Ça faisait un moment que Marco n'avait pas passé autant de temps à cuisiner, mais il s'était bien amusé à tester cette nouvelle recette de poulet conseillée par Thatch. Le poulet, c'était ce que préférait Haiko, en tout cas c'était ce qu'il lui avait dis, et comme c'était pour lui qu'il avait préparé ce déjeuner, il lui tenait à cœur de lui faire plaisir.
Ils étaient samedi, le jour où Ace et son fils venaient manger chez lui, conformément à l'invitation qu'il avait formulé lorsqu'ils étaient venus visiter le commissariat. Mine de rien, il les voyait de plus en plus souvent ces derniers temps, et il espérait que ça leur faisait autant plaisir qu'à lui. Ce serait malgré tout la première fois qu'il leur ferait à manger lui-même, ça le rendait un peu anxieux, même s'il savait qu'il n'y avait pas de raison.
Quand il entendit des rires d'enfant depuis sa fenêtre, il su que ses invités arrivaient, et ça fit naître un doux sourire sur ses lèvres. Il vérifia en passant brièvement dans le salon que la table était bien mise puis alla les accueillir avec une excitation mal-dissimulée et un franc sourire.
-Salut vous deux.
-Salut Marco. Merci de nous avoir invité !
-Merci à vous d'avoir accepté. Entrez, ne restons pas sur le palier.
Il se décala pour libérer le passage, et quand Haiko passa devant lui, il lui ébouriffa les cheveux en riant. Ace ferma la porte derrière lui et tendit d'un geste timide une bouteille à son hôte.
-Tiens c'est cadeau...
-Oh merci, il ne fallait pas.
-Ça me fait plaisir !
Offrir une bouteille était peut-être un peu classique, mais Ace n'avait pas voulu prendre le risque d'apporter un cadeau qui lui aurait déplu. Une valeur sûre était mieux que rien, mais il avait malgré tout veiller à ce que ce soit l'une des meilleures ; merci à Sabo pour ses précieux conseils.
Marco plaça l'apéritif sur la table, et ils prirent tous place pour débuter le repas. Il servit un thé glacé à Haiko, qui raconta sa semaine. Il était tellement excité qu'il ne narrait pas tout dans l'ordre, ce qui rendait un peu difficile de suivre le fil. Ace avait l'habitude, Marco avait un peu plus de mal, mais ils pouvaient l'écouter pendant des heures sans se lasser. Il était jeune, mais il s'exprimait mieux que la majorité des enfants de son âge ; ça résultait assurément d'une bonne éducation.
Quand Marco servit le poulet, le jeune garçon sauta de joie et dévora son assiette avec appétit ; le policier n'était pas peu fier.
-C'est trop bon Marco !
-Tu m'en vois ravi, mon grand.
-Je crois qu'il n'a jamais mangé aussi vite, rit Ace en se gardant bien de dire que c'était également son cas.
Son repas englouti, Haiko quitta la table pour aller jouer en attendant le dessert. Les adultes mangeaient toujours un tas de trucs entre le plat et le dessert ; lui n'en avait guère envie. Les deux hommes le regardèrent galoper jusqu'à la pièce d'à côté en laissant la porte ouverte pour qu'ils puissent s'assurer en permanence qu'il va bien.
-Il m'émerveille un peu plus chaque fois que je le vois, sourit Marco.
-Je suis vraiment fier de lui. Il est très curieux et adore apprendre !
-C'est grâce à toi s'il est autant éveillé. Il sait que le monde a beaucoup à offrir. C'est important d'entretenir la curiosité des enfants.
-Tu sais plein de choses sur les enfants.
Ace se pencha un peu en avant avec un air intéressé.
-Tu ne voudrais pas en avoir ?
-Si, cela fais partie de mes rêves d'avenir.
-Et donc tu t'es renseigné dans ce but ?
-Non, c'est mon père adoptif qui m'a appris tout ça.
Le brun hocha la tête et se redressa, le regard toujours plongé dans celui du policier.
-Et tes parents biologiques, qu'as-tu appris d'eux ?
-Rien d'utile ou d'intéressant.
-On dirait vraiment que tu les déteste. Que t'ont-ils fais ?
-On a toujours été en désaccord sur un tas de choses. Ils estimaient faire partie d'un monde différent de tous les autres, que personne ne valait rien à leurs yeux. Ils pensaient me dicter une façon de vivre que je suivrais à la lettre, mais j'ai refusé. J'ai quitté la maison dès que j'ai pu, et j'ai rencontré Edward Newgate.
Il parlait de son histoire sur le même ton employé pour lire un fait divers dans le journal. Aussi affecté eût-il été de quitter le domicile familial, il savait que c'était quelque chose qu'il ne regretterai jamais. Tous les parents n'étaient pas parfaits, c'était avéré, et certains étaient pires que d'autres. Il avait eu de la chance de tomber sur un père compréhensif, aimant et à l'écoute, comme une deuxième chance d'avoir une vie qui valait la peine d'être vécue.
-Tu as quitté tes parents sans rien dire ?
-Non je ne suis pas comme ça. Je leur ai dis les yeux dans les yeux les raisons de mon départ, et je leur ai demandé de ne pas me suivre.
-Et...alors ?
-Alors ils ne l'ont pas fais. Ils n'ont pas demandé de mes nouvelles, alors je ne leur en ai pas donné. Mais j'ai continué à me renseigner sur eux de mon côté.
-Un enfant ne peut jamais totalement se détacher de ses parents, n'est-ce pas ?
-C'est aussi ce que je pense.
Certains liens ne pouvaient être totalement brisés, peu importe combien on souhaitait que ce soit possible. Mais Marco avait accepté depuis longtemps le fait que ses parents ne changeraient jamais, et il avait appris à vivre avec. Ace avait compris que c'était tout de même un sujet sensible et décida de détourner la conversation vers un sujet plus agréable.
-Comment est ta famille adoptive ?
Un petit sourire tendre se dessina sur les lèvres de Marco. Ace se souvenait que le policier avait quatorze frères, tous recueillis par le même homme. Il voulait vraiment en apprendre plus sur eux.
-Par où commencer... Il y a tellement à dire. Je pourrais parler d'eux pendant des heures.
-Je te comprends ! Je suis pareil !
Tous deux avaient un point commun : ils étaient les aînés. De ce fait ils étaient très protecteur envers leurs frères. Ils pouvaient aussi se lancer dans de grandes discussions lorsqu'on venait leur parler d'eux. Marco avait tellement de bons souvenirs avec eux...
-On a fait les quatre cents coups ensemble. On a dû rendre notre père fou...
-C'est quel genre d'homme ton père ?
-Il est...unique.
Edward Newgate était quelqu'un de plutôt original. Il était grand et imposant avec un regard dur et glacial. Il affichait toujours une expression très sérieuse. La plupart des gens étaient effrayés en sa présence, mais une fois qu'on apprenait à le connaître, on découvrait une tout autre facette de sa personnalité.
Entouré de sa famille, leur père ne cessait jamais de sourire. Il écoutait leurs discussions, laissant échapper un doux rire de temps en temps. Il était gentil et attentif, remarquant toujours lorsque l'un d'eux avait un problème, ou n'allait pas bien. Il ne s'énervait jamais, plaisantait avec eux et les considérait tous comme son trésor le plus précieux.
