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Sauf-conduit

Mercredi 26 juin 1996 : le Centre

Je viens d'installer Alastor et ses 12 soldats en formation au Centre, il m'a fallu plus de temps que prévu pour arriver à préparer les amulettes qui leur permettront d'entrer et sortir selon leurs besoins : mes mains n'ont cessées de trembler suite au doloris qu'il y a quelques jours. Et ces amulettes demandent beaucoup de précisions car les runes sont minuscules.

J'ai cependant l'impression que j'ai fini de récupérer à présent. Mais ce n'est pas pour autant que j'ai chômé.

J'ai pris mes quartiers dans l'ancien bureau de mon père. Après sa mort, et n'ayant jamais vécu au Manoir depuis, j'avais tout laissé en l'état. Les elfes avaient maintenu le tout propre et rangé, mais les dossiers dont je n'avais pas eu besoin étaient toujours là où il les avait posés, son fauteuil comme il l'avait rangé, même les rideaux semi-ouvert étaient tels qu'ils les avaient laissés.

J'avais… Nous avions tous les deux souffert de notre mésentente. Mais après ses dernières actions, je reste persuadée qu'il m'aimait malgré tout. Et je l'aimais aussi. La plaie de sa mort s'est refermée depuis longtemps et bien plus facilement que celles dues à d'autres morts de mon entourage. Ca ne m'a pas empêchée d'hésiter un moment, postée devant le chambranle de la porte. Pouvais-je vraiment m'asseoir là ? Effacer les derniers vestiges de sa présence ici ? J'avais besoin d'un bureau pour gérer la guerre et celui-ci était adapté mais je ressentais une certaine réticence. Je ne me considère pourtant pas comme particulièrement sentimentale, quoique certains auraient sans doute à redire sur le sujet.

Finalement, après quelques longues minutes, je suis entrée, la porte claquant doucement dans mon dos. Le bois du bureau était lisse et doux et quand je me suis assise dans le fauteuil, il était trop bas pour moi : je dépassais à peine du bureau. Il m'a fallu quelques coups de baguette, un coussin bien rembourré et un repose-pied pour être apte à travailler.

L'encre était fraiche, signe que mes elfes avaient poussé le détail de l'entretien du Manoir aux extrêmes, mais ça ne m'a pas dérangée. Au contraire, j'ai pu immédiatement me mettre à rédiger une missive pour Amelia Bones afin de reprendre contacte et d'organiser une rencontre. Quand on souhaite se faire discret, le patronus n'est pas vraiment de mise : c'est un sort bruyant car il ne peut que transmettre des messages à voix haute, et voyant de part sa nature. Si Amelia se planque, il risquait de dévoiler sa position. Les chouettes étaient trop sujettes au détournement. J'ai donc une fois de plus usé de mes elfes : ils mettraient un peu plus de temps à la trouver et devraient peut-être se frotter aux elfes d'Amelia si elle avait réussi à en embarquer un dans sa fuite, mais ils seraient plus discrets.

Après avoir rédigé les quelques lettres nécessaires d'une main pas toujours assurée à cause des tremblements, j'ai bossé pour monter un dossier sur chacun des Mangemorts avec l'aide d'Alastor et j'ai observé de loin Cameron s'entraîner avec Lavrenti. Mary participe aussi de temps en temps, mais c'est désolant à regarder.

Bill Weasley est venu quelques fois discuter avec Andreas et ils ont fini par échouer dans mon bureau.

- Cambrioler Gringotts est impossible, m'a rappelé le rouquin avant d'ajouter : pas sans l'aide d'un gobelin et ils n'aiment pas les sorciers. Qu'on s'oppose à Voldemort ne suffira pas à les convaincre. Certains sont même du coté des Mangemorts.

- Dans l'absolu on ne veut pas cambrioler Gringotts, ai-je répondu. On veut aller détruire un objet qui s'y trouve et il peut très bien y rester une fois la magie noire qu'il contient détruite.

- Il y a une clause qui contient ce genre de dégradation dans tous les contrats classiques… Ca ne fonctionnera pas.

- Bon sang pour ce qu'on en sait je parierais que l'objet en question a été volé par Voldemort et confié à un de ses Mangemorts, ça ne leur appartient pas !

- Pour les Gobelins, les sorciers sont tous des voleurs, ça ne changera rien.

