Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le cinquantième chapitre de SAMLP =)
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Zackos : Théo ne peut pas sortir indemne psychologiquement parlant de ce qui va se passer, mais ça va s'arranger, comme toujours XD Ah oui je comprends mieux pourquoi tu es fan de Sirius XD Une peluche renard ou cerf ça doit être trop classe ! Et une peluche Hedwige … je foooooonds ! Elle est tellement belle, cette chouette *-* Contente que la relation choupinou Harry/Théo te plaise =) Je vais essayer de leur trouver un moment pour qu'ils se parlent et que Harry se confie à Théo =) Ah, suspense pour le transfert XD Je ne vais rien dire, ce serait bête de spoiler ce qui va se passer dans le chapitre XD Pauvre série, elle a été abandonnée XD Ravie que le chapitre t'ait plu ! =) Bonne semaine à toi aussi !
Butterfly Fictions : En vous voyant tous deux vous réjouir du POV Ginny, je me rends compte qu'elle n'en a pas souvent, la pauvre XD Je vais essayer d'y remédier =) C'est tout à fait ça, Ginny sait écouter et conseiller tout le monde et pas que Harry et Blaise, mais aussi Hermione, Luna, Simon … Elle est faite pour être psychomage ! Je ne pense pas spoiler en disant qu'en effet, il va y avoir des rebondissements l'année suivante, car sinon, quel serait l'intérêt d'écrire un deuxième tome ? XD Il va y avoir tellement de chocs XD Ginny sera concernée à un moment par une intrigue qui va couvrir une grosse partie du tome et mis à part ça, elle va être un brin débordée XD Tu ne vas pas attendre bien longtemps pour voir la réaction des autres amis de Harry à propos de son couple avec Draco XD Concernant Justin et Ernie, je ne peux pas trop en dire mais ils vont rester en froid un bon moment :/ Il y en a aura d'autres, des moments entre Harry et Théo, promis =) J'aurais bien aimé inclure d'autres séances sur l'enfance de Harry mais je n'ai pas la place pour ça :/ Harry va finir par parler de tout à Draco mais il lui faudra du temps, même s'il a toute confiance en Draco :) Si le transfert se passe bien, il obligera Sirius à accepter le lien :) Mais en effet, sa relation avec Remus se dégrade tellement que ça le plonge dans un très mauvais état :/ Bon tu as bien cerné le titre XD T'inquiète, moi aussi j'oublie tout le temps quelles équipes doivent s'affronter XD Justin n'est pas prêt à assumer son homosexualité mais il est en revanche prêt à l'assumer au sein de la bande :) Il a le temps pour s'afficher au grand jour avec Théo, ce n'est pas pour tout de suite XD
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Merci à vous pour vos retours et merci à tous ceux qui continuent à suivre cette histoire ! Sans vous, il n'y aurait pas d'intérêt à continuer à publier cette histoire donc un grand merci à tous ! Je vous laisse avec le nouveau chapitre et je vous souhaite une agréable lecture =)
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50 – Annonces, transfert et match
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(lundi 26/02) POV Harry
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- Je stresse. Tu es sûr que c'est une bonne idée d'avoir invité tout le monde ? s'inquiéta Harry.
- C'était ton idée, à la base, rappela Draco.
- Non, c'était celle de Ginny.
- Qu'est-ce qui te gêne, au juste ?
- Le nombre de personnes. Au début, on devait juste le dire à Blaise, Pansy, Ron et Hermione. Là on se retrouve avec Blaise, Pansy, Théo, Justin, Ron, Hermione et Terry dont certains d'entre eux sont déjà au courant pour nous... Justin et Terry s'en moquent que toi et moi sortions ensemble. Et Ron et Terry s'en fichent que Justin et Théo soient en couple.
- Je ne pense pas, objecta Draco. Pour moi c'est primordial qu'ils sachent tous. Nous sommes liés les uns aux autres. Il se peut qu'on passe des soirées tous ensemble. Il faut qu'une certaine complicité se forme entre nous. Et ça commence par se dire des choses importantes. Après, si ça te gêne vraiment trop, on peut annuler. Et l'annoncer seulement à Ron, Hermione, Blaise et Pansy.
Harry secoua la tête.
- Non, tu as raison, il vaut mieux que tout le monde sache. Et puis au moins ce sera fait. Aïe ! Saleté de ronces !
- Ce ne sont pas des ronces, ce sont des épines, contesta Draco.
- Je m'en fiche, ça fait mal quand-même.
- T'inquiète, Blaise va pouvoir te soigner lorsqu'on se réunira, s'amusa Draco.
- Tu crois vraiment que je vais me vider de mon sang jusqu'à quatorze heures ?!
- Te vider de ton sang ? Tu ne saignes même pas ! Et après on dit que c'est moi qui simule...
- Ose dire que Mme Pomfrey t'a vraiment dit que tu étais sur le point de perdre ton bras quand tu es allé à l'infirmerie après t'être fait griffer le bras par Buck.
- Mais vous ne me lâcherez donc jamais avec ça ! s'écria Draco. J'avais treize ans, j'étais stupide et immature ! Je regrette d'avoir fait tout ce cirque et je suis bien content que l'hippogriffe ait échappé au sort qui l'attendait.
- Je te crois, affirma Harry en souriant.
- M. Potter, M. Malfoy, vous seriez priés de vous concentrer sur votre plante et d'arrêter de discuter, intervint le professeur Chourave.
- Excusez-nous, professeur, mais Harry vient justement de se faire attaquer par la plante. Il a besoin d'aller à l'infirmerie. Est-ce que je peux l'accompagner ?
- Vous auriez dû le dire plus tôt ! Bien sûr, allez-y.
Harry n'eut pas le temps de protester que Draco l'entraîna à sa suite. Une fois hors des serres, Harry freina des quatre fers, obligeant Draco à faire de même.
- Je peux savoir ce qui te prend ? Je n'ai pas du tout besoin d'aller faire soigner mon doigt !
- Je croyais que tu étais en train de te vider de ton sang ? demanda malicieusement Draco.
Harry se mit à rougir.
- J'exagérais, tu le sais très bien. Ce n'était vraiment pas la peine de quitter le cours pour une simple égratignure.
- Peut-être mais ce serait bête de ne pas en profiter.
Avant que Harry ne puisse dire quoi que ce soit, Draco l'attira à l'écart et posa doucement ses lèvres sur les siennes. Harry se sentit fondre sous la douceur du geste. Il ne put que répondre au baiser de Draco et entrouvrir les lèvres lorsque son petit-ami quémanda l'accès à sa bouche. Ils s'embrassèrent ainsi pendant plusieurs minutes jusqu'à ce que Harry se souvienne qu'ils étaient censés avoir cours et qu'ils étaient sortis pour aller soi-disant à l'infirmerie. Il repoussa gentiment Draco qui grogna.
- Ce n'est pas bien ce qu'on fait, Draco. Tu as menti au professeur Chourave afin qu'on aille dehors pour pouvoir s'embrasser. Je sais que c'est dur de ne pas pouvoir profiter l'un de l'autre quand on en a envie, moi-même je suis souvent frustré mais ça ne nous donne pas le droit pour autant de sécher un cours pour aller se bécoter. On ne doit pas faire passer notre couple avant les cours.
Draco prit un air contrit.
- C'est vrai. Excuse-moi. J'ai été idiot. J'ai voulu profiter que tu étais blessé au doigt pour t'emmener dehors et... je n'aurais pas dû sauter sur l'occasion comme ça. Mais je savais qu'on n'allait pas pouvoir s'embrasser avant quatorze heures, ça me semblait long, je n'ai pas réfléchi et j'ai fait n'importe quoi. Je ne recommencerai pas, c'est promis.
Harry sourit, touché par la sincérité de Draco.
- On sera davantage libres quand on s'affichera devant tout le monde. On ne sera plus obligés de se cacher pour s'embrasser. Une fois tous nos amis au courant, on pourra se montrer en public. C'est ce que nous avions prévu, en tout cas.
- Oui, et je suis toujours d'accord, approuva Draco. Mais pour ça, il faut parler à nos amis cet après-midi.
- Et on le fera, confirma Harry. Bon, on ferait mieux de retourner en cours.
- Attends, il faut d'abord aller à l'infirmerie.
- Mais je n'ai pas besoin, Draco... Mme Pomfrey va dire que j'abuse...
- T'inquiète, je prendrai la faute sur moi. Allez, viens.
Harry se laissa convaincre et suivit Draco jusqu'aux portes du château. Ils se rendirent à l'infirmerie et comme l'avait prédit Harry, Mme Pomfrey fut perplexe en les voyant venir pour un simple doigt égratigné. Draco avoua alors que c'était lui qui avait insisté pour que Harry vienne faire soigner son doigt car il avait peur que les épines aient injecté quelque chose de dangereux dans le doigt de son binôme. Bien que dubitative, Mme Pomfrey examina le doigt de Harry et assura qu'il n'y avait rien de grave. Elle le désinfecta, mit un pansement et renvoya les deux élèves en cours. Ils sortirent du château et regagnèrent les serres. Le cours prit fin dix minutes plus tard. Harry et Draco se rendirent au cours de sortilèges en compagnie de Blaise, Théo, Pansy, Ron, Hermione et Terry. Sur le chemin, Harry espéra que Sirius se porterait mieux que la semaine précédente. Tout le monde avait remarqué qu'il n'était pas au top de sa forme. Harry avait essayé de savoir auprès de Sirius ce qu'il avait mais celui-ci s'était contenté de lui dire que ça allait passer. Il avait néanmoins voulu rassurer Harry mais n'avait pas réussi puisque Harry en avait ensuite parlé avec Remus qui n'avait pas pu lui dire grand-chose. Il lui avait juste promis qu'il en discuterait avec Snape qui saurait peut-être quoi faire. Harry avait été soulagé et s'était dit que son médicomage pourrait sûrement soigner Sirius. Il comprit qu'il avait été peut-être un peu trop optimiste en voyant l'état de son parrain lorsqu'il entra dans la salle de classe. Il était pâle, il avait l'air de souffrir et chacun de ses muscles paressait tendu à l'extrême. Il fit pourtant comme si de rien n'était une fois tous les élèves assis. Il commença son cours sans faire attention aux regards inquiets que Harry et ses camarades posaient sur lui. En fait, seul lui ne semblait pas se soucier de son état. La partie théorique habituelle du lundi fut un peu plus longue que d'habitude à cause des pauses fréquentes qu'il dut faire. Mais les élèves eurent quand-même vingt minutes pour s'entraîner sur le sort. Harry ne fut pas très concentré tellement il était inquiet pour Sirius et ses cinq pauvres tentatives furent toutes des échecs. Il fut soulagé quand Sirius les libéra et il alla le voir dès que ses camarades furent tous partis.
- Sirius, tu ferais mieux d'aller à l'infirmerie, dit-il sans préambule.
- Pourquoi donc ?
- Parce que tu ne vas pas bien ! Et n'essaie pas de me faire croire le contraire ! Tu dois être le seul à ne pas t'en apercevoir car tout le monde l'a remarqué !
- Ce n'est rien, Harry, ça...
- Non, ne me dis pas que ça va passer, tu me l'as déjà dit deux fois la semaine dernière et tu sembles encore plus mal que la dernière fois que je t'ai vu ! S'il te plaît, Sirius, va à l'infirmerie. Tu ne peux pas rester comme ça. Tu n'es pas en état de faire cours. Si tu es malade, tu dois te reposer. Ce n'est pas grave si tu rates une journée de cours. Ça se récupère facilement. Promets-moi d'aller voir Mme Pomfrey.
- Je n'en ai pas besoin, assura Sirius. Fais-moi confiance, Harry. Si ça ne va pas mieux d'ici deux ou trois jours, j'irai en parler avec ton médicomage. Allez, va en cours.
Harry soupira et se résigna. Il souhaita bonne chance à Sirius et quitta la salle de classe. Il descendit au premier étage et se dirigea vers la salle de Défense Contre les Forces du Mal. Il frappa et entra en entendant la permission du professeur Gordon. Il s'assit à côté de Draco à qui il s'efforça de sourire en voyant son air inquiet. Il sortit ses affaires et se focalisa sur le cours. Il voulait chasser Sirius de son esprit alors il centralisa toute son attention sur ce que disait le professeur Gordon. Il nota chaque mot qu'il prononça, si bien qu'à la fin de l'heure, il se retrouva avec dix centimètres de parchemin de plus que d'habitude. Il était déjà très attentif dans cette matière en temps normal mais pas au point d'écrire autant.
- Plus qu'un cours et on a sept heures de libres devant nous ! se réjouit Draco alors qu'ils sortaient de la salle.
- Perso, je préférerais avoir cours toute la journée, pour une fois, opposa Harry. Mais je me passerais bien de l'astronomie.
- Ça, c'est sûr. L'année prochaine, j'arrête cette matière, d'ailleurs.
- Moi aussi, renchérit Blaise qui venait de les rejoindre avec Pansy. J'aime bien l'astronomie en soi mais avoir sept heures de creux jusqu'à vingt-et-une heures pour finir les cours à minuit, ça m'a un peu refroidi. En plus, aujourd'hui, je n'ai ni entraînement de Quidditch, ni séance de travail, j'aurais donc vraiment pu être tranquille à partir de quatorze heures.
- Tu n'as rien de prévu cet après-midi, si je comprends bien ? rebondit aussitôt Draco.
- C'est ça. Pourquoi ?
- Parce que Harry, Théo et moi avons quelque à vous dire, à Pansy et à toi.
- Ce sera long ? s'enquit Pansy. J'ai une séance de travail avec Padma à seize heures.
- Tu seras largement à l'heure, ne t'inquiète pas.
- Cool, je vais juste devoir dire à Ron qu'on se verra plutôt après le dîner, du coup.
- Vous aviez prévu de vous retrouver après le cours de métamorphose ? intervint Harry.
- Oui, vu qu'il n'a pas de séance de travail aujourd'hui.
- Super, ça m'arrange car il est convié, lui aussi. Je n'ai pas encore pu lui demander s'il pourra venir mais je viens d'avoir ma réponse. Reste plus qu'à savoir si Hermione sera libre, elle aussi, ainsi que quelques autres personnes.
- Attendez, on sera combien, au juste ? questionna Blaise, perplexe.
- De mémoire, neuf, répondit Draco.
- Qu'est-ce que vous pouvez bien avoir à nous dire pour avoir invité autant de monde ? s'interrogea Pansy, l'air surprise.
- Vous le saurez à quatorze heures, dit simplement Draco.
Blaise et Pansy n'insistèrent pas mais Harry vit bien qu'ils se retenaient de poser des questions. Une fois arrivés à la Grande Salle, il se sépara des trois Serpentard et alla rejoindre Ron et Hermione à la table des Gryffondor.
- Vous n'avez rien de prévu, à quatorze heures ? demanda-t-il d'emblée.
- Je dois voir Pansy, informa Ron.
- Oui, elle m'a dit, mais vous vous verrez ce soir car Draco, Théo et moi devons vous parler. Blaise, Pansy et Justin seront là, eux aussi. Et ce serait bien que Terry puisse venir.
- Il sera libre jusqu'à dix-sept heures, annonça Hermione. Il a une ronde ensuite.
- Il acceptera de venir ?
- Bien sûr. Il faut juste que je lui en parle.
- Parfait, tout le monde sera là, alors !
- Pourquoi doit-il y avoir autant de personnes ? s'intrigua Ron.
- Parce que vous êtes tous concernés de près ou de loin. Mais on vous dira tout tout à l'heure.
Bien qu'étonnés, Ron et Hermione renoncèrent à en savoir plus et se remirent à manger. Harry fit de même en espérant que ses amis ne lui en voudraient pas de leur annoncer son couple avec Draco en même temps que les autres.
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Une heure plus tard, Harry était en train de s'exercer sur un sort de métamorphose lorsqu'un lièvre argenté vint se poser devant Remus. Harry le reconnut aussitôt. C'était le Patronus de Snape. Remus dut poser un sort de silence car Harry n'entendit pas le message du lièvre. En voyant la tête de Remus, il devina cependant qu'il n'apportait pas de bonnes nouvelles. Il eut aussitôt peur que cela ne concerne Sirius. Harry ne l'avait pas vu à la table des professeurs lors du déjeuner, ce qui l'avait déjà inquiété car cela ne ressemblait pas à Sirius de sauter un repas. Et si au lieu d'aller voir Mme Pomfrey, il était allé voir Snape ? Remus le savait peut-être et il avait alors demandé à Snape de le tenir au courant... Ou alors tout cela n'avait rien à voir avec Sirius et Harry se faisait des idées. Quoi quoi qu'il en soit, il avait bien envie d'aller voir Remus à la fin de l'heure. Cela ne lui coûtait rien de lui demander s'il avait des nouvelles de Sirius. Remus avait forcément remarqué son absence lors du repas du midi... Au fond de lui, Harry sentait que ce Patronus était bel et bien venu informer Remus de l'état de santé de Sirius. Bien décidé à aller voir son directeur de maison, il se tourna vers Draco :
- Je suis désolé mais je vais être un peu en retard, tout à l'heure. Je dois demander quelque chose au professeur Lupin.
- Tu ne voudrais pas savoir ce que lui a dit le Patronus de Severus, à tout hasard ?
La moue que fit Harry fut éloquente. Un éclair de compréhension traversa le regard de Draco.
- Tu penses que c'est au sujet de ton parrain ?
- J'en ai l'intime conviction, oui.
- J'espère qu'il voudra bien te répondre, alors. Du coup on t'attendra dans le parc.
Harry acquiesça, sourit à son petit-ami et se remit à l'exercice. La demie-heure de cours qui resta ne fut pas très concluante pour lui en terme d'essais. Il avait l'esprit ailleurs et n'était donc pas vraiment concentré sur ce qu'il faisait. Lorsque Remus annonça la fin du cours, Harry attendit que les autres soient partis pour se diriger vers le bureau professoral.
