Bonjour à tous, je vous remercie beaucoup de suivre cette fanfiction. Le rythme de publication va, au début, être assez rapide, car j'ai déjà plusieurs chapitres de prêt. Il va néanmoins ralentir quand j'aurais épuisé les stocks.
Je vous remercie pour les commentaires positifs et espère que ça vous plait. Bonne lecture à tous.
Chapitre 2: Informateur particulier
Secteur frontalier, système Eden, Eden Prime, 24 février 2560:
Un pélican fonçait dans le ciel d'Eden Prime. Le Normandy les avait largué aussi près de possible, leur laissant le soin d'effectuer l'entrée atmosphérique. Sanglée dans son siège, Jane n'en menait pas large. L'appareil tremblait de tout les côtés, menaçant de se disloquer à la moindre manœuvre hasardeuse.
Les ODST d'Alenko, eux, affichaient un masque d'impassibilité. Ce qui n'était pas spécialement compliqué, quand on portait un casque intégral à visière polarisée. Fort heureusement, Jane disposait d'un casque similaire, lui permettant de cacher son visage et son inconfort.
-Vous vous souvenez de ce qu'on a dit sur les jump-jet, commandante? Lança Alenko.
Elle hocha la tête.
-Ralentir la chute en me mettant à plat, puis présenter le cul vers le bas, avant de déclencher les réacteurs.
Alenko hocha la tête, satisfait. Elle était peut-être la plus gradée, mais, sur cette partie de l'opération, c'était lui le patron. Et il était vital qu'elle fasse exactement ce qu'il lui disait de faire. Sinon, elle finirait à l'état de flaque rougeâtre, quelque part dans la jungle.
-Et surtout, pensez à replier vos pieds et à surveiller l'altimètre. Laissez vos communications ouvertes. Signalez le moindre problème. Tout devrait bien se passer.
Le voix du pilote crépita sur le réseaux radio interne du pélican.
-On arrive à 50km! Nos gars ont toujours pas récupéré le ciel. Il va falloir sauter, commandante!
Jane peina à appuyer sur le bouton pour répondre.
-Bien reçu. Procédez lieutenant!
Dehors, les flammes de l'entrée atmosphérique s'étaient éteinte. L'appareil s'était stabilisé. Le mécanicien débarqua dans la soute et se sangla à l'un des câbles, courant au plafond.
-Tout le monde en position! Vérifiez vos jump-jet!
Presque à l'unisson, les ODST se levèrent, formant deux lignes. Ceux de derrière vérifièrent alors l'équipement de leurs camarade de devant, s'assurant que l'appareil était bien opérationnel, ainsi que correctement sanglé.
Puis, chacun, de l'arrière vers l'avant, dans un ordre bien précis, annonça que celui qu'il avait vérifié était paré à sauter. Lorsque le sergent derrière elle lança une grande claque sur son épaule, avant de gueuler qu'elle était prête, Jane sursauta légèrement, avant de regarder le mécanicien, qui hocha la tête, avant d'ouvrir la soute.
Sans les bottes magnétiques et les sangles qui les retenaient aux câbles de sécurité, tout le monde aurait été aspiré dans le ciel d'Eden Prime.
-45Km. Annonça le pilote.
La loupiote, à côté de la rampe, passa du rouge au vert. Le mécanicien leva le pouce.
Sous son casque, les lèvres d'Alenko s'étirèrent pour former un large sourire.
-Comment est-ce qu'on descend?
-Les pieds devant! Hurlèrent les ODST d'une seule voix.
Les sauteurs de l'enfer. C'était comme ça qu'on les surnommait. Des marines complètement fous, qui, pour quelques centaines de crédits en plus par mois, acceptaient de sauter depuis l'orbite, dans une cercueil en titane, pour débarquer avec perte et fracas sur leurs objectifs. Et même si, aujourd'hui, ils étaient privés de pods d'insertion orbitale, il n'en restaient pas moins des paras.
-Go! Go! Go!
Jane cessa de réfléchir. Elle mis un pied devant l'autre, répétant l'opération, jusqu'à qu'il n'y ait plus rien en dessous.
