Je vous pris de m'excuser pour cette longue absence. J'ai passé des examens, eu des soucis personnels, commencé mon propre livre, déménagé à l'étranger…
Mais cette fois c'est fini, je veux avoir la satisfaction de finir ce que j'ai commencé. Alors j'ai tout reposé à plat et prévu du temps et je vais finir. Ce regain de motivation est en grande partie dû aux quelques reviews que j'ai reçu récemment et qui m'ont fait réalisé que je continuais de décevoir des gens.
Mon français est un peu rouillé. L'histoire date un peu, même après relecture, j'ai vraiment eu l'impression de lire l'histoire de quelqu'un d'autre. Mais j'espère que cela vous plaira tout de même.
Chapitre 17 : La fin d'un chapitre
—Je ne vais pas vous faire tout d'un discours sur à quel point Lucius Malefoy est homme bon, parce que ce serait mentir que de dire ça. Je ne vais pas non plus vous parler pendant des heures et des heures pour défendre sa cause, parce que ce serait une perte de temps. Une chose est certaine, c'est un acte inacceptable que de priver un sorcier de sa magie et, d'une manière ou d'une autre, nous avons besoin de Lucius Malefoy.
Hermione Granger marqua une pause et reprit sa respiration, prenant le temps de regarder un à un chacun des hommes et des femmes du Magenmagot qui allaient voter et décider de l'issue de ce procès. Un regard profond, transperçant, les défiant presque d'oser dire quoi que ce soit, d'oser protester à tout ce qu'elle avait à dire.
—Nous sortons d'une guerre et cela ne se sent peut-être pas, mais nous ne sommes pas assez nombreux et pas assez qualifiés. Et pour cause. Combien de temps avant que notre société ne redevienne aussi dynamique qu'elle l'était ? Aussi insouciante ? Combien de temps avant que nous ne réalisions que nous avons besoin de toute la main d'œuvre possible ? Combien de temps avant de nous rendre compte que les hommes et les femmes les plus sujets à discussion sont ceux qui peuvent nous apporter le plus ? Je ne suis pas là que pour Lucius Malefoy. Je suis là pour tous ceux faisant partie de la famille de Mangemorts et qui d'une manière ou d'une autre ne méritent pas d'être rejetés et peuvent nous apporter quelque chose. Parce que ce ne sont parfois que des enfants, que des gens qui se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment, qui ont eu le malheur de ne pas pouvoir choisir leur famille et leur éducation.
Son ton était monté sur la fin de sa diatribe, encore, insistant sur chaque point, sur chaque mot. La satisfaction la gagna et elle retint un sourire satisfait alors que quelques magistrats sursautaient ou se tortillaient.
—Et je vais vous dire ce que peut aussi nous apporter Lucius Malefoy en plus de son expérience et de son expertise dans certains domaines tels que la politique et l'économie, voire même les complots et la magie noire ! Et puis, ajouta-t-elle, il peut aussi nous aider à arrêter tous ceux qui reste. A éradiquer des exactions d'individus dont nous n'avions pas idée. Maintenant et dans le futur. Qui de mieux que quelqu'un qui s'y connait pour combattre le mal ?
—Et dans ce cas-là, répliqua quelqu'un, pourquoi ne nous l'a-t-il pas signalé immédiatement ?
Hermione eut au moins le goût d'avoir l'air hésitant et embarrassée. Puis elle prit une grande inspiration.
—Peut-être qu'effectivement il ne nous a pas tout dit. Peut-être qu'il a découvert des choses par la suite, dans les journaux, auprès de ses connaissances, parce qu'il sait lire entre les lignes. Mais très honnêtement, est-ce que vous l'auriez écouté ? Est-ce que vous auriez osé lui laissé sa chance ?
L'accusation était partout, claire, nette et précise.
