie lorsque ses paravents se fermèrent d'un coup.
- M. Potter, vous me décevez. Faire tout ce cirque uniquement pour avoir des réponses... Je sais que la situation n'est pas évidente, que vous êtes inquiet mais je vous aurais dit tout ce que vous vouliez savoir ou presque lorsque je serais venu.
- Je voulais juste savoir comment allaient Draco et Théo, murmura Harry.
- Ils vont bien. Draco n'a pas été victime de l'explosion. Théo, en revanche, a été autant touché que vous. Il n'a donc pas été grièvement blessé. Il a juste eu un choc ainsi que quelques blessures sans gravité. Il va très vite se réveiller. Vous n'avez pas à vous en faire pour lui.
- Est-ce que je pourrai aller le voir ?
- Cela dépendra de votre état de forme à tous les deux. Mais je pense que ça pourra se faire d'ici ce soir. Entre-temps, vous recevrez sûrement de la visite.
L'inquiétude gagna de nouveau Harry à l'entente de ces mots.
- Est-ce que Sirius va bien ? Je veux dire... il doit s'en vouloir ? Ce n'est pas de sa faute, pourtant...
- Ne vous en faites pas, j'ai discuté avec lui, il a été un peu difficile à convaincre mais j'ai réussi à le raisonner. Je pense néanmoins qu'il sera définitivement rassuré une fois qu'il vous aura vu.
Harry hocha la tête. Puis il baissa de nouveau les yeux.
- Je suis désolé d'avoir fait tout ce numéro... Mais j'étais très inquiet pour Théo. Et pour Draco.
- On va mettre ça sur le compte d'une réaction à chaud. Vous veniez de vous réveiller, vous n'aviez aucun souvenir de ce qui s'était passé, vous étiez désorienté alors vous n'étiez pas totalement maître de vos émotions. Vous auriez sûrement réagi différemment dans d'autres circonstances. Le principal, c'est que tout le monde aille bien et que vous preniez vos repas ainsi que vos potions.
- Promis, assura Harry.
- Bien, je vais vous examiner car c'est pour ça que je devais venir à la base. Poppy l'a très bien fait mais si je veux voir vos blessures, c'est surtout pour savoir quels baumes seraient les mieux adaptés pour vous.
Harry acquiesça et laissa Snape l'examiner. Il fut surpris de découvrir qu'il avait des coupures sur le ventre et comprit que l'explosion avait vraiment dû être violente pour que les débris aient réussi à passer outre sa robe de sorcier. Snape, lui, ne sembla pas étonné. Il avait dû avoir plus de détails que Harry.
- Bon, vous avez seulement été touché au ventre et aux bras. Et les coupures sont relativement peu profondes. Un baume moyennement dosé devrait faire l'affaire. Je vais maintenant voir si le choc a eu des conséquences sur vous.
Snape fit ainsi faire à Harry plusieurs tests destinés à vérifier ses réflexes. Les résultats furent tous satisfaisants. Snape aida ensuite Harry à se lever, le fit marcher afin de voir sa motricité puis il lui demanda de se rallonger. Il lui prit ses constantes, lança plusieurs sorts et termina son examen en lui posant quelques questions.
- Bien, tout va pour le mieux, déclara-t-il. Vous avez juste une tension un peu trop basse, signe que vous devez absolument manger, prendre vos potions et vous reposer. Si vous remontez à douze d'ici demain midi, vous pourrez sortir. Je repasserai ce soir afin de tout contrôler. Je vais aller voir votre ami. Buvez vos potions, mangez et dormez, c'est vraiment important.
- Oui, professeur.
Snape fit un signe de tête puis il partit. Harry prit les potions posées sur sa table de chevet et les but une par une en commençant par la rouge comme le lui avait conseillé Mme Pomfrey. Il se sentit très vite fatigué et décida de dormir en attendant le repas. À peine sa tête eut-elle touché l'oreiller qu'il sombra dans le sommeil.
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Harry reçut la visite de Sirius et de Remus en début d'après-midi. Il sentit son coeur se serrer lorsque Sirius faillit fondre en larmes en le voyant. Il n'aimait pas voir son parrain inquiet. Surtout quand c'était pour lui qu'il s'inquiétait. Mais il n'eut pas l'occasion de voir bien longtemps le regard angoissé de Sirius car il se retrouva vite pris dans une étreinte à couper le souffle.
- Sirius, laisse-le respirer, tu vas l'étouffer, protesta gentiment Remus.
Les bras de Sirius se desserrèrent légèrement autour de Harry. Celui-ci sourit et profita d'être un peu plus libre de ses mouvements pour répondre à cette étreinte rassurante. Il était persuadé qu'un câlin de son parrain était bien plus efficace que des potions pour reprendre des forces. Sirius le lâcha au bout de longues minutes et ce fut au tour de Remus d'étreindre Harry. Ce dernier fut un peu surpris. Remus l'avait déjà pris une fois dans ses bras mais c'était pour le réconforter. Il ne l'avait jamais fait en guise de «bonjour». Mais il trouva cela très agréable. Lorsque Remus le lâcha, Harry vit qu'il avait l'air lui aussi soucieux.
- Comment vas-tu ? demanda-t-il.
- Bien, le professeur Snape est venu me voir ce matin, il m'a examiné et il m'a dit que tout allait très bien.
- Oui, Poppy nous a dit qu'il était venu plus tôt que prévu. Tu as été légèrement insistant, paraît-il, se moqua Sirius.
Harry se rembrunit.
- Snape m'a déjà fait la morale. Je me suis excusé auprès de lui ainsi qu'auprès de Mme Pomfrey.
- On le sait aussi, dit Remus d'un ton apaisant. Nous ne sommes pas là pour te disputer, te faire des reproches ou que sais-je encore. Tu t'es excusé, Severus et toi avez su régler cette histoire tout seuls, nous savons que tu regrettes sincèrement ton comportement un peu capricieux, alors nous n'avons pas besoin d'en rajouter une couche. Nous voulons simplement profiter de ce moment avec toi.
Harry fut touché et un peu troublé par les mots de Remus. Il avait l'impression que c'était plus qu'un directeur de maison qui parlait. Normalement, c'était à Sirius de dire ça. Mais le fait que cela vint de Remus ne le dérangea pas du tout. Au contraire. Il trouva également cela très agréable. Il se sentait comme dans une vraie famille avec Sirius et Remus. Il était avec des adultes qui l'aimaient mais qui étaient là aussi pour le cadrer lorsque c'était nécessaire.
- Je suis content de vous voir, dit-il, la gorge nouée par l'émotion. Je suis désolé de vous avoir fait peur, même si je sais que ce n'est pas vraiment de ma faute... Vous n'allez jamais en avoir fini avec les ennuis avec moi, c'est fou. Ça fait à peine une semaine que je suis sorti de ma convalescence que je me retrouve déjà à l'infirmerie...
- Tu ne dois pas voir les choses comme ça. C'est justement parce que tu es encore fragile que tu as eu cet accident. Bon, il y a aussi le fait que Théo a également des problèmes avec sa magie mais je pense qu'on vous expliquera tout ça demain. Aujourd'hui, ce sont juste des examens et des visites. Et c'est déjà bien assez comme ça.
- Parfaitement d'accord, approuva Harry avec force. Je suis déjà épuisé alors que je me suis réveillé à onze heures et qu'il n'est que quatorze heures. Et j'ai dormi avant et après manger. Snape m'a dit que je devais me reposer, eh bien je comprends mieux pourquoi.
- Severus n'est pas médicomage pour rien, fit remarquer Remus. Mais si tu es fatigué, nous n'allons pas rester longtemps, alors. Nous reviendrons sûrement demain matin. Tu seras déjà un peu plus en forme. Est-ce que Severus t'a dit quand tu pourras sortir ?
- Demain midi si ma tension est bonne. Il revient tout contrôler ce soir et demain matin et il me dira à ce moment-là si je pourrai quitter l'infirmerie.
- Au moins il sera sur place, cette fois, s'amusa Sirius. Car tu ne le sais peut-être pas mais quand il a reçu le Patronus de l'infirmière, il était dans les bras d'une femme.
Harry écarquilla les yeux.
- T'es sérieux ?! Mais... comment tu sais ça ?!
- Il nous a légèrement mis sur la piste hier soir sans le vouloir. Pour faire simple, il nous a dit qu'il sortait, j'ai cru qu'il allait faire la tournée des bars, je le lui ai fait comprendre, il a été piqué au vif, Remus s'en est mêlé en me disant qu'il n'y avait pas qu'en buvant qu'on pouvait se changer les idées, ça a fait tilt dans ma tête et j'ai compris à mon tour que Snape avait rendez-vous avec une femme. Il n'a pas cherché à nier. J'espère juste pour lui qu'ils n'étaient pas en train de...
- Sirius ! réprimanda Remus. Ne dis pas des choses pareilles devant Harry, voyons !
- Ne t'en fais pas, Remus, ce n'est pas ça qui va me choquer, le rassura Harry. Mais je préfère quand-même qu'on parle d'autre chose. Surtout que je m'en voudrais effectivement si le Patronus de Mme Pomfrey avait dérangé le professeur Snape dans un moment inopportun... Merlin je ne vais jamais plus pouvoir le regarder dans les yeux, maintenant !
- Tu n'es pas censé savoir, alors essaie de faire comme si Sirius ne t'avait rien dit, conseilla Remus. Et puis bon, il devait bien se douter qu'un imprévu était vite arrivé avec toi.
- Sympa, s'offusqua Harry. Bon, j'avoue, ce n'est pas faux. La preuve. En tout cas, il a été cool de ne pas m'en vouloir. Bon, sinon, il va falloir que je fasse attention lors du prochain cours de sortilèges, de métamorphose et de Défense Contre les Forces du Mal. Je n'ai pas envie de provoquer d'autres dégâts...
- Ne t'inquiète pas, tu n'en provoqueras pas avant plusieurs jours puisque tu es interdit de pratique jusqu'à mercredi minimum.
- Super, grommela Harry.
- C'est pour ton bien, Harry. Et pour celui de tes camarades.
- Je sais mais c'est frustrant. Je sors de deux mois de convalescence pendant lesquels je n'ai pas pu faire de magie sauf pendant les trois dernières semaines et là, seulement cinq jours après la reprise des cours, je suis déjà de nouveau privé de pratique... C'est pas juste. Mais bon, c'est comme ça, on ne peut rien y faire. D'ailleurs, qui va se dévouer pour dire au professeur Gordon que je ne pourrai pas faire de pratique dans sa matière ?
- Je m'en occuperai, annonça Sirius.
Harry voulut répondre mais un bâillement l'en empêcha.
- Bon, on va te laisser, décida Remus. Tu as besoin de dormir. Promis, on repasse demain, ajouta-t-il en voyant Harry sur le point de protester. Crois-moi, on aimerait rester plus longtemps mais tu dois vraiment te reposer.
Harry hocha la tête. Sirius et Remus le serrèrent contre eux, lui souhaitèrent un bon repos puis ils s'en allèrent. Fatigué, Harry ne chercha pas à lutter contre le sommeil. Il se recoucha et se rendormit très vite.
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Deux heures plus tard, il fut heureusement éveillé lorsque Draco vint lui rendre visite. Celui-ci sembla aussi inquiet que Sirius lorsqu'il vit Harry.
- Comment te sens-tu ? murmura-t-il en s'asseyant sur le lit.
- Ça va, juste un peu fatigué, dit Harry en souriant.
Draco acquiesça.
- J'ai tellement eu peur, avoua-il. Vous étiez là, Théo et toi, sur le sol, inconscients... Je ne voulais pas croire que vous nous aviez quittés comme ça alors que vous aviez déjà survécu à tant d'épreuves avant... J'étais aux premières loges, je t'ai vu subir de plein fouet le sort, et je sais que ça a été pareil pour Théo, je ne comprends pas comment vous avez pu survivre à une explosion aussi violente... Et surtout avec si peu de dégâts. Mais Merlin soit loué, vous vous en êtes sortis presque indemnes.
- On ne se débarrasse pas de moi aussi facilement, voyons, plaisanta Harry. Mais je suis désolé de t'avoir causé une telle frayeur. Ce n'était pas voulu. Je n'ai jamais demandé à ce que mon sort croise celui de Théo...
- Je sais bien, et je l'espère pour toi ! Sinon ça voudrait dire que tu es un peu suicidaire sur les bords. Mais tu sais, si vous vouliez passer du temps ensemble rien que tous les deux, fallait nous le dire, on vous aurait préparé un truc plus cool qu'un séjour à l'infirmerie...
- Pffff, t'es bête... Je n'ai même pas pu encore aller le voir. Mais c'est prévu ce soir. Tu vas aller le voir, toi aussi ?
- Bien sûr, juste après toi, répondit Draco sur le ton de l'évidence.
- La chance, tu le verras avant moi...
- Dis-toi que tu resteras plus longtemps que moi avec lui. Là, il est seize heures trente, je vais rester environ trois quarts d'heure avec toi, idem avec Théo, je m'en irai à dix-huit heures pour aller dîner et tu pourras aller rendre visite Théo à ce moment-là. Ou bien vous mangerez d'abord et vous vous verrez ensuite. Comme ça, vous aurez un peu plus de temps.
- Je vais y réfléchir mais je pense que j'irai voir Théo après le dîner, en effet. En tout cas, ça me fait trop plaisir que tu sois venu !
- Tu ne crois quand-même pas que j'allais attendre lundi pour te voir ?! Je n'arrêtais pas de penser à toi, j'allais devenir fou si je restais une heure de plus sans venir te voir !
Les mots de Draco touchèrent beaucoup Harry. Il se demandait néanmoins si un binôme de travail ou même un ami était censé dire une chose pareille. Non, il réfléchirait à ça plus tard.