Bien sûr il avait aussi des défauts. Il aimait beaucoup trop l'alcool et les femmes. Il n'avait pas toujours été un tendre, et dans sa jeunesse il avait fait beaucoup de conneries. S'il s'était assagi en devenant père, il buvait toujours autant et ignorait les remontrances de Marco. Il était aussi un peu naïf et ses fils adoraient le taquiner à ce sujet.
Ace l'écouta décrire son père, remarquant l'admiration dans ses yeux. Il ne faisait aucun doute qu'il le portait en haute estime.
-J'aimerais le rencontrer un jour, avoua-t-il.
-Je suis certain que tu lui plairas, sourit Marco.
Lorsque Haiko revient un peu plus tard, il les surprit en train de se tenir la main. Il avait rarement vu son père aussi heureux, alors il s'était éloigné sans un bruit, ne voulant pas les interrompre. Le dessert pouvait attendre.
Haiko voulait donner une chance à Marco d'entrer définitivement dans leurs vies.
La raison pour laquelle Franky était présentement dans un buisson à côté du parking de l'université, un lundi matin, à observer Robin et son patron en train de discuter n'était, encore une fois, pas dû à un manque de confiance envers sa très chère épouse. Simplement, depuis qu'il avait reçu cette enveloppe pleine de photos, il ne parvenait pas à s'ôter de l'esprit l'idée que Spandam préparait quelque chose. Il voulait la protéger, voilà tout. Bien qu'elle soit tout à fait capable de frapper "là où ça fait mal". Mais il était inquiet, et c'était son droit.
Il lui tenait à cœur plus que tout que Robin, quoi qu'elle décide pour sa vie amoureuse, soit avec un partenaire qui savait l'aimer et le lui faire ressentir. Il allait de soi qu'il voulait évidemment être le partenaire en question. Mais il s'était juré que, si pour une raison quelconque, Robin et lui rompaient, il serait quand même là pour elle.
Même si c'était mal de juger les gens sans les connaître, il estimait en savoir suffisamment sur Spandam pour affirmer qu'il n'était pas le compagnon idéal pour elle. Ainsi donc, si cet homme était décidé à draguer son épouse, il n'allait pas le laisser agir !
Bon, il s'emballait sans doute ; il n'était, en tout cas pour l'instant, pas question de drague, n'est-ce pas ? Pas la peine de devenir parano, bien qu'il se faisait cette réflexion en étant toujours dans le buisson.
D'un autre côté, s'il sortait maintenant de sa cachette, il se verrait forcé de justifier sa présence dans une discussion qui s'avèrerait vraiment gênante.
Néanmoins, si ça lui avait semblé être un bon plan au départ, il devait faire face à un petit souci technique : de là où il était, il n'entendait absolument rien à ce qu'ils se disaient. Il ne savait pas lire sur les lèvres, mais il pouvait supposer que, vue le nombre de fois où ils se fendaient la poire, ils se racontaient beaucoup de blagues.
"Femme qui rit à moitié dans son lit", ce n'était qu'une expression évidemment. Évidemment...
Ce que Franky ne savait pas, c'était que Robin l'avait repéré depuis le début ; des cheveux d'un bleu si pétant dans un petit buisson sur un parking d'université, c'était étonnant que Spandam ne l'ait pas vu aussi. Quoique ce dernier semblait trop intéressé par autre chose, à en juger par son regard rivé sur son décolleté ; elle ne l'avait pas trouvé aussi plongeant en s'habillant un peu plus tôt, mais elle n'était plus très sûre de ça à présent.
D'une main sur l'épaule, elle força Spandam à se recentrer sur elle dans son entièreté, et avant qu'elle n'ait retiré sa main, elle eut le temps de capter chez son mari comme un léger sursaut dû à ce geste qui lui paraissait peut-être plus sensuel qu'il ne l'était depuis son buisson.
Elle sourit, et quand vint l'heure de saluer son patron afin qu'ils aillent vaquer à leurs occupations respectives chacun de leur côté, elle réitéra son geste en laissant traîner sa main un peu plus longtemps. Ça ne pouvait s'apparenter à rien d'autre qu'un flirt innocent, et puisqu'elle avait été claire avec Spandam lors de leur dernière discussion, elle ne se faisait pas de souci. Elle trouvait seulement amusant de taquiner son époux. Elle ne lui en voulait pas, car elle croyait savoir pour quelles raisons il était là, et elle ne remettait pas en doute la confiance que Franky lui accordait.
Elle savait que ce soir, il voudrait parler de ce qu'il avait vu, et ce serait alors l'occasion pour elle de le rassurer quelque soit ses inquiétudes.
En entrant dans le bâtiment, elle veilla discrètement à ce que son mari sorte de sa cachette et retourne dans son propre véhicule avant de rejoindre la salle de son premier cours. Bien qu'elle s'efforça de ne rien laisser paraître de la journée, elle passa du temps à travailler le discours qu'elle servirait à Franky le soir-même.
Mieux valait être prévoyante.
-Putain, grogna Baggy, y a du monde aujourd'hui, j'ai pas pris ma troisième pause !
-Il est neuf heures trente-six.
-Et alors ?
Galdino pensa aux différentes réponses qu'il pourrait lui donner, mais ils n'avaient pas le temps d'entrer dans le débat quotidien sur la quantité de pauses du bleu et le cours laps de temps entre chacune d'entre elles. Il continua donc de faire passer les clients à la caisse, saluant d'un bonjour un peu fatigué tous ceux qui entraient dans le magasin. Parmi eux se trouvait Luffy, qui lui répondit joyeusement avant de se diriger en vitesse vers le rayon le plus intéressant à ses yeux : la boucherie.
Il y passa un petit moment, car il avait du mal à se décider. Mais une fois son choix effectué, il se dirigea toujours avec entrain vers les autres rayons pour poursuivre ses courses. Et puis, en passant devant une allée, il remarqua Sanji cherchant quelque chose parmi les conserves. Il courut jusqu'à lui, appelant son nom d'une voix forte pour signaler sa présence.
-Hey Sanji, ça alors quelle coïncidence !
-Tiens Luffy.
-Je ne savais pas que tu venais faire tes courses ici !
-C'est la première fois que je viens là, en fait. Il me fallait un ingrédient en urgence.
-Oooh qu'est-ce que tu fais de bon à manger ?!
-Un riz au curry.
Shuraiya avait subitement eu envie d'en manger un pour le déjeuner. Il avait donc dû venir acheter en express des feuilles de laurier, car il n'en avait plus, et son "cher et tendre" époux avait bien insisté sur le fait qu'il n'accepterait aucun autre plat, et "qu'il n'avait rien d'autre de mieux à faire la journée que de satisfaire ses envies culinaires". Sanji en profitait donc pour acheter deux ou trois autres produits, comme une boîte de raviolis bon marché pour le dîner de ce soir de son mari.
-Shuraiya en a de la chance !
-Ça serait bien qu'il s'en rende compte, grommela Sanji.
-Vous vous êtes disputés ?
