Bonjour à tous !
Alors, déjà, je suis ravie de tous les retours positifs que j'ai reçu sur le premier chapitre ! Merci à chacun d'entre vous et bienvenue aux nouveaux lecteurs! Je vous envoie de l'amour en barre!
J'espère que ce chapitre saura vous convaincre et que vous vous laisserez entraîner dans ce nouvel arc !
Pour info, on m'a questionné sur mon rythme de publication. Je publie une fois par semaine sauf problème ou vacances !
2ème info. Dans ce chapitre se trouve un petit bonus. Ecrit par la Grande EpsilonSnape en personne que je remercie d'ailleurs. (this is my love !) Bref. Les connaisseurs vous reconnaîtrez je le sais !
J'attends vos retours, je me suis bien amusée sur ce chapitre !
Immense love
Saya
Chapitre 2
- Potter. C'est quoi tous ces tatouages ?
Il observait le survivant s'habiller, notant avec plus ou moins de satisfaction les marques de leur nuit qui jonchaient sa peau. Du moins, là où l'encre ne les dissimulait pas.
La veille, il n'avait pas franchement eu le temps, ou l'envie d'ailleurs, de s'y attarder, mais cette fois, il détailla chaque trait.
Tout d'abord, son bras gauche. Son poignet était ceint de plusieurs traits noirs, tous d'épaisseurs différentes. Et il les retrouvait au niveau du coude ou du biceps. Entre, différents motifs géographiques remplissait la peau dans différentes nuances de noir. Pas de forme précise, c'était des traits anarchiques, imbriqués les uns dans les autres, comme si une tornade se dessinait sur sa peau, lui courant sur l'épiderme.
Fascinant de réalisme. Quelques runes avaient été discrètement intégrées. Il supposait que celles-ci faisaient partie du secret des Langues-de-Plomb…
Remontant ses yeux jusqu'à sa nuque, il nota que les volutes léchaient la racine de ses cheveux, entourant cette fois un symbole. Il le connaissait. Celui des Reliques. Fronçant les sourcils, il se garda de faire le moindre commentaire alors qu'il admirait les fines lignes qui entouraient de motifs la gorge du survivant, s'y évanouissant discrètement.
Il avait aussi vu durant la nuit, le trait fin qui entourait ses chevilles. Revenant à la réalité, il réalisa seulement que le survivant s'était figé. Ne lui répondant pas.
- Potter.
Il l'entendit soupirer avant de hausser les épaules.
- J'ai eu le premier à cause de la formation… Et… J'ai été attiré…
La réponse était vague… Mais Potterienne. Attiré hein. Potter avait simplement voulu exprimer certains secrets. Il n'était pas stupide. Il pouvait presque voir la signification des différents tatouages sur sa peau. Même pour lui, les arabesques et les traits étaient parlants.
- Et les piercings… ?
Haussant un sourcil, il regarda le brun retrouver le sourire et enfiler un pull. Il lui en avait prêté un. Hors de question qu'il ne se présente à nouveau devant son parrain avec le truc informe de la veille. Le pantalon également. Ils étaient trop grands, mais un petit sort et tout allait parfaitement au Sauveur du Monde.
- C'est parce que j'aime ça. Et que certains ont une….certaine utilité.
Il pointa sa bouche du doigt, souriant un peu plus alors qu'ils revivaient tous les deux la nuit passée ensemble. Ouais.
- Effectivement…
Laissant un rictus fleurir sur ses lèvres, il se leva finalement. Ils devaient encore sortir pour pouvoir transplaner jusqu'au Manoir Prince. Merlin. Il avait fallu qu'il tombe sur le seul adulte qui refuse d'ouvrir ses cadeaux de Noël avec un peu de retard. Le forçant à se lever aux aurores.
- Qu'est ce qu'on fait de ça… ?
Pointant d'un doigt dédaigneux les différents hiboux, il regarda le brun s'emparer d'une plume et d'un parchemin pour y griffonner quelques mots.
- Je dis à Ron qu'on le retrouve plus tard… A Hermione aussi…et...Je suppose que je dis à tes parents qu'on sera là pour le repas demain soir… ?
- Fabuleux. Un repas de famille je me réjouis.
- C'est tes parents… Tu peux aussi refuser…
- Bien sûr. Et me mettre ma mère à dos. Sans façon Potter.
Il vit le brun ricaner et hausser les épaules, marmonnant un truc du style "fils à maman".
- C'est de moi que tu parles Potty.. ?
- Quoi ? Tu nies être fou de ta maman ?
- Qui de nous deux flippait de quitter la maison et son père… ?
- Moi, c'est pas pareil. J'ai un père depuis pas longtemps. Toi par contre…
- Ne me cherches pas Potter.
Souriant un peu plus, le brun ricana.
- Oui oui, sinon le grand méchant serpentard va me faire payer etc etc…
Oh. Le petit pote Potter semblait de bonne humeur ce matin. Plissant les yeux, il sourit, arrogant.
- Savais-tu Potter, que moi, je n'ai aucun problème à parler de sexe devant qui que ce soit ?
- … Est-ce que je sais que tu es un pervers…? ouais… Sans aucun doute.
- Bien. Rappelle toi ensuite que la vengeance est un plat qui se mange froid selon le fondateur de ma Maison.
Assis à la table vide de sa salle à manger, il contemplait sans réellement le voir son café.
Levé à l'aube, comme à son habitude, il avait d'abord soigneusement fait apparaître les cadeaux au pied du sapin avant de vérifier que tout était parfait… Il avait ensuite demandé aux elfes de maison de préparer un petit déjeuner complet. Il savait que son enfant viendrait avec Draco… Il était alors tout à fait probable que les Malefoy ne se présentent également à sa porte.
Il se sentait un peu ridicule pour être honnête. Il organisait le matin de Noël comme si son fils adoptif avait encore huit ans… Il s'assurait qu'il y aurait ses plats préférés… Que les décorations étaient en place...qu'un feu ronflait dans la cheminée près du sapin… Il avait même, encore une fois, été un peu trop...dépensier quant aux présents du jeune homme.
Jeune homme. C'était bien cela. Harry Potter n'avait plus rien d'un enfant… Il avait grandi. Il prenait des décisions, suivait sa propre voie et se détachait doucement de l'ancien lui.
Il n'y avait qu'à voir son apparence. Quel autre message cela pourrait-il porter que celui d'un besoin de s'affirmer. D'un besoin d'existence et d'indépendance… ?
Severus n'avait pas de diplôme de psychologie...mais il pouvait se targuer, grâce à son expérience d'espion, d'être un bon juge de la nature humaine. Il ne prenait simplement pas le temps de s'y attarder en général, bien peu intéressé par les autres.
Mais c'était différent en ce qui concernait son enfant. L'adolescent s'était infiltré entre ses défenses avec tellement de facilité qu'il avait atteint l'organe atrophié et aigri qui lui servait de cœur. Et il s'y était résigné. Il devrait s'inquiéter pour cet imbécile toute sa vie durant.
Mais il avait aussi réussi à remplir un tant soit peu cette existence glaciale et solitaire qui était la sienne. Il l'avait probablement guéri de certaines blessures dont il avait ignoré jusqu'à l'existence même.
Alors la discussion de la veille avait été difficile et l'avait tenu éveillé pendant de longues heures la nuit dernière.
Quand les Malefoy avaient quitté sa maison, il s'était retrouvé seul avec lui.
Je suis...vraiment désolé de ne pas avoir donné de nouvelles…
Je sais.
Il n'avait rien eu d'autre à ajouter. Son pupille n'avait apparemment pas eu le choix et il semblerait même que ses mentors aient choisi ce moyen de pression.
Agitant Severus et Draco comme des carottes sous le nez du survivant pour le frustrer et le faire progresser plus vite. Du moins, l'avait-il compris ainsi au vu des sous-entendus.
Observant le jeune homme qui, assis à table, se tortillait sur sa chaise, il soupira discrètement.
