Chapitre 1 : Première mort

La mort. Ce simple mot avait le pouvoir de terrifier même le plus courageux des hommes. Law avait souvent observé les humains dans l'au-delà, ces étranges créatures qui ressentaient une multitude de sentiments, plus incompréhensibles les uns que les autres. La joie. La tristesse. La peur. L'amour. Law, lui, ne connaissait rien à tout ça, il n'était qu'une coquille vide, sans sentiments, existant dans l'unique but de recueillir les âmes des défunts.

Il était une ombre, un dieu de la mort. Ou du moins, un futur dieu de la mort. Il lança un vague regard sur la liste entre ses mains et eut un sourire sans sentiment. Lorsqu'un apprenti dieu se voyait atteindre sa « majorité », on lui confiait une liste de vingt prénoms, vingt humains destinés à mourir. La mission de Law était simple : ramener les âmes défuntes dans l'au-delà sans qu'elles n'aient le moindre regret. Une mission bien plus difficile qu'on ne pourrait le croire, en particulier pour les apprentis dieux. Jamais Law n'avait eu l'autorisation d'approcher un humain jusqu'à maintenant. Certes, il les avait longuement observé de là où il se trouvait, mais leurs comportements étaient imprévisibles. Qui sait ce qui pourrait se passer au cours de la mission.

Law poussa un profond soupir avant de finalement se décider à lire le premier nom de sa liste.

Roronoa Zoro. 19 ans.

Une photo était jointe à l'identité du jeune homme. Pour être tout à fait honnête, Law trouvait que l'humain avait du charme bien qu'il ne puisse égaler la beauté des dieux. D'un dieu en particulier. Mais ce genre de pensées étaient futiles, c'est pourquoi il les repoussa dans un coin de son esprit pour se concentrer sur la photo.

L'image avait été prise dans un parc. On voyait le jeune homme de profil, les yeux plissés de tendresse et un sourire taquin collé aux lèvres. Ses mains semblaient être accrochées au cou d'une autre personne. On ne voyait rien d'elle, si ce n'est les grandes mains qui entouraient la taille du jeune adulte. Il avait l'air heureux à cet instant.

-Tra-o !

Law ne sursauta pas devant l'apparition de la personne qui venait de l'interpeller. Sans qu'il ne s'y attende, sa liste fut arrachée de ses mains pour être parcourue par les yeux rieurs de son « âme sœur ». Contrairement à ce que pensaient les humains, ce terme n'avait pour eux aucune valeur sentimentale. On appelait des « âmes sœurs » deux dieux nés en même temps pour se compléter l'un et l'autre. Si lui était une ombre, un dieu de la mort, Luffy était une lumière, un rayon de soleil dans les ténèbres.

Un dieu de la vie.

En général, une fois leur majorité atteinte, chacun d'eux avaient leurs propres missions. Pour Law, c'était de récupérer les âmes des morts, pour Luffy, de réincarner ces âmes dans de nouveaux corps afin de créer de nouvelles vies. Mais il arrivait parfois qu'un humain résiste à la mort et à ce moment là, les deux dieux devaient faire un choix ensemble : soit ils le laissaient en vie, soit ils l'arrachaient de force.

-Bruuh, grimaça Luffy en rendant sa liste à Law. Il n'y a pas pire mort que la mort par accident parce qu'on sait jamais quand elle arrivera !

-A mes yeux, aucune mort n'est pire qu'une autre, Luffy-ya.

-Normal pour un apprenti dieu de la mort shihihi, sourit le dieu de la vie en plantant son regard joyeux dans celui sans vie de son « âme sœur », tu vas devoir y aller, l'accident aura bientôt lieu. J'aurais aimé pouvoir rester plus longtemps avec toi mais...

-Il faut que j'y aille.

Law se leva tout en gardant un visage stoïque. Les deux apprentis se fixèrent un long moment, sans un mot, puis Luffy déposa timidement un baiser sur la joue de son partenaire en signe d'encouragement avant de disparaître aussi soudainement qu'il était arrivé. Law toucha l'endroit où son âme sœur l'avait embrassé en haussant les épaule puis disparu à son tour.


