Merci pour vos reviews et bonne lecture :)
Le piaf et l'autre con
Lundi 8 juillet 1996 : Manoir des Roses
Il s'est passé quelque chose de vraiment très inquiétant aujourd'hui. Alastor était venu me faire un rapport quant à la progression de ses nouvelles recrues dans l'art du combat :
- Y se débrouillent pas mal, m'a-t-il dit avec un grognement. Pour des combats classiques, mais pas pour la guerre. Trop de scrupules et pas assez de réactivités. Faudrait que tu viennes m'aider.
- Je ne suis pas pédagogue pour deux sous.
Ca lui a déclenché un rire râpeux.
- Moi non plus Gamine. Mais ils doivent comprendre ce que ça signifie de faire face à des Mangemorts et les personnes qui se rapprochent le plus des Mangemorts en terme de combat c'est toi et moi.
J'ai grimacé. Il n'a pas tord, mais voilà deux fois en une semaine qu'on me compare aux Mangemorts et ce n'est pas du tout flatteur. Ca me met en colère.
- Tu veux qu'on les attaque à deux ? ai-je demandé. Ils ne tiendront jamais.
- C'est le but.
J'ai soupiré, mais je comprenais très bien son intention. Une fois que ces petits jeunes auront vu de quoi nous sommes capables, ils sauront réellement à quoi s'attendre. Il y aura ceux qui refuseront de continuer. Et ceux qui tiendront le coup et se mettront à se battre réellement. Pas selon les règles débiles des duels. Il n'y a pas de règles qui tiennent en temps de guerre.
- Tu penses qu'ils pourront vraiment devenir suffisamment bon au combat pour nous aider rapidement ? Nous manquons de personnel. L'Ordre a été presque entièrement décimé, nous avons deux aurors mais qui sont sous le commandement d'Amelia et Tonks est en mission d'espionnage la plupart du temps. Ca ne laisse que toi, Andreas et moi. Même si nous ne voulons pas nous battre directement, nous avons besoin de personnes pour sauver les gens et pour préparer la bataille finale contre Voldemort.
A peine ai-je eu prononcé cette phrase que je me suis sentie bizarre. Mon cœur s'est mis à tambouriner et j'ai dû m'accrocher à la première chose que j'avais sous la main. J'ai vaguement entendu Alastor m'appeler tandis que je m'écroulais au sol d'une manière plus où moins contrôlée. J'avais très froid. Le monde se teintait de rouge et ma vision était trouble. J'ai failli mourir sans comprendre ce qu'il se passait.
Puis aussi subitement que c'est arrivé, ça s'est arrêté et je suis restée allongée au sol, le cœur battant la chamade, en sueur.
- Gamine ? m'a appelé Alastor en posant une main sur mon épaule.
- Je vais bien, je crois, ai-je répondu d'une voix chevrotante. Que s'est –il passé ?
- Quelque chose a attaqué les protections du Manoir.
Merlin merci avec son œil magique il a pu à la fois se précipiter vers moi et continuer à observer ce qu'il se passait alentours.
- Il faut en faire le tour. Vérifier où sont les attaquants et qu'il n'y a pas eu de brèches.
- Elles ont tenu.
- Maman !
La porte du bureau s'est ouverte à la volée sur Mary qui a semblé paniquée en me voyant au sol. Pour la rassurer, je me suis redressée en position assise tant bien que mal.
- Mary, transforme toi et va faire un tour de la barrière de protection.
- Mais…
- Nous venons de subir une attaque extrêmement puissante, j'ai besoin de savoir où sont les assaillants, combien ils sont et s'ils ont créé une brèche. Tu seras la plus rapide et la plus discrète. Ne te fais surtout pas voir !
Ma fille a semblé hésiter une seconde puis une lueur de détermination a brillé dans son regard. Elle a sérieusement hoché la tête et un puma a bondit dans le couloir pour s'exécuter.
- J'espère que ce n'est pas Voldemort...
Une nouvelle fois, j'ai eu l'impression qu'on pompait toute mon énergie. Devinant que ça recommençait et comprenant que le Rosier en charge de maintenir les protections en place devait m'utiliser pour qu'elles ne faillissent pas car sa propre énergie ne suffisait pas, j'ai pu mieux gérer la perte soudaine de magie qui en a résulté. J'ai pu par la même occasion et pendant une fugace seconde sentir lesdites protections. En connaître les limites exactes, la taille de l'immense sphère qui entoure le manoir de la plus haute tour aux plus profondes racines du Rosier. J'ai pu goûter sa texture caoutchouteuse et le voir frémir, faiblir, fléchir, puis reprendre sa forme initiale comme un élastique trop tendu reprendre sa forme quand on le lâche.
