Chapitre 18 : Répercussions
Il fallut un long moment à Hermione pour vraiment réaliser ce qu'elle venait de faire, ce dans quoi elle venait réellement de s'engager.
Une partie d'elle était heureuse d'avoir réussi. Lucius Malefoy, l'homme qu'elle avait appris à connaître, respecter et même apprécier, allait enfin pouvoir arrêter de se terrer dans son manoir et réussir à reprendre un semblant de vie. Et, potentiellement, de nombreux autres allaient pouvoir suivre ce chemin.
L'autre partie d'elle était frustrée. Elle avait l'impression d'avoir été presque promue et d'avoir été rétrogradée en même temps. Mais pire, on ne lui laissait aucun choix, on l'acculait, comme si on la laissait se débrouiller avec ce qu'elle voulait faire. Elle comprit qu'ils n'osaient pas se mouiller. Ils voulaient seulement récupérer les éventuels lauriers à la fin, mais en cas de problèmes, ils auraient un responsable tout trouvé.
Elle resta un long moment à retourner tout ça dans sa tête, se demandant si vraiment elle n'allait pas le regretter. Mais une petite voix, au fond de son esprit, lui fit remarquer qu'au moins, la sorcière n'aurait plus besoin de raison pour pouvoir le voir. Au contraire, elle risquait même de se noyer sous la multitude d'occasions qui pourraient se présenter.
Elle avait passé un certain temps à discuter avec le chef du Magenmagot des conditions exactes de la décision et tout semblait presque pire que ce qu'il semblait initialement. En fait, Lucius allait rester en assignation à domicile, et ne serait autorisé à sortir qu'en sa compagnie. Si la jeune femme avait bien compris, cela visait principalement à le faire travailler pour le Ministère et un point était tout. Le fait qu'elle ait pourtant pu récupérer sa baguette présumait pourtant d'une amélioration, même si cette dernière devait semble-t-il d'autant plus rester sur sa surveillance.
Sans pouvoir s'en empêcher, Hermione sourit. Si le Ministère pensait qu'elle allait autorisé Lucius Malefoy à ne sortir de chez lui que pour travailler, il se fourvoyait lourdement. La jeune femme allait se faire un malin plaisir à le laisser sortir en public, afin que tous puissent voir à quel point il était possible de faire amende honorable. Après tout, c'était pour la bonne cause. Cela n'avait strictement rien à voir avec le fait que cela leur donnerait l'occasion de se voir dans un contexte un peu plus privé.
Secouant la tête, la sorcière chassa toutes ses idées de son esprit et se hâta de sortir du Ministère. Elle avait, malgré tout, une bonne nouvelle à annoncer. Pour le moment, elle avait simplement décidé d'être heureuse.
Elle gagna l'air de transplanage principale du Ministère et attendit son tour, sentant l'excitation la gagner progressivement. L'occasion de le revoir se présentait enfin, après trois longues semaines et la jeune sorcière se rendit compte d'à quel point l'homme lui avait manqué. Elle ne se rappelait pas la dernière fois qu'elle avait tant voulu faire quelque chose, voir quelqu'un. Elle ne se souvenait pas avoir réalisé avant à quel point Lucius Malefoy avait commencé à avoir une place dans sa vie, dans son quotidien.
C'était terrifiant.
Une partie d'elle se demandait comment l'homme allait réagir. Allait-il être heureux ? Se moquer d'elle, être en colère pour ne pas avoir réussi à en savoir plus ? Une autre, plus étouffée, appréhendait, espérant qu'il ne jette pas ses efforts en l'air en déclarant ne pas vouloir être vu en sa compagnie. Mais c'était ridicule, Hermione pouvait le dire, il avait trop changé pour ça.
Elle interrompit soudain ses réflexions.
C'était son tour.
Hermione atterrit lourdement devant le Manoir Malefoy et du faire preuve de tout l'équilibre du monde pour seulement poser un genou à terre et non pas s'étaler de tout son long. Cependant, elle ne s'en formalisa pas et se releva immédiatement, se précipitant vers la porte d'entrée d'un pas énergique en dépit de son genou qui protesta devant l'effort.
Alors qu'elle traversait la longue allée qui menait à la bâtisse, Hermione se sentit plus légère, comme si elle avait des ailes. Elle devait même s'empêcher de sourire stupidement.
Ce fut cependant peine perdue car à peine eut-elle toqué à la porte que celle-ci s'ouvrit sur le propriétaire des lieux – lui avait-il réellement ouvert lui-même ? – et Hermione ne put se retenir de se jeter à son cou.
—J'ai de grandes nouvelles s'exclama-t-elle.
