Bonjour à toutes et à tous !
Tout d'abord, comme d'hab, merci pour vos retours, même si, avec cette période de vacances j'ai eu l'impression qu'il manquait certains de mes fidèles, j'espère que au moins, vous vous éclatez à la plage, avec des coktails et une jolie vue... (à interpréter selon la préférence).
Bref. Un nouveau chapitre qui, je l'espère, saura vous convaincre !
Pour info, probablement pas de chapitre le week end prochain, je serai loin quelques jours ! Du coup, savourez celui-ci !
Merci à tous les nouveau lecteurs qui débarquent et me laissent un gentil petit mot.
Je vous aime tous d'amour !
Chapitre 3
Il savait que le survivant était rentré tard. Il avait immédiatement été averti par un sort alors qu'il brassait encore une potion dans son laboratoire. Mais ce qu'il n'avait certes pas anticipé serait la présence...malvenue d'un "ami".
Assis à la table du petit déjeuner, silencieux, il observait "Alexei Nazarov" en train de manger comme quatre sorciers. Le jeune homme semblait tout droit sortit d'un Goulag sorcier russe. Chaque centimètre carré de sa peau semblait recouvert de tatouages… Et pas n'importe lesquels.
Des runes, des symboles, beaucoup de magie noire. Levant très lentement sa tasse de thé à ses lèvres, il plissa les yeux alors que l'engeance de Durmstrang levait son regard clair sur lui, le fixant sans ciller. Il allait devoir faire des recherches.
Contemplant le trou béant de son lobe droit, il grimaça en notant qu'à celui-ci, pendait un petit bijoux fait à partir d'une pierre noire et lisse sur laquelle était gravé le symbole du sang.
- Et donc… Vous êtes également au Département des Mystères.
Laissant traîner sa voix, il dévisageait "l'ami" de son fils avec toute la morgue dont il était capable…
Dire qu'il était mal à l'aise était un euphémisme… A peine avait-il terminé de se doucher qu'il s'était fait embarquer par Alexei qui semblait ne pas avoir mangé depuis dix jours…
A leur entrée dans la salle à manger, il s'était arrêté une seconde quand son tuteur avait levé les yeux sur lui avant de se figer. Le semblant de détente qu'il avait affiché lors de son entrée dans la pièce s'était volatilisé brutalement quand il avait noté la présence de l'intrus.
Et depuis, l'ambiance était à couper au couteau. Il avait présenté le russe au Maître des Potions de manière aussi positive que possible… Mais rien à faire. Ils se fixaient en chien de faïence.
Alexei semblait être au comble de l'amusement derrière ses regards froids et Snape, lui, ressemblait au professeur glacial et dangereux qu'il avait rencontré en première année. Il ne s'adressait au russe que de cette voix traînante et dégoulinante de mépris, faisant se crisper le survivant un peu plus à chaque seconde.
Merlin.
Il leva les yeux quand la voix de son père adoptif gela encore une fois l'air autour de lui et avala à grande peine sa cuillerée de céréales. Depuis quand les miel pops étaient aussi amères ?
- Da. J'ai été...recruté une année avant Harry.
- Je vois… Vous étiez donc à Durmstrang…. Sous la direction de Monsieur Karkaroff..
- Da… J'étais un élève très doué…
- Vous m'en direz tant… Et qu'est ce qui vous a… poussé à accepter l'offre du Département de Mystère de notre pays… ? Pourquoi ne pas rester chez vous ?
Merlin. Pourquoi ne pas directement dire qu'il n'était pas le bienvenue… Soupirant discrètement, il remua vaguement sa cuillère dans son bol, attendant la suite de la discussion… Enfin. Inquisition.
- Parce que rien ne me retenais en Russie… Et puis on me proposait un avenir… Nourri et logé.
- N'avez-vous aucune famille, Monsieur Nazarov ?
- Net… Je suis orphelin.
- Fascinant.
Non. Ce n'était pas fascinant du tout ! Jetant un œil à son père, il nota qu'il n'avait pas l'air plus ému que ça… Voir même de s'en ficher complètement… Aucune empathie. Il posa sa cuillère et passa sa main dans ses cheveux, se tortillant sur sa chaise. Il aurait dû rester avec Draco.
- J'ai beaucoup entendu parlé de vous, moi…
- Vraiment.
- Da… Severus Snape, Maître des Potions et créateur de la potion Tue-Loup… On dit que vous avez beaucoup usé de magie noire.
- Effectivement.
Il était à deux doigts de sentir ses extrémités geler tant la température de la pièce avait chuté entre les deux sorciers. Il avait senti l'ex-espion se tendre de manière imperceptible alors qu'il se figeait. D'une immobilité parfaite, dangereuse, il ne lâchait plus du regard le jeune homme qui lui faisait face, sur ses gardes.
- Pourquoi ne pas avoir appris à Harry à s'en servir alors ?
- Monsieur Nazarov… Je vois mal en quoi mon éducation vis à vis de mon fils vous concerne...Mais sachez que Potter n'avait certes pas besoin de cela à l'époque où je l'ai connu.
- C'est dommage… votre pays aurait beaucoup à gagner s'il ne rejetait pas complètement la pratique de cette magie…
- Certes. Il suffit de voir comment votre patrie, gangrénée par la corruption et le pouvoir, s'en sort pour se dire que nous devrions prendre exemple…
- La mère patrie est…
- Stop.
Les sourcils froncés, il venait d'interrompre son coéquipier, secouant la tête. Il était hors de question de laisser la situation encore se tendre. Il sentait déjà sa magie réagir à l'ambiance tendue et s'agiter autour de lui, ses tatouages s'agitant sur sa peau, heureusement cachés par son pull…
Se levant, il abandonna toute idée de terminer son petit déjeuner, se tournant vers son tuteur.
- Nous allons aller au chemin de Traverse… J'ai besoin de racheter quelques fournitures…
Il affronta le regard du Maître des potions qui finit par hocher la tête. Lentement. Beaucoup trop lentement pour ignorer qu'il aurait droit à quelques questions plus tard sur la présence d'Alexei chez eux… Soupirant, il se tourna vers le russe qui, lui, n'avait pas bougé, mordant dans un toast enduit de confiture.
- On y va…
- Mais Harry...je n'ai pas termin…
- On y va j'ai dit.
L'attrapant par le bras, il savait que l'autre avait senti la décharge de magie qui traversait sa peau. Il le vit soupirer, poser le toast et se lever à son tour, se dégageant de sa prise. Il n'aimait pas être touché.
- Doucement Harry…
- Dépêche-toi Nazarov.
- Monsieur Potter.
Il se figea, tout comme son acolyte, à l'appel de l'adulte.
- …. oui ?
- Je vous prierai de bien vouloir ne pas vous mettre dans les ennuis jusqu'au cou pour une fois…
- ah...euh… oui bien sûr…
- Bien. Je compte sur vous…
- Promis.
- Quant à vous Monsieur Nazarov…
Cette fois, il se tourna, observant son père, surprit alors que le russe se contentait, mains dans les poches, de regarder le Maître des potions de son air inexpressif.
- Je vous prierai de ne pas entraîner mon fils dans n'importe quel coupe-gorge.
- Pourquoi ? Vous avez peur qu'il soit blessé… ?
- Parce que vous devriez alors craindre pour votre propre vie.
La réponse était si...tranchante que Harry sentit presque une vague de magie glaciale courir sur sa peau. Et apparemment, le russe aussi puisqu'il eut un imperceptible frisson.
- Da…
- Bien. N'hésitez pas non plus à vous perdre et ne jamais revenir.
Et de manière aussi neutre qu'à son habitude, ils virent l'adulte porter sa tasse de thé à ses lèvres, poursuivant la lecture du journal sorcier qu'il avait sous les yeux. Sortant de la pièce, il vit le russe se pencher vers lui, sourire aux lèvres.