Cette fois j'ai été incapable de me redresser, mais je savais qu'on était en sécurité. Et je savais qu'il n'y avait personne à notre porte. Il s'agissait d'autre chose.
- Un Tabou, a grogné Alastor.
Heureusement qu'il était encore en état de réfléchir et qu'il réfléchit vite. Sans plus un regard pour moi, il est sorti aussi vite que sa claudication le permettait. Sans doute pour informer les gens. J'étais aussi faible qu'un oisillon tombé du nid, et mon cerveau tournait au ralenti. Je n'ai pas tout de suite compris.
Mes elfes sont arrivés pour me transférer dans mon lit et m'ont apporté à manger. Contre l'épuisement magique il n'y a pas de solution plus efficace que manger et dormir. Il existe des potions qui donnent un coup de fouet et permettent de retarder le moment où on s'effondre, mais ce n'est qu'artificiel. Une fois restaurée, je me sentais déjà mieux mais j'avais besoin de dormir.
J'ai toutefois pris le temps de réfléchir au Tabou. C'est un vieux sort de contrainte qui permet non seulement de localiser les personnes qui prononcent le mot devenu Tabou, mais aussi de briser toutes les protections magiques qui les entoure. C'est quasiment infaillible. Je sais qu'un Fidelitas est efficace pour s'en protéger. Je ne pensais pas que les protections du Manoir des Roses fonctionneraient. Mais ça a été le cas, à deux reprises. S'il y a une troisième dans les prochaines heures, je ne pouvais toutefois pas garantir que ça suffirait.
Visiblement, nourrir le Rosier de mon sang régulièrement a permis de créé un lien qui lui rend possible de m'utiliser comme source de puissance. Je ne savais pas que cela se passerait ainsi et ça pouvait très bien me coûter la vie si une telle chose arrivait pendant une bataille. Il va falloir que je remédie à cela au plus vite. Mais avant, j'avais d'autres priorités :
- Allez prévenir tous les habitants du Manoir qu'il ne faut plus prononcer le nom du Mage Noir. Sinon il nous trouvera et nous mourrons tous : il s'agit d'un Tabou. Après, allez prévenir Amelia Bones et nos alliés. Mettez vous à disposition d'Alastor et d'Andreas pour n'oublier personne.
Mes deux elfes se sont inclinés et ont disparu. Je me suis endormie moins d'une minute plus tard.
*Manoir des Roses, plus tard*
Je me suis réveillée en fin de soirée, l'estomac dans les talons, mais toujours vivante et capable de me lever. Je suis sortie de ma chambre et j'ai entendu du bruit en bas. Doucement, j'y suis allée et j'ai constaté que nous avions quelques invités.
Amelia et Kingsley, tous les deux blessés mais heureusement bien vivants. Remus qui était allongé dans un coin, contusionné et semblant à moitié dans les vapes. Ted Tonks, lui aussi bien abimé, était en train de le soigner. Sa femme Andromeda n'était pas là. Leur fille non plus d'ailleurs. Alastor et sa petite troupe se trouvaient dans un coin. J'ai aussi vu avec surprise Jonathan et Jaymie adossés à une causeuse. Ils n'avaient pas une égratignure. Jo s'est approché de moi pour me serrer dans ses bras, l'air soulagé. Cette étreinte m'a fait énormément de bien.
- L'orphelinat a été épargné? ai-je demandé.
- Oui, mais de justesse : le bouclier s'est brisé sans que le Tabou n'envoie notre localisation.
C'était à la fois rassurant et inquiétant. Cela voulait dire que j'avais fait du très bon travail avec mes barrières de protection à l'époque, mais que pour le moment, il n'y avait plus rien pour les protéger. Amelia, Kingsley, Remus et Ted Tonks avaient l'air d'avoir subi de sacrés attaques.
- Sturgis Podmore est mort. Il était encore en convalescence suite à la perte de son bras durant la bataille de Poudlard, m'a informée Alastor.
Un de mes elfes a surgi, m'apportant un copieux plateau repas avant d'indiquer que les boissons une petite collation étaient en préparation pour tout le monde. J'ai attrapé mon assiette et j'ai commencé à manger sans attendre.
- Où sont Mary et Cameron ?
- La petite monte la garde : c'est elle qui a la meilleure vision nocturne de nous tous.
- Elle ne doit pas rester trop longtemps sous sa forme d'animagus, ai-je averti.