Monsieur Potter. Dites ce que vous avez à dire et cessez de vous tortiller comme un ver sur votre chaise.
Comme à son habitude, le gamin sembla immensément gêné avant de prendre une inspiration et d'avouer du bout des lèvres ce qui le tracassait.
Il avait eu peur. Peur que son changement d'apparence ne change quelque chose aux yeux du Maître des Potions. Peur de le décevoir. Du moins c'était ce qu'il avait réussi à tirer des différents balbutiements du sauveur du monde.
Cet enfant… Malgré ses airs rebelles, ses tatouages et ses piercings, son pouvoir immense et sa dangerosité… continuait de placer l'opinion de l'Ex-Mangemort avant tout le reste.
De manière absolument incroyable, alors qu'il avait, au fil de sa vie, côtoyé les sorciers les plus illustres du Monde Magique, il ne cessait de revenir vers lui. Severus Snape.
Il cherchait son approbation et sa reconnaissance. Il prenait ses propres décisions...mais semblait à chaque fois se tourner pour vérifier si, comme d'habitude, il se trouvait toujours derrière lui.
C'était touchant. Parce que personne n'avait jamais compté sur lui à ce point. Personne n'avait cherché à ne pas le décevoir. Personne ne lui avait donné sa loyauté sans rien attendre en retour.
La conversation lui avait retourné le cœur. Parce qu'il se rendait également compte que le gosse avait toujours peur de se retrouver abandonné. Parce qu'il gardait la trace de tout ce qu'il avait vécu. Et parce qu'il avait, pendant cette conversation, réalisé qu'un lien filial n'avait rien à voir avec le sang, la magie ou la génétique.
Il ne s'agissait que de choix. Leurs choix à tous les deux. Alors il n'avait pas pu s'empêcher de ressentir une vague de tendresse immense pour le survivant. Peut-être même était-ce un peu plus que cela. Il était gêné de se l'avouer.
Alors il n'avait pas su faire autre chose que de doucement poser sa main sur sa tête, ébouriffant ses cheveux, entamant un sermon sur sa garde robe déplorable. Et sur le fait qu'il l'attendait le lendemain matin sans faute pour ouvrir ses cadeaux de Noël.
Aujourd'hui, il se rendait compte que non seulement il aimait Noël mais que depuis quelques années, Lily ne lui manquait plus aussi cruellement.
- … Puis-je savoir, par Merlin, ce que vous faites… ?
Étalé de tout son long en plein milieu de la salle à manger, Harry leva les yeux pour tomber sur son père et le couple Malefoy… Toussant à cause de la suie de la cheminée, il grimaça et s'assit lentement alors que les flammes vertes ronflaient derrière lui.
- Eh bah alors Potter…. On ne sait plus marcher ?
Il foudroya Malefoy qui sortit, impeccablement vêtu - comme à son habitude - de l'âtre fumant, son insupportable sourire collé au visage. Celui-là même qu'il avait furieusement envie de lui faire ravaler. Maintenant. Un bon coup de genou bien placé et rirait bien qui rira le dernier.
Il lui passa sous le nez, apparemment très fier de lui et alla saluer sa mère qui fixait la scène, perplexe.
- Allez-vous rester assis sur le sol longtemps… ?
Grognant quelque chose, il se releva, grimaçant discrètement au vu de la protestation de sa chute de rein et salua finalement les adultes présents.
Il n'était pas étonné de voir les parents du blond être présents… Et pendant une seconde, il se dit que cela ressemblait vraiment un peu trop à un de ces repas de famille bizarres.
Il avait du mal à s'imaginer intégrer les Malefoy… Ils étaient trop différents de lui et… Il avait du mal à accepter de partager cette intimité si spéciale qu'il partageait avec Snape. Il avait l'impression que tout cela était...intrusif. Qu'ils n'avaient rien à faire là. Draco non plus d'ailleurs… Normalement, c'était un moment qu'ils ne partageaient que tous les deux… Et là, il se rendait compte que finalement, il aurait préféré qu'ils disparaissent.
Chassant ces pensées de sa tête, il s'avança vers son tuteur et le salua correctement. Furtivement, il l'enlaça. Une fraction de seconde, pas plus. Pudiquement, ignorant le sourcil haussé de son blond et l'air surprit des deux adultes étrangers. Son adulte à lui, ne réagit pas.
Le petit déjeuner a été servi au salon.
Ils avaient toujours fait ainsi. Quand ils ouvraient les cadeaux le matin du 25 décembre, ils organisaient un petit-déjeuner au pied du sapin, sans les formalités habituelles et le survivant sourit.
Une seconde plus tard, il ouvrait la porte du salon, admirant les décorations de la pièce, un serpentard sur les talons.
- Potter. Tu sais que tu n'as plus quatre ans ?
- Je t'emmerde Malefoy. Si t'es trop vieux, tu peux te barrer !
- Monsieur Potter…. Votre langage. Je ne vous ai pas éduqué pendant des années pour vous entendre vous exprimer comme la pire des vermines sorcière de ce monde.
- Oh Severus, un peu de légèreté en ce jour je t'en prie !
La voix de Narcissa, amusée, coupa court à tout début de sermon alors qu'elle prenait place sur un des fauteuils. Le survivant haussa les épaules et s'assit à même le sol, notant la montagne de cadeaux qui s'entassait au pied de l'arbre.
Merlin. Il se mordit la lèvre une seconde, subitement nerveux. Parce qu'il espérait que ses présents plairaient… Et parce qu'il se sentait un peu bête de devoir les offrir devant tout le monde… Sans parler qu'il n'avait rien prévu pour les parents de Malefoy. Il avait d'ailleurs manqué piqué une crise le matin même à ce propos. Le blond l'avait regardé en soupirant, lui rappelant que ses parents ne s'attendraient certainement pas à recevoir quoi que ce soit.
Peu importe. Il l'avait forcé à faire un détour rapide par une des rues commerçantes de Londres avant de venir.
Il vit un copieux petit-déjeuner apparaître sur la table basse et son ventre gronda bruyamment. Pains à la cannelle, croissants, pancakes ou tarte à la citrouille. Brioche à l'odeur de beurre, confiture de mûres et miel. Pain d'épice et salade d'orange. Les mets se disputaient la place sur le bois sombre, les odeurs toutes plus réconfortantes les unes que les autres.
Café, thé, chocolat, il y avait de quoi plaire à chacun, une délicate porcelaine n'attendant qu'à être utilisée alors que l'argenterie donnait encore un petit côté festif au tout.
Il observa la seule femme de la pièce faire le service, remplissant une tasse de thé pour son époux et son fils, de café pour Severus avant de servir le survivant également… Elle termina par une tasse de chocolat chaud et onctueux pour elle, rougissante de plaisir quand elle huma le riche parfum.
Lucius se tenait à sa droite, près de la cheminée, il s'était assis dans un profond fauteuil de velour noir, sa redingote du même ton, brodée de discrets motifs argentés faisant ressortir encore sa prestance alors que, jambes croisées, il posait, en équilibre sur ses genoux, une assiette débordante de pains à la canelle.
Narcissa semblait littéralement rayonner. Assise, dans une jolie robe gris tourterelle, sur un des sofas, elle riait à une remarque de son tuteur. Elle buvait lentement sa boisson, la tenant délicatement de ses longs doigts soignés et fins.
Son tuteur, lui, était comme à son habitude vêtu de sa robe noir. Il avait prit place dans un des fauteuils, à l'opposé de Lucius, et buvait sobrement son café, répondant vaguement à la femme qui semblait s'amuser à ses dépends. Mais si les émotions ne transparaissaient pas sur son visage, le survivant voyait bien, à sa posture, qu'il semblait détendu. Serein.
