Je suis désoléééée je sais j'ai une semaine de retard ! Mais pour ma défense, j'ai été envahie par deux marmots de 5 et 3 ans pendant le week end passé et...ensuite je bossais...

Maiiis je vous ai pondu le chapitre aussi vite que possible et le voici le voilà ! En espérant qu'il vous plaira.

Spé dédicace à EpsilonSnape qui, si un jour, passe ici, comprendra pourquoi. Peut-être que vous aussi ?

Ensuite, souvenez-vous d'une information : Lady Zalia est entièrement responsable de ce qu'il se passe ici.

Enjoy mes amours


Chapitre 4


Il marchait. Ce même champ brûlé qu'il avait déjà visité une fois. Il pouvait sentir l'odeur âcre de la terre mourante. Sous ses pieds, la poussière se soulevait à chaque pas.

Le ciel était jaune. Ni lumineux ni sombre. Et le silence était inquiétant. C'était comme de se retrouver à l'aube de quelque chose. Ou alors était-ce le crépuscule… ? Il n'en n'avait pas la moindre idée.

Autour de lui, il n'y avait rien. Personne. Des silhouettes fantomatiques d'arbres calcinés et décharnés laissant deviner des membres presque humains et envoyant des frissons le long de sa colonne.

L'air était lourd. Lui piquait les narines et lui donnait la nausée. Il marchait sans but.

Si dans son précédent rêve, les coquelicots rouges sang jonchaient le sol, à présent, il ne restait plus rien. Descendant lentement une colline, il se retrouva face au lit d'une rivière asséchée.

Là, devant lui, un pont de pierre envahit des restes d'une plante grimpante lui faisant vaguement penser à un filet du Diable. Prenant une lente inspiration, il s'immobilisa.

Son cœur battait au ralenti, mais si fort, qu'il avait l'impression que chaque battement lui trouait un peu plus la cage thoracique. Il grimaça, montant sa main à son torse, frottant convulsivement son pectoral gauche.

Il ne devait pas s'approcher. Ne pas tenter de traverser ce pont. Il en était absolument certain. Et alors qu'il retrouvait finalement l'usage de ses jambes, il se rendit compte que chacune de ses expiration se transformait en buée.

La température avait chuté drastiquement, à tel point qu'il sentait à peine ses doigts. Et puis il sentit les poils de sa nuque se dresser alors qu'un simple chuchotement, une bruissement le faisait se tendre tout entier.

Il était figé. Les yeux écarquillés, le souffle coupé ou alors était-il complètement erratique ? Les mains tremblantes et le cœur à la dérive alors que la douleur le transperçait…

Il n'avait plus rien. Plus de magie. Il avait froid. Et il y avait quelque chose dans son dos. Haletant comme si l'air se raréfiait, il sentait ses poumons le brûler.

Il n'avait pas la moindre idée de ce que c'était. Il entendait une vague respiration mais c'était comme si on venait de lui jeter un sort, le paralysant et le rendant vulnérable.

Ça s'approchait dans son dos. Inexorablement. Silencieusement. Et il vit l'ombre à ses propres pieds… Recouvrant la sienne. Informe et immense… Il sentit la créature s'arrêter à quelques centimètres de lui, il sentit son souffle glacial sur sa peau et il s'arrêta de respirer. Parce que cela n'avait rien d'humain… Par sa forme...par sa présence glaciale et par cette….atmosphère qui l'enveloppait, courant sur sa peau, liquide, gelée, gluante…

La peur lui déchirait les entrailles, littéralement. Il la sentait hurler, se débattre, chercher à sortir de son corps, à le forcer à bouger, c'était comme de se sentir lacéré de l'intérieur. Ou peut-être que c'était réellement le cas ? La douleur était telle qu'il se sentait anesthésié. Mais il était pourtant quasiment certain de sentir l'odeur ferreuse du sang monter à son nez. Et cette sensation immonde de ce liquide chaud et visqueux qui imbibait ses vêtements…

Il avait les larmes aux yeux. Lui qui ne pleurait jamais. Lui qui avait déjà perdu toutes ses larmes avant même d'atteindre sa majorité. La panique le faucha.

Sa vieille amie était de retour. Il la sentit s'enrouler autour de son corps, se fondre dans son sang, électrifier chacune de ses terminaisons nerveuses. Il la sentit lui tordre l'estomac, planter ses griffes dans sa chair avant de relever ses yeux brillants de rage sur lui et de tirer.

Il sentait la pression sur son torse, cette boule qui se formait et qui l'étouffait sous le poids de toutes ces émotions qu'il avait banni si longtemps. Et il sentit alors le monstre au fond de son esprit secouer les chaînes autour de cette porte.

Celle qu'il avait condamnée. Celle dont il avait jeté la clé. Cet endroit où il avait enfermé tout ce dont il ne voulait pas parler. Tout ce qu'il avait soigneusement ignoré.

Cette porte de bois massif, fermée par de nombreuses chaînes de métal aussi lourdes qu'un homme. Il tremblait de plus en plus. Ses jambes semblaient faites de coton et brusquement, il revient à cette réalité angoissante.

Le ciel jaune. La terre brûlée. Le silence uniquement rompu par la respiration contre sa nuque.

Non.

Non.

Son souffle se coupa avec une brutalité sans nom.

- Rends-les-moi…. Elles sont à moi.

La voix désincarnée était comme un chuchotement. Éraillée, sèche et pourtant douce. Elle était la somme de plein de voix différentes. Et les chuchotements l'entouraient. "Rends-les moi".

Une voix de femme. Puis celle d'un enfant. Celle de Sirius. Puis celle de Dumbledore.

Il les entendait toutes murmurer à son oreille. Il entendit la voix de Luna. Celle de sa mère. Celle de Remus… Et l'angoisse monta encore.

Mais quand il sentit le doigt glacial contre son cou, il se sentit se fendiller. Et dans un mouvement brusque, il se tourna.


La chambre explosa littéralement et tout le département des Mystères fut secoué. Des dizaines de sorts s'enclenchèrent en même temps, entraînant par la même occasion les protocoles de sécurité.

Des sorciers débarquèrent des différents couloirs alors que la terre tremblait et que le hurlement du survivant glaçait le sang de plusieurs d'entre eux.

Personne n'aurait pu imaginer que la magie du gosse s'en prendrait aussi violemment à...Ils ne savaient même pas. L'air puait la magie noire et...la mort aussi. C'était immonde. Et alors qu'Azarias débarquait, à moitié habillé, il s'arrêta net quand Cicéron lui bloqua le passage.

La chambre de leur élève avait été...soufflée. Détruite. Il ne restait rien. Tout était brisé et sans dessus dessous. Harry Potter se tenait, assis, au milieu du carnage, les yeux écarquillés, respirant avec difficulté, la main sur le cœur alors que, sur sa peau, on pouvait voir comme des fissures noires.

Comme des petites veines partant de son cœur pour s'étaler sur son torse. Comme s'il était fait de cristal et était en train de se briser.

Ce n'était pas la première fois qu'il faisait un cauchemar. Et c'était bien pour cela que tous ces sorts avaient été installés. Le survivant avait commencé à rêver quelques semaines après son arrivée au département mais plus le temps passait et plus ceux-ci semblaient violents.

A chaque fois, il se réveillait en hurlant et il n'avait jamais été capable de leur raconter pourquoi. Il avait même tenté de faire appel à une pensine ou même de sortilèges, impossible d'en tirer quoi que ce soit.

Et pourtant, Azarias était à peu près certain que ces rêves étaient une partie de la solution concernant sa magie. Il était sûr que son subconscient se manifestait ainsi mais que Potter était incapable de s'en souvenir parce qu'il risquait encore de ne pas pouvoir l'encaisser.