- Bon, tu m'as dit que tu te sentais bien mais comment vas-tu ? Est-ce que tu es blessé ?
- Oui, mais c'est sans gravité. J'ai seulement été touché aux bras et au ventre. Je peux te montrer, si tu veux. Ce n'est pas affreux du tout.
Draco acquiesça. Harry retroussa alors ses manches.
- Tu vois, pas de quoi m'envoyer à Sainte-Mangouste, plaisanta-t-il. Ton parrain les a examinées très attentivement et il a dit qu'un baume moyennement dosé ferait l'affaire.
- Et pour le choc que tu as reçu ?
- Il m'a fait faire plein de tests, il n'y a rien d'anormal. Tout va parfaitement bien. J'ai juste été sonné, en fait. Tout comme Théo, je pense. Le seul petit souci, c'est ma tension. Elle est trop basse. Mais si elle remonte à douze d'ici demain midi, je pourrai sortir. Par contre, jusqu'à mercredi inclus, je suis interdit de pratique. Voire plus si ma magie fait toujours des siennes d'ici là.
Harry essaya d'adopter un ton détaché en disant cela mais Draco n'était pas dupe. Il dut deviner que cette privation affectait bien plus Harry qu'il ne voulait le faire croire car il prit un air triste.
- Ce n'est que l'histoire de quelques jours, ensuite tu retrouveras le contrôle que tu avais avant sur ta magie. Ne prends pas ça comme une punition car ce n'en est pas une.
- Je sais, murmura Harry. Mais... j'en ai marre. Je sors de deux mois de convalescence, ça a été déjà assez dur comme ça, eh bah non il faut encore que les ennuis me tombent dessus... J'aimerais juste redevenir un élève comme les autres. Mais même ça apparemment, c'est trop demandé...
Harry baissa les yeux sur ces mots. Quelques secondes plus tard, deux bras l'entourèrent doucement. Il céda et se laissa aller contre le torse de Draco. Il sentit des lèvres dans ses cheveux tandis qu'une main caressait son dos. Petit à petit, il se détendit. Il ignorait pourquoi les câlins de Draco avaient un tel effet sur lui mais ce qu'il savait, en revanche, c'était qu'il aurait beaucoup de mal à s'en passer. Et pas seulement de ses câlins. Mais de Draco lui-même. Il lui était indispensable. Il resta un long moment dans les bras de son Serpentard adoré. Lorsque celui-ci rompit l'étreinte, Harry ressentit un grand vide, comme à chaque fois qu'il n'avait plus Draco contre lui. Il fut néanmoins réchauffé par le regard que Draco posa sur lui. Il pensa alors à ce qui avait amené Draco à lui faire ce câlin et il se sentit honteux.
- Tu dois me trouver puéril de me plaindre comme ça...
- Non, pas du tout, répondit fermement Draco. Je te comprends parfaitement, même si je ne suis pas à ta place. Tu as le droit de te plaindre, Harry, parce que tu as toutes les raisons de le faire. Tu n'as pas bronché pendant toute ta convalescence alors que c'était pourtant dur, tu faisais tout ce qu'on te demandait sans rien dire, là tu te retrouves à l'infirmerie seulement cinq jours après avoir repris les cours, tu sais que tu ne pourras pas faire de la magie pendant au moins trois jours alors c'est un peu normal que tu craques et que tu en aies marre. Tu aurais même dû craquer bien avant. Et encore, tu dis juste que tu en as marre. Et tu émets le souhait de redevenir un élève normal, ce que personne ne peut te reprocher. Franchement, à ta place, ça ferait bien longtemps que j'aurais tout envoyé balader. Et je ne suis pas le seul. N'importe qui aurait pété les plombs bien avant. Théo et toi vous avez une capacité monstre à encaisser pendant des années sans jamais exploser. C'est ça qui n'est pas normal, en fait. Donc non, tu n'es pas puéril du tout.
Harry acquiesça, rassuré.
- Après, si tu as des doutes à ce sujet, tu pourras toujours en parler avec Severus lors de la prochaine séance.
- On devait en avoir une aujourd'hui mais elle a été annulée, comme tu dois t'en douter. Il ne me l'a pas dit mais il n'en a pas eu besoin.
- Je pense qu'il te convoquera lundi pour que vous la rattrapiez. Il sait qu'on finit à quatorze heures, ça vous laissera au moins trois heures devant vous. On a bien avancé cette semaine sur nos devoirs, ça ne posera donc pas de soucis. Enfin, sauf si lundi, on nous donne de nouveaux devoirs à faire... Ce qui risque fort d'arriver. Si c'est le cas, le week-end prochain on se verra un peu plus longtemps. Ça ne va pas te déranger, je pense ?
- Ai-je vraiment besoin de répondre à cette question ? se moqua Harry. Il y a bien un truc qui va me déranger, oui, mais ce ne sera pas de passer autant de temps avec toi. Ce sera de te quitter.
Draco sembla troublé par ces mots. Mais il ne baissa pourtant pas le regard. Au contraire, il l'ancra dans celui de Harry qui le soutint. Commença alors un de ces longs moments pendant lesquels ils se regardaient dans le blanc des yeux sans parler. Harry ne sut si c'était conscient ou non mais au bout de quelques minutes, la main de Draco se posa sur la sienne. A vrai dire, il s'en fichait. Il apprécia ce contact et ne fit donc rien pour s'y dérober. Il continua à se perdre dans le regard acier de Draco qui le fascinait tant. Il frissonna lorsque Draco se mit à faire des cercles avec son pouce sur le dos de sa main. Il aurait voulu qu'il ne s'arrête jamais mais Draco dut se rendre compte de ce qu'il faisait car il lâcha doucement sa main.
- Désolé, murmura-t-il. Je... je crois que je vais aller voir Théo.
- Oui, ce sera mieux comme ça, approuva Harry, aussi gêné que Draco.
- J'essaierai de venir te voir demain matin. Comme ça, si tu as le droit de sortir demain midi, je le saurai et je pourrai venir te chercher après avoir mangé. Ou on ira manger ensemble si tu peux sortir à midi pile.
- On verra ça le moment venu, déclara Harry. Mais ça serait vraiment sympa si tu étais là quand je sortirai.
- Avec un peu de chance, Théo sortira en même temps que toi, espéra Draco. On pourra être tous les trois ensemble, comme ça ! Mais à l'extérieur des appartements d'un de nos parrains, cette fois. Pas comme pendant ta convalescence. On n'a jamais passé de temps ensemble dans le château.
- C'est vrai. Prions pour que Théo soit autant en forme que moi ! Allez, va le voir.
Draco hocha la tête et se leva du lit de Harry. Il lui souhaita une bonne soirée et s'en alla. Harry se rallongea et ferma les yeux. Il avait une petite heure devant lui avant que Mme Pomfrey ne vienne lui apporter son dîner. Il avait le temps de faire une petite sieste. Ensuite, il irait rendre visite à son autre ami de Serpentard. Lui qui était censé se reposer, tout comme Théo, avait une journée plutôt remplie. Entre Snape qui était venu l'examiner le matin et qui devait revenir le soir-même, la visite de Sirius et Remus, celle Draco et celle qu'il devait rendre à Théo, sa journée avait été somme toute assez mouvementée. Mais il avait quand-même réussi à se reposer plusieurs fois. Il ne faisait que ça entre deux visites, en fait. Et il allait de nouveau dormir avant d'aller voir Théo.
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Harry dut attendre avant d'aller retrouver son compagnon d'infirmerie. Lorsqu'il se réveilla, ce fut l'heure de manger. Puis il se fit de nouveau examiner par Snape. Cela dura moins longtemps que le matin-même mais cela prit quand-même du temps. Heureusement, Snape était allé voir Théo un peu plus tôt et s'était occupé d'un autre élève avant de venir examiner Harry. Théo avait donc eu le temps de manger entre-temps. Dès que Snape partit, Harry se leva et se dirigea vers les paravents de Théo. Il savait précisément lesquels c'étaient puisqu'il avait posé la question à Mme Pomfrey qui, cette fois, avait bien voulu lui répondre. Lorsqu'il arriva devant les paravents de Théo, il les tira et vit son ami lever aussitôt les yeux vers lui. D'abord tendu, il sembla se relaxer en reconnaissant son visiteur. Un sourire vint même étirer ses lèvres. Il avait l'air ému.
- Je ne m'attendais pas à te voir... Tu as le droit d'être là ? s'inquiéta-t-il.
- Oui, Mme Pomfrey m'en a donné la permission, assura Harry.
Théo parut soulagé. Harry sentit l'émotion le gagner alors que Théo et lui se regardaient. Il réalisa soudain pleinement qu'ils avaient failli se faire tuer tous les deux dans cette explosion. Il s'imagina alors avoir survécu et pas Théo. Cette pensée l'horrifia. Il ne se voyait plus sans Théo. Il n'aurait pas supporté d'avoir perdu ce garçon auquel il s'était tant attaché. Il ne réfléchit pas et se précipita vers Théo. Il le prit dans ses bras et le serra fort contre lui. Son étreinte fut vite rendue. Théo s'agrippa à lui comme à une bouée de sauvetage. Ils ne se séparèrent qu'au bout de longues minutes.
- Comment vas-tu ? demanda Harry en regardant attentivement Théo.
- Bien, juste un peu fatigué. Et toi ?
- Ça va aussi. Je sors demain midi si ma tension est bonne. J'espère qu'on pourra quitter l'infirmerie ensemble !
- Normalement, oui, dit Théo en souriant. Il y a juste un truc à surveiller mais ça devrait aller.
Harry s'apprêtait à répondre mais il en fut empêché par la voix de Mme Pomfrey qui leur parvint :
- Oh là là, mais que s'est-il passé ? Encore un entraînement de Quidditch qui a mal tourné, c'est ça ? Cinq joueurs d'un coup, je crois que je n'ai jamais vu ça !
- Ce n'est pas de notre faute, c'est la météo qui était contre nous...
Harry fronça les sourcils en reconnaissant la voix de Ron.
- Mais personne n'est censé s'entraîner par un temps pareil !
- C'est notre capitaine qui a insisté... On a un match le week-end prochain, elle voulait mettre toutes les chances de notre côté pour qu'on le gagne, quitte à nous entraîner dans le blizzard...
- C'est tout bonnement inadmissible. Je n'ai aucun pouvoir de décision à ce sujet mais croyez-moi, ça ne va pas en rester là ! Je vais en parler à des personnes qui, elles, pourront faire quelque chose ! Un match prévu la semaine d'après n'est pas une raison valable pour imposer un entraînement dans de telles conditions ! Des sanctions devront être prises et vite ! Miss Bell, Miss Spinnet, M. Dillon, M. Atterton et Miss Weasley, veuillez me suivre. M. Weasley, M. Kirke, M. Sloper, vous pouvez y aller. Merci d'avoir soutenu et accompagné vos camarades.
Harry entendit ses trois coéquipiers saluer Mme Pomfrey avant qu'ils ne s'en aillent. Il était soufflé. Il avait très bien compris quelles étaient les sanctions dont parlait Mme Pomfrey. Et il ne s'attendait pas du tout à ça, même s'il y avait maintes fois pensé. Il reporta son attention sur Théo qui semblait lui aussi choqué.
- Ils ne vont quand-même pas faire changer de capitaine à ton équipe à huit jours du match ? lâcha-t-il.
- Je crois bien que si, répondit Harry d'une voix sourde. Mais ce sera sûrement mieux ainsi. Je ne la supportais plus vraiment quand j'étais encore dans l'équipe. Je crois qu'elle est la pire des capitaines, sans vouloir exagérer.
- Tu n'es pas le seul à le penser, avoua Théo. J'ai horreur de dire du mal des gens mais... elle n'a pas très bonne réputation. Franchement, je suis bien content d'avoir Graham comme capitaine.
- Je te comprends parfaitement, approuva Harry. J'en avais discuté une fois avec Adrian dans votre salle commune et les Serpentard m'ont bien fait comprendre qu'Angelina ne devait pas nous traiter comme elle le faisait et que Graham était bien plus respectueux de ses joueurs. Je vous envie. Ça me donnerait presque envie de changer de maison ! Mais j'ai déjà du mal à voir Ron et Hermione, alors si je déménageais à Serpentard, là ça deviendrait vraiment compliqué pour moi de passer du temps avec eux.
- C'est vrai. Rien que pour ça, tu dois rester à Gryffondor. Mais si tu étais à Serpentard, tu serais en permanence avec un futur médicomage. Blaise est un très bon conseiller. C'est grâce à lui si Draco et moi sommes autant en forme lors des matchs. Et Pansy également lors des entraînements. Il nous met en condition. Et il se fait un malin plaisir à contrôler la prise de mes potions. Oui, car j'en ai tout un tas à prendre. Dont une pour traiter mes soucis avec ma magie. En fait, je suis traité depuis la fin de l'été mais ça ne fait pas du tout effet. Il y a six jours, le professeur Snape m'a donné un traitement un peu plus fort mais ça n'a rien changé. Du coup, tout à l'heure, quand il est venu me voir, il m'a dit qu'on allait essayer une autre potion. Elle est relativement récente mais elle serait plus efficace. Je dois bientôt la prendre, d'ailleurs. Le professeur Snape reviendra vers vingt-et-une heures pour voir comment je la supporte. Je te raconte tout ça mais c'est surtout pour t'expliquer pourquoi j'ai perdu le contrôle de ma magie lors du cours de sortilèges. C'est à cause des soucis que je rencontre avec ma magie.
- Je comprends mieux, affirma Harry. Draco m'avait confié que tu avais des soucis mais il a été très vague à ce sujet. Il m'a dit que si je te le demandais, tu m'en parlerais sûrement. Sauf que je n'aurais jamais osé aborder le sujet directement avec toi... Mais du coup, c'est beaucoup plus clair grâce à ce que tu viens de me dire. J'espère juste que ce n'est pas trop grave, tes soucis de magie.