Abruti de sourcils en vrille, grogna mentalement Zoro. Dire que quelques minutes auparavant, lui et Sanji partageaient une étreinte passionnée. Tout allait bien jusqu'à ce que Sanji ne le stoppe brusquement, sans aucune raison. Le blond était pour le premier à demander des gestes d'amour, des marques d'affection, et sur le coup, cet arrêt soudain avait franchement agacé Zoro. Pourquoi Sanji l'avait-il rejeté de cette façon ? Qu'avait-il fait de mal ?

Toutes ces questions avaient tourné dans sa tête pendant quelques secondes avant qu'il ne croise le regard triste et trahi de son petit-ami. Quand il lui avait demandé ce qui n'allait pas, Sanji s'était énervé, l'accusant de le tromper avec Hiyori, cette fille qui ne cessait de le suivre partout où il allait. Zoro était passé de la surprise provoquée par cette accusation grotesque à une colère noire devant le peu de confiance que lui accordait son petit-ami. Mais à quel moment une idée pareille avait pu lui traverser l'esprit ? Moi et Hiyori ? Et puis quoi encore ! Elle est comme une petite sœur pour moi ! Puis s'en s'était suivie d'une violente dispute que le vert avait fini par quitter en s'en allant furieusement de l'appartement.

Maintenant qu'il roulait en direction de chez lui, ses pensées ne cessaient de le tourmenter. Vraiment, il ne comprenait rien. Hiyori avait toujours été adorable avec Sanji et c'était même elle qui l'avait poussé dans les bras du blond. Et puis, elle était folle amoureuse de Yamato, jamais elle n'avait été intéressée par lui. Quand à lui... Il n'avait toujours eu d'yeux que pour Sanji. Alors à quel moment avait-il pu faire quelque chose pour faire douter l'homme qu'il aimait ? Sans s'en apercevoir, il avait accéléré l'allure de sa moto, allant à l'encontre des limitations de vitesse.

Zoro ne voulait qu'une chose, aller au dojo et s'entraîner jusqu'à tout oublier. Il n'aimait pas se disputer avec Sanji.

Un bruit de klaxon le sortit soudainement de ses pensées et avant qu'il ne s'en aperçoive, il était à terre, baignant dans une flaque de sang. S'il avait été plus prudent, il aurait sûrement remarqué le camion qui fonçait sur lui et l'aurait évité.

Mais il était trop tard.

Zoro ferma les yeux un instant, sentant sa vie s'écouler peu à peu. Quand il les réouvrit, il se trouvait debout, face à son propre corps.

-Zoro-ya ?

Le vert tourna sa tête en direction de la voix et tomba nez à nez avec un homme aux cernes plus qu'effrayante. Depuis quand n'avait-il pas dormi ? Et puis, c'était quoi cet étrange bonnet tacheté qu'il portait ? Il faisait plus d'une trentaine de degré dehors ! Un grognement surpris sortit de sa gorge, bien qu'avec un peu de retard. Mais qui était ce mec qui le regardait avec un visage impassible, droit comme un I, vêtu d'un long manteau sinistre qui cachait une grande partie de son corps ? Et puis, n'était-il pas mort à l'instant ? Alors comment cet inconnu pouvait le voir ?

-Je m'appelle Trafalgar D. Water Law, je suis le dieu de la mort en charge d'emmener votre âme dans l'au-delà. Si vous voulez bien me suivre...

Zoro regardait l'autre garçon, bouche-bée. Un dieu de la mort, rien que ça ? Bon, après tout il était mort donc ça ne l'éton... Attends une seconde... Je suis vraiment mort alors ? Jusqu'à maintenant, Zoro n'avait pas compris la gravité de l'événement qui venait de lui arriver. Il venait de se faire percuter par un camion. Il était mort sur le coup. Il voyait son corps à terre, baignant dans son sang et face à lui se dressait un gars qui prétendait être un dieu de la mort.

Avec un nouveau temps de retard, il ferma les yeux de douleur en prenant conscience de tout cela et vacilla. Comment cela était-il possible ? Comment avait-il pu mourir de cette façon ? Et Sanji, comment réagirait-il en l'apprenant ? Il culpabiliserait. Son petit-ami s'en voudrait tellement et se sentirait responsable de cet accident, il le connaissait suffisamment pour le savoir.

-Zoro-ya, il faut que nous y allions.