Tournant son regard, il observa Draco. Le blond le fixait. Il s'était installé sur un fauteuil et ressemblait étrangement à un mélange de ses deux parents. La posture aristocratique et élégante de son père. Le visage plus doux de sa mère mais orné de ce petit sourire si personnel. Celui qui laissait deviner à chacun sa possessivité. A chaque fois, Harry avait l'impression d'être sa proie. Et qu'un simple mouvement le pousserait à se jeter sur lui.
Il aimait ça. Qu'il n'ait pas changé. A chaque fois, il se rendait compte qu'il avait besoin de ça. D'être à lui. De lui appartenir. Peut-être d'une manière pas tout à fait saine. Parce que c'était la domination du blond qu'il cherchait… Mais après tout, il y avait bien longtemps qu'il avait cessé de lutter contre cet aspect.
Il serait toujours dépendant de quelqu'un… Il aurait toujours besoin d'être à quelqu'un pour savoir comment exister. Pour ne pas s'oublier dans les ténèbres qui jonchaient ses pas. Pour ne pas sombrer définitivement dans ce qui lui rodait autour silencieusement.
Azarias lui avait souvent dit ces derniers mois qu'il devait lâcher prise… Et il n'avait jamais complètement réussi… Quand il lui avait demandé pourquoi, la seule réponse qu'il avait pu lui donner avait été que c'était parce qu'il n'avait personne au département pour le faire revenir si jamais…
Ici, c'était différent. Ici, avec lui, avec eux, il savait qu'ils le rattraperaient toujours. Il pouvait se plonger dans le vide, ils viendraient le chercher. Prenant une inspiration, il refusa de songer à tout ça plus longtemps.
Alors, souriant, il attrapa un des cadeaux, lut le nom inscrit dessus et le tendit à Narcissa qui rougit de plaisir.
- Fais pas chier, Azarias ! Tu as vu comme moi ce qu'il s'est passé quand il a touché à cette saloperie d''artefact…
- Je sais...Je sais Cicéron… Mais tu avoueras que nous en savons encore trop peu sur ce qui l'affecte pour en tirer de réelles conclusions.
Les sourcils froncés, les deux hommes se disputaient depuis bientôt une heure alors que le dernier du trio de Mentor, se contentait de suivre l'échange en silence.
- Et comment comptes-tu en apprendre plus sans lui en parler ? Ou alors au moins provoquer ce genre de situation ?
- Il est trop instable ! Nous devons y aller en douceur !
- Il n'est pas stupide comme toi espèce de chien galleux ! Il se doute déjà qu'on lui ment ! Et si tu veux mon avis, il va te péter un bras quand il saura que tu l'as trahi en lui cachant la vérité.
- Harry…
Il se tut quand Serpus soupira, se tournant vers lui, haussant un sourcil, attendant qu'il s'exprime enfin.
Harry Potter leur posait problème. C'était un élève brillant. Il se donnait sans compter lors des entraînements et écoutait ce qu'on lui disait. Mais il y avait ce côté sombre. Ces moments où son regard s'assombrissait alors qu'il se perdait dans ses pensées et sa magie qui s'agitait alors furieusement, cognant contre les barreaux de son esprit, faisant trembler le sol et glaçant l'air autour de lui.
Le survivant était toujours aussi déchiré. Il se contrôlait mieux. Arrivait plus ou moins à maîtriser sa magie… Mais il restait explosif et impulsif, et il avait encore tendance à rendre muet son propre instinct de survie.
Merlin. C'était un miracle que Severus Snape ne soit pas déjà venu leur demander des comptes pour le changement d'apparence de son fils. Le Sauveur du monde avait petit à petit noircit sa peau d'encre. Et ses mentors soupçonnaient que certaines de ces lignes ne soient empreintes de magies.
Et puis il y avait eu la dernière mission. Par Salazar. Ils avaient cru un instant que le gosse était sous Imperium. Il avait traversé la pièce, le regard vidé de toute émotion, le visage déformé par quelque chose qui ressemblait trop à de l'envie pure pour que qui que ce soit ne réagisse suffisamment tôt.
Et puis il avait prit l'objet suintant la magie noire dans ses mains et ils avaient vu la fumée sortir de son torse, s'enrouler autour de lui, le sol trembler sous ses pieds, se fissurer alors qu'un cri immonde semblait sortir d'une créature faite de rien.
C'était comme de voir l'ombre d'un détraqueur et leurs sifflements stridents. Alors seulement, alors que la stupeur s'évanouissait, Cicéron s'était jeté sur le survivant, prêt à lui arracher l'artefact des mains.
Il s'était fait violemment projeté au loins, la bulle du survivant s'étant activée d'instinct, l'isolant des autres sorciers alors que tout tremblait autour deux, la pression de l'air devenant insoutenable, la terre grondant et un cratère se formant sous lui, comme si la gravité devenait folle, s'inversait.
Ils avaient lutté, unissant leurs sorts pour finalement réussir à éclater le bouclier du jeune homme. Il fixait, sans bouger, fasciné la petite statuette qu'il tenait entre ses doigts. Et cette chose qui s'enroulait autour de lui, cette fumée sombre et malsaine avait disparu quand ils avaient activé les runes.
Une seconde plus tard, Serpus passait les bracelets anti-magie à ses poignets et il s'écroulait. Vidé.
Personne n'avait été capable de dire ce qu'il s'était passé. Ils avaient effacé les événements de la mémoire de chacun des aurores présents, leur insufflant de faux souvenirs de leur présence.
Merlin. De sa vie il n'avait jamais été plus intrigué par un sorcier que par Harry Potter… Il s'était si souvent enfermé de longues heures avec lui, décortiquant sa vie, son passé, discutant des journées entières de sa magie, de ce qu'il ressentait et de comment il imaginait les choses.
Il était fascinant. Instinctif. Il semblait juste réagir de manière primaire depuis sa plus tendre enfance… Sa magie et lui étaient si intriqués l'un dans l'autre qu'ils en devenaient le reflet, deux moitiés de quelque chose. Comme deux alter ego. Et il n'avait jamais croisé de sorcier qui agissait ainsi.
On leur avait appris la maîtrise. Le pouvoir. L'entraînement. On leur apprenait à garder la tête froide. A réfléchir, à chercher l'utile. L'efficacité.
Potter c'était tout le contraire… Il ne se servait pas de la magie. C'était elle qui le servait. Elle répondait à ses émotions. Elle se modulait en fonction de ses besoins sans qu'il n'ait à réfléchir. Elle répondait comme un écho. Et en contrepartie, elle était sauvage, indépendante et il ne pouvait pas juste la garder en cage comme le faisaient les sorciers lambdas.
Elle était comme une présence sur sa peau, autour de lui, elle semblait guetter. Et c'était comme si elle avait une personnalité. Plus méfiante, protectrice à l'extrême et incroyablement puissante là où Harry était confiant, crédule et blessé.
Et petit à petit il avait fait le lien avec le fonctionnement de la magie noir. D'ailleurs, le survivant parlait toujours le fourchelangue… Et par moment, il s'exprimait dans langue des serpents sans même s'en rendre compte.
Si la magie blanche était un simple outil, souvent perçue comme une addition, la magie noire, elle, prenait sa source directement dans le sorcier.
Elle exigeait sacrifice, récompenses et ne se laissait pas maîtriser. Elle était instable et dangereuse.
Petit à petit, il s'était alors rendu compte que Potter avait usé de la magie blanche comme si elle avait été sombre et dangereuse… probablement influencé par la présence de l'horcruxe, il avait développé une nouvelle manière d'être.
Et elle était unique. Et pourtant, à bien y réfléchir, tellement plus instinctive et juste… Elle semblait si logique, si belle. Poétique à ses yeux. Il en avait presque conçu une certaine honte. Lui, qui toute sa vie, avait soumis sa propre magie à l'esclavage, aux barreaux d'une prisons mentale, se demandait s'il lui serait jamais possible de revenir à quelque chose de plus fondamental… ?
