Bonjour à vouuus !
Alors, tout d'abord, merci à tous pour vos retour sur le dernier chapitre ! Merci au nouveaux lecteurs et à ceux qui me suivent depuis un moment déjà ! Bientôt une année de péripétie ! Et si je dois être honnête j'étais pas du tout motivée à écrire ce week end, mais grâce à certaines reviews j'ai eu un sursaut et j'ai pondu celui-là en deux jours (entre hier et ajd)
La preuve de votre importance à mes yeux !
Bref.
Petit conseil : Retenez vos souffles 3
Chapitre 5
Il marchait sans réellement avoir de but. La même odeur âcre emplissait ses narines alors qu'il foulait le sol couvert de cendres.
Encore une fois ce pont. Sauf que c'était comme s'il n'était pas vraiment là, vivant la situation tel un spectateur. Il vit le filet du diable se recroqueviller sur lui-même alors que plusieurs silhouettes y passaient. Trois pour être exact.
Et puis, une fois le trio de l'autre côté de la rive, il vit le pont s'effriter, la plante s'insinuer à travers la pierre alors que un froid intense venait s'écraser sur eux, le vent glacial qui soufflait portant l'odeur putride de créatures sombres.
Alors les trois silhouettes disparurent dans l'ombre, s'évanouissant comme si elles n'avaient jamais exister et il se retrouva seul. Il allait tourner les talons, lassé de ce paysage stérile, quand il se figea.
Juste là, devant le pont, de l'autre côté de la rivière, la silhouette sombre de quelque chose.
Un long frisson remonta le long de sa colonne alors qu'il sentait tout son corps se glacer, son coeur ralentir et sa respiration se faire plus courte. Il la vit tendre ce qui semblait être une main décharnée et murmurer.
- Rendez-les moi.
Il se réveilla en sursaut, le cœur battant violemment contre ses côtes, la peau recouverte de chair de poule et les mains glacées. Se redressant, il fronça les sourcils le temps de se rappeler où il était.
Au Manoir Malefoy.
Il était là depuis maintenant un peu plus de quarante-huit heures. Depuis qu'il avait appris de la bouche de ses mentors que Malefoy avait disparu.
Depuis qu'il avait manqué de perdre absolument tout contrôle quand Cicéron lui avait balancé au visage que le blond avait probablement été enlevé.
Il avait eu l'impression d'être vidé de toute substance alors, qu'en même temps, sa magie s'était furieusement agitée, faisant trembler le bâtiment, les vitres explosant et les cadres tombant au sol mais c'était comme si, cette fois, il n'avait pas assez d'énergie pour déclencher une catastrophe.
Alors sans un mot de plus, il avait fait demi-tour et s'était quasiment rué à l'air de transplanage, retournant immédiatement auprès de son père. Et en quelques heures, le salon Malefoy s'était rempli de monde.
Il avait vu Kingsley débarquer, accompagné de plusieurs des Aurores en Chef, venant immédiatement faire leur rapport à Lucius Malefoy.
Molly Weasley avait fait son apparition également, à la plus grande surprise de nombreuses personnes. Elle s'était immédiatement dirigée vers Narcissa et l'avait serrée contre elle.
La Molly Weasley que tout le monde connaissait avait disparut au profit d'une femme mince, ses cheveux roux striés de blanc, le regard grave. Elle s'était assise en silence auprès de la dame de la maison et lui avait apporté son soutien ainsi.
Puis c'était au tour de Zabini. Il s'était incliné devant Lucius avant de se tourner vers Narcissa. Lui assurant d'un ton neutre que sa mère était déjà en train de contacter quelques informateurs…
Il n'avait jamais vu Zabini arborer cet air là mais il n'avait pas eu le temps d'y penser. Le russe s'était pointé et planté à côté de lui. Il l'avait regardé sans mot dire, les sourcils froncés.
Puis Hermione. Ron. Neville même… Minerva McGonagall et d'autres membres de l'ordre ainsi que de nombreux représentants des vingt-six familles s'étaient présentés.
Jamais il n'aurait cru que Draco Malefoy attirerait autant de monde. Et pendant une fraction de seconde il avait souri. Il imaginait parfaitement le rictus supérieur qu'il aurait eu en constatant qu'il était peut-être aussi recherché que le survivant lui-même.
Revenant à la réalité, il se leva lentement du fauteuil dans lequel il s'était endormi et se dirigea vers la cuisine. Il avait besoin de boire et manger quelque chose…
Poussant la porte, il ignora les petits cris outrés des elfes de maison et se figa. Zabini était là. Hermione se tenait devant lui, une main sur la joue du métisse.
- Blaise… essaie de te calmer.
- Me calmer… ? Il s'agit de Draco Hermione…
- Je sais.. mais...
- Non. Je crois que tu as oublié qui j'étais au-delà du Serpentard, je suis aussi le fils de ma mère. Et je fais partie des vingt-six. Si ce que tu vois ne te plait pas, regarde ailleurs.
- Ça n'a rien à voir et tu le sais… Seulement il y a des voies légales pour...
- Ce n'est pas notre manière de fonctionner. Alors je répète. Ne te mets pas en travers de mon chemin.
Non seulement il n'avait jamais entendu le métisse s'adresser ainsi à qui que ce soit, mais encore moins à la sorcière… Fronçant les sourcils, il resta immobile… Parce qu'il partageait le point de vue de Zabini. Les voies légales n'étaient pas toujours les bonnes…
- Par Merlin ! Blaise ! Je ne suis pas en train de dire que tu ne dois rien faire mais collaborer avec le Ministère !
- Non.
Il vit Hermione se reculer, lever les mains au ciel, le regard orageux et le visage chiffonné d'avoir été envoyer ballader avant qu'elle ne se tourne, se figeant une seconde à sa vue.
- Je suppose que tu ne diras rien dans mon sens… ?
- Non…
- Parfait.
Elle le bouscula au passage, sortant de la cuisine en coup de vent avant qu'il ne se tourne vers l'autre sorcier.
- Potter.
- Zabini.
Le silence s'installa entre eux. Ils n'avaient rien à se dire pour le moment. Parce qu'ils savaient déjà tout ce qu'il y avait à savoir. S'approchant de la table, il s'y assit et immédiatement, du thé et de quoi manger apparut.
Sans un mot, il remplit machinalement son assiette et se mit à manger. Parce qu'il avait besoin de forces. Il avait besoin d'énergie. Pour buter ces enfoirés. Pour leur faire regretter à vie de s'en être prit à lui.
Il avait besoin de tout ce qu'il pourrait pour accumuler autant de pouvoir que possible. Assez de puissance pour mettre le feu à leur base et ensuite pouvoir leur arracher des excuses pendant des heures.
- Harry, ostanovilsya
Relevant les yeux alors qu'il sentait une main sur son épaule, il fronça les sourcils en croisant le regard clair d'Alexei. Ron se tenait derrière lui et grimaçait. Jetant un regard autour de lui, il nota que quasiment toute la cuisine était en lévitation.
Reprenant sa concentration, chaque objet revint à sa place dans un bruit sec et le tatoué s'assit à sa droite.
- Tu dois te concentrer pour retrouver ton Slizerin
- Je sais…
Il vit Ron s'asseoir en face, Zabini restant appuyé contre le contoir, le visage fermé.
- Des nouvelles Ron ?
- Non… Ils supposent que c'est le groupe de Circé qui a décidé de s'en prendre à lui… Maintenant pourquoi...c'est une autre histoire. Plusieurs pistes sont évoquées. Malefoy est un putain d'héritier… En plus d'être un prodige de la potion et … ton mec.
Il se crispa, avalant une bouchée d'œufs brouillés, qui, subitement, lui parut terriblement amère. Evidemment. Il fallait qu'il soit impliqué dans tout ce merdier… Il était...toujours à l'origine de ce qu'il se passait.
Il ricana une seconde, attirant l'attention des sorciers présents. Putain. Il attirait vraiment la mort. Si jamais Draco venait rejoindre la liste des gens qui le hantaient dans ses cauchemars, il ne le supporterait pas.