La sensation fut d'abord terrifiante. Elle tombait. Elle n'avait plus d'appui sur le sol et fonçait droit vers une mort certaine. Mais, très vite, la peur fut remplacée par l'euphorie. Pendant un court moment, la gravité n'existait plus. Eden Prime n'existait plus. La mission n'existait plus. Il n'y avait plus qu'elle, le ciel et le vent, frappant frénétiquement son casque et son uniforme. Grisée par la chute, elle se laissa aller à un fou-rire incontrôlé.
-Pas mal commandante! Lança Alenko.
Vaincre la peur du vide, afin de l'embrasser. Tel était l'état d'esprit des ODST. Le vertige n'était pas toléré chez eux.
Les ODST manœuvrèrent dans le ciel, essayant d'optimiser leur descente, pour atteindre une clairière, repérée par les senseurs du Normandy, bien avant le saut. C'était un travail de haute précision. Une dizaine d'hommes et de femmes, qui devaient essayer d'atterrir sur un espace d'une centaine de mètres carré.
Il ne fallait pas allumer les réacteurs trop tôt, sous peine de brûler tout le carburant et de reprendre ensuite de la vitesse, ni trop tard, sous peine d'avoir trop d'inertie pour pouvoir ralentir. Fort heureusement, l'altimètre était là pour ça, couplé à un sympathique programme, qui fit briller l'ATH de Jane en vert. Elle bascula aussitôt ses fesses vers le sol, avant d'allumer les réacteurs. Le choc du ralentissement soudain lui coupa le souffle, mais la chaleur des flammes la rappela à l'ordre. Elle replia légèrement ses jambes, pour ne pas se briser les rotules à l'impact.
À environ deux mètres du sol, elle coupa le jump-jet et se laissa rouler sur le côté, répartissant le choc de la chute dans tout son corps, pour éviter de se blesser. Elle attrapa aussitôt sa gaine d'armement, pour en tirer un pistolet-mitrailleur M7, qu'elle chambra et pointa en direction des bois. Derrière elle, le lieutenant Alenko fit un atterrissage tout en douceur, parvenant même à rester debout, avant de poser un genoux à terre, non loin d'elle, pointant son propre fusil, un BR-55, vers les bois.
-Pas mal pour un calamar. Lança discrètement le lieutenant.
Elle leva les yeux au ciel, ne pouvant toutefois s'empêcher de réprimer un petit sourire.
Le reste des ODST atterrirent à leur tour, se posant avec plus ou moins de grâce. Alenko vérifia que tout le monde était présent, puis ils se débarrassèrent des jump-jet, devenus plus encombrant qu'autre chose, avant de se mettre en route.
C'est une caporale assez petite, armée d'un fusil à pompe M90, qui prit la tête de la colonne, tandis qu'un sergent équipé d'un BR-55 fermait la marche. Ils suivirent les indications de leur ATH, qui avait enregistré la position de la base de l'ONI et, à présent, leur donnait une direction générale à suivre.
Cela, toutefois, ne prenait pas en compte les multiples obstacles, raison pour laquelle un itinéraire avait été établit à l'avance, lui aussi affiché sur l'ATH. Au bout de quelques minutes, la colonne se figea. Des sortes de créature venait de surgir de derrière un rocher. Elles ressemblaient vaguement à des montgolfières organiques.
-Des poches de gaz. Commenta le première classe Jenkins. C'est pas méchant, mais si on leur tire dessus, ça risque de nous péter au nez.
La caporale Duriand écarta prudemment le canon de son M90 des poches de gaz. Le sniper de l'équipe, un vice-caporal répondant au nom de Barrieaud ricana.
-T'aimes les animaux le bleu?
-Ma sœur travaille ici. Répondit Jenkins.
Le silence retomba. Le vice caporal Labreaux, le spécialiste en arme lourde, envoya un coup de coude dans les côtes du sniper, tandis que le médecin, le chef Lefranc, tapota amicalement l'épaule du bleu.
Tous avaient été briefés sur l'attaque. L'ennemi ne semblait pas s'embarrasser de la distinction entre civil et militaire. Les centres urbains avaient été durement bombardés pendant les premières heures de l'attaque. Le calcul était facile.
-En route. Ordonna calmement Alenko.
Ils poursuivirent leur progression, arrivant alors sur un large découvert.
Alenko fit immédiatement placer Labreaux et son MA5B en appui. Ce fusil d'assaut était une antiquité, qu'on avait remplacé à partir de 2552 par le BR55, qui était bien plus précis et légers. Toutefois, le chargeur de 60 coups du MA5B en faisait un outil assez intéressant pour qu'on puisse considérer son usage en tant que fusil-mitrailleur chez les ODST. Après tout, c'était toujours moins encombrant qu'une M247.