Il rêvait de pouvoir disséquer le sorcier… Se plonger dans son esprit, forcer ses barrières d'occlumens et découper soigneusement son psyché pour comprendre. Pour trouver les réponses. Potter était une réponse. Il en était persuadé. Il ne savait pas à quelle question, mais il ne pouvait que se féliciter d'avoir été mis sur le chemin du survivant.
Un jour, il trouverait le moyen de décortiquer le sauveur du monde. Il pourrait l'étudier, le comprendre, faire des expériences. Il trouverait le moyen d'extraire sa magie pour en prendre des échantillons et y toucher. En distiller un extrait pur et pouvoir l'utiliser à ses propres fins.
Un jour, il aurait peut-être le droit d'enfermer le jeune homme dans une des pièces consacrées aux recherches sur les créatures rares… Le soumettre à des tests et noter ses réactions. ll goûterai son essence. S'enivrerait de sa puissance… Il caresseraitt ce pouvoir et s'en approprierait la gloire.
Frissonnant de plaisir, il retient de justesse un petit râle de plaisir anticipatif et revient sur terre, tombant sur le visage dégoûté de Cicéron.
- T'es encore en train de rêver de découper je sais pas qui espèce de putain de sale psychopathe de mes deux. On devrait te buter. T'es trop dangereux pour vivre.
- Calme toi Azarias. Ta magie va déborder.
Le rappel à l'ordre l'obligea à prendre une grande inspiration et il hocha la tête.
- Alexei est-il là ?
- Non. Vospicus m'a dit qu'il avait demandé à pouvoir quitter le département pour quelques jours.
- Il a encore suivi ce sale Potter ?
- Sûrement. Ces deux-là forment les balbutiements d'une équipe.
- Merlin nous en protège.
Il observait Potter tendre son cadeau à sa mère. Il l'avait traîné à l'aube dans une fichue boutique pour trouver quelque chose à offrir à ses parents. C'était ridicule. Et cela ne valait certainement pas qu'il le lève à des heures indues… Mais avec lui, il avait rarement le choix.
Sa mère gloussa quand elle découvrit, dans la boîte fine et longue, un nouveau nécessaire d'écriture. Une plume d'Abraxan noire aux reflets bleutés, une encre venant tout droit de France. Sincèrement. Cela valait une fortune. Mais Potter était riche.
Elle remercia le survivant, se levant même pour poser un baiser sur son front, le faisant balbutier. C'était encore quelque chose qu'il trouvait entre étrange et...mignon.
Potter, le Grand Sauveur du Monde Sorcier, le mage aussi puissant qu'instable, tatoué, percé, en pleine formation dans le département le plus dangereux de tous, semblait chaque fois déstabilisé par ce genre de petit geste inoffensif.
Heureusement qu'aucun de ses ennemis n'essaierait jamais de le câliner. Il gagnerait à tous les coups.
Il jeta un coup d'œil à son père, qui lui aussi, déballait son présent et haussa un sourcil. Potter avait opté pour une bouteille d'un vin de fée verte. Le vendeur lui avait garanti que celui-ci ne se trouvait pas à tous les coins de rues et vu le visage de son père, il n'avait pas menti.
Il remercia également le survivant, se contentant cependant d'une phrase formelle et d'un signe de tête dans sa direction. Salazar merci. Il ne manquerait plus que son père ne se mette à embrasser Potter sur le front. Rien que l'idée le fit grimacer.
Agitant alors sa baguette, il fit s'élever plusieurs paquets du tas de cadeaux, les présents allant se poser sur les genoux de ses parents et de son parrain. Il avait méticuleusement sélectionné les cadeaux. Y avait réfléchi plusieurs mois et comparé de nombreuses possibilités avant de se décider, certains d'être dans le juste.
Ainsi, Il vit sa mère pousser un petit cri alors qu'elle déballait un cadre photo les représentant tous les trois lors de son entrée à la Haute Académie de Recherche Magique. Son père reçut une entrée pour une exposition d'Art Sorcier Oublié qui se tiendrait à Paris dans quelques mois et son parrain, plusieurs fioles contenant diverses ingrédients rarissimes auxquels il n'avait eu accès que grâce à ses études.
Fier de lui, il se contenta de signe du menton en guise de reconnaissance des remerciements reçus des deux hommes. Sa mère, elle, l'écrasa contre sa poitrine comme à chaque fois. Il était habitué.
Il avait noté que Potter ne lui avait rien donné… Ni à son parrain d'ailleurs. Et suspectait cet imbécile de retarder l'échéance, sûrement gêné pour une raison totalement ubuesque. Mais soit. Potter était toujours lent à la détente.
Il ouvrit donc les présents de ses parents. Des confiseries, plusieurs livres, quelques vêtements ainsi que deux places pour la finale de la coupe du monde de quidditch qui se tiendrait en mai. Il sourit.
Puis le cadeau de Severus. Il fut surprit. Il s'attendait à recevoir quelque chose en lien avec ses études. Non. Il ouvrit lentement la petite boîte pour y trouver un morceau de parchemin.
" Cher filleul.
Lis ceci une fois seul.
Je t'en prie. "
Haussant un sourcil, il jeta un coup d'œil à l'envers et fronça les sourcils.
"Ad Marquam pellis occultatum"
Quand il releva les yeux, le Maître des Potions arborait ce petit air satisfait et légèrement vicieux… Il devrait peut-être faire quelques recherches avant d'utiliser ce sort… Mais en même temps, il était peu probable que son parrain ne s'en prenne à lui. Ne serait-ce que parce que Potter risquait de tirer la tronche ensuite.
Glissant le parchemin dans la poche de son pantalon, il lui adressa un simple signe du menton. Avant de revenir sur terre. Un cadeau venait de se poser sur ses genoux.
Et vu que Potter évitait soigneusement son regard, tendant un livre à son tuteur, il était évident que cela venait de lui.
Déchirant délicatement le papier kraft, il laissa lentement courir ses doigts sur la boîte d'ébè reconnut immédiatement le symbole sur celle-ci.
Le cycle lunaire ne laissait aucun doute quant à la provenance de l'objet et il haussa un sourcil, soulevant le couvercle avec précaution de la boutique des Trois Lunes.
L'enseigne était connue par tous les sorciers pour fournir des objets rares. Tenue par trois frères, dont un qui avait été mordu par un Loup garou, ils étaient mondialement connus pour diverses inventions qui avaient révolutionné le quotidien sorcier. A commencer par la Pensine.
Son père se fournissait chez eux régulièrement et il connaissait donc bien leurs produits. Alors quand il découvrit le cahier il fronça les sourcils.
Il n'avait jamais eu connaissance de ce type d'objet. L'ouvrant, il nota qu'il ne contenait que quelques pages, toutes vierges. Cependant, à l'intérieur de la couverture de cuire d'un rouge sombre, quelques mots y étaient inscrits.
"Ecrivez pour obtenir la réponse de celui qui, de l'autre côté, attend de vous lire".
- C'est un livre à double sens…
Potter venait de s'approcher de lui. L'air un peu gêné, il triturait entre ses mains un vif d'or ouvragé, présent de son père, focalisant son regard sur les ailes délicates qui battaient follement.
- Un quoi ?
- ...un livre à double sens… tu écris dedans et je recevrai immédiatement le message...c'est plus rapide que les hiboux…
Il sentit son regard se dilater légèrement, observant à nouveau ce qu'il tenait entre les mains. Merlin tout puissant… Ils allaient pouvoir communiquer en temps réel ? Sérieusement ? Se rendant compte qu'il était un peu trop enthousiaste pour un Malefoy, il se recomposa une attitude avant de lever son regard sur le brun.
- Ils ne te le prendront pas… ?
- Non...je leur ai demandé avant… Je suis juste censé ne pas parler de certaines choses…
- Je vois… Et...qui peut lire ce qui y est écrit… ?
- Juste nous deux.