Pas encore un de plus. Crispant sa main sur sa fourchette, il piqua furieusement un morceau de saucisse et le porta à sa bouche, mâchant sans décrocher le moindre mot, sentant sa magie courir sous sa peau, frôler les personnes présentes, alourdir l'air de la pièce.
Il déglutit et fit de son mieux pour ne pas s'écarter. Merde. Il releva un regard hésitant sur son ancien meilleur ami et se crispa.
Le survivant n'avait absolument rien du gamin qu'il avait connu. Les cheveux en bataille, ses yeux verts s'étaient assombris alors qu'il fixait son assiette, mangeant mécaniquement. Sur ses bras, dévoilés par les manches relevées de son pull, il pouvait voir ses tatouages bouger. Comme s'ils étaient vivants.
Sans parler de cette aura immonde qu'il suait. C'était comme de se plonger dans une pièce envahie de magie noire. Suffoquant et brûlant tout en étant glacial. Harry Potter était dangereux. Et ce, malgré l'entraînement. Malgré les liens à ses poignets. Malgré la présence de Severus Snape dans la pièce d'à côté.
Ce qui était le plus dangereux au final n'était pas tant sa puissance que sa propension à glisser dans cet état mental où rien ne pouvait plus l'atteindre. Cet endroit où il semblait prendre ses décisions seul et ensuite, marcher vers son but sans laisser qui que ce soit ne se mettre en travers de son chemin. Pas même lui. Pas même sa propre survie n'entrait en ligne de compte.
Et il avait toujours su que bien peu de choses pouvait le conduire à réouvrir cette porte après le Dernier Combat… Et il se trouvait que justement, l'une d'entre elle venait d'ouvrir la boîte de pandore.
Frissonnant, il vit le russe secouer la tête et se lever, murmurant quelque chose au survivant avant de lui faire signe de le suivre. Se levant à son tour, il contourna la table et, après avoir posé sa main sur l'épaule de Zabini, il hésita à faire de même pour Harry.
- On le trouvera, Vieux…
Il tourna les talons et frémit quand il l'entendit murmurer qu'ils avaient plutôt intérêt… Soupirant, il passa doucement une main sur sa nuque et laissa les deux sorciers dans la cuisine. Il avait vu Hermione en sortir, les larmes aux yeux, et fronça les sourcils, il devait la trouver.
- Detka.
Il se tourna alors que la voix du russe le stoppait net. Il posa son regard sur l'autre sorcier et le vit lui signer la porte du menton. Soupirant, il oublia ses plans pour aller voir comment allait son amie et le suivit dehors.
Il faisait froid. On était lundi matin et le mois de mars était aussi pourri que d'habitude en Angleterre. Humide. Gris. Pluvieux. Froid.
Se retrouvant sur le perron du Manoir Malefoy, devant un parc impeccablement entretenu, cela ne changeait rien. C'était merdique.
Il sortit de ses pensées quand une cigarette apparut sous son nez, allumée. Il haussa un sourcil et ouvrit les lèvres alors que le russe y coinçait le petit cylindre de tabac frôlant sa bouche avant d'en allumer une autre pour lui.
Inspirant lentement, il recracha la fumée par le nez. Il avait commencé à fumer en secret à la mort de son père… C'était Dean qui lui en avait filé une… et ensuite… Il avait continué. Sans vraiment savoir pourquoi… Et maintenant, il avait du mal à s'en passer…
- Est-ce que Harry va bien… ?
- Non.
Il tourna son regard vers le russe et fronça les sourcils en le regardant exhaler tranquillement la fumée bleutée. Il semblait tellement...calme… Bordel. Crispant la mâchoire, il s'appuya contre le mur.
- Super…
- Harry n'est pas le… rebenok, enfant, que tu as connu…
- Je sais, je ne suis pas aveugle non plus… Mais Malefoy et lui…
- Da…
Il regarda à nouveau Alexei et le détailla lentement du regard. Les tatouages. Le jeans noir déchiré. Les bottes de cuir renforcé, le pull noir à l'effigie d'une sorte d'ourson rose... Les manches relevées jusqu'à ses coudes laissant voir les muscles de ses avant-bras, la capuche sur la tête.
Il avait noté que le russe n'aimait pas qu'on voit son visage. Il portait sans cesse une capuche… Il se fichait qu'on voit ses tatouages ailleurs… Mais c'était comme s'il cachait constamment son visage…
Discret, il apparaissait toujours derrière vous sans faire le moindre bruit. Il se mêlait peu aux sorciers de ce qu'il avait pu voir et ne parlait réellement qu'à Harry ou lui… Il limitait même ses contacts avec Hermione, qui, pourtant, avait de nombreuses fois tenté de discuter avec lui. Peine perdue.
- Pourquoi est-ce que tu te caches Nazarov… ?
Il avait posé la question avant même d'y penser. Mais… à force de lui courir après, ce russe l'intriguait… Il semblait vouloir jouer et pourtant ça cadrait horriblement mal avec ce qu'il devinait de lui…
Il était renfermé… Il lui faisait penser à Harry à vrai dire. S'il n'attirait pas les regards et n'était pas un héros en puissance, il semblait porter quelque chose…
Sa manière de se déplacer lui laissait penser qu'il n'avait jamais été en sécurité nulle part… Sa manière de parler. Choquante, directe… C'était comme pour lui dire qu'il n'avait pas le temps. Qu'il ne l'avait jamais eu…
Et puis les tatouages.
Il avait reconnu certains symboles après les avoir cherché dans des livres. Et puis les dates… Il avait beau manier la magie noire et laisser penser aux gens qu'il était dangereux… et probablement qu'il l'était, il était quasiment certain qu'Alexei Nazarov était comme Harry Potter.
Un gosse abandonné et maltraité par les adultes.
Soufflant un nuage de fumée, il osa lui jeter un nouveau coup d'œil. Bien obligé de reconnaître que le russe, malgré son air froid, était plutôt beau.
- Parce que la koalitsiya n'est jamais loin, Detka…
Fronçant les sourcils, il se figea. Koalitsiya ou Coalition était un groupe de sorciers sévissant dans les pays slaves, corrompant gouvernements et Ministères, ils étaient connus dans le monde entier pour élever et entraîner les meilleurs sorciers tueurs à gages qu'on puisse trouver. Ils recrutaient en général directement dans les rues ou les orphelinats et faisaient en sorte de rendre les gens redevables, ne leur laissant pas la moindre chance de leur échapper par la suite, les condamnant à une vie de servitude.
Avalant péniblement sa salive, il expira prudemment.
- Tu fais partie de ce ...groupuscule ?
- Qui sait…
Il le vit se tourner lentement vers lui, s'avançant pour lui faire face, beaucoup trop près, le coinçant contre le mur, appuyant son avant bras au-dessus de sa tête, posant quasiment son torse contre le sien. Merde. Euh. Merlin.
- Ca changerait quelque chose Ronald… ?
- … O...ouais..je..je pense ce...c'est… enfin… si..t'en fais..toujours partie ce…
- On ne quitte pas la koalitsiya. A moins que ce soit dans un cercueil.
- A...alors …
- Alors je n'ai pas le droit de parler de ça Ronald…
Il était maintenant penché sur lui, sa bouche à quelques centimètres de son oreille.
- J'ai promis à mon Professor de ne plus jamais parler de ça… de qui j'étais…
- E...Etait ?
- Da… J'ai tout abandonné pour entrer au Département…
Prenant une lente inspiration, les mains moites, il essaya de ne pas se laisser troubler par le sorcier. Il ne devait pas...penser à tout ça. Ce...il était… attiré par les filles. Donc voilà.
- Je...je vois…
- Est-ce que tu as peur de moi, Ronald… ?
Fronçant les sourcils, il recula la tête, plongeant son regard bleu dans celui plus pâle de son interlocuteur et haussa lentement les épaules.
- Non.
- Pourquoi ?
La question avait fusé d'un coup et le laissa muet. Il n'avait pas la moindre idée de pourquoi… Peut-être parce que Harry lui faisait confiance et qu'il avait toujours aveuglément suivi le survivant ? Ou parce qu'il l'avait dragué ouvertement… ? Ou… Il sourit lentement.
- A cause de ton pull…
- Mon pull ?