- Son frère monte la garde avec elle. Il veille sur elle comme une poule sur ses poussins.
La comparaison a arraché un sourire tordu à Maugrey.
- Y a-t-il eu d'autres morts ?
- Andreas est parti faire un tour chez les Londubas. Il doit aussi aller voir les professeurs Flitwick et Sinistra et Square Grimmaurd. On attend des nouvelles des Weasley. Mais ils sont sous Fidelitas : normalement ils ne devraient pas être impactés. Tes elfes nous ont bien aidés pour transmettre le message rapidement et discrètement.
A la fin de cette guerre, il allait falloir que je les félicite même si je ne sais pas ce que je pourrais leur faire comme présent sans qu'ils ne se sentent offensés…
Des bruits de pas nous ont fait tourner la tête. Les Londubas sont arrivés l'air indemnes. Ils ne doivent pas prononcer souvent le nom de Voldemort entre eux. Andreas est arrivé peu après, accompagné de toute la troupe des Weasley ayant atteint la majorité. J'ai salué de la tête William et Charles qui m'ont rendu la pareille. Les jumeaux encadraient leur mère tels deux gardes vigilants mais je devinais à leurs expressions qu'ils auraient préféré qu'elle reste au Terrier. La mort d'Arthur l'avait gravement touchée et pendant un moment j'ai cru qu'elle allait dépérir sans lui. Elle était à présent très loin de la femme potelée qu'elle avait toujours été. Des rides prématurées parsemaient son visage. Mais ses yeux disaient qu'elle n'avait pas encore abandonné. Elle ne pourrait pas pardonner à ceux qui lui avaient enlevé son mari. Elle n'aurait de cesse de se battre jusqu'à ce qu'ils aient payés.
- Lancer un Tabou était un mouvement extrrrrêmement intelligent, a commenté Andreas. Seuls ses opposants utilisent son nom. Il a bien failli tous nous avoirrr en une seule jourrrnée.
Nous étions effectivement passés très près de l'anéantissement. J'ai froncé les sourcils en hochant la tête sèchement.
- Qu'allons-nous faire à présent ? a demandé William.
Les têtes se sont tournées vers moi et j'ai vu Cameron et Mary, sous forme humaine, entrer et se tasser dans un coin en espérant que personne ne les remarquerait. Je n'envisageai même pas de les chasser.
Les regards qui reposaient sur moi me gênaient, mais en même temps je me sentais très calme.
- Je ne voulais pas me battre, ai-je répondu. Mais nous tenons là une superbe opportunité.
- Explique, a exigé Remus depuis son canapé.
- Le Tabou permet à lui et à ses alliés de nous localiser quand on prononce son Nom. Mais il nous permet aussi de savoir exactement où et quand lesdits alliers vont se montrer.
Alastor a éclaté de rire, saisissant immédiatement ce que je voulais dire. Andreas a hoché la tête, approbateur.
- Vous voulez faire tomber Vous-Savez-Qui dans un piège ? a demandé Shacklebolt.
- Pas « Vous-Savez-Qui », ai-je corrigé. Il ne mérite ni peur ni respect. Appelons le « l'autre con ».
Ma répartie a fait s'étrangler de rire Cameron, sans surprise. Mary a également souri.
- Vous voulez faire tomber l'autre con dans un piège ? a reformulé Fred -ou George, je ne sais pas les différencier- avec un certain plaisir.
- Exactement. Et ça doit avoir lieu très vite pour qu'ils ne se doutent de rien. Pour ceux qui ont été attaqués, l'avez-vous été par des individus isolés ou des groupes ? De combien ? Vous avez reconnu certains d'entre eux ?
- Des groupes essentiellement, m'a répondu Alastor qui les avait sans doute déjà questionnés. Mais il semblerait qu'ils aient de nouvelles têtes.
- Il a donc amassé de nouvelles troupes. Par prudence, évitons d'utiliser le nom desdites troupes au même titre que celui de l'autre con.
- Que fera t-on si on capture ses partisans ? a demandé William, plus pragmatique.
- Capturer ? ai-je répété. Ils sont en surnombre et nous n'avons pas de possibilité d'emprisonner qui que ce soit efficacement. Nous ne ferons pas de prisonniers.
Un tollé s'est alors déclenché dans la pièce entre ceux qui étaient choqués de mes paroles et ceux qui leur répliquaient qu'ils étaient stupides d'hésiter et que j'avais raison.