- Non, c'est plus handicapant qu'autre chose. Ça se soigne, mais j'ai été diagnostiqué tard, alors il faut trouver le bon traitement. En vrai, je t'ai fait un très bref résumé car c'est beaucoup plus compliqué que ce que je t'ai dit.
- Je me suis fait une raison, rien n'est jamais simple avec toi, rigola Harry. Enfin, je dis ça mais je ne suis pas mieux. Du coup, cette potion que tu dois prendre, c'était ça dont tu parlais quand tu m'as dit qu'il y avait juste un truc à surveiller ?
- Tout à fait. C'est pour ça que je ne suis pas totalement sûr de pouvoir sortir demain midi. Il se peut qu'elle ait des effets indésirables, mais même s'il y en a, ce ne serait pas très méchant. Le professeur Snape est très confiant, en tout cas. Il est quasiment sûr que je serai sorti d'ici demain soir. Bon, par contre, il m'a dit que je devais manger davantage. Sauf qu'ici, je n'ai pas faim du tout.
Harry regarda la petite table roulante de Théo et vit qu'il y avait en effet une pomme qui n'avait pas été entamée. Théo suivit son regard et grimaça.
- Mme Pomfresh m'a forcé à garder la pomme. Elle veut que je la mange mais je n'en ai vraiment pas envie.
- Oui bah tu vas faire un effort, décréta fermement Harry. Juste la moitié et je mange l'autre. Ça te va ?
Théo sembla vouloir protester mais il céda face au regard de Harry.
- D'accord, finit-il par accepter.
Satisfait, Harry prit la pomme ainsi que le couteau que Mme Pomfrey avait laissé à Théo.
- Dis donc, l'infirmière n'a pas peur que tu te suicides pendant la nuit, plaisanta-t-il.
- Pffff, t'es bête, pouffa Théo. Enfin non, pas tant que ça. C'est vrai que je pourrais en profiter. Mais je n'en ai pas l'intention.
- J'espère bien ! Enfin bon, je n'ai pas trop à m'en faire avec Snape qui va passer régulièrement pour voir comment tu su... AOUCH !
Harry porta vivement à sa bouche le doigt qu'il venait de se couper. Mais cela ne fit qu'accroître la douleur. Il regarda son doigt et vit qu'il se l'était méchamment entaillé. Cela alerta évidemment son ami :
- Attends, ne fais rien, je vais appeler Mme Pomfrey !
Théo sauta de son lit et alla chercher l'infirmière sans que Harry n'ait le temps de réagir. Il essayait d'endiguer le flot de sang mais ce n'était pas facile car ça saignait vraiment beaucoup. Théo revint peu de temps après mais en compagnie de Snape et non de Mme Pomfrey.
- Merlin, on ne peut pas vous laisser seuls ensemble ne serait-ce qu'une heure sans qu'il n'arrive une catastrophe !
- Je me suis juste coupé le doigt, ça va, ronchonna Harry.
- Eh bien vous avez dû y mettre tout votre coeur pour que ça saigne autant ! C'est étonnant que vous ne vous soyez pas déjà évanoui. Bon, retournez dans votre lit, je vais m'occuper de vous. M. Nott, prenez votre potion si ce n'est pas déjà fait, je viendrai comme prévu vers vingt-et-une heures pour voir si vous la supportez bien. Allez, en route, M. Potter.
Harry suivit son professeur de mauvaise grâce. Il se réinstalla dans son lit et laissa Snape examiner son doigt.
- Comment vous êtes-vous fait ça ?
- En voulant couper une pomme pour Théo. Je parlais, je ne faisais pas attention à ce que je faisais et le couteau en a profité pour entailler mon doigt.
- Vous n'avez pas fait semblant. Vous allez avoir mal pendant plusieurs jours mais ensuite, ça va vite passer. Là, pour l'instant, il faut faire en sorte que ça arrête de saigner.
Snape utilisa alors une méthode efficace pour stopper le saignement.
- Bon, ce n'était pas si terrible que ça, ça s'est vite arrêté, je n'ai pas perdu de sang au point d'avoir besoin d'être transfusé, relativisa Harry.
- S'il n'y a que ça qui vous rassure... maugréa Snape. Mais ce n'est pas avec une coupure au doigt que vous auriez eu besoin d'être transfusé. De plus, pour procéder à une transfusion, il aurait déjà fallu connaître votre groupe sanguin. Or, je n'ai pas cette information dans votre dossier. Je ne vous l'ai pas demandée lors de votre convalescence parce que ça ne s'était pas avéré nécessaire mais vu la facilité que vous avez à vous blesser, il serait préférable que je sache votre groupe sanguin. Le connaissez-vous ?
- Non, avoua Harry, piteux.
- N'ayez pas honte, vous êtes loin d'être le seul à ne pas connaître votre groupe sanguin. Ce n'est pas quelque chose que tout le monde sait. Si vous voulez, je peux vous faire un test assez rapide pour que vous le sachiez.
- Je veux bien. Au moins, ce sera fait.
- Sage décision. Je vais devoir prélever une goutte de votre sang pour pouvoir effectuer le test. C'est à peu près la seule chose que sait faire la médicomagie au niveau sanguin. Elle est très en retard par rapport à la médecine moldue. C'est bien pour ça que les hôpitaux sorciers travaillent en partenariat avec les seuls hôpitaux semi-magiques du monde moldu. Il n'y en a qu'un par pays et ils sont d'une grande utilité. Heureusement, pour un simple test de groupe sanguin, il existe un sort. Donnez-moi l'index de votre main droite.
Harry obéit et présenta son doigt au professeur Snape. Celui-ci recueillit une goutte de sang, puis il lança divers sorts avant de pointer le bout de sa baguette sur un parchemin vierge. De là où il était, Harry vit un certain nombre de lignes apparaître. Il leva les yeux vers Snape qui lisait attentivement le parchemin. À un moment, ce qu'il lut dut le choquer car il fixa le parchemin avec un air stupéfait. Cela inquiéta Harry.
- Que se passe-t-il, professeur ? Quelque chose ne va pas ?
- J'ai dû me tromper quelque part. Je suis désolé, je vais devoir refaire le test...
Comprenant le message, Harry tendit de nouveau son index à Snape, mais cette fois de l'autre main. Snape refit le test et sembla attendre avec appréhension les lignes qui allaient s'afficher sur le bout de parchemin. Lorsqu'elles apparurent, une profonde perplexité se lut sur le visage de Snape.
- Professeur, qu'est-ce qu'il y a ? s'angoissa Harry.
- Le sort n'a pas l'air de fonctionner sur vous. Enfin, si, mais le résultat est complètement improbable.
- Pourquoi ? Qu'est-ce que révèle le sort ?
- Ce sort permet de connaître votre groupe sanguin mais aussi les allèles dont vous avez hérité. Est-ce que vous savez ce que sont les allèles ?
- Oui, j'ai des notions à ce sujet.
- Vous savez alors que votre groupe sanguin dépend de ces allèles. Le sort devrait donc en révéler deux, c'est-à-dire un de chacun de vos parents. Or, dans votre cas, il en révèle trois.
Tout comme Snape quelques minutes plus tôt, Harry resta stupéfait un moment.
- Mais... ce n'est pas possible, finit-il par dire. Je ne peux pas avoir trois parents...
- Non, et c'est bien pour ça que cette explication est à bannir. Je ne sais pas pourquoi le sort affiche trois allèles pour vous mais ce n'est pas normal.
- Est-ce qu'il y a un moyen d'élucider ce mystère ?
- Il y a des tests qui peuvent être faits, oui. Mais je ne vous forcerai pas à les faire si vous n'avez pas envie de savoir. En revanche, si vous désirez éclaircir ce mystère et si vous êtes d'accord pour faire les tests, je vais devoir en parler avec votre parrain. Vous êtes mineur, donc je ne peux pas vous faire faire des examens sans sa permission.
- Cette histoire m'intrigue, alors je veux bien faire ces tests. Et je pense que Sirius sera d'accord.
- Je lui en parlerai dès que j'aurai assez de temps pour cela. Ce n'est pas une discussion que nous pouvons avoir entre deux cours. Et ce n'est pas urgent en soi, cela peut donc attendre. Bon, pour ce qui est de votre doigt, comme je vous l'ai dit, il va être douloureux pendant plusieurs jours mais si vous le soignez bien avec ce que je vais vous donner, ça devrait aller. Cela ne vous empêchera pas d'écrire, en tout cas.
- Tant mieux, soupira Harry, soulagé. Déjà que je suis privé de pratique...
- Ce n'est que provisoire. Je saurai demain midi quand vous pourrez reprendre la pratique. Jeudi me semble un peu tôt, je dirais plutôt vendredi ou lundi au plus tard pour être sûr de ne vous faire courir aucun risque.
- Je comprends, affirma Harry. Même si je vais trouver le temps long, je préfère ça plutôt que mettre mes camarades en danger. Et me mettre en danger moi-même, bien sûr.
- Bien, vous êtes raisonnable. Je vais vous laisser, je dois retourner m'occuper de quelques patients. Cinq élèves sont venus en même temps il y a environ une heure, l'infirmière est donc débordée.
- Oui, j'ai entendu qu'il s'agissait des joueurs de l'équipe de Gryffondor. D'après ce que j'ai compris, la capitaine a obligé l'équipe à s'entraîner alors que les conditions météorologiques ne s'y prêtaient pas du tout et ça a fait des dégâts. Je suis bien content de ne pas encore avoir repris le Quidditch.
- Normalement, vous pourrez réintégrer l'équipe dans deux semaines mais on en parlera d'ici là lors d'une séance de thérapie.
Harry acquiesça. Snape lui souhaita un bon repos puis il s'en alla. Harry attendit d'être sûr qu'il soit parti voir quelqu'un d'autre avant de se lever de son lit. Il passa ses rideaux et se dirigea vers ceux de Théo. Lorsqu'il les ouvrit, il découvrit son ami profondément endormi. Cela l'étonna car lorsqu'il l'avait quitté une heure plus tôt, il ne semblait pas du tout fatigué. Il avait dû avoir un coup de barre. Ce genre de choses ne prévenaient jamais. Harry préféra donc le laisser se reposer. Mais alors qu'il s'apprêtait à franchir les rideaux, il sentit qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Il se retourna et regarda attentivement Théo. Il remarqua qu'il était pâle. Harry s'avança vers lui et pressa doucement son épaule afin d'essayer de le réveiller. Mais Théo ne réagit pas. Harry le secoua alors un peu plus fort. Toujours pas de réaction. La panique commença à gagner Harry.
- Théo, fais pas l'idiot, réveille-toi, murmura-t-il.
Il continua à le secouer mais il comprit que ça ne servait à rien. Mais qu'est-ce qui lui était arrivé ?! Une heure auparavant, il se portait comme un charme ! Harry ne réfléchit pas plus longtemps, passa à travers les paravents et cria :
- Professeur ! Venez vite !
Snape émergea aussitôt des paravents d'un autre élève.
- Que se passe-t-il ? demanda-t-il, inquiet.
- Théo ne veut pas se réveiller, dit Harry, la voix tremblante. Il est pâle, je ne sais pas ce qu'il a...
Snape fila immédiatement vers le lit de Théo. Plusieurs minutes passèrent pendant lesquelles Harry regarda son professeur examiner Théo.
- Oh Merlin...
- Qu'est-ce qu'il a ? interrogea Harry, terriblement inquiet.
- Il a fait un choc anaphylactique. Retournez dans votre lit, j'ai besoin que le passage soit libre.
- Mais il va s'en sortir ?
- Je vais tout faire pour.
Harry sentit les larmes lui venir aux yeux. Il n'eut pas besoin que Snape lui répète de s'en aller pour qu'il le fasse. Alors qu'il marchait vers ses paravents, il tomba sur Ernie qui accompagnait un élève.
- Oh, Harry, tu vas bien ? s'enquit le préfet.
Il parut regretter sa question en voyant le regard de son camarade.
- Harry, ça va ? ajouta-t-il, l'air anxieux.
Harry secoua lentement la tête.
- Théo ne va pas bien. Tu pourras prévenir Justin qu'il ne retournera pas en cours tout de suite ?
- Oui, mais ce n'est pas trop grave, j'espère ?
Harry baissa les yeux.
- Je ne peux pas trop en dire mais... peut-être vaudrait-il mieux que Justin vienne le voir. Je compte sur toi pour lui passer le message. Au revoir, Ernie.
Harry prit congé du préfet et rejoignit son lit. Il s'y affala sans aucune grâce. Il se demanda combien de personnes allait-on encore lui prendre avant que les larmes ne finissent par se mettre à couler sur ses joues.
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Dans le même temps, POV Justin
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- À quoi tu penses ?
La question d'Emily fit sortir Justin de sa rêverie. Il tourna la tête vers sa petite-amie et s'efforça de lui sourire.
- À rien.
- Tu avais l'air bien soucieux, pourtant.
- Je me disais juste que j'avais de la chance de t'avoir. Tu es toujours là pour passer du temps avec moi. Je ne vois pas beaucoup mes amis, en ce moment. Ernie et Hannah n'ont pas une seconde à eux avec toutes leurs obligations et Susan est souvent avec son binôme de travail. Quant à Théo, il passe le week-end à l'infirmerie.
- Tu as pu aller le voir ?
- Non, j'y suis allé à trois reprises et à chaque fois, il était occupé. J'ai abandonné pour aujourd'hui, surtout avec l'heure qu'il est. Et ça m'énerve. Je ne demandais pas grand-chose, juste le voir pendant une demie-heure... Mais apparemment, je ne suis pas le seul à vouloir lui rendre visite.