Et, aussi soudainement qu'elle l'avait approché, elle se détacha de lui et ne sembla pas avoir remarqué son air rigide.
Au contraire, elle se mit à parler avec entrain, comme si ce n'était pas Lucius Malefoy.
Hermione l'entraina à l'intérieur et referma la porte derrière elle. Elle lui raconta la journée en long, en large et en travers, lui dévoilant tous les détails du procès.
—Hermione, l'interrompit-il en levant une main, qu'ont-ils décidé ?
La jeune femme le fixa avec des yeux pétillants, souriant d'un air affable. Il avait l'air sur l'expectative, s'accrochant à son visage comme si tout espoir reposait sur elle. Et en un sens, c'était vrai.
Pour toute réponse, la jeune femme plongea la main dans la poche de sa robe et en ressortit une longue baguette sombre, qu'elle lui tendit sans aucune hésitation, ravie de la lueur vorace qui apparut dans les yeux de l'homme.
—Vous avez réussi ?
Sa voix n'était qu'un souffle, délicat, et Hermione sentit les poiles sur ses bras se hérisser.
—Vous ne voulez pas la tester ? Le taquina-t-elle, encourageante.
Lucius tendit la main, mais hésita.
—Cela fait tellement longtemps… Je ne sais pas…
Sûre d'elle, Hermione lui attrapa le poignet et posa la baguette dans le creux de sa paume.
Elle sut, immédiatement, qu'elle aurait dû le relâcher, mais elle laissa ses doigts s'attarder sur sa peau d'albâtre, indifférente à la respiration sifflante de son vis-à vis, qui avait refermé sa poigne sur le morceau de bois. La sorcière l'observa attentivement.
Ses paupières étaient closes étaient tout son corps, tout son être, semblait être bien plus détendu qu'il ne l'avait été jusqu'à lors.
—Lancez un sort, l'incita-t-elle, libérant enfin sa main.
Le froid la gagna.
Lucius ne réagit pas immédiatement. Il resta immobile, songeur, puis il leva doucement le bras, en direction du corridor, et marmonna une formule. Aussitôt des étincelles de lumière apparurent et se dispersèrent dans l'obscurité.
Quand elle reporta son attention sur lui, Hermione remarqua un sourire, nostalgique, qu'elle n'avait jamais vu sur lui auparavant. Elle chercha quelque chose à dire, mais n'eut pas le temps de mener à bien sa réflexion.
Lucius s'était rapproché d'elle et l'avait enserré de ses bras, tremblant.
—Merci… Chuchota-t-il.
Hermione aurait juré pouvoir entendre un sanglot dans sa voix, mais elle ne fit aucun commentaire, lui rendant simplement son étreinte.
Contrairement à la première, très brève, quelques instants plus tôt, la jeune femme prit pleinement conscience de ce qu'elle faisait. Elle serrait dans ses bras Lucius Malefoy, l'ancien Mangemort, et il lui rendait la pareil. Pire : il avait initié le mouvement.
Une part d'elle trouvait ça étrange. Ce n'était pas sa place, son rôle. Quelque chose clochait, rien de cela ne devait arriver.
Et pourtant, la jeune femme sentait une chaleur au fond de son ventre se répandre dans tout son être. Elle était bien, là, dans ses bras. Il lui semblait que sa tête trouvait parfaitement sa place contre son épaule.
La sorcière aurait voulu que ce moment dur toujours mais elle se força à s'écarter, faisant glisser ses mains le long des bras de l'homme, pour lui saisir les mains, ressentant le besoin, étrange, de conserver un contact physique.
—Ce n'est pas tout, avoua-t-elle d'une petite voix, relevant la tête pour le regarder.
Ses yeux étaient secs, son visage impassible, sans aucune trace du précédent moment.
—Qu'est-ce qu'ils veulent ? Sa voix était acerbe, crispé.
—Vous allez devoir travailler pour le Ministère, en collaboration avec les Aurors, pour pouvoir au moins pour le moment, participer à l'arrestation des mages noirs en fuite.
Il hocha la tête.
—C'était un de nos arguments pour les convaincre, il n'y a pas beaucoup de surprise là-dedans.
—Je travaillerais avec vous, ajouta-t-elle en se mordant l'intérieur de la joue pour ne pas laisser transparaître son avis sur la question.
Lucius fronça les sourcils.
—Pourquoi ? N'avez-vous pas un travail au Ministère qui vous intéresse ?
La jeune femme eut un sourire en coin, amer.
—J'avais un travail au Ministère. (Elle le regarda droit dans les yeux.) Mais, apparemment je dois me montrer responsable de ce que j'entreprends jusqu'au bout.