Sanji haussa les épaules ; oui, ils s'étaient disputés, mais quand ne le faisaient-ils pas ? D'aussi loin qu'il puisse s'en souvenir, ils n'avaient jamais eu une seule conversation sympa. En public, ils évitaient de se parler, c'était plus sûr. Luffy détailla son ami du regard ; il y avait quelque chose de louche. Quand Sanji parlait de Shuraiya ou de son mariage, sa voix prenait une tonalité bizarre. Il avait l'air en colère et triste. Et puis, comme il l'avait également remarqué pour Law dans son propre couple, quand ils étaient ensemble tous les deux, on ne constatait aucune alchimie entre eux. On avait presque l'impression qu'ils n'étaient pas du tout amoureux. Sauf qu'à la différence de Trifoullis, on ne pouvait pas dire que c'était simplement de la maladresse ou de la timidité ; Sanji donnait l'impression d'être très malheureux. Luffy croisa les bras derrière la tête en faisant la moue.
-Il t'a fait du mal, c'est ça ? Tu peux me le dire, je jugerai pas !
-Non t'inquiète pas, tout va bien.
-Bah, j'te fais confiance !
Il rit et donna une grande tape sur l'épaule de Sanji. S'il affirmait que ça allait, c'était que ça devait être le cas ! Luffy s'était juste fait des idées, voilà. Tout du moins, il voulait vraiment le croire. Soudain, il reconnut une silhouette au bout de l'allée, dans le dos de Sanji, et à nouveau il attira son attention en criant son nom.
-Eh Law !
Le chirurgien hésita vraiment à faire comme s'il ne l'avait pas entendu, mais il était monté beaucoup trop haut dans les décibels pour ça. Étrangement, il avait l'impression depuis ce matin que ça serait une très mauvaise journée, et ça l'épuisait rien qu'à l'idée de ce qui pourrait causer cette impression. Il ne se sentait pas suffisamment en forme pour supporter l'énergie débordante de son voisin et collègue, mais bon ; il allait devoir faire avec de toute évidence. Il rejoignit donc les deux hommes en les saluant brièvement.
-Décidément, vous croiser ici tous les deux, c'est une drôle de coïncidence !
-J'ai reçu un mail m'annonçant que j'avais gagné un concours, expliqua Law. Je suis venu le chercher et je voulais en profiter pour acheter deux ou trois trucs.
-J'savais pas qu'il y avait un concours ! T'as gagné quoi ?
-Je ne sais pas encore, je comptais le demander en passant à la caisse.
Il sortit son téléphone de sa poche et relut le mail en question. Il avait l'air officiel, mais la remarque de Luffy lui rappela que le magasin n'avait encore jamais organisé de concours auparavant. Le propriétaire, Ippon Matsu, était plutôt du genre radin, alors offrir une somme d'argent à un client sans garantie qu'il le dépensera dans son magasin, ce n'était clairement pas son genre. C'était peut-être un canular, ou bien il allait devoir s'inscrire pour une carte fidélité.
-Je vais laisser tomber, finalement. Il n'aurait qu'à donner ma chance à quelqu'un d'autre.
-Dommage, c'est peut-être une bonne occasion d'avoir de la viande gratuite !
-Y a que ça qui t'intéresse, ricana Sanji.
-Tant que c'est de la nourriture, je suis pas difficile !
Law secoua la tête en soupirant. Soudain, un hurlement de terreur retentit dans toute le magasin, suivit d'un coup de feu et d'un bruit de chute. Law se retourna en direction du bruit, lorsqu'il se sentit tiré en arrière. C'était Luffy, qui l'avait immédiatement attrapé par la manche pour qu'ils se cachent derrière une pyramide de boîtes de conserves. Il en avait fait de même avec Sanji, et s'était placé devant eux comme pour les protéger.
-Ne faites pas de bruit, chuchota-t-il.
-C'est une femme qui a hurlé, s'énerva Sanji. On lui a peut-être tiré dessus !
-Le coup de feu était dirigé vers le plafond, c'est du plâtre qu'on a entendu tomber.
-Comment peux-tu en être sûr Luffy ?!
-Un corps humain, ça fait plus de bruit quand ça tombe.
Ils entendirent des gémissements de peurs, puis des voix masculines demandant au personnel et aux clients de se mettre dans un coin du magasin. Puis une voix très grave réclama le silence, et un nouveau coup de feu retentit, encore en direction du plafond. Petit à petit, les gémissements devinrent presque imperceptibles.
-C'est une prise d'otages, déclara Law. Ils ont sans doute déjà fermé les portes.
-Il y a peut-être une sortie de secours, proposa Luffy.
-Ils ont l'air nombreux, dit Sanji. Ils ont dû mettre quelqu'un à chaque porte.
-On doit contacter Shanks alors !
Law hocha la tête et prit son téléphone portable dans le but d'envoyer un SMS ; il serait bien moins susceptible de se faire prendre s'il ne parlait pas à voix haute. Mais alors qu'il avait commencé à tapé le message, un nouveau coup de feu retentit, le faisant sursauter et lâcher son téléphone, qui se brisa au sol. Il poussa un juron et jeta un discret coup d'œil pour savoir ce qu'il s'était passé. Il vit un homme, le bras en sang, ouvrir la porte du magasin et prendre ses jambes à son cou. C'était Ippon Matsu, qui avait dû sortir de son bureau en voyant ce qu'il se passait grâce aux caméras de surveillance. Il avait voulu prendre la fuite, mais les hommes armés l'avaient repérés et lui avaient tiré dessus. Heureusement, il n'avait visiblement été touché qu'au bras et avait pu sortir. L'un d'eux vint d'ailleurs fermer la porte, obligeant le chirurgien à se cacher de nouveau.
-Ils ne l'avaient pas encore fermé en fait, se lamenta Luffy.
-De toute façon, ça aurait été trop risqué de tenter le coup. Ils ont des armes et sans doute beaucoup de recharges. Faut pas faire les cons...
-Nous aussi on a des armes, on est au rayon conserves...
-J'savais que j'aurais dû faire mon testament, grogna Sanji. Je veux pas que tout revienne à Shuraiya !
Law leur adressa son regard le plus désespéré. Bon sang, il n'était pas aidé ! Il commençait sérieusement à douter de leur survie, là !
-On va pas s'en sortir...
Le gang et les otages se trouvent au fond du magasin. A l'avant, derrière une caisse, Baggy et Galdino se sont cachés, et ont heureusement réussis à ne pas se faire repérer. Mais là, ils étaient un peu coincés. Ils ne savaient pas du tout comment parvenir à prendre la fuite sans se mettre plus en danger qu'ils ne l'étaient déjà. Normalement, ils auraient dû faire un exercice pour se préparer à ce genre de situation. Mais ça aurait été du temps perdu qui aurait payé sur le chiffre d'affaire d'après leur patron. Il envisagera sans doute de revenir sur sa décision après ça...
-Une prise d'otage ! Dans notre supérette ! J'arrive pas à le croire...
-Calme-toi San ! On va essayer d'appeler Shanks!
-Fais attention Baggy !
-T'inquiète, on y va à quatre pattes !