- Ce n'étaient peut-être pas que des visites, suggéra Emily. Il pouvait aussi être avec Mme Pomfrey ou avec le professeur Snape quand tu allais le voir. À mon avis, il doit être très surveillé.
- C'est très rassurant, ironisa gentiment Justin.
- Désolée, s'excusa Emily, amusée. Mais je peux te faire changer les idées, si tu veux.
Justin n'eut pas le temps de répondre qu'Emily l'embrassa en commençant à le caresser. Il répondit à son baiser et tenta d'apprécier ses caresses mais il savait d'ores et déjà que ça n'allait rien donner. Il n'eut cependant pas le courage de repousser Emily. Sauf que son manque d'entrain fit comprendre à celle-ci qu'il n'avait pas la tête aux câlins.
- Dis donc, tu as dépensé toute ton envie et toute ton énergie ce matin ? se moqua-t-elle.
Justin faillit grimacer à l'évocation de ce qui s'était passé le matin-même. Depuis la veille au soir, il pensait énormément à Théo. Il ne faisait même que ça. Il était impatient de pouvoir lui rendre visite. Il avait tellement envie de le voir, de le regarder, de s'assurer qu'il allait bien, de le serrer dans ses bras, de l'embrasser... C'était sur toutes ces pensées qu'il s'était endormi alors qu'il était avec Emily qui lui avait proposé de passer la nuit ensemble. Il avait accepté sans vraiment réfléchir et à présent, il le regrettait. Car à force de penser à Théo avant de sombrer dans le sommeil, il était arrivé ce qui devait arriver : il avait rêvé de lui. Et pas de la façon la plus innocente qu'il soit. Il avait déjà rêvé de Théo mais jamais de cette façon. Il n'avait même jamais fait de rêve érotique tout court. Résultat, au petit matin, il s'était réveillé avec une belle bosse dans son caleçon. Il était dans le dos d'Emily qu'il avait enlacée dans son sommeil et elle avait évidemment senti ce renflement au bas de ses reins. Et elle l'avait pris pour elle. Elle avait cru que c'était d'elle dont Justin avait rêvé et que c'était donc elle qui l'avait mis dans cet état. Elle avait sauté sur l'occasion et Justin n'avait rien pu faire. Car il savait très bien que ce ne serait pas parti tout seul. Il en avait donc honteusement profité. Mais durant tout le rapport, il s'était efforcé de ne penser à rien. S'il s'était concentré sur ce qui se passait, sur Emily qui était en-dessous de lui, l'excitation serait retombée. Et il n'avait surtout pas voulu penser à Théo. Pas dans un moment pareil. Il avait catégoriquement refusé de l'associer à ça, lui qui était si pur et innocent. Déjà qu'il se sentait mal d'avoir fait un rêve érotique dans lequel il figurait... Il savait qu'il n'y avait rien de plus normal, que ça pouvait arriver à tout le monde mais il avait l'impression qu'il n'avait pas le droit de rêver ainsi de Théo. Quoi qu'il en soit, il s'en voulait énormément d'avoir eu ce rapport avec Emily alors qu'il souhaitait bientôt la quitter.
- Je crois que je suis juste un peu fatigué, prétendit-il.
- C'est être allé à l'infirmerie plusieurs fois qui t'a épuisé ?
- Il faut croire, plaisanta Justin. Non, en vrai, ça m'a plutôt réveillé car à part ça, je n'ai presque rien fait de ma journée. Mais c'est bien connu que rien faire, ça fatigue. En fait, aujourd'hui, j'étais en mode «moins j'en fais, mieux je me porte».
- Je comprends. Tant pis, ce sera pour une autre fois.
«Non, il n'y aura pas d'autre fois» pensa fermement Justin. Mais il se garda bien de le dire à Emily. Il allait devoir la repousser jusqu'à ce qu'il la quitte. Il avait prévu d'attendre un mois s'il s'avérait qu'il n'y avait pas de grossesse. Cela ne faisait que deux jours qu'Emily avait fait le test. Il lui restait plus de trois semaines à tenir. Ça allait être long. Surtout qu'à cause du rapport qu'ils avaient eu le matin-même, Emily devait penser que leur relation était repartie de plus belle... Alors qu'il n'en était rien. Il réalisa alors soudain à quel point cette relation était devenue malsaine. La réalité le frappa de plein fouet. Ça ne pouvait pas continuer comme ça. Il n'allait jamais pouvoir tenir ne serait-ce que dix jours de plus dans cette situation. Il fallait qu'il rompe et vite. Mais qu'allait croire Emily s'il la quittait maintenant alors qu'ils ne savaient que depuis deux jours qu'il n'y avait pas de bébé ? Et si elle le prenait mal à cause du fait qu'ils avaient couché ensemble le jour-même ? Et si elle faisait le lien avec Théo ? Non, il ne pouvait pas rompre tout de suite. Il y avait trop de risques qu'elle devine tout. Il devait attendre. Il retint un soupir en se rendant compte qu'il avait totalement changé d'avis en à peine deux minutes. Et il n'était pas à l'abri de revenir rapidement sur sa décision. Bon sang que c'était compliqué... Il venait tout juste de se faire cette réflexion lorsque la porte du dortoir s'ouvrit brusquement.
- Justin ! cria la voix d'Ernie.
Justin sentit son coeur manquer un battement en entendant son meilleur ami l'appeler ainsi d'un air aussi paniqué. Cela ne lui ressemblait pas du tout. Alarmé, Justin se redressa d'un bond et passa la tête à travers ses rideaux.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta-t-il.
- C'est ton binôme. Je n'étais pas de ronde aujourd'hui et en plus ce n'était pas l'heure mais j'étais en train de faire un tour dans le château car j'avais besoin de marcher et j'ai croisé un élève qui n'allait pas bien du tout. Je l'ai donc emmené à l'infirmerie et quand je suis entré, je suis tombé sur Harry qui rejoignait visiblement son lit. Je lui ai demandé comment il allait et j'ai vu qu'il avait les larmes aux yeux. Il m'a dit que Théo était mal en point et que tu ferais mieux d'aller le voir. Je ne sais pas ce que Théo a exactement mais Harry avait l'air bouleversé. Ça date d'environ une heure. Je n'ai pas pu venir aussitôt, j'ai dû faire plusieurs fois mon devoir de préfet en revenant de l'infirmerie mais tu devrais vraiment y aller le plus vite possible.
Justin resta figé pendant quelques secondes avant de réagir et de se lever d'un coup. Il ne prit même pas la peine de dire quoi que ce soit à Emily et se rua hors du dortoir. Il se précipita vers l'infirmerie où il arriva quelques minutes plus tard. Il entra et s'immobilisa, cherchant Mme Pomfrey du regard. Celle-ci ne tarda pas à se montrer.
- Ah, M. Finch-Fletchley, c'est encore vous. Je suis navrée mais vous ne pouvez pas voir M. Nott.
- Pourquoi ? Il est encore avec quelqu'un ? Ou vous ne voulez tout simplement pas que je le voie ?
- Ne le prenez pas pour vous, M. Finch-Fletchley...
- Mais ça fait quatre fois que vous refusez que je le vois !
- Les trois premières fois, il y avait déjà quelqu'un avec lui, là il...
- Poppy ? Que se passe-t-il ?
Justin tourna la tête et vit la tête du professeur Snape à travers les paravents d'un patient.
- M. Finch-Fletchley souhaite voir M. Nott. Je lui ai dit qu'il ne pouvait pas mais...
- Au contraire, laissez-le venir, coupa le professeur Snape.
- Mais Severus...
- Laissez, je vous dis. Peut-être que la présence de son binôme lui donnera l'envie de se battre.
Justin se sentit blêmir en comprenant que Théo se laissait aller. Il ne pouvait pas rester là sans rien faire ! Il devait faire quelque chose ! Il ne pouvait pas laisser une telle chose arriver ! Il comprenait pourtant pourquoi Théo renonçait à se battre, lui qui avait déjà beaucoup trop souffert, mais il avait justement déjà surmonté trop d'épreuves pour abandonner maintenant ! Justin ne savait pas ce que Théo avait mais il était persuadé que son binôme pouvait s'en sortir s'il le voulait vraiment.
- Venez, M. Finch-Fletchley.
Justin ne se fit pas prier et suivit le professeur Snape jusqu'au lit de Théo.
- Je compte sur vous, dit gravement Snape. J'ai réussi à le sauver mais il est dans une sorte de coma dont lui seul peut décider d'en sortir. Je ne peux pas le forcer à se battre. Il a d'ores et déjà décidé de rester dans cet état. Il aurait dû réagir un minimum mais il ne l'a pas fait. Cette épreuve est celle de trop pour lui. Mais il peut changer d'avis si une personne à qui il tient beaucoup lui dit ce qu'il faut. J'avais bien pensé à quelqu'un mais il est totalement dévasté. Il ne serait pas d'une très grande aide. Je sais quels sont les sentiments qui vous unissent à M. Nott. C'est pour ça que je fais appel à vous. Il est temps de le lui dire, M. Finch-Fletchley.
Snape s'en alla sur ces mots, laissant derrière lui un Justin sonné. Il ne s'attendait pas à recevoir un tel conseil de la part de son professeur de potions. Il venait de lui faire implicitement comprendre ce qu'il devait dire à Théo. Et Justin ne savait pas s'il en était capable. Il avait déjà failli le lui dire une fois et Théo l'en avait empêché à temps, respectant son désir d'attendre la rupture avec Emily pour lui dire ces mots qu'il espérait pourtant tant entendre. Et là que Justin devait les prononcer, il n'était même pas sûr de pouvoir le faire. Ce n'était pas du tout comme ça qu'il s'était imaginé dire ces trois mots pour la première fois à Théo. Il aurait préféré qu'il soit conscient et en pleine forme. Au lieu de ça, il était dans une sorte de coma et il était pâle comme un cachet d'aspirine... Mais s'il n'y avait que ça pour le sauver... Il prit son courage à deux mains et se lança :
- Théo, c'est moi, Justin. J'ai essayé de venir te voir à trois reprises aujourd'hui mais à chaque fois, il y avait déjà quelqu'un avec toi. C'est bien beau d'être populaire comme ça mais moi aussi, je voulais te rendre visite ! J'espère qu'il n'y aura pas de prochaine fois mais si jamais tu te retrouves encore une fois à l'infirmerie, je n'en ai rien à faire, on va instaurer un roulement ! Il n'y a pas de raison pour que ce soient toujours les mêmes qui puissent te voir. Je plaisante, hein. Je suis ravi que tu aies autant de personnes qui se soucient de toi. Tu es bien entouré. Je suis sûr qu'il y en a eu d'autres qui ont voulu te voir et qui n'ont pas pu. Est-ce que tu as une idée du nombre de personnes qui tiennent à toi ? Il y a tes amis de toujours, Draco, Blaise et Pansy, il y a Hermione, il y a la fille de Serdaigle qui est en quatrième année et dont j'ai oublié le nom, il y a Harry, il y a le professeur Snape et il y a moi. Est-ce que tu veux vraiment faire de la peine à tous ces gens-là en refusant de te battre ? Est-ce que tu veux vraiment te laisser aller alors que tu es sorti vivant de bien d'autres épreuves tout aussi dures ? Est-ce que tu veux vraiment laisser ton bourreau gagner ? Tu as de la volonté, Théo. Tu ne peux pas abandonner comme ça. Tu dois te battre. Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour tous ceux qui t'ont toujours soutenu et qui t'aiment. J'en fais partie. Tu sais, c'est bête de vouloir rester comme ça car tu ne vas pas pouvoir m'empêcher de dire ce que je vais te dire. Tu m'as retenu à temps il y a quelques jours mais là tu ne peux rien faire. Alors je vais te le dire maintenant.
Justin prit la main de Théo dans la sienne.
- Je t'aime, Théo. Je t'aime comme je n'ai jamais aimé personne avant. Tu es tout pour moi. Depuis vendredi soir, je ne pense qu'à toi. Même avant ça, ça fait des mois que je ne pense qu'à toi. Ce que je ressens pour toi est tellement fort que je ne pourrais même pas te le décrire. C'est quelque chose qui vient du plus profond de mon être. Ça me fait parfois mal tant je t'aime. Je voudrais passer tout mon temps avec toi. Tu me manques dès que tu es loin de moi. Je n'ai jamais été aussi heureux que depuis qu'on a commencé à se rapprocher. Je t'aime, Théo. Je ne veux pas te perdre alors s'il te plaît, bats-toi.
Justin prononça ces derniers mots d'une voix suppliante. Il déposa un baiser sur les lèvres de Théo et plongea son visage dans le cou de son petit-ami. Malgré toute sa bonne volonté, il ne put retenir ses larmes qui en profitèrent pour couler sur ses joues. Il se contenta cependant de sangloter dans le cou de Théo alors qu'il aurait voulu hurler sa douleur et sa peine. Il avait tellement peur. Il ne savait pas si Théo l'avait entendu. Il ne savait pas s'il avait réussi à lui faire changer d'avis. Il ne savait pas s'il allait s'en sortir. Il ne savait rien et c'était tout simplement horrible d'attendre sans savoir. Mais alors qu'il mouillait l'oreiller de Théo de ses larmes, il sentit un doigt glisser doucement le long du dos de sa main. Il crut avoir rêvé mais le sens inverse que prit le doigt lui fit comprendre que non, il ne rêvait pas. Il redressa la tête et regarda le visage de Théo. Il avait toujours les yeux fermés mais ses sourcils étaient légèrement froncés. Le doigt arrêta ses mouvements mais les sourcils restèrent froncés. Il se passa plusieurs minutes sans que rien ne bouge. Justin ouvrait la bouche pour appeler Théo quand les doigts de celui-ci se refermèrent violemment autour de la main de Justin. Ses traits se crispèrent tout aussi brusquement, trahissant une souffrance claire et visible. Justin ne laissa pas la panique l'envahir, récupéra sa main et courut chercher le professeur Snape. Il le trouva près des paravents d'un patient, en train de discuter avec Mme Pomfrey.