- Des fournitures…
- Ferme-là.
Haussant les épaules, il le suivit jusqu'à sa chambre, récupérant vestes et écharpes alors que la neige tombait en continu depuis deux jours, la ville serait certainement couverte d'un manteau blanc.
- Il ne sait pas ce que Azarias t'enseigne…?
- Non. Pas encore…
- Tu as peur.
L'affirmation le fit grimacer. Evidemment qu'il avait peur. Il avait passé quasiment 8 ans à combattre cette magie qualifiée de noire… On lui avait rabâché sur tous les tons que c'était mal. Que cette magie était dangereuse… Qu'elle était ce qui détruisait le monde sorcier dans lequel il avait été projeté à douze ans.
Et ensuite, non seulement il avait appris qu'il était le produit d'un sort de magie noire très puissant, mais qu'en plus, celle-ci l'avait imprégné jusqu'à lâme…
Alors il était à peu près certain que personne dans son entourage ne serait très...heureux de savoir que son apprentissage était entièrement centré sur celle-ci… Ni même que certains de ses tatouages en étaient le produit… La manifestation…
Peut-être que les Malefoy et Snape pourraient peut-être s'y faire… mais Ron, Hermione, c'était autre chose. Quant au monde sorcier...il en ferait une attaque c'était évident.
Il grimaça de nouveau en y pensant. Merlin. Il avait tellement changé ces dernières années.. et plus encore au contact des Langues-de-Plomb.
Il avait découvert un Univers sorcier sans le moindre tabou. Les hommes et les femmes qu'il côtoyaient avaient tous une sorte de désinhibition vis-à-vis de la magie… Ils l'utilisaient quelque soit la nature de celle-ci… ils voyaient les choses différemment. Sans les préjugés et les enseignements de la propagande d'un côté où de l'autre…
C'était une neutralité explosive. Le département cachait des sorciers aux pouvoirs extraordinaires… Qui, s'ils entraient dans un camp ou dans un autre, auraient pu renverser les choses. Il se souvenait encore de son premier face à face avec Augustus Seblion, un sorcier spécialisé comme Oracle… Il avait annoncé plusieurs prophéties décisives et souvent, son regard laiteux dû à sa cécité, semblait vous transpercer. Quand il l'avait vu, qu'il s'était présenté, l'homme l'avait fixé sans mot dire avant de soupirer.
- La mort t'accompagne depuis si longtemps. Tu devrais lui rendre ce qui est à elle.
Et il était parti. Le laissant là sur ces mots énigmatiques qui avaient réveillé de vieux démons. Une seconde plus tard, il avait été assommé par son mentor, sa magie débordant avec violence à cause des émotions qui le secouaient.
Ou encore, quelle n'avait pas été sa surprise quand il avait croisé Cybèle Zabini au détour d'un couloir. Elle avait rit et s'était approchée de lui, ses hanches ondulant au rythme des claquements de ses talons vertigineux sur le sol de pierre.
Comme à son habitude, elle l'avait mis mal à l'aise. Elle s'était penchée sur lui, avait posé son doigt ganté de cuire noir sur sa bouche et sourit.
- Harry Potter… Quelle jolie surprise…
- Madame Zabini…
- Je compte sur vous pour garder le secret…
- Bien sûr…
Elle s'était redressée, avait rit doucement avant de se tourner, sa voix se chargeant d'un accent chaud et sensuel.
- Dépêche-toi de venir ici.
Il avait alors vu un sorcier, ou plus précisément, un ancien Mangemort, se présenter à la sorcière. Il était torse nu, son corps portait la trace de nombreux coups. Le regard vitreux d'un drogué, un collier de cuire rouge agrémentés de pics de métal autour du cou, il fixait la femme comme si elle était la 8ème merveille du monde, tombant à genou devant elle, embrassant le bout de sa botte de cuire.
- Maîtresse.
- Suffit. Nous y allons.
Et sous son regard halluciné, elle avait disparu dans un des couloirs mal éclairés.
Et puis il y en avait eu d'autres… Des sorciers et des sorcières tous d'âges différents, venant des quatre coins du monde, tous recrutés par certains des membres les plus âgés pour venir grossir les rangs.
Harry avait alors appris que les Langues-de-Plomb n'avait pas d'appartenance à un pays. Chaque nation créait son département selon les recrutements obtenus. C'était à qui arriverait en premier pour s'offrir les services des sorciers les plus intéressants qui parcouraient le globe.
Et, sans que personne n'en parle ouvertement, il était presque évident que les nations sorcières se mesuraient en puissance en fonction de leur département des mystères…
Si les Langues-de-plomb portaient ce nom, c'était également parce que les hommes et les femmes qui le composaient gardaient de très nombreux secrets. Certains capables de faire imploser le système magique actuel ainsi que toutes les alliances en cours…
- Harry ?
Revenant sur terre, il posa son regard vert sur le russe qui le fixait. Il avait revêtu un manteau bordé de fourrure, un bonnet noir et une écharpe du même ton. Il avait enfilé ses gants de cuire pour éviter d'avoir froid et le fixait, la neige formant une fine pellicule blanche sur ses habits.
- Quoi ?
- Où est-ce que tu dois aller ?
- J'ai besoin de plumes et de parchemins… Et quelques ingrédients pour les potions de soins..
- D'accord. Je voudrais aller dans cette boutique.
Suivant son doigt du regard, il grimaça en notant qu'il pointait du doigt la boutique des frères Weasley. Joie bonheur.
S'enfonçant dans la foule du chemin de traverse, son bonnet sur la tête, il soupira, avec le temps, le froid et les fêtes de fin d'année, personne ne faisait attention à lui. Ou peut-être était-ce dû également à la présence du russe à ses côtés qui faisait s'écarter les sorciers. Dans tous les cas, il était soulagé de ne pas encore avoir créé d'émeute.
Sortant De Fleury&Bott, il prit le temps de réduire ses achats d'un sort rapide avant de tout glisser dans sa poche, cherchant Alexei du regard, le retrouvant devant la vitrine du Magasin d'équipement de Quidditch. Le rejoignant rapidement, slalomant parmi la foule, évitant un gamin courant après son crapaud, puis un vieux sorcier à l'air de mendiant avant de sourire doucement en notant la présence de nombreux adolescents.
S'arrêtant une seconde, il prit la peine d'observer. La guerre avait terni beaucoup de choses et il y avait longtemps qu'il n'avait plus retrouvé cette ambiance festive et survoltée ici à Londres… Les marchands étaient débordés, des stands de nourriture et de boissons chaudes fleurissaient ça et là, mêlant des odeurs d'épices sucrées à celle plus douce des confiseries. Il y avait des couples, des groupes d'amis ou encore des enfants. Et pour la première fois, les créatures magiques semblaient se mêler à la foule. Gobelins, elfes, il y avait quelques fées et farfadets dans un coin alors que toute sortes de créatures étaient exposées devant la Ménagerie Magique..
Billywig ou Botrucs en cages, Crapauds, hiboux ou encore chats, serpents et des dizaines d'oiseaux colorés comme le Dirico. Il nota également la présence de niffleurs et de ce qui ressemblait à des furets..ou des fouines.
Rien que la pensée le fit sourire… Alors qu'il restait figé… Son regard braqué sur une petite créature au pelage blanc éclatant….
Sursautant, il évita de justesse un sorcier qui, hurlant comme un démon, semblait chasser un Gnome qui avait apparemment élu domicile dans une des citrouilles de son stand…
Prenant une inspiration, il s'avança rapidement vers la boutique.
- Harry. Qu'est-ce que tu achètes… ?