- C'est l'élève qui vient me voir ou c'est le filleul de Sirius ? interrogea Remus.
- Le filleul, avoua Harry. Je voulais savoir si tu avais eu de ses nouvelles par le Patronus que Snape t'a envoyé.
- Je ne peux pas te répondre, Harry. Les échanges Severus et moi avons ne regardent que nous.
- Si ça concerne Sirius alors je suis navré mais ça me regarde aussi, répliqua Harry. Comme tu l'as si bien dit, je suis son filleul. Je vois bien qu'il va de plus en plus mal et ça m'inquiète énormément. Si tu sais comment il va, tu dois me le dire. Tu n'as pas le droit de me laisser dans l'ignorance.
Remus regarda Harry pendant quelques secondes avant de soupirer.
- J'ai effectivement eu des nouvelles de Sirius par Severus. Je vais t'expliquer. Je ne sais pas si tu l'as vu mais Sirius n'est pas venu manger dans la Grande Salle, ce midi.
- Je m'en suis aperçu, oui. Et ça m'a inquiété car ce n'est pas dans ses habitudes de sauter un repas.
- C'est vrai, et c'est pour ça que je me suis inquiété aussi. Comme je n'étais pas sûr de pouvoir faire grand-chose, j'ai demandé à Severus d'aller voir si Sirius était dans nos appartements. Severus y est allé et m'a envoyé un Patronus une heure plus tard en me disant que Sirius était bel et bien dans nos appartements et qu'il était rentré pour se reposer car il ne se sentait pas bien du tout. Comme il avait un creux de midi à quatorze heures, il voulait juste dormir deux heures. Mais il n'était absolument pas en état de reprendre les cours et Severus a réussi à le convaincre de rester couché. Il lui a donné de quoi le soulager un peu et il l'a laissé se reposer. Voilà ce que m'a rapporté son Patronus.
- Mais pourquoi n'est-il pas allé voir Snape ou Mme Pomfresh ? Ce n'est pas juste du repos qu'il lui faut ! Ce n'est pas ça qui le soulagera ! Il a besoin de soins !
- Severus et l'infirmière ne peuvent rien faire et Sirius le sait très bien.
Harry se sentit pâlir.
- Attends, ça veut dire quoi ça ?! Sirius a quelque chose de grave et personne ne peut le soigner ?!
- Non, je n'ai pas dit ça. Je suis désolé mais je ne peux pas t'en dire plus.
- Parce que tu n'en sais pas plus ou parce que tu ne veux pas m'en dire plus ?
- Ni l'un ni l'autre.
- Alors tu sais ce qu'a Sirius ?
- Harry, je ne veux pas te chasser mais j'ai cours.
- Je ne m'en irai pas tant que tu ne m'auras pas répondu.
- Tu vas perdre ton temps pour rien car je ne te dirai rien de plus.
- Mais dis-moi juste si tu sais ce qu'a Sirius ! Et si tu le sais, dis-le-moi ! Tu ne peux pas me laisser comme ça !
- N'insiste pas, Harry, je ne peux rien te dire pour le moment, répéta fermement Remus. Tout ce que tu as besoin de savoir, c'est que Severus et moi savons ce que nous faisons.
Harry regarda Remus avec déception.
- Je l'espère pour vous. Car si Sirius est malade et qu'il ne s'en sort pas, je ne te pardonnerai jamais de ne m'avoir rien dit.
Harry tourna les talons sur ces mots et partit d'un pas raide sans se retourner, les poings serrés. Il se dirigea vers les escaliers, les descendit et sortit du château pour se rendre au parc. Sur le chemin, il essaya d'adopter un air neutre afin de ne pas inquiéter ses amis qui pouvaient facilement deviner que ça n'allait pas en voyant l'expression de son visage. Heureusement, ils avaient décidé ensemble de l'endroit où ils allaient se réunir, ce qui permit à Harry de trouver assez facilement la petite bande qui était cachée dans un coin isolé du parc. Il s'efforça de sourire à tout le monde mais il devait mal s'y prendre puisqu'ils l'observèrent tous avec un air inquiet.
- Quelque chose ne va pas, Harry ? demanda Hermione.
- Non, ce n'est rien. Juste un léger désaccord avec mon directeur de maison, éluda Harry en prenant place à côté de Draco. Excusez-moi pour mon retard, d'ailleurs.
- Ce n'est pas grave, Draco nous a dit que c'était important, dit Pansy en souriant. Il paraît que vous avez quelque chose à nous dire avec Théo. On n'a pas tout compris parce que c'était assez vague, on ne sait pas combien d'annonces il y a exactement...
- Alors en fait on ne vous a pas tout dit, avoua Draco. On voulait que personne ne devine à l'avance et c'est pour ça qu'on n'a donné aucune précision. En réalité, Théo a quelque chose à vous dire avec Justin, et moi avec Harry. Il y a donc deux annonces. Plusieurs personnes sont déjà au courant parce que l'occasion s'est présentée de le leur dire mais avec vous, c'était plus compliqué. C'est pourquoi nous avons décidé de tous vous réunir pour vous faire ces deux annonces en même temps. Harry et moi allons commencer.
Draco tourna la tête vers Harry. Ils échangèrent un regard, se sourirent et se lancèrent :
- Nous sortons ensemble, déclarèrent-ils d'une même voix.
- Depuis presque deux semaines, précisa Draco.
Ces mots furent suivis d'un silence durant lequel Draco et Harry purent voir dans les yeux de leurs amis leur réaction. Théo et Justin regardaient les autres avec appréhension, Blaise semblait surpris, Pansy avait l'air attendrie, Ron et Hermione paraissaient amusés et Terry était un peu tout cela à la fois.
- Vous êtes sérieux ? finit par demander Blaise.
- Oui, pourquoi ? Ça te dérange ? craignit Draco.
- Non, pas du tout ! Je suis juste étonné. Enfin, j'étais étonné. Parce qu'une fois le choc passé... Ça semble logique. Normal. Évident.
Harry sentit Draco se détendre en entendant les mots de Blaise.
- Et vous ? s'enquit-il en passant son regard sur les autres. Vous n'avez pas l'air vraiment surpris.
- Parce qu'on l'avait deviné, avec Ron, avoua Hermione.
Harry la fixa avec des yeux ronds.
- QUOI ?! Vous... vous saviez ?! Mais... pourquoi vous ne m'avez rien dit ?!
- Parce qu'on préférait que tu nous en parles de toi-même. Bien sûr, si d'ici deux mois tu ne l'avais toujours pas fait, on t'aurait tendu la perche. Mais on n'aurait pas abordé frontalement le sujet.
- Je vois. Mais j'aurais dû m'en rendre compte que vous l'aviez deviné...
- On a essayé au maximum de faire comme si de rien n'était, expliqua Ron. On a plutôt bien réussi, apparemment.
Harry hocha la tête.
- Et toi, Pansy ? interrogea Draco. On ne peut pas dire non plus que tu sois très surprise.
- Je m'en doutais un peu, admit Pansy. Enfin, j'avais des doutes mais je n'en étais pas vraiment sûre. Je vous trouvais juste trop proches pour être simplement amis. Mais je suis trop contente que vous soyez en couple ! Vous êtes tellement mignons, tous les deux...
Harry rougit sous la remarque de Pansy et se cacha dans le cou de Draco qui l'entoura de son bras et déposa un baiser dans ses cheveux.
- Il nous manque l'avis d'une personne, intervint Blaise. À en croire la réaction de Théo et Justin, ils étaient déjà au courant. Par contre, Terry...
- Hermione lui en a peut-être parlé, supposa Pansy.
- Non, elle ne m'a rien dit du tout, infirma Terry en souriant. Je suis assez surpris mais je crois que je suis comme Blaise. Au début, ça surprend, puis on trouve ça normal. C'est comme si ça coulait de source. Et je pense que ce sera la réaction de tout le monde si vous décidez d'officialiser. Personne ne sera réellement surpris.
- Je pense aussi, approuva Hermione. Mais attendez-vous à être le couple phare de Poudlard. Deux anciens ennemis, que tout oppose et qui sortent ensemble, on ne voit pas ça tous les jours.
- Nous ne sommes pas si différents que ça, opposa Harry. Déjà, nous avons des amis en commun. Et depuis l'été dernier, nous sommes tous deux élevés par nos parrains respectifs.
- C'est vrai, il y a des ressemblances. Mais le fait d'être élevés par vos parrains n'aurait pas dû vous rapprocher puisque vos parrains eux-mêmes se détestaient, s'amusa Hermione.
- Comment tu fais pour la supporter ? demanda Pansy à Terry. Elle a toujours réponse à tout !
Terry se mit à rire et attira Hermione contre lui.
- C'est l'amour, Pansy, déclara Draco. L'amour. Bon, si je comprends bien, ça ne choque personne que Harry et moi sortions ensemble ?
Un «non» unanime répondit à la question de Draco. Harry fut définitivement soulagé, même si, au fond de lui, il n'avait jamais craint la réaction de ses amis.
- Bien, alors maintenant on va laisser la parole à Théo et Justin.
Tous les regards se posèrent sur le binôme. Harry croisa celui de Théo et y vit de l'appréhension. Il mit tout son soutien dans le sourire qu'il offrit à son ami. Cela dut suffire pour donner du courage à Théo puisqu'il sourit à son tour à Harry avant de se lancer :
- Je ne suis pas adepte des grands discours alors je vais y aller directement. Justin et moi sommes en couple. Nous entretenons une relation depuis deux mois mais pour diverses raisons, cela ne fait que deux semaines que nous sommes réellement ensemble. J'aurais voulu vous l'apprendre séparément, Blaise, Pansy et Hermione, mais comme Draco et Harry avaient la même annonce à faire et comme nous formons une sorte de bande maintenant, nous avons estimé qu'il valait mieux qu'on fasse deux annonces communes. Nous allons tous devenir amis à force de passer du temps ensemble alors il n'y avait pas de raison pour que les uns sachent et pas les autres. Nous avons tous quatre préféré mettre d'abord nos amis au courant avant de nous afficher devant tout le monde. Pour ce qui est de Justin et de moi, nous allons plutôt attendre que le procès de mon père soit passé. Je dois être détendu le jour J et comme il a lieu dans neuf jours, il est préférable que j'évite le stress et que je n'affiche pas ma relation avec Justin pour le moment.
- Tu as entièrement raison, affirma Pansy. Je suis désolée de te dire ça mais tu risques fort de te faire embêter par des imbéciles.
- Je sais bien, je m'y attends et c'est ça que j'entendais par «éviter le stress».
- Mais comment tu fais pour gérer tout ça ? s'intrigua Terry. Tu as plein d'ennuis depuis la rentrée, tu dois assister au procès de ton père dans quelques jours, tu entretiens une relation amoureuse qui doit rester cachée pour l'instant... Tu dois avoir des capacités d'accumulation hors normes pour réussir à supporter tout ça...
- J'ai l'habitude, mais ça ne fait pas de moi quelqu'un d'exceptionnel pour autant, assura Théo. Je ne veux pas qu'on s'extasie devant moi pour ça.
- Vous avez compris ? Faut le laisser tranquille, plaisanta Justin.
- Sinon on aura à faire à toi ? ironisa gentiment Blaise.
- Tout à fait, confirma Justin, jouant le jeu. Enfin sauf Ron et toi. Je n'oserais pas vous défier. Je ne suis pas le meilleur en duel et je ne ferais pas le poids à mains nues. Oui, je suis quelqu'un de lâche, je l'avoue et je l'assume.
- Non, tu n'es pas lâche, tu tiens à ta vie, ce n'est pas pareil, rigola Draco. C'est vrai qu'à part Blaise, Ron et toi, nous ne sommes pas très costauds.
- Tu es bien placé pour dire ça, vu qu'en troisième année tu t'es pris un...
- JE RÉFUTE CES ACCUSATIONS ! hurla Draco en couvrant la bouche de Blaise de sa main.
Harry, Ron et Hermione éclatèrent de rire.
- On peut savoir ce que voulait dire Blaise ? s'enquit Justin, curieux.
- Non, ce n'est absolument pas intéressant, prétendit Draco.
- Oh allez Draco, tu peux bien lâcher un petit secret, s'amusa Blaise.
- Tu veux jouer à ça ? Très bien, alors si je te laisse terminer ta phrase, accepteras-tu de me dire si tu allais coucher avec Ginny le jour où je vous ai surpris dans le dortoir ?
- QUOI ?! s'égosilla Ron. Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ?!
- Il ne s'est rien passé du tout ! se défendit Blaise. Je venais juste de soigner le poignet de Ginny en utilisant du matériel qui ne se trouvait que dans le dortoir, on s'est embrassés, on était l'un sur l'autre mais jamais on ne serait allé plus loin même si Draco n'avait pas débarqué ! Ginny n'a que quatorze ans, je ne ferai rien avec elle avant un bon moment encore. C'est Draco qui s'est fait des idées.
- Oui bah excuse-moi mais la situation prêtait à confusion, répliqua Draco.
- Tu veux me mettre sous Veritaserum pour t'assurer que je dise la vérité ? singea Blaise.
- Mais oui, c'est ça ! On n'a qu'à faire un action vérité ! s'écria Pansy. Pas tout de suite, évidemment, mais on pourrait se faire une soirée et jouer à ce jeu. Ce serait l'occasion de connaître les secrets des uns et des autres.
- Figure-toi que Harry, Théo et moi avions déjà réfléchi à quelque chose comme ça, annonça Draco. C'était il y a deux mois et à ce moment-là, il ne devait y avoir que des Gryffondor et des Serpentard. Lorsque Théo m'a avoué être en couple avec Justin, on s'est dit que ce serait bien de faire une soirée avec toute la bande en y ajoutant les amis et les binômes de chacun. Théo a tenu à ce qu'il y ait une parité aussi bien entre les maisons qu'entre filles et garçons. Il est parti sur une base de cinq élèves par maison, ce qui ferait vingt personnes en tout. On a fait une liste provisoire et on s'est retrouvés avec quinze noms. Là, comme ça, je ne pourrais pas vous les dire mais je pense que Théo peut, lui.
- De mémoire, il y a Harry, Ron, Hermione, Ginny, Justin, Ernie, Susan, Hannah, Anthony, Michaël, Terry, Draco, Pansy, Blaise et moi. Il manque cinq filles, dont deux Serdaigle, une Gryffondor, une Poufsouffle et une Serpentard.
- Pour Serdaigle, je proposerais Padma, dit Terry. Tous les préfets sont invités sauf elle.
- C'est vrai, ça, remarqua Théo. Je retiens. Une autre idée ?
- Si Padma est invitée, alors Parvati doit l'être aussi, déclara Hermione.
- Mais tu la détestes, s'étonna Ron.
- En temps normal, oui. Mais je suis sûre qu'elle serait différente lors d'une soirée. L'ambiance n'est pas la même.
- Pas faux, commenta Théo. Je retiens aussi. Pour Serdaigle, j'avais pensé à Luna. Ginny serait contente de l'avoir avec elle. Et moi aussi, puisque je suis ami avec elle. Vous seriez d'accord ?
Tout le monde acquiesça.
- Super, il ne manque plus que deux personnes, s'enthousiasma Draco.
- Une Poufsouffle et une Serpentard, ajouta Théo en se décidant à sortir un rouleau de parchemin de son sac.
- Vu qu'il y aura pas mal de binômes, ce serait bien d'inviter soit Megan, soit Sophie pour l'élève de Poufsouffle manquante. Megan est le binôme de Michaël et Sophie est le binôme d'Anthony, signala Terry.
- Je voterais pour Sophie, opta Draco avec un sourire en coin.
Harry fronça les sourcils avant de comprendre brusquement la raison du choix de son petit-ami.
- Mais tu ne lâches donc jamais l'affaire ! s'écria-t-il.
- Quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? demanda Draco d'un air innocent.
- En proposant Sophie, tu ne veux pas vérifier si Anthony et elle sont en couple, par hasard ?
- Maintenant que tu le dis... Mais je te rappelle que je ne suis pas le seul à me poser la question.
- C'est une soirée ou un règlement de comptes que vous voulez organiser ? plaisanta Terry.
- J'avoue que vu comment c'est parti, ça va finir en bain de sang, renchérit Ron, rieur. Après, je suis d'accord pour Sophie. Même si Anthony et elle ne sont pas en couple, ça pourrait les rapprocher. À condition qu'ils ne soient pas déjà avec quelqu'un, bien sûr...
- Ça se trouve, ils ne cherchent personne, objecta Blaise. Terry, tu as des infos ?
- Anthony et Michaël ont la fâcheuse habitude d'esquiver le sujet dès que je veux en savoir plus sur leurs amours, regretta Terry. Donc je ne sais absolument rien concernant Anthony et Sophie.
- Bon, ça ne nous empêche pas d'inviter Sophie, trancha Théo. Je la note. Il ne manque plus qu'une fille de Serpentard.
Harry vit Draco et Blaise grimacer.
- Ça va être compliqué, estima Draco. Pansy ne s'entend pas très bien avec les filles de son dortoir.
- Ça, c'était avant, répliqua Pansy. S'il faut inviter quelqu'un, ce sera Greengrass. Je ne vais pas dire que je m'entends bien avec elle, mais on a eu une discussion il n'y a pas longtemps et... j'ai compris que j'avais fait fausse route. En plus, ça lui fera du bien de participer à une soirée. Tu peux l'ajouter à la liste, Théo. Je crois qu'on est au complet, du coup ?
Théo acquiesça tout en inscrivant le nom de sa camarade. Harry crut voir un soupçon d'inquiétude sur ses traits, mais il n'en fut pas sûr car Théo reprit vite un air neutre.
- Il va falloir en parler à tous les concernés, maintenant, indiqua-t-il. Déjà, est-ce que vous êtes tous d'accord pour venir à cette soirée ?
