Bonjour, je vous remercie toujours de suivre cette fanfiction.

Petit message pour nos amis anglo-saxon, oui, cette fic aura une version anglaise. Toutefois, mon anglais n'est pas le meilleur pour ce genre d'exercice et je manque de temps. Si quelqu'un se sent de traduire, qu'il n'hésite pas à m'en parler en MP.

A message for our english reader. Yes, this fanfiction will get an english version. However, my english isn't that suited for that kind of text and I only have so many time for that. So if someone feel himself capable of doing the translation, I'll be glad to talk about it in DM.

Chapitre 3: une sacrée nuit

Secteur intérieur, système Epsilon Eridani, Reach, 03 mars 2560:

John Shepard se réveilla en sueur, la poitrine comprimée. Ses yeux clignèrent, cherchant à s'habituer à la pénombre. Sa main toucha quelque chose de mou, mais ferme. Une lumière, passant en catimini devant une paire de store, éclaira la silhouette d'une jeune femme, qui dormait paisiblement.

Il se passa une main sur son visage, essuyant la sueur qui s'était accumulée sur ses sourcils. Seul un léger bourdonnement rassurant pouvait se faire entendre, signe que le cycle nocturne se déroulait parfaitement pour le reste de la station.

Il chassa le drap de ses jambes, quittant le lit. Le sol était tiède, une température confortable pour la plupart des gens... cela surpris toutefois John, qui s'était attendu à quelque chose de métallique et froid.

La chambre était moderne et confortable. Une large ouverture donnait sur le reste de l'appartement, où John pouvait voir une salle de vie. Un classique hybride de cuisine et de salon, produit en série pour répondre aux besoins de logements de la station, mais qu'on avait su néanmoins personnaliser, à grand renfort de boiseries, photo, bibelots et livres.

Il attrapa rapidement son tee-shirt qui traînait par terre, recouvrant rapidement le tatouage de crâne enflammé sur son épaule, avant de lacer ses chaussures. Il jeta un dernier regard à la fille, avant de soupirer, puis d'avancer dans la pièce de vie. Il s'arrêta quelques secondes devant la baie vitrée, contemplant la profil scarifié de Reach, qui dérivait tranquillement dans l'espace.

Autrefois, Reach était le joyaux de l'humanité. Un monde riche et prospère, que les hommes avaient su conquérir, apprivoiser et remodeler à l'image de la Terre. Des millions, autrefois, vivaient ici. Puis, tout s'était effondré, balayé par l'une des plus horribles guerre à laquelle l'humanité ait participé. Toutes ces terres verdoyantes, ces montagnes enneigées, ces océans grouillant de vie. Tout avait disparu, enterré sous le plasma, qui s'était progressivement changé en une épaisse couche de verre.

Il ferma les yeux et expira, lançant un dernier regard à Emily. Des fois, il avait du mal à croire à sa chance: cela faisait un mois, à présent et, jusqu'ici, tout allait bien. Toutefois, il n'était pas sûr, au fond de lui, que ça soit une bonne idée. Ça ne se finissait jamais bien avec lui.

Il sortit. Il avait besoin d'air frai. Cela n'avait en soit pas beaucoup de sens, la station entière tournant avec le même air recyclé. Mais il se moquait de telles considérations sémantiques. Prendre l'air, se balader, vider sa tête, peu importe!

Il erra dans les coursives de la station, suivant instinctivement le marquage au sol, tantôt à gauche, tantôt à droite, s'écartant parfois pour laisser passer un robot de maintenance.

Des cris lointains, presque fantomatiques, résonnaient dans sa tête. Des échos de combats, des ordres qu'on hurlait à la va-vite, en tentant de masquer sa panique, des coups de feu désordonnés, qui ne savaient plus où donner de la tête.

Un panneau publicitaire l'arracha à ses songes. Il resta planté quelques secondes, à regarder sans vraiment voir, un spot publicitaire vantant les mérites de la réhabilitation de Reach. Ce monde était un symbole, celui d'une humanité puissante, qui avait su conquérir les étoiles durablement. Sa perte, à la fin de la guerre, avait été un coup terrible au moral. Aussi, sa reconstruction était devenu un des principaux projets civils de l'Union des Gouvernements de la Terre, l'UEG.

La guerre avait peut-être envoyé l'humanité au tapis, mais reconstruire Reach prouverait qu'elle pouvait se relever! Ou du moins, c'était l'idée. Il était bien plus simple de vitrifier toute une planète que d'inverser le processus.