Se tournant lentement, il posa un regard sur le sorcier russe qui, les sourcils froncés, fixait la créature avec un air perplexe…
- Une hermine…
- ….Ces choses, en Russie, on fait des manteaux avec…
- Pas la mienne.
La petite créature se tourna vers le russe, siffla et s'enroula autour du cou du survivant, se nichant entre sa peau et l'épaisse écharpe qui le protégeait du froid.
- Pourquoi tu as acheté ça… ?
- J'ai perdu ma chouette pendant la guerre..
Apparemment, le russe ne voyait pas le lien puisqu'il lui jeta un regard perplexe, mais, préférant ne pas s'expliquer plus, il se détourna de la boutique, s'éloignant dans l'allée principale, mains dans les poches.
- Tu n'as rien acheté… ?
- Je n'ai pas d'argent.
La réponse figea le sorcier une seconde. Il avait oublié. Pendant une seconde, il avait oublié qu'Alexei était sans la moindre ressource. Nourri et logé par le département des mystères, ils recevaient une toute petite allocation qui ne lui laissait que bien peu de chance d'économiser vu toutes les fournitures et accessoires nécessaires à la formation.
Les sourcils froncés, il le regarda une seconde avant de soupirer. Rien ne servait de proposer de lui prêter quoi que ce soit. Il refuserait. Haussant les épaules lentement, il se sentit mal à l'aise d'avoir tout cet argent de son côté. Il avait ressentit la même chose avec Ron…
- Potter. Je veux aller voir la boutique…
- La bouti...ah… ouais.. on y va…
Évitant de trop penser au passé, il emboita le pas à l'autre sorcier qui le conduisit tout droit à la boutique de Farces et Attrapes pour Sorciers Facétieux.
A peine avait-il fait un pas à l'intérieur qu'il fut submergé par les éclats de rires, les odeurs de poudre ou encore le rugissement d'un lion. Alexei, à sa droite, était figé, promenant son regard partout. S'il ne le connaissait pas aussi bien, il aurait juré qu'il était surpris. Ou au moins impressionné.
- Harry !
Deux voix identiques venaient de l'interpeller en cœur. Pas besoin de réfléchir longtemps pour savoir qui venait de lui tomber sur les épaules, enroulant leurs bras autour de lui.
- Fred, Georges… Ça faisait longtemps.
- Un peu mon pote !
- Comment ça va Mister le Sauveur ?
Il se dégagea doucement de leur poigne, tombant sur deux sourires immenses. Les jumeaux avaient grandi. L'air de sortir du lit, ils avaient les cheveux en pagaille, des pulls identiques probablement tricotés par leur mère et, Fred, du moins le supposait-il, avait de la suie sur la joue.
- Je vais bien… Je venais faire un tour avec un ami…
- Harry.
Il se tourna vers le russe qui, maintenant, fixait les jumeaux, les sourcils froncés.
- Alexei. Je te présente Fred et Georges.
- Da… Ils sont les frères de Ronald…
- Exactement mon pote ! Par le string de Merlin ! T'es flippant comme type !
- ...C'est des vrais tatouages ?
Georges examinait le sorcier d'un air critique… Fred avait remonté sa manche pour toucher les arabesques d'encre.
- Je te le dirai si tu me donnes ton frère.
Merlin. La situation allait très certainement lui échapper d'une minute à l'autre. C'était une évidence.
- Qui ? Georges ?
- Non… Ronald. J'aimerais que tu me le donnes.
- ….Okay.
- Fred !
- Bah quoi…. Je ne sais pas pourquoi il veut Ron, mais ça me va…
- Parce que j'aimerai le prendre.
Voilà. Elle lui échappait. Il vit les jumeaux ouvrir la bouche à l'unisson avant que leur mâchoire ne tombe au sol sous la surprise.
- Ron….tu veux vraiment notre petit frère dans ton lit ?
- Da. Ronald est sexy.
- … Ron est….puceau !
- Da...je sais… c'est encore mieux… Je pourrais tout lui apprendre….
- Euh.. Frérot… Ron aime les filles je crois…
Les jumeaux se fixaient, cet air calculateur et pensif sur le visage, apparemment en train de peser le pour et le contre et ce que cela leur rapporterai à plus ou moins long terme. Démoniaques.
- T'es sûr ? Après Hermione il n'a eu personne après tout….
- Mn… pas faux…
- Bien. Mon pote. Va falloir discuter le prix…
Elle lui échappait complètement alors qu'il regardait les jumeaux marchander leur frère avec le russe qui, très sérieux, leur proposait différents...prix.
Soupirant, laissant les trois autres discuter, il prit à nouveau le temps d'observer les gens autour de lui. Partout, il y avait des enfants sorciers qui s'émerveillaient des farces tout droit sorties des cerveau tordus des Weasley.
Ils riaient et se couraient après, les plus jeunes allant présenter leurs trouvailles à leurs parents ou frères et sœurs aînés. Il pouvait voir la douceur sur le visage de certaines femmes… L'autorité dans le regard des pères… L'amusement, la surprise ou encore le dégoût et la peur face à certains objets étranges qu'ils découvraient au milieu d'un rayon.
Partout dans la boutique des petits objets volaient, se percutaient ou explosaient en confettis, les marches d'escaliers menant au premier étage vous mordaient les pieds si vous trainiez et la vitrine s'animait toutes les heures pour entièrement changer son décor.
Quelque part, il retrouvait ici l'ambiance survoltée du terrier… Et le réconfort qui pouvait s'en dégager.
Amusé, il se détendit, s'appuyant contre un mur, observant un petit garçon brun qui tentait de comprendre le fonctionnement d'une petite boule de cristal. Il la tournait dans tous les sens, ses petits sourcils froncés, concentré sur la fumée bleutée qui tournoyait à l'intérieur.
Il semblait tout seul et apparemment, il n'avait pas de quoi acheter quoi que ce soit. Il le vit soigneusement reposer l'objet, l'air de regretter de ne pouvoir l'avoir et faire un pas en arrière, soupirant à fendre l'âme.
Quand il se tourna, il aperçut deux yeux dorés, ou plutôt ambrés. Leurs regards se croisèrent une seconde avant qu'il ne ressente un frisson glacial remonter le long de sa colonne vertébrale.
Il n'avait pas réfléchi.
Il n'avait pas la moindre idée de ce qui avait fait qu'il s'était retourné pour savoir où était le survivant… Mais il avait eu le temps de le voir se jeter sur un gosse, littéralement, son bouclier se mettant en place alors qu'un sort s'y écrasait avec violence.
Et ce fut le chaos.
Se tournant il sortit sa baguette et psalmodia alors que des hurlements faisaient écho à la seconde explosion de sort. Une seconde plus tard, il se retrouvait le dos de Harry Potter contre le sien et ils murmurèrent le sort en même temps.
Il y avait beaucoup d'enfants ici.
Il avait atterri sur le gosse, roulant sur lui même pour éviter de le blesser, il se releva d'un bond, jetant pratiquement le gamin à une femme qui était là, lui ordonnant de partir se mettre à l'abri.
Il n'avait pas la moindre idée de qui les attaquait… Si c'était lui qui était visé, l'enfant ou… juste l'endroit et sincèrement il n'en avait rien à faire.
Il se rua sur Alexei, se positionnant comme on le lui avait appris ces derniers mois.
- Faut protéger l'endroit. On ne peut pas évacuer tout le monde à nous deux.
- Da. Tu sais quoi faire.
- Oui.
Il prit une inspiration, ferma les yeux et murmura, sa bulle s'agrandissant pour englober la boutique. Il vit alors Fred et Georges se pointer, les sourcils froncés, souriant lentement. Sincèrement, ils avaient l'air… flippant.
- Désolé Harry… je crois qu'on t'as encore entraîné dans un truc pas très cool…
- Vous pouvez y aller...On va gérer…
- ...Gérer ?