Il le vit baisser le regard et fixer l'ourson rose qui ornait son torse et il rit. Les vibrations parcourant le corps couvert d'encre pour se répercuter dans son torse à lui, l'électrisant et le faisant hoqueter une seconde alors qu'il sentait son pantalon rétrécir… qu'est-ce que… ?
- J'avais dit à Harry que tu aimerais mes pulls…
Merde. Il n'allait pas se laisser contaminer par Hermione et ses idées de romances débiles... si ?
Il avait dépassé les bornes. Il le savait parfaitement. Il ne lui avait jamais parlé comme ça avant… Mais il n'avait pas pu contenir sa mauvaise humeur. Pas encore.
Pas alors qu'il savait qu'il était quelque part et que personne, absolument personne dans ce foutu Ministère n'avait la moindre idée de ce qu'il s'était passé.
Tout ce que les Aurores avaient pu dire était que sa disparition avait été signalée par son mentor, alors que, le lendemain matin, il ne s'était pas présenté pour sa formation. Quand Kronos Fawley s'était rendu en personne chercher son apprenti, il avait trouvé son appartement vide.
Alors il avait contacté la Maison Malefoy. Et ensuite tout semblait s'être enchaîné. Lucius Malefoy avait immédiatement fait en sorte qu'on lui donne des nouvelles de son héritier. Et quand rien n'avait pu être rapporté à l'Aristocrate, ils avaient tous pris la mesure de ce qu'il se passait. Plus de douze heures après sa potentielle disparition.
Disparition confirmée quand il s'était avéré que Potter n'avait pas la moindre idée de ce qu'il se passait.
Alors les enfers s'étaient littéralement déchaînées sur le Ministère et dans le monde sorcier. L'héritier d'une des plus grandes familles de Sang Pur avait été enlevé. Et c'était inacceptable. Les vingt-six s'étaient réunis, mettant tous, petit à petit, leur rejetons à l'abri pour éviter la tragédie qui venait de frapper la famille Malefoy.
Et sous la pression, le Ministère avait envoyé toutes ses ressources disponibles. Dépêchant quasiment la moitié des effectifs sur le campus universitaire où Draco avait son appartement. Chaque personne avait été interrogée, on avait convoqué les invités de la soirée de la veille, les elfes et les créatures qui s'y trouvaient.
Et rien. Jusqu'à ce qu'un sorcier ne leur donne la première information valable. Il avait vu le blond sortir peu après minuit. Et il avait également vu un homme le suivre. Ivre, il n'avait pas porté attention au bruit sourd qui avait suivi, ni à celui de quelqu'un qui transplane.
Et c'est en examinant les résidus magiques laissés qu'ils avaient enfin retrouvé la trace d'un individu.
Un individu qui était d'ailleurs censé être mort. Mais qui avait été formellement associé au Groupe de Circé.
Venait maintenant la question du pourquoi. Etait-ce dans le but de demander une rançon… ? Ou simplement de s'en prendre aux représentants de la société sorcière… ? Ou était lié à Potter… ?
La première piste avait rapidement été écartée au fil des heures alors qu'aucune revendication ne leur parvenait, faisant encore monter la pression au sein de la maisonnée.
Il avait observé le couple Malefoy. Lucius et son visage figé. Narcissa et son air digne malgré ses yeux rougis. Il avait également noté le regard sombre de son ancien professeur de Potion.
Soupirant longuement, il passa la main sur son visage, relevant les yeux sur le survivant qui semblait s'être fait un devoir de terminer son assiette pour il en savait quelle raison obscure.
- C'est à cause de toi…
- Je sais….
C'était une évidence… Sauf que personne n'osait le lui dire en face… De peur qu'il pète un câble...ou se mette à pleurer comme un gosse. Mais lui, Blaise, il n'en avait rien à faire de blesser le Sacro Saint Potter. A cause de lui, Draco était probablement dans les ennuis jusqu'au cou… Et il n'avait qu'à assumer cette partie merdique de sa vie.
Il avait toujours été un ami loyal. Et en l'occurrence sa loyauté allait entièrement au blond. Sauveur du monde ou pas. Plissant les yeux, il croisa les bras sur son torse et le toisa de haut en bas.
- Et qu'est ce que tu comptes faire pour ça ?
- Qu'est-ce que tu attends que je fasse Zabini ?
Il n'avait même pas relevé les yeux de son petit-déjeuner, mais la pression de l'air augmenta. Il pouvait sentir la magie du sorcier tournoyer dangereusement autour de lui.
S'il savait. Il avait vécu dans bien pire. Avait fréquenté, depuis sa plus tendre enfance, des ambiances encore plus irrespirables alors ce n'était pas Potter qui allait le faire plier.
- J'aimerai éviter d'avoir à gérer une de tes crises de Diva en mal d'attention pour commencer.
- Personne ne t'as demandé de gérer quoi que ce soit.
- Parfait. Personne n'a de temps à t'accorder cette fois Potter. Alors fais toi discret et ne va pas faire n'importe quoi au risque de foutre la vie de Draco en l'air.
Il le vit relever les yeux et le fusiller du regard. Ricanant, il se redressa.
- Je te vois venir à cent kilomètres, Potter. Essaie seulement de jouer les petits héros stupides et je me chargerai personnellement de t'éliminer du paysage. Draco ou pas Draco.
- Tu me menace Zabini ?
- Précisément Potter. Alors rappelle toi mon avertissement.
Il le vit le fixer, en silence, avant de quitter la pièce. Il avait une sorcière à retrouver. Parce que malgré tous leurs différends, malgré leurs visions contraires quant à la gestion de cette fâcheuse affaire, elle restait la femme de sa vie.
Harry avait changé. Elle n'aurait su dire comment exactement, mais il était...encore plus impressionnant qu'avant. Il avait cette aura si..spéciale qui lui donnait la chair de poule.
Reniflant, elle essuya lentement ses joues, prenant une longue inspiration alors qu'elle se calmait. Blaise était un idiot.
Elle avait compris qu'il était mort de peur à l'idée de perdre son meilleur ami. Compris également que chez les Sang Pur certaines choses relevait des "affaires de familles" et n'étaient pas discutables… Que son petit ami faisait partie d'un cercle très fermé de sorciers régis par leur propre code. Mais avait-il vraiment besoin de l'envoyer sur les roses de cette manière… ?
Comme tous les hommes, il refusait purement et simplement d'envisager qu'il pouvait être aidé et que cela lui permettrait sûrement d'aller deux fois plus vite…
Mais non. Monsieur Blaise Zabini, Grand Seigneur, refusait catégoriquement ne serait-ce que d'écouter ses suggestions. Pire. Il l'excluait purement et simplement de sa vie comme si elle n'était qu'une sorte "d'à côté".
Mais elle était Hermione Granger. Et non seulement on ne la mettait pas de côté, mais en plus, il avait grandement sous-estimé à quel point elle pouvait être têtue et obstinée.
Elle l'avait suffisamment prouvé, au fils des ans, alors qu'elle suivait Ron et Harry dans leur péripéties.
Merlin ce qu'ils avaient changé tous les deux… Que ce soit Ron ou Harry… Ils étaient tellement différents des enfants qu'elle avait connus…Frottant ses yeux, elle se remémora lentement chacune des épreuves passées.
Quirrell en première année et la pierre philosophale… Puis la chambre des secrets… Sirius et la prophétie. Le tournoi des Quatre sorciers. La mort de Diggory et leur entrée dans la guerre… Le retour de Voldemort. Les Horcruxes …
D'ailleurs… Elle avait toujours le petit écrin qu'elle et Ron avaient trouvé derrière le portrait du premier Directeur de Poudlard. Elle n'avait jamais su quoi en faire… Il lui avait assuré que cela leur serait utile… mais ensuite, cet abruti de Harry s'était sacrifié pour le "Plus Grand Bien" et tout s'était terminé.
Mais, par moment, elle se demandait si tout cela n'était pas que le début de ce qui l'attendait. Quand elle le voyait, elle se demandait réellement comment cela était censé se "terminer" pour lui. Avec la moitié de son âme arrachée…
Sortant de ses pensées brusquement, elle releva les yeux pour tomber dans ceux de Blaise.
- Je suis désolé de t'avoir parlé comme ça…
Son bébé.