Ensuite, il plaça son sniper, équipé d'un DMR, un peu plus loin, dans le même esprit. Appuyer la progression de ceux qu'il enverrait traverser. Une fois tout le monde en place, il désigna Duriand et Jenkins, pour progresser.
Les deux marines s'avancèrent rapidement, ne tenant pas spécialement à s'éterniser là où on pourrait les abattre. C'est justement à ce moment là que surgirent deux sortes de drones. Des machines qui flottaient dans les airs et qui était un peu plus métalliques et armées que les poches de gaz.
Une rafale de Labreaux s'écrasa sur les barrières cinétiques d'une des deux, les surchargeant rapidement. Barrieaux n'eut alors qu'à tirer qu'une fois, pour transpercer de part en part le drone, qu'il s'écrasa aussitôt sur le sol, tel un jouet qu'on aurait laissé tomber.
Le second drone, lui, réussit à avoir un angle sur Duriand et Jenkins. La caporale, toutefois, fut assez réactive pour envoyer une volée de grenaille. Un tel nombre de plomb s'écrasèrent sur la barrière qu'elle fut immédiatement surchargée, permettant au sniper de finir le travail sans trop de difficulté.
-Tout le monde va bien?
Jenkins leva le pouce en l'air.
-Le bleu, appuie un de ces bidules. Ordonna le lieutenant. On va regarder ça de plus prêt.
Alenko fit alors signe à Jane de le suivre. Les deux officiers s'approchèrent de la carcasse. Jenkins reporta son tir une fois qu'ils furent assez près.
C'était clairement un drone. Rien que Jane ou Alenko ne connaissent. Jane utilisa la caméra sur son casque pour photographier la machine sous différents angles. Les gars de la cellule renseignement du Normandy allaient s'amuser pendant des jours avec ça!
Des tirs retentirent au loin. D'abord des bruits qui ressemblaient vaguement à des armes à effets cosmodésique, puis, ensuite, le son caractéristique d'une rafale de BR55.
-On bouge! Coquelet, appui nous. Futée, devant!
Le sniper se posta derrière un rocher et braqua son arme sur la colline d'où venaient les drones. Duriand reprit la tête, après avoir actionné la pompe de son fusil.
Une fois en haut de la colline, ils virent alors une marine régulière, poursuivie par un autre de ces drones, ainsi que deux machines vaguement humanoïde, blanche, avec des sortes de lampes torches à la place de la tête.
La marine trébucha sur un cailloux, tombant sur le sol, roulant immédiatement sur son dos, dégainant son arme de poing, qu'elle utilisa contre le drone. En vain. Le calibre était trop petit et la cadence trop lente pour surcharger la barrière cinétique de la machine.
-Javert!
-Tout de suite patron!
Un ODST armé d'un fusil à plasma se mit immédiatement en position, visant le drone, avant de presser la détente. Une décharge de plasma frappa la machine de plein fouet, grillant ses projecteurs de boucliers, puis faisant fondre son blindage et ses circuits. Le drone tomba au sol, encore fumant, les deux robots, eux, se détournèrent de la marine, pour se focaliser sur les ODST en haut de la crête.
-Feu à volonté!
Un déluge de balles et de plasma s'abattit sur les malheureuses machines. Malgré leur boucliers avancés, elles ne pouvaient rien faire, la puissance de feu des humains les dépassant bien trop. En quelques secondes, tout était finit. Alenko établit un périmètre, tandis que Jane et le Doc, allaient à la rencontre de la marine.
Celle-ci, se mis immédiatement au garde à vous, mais ne gratifia pas Jane du salut réglementaire. En zone de combat, ça relevait du bon sens.
-Sergente-artilleur Williams, 212e bataillon, deuxième compagnie, premier peloton. Mes respects commandante.
Jane hocha la tête, le Doc commença à s'affairer autour de Williams, s'assurant qu'elle allait bien.
-Vous êtes blessées Williams?
Elle secoua la tête.
-Rien de sérieux, commandante. Mes gars n'ont pas été si chanceux.
Son regard sembla se voiler un instant.
-On devait rejoindre la base de l'ONI. Mais notre convoi a été bombardé. J'ai pris les survivants pour compléter la mission, mais on est tombé dans un embuscade, il y a une demi-heure. Les communications ont été brouillés et on a été séparé pendant les combats. Je...