Ah. oui. Il en avait entendu parlé vaguement… Les jumeaux et leur réseau d'espionnage plus ou moins souterrain…
- On a quelques pièges à disposition, t'inquiètes pas.
- Harry.
Il tourna son regard sur Alexei qui fronçait les sourcils, pointant sa baguette sur un sort qui semblait littéralement ronger sa bulle.
- Vous pouvez pas protéger tout le monde tout seul…
- Tout seul ?
Fronçant les sourcils, il vit les deux sorcier sortir leurs baguettes, prêts à combattre également.
- Nan mais t'inquiète mon pote, je pense que les aurores vont rappliquer vite fa...oops.
Georges, qui était celui qui parlait, venait d'éviter de justesse un foutu sort !
- Georges ! Arrête de parler et mets toi à couvert !
- Fred. Je t'ai déjà dit que tu n'étais pas ma mèr…
Son frère, exaspéré, venait de tirer sur son pull, l'obligeant à se coucher derrière un des meubles d'exposition, lui évitant, encore de se prendre un sort en pleine tête.
Il allait répondre quand il fut obligé de se mettre à couvert à son tour, grimaçant alors que le sol à sa droite explosait. Merlin. Ils avaient ouvert une brèche. Mais dans quoi ils trempaient ces deux-là …? Et avec qui ?
- Potter. Il faut bouger.
- Je sais.
Ils criaient alors qu'une pluie de sorts s'abattait sur les vitrines, faisant exploser certaines, et brusquement, les pleurs des enfants le glaça. Il se mordit la lèvre alors qu'il sentait sa propre magie commencer à se manifester. Il devait garder le contrôle. Faire exploser la boutique ne sauverait personne.
Il allait s'adresser au Russe quand il écarquilla les yeux. Un gosse. Un gosse était là… à quelques mètres de lui, roulé en boule sous une table, apparemment terrifié. Oh non.
- Lex.
- Quoi Potter.
- Couvre moi
- Si tu meurs, je suis foutu.
- Je sais.
Il haussa les épaules et se concentra une seconde, créant une seconde bulle autour de lui avant de se lever. Merde. Franchement, ça aurait été plus simple d'avoir un balais plutôt que de devoir courir.
Mais en même temps… Il avait pris l'habitude de courir pour éviter de crever sous les attaques de ses propres mentors… Alors ça irait. Sûrement. Il l'espérait.
Et au moment où il vit le Russe se lever, les mains levées devant lui, psalmodiant dans sa langue natale et qu'une vague de fumée s'éleva pour foncer sur leurs opposants, il se leva également et courru.
Il glissa sur le bois ciré et termina sa course entre deux sorts, près du gamin.
- Salut… Écoutes, je suis Harry… Je vais te prendre contre moi… et on va courir...okay ?
Il ne pouvait pas transplaner non plus… Cette foutue magie trop instable l'en empêchait… A chaque fois qu'il avait essayé alors qu'il était sous le coup des émotions, il s'était désartibulé. Comme un fichu débutant… Qu'est ce que Cicéron avait rit…
Il vit l'enfant hocher la tête, les larmes aux yeux, le corps agité de tremblements et il prit une nouvelle inspiration avant d'enrouler ses bras autour du petit corps, jetant un sort créant une petite sphère lumineuse bleue. C'était le signal pour Alexei. Une seconde plus tard, un tremblement de terre agitait toute la boutique et une sorte d'ours de fumée fonça en grondant sur les sorciers du camp adverse.
Sans réfléchir, il se leva et, à découvert, traversa les mètres qui le séparaient encore d'une sécurité toute relative. A peine avait-il franchi les étagères qui le mettaient à nouveau à l'abri, il donna l'enfant à un sorcier qui semblait aussi pâle que la mort et qui balbutia des remerciements.
Mais il n'avait pas le temps pour ça. Le souffle court, il relâcha sa magie et sa bulle éclata. Il la sentait ramper sous sa peau, hurler, dévaler ses veines pour qu'il la laisse remonter et tout emporter sur son passage, il en tremblait presque d'excitation.
Son bras brûlait, les tatouages sur ses poignets et ses chevilles semblaient en feu alors qu'il pouvait deviner que les traits se tordaient sous la pression. Il rejoignit le russe et siffla en fourchelangue, plusieurs dizaines de serpents s'écoulant de sa baguette pour se ruer en direction des sorciers.
Mais pas le temps d'échafauder le moindre plan d'attaque. La porte arrière de la boutique explosa, projetant Fred à travers plusieurs étalages de gadgets, faisant hurler son frère alors qu'ils étaient pris à revers.
Georges se tenait au sol, Fred, inconscient, ne bougeait plus. Il respirait par contre.
- Georges. Tirez-vous ! On va les retenir. Prenez tous les civils et sortez dès qu'on aura dégagé l'arrière.
- Harry…
- Il est blessé bordel Georges et vous êtes pas entraînés ! Je sais pas dans quoi vous trempez mais c'est pas le moment là !
Il s'interposa brusquement entre les jumeaux et un sort, le parant de sa propre baguette surveillant du coin de l'œil les sorciers qui entraient par l'arrière.
Ils étaient cinq. Trois hommes, deux femmes. Et ils ne cachaient pas leur visages. Glamour sûrement. Impossible de savoir qui se cachait sous ces apparences empruntées.
Snape allait le tuer.
- Hé le russe.
- Da…
- Georges…?
- Quoi mon pote ?
- On va faire des dégâts.
- T'inquiète ! Y'a un sort de Répart-tout automatique ici !
- … cool.
Bien… Donc… ça voulait dire pas de limites. Il prit une inspiration et croisa le regard de Nazarov qui enlevait bonnet, gant et manteau. Apparemment, il serait sérieux.
- Tu prends ceux-là…. Je prends ceux de devant… ?
- Da…
Azarias et Cicéron allaient le tuer… Peut-être même Serpus.
- Ron bordel ! Bouge ! Y'a une nouvelle attaque !
- Quoi ?
Sursautant à l'entrée de son collègue, il se levait déjà brusquement, renversant sa chaise de bureau, attrapant son manteau, l'enfilant tout en se ruant dans le couloir du Département des Aurores.
Des mois qu'ils couraient après ce groupe de sorciers. Ils étaient sur une enquête conjointe avec les Renseignements Magiques et le Département de Contrôle et de Régulation de la Magie Noire. Il avait beau être un novice, il n'en était pas moins impliqué.
Il avait entamé les balbutiements de sa formation d'aurore et allait se spécialiser dans l'Étude du Comportement des Criminels Sorciers, mais, pour le moment, il était un simple soldat qui devait se bouger les fesses quand son patron le lui ordonnait. Malgré le fait que ses supérieurs reconnaissaient ses talents de stratège, il n'empêche que son chef direct, lui, se foutait bien de qui vous étiez. Il ordonnait, vous bougiez.
Alors, quand son collègue avait débarqué en hurlant, il n'avait pas réfléchi, se précipitant en direction de la cheminée spéciale urgence de leur département.
- C'est la boutique de tes frères !
Il se figea une seconde. Merlin. Non. Tout irait bien. Fred et Georges n'avaient pas cessé de lui répéter qu'il ne pouvait pas couver toute la famille… notamment eux. Ils s'étaient forgé une place petit à petit pendant la guerre. Au nez et à la barbe de tous, de l'ordre, du Ministère et de leur propre famille, ils avaient monté un réseau d'espionnage clandestin.
Il ne l'avait découvert que par hasard un soir alors que, passablement bourré, il avait échoué dans leur arrière boutique et surprit une...conversation qu'il n'aurait jamais dû entendre avec une de leurs sources.