Un sourire ourla lentement ses lèvres alors qu'il imaginait déjà ce qu'il allait pouvoir écrire sur ces pages.
- A chaque fois que tu écris, ça disparaît de ton côté pour apparaître du mien…
- Donc...c'est...éphémère…?
- Oui
- Encore mieux , Potter.
Brusquement, les prochains mois lui semblaient prendre une toute nouvelle dimension. Il aurait probablement l'air d'un vrai abrutit à se trimballer son "journal intime" partout comme Londubat et son rappeltout… mais là, tout de suite, il s'en fichait. Il allait pouvoir s'assurer en temps réel que Potter ne serait pas en "train d'agoniser quelque part."
Il étouffait. Littéralement. Jamais de sa vie il n'aurait pensé que cette fille aurait autant de force. Grimaçant, il tenta vainement de l'écarter de lui.
- Granger. Potter suffoque.
La voix cassante de sarcasme de Malefoy vint sonner comme une douce mélodie de la libération à ses oreilles alors que Hermione daignait relâcher son étreinte.
Soupirant, il s'écarta rapidement, évitant ainsi toute tentative supplémentaire de se faire écraser contre elle.
Hermione avait changé. Il avait été surpris. La jeune femme d'habitude si négligée, avait les cheveux parfaitement coiffés, de bellles boucles entourant son visage. Elle était maquillée et portait un jean moulant et un pull de cachemire blanc qui mettait son teint en valeur.
Tout comme lui, il semblait qu'elle avait appris les rudiments de la mode. Et tout comme lui, il était certain que ce changement venait de son partenaire. Zabini, lui, souriait, une cigarette aux lèvres dont s'élevait une fumée bleutée et dont l'odeur était exotique, ressemblait à un de ces jeunes premiers.
Habillé sobrement, il était pourtant évident qu'il ne se fournissait pas en vêtement chez n'importe qui… Un pantalon noir, un pull gris perle, il était sacrément attirant. Merde… C'était...un anneau à sa lèvre… ? hypnotisé une seconde par le bijoux, il était en train de se demander ce que ça faisait d'embrasser avec ça quand la douce voix de son blond retentit.
- Qu'est-ce que tu fixes comme ça Potty… ?
Détournant son regard, il haussa les épaules.
- Rien rien.
Le regard suspicieux de Malefoy lui arracha un sourire relativement provoquant alors que Zabini ricanait et que Hermione pouffait.
Ils s'étaient retrouvés dans un bar. Harry n'était jamais venu ici mais apparemment eux, étaient des habitués. L'ambiance était brûlante alors que la neige tombait dru dans les rues de Londres.
Typique des rues sorcières de Londres, le bar, exigüe, était encombré de tables de bois massives aux banquettes de cuir craquelé par le temps. Au comptoir, de nombreux tabourets étaient pris, d'autres clients debouts, tous en train de commander leurs consommations. Une odeur de potion flottait dans les airs, se mêlant à l'alcool et aux fish and chips.
Des plateaux volants apportaient des pintes de bierraubeurre débordantes aux sorciers alors que plusieurs farfadets jouaient de la musique dans un coin. Les rires et les chuchotements formaient un brouhaha continu dans la salle, alors qu'au fond, un feu de cheminée ronflait, par moment, les flammes se teintant de vert quand un client débarquait.
Le patron astiquait ses verres tout en plaisantant avec plusieurs habitués, sa femme lui hurlant dessus depuis la cuisine, les plats en sotant régulièrement, fumants, l'odeur plus qu'alléchante.
Ils attendaient qu'une table soit préparée. Les murs semblèrent subitement s'écarter du passage d'un sorcier et une table apparut. La magie. Quelque part, elle continuait de le fasciner.
Se dirigeant vers ce qui, apparemment, serait leur table, il allait s'asseoir quand un rouquin immense lui barra la route. Merde. Ron.
Écarquillant les yeux, il observa son ancien ami. Bordel. Il était toujours aussi grand mais… encore plus...carré. Le type était taillé en V. Il portait un jeans tout aussi déchiré que le sien et un t-shirt qui devait avoir vingt ans et qui représentait un vieux groupe de rock sorcier.
Les cheveux courts et en bataille, il avait définitivement perdu toute trace d'enfance. La mâchoire carrée, il avait ce visage sérieux et sombre aux traits bien dessinés...et une trace de rouge à lèvre sur la joue…? Sérieusement ?
Il avait le style d'un adolescent qui avait grandi trop vite. Des baskets en bout de course et une vieille montre au poignet. Il allait faire une remarque quand il se fit presque abattre par la "tape" dans le dos du mastodonte. Merde. Mais qu'est ce qu'ils avaient tous ce soir ?
Manquant valser en avant, il crispa la mâchoire et fusilla le roux du regard.
- Salut mon pote.
- Ron… t'es pas obligé de me fendre l'omoplate pour dire bonjour.
- Princesse Potty aime pas être malmenée, la belette.
- Malefoy. Je t'emmerde.
- Tu m'as manqué vieux !
- … ouais. toi aussi.
Il l'observa encore. Alexei en ferait très certainement son quatre heure. C'était définitif. Ils s'assirent à la table et une commande fût lancée. La soirée serait longue.
- Alors comme ça t'es au département des aurores ?
- Ouais j'suis dans la section d'analyse du comportement
- C'est quoi ?
Il n'avait jamais entendu parler de ce genre d'unité… Mais après-tout, il n'avait jamais pensé avoir un avenir, alors forcément, il ne s'était pas spécialement intéressé à tout ça.
Il sentit le bras de Malefoy passer au-dessus de ses épaules et sourit en coin. Il était à sa gauche. Ron, Hermione et Zabini en face d'eux. Ils attendaient encore Nott apparemment. Et on lui avait dit que certains autres sorciers de leur promotion passeraient certainement.
- Le département qui s'occupe de traquer les criminels en série. On s'occupe de l'analyse et ensuite de la traque.
Haussant un sourcil, il accorda à nouveau toute son attention à Ron. Bordel. Sérieusement ? Genre comme un profiler moldu ?
- Et t'es content ?
- Ouais.
- Et toi Herm' ?
Il vit la sorcière sourire et hausser les épaules, repoussant une boucle de son visage. Elle était vraiment jolie elle aussi. A bien y penser… Ils étaient tous une belle brochette de beaux spécimens sorciers.
- Je suis toujours à L'Université Sorcière, je pense me diriger plutôt vers la politique que le droit finalement…
- C'est pas la même chose ?
- Pas du tout Potter. Granger fera campagne pour libérer je ne sais quelle créature magique pendant que Zabini, lui, ira écrire les lois et condamnera les méchants sorciers.
Malefoy, le sourire aux lèvres, trempait ses lèvres dans un verre de Whiskey Pur Feu, le liquide ambré brillant dans le cristal alors que l'aristocrate en goûtait une première gorgée. Un jour, peut-être, qu'il tenterait de boire du whiskey à même son corps.
- Bonjour Potter.
Relevant les yeux, il vit Nott se glisser sur la banquette à son côté. Merlin, Salazar et la culotte de Godric. Mais lui aussi il était sexy.
Le teint pâle. Des cheveux noirs mi-longs, bouclés, des sourcils épais et des cils foncés qui entouraient un regard bleu perçant. Il n'avait jamais regardé Nott. Jusqu'à aujourd'hui. Et il tombait des nues.
Le visage neutre de toute émotion, un corps fin, habillé sobrement, Alexei en ferait carrément son dessert de celui-là.
- Potter.
La voix grinçante de Malefoy ne suffit pas à le sortir de sa contemplation.
- Depuis quand Nott est sexy comme ça ?
Il évita de justesse la main du blond sur son crâne, s'écartant de lui alors que Hermione ricanait et que Nott se contentait de le fixer sans rien ajouter.
- T'as changé Potter… D'apparence je veux dire.
- Euh...ouais…
- Ce sont des tatouages sorciers Harry ?