La ferme, voulut-il crier à l'abruti qui le fixait de ses yeux vides d'émotions, la ferme putain ! Mais il n'en avait pas la force, il était dévasté. Sanji... Je suis tellement désolé... Des larmes de rage et de douleur roulèrent sur ses joues, tirant un soupire au dieu de la mort. Ce dernier s'empara d'une feuille sortie de nul part et la consulta avant de froncer les sourcils. Aussitôt, il s'inclina poliment et releva son visage vers lui.

-Je suis navré Zoro-ya, j'ai brûlé les étapes. Avant que je ne vous emmène avec moi, il faut que vous effaciez tous vos regrets, quel qu'ils soient. Avec mon aide cela va de soi. Avez-vous des regrets Zoro-ya ?

-Sourcil en vrille...

-Je vous demande pardon ? murmura Law, les sourcils froncés.

-Sanji je veux dire. Il va culpabiliser. Je ne veux pas qu'il se sente coupable, il n'est en rien responsable. C'est mon unique souhait.

-Bien.

Law ferma les yeux et aussitôt, le manteau sombre disparu, laissant le garçon en vêtement plus "humain". Zoro tiqua. Comment il avait fait ça ? Était-il magicien en plus d'être un dieu de la mort ?

-Vous m'avez demandé de vous aider pour que ce « Sanji » ne se sente pas coupable. Or, je ne peux le faire sous la forme de dieu, il faut donc que je prenne forme humaine. A présent, tout le monde peut me voir, mais seul moi a la capacité de vous percevoir.

-D'accord, répondit Zoro incertain, et comment allez-vous faire pour Sour... Hum. Pour Sanji ?

Law ne lui fournit aucune réponse. Il se contenta seulement de partir loin du lieu de l'accident. Zoro, prit au dépourvu, décida tout de même de le suivre. Tous deux se dirigeaient vers l'hôpital, en déduisit Zoro en voyant le chemin qu'ils empruntaient. Il n'avait même pas remarqué qu'une ambulance avait déjà emporté son corps.

Il suivit en silence le dieu au bonnet tacheté et ne s'arrêta que lorsqu'il prit conscience que l'autre s'était stoppé dans sa marche, le regard fixé sur l'enseigne d'un restaurant d'onigiris. Law entra dans le restaurant et scruta les divers onigiris avec une lenteur agaçante du point de vue de Zoro.

-Zoro-ya, souffla l'apprenti dieu, j'ai toujours voulu essayer la nourriture humaine. Que me conseillez-vous ?

-Hein ? Mais qu'est-ce que j'en sais moi ? Vous avez dit que vous alliez m'aider pour Sanji ! Non pas prendre votre temps pour tester la nourriture de notre monde ! Et quitte à goûter quelque chose, tentez plutôt du saké !

-Je pense que je vais plutôt partir sur cette boule blanche avec ce que vous appelez du thon dedans.

Law commanda son onigiri, payant avec l'argent humain qu'on lui avait confié en cas de difficulté, puis sortit du restaurant en reprenant la direction de l'hôpital. Il croqua dans la boulette de riz et ses yeux s'illuminèrent. C'était bon ! Contrairement à d'habitude, Law n'affichait plus son visage parfaitement stoïque mais un fin sourire ornait ses lèvres. Il entendit un petit « Il faut que Luffy-ya goûte ça, glouton comme il est, il aimerait sûrement ça » avant de voir son attention détournée par l'immense bâtiment qui leur faisait face.

Il ne savait pas combien de temps s'était écoulé depuis son accident. Un vague regard par dessus l'épaule d'un passant concentré sur son portable et il sut que cela faisait maintenant une heure qu'il était mort. Il n'arrivait toujours pas à y croire.

Law entra à l'intérieur de l'hôpital, réclamant le numéro de chambre de Zoro en prétextant être de la famille et tous deux s'y rendirent.

Là, assis devant la porte, un Sanji plus que mal en point s'y trouvait. Ses yeux étaient rougis par les pleurs et ses mains ne cessaient de trembler. Il venait sûrement d'apprendre la nouvelle. Zoro s'approcha de lui, le prit dans ses bras, l'embrassa sur le front, mais rien n'y fit. Son petit-ami ne réagissait à aucun ses gestes.

-Sanji-ya ?

Le blond tourna son regard désespéré vers Law, sans pour autant lui répondre. Le dieu de la mort se plaça à ses côtés en silence. Un long moment s'écoula, avant qu'enfin Sanji ne daigne de porter un réel intérêt au jeune homme à ses côtés.

