Bonjour à toutes et à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour le cinquante-deuxième chapitre de SAMLP !

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Zackos : J'imagine trop bien Draco balancer Théo sur son épaule et l'emmener ainsi jusqu'à la salle sur demande XD Avec le poids plume qu'il fait … x) Alors je ne lis aucun manga, et je ne connais pas Judge, même de nom XD Désolée pour la scène des masques, c'était fait pour être choupi, en effet XD Il ne faut pas être stressé, voyons ! Tout va bien se passer, aie confiance … *voix de psychopathe* XD Rassure-toi, j'ai juste inclus Ombrage parce que j'ai repris le même jury que dans la saga lors de l'audience de Harry :) Mais elle n'avait pas vocation à mettre le bazar x) Blaise était bien énervé à un moment, oui, et Severus était clairement zen, en effet XD Suis-je si méchante que ça pour mériter tant de haine ? XD Bon, je suis désolée si le chapitre vous a tous laissés sur votre faim mais il était déjà bien assez long comme ça x) Allez, ne boude plus, le voilà, le nouveau chapitre *-*

ccassandre24 : Alors je pense que personne ne s'attendait à ça, il n'y avait pas vraiment d'indices XD Heureuse que les moments avec la bande te plaisent, il y en aura de plus en plus, j'espère qu'ils te plairont toujours autant, tout comme ce chapitre =)

Mel = Oooooh ça me touche beaucoup de savoir que tu aimes autant le couple Drarry ! Je serais ravie d'avoir toutes tes impressions sur ce couple, alors ne te gêne pas XD Mais c'est vrai qu'en review c'est pas évident x) Contente que la bande te plaise à toi aussi ! Et que tu aimes le personnage de Ginny *-* Tu la définis très bien, c'est exactement ça ! C'est vrai qu'elle est plus volcanique dans les livres que dans les films, on n'a pas la Ginny qui tient tête à son frère dans les films, et c'est dommage, car on perd son caractère fier et flamboyant :/ Je déplore tout comme toi le fait qu'elle ait souvent le rôle de la méchante dans les fics, qu'elle cherche toujours à manipuler Harry avec l'aide de sa famille, de Ron, de Hermione, de Pierre, de Paul, de Jacques, qu'elle passe pour une fille qui a 36 000 amants, qui trompe Harry avec tout le monde, qu'elle passe pour la nunuche de service … Mais bon, les fics, c'est fait pour manier une histoire à sa sauce et il en faut pour les goûts de tout le monde XD Je respecte toutes les fics, si le résumé ou le premier chapitre d'une fic ne me plaît pas, je passe mon chemin et voilà XD Je suis pour la paix dans le monde *-* Mais on est d'accord sur le fait qu'on préfère une Ginny gentille et qui est assez semblable à celle qu'elle est dans la saga =) Cette discussion avec Draco était très importante, ils ne pouvaient pas devenir amis sans avoir mis les choses à plat, ravie qu'elle t'ait plu également *-* Ne t'en fais pas, le père de Théo mérite toutes les insultes du monde XD Et on s'en fout de la paix dans le monde quand il s'agit d'un personnage aussi détestable que cette ordure de Nott XD Il est clairement d'une lâcheté sans nom ! Ça m'a aussi fait mal pour Théo mais il devait savoir la vérité :'( Lorsqu'il se sera fait à la réalité, il se sentira mieux de savoir qu'il n'est pas le fils d'un homme comme Nott :) Mais c'est vrai que là, c'est très dur pour lui :/ Il va s'en sortir, c'est promis *-* Nott a laissé entendre que le karma s'était déjà occupé du père de Théo, donc à priori, ça paraît compliqué que Théo puisse découvrir son identité :/ Mais on ne sait jamais, peut-être Nott a-t-il menti en disant ça *-* Merci pour tous ces compliments sur le chapitre, ça me touche énormément *-* Ça me fait vraiment plaisir car ça prouve que les nombreuses relectures portent leurs fruits XD

Mainysla : Bienvenue à toi ! *-* Effectivement, Nott est le pire des lâches ! Que peut-on attendre d'un Mangemort qui torture son fils depuis qu'il est tout petit, de toute façon ? :/ Mais il ne va pas s'en sortir comme ça, il va y aller, à Azkaban, nom d'un hippogriffe ! XD Il voulait faire le plus de mal possible à Théo, mais Théo est plus fort que lui et il va se relever de tout ça *-* Mille mercis ! Ça me fait énormément plaisir *-* Ta réponse a été enregistrée XD Et il y aura bel et bien cette scène dans le chapitre =) J'espère qu'elle te plaira =)

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Merci pour tous vos retours, ça m'a vraiment, vraiment, vraiment fait hyper plaisir ! Et merci à tous ceux qui continuent à lire cette histoire ! Je vous laisse avec le nouveau chapitre, un peu triste par endroit mais avec beaucoup, beaucoup, beaucoup d'amour et de douceur *-* Bonne lecture !

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Warning : Ce chapitre contient une scène sexuellement explicite.

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52 – Inquiétudes et retrouvailles

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(jeudi 07/03) POV Severus

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- Severus, vous feriez mieux de rentrer chez vous.

- Non, je veux encore rester un peu.

- Cela ne servira à rien, vous le savez bien.

- Cela m'est égal.

Poppy soupira.

- Bien, comme vous voulez.

Severus l'entendit partir. Il garda son regard rivé sur son patient. Son patient qu'il suivait depuis sept mois et qu'il avait sauvé à maintes reprises. Mais pour qui il ne pouvait rien faire cette fois-ci. Ça le rendait malade de devoir l'admettre. Il avait l'impression d'abandonner Théo et il se sentait inutile. Il ne supportait pas de rester là sans rien pouvoir faire. Mais il n'arrivait pas à s'en aller. Il ne voulait pas rentrer chez lui. Il voulait rester près de Théo. Il était vingt-deux heures, il commençait les cours à neuf heures le lendemain mais il s'en fichait. Les nuits blanches, ça le connaissait. Cela n'allait pas l'empêcher d'assurer ses cours. Il continua donc à veiller sur Théo qui était toujours en état de choc et qui ne réagissait pas à ce qui l'entourait. Il ne faisait que fixer le plafond, le regard vide de toute expression. Il avait accumulé trop de choses la veille et c'était en grande partie pour cela qu'il était dans cet état. Il avait été stressé à cause du procès, il avait revu son père, il était intervenu deux fois à la barre, il avait dû parler de toute son enfance et de toute son adolescence, il avait dû répondre à des questions parfois incisives, il avait entendu son père vanter toutes les horreurs qu'il lui avait fait subir, il avait appris qu'il avait tué sa mère et qu'il n'était pas son vrai père et pour finir, il l'avait vu ingérer un poison et s'écrouler sur le sol... C'était beaucoup trop pour une seule et même personne. Son esprit s'était alors mis dans une sorte d'état de veille pour se protéger et pour ne pas vriller. Nul ne savait combien de temps Théo allait rester ainsi. Et nul ne pouvait l'aider, à part en venant le voir et en lui parlant. Même si Théo ne comprenait peut-être pas ce qu'on lui disait, le fait qu'il entende des voix était important pour qu'il garde un contact avec la réalité. Severus lui avait donc dit tout et n'importe quoi à chaque fois qu'il lui avait rendu visite depuis la veille. Là, il ne savait plus quoi lui dire mais il s'efforçait de lui parler de temps en temps. Il était en train de le fixer lorsqu'il sentit une main se poser sur son épaule. Il se retourna et vit que c'était Sirius.

- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Severus.

- Je viens te chercher pour t'empêcher de passer la nuit ici.

- Tu ne vas pas t'y mettre toi non plus...

- Si, et si ça ne te plaît pas c'est pareil. Je sais que tu veux rester près de Théo et je comprends, mais ce n'est pas raisonnable. Si c'était Harry ou Draco qui étaient à ta place, tu leur demanderais d'aller se coucher. Tu ne peux rien faire de plus qu'eux alors il n'y a pas de raison pour que tu puisses rester et pas eux. Certes, tu es son médicomage, tu veux être là quand il réagira mais tu m'as bien dit qu'il n'allait pas sortir tout de suite de son état de choc. Ça ne sert donc à rien que tu passes la nuit là au lieu d'aller te reposer.

Severus voulut protester mais il ne trouva aucun argument à opposer à Sirius. Il n'eut d'autre choix que de céder.

- D'accord, soupira-t-il. Mais je sais que je ne vais pas réussir à dormir. Et je ne veux pas être seul. Du coup, je vais sûrement passer la nuit dehors. Ça va m'aérer l'esprit.

- Tu n'as pas l'intention de faire la tournée des bars, j'espère ?!

- Bien sûr que non, j'ai des cours à assurer demain, répliqua Severus. J'ai juste besoin d'air frais.

- Tu feras ce que tu voudras mais tu vas d'abord venir boire un thé avec Remus et moi. Ça te fera du bien et ça te réchauffera pour affronter le froid de dehors.

Severus ne chercha pas à lutter et se laissa entraîner par Sirius. Ils arrivèrent aux appartements de ce dernier quelques minutes plus tard et se rendirent au salon où se trouvait Remus. Celui-ci ne sembla pas étonné de voir Severus, ce qui l'intrigua. Il eut alors un doute.

- C'était déjà prévu que tu me ramènes ici ? lança-t-il à Sirius.

- Oui, avoua celui-ci. On sait que tu n'es pas bien depuis hier et on ne voulait pas que tu sois seul ce soir.

- Si j'ai assuré mes cours aujourd'hui c'est que je vais bien, rétorqua Severus.

- En apparence, répliqua Sirius. Tu sais, ce n'est pas une tare d'admettre que ça ne va pas bien. Dans ton cas, ce serait parfaitement compréhensible. Tu as peut-être bien supporté le procès en lui-même mais peut-être pas l'état de choc de Théo et toutes les questions qui te sont tombées dessus quand tu es rentré...

Severus grimaça. Sirius avait vu juste. Son retour à Poudlard avait effectivement été assez épuisant. Il avait d'abord dû s'occuper de Théo et de M. Zabini qui était choqué lui aussi, puis il avait fait face à tout un groupe d'élèves qui voulaient savoir comment allaient leurs camarades. Draco, Harry, Miss Parkinson, Miss Weasley et M. Finch-Fletchley avaient demandé à voir leurs amis et petit-amis et avaient insisté malgré le refus de Severus. Il avait réussi à tous les faire déguerpir et avait dû user de tout son self-contrôle pour ne pas s'énerver et leur hurler dessus. Tout cela l'avait épuisé et une fois seul, il avait été pris d'un violent coup de blues. Il aurait voulu passer la nuit près de Théo et de M. Zabini mais le sommeil l'avait rattrapé. Là, il n'était pas fatigué mais Poppy, Sirius et Remus avaient décidé qu'il devait passer la nuit ailleurs qu'à l'infirmerie. Il fut sorti de ses pensées par Remus qui s'était absenté et qui revint avec trois tasses fumantes.

- Bon, dis-nous tout. Comment ça s'est passé, hier ? demanda Sirius.

- Lis la Gazette et tu le sauras, ironisa Severus.

- Je ne parle pas du procès, objecta Sirius. Je parle de ton retour au château, de Théo, de Blaise, des élèves qui ont sûrement voulu aller les voir et que tu as dû refouler...

- Ça vous intéresse vraiment de savoir ? s'étonna Severus.

- Bien sûr, répondit Remus sur le ton de l'évidence.

- Bon... Quand je suis rentré, j'ai aussitôt emmené M. Nott et M. Zabini à l'infirmerie. Comme vous le savez, M. Nott est en état de choc suite à ce qu'a révélé son prétendu père à la fin du procès. Je ne sais pas comment les journalistes de la Gazette ont pu écrire un article en si peu de temps mais il est très fidèle à la réalité, je dois le reconnaître. Quant à M. Zabini, il était lui aussi choqué. Assister et témoigner à ce procès n'a pas été simple pour lui. Ça l'a beaucoup remué. Et les révélations de Nott et la scène du poison qu'il a ingéré l'ont énormément affecté. Il ne pouvait pas rejoindre son dortoir dans l'état dans lequel il était. Il a donc passé la nuit à l'infirmerie et il est rentré à son dortoir en fin d'après-midi. Je me suis donc occupé de mes deux élèves avec l'aide de Poppy. Il était vingt-et-une heures quand j'ai dû aller me reposer, épuisé par cette journée. Sauf qu'en sortant de l'infirmerie, je suis tombé sur une bande d'élèves qui attendaient derrière la porte pour avoir des nouvelles de leurs camarades. Je ne pouvais pas trop entrer dans les détails alors je leur ai dit ce qu'ils avaient besoin de savoir. Évidemment, ça ne leur a pas suffi et le fait que je reste vague les a inquiétés. Ils ont bien compris qu'il y avait quelque chose de sérieux. Ils m'ont posé plein de questions pour en savoir plus et ils ont voulu voir leurs amis. J'ai refusé mais certains d'entre eux, dont Harry et Draco, ont insisté. J'ai bataillé avec eux et j'ai dû les menacer pour qu'ils s'en aillent. J'ai été tellement sec quand je leur ai demandé de filer dans leur dortoir sous peine de leur retirer cent cinquante points et de les coller pendant une semaine qu'ils ont eu l'air choqué et blessé avant de battre en retraite. Je me suis détesté pour ça mais je n'ai pas eu d'autre choix. M. Zabini n'était pas du tout apte à recevoir des visites, il était dans tous ses états, et quant à M. Nott, par sécurité, je préférais attendre deux ou trois jours avant d'autoriser ses amis d'aller le voir. Je ne pouvais donc laisser personne entrer dans l'infirmerie. Et je ne pouvais pas trop leur en dire pour le moment. Mais je n'ai vraiment pas aimé rouspéter ainsi contre Draco et Harry. Mes relations sont redevenues comme avant avec Draco et j'avais réussi à obtenir la confiance de Harry...

- Mais tu ne vas pas perdre tout ça, dit doucement Remus. Tu as fait ce qu'il fallait, Severus. Tu n'as pas à t'en vouloir. Ce sont eux qui auraient dû t'écouter au lieu d'insister. Mais ce sont des ados et ils se sont conduits comme des ados. Ils ont beau être obéissants en temps normal, quand ça concerne quelqu'un qu'ils aiment, ils se rebellent et font savoir leur mécontentement. Il m'est arrivé la même chose récemment avec Harry. Je refusais de tout lui dire au sujet de Sirius, il l'a très mal pris et il me l'a bien fait comprendre. Tu es au courant, je t'en ai parlé. Mais on a eu une discussion quand je suis allé le voir après avoir sauvé Sirius et on s'est réconciliés. Harry et Draco ont dû t'en vouloir mais ça va leur passer. Si ce n'est pas déjà fait. Ils se sont sûrement raisonnés. Quand ils pourront aller voir Théo, ils seront tellement contents et soulagés qu'ils oublieront leur rancoeur envers toi. Et je pense qu'ils s'excuseront. Mais ils regretteront peut-être d'avoir tant insisté quand ils se retrouveront face à leur ami qui n'aura aucune réaction. Ça pourra les mettre mal à l'aise.

- Je les accompagnerai dans un premier temps pour voir comment ils réagiront. Si j'estime que ça va, je les laisserai seul avec M. Nott. Si j'estime que ça ne va pas trop, je resterai avec eux ou je leur conseillerai de repasser plus tard.

- Tu penses que ça pourrait aider Théo d'avoir de la visite ? interrogea Sirius.

- Si on lui parle, oui. Ça pourrait être bénéfique. Je ne dis pas que ça l'aidera à sortir de son état de choc mais ça l'empêchera de se détacher complètement de la réalité. Là, il est dans une phase où il a besoin de repos. Mais ça ne devra pas excéder trois jours, pour éviter justement qu'il s'enferme dans son monde. C'est pour ça que j'encouragerai les visites. Mais ce, quand ce sera le bon moment et si les personnes seront aptes à supporter la vue de quelqu'un en état de choc.

- Blaise n'a donc pas pu voir son ami ? demanda Sirius.

- Non, il a voulu quand il est sorti de l'infirmerie mais je lui ai dit qu'il valait mieux attendre et il a compris.

- Il allait mieux quand il est parti ?

- Légèrement, mais il était loin d'avoir le moral et la forme. C'est pour ça que je vous ai fait parvenir à tous un Patronus vous demandant de garder un oeil sur lui dès demain, vu qu'il est autorisé à aller en cours.

- On fera attention à lui, c'est promis, assura Sirius. Est-ce que tu as une idée de combien de temps Théo va rester dans cet état ?

- Pas du tout. C'est impossible à estimer. Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'il sortira de son état de choc quand son esprit se sera suffisamment remis de tout ce qu'il a emmagasiné. Je vous rassure quand-même, ça ne va pas prendre six mois, ni même trois, précisa Severus. Il devrait être revenu parmi nous dans un mois et demi mais d'ici là, on ne peut pas savoir exactement quand ça arrivera. Ça se trouve, dans une semaine, il sera réveillé. C'est vraiment imprévisible.

Sirius et Remus hochèrent la tête.

- Mais s'il n'y avait pas eu les révélations de Nott, Théo ne serait pas dans cet état ?

- Non, il serait juste un peu remué. Ce que lui a dit Nott à la fin du procès, ça a juste été la goutte de trop. Ça lui a fait un choc d'apprendre que son prétendu père avait tué sa mère et qu'il n'était même pas son vrai père. Ceci ajouté à son état qui était déjà assez fragile, ça l'a achevé et c'est normal qu'il soit tombé dans cette léthargie.