- Professeur, Théo vient de réagir mais il a l'air d'avoir mal, je ne sais pas ce qui lui arrive !
Le professeur Snape se retourna mais ne sembla pas alarmé par ce que venait de dire Justin.
- Tout va bien, M. Finch-Fletchley, vous n'avez pas à vous en faire, c'est tout à fait normal. Je vais le soulager, vous pouvez venir avec moi.
Justin suivit de nouveau le professeur Snape jusqu'au chevet de Théo. Il regarda chaque geste que le médicomage effectua. Il le vit injecter plusieurs produits qui semblèrent faire effet puisque les traits de Théo se détendirent très vite. Sa souffrance parut se dissiper.
- Voilà, il va aller beaucoup mieux maintenant. Il est sorti d'affaire.
- Mais pourquoi il a eu l'air de souffrir comme ça ?!
- Parce que je l'ai sauvé de son choc anaphylactique mais je n'ai pas pu lui injecter d'anti-douleurs. C'était trop puissant pour que son coeur puisse le supporter à ce moment-là. Il était beaucoup trop faible. M. Nott ne ressentait pas les douleurs dues au choc anaphylactique tant qu'il était inconscient mais dès qu'il est revenu à lui, il les a senties et c'est pour ça qu'il était aussi crispé. Mais il ne s'est pas réveillé pour autant.
- Oui, il semblait être entre le sommeil et le réveil.
- C'est cela.
- Mais pourquoi avait-il besoin d'anti-douleurs ? Et pourquoi est-il tombé dans cette sorte de coma ? Ça fait toujours ça, un choc anaphylactique ? D'ailleurs, qu'est-ce qui a causé ce choc ?
- Les anti-douleurs étaient nécessaires pour traiter les douleurs abdominales qui peuvent survenir lors d'un choc anaphylactique, ainsi que d'autres douleurs qui sont propres au cas de Théo. Le choc a été dû à une potion que je lui ai fait ingérer. J'ignorais qu'il était allergique à l'un des composants. Elle était censée aider à contrôler sa magie mais ça a eu tout l'effet inverse. Sa magie s'est emballée en lui et l'a plongé dans ce coma dans lequel il était. Il l'a protégé de toutes sortes de douleurs mais comme je vous l'ai dit, quand il a repris conscience, il a tout ressenti d'un coup et c'est pour ça qu'il était crispé. Les douleurs propres à son cas dont je vous parlais étaient liées à l'emballement de sa magie. Mais là, il va beaucoup mieux. Il devrait revenir complètement à lui d'ici demain matin. Ça ne pouvait pas se faire d'un coup. Il revient de loin. En tout cas, vous avez dû trouver les bons mots.
- J'ai juste suivi vos conseils. Et ça a marché. Je suis plus que soulagé de savoir qu'il s'en est sorti. Il va devoir rester un moment à l'infirmerie, j'imagine ?
- Oui, une bonne semaine, je pense.
- Est-ce qu'il sera suffisamment remis pour...
Justin ne termina pas sa phrase mais le professeur Snape comprit ce qu'il voulait dire.
- Il sera peut-être encore légèrement faible mais ça devrait largement aller. Il pourra tenir le coup. Il n'est resté qu'un peu plus d'une heure dans cette sorte de coma, ce n'est rien et c'est en grande partie grâce à ça qu'il va pouvoir se remettre rapidement. Mais la situation était quand-même critique. J'ai pu le sauver très vite mais j'ai aussitôt vu que, de son côté, il avait lâché l'affaire. Votre intervention était essentielle. Vous l'avez sauvé, vous aussi. Je vais être honnête avec vous : je ne voyais pas d'un très bon œil cette relation que vous entretenez tous les deux car M. Nott semblait en souffrir mais vous avez visiblement fait le bon choix. Je n'ai aucun ordre à vous donner mais je voudrais que vous le rendiez heureux. Après tout, c'est un élève de ma maison, il est donc de mon devoir de veiller à son bien-être. Il a assez souffert comme ça, il a droit au bonheur.
- C'est promis, je le rendrai heureux, jura Justin.
- Je vous remercie. Vous pouvez y aller.
Justin souhaita bon courage à son professeur, embrassa Théo et quitta l'infirmerie. Sur le chemin de sa salle commune, il eut peine à réaliser tout ce qui venait de se passer en une demie-heure. Il avait eu peur de perdre Théo qui se laissait aller depuis une heure, il avait dû lui avouer son amour pour qu'il se décide à se battre, il avait réussi à le sauver, il avait ensuite de nouveau eu peur pour lui, le professeur Snape était intervenu, il lui avait annoncé que Théo était sorti d'affaire et il lui avait demandé de faire en sorte qu'il soit heureux. Tout cela semblait complètement dingue et irréaliste. Mais c'était pourtant vrai, aussi fou que cela puisse paraître.
Lorsque Justin arriva à sa salle commune, il monta aussitôt à son dortoir. Il vit qu'Emily était partie, ce que lui confirma Ernie. Justin le rassura au sujet de Théo, ils discutèrent un peu, puis ils allèrent se coucher. Justin était épuisé. Il avait besoin de repos. Il comptait bien aller voir Théo le lendemain et il devait être en pleine forme pour cela. Entre deux pensées tournées vers Théo, il songea à Emily et juste avant de s'endormir, il se promit de rompre avec elle dans le courant de la semaine suivante.
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(dimanche 11/02) POV Severus
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Severus avait l'impression qu'il ne verrait jamais le bout de ce week-end qui semblait durer une éternité. La journée de la veille avait été l'une des plus longues que Severus avait pu connaître jusque-là. Il n'avait cessé de jongler entre Harry, Théo, ses cours, ses copies, Harry, Théo, ses cours, ses copies, Harry, Théo, Harry, Théo, Harry, Théo... Il avait cru que le monde s'était effondré autour de lui lorsqu'il avait découvert Théo en choc anaphylactique. Il ne s'y attendait absolument pas. Tout avait basculé d'un coup. Il avait cru pendant une heure qu'il allait perdre son patient. Cette pensée lui était insupportable. Il s'était tellement investi auprès de Théo... Et c'était pourtant lui qui l'avait mis en danger en lui faisant ingérer cette potion qui lui avait causé ce choc anaphylactique. Comme il l'avait dit à M. Finch-Fletchley, Severus ne savait pas que Théo était allergique à un composant de cette potion. Mais cela ne l'empêchait pas de s'en vouloir. Il en avait fait des cauchemars pendant toute la nuit. Il avait fini par se lever à l'aube pour ne plus voir ces horribles scènes avec lesquelles son inconscient s'amusait à le torturer pendant son sommeil. Il avait été bien plus productif en étant éveillé. Il avait préparé des cours, il était allé voir ses deux patients, il avait un peu veillé sur Théo qui avait repris des couleurs et il s'était occupé de plusieurs autres élèves. Il était ensuite revenu dans ses appartements mais il était vite retourné à l'infirmerie. Il y avait passé le reste de la matinée et il était actuellement en train de voir avec Poppy les potions qu'il manquait.
- Il reste des potions contre la toux, contre les nausées, contre les vertiges, mais il ne reste presque plus de potions anti-douleurs, de potions antipyrétiques et de potions d'hydratation.
- Bien, je préparerai tout ça dans la soirée. Ça va tenir jusque-là ?
- Oui, largement.
- D'accord, c'est noté. Est-ce que vous vous sentez prête à vous occuper de M. Nott cet après-midi ?
- Il ne fera que dormir, d'après ce que vous m'avez dit. Donc, oui, ça devrait aller.
- C'est bien pour ça que j'ai avancé la séance de thérapie de M. Potter à aujourd'hui. Mais s'il y a le moindre problème, je reste disponible.
- Je sais. Vous pouvez vous absenter sans crainte.
- Merci beaucoup, Poppy.
Severus récupéra son parchemin où il avait inscrit les potions nécessaires, sortit du bureau de Poppy et alla voir Harry. Lorsqu'il ouvrit les paravents, il vit que son patient était déjà prêt à partir.
- Eh bien, vous ne perdez pas de temps, constata-t-il.
- J'ai hâte de retourner à mon dortoir. Mais, avant ça, il y a la séance et j'ai également hâte qu'elle soit passée.
- Allons-y, alors.
Harry ne se le fit pas dire deux fois et voulut prendre sa valise mais Severus l'en empêcha.
- Non, laissez. Vous n'allez pas vous trimballer avec votre valise d'ici jusqu'à mes appartements et de mes appartements jusqu'à votre dortoir... Un elfe va s'en occuper. Je suis allé aux cuisines et il y en a un qui s'est aussitôt proposé.
- Ce doit être Dobby, dit Harry en souriant. Il sera ravi de faire ça pour moi. Je ne vais pas lui ôter ce plaisir. Je vous suis, alors.
Severus et Harry quittèrent ainsi l'infirmerie et se rendirent aux appartements de Severus. Une fois arrivés, ils s'installèrent dans le salon.
- Vous êtes sûr de vouloir faire cette séance aujourd'hui ? insista le professeur Snape.
- Oui, je me sens prêt et je veux vraiment passer à autre chose. Ça devient vital, là.
- D'accord, comme vous voulez. Passons à la séance, dans ce cas. Souhaitez-vous que je vous pose des questions ou préférez-vous gérer votre récit tout seul ?
- Je pense pouvoir gérer tout seul. Mais avant, c'est moi qui ait une question à vous poser. Par où je dois commencer ? Je veux dire, chronologiquement parlant ?
- Vu que le viol a eu lieu à votre réveil, il serait peut-être préférable de commencer par la soirée de la veille. Surtout s'il s'est passé des choses dont vous devriez parler.
- Oui, en effet. La veille au soir, j'avais rejoint Adrian dans son dortoir. On avait prévu de passer la nuit ensemble. Peu avant, j'avais eu une discussion avec Théo. Il avait réussi à me faire comprendre que tout le monde s'inquiétait pour moi et qu'Adrian m'éloignait de ceux que j'aimais. À ce moment-là, je pensais encore qu'Adrian avait vraiment une allergie et qu'il achetait des potions pour contrer les effets secondaires du traitement qu'il prenait pour son allergie. Mais j'étais presque sûr que son traitement ou les autres potions qu'il prenait avaient un effet négatif sur lui et qu'il devait en parler à quelqu'un. Il fallait juste que je le dise à Adrian et j'ai trouvé le courage de le faire en discutant avec Théo. J'ai donc eu une conversation avec Adrian le soir-même, je lui ai dit que je voyais moins mon entourage car il accaparait tout mon temps, je lui ai parlé de son comportement, de mes doutes sur ses potions, je lui ai conseillé de vous en parler, il m'a dit qu'il y réfléchirait, il m'a promis qu'il allait faire des efforts et qu'il me laisserait voir mon entourage plus souvent. Il s'était montré étrangement conciliant. J'aurais dû me douter de quelque chose. Il était déjà drogué, c'était évident. Mais je n'ai rien vu.
- Vous n'avez pas à vous en vouloir pour ça. Nous en avons déjà parlé, pour quelqu'un qui n'a jamais fait face à quelqu'un de drogué, c'était difficile de se rendre compte de quelque chose, surtout quand la personne concernée est proche de vous.
- Je sais mais ça me paraît tellement évident, maintenant...
- Cela vous aura servi d'expérience, même si tout cela n'aurait jamais dû arriver. Continuez, je vous prie.
- Il a attendu un peu puis il a commencé à me caresser. Je n'avais pas vraiment envie au début mais comme souvent, il a réussi à éveiller le désir en moi. Je pensais que ça allait être comme d'habitude, qu'on allait se donner du plaisir deux ou trois fois et d'une façon différente à chaque fois mais j'étais loin de ce qu'avait prévu Adrian. Il était insatiable. Je ne sais pas comment j'ai fait pour tenir aussi longtemps mais il ne m'a pas lâché jusqu'au milieu de la nuit. Pendant environ cinq heures, on a fait plusieurs fois ce qu'on avait l'habitude de faire. Mais je n'étais pas aussi endurant que lui, je n'étais pas comme lui, je n'étais pas sous l'emprise de la drogue, alors j'ai fini par ne plus avoir de réaction physique. Mais j'avais encore envie de m'occuper de lui et c'est ce que j'ai fait. Seulement, il a voulu me rendre la pareille au bout d'un moment et il a réussi à me faire réagir à plusieurs reprises. Mais j'étais vraiment fatigué, je n'ai donc plus tenu bien longtemps et je me suis endormi sur les coups de deux heures du matin. Je n'avais même pas pris de potion de sommeil sans rêves cette nuit-là tant il m'avait éreinté. Je n'ai fait ni rêves, ni cauchemars. J'aurais pu dormir d'une traite jusqu'à dix heures mais Adrian avait d'autres plans. Il m'a réveillé en m'embrassant dans le cou et en me caressant un peu partout. J'ai râlé, je lui ai dit que j'étais fatigué, que je n'avais pas envie mais il a fait la sourde oreille et il m'a touché plus intimement. Il voulait me faire réagir mais j'étais trop épuisé pour ça. Et puis je n'en avais vraiment pas envie. Je le lui ai répété mais il n'a toujours pas voulu m'écouter.
Harry s'interrompit. Severus n'avait pas besoin de connaître les faits pour deviner que le moment où M. Pucey avait franchi la ligne rouge approchait.
- Prenez votre temps, intima-t-il. Si vous avez besoin d'une pause, je comprendrais.