Baggy passa devant. Ils se rendirent le plus discrètement possible jusqu'à l'accueil, où ils pourraient trouver un téléphone avec le numéro de la police enregistré en numérotation abrégée. Galdino se proposa pour faire le guet tandis que Baggy prévenait son mari du danger qu'ils encourraient présentement. Il appuya sur la touche pour composer le numéro et colla le combiné à son oreille pour ne pas avoir à parler trop fort.
-Allô ?
-Shanks ! Au secours ! C'est la merde ici !
-Parle doucement Baggy, explique-moi ce qu'il se passe...
-Y a une prise d'otage au magasin !
-Encore des clients qui se plaignent de ta lenteur ?
-Je suis pas lent, calme ta joie ! T'es con ou quoi ? Je te dis qu'ils veulent tous nous buter ! Viens nous sauver !
-Baggy, je crois qu'on est repéré, paniqua Galdino.
-Eh vous deux ! Si vous voulez pas une balle dans la tête, je vous conseille d'aller au fond avec les autres !
-Merde !
-Baggy !
Au téléphone, Shanks entendit des bruits de bagarre, les cris de Baggy et Gladino, puis la sonnerie signifiant que la conversation avait été coupée. Il grogna et posa son téléphone avec colère sur bureau avant de se lever.
-Zoro, on doit se mettre en route tout de suite !
-Je suis au courant, Luffy vient de m'envoyer un message, répondit Zoro en enfilant sa veste.
-C'est pas vrai, il y est aussi !
-Ouais, avec Sanji et Law !
-Dis-lui de ne prendre aucun risque, et de ne plus t'envoyer de messages ! S'il n'a pas été découvert, il doit rester caché ! On doit s'y rendre en vitesse !
Il mit au courant de la situation les unités à dépêcher, et en quelques minutes à peine, ils furent en route pour le lieu de la prise d'otages. Durant tout le trajet, Shanks avait le visage crispé par l'inquiétude et la colère. Il se faisait énormément de souci pour Baggy et Luffy, ainsi que tous les autres clients, bien évidemment. La situation était préoccupante, d'autant plus qu'il avait l'impression que cette prise d'otage n'avait pas lieu par hasard.
-Zoro...
-Hm ?
-Tu m'as bien dis que Luffy était avec Law et Sanji ?
-Exact. Pourquoi ?
-J'ai bien peur que le gang de Demalo Black ne soit derrière tout ça.
-Que veux-tu dire ?
-On sait déjà que Luffy est une de ses cibles, certainement par rapport à toi ou bien à moi. A cause de Kid, nous avons arrêté l'un des leurs l'autre jour, donc ils peuvent vouloir se venger par l'intermédiaire de Law. Ils ont dû trouver un moyen de le faire venir là où se trouvait Luffy.
-D'accord, mais et Sanji ?
-A moins qu'il n'ait causé du tort à un membre du gang, ou que l'un de ses proches ait des liens avec Demalo Black, il est probablement une victime collatérale.
-Au mauvais endroit au mauvais moment.
Shanks hocha la tête. A vrai dire, il préfèrerait que ce soit cette dernière option. Car au moins, une fois qu'ils l'auront sauver, car ils feront tout pour ça, Sanji ne sera plus visé par leurs attaques.
-Tâchons de régler tout ça le plus vite possible. On ne sait pas de quoi son capable ces types.
Quand ils arrivèrent sur les lieux, il y avait déjà le journal télévisé. C'était à se demander comment ils faisaient pour être toujours au courant aussi vite. Les journalistes étaient vraiment partout. Il allait être difficile d'organiser le sauvetage s'ils trainent dans leurs pattes et les assaillaient de questions en tout genre. Il chargea donc quelques hommes de repousser les journalistes autant que possible et donna rapidement ses directives.
Au bout de quelques minutes, les quelques chaines de télévision et stations de radio locales commencèrent à couvrir l'événement. C'est par leur biais que Shuraiya fut mis au courant. Il fut bien surpris d'apprendre que la supérette dans laquelle Sanji avait dit qu'il se rendrait était victime d'une prise d'otage par un gang. Il tenta d'appeler son mari pour savoir s'il était déjà rentré, mais la communication fut vite coupée, comme si le blond avait filtré son appel. Cela voulait sans doute dire qu'il était encore dans le magasin. Il grogna de colère et composa le numéro de la jeune femme qui lui avait fais du chantage quelques semaines plus tôt. Elle ne répondit qu'au bout d'une sonnerie, en l'accueillant d'un rire glaçant.
-Je présume que vous êtes au courant de la situation de votre époux.
-Alors c'est pour ça que vous m'avez demandé de le forcer à se rendre dans ce stupide magasin !
-Je vous félicite pour votre perspicacité.
-Quel était l'objectif ?! Sanji n'a rien à voir avec tout ça !
-A vrai dire, c'est uniquement pour détruire les dernières réticences que vous pourriez avoir à nous apporter votre aide. Il n'y avait pas de meilleurs moyens à nos yeux de vous montrer que nous pouvons détruire votre vie en une balle tirée au bon endroit.
-Vous n'êtes que de sales...
-Bonne journée, Monsieur Basukûdo.
Elle raccrocha. Shuraiya reposa calmement son téléphone sur son bureau, et prit une grande inspiration. Ils ne feraient pas de mal à Sanji, car sans lui, Shuraiya n'aurait plus l'appuie des Vinsmoke, et ne serait ainsi plus d'aucune utilité à ce gang pathétique. Or ils avaient absolument besoin de lui. Il n'avait qu'à faire ce qu'ils lui demandaient, et tout le monde y trouvera son compte. Il vérifia que personne n'était aux alentours, puis commença la première mission qu'on lui avait confié.
Malheureusement, il ne savait pas que son coup de fil destiné à s'assurer de la présence ou l'absence de Sanji sur le lieu de l'affaire avait en réalité porté préjudice à ce dernier. En effet, il n'avait pas coupé le son de son téléphone, et bien qu'il se soit empressé de refuser l'appel, les membres du gang l'avait entendu, et les avait donc trouvés. Il avait eu beau supplier Luffy et Law de trouver une autre cachette, ils avaient refusé, et maintenant, ils étaient tous les trois avec tous les autres otages. Les scélérats étaient relativement nombreux, et étaient aussi bien des hommes que des femmes, à en juger par leurs silhouettes puisqu'ils étaient masqués. Après tout, les caméras de sécurité étaient toujours activées, et ils n'avaient pas intérêt à être reconnus. Pourquoi ne pas désactiver ces caméras ? Sans doute pour rester graver dans l'histoire.
Luffy jeta un coup d'œil aux otages ; ils étaient une petite vingtaine guère plus, hommes et femmes, de tout âge. Il y avait cinq enfants, dont un bébé âgé d'à peine quelques mois. Fort heureusement, il dormait, car les preneurs d'otages ne semblaient pas des plus patients. Ils étaient tous assis à même le sol, mais lui se tenait un peu en avant par rapport à Sanji et Law, prêt à les protéger. Et puis, l'un des hommes du gang prit la parole, un flingue pointé sur les otages.
-Bien maintenant qu'on a tout le monde, on va pouvoir entrer dans le vif du sujet. Je vous conseille de rester bien silencieux pendant que je donne les consignes. Compris ?
Personne n'osa hocher la tête ni ouvrir la bouche pour répondre à sa question, mais il ne s'en formalisa pas et passa à la suite.