Ses frères lui avaient fait jurer de garder le secret. Il ne les avait pas trahis… Mais depuis, il savait qu'un jour il aurait à faire à leur ennemis. Enterrant tout au fond de lui toute bride d'émotion, il passa à travers les flammes, atterrissant au chemin de Traverse, le chaos qui y régnait était impressionnant.
Des sorciers couraient dans tous les sens, hurlant alors que les commerçant barricadaient leurs enseignes au cas où. Pour chacun, le massacre du chemin de Traverse par les Mangemort était encore frais dans les esprits.
- Chef ! Quels sont les ordres.
- Weasley ! Ça tombe bien ! Vous connaissez la situation géographique et les plans de la boutique. Faites nous un topo !
S'exécutant, il lança un sort pour représenter en quatre dimensions les lieux. Expliquant à son unité et aux autres aurores la configuration, les différentes entrées, angles morts ou encore les impasses.
- Chef ! Chef bordel ! On a un problème !
- Un problème de quel genre Leonisius ?
- ...un gros chef.
- Et bah balance ! T'as cru que j'avais toute la journée !
- Harry Potter fait face au Groupe de Circé.
Le silence incrédule qui s'installa fut brusquement coupé par un tremblement puis une explosion et un hurlement qui n'avait rien de… euh...humain.
Toutes les têtes se tournèrent et il vit son chef jurer.
- Par Merlin et les neufs cercles de Dante ! On y va ! On fonce dans le tas ! Bougez-vous ! Si Harry Potter meurt, on se fera tous envoyer à Azkaban !
Sincèrement… Si Harry avait le moindre problème...il préférerait être à Azkaban quand Hermione, Draco et Snape lui tomberaient dessus… Sans réfléchir plus longtemps, il se mit à courir, baguette au poing.
De toute manière, c'était toujours la même chose avec ce chef… Son seul et unique plan consistait à "dézinguer les saloperies de veracrasses puantes."
Quand il tourna à l'angle de la petite place où se trouvait la boutique, il grimaça. Bon.
Il avait vécu pire.
Il grimaça quand il atterrit contre le mur de la boutique, son bras s'empalant ou presque sur un des morceaux de vitre restant sur le montant de la fenêtre… Merlin. Ils étaient tenaces…
Et il avait de plus en plus de mal à contenir sa magie, la preuve étant les nombreux cratères qui trouaient le chemin de Traverse…
Il pointa sa baguette et siffla un sort de magie noire, celui-là, normalement, il le maîtrisait…
Il écarquilla un peu les yeux quand les flammes noires prirent une ampleur de plusieurs mètres de haut, barrant la route à ses ennemis. Merde. Il y avait mis un peu trop de magie cette fois… Mais bon, au moins, ils étaient stoppés. Pris au piège dans son pentacle.
- Harry !
Se tournant brusquement, il écarquilla les yeux, Ron se ruait vers lui, les sourcils froncés, envoyant un Stupéfix à un autre sorcier sans même le regarder s'effondrer, stupéfié.
- Putain ! Draco va me buter!
- Quoi ?
Il avait fait de sacré progrès en magie aussi… C'était un peu étrange… Il le regarda examiner son bras et grimacer, marmonnant quelque chose comme "ça saigne pas mal".
- Rien, laisse tomber. Où sont Fred et Georges ?
- Je sais pas, la dernière fois que je les ai vu, Alexei devait leur dégager un passage à l'arrière pendant que je m'occupais de ceux-là…
- Tu te fiches de moi ?
- Non, attention !
Il leva la main et siffla, un immense serpent se jetant entre eux et un sort perdu.
- Bouge de là, on est à découvert.
- Je sais ! Tu crois que je prenais le thé là ?
- Très drôle ! Je suis avec mon unité. T'es censé te mettre à l'abri.
- Quoi ? Pourquoi ?
Le regard gêné du roux lui fit immédiatement comprendre le "problème" et il grinça des dents, sentant la colère s'éveiller, se répandre en lui, enivrant sa magie au bout de la faire bouillir.
- Oublie.
- Mais…
Il n'entendit jamais l'argument de Ron. Juste au-dessus d'eux, Alexei venait de traverser une fenêtre, s'écrasant sur le pavé glacial de la rue, poussant un grondement de colère.
Levant les yeux, il sentit son corps se glacer alors qu'un homme se penchait sur la fenêtre, les observant tous les deux. Il eut à peine le temps de tirer Ron vers lui, mais trop tard. Ils prirent le Doloris en plein corps et alors que la douleur le faisait hurler, il entendit le russe jurer dans sa langue maternelle.
La douleur l'anesthésiait, réveillait chez lui d'autres souvenirs, le plongeait dans quelque chose qu'il aurait préféré éviter à tout prix, il entendait les gémissements de Ron et les déflagrations des sorts. Il entendait des gens courir.
Puis il n'entendit plus rien. Pendant une seconde, c'était comme s'il était devenu sourd. Et il la sentit se déchaîner. En lui. Suffisamment pour briser un tant soit peu l'entrave du sort.
Ouvrant les yeux, il ne vit d'abord que le sol humide et sombre. Gémissant, il se redressa avec mal, le cœur au bord des lèvres, la douleur scindant son corps. Autour de lui, le vent s'était levé et il neigeait toujours aussi fort.
- Harry !
Il leva les yeux pour rencontrer le regard bleu d'Alexei et fronça les sourcils. Il avait une plaie à la tête, saignait et il semblait fatigué.
- Ça va…
Il le vit avoir un micro soupire de soulagement avant de se baisser, un sort frôlant ses cheveux. Il grimaça et désigna Ron du menton.
- Je dois le porter. Tu peux marcher ?
- Ouais…
Il se leva, brandit sa baguette et la pointa sur lui. Merlin. Cela devait bien faire une éternité qu'il n'avait pas eu besoin de ce sort anti-douleur…
- Les autres ?
- Je les ai eu… Reste juste l'enfoiré qui t'as fait ça.
- Okay.
Il regarda le russe s'occuper du roux et le suivit à l'abri, derrière un stand de nourriture abandonné.
- Ron a dit que les aurores sont là ?
- Da. Ils sont en train de prendre le dessus.
- Okay. Tant mieux.
- Tu es blessé.
- Toi aussi.
- Da…
Draco aussi allait le tuer.
Quand il ouvrit les yeux, la douleur parcourait encore son corps comme des petits frissons.
- Weasley. De retour parmi nous ?
- ...Chef ?
- Ouais.
- Qu'est ce qu'il s'est passé ?
Grimaçant, il s'assit lentement sur l'espèce de...lit de fortune ? Son chef était debout, mains sur les hanches et semblait coordonner arrestations, soins et récolte de témoignages.
- Tu t'es pris un Doloris en pleine face.
Il n'avait pas le moindre souvenir de ça...si ? Il se rappellait parfaitement avoir rejoint Harry, et ensuite…. Ah. Merde. Il passa une main dans ses cheveux et tourna la tête avec précaution.
- Où est Harry ? Il va bien ?
- Ouais ouais, Potter va… bien. Semblerait qu'on soit arrivé à temps. Un peu plus et il y passait…
Il vit son chef se tourner vers lui. Il avait un oeil au beurre noir et semblait avoir survécu à l'explosion d'une vitre… mais sinon il souriait.
- Tu m'as pas dit que t'avais un petit ami Weasley…
- Un quoi ?
- Le russe… Sacré morceau ! Il t'as porté jusqu'ici comme si tu pesais rien. Toi…
Par Merlin. Mais qu'est ce qu'il racontait encore ? Il s'était pris un éclat de sort dans la tête ou quoi ?
- Ronald !
- Percy !
Oh non… Si son frère était là...Alors le Ministre aussi… Super.
- Est-ce que tout va bien ?