Je voyais bien que Bill n'essayait pas de nous mettre des bâtons dans les roues, mais il aurait pu nous donner des solutions au lieu de simplement soulever les problèmes ! Passant une main dans mes cheveux, j'ai soupiré :

- Le plus simple serait que Gringotts se fasse consumer par le Feudeymon.

- Ne redites jamais ça, a craché l'aîné des Weasley. Gringotts est la seule demeure des Gobelins d'Angleterre ! Nous les avons tellement réprimés au cours des siècles passés qu'ils ne peuvent que vivre là-bas sur notre territoire.

J'ai levé les deux mains en signe de paix. Je ne l'imaginais pas si fervent défenseur de ces petits êtres qui nous méprisent… Bien qu'ils aient sans doute des raisons de le faire.

- Il y a toujourrrs une faille à exploiter même dans les contrrrats Gobelins, est intervenu Andreas. N'y a-t-il que les prrrroprrriétairrres des coffrrres qui peuvent y accéder ? Comment cela se passe t-il si l'un d'eux n'est pas en mesurrrre de se déplacer ?

- Il peut confier la clé de son coffre à une tiers-personne ou envoyer son elfe.

- Minute, tous les coffres n'ont pas de clés, suis-je intervenue.

Les coffres que j'utilise de manière courante en ont toutes une, mais ma famille est une vieille famille et nous avons aussi un coffre qui ne s'ouvre pas avec une clé. On perd ou on se fait voler des clés facilement après tout. Je n'utilise jamais ce coffre mais ceux que nous cherchons à « visiter » devraient avoir le même genre de sécurité.

- Comment ça se passe pour ces coffres là ?

- Hum… C'est plus compliqué. En général, les gens ont des réserves suffisantes chez eux. Les seules personnes pouvant y accéder sont leur conjoints selon les modalités établies dudit mariage et en général les anciennes familles veulent tellement préserver leur patrimoine que même les époux ne peuvent pas accéder à leurs coffres respectifs. Les elfes ça ne fonctionne pas.

- Il doit bien y avoir quelqu'un qui est désigné non ?

- A défaut, ce sont en général les dirigeants de chaque lignée.

Cette précision m'a fait me redresser brusquement et les deux hommes ont sursauté. Après la mort du père de Sirius, c'était lui le dirigeant de la lignée, mais il se trouvait déjà à Azkaban : combien on parie que personne ne s'est occupé de mettre une restriction entre temps… Surtout que Sirius est mort à présent. Ce qui signifie que, techniquement, la famille Black n'a plus de dirigeant jusqu'à l'arrivée à l'âge adulte d'un héritier mâle destiné à porter le nom des Black et à le transmettre. Je crois que personne ne sait que je suis l'Intendante…. Et donc le dirigeant jusqu'à nouvel ordre. J'ai senti un sourire carnassier m'étirer les lèvres :

- Je crois que j'ai un tour à faire à Gringotts.

- Plait-il ?

- Gardez ça pour vous, mais je suis l'Intendante de la famille Black… Ce qui signifie que j'ai accès au coffre de Bellatrix... Si la chance nous sourit, on devrait pouvoir récupérer un Horcruxe de plus.

- Ce n'est pas aussi simple que ça, tu oublies que tu es rrrecherrrchée dans tout le pays, est intervenu Andreas.

- Et il faut trouver un Gobelin qui soit disposé à nous aider, a renchéri Bill. Et le bon Gobelin : tous ne peuvent pas ouvrir tous les coffres…

- Tu peux te charger de ça ? demandais-je.

- Je peux, mais étant donné la situation, ça peut prendre des mois d'autant plus que tu veux entrer dans le coffre sans que sa propriétaire en soit avertie.

- Je veux juste entrer sans rien prélever, si jamais ça aide.

Le briseur de sort a hoché la tête avant de prendre congé, non sans rouler des yeux d'un air exaspéré quand je lui ai rappelé que c'était top secret. Andreas est resté et m'a demandé quand la porte à claquer :

- Comment comptes-tu venir à bout de l'Horrrcrrruxe sans le jeter dans le Feudeymon ?

- Je suis Maître des Potions et j'ai quelques contactes à l'international : je vais essayer d'acheter une fiole de venir de Basilic. Ca me prendra aussi quelques mois.