-Dehors, il y a déjà la police. Personne n'entrera ni ne sortira d'ici tant que nous n'aurons pas donné notre accord. On a des revendications, et vous aurez la vie sauve si elles sont comblées. Mais toutes les heures passées sans avoir ce qu'on veut, nous tuerons l'un d'entre vous.
Des murmures apeurés retentirent parmi les otages ; ils furent violemment coupés par un nouveau coup de feu en direction du plafond. De toute évidence, ils avaient suffisamment de balles pour ne pas se soucier de cette perte.
-Ça ne nous dérange pas d'avoir des victimes en plus ! Alors fermez vos gueules, j'veux pas en entendre un seul parler !
Il leur jeta un regard dur, puis se tourna vers un de ses partenaires.
-Toi, va dans le bureau de Matsu et entre en contact avec la police !
-Ça roule !
Il courut jusqu'au bureau du directeur, et trouva rapidement le bouton permettant d'activer le micro se trouvant à l'extérieur du magasin. Il l'activa et prit la parole. En entendant sa voix, Shanks réclama durement le silence sur le parking et fit signe à Zoro de prendre des notes. Le micro était abîmé et grésillait, rendant le son presque inaudible, ou en tout cas difficile à déchiffrer.
-Nous avons exactement 23 otages : cinq enfants, sept femmes, et onze hommes ! Chaque heure, l'un d'eux mourra ! Sauf si vous nous donnez la somme de 50 millions de berrys, en plus de la libération des deux membres du gang Black que vous avez enfermés !
-Les fumiers, grogna Zoro en écrivant rageusement les infos dans un carnet.
-Je dois appeler nos supérieurs pour prendre une décision, déclara Shanks. Tiens-moi au courant de l'avancée de la situation.
-Je vais demander à un de nos agents de dresser une liste des noms des otages.
-Bonne idée. Il nous faudrait aussi un plan du supermarché, et surtout noter où sont positionnées les caméras de surveillance. Le proprio est avec les ambulanciers, essaie de l'interroger.
Il sortit son téléphone de sa poche et s'éloigna de la foule pour passer des appels. Grâce à la caméra de sécurité, les preneurs d'otages pouvaient surveiller leurs actions même s'ils ne pouvaient pas entendre ce qu'ils disaient ; ça constituait tout de même un avantage que la police n'avait pas. Celui qui a communiqué les revendications à la police fouilla le bureau jusqu'à trouver un poste de radio, puis il rejoignit les autres près des otages. Il alluma le poste et chercha rapidement une station d'informations afin de suivre en direct ce qu'il se disait sur l'affaire.
-Bien, voilà qui nous permettra d'être au courant de ce qu'il se passe à l'extérieur.
-Chef, ça fait une demi-heure qu'on est là !
-Plus qu'une demi-heure et on pourra faire notre première victime. Ces poulets verront qu'on n'est pas là pour rigoler !
La demi-heure en question passa avec une lenteur atroce. Chacun des otages se demandaient s'il serait le premier à y passer, ou bien si ce serait l'un des enfants ; comment savoir ? Et pourquoi devaient-ils subir une telle injustice ? Ils n'avaient rien demandé, et rien fais qui pourrait justifier de mourir ici et maintenant de la main de ces brigands. Qui étaient-ils pour décider de la fin de leurs vies ?! Comment osaient-ils demander de l'argent contre des hommes comme si c'était normal, comme si c'était naturel ?! Il fallait vraiment faire preuve d'une énorme inhumanité pour en arriver là. Ce n'étaient pas des hommes face à eux ; seulement des monstres.
Law analysait la situation avec calme en essayant d'obtenir le plus de détails possibles. Face à eux, ils étaient trois : deux hommes et une femme. Deux femmes se trouvaient près de la porte d'entrée toujours fermée. Il devait sans doute y avoir un ou deux personnes à la sortie de secours. Ce qui fait au total sept personnes à neutraliser pour sortir les otages en toute sécurité. Pas facile car les ennemis étaient tous armés sans exception. S'ils prenaient le moindre risque, l'un d'entre eux le paierait très cher. Ils n'avaient pas peur de tuer, ça ne faisait aucune doute.
A l'extérieur, Zoro avait réussi à dresser grossièrement un plan du magasin en indiquant d'une croix les caméras, ainsi qu'Ippon Matsu les lui avait signalés. Accroupis, il l'étudia en long, en large et en travers dans pour bien l'avoir en tête. Shanks vint le rejoindre, son téléphone encore à la main, en colère parce qu'il venait de se prendre la tête avec un journaliste un peu trop insistant.
-Bon sang, ils n'arrêtent pas de me coller pour avoir des infos ! C'est pas une partie de plaisir !
Zoro acquiesça sans lever les yeux de son plan. Il fut cependant obligé de le faire lorsque son téléphone sonna, signe qu'il avait reçu un SMS. C'était Luffy, qui lui avait communiqué une photo.
-Shanks, regarde ça.
-Merde Luffy, on lui a dit de ne plus communiquer avec nous !
-Peut-être, mais en attendant, on sait combien ils sont à l'intérieur, et surtout où ils sont dans le bâtiment. Avec ceux qui se trouvent près des portes de sortie avant et arrière, et même en supposant qu'il y en a un ou deux de plus qui font des rondes, on devrait pouvoir agir !
-On doit tenter des négociations avant d'agir, Zoro.
-Mais nous pouvons essayer de...
Il fut coupé par un retentissant coup de feu provenant de l'arrière de la boutique. La foule sur le parking s'agita, certains hurlèrent de panique, et les journalistes se mirent à faire des tonnes de suppositions en parlant fort pour se faire désespérément entendre par-dessus le bruit. Zoro se releva en quatrième vitesse, froissant le plan inconsciemment en serrant le poing.
-Luffy !
-Je ne pense pas qu'il se soit fait tirer dessus, dit Shanks. Si l'hypothèse qu'on a formulé quant à la présence de Law et lui dans cette prise d'otages est véridique, ils ne les élimineront certainement pas les premiers.
-Mais on ne peut pas en être sûr !
-Changement de programme, on agit maintenant ! Tu me parlais d'un plan, je crois..
Zoro secoua la tête et s'accroupit à nouveau. Il essaya de lisser sa feuille sur laquelle est dessinée le plan, et il traça un itinéraire du doigt ; itinéraire qui passait par les conduits à l'abri des caméras et menant à l'intérieur, à priori dans un angle mort des preneurs d'otages.
-Si on passe par là, on peut les prendre par surprise !
-Ok, je vois où tu veux en venir...on va tenter le coup ! Emmène deux hommes et n'agissez qu'en étant sûr que ça ne portera pas préjudice aux otages !
-Johnny ! Yosaku ! Avec moi !
A l'intérieur, un des otages a été tué.
Un des hommes. Il a été emmené par la femme du gang à l'extérieur, en passant par la porte de derrière. Il a été mis à mort là-bas. Mais le coup de feu a retentit bien fort pour que les policiers et les journalistes le sachent immédiatement. C'était un père de famille, venu avec sa femme et leur fils. Le petit garçon, ne voyant pas son père revenir, se mit à pleurer. Les autres enfants en firent de même, apeurés par les personnes masquées qui les entouraient ; ils ne comprenaient pas la situation, mais ces inconnus menaçant dont ils ne pouvaient voir le visage les angoissaient plus que tout. Le chef des preneurs d'otages s'énerva et pointa un des gosses avec son arme.