Les ingénieurs et les scientifiques avaient établit un programme sur près de cinquante ans, visant d'abord à retirer la couche de verre, la glace, puis à nettoyer l'atmosphère, les océans, avant de dépolluer et fertiliser les sols, avant de finalement pouvoir tout reconstruire. Un projet titanesque, qui, pour John, semblait bien vain. Il était déjà descendu, pour voir. C'était tenter d'écoper le Titanic avec un dé à coudre.

Il dévisagea son double dans le reflet d'une vitrine. Des cernes immenses, une cicatrice sur un nez qui fut autrefois fracturé, une mâchoire sèche et fermée et, surtout, deux yeux qui en avaient vu bien trop. L'humanité ne devait son salut qu'à la chance. Il le savait mieux que quiconque.

Bien entendu, la version officielle parlait de l'héroïsme du Chef. De son ultime combat acharné contre les Covenants, aux confins de la galaxie, qui avait permis d'éliminer d'un seul coup la flotte ennemie. Cela marchait sans doute sur les civils, mais pas sur les vétérans, comme lui. Il était en Afrique lorsque le Chef était revenu sur Terre. Il était avec lui lors de l'ultime bataille, dont il ne pourrait jamais parler à personne, pas même à Emily. Il avait combattu, aux côtés de ceux, qui avaient vraiment fait pencher la balance en faveur de l'humanité: les élites.

Bien sûr, il n'avait pas tout les tenants et les aboutissants. Il devait y avoir une explication bien détaillée, sommeillant bien au chaud au fin fond des archives de l'ONI. Mais que l'une des caste raciale les plus importantes des Covenant retourne sa veste, au dernier moment, il n'y avait pas d'autre mot. C'était purement de la chance. À quelques jours prêt, l'humanité était cuite, balayée par le souffle d'armes cosmiques, ou bien dévorée par un fléaux dépassant l'imagination la plus fertile.

Deux flics passaient à côté de lui, le braquant avec leurs lampes torches. Il leva la main instinctivement. Le chef de patrouille commença à s'approcher, mais John ne le laissa même pas parler, exhibant un badge sur lequel le flic loucha.

-Bonne soirée, inspecteur. Lâcha-t-il avant de repartir.

Il regarda sa montre. Quatre heure du matin. Il soupira. Il aurait pu retourner chez Emily, ou même chez lui... mais ça ne lui disait rien. Il n'y avait pas de raison particulière. Il n'avait juste... pas envie.

Le néon orange d'un débit de boisson capta son attention. Un petit bar de quartier, simple, d'où sortait un petit air de musique ancienne. Du rock peut-être. Cela n'avait pas d'importance, il poussa la porte.

L'endroit était désert. Le patron n'était même pas derrière le comptoir. Il était probablement dans l'arrière boutique, à roupiller. C'est vrai que, vu l'heure, voir un bar ouvert relevait déjà du miracle.

Il se posa dans un siège, dans un coin. Quelques affiches publicitaires, vantant les mérites de breuvages alcoolisés, décoraient l'endroit, avec quelques photos des gens du coin. Quelque écrans diffusaient la version télévisé de la même publicité que tout à l'heure, sans aucun son, celui-ci ayant probablement été coupé.

Il ferma les yeux, essayant de se laisser aller, d'écouter la musique. Les cris revinrent. Puis des visages grotesques, déformés par ce qu'il y a de plus horrible et inimaginable.

Il ouvrit les yeux. Un verre était devant lui. Un whisky sec, sans glaçon. Il releva la tête. Un homme d'un âge mur, à la peau sombre et portant un uniforme de la navy leva son verre en sa direction.

-Bonsoir John.

-Capitaine...

David Anderson. En terme d'officier naval dans l'UNSC, on en avait peu qui avaient bourlingué autant et survécu jusqu'à aujourd'hui. Le type avait traversé la guerre contre les Covenants et l'incident de Shanxi. Il avait même défendu la Terre, avec tant d'autre en 52, lorsque les Covenants étaient tombés par erreur sur la planète bleue.

John avait servit avec lui un certain temps, mais ils s'étaient perdu de vue quand il avait prit sa retraite.

-Vous êtes plutôt difficile à trouver. J'ai passé la nuit à vous chercher.

John renifla, pas dupe pour un sous. Anderson n'était pas n'importe qui. La pyramide bicolore sur ses épaules l'identifiait comme un membre de l'ONI, le renseignement de la navy. Quand il était encore un simple ODST, Anderson avait été son officier traitant. Il en savait toujours plus que tout le monde, parfois pour le mieux, parfois pour le pire. Quoiqu'il en soit, un homme comme lui n'aurait jamais eu de problème à retrouver un simple agent de l'administration coloniale, surtout sur cette station.

-Toujours des problèmes de sommeil?

Ça lui ressemblait déjà plus. Depuis combien de temps le surveillait-il au juste?

-Je me soigne.