- C'est sûr, marmonna Sirius. Et quand il reviendra à lui, est-ce qu'il va se souvenir de tout ? Est-ce qu'il va rester longtemps à l'infirmerie ?

- On ne peut pas savoir ça à l'avance. Mais il va sûrement s'en souvenir, oui. Et je pense qu'il restera une semaine ici, le temps qu'il se remette doucement.

- Mais il ne va pas être détruit à l'idée de ne plus avoir de repères ? De ne plus avoir de parents ?

- Il va être perturbé mais avec un bon suivi, ça devrait aller. Il est quelqu'un de sensé, il s'apercevra que, tout compte fait, ça ne change pas grand-chose puisque, de toute façon, il était voué à ne plus jamais revoir son père. Donc le fait qu'il ne soit pas réellement son père n'aura pas trop d'incidence. Mais il pourra se sentir perdu, en effet. Il va certainement se poser des questions sur son identité. Il va se demander qui est son père. Mais je crains que ça ne serve à rien. Ce qu'a dit Nott laisse penser que son père n'est plus de ce monde, ça ne lui apportera donc rien de le savoir...

- Tu veux dire qu'il est probablement orphelin ? conclut Remus.

- Il y a de grandes chances, oui.

- Il n'a donc personne pour subvenir à ses besoins ? s'inquiéta Sirius.

- Il a ce qu'il lui faut pour finir ses études à Poudlard mais il devra effectivement se débrouiller seul une fois ses ASPIC en poche. Je ne sais pas comment il va faire, concrètement. Il n'a personne pour l'aider. Et le connaissant, il refusera que quelqu'un paie sa formation à sa place.

- Il y a sûrement déjà réfléchi, supposa Sirius.

- Oui, c'est fort possible, concéda Severus. Ce ne serait pas étonnant de sa part. Il est très prévoyant. Mais il semble toujours décidé à faire sa double formation dès sa sortie de Poudlard. Or, je ne vois pas comment il pourrait faire pour la payer d'office, à part en vendant des choses de grande valeur... Mais je ne crois pas qu'il en ait. Il va forcément devoir travailler dès l'été suivant sa septième année. Il ne pourra pas intégrer direct sa double formation, ça, c'est sûr. Et il le sait. Je ne comprends donc pas pourquoi il a l'air de penser qu'il pourra le faire.

- Il faudrait peut-être que tu lui poses la question quand il sera apte à y répondre, suggéra Sirius.

Severus fronça les sourcils. Il avait l'impression que Sirius lui cachait quelque chose.

- Est-ce que tu aurais des informations, par hasard ? soupçonna-t-il.

Sirius détourna le regard. Il amorça un mouvement pour se lever mais Severus l'en empêcha en lui attrapant le poignet.

- Non, tu restes là, ordonna-t-il fermement. Je veux savoir. Est-ce que tu sais quelque chose ? Est-ce qu'il t'a parlé ? Est-ce que tu as surpris une discussion ?

- Il m'a parlé, avoua Sirius. Mais je lui ai promis que je ne te dirai rien et je tiendrai ma parole.

- Tu n'as pas le droit de me cacher des choses qui concernent un de mes élèves ! s'emporta Severus. Alors tu vas me dire tout de suite ce que tu sais !

- Et trahir sa confiance ? Il en est hors de question, asséna Sirius. Si je ne te dis rien, c'est qu'il n'y a rien de grave. Et je peux te rassurer en te disant qu'il sait ce qu'il fait. Ce gamin a d'ores et déjà pris sa vie en main, il n'a eu besoin de personne pour cela, sauf de mon aide pour un élément, il a la tête sur les épaules et il va réussir tout ce qu'il va entreprendre. Fais-lui confiance, Severus. Et fais-moi confiance à moi aussi. Il t'en parlera quand tout sera réglé, j'en suis persuadé. Il ne pourra pas te le cacher éternellement. Il est bien trop honnête pour cela. S'il ne veut pas t'en parler pour le moment, c'est parce que rien n'est encore sûr. Il préfère attendre que ce soit officiel pour te mettre au courant. Tu le connais mieux que moi. Il est hyper réfléchi. Il ne fait jamais rien dans la précipitation. C'est l'un des élèves les plus matures de Poudlard. Alors aie confiance en lui.

Severus soupira.

- Tu as raison. Mais s'il avait besoin d'aide, pourquoi est-il venu te voir toi plutôt que moi ?

- Parce qu'il avait peur que tu essaies de le dissuader. Et, crois-moi, tu l'aurais fait. De plus, j'avais dit quelque chose durant le cours qui lui a fait penser que j'étais la bonne personne pour l'aider. Ça l'a incité à venir me voir. Ne le prends pas mal, Severus. Il a toute confiance en toi. C'est juste qu'il avait besoin de s'adresser à quelqu'un qui n'aurait pas tenté de le faire changer d'avis.

- Je comprends, dit Severus. Je te remercie de l'avoir aidé, alors. Je suis désolé de t'avoir légèrement agressé, je crois que je me suis un peu trop investi auprès de lui...

- Non, tu t'es attaché à lui, ce n'est pas pareil. Et je crois que c'est notre cas aussi, à Remus et à moi. Harry est très proche de Théo, alors évidemment, on finit par s'intéresser à lui. Surtout qu'il a sauvé Harry avec Draco et qu'ils sont tous deux venus le voir régulièrement durant sa convalescence. C'est là qu'on a appris à le connaître et qu'on s'est rendu compte à quel point il était attachant.

- Il fait le coup à tout le monde, s'amusa Severus. Il ne cherche pas à attirer l'attention et, pourtant, il se fait aimer de tous ceux qui arrivent quelque peu à en apprendre plus sur lui.

- Oui, ce garçon est un mystère, plaisanta Sirius.

Severus sourit.

- Il a peut-être perdu un parent qui n'en était pas un mais il a gagné trois adultes qui sont là pour lui. J'imagine que vous ne verriez aucun inconvénient à ce qu'il vienne voir Harry pendant les vacances d'été ?

- Bien sûr que non, répondit Sirius. Il faut juste qu'il soit d'accord. Mais nous l'accueillerons à bras ouverts. N'est-ce pas, Remus ?

- Tout à fait, approuva celui-ci. Et si tu veux bien, Severus, Draco pourra venir, lui aussi. On pourra même s'arranger pour que Théo et lui viennent en même temps. On essaiera aussi de faire en sorte que Ron et Hermione puissent venir passer quelques jours au Square. On n'en a pas encore parlé à Harry mais ça lui fera sûrement plaisir. Ça n'a pas pu se faire l'été dernier c'était trop compliqué au vu de la situation mais cet été, ce sera totalement différent. Harry sera dans les bonnes conditions et il pourra profiter pleinement de ses amis.

- C'est vrai, confirma Severus. Je suis évidemment d'accord pour que Draco voie Harry durant l'été. Ce serait trop violent pour eux de passer deux mois loin l'un de l'autre alors qu'ils auront passé toute l'année ensemble... S'ils n'étaient que binômes de travail, ça irait, même si ce serait dur, mais avec leur nouvelle relation...

- Ah, tu es donc au courant, raisonna Sirius. Harry me l'a annoncé lundi et il m'a dit que Draco allait bientôt t'en parler.

- Oui, il me l'a appris avant-hier.

- Tu l'as bien pris ? s'enquit Remus.

- J'étais un peu inquiet, admit Severus. Ils sortent tous deux d'une relation compliquée, j'avais donc peur que ce soit trop tôt pour qu'ils se lancent dans une nouvelle histoire d'amour. Mais Draco a su trouver les bons mots pour me rassurer. En fait, il a été obligé de m'avouer qu'il sortait avec Harry car il avait besoin de conseils. Il avait peur d'être allé trop vite dans le sens où Harry n'était peut-être pas vraiment prêt à se remettre en couple, même s'ils avaient pourtant pris leur temps. Ces craintes venaient du fait que Harry avait été troublé quand Draco lui avait dit qu'il était libre de faire ce qu'il voulait. Car Harry lui avait demandé si ça le dérangeait qu'il vienne vous voir. C'est un réflexe qu'il a gardé malgré lui de sa relation avec Pucey. Draco s'est donc inquiété de la réaction de Harry qui a essayé de lui faire comprendre que c'était normal. Mais Draco avait besoin de s'en assurer. Tout ça pour vous dire qu'il ne prend vraiment pas sa relation avec Harry à la légère. Il l'aime et il fait tout pour que Harry se sente bien dans leur relation.

- On s'en doutait déjà mais ce que tu viens de nous dire achève de nous rassurer, affirma Remus. On n'avait aucun doute quant à la sincérité des sentiments de Draco envers Harry. Et on peut te certifier que Harry aime profondément Draco.

- Je le sais, dit Severus en souriant. Et il prend tout autant cette histoire au sérieux.

- Tu approuves donc leur relation ?

- Oui. Comme vous, si je comprends bien.

- En effet, acquiesça Sirius.

- De toute façon, nous n'avons pas vraiment notre mot à dire, ajouta Remus. S'ils s'aiment, on ne va pas les empêcher de sortir ensemble. Il faut juste que leur histoire soit saine. Et elle l'est. Et je suis sûr qu'elle le restera.

- Je pense aussi. Ils ont tous deux souffert lors de leur ancienne relation respective, ils ne répéteront donc pas ensemble la même erreur. Ils sauront faire le nécessaire pour garder une relation saine. Ils savent ce qu'ils font, ils nous l'ont bien prouvé.

- C'est vrai. Nous devons leur faire confiance.

- Du coup, c'est une bonne chose que les relations se soient apaisées entre nous. Imaginez l'horreur si Harry et Draco sortaient ensemble et qu'on ne s'entendait pas du tout...

Severus grimaça.

- Non, je ne préfère pas imaginer, tu vois. On les ferait souffrir alors que c'est bien la dernière chose que nous souhaitons.

- Encore, moi, ça va, ça faisait déjà belle lurette que je faisais des efforts avec Severus, se dédouana Remus. Je n'aurais rien eu à me reprocher.

Sirius et Severus le regardèrent, choqués.

- Il nous lâche, s'indigna Severus.

- Je demande le divorce, déclara Sirius.

- Nous ne sommes même pas encore mariés, rappela Remus en levant les yeux au ciel.

- Tu ne dirais pas non, alors ? s'extasia Sirius.

- Je n'ai jamais dit ça, se défendit Remus.

- C'est dommage. Je pourrais très bien me refuser à toi jusqu'au mariage pour que tu me prennes ma vertu lors de la lune de miel...

Remus se mit à rougir furieusement. Loin d'être gêné, Severus se contenta de sourire, amusé.

- Et ça te fait rire ? l'accusa Remus.

- Il ne fallait pas nous lâcher comme ça, rétorqua Severus. Nous ne faisons que te rendre la monnaie de ta pièce.

- Je vais regretter le fait que vous ayez fait la paix, je le sens...

- Oh, on peut se remettre à s'invectiver à chaque bout de couloir, si tu veux, proposa Sirius d'un ton détaché.

- Non, ça ira, je vais faire avec, s'empressa de répondre Remus.

Severus sourit plus franchement. Il n'aurait jamais pensé avoir un jour cette relation avec ses deux collègues mais il trouvait cela très agréable. Il pouvait maintenant le dire : il s'était fait deux amis. C'était inimaginable encore six mois plus tôt mais il s'était passé énormément de choses depuis qui avaient peu à peu changé leur relation. Et c'était très bien ainsi.

- Bon, je vais vous laisser, je vous ai déjà assez pris de temps comme ça.

- C'est moi qui t'ait fait venir ici, répliqua Sirius. On était prêts à te garder le temps qu'il faudrait. Tu comptes faire quoi ?

- Aller me coucher.

- Tu ne veux plus aller faire un tour dehors ?

- L'envie m'est passée, avoua Severus. Je voulais simplement me changer les idées et je l'ai fait ici, alors ça ne servirait pas à grand-chose que j'aille me geler les pieds dehors... Je me sens plus serein, ça va m'aider à dormir.

- Tant mieux, décréta Sirius. C'était un peu le but, à vrai dire. Je n'aimais pas trop l'idée que tu ailles te promener dehors. Ça ne te ressemble pas de sortir alors que tu as cours le lendemain.

- J'étais déprimé. Mais ça va mieux, là. Merci à vous deux, d'ailleurs.

- Après ce que tu as fait pour nous et pour Harry, c'était la moindre des choses qu'on pouvait faire. Mais c'est infime par rapport à l'aide que tu nous as apportés. En tout cas, tu sais maintenant que tu peux compter sur nous si ça ne va pas. N'hésite pas à venir nous voir. Même à vingt-deux ou vingt-trois heures, précisa Sirius.

- C'est noté, dit Severus, touché. Merci encore, à demain si on se croise.

Severus se leva, souhaita une bonne nuit à Sirius et Remus et s'en alla. Il rejoignit ses appartements et se rendit directement à sa chambre. Il se déshabilla et se mit au lit. À peine eut-il fermé les yeux qu'il fut emporté par le sommeil.

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(vendredi 08/03) POV Draco

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- Draco, fais attention, tu fais bouillir ton chaudron trop fort, siffla Harry.

Draco leva le regard vers le tableau et vit qu'il s'était effectivement trompé. Il s'empressa de baisser le feu. Il grimaça en voyant la texture de sa potion.

- Elle est beaucoup trop liquide, constata-t-il, dépité.

- Tu peux rattraper ça en baissant davantage le feu jusqu'à la dixième étape.

- M. Potter, vous seriez prié de vous occuper de votre propre chaudron. Je ne pense pas avoir besoin de vous rappeler que toute aide est considérée comme de la triche. Si vous dites ce qu'il faut faire à un de vos camarades le jour de l'examen pratique des BUSE, vous serez tous deux sanctionnés d'un Troll et vous n'aurez pas le droit de vous présenter à la session de rattrapages.

Harry rougit et baissa les yeux. Draco sentit son coeur se serrer et dut se retenir pour ne pas prendre son petit-ami dans ses bras. Il avait simplement voulu l'aider. Mais Severus avait raison. Le jour des BUSE, un simple mot adressé à un camarade pouvait avoir de graves conséquences. Avec un Troll, il était impossible de poursuivre les potions en sixième année. Draco écouta néanmoins le conseil de Harry et fit chauffer sa potion plus bas que demandé jusqu'à la dixième étape. La texture devint plus épaisse, ce qui soulagea Draco. Il avait sauvé sa potion. Il ne commit aucune autre erreur et rendit un échantillon parfait à Severus à la fin de l'heure. Mais il sut au regard de son parrain qu'il n'allait pas échapper à une discussion. Et Severus ne tarda pas à le lui confirmer :

- M. Malfoy, vous restez là. Vous aussi, M. Potter.

Draco réprima un soupir et se résigna à attendre que ses camarades soient tous sortis du cachot pour aller voir Severus avec Harry.

- Je ne vais pas vous garder très longtemps. Je voulais juste revenir sur ce qui s'est passé durant le cours. Je ne vous ai pas sanctionnés car c'était la première fois que ça arrivait. Mais si l'un d'entre vous recommence, je serai obligé de vous enlever des points, de vous mettre en retenue et de vous séparer. Est-ce clair ?

- Oui, marmonnèrent Harry et Draco.

- Bien. Vous pouvez y aller, M. Potter. Je dois juste m'entretenir rapidement avec votre camarade.

Harry acquiesça et s'en alla. Severus posa son regard sur Draco.

- J'ai remarqué que tu étais très distrait durant le cours. C'est sûrement à cause de cela que Harry a dû te reprendre. Est-ce que cela a un rapport avec le souci que tu te fais pour Théo ?

- Entre autres, avoua Draco.

- Qu'y a-t-il d'autre ?

- Blaise ne va pas très bien et je m'inquiète pour lui.

- Je lui ai dit qu'il pouvait aller à l'infirmerie à n'importe quel moment et qu'il n'avait pas besoin de demander la permission à un professeur s'il se sentait mal en plein cours. J'ose espérer qu'il écoutera mes consignes. Après, s'il est un peu perturbé, c'est normal. C'est le contre-coup de ce qui s'est passé avant-hier. Ça va lui passer.

- Je l'espère.

- On va laisser passer le week-end et si lundi, tu constates que ça ne va pas mieux, viens m'en parler.

- D'accord.

- Je compte sur toi. Tiens, puisque tu es là, j'en profite pour te dire que tu pourras venir rendre visite à Théo dès demain. Passe le message à son binôme de travail ainsi qu'à Harry, à M. Zabini et à Miss Parkinson.

- Je le ferai, promit Draco. Merci beaucoup, Severus. Et désolé pour avant-hier. On n'aurait pas dû insister pour aller voir Théo. Mais tu ne voulais rien nous dire et ça nous inquiétait.

- Je comprends mais je ne pouvais vraiment pas vous laisser entrer. Théo avait besoin de repos. Ce qui n'était pas du tout compatible avec une visite. Mais vous pourrez le voir demain et vous pourrez lui parler autant que vous le voudrez. Il doit entendre des voix pour ne pas s'enfermer complètement dans son monde.

- On lui parlera, alors, assura Draco.

- Je vous fais confiance pour ça. Allez, tu peux y aller. Je t'ai assez retenu comme ça.

Draco acquiesça et quitta le cachot. Il retrouva Harry qui l'attendait. Il avait l'air triste.

- Quelque chose ne va pas ? s'inquiéta Draco.

Harry secoua la tête.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda doucement Draco.

Harry ne répondit pas mais les larmes lui montèrent aux yeux, ce qui alarma Draco.

- Harry, dis-moi ce qui ne va pas, insista-t-il.

- C'est... c'est ton parrain, bredouilla Harry. Il me déteste.

Draco écarquilla les yeux.