—C'est-à-dire ? Siffla-t-il, impatient. Allez droit au but, Miss Granger !
—Le Ministère a accepté de vous rendre votre liberté, mais sous certaines conditions seulement. L'une d'elle est que je dois surveiller chacune de vos sorties. Je suis également censé superviser l'utilisation de votre baguette.
Hermione l'observa. Elle pouvait presque sentir la pression de sa mâchoire alors qu'il serrait les dents. Pourtant, au bout d'un moment, il se relâcha.
—Je pense qu'il faut que je m'estime heureux, finit par dire Lucius sur un ton lent, comme s'il cherchait ses mots. Ils auraient pu tout simplement refuser de réviser mon dossier. Au moins maintenant, j'ai l'occasion de pouvoir faire évoluer les choses de l'intérieur.
Au fur et à mesure qu'il parlait, la détermination gagna son regard, décontenançant Hermione. Elle ne s'attendait pas vraiment à cette réaction.
—Cependant, poursuivit-il, je suis navré de ce qu'il vous en coûte.
Cette fois, la jeune femme ne put s'empêcher de rester bouche bée. Lucius Malefoy venait-il vraiment de s'excuser auprès d'elle ? Elle secoua la tête, tentant de chasser cette idée étrange.
—J'espère bien que tout cela conduira à de grands changements, affirma Hermione. Je n'ai aucun regret.
Lucius hocha la tête.
—J'espère qu'il en restera ainsi.
Il désigna sa baguette d'un signe de tête.
—J'imagine que je dois vous rendre ceci ?
—Oui, opina-t-elle en dépit de la souffrance que cela devait procurer à l'autre sorcier.
Hermione soupira et détourna le regard.
—Notre travail au Ministère commencera demain. Je passerais vous prendre à huit heures.
Sur ces mots, elle se détourna et marqua un temps d'arrêt après avoir ouvert la porte.
—Et Lucius ? (Elle attendit qu'il est reporter son attention sur elle avant de continuer.) Je compte bien vous faire profiter un maximum du monde extérieur et pas seulement du Ministère.
La reconnaissance dans son regard lui suffit et partit, prenant la direction de son appartement.
Quand elle arriva chez elle, Ron n'était pas rentré. Elle l'attendit et finit par manger sans lui, réfléchissant au meilleur moyen de lui annoncer le résultat du procès avant qu'il ne l'apprenne ailleurs. La sorcière ne pensais sincèrement pas qu'il y ait un bon moyen de le lui dire. Quoi qu'il arrive, son petit-ami allait se montrer mécontent, comme chaque fois qu'ils parlaient de Lucius Malefoy. Il allait lui expliquer à quel point il ne comprenait pas pourquoi elle se donnait autant de mal et essayer de la convaincre de tout arrêter, de ne pas se contraindre pour un être aussi répugnant.
Hermione soupira en ensorcelant sa vaisselle pour qu'elle se fasse seule. Cela la fatiguait d'avance.
C'était la première fois de la journée qu'elle pensait à tout ça et la jeune femme se demanda pourquoi cela devait être aussi compliqué. Ron ne devrait-il pas l'encourager au lieu de la pousser à redouter de parler de ce qu'elle entreprenait, de ce qu'elle pensait.
Lasse, elle prit un livre et s'installa sur son canapé. C'était un simple roman, pour changer, et elle se prit à se demander si elle ne pourrait pas emprunter un livre de la bibliothèque du Manoir Malefoy dans les jours à venir. Après tout, Hermione allait avoir l'occasion de s'y rendre à de multiple reprise…
Cependant, la jeune femme n'eut pas le temps de s'interroger plus que nécessaire sur le sujet, que Ron sortit de la cheminée dans un éclair de lumière verte.
—Hermione ! s'exclama le rouquin en écartant les bras pour la saluer et en la rejoignant sur la canapé pour l'embrasser.
—Tu as bu ? lui reprocha sa compagne en fronçant le nez.
Ron balaya la question de la main.
—Non, non, juste une bière au beurre ou deux en dînant avec George !
—Tu ne m'avais pas dit que tu ne mangerais pas là, je t'ai attendu.
Son petit-ami eut au point le mérite d'avoir l'air contrit.
—J'ai oublié, je suis désolé Hermione, je me rattraperais !
Et sur ces, il s'enfonça dans le fauteuil, passant son bras autour des épaules de la jeune femme.