- Si tu en trrrrouves… C'est excessivement rrrarrre et cherrr.

- Tu ne m'apprends rien.

- Si jamais quelqu'un t'en fourrrnis, j'irrrais la cherrrcher moi-même.

J'ai hoché la tête : en tant que Convoyeur, il peut aller n'importe où. Il sera moins suspect qu'un colis contenant du venin de Basilic qui a besoin de voyager de manière particulière pour ne pas risquer de tuer malencontreusement quelqu'un.

- Des nouvelles du Journal ?

- Non.

- Poudlard ?

- J'ai contacté Sinistrrra et Flitwick, mais Rrrrogue ne rrrépond pas.

Pas étonnant, il s'est mis en danger en venant sauver Mary de l'effondrement de son esprit : il doit absolument se protéger et consolider sa position chez les Mangemorts. En toute logique, il nous contactera quand il le pourra. Et je n'en reviens pas d'avoir autant confiance en ce type…

- On ne sait toujourrs pas quel est le derrrrnier Horcruxe que nous avons trrrrouvés.

J'ai grogné de mécontentement. Au moment où Zilphya m'a parlé des Horcruxes, deux étaient détruits, soit la bague et le serpent. Trois trouvés dont l'un perdu, cette phrase là est un peu ambigüe. Je pense qu'elle signifie plutôt que nous les avions en notre possession, même si nous ne le savions pas, un peu comme pour le médaillon qui était à porté de main dans la maison familiale de Sirius. Celui qui a été perdu est vraisemblablement le Journal que possédait Mary. Mais le dernier… Je ne sais pas où chercher. Peut-on éventuellement considérer que si il y a bien un Horcruxe à Gringotts dans le coffre de Bellatrix il m'appartient plus où moins et fait partie des Horcruxes « trouvés » ? Si c'est le cas, cela veut dire qu'il faut qu'on cherche un autre Horcruxe à proximité d'un dragon.

Je vais convoquer Charles Weasley et lui demander s'il peut accompagner Andreas faire un tour des deux réserves de dragons d'Angleterre. Nous ne pouvons négliger aucune piste. Quant à Poudlard, il faudra attendre le retour de Sinistra, Flitwick et Rogue et leurs recherches dans le château ce qui risque de prendre également du temps.

Nous avons encore de longs mois de guerre devant nous…

Je ne sais pas quoi faire de Mary. L'entraîner au duel oui, mais elle n'est pas une duelliste. Il faut aussi que je lui apprenne tout ce que je peux, sait-on jamais : peut-être est-ce une information qui me paraît futile sur le moment qui se révèlera capitale pour tuer Voldemort.

Lundi 1er juillet 1996 : Manoir des Roses

C'est la première pleine lune que mon loup passe au Manoir des Roses. Je n'ai pas osé me rendre au Phare après ce qu'il s'est passé le mois dernier. Il a aimé le changement de lieu, mais je crois que les moutons lui ont manqué. Il n'y a rien à chasser ici et le terrain est moins grand. M'enfin, il n'a pas à se plaindre.

Je reçois Amelia au Manoir aujourd'hui. Gin a fini par la retrouver et à mon grand soulagement elle est en vie et bien portante. Elle a même pu récupérer sa nièce qui était à Poudlard lors de l'attaque et que nous avons réussi à sauver. La pensé des enfants qui sont restés là-bas me serre toujours l'estomac. Je ne veux pas penser à ce qu'on a pu leur faire.

*Manoir des Rose, plus tard*

Amelia est arrivée, escortée de Kingsley Shacklebolt et Nymphadora Tonks. Elle marchait énergiquement et semblait en pleine forme. Sa nièce Susan suivait également, un peu pâlotte mais l'air déterminée. Je voyais cependant de l'incertitude dans ses yeux et elle m'a à peine saluée. J'attendais entourée d'Andreas et d'Alastor. L'ex-directrice du département de la justice magique a semblé étonnée de voir mes deux accompagnateurs mais n'a pas fait de commentaire.

- Vous avez l'air en forme Amelia, ai-je dit une fois qu'elle eu passé la barrière magique qui entourait le Manoir.

- Vous m'avez évité le pire lors de l'attaque du Ministère, a-t-elle concédé avec un mouvement de tête sec.