- Non…
Il observa les sorciers du groupe détailler ses différents tatouages alors que son bras était découvert, les manches de son pull relevées jusqu'aux coudes.
- C'est encore une trace de rouge à lèvres sur ta joue Weasley ?
La question venait encore de Nott et le roux, en réponse, écarquilla les yeux et plaqua sa main sur sa joue, rougissant.
- Encore ?
- Ah, c'est vrai. Tu ne sais pas encore, mais Ron se fait harceler sexuellement.
- ...Quoi ?
La belette attire tout ce qui a un vagin Potter. Et comme il fait son grand timide, il se fait sauter dessus toutes les cinq minutes.
Il se tourna vers le blond qui ricanait dans son verre avant de fixer son ancien meilleur ami qui, lui, semblait au comble de la gêne, grondant comme un ours. Hermione se pencha sur la table et sourit en coin, chuchotant.
- Il paraît que la dernière fois, il a trouvé la fille de son patron toute nue sur son bureau.
Il ouvrit la bouche, incapable de trouver une réponse adéquate à ….ça… alors qu'il imaginait la scène… Heureusement que Malefoy ne travaillait pas au Ministère…
- Et….tu l'as euh…
- Baisée Potter. J'ai posé la même question.
Ron s'étrangla. Nott soupira. Zabini ricana et lui, rougit également. Il ne voulait pas imaginer ça. Non.
- Ronald est un gentlemen Malefoy. Pas comme toi.
- Plait-il ? Granger… ? Tu me parlais ? Tu es là depuis quand ?
Il vit la brune devenir rose de colère alors qu'elle sifflait dans la direction du blond, un sort s'écrasant sur une sorte de barrière invisible autour de Malefoy.
- tututu Granger. Ne gâche pas la soirée….
- Sale aristocrate pervers.
- Une voix semble venir de quelque part non ? Potter, tu n'entends rien ?
Il s'écarta. Le brune, perfide, venait de projeter son talons dans le tibia du blond qui grimaça fort peu gracieusement et jura sans la moindre grâce.
- Oh pardon Malefoy ! Je ne t'avais pas vu !
- Harpie.
- Petite bite.
Harry manqua s'étrangler de rire alors que le blond jurait qu'il était loin d'être "petit" preuve en était que… Stop. Il s'était penché sur lui, mordillant sa joue, le stoppant dans toute tentative de réponse, attirant automatiquement son attention sur lui.
- Doucement Malefoy.
- Vous êtes tous dégueulasse !
Tournant la tête, il sourit en coin, Ron, comme à son habitude, se tortillait sur la banquette, mal à l'aise alors que Zabini avait assis Hermione sur ses genoux, caressant sa cuisse.
- Comment ça se fait que tu sois toujours seul d'ailleurs ? Si tu as tellement de succès ?
- Il attend "la bonne" Potter.
- La bonne ?
- J'en sais rien. Me demande pas à moi. Je ne suis pas romantique.
Il haussa un sourcil et se tourna vers le roux attendant sa réponse à lui.
- Je n'ai rencontré personne qui m'attire vraiment vieux...c'est tout…
- Je sais pas comment tu fais Weasley… Tu as pas de libido ? Tu pourrais au moins t'amuser un peu.
- Laissez-le vous tous ! Ronald est un homme bien et la fille qui le capturera aura de la chance de ne pas avoir un mec comme lui !
Il était...d'accord avec les deux points de vue… Et puis, de toute manière, s'il était heureux comme ça, il ne voyait pas pourquoi il devrait se forcer à mettre qui que ce soit dans son lit. Haussant les épaules, il tourna son regard vers le roux avant de se figer.
Par le bordel de Salazar !
- Potter ?
Mais à peine avait-il cligné des yeux qu'il avait disparu. Il avait des hallucinations ? Vérifiant une dernière fois du côté du bar, il plissa les yeux avant de se tourner vers Zabini.
- Quoi ?
- Comment ça se passe pour toi ?
- Ça va. C'est pas facile, je passe mon temps à l'entraînement.
- Quel genre d'entraînement ?
- Physique… et un peu comme les cours de Défense… En gros, je me fais défoncer par mes mentors.
Le haussement de sourcil de Malefoy le fit se renfonçer dans son siège alors que Ron leur offrait un de ses rares sourires amusés.
- Tu passes ta vie à l'infirmerie quoi…
- … Possiblement.
- Potter.
- Quoi ?
- Pourquoi je ne suis pas au courant ?
- Ça changerait quoi ? De toute manière, j'ai pas vraiment le choix.
Il s'empara de sa chope de bière et en bus une gorgée, haussant les épaules alors que le Serpentard se renfrognait.
- Ne crève pas.
- J'essaie.
- Donc, les tatouages...comment ça t'es venu ?
Ron, fasciné, observait à nouveau l'encre sur sa peau, les sourcils froncés.
- Un… ami…
Il avait hésité sur le terme… Mais si, finalement, Alexei était un ami.
- Il est passionné.. J'ai été avec lui une fois. Et ensuite ça m'a donné envie. Sans parler que j'en ai fait un ou deux pour la formation...
Il sentit le blond se crisper mais ignora. Il savait qu'il serait jaloux. Mais il s'en fichait.
- Les runes qu'on voit sur ton bras ?
Hermione s'était penchée par-dessus la table, les sourcils froncés, l'air concentrée alors qu'elle examinait son bras de plus près.
- Ouais…
Il n'avait pas l'intention de s'étendre plus sur ce sujet. Les runes étaient une partie de son entraînement et il n'allait pas en discuter ici. Et pas avec eux.
La discussion reprit alors, les sujets changeants, allant des uns aux autres, chacun donnant de ses nouvelles, l'informant de ce qu'il avait manqué.
Il avait écarquillé les yeux quand il avait appris que Neville et Malefoy bossaient souvent ensemble, le premier fournissant le second en ingrédients. Il ricana quand il apprit que Seamus faisait partie de la Bomb Unit.
Il en avait entendu parlé par Cicéron. Des sorciers formés à désamorcer des bombes magiques qui, depuis quelques années, étaient souvent utilisées par les criminels sorciers… Inspirées des engins Moldus, elles avaient fait de nombreux dégâts sur les différents continents. Alors, chaque Ministère avait créé une unité spécifique.
Dean, lui, s'était dirigé du côté d'un apprentissage de Dragonnier, ce qui, pendant un instant, le fit rêver. Il aurait sûrement adoré faire de même… Ces créatures le fascinaient. Il aurait bien aimé en voir à nouveau.
Ce qui le ramena à Poudlard… Et à ces années-là.
- Est-ce que quelqu'un a des nouvelles de Hagrid ?
Oui. Hermione lui écrivait régulièrement apparemment… Il était toujours professeur et apparemment, ne comprenait pas pourquoi le Professeur McGonagall ne cautionnait pas l'élevage d'Acromentule. Il avait également hébergé un nouvel Hippogriffe et semblait, selon sa dernière lettre, sur le point de voir naître un bébé d'une espèce rare de serpent..
Merlin. Il espérait qu'il ne lâcherait pas à nouveau un Basilik à l'école… Et alors qu'il prenait des nouvelles de chacun, les bières s'accumulaient, le poussant soudain à se lever.
- Je vais aux toilettes.
Il vit Malefoy hoche la tête, perdu dans une nouvelle dispute avec Granger, Zabini en train de discuter avec Ron et Nott, se désintéressant de leur querelles de gosses.
Il sourit, l'alcool aidant, il était incroyablement détendu. La soirée lui faisait un bien fou, il avait l'impression de pouvoir respirer normalement pour la première fois depuis des semaines. Entrant dans les toilettes, il fit son affaire avant de se laver les mains.
- Harry.
Il sursauta violemment et, une seconde plus tard, sa baguette s'enfonçait dans la gorge complètement tatouée d'un autre sorcier.
- Nazarov ? Putain !