- Qu... quoi ? Mais... qu'est-ce que tu racontes ?!

- Ça fait deux fois en trois jours que je le déçois. Il va regretter d'avoir accepté que je sorte avec toi. Il va vouloir que je te quitte parce qu'il ne me fait plus confiance.

Draco ne sut quoi répondre tellement il était bouleversé par la détresse de Harry. Il semblait détruit à l'idée d'avoir perdu la confiance de Severus. Draco le prit dans ses bras et essaya de le rassurer :

- Tu n'as pas déçu Severus, Harry. Avant-hier, il a juste été agacé par notre insistance. Il avait eu une dure journée et nous lui sommes tous tombés dessus. C'est un peu normal qu'il se soit énervé. Et ce n'était pas dirigé que contre toi. Tout à l'heure, il a simplement fait son devoir de professeur en nous rappelant à l'ordre. Il voulait qu'on sache à quoi on s'exposait si on échangeait le moindre mot lors des BUSE. Ça ne veut pas dire que tu l'as déçu. Surtout qu'il sait que nous sommes ensemble. C'est logique que tu aies voulu aider ton petit-ami. Et il l'a bien compris. C'est entre autres pour ça qu'il a été relativement clément avec nous. Il aurait pu nous retirer des points. Et c'est ce qu'il fera si nous recommençons. Ce qui ne sera pas le cas. Tu n'as donc vraiment pas à t'en faire. Severus n'est pas du tout fâché contre toi.

- Tu es sûr ? répondit Harry d'une petite voix.

- Mais oui, l'apaisa Draco.

- J'espère que tu as raison. Je ne veux pas qu'il m'en veuille...

Draco sentit des larmes couler dans son cou. Son coeur se serra de nouveau. Il détestait voir Harry aussi malheureux. Il ignorait d'où lui venait sa peur monstre de décevoir, mais il devina que c'était sûrement lié à son enfance. Harry ne lui en avait pas encore parlé mais il avait compris qu'il n'avait pas eu une enfance très heureuse, lui qui avait toujours cru que Harry avait été choyé et idolâtré par sa famille adoptive. Après tout, il avait débarrassé le monde sorcier du plus grand mage noir de tous les temps alors qu'il n'était qu'un bébé... Quoi qu'il en soit, Harry n'allait pas bien du tout et Draco ne savait pas quoi faire. Il se faisait la pensée qu'ils étaient en train de rater le cours de sortilèges et que le professeur Black allait s'inquiéter de l'absence de son filleul quand la porte du cachot s'ouvrit sur Severus. Harry s'arracha aussitôt à l'étreinte de Draco et se retourna, probablement pour cacher ses larmes à Severus. Draco vit l'air décontenancé de son parrain.

- Mais que se passe-t-il ? s'intrigua-t-il.

- Il ne va pas bien, j'ai essayé de le rassurer mais ça n'a pas suffi...

Draco ne voulait pas dire de lui-même ce qui avait mis Harry dans cet état. Ce n'était pas à lui de le faire. C'était à Harry. Il faisait confiance à son parrain pour réussir à le faire parler.

- Je vais m'en occuper, déclara Severus. Dis au professeur Black qu'il est avec moi et que je le garde au moins jusqu'à dix-sept heures.

- D'accord.

Draco força doucement Harry à se tourner vers lui.

- Je te laisse avec Severus, il faut que tu lui parles. Ça va te faire du bien. Ne m'en veux pas, c'est de lui dont tu as besoin.

Harry acquiesça. Il ne semblait pas du tout lui en vouloir. Draco l'embrassa tendrement.

- À demain si on ne se revoit pas aujourd'hui.

Draco adressa un «merci» silencieux à Severus et s'en alla. Tout en montant les escaliers, il se rendit compte à quel point Harry gardait des séquelles de tout ce qu'il avait pu vivre jusque-là. Cela aurait dû l'effrayer et lui faire regretter de s'être lancé dans une histoire avec lui mais ce ne fut pas du tout le cas. Au contraire, il eut plus envie que jamais de protéger ce garçon qu'il aimait tant. Et c'était ce qu'il allait faire. Il arriva quelques minutes plus tard à la salle de sortilèges. Le professeur Black fut évidemment étonné de le voir sans Harry. Il parut cependant soulagé lorsque Draco lui dit qu'il était avec Severus. Il alla s'asseoir et rassura d'un sourire Ron et Hermione qui le regardaient avec un air inquiet.

.

À la fin du cours, Draco fut l'un des premiers à sortir. Il était déprimé et n'avait pas très envie de voir qui que ce soit, à part Blaise et Pansy. Mais tous deux avaient une séance de travail, alors il rejoignit seul sa salle commune. Il se dirigeait vers les escaliers menant aux dortoirs quand Graham l'interpella. Il soupira et alla voir son capitaine.

- Comment ça va ? s'enquit celui-ci.

Draco haussa les épaules.

- J'ai connu des jours meilleurs. Tu voulais me parler de l'entraînement de demain ?

- Entre autres, oui. Mais je voulais aussi avoir des nouvelles de Blaise et de Théo.

- Ils ne vont pas très bien non plus, dit franchement Draco. Blaise est très affecté par ce qu'il a vu et entendu au procès et Théo est en état de choc. Je n'en sais pas plus. Je ne pourrai le voir qu'à partir de demain.

- Le pauvre, murmura Graham. J'espère que ça va vite aller pour lui. Est-ce que Blaise est autorisé à assister à la séance de demain ?

- Il ne m'a pas parlé de contre-indications donc j'imagine que oui.

- Bon, je vais partir du fait qu'il ne pourra pas venir, pour que je ne sois pas pris au dépourvu.

- Ah oui, s'il ne sent pas apte à s'entraîner demain, il va falloir remplacer les joueurs de réserve qui prendront la place de titulaire de Théo et de Blaise...

- Tout à fait. Je vais essayer de trouver deux élèves qui voudront bien occuper le rôle de remplaçant de joueur de réserve.

- Oh, tu n'auras pas de mal à dénicher des deuxième ou troisième année qui adoreraient faire un peu de Quidditch. Ça leur fera plaisir et toi, ça t'arrangera.

Graham sembla amusé.

- C'est mignon la façon dont tu parles des jeunes élèves. Tu aurais pu me conseiller de chercher des quatrième ou sixième année.

- Un peu de diversité ne fait pas de mal, répondit simplement Draco.

- Tu as raison. Qui sait, peut-être deviendront-ils remplaçants l'année prochaine ! Après tout, il va y avoir quatre postes à pourvoir. Ce serait bien que des repérages soient déjà faits.

Draco haussa un sourcil.

- Tu me dis ça comme si j'étais concerné. Comme si c'était moi qui allait devoir recruter.

- Parce que ce sera peut-être le cas. Allez, Draco, tu dois bien te douter que tu es pressenti pour me remplacer... Je ne suis pas censé te le dire mais ça paraît évident. Tu seras le plus ancien de l'équipe et tu seras en sixième année. Sans compter que tu as des réflexes de capitaine et que tu as un sens de la stratégie.

- On m'en a déjà parlé, avoua Draco. Tout le monde me voit comme le prochain capitaine.

- Ça te plairait ?

- Je n'en sais rien. Enfin, recruter de nouveaux joueurs, batailler pour trouver une organisation qui convient à tous, chercher la meilleure stratégie, conseiller et encourager, tout ça, ça me plairait, oui, mais j'ignore si je saurais diriger une équipe...

- Ça s'apprend sur le tas, ça. Mais tu as déjà de l'autorité et ça, c'est essentiel pour un capitaine. Mais si tu ne te sens pas prêt à occuper ce rôle, dis-le tout de suite à notre directeur de maison. Ce serait dommage que tu finisses comme Johnson.

Draco grimaça. Le cas de la capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor s'était un peu ébruité et la principale concernée ne s'en était pas plainte. Elle trouvait même que c'était une bonne chose et elle espérait que cela puisse sensibiliser les potentiels futurs capitaines.

- Je pense que mon parrain me convoquera d'ici la fin de l'année pour m'en parler. Il aimerait que le recrutement des capitaines se fasse davantage dans les règles.

- Ce serait bien, en effet, approuva Graham. Bon, je vais faire quelques devoirs avant de bosser sur les objectifs de l'entraînement de demain. Passe une bonne soirée.

- Merci, bonne soirée à toi aussi.

Draco se dirigea de nouveau vers les escaliers mais il s'arrêta cette fois de lui-même en entendant la voix d'une de ses camarades. Il se retourna et vit Daphné en compagnie de Murray Ashby, un élève de Serpentard de sixième année. Ils discutèrent un moment avant qu'Ashby ne s'en aille, l'air un peu courroucé. Draco alla voir Daphné qui était restée près de la porte. Elle l'entendit approcher, tourna la tête et parut surprise de le voir. Cela n'avait rien d'étonnant : ils ne s'étaient quasiment pas parlés depuis la rentrée. Du temps où ils étaient fiancés – c'est-à-dire de leur deuxième année jusqu'à l'été dernier – ils se voyaient souvent et ils étaient même très proches. Ni l'un ni l'autre ne voulaient de ce mariage mais cela ne les avait pas empêchés d'approfondir leur amitié qui avait commencé bien avant leur entrée à Poudlard. Ils s'étaient profondément attachés l'un à l'autre et avaient développé une relation davantage fraternelle qu'amoureuse. Daphné avait rapidement découvert qu'elle aimait les filles et Draco se souvenait encore du jour où elle le lui avait révélé, en larmes et complètement tétanisée. Il avait cru qu'il n'arriverait jamais à la calmer tellement elle était angoissée. Elle qui avait toujours été contre le mariage qui les attendait, ne pouvait pas s'imaginer vivre avec Draco et avoir des enfants avec lui alors qu'elle n'avait aucune attirance envers les garçons... Elle avait peur que ses parents le découvrent, qu'ils la rejettent, qu'ils la mettent dehors et qu'ils ne veuillent plus jamais la voir et lui parler... Et Draco n'avait pas pu la contredire et la rassurer sur ce point, connaissant trop bien les Greengrass pour savoir que les craintes de son amie étaient fondées. Elle avait néanmoins réussi à se raisonner elle-même et son homosexualité l'avait de moins en moins effrayée. Elle s'était dit qu'elle pouvait toujours la cacher à ses parents et que Draco et elle allaient forcément trouver un moyen d'échapper à ce mariage. Draco avait été impressionné par la force de courage de Daphné. Il aurait bien aimé passer du temps avec elle depuis la rentrée mais il ne la voyait presque jamais dans la salle commune et il était très occupé entre les entraînements de Quidditch, les rondes, les séances de travail en binôme et les devoirs qui étaient à rendre individuellement. Cela laissait donc très peu de temps pour chercher quelqu'un qui semblait caché en permanence. Daphné l'accueillit cependant avec un doux sourire, l'air contente de le voir.

- Bonjour, Draco. Tu es tout seul ?

- Oui, tout le monde m'a lâché, s'efforça Draco de plaisanter.

Il oubliait que Daphné le connaissait trop bien et qu'elle voyait tout.

- Toi, ça n'a pas l'air d'aller, remarqua-t-elle.

Draco laissa tomber son masque et grimaça.

- Non, pas trop.

- Tu veux qu'on aille quelque part pour en discuter ?

- Je ne vais pas t'ennuyer avec mes problèmes alors que ça fait des mois qu'on ne s'est pas parlés... Et puis il n'y a pas grand-chose à dire. Enfin si, il y a quelque chose que je dois t'a...

Draco n'eut pas le temps de terminer sa phrase que Daphné lui prit le bras et l'entraîna vers un coin calme et isolé de la salle commune.

- Dis-moi tout.

Draco céda et se lança.

- C'est dur, en ce moment. Théo est en état de choc à l'infirmerie, Blaise ne va pas bien et Harry est rattrapé par son passé qui le perturbe légèrement. Comme je sors avec lui, ça me fait mal de le voir comme ça.

Daphné haussa les sourcils.

- J'oubliais que tu avais l'art et la manière d'annoncer les choses. Tu dois être sacrément amoureux si tu t'inquiètes autant pour Harry...

- Oui, je l'aime, dit tristement Draco. Je ne me suis jamais senti aussi bien que depuis que je suis en couple avec lui. Notre relation est juste merveilleuse. Elle est hyper simple, ça coule tout seul entre nous. Il n'y a que de l'amour, de la douceur, de la tendresse, de la sincérité, de la confiance, des rires et c'est tout ce dont on avait besoin pour être heureux. Mais Harry a eu un passé compliqué et même s'il va beaucoup mieux aujourd'hui, il y a des moments où ça se rappelle à lui.

- Je vois. C'est pour ça que tu es arrivé seul en cours de sortilèges ?

- Oui, son super psychomage s'est occupé de lui.

- J'espère que ça va aller mieux pour lui...

- Oui, il est entre de bonnes mains. Bon, et toi ? Comment vas-tu ?

- C'est un peu la déprime aussi mais je fais aller.

- Qu'est-ce qui se passe ? s'inquiéta Draco.

- Mes parents m'ont trouvé un autre fiancé. Ils me l'ont appris durant les vacances de Noël et j'ai dû rompre avec ma petite-amie à cause de ça.

Draco resta un moment choqué. Il ne s'attendait pas à ça, même s'il savait que les parents de Daphné allaient forcément finir par lui trouver quelqu'un d'autre. Mais il ne pensait pas que cela serait aussi rapide. Il n'osait pas imaginer dans quel état avait dû être Daphné lorsqu'elle avait su qu'elle était de nouveau promise à un garçon alors qu'elle était en couple avec une fille. Elle avait dû être anéantie.

- Tu n'as pas voulu essayer de maintenir ta relation avec cette fille ? demanda-t-il, une fois remis de son choc.

- Non, je ne me sentais pas de jongler entre deux personnes. Car je dois évidemment me rapprocher du fiancé en question.

Un éclair de compréhension traversa l'esprit de Draco.

- C'est Ashby ?

Daphné acquiesça.

- Il ne semblait pas très content lorsque vous vous êtes séparés.

- Nous ne sommes pas du tout sur la même longueur d'ondes. Lui est très intéressé par moi et il me reproche de ne faire aucun effort. Il n'a pas tort, en soi. Je l'évite autant que possible et quand on est ensemble, je ne décoche presque pas un mot. Mais je ne peux pas me forcer à faire semblant. Je suis trop honnête dans mes sentiments pour ça.

- Je comprends. Je te connais et je sais que tu ne te forceras jamais à aimer quelqu'un. D'ailleurs, es-tu restée en contact avec ton ex petite-amie ?

- Oui, on a failli se remettre ensemble à un moment donné mais on a été raisonnables et on continue à se voir mais en tant qu'amies. C'est plus simple que quand on était ensemble. On n'a plus besoin de se cacher. Tu la connais peut-être de nom mais c'est Luna Lovegood.

Draco eut un bref moment de flottement.

- Oui, je la connais, déclara-t-il au bout d'un moment. Théo est très ami avec elle.

- Je sais, Luna me l'avait dit. Bon, je ne vais pas te mentir : Théo était au courant de notre relation. Luna lui en avait parlé. Mais ils ne se voient plus autant qu'avant depuis la rentrée, alors Théo savait juste qu'on était ensemble. Luna doit lui avoir appris qu'on s'était séparées et c'est tout. Il n'est pas du genre à ébruiter ce qu'on lui dit, c'est pour ça qu'il a gardé ça secret.

- Je ne lui en veux pas, je serais resté discret aussi à sa place. En tout cas, je suis content que tu sois restée en contact avec ton ex. J'avais peur que vous vous soyez quittées sur des tensions.

- Elle a essayé de me dissuader de mettre fin à notre histoire mais elle n'a pas insisté très longtemps. Elle était triste mais elle comprenait mes arguments. Je ne voulais pas la priver de sa liberté et ça l'a touchée. J'aimerais qu'elle retrouve vite une copine et qu'elle soit heureuse avec elle. Je ne veux que son bonheur car c'est une fille géniale.

- Toi aussi, tu mérites d'être heureuse, dit sincèrement Draco. Mais du coup, ça ne vous gênerait pas d'être conviées toutes deux à une même fête ?

- Euh... non, répondit Daphné, perplexe. Pourquoi ?

- Parce qu'avec nos amis et leurs moitiés, Harry et moi formons désormais une petite bande et nous avons décidé d'organiser une fête avec tout le monde mais comme il n'y a qu'un Poufsouffle et qu'un Serdaigle, on avait peur qu'ils se sentent un peu seuls. Alors on s'est dit qu'il devait y avoir autant de Gryffondor que de Serpentard que de Poufsouffle et que de Serdaigle et nous sommes partis sur une base de cinq élèves par maison tout en respectant une parité entre garçons et filles. En se réunissant, on a vite réussi à dresser une liste de vingt personnes. Et Luna et toi en faites partie. C'est Pansy qui a proposé ton nom. Elle m'a dit que ça allait mieux entre vous.

- Oui, elle m'a justement surprise en plein baiser avec Luna et ça lui a évidemment fait un choc. Elle a toujours cru que j'étais folle amoureuse de toi et que je n'avais d'yeux que pour toi, alors me voir en train d'embrasser une fille... On a enfin pu avoir une discussion calme et civilisée, je lui ai dit la vérité et elle a compris qu'elle s'était trompée à mon sujet. On ne s'est pas trop reparlé depuis mais il n'y a plus de tensions entre nous. Et ça fait du bien.