Ce fait ne semblait pas la déranger, mais je savais qu'elle aurait préféré rester en arrière avec ses aurors et se battre. Je lui ai rendu son signe de tête et nous sommes tous allés nous installer dans le bureau de mon père – mon bureau désormais. J'ai confié Susan à Mary en passant.

- Les choses n'ont jamais été aussi mal, a commenté Amelia. Même lors de la première guerre, nous avions toujours réussi à maintenir à flot un gouvernement.

- Un gouvernement infiltré jusqu'à la moelle par les Mangemorts, ai-je contré. Mais heureusement certains sorciers étaient toujours fidèles à la lutte contre Voldemort.

Alastor m'a accordé un sourire tandis que je lui jetais un coup d'œil et sur son visage couturé de cicatrice ça ressemblait plus à une grimace.

- Nous avons déjà bien assez de problème sans en plus devoir vivre en toute illégalité, n'avez-vous pas lu la Gazette ?

- Toutes nos têtes sont mises à prix je sais. Je m'étonne d'ailleurs qu'il n'y ai pas eu plus de changement que la nomination d'un nouveau ministre et quelques articles dans la Gazette.

- Ils préparent quelque chose, est intervenue Tonks. Il y a du mouvement, des bruits de couloirs au Ministère mais rien ne sort.

J'ai haussé un sourcil, mais je n'ai pas commenté. De part son talent de métamorphomage, Nymphadora Tonks est sans doute la personne la plus efficaces que nous ayons en terme d'infiltration et d'espionnage. Elle passerait à travers toute les magie destinées à démasquer les déguisements. Ca ne m'étonnerait pas que la raison pour laquelle nous la voyons si peu soit parce qu'Amelia, qui reste toujours sa supérieure malgré la chute du Ministère, l'a envoyée là-bas pour s'informer. Cette pensée m'a ramenée vers Callum qui n'a plus donné de nouvelle depuis un sacré moment. Peut-être qu'Amelia pourrait me renseigner sur son sort ? Mais selon mon accord avec Callum, je ne devais pas mentionner son rôle à qui que ce soit.

- Voldemort a-t-il réussi à entrer au Département des Mystères ? ai-je demandé.

- Non, lors de l'attaque tous les Langues-de-Plomb se sont enfermés dans le Département et les communications ont été entièrement coupées. C'est une procédure d'urgence que j'avais mis en place avec eux quelques jours à peine avant l'attaque, a souri Amelia l'air très satisfaite d'elle-même. Nous savons qu'il voulait y accéder et il m'a semblé important d'éviter qu'il mette la main sur ce qu'il cherchait quoi que ce soit.

Voilà qui répondait au mystère du silence de Callum.

- Il y a là-bas une prophétie sur sa défaite. Il ne la connait que partiellement ce qui a conduit à son annihilation temporaire quand il a attaqué Mary Potter. Il n'y a cependant rien dans cette prophétie qui lui sera utile. Mais tant qu'il se concentre sur un moyen de l'obtenir, nous avons un peu de temps devant nous.

- Qu'allons-nous faire de ce peu de temps ? m'a demandé Amelia. Je suis sûre que vous avez déjà des idées.

- Il nous faut préparer notre défense. Alastor se charge d'entraîner une unité de combattant, tous majeurs et volontaires. Je pense qu'il serait bien que vos aurors passent un peu de temps avec lui : non pas que vous ne soyez pas compétents, ai-je ajouté en voyant Tonks et Kingsley se tendre. Mais sans vouloir vous offenser vous ne savez pas combien les combats en temps de guerre sont éloignés de ceux que vous avez pu mener jusque là.

Ils sont tous les deux devenus aurors en temps de paix, et je ne voyais aucune façon de leur dire de manière polie que l'Ordre du Phénix n'était qu'une blague et qu'ils ne tiendraient pas longtemps dans une bataille contre des Mangemorts de la trempe des Lestrange. Azkaban ne leur avait pas fait du bien, mais curieusement ils semblaient être ressortis renforcés de cette épreuve.

- Il nous faut aussi contre-attaquer, a dit Kingsley.