Il rangea sa baguette, pestant alors que l'autre, mains dans les poches, souriait tranquillement. Pas plus ennuyé que ça. Ni inquiet apparemment.
- Qu'est-ce que tu fous ici ?
- Je suis venu te rendre visite… Je m'ennuyais…
- Me...rendre visite…?
- Da.
- … tu te fous de moi c'est ça ?
- Net.
- Je suis avec des amis.
- Je sais. Je vous ai regardé.
Son accent faisant rouler les "r" lui donnait envie de le frapper. Le fusillant du regard, il croisa les bras sur son torse, s'appuyant contre le lavabo de porcelaine.
- J'étais sûr de t'avoir vu.
- Da. J'ai cru que tu allais venir me voir…
- J'ai pensé que j'hallucinais.
- Tu penses toujours que tu es fou.
- Bref. Pourquoi tu es là ?
- Je te l'ai dit…
Il soupira profondément. Alexei était seul, il le savait. Pas de famille. Pas d'autres amis. Il ne pouvait pas décemment l'envoyer promener…
- Tu aurais pu me prévenir…
- Tu aurais dit non… Ou tu m'aurais évité..
C'était pas faux… Et il se sentit coupable alors que le russe enfonçait un cure-dent entre ses lèvres, le mâchouillant de son air faussement détendu.
- Okay. Viens.
Ouvrant la porte, il se faufila parmi la foule de sorciers. Lui. Parce que tout le monde s'écartait du chemin de l'ancien étudiant de Durmstrang.
Le sorcier était immense. Taillé comme Ron, il portait un pull à capuche noir, celle-ci remontée sur son crâne, ne laissant deviner que son visage et son cou tatoué. Il avait les manches remontées sur ses avant bras couverts d'encre. Un pantalon noir déchiré, des rangers de cuir noir usées jusqu'à la trame. Il semblait tout droit sorti des bas-fonds de l'allée des embrumes.
Quand il arriva non loin de leur table, il se tourna lentement vers lui, lui jetant un regard d'avertissement.
- Tu ne touches personne…
- Personne, juré…
Le regard brûlant du russe le fit soupirer. Merde. Il se détourna et s'avança, s'éclaircissant la gorge pour attirer l'attention.
- Je vous présente Alexei Nazarov. Il est avec moi au Département des Mystères.
Tous les regards se tournèrent vers eux. Il savait ce qu'ils voyaient. Juste dans son dos. Le russe les fixait, sourire aux lèvres, tatouages et piercings, une attitude de prédateur et une présence sombre. Il lui avait fait le même effet la première fois.
Il soupira et se laissa tomber sur la banquette à côté de Malefoy, pointant chaque personne autour de la table alors qu'il sentait Alexei s'asseoir à sa droite.
- Le métisse c'est Zabini… La fille, c'est Hermione, là c'est Nott
- Da. Je sais qui ils sont Harry… Le blondinet c'est ton mec...et lui…
Il fixait Ron, son regard bleu brûlant alors qu'il se léchait carrément les lèvres, comme s'il allait le bouffer.
- C'est Ronald…
Il le vit détourner les yeux une seconde sur Nott et le regarder de haut en bas…
- Nott… Intéressant aussi.
- Couché Nazarov.
- Harry. Tes amis sont tous...jolis.
Il leva les yeux au ciel alors que Zabini souriait de plus en plus, Hermione, sur ses genoux, était bouche-bée. Ron au bout de sa vie, et Nott complètement indifférent.
Malefoy, lui, avait le regard plissé, fixant le russe sans rien dire. Il avait de toute évidence fait le lien entre sa présence, son style et celui du survivant.
- Et qu'est-ce qu'il fait là le Russe… ?
- Je suis venu rendre visite à Harry…
Alexei venait de tourner son regard sur le blond, l'examinant lentement, se fichant complètement de son regard glacial.
- Calme-toi l'artiso. Je ne cours pas après Harry. Je préfère les roux. Ou les brunes.
Et sous le regard effaré de Ron, il sourit de toutes ses dents à Hermione qui s'étrangla sur son cocktail, rougissant comme jamais.
- Elle est prise l'ami.
Souriant, le russe hocha la tête.
- Zabini. Ton nom est plutôt connu en Russie. Je ne toucherai pas ta femme.
Les deux hommes venaient d'échanger un regard de compréhension mutuelle… Apparemment la réputation de la famille sorcière dépassait les frontières…
- Harry.
- Quoi ?
Il redoutait déjà la question, attrapant le verre de whiskey que Malefoy, et en avalant une gorgée.
- Je vais prendre ton ami roux.
Cul sec. Il entendit Ron s'étouffer et Zabini éclater de rire alors que Malefoy ricanait.
- Bah alors la belette… je crois que tu ne séduit plus que les femmes…
- Ferme la putain Malefoy ! je...je ne suis pas..je...tu..c'est gentil mais...je… tu…
- Vraiment mon style… Tais-toi maintenant belette.
Il s'était levé, penché sur la table et avait attrapé le menton de Ron entre ses doigts, se penchant sur lui, souriant de plus en plus, soufflant sur ses lèvres.
- Et n'essaie pas de courir… La chasse m'excite.
- Je...ah...tu…
- Tu es mignon Ronald…
Levant les yeux au ciel, le survivant, prenant pitié du roux, tira sur le pull du russe, le forçant à se rasseoir.
- Si j'écrivais une histoire, je vous prendrai comme personnages. Je deviendrai millionnaire.
Nott fixait Alexei et Ron de son air impassible alors que Hermione acquiesçait vivement, les joues roses, le regard brillant.
- Tu te joindrais à nous Theodor… ?
Le russe, détendu, fixait le brun d'un regard chaud, le détaillant sans la moindre gêne du regard alors qu'il laissait son prénom rouler sur sa langue, la passant ensuite sur ses lèvres, son piercing apparaissant.
- Non. Weasley ne m'intéresse pas. Je n'ai rien contre les corps masculins, mais je préfère les types moins baraqués. Ou les femmes.
Harry écarquilla les yeux et lança un regard surprit à Malefoy.
- Quoi ?
- Nott est gay ?
- Nott est bi, Potter. Mais je t'ai déjà dit que chez les sorciers vos histoires de préférences sexuelles n'ont pas beaucoup de sens.
- Ouais mais…
- Mais quoi ? Depuis quand ça t'intéresse de savoir qui couche avec des mecs, Potter ?
Le regard plissé, il le fixait, suspicieux alors que le survivant haussait les épaules.
- L'aristo est vraiment jaloux…
Détourné de sa contemplation, le russe les fixait maintenant, semblant les évaluer.
- Un problème le russe… ?
- Net…
Et alors même qu'il répondait, il glissa lentement vers le survivant, s'en approchant l'air de rien.
- Ne me provoque pas…
- Sinon quoi ?
Ils s'affrontaient du regard, la glace contre la glace alors qu'un sourire vicieux naissait sur les lèvres du blond.
- A ton avis ?
Un simple sourire carnassier du russe et il éclata de rire.
- Harry. J'aime bien ton mec.
- ...Super. Je suis ravi pour vous.
Sincèrement, il les regardait et avait comme l'impression d'assister à la rencontre de deux psychopathes. Ils se reconnaissaient sûrement entre eux. Levant les yeux au ciel, il fit signe à la serveuse pour qu'on renouvelle leur consommation.
Entre Zabini, Malefoy et maintenant Nazarov, il se sentait comme à une réunion des sociopathes anonymes. Un petit verre et chacun confierait ses péchés. Merlin. Son père en ferait une crise d'apoplexie.
Quoi que. Il avait sûrement côtoyé pire de son côté… Il lui fallait encore un verre.
- Comment ça, tu viens chez moi… ?
Les sourcils froncés, il fixait Alexei qui, impassible, soutenait Ron qui était bourré…
- Je ramène Ronald… et je viens chez toi.
- … Non. Tu ramènes personne. Et surtout pas Ron. Et pourquoi tu viens chez moi ?