- Tu m'étonnes... Je suis vraiment heureux et soulagé que ça se soit arrangé entre vous. J'attends ça depuis tellement longtemps... Je ne suis jamais parvenu à raisonner Pansy là-dessus mais je n'étais peut-être pas la bonne personne pour ça... Du coup, est-ce que tu serais intéressée par cette fête ? Il y aura un peu de tout en terme de boissons, il y aura un action vérité mais on fera tout pour que ça reste correct. Ceux qui seront trop bourrés iront se coucher. À part s'ils mettent l'ambiance, dans ce cas on leur donnera une chance.

Daphné se mit à rire.

- J'adore ce slogan ! Qui l'a trouvé ?

- Harry, mais il n'en a pas fait exprès, il a dit ça comme ça et on a trouvé que c'était un super slogan, rigola Draco.

- Vous avez l'air super complémentaires, vous vous êtes bien trouvés ! Sinon, oui, je viendrai à cette fête avec plaisir. Ça me permettra de me changer les idées le temps d'une soirée.

- C'est le but, confirma Draco. On ne sait pas encore quand elle aura lieu mais à environ trois mois des BUSE, ça ne pourra que nous faire du bien. La prochaine fois que tu verras Luna, est-ce que tu pourras lui en parler ?

- Oui, bien sûr. Je transmettrai sûrement sa réponse à Pansy, vu que j'ai plus de chances que Luna de la voir.

- D'accord, on fait comme ça.

- Il y aura qui exactement ?

- Je n'ai pas tous les noms, il faudrait que je retrouve la liste dans les affaires de Théo. Je te dirai ça quand je l'aurai récupérée. Il ne m'en voudra pas d'avoir fouillé dans ses affaires pour ça.

- Il est incapable de t'en vouloir, de toute façon. Mais je sais que tu n'en profites pas pour autant. Tu n'es pas comme ça. Bon, je vais m'avancer sur le devoir individuel de métamorphose. Il est à rendre vendredi prochain et je n'y ai presque pas encore touché. Bon courage et garde le moral, ça va finir par s'arranger.

Daphné sourit à Draco et s'en alla. N'ayant plus envie de monter à son dortoir, Draco décida d'aller faire un tour dans le château. En sortant de la salle commune, il tomba sur Severus.

- Je venais voir si tu étais là, justement, dit celui-ci.

- Tu as fini avec Harry ? Il va bien ?

- Oui, on a discuté un long moment et il allait beaucoup mieux quand il est parti. Sa crise d'angoisse était tout à fait normale et il n'en aura plus, il fallait juste avoir une conversation comme celle qu'on a eue. Nous sommes en train de parler de son enfance durant nos séances et il a tellement manqué d'amour et d'attention qu'il a peur de décevoir et de perdre la confiance de ceux qui s'occupent de lui aujourd'hui. C'est-à-dire son parrain, son directeur de maison et moi. C'était la première fois depuis qu'il a repris les cours que je le retenais à la fin de l'heure pour le sermonner, alors évidemment ça a été un coup dur pour lui. Mais il n'aurait pas réagi comme ça s'il n'était pas fragile en ce moment. Il ne faut pas oublier qu'il a failli perdre son parrain récemment et qu'il s'inquiète pour Théo avec qui il a noué un lien très fort. Sans compter qu'il est encore en pleine thérapie. Ça fait un peu trop pour lui qui est déjà fragile de base et c'est normal que ça le perturbe. Mais là, il va mieux et ce qui s'est passé tout à l'heure ne risque pas de se reproduire. Sois naturel avec lui quand vous vous reverrez et tout ira pour le mieux.

Draco acquiesça.

- D'accord, merci beaucoup. Heureusement que tu finissais à seize heures et que tu as pu t'occuper aussitôt de lui...

- Oui, mais si jamais il a un problème qui nécessite mon aide, il doit aller à l'infirmerie où il restera jusqu'à ce que je puisse me libérer. Si c'est trop sérieux pour que ça puisse attendre, je laisserai tout en plan pour venir le voir, cela va de soi. Il sait tout ça mais c'est bien que tu le saches aussi. Bon, je ne vais pas te retenir plus longtemps, même si je pense que tu n'avais rien d'urgent à faire.

- Non, j'allais me promener. Je suis à jour dans mes devoirs individuels, je n'ai pas d'entraînement, je n'ai pas de ronde, je n'ai pas de séance de travail et ni mes amis, ni mon petit-ami ne sont libres. Je crois que c'est la première fois de l'année que je n'ai vraiment rien à faire.

- Eh bien profite-en, tu as bien besoin d'un moment de détente. Allez, repose-toi bien.

Severus tapota l'épaule de Draco et s'éloigna. Rassuré au sujet de son petit-ami, Draco put profiter pleinement de son tour dans Poudlard.

.

.

(samedi 09/03) POV Justin

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- Bon, je vais y aller.

Susan et Hannah levèrent la tête.

- Tu te sens prêt ?

- J'ai un peu peur mais j'ai besoin de le voir, avoua Justin. Il me manque.

- C'est bien à partir d'aujourd'hui qu'il pouvait recevoir des visites ? demanda Susan.

- Oui, et c'est bien pour ça que je ne veux pas attendre plus longtemps.

- Mais il y aura peut-être déjà quelqu'un avec lui...

- Draco devait aller le voir ce matin et Harry en début d'après-midi. Blaise et Pansy, eux, ne sont pas encore prêts. Ils iront plutôt demain. Et Hermione préfère me laisser la place. Elle est trop occupée aujourd'hui, de toute façon. Elle aussi ira voir Théo demain. Donc normalement, il devrait être seul.

- Bon, passe-lui le bonjour de notre part, alors.

Justin acquiesça et prit congé de ses amies. Il quitta la salle commune et se rendit à l'infirmerie. Une fois arrivé, il fut accueilli par Mme Pomfrey qui lui indiqua où se trouvait Théo. Justin la remercia et se dirigea vers les paravents de son petit-ami. Il souffla un bon coup et passa à travers. Il resta sur place pendant quelques secondes en voyant Théo, allongé, immobile, le regard rivé vers le plafond. Les seuls signes de vie étaient ses battements de cils et sa poitrine qui se soulevait et s'abaissait à un rythme lent mais régulier. Justin s'était attendu à quelque chose comme ça mais cela faisait tout de même un choc de voir le garçon qu'il aimait complètement amorphe. Il s'approcha et s'assit à côté de Théo. Il le regarda et lui caressa tendrement la joue.

- Salut, dit-il, la voix un peu cassée. Je suis content de te voir, même si c'est un peu dur. J'ignore si tu m'entends mais tu me manques. Mes journées sans toi sont longues et terriblement fades. Je me sens seul. J'ai l'impression qu'on m'a enlevé une partie de moi-même. Je pense énormément à toi. Je sais que tu as besoin de temps pour te remettre de ce qui s'est passé mais reviens vite, s'il te plaît. Tu n'as pas à avoir peur de revenir dans le monde présent. Nous serons tous là pour te soutenir et pour t'aider. Tu as plein de monde derrière toi. Repense un peu à la soirée qu'on a organisé avec toute la bande...

Théo battit plusieurs fois des cils. Justin eut le sentiment qu'il l'écoutait. Mais il n'était pas prêt à se réveiller. Justin considérait cependant le fait qu'il réagisse comme un bon signe.

- J'aimerais tellement savoir si tu m'entends... J'ai tellement de choses à te dire... Ça me fait mal de te voir comme ça, Théo... La dernière chose qu'on s'est dite, c'est qu'on s'aimait et je n'imaginais pas que j'allais devoir attendre plusieurs semaines avant que tu me le dises de nouveau...

Justin plongea son visage dans le cou de Théo et laissa malgré lui les larmes couler sur ses joues. Il ne pouvait pas les retenir, c'était trop dur. Il aurait aimé être plus fort mais c'était impossible quand il parlait au garçon qu'il aimait sans être sûr qu'il comprenait le moindre mot qu'il prononçait... Il se ressaisit au bout de longues minutes, même s'il avait encore beaucoup de larmes à verser.

- Excuse-moi, Théo, je ne voulais pas craquer devant toi... Mais vois comme tu me manques... Je ne peux pas supporter l'idée de rester éloigné de toi trop longtemps... Je t'aime tellement, Théo...

Les larmes menacèrent de nouveau de couler mais cette fois, Justin les retint. Il reprit contenance et s'attela à raconter à Théo ce qu'il avait manqué durant les trois jours qui venaient de passer. Il partit lorsqu'il fut l'heure de dîner. Il embrassa Théo en y mettant tout l'amour qu'il éprouvait pour lui, puis il s'en alla. À peine fut-il sorti de l'infirmerie qu'il tomba sur le cousin d'Emily. Il voulut l'esquiver mais Parker en avait décidé autrement. Il lui bloqua le passage, le dominant de toute sa hauteur.

- Tu m'évites, Justin ?

- Non, je n'ai rien à te dire, c'est tout.

- Dis plutôt que tu n'assumes pas.

- Que je n'assume pas quoi ? demanda Justin, les sourcils froncés.

- Tu sais très bien que je te reproche d'avoir fait souffrir Emily et de la faire encore souffrir à l'heure qu'il est puisqu'elle ne s'est toujours pas remise de votre rupture.

- Je ne l'aimais plus, je n'allais pas rester avec quelqu'un dont je n'étais plus amoureux, se défendit Justin.

- Tiens, tu ne m'avais pas dit ça quand j'ai voulu savoir pourquoi tu avais quitté Emily.

- C'était si compliqué que ça à deviner ? ironisa Justin. Tu savais que c'était moi qui avait rompu, ça ne t'est pas venu à l'idée que je n'étais plus amoureux d'elle ? Tu croyais que j'avais rompu comme ça, sans raison ? Et moi qui pensais que les Serdaigle étaient intelligents...

Un éclat de fureur passa dans le regard de Parker qui attrapa violemment Justin par le col de sa robe avant de le pousser contre un mur.

- Je te conseille d'arrêter tout de suite de te foutre de moi, siffla Parker. Tu fais ton malin mais tu as l'air d'oublier ce que je suis capable de faire. Tu sais, j'ai eu le temps de réfléchir. Et j'ai compris que Nott n'était pas étranger dans ta rupture avec Emily. Tu sembles beaucoup trop proche de lui pour qu'il soit innocent dans cette histoire. À mon avis, tu es totalement tombé en admiration devant lui. Il s'en est aperçu et il en a joué. À un moment, il t'a demandé de choisir entre Emily et lui et tu l'as choisi lui. Tu as jeté Emily comme une vieille chaussette sans te soucier des sentiments qu'elle avait pour toi. Tout ça pour le suivre lui. Et ça, désolé, mais je ne peux pas l'accepter. Je ne peux pas laisser passer ça. Je ne vais pas te lâcher, Justin. Les trois mois et demi à venir vont être longs, très longs pour toi.

Parker donna un coup de genou dans le ventre de Justin, puis d'autres, avant de le lâcher et de s'en aller. Justin se plia en deux en gémissant de douleur et se laissa tomber à genoux sur le sol. Il resta un moment ainsi et ne sut combien de temps il s'était passé lorsqu'il entendit quelqu'un l'appeler. Il leva la tête et vit avec horreur Ernie s'avancer vers lui. Il ne pouvait pas rester dans cette position. Il prit sur lui et se redressa en s'efforçant de ne pas grimacer. Il ne voulait pas être faible devant Ernie. Il ne lui donnerait pas ce plaisir. Que penserait-il de lui ? Qu'il n'était qu'une mauviette, comme tous les hommes gay ? Cela ne l'étonnerait pas qu'Ernie ait ce genre de préjugés révoltants... Il songea dans un sursaut de lucidité que c'était la rancoeur qui lui faisait croire ça et que c'était faux, qu'Ernie n'était pas comme ça mais il balaya bien vite cette pensée. Il était encore trop blessé par l'attitude de celui qu'il croyait être son meilleur ami pour être objectif à son sujet. Il adopta un air neutre tandis qu'Ernie le rejoignait.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il, l'air inquiet.

- Rien, pourquoi ? mentit Justin.

- Tu ne semblais pas bien du tout. Tu as eu un malaise ?

- C'est quoi cet interrogatoire ? En quoi ça te regarde ? s'emporta Justin.

- Je t'ai vu par terre, je ne pouvais pas faire comme si de rien n'était...

- Eh bien si, c'est exactement ce que tu aurais dû faire, asséna Justin. Tu aurais dû m'ignorer comme tu le fais depuis que tu sais qui je suis. C'était très bien ainsi et je m'en portais très bien !

Ernie recula d'un pas face à la colère de Justin. La peine se lisait dans son regard.

- D'accord, je vais te laisser, murmura-t-il. Pardon.

Il tourna les talons et s'en alla. Justin regretta soudain ses paroles et voulut l'appeler. Mais ses côtes l'élancèrent et l'en empêchèrent. Il se laissa de nouveau choir par terre en gémissant. Heureusement, Ernie était déjà loin. Même si Justin aurait peut-être préféré qu'il reste, tout compte fait. S'il n'avait pas rejeté Ernie, celui-ci aurait pu l'aider. Mais il n'avait pas voulu que son meilleur ami qui lui avait fait du mal le voie dans cet état. Il s'était fait dominer par sa fierté. Et il s'en voulait. Mais il n'eut pas le temps de se flageller bien longtemps car il perçut des voix qui venaient des escaliers. Justin leva une nouvelle fois la tête et vit Pansy et Terry déboucher à l'angle du couloir. Tous deux poussèrent une exclamation en le voyant. Ils accoururent vers lui.

- Merlin mais qu'est-ce qui s'est passé ? s'affola Pansy.

- J'ai eu une querelle avec quelqu'un, marmonna Justin.

- Ce quelqu'un t'a frappé ? demanda Terry.

- Il m'a donné plusieurs coups de genoux. Je n'ai rien de cassé, sinon je le sentirais, mais...

- Tu dois quand-même aller à l'infirmerie, coupa Terry.

- J'en viens...

- En tant que visiteur, j'imagine. Là, tu y vas en tant que patient. Allez, viens.

Terry et Pansy aidèrent doucement Justin à se relever. Ils le soutinrent jusqu'à l'infirmerie qui n'était qu'à quelques mètres seulement. Mme Pomfrey mit plusieurs minutes à venir à eux.

- Ouh là, que vous est-il arrivé, M. Finch-Fletchley ?

- Je me suis embrouillé avec quelqu'un. Il m'a mis trois ou quatre coups de genou dans le ventre.

- Bon, venez avec moi, je vais vous examiner. M. Boot, Miss Parkinson, vous pouvez y aller.

Terry et Pansy acquiescèrent et s'en allèrent sans discuter mais Justin sentit bien qu'ils n'allaient pas beaucoup s'éloigner de l'infirmerie. Il suivit Mme Pomfrey jusqu'à des paravents à travers lesquels il passa. Il ôta sa robe de sorcier et s'allongea en grimaçant. Il baissa les yeux lorsque Mme Pomfrey souleva sa chemise et vit que des bleus avaient commencé à se former.

- Les coups ont dû être assez violents, constata l'infirmière.

- Il y est allé plutôt fort, oui, confirma Justin.

Mme Pomfrey tâta le ventre et les côtes de Justin, lança un sort de diagnostic et ne sembla pas très inquiète.

- Aucune côte cassée, fêlée ou déplacée. C'est cependant normal que vous ayez mal, vous avez pris des coups à des endroits relativement sensibles. Mais cela va vite passer avec les potions que vous allez prendre. Je vais également vous donner un baume pour traiter vos bleus. D'ici une semaine, ils devraient avoir disparu. Je vais vous chercher tout ça.

Mme Pomfrey s'éclipsa et revint quelques minutes plus tard avec un petit sac.

- Tenez. Les potions sont à prendre matin, midi et soir et le baume est à appliquer le matin et le soir.

Vous pourrez arrêter les potions dès que vous n'aurez plus mal. Avant de vous laisser partir, je dois vous prévenir que je suis obligée d'en référer à votre directrice de maison.

- Ça ne sert à rien, je ne connais pas le nom de mon agresseur, mentit Justin.

- En êtes-vous sûr ?

- Oui.

Justin vit bien dans le regard de Mme Pomfrey qu'elle ne le croyait pas du tout.

- Je dois quand-même en parler au professeur Chourave. Elle vous convoquera et vous verrez cela avec elle. Si vous n'avez pas de questions, vous pouvez y aller.

Justin secoua la tête, remercia Mme Pomfrey et quitta l'infirmerie. Il retrouva sans surprise Terry et Pansy qui l'attendaient.

- Alors, qu'est-ce que tu as ? s'enquit Pansy.

- Rien de grave, assura Justin. Seulement des bleus.

- Mais qui te les a faits ? s'interrogea Terry.

- Je ne sais pas, je ne connaissais pas mon agresseur.

Pansy haussa un sourcil.

- Tu crois qu'on va gober ça ? Tu peux nous dire la vérité, Justin. C'était une agression homophobe ? Quelqu'un a su que tu sortais avec Théo ?

- Non, je ne pense pas.

- Ça avait donc un rapport avec Théo ? Ou ça aurait pu ? Ou bien tu as déjà eu des ennuis avec cette personne ?

- Ce serait trop long à expliquer.

- Dis plutôt que tu as peur des représailles, rétorqua Pansy. C'est pour ça que tu refuses de nous dire le nom de ton agresseur. Mais c'est un mauvais calcul. Et tu le sais très bien. Nous sommes préfets, c'est notre devoir d'écouter un élève s'il a des problèmes avec quelqu'un. Si tu ne veux pas en parler directement à ta directrice de maison, nous pouvons le faire. Nous préciserons bien que tu crains des représailles. Tout sera fait pour que l'élève ne s'en prenne pas à toi.

- Je sais tout ça, mais c'est plus compliqué que ça.