Tous acquiescèrent de nouveau.
- Mais comment on va trouver un endroit assez grand pour vingt personnes ? s'interrogea Pansy.
- Draco avait une idée, il devait en parler à Harry mais je ne sais pas s'il l'a fait...
- Ça ne me dit rien, fit savoir Harry.
- J'ai oublié, avoua Draco, gêné. Je t'en parlerai ce soir. En tout cas, ce serait cool si tout le monde pouvait venir. Ça nous changerait les idées.
- On fera ça après le procès, informa Justin. Ce sera mieux pour Théo. Et ça nous laissera le temps de convier à cette soirée tous ceux qui sont concernés.
- On fait comme ça, alors, conclut Draco. Merci à tous d'être venus à cette réunion. Je sais que vous avez été prévenus au dernier moment donc c'est vraiment cool de votre part.
- C'était sympa, et c'était nécessaire, argua Ron. Et puis, désormais, vous n'avez plus à vous cacher devant nous. Tu veux que je t'accompagne jusqu'à la salle des binômes ? proposa-t-il à Pansy.
- Je veux bien, ça nous fera vingt minutes à passer ensemble. Salut tout le monde, à demain !
Ron et Pansy se levèrent et s'en allèrent, main dans la main. Voulant profiter du temps qu'il restait avant la ronde de Terry, Hermione et lui partirent eux aussi quelques minutes plus tard.
- Ça vous dérange si on y va aussi, Théo et moi ? hésita Justin.
- Non, pas du tout, assura Harry en souriant. On va bientôt partir avec Draco également.
- Et moi, je vais aller me reposer dans le dortoir, décréta Blaise. Vu que je n'ai rien à faire jusqu'au dîner, je compte bien dormir un peu. Je vous laisse en amoureux, du coup. Séparément, bien sûr. Pas tous les quatre ensemble...
Blaise se leva à son tour et s'éloigna, laissant derrière lui un silence gêné.
- J'aurais dû l'embarrasser encore plus devant Ron, grogna Draco.
- Arrête, ça aurait pu mal finir entre eux, protesta Harry. Tu as eu de la chance que Ron se soit calmé rapidement. Il ne veut pas imaginer sa soeur dans le lit d'un garçon.
- Faudra bien que ça arrive un jour, dit Draco en haussant les épaules. Mais je le comprends. Même si j'estime qu'il devrait lâcher un peu la grappe à sa soeur. Quand elle sera en septième année et qu'il ne sera plus à Poudlard, il ne pourra plus vérifier ce qu'elle fait dans l'intimité avec son petit-ami...
- Bon, on va y aller, déclara soudain Théo. À demain.
Il s'en alla avec Justin sous le regard amusé de Draco et de Harry.
- Tu l'as gêné, reprocha Harry à son petit-ami.
- Mais je n'y peux rien s'il est allergique à ce sujet, se plaignit Draco.
- Je pense qu'il aurait été moins embarrassé s'il n'y avait pas eu Justin. Mais ils avaient l'intention de partir, de toute façon. Bon, alors comme ça, tu as oublié de me parler de quelque chose ?
- Oui, ça m'est complètement sorti de l'esprit. J'avais une idée pour l'endroit où se tiendra la soirée. Je sais que tu connais aussi cet endroit et c'est pour ça que je voulais t'en parler pour savoir ce que tu en penserais.
Harry fronça légèrement les sourcils.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, lâcha-t-il, perplexe.
- En fait, c'est Graham qui m'a dit que Pucey lui avait dit que lui et toi l'utilisiez.
- Oh.
Harry se sentit d'un coup mal à l'aise.
- Tu veux parler de la salle sur demande ? demanda-t-il d'une voix tendue.
- Oui. Ce serait l'endroit idéal, non ? Il y aurait largement assez de place. Et il y aura tout ce qu'on voudra, sauf de la nourriture qu'on ira chercher aux cuisines. Qu'est-ce que tu en dis ?
- C'est une bonne idée, en soi.
- Tu es sûr ? Tu n'as pas l'air très emballé.
- Si, si...
- Harry, dis-moi la vérité.
Harry baissa les yeux.
- Je ne suis pas retourné dans la salle sur demande depuis la fin de ma relation avec Adrian. Je n'ai pas essayé non plus, à vrai dire. J'y ai passé de bons moments avec Adrian mais ça ne suffit pas à me faire oublier que cet endroit est lié à la relation malsaine que j'entretenais avec lui. Et puis c'était là aussi où je préparais mes potions de sommeil sans rêves qui ne me faisaient pas plus de bien que cette relation. Même s'il ne s'est jamais rien passé de grave dans la salle sur demande, il y a trop de mauvais souvenirs qui y sont associés. J'aurais peur de replonger dans un passé que je veux oublier si j'y remettais les pieds.
Harry se tut sur ces mots. Draco l'attira contre lui et entoura sa taille de son bras.
- Je comprends. Je suis désolé, je ne savais pas que tu avais gardé un traumatisme de cet endroit... Je n'aurais pas dû t'en parler.
- Si, si, au contraire, tu as bien fait. Il fallait que j'en parle. Je sais que je dois y retourner mais je ne me sentais pas de le faire seul.
- Tu voudrais que je t'accompagne ? proposa doucement Draco.
- J'aimerais bien, oui. Il suffit juste que j'y aille une fois pour me débarrasser de cette peur.
- Je viendrai avec toi, alors. C'est promis.
- Merci, chuchota Harry.
Pour toute réponse, deux lèvres vinrent déposer un baiser sur ses cheveux. Harry ferma les yeux et se laissa aller contre Draco.
- Je t'aime, murmura-t-il.
- Je t'aime aussi, répondit tendrement Draco.
Il s'allongea, entraînant délicatement Harry avec lui. Ce dernier garda la tête sur le torse de Draco et se blottit tout contre lui. Il s'était rarement senti aussi bien. Il faisait beau, l'air était légèrement frais, l'endroit était calme et Harry était dans les bras de Draco. C'était tout ce dont il avait besoin et cela tombait bien car ils avaient de longues heures pour en profiter.
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(mercredi 28/02) POV Remus
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Remus se rendait d'un pas lent et maussade au bureau du directeur. Il n'avait aucune envie de le voir. Il voulait juste rentrer chez lui. Mais il n'avait pas le choix alors il y allait. Ne souhaitant pas être en retard, il accéléra un peu le pas. Il arriva au bureau de Dumbledore cinq minutes plus tard. Il frappa et entra avec l'accord du directeur.
- Bonjour Remus, venez vous asseoir, je vous prie.
Remus s'exécuta et s'installa en face de Dumbledore.
- Un bonbon au citron ? proposa celui-ci.
- Non merci, refusa poliment Remus. Vous vouliez me parler ?
- Oui. Je dois organiser une réunion avec tous les professeurs afin de vous parler de quelque chose d'important concernant l'année prochaine. J'aimerais que cette réunion ait lieu au plus vite mais j'ai cru comprendre que Sirius n'était pas au meilleur de sa forme en ce moment. Il a même dû annuler avant-hier ses cours de l'après-midi. Comment va-t-il depuis ?
- Un peu mieux grâce aux potions que lui a données Severus. Enfin, elles ont fait effet jusqu'à hier mais ce matin, il était de nouveau faible. Ça ira cependant mieux d'ici la fin de la semaine.
- Vous en êtes sûr ? Vous savez ce qu'a Sirius exactement ?
- Oui, mais je ne peux rien dire, dit fermement Remus. Vous n'avez pas à vous en faire, Severus m'a dit quoi faire et je le ferai en temps voulu.
- Bien, je vous fais confiance. Mais veillez à ce qu'il n'assure pas ses cours s'il n'est pas en état de le faire. Si c'est l'histoire de quelques jours, Filius pourra laisser ses cours de côté et le remplacer. C'est moins gênant pour les élèves d'être privés de cours de duel pendant une semaine que d'être privés de cours de sortilèges.
- J'y penserai, promit Remus. S'il doit y avoir une réunion et si vous tenez à ce que Sirius y assiste, il vaut mieux attendre la semaine prochaine. À part si c'est urgent, bien sûr.
- Disons qu'il ne faut pas que je tarde trop à vous en parler. Comme je vous l'ai dit, c'est pour l'année prochaine mais ça se prépare en amont. Je vous expliquerai tout plus en détails lors de la réunion. Je suppose que vous avez du travail à faire alors vous pouvez y aller, sauf si vous avez quelque chose à me dire ou à me demander.
- Non, pas à ma connaissance. Je vais rejoindre Sirius. Passez une bonne soirée.
Remus salua Dumbledore et quitta le bureau. Il prit le chemin de ses appartements en pestant contre le fait qu'il venait de perdre son temps pour rien. Il avait juste appris qu'il allait y avoir une réunion et il avait rassuré Dumbledore en lui disant... rien du tout. Cette discussion n'avait servi strictement à rien. Lorsqu'il arriva, il sentit aussitôt que quelque chose n'allait pas. Tous ses sens s'étaient mis en alerte. Il avança prudemment jusqu'au salon. Il entendit très vite des gémissements et s'inquiéta. Il marcha un peu plus vite, entra dans le salon et sentit son coeur se serrer en découvrant Sirius sur le canapé, l'air mal en point. Il comprit alors pleinement ce que Severus avait voulu lui dire quand il était allé le voir cinq jours plus tôt. Car il sut à cet instant que le moment était arrivé. Severus avait raison : c'était quelque chose qu'il sentait, c'était quelque chose d'instinctif. Même s'il le voulait, il ne pourrait pas l'expliquer. Il rejoignit Sirius et s'assit à côté de lui.
- Sirius, qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il doucement.
- Je ne sais pas, ça ne va pas bien du tout, geignit Sirius d'une voix faible. Je n'ai plus de forces, j'ai du mal à respirer, j'ai l'impression qu'un étau enserre ma cage thoracique, je me sens oppressé... J'ai peur, Remus... J'ai besoin d'aide... Je ne peux pas partir comme ça, je dois voir Harry, je dois lui dire que je l'aime...
- Sirius, ça va aller, je vais t'aider, calme-toi, intima Remus d'un ton apaisant.
- Comment ? Tu n'es pas médicomage...
- Je n'ai pas besoin d'être médicomage pour t'aider. Il faut juste que tu me laisses faire et que tu me fasses confiance. D'accord ?
Sirius acquiesça, le regard ancré dans celui de Remus.
- Mets-toi sur le dos, ce sera plus simple comme ça.
Sirius obtempéra en gémissant de douleur. Son souffle sembla se couper lorsqu'il fut sur le dos. Ses yeux se révulsèrent, affolant Remus. Il secoua légèrement Sirius, essayant de le faire réagir.
- Sirius ! Sirius, réponds-moi ! Dis-moi quelque chose !
Remus redressa la nuque de Sirius. Ses yeux revinrent dans leurs orbites mais il était de plus en plus pâle. Remus reposa doucement la tête de son compagnon sur un coussin et dirigea sa main vers le coeur qui attendait son aide. Il mit sa main dessus et focalisa toute son attention sur sa magie. Il la sonda, fit appel à elle, l'activa, la rassembla et la concentra entièrement sur la paume de sa main. Il la sentit se déplacer lentement en lui et se réunir pour se frayer ensuite un chemin vers son bras. Il n'y avait qu'une partie de sa magie, bien sûr, mais ce serait largement suffisant pour sauver Sirius. Il garda son regard rivé sur sa main et attendit patiemment que sa magie y parvienne. Il eut bientôt la sensation d'avoir des fourmis dans sa main, signe que sa magie était en train de s'y concentrer. Il ne fallait surtout pas qu'il relâche son attention. Il pressa davantage sa paume sur la poitrine de Sirius et incita sa magie à s'y infiltrer. Alors qu'elle était en train de sortir de sa main, Sirius eut un brusque sursaut, faisant refluer la magie de Remus qui repartit en sens inverse. «Non !» paniqua Remus. Il avait été si près du but ! Il tourna la tête vers Sirius et culpabilisa malgré lui en voyant l'air blessé et le reproche dans le regard de son compagnon. Même dans un état semi-comateux, Sirius avait senti et compris ce que voulait faire Remus. Il devait avoir le sentiment d'avoir été trahi.
- Sirius, c'est pour ton bien, je t'en supplie, laisse-moi faire, implora Remus.
Il appuya une fois de plus sa main sur le coeur de Sirius et refit appel à sa magie qui s'était stockée quelque part dans son bras. Il avait évidemment relâché son attention lorsque Sirius avait sursauté mais sa magie n'avait pas eu le temps de refluer totalement. Il regarda de nouveau Sirius et lut dans ses yeux de la tristesse, de la déception et de la rancoeur. Il ne pouvait ni parler, ni bouger mais ses yeux s'exprimaient pour lui. Remus devait lui-même éviter de prononcer le moindre mot pour rester focalisé sur ce qu'il faisait mais il ancra son regard dans celui de Sirius et essaya de le rassurer par ce biais. Tout en se concentrant sur sa magie pour la rediriger vers sa paume, il continua à regarder Sirius et tenta de lui faire comprendre qu'il faisait ça pour lui, qu'il voulait juste l'aider, le guérir, le sauver, qu'il ne supporterait pas de le perdre, qu'il était prêt à se sacrifier pour lui, qu'il tenait à lui, qu'il l'aimait, qu'il devait le faire, pour lui, pour eux... Il ne s'en rendit pas tout de suite compte, trop occupé à lui faire passer ses pensées et à guider sa magie vers sa main, mais l'expression du regard de Sirius changea pour laisser place à un air surpris. Lorsque Remus s'en aperçut, il venait de réunir une nouvelle fois sa magie dans sa paume. Il pressa le plus fort possible sa main contre le coeur de Sirius pour que sa magie passe de sa main à l'organe palpitant. Cette fois, Sirius n'eut pas de sursaut. Il fixait toujours Remus avec cet air surpris. Remus ignorait ce qui l'avait mis dans cet état mais cela l'arrangeait car au moins, Sirius se laissait faire. Remus sentit une partie de sa magie le quitter pour franchir la peau de Sirius. Il retint son souffle. D'ici quelques secondes, sa magie attendrait le coeur de Sirius. C'était là que ça pouvait devenir dangereux. C'était là que le rejet pouvait avoir lieu. Mais Remus eut l'intime conviction que rien de tout cela n'allait se produire. Au moment où la magie dut rejoindre son coeur, Sirius écarquilla les yeux. Remus crut que son propre coeur allait exploser. Il ne savait pas si la réaction de Sirius était un bon signe, s'il devait s'en inquiéter, si ça annonçait un rejet imminent, s'il devait s'attendre à se faire projeter contre le mur derrière lui... Il ne savait absolument rien alors il se contenta de demeurer focalisé sur le transfert sans quitter Sirius des yeux. Il se passa de longues minutes pendant lesquelles Remus se prépara à toutes les éventualités. Le transfert était encore en cours, il restait de la magie à infiltrer dans le coeur de Sirius, mais le plus gros était fait. Et Sirius ne l'avait pas encore rejeté. Il le fixait toujours, les yeux grands ouverts, comme s'il était en état de choc. Quand, enfin, les fourmillements cessèrent dans la main de Remus et que sa magie fit tranquillement demi-tour, il sut que c'était bon. Le transfert avait eu lieu. Il eut à peine le temps de relâcher son attention qu'il vit le corps de Sirius s'affaisser d'un coup et ses yeux se fermer. Paniqué, Remus secoua son épaule et essaya de l'appeler :
- Sirius, réveille-toi...
Aucune réaction. L'angoisse monta d'un cran chez Remus. Est-ce que le transfert s'était mal passé ? Est-ce que le coeur de Sirius ne l'avait pas supporté ? Est-ce qu'il était trop faible pour un tel acte ? Non, ce n'était pas possible. Remus refusait d'y croire. Mais la peur était bien là. Il garda néanmoins son sang-froid et sortit sa baguette pour invoquer son Patronus. Il lui donna un message à délivrer et le fit partir d'un coup de baguette. Les minutes qui suivirent furent atrocement longues pour Remus. Il avait l'impression qu'une éternité s'était écoulée lorsque Severus apparut dans la cheminée. Remus se leva d'un bond.
- Severus ! J'ai fait tout ce qu'il fallait, Sirius a d'abord mal réagi mais il s'est ensuite laissé faire, le transfert semble s'être bien passé mais...
Un doigt se posa sur ses lèvres, l'empêchant de poursuivre ses explications.
- Calme-toi, ordonna Severus d'une voix douce mais ferme. Je ne peux rien comprendre si tu parles aussi vite. De toute façon, je vais aller le voir et si j'ai des questions, je te les poserai.
Remus acquiesça et suivit des yeux Severus qui se dirigea vers le canapé sur lequel il s'assit. Remus le regarda examiner longuement Sirius, anxieux et inquiet. Au bout d'un moment, n'y pouvant plus, il demanda :
- Alors, tu sais ce qu'il a ? Est-ce que c'est grave ?
Severus leva vers lui un regard beaucoup trop sérieux pour rassurer Remus.
- Oui, je sais ce qu'il a et je crains qu'on ne puisse rien y faire.
- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a ? Réponds-moi, Severus, ne me laisse pas comme ça !
Severus continua à regarder Remus pendant quelques secondes avant qu'un sourire moqueur n'étire ses lèvres.
- Ton compagnon est tout simplement en train de dormir pour se remettre du transfert.
Les épaules de Remus s'affaissèrent alors qu'il se sentait envahi par le soulagement. Puis il adressa un regard noir à Severus.
- Ça t'amuse de jouer avec mes nerfs comme ça ? accusa-t-il, vexé.