- Parce que je suis ton ami Harry…
Il se pinça l'arrêt du nez, empêchant le russe de prendre un Ron complètement torché contre lui.
- Potter. Laisse-le avec la belette. Ça t'évitera de devoir l'héberger.
- ….Malefoy. Je ne peux pas laisser Ron avec lui. Ce n'est pas éthique.
- ….Pourquoi ?
- Parce qu'il va le bouffer.
- Oui et…? Weasley a besoin de s'amuser.
- Non.
Il ignora le soupir agacé du blond et se tourna vers Hermione qui souriait en coin.
- Je le ramène ne t'inquiète pas.
- Merci…
Il se tourna alors vers son Alexei et le fusilla du regard. La nuit était déjà bien avancée et ils avaient tous bu. Peut être un peu trop. Surtout le roux qui ne tenait debout que grâce à Zabini actuellement.
- Il ne tient pas bien la vodka…
- ...personne ne tiens la vodka comme toi…
- Da… C'est ce qui est drôle…
Levant encore une fois les yeux au ciel, il grimaça en imaginant déjà la tête de son tuteur le lendemain matin quand il trouverait un inconnu chez lui. Merlin.
Il se tourna vers le blond et posa ses lèvres sur les siennes.
- On se voit demain, Malefoy.
Il ne dit rien. Ils avaient convenu que Potter profiterait aussi un peu de son père durant son séjour… et de toute manière, mais il n'était apparemment pas ravi de savoir que le russe serait dans la même maison, laissant son regard gris glisser vers lui en signe d'avertissement.
La seule chose qui semblait rassurer le blond était que Nazarov était tout dévoué à la cause d'un certain roux. Lui tournant autour sans cesse. Et puis, sa relation avec Alexei était trop...fraternelle. Ou peut-être trop… distante pour qu'il n'y ait la moindre ambiguïté.
Se tournant vers lui, il le saisit par le bras et après un dernier regard pour la bande de sorcier, il transplana.
Il était dans un champ.
Un immense champ de coquelicots, la végétation brûlée et noircie s'étendait à perte de vue. A sa gauche, il pouvait voir un lac dont la surface sombre reflétait les rayons du soleil. Ocre et Pourpre. A sa droite, se trouvait une forêt semblant abriter de nombreuses créatures. Il se sentait attiré par elle ou, plus précisément, par la lueur vacillante qui émanait directement de son centre. Il était certain qu'elle rassemblait les plus beaux spécimens de créatures, des centaures aux licornes, en passant par les hypogriffes et les Demiguises.
Pourtant, il ne cèda pas à la tentation et ne se dirigea pas vers cet endroit qui pulsait d'un appel presque morbide. Au lieu de cela, il s'avança lentement plus loin dans le champ de coquelicots et se mit à courir de plus en plus vite. Il devait fuir. Ou bien était-ce qu'il se sentait plus libre qu'il ne l'avait été depuis des années ? Cette sensation, il l'absorba au creux de son ventre et se promit de la protéger, de la retrouver, de ne jamais l'oublier, peu importe ce qu'il adviendrait de cet instant.
L'horizon n'avait jamais de fin et il était persuadé qu'il aurait pu courir des jours sans rencontrer aucun obstacle, foulant la terre brûlée. Cependant, il s'arrêta finalement lorsqu'il sentit qu'il devait le faire. Posant une main sur son torse, à hauteur de son cœur, le Survivant s'assura que celui-ci battait. Il avait mal, mais il était vivant et il était libre. Subitement, presque sans son consentement, il se mit à rire. Il rit si fort, une main toujours sur son t-shirt, qu'il tomba à la renverse dans les fleurs rouges sang à l'odeur entêtante.
Son éclat, toujours plus fort, toujours plus riche le secoua jusqu'à, plusieurs minutes plus tard, s'amenuiser doucement pour finir en gémissement.
Jamais Harry ne s'était senti comme cela. Jamais il n'avait ressenti une telle euphorie et il voulait en connaître la cause. Il n'avait même pas l'impression d'être dans son corps. Après tout, ce décor ne semblait même pas réel. Le ciel au-dessus de lui, magnifique étendue colorée, pourvue de seulement quelques nuages, ne l'écrasait pas contrairement à d'habitude. Il se sentait bien en dessous de lui, n'éprouvant pas le besoin de prendre son balai pour le dominer à son tour.
Avant de pouvoir se poser plus de questions, Harry sentit une petite pression sur son bras. Il releva lentement la tête pour tomber nez à nez avec deux yeux clairs.
Un chat.
Un chat, arrivé de nul part, avait décidé de l'escalader pour venir sentir négligemment son visage.
Surpris, il tenta de se redresser mais, étrangement, se ravisa. Il savait, comme par instinct, qu'il ne faisait pas le poids face à la bête. Peut-être que l'expérience et la proximité avec Pattenrond lui avaient appris une sorte de… supériorité du chat ? Il laissa donc l'animal faire à son aise puis, lorsque celui-ci eut terminé son enquête olfactive et s'allongea sur son torse, il se plia à son souhait.
Ils restèrent un temps indéterminé dans cette même position, Harry profitant du ronronnement constant, le félin profitant de la chaleur de son humain. Car oui, si le Survivant avait pu avoir quelques doutes au début, au moment où il posa ses yeux sur les orbes claires de l'animal, il se sentit appartenir à quelque chose, à quelqu'un.
Il leva la main et caressa le pelage noir du chat. Celui-ci leva le museau dans une sorte de dédain que seuls les félins pouvaient afficher. Harry ricana lorsqu'il se rendit compte qu'avec ses grands yeux clairs et son pelage noir, qu'avec son attitude fière et possessive, cette bête était une sorte de mélange parfait entre Snape et Malfoy.
Ce chat était un battant, il ne se laisserait jamais faire par quiconque et il semblait l'avoir choisi. Harry était maintenant à lui, son territoire.
- T'as un nom ? murmura Harry dans le silence de l'immense étendue brûlée, sans remarquer que les oiseaux avaient cessé de chanter, remplacés par des vrombissements de véhicules Moldus, des paroles indistinctes et des klaxons…
Soudainement, le Survivant se redressa, soufflant un mot qu'il ne prit pas conscience d'avoir prononcé :
- Iota.
Haletant, il fixa son environnement et se rendit compte qu'il était dans sa chambre. Le manoir Snape. Grimaçant, frottant ses tempes douloureuses, il tata son torse avec frénésie pour remarquer que le chat n'y était plus. Merde. Juste un rêve.
C'était un nom étrange pour un animal. Signifiant rien, ou presque rien. C'était peut-être certaines de ses peurs et certains de ses tourments qui étaient partis, ne laissant presque rien. Laissant un iota de sentiments négatifs. Mais après tout, ce n'était peut-être qu'un simple rêve.
- Harry.
- Putain !
Il venait de sursauter, et sa baguette, encore, se retrouvait sous le nez de ce fichu russe.
- Mais arrête de toujours apparaître devant moi !
- Lève-toi. J'ai faim.
- Et t'as besoin de moi parce que … ?
- Je ne voudrais pas que Severus Snape m'attaque…
Ah. Oui. Il soupira longuement avant de s'extirper de son lit avec lenteur. Il valait effectivement mieux qu'il accompagne Alexei. Sinon, il risquait fort de se faire attaquer sans autre forme de procès.
Il se figea une seconde, hésitant. C'était la première fois qu'il invitait quelqu'un à dormir ici… Seul Malefoy était venu… Ses amis, jamais. Est-ce qu'il avait le droit au moins de faire ça…?
Il prit une inspiration, se dirigeant vers la salle de bain.
- Je prends une douche et on descend.
- Da. Dépêche-toi.
Il ne se réjouissait pas vraiment de présenter Alexei à Snape. Voir pas du tout.
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Est-ce que je dois creuser le Alexei/Ron selon vous ?