Ils avaient osé lui prendre son seul et unique enfant. Serrant nerveusement ses mains l'une contre l'autre, elle jeta un regard vide au parc et aux serres plus loin. Celles dans lesquelles elle faisait pousser les espèces les plus rares de plantes à la demande de son fils… Lui procurant ainsi de nombreux ingrédients pour ses potions.
Elle n'avait pas la moindre idée de l'identité de ceux qui avaient brusquement fait imploser son petit monde parfait, mais ils allaient payer. Elle dépenserait jusqu'à la dernière noise de la fortune des Malefoy mais elle récupérerait son enfant.
Elle avait vu le regard de son mari et savait qu'il était en train d'affronter une rage sans nom derrière son visage impassible. Elle l'avait vu envoyer des hiboux à certains de ses contacts sous-terrains. Elle savait parfaitement qu'il était en train d'activer chacune de ses ressources, informant le monde caché de la société sorcière qu'un Malefoy payait bien.
Elle avait vu Severus faire de même. Bien plus discrètement, mais elle l'avait vu murmurer un sort dans le jardin et vu les serpents s'écouler de sa baguette pour disparaître dans la nuit.
Son fils ne resterait pas loin d'eux, de sa famille, très longtemps. Mais est-ce que cela serait suffisant pour lui éviter le pire… ? Elle priait sans cesse que cela soit le cas.
Elle ne pouvait pas le perdre. Elle n'avait que lui, ayant été incapable de procrérer une fois de plus après sa naissance, l'accouchement lui ayant laissé de terribles séquelles.
Alors il avait été la seule et unique prunelle de ses yeux. Elle se serait saignée à blanc pour lui et ne le cachait pas. Elle avait craint, pendant un temps, de le voir partir à la dérive et brusquement Harry Potter avait fait une entrée fracassante dans la vie de son fils.
En douceur, cet enfant abandonné par la vie et le monde sorcier, avait réussi à faire des miracles et convaincu son obstiné de mari d'enfin quitter les rangs du Seigneur des Ténèbres, leur sauvant la vie à tous.
Et alors, elle avait observé ces deux là se tourner autour pendant des mois. Elle avait noté que son fils semblait enfin se détourner de lui-même pour voir quelqu'un d'autre. Elle l'avait vu devenir courageux, doux… Elle l'avait vu développer ce sens du sacrifice avant de vouloir devenir un adulte dont il pourrait être fier.
Elle n'en voulait pas à Harry pour ce qu'il se passait… Et probablement que son fils dirait la même chose… Mais elle savait que lui, il s'en voulait. Et elle savait également que son mari ne pouvait s'empêcher de le penser également au fond de lui.
Il n'avait jamais été contre Harry Potter. Ni contre le fait que son fils soit en couple avec lui. Mais il aimait beaucoup trop Draco. Et sa douleur, actuellement, était telle, son impuissance l'aguillant à chaque seconde, qu'il préférait s'en prendre à quelqu'un plutôt que d'y penser.
Harry devait l'avoir compris car il évitait soigneusement de se retrouver sur le chemin du Patriarche ces dernières heures. Elle avait été surprise d'ailleurs. Qu'il ne soit pas complètement déchaîné…
Severus semblait le surveiller comme le lait sur le feu. Son ami russe également. Elle avait même vu Cybèle Zabini en coup de vent ainsi que plusieurs Langues-de-Plomb.
Merlin. Personne n'avait jamais eu de Langues-de-Plomb pour les rechercher… Son fils était plus que bien entouré… Et plus le temps s'écoulait, plus elle avait l'impression qu'il serait certainement encore plus influent que son père…
Il faisait partie du cercle de ces jeunes sorciers qui avaient pris les armes alors qu'ils n'étaient même pas majeurs et en étaient ressortis vivants.
Chacun d'eux était à présent à l'aube de carrières prestigieuses… Blaise Zabini et ses études de Politique Magique… Hermione Granger et le Droit Sorcier, concurrencant Théodore Nott également… Ou encore Ronald Weasley chez les Aurores et Neville Londubat comme botaniste d'exception… Et Harry Potter et les Langues-de-Plomb. Les jumeaux qui étaient même entrés en contact avec son mari à de très nombreuses reprises, fournissant les meilleures informations des bas-fonds…
Sans parler de ces familles comme les Finnigan, les Parkinson ou encore les Crivey et les Lovegood qui criaient leur amitié à son fils et à Harry…
Oui. Son fils était très certainement bien entouré. Probablement bien mieux qu'eux à présent. Il évoluait parmi la société sorcière comme s'il avait toujours fait cela.
Avec les conseils de son père et son enseignement, il avait mis bien peu de temps à maîtriser les différents aspects de son patrimoine, le gérant sous le regard admiratif de Lucius à présent.
Par Merlin, Salazar et tous leurs illustres ancêtres, faites qu'il soit en vie.
Il attendait. Faisait les cents pas dans la bibliothèque en se répétant en boucle que tout allait bien se terminer. Il n'avait pas d'autre choix que de rester calme.
Il avait fait appel à toutes les personnes qu'il connaissait pour que les informations transitent rapidement. Il savait que Lucius avait fait de même, mais ils n'avaient pas le même réseau alors il n'avait pas hésité une seconde quand il avait appris la nouvelle.
Par Merlin. Il ne donnait pas cher de ce Groupe de Circé à présent. Lucius Malefoy ne laisserait jamais de tels individus courir longtemps après ce qu'ils avaient osé faire. Et il se ferait une joie de lui prêter main forte.
Jetant un regard à son fils, qui, depuis plusieurs heures maintenant, était assis sur un des fauteuils, il soupira.
Azarias était venu à plusieurs reprises parler au survivant, murmurant pour que personne n'entende. A chaque fois, le jeune sorcier avait simplement hoché la tête, serrant ses doigts autour de sa carte d'identité sorcière.
Il avait vu passer Cybèle Zabini d'ailleurs. Cette femme… Elle avait débarqué par la cheminée du salon, traînant un homme à moitié nu derrière elle, un collier passé autour du cou, des pointes d'acier s'enfonçant dans sa gorge, couvrant son torse de traînée carmin. Elle l'avait fait trébucher, tomber à genoux devant Lucius avant de tirer sur la chaîne, le forçant à relever la tête pour l'interroger.
L'homme avait baragouiné quelques informations incohérentes avant qu'elle ne plante violemment son talon dans sa main, la transperçant de part en part, ignorant tout simplement le hurlement de douleur de l'homme.
Il avait noté qu'un aurore s'était précipitée hors de la pièce. Probablement pour vomir. Cicéron avait ricané. Jubilant.
Quand le sorcier captif avait finalement cessé de gémir de douleur, elle s'était penchée pour murmurer quelque chose à son oreille. Il avait tellement pâli qu'il en était devenu transparent.
La cheminée avait alors craché un des hommes affilié à la veuve Noire. Vêtu d'un pantalon de cuir noir, des lanières du même genre ceingnait son torse. Il tenait à la main ce qui ressemblait fort à un objet de torture. L'agitant tranquillement sous le nez du prisonnier, posant un regard de pure adoration sur sa maîtresse.
L'homme avait alors craché tout ce qu'il savait. Cybèle Zabini s'était alors assise sur le dos de son serviteur qui s'était quasiment jeté à genoux devant elle pour lui servir de siège. Salazar.
Ils avaient alors appris que Circé recherchait son fils et le russe. Et qu'au vu de sa relation avec Malfoy, ils avaient pensé pouvoir le faire venir.
Il n'avait rien pu dire d'autre. A peine avait-il terminé de prononcer sa phrase qu'ils avaient vu son regard se révulser. Il avait convulsé et était mort, la bave aux lèvres.
Evidemment. Un sortilège d'entrave. Lucius ne sembla pas surpris. Leur Seigneur avait très souvent fait l'utilisation de celui-ci sur certains d'entre eux. C'était une sorte de censure magique. Si jamais les informations étaient dévoilées, avant que tout ne se sache, cela déclenchait une sorte d'impulsion électrique fatale pour le cerveau et la mort s'en suivait irrémédiablement.