- Désolé mais c'était trop tentant. Je comprends que tu te sois inquiété mais t'imaginer croire le pire alors que ton compagnon est juste en train de dormir, c'était risible. Tu te doutes bien que je ne me serais pas moqué de toi s'il avait vraiment été en danger. En tout cas, tu peux être rassuré : ton chéri va parfaitement bien. Tu as tout fait dans les règles, le transfert s'est très bien passé, et s'il dort c'est parce qu'il a simplement besoin de repos. Il ne fallait pas espérer qu'une fois sauvé, il allait aussitôt se mettre à courir partout comme un petit chien. Il va avoir besoin de plusieurs jours pour se rétablir complètement. Rien ne t'y oblige, bien sûr, mais il serait préférable que tu sois près de lui pendant tout ce temps-là. Après tout, tu viens de partager ta magie avec ton compagnon pour le sauver. Tu as considérablement renforcé tes liens avec lui en faisant ça. Rester quelques jours ensemble sans vous lâcher vous permettrait de consolider ces liens et vous apprivoiser tranquillement en tant que loup et compagnon. Il pourrait se sentir seul s'il ne t'avait pas auprès de lui. Ça pourrait l'angoisser. En fait, je te dis que tu n'es pas obligé mais...
- Un peu quand-même, compléta Remus, mi-sérieux, mi-amusé. Ne t'inquiète pas, je resterai près de lui jusqu'à ce qu'il soit entièrement remis. Et je ne prends pas du tout ça comme une obligation. J'en ai envie. J'ai failli le perdre alors je ne veux pas le lâcher. Il s'est senti partir, Severus. Il avait peur. Il voulait dire au revoir à Harry. C'était horrible.
Remus se sentit soudain coupable en évoquant le nom de Harry. Il aurait tellement aimé pouvoir le rassurer lorsqu'il était venu le voir... Mais il ne pouvait pas. C'était trop tôt. Même s'il le savait, cela ne l'avait pas empêché de s'en vouloir. La culpabilité s'était emparée de lui, si bien qu'il n'avait rien pu manger le soir-même. Mais Sirius était sauvé, maintenant. Harry devait le savoir. Remus éprouva alors le désir, le besoin, la nécessité de le voir, de le rassurer, de le prendre dans ses bras, de lui dire que tout allait bien... Il savait bien que Harry risquait de le rejeter mais il devait essayer.
- Severus, est-ce que tu crois que je peux aller voir Harry ? Il était terriblement inquiet pour Sirius, et il doit l'être encore à l'heure qu'il est... Mais je ne veux pas laisser Sirius seul...
- Et moi alors ? Je suis un pot de fleurs ?
Remus ne put retenir un sourire.
- Tu as peut-être d'autres choses à faire que surveiller Sirius...
- Oui, un tas, mais les copies, les cours et les potions peuvent bien attendre. J'ai le sens des priorités et ma priorité, en ce moment-même, c'est que tu ailles rassurer mon patient que je vais devoir mettre sous anti-dépresseurs s'il continue à se faire du mouron pour son parrain. Non mais sans blague, je serais un monstre de refuser de rester près de ton compagnon pour que tu puisses aller rassurer son filleul... Alors file, je m'occupe de ce cas désespéré.
- Merci, Severus, dit Remus en souriant de nouveau.
Il prit sa cape et sa baguette et s'apprêta à partir. Il allait quitter le salon lorsque Severus le retint :
- Remus...
Il se retourna, surpris. Severus le fixait avec un air sérieux.
- Ne dis pas tout à Harry. Dis-lui juste que tu as sauvé Sirius et qu'il va bien.
Remus acquiesça.
- J'espère juste qu'il voudra bien m'écouter. Il est venu me voir avant-hier à la fin du cours pour me demander si je savais comment allait Sirius car il a vu le Patronus que tu m'as envoyé... Je ne lui ai rien dit, évidemment, et ça l'a blessé.
- Je vois. C'est normal que tu sois inquiet mais tu n'as pas à t'en faire. Je suis sûr qu'il acceptera de t'écouter. Déjà, ça va le toucher que tu viennes le voir de toi-même. Surtout si c'est pour lui donner des nouvelles de Sirius. Il ne doit pas s'y attendre. De plus, ça doit le miner d'être en froid avec toi. Je pense qu'il attend juste un pas de ta part. Sa réaction pourrait bien te surprendre. Alors va le voir sans crainte. Tu n'as rien à perdre, de toute façon.
- Ça, c'est sûr.
Une pensée traversa soudain l'esprit de Remus.
- Mais attends, vous n'êtes pas censés avoir une séance, à cette heure-là ?
- Si, mais on a décidé de se voir le mercredi de treize heures à quatorze heures trente puisque nous sommes tous deux libres ce jour-là de treize heures à quinze heures. On essaie pour le moment et on verra si ça nous convient comme ça. Je n'ai pas pu t'en parler samedi car ce n'est qu'hier, à la fin du cours de potions, que j'ai proposé à Harry ce changement.
- D'accord, je comprends mieux. Je trouve que c'est une bonne idée. Ça vous laisse une demie-heure de libre entre la fin de la séance et le prochain cours, c'est parfait. Bon, je vais y aller. Merci encore pour tout, Severus.
Remus tourna les talons et quitta pour de bon ses appartements. Il se rendit à la salle des binômes en espérant y trouver Harry. Lorsqu'il y entra, il vit effectivement le Gryffondor en compagnie de son binôme. Harry dut entendre la porte s'ouvrir car il leva aussitôt la tête. La surprise, puis l'inquiétude se lurent dans son regard. Remus n'eut pas besoin de faire quoi que ce soit pour lui faire comprendre qu'il voulait lui parler. Harry se leva et n'hésita pas une seule seconde à venir à sa rencontre.
- Qu'est-ce qu'il y a ? C'est à propos de Sirius ? Il... il va bien ? demanda-t-il d'une voix tremblante.
Remus sentit son coeur se serrer en voyant la détresse de Harry. Il pensait évidemment que Remus était venu le voir pour lui annoncer une mauvaise nouvelle et c'était compréhensible.
- Oui, rassure-toi, tout va pour le mieux, dit-il d'un ton apaisant. C'est ça que je venais te dire. Viens, on va aller dans mon bureau, on y sera mieux pour discuter.
Harry acquiesça et suivit docilement Remus jusqu'à son bureau. Tandis que Harry s'asseyait, Remus prépara du thé. Une fois celui-ci chaud, il en servit deux tasses puis il s'installa en face de Harry.
- Comme je te l'ai dit, Sirius va bien. Je viens de le guérir, il m'a fait une petite frayeur mais j'ai fait venir Severus qui m'a rassuré. Sirius est actuellement en train de dormir et Severus a bien voulu le surveiller pendant mon absence. Je ne peux pas tout t'expliquer tant que Sirius n'est pas entièrement remis mais je t'avais promis de le sauver et je l'ai fait. Je tiens cependant à te dire que je regrette de ne rien avoir pu te dire quand tu es venu me voir. Ce n'est pas que je ne voulais pas, c'est que je ne pouvais pas. La situation était trop compliquée et elle l'est encore maintenant. Je comprendrais que tu m'en veuilles, je ne te demande même pas de me pardonner mais je veux juste que tu saches que Sirius va bien et qu'il sera vite remis sur pied. Je ne vais pas t'embêter plus longtemps, je sais que tu étais en train de travailler, alors tu peux y aller.
Remus se leva afin d'aller ouvrir la porte mais à peine eut-il fait un pas qu'une tornade brune se jeta dans ses bras. Il sentit les larmes lui monter aux yeux en entendant Harry sangloter contre lui. Il ne s'était pas du tout attendu à ça. Il s'y était encore moins préparé. C'était déjà dur psychologiquement parlant de gérer un Harry en colère, mais ça l'était mille fois plus de devoir gérer un Harry en pleurs dans ses bras...
- Désolé, croassa celui-ci. J'ai été nul avant-hier... Je n'ai pas voulu comprendre ce que tu essayais de me dire... J'étais inquiet, je voulais des réponses alors pour moi tu étais obligé de m'en donner... Tu m'as juste dit que tu allais sauver Sirius, j'aurais dû m'en contenter parce qu'après tout, c'était ça le plus important mais non, il a fallu que j'insiste... Je suis désolé, Remus. Tu ne peux pas savoir à quel point je te suis reconnaissant d'avoir sauvé Sirius... Je suis tellement heureux et soulagé... Je ne sais pas ce qui a bien pu lui arriver mais j'attendrai le temps qu'il faudra pour que vous m'expliquiez tout. Le principal c'est qu'il aille bien. Je te demande encore pardon pour ce que je t'ai dit avant-hier. Je ne voulais pas te faire de la peine et je sais que je t'en ai pourtant fait...
- C'est oublié, Harry, dit doucement Remus. Je ne t'en veux absolument pas. Ça peut arriver à tout le monde de dire n'importe quoi sous le coup de la colère. Tu sais, en vivant avec Sirius et toi cet été, je me suis retrouvé peu à peu responsable de toi. Ça a continué à Poudlard, et pas seulement parce que je suis devenu ton directeur de maison. Je prends la relève auprès de toi quand Sirius a besoin de moi ou quand il n'est pas là. Quand il doit prendre une décision qui te concerne, il me demande toujours mon avis. En fait, nous nous occupons ensemble de toi. C'est venu tout seul, ça a toujours semblé te convenir et ça nous rend plus qu'heureux, Sirius et moi. Je savais dans quoi je me lançais en m'engageant autant auprès de toi, je savais ce qui m'attendait et cela incluait aussi bien les bons moments que les mauvais moments. Alors tu auras beau t'énerver contre moi, me dire que je ne sers à rien, que je suis nul, que je ne comprends rien, que tu me détestes, que tu ne veux plus me voir et que je peux aller me faire cuire une bouse de dragon, ça ne changera rien à l'amour que je te porte et j'attendrai patiemment que tu reviennes vers moi. Et c'est pareil pour Sirius. Quoi que tu fasses, quoi que tu dises, nous t'aimerons toujours et nous serons toujours là pour toi. Je te le promets.
Les larmes qui avaient cessé de couler sur les joues de Harry revinrent envahir ses yeux verts. Remus eut l'impression que c'étaient exactement les mots qu'il avait besoin d'entendre et qu'il les attendait depuis longtemps sans en avoir forcément conscience. Il ne regretta alors pas du tout ses paroles, et il les regretta encore moins lorsque Harry se serra de nouveau contre lui.
- Merci, chuchota-t-il.
Cela semblait être le seul mot que Harry pouvait prononcer mais cela suffit amplement à Remus qui put y percevoir tout ce que Harry ressentait. Celui-ci rompit l'étreinte de longues minutes plus tard, les yeux rouges mais l'air apaisé.
- Merci, répéta-t-il. Tout ce que tu viens de me dire fait écho à ce dont je parle actuellement lors de mes séances avec Snape. Il m'avait déjà rassuré là-dessus mais ce n'est pas pareil quand c'est toi qui le dit. Je suis très heureux avec vous deux et je ne veux pas d'autres tuteurs que vous. Je sais que vous en bavez avec moi depuis l'été dernier mais je n'en fais pas exprès...
Remus éclata de rire.
- Tu n'as pas besoin de le dire, on s'en doute bien ! Et puis on s'est fait une raison, tu sais. Une année tranquille avec toi, ça risque d'être très compliqué.
Loin d'être vexé, Harry sourit.
- J'ai définitivement renoncé à ce rêve. Au moins, comme ça, je ne peux pas être déçu, plaisanta-t-il.
- C'est bien, tu deviens raisonnable, s'amusa Remus. Je ne veux pas te retenir plus que je ne l'ai déjà fait mais pendant que tu es là, je voudrais te dire quelque chose.
- Je t'écoute, dit Harry, visiblement intrigué.
- Je suis très content pour Draco et toi.
Harry ouvrit de grands yeux surpris.
- Qu... quoi ? Mais... comment tu sais ?!
- Je l'ai compris lors du cours pendant lequel j'ai reçu le Patronus de Mme Pomfrey. J'ai vu Draco te rassurer et vous étiez tellement proches que ça a agi comme un déclic. J'ai été surpris au début mais j'ai vite trouvé ça naturel et normal.
- C'est ce que tout le monde nous dit, avoua Harry. On l'a dit à tous nos amis et ils nous ont tous dit ça. Et il paraît même que tous les autres réagiront comme ça quand Draco et moi afficherons notre relation. C'est ce que pense Blaise et ça a l'air d'être l'avis du reste de la bande. Apparemment, nous sommes faits pour être ensemble. Ça fait bizarre de se dire ça alors que pendant quatre ans, on s'est haïs de tout notre être...
- Il vous fallait du temps pour vous apprivoiser. Durant vos quatre premières années, vous pouviez difficilement faire autre chose que vous détester. La situation ne vous permettait pas trop de devenir amis. Il y a des gens qui se détestent de toute leur âme et que rien ne pourra y changer quoi que ce soit. Mais dans votre cas, je crois que la haine cachait déjà autre chose. Mais comme je ne vous ai pas connus à vos débuts, je ne peux pas vraiment l'affirmer. En tout cas, je vois bien que vous êtes heureux ensemble et c'est tout ce qui compte. Profitez-en, car le début d'une histoire d'amour, c'est toujours plein de choses inédites et il faut les savourer. Allez, va le rejoindre, je t'ai déjà assez retenu comme ça.
Harry acquiesça, remercia sincèrement une fois de plus Remus et s'en alla. Apaisé par la discussion qu'ils venaient d'avoir, Remus quitta vite son bureau à son tour et retourna à ses appartements. Il y retrouva Severus qui veillait toujours sur Sirius.
- Désolé pour le temps que j'ai mis, mais Harry et moi avions beaucoup de choses à nous dire.
- Ne t'en fais pas, je m'en doutais. Je vais y aller, maintenant que tu es là. N'oublie pas de prévenir le directeur que Sirius et toi ne pourrez pas assumer vos cours jusqu'à la fin de la semaine. Vous avez la chance de pouvoir vous faire remplacer par vos prédécesseurs. J'imagine que ça ne dérangera pas Filius de laisser les cours de duel de côté pendant deux jours pour reprendre les cours de sortilèges.
- C'est ce que m'a dit Dumbledore. Je suis allé le voir à seize heures car il voulait me parler. Il veut organiser une réunion et il souhaitait savoir si Sirius serait assez en forme pour y assister.
- Ah oui, il m'en a parlé aussi.
- Tu as une idée de ce qu'il veut nous dire ?
- Pas du tout. Je n'essaie pas vraiment de chercher car avec Dumbledore, c'est difficile de deviner à l'avance ce dont il veut nous parler.
- Il m'a dit que ça concernait l'année prochaine. Il veut peut-être nous dire s'il compte continuer ou arrêter les binômes de travail...
- C'est possible. Ou alors il veut nous faire part d'une nouveauté qui sera censée faire du bien à tout le monde mais qui nous épuisera tous plus les uns que les autres...
- Laissons-lui le bénéfice du doute, répliqua gentiment Remus.
- Tu as raison. Ça se trouve, ce sera encore plus horrible que ça.
- Severus...
- Quatorze ans que je le pratique, Remus. Je commence à le connaître. Enfin bon, on verra bien. Il n'y a pas encore de date pour cette réunion, d'ici là, il a le temps de changer d'avis. Allez, j'y vais. Je reviendrai demain pour voir si tout va bien. Il va sûrement se réveiller dans la matinée, pas avant. Il a vraiment beaucoup de repos à récupérer. Pense à dormir, toi aussi. Même si c'est tentant, ne reste pas toute la nuit à le surveiller.
- Promis. Je sais que je te l'ai déjà dit plusieurs fois mais merci pour tout.
- Il n'y a pas de quoi. Passe une bonne soirée et n'oublie pas de manger.
- Severus, je ne suis pas ton patient, protesta Remus.
- Désolé, ça doit être une déformation professionnelle, s'excusa Severus. Mais je vois bien depuis le début de la semaine que tu ne manges rien le midi. Je suis assis à côté de toi, je te rappelle. Alors tu as intérêt à te remettre à manger sinon tu deviendras réellement mon patient et je doute que tu aies envie de m'avoir sur le dos quotidiennement. Si tu veux savoir ce que c'est de se faire suivre par le médicomage, demande à Harry, il sera ravi de te renseigner.
Severus partit sur ces mots, avec un sourire moqueur sur les lèvres qui donna envie à Remus de le transformer en plante verte. Il s'assit sur le canapé et passa une main dans les cheveux de Sirius. Il sentit un certain apaisement l'envahir en regardant son compagnon dormir. Peut-être parce que lui-même avait l'air calme et serein... Et puis peut-être aussi parce qu'il était hors de danger, à présent. C'était sûrement un mélange de tout cela à la fois. Sans compter que le lien pouvait connecter leurs émotions. Quoi qu'il en soit, Remus était soulagé que cette épreuve soit derrière eux. Bien sûr, tout n'était pas entièrement réglé pour autant. Le transfert avait fait accepter le lien à Sirius mais il fallait qu'il le reconnaisse de lui-même face à Remus. Ils allaient aussi devoir avoir une discussion sur tout ce qui s'était passé et ce serait l'occasion pour eux de s'expliquer calmement, chose qu'ils n'avaient pas pu faire jusque-là. Mais dans l'immédiat, Sirius devait se reposer. Et Remus aussi, il devait bien l'avouer. Severus avait raison : il avait besoin d'une bonne nuit de sommeil. Remus se demanda ce qui serait advenu de Sirius et de lui si Severus n'avait pas été là. Peut-être n'auraient-ils jamais pris connaissance de ce lien... Severus leur avait vraiment été d'une très grande aide. Après avoir sauvé le garçon dont ils étaient responsables, il avait sauvé leur couple. Il avait révélé l'existence du lien à Remus, il lui avait tout expliqué, il lui avait dit quoi faire pour guérir Sirius du mal qui le rongeait... Ils lui devaient tous beaucoup. Remus sourit à cette pensée. Si on lui avait dit un jour que Severus sauverait Harry, son couple avec Sirius, Sirius lui-même et qu'il menacerait Remus de devenir son médicomage s'il rechignait à manger, il aurait ri. Il aurait ri très fort. Comme quoi, malgré toutes les épreuves qu'elle réservait, la vie pouvait être vraiment drôle.