- Qui vous a donné le pouvoir de décider de la vie ou de la mort de ces gens ? a hurlé Molly. Certains ont très bien pu le rejoindre sous la contrainte ou par peur sans vraiment croire à son idéologie !
Hum… Elle voulait visiblement se venger, mais pas au point de tuer. Du moins, pas encore. Et Merlin, sa voix portait toujours autant. Ses enfants semblaient tous hésitant. J'ai fixé Amelia qui restait admirablement silencieuse pendant qu'ils s'écharpaient. Elle m'a fait signe qu'elle n'avait pas l'intention d'intervenir : elle tient sa part du marché. Je peux faire ce que bon me semble tant que la guerre fait rage. Elle reprendra le commandement dès l'instant où Voldemort aura péri.
- Dumbledore n'aurait jamais procédé ainsi, est intervenu Remus.
Sa voix à lui n'était pas aussi forte que celle des autres, mais l'évocation du vieux mage a fait peu à peu cesser les discussions. Péniblement, et aidé par Ted, il s'est assis. Il n'avait pas du tout bonne mine. Un elfe est apparu à côté de lui pour lui donner une tasse fumante de chocolat chaud qu'il a saisi d'une main tremblante. La tasse n'était toutefois pas assez remplie pour qu'il renverse son contenu. Mes elfes pensent décidément à tout…
Soudainement, comme si le nom de Dumbledore avait déclenché une cascade d'évènement, un son merveilleux s'est fait entendre. Comme une trille d'oiseau mais en beaucoup plus mélodieux. Nous avons tous levés la tête et vu le phénix de Dumby arriver. Je ne savais même pas qu'il trainait encore dans le coin... Il a survolé notre groupe, tournant autours de la lampe avant de se poser sur mon épaule.
Un phénix, c'est un énorme oiseau. Plus de 15 kilos de muscles, de serres et de plumes. Je n'ai pas pu anticiper que cet oiseau, pourtant censé être intelligent essayerait de se poser sur mon épaule où il n'y avait clairement pas la place. Je me suis proprement étalée au sol sous le poids, sans doute aidé par un battement de ses ailes monstrueuses qui m'a touché à l'arrière de la tête. Me redressant en position assise en maudissant Fumseck, ce dernier n'a rien trouvé de mieux que de se poser sur mes genoux, plus stables et plus propices à un atterrissage. Il était lourd et ses énormes serres auraient certainement pu me broyer les genoux s'il l'avait voulu. Il devait sans doute faire attention de ne pas me blesser. Nous nous sommes fixés un moment. Puis, passé l'instant de stupeur, je me suis rappelée que c'était le phénix de Dumbledore sur mes genoux et que je ne voulais être en aucun cas associée à ce sorcier.
- Oust ! me suis-je exclamée. Va t-en le piaf ! Dumby est mort, qu'est ce que tu fais encore là au lieu de profiter de la liberté ?
Il a essayé tant bien que mal de s'accrocher à mes genoux, mais je faisais de grands moulinets des bras et il a fini par me lâcher quand j'ai commencé à me redresser. Il n'est cependant pas allé bien loin. Il s'est installé sur le fauteuil le plus proche et m'a lancé un regard condescendant -oui parfaitement- avant de m'ignorer.
- Quelle saleté, allez, va-t'en ! ai-je répété en essayant de le chasser de la main.
Il n'a pas bougé. C'est l'éclat de rire des jumeaux, se tenant l'un à l'autre pour ne pas s'écrouler, qui m'a fait réaliser que tout le monde semblait très amusé de la situation.
- Voilà qui règle la question, me semble t-il, est intervenue Augusta avec un petit sourire en coin. Dumbledore avait visiblement toute confiance en Crystall pour prendre les bonnes décisions puisque son phénix est encore là pour elle. A présent, comme s'organise t-on pour ces embuscades ?
Alastor et Andreas ont pris le relais et j'ai croisé les bras, les écoutant écarter ceux qui ne voudraient pas participer et diviser les troupes restantes.
Au final, il y aurait trois groupes menés par eux deux et moi-même. Jonathan a voulu participer, mais j'ai refusé, ce qui lui a fait serrer les dents.
- Tu ne peux pas me l'interdire, a-t-il tempêté. Je suis majeur et je participerai !
- Je m'en occupe Gamine, est intervenu Alastor alors que j'ouvrais la bouche pour répliquer. Je les prends tous les deux avec moi au Centre jusqu'à demain. Si je les pense insuffisamment prêts, je les renverrais à l'orphelinat.
- Ils n'ont pas d'accès au Centre, ai-je répondu acide mais contente que ce ne soit pas le cas.