Il avait souvent étudié ce phénomène chez des sujets revenant de traumatismes importants. Et qui, plus que Potter, rentrait dans cette catégorie ? Personne.

En attendant, son élève semblait, cette fois, avoir atteint un palier dans ce qui l'attendait…

Il observa Cicéron s'approcher prudemment du survivant et s'accroupir devant lui, le forçant à respirer, lui parlant d'un ton autoritaire. Mais le gamin était dans un état de panique avancée. Il fixait le vide, les yeux exorbités et il tremblait de tous ses membres.

Terrorisé.

Et c'était un phénomène plutôt étrange. En temps normal, Harry Potter n'avait pas peur. Et c'était d'ailleurs ce qui faisait de lui le parfait héros. Capable de se sacrifier pour tout et n'importe quoi, il avait perdu toute sensation de peur et notion de valeur quand il avait été brisé par son oncle.

Alors, le voir découvrir cette émotion pour la première fois était fascinant. Il pouvait littéralement le voir se débattre dans cette atmosphère gluante et étouffante que créait la terreur.

Sa magie tournait furieusement dans la pièce mais c'était comme si elle aussi était paralysée par la peur. Elle n'attaquait pas. Ne détruisait pas.

Merlin tout puissant. Il aurait adoré pouvoir en avoir un échantillon. Tirant la langue, il goûta l'air, frissonnant violemment alors que le goût acre et de terre brûlée envahissait ses sens.

Il vit Cicéron relever le visage vers lui et secouer la tête, les sourcils froncés.

Soupirant, il s'approcha alors à son tour, lentement, quand le survivant braqua son regard sur eux. Il sembla balbutier quelque chose avant de disparaître, transplanant.

- Cicéron. Laisse-le.

Il venait de stopper le sorcier qui jurait à tout va, prêt à se lancer à la poursuite du gosse.

- Il est pas en état de courir la campagne bordel espèce de taré !

- Il retourne chez lui.

- Qu'est-ce que t'en sais foutu enfoiré ?

Il sourit, haussant les épaules. C'était évident. Potter était peut-être instable, enclin à risquer sa vie n'importe comment… Il avait cependant appris certaines choses, comme la confiance auprès d'un certain Maître des Potions.


Il avait besoin de sécurité. Il devait le trouver. Il n'avait pas la moindre idée du pourquoi mais, pour l'instant, c'était vital.

Il tremblait. De froid ? De peur ? Peu importe. Et alors qu'il apparaissait dans le jardin du Manoir, les pieds nus, dans une couche épaisse de neige, il resta bloqué de longues minutes.

Février. Deux mois depuis qu'il avait quitté la maison après y avoir passé deux semaines de vacances pour Noël. Deux semaines entières où il avait pu les revoir. Passer du temps avec eux. Deux semaines à dormir comme il faut grâce à Lui.

Deux semaines de sécurité. De calme.

Et puis il était rentré et avait repris les entraînements. Il avait repris les missions aussi. Et les cauchemars. Mais le rythme s'était accéléré ces dernières semaines. Passant d'occasionnel à quotidien, l'épuisant.

Mais au moins, cette fois, il avait reçu l'autorisation de communiquer avec eux. Il avait le carnet à double-sens et il envoyait régulièrement des hiboux à son tuteur.

Père. Il était devenu officiellement son père.

Pendant ces vacances-là, un jour, le lendemain de Noël, il l'avait entraîné dans son bureau et d'un air détaché lui avait tendu des documents.

Quand il avait déroulé le parchemin, il s'était figé. Fauché par les mots.

"Harry Snape Prince Potter, fils et héritier légitime de Severus Snape Prince."

Puis, il lui avait tendu une nouvelle carte d'identité. Celle portant son nouveau nom. Et il l'avait regardée ce qui lui semblait des heures, un sourire aux lèvres.

Il avait vaguement écouté son père en ce qui concernait les montants de ses comptes bancaires ou encore toutes ses possessions, lui, tout ce qui lui avait importé, c'était ça. Son nom.

Il avait également complètement ignoré toute la partie sur son entrée officielle dans les vingt-six familles de sang pur, ce qu'engendrerait le changement de statut et les privilèges associés.

La seule autre chose qu'il avait écoutée, c'était ce que Snape attendait de lui… Et...rien. Il n'attendait rien d'autre que des choses basiques.

Bien se comporter… Éviter les ennuis… Être poli. Lui faire confiance.

Planté dans la neige, il ne sentait plus ses pieds, Le manoir semblait sans vie.

Quel jour était-on ? Il tenta de rassembler ses esprits malgré la panique qui faisait pulser son sang dans ses veines et le rendant insensible à son environnement.

Il s'approcha du Manoir et y entra en coup de vent. Il courait maladroitement d'une pièce à l'autre. Laboratoire. Cuisine. Bibliothèque. Chambre. Personne, personne, personne !

Il ignora les petits cris alarmés des elfes de maison alors qu'il fixait, désemparé le hall d'entrée. Il n'était pas là.

Poudlard.

Sortant aussi vite qu'il était venu, il disparut dans un craquement inquiétant, atterrissant aux frontières de l'école, aux abords de la forêt interdite.

Il devait le trouver.


Penché sur un tas de parchemin tout juste bon à jeter au feu selon sa propre opinion, le Maître des Potions fronçait les sourcils. Ces gamins insolents et stupides n'étaient même pas capables d'écrire correctement leurs noms pour certains.

Ah elle était belle la nouvelle génération sorcière. Pour un peu, il serait tenté d'abandonner l'éducation de ses crétins à quelqu'un d'autre. Mais il avait accepté de renouveler son contrat auprès de Minerva pour en tout cas deux années supplémentaires.

Et il imaginait d'ici la catastrophe si, d'aventure, un imbécile comme Lockhart devait reprendre son flambeau. Salazar. Aucun sorcier ne serait plus capable de faire une potion correctement. Rien que l'idée lui donnait des sueurs froides.

Traçant brusquement un paragraphe écrit de pattes de mouches illisibles, il nota scrupuleusement une remarque pleine de fiel et de dédain sur la copie afin que l'élève en question ne prenne finalement conscience de son niveau déplorable et soupira.

Et dire qu'il avait osé se plaindre de Londubat. Merlin. Ce cré...sorcier était encore un génie par rapport à certains de ces petits coq ridicules qui se pavanaient avec leurs baguettes comme s'ils étaient les rois du monde.

Mais tout cela n'était encore rien par rapport à sa tête lorsqu'un ou une élève complètement stupide, osait venir lui demander une photo ou le numéro de son propre fils.

Merlin. Il avait cru s'étouffer quand, lors de la première semaine de rentrée de janvier, il avait vu venir vers lui quelques étudiants et que ceux-ci avaient eu l'indicible audace de lui demander si son fils était toujours en couple avec Draco Malefoy… et si, à tout hasard, il pourrait lui demander des autographes.

Il avait dû rassembler une quantité de patience infinie afin de ne pas les envoyer directement récurer l'antre de Rusard avec pour seul outil, une brosse à dent.

Son fils. Il avait reçu enfin tous les documents quelques temps avant les fêtes de fin d'année et avait décidé de rendre le moment plus...spécial en les conservant comme cadeau.

Il avait eu raison. Il n'oublierait probablement jamais l'expression sur le visage du survivant.

Le soulagement.

De toutes les émotions qu'il avait imaginées, ce n'était pas celle-ci qui prévaudrait. Mais il avait été soulagé. Et puis la fierté.

C'était comme d'observer ces sportifs qui, après avoir dépassé leurs limites, brisés leurs corps de trop nombreuses fois, atteignaient enfin leur but ultime. C'était la fin d'un combat. L'accomplissement de beaucoup d'événements, dont certains, terriblement douloureux.