Mais c'était suffisant. Cybèle Zabini avait lentement sourit et après avoir salué le couple Malefoy, avait disparu par la cheminée d'où elle était sortie, repartie en chasse.
Mais ils avaient une piste. Et, se tournant vers son fils, il ne fut pas très compliqué de deviner ce qu'il allait proposer….
Il était déchiré.
Il avait promis de ne pas jouer au héros et pourtant… Pourtant il était au centre de toute cette affaire. Clairement ciblé par le groupe de Circé. Lui et Nazarov à vrai dire…
Ils s'étaient jeté un coup d'œil quand l'homme avait parlé. Il savait ce qu'il pensait. Il n'avait pas peur d'aller jouer les appâts…
Sauf qu'après sa conversation avec Zabini, il ne cessait de retourner ses mots dans sa tête. Cherchait-il l'attention ? Agissait-il ainsi sans penser à personne ? Était-il égoïste au point de vouloir jouer les sauveurs quand Malefoy était retenu par ces types… ?
Passant une main sur ses yeux, il s'arrêta une seconde, caressant la cicatrice sur son front. Il s'était isolé. Alors que chacun discutait de la suite, que les avis fusaient de part et d'autre, il s'était sentit étouffer, ayant brusquement l'impression d'avoir été catapulté dans le passé, revivant une des réunion de l'Ordre du Phénix.
Il avait frémit, une sueur froide couvrant son corps et, discrètement, il avait quitté la pièce. Il était maintenant assis dehors. Sur la terrasse du bureau de Lucius Malefoy. Observant sans vraiment le voir le paysage gris. La pluie s'était arrêtée pour laisser un ciel couvert et l'odeur typique d'humidité derrière elle.
- Monsieur Potter. Que faites-vous là… ?
Il se crispa. Lucius Malefoy se tenait derrière lui, sa voix traînante coulant sur lui alors qu'il pouvait presque ressentir physiquement la rage contenue de l'aristocrate… et sa colère… Il lui en voulait. Pas besoin de le dire…
- J'avais besoin d'air… Mais je vais partir…
- Je vois. Je suppose que vous allez prendre part à la...mission ?
Se levant, il se tourna vers l'adulte lentement… La question n'en était pas une… Ou du moins, elle portait de nombreux sous-entendus…
- Je ne savais pas que cela avait été décidé…?
- Que pourriez-vous faire d'autre…? Après tout, vous êtes à nouveau responsable de ce qu'il se passe ici…
Evidemment. Hochant lentement la tête, il détourna le regard. Se battant entre l'envie de rappeler à l'homme qu'il n'y était pour rien si les ennuis le poursuivaient et… lui donner raison.
- Je suis désolé…
- Grand bien vous fasse mais vos excuses ne sont ni plus, ni moins, que des mots. Contentez-vous de faire le nécessaire pour que mon fils me revienne.
Ah… Il ne s'était jamais particulièrement bien entendu avec le père de Draco… C'était plutôt comme s'ils se toléraient au fil des années. Parce que même si Lucius Malefoy n'avait rien contre le fait que son fils préfère les hommes, il ferait toujours passer Draco avant tout et tout le monde.
Et si, jusqu'à présent, il avait vu Harry Potter comme une sorte d'avantage financier et de renommée, à partir du moment où il devenait une menace pour son héritier, il le faisait basculer sans scrupule dans la catégorie de personnes à éliminer.
Lucius Malefoy n'avait pas l'intention de le ménager, quel que soit son nom ou sa fortune. Carrant les épaules, il hocha à nouveau la tête lentement.
- Oui Monsieur.
A cet instant, il détestait ce que l'adulte faisait naître en lui. La honte. La culpabilité et… la sensation de se faire écraser, de n'être rien. L'obliger à baisser les yeux… Et faire remonter toutes ces questions.
Est-ce qu'il était vraiment à sa place ? Est-ce que Malefoy ne ferait pas mieux de l'éviter ? Est-ce qu'il ne devrait pas…
Disparaître… ?
Quand il releva les yeux, il était à nouveau seul. Fermant les yeux, il repoussa soigneusement chacune de ces idées et les barricada derrière cette porte.
Il avait besoin de discuter avec ses mentors. Savoir ce qu'ils pensaient de la situation sans être influencé par les liens familiaux… S'approchant de la cheminée il lança une poignée de poudre de cheminette et traversa, direction le Département.
- Nous ne savons pas où ils se trouvent, comment voulez-vous les attirer dans un piège ?
L'Aurore en chef venait du taper du poing sur la table, les sourcils froncés, écumant de rage après que Snape ne l'ait abreuvé de ses sarcasmes.
Debout, aux côtés de ses mentors et Nazarov, il restait silencieux. La réunion avait été organisée à la hâte après que Cybèle Zabini et Cicéron ne soit revenu les informer que le groupe de Circé avait fait courir la rumeur sous le manteau que Draco Malefoy serait éventuellement rendu contre les deux sorciers qui s'en étaient pris à leurs membres la dernière fois.
- Débusquer ces rats ne devrait pas être si difficile. Que font vos aurores Kingsley ?
La voix glaciale de Lucius Malefoy sembla porter sur les nerfs du Ministre qui lui renvoya un regard assassin.
- Nous sommes sur plusieurs pistes. Cependant, le Londres sorcier est immense et rien ne nous dit qu'ils y sont. Ils se cachent peut-être du côté des Moldus.
- Mon fils… est porté disparu depuis quasiment septante-deux heures et les seules informations valables ont été apportées par des sorciers extérieurs à vos...effectifs…
Une inspiration bruyante du Ministre laissa deviner à tous les sorciers qu'il allait bientôt perdre patience.
- Pourquoi Harry et moi ne jouons pas les… primanka ?
Nazarov venait de prendre la parole. Appuyé contre un des murs de la pièce, il avait croisé les bras sur son torse, sa capuche cachant son visage dans les ombres alors qu'un petit sourire ornait le coin de sa bouche.
- Vous pensez que nous avons… strakh ...peur ?
Les sorciers s'étaient tournés vers eux, observant les mentors. Cicéron semblait en avoir rien à faire, assis sur une table, il dévorait un plat de poulet apporté par un elfe tremblant de peur. Azarias quant à lui, examinait les rayonnages de livres de la bibliothèque Malefoy en chantonnant. Aucun des deux hommes n'émit la moindre objection.
- Harry et moi sommes capables de nous défendre… Nous pouvons les attirer dans un piège…
- Et si jamais cela tourne mal… alors nous devrions également nous occuper de vous. C'est stupide ! Vous êtes que des gosses en formation !
Le sorcier qui venait de parler était le chef de Ron dans les Aurores. Un grand homme à l'air de bûcheron et qui préférerait encore y aller frontal. Il dévisageait Alexei avec intérêt, le russe lui, haussa les épaules lentement, continuant de sourire.
- Sans parler du fait que, pour le moment, je vois mal comment tendre votre piège. Comptez-vous vous balader dans les rues de Londres sans le moindre but…? Peut-être faire du shopping Monsieur Nazarov.
Merlin. Il tourna lentement son regard vert du côté de son père et le vit fixer le russe avec cette expression de pur dédain. Celle qui, lors de leurs débuts, lui était réservée. Apparemment il n'appréciait toujours pas le tatoué et ne se gênait pas de l'avilir de remarques pleines de cynisme.
- Pourquoi pas… ?
Le russe avait haussé une épaule, insolent. Soupirant, il passa une main dans ses cheveux. Nazarov aimait beaucoup trop agacé les Serpentards de sa vie. Il semblait en avoir fait un vrai jeu dont seul lui comprenait les règles.
- Monsieur Nazarov…
- Pardon de vous interrompre Professeur…
Hermione venait de timidement lever la main, comme si elle était encore à Poudlard… et comme à cette époque, il vit son père prendre une courte inspiration et se tourner lentement vers la sorcière.
- Miss Granger…. quoi encore ?
- Je...euh… c'est que… l'idée n'est peut-être pas si...bête que ça… Je veux dire…
Elle s'éclaircit la gorge, rougissant un peu de voir que tout le monde la fixait maintenant en silence.