- Pas dans l'immédiat. Amelia, je vous communiquerai plus tard un détail d'extrême importance, mais sachez qu'en l'état Voldemort ne peut pas être tué. Tant que nous ne serons pas arrivés à le rendre mortel, rien ne sert d'attaquer à moins d'avoir un moyen infaillible de ne tuer que les bonnes personnes. Sinon, ce sera la population qui en souffrira : ne croyez pas qu'ils auront pitié des sorciers qui se sont soumis… Nous devons nous cacher, éviter la confrontation et nous préparer soigneusement. Nous devons aussi nous tenir prêts à soustraire aux Mangemorts toute personne qui pourrait être ciblée. Nous pouvons essayer de protéger leurs demeures, les envoyer dans un autre pays ou les convaincre de se cacher dans des lieux sécurisés. Nous pouvons désamorcer des attentats dont nous avons connaissance bien que je doute qu'il y en ait encore beaucoup avec le Ministère et Poudlard tombés entre leurs mains. Mais pas de confrontation directe.

- Qu'avez vous prévu pour Marry Potter ? Est-elle réellement la seule à pouvoir le tuer ?

- J'espère bien que non, car croyez bien que je ne laisserais pas volontairement ma fille face à ce malade mental. Elle va à peine avoir 16 ans ce mois-ci… J'aimerais bien qu'elle puisse fêter sa majorité l'an prochain.

Amelia a grogné son assentiment, pensant sans doute à sa nièce qui avait échappé de peu à un sort terrible aux mains des Mangemorts lors de l'assaut de Poudlard.

- Et quel rôle ai-je dans votre plan ?

Je l'ai jaugée du regard. Amelia est née pour diriger, elle a l'autorité, la prestance et l'équité qu'il convient. Je ne souhaitais pas lui donner d'ordre, elle sait très bien quoi faire mais dans le doute, je lui ai quand même dit :

- Vous, vous devez commencer à préparer le prochain Ministère, celui que vous dirigerez quand nous aurons remporté la victoire sur Voldemort et ses partisans. Vous devez vivre. Votre travail ne sera pas tant la guerre que l'après-guerre et je ne vous en apprends rien en vous disant que vous n'aurez pas le plus facile des deux boulots.

- Il est plus simple de détruire que de construire en effet. Nous nous entendons donc sur ce point. Je vous laisse la guerre, mais je m'occupe de l'après-guerre.

Ses paroles me disaient qu'elle croyait sincèrement que nous allions y arriver. Mais je n'aimais pas le sous-entendu.

- Si vous pensez me mettre en prison à la fin de la guerre, vous n'allez pas aimer ce qu'il va arriver à vos hommes, ai-je grondé.

Tonks et Shacklebolt ont porté une main à leurs baguettes, sans dégainer toutefois et Amelia et moi nous nous sommes affrontées du regard pendant un long moment.

- Vous êtes dangereuse Crystall, a-t-elle dit. Tout autant que les Mangemorts. Et vous ne me ferez pas croire que vous êtes moins condamnable qu'eux.

Je n'ai pas répondu. Après tout, elle avait raison. Mais je ne me laisserai pas enfermer. Jamais. Je ne sais pas ce que je ferais après la guerre. Je ne pense pas y survivre d'ailleurs. S'il s'avère cependant que finalement je suis encore de ce monde, hors de question que je finisse ma vie à Azkaban.

- Je pense toutefois que pour service rendu à la communauté sorcière, je me contenterai de vous attribuer un ordre de merlin première classe et qu'ensuite vous disparaîtrez de la vie publique et politique de ce pays.

J'ai haussé un sourcil. Je n'avais que faire d'un ordre de Merlin, mais si la « punition » était qu'on me foute la paix et que je puisse retourner vivre au Phare, sur mon île, tranquille à brasser mes potions, je pourrais m'en contenter.

- Vous devez me promettre de faire quelque chose pour la condition des Créatures Magiques en Angleterre, ai-je répondu, et pour éviter qu'on ne retombe dans le racisme anti-moldu.

- Entendu, mais vous devrez potentiellement répondre à des demandes de potions de la part du Ministère et de Sainte-Mangouste.

- Entendu.

Nous nous sommes serré la main. Je crois bien avoir négocié un sauf conduit pour l'après-guerre, aussi bien qu'une carte blanche totale pour gagner ladite guerre de la part de la femme qui deviendra, je l'espère, la nouvelle Ministre de la Magie. Si ça arrive, l'Angleterre sera peut-être enfin sur le bon chemin pour se reconstruire.


A suivre...