Il l'avait observé lire les documents et avait vu, petit à petit, les émotions défiler. Soulagement que ce soit fait. Joie d'avoir une famille. Peur de décevoir. Tristesse alors que le passé se rappelait à lui. Et puis il lui avait donné sa nouvelle carte d'identité sorcière.

Et il l'avait vu, comme un gamin, la trimballer partout avec lui durant tout son séjour à la maison. Par moment, alors qu'il travaillait sur ses potions, il lui jetait un coup d'œil discret et le surprenait à l'admirer, la tournant lentement entre ses doigts. Merlin.

Potter était… mignon. Il devait l'avouer. Il n'avait pas eu d'autre choix. Son gamin chérissait ce bout de papier comme un doudou. A dix-huit ans. Et quand son filleul plein de tact le lui avait fait remarquer il avait rougit et haussé les épaules.

Snape comprenait un peu mieux pourquoi Draco s'inquiétait constamment de voir Potter lui être enlevé sous le nez. Derrière ses allures de sorcier dangereux et instable, il était… mignon.

Et attirait apparemment particulièrement les serpentards… et les fourbes. Merlin. Il allait peut-être surveiller de plus près ses fréquentations…

Le plus drôle avait très certainement été, quand, sans même le réaliser, Potter avait fait rougir Lucius.

Invités chez les Malefoy, ils avaient subi un repas interminable que Narcissa avait organisé pour eux avant de finalement se retrouver dans la confortable bibliothèque de la famille.

Narcissa servant le thé, Lucius, Severus et Draco discutant de certaines choses, Potter, lui, explorait les différents étalages, faisant léviter de nombreux ouvrages puisqu'on lui avait permis d'emprunter ce qu'il voulait.

Et la soirée avait continué et quand finalement, ils s'étaient tournés, c'était pour retrouver le survivant, lové dans un fauteuil, enroulé sur lui-même, sa fouine dans le cou, sa carte d'identité sorcière dans la main.

Narcissa était partie chercher un appareil photo magique sur le champ. Draco avant soupiré avant de se tourner vers son père et hausser un sourcil.

Lucius Malefoy. Le grand et froid aristocrate, dévisageait le survivant de manière étrange.

- Père… ?

- … Draco. Je regrette vraiment que vous ne puissiez pas avoir d'enfant.

- Je vous demande pardon ?

Et alors il avait rougit, réalisant sûrement ses paroles, grommelant quelque chose à propos de petits-enfants mignons…

Seigneur. Il s'était, de son côté, à moitié étranglé de rire, le cachant astucieusement sous une quinte de toux.

Le souvenir lui arracha à nouveau un sourire qui disparut brusquement quand un de ses elfe apparut, paniqué, devant lui.


Il traversa les quelques mètres qui le séparaient encore de la frontière de l'école et, sans difficulté entra. Il se fichait de savoir si cela enclencherait des alarmes dans l'école, il devait entrer ici et le trouver. Il avait besoin de se sentir en sécurité.

Il sentait encore cette chose dans son dos. La douleur cuisante de son torse, ses entrailles déchirées et suintantes de sang. Il n'arrivait pas à sortir de son cauchemar, il avait beau savoir que tout cela n'était pas réel, il ne pouvait pas y croire.

Pas alors que, sur sa nuque, il sentait cette brûlure macabre. Pas alors que ses sens étaient encore saturés de l'odeur de brûlé.

Il trébucha plusieurs fois sur le chemin. Dépassa la hutte de Hagrid sans même y jeter un regard, ignorant les aboiements et la lumière qui s'alluma, la grosse voix du demi-géant résonnant dans la nuit.

Il avançait, obnubilé par la grande porte. C'était là qu'il devait arriver. Transi par le froid, il poussa la lourde porte et se faufila dans l'enceinte de l'école déclenchant immédiatement ou mouvement de panique au sein des tableaux. Les chuchotements sur son passage devinrent frénétiques alors que son nom résonnait partout autour de lui. Il s'en ficha.

Il s'enfonca immédiatement dans les couloirs sombres des cachots, ignorant Nick-quasi-sans-tête qui manqua faire une attaque en le croisant, tel un inferi marchant dans les couloirs.

Quand enfin, il parvint devant la porte des appartements de son père, il poussa presque un gémissement de soulagement. Il allait frapper quand elle s'ouvrit avec brusquerie, laissant apparaître son adulte à lui.

Celui qui le protégeait. Le seul capable de calmer la bête. Il le vit hausser les sourcils de surprise avant de le tirer à l'intérieur.

Il tremblait. Maintenant qu'il était ici, chez lui, avec son père, il sentit tout lui revenir en pleine figure. Le froid. La douleur. La peur. L'angoisse. Il allait s'écrouler. Réellement.

- Monsieur Potter ! Harry… Salazar

Sa voix. C'était toujours la même. Il serra les dents aussi fort que possible, refusant de s'écrouler en larme devant lui.

- J'ai fait un cauchemar.


- Un...cauchemar… ?

Devant lui, se tenait son fils. Après avoir vu un de ses elfes débarqué, se tordant les mains nerveusement, pour lui annoncer que son enfant avait débarqué au Manoir à moitié nu et dans un état proche de la panique, il n'avait pas perdu de temps.

Abandonnant ses copies, il s'était précipité vers la porte de ses appartements, l'ouvrant à la volée pour tomber directement sur son enfant.

Potter était uniquement vêtu d'un bas de pyjama. Pieds et torse nus, il tremblait de froid, la peau rougie, voire bleuie par endroit, alors que son visage reflétait un immense soulagement.

Son premier réflexe avait été de le tirer à l'intérieur, l'emmenant immédiatement près du feu au salon, le faisant asseoir avant de lui jeter un sort de réchauffement, sauvant probablement ses orteils d'engelures sérieuses.

Lui jetant une couverture autour des épaules, il se figea. Un cauchemar. Prenant une seconde pour observer le survivant, il nota la pâleur de son teint avant de s'arrêter net dans ses mouvements.

Qu'est-ce que c'était sur son torse…? Un nouveau tatouage…? Non...cela semblait partir directement de l'espèce de cicatrice de magie noire qu'il portait depuis le Dernier Combat.

Avançant doucement sa main, il effleura une des fissures qui courait de son torse jusqu'à son épaule et fronça les sourcils quand il le vit se crisper. Cela semblait douloureux ou, pour le moins, sensible.

Il releva le regard pour croiser celui du sorcier et se stoppa.

Harry Potter semblait terrorisé. Il regardait autour de lui comme si, d'un instant à l'autre, quelque chose allait s'en prendre à lui. Il tremblait et déglutissait fréquemment alors qu'une de ses mains appuyait sur son torse, anxieusement.

Severus n'avait encore jamais vu le gosse dans cet état… Furieux, traqué, suspicieux ou encore acculé oui. Mais jamais il ne l'avait vu terrorisé à ce point.

- Harry… Qu'est-ce qu'il s'est passé… ?

Le sorcier ouvrit la bouche et resta immobile une seconde avant de secouer la tête négativement s'agrippant à la robe noire du Maître des Potions, fixant la fenêtre.

- O..on peut...en parler plus tard… S'il-vous-plait… ?

Il allait refuser avant de prendre quelques secondes de réflexion. Pour le moment, Potter semblait incapable d'aligner deux mots sur ce qui, apparemment, lui avait fait la peur de sa vie. Soupirant, il hocha simplement la tête avant de laisser ses yeux dériver sur sa main.

Il s'accrochait à lui comme à une bouée. La jointure de ses articulations était blanchie tant il serrait le tissu entre ses doigts engourdis par le froid.

Prenant une inspiration, il claqua des doigts et demanda à un elfe de leur porter du thé ainsi que de quoi manger quelque chose de réconfortant puis il se tourna vers le survivant.

Délicatement, il le força à détacher chacun de ses doigts de sa robe, soupirant discrètement et s'assit à côté de lui.

- Est-ce que tes mentors savent où tu es ?