- Enfin, je ne pense pas que se promener sans but soit réellement une bonne idée, mais, si Harry et Alexei était envoyés à un endroit bien précis, pour leur tendre un piège, que nous laissions courir ce bruit...mais qu'en réalité il ne s'agissait que de la première partie dudit piège… cela pourrait marcher….
Haussant lentement un sourcil, il se redressa. Il connaissait trop Hermione pour ne pas comprendre où elle voulait en venir… Il vit Ron relever les yeux, les sourcils froncés, en pleine réflexion.
- Que voulez-vous dire Miss Granger ?
Lucius Malefoy la toisait à présent, la main de son épouse sur son bras, Narcissa suivant avec intérêt l'échange.
- Un cheval de troie.
Ron venait de s'exprimer. L'air concentré, il fixait la table devant lui, pianotant de ses doigts sur la surface soigneusement cirée.
- Le mieux serait de pouvoir leur faire croire que Harry et Nazarov sont effectivement à découvert durant une de leur mission. Nous choisirons l'endroit du découvert pour pouvoir surveiller… Nous laisserons les informations circuler comme si elles nous avaient échappé, leur faisant baisser la garde…
Le silence s'était fait dans la bibliothèque, tout le monde écoutant le roux.
- Une fois qu'ils attaquerons, nous les laisserons faire mais on va bloquer leur retraite, les obligeant à passer par la sortie que nous aurons créer de toute pièce… et on les attirera dans le piège que nous aurons tendu… A ce moment-là, il faudra les faire parler… jouer les otages impuissant…
Petit à petit, il voyait le plan de ron prendre forme, retenant un sourire.
- Donc vous proposez de livrer deux personnes de plus… ?
- Je propose de prendre un risque calculé Monsieur…
- Weasley ! Je vous suis ! Ahaha j'adore les jeunes pleins de fougue !
Son chef venait d'envoyer une claque dans le dos du roux, le faisait à peine bouger, ce qui était un miracle… Parce que n'importe qui aurait vu ses omoplates lui remonter dans la gorge après un tel coup…
- Et si cela échoue… ? Vous comptez réellement mettre Harry Potter en danger ?
Kingsley venait d'intervenir, les sourcils froncés, apparemment pas tout à fait d'accord de voir l'égérie de sa paix sur le monde risquer de se faire blesser.
- Le petit merdeux risque rien Shaky. Il pourrait tous vous foutre une dérouillée s'il voulait.
- Chuut Cicéron c'est un secret…
- Bordel espèce de taré arrête de t'accrocher à moi. Me touche pas putain de pervers.
Levant les yeux au ciel, il haussa les épaules. Il n'avait rien à ajouter. Si ses mentors lui permettaient de participer, il irait.
- Pourquoi est-ce que Potter et Nazarov devraient être impliqués… ? Je pourrais très bien être celui qui aurait des informations intéressantes pour eux…
Zabini venait d'intervenir, les sourcils froncés, il toisa lentement l'assistance du regard.
- Monsieur Zabini… croyez-bien que je serai ravi de vous voir vous sacrifier plutôt que mon fils… Mais il semblerait que Monsieur Potter et Monsieur Nazarov aient une sorte de...propension aux ennuis.
Snape venait d'intervenir, les bras croisés sur son torse, il jeta un regard froid à l'héritier de la Veuve Noire. Implacable de sang froid, il venait d'énoncer un fait.
- On pourrait mettre n'importe qui à la place de Harry et Nazarov, Zabini, mais ca changerait alors tous les calcules… Le plan marchera parce que leur présence garantit un attrait irrésistible pour eux.. ce que t'es pas. Ni moi. Ni Hermione ou n'importe qui d'autre ici…
Le silence s'installa plusieurs minutes alors que chacun réfléchissait. Il sentit petit à petit la tension s'installer en lui, comme une adrénaline, sa magie y répondant et sembla presque ronronner de plaisir en anticipant le danger…
Elle tournait en rond, tout comme lui, depuis qu'il avait appris sa disparition. Retenant constamment ses envies de se défouler. Alors, là, la simple perspective de la mission lui donnait des frissons.
- Je propose de suivre le plan de… Monsieur Weasley. A défaut de mieux.
La voix du Patriarche Malefoy coupa le silence et scella la première étape de leur stratégie.
Bien évidemment qu'il aurait préféré savoir son fils en sécurité mais il n'était pas non plus stupide et savait parfaitement que pour réussir à extraire son filleul des griffes de ces sales rats, il allait devoir se résigner.
Merlin. N'était-il pas possible d'avoir ne serait-ce que quelques semaines de repos avec ces deux-là… ?
Passant lentement une main sur son visage, il s'empêcha de réfléchir à tous les scénarios possibles qui entraîneraient une catastrophe.
Quand il ouvrit les yeux, Potter se tenait devant lui. Les mains dans les poches, il semblait vouloir dire quelque chose. Silencieux, il l'observa et fronça doucement les sourcils, attendant qu'il se décide.
Il tenait sa carte d'identité sorcière dans sa main droite, serrant le petit bout de son nouveau lui au point d'en rendre les jointures de ses articulations blanches. Salazar… Combien de temps encore s'accrocherait-t'il à celle-ci comme un doudou…?
Il avait déjà noté que Potter avait tendance à s'accrocher à certains objets… mais jamais autant jusqu'ici… Devrait-il s'en inquiéter…? Trouver cela mignon ? Soupirant, il se décida finalement à prendre la parole, résigné à l'idée que son fils, lui, semblait complètement bloqué.
- Harry…
- Et s'il est….
- Mort…? Blessé… ?
Il le connaissait presque par cœur à présent et pouvait deviner sans peine ce qui semblait le torturer et qu'il n'arrivait pas exprimer à voix haute. Sondant du regard le jeune homme, il détailla sa posture. Il pouvait voir l'angoisse dans sa manière de fixer le sol… Voir ce besoin d'être rassuré dans la manière qu'il avait de se balancer légèrement sur place.
- Oui…
La réponse avait été expulsée de ses poumons dans une expiration presque agonique. Serrant les dents, il se leva lentement. Il lui semblait que cela devait être le bon moment pour une discussion.
- Et que dirait Monsieur Malefoy à votre avis… ?
Il ne pouvait pas se laisser aller aux doutes pour l'instant. Ils savaient tous les deux que c'était une possibilité. Il ne l'avait pas nié. Cependant cela n'avait aucun intérêt d'épiloguer à ce propos sans avoir tous les éléments en main. Il devait garder la tête froide. Combien de fois l'avait-il répété à Potter. Réfléchir avant d'agir. Ne pas supposer des événements. Toujours être en possession du plus d'informations fiables possibles.
- De ne pas jouer les drama queen.
- Précisément. Et quoi d'autre… ?
Il se rapprocha lentement du survivant, venant poser sa main sur sa nuque, continuant à lui faire face. Merlin. A chaque fois qu'il venait le trouver pour se rassurer, ça lui fichait un coup au cœur et il se sentait bizarrement fier. Une émotion, qui, selon lui, n'avait strictement rien à faire là dans de telles circonstances.
- Qu'il est un foutu Malefoy...et que tant qu'il ne se sera pas vengé… Il ne mourrait pas.
- Exactement.
- Et si…
- Alors je suppose que nous devrons faire face….
Il put sentir ses muscles se crisper, sentir le frisson parcourir sa colonne. Merlin. Il espérait bien qu'il ne soit rien arriver de définitif à son filleul… Parce que le cas échéant… Potter ne serait pas le seul à s'écrouler… Il eut un rictus alors qu'il se rendait compte que Draco avait toujours pensé que Potter était le centre de tout…
Mais son arrogant filleul était pourtant le centre de nombreuses personnes… Ah… Il ne comprendrait jamais la relation de ces deux-là mais par moment, il se rendait compte que tout cela était peut-être un peu trop…. fusionnel…
Voilà ce que c'était que de s'attacher. Il avait connu la même chose avec Lily… Il avait souffert le martyr quand elle était partie et il pouvait sans peine imaginer ce qui, pour le moment, rongeait son fils…
Caressant du bout des doigts la racine de ses cheveux, il l'attira lentement contre lui et le sentit poser son front contre son épaule.