—Ah, si tu savais, aujourd'hui, nous avons mis en vente un nouveau produit ! A l'approche de Noël, cela va cartonner ! C'est un produit basé sur le polynectar, sauf que ses effets sont plus réduits et l'apparence est prédéterminer. Celui mis en vente aujourd'hui permet de se transformer en père noël pendant une demi-heure, c'est tout simplement fantastique pour les enfants et…
Hermione sourit et appuya sa tête contre son épaule. Elle aimait l'enthousiasme que mettait en avant Ron vis-à-vis de son travail. Il se donnait vraiment à fond, ce qui en disait beaucoup sur l'appréciation qu'il en avait.
—Je suis contente pour vous ! Lui dit-elle, sincère. Et surtout, dis-moi si un jour ils permettent de se transformer en lapin de Pâques, je veux voir ça !
Il approuva et s'apprêta à ouvrir la bouche de nouveau, sans doute pour s'étendre sur un sujet quelconque pendant un long moment alors Hermione l'arrêta.
—C'était le jour de la révision du dossier de Lucius Malefoy aujourd'hui.
La jeune femme tenta de ne pas porter attention au fait que Ron venait de se raidir à côté d'elle.
—Oh. Et alors, comment cela s'est passé ?
Hermione sentit bien qu'il s'en fichait royalement mais elle était contente qu'il ait pris la peine de s'en enquérir. Autant pour la démonstration d'intérêt que pour lui faciliter la suite.
—Pas si mal, affirma-t-elle. Le Ministère a accepté de lui donner une seconde chance et il va travailler avec les Aurors pour arrêter les Mangemorts toujours en fuite. .
—Donc ça veut dire que tu ne vas plus avoir besoin de t'occuper de lui ? C'est fantastique 'Mione !
Hermione resta silencieuse un moment, ne sachant pas trop comment aborder les choses. Cela dura sans doute un peu trop longtemps, car Ron se mit à se tortiller à côté d'elle.
—Qu'est-ce que tu ne me dis pas Hermione ?
—J'ai été assigné à sa surveillance constante, il ne peut sortir de chez lui ou utiliser la magie si je ne suis pas là. Donc on peut dire que je vais travailler avec Aurors aussi, maintenant.
Ron se leva soudainement et elle grogna quand sa tête fut secouée dans tous les sens devant son manque de délicatesse.
—C'est pas possible, Hermione ! Tu ne peux pas me dire que tu vas passer plus de temps avec Malefoy qu'avec moi ?
Hermione s'attendait à ce que son petit ami soit furieux, mais étrangement, il semblait juste perdu, presque désespéré. Pendant un instant, elle crut qu'il se sentait mal pour elle et qu'il souffrait de la situation, sans réellement lui en vouloir.
Seulement un instant.
—Tu vas refuser n'est-ce pas ? Tu ne peux pas concevoir de faire ça, si ?
Exaspérée, Hermione soupira.
—Bien sûr que si, je vais faire ça Ron. Et pas la peine de me regarder comme ça, ma décision est prise. J'ai déjà été trop loin pour abandonner maintenant. Et puis imagine, si je disais non, cela voudrait dire que j'ai passé tant de temps à travailler, avec lui, pour rien. C'est vraiment ce que tu veux ?
La jeune femme retint en sourire en voyant son petit-ami se calmer. Elle savait qu'il n'avait pas pris ses paroles dans le sens où elle l'est signifiait, mais le principal était que cela le convainque.
—En plus, c'est juste pour travailler, ce n'est pas bien important, il y aura bien d'autres gens avec nous maintenant.
Malheureusement, pensa-t-elle intérieurement car il n'allait pas être possible de divaguer sur des débats politiques en plein cœur du Ministère.
Et, ajouta-t-elle intérieurement, Ron n'a pas besoin de savoir que je prévois de le voir en dehors du Ministère, pas encore du moins.
—Oui, oui, tu as raison, finit par marmonner Ron. En plus, il y aura Harry pour le surveiller avec toi ! Je suis sûre qu'il pourra t'aider à le remettre à sa place en cas de problème.
Hermione voulut lui dire qu'elle n'avait pas besoin de l'aide de Harry et encore moins de le remettre à sa place, mais le rouquin ne lui en laissa pas le temps.
—Et puis, surtout, 'Mione, maintenant tu vas enfin arrêter de vadrouiller dans un coin inutile du Ministère et tu vas te frotter au vrai chose intéressante : tu vas travailler avec les Aurors ! Est-ce que j'ai le droit de dire que tu es une Auror ?
—Ron ! L'interrompit-elle, furieuse, alors qu'il sentait aussi excité qu'un enfant. J'aimais mon travail dans un coin perdu du Ministère, comme tu dis ! Je n'arrive pas à croire que tu l'as toujours pas compris !