- ...Oui...non...je ne sais pas…

- Je vois…

- Ils savent que je suis parti…

Et cela devait probablement suffir… Il était certain qu'aucun de ces sorciers là ne laisseraient le Survivant courir seul la campagne en pleine nuit sans aucune protection.

Du moins, l'espérait-il. Reportant son regard sur son fils, il observa à nouveau son torse.

- Qu'est-ce que tu as sur le torse… ?

- Le...le torse ?

Il le vit froncer les sourcils avant de baisser le nez, semblant surpris, il passa un doigt sur sa peau, tremblant. Peu assuré.

- Je..je sais pas ce que c'est… C'était pas là quand je me suis couché…

- D'accord. Calme-toi maintenant.

Il vit le thé arriver et se pencha pour les servir, notant discrètement que Potter s'était à nouveau accroché à lui. Qu'est-ce qui avait bien pu le mettre dans un tel état…? Lui qui avait fait face à Voldemort à de nombreuses reprises sans tressaillir… ?

D'autorité, il lui glissa une tasse entre les mains après y avoir ajouté plusieurs gouttes d'une potion calmante de son cru. Les sourcils froncés, il se rassit lentement et le regarda souffler sur le liquide brûlant.

- Parle-moi.

- Je...je sais pas...ce...ce que c'était...si..c'était un..un rêve ou.. comme les dernières fois…

- Les dernières fois ?

- Les fois où je partais ailleurs…

Il fronça les sourcils, écarta les pans de la couverture autour de ses épaules et observa son ventre, perplexe.

- M..mais ça...devait être un rêve parce que...je suis pas blessé…

Merlin. Il espérait bien que ce n'était qu'un cauchemar et que son fils n'était pas à nouveau attiré par la conscience d'un quelconque mage noir qui s'en prendrai à lui. Merci bien, ils avaient assez donné de ce côté là.

- Et...que s'est-il passé dans ce rêve ?

Il le vit écarquiller les yeux et se recroqueviller alors que sa carotide, sur le côté de son cou, semblait battre follement sous l'angoisse qui s'abattait sur ses épaules.

- Très bien. Depuis quand refais-tu des cauchemars… ?

- C...ca c'est jamais complètement arrêté… j'en avais de temps en temps...mais… ils sont devenus plus violents et...je ne me souvenais jamais de ce qu'il s'y passait… A..Azarias a tenté plein de choses pour comprendre…

Tch. Ridicule. Cet écervelé pouvait bien tenter tout ce qu'il voulait, s'il n'avait eu qu'un tant soit peu de connaissances en Légilimencie et Occlumancie, il aurait sû que l'esprit humain était une forteresse imprenable lorsqu'il s'agissait de certains traumatismes…

Et au vu de l'état dans lequel se trouvait son ancien pupille, il était évident que le secret de ses cauchemars n'était pas juste une envie refoulée de tarte à la citrouille. Quels imbéciles.

- Evidemment…

- Je...je me réveillait toujours… en sachant que...j'avais eu peur… Mais je ne me rappellais pas pourquoi.

- … mais pas cette fois… ?

Il le vit avaler difficilement une gorgée de thé avant de hocher très lentement la tête comme s'il craignait d'en parler à voix haute. Soupirant définitivement en comprenant que c'était trop tôt, il leva une main et la posa doucement sur le crâne du sauveur.

- Bois ton thé… Après je te donnerai de quoi dormir. On discutera demain…

Il le vit, à nouveau, afficher cette expression de pur soulagement avant d'acquiescer, portant la tasse à ses lèvres.

- Merci…

Hochant le menton sèchement, il en répondit rien, surmontant déjà sa gêne alors qu'il le laissait s'appuyer contre lui. Il avait comprit il y avait un moment déjà ce qu'il représentait aux yeux du survivant mais entre savoir et le vivre il y avait une différence.

Et bien qu'il soit gêné, maladroit et tout à fait composé, il ne pouvait s'empêcher également d'être touché de le voir rechercher la sécurité auprès de lui.

Pas auprès de ses mentors, de ses amis ou encore de son filleul. Merlin. Lucius avait raison. Un gosse à son effigie aurait probablement été beaucoup trop mignonne pour ses nerfs.


Quand il ouvrit les yeux le lendemain matin, la lumière filtrait, terne, à travers les rideaux mal tirés de sa fenêtre donnant sur le fond du Lac Noir.. Fronçant les sourcils, il mit quelques secondes à se situer.

Il était à Poudlard… Dans sa chambre…. Qui..de manière étonnante n'avait pas bougé depuis son départ… Souriant un peu, il perdit rapidement tout sentiment positif quand il se rappela le pourquoi de sa présence en ces lieux.

Un long frisson glacial lui parcourut le corps et il se leva lentement, approchant du miroir en pied posé à côté de son armoire et il observa.

Sur son torse, partant de la cicatrice dont il avait écopé lors du Dernier combat, partaient de multiples petites lignes, comme des petites veines, noires, elles couraient sur sa peau et donnaient l'impression étrange que son corps était fissuré…

Glissant prudemment un doigt dessus il fronça les sourcils. La sensation n'était pas agréable. Pas douloureuse, plutôt...comme si sa peau était à vif. Merlin. Qu'est-ce que c'était que ça encore… ?

Se perdant dans ses pensées, il suffoqua une seconde alors que les images de son rêve le submergeaient à nouveau.

La silhouette. Ses paroles.

Se crispant, il se faufila jusqu'à sa douche et ouvrit l'eau, bouillante, se jetant dessous dans l'espoir de faire disparaître cette sensation glaciale sur sa peau.

Putain. Frappant le carrelage de son poing fermé, il sentit cette fois la colère s'emparer de lui. C'était quoi encore ce merdier ? Qu'est ce qu'il lui arrivait à nouveau ?

Figé, il resta sous l'eau de longues minutes, perdu dans ses pensées, incapable d'arrêter son cerveau d'échafauder les plus improbables théories. Et puis brusquement, Malefoy s'imposa à lui. Malefoy et sa voix traînante et sa propension à constamment se moquer de lui.

Il l'imaginait parfaitement le regarder de son air de petit connard arrogant et lui lancer quelque chose comme "Calme toi Potter… C'est pas comme si on était pas habitués à tous les problèmes que tu crées. On va s'en occuper. Maintenant vient au lit. Nu."

Souriant comme un idiot il en aurait presque levé les yeux au ciel… Coupant l'eau, il sortit et se sécha rapidement. Il lui manquait.

Ils échangeaient peu ces derniers temps. Il était apparemment pris dans ses études, recherchant un mentor pour un premier stage, il ne cessait de courir à travers l'Angleterre pour passer entretiens et visites des lieux les plus prestigieux en ce qui concernait les potions. Alors il avait peu de temps.

Et pour la première fois depuis des années, Harry n'avait pas su quoi faire. Malefoy était...occupé… Et il le faisait passer en seconde position. Pas qu'il soit contre, il comprenait parfaitement que le blond s'investisse dans son futur… mais il ne savait pas, de son côté, comment réagir à ça…

Il avait passé des soirées entières à attendre des réponses dans le carnet à double sens, s'endormant dessus en vain pour ne trouver, le lendemain, qu'un "Désolé Potter, pas eu le temps".

Et dans ces moments-là, il avait vraiment envie de le frapper… Ou de se venger de manière puérile en le faisant attendre lui aussi… Mais au final, c'était lui qui finissait le plus amère.

Alors il avait décidé de juste...se détacher un peu de tout ça… Malefoy restait Malefoy. Il était le premier et le resterai… Mais il devait peut-être juste… supporter ça quelques temps.

Il n'avait rien dit, lui, quand il lui avait annoncé qu'il entrait au département… Merde. Il avait été un gros con sur ce coup… S'il pouvait revenir en arrière, il se donnerait des claques.