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(vendredi 01/03) POV Sirius
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Sirius se sentait bizarrement reposé en se réveillant ce matin-là. Il ne lui fallut que quelques minutes pour se souvenir des dernières quarante-huit heures. Aussi étrange que cela puisse paraître, il se rappelait très bien ce qui s'était produit l'avant-veille. Il se revoyait passer une journée horrible à se traîner de cours en cours, essayant de faire fi de la douleur qui le prenait tout entier. Il revoyait Remus rentrer et s'installer près de lui. Il revoyait le transfert et il en revivait chaque minute. Il était dans un état semi-comateux à ce moment-là mais il avait pourtant été conscient de chaque seconde qui passait. Il en avait voulu à Remus de profiter du fait qu'il ne pouvait ni parler, ni bouger pour lui injecter sa magie. Il s'était senti trahi. Il savait, au fond de lui, que Remus avait fait ça pour le forcer à accepter le lien. Pour lui, tout était lié. Et il avait eu raison. Mais sa rancoeur envers Remus n'avait pas duré très longtemps. Car lorsqu'il avait senti la magie de Remus atteindre son coeur, il avait été plongé dans une sorte de transe. Il avait accueilli ça comme un remède qui lui faisait énormément de bien. C'était comme si c'était ce qu'il avait attendu sans le savoir. Comme si ça devait se passer comme ça et pas autrement. Il avait eu l'impression de revivre lorsque son coeur avait été imprégné de la magie de Remus. Puis, quand le transfert avait pris fin, que son coeur avait cessé de recevoir la magie de Remus, il s'était évanoui. Enfin, c'était ce qu'il avait cru mais en réalité, il était juste tombé de fatigue. Il s'était endormi et ne s'était réveillé que le lendemain matin. Remus était à côté de lui et ça lui avait fait drôlement plaisir. Ils n'avaient pas du tout parlé du transfert, Sirius ayant besoin de se reposer. Il avait reçu la visite de Snape qui l'avait examiné. Cela l'avait rassuré, à sa plus grande surprise. Depuis quand était-il soulagé que Snape vienne vérifier son état ? Remus lui avait juste dit que c'était grâce à Snape qu'il avait pu le sauver. Sans tout savoir, Sirius avait compris que Remus et Snape avaient œuvré ensemble pour le guérir et cela l'avait beaucoup touché. Il avait éprouvé une profonde reconnaissance envers Snape. Il avait senti que quelque chose avait changé entre eux. Leur relation ne serait plus la même après ça.
Il regarda l'heure et soupira. Il devait se lever. Il n'avait aucune obligation, il pouvait dormir jusqu'à onze heures s'il le voulait mais il se fixait tout de même une limite. Il devait se reposer jusqu'à la fin de la semaine mais il était hors de question qu'il reste au lit toute la matinée. Il avait mieux à faire. Il se leva donc et se rendit au salon. Il y vit Remus qui était en train de lire la Gazette tout en buvant une tasse de café. Sirius resta sur le pas de la porte et l'observa un moment. Comme hypnotisé, il ne put détacher son regard de Remus. Il réalisa à quel point il était beau. À quel point il aimait le calme qui émanait de lui. À quel point il aimait le voir lire. À quel point il aimait son air concentré. À quel point il aimait les traits de son visage. À quel point il aimait son sourire. À quel point il aimait tout chez lui, tout simplement. Ce constat lui fit écarquiller les yeux de stupeur. Est-ce que cela signifiait qu'il aimait Remus tout court ? La réponse lui parut évidente. Étrangement, il ne chercha pas à nier. Il l'accepta. Il ne l'avait pas encore dit à Remus mais il ressentait lui aussi le lien, désormais. Et ce, depuis le transfert, même s'il n'en avait pris conscience que lorsqu'il s'était réveillé le lendemain. Il se sentait beaucoup plus proche de Remus, il avait sans cesse envie d'être à ses côtés, il était apaisé en sa présence, il était attiré par lui comme s'ils étaient aimantés par une force invisible... En fait, il avait l'impression d'être réellement lié à lui. Il y avait plein de petites choses comme ça qui faisaient sûrement partie du lien et que Sirius éprouvait depuis qu'il avait reçu la magie de Remus. Il pensait avoir compris que le transfert l'avait en quelque sorte forcé à accepter le lien. Même si ça avait été fait sans son accord, il ne pouvait pas en vouloir à Remus pour ça. Il savait bien que ça avait été le seul moyen de le sauver. S'il ne s'était pas entêté à rejeter ce lien, il n'aurait jamais fini dans un tel état. Il fustigeait à présent son propre comportement. Il s'en voulait et souhaitait s'excuser auprès de Remus de lui avoir fait autant de peine. Il se rendit compte qu'il avait beaucoup de choses à lui dire. Mais il ne savait pas comment aborder le sujet. Et ce n'était pas Remus qui allait le faire. Depuis le réveil de Sirius, il se contentait de s'occuper de lui et d'être constamment à ses côtés. Il n'avait pas une seule fois parlé du lien. Il faisait comme si de rien n'était. Comme si Sirius était juste malade et qu'il devait le veiller et le soigner. Il laissait le soin à Sirius de choisir le moment où ils auraient une sérieuse discussion. Et Sirius trouvait ça cool de sa part. Plongé dans sa contemplation et dans ses pensées, il ne vit pas Remus lever les yeux vers lui.
- Eh bien qu'est-ce que tu fais planté là ? demanda-t-il en souriant.
- Je te regardais, répondit Sirius sans réfléchir.
- Oh... Ça devait être très intéressant, en effet.
- Plus que tu ne le crois.
Remus détourna le regard, l'air gêné. Cela amusa Sirius.
- Tu veux du café ? s'enquit Remus d'un ton détaché.
- Non merci. Ça te gêne que je te dise que tu es intéressant à regarder ?
- Non, c'est juste que je n'ai pas l'habitude qu'on m'observe à huit heures du matin comme si j'étais une œuvre d'art particulièrement passionnante.
- Peut-être parce que je suis le seul à pouvoir voir certaines choses en toi. Ce ne serait pas étonnant, au vu de notre relation, n'est-ce pas ?
Sirius avait clairement décidé de lancer la discussion que Remus et lui devaient avoir alors que ce n'était absolument pas prévu. Il avait fait ça de manière instinctive. C'était le moment idéal et il en avait tout simplement profité.
- Sûrement, oui, éluda Remus. Tu veux un thé ? Du jus de citrouille ? Des petits pains ?
- Remus, je m'en fous du petit-déjeuner, lâcha Sirius. J'essaie de te parler, là.
- On ne va pas passer une heure sur le fait que tu me trouves intéressant à regarder...
- Tu sais très bien que ce n'est pas de ça dont je veux te parler. Pourquoi tu esquives la discussion ?!
- Parce que ça ne fait même pas quarante-huit heures que le transfert a eu lieu et d'après ce que m'a dit Severus, tu aurais dû mettre plus de temps que ça à aborder le sujet ! Je ne sais plus combien de temps précisément mais d'après Severus, tu aurais d'a...
- Severus n'est pas dans ma tête, coupa Sirius. Il est sûrement l'une des personnes les plus calées en Défense Contre les Forces du Mal mais jusqu'à preuve du contraire, je suis le seul à pouvoir savoir si je me sens prêt à parler de quelque chose ou si j'en ai envie. Je veux en parler maintenant, Remus. Après, si toi tu n'en as pas envie ou si tu ne te sens pas prêt, je comprendrais.
- Non, ce n'est pas ça, dit doucement Remus. C'est juste que... ça fait longtemps que j'attends cette discussion. Enfin, ça fait pile un mois mais les quatre semaines qui viennent de passer m'ont semblé être une éternité... J'attendais avec impatience qu'on puisse en parler calmement. Seulement, depuis le transfert, ce n'est plus pareil. Je sais que tu l'as accepté et c'est juste ça qui m'importait. Du coup, je n'ai plus autant hâte qu'avant qu'on en discute. Et puis, pour être franc, je n'ai pas très envie qu'on revienne sur les tensions qu'il y a eu.
- Mais c'est important, argumenta Sirius. Il faut qu'on ait cette discussion. C'est même obligé. C'est simplement pour mettre les choses à plat. On ne risque pas de se disputer, Remus, ajouta-t-il d'une voix douce. C'est terminé, ça. Si on se disputait, c'était parce que je rejetais le lien et je ne voulais pas en entendre parler alors que je devais l'accepter. Tu ne faisais qu'essayer de me raisonner mais je ne voulais pas t'écouter. Et je le regrette. Je sais que j'ai été nul et que je t'ai fait de la peine. Je m'en veux énormément pour ça. Je refusais de voir la réalité en face, ça me faisait peur et toi, tu tentais de m'y forcer, si bien que tu étais devenu comme un ennemi. Alors je rejetais la faute sur toi pour ne pas voir que c'était moi qui avait tort. C'était beaucoup plus simple comme ça. Mais tout en étant en colère contre toi, je m'en voulais de te faire du mal. Quand je te disais quelque chose de blessant, je le regrettais aussitôt. Mais j'étais incapable de m'excuser ou de revenir en arrière. Je ne voulais pas m'abaisser à ça. Il fallait que tu comprennes que je n'étais pas d'accord. Pourtant, au fond de moi, je sentais que ce lien existait bel et bien mais je m'obstinais à ne pas y croire. J'ai vraiment été bête. Je suis désolé, Remus. Je comprendrais que tu m'en veuilles, j'ai été tellement horrible...
Remus secoua la tête. Il se leva et rejoignit Sirius.
- Je ne t'en veux pas. Je ne sais même pas si je t'en ai réellement voulu ne serait-ce qu'une seule fois. J'étais trop dévasté par le chagrin pour avoir de la rancœur, je crois. Je ressentais déjà pleinement le lien, alors quand on se disputait, ça me faisait cent fois plus mal que toi. Il y a juste une fois où la colère s'est emparée de moi. Mais elle venait de mon loup. C'est quand tu es parti pour la deuxième fois en me faisant comprendre que tu comptais aller voir ailleurs. Tu avais de nouveau rejeté le lien et tu venais clairement de me dire que tu allais me tromper... Mon loup ne l'a pas supporté et j'ai eu envie de tout casser. J'ai cependant réussi à me contrôler et j'ai juste poussé un hurlement qui a fait trembler les murs de la cuisine. J'étais vraiment mal, à ce moment-là.
Sirius sentit son coeur se serrer en apprenant l'état dans lequel il avait mis Remus. Ce n'était pas fait pour alléger son sentiment de culpabilité.
- Pardon, Remus, murmura-t-il, les larmes aux yeux. Si tu savais comme je m'en veux... En plus, ce soir-là, je ne t'ai même pas trompé.
- Je sais, tu me l'as dit quand tu es rentré le lendemain matin et je l'ai de toute façon senti. Tu n'avais aucune autre odeur que la tienne sur toi.
Le coeur de Sirius manqua un battement.
- Attends... Ça veut dire que la première fois...
- J'ai senti une autre odeur, oui, dit tristement Remus. Je ne pouvais pas t'en vouloir. Même si tu le rejetais, le lien faisait effet autant sur toi que sur moi. On venait de se prendre la tête et dans le cas des couples de loups-garous et de compagnons attitrés, les tromperies ne peuvent avoir lieu qu'après une forte dispute. C'est ce qui s'est produit ce soir-là. C'est la nature de notre relation qui t'a poussé à me tromper. Tu ne pouvais rien y faire, en fait. C'est pour ça que je ne t'en ai pas vraiment voulu. Je n'avais pas de raison de t'en vouloir pour quelque chose que tu étais incapable de contrôler. Si ça peut te départir un peu de ta culpabilité, sache que ça pourra m'arriver à moi aussi.
- Oui, je m'en souviens, tu m'avais dit que les tromperies pouvaient venir des deux côtés. Donc si je comprends bien, si on couche avec quelqu'un d'autre après une dispute, ce n'est pas grave ? On doit considérer ça comme étant normal ?
- C'est ça l'idée, oui. Mais il y a une raison derrière tout ça. Ce n'est pas juste «On se dispute, on va voir ailleurs, on se réconcilie, on oublie, c'est comme ça et puis c'est tout». Comme tu le sais, ce lien nous oblige à rester ensemble pour la vie et on n'a pas notre mot à dire. Ça veut dire qu'une fois le lien accepté des deux côtés, nous ne pourrons plus avoir d'autres histoires d'amour. Nous pourrons avoir des aventures, oui, mais il nous sera impossible de retomber amoureux. Les sentiments, c'est juste entre nous. De toute manière, on s'aimera trop pour éprouver des sentiments envers quelqu'un d'autre. Nous sommes donc un peu prisonniers de ce lien. Le fait de pouvoir tromper l'autre après une grosse dispute, c'est donc un moyen de garder une certaine liberté dans notre sexualité.
- Oh... Je n'avais pas vu les choses comme ça... Mais c'est pourtant exactement ce que je pensais...
- Comment ça ? s'intrigua Remus en fronçant les sourcils.
- Si je rejetais le lien, ce n'était pas juste parce que je n'en voulais pas. Mon refus cachait une raison bien précise. Ce que tu viens de dire, ça renvoie parfaitement à mon ancien état d'esprit. Quand tu m'as parlé de ce lien que j'étais obligé d'accepter, qui nous unirait pour toujours, qui m'empêcherait d'avoir d'autres relations, j'ai eu le sentiment qu'on me privait une fois de plus de ma liberté. J'étais reconnu innocent et libre depuis tout juste un an et voilà que je n'étais déjà plus libre de choisir avec qui je voulais avoir une histoire d'amour... Je l'ai très mal pris. J'ai eu l'impression qu'on s'acharnait sur moi, sur ma liberté. J'en avais marre qu'on m'empêche de faire ce que je voulais. C'est pour ça que je ne voulais pas de ce lien. Je voulais être libre. Mais c'était incompatible. Je tenais à avoir le choix alors j'ai voulu privilégier ma liberté. J'étais loin d'imaginer qu'en rejetant le lien, il y aurait de telles conséquences... Je savais que pour aller mieux, je devais accepter le lien. J'ai plusieurs fois voulu le faire mais je pensais aussitôt à ma liberté et ça suffisait à me faire changer d'avis. Mes douze années passées à Azkaban m'ont traumatisé. Je ne voulais plus qu'on m'enferme, d'une façon ou d'une autre. Mais maintenant que j'ai accepté le lien, je me suis fait une raison. Je me suis résigné. Quoi que je fasse, je ne serai jamais libre. Pouvoir coucher avec qui je veux après une grosse dispute avec mon compagnon, ce n'est clairement pas une consolation. Parce que je n'ai aucune envie de compter sur une engueulade pour aller voir ailleurs. Je ne veux pas te tromper, de toute façon. Je veux qu'on soit le plus unis possible. Je suis prêt à renoncer à ma liberté pour pouvoir être heureux avec toi.
Les yeux de Remus s'embuèrent.
- Oh, Sirius, je suis désolé, je n'avais pas du tout pensé à tout ça... Je ne voulais pas que tu voies les choses comme ça... Je ne voulais pas que tu te sentes privé de ta liberté... J'ai été nul, j'aurais dû y penser... Je comprends mieux pourquoi tu refusais autant le lien... Mais je te promets que tu n'auras pas l'impression d'être prisonnier du lien. Tu seras trop épanoui dans notre couple pour ça.
Sirius acquiesça.
- Je te crois, dit-il en souriant. Et j'accepte le lien.
L'émotion se lut sur le visage de Remus.
- Merci, murmura-t-il. Je te promets de te rendre heureux.
- Je te le promets aussi, répondit Sirius, soudain ému lui aussi.
Comme s'ils n'avaient attendu que ces mots, Sirius et Remus se rapprochèrent et s'embrassèrent. Ils se collèrent l'un contre l'autre et approfondirent autant qu'ils le purent le baiser qui resta cependant doux. Même lorsqu'ils manquèrent de souffle, ils ne voulurent pas détacher leurs lèvres. Ils furent néanmoins obligés de rompre le baiser mais leurs fronts restèrent collés.
- Nous sommes en couple, alors, conclut Sirius. Ça fait bizarre de se dire ça... On se connaît depuis tellement longtemps... Jamais je n'aurais cru que je ferais ma vie avec toi. J'étais censé être hétéro, à la base.
- Tu l'es, affirma Remus. Bon, maintenant que tu sais que tu aimes le sexe entre deux hommes, tu es peut-être davantage bi... Je ne suis plus ta seule expérience, à présent.
- J'étais bourré, grimaça Sirius. J'aurais pu coucher avec un Troll.
- Je doute que tu aurais apprécié.
- Pourquoi ? T'as déjà essayé ?! s'horrifia Sirius.
- Mais non, rit Remus. Je pense juste que ça doit être particulièrement déplaisant.
- Ah, tu me rassures. Loin de moi l'idée de juger ta sexualité, mais coucher avec un Troll...
- Je n'ai connu que des humains en terme de partenaires, déclara Remus, amusé.
- Tu as connu quelques filles, je crois ?
- Oui, à Poudlard. Mais une fois que j'ai su que j'étais gay, je n'ai eu que des partenaires masculins.
- Tu en as eu beaucoup ?
- Je dirais plutôt un certain nombre. Mais je te l'ai dit plusieurs fois, j'ai eu d'assez longues périodes de célibat. Je veux dire par-là que pour un loup-garou, rester deux ans célibataire, c'est énorme. Ça m'est pourtant arrivé. Mais dans la même année, je pouvais enchaîner plusieurs histoires à deux ou trois mois d'intervalle. Je recherchais inconsciemment mon compagnon.