Pansy fixa longuement Justin qui soutint tant bien que mal son regard.

- Est-ce que c'était l'un des agresseurs de Théo ? finit-elle par demander.

- Je t'ai dit que je ne connaissais pas son nom, répéta Justin. S'il vous plaît, laissez-moi tranquille, je ne veux plus en parler.

Pansy soupira.

- Comme tu voudras. Mais ne crois pas qu'on va lâcher l'affaire pour autant. Si Parker ou Milligan t'embêtent, nous le saurons. Allez, on y va. Nous avons un rapport à faire auprès d'un directeur de maison suite à notre ronde.

Terry et Pansy s'en allèrent. Justin ne fut qu'à moitié soulagé. Il n'avait pas aimé devoir leur mentir. Mais il n'avait pas eu le choix. S'il leur avait dit que c'était Josh qui l'avait agressé, il aurait trop peur que ce dernier s'aperçoive qu'il l'avait balancé et qu'il le lui fasse regretter. Et puis, il n'y avait que Josh qui était impliqué. Même s'il avait été renvoyé, Milligan aurait très bien pu prendre le relais... C'était pour cette raison que Justin avait dit à Pansy que c'était plus compliqué que ça n'en avait l'air. Mais il savait qu'elle était sérieuse quand elle disait qu'elle n'abandonnerait pas aussi facilement. Il ignorait ce qu'elle avait en tête mais il ne pouvait pas empêcher ses amis de l'aider. Il n'en avait plus trois comme avant mais presque quatre fois plus. Si Terry ou Pansy parlaient de son agression aux autres, ils allaient forcément tous vouloir s'en mêler. Et ce serait juste impossible d'empêcher neuf personnes de mener leur petite enquête... Et encore, si l'on ne comptait pas Susan et Hannah... Cela monterait à onze personnes. Douze avec Ernie. Mais est-ce qu'il chercherait vraiment à l'aider ? Est-ce qu'il ferait passer son devoir de préfet avant ses convictions personnelles ? Justin pensait que oui. Ernie était un bon préfet. Et puis, il n'était peut-être plus aussi en colère que ça contre lui... Il s'était inquiété pour lui, après tout. C'était Justin qui l'avait repoussé, pour le coup. Et il s'en voulait pour ça. S'il n'avait pas rejeté l'aide d'Ernie, peut-être celui-ci se serait-il excusé pour ce qu'il lui avait dit deux semaines et demie plus tôt lorsque Justin avait fait son coming-out... Mais est-ce que c'était le bon moment pour des explications et une réconciliation ? Justin avait des problèmes par-dessus la tête, entre son petit-ami qui était en état de choc à l'infirmerie, son organisation pour les devoirs qui s'en était retrouvée toute chamboulée, les menaces que proférait Josh à son égard... Il avait sûrement réagi de façon instinctive en rejetant Ernie. Inconsciemment, il s'était dit qu'il valait mieux attendre un peu avant d'avoir une discussion avec Ernie. Quoi qu'il en soit, il était dans une situation délicate et il n'avait aucun moyen de s'en sortir. Il devait juste espérer que Josh n'allait pas mettre sa menace à exécution et qu'il le laisserait tranquille. Peut-être qu'en discutant calmement avec lui, les choses s'arrangeraient... C'était peut-être idiot d'y croire mais il pouvait toujours essayer...

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(dimanche 10/03) POV George

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- Tu es sûr de vouloir le lui dire maintenant ?

George se retint de soupirer. Il ne comptait plus le nombre de fois où Fred lui avait posé la question depuis le début de la journée.

- Oui, je ne me sens pas de le mettre au pied du mur. Ça ne correspond pas du tout à notre relation. On se fait confiance et on se dit tout. Et on ne se fait pas de coup en douce.

- Alors pourquoi tu ne lui en parles que maintenant alors que ça fait plus d'un mois qu'on a décidé de quitter Poudlard ?

- Je te l'ai dit, je préférais que tout soit réglé et qu'on ait un endroit pour la boutique avant de le lui annoncer. Si jamais on n'avait pas réussi à trouver un local avant la fin de l'année, je ne voyais pas l'intérêt de dire à Olivier que je voulais arrêter les études avant les ASPIC. Surtout s'il serait contre. C'est pour ça que je n'ai pas voulu qu'on donne une date précise au propriétaire pour emménager. Si Olivier ne veut pas que je quitte Poudlard en grande partie pour qu'on puisse se voir plus souvent, je l'écouterai et on attendra cet été pour emménager dans le local et y monter la boutique. Il est à nous, de toute façon. Le proprio nous a dit qu'il nous le vendait à condition qu'on l'achète avant la fin de l'été.

- Donc tu serais prêt à passer tes ASPIC juste parce qu'Olivier te le demande ? s'étonna Fred.

- Ça me donnerait une motivation, ce serait plus supportable, expliqua George. Là, je n'ai rien qui me pousse à rester, mais si Olivier me dit qu'il préfère que je termine mes études, ça me motivera de le faire pour lui faire plaisir. Mais ça ne veut pas dire que je lâcherai vite l'affaire pour autant. J'ai des arguments et j'ai bien l'intention de les lui exposer. Je me doute qu'il en aura aussi de son côté et j'en tiendrai compte. Mais je sais au fond de moi qu'il ne me forcera pas à rester à Poudlard si je n'en ai pas envie. Il m'aime trop pour ça. Il voudra juste que je prenne ma décision en toute connaissance de cause.

- Ça, je n'en doute pas une seconde qu'il t'aime. Je me demande même comment vous avez fait pour tenir jusque-là. Il y a les sorties à Pré-au-Lard, d'accord, mais c'est loin d'être suffisant...

- C'est bien pour ça que je n'en peux plus et que j'ai besoin de voir Olivier plus souvent.

- Une chance qu'il puisse toujours se libérer lors des week-end de sortie à Pré-au-Lard.

- Ça a failli ne pas être le cas cette fois-ci. Il n'était pas libre et voulait qu'on trouve un moyen de se voir le week-end d'après. Mais je lui ai dit que j'avais quelque chose de très important à lui annoncer et que je ne pouvais pas lui en parler par lettre. Je crois que j'ai un peu trop surjoué sans le vouloir car j'ai bien senti dans sa lettre qu'il était très inquiet. Il semblait avoir écrit à toute vitesse et il m'a posé une tonne de questions. Il voulait surtout savoir si j'allais bien. Je l'ai rassuré mais je sais qu'il est toujours inquiet à l'heure qu'il est. Je ne veux pas m'avancer mais je crois qu'il pense que je suis enceint, termina George en riant.

- Ah ouais, tu as bien dû l'inquiéter ! Je n'ose même pas imaginer ce que tu lui as écrit. Mais il doit bien se douter que tu ne peux pas être enceint.

George haussa les épaules.

- On ne sait jamais. Nous sommes issus d'une grande fratrie, ce qui est assez rare chez les sorciers, Bill a vingt-cinq ans et n'est toujours pas marié, Charlie semble être asexuel, Percy va sûrement se marier avec son travail... On ne sera plus à une rareté près. Même si ça m'étonnerait beaucoup que je puisse tomber enceint comme ça sans potion.

- Non mais même sans ça, si tu étais enceint, tu le saurais depuis un moment, vu que ça daterait de la fin de l'été...

- Parce que tu crois vraiment que notre dernier rapport remonte à aussi longtemps ? Je te rappelle qu'on s'est revus depuis.

Fred se mit à rougir.

- Ok c'est bon, j'ai compris, je ne veux pas savoir ce que vous faites lorsque vous vous retrouvez à Pré-au-Lard. Ou, plutôt, à l'endroit où vous allez. Bon, on ferait mieux d'y aller, d'ailleurs.

- Tu y vas toujours avec Angelina ?

- Oui, on doit se rejoindre à la Tête de Sanglier.

- Donc c'est reparti entre vous ?

- On dirait bien, oui. Elle a complètement changé d'attitude depuis l'entraînement qui lui a coûté sa place de capitaine. Elle est beaucoup plus détendue, beaucoup plus sensible, beaucoup plus douce... Depuis qu'on s'est remis ensemble, on ne s'est pas disputés une seule fois. Et on ne se voit plus juste pour coucher ensemble. Notre relation a beaucoup évolué depuis la dernière fois que nous sommes sortis ensemble. Mais ça ne veut pas dire qu'on s'aime, hein. On n'en est pas du tout là.

- Tu en es sûr ? Je ne voudrais pas qu'on quitte Poudlard alors que tu es sur le point d'approfondir ta relation avec Angelina, s'inquiéta George.

- Rassure-toi, je ne suis pas amoureux d'elle, je ne vais donc pas abandonner nos projets pour rester avec elle. Allez, on y va sinon on va vraiment être en retard. Toi, tu es attendu par Olivier et moi, je suis attendu par Angelina. Et puis, si on tarde trop, on ne pourra plus y aller puisque la barrière sera fermée... Après on a d'autres moyens d'y aller mais si on peut éviter d'emprunter les passages secrets quand on peut s'y rendre de façon légale...

George acquiesça et sortit du dortoir avec Fred. Ils se dépêchèrent de quitter le château et arrivèrent pile avant que la grille ne se referme. Ils suivirent leurs camarades et se séparèrent dès qu'ils furent à Pré-au-Lard. Tandis que Fred se rendait à la Tête de Sanglier, George prit la direction du salon de thé de Madame Pieddodu. Olivier et lui n'avaient aucunement l'intention d'y boire quoi que ce soit mais c'était là qu'ils se retrouvaient avant de s'isoler quelque part pour transplaner. Lorsque George entra dans le salon de thé, il chercha son petit-ami du regard et son coeur bondit dans sa poitrine en le voyant. Il n'avait pas changé. Il était toujours aussi beau. Il dut sentir le regard de George posé sur lui car il leva les yeux et croisa les siens. Le sourire que lui fit aussitôt Olivier suffit à faire chavirer son coeur. N'y tenant plus, il rejoignit son petit-ami qui l'accueillit en le serrant fort contre lui dès que George fut dans ses bras. Ils échangèrent ensuite un long baiser dans lequel ils firent passer tout leur amour et tout le manque qu'ils avaient ressenti depuis leur dernier rendez-vous. Ils finirent par rompre le baiser pour reprendre leur souffle mais leurs corps, eux, restèrent étroitement collés l'un contre l'autre.

- Tu m'as manqué, murmura Olivier. Je devais être fou pour imaginer pouvoir rester une semaine de plus sans te voir.

- Tu n'étais pas libre... Mais je suis heureux et soulagé que tu aies pu te libérer.

- Ta lettre m'a vraiment inquiété. Et puis, je crois qu'il suffisait juste que tu me supplies un tout petit peu pour que je cède et que je cherche à me libérer. Je n'ai plus aucune volonté quand il s'agit de te voir. Même si tu ne m'avais pas dit que tu avais quelque chose de très important à me dire, j'aurais fini par t'envoyer une lettre de moi-même pour t'annoncer que, tout compte fait, je pouvais venir. Je n'aurais pas supporté de rater une sortie à Pré-au-Lard qui est notre seule occasion de se voir.

- Je ne veux pas que tu aies des ennuis avec ton capitaine à cause de moi, protesta George.

- Je n'ai pas eu à insister beaucoup, l'apaisa Olivier. C'était la première fois que je demandais à me libérer puisque j'avais la chance d'être libre lors de chacune des sorties jusqu'à celle-là. J'ai toujours été sérieux et assidu au sein de l'équipe, le capitaine en a tenu compte lorsque je lui ai dit que j'avais besoin d'un jour de congé aujourd'hui. Il a très vite accepté. Mais ne restons pas plantés là, sinon on va devoir boire quelque chose et on a bien mieux à faire.

George approuva largement et quitta le salon de thé avec Olivier. Ils firent mine de se promener un peu avant de se cacher dans un coin à l'abri des regards indiscrets. Olivier désillusionna George puis il les fit transplaner. Ils atterrirent sur le Chemin de Traverse et se rendirent au Chaudron Baveur.

- Un de ces jours, je vais me faire griller, marmonna George.

- Mais non, on fait toujours super attention, il n'y a pas de raison. Mais si tu veux, on peut retourner à Pré-au-Lard. Je te le dis à chaque fois : si tu ne le sens pas, on n'y va pas. Idem si tu n'as pas envie.

- Tu sais bien que je dis ça mais qu'au fond, je suis bien conscient qu'on ne risque rien. Et puis c'est le seul moyen pour passer quelques heures en amoureux. Et pour être tranquilles. Alors allons-y.

Olivier et George continuèrent donc leur chemin et arrivèrent bientôt au Chaudron Baveur. Olivier prit une chambre et y monta avec George qui était toujours désillusionné. Olivier ne lui fit retrouver son apparence qu'une fois dans la chambre, ce qui lui valut un tendre baiser de la part de George. Ils s'allongèrent sur le lit et reprirent bien vite leurs habitudes. George se blottit tout contre Olivier qui l'entoura de ses bras, leur soutirant à tous deux un soupir de bien-être. Ils restèrent un long moment ainsi, sans parler, appréciant le silence, profitant simplement de leurs retrouvailles. Un mois sans se voir, c'était beaucoup trop long. Les sorties à Pré-au-Lard étaient vraiment leur bouffée d'oxygène. Les quelques heures qu'ils passaient ensemble étaient comme un moment hors du temps. Apaisé par la présence de son petit-ami et par la chaleur de son corps contre le sien, George faillit sombrer dans le sommeil mais Olivier le réveilla à temps en le chatouillant. George se mit à rire et se tortilla dans tous les sens pour échapper aux doigts de son tortionnaire qui semblait prendre un malin plaisir à le voir se contorsionner sous lui. Il arrêta néanmoins de le tourmenter lorsque George cria grâce. Ils se rallongèrent et George retrouva sa place dans les bras d'Olivier.

- Tu avais quelque chose à me dire, je crois, déclara celui-ci au bout d'un moment.

George se tendit aussitôt. Il n'avait pas oublié, loin de là, il y pensait même beaucoup, mais il était stressé à l'idée d'aborder le sujet et avait donc préféré retarder le plus possible l'échéance. Mais là, il ne pouvait plus reculer.

- Oui, mais je ne sais pas comment te le dire...

- Tu affirmais dans tes lettres que tu allais bien, mais est-ce que tu disais ça pour me rassurer ou... ?

- Non, non, je vais vraiment bien. Enfin, physiquement parlant, en tout cas. Je ne suis pas malade et je ne suis pas enceint, si c'est ça qui t'inquiète, précisa George.

Le soulagement qui se vit sur les traits d'Olivier lui fit comprendre que c'était bien ce que son petit-ami avait craint. Cela l'interrogea.

- Ça t'aurait dérangé que je sois enceint ? demanda-t-il, curieux.

- Dérangé, non, mais... ce n'est pas du tout le bon moment. Nous sommes un peu trop jeunes. Et les conditions sont loin d'être requises. Il faudrait qu'on habite ensemble, or tu es encore à Poudlard et on n'a jamais vraiment évoqué le sujet. Mais si tu avais été enceint, bien que ça m'aurait beaucoup étonné, on se serait arrangés pour accueillir le petit bout de chou.

George sentit une douce chaleur l'envahir à l'entente des mots d'Olivier.

- Tu l'aurais accepté, alors ? voulut-il s'assurer.

- Évidemment, répondit Olivier comme si ça coulait de source. Je ne t'aurais jamais quitté pour ça et j'aurais été ravi de fonder une famille avec toi. Je ne demande que ça, même. Mais je veux que ça se fasse dans les bonnes conditions. Je veux que tout soit parfait pour accueillir notre premier enfant. Et pour ça, il est préférable d'attendre un peu.

George sourit, entièrement d'accord avec son petit-ami et ému qu'il souhaite déjà avoir des enfants avec lui.

- Ça me touche beaucoup, ce que tu me dis. Si ça peut te rassurer, je n'avais pas l'intention d'avoir un enfant maintenant. Je trouve aussi que c'est un peu trop tôt. Et ce n'est pas de ça dont je voulais te parler, de toute façon. Mais ça a quand-même un rapport avec un des points que tu as évoqués. À savoir le fait que je sois encore à Poudlard. Je ne t'en ai pas parlé avant car ça n'aurait servi à rien à part t'inquiéter, mais... je veux quitter Poudlard. Je n'en peux plus. J'ai besoin de te voir plus souvent qu'une fois par mois. Je n'arrive plus à apprécier les cours, même les sortilèges et la métamorphose qui étaient mes matières préférées, et je me laissais limite dépérir jusqu'à ce que Fred me fasse parler et comprenne que j'avais besoin de prendre le large. Je me refusais à lui en parler car je savais que si je souhaitais partir, il viendrait avec moi. Et je ne voulais pas lui imposer mon choix. Je ne voulais pas qu'il se sente obligé d'arrêter les cours juste pour me suivre. Je ne voulais pas qu'il regrette de ne pas avoir passé ses ASPIC. Mais il m'a rassuré sur tous ces points et j'ai bien compris que lui aussi avait envie de s'en aller de Poudlard. Et de monter notre propre boutique. Et c'est ce qu'on va faire. On va créer notre boutique de farces et attrapes. On a déjà trouvé un local qui nous est réservé si on l'achète avant la fin de l'été. Et c'est bien notre intention. On aurait pu dire au proprio qu'on allait le lui acheter la semaine prochaine mais je voulais d'abord en parler avec toi. Je ne souhaitais pas que Fred et moi quittions Poudlard et emménagions dans le local si tu n'étais pas d'accord avec ça. On l'a déjà visité, il ne manque que la signature et la transaction pour que le local soit à nous. Mais on ne l'achètera pas avant cet été si tu ne veux pas que j'arrête mes études sans passer mes ASPIC. Le proprio est d'accord pour nous le réserver jusque-là à condition qu'on l'achète vraiment. Si je tiens autant que ça à avoir ton avis avant de faire quoi que ce soit, c'est parce que c'est en grande partie à cause du fait que tu me manques que je souhaite quitter Poudlard. Je préfère être franc avec toi. On s'est toujours dit qu'on devait tout se dire, alors je te dis tout. Je sais que tu vas vouloir essayer de me faire changer d'avis mais sache que Fred et moi n'avons pas pris la décision d'arrêter les études sur un coup de tête. Nous avons tout bien considéré et nous avons vraiment réfléchi à tout. Nous avons cherché un local où nous pourrions à la fois installer notre boutique et nous loger et nous avons fait toutes les démarches pour être sûrs de pouvoir y monter rapidement notre commerce. Nous n'avons rien laissé au hasard. Nous sommes bien conscients d'être connus pour tout prendre à la légère mais ce n'est pas tout le temps vrai. Quand il le faut, nous savons être sérieux. Et nous le serons toujours en ce qui concerne la boutique. Voilà, j'espère avoir réussi un minimum à te convaincre...