-Faites-le taire ou j'le descends !
-Eh, s'énerva Luffy. C'est pas comme ça qu'il va arrêter de pleurer !
-Eh j't'ai pas autorisé à parler !
-Vous leur faites peur avec vos masques ! Abrutis !
-Luffy espèce d'idiot, pensa Law en serrant les dents.
-T'es qui toi d'abord ?!
-Monkey D Luffy ! Je travaille avec des enfants toute la journée ! Laissez-moi les rassurer !
Sans attendre d'accord, il s'approcha de la mère nouvellement veuve et son fils, essayant de les rassurer à voix basse. Il calma les autres enfants, en parlant à voix basse et en adoptant une expression se voulant joviale pour qu'ils n'aient plus peur. Ça ne servait à rien d'essayer de leur expliquer la situation, c'était bien trop complexe pour leur jeune âge. Et comme une présence féminine serait bien plus rassurante pour eux à ce moment-là, Luffy encouragea les femmes a les câliner et leur murmurer des paroles rassurantes. Law et Sanji soupirèrent de soulagement : la situation semblait maîtrisée. Ils ne pouvaient pas se douter que ça allait mal tourner.
La femme ayant exécuté l'otage revint, et lorsqu'il la vit, le fils de ce dernier accourut vers elle, pensant qu'elle allait lui ramener son père. Sa mère, trop affaiblit par le choc émotionnel, ne parvint pas à le retenir, et elle eut beau hurler son nom, il ne fit pas demi-tour. La scélérate, voyant un des otages courir vers elle, attrapa son flingue et visa pour lui tirer dessus. Les deux premiers à réagir furent Law et Galdino. Le premier attrapa l'enfant et l'attira contre lui en le serrant fermement. Le deuxième n'avait pas vu cette action, et il s'était positionné d'un bond entre la tireuse et le petit. Il se prit la balle dans la jambe, là où aurait été la tête du jeune garçon, et s'écroula sur le sol en criant.
-Aaaaah je suis touché !
-San, paniqua Baggy en se jetant à côté de lui.
-Je vais mourir !
-Non t'es juste touché à la cuisse ! Je vais essayer de stopper l'hémorragie !
Il retira la veste et fit pression sur la plaie. Profitant de la surprise générale, Law, tout en gardant l'enfant contre lui, attrapant un objet lourd sur une étagère dans son dos et la jeta à la tête de la femme armée. Elle lâcha son arme, et il en profita pour se jeter sur elle et la maîtriser. Les deux autres hommes voulurent intervenir, mais Luffy plaqua le chef au sol et lui mit les mains dans le dos. Sanji s'occupa du dernier et lui administra un coup de pied dans le menton pour le sonner. Immédiatement, le chef tenta de se débattre, mais comprenant qu'il ne pouvait se défaire de la poigne de Luffy, il appela l'un des hommes gardant la porte de secours, qui rappliqua dans la seconde qui suivit. Deux autres otages se levèrent pour riposter, et le nouveau venu tira sur l'un d'eux. L'autre parvint à se jeter sur lui et lui faire lâcher son arme dont il se saisit pour menacer le preneur d'otages.
Ce fut à ce moment-là que les trois policiers infiltrés arrivèrent, en tenant par le bras le second garde qui était positionné à l'arrière, dorénavant menotté. Zoro fit rapidement état de la situation et demanda à Johnny et Yosaku de s'occuper des femmes à l'entrée du magasin afin de permettre en policier d'entrer, puis il prévient Shanks qu'une unité devait rapidement entrer par l'arrière. Ce fut le cas à peine dix secondes plus tard, et en quelques minutes, tous les membres du gang furent arrêtés et emmenés en vitesse.
Quand il a vu Luffy bien vivant et ne semblant pas blessé, Zoro ne put s'empêcher de le serrer fortement contre lui. En temps normal, Luffy aurait fait une blague sur les marques d'affections qui n'étaient pas habituelles de sa part, mais là, ça ne lui avait même pas traversé l'esprit. Pas alors qu'il savait qu'il était encore touché par la perte d'un être cher survenue quelques années plus tôt. Au lieu de ça, il étreignit son ami et se blottit contre lui en fermant les yeux.
-Tout va bien Zoro, chuchota-t-il.
-Espèce d'idiot, t'as pris des risques en m'envoyant cette photo !
-Je sais. Mais j'avais confiance en Shanks et en toi pour venir nous sauver. Et vous l'avez fait...
Zoro hocha la tête et le tint encore quelques secondes avant de le relâcher.
Au total, trois personnes se sont fait tirer dessus ; un mort, dont la famille fut immédiatement prise en charge, un blessé grave et Galdino, tous deux embarqués dans l'ambulance, direction l'hôpital. Les autres otages furent interrogés par la police pour prendre leurs dépositions sur les faits, puis escortés un par un pour rejoindre leurs proches soulagés et en larmes.
Ace et Sabo avaient passés les minutes les plus atroces de toute leur vie. Il y avait eu plusieurs coups de feu, mais ils ne pouvaient pas savoir si Luffy en avait été victime avant de le voir enfin sortir du magasin, escorté par Zoro, le sourire aux lèvres et sain et sauf. Sabo ne perdit pas de temps et alla le rejoindre, Haiko dans les bras. Ace se tourna vers Marco, qui avait attendu avec eux ; ils étaient ensemble à discuter dans la rue de leur déjeuner deux jours plus tôt lorsque Sabo les avait prévenu de l'affaire, l'ayant lui-même appris par la radio. Marco ne travaillait pas à ce moment-là, et il le regrettait un peu, car il aurait aimé pouvoir gérer cette affaire. Il allait devoir demander un rapport détaillé à Shanks.
-Merci d'être resté avec nous Marco.
-Je t'en prie. Va rejoindre ton frère, il a besoin de toi. Je dois voir Shanks de toute façon.
Ace lui sourit malgré ses larmes, et guidé par une impulsion soudaine, il embrassa le policier sur la joue. Puis il rejoignit ses frères en courant et serra très fort Luffy dans ses bras. Ce ne fut qu'en sentant la chaleur de son frère que Luffy comprit qu'il aurait pu ne jamais les revoir. Durant l'entièreté de la prise d'otages, il était resté fort et concentré à cause de l'adrénaline et du sentiment de danger. Mais là, il prenait conscience qu'il aurait très bien pu y rester, et il fondit en sanglots dans l'étreinte de son aîné. Zoro adressa un signe de tête à Sabo pour lui dire qu'il les laissait gérer, puis il retourna à l'intérieur, vers Sanji et Law, afin de les escorter à leur tour vers la sortie.
-Vous allez bien ?
-Aussi bien qu'on peut après un tel évènement, grogna Sanji.
-On peut rentrer chez nous, demande Law.
-Ouais, venez.
Il les conduit dehors, où la foule commençait à s'amincir petit à petit avec les départs des journalistes. Il resta près d'eux, ne voulant pas les laisser seul après une telle épreuve.