- Tu aurais difficilement pu le trouver s'il était à Azkaban... En tout cas, tu sembles avoir eu pas mal d'expériences. Plus que moi. Tu as connu plein de mecs. Alors que moi, je suis encore ignare dans ce domaine... Tu risques de vite t'ennuyer avec moi. Tu es obligé de tout m'apprendre. Et tu dois te retenir de me faire tien alors que tu en as très envie...
- On ne pouvait pas s'unir tant que tu refusais le lien, rectifia Remus. Maintenant que tu l'as accepté, le loup en moi ne pourra pas me pousser à être violent quand on s'unira pour la première fois. Ça se fera en douceur.
- C'est justement ça qui me fait peur, avoua Sirius. J'en ai envie, et ce, depuis un moment déjà, mais j'ai peur de l'acte. Je sais comment tu es membré et je vais bien le sentir passer...
- J'attendrai que tu sois prêt, promit Remus. Et on ira doucement. J'aimerais pouvoir te dire que tu n'auras pas mal mais ce serait te mentir. Et je préfère être franc avec toi. Je vais cependant tout faire pour que tu aies le plus de plaisir possible. Mais on a le temps. Rien ne presse. On verra ça en temps voulu. Je veux que notre première fois soit réussie alors on ira à ton rythme.
Sirius sentit une bouffée d'amour l'envahir à l'entente de ces mots. Il sut à ce moment-là qu'il aimait Remus. Il aurait voulu le lui dire mais il pensa que c'était peut-être un peu trop tôt. Et cela ferait un peu trop dans une même journée. Il se contenta donc de sourire à Remus en essayant d'y faire passer tout ce qu'il ressentait envers lui. En croisant son regard qui le couvait d'un air tendre, il vit que ses yeux pétillaient, comme s'il se retenait de dire quelque chose. Visiblement, lui aussi aurait bien aimé lui dire ces trois petits mots. Et il sembla deviner que c'était le cas aussi pour Sirius. Ils échangèrent alors un regard dans lequel ils se dirent silencieusement «Plus tard». Ils hochèrent la tête en même temps et se sourirent. S'il y avait bien une chose qui n'avait pas changé entre eux, c'était le fait qu'ils pouvaient se comprendre sans se parler. Remus se pencha vers lui et l'embrassa de nouveau. Sirius répondit aussitôt au baiser. Celui-ci fut tout aussi doux et tendre que le précédent. Il dura cependant moins longtemps car Sirius fut pris d'un léger malaise. Remus dut le sentir car il rompit lui-même le baiser.
- Ça ne va pas ? s'inquiéta-t-il.
- Je suis un peu étourdi, avoua Sirius.
- Et tu es un peu pâle. C'est normal, ça fait beaucoup d'émotions en peu de temps et tu es loin d'être entièrement remis du transfert. C'est pour ça qu'il aurait mieux valu attendre quelques jours de plus avant d'avoir cette discussion.
- Je ne regrette rien, je me sens beaucoup mieux maintenant.
- Moi aussi, reconnut Remus. Mais toujours est-il que tu as besoin de te reposer. Severus doit venir te voir en fin d'après-midi. Il pourra te dire si tu seras apte à reprendre les cours lundi ou si tu devras patienter encore un peu.
- Il faudra que je le remercie, lui aussi. Sans lui...
Sirius s'interrompit, incapable de terminer sa phrase. Il savait qu'il s'en était fallu de peu. Il n'aurait pas survécu sans le transfert. Et Remus n'aurait jamais su ce qu'il fallait faire si leur collègue n'avait pas été là. Sirius pensa alors à Harry qui se serait retrouvé seul, une fois de plus. Cette pensée lui fut insupportable.
- J'ai failli abandonner Harry, murmura-t-il.
- Non, c'est faux, répondit Remus d'un ton à la fois doux et ferme. Tu l'aurais abandonné si tu l'avais voulu et décidé. Or, ce n'était pas du tout le cas ici. La preuve, alors que tu étais au plus mal, tu as eu assez de lucidité pour te faire la réflexion que tu devais dire au revoir à Harry...
- Il doit être super inquiet depuis le début de la semaine... Il est venu me voir pour m'inciter à aller à l'infirmerie. J'étais bien conscient que ça ne servirait à rien alors j'ai eu du mal à le rassurer...
- Moi aussi, il y a même eu un froid entre nous à cause de ça. Je ne voulais rien lui dire et il l'a très mal pris. Mais on s'est réconciliés juste après le transfert. Severus a accepté de te surveiller et je suis allé voir Harry. Je l'ai trouvé dans la salle des binômes et je l'ai emmené dans mon bureau. Je lui ai dit que tu étais sauvé, que j'avais fait le nécessaire pour te guérir, je me suis excusé de ne rien avoir pu lui dire, j'ai précisé que je n'attendais pas son pardon et je l'ai laissé partir. Mais il n'est pas parti. Alors que je m'apprêtais à aller lui ouvrir la porte, il s'est jeté dans mes bras. Il était en pleurs. Je le sentais sangloter contre moi. Ça m'a fait mal de le voir comme ça. Il était soulagé et en même temps il s'en voulait d'avoir été blessant envers moi. Il avait tellement l'air mal que je lui ai dit des choses très importantes pour le rassurer.
Remus relata à Sirius le beau discours qu'il avait fait à Harry.
- C'est magnifique, souffla Sirius. Tu lui as dit exactement ce qu'il fallait. Mais je ne pensais pas que tu serais prêt à lui parler autant à coeur ouvert...
- Je n'ai pas vraiment réfléchi, il avait besoin d'entendre ce genre de choses alors je me suis lancé.
- Et tu as bien fait. Maintenant, il sait que quoi qu'il arrive, on sera là près de lui. D'ailleurs, il faudra qu'on lui dise pour le lien...
- On va attendre un peu, le temps que tu te remettes et que tout se stabilise. Mais oui, en effet, il va falloir lui en parler.
- Mais ça ne va pas lui faire un peu bizarre ? Je veux dire... il nous connaît en tant qu'amis. Je suis son parrain mais c'est comme si j'occupais le rôle d'un père, pour lui. Vu que nous sommes ensemble, tu deviens en quelque sorte son beau-père. Il ne saura plus sur quel pied danser avec toi. Tu vas être plein de choses à la fois pour lui. Il t'a d'abord connu comme son professeur, puis comme l'ami de son père et de son parrain, puis de nouveau comme son professeur ainsi que son directeur de maison et maintenant comme le compagnon de son parrain... Il m'a déjà dit que ça ne le dérangerait pas du tout que je me trouve quelqu'un mais normalement, quand on se met en couple, on attend quelques semaines, quelques mois ou quelques années avant d'emménager ensemble... Là, on habite déjà dans les mêmes appartements. Il n'y aura pas de temps d'adaptation pour lui.
- Je crois que tu t'en fais un peu trop pour rien, apaisa Remus. Je comprends tes craintes mais je suis sûr que ça va moins déstabiliser Harry que tu ne le penses. Il ne sera peut-être même pas si surpris que ça. Il nous a déjà acceptés comme ses tuteurs alors que je n'ai moi-même aucun droit sur lui. Ça ne changera donc pas grand-chose pour lui. Et puis, il comprendra que ça vient d'un lien et qu'on ne peut rien faire contre ça.
- Tu as raison. De toute façon, il faudra bien le lui dire. On devra gérer sa réaction en temps voulu. Bon, je vais me reposer. Est-ce que tu veux venir avec moi ? J'aimerais dormir dans tes bras...
Sirius vit un tendre sourire se dessiner sur les lèvres de Remus.
- J'ai un peu de travail à faire mais ça peut attendre. J'ai besoin de repos, moi aussi. Alors allons-y !
Sirius et Remus quittèrent le salon et se rendirent à la chambre de Sirius. Ils s'allongèrent et Sirius se lova contre Remus. Tous deux fatigués, ils s'endormirent bien vite pour un repos bien mérité.
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(samedi 02/03) POV Théo
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- Mais où est-ce que j'ai mis ma baguette ?!
Théo fouilla pour la troisième fois son espace. Il n'avait pas urgemment besoin de sa baguette mais il l'avait cherchée machinalement du regard et ne l'avait pas trouvée alors qu'il pensait l'avoir mise dans son sac. Comme il avait rendez-vous une heure plus tard avec son avocat et son directeur de maison, il préférait la chercher maintenant plutôt que cinq minutes avant de partir. Mais impossible de remettre la main dessus. Cela ne lui ressemblait pas du tout de chercher ses affaires. Elles étaient toujours bien rangées et à leur place. Mais il n'avait pas encore totalement récupéré de son séjour à l'infirmerie. Il était encore faible et fatigué. Le professeur Snape l'avait prévenu qu'il aurait besoin de plusieurs semaines pour recouvrer toutes ses forces et qu'il ne serait pas entièrement remis pour le procès, et il ne s'était pas trompé. Mais dans l'ensemble, il allait tout de même bien. Sa fatigue lui jouait juste des mauvais tours et c'était à cause d'elle qu'il cherchait actuellement sa baguette.
- Un problème ?
Théo se retourna et vit Blaise qui avait passé la tête entre ses rideaux.
- Ma baguette a fugué, plaisanta Théo. Je ne sais plus où je l'ai mise.
- Tu veux que je t'aide à la chercher ?
- Tu as sûrement mieux à faire...
- Non, j'étais en train de lire un livre. Je n'aurais pas réussi à travailler à une heure du rendez-vous.
Théo mit plusieurs secondes à se souvenir que Blaise devait l'accompagner. Vu qu'il devait assister au procès en tant que témoin, il devait être là pour le dernier rendez-vous qui consistait à récapituler tout ce qui se passerait quatre jours plus tard. Blaise était venu avec Théo à tous les rendez-vous qui le concernaient afin qu'il sache quoi dire, quoi faire et à quel moment. Son rôle était d'expliquer ce qui s'était passé l'été précédent quand il avait recueilli Théo chez lui. Il en profiterait pour dire qu'il avait toujours soupçonné Nott de maltraiter Théo. Son témoignage était très important car il avait vu Théo au plus mal suite aux trois semaines qu'il avait vécues avec son père, il lui avait prodigué les premiers soins et il avait fait venir la bonne personne pour le sauver. Théo avait été réticent à l'idée que son ami assiste au procès, ne voulant pas lui faire subir cela mais il n'avait pu contester le fait que sa venue était essentielle. De plus, Blaise était ravi de pouvoir témoigner contre Nott et d'être là pour soutenir son meilleur ami. Théo lui-même devait bien avouer qu'il était rassuré d'avoir Blaise à ses côtés. Il savait que, quoi qu'il arrive, ils n'oublieraient jamais cette journée et qu'elle renforcerait encore plus leur amitié. Théo pouvait toujours compter sur Blaise et ce dernier le lui prouvait en ce moment-même en cherchant sa baguette magique. Alors que Théo avait retourné le dortoir pendant vingt minutes sans mettre la main dessus, Blaise, lui, la trouva au bout de trois minutes. Théo l'avait mise sous son oreiller et l'avait oublié. Il se sentit idiot.
- Merci, dit-il à Blaise avec un petit sourire. Je n'avais pas pensé à vérifier là.
- Sûrement parce que tu ne mets jamais ta baguette ici en temps normal. Mais ce n'est pas dans tes habitudes de chercher quelque chose partout comme ça. Toi qui es toujours si bien ordonné...
- Je suis fatigué, je fais moins attention à ce que je fais.
- Tu es sûr qu'il n'y a que ça ?
Théo soupira.
- Je stresse à cause du procès. Je n'ai pas envie d'y aller mais j'y suis obligé.
- Pourquoi ne veux-tu pas y aller ?
Théo baissa les yeux.
- Parce que j'ai peur de revoir mon père. Même si je sais qu'il ne pourra rien me faire, je ne veux pas le voir.
- C'est la dernière fois que tu le verras, Théo. C'est ça que tu dois te dire. Il va être jugé et il passera le restant de ses jours à Azkaban. Il faut que tu sois là pour lui montrer que tu es debout et qu'il n'a pas réussi à te détruire. Ça lui ferait trop plaisir si tu ne venais pas, il penserait avoir gagné. Tu dois lui prouver le contraire.
- Mais c'est un peu vrai, en soi... Je garde des séquelles de ce qu'il m'a fait.
- Oui, mais tu t'es relevé. Tu ne t'es pas laissé aller. Si tu es là aujourd'hui, c'est grâce à ta volonté. Tu aurais pu abandonner mais tu ne l'as pas fait. Si on oublie le procès qui te mine le moral, tu es plutôt heureux en ce moment. Et ça, franchement, ce n'était pas gagné. Tu t'es fait un nouvel ami depuis la rentrée et tu es même en couple. Imagine la tête de ton père s'il savait ça ! Il serait fou de rage. Tu as continué à vivre ta vie, à faire des expériences, à créer des liens pendant que lui croupissait derrière ses barreaux. Tu crois vraiment qu'avec ça, on peut dire qu'il a gagné ?
- Oh non, pas du tout, répondit Théo en souriant. Il est clairement perdant et moi gagnant dans cette histoire. Rien que pour voir sa tête, j'adorerais lui dire que je suis devenu ami avec Harry Potter, que j'ai fait mon coming-out et que je sors actuellement avec un né-moldu. Il serait vert ! Il aurait envie de me tuer et il ne pourrait même pas le faire. Il faut dire que je fais fort, quand-même. Je suis ami avec le garçon que le maître de mon père voulait éradiquer de la surface de la Terre et je sors avec quelqu'un qui fait partie des gens que mon père devait exterminer avec ses amis Mangemorts. Si je voulais m'opposer entièrement à mon père, je n'aurais pas pu mieux faire. Non mais je crois que je cherche les embrouilles, en fait, ajouta Théo en riant.
Il se sentait beaucoup mieux grâce à ce que Blaise lui avait dit. Il lui avait fait voir les choses sous un autre angle et ça lui avait bien remonté le moral.
- Tu peux faire autant de crasses que tu veux à ton père, renchérit Blaise. Tu ne feras que lui rendre la monnaie de sa pièce et il ne pourra rien te faire subir en représailles.
- Non mais j'ai fait tout ça inconsciemment. Je ne me suis pas rapproché de Harry et de Justin pour faire enrager mon père. Mais je dois avouer que je trouve ça très agréable de faire tout ce que mon père m'aurait interdit de faire. Je me sens libre parce que je sais que je peux parler avec qui je veux sans avoir peur qu'il me punisse lors des prochaines vacances d'été. Enfin, je dis ça mais son avocat peut très bien réussir à lui éviter Azkaban...
- Non, c'est impossible. Ton avocat t'a bien dit qu'il n'y avait aucun moyen d'innocenter ton père. Il a beau avoir l'un des meilleurs avocats du monde, ce ne sera pas suffisant. Il a juste un avocat parce que tout le monde a le droit d'être défendu. Mais ça ne lui servira pas à grand-chose. Fais confiance au tien, il sait ce qu'il dit.
Théo acquiesça.
- Tu veux bien rester avec moi jusqu'au rendez-vous ? Je vais gamberger si je suis tout seul.
- Bien sûr, je n'ai rien à faire, de toute façon.
Blaise et Théo passèrent donc ensemble la demie-heure qui suivit en parlant de tout et de rien puis ils quittèrent leur dortoir et se rendirent au bureau de leur directeur de maison. Ils furent accueillis par celui-ci ainsi que par l'avocat de Théo. Ils entrèrent dans le bureau et s'assirent à la demande du professeur Snape.
- Bien, comme vous le savez, nous nous voyons aujourd'hui pour récapituler ce qui se passera lors du procès qui est désormais imminent, déclara l'avocat Williams. Si vous avez des questions, vous pourrez évidemment les poser, il faut que tout soit clair à la fin de ce rendez-vous. Tout d'abord, le ministre de la magie, Cornelius Fudge, va rappeler ce qui est reproché à l'accusé et va donc exposer les chefs d'accusations. Il va ensuite présenter les différentes personnes qui vont interroger l'accusé ainsi que le greffier d'audience, l'avocat de l'accusation et l'avocat de la défense. Puis il va demander à l'accusé ce qu'il plaide pour ses activités de Mangemorts et ce qu'il plaide pour les maltraitances commises sur vous, M. Nott. L'accusé répondra et des questions lui seront posées sur ses activités de Mangemort. Vous serez appelé à la barre, M. Nott, pour témoigner. Vous devrez parler de tout ce que vous savez sur les activités de votre père en tant que Mangemort. N'oubliez surtout pas de dire qu'il a voulu vous faire entrer de force dans les rangs. Le fait qu'il souhaitait que vous deveniez un Mangemort comme lui démontre une forte dévotion de sa part à sa profession. Cela ne peut lui être que préjudiciable pour sa défense. Lorsque vous aurez tout dit et que vous retournerez vous asseoir, l'avocat de votre père va tenter de défendre son client. Puis le ministre de la magie passera à l'autre chef d'accusation, à savoir les violences commises sur vous. Vous serez le premier à être interrogé, M. Nott, puis ce sera à vous, M. Zabini, puis au tour du professeur Snape, puis au tour de l'accusé. M. Nott, vous devrez dire tout ce que vous a fait subir votre père. Je sais, vous en avez déjà parlé un certain nombre de fois, que ce soit au professeur Snape, à Mrs Bones, à vos amis ou à moi, vous en avez peut-être assez mais vous êtes obligé de passer par-là. Si vous bloquez à un moment, je serai là pour vous relancer. Je ne pourrai pas parler à votre place mais je vous aiderai dès que vous en aurez besoin. Cela vaut pour vous aussi, M. Zabini. Ce sera justement à vous de passer à la barre après M. Nott. Vous devrez raconter ce qui s'est passé l'été dernier, en incluant l'état dans lequel votre ami est arrivé chez vous, les soins que vous lui avez prodigués, votre décision de faire appel au professeur Snape pour le soigner, les quelques jours qu'a passés M. Nott chez vous, les doutes que vous aviez depuis quatre ans et demi sur le fait que votre ami se faisait maltraiter par son père... Vous ne devrez rien oublier. Vous semblez maîtriser ce que vous allez devoir dire, donc ça devrait aller. Après vous, ce sera au tour du professeur Snape de témoigner, puis l'accusé devra répondre aux accusations et se défendre, s'il le souhaite. Ensuite, il y aura les plaidoiries, d'abord la mienne, puis celle de l'avocat de l'accusé. Il vous sera demandé si vous voulez ajouter quelque chose, l'accusé peut s'excuser à ce moment-là, puis ce sera la délibération. Ça peut prendre du temps mais cela vous permettra de vous reposer. Est-ce que vous avez des questions ?