Il avait grandi. Pas beaucoup… Il était toujours plus petit que lui ou Draco… Mais à présent, il le rattrapait presque…
- Joue ton rôle. Ne cherche pas à faire quoi que ce soit d'autre que ce qui t'as été demandé cette fois…
Il le sentit se tendre et haussa lentement un sourcil. Que se passait-il encore dans la petite tête bien trop pleine du survivant ?
- Je sais. Je suis pas stupide non plus...
- Vraiment Monsieur Potter….
Brusquement, il le vit se dégager et le fixer avec colère. L'air vibra une seconde mais ce n'était pas une de ses explosions habituelles, c'était plus contrôlé, plus froid.
- Vous imaginez tous encore que je suis le gamin qui a été se suicider pour le plus grand bien c'est ça… ?
La voix hargneuse, le regard mauvais, il plissa lentement les yeux alors que le jeune homme ricanait. Bien...Apparemment il avait été maladroit...
- Monsieur Potter… Je vous prierai de vous rappeler à qui vous vous adressez…
- Ouais ouais… en attendant je ne suis ni stupide ni celui que j'étais… Même si cela arrangerait certainement Lucius Malefoy.
- … je vous demande pardon.. ?
- "Ne fais pas de bêtise Harry… Suit les ordres, Harry. Fais le nécessaire Harry. "
Moqueur, il venait d'imiter plusieurs voix, avant d'enfoncer à nouveau ses mains dans ses poches et de le défier du regard, quelques objets s'envolant dans la pièce alors qu'il tournait les talons.
- Je ne ferai rien du tout. Je suis pas stupide. Malefoy compte plus que tous ceux réunis ici.
Quand la porte claqua violemment, il resta figé une minute, clignant des yeux, avant d'en arriver à la conclusion suivante.
Il devrait avoir une conversation avec Lucius. Et son enfant venait probablement de se rebeller ouvertement contre lui pour la première fois… Merlin. Était-ce ce que les livres appellaient la "crise d'adolescence" ?
Le soir-même, il enfilait lentement une tenue sobre pour se rendre dans les rues de Londres avec son coéquipier. Inspirant une seconde, il prit le temps de s'examiner dans le miroir.
Il était parfaitement reconnaissable. Du moins, ne se cachait-il pas. Il avait l'air de sortir pour aller boire un verre. Un simple pantalon noir, ses rangers aux pieds et un pull vert sombre relevé sur ses avant bras, dévoilant l'encre.
Enfilant une cape, il passa la main dans ses cheveux et les ébouriffa de sorte à dévoiler la marque sur son front. Il était prêt.
Se tournant lentement, il posa son regard sur Alexei qui, assis sur le lit, le dévisageait.
Comme à son habitude, le russe portait une sorte de jeans à moitié déchiré. Un pull à capuche noir et un veste de cuir. Ses bottes de cuir, elles aussi, étaient renforcées de métal sur les bouts. Sa baguette tournoyant entre ses doigts, il lui offrit un sourire carnassier.
Derrière son visage camouflé dans l'ombre, il pouvait presque sentir son excitation.
- On y va Partner…?
- Ouais. On y va.
Attrapant sa propre baguette qu'il glissa dans sa manche, il sortit de la chambre pour descendre lentement dans le hall. De nombreux sorciers s'agitaient là. Passant par les cheminées pour aller prendre leur postes, d'autres arrivant seulement après avoir remplis leurs missions de repérage ou après avoir posé les sorts nécessaires à leur plan.
Ron était d'un côté de la pièce, il semblait commenter les plans d'un bâtiment à plusieurs Aurores, son chef à sa droite hochant la tête.
Zabini était avec Hermione, lui parlant doucement dans un coin, semblant murmurer de quoi la rassurer alors qu'elle fronçait de plus en plus les sourcils, visiblement contrariée.
Quand ils arrivèrent en bas des escaliers, Azarias les attendait, souriant comme d'habitude, prêt à leur donner ses dernières consignes. Tous les visages étaient graves à part le sien. La tension dans l'air était palpable. Et il semblait à Harry qu'il se retrouvait plongé dans l'ambiance de guerre. Il détestait ça autant qu'il l'aimait.
C'est dans une sorte de silence malaisant qu'il écouta d'une oreille ce que son mentor lui disait. Il connaissait les consignes et n'avait certainement pas besoin de ses encouragements.
Il n'avait pas vu son père mais savait parfaitement qu'il devait déjà être sur les lieux, supervisant probablement less "imbéciles incompétent du Ministère qui alors qu'ils étaient élèves, ne savait même pas couper correctement une racine de mandragore"
C'était l'heure. Il hocha une dernière fois la tête à l'attention du Langue-de-Plomb avant de s'engouffrer dans une des cheminées du Manoir, direction, le chemin de Traverse pour commencer.
Ah. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu une sortie aussi...excitante. Inspirant l'air humide de la nuit, il regarda tranquillement autour de lui. Potter se tenait à sa gauche, impassible, les mains dans les poches, il avançait, comme lui, à un rythme lent en direction de l'Impasse des Écorchés.
Il savait quel était l'enjeu pour ce soir et combien c'était important pour le sauveur du monde sorcier… mais sincèrement… il se réjouissait juste de pouvoir se défouler un peu.
Il avait certes reçu des consignes et un plan bien particulier à suivre mais… Après tout, personne ne savait réellement ce qu'il pouvait se passer. Il n'avait plus qu'à… espérer ? c'était comme cela qu'ils disaient ?
Il ricana intérieurement. L'espoir. Un truc qu'il n'avait jamais eu le luxe de posséder. Se tournant vers le sorcier qui l'accompagnait, il murmura en russe à son intention.
- Davaï.
Potter hocha la tête et tourna dans la ruelle sombre. Ils devaient se rendre dans une sorte de bar malfamé du quartier noir de Londres.
C'est là bas que la première partie du plan prendrait forme.
Ils devraient y boire plusieurs verres… Faire mine de surveiller plusieurs personnes présentes et tendre l'oreille. Faire croire à ceux qui les observeraient qu'ils étaient là pour avoir des informations.
Et puis, vers deux heures du matin, ils s'en iraient par cette même ruelle… Celle qui avait été entièrement enchantée, les sort anti-transplanages activés, d'autres de détournement ou de confusion… C'était un vrai besporyadok, bordel à traverser…
Mais c'était l'idée… Cernés par les sorts, ils seraient obligés de se rendre jusqu'à cette sortie d'étranglement… Et là, ils seraient faits.
Et alors qu'il laissait tomber sa carcasse sur le banc de bois à moitié pourri, en face de Potter, il leva une main et sourit lentement à son acolyte.
- Nous allons boire Potter… ce soir ce sera Vodka.
Et alors que deux shots apparaissaient devant eux, une bouteille voletant dans leur direction, il prit son verre et le leva lentement. Il vit le sorcier en face avoir un rictus et faire de même.
- Za vashé zdorovie Partner.
Bordel. Ce fichu russe avait enchaîné les verres de Vodka comme si c'était de l'eau. Et Harry aussi.
Si Harry avait prit une potion anti-alcoolémie que Snape lui avait fait avalé de force, le russe, lui, avait catégoriquement refuser de boire quoique ce soit qui ne vienne de l'ex-mangemort.
Selon lui, il avait eu raison. Au vu des regards que lui lançaient Snape quand Harry avait le dos tourné, il était très probable qu'il tente, un jour, de l'empoisonner.
Soupirant, il se renconcentra rapidement sur sa mission. Il devait attendre le signal. Il devait attendre de voir Harry taper trois fois sur la table de son index gauche. Alors seulement, ils pourraient mettre en route la suite de leur plan.
Quand enfin il le vit, il envoya discrètement un petit sort à un de ses coéquipiers et pria pour que tout se passe comme prévu.
Une minute plus tard, titubant faussement, soutenu par le russe, Harry passait la porte du bar, baragouinant quelque chose alors que Nazarov lui parlait en russe.
Ils marchaient en direction de la ruelle quand il vit plusieurs silhouettes leur emboîter le pas. Parfait.
Et finalement ils entrèrent dans la zone… Et tout se passa très vite. Une fraction de seconde et plusieurs sorciers tombaient sur les deux jeunes Langues-de-plomb. Immédiatement, Nazarov lâcha Potter pour se défendre, le laissant à la merci des attaquants. Celui-ci, toujours faussement alcoolisé, tenta vainement de se défendre jusqu'à ce qu'un des sorciers ne lui lance un sort de bâillonnement et ne le fasse, ensuite, tomber dans l'inconscience.