—Ce qui compte vraiment, c'est ce qu'il peut nous apporter maintenant. J'ai passé beaucoup de temps avec lui, à apprendre à le connaître avant d'oser venir vous demander d'examiner sa peine. Je ne vous demande pas de le relâcher comme s'il n'avait rien fait, ce serait stupide, mais de lui donner une seconde chance, de le surveiller. Et imaginez, si dans six mois vous pouvez vous vanter d'avoir réussi à racheter une conduite à cet homme, à Lucius Malefoy, rien ne vous arrêtera. Tous les autres seront à porter de main si vous faites le bon choix.
Hermione se courba et sortit de la salle quand on lui en fit le signe. Son tour était joué. Maintenant, tout reposait entre leur main. Elle s'assit sur un banc, dans le couloir, attendant qu'on la rappel. Elle était venue seule pour le procès de Lucius Malefoy. Le pauvre homme n'avait même pas eu le droit de sortir de chez lui pour assister à la révision de son propre jugement.
Ce simple fait la dégoutait. Elle se demandait parfois si ce qu'elle faisait avait la moindre chance de réussir. Après tout, les gens, à l'intérieur, ne semblait considérer ceci que comme une simple formalité. Malgré tout, l'anxiété lui serrait la gorge. Hermione savait que ce que ses actions étaient justes. Elle désirait de tout son cœur être capable de repartir, à la fin de la journée et d'avoir une bonne nouvelle à lui rapporter.
En fait, elle désirait retourner le voir et ne pas lui dire que tout était inutile. Elle voulait ramener de l'espoir. Elle se rappelait, quelques mois auparavant, quand elle se rendait régulièrement dans le manoir de la famille Malefoy. Quand ils s'asseyaient et discutaient pendant de long moment, quand la jeune femme s'installait dans sa bibliothèque et lisait un livre parmi les innombrables présents et qu'ils en débattaient pendant longtemps.
Cela lui manquait. Hermione se rappelait du jour où l'homme l'avait consolé, sur Bellatrix, sur le fait qu'elle ne lui ressemblerait jamais, qu'elle était une personne réellement différente, une personne vraiment bonne. Hermione se rappelait de la chaleur qui avait gagné son cœur et chassé de chacun de ses membres la tension qui s'y accumulait depuis une éternité.
Pendant un moment, la sorcière s'était senti bien, mieux que depuis bien longtemps. Mais le soulagement n'avait été que passager, bien trop passager en fait. Il n'avait plus rien à lui dire. Elle n'avait rien à tirer de son cas. Hermione avait cherché, en vain, une vraie excuse pour venir le voir, car elle en avait besoin d'une, n'est-ce pas ?
Sur les trois derniers mois, ils ne s'étaient vu que quelques jours, quand elle avait besoin de lui poser des questions spécifiques, ou quand elle devait lui faire signer des papiers pour le ministère. Chaque fois avait été comme une bouffée d'air frais et ils avaient discuté longuement, profitant du moment présent. Cependant ce n'était pas assez, la jeune femme pouvait l'assurer. Avant chaque rendez-vous, elle trépignait d'impatience, curieuse du sujet qu'ils allaient aborder. Et à la fin de chacun, elle pouvait presque sentir la résignation gagner le sorcier, alors qu'il devait retourner à une vie solitaire. Cela se comprenait très bien. Petit à petit, les cernes sous ses yeux se formaient, un peu plus à chaque instant.
La jeune femme aurait aimé pouvoir lui rendre visite plus souvent, mais n'osait pas sans une bonne raison. Ils n'étaient pas amis, elle ne pouvait pas simplement décider d'aller le voir sur un simple coup de tête. Pas quand Hermione était déjà tant occupé à essayer de rassembler les morceaux de son couple.
Les choses avec Ron étaient très difficiles. Ils s'étaient arrangés pour passer autant de temps ensemble que possible, pour pouvoir profiter l'un de l'autre et retrouver cet équilibre qu'ils avaient atteint en se mettant ensemble. Ainsi, ils prenaient sans faute tous les jeudi soirs une réservation dans un restaurant moldu différent, testant, se promenant ensuite dans les quartiers alentours. Le week-end, Ron s'arrangeait pour ne pas travailler dans la mesure du possible et ils partaient en voyage ou vaquaient à leurs occupations dans la même pièce, profitant de la présence de l'autre.