Un mensonge. Anderson n'était pas dupe, mais, il n'était pas vraiment là pour ça.

-L'ONI vous a enfin accordé une permission?

Anderson eut un petit sourire.

-Pas vraiment. Pour être honnête, je crois même que je ne devrais pas être ici...

John arqua un sourcil.

-Mais, je vous en dois une Shepard... et l'UNSC pourrait bien avoir besoin d'homme de vos talents.

John prit une gorgée de son whisky.

-Elle se sert déjà de mes talents.

Anderson leva les yeux au ciel.

-Des conneries, sergent. Un homme comme vous? Ici? À jouer les douaniers au dessus d'une planète morte?

Il secoua la tête.

-C'est du gâchis, et vous le savez comme moi. Et puis, n'allez pas me dire que ça vous convient, pas quand vous débarquez dans un bar, à une heure aussi tardive, après avoir fuit un lit.

John claqua sa main sur la table, lançant un regard noir à l'officier. Quel enfoiré! Il avait vraiment fallu qu'il mette son nez dans sa vie privée?

Anderson, lui, le regardait, d'un air impassible. Il sortit un data-pad de son uniforme et le posa sur la table. Il avait comprit, ça ne servait plus à rien de tourner autour du pot.

-C'est au sujet de Jane.

Il arqua un sourcil.

Cela faisait bien deux ans qu'il n'avait plus entendu parler de sa sœur, huit qu'il ne l'avait plus vu. La commandante Jane Shepard. Contrairement à lui, elle avait eu l'intelligence de rentrer dans la navy, avec une commission. Et maintenant, elle était l'héroïne d'Elysium. Elle avait à, elle seule, repoussé une attaque d'une des dernière factions covenantes. L'histoire avait fait le tour des colonies humaines.

-Me dites rien... elle s'est trouvé un mec et c'est un innie.

Un indépendantiste, un de ces terroriste qui cherchait activement à soustraire quelques mondes au contrôle de l'UNSC. C'était cliché au possible, mais, il y avait déjà eu des cas. Après tout, la séduction était un vecteur d'espionnage tout à fait valable.

Anderson coupa court à la tentative d'humour de John.

-Il y a quelques jours, Jane était engagée sur une opération de récupération, sur le secteur frontalier. La colonie en question a été attaquée.

Il sentit le sang quitter son visage. Non...

-Jane a été amenée à interagir avec un artefact, qui a explosé et l'a plongé dans un coma d'environ une vingtaine d'heure.

John relâcha une goulée d'air. Vivante... et toujours consciente.

-À son réveil, elle prétendait avoir eu une vision.

Il finit son verre d'une traite, avant de fixer Anderson.

-Ma sœur a des hallucinations suite à une explosion. Je suis pas médecin, mais ça me semble pas si déconnant. D'ailleurs, je vois pas le rapport avec mes ''talents''.

Le capitaine soupira, faisant glisser le datapad vers John.

-Le rapport, c'est que l'artefact en question était une balise prothéenne.

John haussa les épaules. C'était censé lui dire quelque chose?

Devinant la question, Anderson leva les yeux au ciel.

-Les prothéens sont une race d'alien aujourd'hui éteinte.

-Les même que...

-Non. D'autres, tout aussi classifiés, d'ailleurs. Ceux là sont derrière les relais conciliens et l'essentiel de leur technologie. Et en parlant des conciliens, ils pourraient justement être impliqués.

Anderson alluma le data-pad et John vit quelques photographies de l'autopsie d'un turien, ainsi que les images d'une machine humanoïde et d'armes clairement de facture concilienne. Il fronça les sourcils.

Après la Guerre, l'UNSC avait relancé le programme de colonisation spatiale. Tant de mondes avaient été perdus, réduits en cendre par les flottes des covenants, il fallait vite les remplacer, pour relancer l'économie civile de l'humanité. Cela avait payé. Shanxi, Eden-Prime et tant d'autres... mais avec ces mondes avaient été découvert d'étranges objets, dérivant au niveau des héliosphères des systèmes stellaires.

Ces objets étaient les relais cosmodésique. Ils appartenaient à un vaste réseaux de voyage supraluminique qui s'étendait sur toute la galaxie. On savait peu de choses sur ces relais, si ce n'était que leur fonctionnement envoyait paître les lois de la physique. On savait également qu'ils étaient contrôlés par l'alliance extra-terrestre se présentant comme le conseil de la Citadelle et, à l'époque, ils n'avaient pas apprécié qu'une bande de primate ouvre un relais. Shanxi avait donc été le théâtre de violent affrontement, les concilliens parvenant même à envahir la planète, avant d'être repoussés par les renforts de l'UNSC.