- Ouais ouais… va faire tes trucs Percy, ça va…
- Très bien. Je dirais à Maman que tu es vivant.
- Hn…
Il l'observa faire demi-tour et allait demander plus de détails à son chef quand il le vit brusquement se mettre à engueuler un petit nouveau. Okay. Il demanderait plus tard.
Balançant ses jambes pour poser les pieds au sol, il se leva en grimaçant. Il avait mal partout. Mais ça irait. Il observa les lieux et nota enfin la présence du survivant. Il était assis sur un porche, Alexei à sa gauche et ils faisaient tous les deux face à plusieurs sorciers qui semblaient leur faire la morale…
Soupirant, il prit le parti de s'approcher tout de même. Il devait savoir s'ils allaient bien. Il avait vu Harry saigner comme un cochon et Alexei passer au travers d'une fenêtre alors…
Alors qu'il avançait, il vit le regard du tatoué s'éclairer et lui offrir un sourire… dérangeant. Harry, lui, se contenta de le fixer. Il semblait légèrement tendu alors que l'homme en face de lui continuait de parler.
- Ronald…
Alors que le russe l'appelait, il vit les trois hommes se tourner et le toiser de haut en bas. Merlin. Il ne savait pas pourquoi mais ils avaient tous l'air plus ou moins dangereux… Se tenant à une distance respectueuse, il lança un regard au survivant.
- Ça va les mecs…?
- Tu t'inquiètes pour moi Ronald ?
- ...Non.
Le russe sourit un peu plus sous le regard dégoûté de l'adulte qui était à sa droite.
- Tout va bien Monsieur Weasley. La situation est sous contrôle.
- O..okay…
Il observait Harry qui n'avait toujours pas décroché un mot et qui semblait vouloir étrangler l'homme qui venait de déclarer que tout était "sous contrôle".
- Sur ce, Harry, nous allons te laisser. Alexei. Tu rentres avec nous.
- Da…
- Hn.
- On te dépose Harry… ?
Il était devant la porte du Manoire Snape. Serpus l'avait déposé après un transplanage d'accompagnement… Et il s'était contenté de lui dire qu'ils auraient une conversation sur ce qu'il s'était passé au chemin de Traverse plus tard et l'avait laissé là.
Et ça faisait bien dix minutes qu'il fixait la porte sans oser réellement la franchir.
Il savait à quoi il ressemblait là, tout de suite. Son pantalon était déchiré. Il avait perdu son manteau quelque part dans l'aventure et son pull était en piteux état… brûlé par endroits… Et tout ça, c'était sans compter les tâches de sang, de suie et ses blessures…
II avait des égratignures un peu partout...Certainement de nombreux bleus… Une bosse à l'arrière du crâne et surtout, un pansement de fortune entourait son bras, imbibé de sang. Sang qui, actuellement, lui coulait le long du bras pour goutter sur le perron.
Rien de vital à vrai dire. Juste suffisant pour que son père ne se mette en colère… Juste suffisant pour qu'il comprenne qu'il avait encore attirer les ennuis… Il aurait pu tenter de se soigner ou réparer ses habits pour éviter une crise..mais, non seulement il n'avait quasiment plus de magie… mais en plus il s'était juré de ne plus jamais lui cacher ce genre de chose. De toute manière, il était certain que Kingsley allait se pointer pour tout lui raconter…. Autant le faire lui-même.
Même si, techniquement, il n'y était pour rien du tout… Apparement le groupe de Circé était une sorte de cellule de sorcier montée sur le modèle du terrorisme moldu.
Anti-Ministère, ils prônaient une sorte de retour aux sources de la société sorcière. Ils voulaient un retour de la monarchie et de l'aristocratie. Un système abolissant la démocratie.
Cela faisait des mois que les Weasley récoltaient des informations sur les membres potentiels. Mandatés par le Département de la Justice Magique pour leurs compétences, ils avaient apparemment récolté des informations trop...sensibles pour que Circé ne réplique pas.
Et ils avaient décidé de s'en prendre à la source. Couper la tête de l'hydre. Et évidemment, il avait fallu que ce soit précisément le jour où il s'y trouvait avec Alexei…
Et c'était finalement leurs mentors, qui, alertés de la situation via le Ministère, s'étaient pointés pour mettre un terme à leur petite bataille rangée. Cicéron avait débarqué comme un fou pour s'en prendre au sorcier qui lui avait jeté le Doloris.
Serpus, lui, avec l'aide de Vospicus, avait rasé le reste des sorciers. Les différentes unités avaient travaillé de concert et, à la fin, seule la boutique des jumeaux semblait comme neuve. Autour, le chemin de Traverses avait à nouveau subi les dommages collatéraux de la politique menée par Shackelbott.
Merlin. Il était même étonnant que personne ne soit déjà venu le chercher. Il était à peu près certain que Lucius devait être au courant de la situation. Il devait donc cependant ignorer que lui, Harry Potter, s'était retrouvé au milieu de toute cette cohue.
Prenant une lente inspiration, il poussa la porte d'entrée, silencieusement. S'approchant du salon, il se figea. La voix de Malefoy.
- Il est en retard Severus !
Un coup d'œil à l'horloge et il grimaça… Le repas chez les parents du blond. Merde. Il avait oublié ça… Passant lentement une main sur son visage, il sentit la fatigue l'envahir. Il était vidé. Il s'était trop dépensé. Trop vite, trop fort. Et le sortilège de Doloris l'avait mis à genoux.
Il laissa ses doigts glisser sur son torse, juste là, à l'emplacement du cœur et frémit. Il avait mal. Ça le lançait comme à chaque fois.
- Je ne suis pas aveugle Monsieur Malefoy. Rien ne sert de me crier dessus.
- Tu as dit qu'il était parti après le petit déjeuner ! Qu'est-ce qu'il a bien pu faire toute la journée là-bas ?
- Et comment voudrais-tu que je le sache ?
La réponse aigre de son tuteur le laissait supposer avec clarté de son humeur actuelle. Il avait pris son temps. Ils avaient traîné toute la matinée du côté de l'allée des Embrumes avant de manger quelque chose au Chaudron Baveur à midi. Puis, ils avaient rejoint le chemin de Traverse et puis...tout avait légèrement dégénéré alors qu'ils terminaient par la boutique de Farce et Attrapes… Normalement, il avait prévu de rentrer bien plus tôt…
Avant que leur discussion n'aille plus loin, il poussa la porte du salon et fit son entrée, deux regards se braquant d'un coup sur lui.
- Je suis rentré…
Le silence qui l'accueillit était assourdissant. Il vit le regard de Malefoy s'agrandir alors qu'il le détaillait. Celui de son père se vider de toute émotion. C'était...dérangeant.
Et puis d'un coup, il vacilla. Juste une seconde. Juste un vertige. Et il sentit les doigts froids de Malefoy sur sa nuque. Ceux brûlants du Maître des potions sur son bras tatoué, le faisant siffler en fourchelang.
- Potter par Merlin ! Mais qu'est ce que t'as encore fait ?
- On a été attaqué… Chez les jumeaux.
Sa vision retrouvait déjà sa netteté habituelle alors qu'il était assis de force sur un des fauteuils. Déjà, son pull et sa chemise disparaissaient d'un coup de baguette, un grognement lui indiquant que son père avait noté, de un, les tatouages, de deux, la blessure qui saignait encore. Et le reste. Comme le piercing sur son téton gauche…
- Attaqué par qui ?
- Je sais pas, un groupe nommé Circé je crois.
Il vit le regard du blond se durcir. Celui de son tuteur se plisser. Ils savaient apparemment qui ils étaient. Il grimaça à nouveau quand il frôla son bras et le retira un peu. Il était à fleur de peau.
- Salazar. Monsieur Potter. Continuez de bouger et je vous attache. Me suis-je bien fait comprendre ?