Malefoy n'avait, en fait, jamais rien dit sur les choix qu'il avait fait toutes ces années. Il s'était contenté de le suivre… Et c'était seulement maintenant que le survivant prenait conscience de ce que Malefoy avait accepté.

Et ça le rendait d'autant plus fou. Il aurait aimé pouvoir le voir pour l'instant. Et il ne savait pas si c'était pour lui dire qu'il aurait jamais dû accepter tout ça de sa part… ou pour lui dire qu'il lui rendrait au centuple.

S'habillant, il passa une main dans ses cheveux et sortit enfin de sa chambre, s'arrêtant net.

Assis dans le salon se trouvaient son père, Azarias et Serpus. Merde.

- Viens prendre ton petit-déjeuner. Ce n'est pas parce que tu n'habites plus à la maison que tu dois perdre les kilos que je t'ai fait gagner.

La voix du Maître des Potions le sortit de son immobilité et il tourna un regard incrédule sur l'homme, le voyant désigner la petite table qui leur servait toujours quand il était encore étudiant ici.

Dessus, trônait un petit déjeuner complet et, comme un automate, il s'y assit, s'emparant d'un toast.

- Bonjour Harry ! Comment ça va ? Mieux ?

Azarias lui souriait en grand, Serpus se contentait de l'observer en silence. Il hocha la tête, mordant le pain maintenant dégoulinant de miel.

- Bien. Maintenant que mon fils nous a rejoint, Feldmann, expliquez-nous.

- Oh ! Et bien c'est tout à fait fascinant. Depuis que j'ai commencé à travailler avec Harry, nous étudions ensemble les séquelles de sa...collocation avec Voldemort ainsi que, comment gérer sa magie…

- Nous savons ça. Abrégez.

- Bien bien. Quelle impatience. Et bien, figurez-vous que j'ai pensé à quelque chose hier soir…


L'explosion le prit de court et il se jeta sur le côté, esquivant, de ce fait, les débris de bois et de verre de la fenêtre brisée par le sort du Russe.

- Fais gaffe bordel !

- Prosti …

Désolé ? Vu le sourire narquois, il n'avait absolument rien de désolé oui. Ils s'entraînaient depuis des semaines ensembles, leurs mentors ayant décrété qu'ils formaient un bon binôme et qu'ils devaient, par conséquent, s'habituer au style de l'autre.

Ils les avaient forcés à cohabiter nuit et jour, les faisant travailler, manger, dormir ou se laver ensemble.

Il était monnaie courant qu'au Département les sorciers fassent équipe, le nombre d'individus variant en fonction des capacités et des personnalités. En l'occurrence, pour eux, la magie noire.

Plus ils s'entraînaient ensemble plus le survivant semblait prendre la mesure de ce qu'était cette forme de magie et contrôlait ainsi mieux la sienne.

Les cauchemars étaient toujours présents mais aucun n'avait été aussi réel et...terrifiant que celui qui l'avait poussé tout droit dans les bras de son père.

Merlin. Quand il y pensait, il en rougissait. D'ailleurs, Alexei n'avait pas manqué de se moquer de lui sur ça… A tel point qu'il avait fini encastré dans un mur. Trois côtes cassées.

Passant une main dans ses cheveux, il vit finalement Cicéron mettre fin à leur entraînement. Lançant un regard noir au russe, il quitta la pièce, agacé au possible. Ils avaient échoué à remplir la mission fictive à cause de cet imbécile rancunier.

Le russe, en représailles de ses côtes avait passé son temps à tenter de le faucher. Soupirant, il poussa la porte des vestiaires, jetant son pull sur un des banc de bois quand il entendit la porte s'ouvrir une nouvelle fois.

Ignorant son coéquipier, il se déshabilla rapidement avant de rejoindre les douches. Il avait longtemps hésité à faire usage des douches communes…

Jusqu'à ce qu'un jour, à la recherche du russe, il était entré et l'y avait vu.

Le corps d'Alexei portait les mêmes stigmates que le sien. Cachés sous des tonnes d'encres, les cicatrices lui avaient sauté aux yeux sans qu'il ne sache comment.

Son dos étaient quasiment recouvert de coups de fouet… Ses bras de brûlures circulaires… Ses jambes auto-mutilées sur toute l'intérieur des cuisses.

Et puis il avait laissé ses yeux courir sur les dessins. Les images de morts, les mots et les dates, le icones ou encore la rage. Depuis ce jour, il s'était douché là. Comprenant qu'il faisait face à un survivant aussi.

Survivant. Ce terme avait, petit à petit, prit un nouveau sens à ses yeux. Il n'était pas… Celui que le monde sorcier décrivait… mais il était bel et bien un survivant. Il avait défié la mort de trop nombreuses fois… Il avait assister à la ruine de son esprit, à la chute de son corps et s'était relevé. Brisé. Mais debout.

Alexei était pareil. Il lui avait posé quelques questions et pour la première fois le russe avait parlé. Des orphelinats. Des familles mal-intentionnées… Puis de l'école… De ses crimes et du Goulag…

Il lui avait montré chacune des cicatrices, chaque tatouage qui allait avec et lui avait parlé des événements qui y étaient liés. Bordel.

Ce foutu russe était encore plus seul que lui. Parce que lui, comme il avait été célèbre, plein de monde s'était soucié de son sort… Lui, c'était juste un pauvre orphelin dont personne ne voulait. Ni avant, ni maintenant.

Il grimaça alors qu'un "Molly serait ravie de l'accueillir dans la famille" lui venait en tête… Et toutes les images qui allaient avec… Putain. Il souriait maintenant. Il était presque sûr que le russe s'intégrerait parfaitement en plus… Surtout qu'il n'avait pas oublié "Ronald".

Tournant le robinet d'eau chaude, il se glissa sous les jets brûlants.

- Tu as des nouvelles du Blondinka ?

Ah. Un nouveau sujet qui fâche.

Draco.

L'enfoiré qui n'avait pas donné de nouvelle ou presque depuis trois mois et demi… Depuis la fin des vacances… Il était "occupé".

Il avait finalement trouvé un "Maître" à sa "hauteur" et c'est tout juste s'il n'avait pas emménagé chez lui.

Il crispa la mâchoire. Ça le rendait fou. Littéralement. Il passait son temps à attendre qu'il daigne lui répondre. Pour ne finalement entendre parler que de "lui".

Lui qui était un tel génie. Lui qui ne prenait, normalement, pas d'apprenti. Lui qui faisait partie des vingt-six. Lui qui le formait, le guidait et l'emmenait dans des soirées "sponsors". Lui qui évoluait dans le même monde d'aristocratie et de sang-pur.

Lui qui n'était pas si vieux. Ni si laid. Crispant le poing, il sentit sa magie morde ses entrailles. Ou alors c'était cette foutue vieille jalousie.

- Non…

Non. Il n'avait pas la moindre foutue idée de ce qu'il faisait et pourquoi il ne donnait plus aucun signe de vie depuis deux semaines. Parce que, en plus, quand il n'était ni en train de travailler, ni en train de baver sur son foutu Maître, il veillait sur les "affaires familiales".

Parce que quand on était un Sang-Pur, on ne laissait pas son argent tranquille. On le faisait fructifier. On souriait aux bonnes personnes pour obtenir pouvoir et passes-droits. Et apparemment, quand on était un Serpentard Sang-Pur, on maîtrisait cela à la perfection.

- On devrait sortir Potter… S'amuser…

Tournant les yeux vers son binôme, il haussa un sourcil, l'observant se frotter les abdominaux. Laissant son regard dériver sur l'eau qui semblait échouer à effacer les traces d'encres sur sa peau martyrisée, coulant le long de ses muscles.

- Tu veux dire tenter de saouler Ron pour le mettre dans ton lit.

- Da

Un sourire dégoulinant de sarcasme.