Harry acquiesça. Visiblement, une pause était vraiment nécessaire. Harry attendit plusieurs minutes avant de reprendre :
- Adrian a insisté. Il a continué ses baisers et ses caresses. J'ai commencé à perdre patience, j'ai tenté de le repousser et je lui ai fermement demandé de me laisser. Là non plus il ne m'a pas écouté. Il a poursuivi ses attouchements sans tenir compte de ce que je disais. C'était comme s'il ne m'entendait pas. C'était peut-être le cas. Il était sûrement dans une sorte d'état second.
- Je le pense aussi. Il n'était pas maître de lui-même et n'était pas en état de comprendre quoi que ce soit. Mais cela n'excuse pas son comportement pour autant. Que s'est-il passé ensuite ?
- J'ai essayé de le repousser une fois de plus et ça ne lui a pas plu du tout. Je ne sais plus ce qu'il m'a dit exactement, c'est un peu flou mais je me souviens qu'il était agacé, qu'il m'a fait des reproches et qu'il m'a dit qu'il en avait marre ou qu'il n'en pouvait plus ou un truc comme ça. Je n'ai pas compris tout de suite ce qu'il voulait dire par-là. J'étais toujours dos à lui, sur le ventre, alors je ne voyais pas ce qu'il faisait.
Harry s'interrompit de nouveau. Sa voix était devenue légèrement tremblante. De toute évidence, il s'était arrêté pour se ressaisir. Cette pause dura un peu plus longtemps que la première mais Severus ne le pressa pas et lui laissa tout le temps dont il avait besoin.
- J'ai senti quelque chose de dur contre mon intimité. J'ai paniqué et j'ai réagi au quart de tour. Je lui ai dit que je n'étais pas prêt du tout. Cette fois, il m'a entendu. Il s'est aussitôt excusé d'être allé trop vite. J'ai alors cru qu'il était revenu à la raison et qu'il allait enfin me laisser tranquille. Avec un peu de chance, j'allais peut-être même pouvoir dormir. Mais en réalité, il ne m'a pas bien compris quand j'ai dit que je n'étais pas prêt. Il a dû croire qu'il devait préparer le terrain. Alors que moi je voulais dire que je n'étais prêt à rien du tout à ce niveau-là. Je n'ai pas eu le temps de réaliser qu'il y avait eu un quiproquo.
Harry s'arrêta une troisième fois. Il avait l'air tellement mal que Severus fut tenté de mettre un terme à la séance afin de cesser la torture qu'il était en train de lui faire subir. Mais ce n'était pas la bonne solution. Harry devait continuer son récit pour se libérer de cet épisode traumatique qu'il gardait en lui depuis trop longtemps déjà. Severus savait que c'était difficile de raconter quelque chose d'aussi intime, que c'était gênant, que c'était compliqué de trouver les mots, mais c'était nécessaire. Sans ça, Harry ne pourrait pas complètement tourner la page. Il en était conscient et ce fut sans doute pour ça qu'il s'efforça de continuer son récit :
- J'ai senti deux doigts en moi d'un coup. Adrian n'a pas pris la peine de me prévenir et il y est allé sans douceur. C'était ma première... expérience de ce côté-là et je n'aurais jamais pensé que juste ça, ça ferait autant mal. Ça brûlait, c'était horrible. Je l'ai supplié d'arrêter mais il m'a juste conseillé de me détendre. Il m'a fait encore plus mal en bougeant ses doigts et en les écartant. Et la douleur a été cent fois pire lorsqu'il a forcé pour faire entrer un autre doigt. J'ai failli m'évanouir. J'aurais voulu le supplier de nouveau mais je ne pouvais plus parler. Ça m'a semblé durer une éternité avant qu'il ne retire ses doigts. Je savais ce qu'il allait arriver ensuite. Et je n'ai pas pu m'y résoudre. J'étais détruit mais je ne pouvais pas me résigner à perdre ma virginité comme ça. C'était stupide parce qu'en soi, il me l'avait déjà un peu volée mais je ne voulais pas qu'il aille jusqu'au bout. Je souhaitais préserver le peu de dignité qu'il me restait. Je savais que si je réussissais à me mettre sur le dos, j'aurais une chance de le repousser. Je lui ai donc demandé de me laisser me retourner. Il a dû croire que j'étais finalement consentant car il a aussitôt accepté. J'ai alors vu son regard pour la première fois depuis que j'étais réveillé. C'est là que j'ai compris qu'il était drogué en voyant ses pupilles complètement dilatées et ses yeux injectés de sang. J'étais tellement choqué que je n'ai pas fait attention à Adrian qui se positionnait entre mes jambes. Je ne suis revenu à moi que lorsque je l'ai senti pousser. Je l'ai violemment repoussé, je l'ai entendu tomber par terre mais je voulais à tout prix partir alors je ne me suis pas préoccupé de lui. Je me suis rhabillé en quatrième vitesse, j'ai pris mes affaires et j'ai quitté le dortoir puis la salle commune de Serpentard. J'ai rejoint la mienne, je suis monté à mon dortoir et je me suis écroulé sur mon lit. Je m'étais mis à pleurer sans le savoir. J'étais vraiment traumatisé et détruit de l'intérieur. Je voulais oublier ce qui venait de se passer alors je n'ai pas réfléchi et j'ai bu cinq potions de sommeil sans rêves. J'étais tellement plongé dans ma peine et ma douleur que je n'ai pas fait attention au goût qu'avaient les quatre premières fioles. Ce n'est qu'en buvant la cinquième que je me suis aperçu qu'elle avait un drôle de goût. J'ai alors eu un affreux doute. Je ne savais plus si j'avais placé le stock sous sort de fraîcheur et de conservation. J'avais apparemment oublié de le faire. Les effets se sont très vite fait sentir. J'ai eu de très violentes crampes abdominales, j'avais la tête qui tournait et j'ai rapidement senti la fatigue me tomber dessus. J'ai juste pu entendre la porte du dortoir s'ouvrir avant de sombrer dans l'inconscience. Voilà, vous savez tout, maintenant.
Harry termina son récit sur ces mots. Les yeux baissés, il semblait soudain fatigué. Et c'était tout à fait normal. Severus savait qu'il devait se sentir vide, tout à coup. C'était typique et ça allait passer. Harry venait de dévoiler quelque chose de douloureux qu'il gardait pour lui depuis deux mois, alors ça le vidait forcément d'un certain poids.
- Merci d'être allé au bout de votre récit, dit doucement Severus. C'était très important. À présent, je voudrais savoir comment vous vous sentez par rapport à tout ça.
- C'est assez confus, avoua Harry. Je me sens soulagé d'en avoir parlé. Mais j'ai toujours autant mal en y pensant. Je sais qu'Adrian était drogué, qu'il n'était pas dans son état normal, qu'il ne savait pas ce qu'il faisait, mais je n'arrive pas à comprendre comment il a pu insister alors que je n'arrêtais pas de lui dire que je n'en avais pas envie... Je ne comprends pas comment il a pu me forcer alors que je lui disais que j'avais mal et que je le suppliais d'arrêter... J'avais l'impression qu'il ne m'aimait plus, à ce moment-là. Qu'il voulait juste se servir de mon corps pour se donner du plaisir et se soulager. Ce n'était pas du tout l'Adrian que je connaissais. Il n'y avait que mon corps qui l'intéressait. Comme si je n'étais qu'un objet.
Harry s'interrompit et regarda Severus avec surprise.
- Je me sens bizarrement mieux, d'un coup. J'avais un gros poids sur le coeur qui vient de s'enlever. Ça faisait deux mois que je gardais ça pour moi, je ne pouvais en parler à personne et je ne pensais pas que j'avais autant besoin de me confier là-dessus...
- C'est bien pour ça que je vous ai incité à me parler de votre ressenti par rapport à tout ça. Vous ne pouvez pas vous sentir complètement mieux juste en ayant raconté ce qui s'était passé. Il faut aussi que vous vous exprimiez sur ce que vous avez sur le coeur. Pour rebondir sur ce que vous venez de dire, c'est normal que vous ayez du mal à comprendre le comportement de M. Pucey. Comme vous l'avez si bien dit, il était drogué et n'avait pas conscience de ce qu'il faisait. Il n'était pas lui-même. Vous avez raison quand vous dites que ce n'était pas le garçon que vous connaissiez. Lorsqu'il était drogué, il était une toute autre personne. Il n'a jamais voulu vous faire du mal. S'il n'avait pas pris ces potions, jamais il ne vous aurait fait tout ça. Mais, encore une fois, cela n'excuse rien. La drogue explique son comportement, mais elle ne l'excuse pas. J'insiste vraiment là-dessus.
Harry acquiesça.
- Ça me rassure beaucoup, ce que vous me dites. Je crois que c'était ce que j'avais besoin d'entendre. Qu'il n'aurait pas fait ça dans son état normal. Il m'avait toujours dit qu'il irait à mon rythme, qu'il ne me forcerait jamais à rien, qu'il attendrait le temps qu'il faudrait... Et il était vraiment sincère quand il disait ça. Il n'y avait que la drogue qui pouvait lui faire revoir ses promesses. Ça me fait du bien de réaliser tout ça. Mais il y a autre chose qui me chafouine.
- Je vous écoute. Cette séance sert à ratisser le sujet en long, en large et en travers. Vous devez être prêt à passer à autre chose quand vous sortirez d'ici. Bien sûr, si nous ne réussissons pas à boucler le sujet d'ici la fin de la séance, nous prendrons du temps lors de la prochaine séance. Ce n'est pas non plus obligé de tout traiter aujourd'hui. Alors allez-y, dites-moi ce qui vous chafouine.
- C'est un peu délicat... C'est à propos de l'acte en lui-même. Certes, Adrian n'a pas été doux du tout avec ses doigts, mais je ne comprends pas pourquoi ça a fait aussi mal... Parce que vu comment j'ai eu mal, je me dis que même avec de la douceur, ça doit être quand-même douloureux... Vous êtes médicomage, vous devez vous y connaître un peu, non ?
- En effet. Et vous faites bien d'en parler. Même si je me doute que ce n'est pas pour tout de suite, il vaut mieux que nous ayons cette discussion avant que vous n'ayez votre premier rapport.
Severus parla alors à Harry de tout ce qu'il devait savoir. Il insista sur l'importance du lubrifiant, de la préparation et, bien sûr, du consentement. Il sentit Harry terriblement gêné et désireux de mettre fin au plus vite à cette discussion. Mais il écouta pourtant attentivement tout ce que lui dit Severus. Il s'aventura même à poser quelques questions, son désir d'être suffisamment informé prenant le pas sur sa gêne. Severus ne pouvait s'empêcher d'être fier de son patient, ou de son élève. Ou de Harry, tout simplement. Tout cela n'était absolument pas facile pour lui et pourtant, il s'accrochait. Il avait une volonté de fer qui impressionnait Severus. Il répondit donc à toutes les interrogations de Harry et le rassura sur tout ce qui pouvait lui faire peur. Lorsque Harry estima qu'il n'avait plus rien à dire ou à demander à Severus, celui-ci mit fin à la séance. Lui-même ne voyait pas ce qu'il aurait bien pu rajouter. Ils avaient fait le tour et Harry semblait fin prêt à tourner la page. Il avait parlé de tout ce qu'il gardait pour lui depuis le viol et ils avaient traité chacune de ses craintes. La séance avait duré plus de trois heures mais Harry en ressortait apaisé et prêt à passer à autre chose et c'était tout ce qui comptait pour Severus. La thérapie portait ses fruits et c'était la plus belle des récompenses pour un psychomage.
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(lundi 12/02) POV Théo
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Théo ouvrit difficilement les yeux ce matin-là. Il avait l'impression d'avoir dormi des jours et des jours et il était pourtant encore fatigué. Il regarda autour de lui et se rendit compte qu'il était à l'infirmerie. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer pour qu'il atterrisse là ?! Avait-il fait un malaise ? Était-il tombé de son balai ? Avait-il été agressé ? Il n'en savait rien du tout. Tout était flou dans son esprit. Il essayait tant bien que mal de rassembler ses souvenirs lorsque ses paravents s'ouvrirent sur le professeur Snape.
- Ah, vous voilà réveillé. Comment vous sentez-vous ?
- Dans les vapes, répondit Théo sans réfléchir. Je ne comprends pas trop ce que je fais là, en fait.
- Vous ne vous souvenez pas de vous être réveillé ici et d'avoir appris que vous aviez été touché par une explosion ?
- Si, maintenant que vous le dites, ça me dit quelque chose. Oui, je m'en souviens, ajouta Théo alors que les choses se faisaient plus claires dans son esprit. Harry a été touché, lui aussi. Mais ni lui ni moi n'avons été gravement blessés. Harry a même pu venir me voir. Avant lui, il y a eu vous qui êtes venu m'examiner plusieurs fois et il y a eu aussi Draco. Mais la visite de Harry est la dernière chose dont je me souviens.
- C'est normal, peu après qu'il soit parti, vous avez bu une potion qui était censée être votre nouveau traitement. Elle ne vous a pas réussi du tout. Je ne le savais pas mais vous êtes allergique à un des composants et vous avez fait un choc anaphylactique. C'est Harry qui vous a découvert inconscient, vous étiez pâle et il n'arrivait pas à vous réveiller. Il m'a appelé, je suis venu et je me suis occupé de vous. J'ai réussi à vous sauver de justesse. Mais vous n'étiez pas sorti d'affaire pour autant car vous sembliez avoir décidé de ne pas vous battre.
Théo baissa les yeux. Il n'était pas vraiment surpris par cette information mais il avait honte.
- Vous n'avez pas à vous en vouloir, assura le professeur Snape. Après tout ce que vous avez subi, c'est normal que vous ayez voulu abandonner. Pensez un peu à tout ce qui vous est arrivé depuis la rentrée...