Le sifflement agacé était très clair. Alors il se figea.
- Rapport Monsieur Potter.
Il savait ce qu'il attendait de lui. Il soupira longuement et énuméra.
- Entaille sur le bras gauche, multiples égratignures. J'ai reçu un choc au dos et à la tête après avoir rencontré un mur. Et je me suis pris un Doloris.
Dire que l'ambiance était étouffante était peu dire. A partir du moment où il avait prononcé le sort, il les avait sentit tous les deux se raidir. A tel point qu'il était certain d'avoir entendu craquer la colonne vertébrale de l'ex-espion.
Une seconde plus tard, il le forcaient à avaler divers potions alors que Malefoy s'occupait de son bras, y appliquant un baume avant de le bander soigneusement. Il aurait encore une cicatrice ?
Il allait demander que le hiboux du Ministre de la magie en personne faisait claquer son bec contre la vitre du salon.
Assis sur un des fauteuil de son salon, il fixait sans mot dire le Ministre de la Magie qui se tenait là, mal à l'aise, devant eux, tentant de leur donner des explications quant à ce qu'il s'était passé…
- Sans entrer dans les détails, disons que nous avions instauré une...collaboration avec les jumeaux Weasley… Et nous ne pensions pas que Circé allait s'en prendre directement à leur base…
- Ah vraiment. Avez-vous déjà oublié à quel point le Lord voulait connaître l'emplacement de la base de l'Ordre et combien d'attaques ont été menées afin de le découvrir…? Avez-vous déjà tout oublié Shackelbott ?
il bouillonnait de rage. Non seulement ces incapables du Ministère avaient mis en danger de très nombreux civils, dont, majoritairement, des enfants, mais en plus, son fils. Impardonnable.
Jetant un regard à ce dernier, il plissa à nouveau les yeux. Potter avait l'air fatigué. Il se frottait le torse régulièrement alors qu'il suivait des yeux les allers et retours du Ministre devant leur cheminée.
Il avait soigné ses blessures. Rien de grave. Il avait juste noté que le niveau de sa magie était plutôt bas, ce qui expliquait aussi cet épuisement. Malefoy l'avait attiré sur ses genoux, un bras passé autour de lui, il fixait le sorcier comme s'il planifiait la meilleure façon de se débarrasser de lui en toute discrétion.
Salazar. Voir son fils sur les genoux de son filleul le ramenait irrémédiablement à penser à la relation qu'ils entretenaient et il frémit. Pas qu'il désapprouve, loin de là depuis le temps, cependant il ne pouvait se sortir de l'esprit que c'était son fils.
Il était ridicule par Merlin. Mais Severus avait toujours été possessif avec ceux qu'il aimait et prêt à tout pour eux. Et peut-être un peu jaloux… Il était aussi un Serpentard après tout.
- Je suis navré de ce qui t'es arrivé Harry… Sincèrement. Cependant, il semblerait que ton entraînement ait… porté ses fruits. Selon les témoignages toi et ton ami avez tenu tête au Groupe sans faillir…
Le ton de la voix du Ministre les tendis tous les trois. Il fixait le survivant avec cet éclat particulier. Celui calculateur qui se demandait déjà comment exploiter les éléments à son profit.
- Ouais…
- Certains des sorts que j'ai vu là-bas étaient cependant… étranges.
Cette fois, seul le survivant semble se crisper alors qu'il plongeait son regard vert dans celui plus sombre du Ministre comme s'il le mettait au défi de parler plus en détail de ce qu'il avait vu… Plissant les yeux, Severus fixa son fils.
- Alexei a une magie bien à lui…
- Vraiment…
- Oui.
La discussion, pleine de sous-entendus et de non-dit, avait mis les deux serpentards de la pièce sur le qui-vive. Éveillant tous leurs instincts.
- Dans tous les cas, la presse se demande depuis quand tu es de retour et où tu étais tout ce temps… De nombreux journalistes se sont présentés au Ministère… Le retour du Héro…
- Je vous arrête Shackelbott. Vous allez vous débrouiller pour tasser cette histoire rapidement.
Il était intervenu, son regard d'obsidienne se posant sur le Ministre, la voix sifflante de menace. Ils avaient suffisamment joué à ce petit jeu ces dernières années et c'était terminé. Et alors qu'il voyait Kingsley préparer son argumentaire, le bruit caractéristique d'un transplanage le coupa net.
Et dans un courant d'air glacial, deux sorciers apparurent. Immédiatement il vit son pupille se lever d'un bond des genoux de Malefoy, saluant les deux hommes.
- Harry.
- Salut petite merde.
S'il se rappelait bien, il avait devait lui Serpus Selwyn et Cicéron Opiter.
Serpus était grand et imposant. La quarantaine, des cheveux noirs, une barbe bien taillée couvrait ses joues et son menton, formant un bouc sur celui-ci. Des yeux bleus, une peau burinée. Il portait un simple pantalon noir et une sort de veste de velour brun. Ses épaules étaient couvertes d'une longue cape vert forêt. Il semblait calme, il exsudait la force tranquille.
Cicéron, lui, c'était autre chose. Il avait l'air sauvage. Dangereux. Des cheveux noirs aux reflets bleutés, longs, coiffés en arrière comme Lucius, ses sourcils fin et arqués donnaient à son regard doré un éclat animal. Ses oreilles, légèrement pointues laissaient presque supposé le mélange de race… Il portait une tenue entièrement faite de cuir de Dragon. Noire. Ses ongles, peints en noirs et un piercing sur sa lèvre inférieure complétait le look. Les traits anguleux, il semblait complètement instable.
Il vit Shackelbott reculer d'un pas à leur approche, les sourcils froncés alors que Cicéron le fixait, un sourire carnassier aux lèvres. Serpus, lui, fixait Draco.
- L'héritier Malefoy. C'est un plaisir.
- Monsieur.
Le blond, pas plus impressionné que ça en extérieur, venait de saluer d'un mouvement de tête le sorcier. Resté assis, les jambes croisées, il observait la scène l'air faussement détendu. Lucius aurait été fier.
- Messieurs Opiter, Selwyn. Que nous vaut ce plaisir ?
- Ferme-la Kingsley. On est là à cause du merdier que t'as créé. Je te préviens enfoiré. Tu mêle pas le gamin merdique à tout ça.
Haussant un sourcil lentement, le maître des potions observait le Langue-de-Plomb avancer, menaçant, vers l'ancien membre de l'ordre qui semblait au comble de l'anxiété.
- Ce que veut dire Cicéron, c'est que Harry ne doit pas être mêlé à tout cela. Merci de passer sous silence son appartenance au département également. Nous préférerions éviter tout projecteur pour le moment.
- Mais...c'est-à-dire qu'il y a de nombreux témoins…
- Nous vous laissons vous en charger à votre convenance.
- Sinon, c'est nous qui le ferons Shaky. Et tu veux pas ça. Crois-moi.
Haussant un sourcil sous la menace clairement annoncée du sorcier, il vit le Ministre se rembrunir, hochant sèchement la tête. Il était rare de voir l'homme se taire et accepter sans discuter. Il n'avait pas la moindre idée de qui étaient les sorciers qui entraînaient son fils, mais une chose était certaine, le Département des Mystères était bien plus sombre et secret encore que ce qu'il imaginait.
- Je...ferai le nécessaire auprès des différents départements du Ministère Messieurs…
- Bien… Nous vous remercions.
- C'est cela.
Il vit Kingsley récupérer manteau et chapeau avant de se tourner vers lui.
- Severus. Je vous remercie pour votre...aimable invitation.