- Et faire enrager ton Slizerin


- Zabini.

- Malefoy.

Levant lentement son verre il salua le métisse qui s'approchait de lui lentement parmi la foule de sorciers. Il le vit s'appuyer contre le mur à sa droite et sourire lentement en coin.

- Comment ça va ?

- Bien. Je te remercie.

- Je vois. Dommage. Cela aurait pu te donner une excuse d'être mourant.

- Une excuse pour quoi ?

Haussant un sourcil, il plissa les yeux, focalisant toute son attention sur son ami. Il accompagnait son Maître d'apprentissage dans une soirée donnée en l'honneur d'un célèbre potionniste Russe qui réunissait tout le gratin de la société sorcière.

D'ailleurs, plus loin, il avait noté la présence de ses parents, accompagné de Cybèle Zabini. Son parrain, lui, brillait par son absence. Il n'avait jamais été mondain et se tenait religieusement à sa ligne de conduite.

Revenant à Zabini, il se crispa intérieurement en voyant son petit air satisfait, celui qui cachait à quel point il était agacé, au fond.

- Ton comportement de merde.

- A nouveau, Zabini, des mots qui n'ont aucun sens, sortent de ta bouche. Est-ce que Granger te monte à la tête… ?

Raillant, cynique et cassant. Voilà. Avec une pointe de sarcasme et un petit sourire en coin arrogant. Parfait. Il le vit lui jeter un regard torve. Rien qu'une seconde. Victoire personnelle.

- En général, elle me monte plutôt sur la queue. La tienne doit se sentir seule en parlant de ça.

Merlin. Il avait oublié à quel point le métisse pouvait se montrer crû et sans la moindre gêne. Et il avait raison. Mais il ne l'avouerai pas à voix haute. Pas à lui.

- Granger sera ravie d'entendre ça Zabini.

- Et Potter...Il est ravi actuellement ?

Merde. Il venait de perdre son sourire au profit du métisse qui le toisait maintenant avec ce même sarcasme. Salazar.

- Qu'est-ce que Potter vient faire là-dedans ?

- Je sais pas… il parait qu'il est quasiment… célibataire ?

- … Je pense que tu devrais mesurer tes paroles…

- Pourquoi ? Ça te fait chier que je te rappelle que t'es un enfoiré.. ?

- Est-ce que je te parle de tes problèmes avec Granger moi ?

- Non. Tu veux que je te raconte ?

- Certainement pas. Fous-moi la paix Zabini.

- Son partenaire, le russe. Ils sont un peu trop proches si tu veux mon avis… Assez pour partager une douche.

Figé, il ressera lentement ses doigts sur son verre, tournant un regard noir sur le métisse.

- Pardon… ?

- J'ai entendu ma copine en parler avec lui par cheminée… Et puis comme tu ne donnes pas de nouvelles… J'imagine qu'il y en a certains qui vont profiter que tu disparaisse du paysage. Je serai toi, Malefoy, je réinvestirai le terrain rapidement.

- Potter est à moi. Il le sait.

- Si tu le dis Malefoy.

Non. Potter ne le trahirait jamais. Il était entièrement et complètement sûr de ça… Par contre, Zabini n'avait pas tort. Il ne pouvait pas faire confiance à ceux qui l'entouraient. Ceux qui notaient sa force. Son charisme ou encore son putain de côté...mignon.

- Draco.

Se tournant subitement, il croisa le regard clair de son mentor. Kronos Fawley. Jeune quarantenaire de génie en ce qui concernait les potions, il savait également séduire par sa simple présence.

Aussi grand que Draco, la même carrure athlétique, ses traits étaient cependant bien moins harmonieux. Le visage plus dur, une fossette ornait son menton où un chaume blond venait encore souligner le creux de ses joues. Une mâchoire carrée, un nez fort, deux yeux verts clairs enfoncés sous d'épais sourcils et des cheveux blonds foncés tirés en arrière. Toujours habillé soigneusement, il ne laissait personne indifférent.

Il avait immédiatement su qu'ils s'entendraient bien. Issu d'une longue lignée de sang pur, Sa mère, une sorcière grecque, l'avait emmené vivre dans son pays natal après la défaite de Grindelwald. Il y avait fait ses études et avait eu la chance de côtoyer de nombreux potionnistes visitant le pays à la recherche d'ingrédients rares.

Il avait ensuite suivi l'un d'eux et s'était formé à travers le monde avant de revenir en Angleterre il y a quelques années, faisant concurrence aux meilleurs. Severus avait appuyé en ce sens, lui laissant entendre qu'il n'y avait, actuellement, pas mieux.

Alors il s'était lancé à corps perdu dans ses études. Et petit à petit, il avait dû s'adapter à la routine de son Maître. Il avait scrupuleusement suivi chacune de ses consignes, exécutant sans se reposer toutes les préparations qu'il lui donnait à faire, voyageant sans relâche pour récupérer les ingrédients nécessaires, faisant la rencontre de tout un réseau de fournisseurs plus ou moins clandestins, créant alliances et contrats.

Alors oui. C'était vrai. Il avait laissé Potter de côté… Il avait donné peu de nouvelles, complètement submergé par son rythme de vie actuel, jonglant entre les mondanités, les voyages et ses responsabilités familiales.

Il avait écouté les geignements de sa mère à ce propos suffisamment régulièrement d'ailleurs. Mais il n'en n'avait cure quelque part. Il… s'amusait. Il avait l'impression de vivre pour la première fois depuis des années.

Il avait l'impression d'être enfin Draco Malefoy. D'être quelqu'un. D'accomplir quelque chose. Chaque fois qu'il réussissait de brasser une potion compliquée… ou qu'il concluait un contrat avec un fournisseur, il ne pouvait s'empêcher de ressentir l'exaltation du pouvoir que cela lui donnait.

Au fond, tout au fond de lui, il savait qu'il jouait avec le feu… Que Potter n'était pas juste un joli jouet qu'il gardait en réserve sur une étagère pour quand il aurait le temps… Mais il n'arrivait pas y accorder toute l'importance qu'il devrait pour l'instant.

- Oui Maître… ?

- Je vais aller terminer la soirée chez un ami… Fais ce que tu veux de ton côté.

- Très bien.

- Demain matin, soit là à sept heures.

Il hocha le menton avant de voir Zabini ricaner, le fixant, moqueur.

- Un commentaire ?

- "Oui Maître". Attends que je raconte ça aux autres.

- N'oublie pas qui je suis Zabini… Tu pourrais amèrement regretter d'avoir bu dans ce verre dans quelques heures…

Il le vit brusquement cesser de boire, perdant quelques couleurs alors qu'il ricanait, s'éloignant, déposant sa coupe encore pleine sur le plateau volant qui passait près de lui. Dénouant lentement sa cravate, il prit la direction de la sortie.

Il avait encore quelques… potions à revoir pour le lendemain..


- T'es sérieux… ?

- Da…

- Tu fais peur comme ça.

Il soupira, haussant les épaules, passant devant le russe qui remonta sa capuche sur sa tête, enfilant sa veste de cuir alors que son torse arborait une licorne stylisée aux couleurs de l'arc-en-ciel.

- Les licornes sont un symbole mignon Potter… Ronald va sûrement aimer…

- Ron va surtout penser que t'es encore plus taré que t'en a l'air.

- Je ne suis pas psikh je sais ce que je veux…

Enfilant à son tour une veste, il ricana. Au fond, peut-être qu'il espérait que Ron céderait. Il les voyait bien ensemble…

Sortant du département sous une pluie battante, il disparut dans un claquement, transplanant au pub qu'ils avaient choisis pour se retrouver.

Poussant la porte quelques minutes plus tard, il entra dans l'atmosphère surchauffée par les sorciers et l'alcool. Passant rapidement à travers la foule agglutinée en train de hurler devant un match de Quidditch, il se faufila sur une banquette de bois usée, souriant en coin à l'aurore roux.