- Non, répondirent Théo et Blaise en même temps.
- Tout est clair, alors ? Bien. Comme le procès commencera à dix heures, la partie sur les activités de Mangemort aura lieu le matin tandis que la partie sur les violences commises sur vous, M. Nott, aura lieu l'après-midi. Il y aura une heure de pause entre ces deux parties dont vous pourrez profiter pour déjeuner. Et je vous conseille vivement de le faire. Vous aurez besoin de forces. Un malaise est vite arrivé avec de fortes émotions mêlées à une faiblesse due à un repas sauté. Ce serait dommage que la suite du procès soit reportée à cause de ça. Bon, nous allons maintenant revoir l'organisation de la journée.
L'avocat Williams enchaîna alors sur la façon dont allait se dérouler la journée en-dehors du procès en lui-même. Il précisa notamment à quelle heure Théo, Blaise et le professeur Snape devaient être là, où ils devaient attendre, ce qu'ils devaient faire avant et après l'audience... Puis il donna à Blaise et Théo des conseils sur le comportement à adopter face au jury. Il leur dit ce qu'ils devaient faire et ce qu'ils ne devaient pas faire et insista sur les postures et façons de parler à éviter. Blaise et Théo l'écoutèrent attentivement sous le regard appréciateur du professeur Snape. Le rendez-vous prit fin une heure plus tard.
- Je crois vous avoir tout dit, estima l'avocat Williams. Si vous avez des questions, posez-les, c'est le moment ou jamais.
Théo échangea un regard avec Blaise et comprit que son ami n'avait pas plus de questions que lui.
- Non, tout est parfaitement clair, affirma Blaise.
- Pour vous aussi, M. Nott ?
- Oui, approuva Théo.
- Parfait, dans ce cas je vais vous laisser. Nous nous revoyons mercredi à neuf heures.
L'avocat salua tout le monde puis il sortit du bureau. Une fois la porte refermée, le professeur Snape se tourna vers Blaise et Théo.
- Est-ce que vous avez quelque chose à me dire ou à me demander ?
- Non, répondirent de nouveau les deux amis.
- Bien, vous pouvez donc partir, M. Zabini. Je dois m'entretenir quelques instants avec M. Nott.
Blaise acquiesça, pressa gentiment le bras de Théo en guise d'encouragement, souhaita une bonne fin de journée à leur directeur de maison et s'en alla. Le professeur Snape reporta son attention sur Théo.
- Je ne vais pas vous retenir très longtemps. Je veux juste m'enquérir de votre état. Comment vous sentez-vous ?
- Pas très bien, avoua Théo. Le procès est dans quatre jours alors évidemment, ça me stresse. Mais ce n'est que passager. Ça ira mieux quand ce sera passé.
- Sûrement mais il ne faut pas que vous minimisiez votre état actuel. C'est normal que vous soyez à fleur de peau, déprimé, de mauvaise humeur mais je peux vous donner des potions pour apaiser tout ça. Ce sont des anti-dépresseurs, ni plus ni moins. Mais faiblement dosés. Est-ce que vous pensez en avoir besoin ?
Théo hésita un peu mais son honnêteté prit le dessus.
- Oui, je crois que ça me serait utile jusqu'au procès.
- Je m'en doutais un peu. Je vais vous poser quelques questions pour savoir quelles potions seraient le mieux adaptées à votre cas. Est-ce que vous vous sentez déprimé ?
- Je n'ai pas trop le moral, oui, admit Théo.
- Est-ce que cela va jusqu'à avoir envie de pleurer ?
- Oui, mais je me retiens facilement. C'est assez fréquent mais c'est bref. Et ça m'arrive sans raison apparente.
- Je vois, c'est plutôt classique. Avez-vous l'impression d'être à fleur de peau, d'être plus susceptible que d'habitude ?
- Pas spécialement. Je ne parle pas beaucoup et mes amis ne cherchent pas à m'y forcer.
- C'est bien de leur part, mais uniquement parce que votre état est passager. En temps normal, on ne doit pas laisser quelqu'un se renfermer sur lui-même. Est-ce que votre stress et votre état de déprime agit sur votre tempérament ? Vous sentez-vous de mauvaise humeur ?
- Non, pas du tout. Je suis juste triste.
- Bien, tout cela est assez rassurant. Vous faites une petite déprime qui est tout à fait normale et qui n'est pas très sérieuse. Mais comme vous êtes encore faible et fatigué à cause de ce qui s'est passé il y a trois semaines avec l'explosion et le choc anaphylactique, cela accentue votre sensibilité et votre sentiment de déprime. Est-ce que vous dormez bien, en ce moment ?
- Non, pas du tout. Les potions relaxantes que je prends le soir ne font plus effet car je n'arrive pas à me détendre. Je réussis à m'endormir mais je suis vite réveillé par des cauchemars. Et ça m'empêche de me rendormir.
- Vous auriez dû venir m'en parler. Vous devez être le plus en forme possible pour le procès. Je vais vous donner des potions de sommeil sans rêves que vous prendrez pendant deux ou trois semaines, le temps que le contre-coup du procès soit passé. Là aussi, ce sera faiblement dosé. Cela évitera les risques de dépendance. Vu que vos troubles du sommeil sont passagers et que nous savons à quoi ils sont dus, ce sera facilement traitable. Vous devrez donc délaisser vos potions relaxantes pendant ce laps de temps. La potion de sommeil sans rêves est à prendre le soir, juste avant le coucher. Quant aux anti-dépresseurs, c'est une fiole le matin, avant, pendant ou après le petit-déjeuner. Je vais vous chercher ça tout de suite. Par chance, j'ai toujours des potions dans mes appartements et dans mon bureau. C'est pratique quand un élève a urgemment besoin de quelque chose.
Le professeur Snape se leva et se dirigea vers le fond de son bureau. Il prit des fioles dans un tiroir qu'il mit dans un sac. Puis il retourna vers Théo.
- Tenez, vous avez sept potions de chaque. Nous nous reverrons après le procès pour faire le point. Si l'une de ces potions ne vous réussit pas, venez vite me voir. Est-ce que j'ai votre parole ?
- Oui, promit Théo.
- Bien, si vous n'avez rien d'autre à me dire, vous pouvez y aller.
Théo acquiesça, se leva à son tour, remercia son professeur, le salua et sortit du bureau. Il était plus apaisé qu'avant le rendez-vous. C'était à la fois grâce au fait qu'il savait précisément comment allait se passer la journée du procès et grâce aux potions que le professeur Snape lui avait données. Elles lui permettraient de se sentir mieux et, ainsi, de mieux appréhender le procès. Il devait être détendu et il le serait. Ne restait plus qu'à attendre le jour J. Même s'il était plus relaxé, il restait néanmoins toujours un peu anxieux. Il ignorait pourquoi, mais il avait le sentiment que ce procès allait changer plus de choses que prévu...
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(dimanche 03/03) POV Blaise
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- J'espère qu'il va y avoir de l'ambiance ! J'ai horreur des matchs plats, grimaça Blaise en shootant dans un caillou.
- C'est vrai qu'entre Gryffondor et Poufsouffle, c'est rarement intense, approuva Draco.
- Ah oui, ça c'est sûr, se faire attaquer par plusieurs Détraqueurs en plein match alors qu'on est à la recherche du vif d'or, ça n'a rien d'intense, ironisa Harry.
- Oups, pardon, s'excusa Draco, gêné. Non mais à part celui-là...
- J'avoue, ce n'est jamais bien transcendant, admit Harry. Je le ressens même si je ne suis pas sur la même aire du terrain.
- Ce qui va peut-être donner de l'adrénaline au match, c'est que les poursuiveurs de Gryffondor vont devoir se battre pour avoir le souafle, intervint Théo. L'équipe de Poufsouffle de cette année est très active sur la possession. Mais ils ne marquent pas assez, proportionnellement au temps qu'ils passent avec le souafle. Arrivés au quatrième match de l'année, selon le nombre de points déjà engrangés, il faut marquer tout autant ou plus que le match précédent pour maintenir ou augmenter sa place dans le classement.
- C'est lui qui devrait être capitaine l'année prochaine, déclara Draco. Donc arrêtez de me persécuter avec ça, merci. Prenez-vous-en à Théo, maintenant.
- Sympa, s'offusqua Théo, faisant rire le groupe.
Blaise, Draco, Théo, Pansy, Harry, Ron, Hermione, Ginny, Terry et Justin se rendaient actuellement au terrain de Quidditch. Malgré les affinités qu'avaient certains d'entre eux pour Gryffondor ou pour Poufsouffle, ils avaient décidé d'assister tous ensemble au match. Justin souhaitait évidemment que sa maison gagne, mais il n'en voudrait pas à Ginny si elle attrapait le vif d'or. Il avait même dit qu'en réalité, il la soutiendrait parce qu'elle faisait partie du groupe et parce qu'elle était vraiment brillante sur un balai et qu'elle était l'un des meilleurs attrapeurs. Ginny en avait rougi, faisant fondre Blaise. Lui était sans conteste pour Gryffondor. C'était sa douce et belle Ginny qui allait se battre comme une lionne contre l'attrapeur de Poufsouffle. Et elle allait gagner. Summerby ne pouvait rien contre elle. Mais un détail inquiétait cependant Blaise.
- Tu es sûre que ton poignet est suffisamment remis ? demanda-t-il à Ginny.
- Mais oui, je suis allée voir Mme Pomfrey hier et elle m'a dit qu'il n'y avait aucun risque à ce que je joue le match aujourd'hui. Tout comme Alicia. On a repris les entraînements la semaine dernière, on l'aurait senti si ça n'allait pas le faire.
Blaise acquiesça, rassuré. Ils arrivèrent sur le terrain quelques minutes plus tard. Les deux Weasley se dirigèrent vers les vestiaires après avoir été embrassés par leurs moitiés. Le reste du groupe alla s'asseoir dans les gradins.
- Qui remplace Katie Bell, déjà ? s'enquit Pansy.
- Dean Thomas, répondit Harry.
- Il est bon ?
- Oui, c'est le meilleur des poursuiveurs de réserve. Il n'est pas aussi doué que les titulaires mais il se défend très bien. Et il a une belle coordination avec Angelina et Alicia. Il n'hésite pas à essayer de marquer et ça, c'est un point fort pour l'équipe. Katie et Alicia sont d'excellentes joueuses mais elles manquent légèrement d'initiative.
Blaise, Draco, Pansy et Hermione se regardèrent et comprirent qu'ils pensaient tous la même chose. Harry s'en aperçut et rougit.
- Je vous arrête tout de suite ! Ce n'est pas parce que je sais analyser le jeu de mes coéquipières que je vais forcément devenir le prochain capitaine ! Ça fait quatre ans et demi que je suis dans l'équipe, c'est normal que je connaisse la façon de jouer de mes camarades !
- Il n'y en a pas un pour rattraper l'autre, soupira Pansy. Ils sont tous deux pressentis pour prendre la direction de leur équipe l'année prochaine et ils refusent de le voir.
- Ce serait quand-même mignon, un couple de capitaines, songea Hermione.
- À condition qu'ils n'en parlent pas entre eux, précisa Terry. Ça pourrait créer des tensions.
- Si Draco et moi devenons vraiment capitaines, on n'en discutera ensemble que si c'est nécessaire, trancha Harry. On fait justement tout pour qu'il n'y ait pas la moindre tension entre nous. Même si on n'a pas besoin de se forcer.
Blaise vit deux Serdaigle regarder bizarrement Harry en passant devant la bande.
- Oui, ce serait dommage que votre binôme de travail pâtisse de tensions liées à votre capitanat, dit Blaise d'une voix assez forte.
Harry fronça les sourcils, se demandant sûrement pourquoi Blaise faisait allusion à sa relation avec Draco en tant que binômes de travail alors qu'il parlait de leur couple.
- On nous écoute, siffla Blaise entre ses dents, assez bas pour que seul le groupe puisse l'entendre.
Harry et Draco lancèrent des regards inquiets autour d'eux.
- C'est bon, j'ai rattrapé le coup, les rassura Blaise. Il va falloir qu'on fasse un peu plus attention.
- Désolée, c'est moi qui ait lancé le sujet, regretta Hermione. Bon, quels sont vos pronostics pour le match ?
- Victoire pour Gryffondor, évidemment, prédit Justin. J'ai beau être à Poufsouffle, je sais bien que ma maison n'a aucune chance face à Gryffondor. Et elle n'en aura pas plus face à Serpentard. On va se faire encore plus massacrer que par Gryffondor. Car niveau attaque, Serpentard est nettement au-dessus cette année.
- Oui, on s'est bien fait laminer en terme de buts, renchérit Harry. Ils ont beaucoup plus marqué que nous. Ce sont eux qui auraient dû gagner. Surtout que je n'ai aucun mérite à avoir attrapé le vif d'or. Ni Draco, ni moi n'étions au top de notre forme. Ce n'était pas une lutte très acharnée. Je soupçonne presque Draco de m'avoir laissé gagner pour pouvoir mettre le pied au sol le plus vite possible.
- Honnêtement, ce match, je m'en fichais comme de ma première chemise. J'étais là parce que j'étais titulaire, point. Mais ce n'est pas plus mal qu'on ait perdu ce match. Ça pousse à se battre davantage lors des suivants. En plus, on n'avait pas un très gros écart avec Gryffondor. C'est récupérable et on peut toujours espérer la première place. Ah, voilà les joueurs.
En effet, les deux équipes venaient de sortir des vestiaires. Deux minutes plus tard, ils étaient sur le terrain. Mrs Bibine jeta en l'air le souafle qui fut attrapé par Angelina. Tous s'envolèrent et le match commença par une possession rouge et or. La voix de Lee Jordan résonna dans les gradins :
- Les hostilités sont ouvertes avec Johnson qui trouve rapidement l'appui de Spinnet à qui elle lance le souafle. Spinnet passe à Thomas qui passe à Johnson qui évite un cognard et qui passe à Spinnet qui s'approche des buts, qui tire et... qui marque ! Dix à zéro en faveur de Gryffondor. Le souafle est donné aux Poufsouffle.
- Il y a qui chez Poufsouffle ? demanda Hermione.
- Smith, Cadwallader et Adelson comme poursuiveurs, Flynn et Fawkes comme batteurs, Kearney comme gardien et Summerby comme attrapeur, répondit Justin.
Blaise essaya de retenir tous ces noms même si ce n'était pas lui qui avait posé la question. Cela fut bien utile pour le groupe afin de suivre ce que disait Jordan qui parlait de nouveau de Gryffondor, un des poursuiveurs de Poufsouffle ayant perdu le souafle :
- Johnson passe à Thomas qui passe à Spinnet qui esquive de justesse un cognard mais qui garde le souafle. Elle tente de revenir dans l'axe de ses coéquipiers mais Cadwallader et Smith la prennent en sandwich, elle essaie de se dépêtrer, va-t-elle y arriver ? Elle n'a pas d'autre choix que de lancer le souafle au hasard et il est récupéré par Adelson. Beau travail d'équipe de la part de Poufsouffle. Cadwallader et Smith se recentrent très vite et ils enchaînent les passes avec Adelson. Ils grignotent du terrain, se rapprochent des buts, se font harceler tour à tour par les cognards des Weasley mais ils les évitent, Cadwallader est maintenant tout près des buts, il passe à Adelson qui l'a rejoint, qui tire et... qui marque ! Égalité entre les deux équipes.
Blaise grogna. Les Poufsouffle n'allaient pas se laisser faire.
- Le souafle est redonné à Gryffondor. Les poursuiveurs se placent différemment sur le terrain. Est-ce une tactique pour se rapprocher plus vite des buts ? Il semblerait que oui puisqu'en deux passes, Johnson, Spinnet et Thomas ont déjà bien avancé. Spinnet passe à Johnson qui passe à Thomas qui manque de perdre le souafle en se faisant agresser par un cognard mais qui réussit à le garder et à le lancer à Spinnet qui fonce vers les buts, qui tire et... qui marque ! Vingt à dix pour Gryffondor.
Blaise entendit Harry et Hermione soupirer de soulagement. Ils avaient probablement remarqué eux aussi que les Poufsouffle semblaient très en forme. Et ils le prouvèrent en marquant trois buts en dix minutes tandis que Gryffondor n'en marqua aucun. Ils se retrouvèrent menés quarante à vingt mais ils ne se laissèrent pas démonter et ils redoublèrent de vigilance sur leur possession du souafle. Ils se l'étaient fait voler trois fois de suite par les Poufsouffle qui en avaient profité à chaque fois pour marquer. Mais l'équipe de Gryffondor resta soudée et grâce aux efforts combinés des batteurs qui se déchaînèrent sur les poursuiveurs de Poufsouffle, ces derniers perdirent facilement le souafle, ce qui permit à Johnson de marquer deux buts et à Spinnet et à Thomas d'en marquer un. Le score monta à soixante à quarante en faveur de Gryffondor.