George se tut et guetta avec appréhension la réaction d'Olivier.

- Je comprends que tu veuilles arrêter tes études, commença-t-il. Je pense que je serais comme toi, à ta place. En fait, j'en suis même sûr. S'il n'y avait que moi, si j'étais égoïste, je te dirais «Oui, vas-y, fonce, quitte Poudlard et monte ta boutique avec ton frère pour qu'on puisse se voir plus souvent». Mais je ne peux pas penser qu'à moi et à mon désir de te voir davantage. Je te crois quand tu dis que tu sais ce que tu fais et que tu n'as pas pris ta décision à la légère. Je te connais, George. Et je te fais confiance. Mais je ne peux pas t'encourager à arrêter tes études sans avoir passé tes ASPIC. Je dois essayer de te raisonner. Tu as envie de t'en aller parce que je te manque, tu ne penses qu'à ça et c'est bien normal. Mais ce serait dommage de faire un choix aussi sérieux que celui de ne pas passer tes ASPIC juste pour qu'on puisse passer plus de temps ensemble. Il ne te reste que quatre mois à tenir. Dans quatre mois, on sera libres de se retrouver plus souvent mais tu n'auras pas passé tes ASPIC. À ce moment-là, tu te diras peut-être que, tout compte fait, ça aurait pu valoir le coup de faire un petit effort et d'attendre encore un peu. Sans tes ASPIC, tu ne pourras presque rien faire comme métier si, pour une raison ou pour une autre, Fred et toi deviez mettre la clé sous la porte. Pour ne pas vouloir patienter quatre mois de plus, tu t'apprêtes à prendre une décision que tu traîneras pendant toute ta vie et que tu risques de longtemps regretter par la suite. Après, je ne peux pas t'empêcher de quitter Poudlard si tu le souhaites vraiment. Ça se trouve, la situation est beaucoup plus dure pour toi que ce que tu veux bien me dire. Tu m'as dit que tu ne m'en avais pas parlé avant parce que tu ne voulais pas m'inquiéter et je pense que tu ne me dis toujours pas tout actuellement pour la même raison. Si c'est vraiment impossible pour toi de rester à Poudlard, je le comprendrais, je n'insisterai pas et je te soutiendrai.

Les mots d'Olivier réchauffèrent le coeur de George. Merlin qu'il aimait ce garçon...

- Merci, je... je savais que tu réagirais bien mais... t'entendre dire tout ça...

George ne termina pas sa phrase et se blottit contre Olivier qui le serra contre lui.

- Je ne veux pas entrer dans les détails mais... je t'assure que ça devient vraiment insupportable. Je tiendrai si tu me le demandes mais ce sera très dur.

- Je ne te le demanderai pas, promit Olivier d'une voix douce. Je ne veux que ton bonheur, George. Et si ton bonheur, c'est arrêter tes études et monter directement ta boutique avec ton frère, eh bien je l'accepterai. Je n'ai pas mon mot à dire, de toute façon. La décision te revient. Tu es majeur, tu fais ce que tu veux. Tu es assez grand pour savoir ce que tu fais. Mais je comprends pourquoi mon avis compte tant pour toi et ça me touche énormément. Je serai là quoi que tu décides.

George sentit les larmes lui monter aux yeux alors qu'une vague d'amour sans précédent le prenait envers Olivier. Il se demandait si c'était normal d'aimer autant quelqu'un.

- Je vais quitter Poudlard, alors, murmura-t-il. Enfin, nous allons quitter Poudlard. Peu importe ce qui se passera demain, je ne regretterai pas ma décision. Je saurai toujours rebondir avec Fred. Nous n'avons jamais été passionnés par les études, ce n'est pas dans notre tempérament de rester toute une journée assis sur une chaise. Nous avons appris des choses qui nous serviront pour plus tard mais ce qui nous reste à apprendre ne nous sera pas utile. Si les études m'avaient un tant soit peu intéressé, j'aurais pu supporter jusqu'à fin juin d'être loin de toi et de ne pouvoir te voir qu'une fois par mois. Mais là, j'ai vraiment l'impression de perdre mon temps pour rien. Je me sens mal à Poudlard. Je ne trouve aucune utilité à me lever le matin, à part inventer et tester les inventions avec Fred... Il n'y a que ça qui me motive. Autant le faire dans un endroit approprié, à savoir notre boutique...

- Je suis parfaitement d'accord. Ce serait beaucoup plus logique. Mais est-ce que tu as réfléchi aux conséquences extérieures ?

George fronça les sourcils.

- Comment ça ?

- Eh bien, est-ce que tu as pensé à la réaction de ta mère, par exemple ?

- Évidemment, c'est même l'une des premières choses auxquelles nous avons pensé, Fred et moi. On sait très bien que ça ne va pas lui plaire et qu'elle va essayer de nous faire changer d'avis par tous les moyens mais concrètement, elle ne peut rien faire pour nous empêcher de mener à bien notre projet.

- Mais ça ne vous fait pas peur de vous retrouver en froid avec elle ?

- Si ce n'est pas maintenant, ça aurait été cet été. Elle voudrait forcément qu'on fasse une formation ou des études supérieures. Monter une boutique de farces et attrapes à la sortie de Poudlard, ce n'est pas du tout l'avenir qu'elle avait envisagé pour deux de ses enfants. En vrai, installer notre boutique plus tôt, ça va lui laisser plus de temps pour digérer. Fred et moi aurons nous-mêmes plus de temps pour faire prospérer notre commerce et lorsqu'elle verra que les affaires marchent bien et qu'on a du succès, elle oubliera ses principes et elle acceptera notre choix. Il faut juste lui laisser du temps.

- Je vois. Vu comme ça, tu as raison. Mieux vaut que Fred et toi montiez votre boutique au plus vite. Au moins, elle sera prête pour cet été et ce sera le meilleur moment pour faire venir du monde. Les gens seront en vacances et auront envie de s'amuser.

- C'est ce qu'on se dit aussi. On a quatre mois devant nous, enfin un peu moins car on s'en ira vers la mi-mars, ça nous laisse largement le temps de lancer notre affaire.

- Elle commencera peut-être même à se faire connaître avant les vacances. Ça dépend du temps qu'il vous faudra pour ouvrir la boutique.

- On ne sait pas encore pour le moment, on verra bien. C'est assez difficile à dire comme ça, il peut y avoir plein d'imprévus qui nous feront prendre du retard...

- Et il y en aura sûrement.

- Ouais, dit George d'un air rêveur.

Olivier éclata de rire.

- N'importe qui serait affolé à cette idée et toi, tu as limite hâte de subir ça !

- Mais c'est marrant, les imprévus ! Ça empêche la routine de s'installer ! Tu nous imagines, Fred et moi, vivre des journées toutes plus identiques les unes que les autres ?

- Non, pas du tout, admit Olivier. Quoi qu'il en soit, j'espère que ça marchera pour vous. Mais je ne me fais pas de soucis. Vous êtes doués. Vous êtes voués à connaître le succès.

- Ooooh, tu es trop mignon...

Comme pour remercier son petit-ami, George l'embrassa tendrement et se colla contre lui. Il rompit cependant vite le baiser en sentant Olivier légèrement tendu.

- Quelque chose ne va pas ? s'inquiéta-t-il.

- Non, pourquoi ?

- Arrête, je sens bien que tu es crispé...

Olivier soupira.

- Je te soutiens à fond dans ton projet mais... ce n'est pas ça qui va apaiser les tensions entre ta mère et moi. Elle va sûrement me reprocher de t'avoir laissé faire sans avoir cherché à te raisonner. Elle n'avait déjà pas apprécié le fait que je dise que je te soutiendrais, quoi que tu fasses... C'était ça qui avait mis le feu aux poudres. On parlait justement de votre avenir, à Fred et à toi. Elle voulait que je te convainque de poursuivre tes études après Poudlard mais elle a vite déchanté... Elle m'a alors fait clairement comprendre que ça ne l'étonnait pas que je te soutienne puisque je n'exerçais pas un vrai métier...

George sentit son coeur se serrer en entendant la voix amère d'Olivier. Il savait combien il avait été blessé par les propos de sa mère et il en voulait toujours à cette dernière d'avoir été aussi insultante envers son petit-ami et de lui avoir fait de la peine.

- S'il le faut, j'aurai une discussion avec elle à ce sujet, assura George. Je lui dirai que tu as tenté de me raisonner mais que ça n'a servi à rien car j'avais déjà pris ma décision quand je t'en ai parlé. Ce ne sera pas entièrement vrai mais elle n'aura pas besoin de le savoir. Elle nous connaît, Fred et moi. Elle sait bien que quand on a décidé quelque chose, il est quasiment impossible nous faire changer d'avis. Bon, ce qu'elle ne sait pas, c'est que je serais revenu sur ma décision en fonction de ce que tu m'aurais dit. Et je vais éviter de le lui dire car sinon, ça lui fera comprendre que tu n'as pas cherché à me raisonner bien longtemps.

- Oui, évitons de lui donner des raisons de me détester, plaisanta Olivier.

- Ça va s'arranger, fais-moi confiance, promit George.

Olivier acquiesça et embrassa à son tour George. Le baiser fut beaucoup plus long et beaucoup plus approfondi que le précédent. Les doigts d'Olivier vinrent vite dégrafer la robe de sorcier de George qui s'empressa de faire de même. Tout en continuant à s'embrasser, ils passèrent chacun leurs mains sous la chemise de l'autre. Ils se caressèrent mutuellement, redécouvrant torse, ventre et pectoraux comme si c'était la première fois. Sans aucune précipitation, les chemises furent également enlevées et rejoignirent les robes de sorcier par terre. Ils faisaient doucement monter le désir et l'excitation et c'était comme ça qu'ils aimaient leurs moments intimes. Lorsqu'ils commencèrent à être un peu trop à l'étroit, ils se délestèrent de leurs pantalons et purent ainsi se toucher plus intimement. Ils créèrent des mouvements de frictions en ondulant l'un contre l'autre et ils gémirent à l'unisson sous le plaisir qu'ils en retirèrent. Leurs lèvres ne se quittaient pas tandis que leurs corps se mouvaient ensemble, leur soutirant de nombreux soupirs et gémissements de plaisir. Ils auraient pu jouir comme ça mais Olivier les arrêta à temps.

- Je crois qu'il vaut mieux passer aux choses sérieuses, dit-il à regret.

George acquiesça, lui aussi déçu. À chaque fois qu'ils se voyaient, ils n'avaient pas assez de temps pour faire tout ce qu'ils voulaient et ils préféraient donc passer rapidement à l'étape supérieure. Ils pouvaient très bien se contenter de leurs mains ou de leurs bouches mais ils avaient envie de plus. Ils avaient besoin de s'unir. George avait cependant hâte de pouvoir de nouveau mener son petit-ami à l'orgasme avec ses lèvres et sa langue et il avait bien l'intention de le faire dès qu'ils auraient toute une journée rien qu'à eux. En attendant, ils n'avaient le droit qu'à un seul round et cela les poussait à en profiter le plus possible, ce qui les soulageait un peu de leur frustration. Olivier enleva donc son caleçon à George qui ouvrit les jambes afin de permettre à son petit-ami de s'y installer. Celui-ci prit sa baguette et lubrifia ses doigts sous le regard attentif de George. Un de ces doigts vint titiller son anneau de chair avant de s'y introduire lentement. George ferma les yeux sous la sensation. Ça tirait un peu mais c'était bon. Comme ils ne se voyaient qu'une fois par mois, George redevenait vite très étroit et n'était donc pas aussi détendu qu'il le serait s'ils faisaient souvent l'amour. Une préparation longue et minutieuse était donc nécessaire pour le dilater. Surtout qu'Olivier avait été très bien gâté par la nature. George avait toujours un peu de mal à s'y habituer et songeait parfois sérieusement à demander à Olivier s'il était possible d'y faire quelque chose. Mais il oubliait bien vite sa question lorsque ce membre lui faisait voir un millier d'étoiles. Pour l'instant, il n'avait qu'un doigt en lui et il lui faisait déjà du bien. Il entrait et sortait et frôlait souvent sa petite glande sensible sans vraiment la toucher. Lorsque George fut suffisamment détendu, Olivier ajouta un autre doigt qui arracha une légère grimace à George. La seconde main d'Olivier vint aussitôt cajoler son sexe pour le distraire de l'inconfort occasionné. Cela porta ses fruits puisque George ne tarda pas à se détendre autour des deux doigts qui l'étiraient. Il apprécia d'être quelque peu rempli. Olivier alterna pendant de longues minutes entre va-et-vient et mouvements de ciseaux avant d'insérer un troisième doigt. Anticipant la réaction de George, il le prit en bouche afin de concentrer son attention ailleurs que sur ce doigt qui s'ajoutait aux autres. Le résultat fut immédiat : George poussa un cri de surprise et de plaisir mêlés. Il se préoccupa à peine du tiraillement au niveau de son fondement. Il était bien trop emporté par le plaisir que lui procurait la bouche d'Olivier. Les doigts continuèrent de le fouiller un long moment avant de se retirer. George ouvrit les yeux qu'il ne se souvenait pas d'avoir fermés et regarda Olivier se délester de caleçon. Une fois ceci fait, il posa ses lèvres sur celles de George et l'entraîna dans un long et tendre baiser. Ses mains repartirent à l'exploration du corps de George, le faisant frissonner. Il savait qu'Olivier trouvait toujours que ça allait trop vite alors qu'il passait vingt bonnes minutes à le préparer. Il avait peur de blesser George qui était à chaque fois bouleversé par l'amour qu'Olivier lui portait. Il le lui rendait bien et essayait de le rassurer du mieux qu'il pouvait. Il aurait aimé que le baiser et les caresses durent le plus longtemps possible mais il dut y mettre un terme, de peur de se resserrer entre-temps. Olivier comprit le message, lança le sort de lubrification et s'installa entre les jambes de George. Il se positionna et poussa tout doucement. George se força à rester détendu mais il ne put s'empêcher de se crisper sous la vive douleur qui le traversa lorsque le gland franchit son anneau de muscles. Olivier s'immobilisa aussitôt et caressa tendrement la hanche de George d'une main tandis que l'autre se posa sur son sexe.

- Désolé, murmura-t-il. Je sais que c'est un peu dur au début mais ça va passer, concentre-toi sur ce que font mes mains.

George acquiesça et attrapa la main d'Olivier sur sa hanche. Il entremêla leurs doigts, faisant sourire son petit-ami qui s'empara de ses lèvres pour lui offrir un doux baiser rempli d'amour. George avait de quoi focaliser son attention ailleurs que sur le gland en lui, entre la main sur son sexe, ses doigts mêlés à ceux d'Olivier et le baiser qu'ils partageaient, si bien qu'il se relaxa très vite. Olivier reprit alors la pénétration et entra en George avec toute la douceur du monde. Il lui laissa tout le temps de s'y habituer et ils en profitèrent pour s'embrasser et se caresser. C'était plus fort qu'eux. Ils n'avaient pas de moments intimes juste par envie de sexe. Ils en avaient car c'était une façon pour eux de se prouver à quel point ils s'aimaient. Alors quand ils faisaient l'amour, ils étaient obligés d'unir leurs lèvres et de laisser leurs mains se promener sur le corps de l'autre. Lorsque George fut suffisamment détendu, Olivier amorça de lents va-et-vient sans séparer leurs lèvres. George, qui n'avait plus mal et qui se sentait juste étiré, gémit de délice en sentant Olivier aller et venir en lui. C'était trop bon. Le membre de son petit-ami frottait agréablement contre ses chairs et c'était ça qu'il préférait dans un premier temps. Son propre sexe, qui avait perdu de la vigueur pendant l'intrusion, reprit vite du poil de la bête. Olivier dut s'en apercevoir car il se mit à donner de légers coups de bassin qui firent gémir le couple de plaisir. Il garda ce rythme pendant quelques minutes avant de changer d'angle de pénétration et de s'enfoncer d'un coup, percutant la boule de nerfs de George qui se cambra en criant de plaisir. Il n'eut pas l'occasion de s'en remettre car Olivier réitéra son geste, criant en même temps que lui. Il accéléra progressivement la cadence mais tout en restant très doux. C'était le mot-clé de leurs rapports. Tout en glissant toujours un peu plus vite en George, Olivier délaissa ses lèvres pour l'embrasser dans les zones sensibles de son cou, déclenchant une déferlante de plaisir en lui. Il dut s'agripper aux draps pour ne pas jouir sur le coup. Il n'était pas aux portes de l'orgasme et il voulait l'atteindre lorsqu'il jouirait. Il eut envie de plus, ce que comprit Olivier qui lui prodigua des coups de rein un peu plus puissants en frappant à chaque fois sa prostate. George cria de plus en plus fort alors que le plaisir montait de façon phénoménale en lui. Olivier avait le don de l'emmener voir le septième ciel tout en restant doux dans ses mouvements. Mais le plaisir qu'il éprouvait jusqu'alors ne fut rien comparé à celui qu'il ressentit lorsqu'Olivier prit son sexe en main tout en intensifiant le rythme et en lui faisant un suçon dans une des zones les plus érogènes de son cou. Le plaisir explosa dans son corps. Là, il se sentit proche de l'orgasme et il sut qu'il ne parviendrait pas à se retenir très longtemps.