- Salut.

Le nez dans sa bière, le roux le salua à peine, se crispant alors qu'un bras lui tombait lourdement sur les épaules, Alexei déjà penché sur lui, un sourire carnassier aux lèvres.

- Spaseniye

- Dégage ton bras putain….

Ils venaient à peine d'arriver qu'il était déjà en train de rougir. Faisant un signe à un serveur, il signa de deux doigts pour qu'on leur serve également des bières.

- Comment ça va ?

- Ca va…

Le roux avait l'air exténué… Et il y avait de quoi, de ce qu'il savait, depuis l'attaque sur la boutique des jumeaux, le Ministère avait quasiment développé une obsession pour la traque du Groupe de Circé. Plusieurs groupes d'aurores avaient été mis sur l'affaire, dont celui de Ron et son chef complètement taré.

Il ne rentrait plus chez lui, dormait directement sur le sol de son bureau, mangeait sur le pouce et passait son temps à courir partout dès qu'un indice se présentait.

- Du nouveau ?

- Non. Putain tout ce qu'on sait c'est qu'ils sont beaucoup plus organisés qu'on le pensait…


Il ne sentait plus sa mâchoire. Crachant du sang, il sentait sa lèvre inférieure pulser sous la douleur, le souffle court, la respiration sifflante, il était à peu près sûr d'avoir plusieurs côtes cassées.

Assis sur une chaise au milieu de ce qui semblait être une sorte de cave, les mains liées dans le dos, les chevilles attachées également, il fixait les hommes dans l'ombre.


- Sincèrement, tout ce qu'on a pu récolté sur le groupe jusqu'à aujourd'hui, nous laisse deviner qu'ils sont prêts à tout…

- Mn… Pas très étonnant… Quand il s'en sont prit à la boutique c'était en pleine après-midi, le fait que ce soit plein d'enfants ne les a pas stoppé…

- Ronald… tu devrais faire attention… Ils connaissent ton visage…

Haussant lentement un sourcil, il observa le russe. Il s'était rembrunit, croisant les bras sur son torse, fixant le roux avec cet air trop neutre pour que cela soit naturel.

- Et alors… ?

- Et alors les terroristes aiment s'en prendre à ceux qui comptent…


Hoquetant de douleur, il crachant, suffoquant, alors que la bulle d'eau éclatait, lui permettant enfin de reprendre sa respiration. Il voyait des points noirs venir obscurcir sa vision, ses lèvres fourmillaient à cause de la privation d'oxygène. Il tremblait, le froid s'insinuant par chacun des pores de sa peau.

Il ne supplierai pas. Jamais.


Souriant en coin quand il vit Ron s'écarter encore du russe, il porta lentement la choppe à ses lèvres, assistant à leur manège.

- Bordel mais écarte toi !

- Pourquoi...tu serai bien sur mes genoux...je suis confortable…

- Euh..o..ouais je..j'en doute pas mais...euh..fin..tu vois je…

- Tu quoi, Ronald… ?

- Je..tu...nous .. dans le… ici.. tu..c'est un peu…

- Je ne comprends rien à ce que tu dis…

Bordel. Il lui manquait. Mais au moins, ces deux-là valaient le spectacle… Et c'était finalement assez étrange parce qu'il n'avait jamais vu le russe s'accrocher à ce point à quelque chose.

Habituellement, il ne recherchait que le plaisir, et à partir du moment où il devait fournir un quelconque effort, il abandonnait… Tout ceux qui étaient passés par son lit n'étaient que des anonymes et, même lorsque, dans de rares cas, il s'était un peu intéressé à la personne, cela n'avait jamais duré plus d'une semaine ou deux.

Mais à bien y regarder, il pouvait comprendre. Ron, de manière tout à fait surprenante, avait changé. Entre son physique tout en muscle, et son caractère si timide...c'était comme un piège à mouche…

Les femmes se bousculaient au portillon pour séduire ce qu'elles imaginaient être un bad boy… et Alexei, lui… Mn. Il serait certainement en-dessous… Et c'est ce qui amusait encore le plus Harry…

Il imaginait si bien leur couple… Ron l'armoire à glace timide qui soumettrai ce foutu russe beaucoup trop sûr de lui. Mn. C'était Hermione qui lui avait fichu ces idées dans la tête et depuis, il n'arrivait pas à s'en défaire… Plus il les regardaient, plus il avait envie de voir comment cela allait évoluer…

- Salut !

Relevant les yeux, il sourit. Quand on parle du loup….

- Potter…


Doloris. Encore.

Il sentit son corps s'arquer. Serra la mâchoire alors que ses terminaisons nerveuses semblaient éclater sous la pression du sort.

Il avait vécu pire. Face à Lui… Face au Seigneur des Ténèbres.

Léchant le sang sur sa lèvre quand, enfin, il sentit son corps se relâcher, il exhala lentement…

Merde… Il avait perdu pas mal de sang non… ?


- T'es pas sérieuse Hermy !

- Et pourquoi pas ?

- Tu imagines la galère… ? Snape, les Malefoy et mes parents en plus de Zabini et sa mère dans la même pièce ?

- Et bien je suis sûre que tout le monde fera un effort…

- Ah ouais. Pour cacher les cadavres.

- Ronald… Je creuse très bien… Mes bras son forts…

- Oh Merlin pitié. J'ai besoin de Whiskey.

S'étouffant de rire ou presque en voyant le sourire du russe s'élargir, il le vit immédiatement resservir le roux qui porta le verre à ses lèvres pour l'avaler cul sec. C'était déjà le quatrième d'affilée.

- Pourquoi est-ce que tu voudrais réunir tout le monde ?

- Et bien nous sommes amis… alors je trouverai ça bien simplement…

- Une sorte de stage de survie pré-mariage ?

Il vit cette fois Zabini s'étouffer avec Hermione, tous les deux le fixant comme s'il était brusquement devenu un troll. Alors que Ron était figé, tout rouge et que Alexei semblait murmurer à son oreille.

- Par Merlin Harry ! Quel mariage ?

- Je sais pas… Le vôtre ?

- Crois moi. Ce n'est pas prêt d'arriver….

Haussant un sourcil, il nota que Hermione hochait vivement la tête alors que Zabini lui répondait, les sourcils froncés.

- Ca c'est bon pour les romantiques ou Draco et toi.

- D'ailleurs, des nouvelles ?

- Non…

- Je vois… Je l'ai croisé hier à une soirée…


Il ne savait même plus quelle heure il était…Les secondes semblaient des heures alors que les sorts le heurtaient à chaque fois.

- Je ne sais pas…

Il toussait alors que l'homme s'emparait de son visage, serrant ses doigts autour de son menton, se fichant du sang qui gouttait au sol, sur ses chaussures.

- Dis-le moi…

- Je ne sais pas...où il est..

- Menteur….

Cette fois un long râle s'échappa de ses lèvres alors qu'il lui déboitait l'épaule, un autre sorcier tirant son bras en arrière dans un craquement sinistre.


Les verres s'étaient enchaînés et tout du long, il avait observé son ancien meilleur ami les sourcils froncés.

Il était là, il riait et participait aux discussions, mais la place à ses côtés étaient désespérément vide. Même Nott les avait rejoint, mais lui, Malefoy, brillait encore par son absence. Tch. Sale fouine.

Se levant lentement, il fit signe au survivant qu'il sortait quelques minutes, étouffant dans l'atmosphère surchauffée du bar et prit une profonde inspiration une fois dehors.

En t-shirt, il observa la pluie s'écraser sur la ruelle pavée mal éclairée à cette heure avancée de la nuit. Passant une main sur sa nuque, il fourra sa main dans la poche de son jeans et en sortit lentement un paquet de cigarette. En calant une entre ses lèvres, il s'appuya contre la façade.