-Quelqu'un vient vous chercher ?
-Aucune idée, déclara Sanji. Ils m'ont pas rendu mon téléphone.
-Et le mien est cassé, soupira Law.
-Vous n'avez qu'à utiliser le mien.
Il sortit son téléphone et le leur tendit. Law allait s'en emparer lorsqu'une voiture arriva en trombe sur le parking et se gara maladroitement à quelques mètres d'eux. Le moteur fut coupé et le conducteur en sortit avant de claquer la porte et de courir dans leur direction. Law fut un peut surpris de voir Kid, l'air aussi affolé et énervé ; il s'attendit encore moins à ce que ce dernier le prenne dans ses bras. Il se sentit écrasé et avait un peu de mal à respirer tant il le serrait fort, mais il garda ses remarques pour lui.
-Désolé, j'ai pas réussi à arriver plus tôt !
-Je comptais t'appeler...
-Je suis là maintenant ! Viens, je te ramène à la maison.
Il demanda à Zoro s'ils pouvaient partir, et une fois son approbation obtenue, il conduisit Law à sa voiture. Killer était venu avec lui, il se chargerait donc de ramener la voiture du chirurgien jusque chez eux. Zoro fut soulagé de le voir partir avec son fiancé, sachant qu'il était entre de bonnes mains.
-Reste plus que toi, Sourcils en vrille.
-Y a personne pour venir me chercher, je vais juste rentrer.
-J'peux pas te laisser conduire en état de choc.
-C'est bon, j'suis pas une mauviette !
-Sanji !
Les deux hommes se tournèrent vers la voix, et virent Usopp arriver en courant vers eux. Il s'arrêta à leur niveau et se plia en deux, essoufflé.
-Usopp, mais qu'est-ce que tu...
-J'ai tout vu à la télé ! Bon sang, j'arrive pas à croire que ça arrive dans notre ville ! Je vais flipper à l'idée d'aller faire mes courses maintenant !
-Calme-toi, respire, on dirait que tu vas faire une crise cardiaque.
-Je viens d'aller voir Luffy, et il va bien ! Je suis soulagé ! Et je suis content de voir que tu n'es pas blessé, Sanji ! Je me suis fais beaucoup de souci ! Je t'imaginais te vider de ton sang par terre, mon dieu !
Zoro haussa un sourcil, et vit là une solution à son problème. Il poussa doucement Sanji vers Usopp, un petit sourire narquois aux lèvres.
-Je comptais le ramener chez lui, mais j'ai encore du travail. Tu veux bien t'en charger ?
-Espèce de salaud, marmonna Sanji.
-Bien sûr, oui ! Viens Sanji !
Usopp tendit la main à Sanji, préférant ne pas l'attraper pour ne pas le brusquer. Il avait peut-être été victime de violence physique durant la prise d'otages. Sanji hésita un instant, mais il reconnut que c'était la solution la plus sûre, et il se saisit de la main de son ami, le suivant jusqu'à sa voiture garée un peu plus loin. Satisfait, Zoro retourna vers Shanks pour lui annoncer que tous les otages étaient repartis avec des proches dignes de confiance. Il ne restait que Baggy, qui avait refusé de s'éloigner de Shanks depuis que ce dernier l'avait récupéré à l'intérieur du bâtiment. Mais le roux n'avait aucun problème pour travailler avec son amant collé à lui. Il était au contraire bien plus serein ainsi.
Il fallut quelques heures avant que tout le monde ne déserte le parking. Et il faudra quelques jours avant que les employés ne soient en mesure de retourner travailler dans cette petite supérette auparavant sans histoire.
Dès qu'ils franchirent la porte de leur demeure, Kid reçut un appel de sa mère, qui voulait prendre des nouvelles de Law, n'ayant pu faire le déplacement. Il n'avait fallu qu'une dizaine de minutes au roux pour expliquer le déroulement de la prise d'otages, et durant les cinquante minutes qui suivirent, elle le pria de prendre bien soin de Law pour l'aider à surmonter cette épreuve. Il avait beau lui assurer qu'il avait la situation bien en mains, elle continuait d'insister, allant jusqu'à l'engueuler parce qu'il n'écoutait pas ses précieux conseils de maman. Il avait été grandement soulagé quand elle raccrocha en le faisant promettre de la rappeler au moindre souci. Il soupira en rangeant son téléphone dans sa poche et rejoignit son fiancé au salon ; il arriva pour le voir réunir des dossiers et se diriger vers l'entrée.
-Eh, tu crois aller où comme ça ?!
-Au travail.
-Tu plaisantes j'espère ! Tu vas pas aller travailler après ce qui vient de t'arriver !
-Je vais bien Eustass...
-C'est pas une raison ! Tu m'appelles vissa ton patron et tu lui dis que...non, tu sais quoi ?! Je vais le faire ! Toi tu vas dire n'importe quoi !
Il prit le téléphone du brun et appela son patron. Ce dernier était bien sûr au courant de l'affaire, et assura Kid que Law pourrait reprendre le travail dès qu'il s'en sentirait capable. Law n'appréciait pas trop cette initiative, et il s'assit sur le canapé, les bras croisés et l'air boudeur. Kid coupa la communication et lui rendit son téléphone.
-Fais pas la gueule. Faut que tu t'reposes.
-J'ai pas besoin.
-Si, tu t'en rends juste pas compte.
-En allant bosser, j'aurais pu penser à autre chose ! Je vais faire quoi maintenant pour oublier ce qu'il vient de m'arriver ?
-Tu n'as qu'à passer la journée avec moi.
Il s'assit à côté de Law, à demi tourné vers lui. Son regard était plus que sérieux, et le chirurgien sentit que lui aussi avait eu très peur, et qu'il avait besoin de l'avoir près de lui aujourd'hui. Finalement, prendre une journée de repos et la passer avec Kid à la maison à se détendre était peut-être une bonne idée.
-D'accord, voyons si tu arrives à me divertir...
-On est arrivé, déclara Usopp en coupant le moteur.
-Merci d'être venu me chercher.
-C'est normal ! Si t'as besoin de quoi que ce soit, je suis juste en face !
-Est-ce que je pourrais venir chez toi ? J'ai pas envie de me retrouver tout seul.
-Ouais, laisse-moi juste le temps de ranger un peu.
-De toute façon, je dois prendre une douche. Je serai là dans dix minutes.
Usopp hocha la tête, et il ne quitta pas son ami des amis jusqu'à ce qu'il soit rentré et qu'il ait fermé la porte derrière lui. Sanji prit une grande inspiration, et resta quelques secondes dans l'entrée pour se reprendre. Ce cauchemar était fini, il était enfin chez lui, et il allait passer le reste de la journée avec Usopp. Il était hors de danger. Mais bon, il se sentirait mille fois une fois propre. Il jeta ses clés sur le meuble de l'entrée et se dirigea vers les escaliers menant aux chambres et à la salle de bain. Une fois arrivé tout en haut, il fut surpris de voir la porte du bureau de Shuraiya s'ouvrir ; il sursauta sur le coup, pensant qu'il s'agissait d'un intru puisque son époux était sensé travailler. Pourtant, c'était bien ce dernier qui se tenait face à lui, l'air surpris de le voir.