- Justement, je m'en suis toujours sorti, je n'aurais pas dû lâcher comme ça, répliqua Théo. Surtout après tout ce que vous avez fait pour moi... Ce n'est vraiment pas une façon de vous remercier.
- Je ne vous en veux pas, apaisa le professeur Snape. Au contraire, je vous comprends, même si je suis soulagé que vous soyez revenu à la raison. Mais n'oubliez pas que vous restez avant tout un être humain. C'est normal que vous ayez des moments de faiblesse. Heureusement, ça n'a pas duré trop longtemps.
Théo acquiesça. Il se mordit la lèvre, hésitant à dire quelque chose. Il finit par se lancer :
- C'était peut-être une hallucination mais j'ai cru entendre Justin me parler. Je crois que c'est ça qui m'a redonné l'envie de me battre. Il me disait des choses qui étaient destinées à me faire régir et ça a marché. Mais il m'a aussi dit des choses beaucoup plus personnelles. Des choses très belles. Ça m'a touché au plus profond de moi, même si j'étais inconscient. C'était un drôle d'état, en fait. Comme je le disais, j'étais peut-être tout simplement en train d'halluciner...
- Non, c'était bien la réalité. À vrai dire, c'est moi qui lui ait demandé de vous parler. C'était la seule solution que je voyais pour que vous changiez d'avis. Lorsque vous êtes sorti de votre inconscience, j'ai dû vous injecter des produits afin de calmer les douleurs provoquées par le choc anaphylactique. Je vous avais déjà partiellement sauvé, il n'en restait qu'à vous de sortir du coma dans lequel vous étiez plongé mais les effets du choc anaphylactique agissaient encore sur vous. En fait, j'avais juste sauvé vos fonctions vitales. C'était le plus urgent et c'était tout ce que je pouvais faire à cet instant. Vous étiez trop faible pour que je puisse vous injecter des anti-douleurs.
- Je comprends, affirma Théo. Mais tout ça, ça s'est passé quand ?
- Avant-hier soir. Vous vous êtes entièrement réveillé hier matin mais comme vous aviez besoin de beaucoup de repos, vos phases d'éveil n'ont pas duré très longtemps. C'est pour ça que vous ne vous souvenez pas de la journée d'hier. De nombreuses personnes ont voulu vous voir mais ça ne servait à rien, je leur ai donc demandé d'attendre aujourd'hui ou demain, le temps que vous vous reposiez un peu. Comme vos camarades finissent à quatorze heures aujourd'hui, ils vont probablement tous en profiter pour venir vous voir. Après, si vous vous sentez trop fatigué, je peux leur dire de revenir plus tard.
- Non, je pense que ça ira, dit Théo. Merci pour tout, professeur.
- Ne me remerciez pas. Surtout quand c'est moi qui vous ait mis en danger.
- Vous ne pouviez pas savoir, rétorqua Théo. Si vous m'avez fait boire cette potion sans vous poser de questions, c'est que ses composants ne sont pas connus pour être des allergènes. Encore une fois, je me démarque et ce n'est pas de votre faute. De plus, cette potion, c'était le seul traitement qui était encore susceptible de faire effet sur moi. On avait déjà tout essayé. Il fallait trouver quelque chose et vite pour canaliser ma magie qui était vraiment devenue incontrôlable. Bon, résultat, on n'a pas encore de solution mais au moins, on sait que ce traitement n'est pas pour moi.
Les mots de Théo semblèrent rassurer le professeur Snape. C'était un peu le monde à l'envers mais Théo savait que son directeur de maison avait de quoi s'en vouloir, même si rien n'était de sa faute.
- Vous avez entièrement raison, admit le professeur Snape. Enfin, à un détail près. Vous disiez que nous n'avions pas encore de solution, ce qui est vrai en soi, mais il y a peut-être un espoir qui serait provisoire mais qui nous laisserait du temps pour trouver un autre traitement.
- Comment ça ? interrogea Théo, intrigué.
- La potion que vous avez bue a certes failli avoir des conséquences dramatiques sur vous, mais il se peut qu'elle ait quand-même fait effet. Comme elle a provoqué chez vous une réaction très violente, elle a peut-être eu un fort impact sur votre magie. Comme je vous l'ai dit, ce ne serait que provisoire mais ça nous laisserait un peu d'air. Nous verrons cela quand vous reprendrez la pratique. Vous allez rester une semaine ici afin que vous vous remettiez doucement et vous pourrez retourner en cours lundi prochain si tout va bien.
- D'accord, je vais bien profiter de cette semaine de repos.
- Oui, je crois que même sans l'explosion et ce choc anaphylactique, vous en aviez besoin. Dormez, mangez, prenez vos potions et tout ira bien, dit gentiment le professeur Snape.
Théo acquiesça de nouveau et sourit à son directeur de maison qui lui souhaita une bonne matinée avant de partir. Il voulut suivre les conseils de son professeur à la lettre en faisant d'office une sieste mais Mme Pomfrey ne tarda pas à venir le voir.
- M. Nott, M. Finch-Fletchley souhaite vous rendre visite. Voulez-vous le voir ?
- Oui, avec grand plaisir, s'empressa Théo de répondre.
Mme Pomfrey hocha la tête et s'en alla. Elle revint très vite en compagnie de Justin. Théo sentit une douce chaleur l'envahir en voyant celui qui faisait battre son coeur. Justin attendit visiblement que Mme Pomfrey soit partie pour se tourner vers Théo et le prendre dans ses bras. Théo sourit, ému par ce geste spontané. Il profita de cette étreinte et enfouit son visage dans le cou de Justin. Ils restèrent un long moment ainsi, comme s'ils avaient peur de voir l'autre disparaître s'ils se séparaient. Ce fut Justin qui finit par rompre l'étreinte, mais tout en demeurant proche de Théo.
- Tu vas bien ? s'inquiéta Justin.
- Grâce à toi, oui, répondit Théo en souriant.
Justin dut comprendre à quoi il faisait référence car la gêne se lut sur son visage.
- Tu es au courant ? Ou tu t'en souviens ?
- Les deux à la fois, avoua Théo. Je ne te remercierai jamais assez pour ce que tu as fait. C'est grâce à toi si j'ai retrouvé l'envie et la force de me battre. J'étais partiellement sauvé mais je devais décider de sortir du coma pour m'en sortir. Tu as su trouver les bons mots et ce que tu m'as dit m'a beaucoup touché. Je ne me souviens plus exactement de tes mots mais sur le moment, je les ai bien entendus. Mais tu m'as surtout dit trois mots et j'aimerais que tu me les redises car j'étais inconscient donc ça ne compte pas.
Justin regarda Théo pendant quelques secondes, surpris, avant de sourire d'un air tendre et amusé. Il prit les mains de Théo dans les siennes et plongea son regard bleu dans celui noisette de Théo.
- Je t'aime, Théo. Je t'aime de tout mon être. Je suis le plus heureux des hommes quand je suis avec toi. Je ne veux plus passer une seule journée sans toi. Tu m'es indispensable. Quand tu n'es pas avec moi, c'est comme s'il me manquait une partie de moi-même. Une partie qui se comble dès que tu es près de moi. Il n'y a qu'avec toi que je me sens entier. J'ignorais que l'amour pouvait être aussi fort et je te remercie de me l'avoir fait découvrir. Tu m'as même fait connaître l'amour tout court car c'est la première fois que je tombe amoureux de quelqu'un. Bon sang Théo, je ne te le dirai jamais assez maintenant mais si tu savais comme je t'aime...
Théo sentit les larmes lui venir aux yeux face à ces mots qu'il avait tant voulu entendre. C'était plus qu'il n'aurait jamais espéré. C'était juste trop beau. Il dut faire appel à toute sa volonté pour ne pas se mettre à pleurer et ce fut avec difficulté qu'il répondit à Justin :
- Moi aussi, je t'aime, dit-il, la gorge nouée par l'émotion.
Il n'en fallut pas plus à Justin pour unir leurs lèvres et entraîner Théo dans un long baiser rempli de tendresse et d'amour. Il resterait longtemps gravé dans leur mémoire car c'était celui qui marquait le début de leur vraie histoire d'amour. Ils le rompirent uniquement lorsque le souffle commença à leur manquer. Ils détachèrent leurs lèvres mais pas leurs fronts. Ils se regardèrent et Théo fut remué par tout l'amour qu'il vit dans les yeux de Justin.
- J'ai tellement eu peur de te perdre, murmura celui-ci. Ne me refais plus jamais ça, Théo.
- Je vais essayer, promit Théo. Mais je ne contrôle rien, tu sais. Il m'arrive toujours plein de choses sans que je ne puisse rien y faire. Mais je te promets de me battre de moi-même si je me retrouve une nouvelle fois dans le coma. Je n'attendrai pas que tu viennes me le demander. C'est juste que là, c'était la goutte de trop, je n'en pouvais plus, j'étais épuisé par tout ce qui me tombait dessus depuis l'été dernier et c'est sûrement pour ça que j'ai voulu me laisser aller. Mais je ne recommencerai pas, je te le jure.
- Je te crois, affirma Justin. Tu as plein de gens autour de toi, tu sais.
- Oui, et c'est aussi pour eux que je ne dois plus abandonner.
Théo baissa les yeux vers ses mains.
- Je suis désolé de t'avoir poussé à me dire que tu m'aimais alors que tu voulais attendre. Ce n'était pas comme ça que ça devait se passer.
- Non, mais c'est très bien ainsi. Ça m'a fait prendre conscience que je devais faire ce que j'aurais dû faire il y a un bon moment déjà.
Théo sentit son coeur manquer un battement en comprenant ce que ça voulait dire.
- Tu vas quitter Emily ?
Justin acquiesça.
- Ça ne peut plus attendre. Je ne peux plus être avec elle et avec toi en même temps. Je dois clarifier la situation. Je veux me consacrer à nous deux et pour ça je dois être entièrement libre.
- Ça me touche énormément, dit sincèrement Théo. Mais je ne veux pas que tu te sentes obligé de le faire...
- Non, crois-moi, je me sentirai bien mieux une fois que ce sera fait. Je veux profiter à fond de notre histoire. On a déjà perdu assez de temps comme ça.
- Tout à fait d'accord. Tu as une semaine devant toi, plaisanta Théo. Je sortirai sûrement dimanche soir et je retournerai en cours le lendemain matin.
- Ce sera fait d'ici là, assura Justin.
Théo acquiesça en souriant.
- Je veux bien un autre baiser, annonça-t-il, taquin.
Justin sourit à son tour et s'empara de nouveau des lèvres de Théo. Ils savaient qu'ils pouvaient être surpris à tout moment par Mme Pomfrey mais ils savaient aussi qu'elle ne dirait rien dans le sens où elle garderait ça pour elle. Ils profitèrent alors de ce moment qui leur était accordé et passèrent leur temps à s'embrasser et à se murmurer des mots doux, comme de vrais amoureux.
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(mercredi 14/02) POV Draco
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Draco se demandait parfois comment faisait Severus pour parler sans jamais faire de pause durant son cours. Lui n'avait aucun mal à suivre mais il savait que ce n'était pas forcément le cas de plusieurs de ses camarades. À côté de lui, Harry ne semblait pas avoir de difficultés non plus. Mais sa position nonchalante démontrait un certain manque de concentration. Draco jeta un coup d'œil au parchemin de son binôme et fronça les sourcils.
- Harry, tu t'es trompé. Severus n'a pas dit «corne de bicorne» mais «corne de dragon».
Harry tourna la tête vers Draco, surpris, avant de relire ce qu'il venait d'écrire.
- Ah oui, oups... Merci.
- Essaie de te concentrer un peu. Tu es un peu trop ailleurs depuis ce matin.
Harry baragouina quelque chose et reporta son attention sur le cours. Draco fit de même mais sans écrire, Severus étant en train de faire un rappel que Draco avait déjà maintes fois noté. Il se remit à écrire lorsque Severus reprit le cours là où il s'était arrêté avant le rappel. Le reste de l'heure passa très vite pour Draco qui ne s'ennuyait jamais en potions. Severus les libéra après leur avoir rappelé le devoir sur table qui aurait lieu la semaine suivante.
- Qu'est-ce que tu veux faire ? demanda Draco à Harry tout en enroulant son parchemin.
- Aucune idée. On n'a pas de devoirs à faire, je crois ?
- On a tout bouclé hier, sauf le devoir de métamorphose.
- Ah oui, comme il est long et compliqué, on a décidé d'attendre lundi prochain pour le faire.
- Voilà, comme ça on aura cinq bonnes heures pour s'y mettre et s'y consacrer pleinement. Ça nous évitera de devoir couper notre séance de travail en deux à cause du dîner. Il n'y a que le lundi où on peut travailler pendant cinq heures d'affilée. Si on omet le week-end, évidemment.
- Sauf que ce week-end, tu es un brin occupé.
- En effet, grimaça Draco en rangeant son manuel de potions. Entre mon entraînement samedi, ma ronde dimanche, les devoirs individuels qu'il me reste à faire et les cours qu'il faut réviser pour les devoirs sur table de la semaine prochaine, je ne vais vraiment pas avoir le temps pour une séance de travail.
- On ne pourra pas se voir du tout, alors...