Une paix avait ensuite été rapidement négociée mais, celle-ci restait assez fragile et empreinte de méfiance. Les relations diplomatiques étaient limités à un ambassadeur humain à la Citadelle, une sorte de grande station spatiale, qui tenait lieux de centre de pouvoir aux conciliens. Il n'y avait aucun échange commercial, aucune coopération militaire, seulement quelques invitations à des soirées entre diplomates, où l'on se contentait de sourire poliment, en s'assurant qu'on saurait se parler, en cas de soucis.

Mais la vérité, c'est que derrière ce vernis diplomatique, beaucoup, des deux côtés de la frontière, voulaient un deuxième round. Beaucoup n'attendaient qu'un prétexte, et il venait d'être servit sur un plateau d'argent.

Cela, donc, ne pouvait signifier qu'une chose: une nouvelle guerre. L'humanité ne resterait pas les bras croisés si quelqu'un s'amusait à attaquer ses colonies.

-On sait tout les deux que l'UNSC n'a pas le luxe de s'offrir une nouvelle guerre: on se remet à peine des Covenants, dont on doit encore gérer leurs dernières poches. Puis on a les indépendantistes qui reviennent et Shanxi, qui a bien faillit nous foutre en l'air.

Il soupira, serrant son verre.

-La nouvelle de l'attaque ne tardera pas à fuiter. On ne pourra pas garder le secret éternellement et, là, les gens vont demander des comptes.

-Mais si on ne fait rien, on signale à tout le monde que l'UNSC est incapable de protéger ses colonies.

Et ça, c'était pousser plus de gens des les bras des indépendantistes, en plus de prêter le flanc à tout un tas d'autres pirates, qui verraient en l'humanité une proie facile. On tomberait alors dans un cercle vicieux, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien d'une humanité unie.

-Précisément.

John soupira. Alors ils étaient foutrement baisés. Pile, tu perds, face, je gagne. Quoiqu'ils choisissent, ils y perdaient.

-Mais on a peut-être un moyen d'éviter ça.

John releva les yeux.

-Il y a plusieurs éléments qui ne collent pas avec le scénario de l'attaque concilienne. L'UEG a décidé de prendre la voie diplomatique sur ce dossier. De son côté l'ONI a ouvert une enquête et me l'a confiée. Je monte une opération. Votre sœur est dedans et j'ai besoin de vous.

John resta silencieux, avant de pousser un soupir las. Il sentait le whisky lui réchauffer la poitrine.

-Anderson, les conneries de l'ONI, j'ai déjà donné. Et n'allez pas me faire croire que je suis l'homme de la situation!

Ils le savaient tout les deux. John était un soldat. Un soldat d'élite, très polyvalent, mais certainement pas un espion, ni un diplomate, ce dont cette mission avait bien plus besoin. Et même si, dans une certaine mesure, il y avait besoin de soldat, pour assurer un certain niveau de sécurité, ça faisait cinq ans qu'il ne l'était plus. Sa condition physique, ses réflexes, ses sens... tout ça s'était émoussé, écorné. Il était obsolète, par rapport à ce qu'Anderson devait déjà avoir!

Le capitaine soupira, joignant ses doigts.

-Vous l'êtes pour votre sœur.

John abattit son poing sur la table, une nouvelle fois.

-Laissez Jane en dehors de ça!

Anderson se pinça l'arrête du nez.

-Je ne peux pas.

Il marqua un temps de pause.

-Les visions qu'elle a eu... je pense que c'est la clef de toute cette histoire.

John croisa les bras, dubitatif.

-Cette balise lui a fait quelque chose, quelque chose d'assez grave pour que je le cache à l'ONI. Vous savez ce qu'ils lui feraient si ils l'apprenaient.

Les deux hommes échangèrent un regard, un horrible souvenir se tortillant dans leurs songes. Un souvenir que John essayait d'oublier depuis cinq ans.

-Raison de plus pour que je reste hors de cette histoire.

-Bon sang, John, l'avenir de l'humanité est en jeu!

-Peut-être, mais c'est pas moi qui fera la différence.

-C'est là que vous vous trompez.

L'officier se leva et ajusta son uniforme.

Il plongea une main dans une de ses poches, avant d'en sortir un carte d'accès en plastique.

-Je pars ce soir, à vingt heure. Ça vous laissera le temps de réfléchir. Présentez ça au poste de garde. Ils s'occuperont du reste.

John eut un petit rire.

-Vous perdez votre temps capitaine.

Anderson sourit, amusé.

-Nous verrons.

Il lui tendit la main. John la serra. Il lui tourna alors le dos, quittant le bar, le laissant seul, assit devant un verre vide et un autre à peine terminé. John attrapa ce dernier et le vida d'une traite. Pas question de gâcher.