Sur ses mots, la jeune femme lui souhaita une bonne nuit et alla s'enfermer dans sa chambre. Hermione s'était attendu à être en colère ce soir, mais certainement pas pour cette raison.
Elle ne pipa même pas mot quand Ron vint se coucher près d'elle et l'enserrer dans ses bras.
Le lendemain, Hermione se réveilla de bien meilleure humeur. Elle était déçue d'arrêter de travailler avec Gideon Campbell, son mentor, mais l'excitation de commencer quelque chose de nouveau était belle et bien présente.
Elle s'habilla donc rapidement après avoir pris une douche et alla dans la cuisine pour se préparer un thé en grignotant un biscuit, saluant Ron qui déjeunait en lisant la Gazette du Sorcier au passage.
—Tu n'as pas oublié de me dire quelque chose par hasard ? Grinça le jeune homme.
Surprise, Hermione sursauta et faillit en lâcher la tasse qu'elle venait de se servir.
—Non, Ron, je n'ai rien de plus à ajouter.
A cela, le rouquin lui rendit simplement un regard noir.
—Dans ce cas, peux-tu me dire ce que c'est ? la questionna-t-il en lui tendant le journal.
Curieuse, Hermione prit le papier et faillit s'étouffer avec le morceau de gâteau toujours dans sa bouche.
Non, ce n'est pas possible, je dois rêver…
En gros titre, s'étalait : « une victoire pour Hermione Granger, la politicienne des causes perdues ou l'amante du Mangemort ? ». En-dessous, une photo d'elle toquant à la porte du Manoir Malefoy et se jetant au cou de Lucius Malefoy s'animait à l'infini.
Comment ont-ils réussi à prendre cette photo ?
Parcourant rapidement l'article des yeux, Hermione constata qu'il relatait toute l'histoire, ainsi que le résultat du procès, tout en remettant en cause les raisons l'ayant poussé à agir ainsi.
—Comment peuvent-ils raconter autant de sottises ? S'énerva-t-elle.
—Tout dépend, comment peuvent-ils trouver des clichés aussi convainquant ? Peut-être qu'ils ne sont pas si loin de la vérité…
Hermione leva les yeux au ciel.
—Oh, Ron, par pitié ! Tu ne crois tout de même pas à ce ramassis d'inepties ?
—Je n'en sais rien, Hermione ! J'ai l'impression de ne plus te reconnaître ! Tu veux défendre des Mangemorts, tu acceptes de passer du temps avec l'un d'eux, tu acceptes même de quitter ton travail pour lui, et maintenant tu le serres dans tes bras comme si tu n'étais pas dégouté par tout ce qu'il a fait !
—Ron, on a déjà parlé de tout ça, je ne cherche qu'à leur donner une seconde chance !
—En les étreignant ? Oh oui, je suis sûr que tu peux même leur accorder une seconde en couchant avec ! C'est ce que tu fais, non ?
—Quoi ? S'exclama-t-elle, ses joues devant aussi vives que celles de son petit-ami, ce qui n'arrivait pas souvent. Comment oses-tu, Ron Weasley ?
—Toi, comment oses-tu ?
—J'étais contente pour lui, nous avons gagné le procès, je me suis laissée dépasser par mon enthousiasme, d'accord. Mais ça ne veut pas dire que j'ai pu te tromper !
—Et comment est-ce que je suis censé le savoir ? Répliqua-t-il d'un ton froid, loin de sa colère habituel, signe qu'il n'était pas aussi emporté par ses émotions. A ce que je sache cela pourrait durer depuis des mois !
Hermione soupira et posa sa tasse d'un geste sec dans l'évier.
—Je dois aller travailler, sinon je vais être en retard.
Le roux ricana.
—C'est ça ! Va donc le rejoindre ! C'est ce que tu vas faire non ?
—Je te présiens Ron, quand je reviendrais ce soir, je ne veux pas te voir tant que tu n'as pas changé d'avis. En fait, ne reviens pas ici tant que tu n'auras pas compris que les journalistes sont des vautours et que tu ne fais qu'avaler tout ce qu'ils ont à dire.
Sur ces mots, Hermione enfila sa robe par-dessus ses vêtements et claqua la porte en partant, laissant les larmes dévaler librement de son visage.
Elle en avait assez. C'était encore et toujours la même chose, les mêmes arguments. Elle avait l'impression que Ron était incapable d'avancer et encore moins de pouvoir défendre correctement son opinion. De se faire une opinion. Et à ce sujet, elle ne pouvait s'empêcher de penser à Lucius qui était nettement plus doué à défendre à point de vue.