La mine triste de Harry rendit Draco encore plus triste qu'il ne l'était déjà. Lui aussi était déçu. Lui aussi aurait préféré passer une partie de son week-end avec Harry. Mais il ne pouvait pas. À moins qu'il refile sa ronde à quelqu'un mais il devait avoir une raison valable pour cela. Et il n'était pas sûr que l'excuse «j'aimerais passer du temps avec le garçon dont je suis secrètement amoureux» soit un motif suffisant pour refourguer sa ronde à un autre préfet. Bon, il n'était pas certain non plus que ses sentiments envers Harry soient vraiment secrets. Tout comme les sentiments de Harry n'étaient pas vraiment secrets pour lui. En fait, ils savaient tous deux qu'il y avait quelque chose entre eux. Mais ils se le cachaient mutuellement. Alors qu'ils avaient failli s'embrasser à plusieurs reprises. Mais à chaque fois, ils s'étaient retenus de justesse, comme s'ils sentaient que ce n'était pas encore le bon moment. Si cela n'avait tenu qu'à Draco, cela ferait déjà dix jours qu'il aurait embrassé Harry. Mais il voyait bien que son binôme n'était pas tout à fait prêt, même s'il en avait envie. Cependant, depuis lundi, il avait l'impression qu'il y avait eu un tournant chez Harry. Il se montrait plus explicite dans sa façon de le regarder, il lui souriait d'un air un peu moins timide, il se pressait davantage contre lui lorsqu'ils se faisaient un câlin... Il s'était clairement passé quelque chose entre samedi soir et lundi matin mais Draco ne savait pas quoi.
Il sortit de ses pensées et regarda Harry qui terminait de ranger ses affaires, la mine toujours triste. Voulant revoir son sourire, il décida de faire un effort.
- Je vais faire de mon mieux pour me libérer une ou deux heures, annonça-t-il.
Harry leva brusquement la tête.
- C'est vrai ? demanda-t-il, la voix pleine d'espoir.
- Oui, je ne te promets rien mais je vais essayer.
- Merci, Draco. À part ma séance de thérapie avec ton parrain et des devoirs individuels que je ferai le soir, je serai entièrement libre.
Draco voulut répondre mais il en fut empêché par Severus qui s'impatienta :
- Ça va, je ne vous ennuie pas trop ? Vous voulez peut-être que je vous ramène un jus de citrouille et des petits gâteaux ?
Draco se mit à rougir, tout comme Harry. Ils avaient presque oublié la présence de leur professeur.
- Non, c'est bon, on va y aller, dit précipitamment Draco. Pardon d'avoir traîné.
Il se hâta de ranger sa plume et son encrier et quitta le cachot avec Harry.
- Bon, on ne sait toujours pas ce qu'on va faire jusqu'au dîner. C'est tellement plus simple quand on a des devoirs à faire...
- C'est clair ! On peut aller dans le parc, si tu veux. Il n'y a plus de neige et il a l'air de faire un beau soleil.
- C'est vrai. C'est une bonne idée. Va pour le parc, alors !
Draco et Harry se mirent en route, sortirent du château et se rendirent dans le parc qui était presque désert. Ils choisirent malgré tout de s'installer dans un coin à l'abri des regards indiscrets. Là où ils étaient, personne ne pouvait les voir. Et c'était très bien comme ça.
- Tu avais raison, il fait super beau, constata Draco. Ça fait du bien. Ça n'a rien à voir avec samedi où il faisait un temps pourri.
- Je n'ai pas pu le voir de moi-même mais j'en ai entendu parler. Je n'ai pas eu l'occasion de te le dire puisqu'on a passé notre temps libre, lundi et hier, à travailler mais je pense que tu dois savoir ce qui s'est passé samedi durant l'entraînement de l'équipe de Gryffondor...
- Effectivement. Enfin je sais juste que la capitaine a fait subir un entraînement à ses joueurs alors qu'il faisait un temps exécrable et qu'à cause de ça, il y a eu plusieurs blessés.
- Cinq, pour être exact. Mme Pomfrey n'avait jamais vu ça. J'étais avec Théo à ce moment-là et on l'a entendue accueillir les cinq joueurs. Bon, il n'y avait rien de trop grave pour Sam, Katie et Ginny qui ont très vite quitté l'infirmerie mais Alicia et Kyle y sont encore. Et d'après ce que j'ai entendu, ils ne sont pas près de sortir. Angelina a vraiment fait une très grosse erreur. Elle a mis en danger ses joueurs. Du coup, je crois que quand je vais réintégrer l'équipe, il y aura une nouvelle capitaine.
- C'est ce que j'ai cru comprendre aussi. Tu sais qui ce sera ?
- Je n'ai aucune info mais je pense que ce sera soit Katie, soit Alicia. Enfin, si Angelina est déchue de son poste de capitaine dans les jours qui viennent, ce sera forcément Katie qui la remplacera, au moins provisoirement, étant donné qu'Alicia est actuellement à l'infirmerie. En fait, ce serait mieux que ce soit Katie puisqu'elle sera sûrement nommée capitaine l'année prochaine, vu qu'Angelina et Alicia seront parties. Ça permettra à Katie de faire ses preuves. Mais pour moi, que ce soit Alicia ou Katie, il leur manque quelque chose pour être capitaines. Elles sont super en terme de stratégie mais elles sont un peu trop réservées et elles n'ont pas assez d'assurance. C'est juste ça qui cloche. Mais de toute façon, à mes yeux, il n'y a qu'une personne qui serait top dans le rôle de capitaine et c'est Ginny. Mais ça fait trop peu de temps qu'elle est dans l'équipe et elle n'est qu'en quatrième année. C'est relativement rare de devenir capitaine quand on est en-dessous de la cinquième année.
- C'est vrai. Mais tu pourrais très bien être capitaine l'année prochaine puisque tu seras en sixième année et tu seras également l'un des plus anciens de l'équipe.
- Je ne suis pas sûr d'avoir ce qu'il faut pour ce rôle. Il faut avoir confiance en soi et c'est clairement quelque chose qui me fait défaut. Du coup, je manque d'assurance et tout comme Alicia et Katie, je suis assez réservé.
- Mais tu sais hyper bien analyser les qualités et les défauts des joueurs, tu es un excellent joueur et tu es un très bon stratège. Ça peut largement peser dans la balance.
- Je ne sais pas, on verra, éluda Harry, l'air peu convaincu. Et toi, ça te plairait d'être capitaine ?
- Je n'y ai jamais vraiment réfléchi jusqu'à ce qu'on me fasse comprendre que je serai sûrement le prochain capitaine. En fait, j'ai l'impression que c'est déjà décidé et que je n'aurai pas vraiment mon mot à dire.
- Ton directeur de maison est obligé de te demander ton avis. C'est toi qui décide. Personne ne peut te forcer à accepter de devenir capitaine si tu n'en as pas envie. En plus, ton directeur de maison, c'est ton parrain, ce n'est pas lui qui te forcera à accepter un rôle qui ne t'intéresse pas.
- Tu as raison. En vrai, je ne sais pas si ça m'intéresserait d'être le nouveau capitaine. Il faudrait que j'en parle justement avec Severus.
- Prends rendez-vous avec lui en avance, il est très occupé, se moqua Harry. Avec un peu de chance, si tu t'y prends maintenant, tu auras un rendez-vous avant le début des examens.
- Pffff, t'es bête, pouffa Draco. Je suis son filleul unique et adoré, il m'accordera du temps même s'il est débordé.
- C'est bien pratique d'être le filleul de son directeur de maison, hein ? nargua Harry.
Draco lui tira la langue pour toute réponse. Ce n'était pas très classe mais il s'en fichait. Ils se turent et savourèrent pendant quelques minutes le calme du parc. Draco profita de ce silence pour regarder attentivement Harry. Il fut surpris par la couleur qu'avaient pris les yeux de son binôme.
- Je n'avais jamais remarqué que tes yeux étaient plus clairs au soleil, s'étonna-t-il.
- On ne me l'a jamais dit non plus, avoua Harry. En même temps, tu es le seul à me regarder aussi intensément.
- Eh bien c'est dommage, car tes yeux sont juste magnifiques comme ça. Ils le sont déjà d'habitude mais au soleil, ils sont encore plus beaux.
Harry rougit sous le compliment.
- J'espère que ce n'est pas la seule chose que tu aimes chez moi.
Ces mots semblaient lui avoir échappé mais il n'en parut pourtant pas gêné. Au contraire, il planta son regard dans celui de Draco. Celui-ci fut troublé mais il ne se déroba pas pour autant.
- Bien sûr que non, répondit-il. Il y a plein d'autres choses que j'aime chez toi.
Harry sourit.
- Nous avons un point commun, alors. Car il y a un milliard de choses que j'aime aussi chez toi.
Cet aveu fut suivi d'un silence pendant lequel Draco et Harry se regardèrent. Ils restèrent un long moment à se fixer ainsi dans le blanc des yeux. Puis, tout doucement, leurs visages commencèrent à se rapprocher. Après un temps qui leur parut infini, leurs lèvres finirent par se toucher. D'abord très timidement, puis de façon un peu plus franche. Leurs corps, eux aussi, comblèrent la distance qui les séparait. Draco enroula ses bras autour de la taille de Harry qui se pressa aussitôt contre lui, comme s'il n'attendait que ça. Ils continuèrent à s'embrasser uniquement avec leurs lèvres pendant quelques minutes, jusqu'à ce que Draco ne demande l'accès à la bouche de Harry qui le lui accorda volontiers. La langue de Draco put alors trouver celle de Harry et toutes deux se taquinèrent et cherchèrent la domination, rendant le baiser plus passionné tout en restant doux et tendre. Il fut rompu au bout d'un moment, lorsque le manque d'air commença à se faire sentir, autant pour Draco que pour Harry. Si leurs lèvres se séparèrent, leurs fronts, eux, restèrent collés. Harry leva ses belles orbes émeraudes vers Draco et sourit.
- Je crois qu'il était temps, s'amusa-t-il.
- Je crois aussi, répondit Draco sur le même ton. Mais comme on dit, plus c'est long, plus c'est bon !
- Ça avait intérêt à être vraiment bon alors, rigola Harry. Car ça faisait quand-même dix jours que j'attendais ce moment.
- Je l'attendais depuis autant de temps que toi, avoua Draco. Il a failli arriver plusieurs fois mais je sentais que c'était encore trop tôt. Là, c'est venu naturellement.
- Parce que j'étais enfin prêt, confia Harry. Avant, je ne l'étais pas tout à fait. Je préférais attendre de l'être vraiment pour que ce moment soit parfait.
- Il l'a été, affirma Draco. J'ai adoré ce moment. Et j'espère qu'il y en aura d'autres. Je veux dire... ce n'était pas qu'une simple envie, pour moi. C'était aussi et surtout l'expression des sentiments que j'ai pour toi. Je ne devrais peut-être pas te le dire tout de suite mais... je t'aime, Harry.
La surprise, puis l'émotion se lurent sur le visage de Harry. Plusieurs secondes lui furent nécessaires pour qu'il retrouve l'usage de sa voix :
- Je t'aime aussi, Draco, dit-il, ému.
Draco se sentit fondre à l'entente de ces mots. Rien n'aurait pu lui faire plus plaisir. Il sourit à Harry et reprit possession de ses lèvres. Maintenant qu'il y avait goûté, il était certain de ne plus pouvoir s'en passer. Cela ne sembla absolument pas déranger Harry qui répondit plus que positivement à son baiser. Draco crut qu'il allait s'évanouir de bonheur tant il était heureux. Il avait du mal à croire qu'il était en train d'embrasser Harry. Qu'il tenait dans ses bras le garçon qu'il aimait de tout son être et qu'il partageait un tendre baiser avec lui. Il ignorait si c'était réel ou non mais ce qu'il savait, c'était qu'il ne voulait pas lâcher Harry. Il était tellement bien, avec son corps frêle contre le sien... Mais ils furent bien obligés de se séparer afin de reprendre leur souffle.
- Il va falloir qu'on se calme, sinon nos lèvres vont finir dans un sale état, plaisanta Harry.
- Tu as raison, surtout qu'il faudrait expliquer pourquoi elles sont comme ça...
- Tu préfères qu'on se cache pour le moment ? s'enquit Harry.
Draco fut un peu pris au dépourvu par cette question. Même s'il n'y avait pas réfléchi, la réponse lui parut évidente.
- Non, je veux être libre d'embrasser la personne que j'aime, dit-il honnêtement. Mais si toi, tu veux qu'on attende avant de s'afficher ensemble, je comprendrais.
- Non, je n'ai pas envie de me cacher. Je veux être libre, moi aussi. Je ne veux pas qu'on se rejoigne en secret dans un coin du château pour pouvoir se voir et s'embrasser. Je veux vivre notre relation au grand jour. Je n'ai pas peur du regard des autres. De toute façon, je crois que tout le monde doit déjà se douter de quelque chose, s'amusa Harry.
- Je crois aussi, renchérit Draco. Ce n'est pas comme si nous avions été très discrets depuis que tu es revenu en cours. Mais, du coup, ça veut dire qu'on sort ensemble ?
Harry sourit.
- Ai-je vraiment besoin de répondre à cette question ? Bien sûr qu'on sort ensemble.
Le coeur de Draco déborda de joie. Se fichant de l'état de leurs lèvres, il s'empara une nouvelle fois de celles de Harry et l'entraîna dans un baiser un peu plus passionné que les deux premiers. Il était comme sur un petit nuage. Il avait l'impression que les choses étaient enfin à leur place. Il sortait avec Harry et cela lui suffisait pour lui faire dire que la vie était merveilleuse.
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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que le chapitre vous a plu et que vous ne m'en voulez pas trop d'avoir encore fait souffrir ce pauvre Théo XD Mais il a vite été sauvé, je n'ai pas été si méchante que ça ! XD Et Harry et Draco sont enfin ensemble, c'est cool hein ? Reste à savoir s'ils vont vraiment pouvoir officialiser XD Et si Justin va pouvoir quitter Emily :p Réponses dans les chapitres suivants ! Je vous dis donc à dimanche prochain pour le quarante-huitième chapitre qui s'intitulera «Déni, ruptures et double annonce» =) Bonne semaine à toutes et à tous et prenez bien soin de vous ! Bisous tout le monde !