-Qui êtes-vous ?

-Je m'appelle Trafalgar D. Water Law, un cousin éloigné de Zoro-ya.

-Il ne m'a jamais parlé de vous, répondit Sanji avec méfiance.

-Je m'en doute. Tout le monde est discret à mon égard. Après tout, je suis une ombre.


Une semaine s'était écoulée depuis la mort tragique de Zoro. Si avec Law le vert était désagréable, grincheux et l'évitait un maximum, dès qu'il se retrouvait face à son petit-ami, c'était une toute autre histoire. Zoro devenait plus calme, plus triste, et ne cessait d'essayer de capter l'attention de Sanji alors même qu'il savait que c'était vain. Il avait tout tenté : les baisers, les caresses sur son visage et même les insultes. Mais Sanji restait toujours de marbre devant ses gestes et paroles.

Durant cette longue semaine, Sanji et Law s'étaient croisés à de nombreuses reprises. Contre toute attente, le jeune cuisinier avait décidé de s'accrocher à lui comme à une bouée de sauvetage. Ils passaient la plupart de leurs journées ensemble, discutant de tout et de rien, mais principalement de cuisine. Law avait découvert une multitude de mets grâce à Sanji et avait apprécié chacun des plats que le blond lui avait préparé. "Cuisiner me permet de chasser un peu la tristesse" avait expliqué Sanji en lui servant un plat un jour.

Law commençait à comprendre l'intérêt que développait Luffy à l'égard des humains et de leur gastronomie. Les côtoyer d'aussi près lui avait fait découvrir de nouvelles sensations qu'il ne se serait jamais cru pouvoir ressentir un jour. Pour autant, l'amour qui semblait lié Zoro et Sanji restait pour lui une notion bien trop complexe.

-Cet imbécile de marimo a toujours été quelqu'un de particulièrement agaçant, souffla Sanji qui s'était installé avec lui à table, après lui avoir servi un nouveau plat.

-Je peux le concevoir, répondit Law en lançant un regard au fantôme grincheux.

-Il râlait tout le temps, passait son temps à boire du saké ou à se perdre quand je n'étais pas dans les parages... Il n'arrêtait pas de m'envoyer des piques et de me traiter de sourcils en vrille. Mais malgré tout... Il était ma raison de vivre. Il parvenait à chasser tous mes soucis pas un simple baiser, il s'est même opposé à mon père pour me garder à ses côtés. Je crois que je ne pourrait plus jamais aimer un homme, ou même une femme, comme je l'aimais lui. Comme je l'aime toujours.

-Je suis étonné, à vrai dire, déclara Law avec calme en voyant le fin sourire sur les lèvres du blond, j'ai souvent vu des gens perdre un proche, mais jamais aucun n'a surmonté une mort aussi rapidement que toi. Je veux dire, habituellement elles se morfondent sans cesse sur elles-mêmes ou sont dans le déni, mais toi tu parviens à te lever chaque matin, à sourire et même à cuisiner.

-Je ne l'ai pas surmonté ! Hurla Sanji alors que Law gardait son calme légendaire. Jamais je n'y arriverais ! Chaque jour, je me réveille en pensant être dans ses bras, mais je me rends compte qu'il n'est plus là ! Chaque soir j'attends impatiemment sa venue à la maison, avant de me rappeler que jamais il ne reviendra ! Alors non, NON, je n'ai pas surmonté sa mort ! C'est impossible ! Mais je sais que je dois rester fort, c'est ce que Zoro aurait voulu... Mais je n'arrête pas de me dire sans cesse que tout est de ma faute ! Si ce jour-là, je ne l'avais pas accusé d'une tromperie que je m'étais moi-même imaginé, alors jamais il ne serait parti. Il serait là, devant moi, à boire et à se moquer de moi, et je l'aurais embrassé pour le faire taire. Mais par ma faute, il n'est plus là...

Il s'effondra au sol, les larmes ruisselants sur ses joues. Law ne savait plus quoi faire. Il sentait qu'il devait faire quelque chose, n'importe quoi, et le regard noir de Zoro sur lui renforçait cette impression. Mais que faire ? Il n'avait jamais fait face à ce genre de situation. Décidément, les humains étaient des êtres bien trop fragiles. Il aurait voulu la présence de Luffy à ses côtés. Sa simple présence pouvait illuminer toute la pièce et son sourire, sa joie de vivre, pouvait réchauffer n'importe quel cœur. Mais il ne pouvait pas embêter son âme sœur pour de telles futilités.