- Gryffondor a repris du poil de la bête ! Mais Poufsouffle n'a pas dit son dernier mot. Smith se bat actuellement contre Thomas et Johnson qui essaient de le cerner mais il trouve la faille et parvient à leur échapper. Comme d'habitude après un duel raté, Gryffondor met du temps à se réorganiser et cela donne de précieuses secondes à leurs adversaires pour filer vers les buts. Spinnet et Johnson tentent de les rattraper mais trop tard, Adelson tire et... OH MAIS QUELLE PARADE ! Le gardien de Gryffondor a repoussé le souafle alors qu'il était bien parti pour passer dans l'anneau central ! Son équipe peut le remercier. Toujours soixante à quarante et le souafle est donné à Gryffondor.
Alors que Johnson, Spinnet et Thomas repartaient dans le sens inverse avec le souafle, le calme mit du temps à revenir dans les tribunes. Les Gryffondor avaient exulté de joie lors de la parade de Ron. Pansy avait sûrement été celle qui avait le plus hurlé. Blaise sentit que les retrouvailles allaient être très intenses après le match. Il était amusé et attendri de voir sa meilleure amie autant à fond sur son petit-ami. C'était du Pansy tout craché.
- Spinnet et Johnson sont maintenant à quelques mètres des buts. Mais Flynn et Fawkes n'ont pas l'intention de les laisser marquer. Ils harcèlent les poursuiveurs de Gryffondor avec les cognards, si bien que Kearney n'a pas besoin de faire grand-chose pour parer le souafle lancé par Johnson qui était complètement déstabilisée et qui n'a pas pu bien cadrer son tir. Le score ne bouge pas. Et ça n'a pas l'air de bouger non plus chez les attrapeurs. Le vif d'or se fait désirer. Le souafle est donné au capitaine de Serdaigle qui trouve vite le soutien d'Adelson et de Cadwallader.
Les vingt minutes suivantes furent très pénibles pour les deux équipes. Poufsouffle domina en terme de possession mais ne marqua qu'une fois sur six essais, grâce à Ron qui défendait très bien ses buts et qui ne cessa d'être ovationné. Mais Kearney, le gardien de Poufsouffle, fut tout aussi efficace et ne laissa passer qu'un but également sur les quatre tentatives de Gryffondor.
- Dure séquence pour les six poursuiveurs qui ont l'air d'être au bout du rouleau... Il faudrait que les cho... Ooooooh mais que vois-je ? Mais oui, Ginny Weasley semble bien avoir trouvé le vif d'or ! Elle est partie en flèche d'un coup, sous les yeux de Summerby qui se demande visiblement ce qu'il doit faire... Pense-t-il qu'il s'agit d'une feinte ? Quel serait l'intérêt ? Quoi qu'il en soit, ça a donné un coup de fouet aux poursuiveurs de Poufsouffle qui se montrent bien plus agressifs envers leurs adversaires qui ont actuellement le souafle. Cadwallader essaie de s'emparer de la balle lors d'une transmission entre Spinnet et Thomas mais il la rate de peu. Thomas passe à Johnson qui passe à Spinnet qui se rapproche des buts. Mais Adelson lui barre le passage et la force à reculer. Spinnet se retrouve loin de ses coéquipiers mais elle tente quand-même de lancer le souafle à Johnson qui le réceptionne malgré la tentative d'interception de Smith. Le jeu a clairement gagné en intensité. Johnson cherche du soutien des deux côtés mais elle est cernée par Smith et Adelson qui lui mettent la pression. Elle voit Spinnet sur sa droite, elle veut lui faire une passe mais Smith réussit cette fois à l'intercepter. Il la passe aussitôt à Cadwallader qui avance vers les buts mais il est pris d'assaut par un cognard et lâche le souafle qui est récupéré par Thomas. Adelson fonce à pleine vitesse vers lui et ouch ! La collision...
- Faute ! hurla alors Mrs Bibine.
Adelson protesta mais il y avait bel et bien faute et un penalty fut accordé à Gryffondor malgré les cris d'indignation des Poufsouffle qui arguaient que Thomas n'était même pas tombé de son balai. Ce fut lui qui tira le penalty et il marqua en choisissant l'anneau de gauche alors que Kearney s'était élancé vers celui de droite. Le score monta à soixante-dix à quarante en faveur de Gryffondor. Dès lors, la guerre fut déclarée entre les deux équipes. Draco et Blaise regrettèrent d'avoir prédit que le match allait être plat. En une demie-heure, Gryffondor marqua cinq buts tandis que Poufsouffle en marqua six, réduisant ainsi l'écart à vingt points. Le score fut de cent vingt à cent, toujours en faveur de Gryffondor. Parmi les onze buts, cinq furent marqués sur penalty. Les fautes s'enchaînaient des deux côtés, rendant le match complètement anarchique. Lee Jordan s'égosillait dans son mégaphone dès qu'un poursuiveur de Poufsouffle commettait une faute sur Spinnet, Johnson ou Thomas. Il ne savait plus où donner de la tête et heureusement pour lui, Ginny n'avait pas vu en réalité le vif d'or. C'était juste une feinte et Blaise la soupçonnait d'avoir voulu donner du piment au match. Si c'était le cas, c'était réussi. Alors que Johnson se faisait courser par Smith et Cadwallader, Ginny fonça de nouveau dans une direction. Contrairement à la première fois, Summerby la suivit aussitôt.
- Ouh là, ça bouge en haut ! Et ça n'a pas l'air d'une feinte puisque Summerby semble avoir vu lui aussi le vif d'or... Moi je ne vois rien mais... Ah si, je le vois ! Weasley a une longueur d'avance sur Summerby mais il grignote petit à petit son retard... Weasley essaie de le semer mais elle est visée par un cognard qu'elle évite de justesse. Elle a perdu de la vitesse, ce qui a permis à Summerby de la rattraper. Ils sont au coude-à-coude, maintenant. Ils se bousculent et coursent le vif d'or qui est assez loin devant eux. Ils tentent de s'en approcher mais ils sont tous deux attaqués par un cognard. Ils perdent de vue le vif d'or qui en a profité pour s'échapper. En bas, le score n'a pas bougé mais le souafle est entre les mains des poursuiveurs de Poufsouffle qui sont tout près des buts. Smith passe à Adelson qui passe à Cadwallader qui repasse à Adelson qui fonce vers les buts et... qui marque ! Cent vingt à cent dix en faveur de Gryffondor.
- Bon sang Ginny grouille-toi ! souffla Harry.
- Elle fait ce qu'elle peut, répliqua Blaise.
- Je sais mais on risque de se faire de nouveau mener... Ce serait une grande première avec un score à plus de cent chez ces deux équipes mais de toute façon ce match dev... aïe, non, pas le manche !
Thomas venait effectivement d'agripper l'arrière du manche de Cadwallader, ce qui valut un penalty en faveur de Poufsouffle. Il fut tiré par Cadwallader qui visa l'anneau de droite alors que Ron voulut protéger l'anneau central. Ce but marqua l'égalisation entre les deux équipes.
- Alors que Poufsouffle vient de recoller au score, Summerby a l'air d'avoir retrouvé la trace du vif d'or... Il a fusé droit devant lui, prenant de court Weasley qui n'a cependant pas tardé à réagir et qui s'est élancée à la poursuite de son adversaire. Les batteurs de Gryffondor, qui s'étaient rabattus sur les poursuiveurs de Poufsouffle, se remettent à persécuter Summerby avec les cognards. Cela porte ses fruits puisqu'il est déstabilisé et perd du terrain, laissant l'avantage à Weasley qui se rapproche de la balle dorée. En bas, Gryffondor vient d'obtenir un nouveau penalty suite à une faute de Smith commise sur Spinnet. C'est elle qui tire le penalty, elle fait mine d'hésiter, tantôt à gauche, tantôt à droite, elle finit par lancer au milieu et ELLE MARQUE ! Kearney n'a rien pu faire. Cent trente à cent vingt en faveur de Gryffondor. Pendant ce temps, Summerby a bien du mal à rattraper Weasley qui a essayé de se saisir du vif d'or mais qui n'a pas réussi. Il s'est un peu éloigné mais Weasley l'a gardé dans sa ligne de mire. Elle esquive habilement un cognard lancé par Flynn mais elle ne perd pas de vue le vif d'or. Summerby, lui, regagne du terrain et revient peu à peu au niveau de Weasley. Alors qu'ils sont presque de nouveau au coude-à-coude, Thomas parvient à intercepter le souafle lors d'une transmission ratée entre Cadwallader et Adelson et il se dirige droit vers les buts puisque la voie est libre. Grosse erreur défensive des Poufsouffle qui n'ont pas vu le coup venir. Ils veulent rattraper Thomas mais il est déjà parti loin devant, il passe à Spinnet qui entre dans la surface, qui tire et... QUI MARQUE ! Cent quarante à cent vingt en faveur de Gryffondor. Revenons à ce qui se passe chez les attrapeurs. C'est à présent très serré entre eux. Summerby s'est hissé à la hauteur de Weasley et ils se livrent à une lutte sans merci. Ça se bouscule beaucoup et comme Summerby est plus imposant que Weasley, il réussit à chaque fois à gagner un ou deux mètres d'avance. Weasley ne se laisse cependant pas faire mais là, elle est un peu en difficulté...
En effet, Ginny reculait de plus en plus malgré ses efforts pour rester au niveau de son adversaire. Blaise avait envie de massacrer Summerby qui profitait de sa masse corporelle pour avoir le dessus sur Ginny. À côté de lui, blottie contre Terry, Hermione se rongeait les ongles et hésitait entre suivre le match ou se cacher le visage contre le torse de son petit-ami qui tentait de la rassurer. Harry était encore plus stressé qu'elle et murmurait des «oh là là», des «vas-y», des «mais laisse-la tranquille» et d'autres mots adressés soit à Ginny, soit à Summerby. Draco et Théo, eux, marmonnaient des tas de sorts qu'ils rêvaient de lancer à Summerby tandis que Pansy l'insultait de troll, de veracrasse, de scroutt à pétard, de strangulot et autres noms de créatures peu sympathiques. Justin, lui, était plutôt comme Harry mais de façon un peu plus discrète. Comme il l'avait dit, il avait pris parti pour Ginny. Ils étaient donc tous derrière elle. Et elle en avait bien besoin. L'écart se creusait entre Summerby et elle et l'attrapeur de Poufsouffle se rapprochait dangereusement du vif d'or. Si bien qu'à un moment, il fut suffisamment proche pour tendre le bras et ce fut ce qu'il fit. Il donna une poussée à son balai et ses doigts franchirent les quelques centimètres qui les séparaient de la petite balle ailée.
- NON ! hurlèrent Harry, Hermione et Blaise.
Un cognard lancé par l'un des jumeaux vint alors frapper l'arrière du balai de Summerby, le déviant brusquement de sa trajectoire. Mais Blaise eut beau regarder de tous les côtés, il ne vit pas l'ombre d'un vif d'or. Summerby avait-il eu le temps de l'attraper ? L'incertitude était totale dans les gradins. Tout le monde retenait son souffle. Tandis que Summerby tentait de retrouver son équilibre sur son balai sans montrer le moindre signe qu'il avait le vif d'or, Ginny vira soudain à droite. Blaise tourna la tête tellement vite qu'il entendit son cou craquer. Son coeur rata un battement lorsqu'il vit la petite balle dorée à une dizaine de mètres de Ginny. Summerby ne l'avait pas eue ! Et il était loin derrière Ginny. Elle eut donc tout le loisir de se rapprocher seule du vif d'or. En trente secondes, elle arriva tout près de lui. Il n'eut aucune chance. Ginny tendit la main et ses doigts se refermèrent sur la petite balle ailée. Blaise et les Gryffondor hurlèrent de joie. Éreintés, les uns heureux, les autres déçus, les quatorze joueurs redescendirent et atterrirent doucement sur le sol. Blaise se précipita aussitôt vers Ginny qu'il prit dans ses bras et qu'il embrassa fougueusement. Ginny lui rendit son étreinte et son baiser sous les sifflets extatiques de leurs camarades. Ils se séparèrent au bout de longues minutes, quelque peu essoufflés mais un sourire radieux aux lèvres. Ils n'eurent pas le temps de se dire quoi que ce soit que Harry se jeta sur Ginny pour la féliciter et la serrer fort contre lui. Puis ce fut le tour des jumeaux Weasley qui étouffèrent presque Ginny dans leur étreinte. Ils avaient l'air étrangement émus. Et Ginny aussi. Elle avait même les larmes aux yeux. Blaise eut clairement l'impression que cette victoire apportée en grande partie par Ginny comptait énormément pour Fred et George. Que c'était même la plus belle de toutes. Blaise entendit les jumeaux dire plusieurs fois «merci» à leur soeur. Et il sut que Ginny avait craqué quand il la vit plonger son visage entre ses deux frères. Cela fit bizarre à Blaise qui n'avait jamais vu Ginny pleurer. Il devait vraiment y avoir quelque chose de fort derrière tout cela. Comme un secret que seuls les trois Weasley partageaient. Ils restèrent ainsi un long moment avant que les jumeaux ne lâchent leur soeur. Elle fut ensuite félicitée par le reste de l'équipe. Après une dizaine de minutes de congratulations, de discussions et de rires, les rouge et or finirent par aller faire le debrief et se changer dans les vestiaires. Harry les accompagna, même s'il n'avait pas été là lors du briefing, la capitaine lui ayant dit que ce n'était pas nécessaire puisque tout avait déjà été dit lors du dernier entraînement. Hermione, Terry, Théo et Justin rentrèrent au château alors que Blaise, Draco et Pansy attendirent leurs moitiés devant les vestiaires. Ginny, Harry et Ron en sortirent vingt minutes plus tard. Pansy et Ron furent les premiers à partir, vite imités par Draco et Harry. Blaise et Ginny se retrouvèrent seuls. Ils en profitèrent pour s'embrasser un long moment. Lorsqu'ils détachèrent leurs lèvres, Blaise sourit à Ginny et la félicita :
- Bravo pour ta prestation. Tu n'as pas lâché, je suis trop fier de toi.
- Merci, dit Ginny, touchée. Ce match n'a pas été facile, autant pour moi que pour mes coéquipiers. À la base, j'avais juste feinté pour déstabiliser Summerby, je ne pensais pas que ça allait lancer les hostilités entre les deux équipes...
- C'était mou, jusqu'à ce que tu feintes. On se serait endormis si ça avait continué comme ça. Et puis c'est bien d'être challengés. Ça permet de se souvenir qu'il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers.
- Tu dis ça pour Gryffondor ?
- Ce n'est pas une critique, se défendit Blaise.
- Non mais t'inquiète, je sais que l'équipe a tendance à baisser sa garde quand elle considère qu'il n'y a pas de danger. C'est le genre de défauts sur lesquels il faut travailler depuis longtemps. Et ce n'est pas faute à Angelina de nous l'avoir dit dès le début de l'année et de nous l'avoir rabâché... Mais elle nous mettait tellement la pression et nous faisait tellement de reproches que c'était impossible de se concentrer sur tout à la fois... Mais il y aura toujours des erreurs et des fautes de chaque côté dans un match.
- Tout à fait, approuva Blaise. En tout cas c'était un super match. À partir du moment où tu as feinté, ça a bien bougé. Et on a tous soutenu Gryffondor dans la bande. Même Justin qui n'a pas apprécié le comportement que Summerby a eu envers toi.
- C'est un troll, ce type. Je suis bien contente d'avoir eu le vif d'or face à lui. Mais ça me fait plaisir que vous m'ayez tous encouragée. Et je suis heureuse que le match t'ait plu. Ça a pu te changer les idées.
- Je n'en avais pas forcément besoin, prétendit Blaise.
- Pas à moi, s'il te plaît, protesta Ginny. Je vois bien que tu n'as pas le moral depuis plusieurs jours, même si tu essaies de me le cacher. Je sais que tu stresses pour mercredi et que ça va te rappeler de mauvais souvenirs. Mais il ne faut pas que tu gardes ça pour toi. Tu as plein de personnes à qui tu peux en parler. Il y a moi, déjà, mais aussi tes amis, que ce soient les nouveaux ou les anciens, il y a ton directeur de maison qui est là pour ça et qui est le plus à même de t'écouter...
- C'est vrai, reconnut Blaise. Tu as raison, je stresse beaucoup. Ça va être dur de raconter ce qui s'est passé l'été dernier avec Théo... Je me suis tellement inquiété pour lui... Et puis j'ai peur de voir son père. Je vais avoir des envies de meurtre à son égard. Je vais penser à tout ce qu'il a fait à Théo et... ça va être compliqué à gérer. Mieux vaut que je ne le regarde pas, en fait. Quoi qu'il en soit, j'espère que l'avocat de Théo va gagner. Je veux que Nott finisse ses jours à Azkaban et qu'il souffre autant qu'a souffert Théo.
- Il ne va pas pouvoir y échapper, même avec un super bon avocat. Rien qu'avec les faits qui lui sont reprochés en tant que Mangemort, il ne peut pas sortir libre de ce procès... Et avec le deuxième chef d'accusations sur les violences commises envers son fils qui vient s'ajouter au premier, s'il ne passe pas le restant de ses jours à Azkaban, c'est que le Magenmagot est totalement incompétent.
- C'est sûr, renchérit Blaise avec force. Je savais tout ça mais j'avais besoin de l'entendre.
- C'est pour ça qu'il faut toujours se confier quand ça ne va pas. Bon, on rentre ?
- Avec grand plaisir !
Blaise et Ginny se mirent en route et rentrèrent main dans la main au château. Une fois arrivés, ils se rendirent à la salle sur demande et ils y passèrent le reste de l'après-midi. Ils discutèrent de sujets légers, ils rirent, ils s'embrassèrent et c'était tout ce dont Blaise avait besoin.
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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu =) Il s'en passe, des choses XD Je vous dis à dimanche prochain pour le cinquante-et-unième chapitre intitulé «Détente et procès» =) Passez une excellente semaine, portez-vous bien et bisous tout le monde !