Il avait commencé "cette détestable habitude" selon les propos de sa mère, il y avait plusieurs mois, entraîné par certains collègues aurores. Observant le petit cylindre clair, il soupira à l'idée de pouvoir en exahler la fumée.

Elles étaient différentes de celles moldues. Ensorcelée pour ne pas atteindre à la santé des consommateurs, les plantes sorcières utilisées avaient cependant différents effets selon le désir du sorcier qui les fumait.

Les odeurs qui en émanaient étaient tantôt sucrées, tantôt épicées et piquantes. La fumée bleutée.

Il allait sortir sa baguette pour allumer le tout quand une flamme embrasa sa consommation, illuminant une main tatouée.

- Tu fumes Ronald…

- ah...euh...ouais…

Pas très à l'aise, il jeta un regard furtif au russe qui semblait le suivre partout. Il le vit croiser les bras sur son torse puissant et s'appuyer à côté de lui, leurs épaules se touchant.

- Tu as honte ?

- …. non

- Tu mens…

- Peut-être.

Il évita le regard perçant de l'autre et inspira, soufflant ensuite un nuage de fumée. Osant poser la question qui lui trottait dans la tête depuis le début de la soirée.

- Est-ce que Harry va bien ?

- Da… Harry ira bien… Comme toujours…

- C'est pas ce que je voulais di….re..

Coupé en plein dans sa phrase, il se retrouva nez à nez avec Nazarov, l'autre sorcier penché sur lui, une main plaquée à côté de sa tête, l'autre dans sa poche.

- Et toi Ronald… est-ce que tu vas bien Detka… ?

Oh Merlin de merlin de merliiin ! Il était beaucoup trop près. Suffoquant une seconde, il manqua de s'étouffer avec la fumée de sa cigarette, osant à peine respirer, cherchant à se fondre dans le mur derrière lui.

- O...ouais...ça… ça va… t..tu peux pas..te..euh...t'éloigner...un peu ?

- Net…

- O..okay...je...euh..écoute..tu...tu te trompe..je..je suis pas de ce...euh..bord ?

- Quel bord...Ronald ? tu veux dire que tu ne joues pas avec la magie noire… ?

- Non c'est pas...enfin..s..si je..euh je fais pas ce genre de chose mais…

- Tu n'aimes pas que je sois un pratiquant.. ?

- Que...quoi ?

- De magie noire…

Quoi..? Mais qu'est ce qu'il racontait encore ? Non ça n'avait rien à voir, secouant doucement la tête, il observa le sorcier, son visage quasiment nu d'encre à part cette croix renversée sous son œil gauche… Puis il laissa son regard glisser sur l'anneau dans sa narine et prit une profonde inspiration.

Merde. Par Godric Gryffondor… Il n'avait aucune idée de comment le repousser.

- Je..n..non je m'en fiche...de ç...a

Il s'était encore un peu plus penché sur lui, ce sourire aux lèvres. Oh putain il allait lui bouffer le pancréas c'était certain… Il avait juste l'air d'une bête sauvage sur le point d'attraper sa proie. Merlin. Que quelqu'un le sauve !

- Alors quel bord… ?

- Le...les hommes…

- Et...tu sais..que tu n'aimes pas parce que tu as déjà essayé Ronald… ?

- Q...quoi ? non ! Jamais !

- Alors tu n'en sais rien…

Écarquillant brusquement les yeux, il leva une main à son oreille que l'autre venait de mordiller, y passant sa langue. Laissant tomber sa cigarette au sol, il ouvrit la bouche.

Il venait de se faire lécher le visage là ? Il avait beaucoup trop chaud... Pourquoi il avait aussi chaud par Merlin ? Merde, est-ce que quelqu'un les avait vu ?

- Les hommes sont fait pour se donner du plaisir Ronald… Veux-tu que je te montre ?


Fronçant les sourcils, il plongea son nez dans son verre, tentant d'ignorer la remarque de Zabini. Peine perdue Hermione allait apparemment s'en charger pour lui.

- Tu l'as vu ? Et tu lui a dit qu'il pourrait donner des nouvelles cet espèce d'handicapé social ?

- Je lui ai dit…

- Et qu'est-ce qu'il a dit… ?

- C'est Draco. Qu'est-ce que tu penses qu'il a dit.

Il vit la brune se rembrunir avant de se tourner vers lui, apparemment agacée.

- Tu devrais l'envoyer voir ailleurs si tu y es…

- Et comment je fais alors qu'il ne répond pas… ?

Il la vit soupirer de nouveau, se tournant vers son mec pour le fusiller à son tour du regard.

- Tu lui a dit que Harry n'allait pas l'attendre toute sa vie ?

- Non. On a pas eu le temps de beaucoup discuter… Il était avec son Mentor.

Il se crispa brusquement. Il ne voulait pas savoir. Il avait fait quelques recherches à propos du Maître des Potions et rien de ce qu'il avait appris ne lui avait plu.

- Il l'a appelé " Maître".

Relevant brusquement ses yeux de la table de bois qu'il fixait obstinément, il posa son regard orageux sur le métisse qui, lui, le regardait sans ciller, Hermione bouche-bée à sa gauche.

Foutu Serpentard et leur manies ridicules de vouloir servir ceux qu'ils admiraient… Serrant son verre entre ses doigts, il prit une lente inspiration. Non. Draco n'irait pas voir ailleurs… Il ne ferait pas ça.

Et s'il ne répondait plus et semblait ne pas avoir de temps à lui consacrer, c'était uniquement à cause de toutes ses obligations et pas parce qu'il s'était rendu compte de cette espèce de dépendance émotionnelle que le survivant avait développé pour lui.


La main dans ses cheveux tira brusquement, le forçant à basculer la tête en arrière, dévoilant sa gorge alors qu'une baguette s'enfonçait lentement contre sa carotide.

Il avait mal. Le cœur au bord des lèvres, il sentait sa résistance petit à petit l'abandonner alors qu'il renforçait ses barrières d'Occlumens, montant les murs les plus hauts et les plus solides qu'il ait jamais fait, refusant d'abandonner son esprit à qui que ce soit.

Plus jamais.

Il le vit approcher, une fiole à la main. Ah… ils en étaient donc là.

Sauf qu'ils n'apprendraient rien puisqu'il n'avait pas la moindre idée d'où il se trouvait et qu'il n'avait, sur lui, aucun moyen de contacter qui que ce soit.

- Tu devrais vraiment parler maintenant…

- O...Ou sinon… ?

Il laissa naître un rictus sur ses lèvres, défiant cet imbécile heureux alors qu'il le maintenait à sa mercie.

Mais un Malefoy ne baissait jamais la tête devant personne. Plutôt mourir.


A peine posa-t'il un pied au Département qu'il su que quelque chose n'allait pas. Dégrisant instantanément, il sentit less effets de l'alcool s'évanouir dans la seconde, écraser par l'ambiance et le visage assombri des sorciers.

Cicéron et Serpus ainsi que Vospicus les attendaient tous les deux, le visage sombre.

- Harry.

- Hé le merdeux. Bouge ton cul ici rapidos.

Il le sentit. Le frisson dans son dos. Cette impression de catastrophe imminente. Cette sensation que la mort le rattrapait. Suffoquant une seconde, il se figea, sentant son sang se retirer de son corps, geler dans ses veines alors que sa respiration s'altérait.

- Qui ?

- Draco Malefoy.


.

.

.

Je vous rappelle donc que le bureau des plaintes est ouvert sur le profil de Lady Zalia. Je vous prierai de lui adresser toute réclamation quant à la mort probable de Draco qui a été suggérée par ladite auteur durant une conversation où elle m'a gentiment proposé de le torturer grâce à mon groupe terroriste.

Plein d'amour