- Alors nous abuserons tous de ton hospitalité ce soir. Je vais répartir les troupes entre nous trois et nous nous préparerons tous demain matin pour des embuscades en décalés. Choisi le lieu où tu veux mener ton embuscade.
Puis, il m'a plantée là, faisant signe à Jonathan et Jaymie de le suivre. Il ne m'a même pas laissé le temps de protester. Avec une grimace amère, je me suis détournée. Je savais bien que Jonathan avait raison. Mais mon cœur se serrait à l'idée de le voir sur un champ de bataille. J'avais peur de le perde. J'avais cependant encore plus peur qu'Alastor découvre sa puissance magique dévastatrice. Après, il pousserait Jo au combat, et je le trouve déjà trop enclin à vouloir se battre… il ne sait pas où il met les pieds. Comment est-ce que je peux le protéger s'il ne m'écoute plus ? L'époque où il me regardait avec adoration et buvait mes paroles me manque.
- Tu sais où tu vas prrréparrrer ton embuscade ?
J'ai tourné la tête vers Andreas. Il semblait serein. Bien entendu que je savais. Nous avions si peu de temps pour nous préparer qu'il faudrait un terrain qui soit connu d'au moins une personne de notre groupe, le mieux étant que je connaisse personnellement le terrain. Il y avait un endroit parfait pour ça : le Phare. Je n'y suis plus allée depuis des semaines. Si j'étais moins prudente, il aurait même été parfaitement plausible que je m'y rende en temps normal pour tâter le terrain et voir si je pouvais revenir y vivre.
J'ai quitté la pièce pour me rendre dans mon bureau et réfléchir à la tactique à adopter. Je me suis figée sur le seuil.
Il était là.
Le phénix de Dumbledore.
Posé sur le perchoir qui se trouvait auparavant dans la chambre du vieux glucosé avant sa mort. Si j'attrape celui qui l'a mis là, je lui fais bouffer ses chaussures.
- Va t-en, ai-je craché en colère.
J'ai détesté Dumbledore pendant la majorité de sa vie. Je n'avais même plus de respect pour lui. Nous avions des visions trop éloignées de la vie et de la guerre. Je n'avais aucune envie qu'on nous compare. D'abord parce que je le prendrais comme une insulte personnelle et ensuite parce que tout le monde le trouve tellement merveilleux alors qu'il n'a quasiment fait que sacrifier les gens autours de lui, les pions de son échiquier, pour réussir à gagner. S'il avait affronté Voldemort dès le départ au lieu d'attendre le dernier moment comme il l'avait fait pour Grindelwald, alors nous n'en serions pas là. Mais il a commis une deuxième fois la même erreur, et maintenant tout repose sur les épaules de Mary. Où du moins, c'est ce qu'il voulait nous faire croire mais il faudra me passer sur le corps avant que je ne sois du même avis.
Fumseck s'est un peu plus blotti sur son perchoir avec un air de défi qui m'a fait grincer des dents. Si ça continue, je vais m'en péter une avant la fin de la journée.
- Pourquoi tu es là ? C'est lui qui te l'a demandé ?
La Créature s'est ébrouée, gonflant son plumage, l'air de dire oui et je me suis massée le front d'une main en soupirant.
- Même mort le vieux glucosé continue à me faire chier, ai-je grogné en refermant la porte. Reste si tu veux, mais tu as intérêt à participer à l'effort de guerre alors, le piaf ! Tu possèdes le contrepoison le plus efficace du monde et tes capacités de transplanage seront utiles. Tes plumes et tes cendres également.
Il a semblé courroucé que je parle aussi directement et je lui ai envoyé un sourire carnassier.
- Va-t-elle si ça ne te plait pas !
Il a émis un bref son désapprobateur qui m'a fendu le cœur. Putain d'animale de compagnie de Dumby. S'il n'était pas mort, j'irais le tuer !
Il est toujours là. J'ai écris tout ce qu'il s'est passé aujourd'hui et j'ai peaufiné ma tactique pour demain, mais Fumseck n'a pas bougé. Je crois qu'il dort. Je pensais qu'il partirait au bout d'un moment. Mais non. Si Zilphya était là, elle se moquerait ouvertement de moi. J'entends son rire d'ici.
Qu'est ce que je vais bien pouvoir faire pour virer son cul plumeux de chez moi ?
A suivre... J'avais pris comme bonne résolution en début d'année de finir cette fic avant la fin 2021. Je crois que mon objectif est devenu irréalisable... Mais cette fic sera finie !
