Le Prix d'une nouvelle vie
Résumé : Oliver reçoit une visite en prison qui lui donne l'idée d'un cadeau pour sa famille. Mais rien ne se passe jamais comme prévu et Felicity va le découvrir à ses dépens.
Note : Me revoilà enfin avec une petite fic Olicity, qui se passe au début de la saison 7, alors qu'Oliver est en prison. Ce fandom a l'air quelque peu déserté mais j'espère que quelques lecteurs passeront par ici :) Cette fic va être un vrai ascenseur émotionnel et j'espère que vous m'accompagnerez jusqu'au bout pour découvrir toutes les peines et les joies que je leur réserve. Je n'en dis pas plus, bonne lecture !
Pat : Si jamais tu passes par-là, un énorme merci pour ta dernière review, tes mots m'ont vraiment touchée et m'ont redonné le courage de continuer à écrire cette fic. Si tu te crées un compte un jour je te répondrai en détail mais en attendant, merci beaucoup !
Chapitre 1
Oliver faisait les cent pas dans sa cellule. Après un cauchemar particulièrement vivace, il s'était réveillé en sursaut et n'arrivait plus à trouver le sommeil, incapable de rester plus longtemps immobile dans son lit. Il allait se lancer dans une série de pompes pour évacuer son énergie lorsqu'un cliquetis attira son attention. Prêt à se défendre, il se retourna vivement mais baissa directement la garde en reconnaissant l'intrus. Supergirl.
-Salut Oliver, dit-elle avec un petit sourire triste. Je suis vraiment contente de te voir.
Les couleurs vibrantes de son costume, son visage à découvert qui n'exprimait que de la bienfaisance et l'aura d'espoir qu'elle dégageait toujours étaient une vraie bouffée d'air frais dans l'ambiance étouffée et austère de la prison. Il ne se rappelait pas de la dernière fois qu'il avait vu quoi que ce soit de si coloré. De si vivant.
Une ligne d'inquiétude barrait le front de la kryptonienne et il n'avait pas à en demander la raison. Un mois en prison l'avait changé, il n'était physiquement plus le même Oliver qu'elle avait connu. Ses cheveux étaient coupés à ras pour qu'ils ne servent pas de prise sur lui lors d'un combat, sa barbe qui lui mangeait le visage lui donnait un air hostile et sauvage, son corps déjà musclé l'était encore plus qu'auparavant et d'innombrables bleus et coupures témoignaient de ses combats incessants. Cette vie le détruisait à petit feu mais voir son amie extraterrestre lui mettait du baume au cœur.
-J'espère que tu n'as pas tordu les barreaux pour entrer, je n'aimerais pas avoir à expliquer ça aux gardes demain, répondit-il avec un soupçon d'humour pour la dérider.
Son ton de camaraderie eut l'effet désiré car Kara le prit dans ses bras avec un petit rire. Cette douceur en contraste avec la brutalité des coups qui marquaient son quotidien lui fit monter les larmes aux yeux et il lui retourna son étreinte, profitant de ce contact humain qui lui manquait tant. Sa chaleur le réchauffait jusqu'aux os, chassant pour quelques instants le froid qui était devenu une constance dans ce lieu.
-Ne t'inquiète pas, dit-elle dans son cou, j'ai volé la clé aux gardes et avec ma super vitesse ils n'ont rien vu.
-Barry a juste traversé les barreaux comme s'ils n'existaient pas.
Avoir pour amis des êtres aux pouvoirs qui défiaient l'imagination avait ses avantages. Barry était venu le lendemain de son incarcération, paniqué et outré, prêt à le sortir de là en un clin d'œil. Mais devenir fugitif n'était pas une option pour Oliver.
-Est-ce que tu es en train de dire que les pouvoirs de Barry sont plus cool que les miens ? demanda Kara d'un ton faussement offensé alors qu'elle se dégageait de leur étreinte. Parce que je te rappelle que j'ai une vision laser et que je peux réduire ce mur en poussière avec un seul doigt.
Et Barry pouvait lancer des éclairs et guérissait en un clin d'œil. Mais il ne rentrerait pas dans ce débat, à ses yeux, ils étaient tous les deux extraordinaires. Il leva les mains en signe d'apaisement et lui promit qu'il ne faisait pas de comparaison et qu'il n'avait pas besoin de démonstration. Ils partagèrent un sourire complice avant que Kara ne reprenne d'un ton plus sérieux :
-Je viens juste d'apprendre ce qu'il t'est arrivé. Barry m'a dit que tu refusais qu'on te sorte de là mais après trente-six jours, j'espère que tu as changé d'avis ?
-Non.