- Oli, je... ça... je vais...

George n'arrivait même pas à aligner deux pensées cohérentes mais Olivier comprit ce qu'il voulait dire. Il accéléra considérablement la cadence de ses coups de rein et masturba George avec plus de vigueur. Celui-ci ne put que crier et se contracter par à-coups à mesure que l'orgasme approchait, ce qui fit gémir sourdement Olivier.

- Oh bon sang George... Je ne vais plus pouvoir tenir...

- Alors viens...

Olivier ne chercha pas à lutter et bougea avec plus d'ardeur en lui. Alors qu'ils étaient sur le point de jouir, Olivier murmura à l'oreille de George un «Je t'aime» débordant d'amour. George lui répondit un «Je t'aime aussi», Olivier lui prodigua un coup de rein plus fort que les autres et le fit jouir dans un cri d'extase. Il se contracta brusquement autour d'Olivier qui jouit à son tour en étouffant son cri dans le cou de George. Il s'effondra sur lui et tous deux reprirent difficilement leurs esprits. Olivier fut le premier à se remettre de l'orgasme et se retira délicatement avant de prendre sa baguette et de les nettoyer d'un sort. Il s'allongea ensuite à côté de George et le prit dans ses bras. George se blottit aussitôt contre son petit-ami qui resserra son étreinte autour de lui. C'était sûrement ça que préférait George. Le câlin après avoir fait l'amour. Ils étaient en pleine communion et il adorait ça. Comme d'habitude, ils restèrent un long moment ainsi avant de se décider à se rhabiller. Ils avaient encore une demie-heure devant eux et ils comptaient bien la passer à se faire plein de bisous et de câlins. Et ce fut exactement ce qu'ils firent. Ils en profitèrent pleinement et jusqu'au bout. Seulement, lorsque vint l'heure pour eux de se séparer, George se retrouva incapable de quitter son petit-ami. Il ignorait quand ils allaient se revoir, étant donné que Fred et lui s'en iraient sûrement de Poudlard vers mi ou fin mars et qu'ils seraient obligés de se consacrer entièrement à leur boutique pendant une dizaine de jours, ce qui empêcherait George de voir Olivier. Ils allaient donc devoir attendre plus d'un mois pour se revoir. Ce serait encore plus long qu'entre deux sorties à Pré-au-Lard. Mais, ensuite, quand la boutique serait bien installée, ils pourraient se voir plus souvent. George avait beau le savoir et se le répéter, l'attente lui paraissait insurmontable. Voilà pourquoi il ne voulait pas quitter Olivier.

- Garde-moi avec toi, s'il te plaît, murmura-t-il.

Olivier soupira.

- Tu sais bien que ce n'est pas possible. Tu pourrais avoir de gros ennuis si quelqu'un découvrait que tu n'es pas rentré à Poudlard...

- Fred me couvrira, assura George. On en a déjà parlé. Je lui ai dit il y a plusieurs mois qu'un jour, je risquais de passer la nuit avec toi. Il fallait juste que j'arrive à te convaincre. Il a très bien compris et il n'a pas eu besoin de chercher une excuse bien longtemps pour justifier ma future potentielle absence. Tu n'as pas à t'en faire. Tout est sous contrôle. Et je ne veux vraiment pas m'en aller. Je veux juste rester cette nuit avec toi. Je t'en supplie, ne me force pas à partir...

George sentit la résistance d'Olivier s'affaiblir jusqu'à ce qu'il cède.

- D'accord, on reste ensemble cette nuit. On se réveillera à sept heures pour que tu aies le temps de retourner à Poudlard et de te présenter au petit-déjeuner.

- Ça me va, approuva George. Après, je ne veux pas te forcer la main...

- Ce n'est pas le cas, apaisa Olivier. Si j'ai cédé relativement vite, c'est parce que j'avais très envie de rester avec toi aussi. Je voulais être raisonnable mais... je n'en ai pas eu le courage. Tu es là, je veux en profiter au maximum. Et je vous fais confiance, à Fred et à toi, pour que vous ayez tout fait afin que tu n'aies pas d'ennuis quand tu rentreras. Mais il est vraiment temps que vous quittiez Poudlard. Et au plus vite. Le fait que tu me supplies de passer la nuit ensemble, ça prouve que ça ne peut plus durer comme ça.

George fut soulagé qu'Olivier ait compris l'urgence de la situation. Il ne s'attendait pas à ce que son petit-ami lui demande lui-même de partir de Poudlard le plus rapidement possible...

- Je n'en peux vraiment plus, confirma George, la gorge serrée. Mais si Fred et moi partons dans deux ou trois semaines comme c'est prévu, nous ne pourrons nous voir que deux semaines plus tard, le temps qu'on installe bien la boutique... La prochaine sortie à Pré-au-Lard sera déjà passée. On se verrait plus tôt si Fred et moi restions à Poudlard...

- On trouvera quand-même une soirée pour se voir durant les deux semaines d'aménagement. Mais ce sera peut-être plus supportable pour toi de rester plus d'un mois sans me voir si, pendant quinze jours, tu es occupé à monter la boutique... Tu vas adorer ça, tu seras entièrement focalisé dessus, ce ne sera pas comme à Poudlard.

- C'est vrai, ça, reconnut George. Je ne verrai peut-être pas le temps passer. Je penserai évidemment à toi mais ce sera moins dur qu'à Poudlard. Car là, je ferai quelque chose qui me plairait. Mais il ne va pas falloir qu'on attende trop longtemps pour se voir.

- Non, bien sûr, renchérit Olivier. Pour le coup, c'est pour moi que ça va être dur, mais le simple fait de savoir que tu fais ce que tu aimes et que tu vas mieux qu'à Poudlard m'aidera à supporter la durée de l'éloignement.

Les mots d'Olivier firent fondre le coeur de George. Comment état-il censé ne pas aimer ce garçon quand il lui disait des choses aussi belles ? Elles le faisaient au contraire aimer davantage Olivier. Ils sortaient ensemble depuis deux ans et leur amour semblait croître de jour en jour, même séparés par des centaines de kilomètres. George le savait : c'était avec Olivier qu'il souhaitait faire sa vie et avoir des enfants.

- Je suis rassuré, alors, murmura-t-il. Je parlerai de tout cela avec Fred demain matin. Il sera content d'apprendre que tu veux bien que je quitte Poudlard.

- Tu es vraiment adorable d'avoir voulu attendre mon avis, mais tu n'étais pas obligé. Encore une fois, tu es majeur, tu fais ce que tu veux... Mais ça me fait très plaisir et bon sang qu'est-ce que je t'aime, George...

Comme pour prouver ses paroles, Olivier posa ses lèvres sur celles de George et l'entraîna dans un long baiser. Ils retombèrent sur le lit qu'ils avaient déserté une dizaine de minutes plus tôt lorsque George aurait dû partir. Mais ce n'était plus d'actualité, désormais. Ils passèrent donc la soirée et la nuit ensemble et ce fut dans les bras l'un de l'autre qu'ils dormirent, apaisés et heureux.

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(lundi 11/03) POV Terry

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- Bon, nous reviendrons la semaine prochaine sur les runes apprises aujourd'hui. Entraînez-vous sur les exercices que je vous ai conseillés, ils vous seront très utiles. Vous pouvez y aller.

Terry termina de noter la correction d'une phrase et rangea ses affaires. Il remarqua que Hermione semblait plus pressée que d'habitude.

- Hé, on a le temps, lui dit-il.

- Pas tant que ça, répliqua Hermione. On a un devoir de métamorphose à faire.

- Ce n'est pas urgent, il n'est à rendre que dans un mois, objecta Terry.

- Peut-être mais mieux vaut s'y prendre à l'avance. Travailler régulièrement dessus jusqu'à ce qu'on le rende ne nous fera pas de mal, bien au contraire.

Terry retint un soupir.

- Hermione, ce n'est pas parce qu'on a eu un Effort Exceptionnel au devoir que le professeur Lupin nous a rendu aujourd'hui que tu dois tout remettre en question... La difficulté des devoirs augmente à l'approche des BUSE, c'est normal qu'on ait de moins bonnes notes que d'habitude... Surtout qu'on a eu un Effort Exceptionnel qui équivaut à un seize, on n'est donc qu'à deux points de notre niveau habituel...

- Ça reste une chute de deux points quand-même, insista Hermione, butée. Et je ne veux pas me dire que c'est parce que les devoirs deviennent plus durs. On est censés suivre le rythme.

Terry préféra ne rien répondre. Il savait que Hermione était très susceptible au sujet de ses notes. Et qu'elle se rendrait compte d'elle-même qu'elle s'était un peu trop emballée. Et puis il ne voulait pas se fâcher avec sa petite-amie. Il avait plutôt l'intention de rentrer dans son jeu et même d'aller plus loin qu'elle. Même s'il était sûr qu'elle finirait par se raisonner toute seule, il souhaitait accélérer un peu les choses. Ils quittèrent la salle de runes et se rendirent à la salle des binômes. Ils s'installèrent dans un coin et sortirent leurs affaires. Alors qu'ils se mettaient à leur devoir, Terry déclara :

- Il va falloir qu'on travaille tous les jours jusqu'à vingt-trois heures sur ce devoir si on veut espérer avoir un Optimal.

Hermione haussa les sourcils.

- Je croyais que tu n'étais pas d'accord avec moi ?

- J'ai changé d'avis, prétendit Terry. Non mais c'est vrai, quoi, si on commence à perdre deux points d'un devoir à l'autre et qu'on ne fait rien pour y remédier, d'ici la fin de l'année on sera abonnés aux Piètre et aux Désolant ! On ne peut pas laisser une chose pareille arriver. C'est maintenant qu'il faut agir. Alors dès à présent, ce sera séances de travail jusqu'à vingt-trois heures du lundi au dimanche, et puis c'est tout. Et on passera un peu moins de temps en amoureux. Les études avant tout. Ce sera dur mais il fallait y penser avant de se laisser aller en métamorphose. Nous ne payons que le fruit de nos négligences.

Hermione sembla soudain mal à l'aise.

- Non mais je ne pense pas que ce soit nécessaire d'en arriver là... Je me suis peut-être un peu trop montée la tête tout à l'heure, j'aurais dû prendre plus de recul... Un Effort Exceptionnel, ce n'est pas si mal que ça, ce n'est pas comme si on avait eu un Acceptable, un Piètre ou un Désolant... Et puis une chute de deux points, ce n'est rien. En plus, comme tu l'as dit, les devoirs deviennent plus durs. J'ai été idiote de m'enflammer comme ça. Je ne voulais pas t'entraîner dans mon délire...

Terry sourit. Il connaissait décidément trop bien Hermione. Il trouvait même cela étonnant. Car cela ne faisait que deux mois qu'ils sortaient ensemble, après tout. Mais cela en faisait six qu'ils étaient binômes de travail et qu'ils passaient leurs journées ensemble en semaine. Mine de rien, ils avaient déjà commencé à remarquer des choses l'un chez l'autre.

- Je n'ai pas été entraîné du tout, la rassura-t-il. Je suis juste allé dans ton sens et j'en ai rajouté pour que tu te rendes compte que ce n'était pas un drame si on avait eu un Effort Exceptionnel. J'aurais pu te laisser le réaliser toi-même mais si on pouvait gagner quelques heures...

- Oh... Tu n'as donc jamais eu l'intention de travailler tous les jours jusqu'à vingt-trois heures ?

Terry se mit à rire.

- Non, jamais ! Je suis un Serdaigle, j'adore étudier mais j'ai des limites. Bon, tu avais quand-même raison sur un point : il va falloir qu'on travaille plus que d'habitude sur ce devoir de métamorphose. En soi, ce n'est pas grave si on obtient un autre Effort Exceptionnel, mais ce serait mieux si on avait un Optimal.

Hermione acquiesça.

- On y passera plus de temps, mais tout en restant raisonnable, conclut-elle. Et on n'y travaillera pas tous les jours jusqu'à ce qu'on le rende comme je l'avais prévu. Ce n'était pas un bon calcul.

Elle offrit un sourire contrit à Terry et ajouta :

- Je suis vraiment désolée d'avoir déraillé comme ça. J'ai laissé mon côté perfectionniste prendre le dessus et je me suis entêtée.

- Tu ne m'en veux pas de t'avoir en quelque sorte menti en te disant que je voulais qu'on travaille sur nos devoirs jusqu'à vingt-trois heures tous les jours ?

- Non, dit Hermione en souriant. C'est même drôle, quand on y repense. Tu te fichais de moi tout en étant incroyablement sérieux. Il va falloir que je me méfie de toi ! On passe trop de temps avec les Serpentard de la bande depuis quelques jours et ça déteint sur toi.

- Tu ne vas pas m'interdire de les voir, quand-même ? demanda Terry en prenant un air malheureux.

- Bien sûr que non, s'amusa Hermione. Mais ça va être compliqué de se voir en ce moment, de toute façon. La semaine dernière, on a réussi à se dégager une soirée parce qu'on était tous libres, mais là, on a trop de devoirs. Sans compter les rondes des uns, les entraînements de Quidditch des autres et le fait qu'on se relaye quotidiennement à l'infirmerie.

- En effet, on ne va pas beaucoup se voir, confirma Terry avec regret. Tu es allée voir Théo hier, je crois ?

- Oui, en début d'après-midi.

- Ça n'a pas été trop dur ?

- Si, un peu, avoua Hermione. On ne sait même pas s'il nous entend. Il y a des signes qui font croire que oui mais ce sont des réactions très, très légères. C'est surtout la première visite qui est difficile, en fait. La fois d'après, ça doit aller mieux. Je compte y retourner dans la semaine, même si ce n'est qu'une heure. En espérant qu'il soit revenu à lui d'ici là.

Terry vit l'air triste de sa petite-amie.

- Il va s'en sortir, positiva-t-il afin d'essayer de la réconforter.

- Je sais mais il me manque. Ce n'est pas qu'un camarade que j'apprécie. C'est un ami. Un ami en or. Il a toujours été là pour m'écouter. Il sait plus de choses sur moi que Ron et Harry. Il m'a beaucoup aidée et conseillée. Aujourd'hui, j'aimerais en faire autant mais je ne peux pas car personne ne peut l'aider. Tout ce qu'on peut faire, c'est lui parler. Mais c'est loin d'être suffisant. Et c'est frustrant. Lui seul peut décider quand il va sortir de cet état. Et il ne pourra le faire que lorsqu'il sera suffisamment apaisé. Mais assez parlé, on est là pour travailler.

- Oui, tu as raison. On fait quel devoir, du coup ?

- Tout sauf de la métamorphose, plaisanta Hermione. Attends, je vais voir ce qu'on a à faire. Alors... Demain, on a un devoir sur table de potions, mercredi on a un devoir individuel d'arithmancie, jeudi on n'a rien, vendredi on a un devoir individuel de métamorphose, lundi on a un devoir sur table de sortilèges, mercredi prochain, on a un devoir en binôme d'histoire de la magie, jeudi prochain on a un devoir en binôme de Défense Contre les Forces du Mal et vendredi prochain on a un devoir sur table de botanique. On n'a pas beaucoup de devoirs en binôme, en fait.

- C'est normal, en six semaines, on n'a que six devoirs de ce type. Un dans chaque matière. Je trouve cette organisation bien meilleure que celle d'avant. Comme ça, de loin, on a l'air d'avoir beaucoup de devoirs mais en travaillant bien sur nos devoirs individuels et sur nos devoirs en binôme, on n'a presque rien à réviser pour les devoirs sur table puisqu'on a une grosse partie du cours dans la tête. Et les devoirs de botanique et de sortilèges sont assez courts. En réalité, même avec quinze ou seize devoirs par mois, dont dix à rendre, on n'a pas tant de travail que ça. Il suffit juste d'être rigoureux et d'être bien organisé.

- C'est vrai. Du coup, on va faire le devoir d'histoire de la magie, vu que c'est celui qui est à rendre le plus tôt.

- Très bien, c'est parti !

Ce fut ainsi que Terry et Hermione se mirent au travail. Mais à peine eurent-ils commencé le devoir que l'attention de Terry fut distraite par l'arrivée de Justin dans la salle des binômes. Terry l'observa et vit tout de suite qu'il était très tendu. Juste avant de fermer la porte, il regarda derrière lui comme s'il avait peur d'avoir été suivi. Terry n'eut aucun mal à deviner que cette attitude avait un lien avec ce qui s'était passé deux jours plus tôt. Pansy et lui redescendaient de leur ronde lorsqu'ils avaient trouvé Justin mal en point près de l'infirmerie. Ils l'y avaient emmené et l'avaient attendu près de la porte. Quand il était sorti, ils avaient essayé d'en savoir plus mais Justin n'avait rien voulu leur dire. Pansy l'avait prévenu qu'ils ne lâcheraient pas l'affaire et c'était vrai. Ils comptaient bien aider leur ami, même s'ils devaient le faire contre son gré. Pour ça, ils devaient en parler au reste de la bande ainsi qu'aux autres préfets, à savoir Padma, Ernie et Hannah. Terry en avait une en face de lui, c'était même sa belle et tendre petite-amie mais il ne savait pas si c'était le bon moment pour lui en parler. Il n'eut cependant pas le loisir de se poser longtemps la question car Hermione remarqua vite son air distrait :

- Terry, tu es avec moi ?