Le jeune Weasley en était ravi, irrémédiablement. Chaque pore de sa peau transpirait son envie de passer du temps avec elle et son bonheur d'y réussir. Hermione aurait presque pu dire que c'était un succès. Presque. Irrémédiablement, la jeune femme ressentait une pointe de frustration. Ils finissaient toujours par parler de la même chose. Les potins, sur les gens qu'ils connaissaient tous les deux. Les blagues que le jeune homme tentait d'inventer avec son frère George, pour la boutique qu'ils tenaient tous les deux. Les tournois de Quidditch qu'il suivait assidument. C'était toujours et encore la même chose.
Oh, bien sûr, la jeune femme avait bien tenté de lui parler du décret qu'elle tentait de décortiquer avec son mentor, pour essayer de trouver un moyen de le réviser et de l'accorder à toutes les lois actuelles. Hermione était sidérée de toutes les choses qui existaient dans le monde sorcier qui n'avaient pas suivi son évolution. C'était à se demander comment le monde continuait à tourner rond – et au contraire, on comprenait très bien d'où venait toutes les corruptions ayant sévi par le passé. Elle se rappelait encore de la réponse de Ron : un soupir. Et le balayage de la conversation pour qu'ils parlent de quelque chose de moins ennuyant.
Ce problème revenait régulièrement, lui laissant un gout amer dans la bouche. Elle se prenait parfois à penser que Ron ne s'intéressait pas vraiment à elle. Elle surprenait parfois l'amer réflexion que son petit-ami l'empêchait d'être elle-même, la freinant dans son développement personnel. Mais Hermione s'efforçait toujours de chasser cette idée de son esprit. Elle aimait Ron, éprouvait beaucoup de tendresse depuis très longtemps. Elle devait faire des concessions. Car c'était ça un couple au final, faire des concessions pour fonctionner correctement.
Et chaque fois, elle se surprenait à se dire que ce n'était pas le cas. A se demander ce que Ron concédait. Et l'absence de réponse la terrifiait.
Hermione sursaute quand la porte à sa droite s'ouvrit. Elle sauta sur ses pieds à l'instant où une sorcière en robe violette lui fit signe d'entrer.
C'était fini. Leur décision était prise et plus rien ne pourrait changer ça.
La jeune femme se plaça au milieu de la salle ronde et regarda le chef du Magenmagot droit dans les yeux alors qu'il se levait pour rendre son verdict, en même temps que les énormes battants se refermaient derrière elle.
—Nous avons réfléchis à ce que vous avez dit, Miss Granger, et nous avons finalement convenu que cela pouvait être intéressant. Nous allons faire un essai.
Son cœur se mit à battre fort, très fort. Hermione se mordit la lèvre inférieure très fort pour éviter de se mettre à sourire comme une idiote.
Elle avait réussi !
—Monsieur Malfoy travaillera dorénavant avec vous en collaboration avec les Aurors pour exploiter ce qu'il peut nous apporter. Nous ne rendrons pas sa baguette à Mr Malefoy. Elle sera en votre possession, à vous, et vous serez chargé de superviser chacune de ses sorties. Inutile de préciser qu'il sera entièrement sous votre responsabilité et que le moindre faux-pas aura des conséquences dramatiques sur lui comme sur vous, n'est-ce pas ?
Une chappe de plomb tomba dans son estomac.
Elle voulut leur répondre qu'elle refusait, qu'elle ne pouvait se transformer en baby sitter ambulante, qu'elle avait une carrière à préserver. Cependant elle n'en fit rien. C'était peut-être son unique chance de montrer au monde entier qu'il restait de l'espoir pour Lucius Malefoy. Et pour tous les autres.
Trop de choses étaient en jeu.
—Vous ne le regretterez pas, dit-elle seulement.