-Oliver, tu mérites tellement mieux que ça ! reprit-elle sans le laisser s'expliquer, désignant d'un geste sa cellule et les barreaux qui le retenaient prisonnier. Tu n'es pas un criminel, tu n'as rien à faire ici, en un claquement de doigts je peux t'amener à Aruba où tu pourras profiter du soleil et boire des martinis.
Cette image lui soutira presque un sourire. Bronzer sur la plage, les pieds en éventail, coupe en main, avec pour seule inquiétude d'éviter un coup de soleil. C'était tellement éloigné de tout ce qu'il vivait depuis des années.
-Tu oublies Felicity et William.
-Je les amènerai aussi, rétorqua-t-elle.
-Ce n'est pas si simple.
La discussion allait être longue, la convaincre de l'inéluctabilité de sa présence ici ne serait pas mince affaire, il l'invita donc à s'asseoir sur son lit d'un geste de la main. Kara s'exécuta sans perdre sa détermination, prête à l'écouter mais à contrer tous ses arguments. Dès qu'il lui exposerait les faits, elle serait obligée de rendre les armes, comme Barry l'avait fait et comme lui s'y était résigné depuis le marché qu'il avait conclu avec l'agent Watson.
Elle s'était assise en tailleur contre le mur pour être à l'aise et il lui tendit son oreiller pour qu'elle le glisse dans son dos alors qu'il s'asseyait contre la tête de lit. Il n'y aurait pas plus confortable dans sa cellule. Il lui expliqua alors qu'il ne pouvait pas devenir un fugitif, que sa famille ne méritait pas ça. Même s'ils vivraient ensembles, ils seraient toujours cachés, avec la peur au ventre d'être reconnus et tous condamnés. C'était un risque qu'il se refusait de prendre, même s'il rêvait de retrouver sa femme et son fils.
Deuxième option, pour ne pas les mettre en danger, il pourrait garder ses distances, il vivrait libre mais loin d'eux. C'était à peine mieux que cette vie en prison. Sauf que ça signifiait que sa famille et ses amis proches seraient constamment surveillés par la police dans l'espoir de retrouver sa trace. Ils seraient suspectés jusqu'à ce qu'Oliver soit retrouvé. Les anciens membres de la Team Arrow risqueraient la prison. Pire, il n'aurait aucun espoir de revoir un jour ceux qu'il aimait.
Rester en prison signifiait qu'ils pourraient lui rendre visite dès que Diaz serait arrêté. Même si ce serait à travers une vitre et via un téléphone, il pourrait les voir et les entendre. Felicity et William pourraient continuer à vivre normalement. Il était impatient de voir ce criminel derrière les barreaux, son sacrifice prendrait alors tout son sens. En plus, il avait une chance de faire diminuer sa peine s'il se comportait à carreaux et alors il les retrouverait, même si c'était dans plusieurs années. Il n'y avait pas de meilleure alternative.
Au fil de ses paroles, Kara n'avait pas hésité à l'interrompre pour lui proposer des solutions ou pour s'offusquer de la situation, mais comme il l'avait prédit, elle avait fini par réaliser qu'il était coincé ici même s'il avait de nombreux moyens de s'échapper.
-C'est pour ça que tu es blessé ? demanda-t-elle, la frustration laissant finalement place à l'inquiétude. Tu ne te défends pas des autres prisonniers pour essayer de faire profil bas ?
-Oh, je me défends, répondit-il. Mais je n'attaque jamais. C'est eux qui empirent leur situation, moi je n'y suis pour rien.
-Qu'est-ce qu'il y a de pire que d'être enfermé ici ?
Tellement de choses. Heureusement, à Slabside, les seules mesures punitives étaient la privation de sorties ou la mise en isolement. Il n'y avait pas encore goûté mais il ne la redoutait pas, pas après ce qu'il avait vécu aux mains de Ra's al-Ghul. Mais il ne pouvait rien dire de tout ça à Kara qui n'avait jamais connu de tels tourments et dont la vie était si éloignée de ces ténèbres.
-Je voulais juste dire qu'ils auront des mauvais points dans leur dossier quand ils voudront demander une sortie anticipée.
Elle le regarda avec suspicion mais n'insista pas sur le sujet et un sourire de connivence éclaira ses traits.
-Je pourrais m'interposer la prochaine fois qu'ils t'attaquent. Leur faire comprendre à coups de vision laser que c'est une mauvaise idée de s'en prendre à un ami de Supergirl.
Il adorerait voir Brick et ses sbires se prendre une raclée par Supergirl. Sauf que ça ne résoudrait rien, ils reviendraient à la charge dès qu'elle serait partie, ils se moqueraient de lui en affirmant qu'il avait besoin de la protection d'une fillette, et la réputation immaculée de Supergirl en prendrait aussi un coup. Sans parler de la panique sécuritaire que sa présence dans la prison engendrerait et qui risquait de conduire Oliver tout droit en cellule d'isolement de crainte qu'elle l'aide à s'échapper.