Terry sortit brusquement de sa rêverie.

- Hein ? Tu disais ?

- Je te demandais si tu étais avec moi. Tu avais l'air ailleurs.

Terry soupira.

- J'ai quelque chose à te dire.

Il raconta alors à Hermione ce qui s'était produit l'avant-veille avec Justin.

- Il faut découvrir qui a frappé Justin, dit Hermione, inquiète, lorsque Terry eut terminé son récit. Il ne peut pas rester seul dans cette situation, il faut le protéger...

- Le problème, c'est qu'il ne veut rien dire. Il a peur des représailles s'il nous donne le nom de celui qui l'a agressé. On va donc devoir chercher par nous-mêmes. Et quand je dis «on», je parle de toute la bande et des autres préfets. L'idéal, ce serait de pister Justin à son insu. Comme ça, s'il se fait de nouveau agresser, on saura qui c'est et on pourra intervenir. Mais pour qu'il soit pisté en continu, on doit se relayer et il faut qu'on soit suffisamment nombreux pour ça. D'où l'utilité d'en parler à tout le monde.

- Je m'occupe de Harry, Ron et Ginny qui en parleront à leurs moitiés respectives.

- Et moi je m'occupe de Padma et de Hannah. Je trouverai facilement Padma puisqu'elle est dans ma maison et j'ai une ronde demain avec Hannah. Est-ce que tu penses que ce soit nécessaire qu'Ernie soit mis dans la confidence ?

Hermione fit une moue dubitative.

- Ernie est préfet, au même titre que Padma et Hannah, ce serait bête de le mettre de côté, mais il est en froid en ce moment avec Justin, alors...

- C'est ce que je me dis aussi. Je laisserai Hannah décider. Elle est la plus à même de savoir s'il vaut mieux en parler à Ernie ou pas.

- D'accord, on fait comme ça. Et... pour Théo ? S'il se réveille et qu'il sort de l'infirmerie avant qu'on ait résolu le mystère, est-ce qu'on le lui dit ou... ?

Terry grimaça. C'était une bonne question, ça. Et il n'avait pas la réponse. Si, pour Ernie, ils avaient préféré se reposer sur Hannah, pour Théo, en revanche, c'était à eux de choisir. Et plus précisément à Draco, Blaise et Pansy qui étaient ses meilleurs amis et à Harry et Hermione qui étaient eux aussi proches de lui. Mais c'était difficile de décider s'il fallait mettre Théo au courant... Ils ne voulaient pas l'inquiéter, surtout qu'il serait fragile lorsqu'il quitterait l'infirmerie, mais en même temps, il était le petit-ami de Justin, il avait le droit de savoir...

- On a le temps d'y réfléchir, éluda Terry. Même s'il sort bientôt de son état de choc, ça ne servira à rien de lui en parler tant qu'il sera à l'infirmerie. Il aura besoin de se reposer et je doute qu'il puisse le faire s'il est inquiet. Et puis, là où il sera, il ne pourra rien faire.

- Très bien, on oublie cette question pour le moment. Remettons-nous au travail.

Terry acquiesça et reporta son attention sur le devoir d'histoire de la magie. Avoir discuté de Justin avec Hermione l'avait soulagé d'un certain poids et cela l'aida grandement à mieux se concentrer. À force de parler, ils avaient perdu du temps, si bien qu'il ne leur restait qu'une heure et demie avant le dîner, mais cela fut suffisant pour qu'ils puissent bien avancer sur leur devoir. En sortant de la salle des binômes, ils se mirent d'accord sur le fait qu'ils avaient assez travaillé. Ils prévirent donc de se rejoindre près de la Grande Salle après avoir mangé. En réalité, ils auraient dû reprendre leur séance de travail car ils n'avaient pas assez avancé contrairement à ce qu'ils prétendaient, mais ils n'avaient pas l'esprit à travailler davantage. La journée avait été assez compliquée, ils avaient trop de choses en tête, ils avaient donc besoin de se changer les idées et une petite soirée en amoureux était toute indiquée pour cela.

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Terry rentra à sa salle commune peu avant vingt-trois heures. Épuisé, il monta à son dortoir et remarqua que les rideaux de ses amis étaient encore ouverts. En passant devant ceux de Michaël, il vit pourtant celui-ci profondément endormi, mais sans être couché. Un rouleau de parchemin était posé sur ses genoux et il y avait son manuel d'arithmancie à côté de lui. Il avait sûrement piqué du nez en faisant son devoir. Cela lui arrivait, parfois, et heureusement pour lui, Terry ou Anthony s'en apercevaient presque à chaque fois, lui évitant ainsi un torticolis le lendemain. Terry s'approcha de lui et lui secoua doucement l'épaule. Michaël se réveilla aussitôt en sursaut.

- Hein quoi qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il, alarmé.

- Tu t'es assoupi, lui fit gentiment savoir Terry. Soit tu étais fatigué, soit le devoir t'ennuyait.

- Non, le devoir était très intéressant. Mais j'ai voulu le faire alors que je peinais à garder les yeux ouverts.

- Tu aurais dû aller te coucher, ce n'est jamais productif de travailler quand on est fatigué...

- Je sais, mais il est à rendre après-demain, il était temps que je m'y mette...

- Tu ne l'avais pas commencé avant ? s'étonna Terry.

- Non, j'ai du mal à suivre le rythme, en ce moment. Je ne suis jamais satisfait de mes devoirs, j'ai l'impression qu'ils sont nuls, alors je les recommence sans arrêt et à force de les refaire chacun deux ou trois fois, ça me fait prendre un retard monstre.

- C'est bizarre que tu sois devenu si pointilleux, commenta Terry. C'est l'approche des BUSE qui te fait cet effet ?

- Je crois, oui. En vrai, je suis sûr que mes devoirs sont réussis dès le premier essai mais ce n'est pas suffisant. Je veux qu'ils soient parfaits. Ou, plutôt, ce sont mes parents qui veulent qu'ils le soient. Ils tiennent à ce que je continue à avoir des Optimal dans chaque matière, même si la difficulté des devoirs augmente. Ils savent que j'ai eu des Effort Exceptionnel dans plusieurs matières et ça ne leur plaît pas du tout. Ils m'ont demandé de me reprendre. J'ai beau leur dire que ça reste une bonne note et que les professeurs continuent à être fiers de mon travail, ils refusent de m'écouter. Pour eux, un Serdaigle qui a des Effort Exceptionnel n'est pas un vrai Serdaigle. Ça fait mal quand tu lis ça. Les Serdaigle sont connus pour être les plus intelligents, d'accord, mais ils ont le droit d'avoir des petites baisses de régime, comme tout le monde... Mais non, pour mes parents, je dois forcément avoir des Optimal partout.

- Ils abusent, quand-même... Il faudrait que tu en parles au professeur Black. C'est notre directeur de maison, c'est à lui de régler ce genre de problèmes. Il convoquera tes parents et il en discutera avec eux. Tu ne peux pas les laisser te mettre la pression comme ça. Mais à ce stade, il n'y a qu'un adulte qui puisse les raisonner.

Michaël acquiesça.

- J'irai voir le professeur Black demain à la fin du cours. En attendant, je vais dormir. Merci pour tes conseils.

- De rien. Oh, pendant que j'y pense, et puisque tu as visiblement besoin de t'aérer l'esprit... Une fête est prévue dans les semaines qui suivent, avec près de la moitié de la classe. Ça nous permettra de se changer les idées, de s'amuser et de faire davantage connaissance. Anthony et toi être conviés. Ça te dit ?

- J'aurais bien aimé mais... je suis déjà à la bourre dans mes devoirs...

- Après une bonne soirée, tu auras peut-être l'esprit un peu plus reposé. Et le professeur Black aura sûrement déjà parlé à tes parents. C'est important de se détendre de temps en temps. Et si tu galères vraiment avec tes devoirs, Anthony et moi t'aiderons. Ça te fera vraiment du bien de te sortir un peu la tête de tes devoirs.

- D'accord, céda Michaël. Tu as raison, je vais finir par devenir fou si je reste le nez plongé dans les bouquins. Il y aura qui ?

- Je ne me souviens pas de toute la liste mais il y aura Harry, Ron, Hermione, Ginny, Draco, Blaise, Théo, Pansy, Justin, Ernie, Hannah, Susan, Padma, Luna, Anthony, toi, moi... et deux ou trois autres personnes que j'ai oubliées.

- Ah ouais, on connaît à peu près tout le monde...

- Oui, nous sommes tous liés les uns aux autres de près ou de loin. Entre les préfets, les binômes de travail, les amis, les petits-amis, les membres de l'équipe de Quidditch de nos maisons... Personne ne devrait être un inconnu pour qui que ce soit.

- Dans ce cas, ça me va. Anthony est au courant ?

- Non, j'avais prévu de vous le dire à tous les deux en même temps mais l'occasion s'est présentée de te le dire en premier. Je vais aller le voir, il n'est pas encore couché. Je te laisse, du coup. Dors bien.

Michaël acquiesça, souhaita une bonne nuit à Terry et se coucha. Terry s'en alla et alla voir Anthony. Il le trouva en train de faire un devoir. Lui était parfaitement bien éveillé.

- Coucou, je ne te dérange pas ? demanda Terry.

Anthony leva la tête et sourit.

- Non, pas du tout. J'allais me coucher après avoir fini le devoir de runes.

- D'accord, je ne vais pas t'embêter longtemps, alors. Je voulais juste te parler d'une fête qui aura lieu dans peu de temps et qui réunira vingt personnes. Il n'y aura presque des gens de notre classe, à part deux quatrième année, je crois. Ce sont des élèves qu'on connaît de près ou de loin.

- Ah oui, j'ai entendu Luna et Padma en discuter ensemble.

- Ah, super, elles ont été mises au courant ! Tu voudras bien venir, alors ?

- Je ne suis pas trop fête mais ça a l'air cool, donc ça m'intéresserait, oui.

- Génial, Harry et Draco vont être contents. Oui, car ce sont eux, les organisateurs de cette fête.

- Ils sont inséparables, ces deux-là, fit remarquer Anthony. Ils ont l'air super proches. Plus qu'avant, je veux dire. Je me demande même parfois s'ils ne sont pas ensemble.

Terry sentit ses joues le chauffer. Il ne s'attendait pas à ce qu'Anthony fasse une telle supposition ! Il préféra partir avant de se trahir, estimant que ce n'était pas à lui d'apprendre à ses amis que Harry et Draco étaient en couple.

- Ça se peut, ils sont tous les deux gay, après tout. Mais ils peuvent tout aussi bien être très amis. Le travail en binôme fait des merveilles, ils en sont le parfait exemple. Bon, je vais y aller. J'ai reçu une lettre pendant le dîner, j'aimerais la lire avant de dormir.

- Une lettre pendant le dîner ? répéta Anthony, surpris.

- Oui, ça m'a étonné aussi.

- Ce n'est rien de trop grave, j'espère...

- Je te dirai ça. Allez, travaille bien.

Terry prit congé d'Anthony et rejoignit son propre lit. Il s'installa et ouvrit sa lettre. Elle venait de sa mère.

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«Mon chéri,

Je t'écris pour t'annoncer que ta soeur a eu son bébé. C'est une fille, elle s'appelle Amy et elle est en pleine forme, tout comme sa maman. Elles vont rester une semaine à Sainte-Mangouste, puis la petite famille rentrera à la maison. Miguel est le papa le plus heureux du monde. Il est déjà gaga de la petite. Il l'était déjà quand Judith était enceinte mais là, il l'est encore plus ! Il a pris des congés pour finir de préparer la chambre du bébé et acheter tout ce qu'il faut. Il ira cependant voir Judith et Amy tous les jours. Ton père et moi l'aidons un peu car il est débordé, le pauvre. Amy est arrivée avec un peu d'avance, elle était prévue pour le quatorze mais elle est née le dix, vers deux heures du matin. Heureusement, Judith était déjà à Sainte-Mangouste, puisque les futures mamans y sont admises une semaine avant la date prévue de l'accouchement. Mais tout sera prêt quand Judith et Amy rentreront.

Si tu viens pour les vacances de Pâques, tu pourras voir ton adorable petite nièce, mais ce n'est pas une obligation, nous comprendrions très bien que tu préfères rester à Poudlard. Tu as beaucoup de devoirs avec ce concept de travail en binôme, et les BUSE approchent à grands pas. Préviens-nous juste une semaine avant les vacances si tu viens ou si tu restes. Sinon, tu verras Amy cet été. Ainsi que tes parents qui s'ennuient de leur fils adoré !

Il n'y a que tes grands-parents et toi qui sont au courant pour l'instant. J'ai également pris quelques jours de congés pour aider Miguel mais quand je vais revenir à la rédaction jeudi, je vais me faire vanner ! Mes collègues attendent avec impatience de pouvoir m'appeler «mamie» ! Qu'est-ce que ce sera quand tu auras ton premier enfant... Je vais me sentir vieille. Mais ne sois pas trop pressé, tu as le temps !

J'espère que tu n'es pas trop débordé de travail et que tu vas bien. Dans ta dernière lettre, tu disais que c'était difficile de s'organiser avec les devoirs qui tombaient de manière assez irrégulière. Est-ce que ça s'est arrangé ? Ça n'a pas trop impacté la qualité de tes séances de travail ? Ça se passe toujours bien avec Hermione ? J'aime beaucoup quand tu me parles d'elle. Je suis ravie qu'au fil de vos séances, vous soyez devenus amis. Tu ne m'as pas dit ça comme ça mais je sens bien que vous êtes devenus proches. Cela me ferait plaisir de la rencontrer lorsque vous descendrez du train à la fin de l'année. Il s'agit quand-même de la personne avec qui tu as passé le plus clair de ton temps pendant toute l'année ! Mais ce sera comme elle voudra.

Sinon, comment se passent tes cours ? Y a-t-il du nouveau à Poudlard ? Où en sont les matchs de Quidditch ? L'équipe de Serdaigle a-t-elle rattrapé un peu son retard ? J'ai plein d'autres questions à te poser mais je sais que tu ne peux pas tout me dire dans une lettre.

Je te souhaite un bon courage pour tes cours, tes devoirs et tes rondes et j'espère avoir vite de tes nouvelles. Je t'embrasse très fort.

Maman.»

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Terry replia la lettre, un grand sourire aux lèvres. Elle l'avait mis en joie. Il était hyper content que le bébé soit né. Il devait cependant être honnête : ça lui était complètement sorti de la tête. Il y avait bien pensé quelques jours plus tôt mais lorsque le hibou de ses parents était venu lui donner la lettre durant le dîner, il n'avait pas songé une seule seconde qu'elle lui avait été envoyée pour lui annoncer la naissance du bébé... Il avait hâte de voir la petite Amy ainsi que ses parents, sa soeur et son beau-frère, mais il n'était pas sûr de pouvoir rentrer chez lui lors des prochaines vacances. Il ne pourrait même pas en profiter puisqu'il allait les passer à réviser pour les gros devoirs sur table prévus après les vacances. Certains auraient déjà eu lieu avant et heureusement. Comme elles tombaient vendredi de la semaine suivante, il allait devoir vite se décider. Il verrait avec Hermione ce qu'elle en pensait. Elle saurait mieux dire que lui s'il pouvait se permettre de passer les vacances chez lui. Elle y verrait plus clair. En pensant à sa petite-amie, il se dit que sa mère avait plutôt bien analysé sa relation avec Hermione à travers ses lettres, même si elle n'avait pas deviné la vraie nature de leur relation. Il ne lui avait encore rien dit car il ne se voyait pas annoncer par écrit à sa mère qu'il était amoureux et en couple. Il préférait le lui apprendre de vive voix. Il savait que sa mère allait être ravie. Elle était au courant de la relation qu'il avait eue avec Lisa et elle avait regretté leur rupture. Elle connaissait bien Lisa et l'appréciait beaucoup. Mais Terry était certain qu'elle allait aimer tout autant Hermione. Il avait hâte de la lui présenter mais, d'abord, il devait lui dire qu'il sortait avec elle. Chaque chose en son temps. Alors qu'il rangeait sa lettre, il se souvint qu'Anthony était inquiet quant à son contenu. Il décida alors d'aller le rassurer. Mais lorsqu'il ouvrit doucement les rideaux de son ami, il découvrit que celui-ci s'était couché et qu'il dormait. Tant pis, il le lui dirait le lendemain et avec un peu de chance, il pourrait l'annoncer à Michaël en même temps. Il retourna dans son lit et se coucha lui aussi. La journée avait été longue et l'avait épuisé. Il ferma les yeux et plongea très vite dans un sommeil peuplé de rêves plus bizarres les uns que les autres. Il rêva notamment d'une fête avec tous ses amis à qui il présentait Amy et pendant laquelle sa mère débarquait pour faire la connaissance de Hermione qui annonçait plus tard avoir trouvé le moyen d'aider Justin, incluant l'aide de Viktor Krum et du Calmar géant...

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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu *-* Je vous dis à dimanche prochain pour le cinquante-troisième chapitre qui s'intitulera «Éveil sensuel, réveil et explications». Bonne semaine à toutes et à tous et bisous tout le monde !