Invitation ? Il le fixa, en silence. Le Ministre lui avait littéralement ordonné de le laisser pénétrer au Manoir Snape afin de "discuter" de la situation. Alors, il avait temporairement levé les sorts de protections, lui permettant d'utiliser sa cheminée exceptionnellement. A bien y penser… Comment est-ce que les Langues-de-Plomb les avaient-elles franchies…?
Il nota la crispation des épaules de Kingsley alors qu'il ne daignait pas lui répondre et le vit se tourner vers Potter.
- Harry… J'espère te revoir bientôt… A l'occasion, nous pourrions disc…
- Dégage de là Shaky. Avant que je perde toute patience. Tu approches pas le gosse. Sinon je te le ferai regretter.
- Au revoir Monsieur le Ministre.
Il haussa un sourcil alors que son fils ricanait, saluant moqueusement le chef du monde sorcier et pendant une seconde, il frémit.
Le gentil petit Harry Potter avait bien changé. Entouré de deux sorcier adultes à l'aura dangereusement sombre, il nota aussi la présence de Draco dans son dos. Le blond ressemblait terriblement à son père. En pire probablement. Lucius avait le mérite d'être incroyablement froid et calculateur, ce qui, souvent, l'empêchait d'agir n'importe comment…
Draco, lui, était revanchard. Impulsif aussi… Et horriblement possessif et jaloux… Et à l'inverse de son père, il mettrai tout sur la table s'il considérait que c'était le seul moyen d'obtenir que Potter soit en sécurité…
Son fils… Semblait étrangement attiré autour de lui, une loyauté à toute épreuve… Il semblait pousser les gens dans leur retranchements au point de les voir se sacrifier pour lui…
Ils avaient raison. Potter pourrait très bien, s'il le souhaitait, devenir le prochain Tom Jedusor. Il avait ce charisme… Il avait été poussé à bout par la société et l'injustice de celle-ci, modifiant profondément sa vision du monde… Le forgeant en étendard, en effigie de quelque chose de meilleur… Tout en créant en lui suffisamment de ténèbres pour qu'il marche sans cesse en équilibre sur la corde raide.
Et pourtant… S'il devait être complètement honnête avec lui-même… Il admirait plus qu'il ne craignait Potter aujourd'hui. Il admirait les changements. Il admirait sa manière de grandir… Parce que, quand ils étaient seuls, il avait reconnu l'enfant qu'il avait recueilli des années plus tôt…
Quand il cherchait sa présence. Quand il lui offrait un cadeau de Noël trop personnel pour le faire devant tout le monde, pudique… Quand il venait simplement le rejoindre dans son laboratoire, silencieux.
Et puis, il y avait ces pouvoirs qu'il sentait grandir sans réellement savoir ce qu'il en était… Il commençait petit à petit à se douter que ses "mentor" ne jouaient pas à cache cache avec lui… Ils ne lui enseignaient probablement pas des sorts ridicules. Ils semblaient le préparer au combat. A se défendre.
Ils lui apprenaient le monde. Preuve en était de la discussion qu'il avait mené contre Lucius lors du matin de Noël sur les différentes Lois régissant actuellement les familles de Sang Pur…
Il avait été étonné d'apprendre que Potter avait été obligé de mémoriser des centaines de Lois. Il leur avait parlé succinctement des "punitions" qu'il endurait lorsqu'il ne travaillait pas sérieusement. Qu'il n'apprenait pas assez vite.
Azarias Feldmann l'avait harcelé des jours entiers pour qu'il connaisse par cœur les Anciennes Lois et notamment la hiérarchie concernant les sang purs. Par cœur.
Et il s'était dit que c'était bien. Parce que tout enfant sorcier était capable d'énumérer les vingt-six. Tout enfant sorcier connaissait ces lois et ce qu'elles impliquaient au quotidien. Et Potter, lui, personne ne s'était jamais inquiété de les lui apprendre, de l'intégrer réellement à cette société autrement que pour se battre.
Et derrière ses grimaces sur les techniques d'enseignement utilisées, il avait vu le réel intérêt au fond de ses yeux. Il avait vu que tout cela semblait le passionner. Qu'il aimait apprendre et découvrir. Qu'il avait soif de comprendre. Il avait aussi noté que finalement, se retrouver blessé, attaqué, sur la défensive à chaque seconde, semblait, curieusement, l'apaiser.
Il avait avoué à demi-mot que par contre, il avait eu du mal à supporter l'isolement… Qu'il avait demandé plusieurs fois à revenir au Manoir au moins… Et que cela lui avait toujours été refusé… Et c'était exactement dans ce genre de demi-vérité qu'il se rassurait. Son enfant était toujours là. Peu importe son apparence ou ses choix.
Revenant sur terre, il observa le Ministre disparaître dans une gerbe de flammes vertes et tourna lentement son regard sur les deux Mentors de son fils.
- Harry. C'était une mauvaise idée de t'interposer.
- Désolé…
- Désolé ? Depuis quand t'es désolé de faire de la merde sale gos… c'est quoi cette chose ?
Le sorcier venait de se tendre, enfonçant, ou presque, sa baguette dans le cou de son pupille le forçant à s'approcher.
- Baissez votre baguette.
- Par le cul de la Fée Morgane certainement pas !
S'approchant, il leva un sourcil. Très haut. Le col de son pupille bougeait. Une petite queue blanche caressant sa joue, le pointe noire chatouillant sa tempe alors qu'il grimaçait, coupable.
- Ah… ça…
Il plongea délicatement sa main sous le col déchiré de son pull et en tira une petite boule de fourrure d'un blanc éclatant et… il dû vraiment se concentrer fort pour ne pas sourire. Ou ricaner. Lui, Severus Snape, ne ricanait pas.
Sauf que…. Son fichu enfant avait ramené, sous le regard absolument scandalisé de son "petit ami" une fouine. Blanche.
- C'est une Hermine…
- Potter…
Le grincement qui venait de son filleul était certainement la chose la plus drôle qu'il ait entendu depuis des mois. Merlin. Ne pas sourire. Il sentait un rictus creuser ses lèvres.
- Désolé okay ! Je ne sais pas pourquoi mais...je l'ai vue et… j'ai pas résisté… J'ai perdu Hedwige pendant la guerre et...ca me manquait
- Potter…. quel est le rapport entre ta fichue chouette et ….ça !
- …. le blanc ?
- Tu te fous de moi ?
- Iota…
- Quoi ?
- Il s'appelle Iota…
- Salazar Potter ! Je me fiche de comment tu as nommé cette chose ! Tu te fiches de moi !
Et alors que le blond, un air dégoûté sur le visage fixait le survivant qui plaidait la cause de la créature, il vit les deux mentor se tourner vers lui.
- Nous vous laissons Harry… Merci de nous contacter si jamais le Ministère revient à la charge…
Tendant la main, il prit lentement la carte, notant juste une adresse de cheminée. Il se contenta de la faire disparaître d'un claquement de doigt et de hocher la tête.
Eux et lui savaient qu'il ne contacterait personne. Il s'occuperai personnellement de régler les choses le cas échéant.
- Ne vous y trompez pas. Nous vous savons capable de faire face. Mais… Vous êtes un personnage connu. Un Héros. Le père adoptif du héro. Un ex-mangemort et espion.. Sans parler de votre poste de professeur. Forcément, vos mains sont bien plus liées que les nôtres…
Un sourire rapide et Serpus Selwyn se tournait vers le sauveur, le saluant d'une main sur l'épaule avant de disparaître dans un claquement. Ne restait que Cicéron qui ricana avant de hausser les épaules.
- On s'voit bientôt petit merdeux. Je me réjouis de bouffer ta fouine.
Et après un sourire carnassier et un doigt d'honneur, il disparaissait également.
- Potter. Va falloir qu'on parle.
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.
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A la majorité, vous avez voté pour le développement Alexei/Ron. héhéhé