Il avait beau savoir que tout cela était normal, il n'en était pas moins difficile de voir Nazarov hurler à Harry de se relever. Gronder comme un démon et se battre sans hésiter quand il vit un des type charger le survivant sur son épaule.
La seule chose qui le rassura fut que, pendant une seconde il était certain d'avoir croisé le regard bleu du russe… et de l'avoir vu sourire. Il s'amusait… N'empêche que quand il se prit un sort de découpe et que sa jambe s'ouvrit sur plusieurs centimètres, colorant les pavés de rouge sombre il sentit une sueur froide couvrir son dos. Merlin.
Il l'entendit jurer dans sa langue maternelle. C'était le second signal.
Dans la seconde une dizaine d'aurores débarqua de toute part, criant et hurlant, forçant les sorciers à s'échapper par la ruelle qui leur servirait d'échappatoire.
Il les entendit hurler de frustration alors que les sorts anti-transplanages s'activaient tout au long du chemin….Jusqu'à cette impasse…
Ils tentèrent une dernière fois de transplaner pour échapper au Ministère et, dans un bruit de craquement caractéristiques, disparurent.
Ils étaient faits.
Quand il vit son fils apparaître dans l'espèce d'entrepôt qu'avaient choisis l'équipe d'Aurore des Crimes en Série, inconscient, il se crispa. Par Merlin et les foutu cloches de l'enfer, il n'aurait jamais dû accepter tout ça.
Un des hommes jeta Potter au sol sans ménagement, un autre força le russe qui l'accompagnait partout à le rejoindre contre le mur, un autre murmurant un sort pour qu'une cage de fer ne les enferme.
- Qu'est-ce que vous voulez pizdets ?
La voix hargneuse, le russe venait de cracher sur un des sorciers, envoyant un violent coup de pied sur les barreaux de fers, faisant gémir Potter qui commença lentement à s'éveiller.
- tututu… Tu devrais être plus poli avec nous jeune homme… Maintenant que vous n'avez plus aucun moyen de fuire…
- Idi na khouï, va te faire foutre…
Un des sorciers gronda et pointe sa baguette sur Potter.
- Parle encore et on lui fait payer à lui.
- Qu'est ce que vous voulez….?
L'accent de Nazarov ressortait, laissant supposer qu'il était troublé… C'était faux. Severus connaissait ce genre de personne. Il s'amusait...Il était excité de se retrouver là à devoir faire parler ces hommes. Il était même à peu près certain qu'il imaginait déjà comment les soumettre…
Alexei Nazarov n'était vraiment pas un sorcier à prendre à la légère. Et ces hommes risquaient de payer fort cher leur manière de lui parler.
- Potter. Et toi, accessoirement.
- Pourquoi ?
- Pour vous remercier de notre dernier petit interlude… Et… Il semblerait que Monsieur Potter ait un...certain potentiel intérêt financier aux yeux de l'organisation.
Evidemment. Alors comme cela, en plus de simplement vouloir se venger, il s'agissait également d'argent. Afin de financer leurs petits coups d'états ridicules.
- Et le Slizerin ?
- Malefoy ?
- Da…
Un simple sourire étira les lèvres fines du sorcier et il resta silencieux…
- Monsieur Potter… Bonjour.
Son fils venait d'ouvrir les yeux. Il se redressait lentement, appuyant une main sur sa tête, fixant le sol, silencieux.
- Mal à la tête ?
- Mn…
- Je vois que la Vodka ne vous réussit pas…
- Hn…
Le sorcier haussa lentement un sourcil avant de sourire.
- Faisons un marché… vous coopérez...nous rendons Malefoy.
Il avait mal à la tête… Le sort qu'on lui avait lancé n'avait pas été des plus doux. Ouvrant les yeux, il se redressa lentement, sentant immédiatement la présence du russe à sa gauche.
Merlin. Ils avaient réussi. Ils étaient à l'entrepôt. Avec ces types, inconscients d'être complètement encerclés par les aurores…
Répondant par monosyllabe, il se crispa brusquement, faisant attention d'exagérer ses réactions, toujours dans son rôle.
- Un...marché ?
- Oui. Nous avons quelques...informations à vous demander…
- Et….si je vous les donne… Vous rendrez Malefoy à sa famille… ?
- Précisément
- Harry… Net. Ils mentent je suis sûr…
- Tais-toi Nazarov !
Une seconde plus tard, le russe crispait les mâchoires, rendu muet par un sort, fusillant du regard le sorcier qui avait osé pointé sa baguette sur lui.
Levant doucement les yeux sur celui qui s'adressait à lui, il prit une inspiration un peu tremblante et siffla.
- Quelles informations… ?
- A propos… du Conte des trois frères.
Il se figea. Il ne jouait plus. Qui leur avait parlé de ça ? Relevant brusquement les yeux, il chercha à tout prix à masquer toute émotion...Non pour le type qui lui faisait face… mais pour tous ceux qui, cachés, observaient la scène.
- Rendez Malefoy d'abord…
Merde merde merde. Personne n'était censé être au courant des reliques… A part Dra…. Bordel… Il sentit brusquement la nausée l'envahir. Sa magie se mit lentement à suinter de ses pores, l'obligeant à respirer lentement pour se calmer.
Il ne devait pas attirer l'attention.
- Très bien… Disons… que quand nous saurons où se trouve la première, alors nous le rendrons….en signe de bonne volonté.
- D'accord.
Il vit l'homme sourire, semblant satisfait et réfléchit à toute vitesse…
La première des reliques était la baguette… Il l'avait cachée dans la salle sur demande avant le Dernier Combat… Dans la pièce emplie des choses que les élèves avaient voulu oublier…
- Decius. Débarrassez-vous du...corps. Nous n'en avons plus besoin. Bien. maintenant parle Potter.
Il bluffait. Il bluffait sûrement dans le but de lui faire perdre son calme… C'était tout.
- Je...veux une preuve… Dites-moi où il est !
L'homme fronça les sourcils lentement et sembla réfléchir une seconde avant de soupirer.
- Ton petit copain sera relâché dans l'allée des embrumes.
- Laissez Nazarov y aller. Pour me confirmer que c'est vrai…
- Encore une fois...il hésita avant de plisser lentement les yeux.
- Parle d'abord.
- Non. Je veux être sûr.
- Parle.
Mais avant que quiconque ait pu dire quoi que ce soit, les aurores envahirent la pièce. Et une seconde plus tard, Snape assomait l'homme alors qu'Alexei s'en prenait discrètement à celui qui l'avait rendu muet.
La moitié des effectifs étaient déjà partie à l'allée des embrumes.
Merde…
Il était resté là, bloqué, comme un imbécile quand son unité avait défoncé la porte d'une des boutiques désaffectée de la ruelle sombre. Sur le sol couvert de poussière, les tâches de sang semblaient presque agressives.
Certaines plus anciennes que d'autres, le corps qui pendait lamentablement, accroché par les bras à deux des poutres du plafond, était complètement méconnaissable.
Lacéré de profondes entailles, certaines gouttaient encore sur le sol dans un bruit épouvantable. Un goutte à goutte morbide accompagnant l'odeur de pourriture immonde.
Sous le sang, on devinait vaguement la couleur des cheveux de la victime, les yeux, vitreux, avaient perdu toute couleur.
Putain. Non.
.
.
.
Avant de me tuer, je tiens à vous mettre un extrait de conversation alors que Zalia m'encourageait à écrire ce week end :
Zalia, 22.08.2021-12h29 :
Harry croit que Drago est mort. Le lecteur aussi. Il pète un câble, ses mentors doivent aller chercher Sev' en urgence pour le calmer. Il s'avère que Drago a survécu, juste enterré vivant ou dans le coma... Faut faire un truc pour faire avancer la romance Ron/Alexei aussi
Sur ce, prochain chapitre soit week end prochain soit dans deux semaines ! J'attends vos retours. N'oubliez pas, toute plainte est à adresser directement à Lady Zalia !