Elle se pinça l'arrête du nez, avant d'essuyer un peu de sueur sur son visage.
-Je crois que je suis la dernière encore en vie...
Jane posa une main ferme sur son épaule. Elle savait ce qu'elle ressentait, dans une certaine mesure. Mais aucune d'elle n'avait le luxe de se laisser abattre, pour le moment.
-C'est pas votre faute, Williams.
Elle marqua une bref moment, pour la laisser se remettre, avant de retourner aux affaires.
-Qu'est-ce qui vous a attaqué?
Williams pointa les carcasses fumantes des drones et des robots.
-Ça... et des modèles plus gros aussi, avec de l'armement lourd. Si quelqu'un sait qui ils sont et pourquoi ils sont là, on n'a pas jugé utile de m'en informer.
Et il y avait peu de chance que qui que ce soit, sur cette planète, connaisse la nature de ces mystérieuses machines.
-Est-ce vous pouvez nous conduire sur le site de l'ONI? Demanda Jane.
Williams hocha la tête.
-Ouais. Je... je devrais pouvoir faire ça, commandante.
Elle prit une profonde inspiration.
-J'ai un compte à régler avec ces boites de conserve.
Ils trouvèrent un trou béant dans le portail blindé en titane de la base. Plaqués de chaque côtés de l'ouverture, les ODST attendirent le signal d'Alenko, avant de bondir, deux par deux, à l'intérieur. Ils découvrirent alors le garage sans dessus-dessous, les gardes massacrés, les véhicules détruits, l'essentiel des équipements de sécurité en miette.
Un carnage. La cour intérieure, n'était pas mieux logée. Jane y découvrit le même spectacle que dans le garage. Il y avait fort à parier que toute la base soit comme ça.
-Toujours aucune réponse? Demanda-t-elle à Alenko.
-Si quelqu'un est encore en vie, soit il ne peut pas, soit il ne veux pas.
-C'est étrange, on a pas croisé une seule de ces machines... commenta Williams.
-Tant mieux... lâcha Jane.
Elle ne tenait pas spécialement à en affronter plus que nécessaire. Même si elle aurait adoré les chasser personnellement d'Eden-Prime, ces créatures restaient coriaces et croiser le fer avec eux compliquait la mission.
D'après le briefing, sa cible se trouvait dans la section souterraine Bravo-14. Elle suivit les plans qu'on lui avait fournit, guidant les ODST et la sergente-artilleur Williams dans la salle de chargement, où le même constat, tristement familier, s'imposa.
-Alerte. Alerte. Intrus dans la section Bravo-14. Sécurité compromise. Sécurité compromise. Protocole Cole enclenché! Évacuation générale de tout le personnel de l'UNSC!
Jane soupira. Au moins, elle n'avait pas à s'occuper de ça. Visiblement, l'IA s'en était déjà chargée.
Ses yeux se posèrent alors sur la cage d'ascenseur. Section Bravo-14. C'était là où elle devait récupérer le colis. Elle commença à se demander si l'objectif de l'ennemi n'était pas le même que le sien.
-Il faut descendre. Lança-t-elle aux autres.
Le sergent Nero s'approcha du rebord, se retrouvant face au vide. Il inspecta quelques secondes la cage d'ascenseur, avant d'appuyer sur le bouton. Aucune réponse. Il soupira, enlever son sac, pour le poser à ses pieds, avant d'y piocher plusieurs longues cordes.
-Futée, Mitraille. Attachez ça là bas.
Il pointa une poutre, à proximité. Duriand et Labreaux, respectivement, les récupérèrent et partirent les attacher. Coquelet pointa alors une autre poutre, sur laquelle se trouvait une corde déjà installée.
-On pourrait prendre celle là aussi sergent?
Nero secoua la tête. C'était sa règle: ne jamais prendre une longe qui n'était pas la sienne. On ne savait jamais qui l'avait installée, pourquoi et comment.
Quelques minutes plus tard, Nero avait distribué et accroché des huit sur tout le monde. Il s'assura que tout le monde les ait bien placé sur la corde, avant de les faire descendre trois par trois, un sur chaque longe. Futée, Jenkins et Javert furent les premiers en bas. Ils découvrirent la cabine de l'ascenseur, trappe d'accès ouverte. Visiblement, celui qui avait installé l'autre corde était déjà passé par là. Futée se laissa tomber au fond de la cabine, roulant immédiatement sur le côté, avant de pointer son arme droit vers le poste de sécurité devant elle.