Law réfléchit à nouveau. Comment les humains faisaient dans des cas comme celui-ci ? Puis, une idée germa dans son esprit. L'apprenti dieu se positionna à genoux au sol et prit le blond dans ses bras après quelques secondes d'hésitation, attirant un hoquet de surprise de sa part. Law frotta le dos de l'homme en se demandant comment ce geste pouvait apaiser Sanji, mais cela semblait fonctionner. Zoro rejoint l'étreinte en douceur, bien que seul Law sentait sa présence.

Les minutes passèrent et les pleurs du blond s'atténuèrent peu à peu. Sanji se dégagea maladroitement de l'étreinte et essuya les larmes présentes sur ses joues. Il tenta un sourire en direction de Law qui se transforma vite en grimace de désespoir. Un regard vers Zoro et Law soupira.

-Sanji-ya. Tu prétends vouloir rester fort parce que ça aurait été la volonté de Zoro-ya. Mais s'il a bien une chose que je sais, c'est que Zoro-ya n'aurait jamais voulu que tu rejettes la faute de sa mort sur toi, crois-moi. En fait, je pense même qu'il n'aurait pas hésité une seule seconde à te frapper pour avoir de telles pensées. On ne sait pas ce qui ce serait passé ce jour-là s'il n'était pas parti, mais on ne peux pas contrôler le destin. Peut-être qu'il ne serait pas mort à ce moment, mais sache que la mort vient toujours récupérer son dû, il n'aurait fait que repousser l'échéance. Alors je pense que tu dois accepter de ne pas être le responsable de sa mort. Et si tu ne le fais pas pour toi, au moins fais le pour lui, Sanji-ya.

-Je ne t'ai jamais vu aussi bavard. Mais tu as raison, Zoro n'aurait jamais voulu que je me sente coupable... Merci Law. Merci pour ce que tu viens de dire, pour m'avoir un peu ouvert les yeux.

Law acquiesça et reporta à nouveau son regard sur Zoro. Le jeune adulte affichait un air serein, les yeux mouillés et un triste sourire aux lèvres. Il mima à Law un « Je suis prêt » avant de s'approcher de Sanji pour lui faire une dernière étreinte.

-Peux-tu me faire une dernière faveur, dieu de la mort ? Dis-lui que je l'aime, mais qu'il ne doit pas arrêter de vivre par ma faute. Je veux qu'il ait une vie belle et libre, je veux qu'il se marie avec une personne qui le rendra heureux, qui lui fera connaître le bonheur et aux côtés de qui il s'épanouira. C'est la dernière chose que je te demande. Et je te remercie, merci d'être resté à ses côtés cette semaine, merci de m'avoir aidé à lui faire comprendre qu'il n'était pas fautif...

-Je lui dirais, Zoro-ya, mima à son tour Law du bout des lèvres.

Ce fut ainsi que Roronoa Zoro, 19 ans, victime d'un accident, disparu vers l'au-delà.


-Pour être tout à fait honnête, ils vont me manquer.

Luffy ouvrit la bouche en grand devant la déclaration de son âme soeur. Law le savait, venant de lui, une telle phrase sonnait bien étrange. Pour autant, il n'y avait que de la sincérité dans ses paroles. L'apprenti dieu de la mort avait continué de loin à veiller sur Sanji qui remontait doucement mais sûrement la pente, malgré la douleur et la tristesse. Il s'était réellement pris d'attachement pour le blond, un sentiment bien nouveau pour lui. Quant à Zoro... Qui sait dans quel corps Luffy avait bien pu le transférer. L'apprenti dieu de la vie refusait de partager cette information.

-Au fait Luffy-ya...

-Huuuum ?

-Sur Terre j'ai découvert ce que les humains appellent des onigiris. Il faudrait que tu goûtes ?

-De la nourriture ?! Shihihihi je ne dis jamais non pour de la nourriture humaine !

Law eut un petit sourire pour son âme soeur. Il lui restait deux mois avant sa prochaine mission. C'est ce qui était inscrit sur la feuille. Et à côté de cette date, l'identité de la nouvelle victime. Eustass Victoria. Futur nourrisson à naître.

Et dont le destin était de mourir les secondes suivant sa naissance...