-Sanji, tu es rentré...
-Oui, merci de t'être inquiété !
-Écoute je...je ne savais pas ce qui allait se passer...
-Personne ne le savait, à part ces connards ! Pourtant les autres, leurs proches se sont inquiétés, et sont venus les chercher ! Je peux savoir ce que tu faisais ?!
Shuraiya préféra ne pas répondre et baissa la tête. Sanji serra les poings de frustration.
-De toute façon, je ne m'attendais pas à ce que tu viennes ! J'en avais pas envie, en plus !
-Sanji !
-T'as même pas daigné m'appeler pour savoir si j'allais bien !
-Quand je l'ai fais, tu as raccroché, je te signale !
-Parce que je me cachais, triple andouille ! Et pour après, c'est quoi ton excuse ?!
Il ne lui laissa pas le temps de répondre ; il entra dans la salle de bain et claqua brutalement la porte. Shuraiya resta interdit un instant, et se dit qu'il ferait mieux de lui laisser le temps de décolérer. Il retourna donc dans son bureau mais laissa la porte ouverte pour suivre les faits et gestes de son mari. Quand Sanji sortit, lavé et habillé, il était toujours très fâché et bien décidé à le faire savoir à l'autre homme.
-Shuraiya, je vais chez Usopp.
-Quoi ? Attends !
-Tout à l'heure, un ami m'a dit que t'avais de la chance de m'avoir, laisse-moi te dire que c'est loin d'être réciproque.
Sur ces paroles, il partit sans demander son reste, pour passer une fin de journée tranquille loin du danger qui le menaçait, loin de Shuraiya qui le faisait souffrir, et loin de cette maison qui l'oppressait tellement.
Quand les médias ont commencé à parler de cette affaire, Nami était au travail. Ce ne fut qu'entre deux cours qu'elle eut des échos de l'affaire, mais seulement dans les grandes lignes. Elle n'eut des détails qu'à la pause déjeuner, quand elle en discuta avec Robin. Ce fut à ce moment-là qu'elle appris que certains de ses voisins en avaient été victime. Profondément touchée, elle avait été ailleurs durant tous ses cours de l'après-midi. Elle avait même manqué d'avoir un accident de voiture en rentrant tant elle avait l'esprit ailleurs. Heureusement, Robin et elles rentraient ensemble, et son amie avait donc pu la ramener à temps à la réalité.
-Nami, préfères-tu que je prenne le volant ?
-Ça va aller, on est presque arrivé.
-Arrête-toi chez toi, je finirai à pieds. Non pas que j'ai beaucoup de route.
L'avantage de vivre dans le même quartier faisait qu'il n'y avait pas beaucoup de maisons entre les leurs. Aussitôt que Nami se gara dans son allée, Vivi sortit de la maison et fonça dans ses bras. Elle avait tout suivit à la télé durant toute la journée ; même si la prise d'otages n'avait eu lieu que le matin, les chaines n'avaient pas cessé d'en parler. Elle avait aussi pris des nouvelles auprès de ses amis pour s'assurer qu'ils allaient bien après ce terrible incident. Toute cette histoire l'avait retournée, et elle était bien heureuse que Nami soit enfin rentrée.
-Je suis contente que tu sois là ! Je ne me sentais pas rassurée de rester seule !
Nami lui caressa tendrement les cheveux pour la rassurer. Elle avait été inquiète que Vivi soit seule à la maison, elle était donc soulagée de voir qu'elle n'avait rien.
-Je vais vous laisser, dit Robin. Franky aussi doit être pressé que je rentre.
-Tu veux qu'on t'accompagne, proposa Vivi.
-Merci mais ce n'est pas la peine. Vous feriez mieux de rentrer vous détendre et profiter d'un temps calme en tête à tête.
Elle les salua et pris le chemin du retour. Les deux jeunes femmes la suivirent des yeux jusqu'à ce qu'elle soit dans son jardin ; c'était peut-être une précaution inutile, mais le quartier commençait à être de moins en moins sûr. Elles rentrèrent ensuite chez elles pour se glisser sous un plaid devant un bon film romantique avec de gros pots de glace pour décompresser.
Robin arriva chez elle et rangea son manteau et ses chaussures, puis laissa son sac sur le meuble de l'entrée. Pour une fois, elle préférait s'occuper de tout ça le lendemain ; là, elle voulait juste passer une soirée tranquille avec Franky. Ce dernier était assit dans son fauteuil, l'air pensif. Elle le rejoignit et l'embrassa sur la tempe avant de s'installer sur ses genoux.
-Salut toi...
-Salut Robin. Ça a été ta journée ?
-Angoissante. Je suis contente d'être rentrée.
Il enroula un bras autour de ses hanches et la tint contre lui. Elle passa son bras droit autour de son cou et posa son autre main sur son torse, au niveau de son cœur. Elle se blottit contre lui en souriant, sachant que son mari n'était pas perturbé uniquement à cause des événements de la supérette.
-Franky...
-Oui ?
-Je sais que tu m'as espionné ce matin.
Elle le sentit sursauter et déglutir, ce qui l'amusa, mais elle ne le laissa pas s'en apercevoir.
-Comment t'as su ?
-Disons que tu n'étais pas vraiment discret.
-Ce...c'est juste que...
-C'est encore cette histoire de photos et tu voulais t'assurer de la situation par toi-même, n'est-ce pas.
-Je suis vraiment désolé, mais ce Spandam, je le sens pas du tout. J'ai l'impression qu'il cache quelque chose.
-Je ne t'en veux pas. Mais tu n'as pas besoin de t'en faire, je gère la situation. Tout à l'heure, je n'ai flirter avec lui que parce que je t'ai repéré, tu sais.
-Je te fais confiance, et je ne t'espionnerai plus, c'est juré !
Elle le remercia d'un baiser, et pour le récompenser de son honnêteté, elle l'invita à le suivre dans la chambre pour lui rappeler qui est le seul et unique homme de sa vie.
L'auteur en a chié des briques pour écrire ce chapitre.
Après un long blocage, car une fois n'est pas coutume, j'ai enfin réussi à sortir ce chapitre bien plus sombre que les précédents.
J'ai tout donné pour la scène de la prise d'otages, d'où le fait que les scènes suivantes sont vraiment toutes petites. Mais elles étaient quand même indispensables alors je ne les ai pas enlevées.
J'ai changé un tas de détails par rapport à ce qui était prévu quand on a rédigé le plan, j'espère que j'ai pas laissé d'incohérences...
J'ai fais exprès de ne pas couper la scène dans la supérette en alternance avec les scènes sur le parking pour pas briser le rythme.
D'ailleurs, je me suis inspirée de la scène de prise d'otages de la saison 3 de Desperate Housewives, ainsi que d'un documentaire trouvé sur YouTube.
Le titre de la vidéo est : "Human Bomb, prise d'otages à la maternelle de Neuilly".
Elle m'a été très utile, n'hésitez pas à aller la regarder !
Attention cependant, ça traite d'un sujet vraiment difficile ! Âmes trop sensibles s'abstenir !
Merci à tous ceux qui me laisseront leur avis, car c'était très difficile à écrire, et j'espère que le résultat vous plaît !