C'est là que la caporale remarqua un cadavre qui tranchait singulièrement avec le reste. De sa position, elle était incapable de l'identifier clairement, mais, en tout cas, la forme globale laissait clairement penser que ça n'était pas humain.
-Clair! J'ai quelque chose ici!
Quelques minutes plus tard, l'équipe avait sécurisé les lieux. Futée et Jenkins couvraient le reste du couloir, tandis que Jane et Alenko s'approchaient du cadavre.
La commandante s'agenouilla. La créature ressemblait à un élite, mais son torse était bien plus large, ressemblant vaguement à un mug. Elle portait une armure intégrale, un casque masquant sa tête, que Jane soupçonnait fortement d'arborer une bouche normale, complétée d'une paire de mandibule sur les joues, ainsi que de protubérances sur le crane. Un turien, à n'en pas douter.
Le lieutenant Alenko grogna. Les turiens. Il avait reconnu la créature presque à l'instant où il était entré. Il y a quatre ans, quand l'humanité avait affronté les forces de la Citadelle, sur Shanxi, c'était des turien qu'il a avait affronté. Disciplinés et lourdement équipés. Leurs boucliers, à eux seuls, étaient un véritable casse-tête pour les fantassins de l'UNSC, demandant une importante concentration de feu.
C'était du tout cuit. On avait détecté de l'élément zéro chez l'ennemi, les technologies étaient similaires et, maintenant, ils avaient un turien mort. La Citadelle était forcément derrière tout ça!
-Au moins on a pu en avoir un... grogna-t-il.
Son regard se posa sur les quelques cadavres des agents de l'ONI. Celui qui l'avait eu était probablement déjà mort.
Jane examina l'unique blessure visible sur le turien. Un tir, à la base du crane, qui était ressortit de l'autre côté, laissant deux petits trous à peine plus gros qu'une épingle à nourrice, dégoulinant de sang bleu. Elle pouvait même voir des petites traces de brûlure sur le point d'entrée.
Quelque chose clochait. Déjà, ça ne correspondait pas à l'armement de l'UNSC. Il y aurait eu plusieurs impacts. La doctrine de l'UNSC demandait une haute intensité dans le tir, face à ce genre de cible et, dans feu de l'action, personne ne contrôlait exactement sa cadence, surtout après la rupture d'un bouclier énergétique. Par ailleurs, le trou était trop petit. L'armement de l'UNSC était d'un calibre bien plus gros. Elle aurait dû pouvoir passer au moins un doigt par le point d'entrée. Enfin, les traces de brûlures voulaient dire qu'on lui avait tiré dessus à bout portant.
C'était une arme concilienne qu'on avait utilisé. Elle ne voyait pas d'autre possibilité. Il n'y avait qu'eux qui avaient un calibre aussi fin, capable d'un tel pouvoir de destruction. Est-ce qu'un des agents aurait réussit à voler une arme et à l'utiliser contre les turien?
Elle se redressa, observant la pièce. Tout les cadavres humains étaient trop éloignés pour avoir permis un tir à bout portant, et aucun n'avait d'arme concilienne avec lui. Peut-être cet agent avait-il survécu et quitté les lieux? Non... ça ne collait pas. Le turien gisait sur son ventre, comme si il était tombé en avant, après un unique tir. L'agent aurait eu à trouver l'arme, s'approcher sans se faire repérer, réussir à passer outre le bouclier du turien, puis le tuer. C'était trop complexe pour un simple agent de la sécurité de l'ONI, face à un ennemi aux abois.
Peut-être que c'était un autre concilien qui l'avait tué? Non, c'était encore plus ridicule. Quel serait l'intérêt d'exécuter un des leurs et de laisser ici? Quelqu'un s'était donné beaucoup de mal pour ça.
-Commandante, mon lieutenant! Lança Javert, en retirant le casque d'un des agents décédés.
Jane remarqua un module caméra, sur le côté du casque. Il était endommagé, mais peut-être qu'il y avait moyen de récupérer quelque chose.
-Gardez nous ça au chaud, Javert. Ordonna Alenko.
Il se tourna ensuite vers Jane.