-Merci pour la proposition, mais je m'en sors bien par moi-même. Et puis ma réputation me précède, ils me craignent tous même s'ils essaient parfois de m'avoir. J'ai tout sous contrôle, ne t'inquiète pas pour moi.
-Bien sûr que je m'inquiète pour toi, dit-elle en posant une main réconfortante sur son genou. Cette vie est… Tu ne peux pas me dire que tu vas bien.
Non, il n'allait pas bien. Il était las de ces combats incessants, de cette vigilance constante pour ne pas être pris par surprise. Cette prison aurait raison de lui. S'il se battait, c'était uniquement pour Felicity et William, il ne pouvait pas simplement se laisser dépérir. Alors il contrait les coups, ignorait les insultes, supportait l'inaction des gardes, mangeait ce qu'il fallait pour survivre et subissait ses cauchemars. Pour eux.
Oliver posa la main sur celle de Kara, puisant dans son réconfort. Il n'avait pas les mots pour lui dire combien il lui était reconnaissant. Son soutien et sa présence lui redonnaient une force nouvelle. Il avait commencé à se perdre dans cette routine de solitude et de violence mais la voir lui rappelait que le monde continuait de tourner en dehors de sa cellule. Il avait une famille, en dehors de Felicity et William, qui l'aimait tout autant et qui s'inquiétait pour lui. Pour eux aussi, il devait se battre.
-Est-ce que je peux faire quelque chose ? demanda Kara avec une pression des doigts trahissant son besoin de l'aider. N'importe quoi, dis-moi.
Rien ne pouvait améliorer son quotidien, il était condamné à rester dans cette prison et à en subir les règles. Mais Kara désespérait de faire quelque chose pour lui et sa famille aurait bien besoin de Supergirl.
-Tu pourrais protéger Felicity et William ? Diaz les pourchasse pour se venger de moi. Ils sont sous le programme de protection des témoins d'ARGUS mais j'ai peur que ça ne soit pas suffisant…
Au final, c'était ce qui lui pesait le plus. Ne pas être là pour assurer leur protection. Être coincé ici, se contenter de quelques nouvelles toutes les deux semaines lorsque Dig lui rendait visite, en sachant pertinemment qu'à tout moment, Diaz pouvait les retrouver et les tuer. Le FBI et ARGUS étaient à ses trousses mais le Dragon continuait de leur échapper.
Kara se mordilla la lèvre et détourna le regard, et il sut directement qu'elle allait refuser, c'était de toute façon injuste et égoïste de sa part de lui demander une telle faveur. Mais s'il ne l'avait pas fait, il s'en serait voulu.
-Je ne peux pas rester sur cette Terre. National City a de gros problèmes et Supergirl doit être là. Je suis désolée Oliver, je…
Il allait lui dire de ne pas s'excuser, qu'il comprenait et qu'il n'aurait pas dû lui demander ça, mais une idée lui traversa l'esprit. Une idée folle et théoriquement impossible. Sauf qu'il avait devant lui une kryptonienne échouée sur une Terre parallèle à la sienne, qui venait de traverser des univers pour lui rendre visite incognito dans sa cellule. Et ce serait tellement beau pour sa famille. Ils pourraient vivre une vie normale, sans se cacher, sans adopter de nouvelle identité, sans regarder toujours derrière leur dos à l'affut d'une menace.
-Est-ce qu'ils pourraient habiter sur ta Terre ?
Le visage de Kara s'illumina d'un sourire resplendissant alors qu'elle lui serrait la main dans son excitation. Il allait certainement avoir un bleu mais il s'en fichait, parce qu'il allait offrir le meilleur cadeau à Felicity et William. Il n'aurait plus jamais à se soucier de leur sécurité, ils auraient le meilleur ange gardien qui soit pour veiller sur eux et personne sur la Terre-38 ne connaissait Green Arrow ni Oliver Queen. Ils seraient libres.
-Bien sûr ! Je vais organiser tout ça, créer des identités, dénicher un appartement, chercher la meilleure école pour William... Il est en quelle classe ? Tu connais ses options ?
Un poids immense se souleva de son cœur malmené alors qu'ils discutaient de leurs plans futurs. Sa femme et son fils allaient pouvoir simplement vivre. Lui serait coincé ici mais sa famille ne serait plus en danger. C'était tout ce qui comptait.
…
Note : Le point de vue de Felicity au prochain chapitre ! Vous pensez qu'elle va accepter d'emménager sur une autre Terre alors qu'Oliver est toujours en prison ?