-Vous avez ce qu'il vous faut?
Elle hocha la tête.
-Il va nous faudra sans doute l'ascenseur, pour...
-Attention! Attention! Explosifs détectés dans la salle du réacteur. Détonation estimée dans cinq minutes. Tout le personnel UNSC doit immédiatement évacuer! Je répète, évacuation immédiate.
Une alarme retentit, annonçant le compte à rebours. Tout le monde se figea, prenant bien le temps d'enregistrer le message et de le décortiquer, pour être sûr d'avoir bien comprit.
Jane consultât immédiatement les plans de la base. La salle du réacteur se situait au dernier sous-sol. Elle transféra immédiatement à Alenko.
-Sergent! Lança-t-il à Nero. Prenez tout le monde et neutralisez ces explosifs. La commandante, Jenkins, la reg et moi, on s'occupe du colis.
-Carte blanche, mon lieutenant?
-Carte blanche Nero. Vous avez trois minutes.
Sous son casque, le sous-officier eut un rictus.
-Mitraille! Charge explosives, maintenant!
Les ODST retournèrent dans la cage d'ascenseur, laissant les autres poursuivre.
Jenkins avait prit la tête, suivit par Jane, puis Williams, Alenko fermant la marche. Derrière eux, ils entendirent une explosion, suivie, quelques secondes plus tard, d'un grand fracas étouffé.
-Qu'est-ce qu'ils foutent? Grogna Williams.
-Ils viennent de couper le câble. Répondit Alenko.
-Comment on va...
-On improvisera.
Ils progressèrent quelques instants dans un mince corridor, sur les côtés, de nombreuses portes, solidement verrouillées, auxquelles personne ne semblait avoir touché. Ou presque. Ils finirent par arriver devant deux panneaux de métal carbonisés et pliés. Du titane, de très haute qualité. L'ONI ne lésinait jamais sur les moyens, quand il s'agissait de protéger ses petits secrets. Ils fallait de sacrés explosifs pour percer ce genre de chambre forte.
Une lumière verte en émanait. Jenkins pénétra le premier, balayant la pièce de son arme, pour se retrouver nez à nez avec une sorte de structure, qui brillait d'un éclat verdâtre. Alenko lui tapota sur l'épaule, avant de l'envoyer surveiller le couloir, avec la sergente-artilleur Williams.
Jane, elle, s'approcha de la structure. Elle nota que quelqu'un avait eu la présence d'esprit de la mettre sur un diable, pour faciliter le transport.
-On va en chier pour le remonter. Grommela Alenko.
Il ne l'avait pas imaginé aussi gros. Le machin devait bien mesurer quatre ou cinq mètres de haut. Il en regrettait presque d'avoir donné carte blanche à Nero. Presque. Après tout, si le réacteur explosait, sortir le colis serait le cadet de leurs soucis.
Jane s'avança pour attraper les poignées du diable. Elle se sentit d'un coup très légère. Elle se retrouva suspendue, à quelques centimètres du sol, impuissante. La structure se mis à luire encore plus. Des images commencèrent à couler dans son cerveau. D'abord des flash, incompréhensibles, qui lui arrachèrent un cris de douleur.
-Shepard! Hurla Alenko en tentant de s'approcher.
-Reculez! Ordonna-t-elle.
Rapidement, des images d'amalgames grotesques de chair et d'acier lui montèrent aux yeux. Des cris strident, presque métalliques, attaquèrent ses oreilles. La mort. L'horreur. La destruction.
Alenko, était fou de rage. Il crevait d'envie d'aider la commandante, mais il savait qu'elle avait raison. Le colis lui faisait quelque chose. Si il venait l'aider, il serait certainement la prochaine victime. Il ordonna à Williams et Jenkins de reculer. Ils ne pouvaient rien pour elle.
Les images accélérèrent, les cris devinrent de plus en plus strident, comme si l'artefact perdait patience et tentait, à présent, de les marteler de force dans son crane. La lumière verte devint alors blanche. Alenko et les autres entendaient, à présent, un sifflement émaner de la structure, qui, brusquement, éclata.
Jane fut projetée de l'autre côté de la chambre forte, dans un nuage de débris, qui martelèrent sa combinaison. La dernière chose qu'elle vit fut Kaiden Alenko, qui se ruait vers elle, sa visière dépolarisée laissant voir un visage paniqué et horrifié.
