Bonjour à tous,
Alors, déjà, juste un petit mot. J'étais plutôt déçue pour le chapitre précédent où je n'ai eu que 5 personnes qui ont prit la peine de me faire un retour... Et comme à chaque fois qu'un chapitre semble faire un flop, j'en ressort démotivée... Donc forcément, ce chapitre là a mis un peu plus de temps à sortir.
Et encore, merci au Discord de m'avoir un peu mis le pied aux fesses parce que sinon j'aurais été persuadée que cela ne valait pas la peine de continuer... Je sue sang et eaux chaque semaine pour pouvoir produire un chapitre alors forcément...c'est pas cool quand on a l'impression de laisser indifférent.
Bref, ce chapitre sort tout de même et il est spécialement dédié aux filles. Je vous aime et merci d'être là !
Merci spécial aussi à mes 5 adorables lecteurs/trices qui ont prit le temps pour moi, coeur sur vous.
Enjoy !
Saya
Chapitre 6
Vomir avait été sa première réaction… Il avait vomit.
Aussi pitoyable que cela puisse paraître, il avait été emporté avec tellement de violence par les émotions qui l'avaient submergé que c'était comme si son corps avait rejeté le trop plein.
Littéralement.
Il s'était retrouvé au-dessus des toilettes sans savoir comment, la tête dans la cuvette, les vagues de nausées l'envahissant sans répit. Alexei l'avait suivi, posé une main sur son dos, alors que dans le Manoir c'était le chaos.
Incapable de rester plus longtemps, il s'était relevé, chancelant, s'essuyant la bouche d'un revers de manche. Il avait croisé son regard cerné et rougit dans le miroir. Il faisait pitié.
Le teint pâle. Un peu de sang tâchait encore sa joue, à cause d'une égratignure que son père s'était empressé de guérir dès qu'il l'avait vu. Il ne se rappellerait même pas à quel moment exactement. Passant doucement une main sur la tête de Iota qui émergeait de son pull, il lui jeta un coup d'œil en grimaçant… Merde.
Détournant les yeux, il poussa la porte et, sans un regard autour de lui, sortit du Manoir. Il avait besoin de respirer. Besoin d'air. Il devait sortir d'ici. De tout ça. Il devait se retrouver tout seul. Réfléchir.
Dans un craquement sinistre il disparût sous les yeux attentifs du russe qui le suivait, transplanant.
Il le retrouverait. Il en était certain. Mais le temps qu'il le fasse, il aurait un peu de répit. Passant une main dans ses cheveux, il remonta lentement la capuche de sa cape de sorcier sur son crâne et se faufila entre les sorciers qui hantaient les rues à cette heure-là.
L'odeur nauséabonde de l'endroit. L'humidité et la moisissure. L'odeur du fer rouillé et du bois rongé par les mites.
Et ce bruit. Continu.
Ploc.
Ploc.
Le bruit du sang qui goutte lentement, coulant de l'extrémité de ses doigts, formant une petite flaque sur le sol.
Il ne s'arrêtait jamais…
Ploc.
Ploc.
Et le noir qui l'entourait devenait de plus en plus dense au fil des heures.
- Où est Harry ?
- Je ne sais pas.
Il avait haussé les épaules, les sourcils froncés. Il jeta un regard agacé au roux qui se tenait là, devant lui, les bras croisés sur son torse. Il n'avait pas le temps de jouer maintenant avec lui. ll aurait certainement bien aimé. Il était à peu près certain que de se retrouver nu contre lui aurait aidé à faire descendre la tension qui l'habitait pour le moment mais… Son camarade avait besoin d'aide.
Il l'avait vu s'effondrer quand il avait appris. Il avait vu ses yeux se vider littéralement de … tout. Il avait rencontré le même regard que celui qui le fixait enfant, dans le miroir. Et les frissons avaient secoué sa peau.
Baba Yaga lui en serait témoin. Il n'avait jamais rencontré quelqu'un comme Harry Potter avant.
- Nazarov.
- Da ?
- Tu m'écoutes ?
- .. Net…
- Merlin. Il est parti par où ?
- Je ne sais pas, il a transplané.
- Super.
Fronçant les sourcils, il allait tourner les talons quand il sentit la main de Ronald sur son bras. Se tournant à peine, il le vit le fixer, l'air inquiet.
- Tu vas bien ?
- … Da…
- Menteur.
Il s'était déjà reculé, rompant le contact entre eux, sortant lentement de sa poche un paquet de cigarettes sorcières, en coinçant une entre ses lèvres, l'extrémité s'enflammant d'un sort informulé.
Grondant, il allait partir quand il se figea. Le roux s'était à nouveau approché de lui, glissant le petit cylindre entre ses lèvres, mimant la scène de la veille entre eux. Inspirant longuement, il sentit le goût acre et sucré envahir sa bouche, puis la légère brûlure de ses poumons alors que la substance le transperçait lentement et qu'il recrachait un nuage de fumée.
- Qu'est-ce que tu veux Ronald… ? Je n'ai pas le temps de jouer.
Il le vit se crisper. Mais il ne faisait que dire la vérité. Il avait appris certaines choses sur son ami et il avait vu son visage à cet instant… Le groupe de Circé...et ses objectifs… Ils devaient en parler. Revenant de ses sombres pensées, il vit son visage se froisser une seconde avant qu'il ne soupire et réponde, l'air gêné, passant une main sur sa nuque, observant ses pieds.
- Je ne sais pas. Vérifier que ça va. Pour toi je veux dire.
- Je suis habitué à ça. Et toi… ?
Finalement, peut-être avait-il le temps de s'amuser un peu… Peut-être que… il pouvait s'accorder, pour une fois, de faire ce qu'il avait envie. Se tournant vers le sorcier anglais, il le détailla lentement du regard.
Il avait les cheveux emmêlés, ses vêtements portaient la trace de brûlures et, sur son flanc, ils étaient si déchirés qu'on voyait sans peine sa peau blanche, les muscles qui dessinaient ses côtes. Déjà, un hématome violacé venait se former là, laissant supposer la violence du sort qui l'avait frappé.
Fronçant les sourcils, il s'empara du bas de sa chemise et, sans rien demander, la souleva, dévoilant le torse du roux. Il ignora la fine ligne de poils qui débutait sous l'élastique de son boxer et qui remontait jusqu'à son nombril… Comme il ignora le dessin des abdominaux… Il aurait le temps de fantasmer dessus plus tard. Merlin. Ses pectoraux… et.. Non.
Il focalisa son regard sur la marque qui s'étendait sur le ventre plat, variant dangereusement de couleur. Scrutant le tout, il avança lentement sa main, frôlant la peau de ses doigts, relevant les yeux en réalisant que le roux tentait vainement de le repousser. Rouge tomate.
- b...bo..bo...bordel qu...qu'est-ce...que...t...t...tu fais ?
Il avait vraiment envie de le manger. Surtout maintenant. Le visage rougit, bégayant tout en tentant de cacher sa peau en rabaissant sa chemise à moitié calcinée… Appuyé contre le mur de pierre, il semblait s'étrangler de gêne. Il était vraiment mignon…
Cette immense carcasse et sa manière adorable de ne jamais vouloir attirer l'attention… Sa certitude qu'il ne pourrait plaire à personne.
Il plaisait beaucoup trop pourtant. Il l'avait remarqué lui. Le nombre de regards que le roux ne voyait même pas… Il avait noté aussi qu'il était...gentil. Trop. Il faisait fantasmer de nombreuses femmes… C'était même devenu sujet à plaisanterie pour le groupe de sorciers… Et lui. A chaque fois, il avait envie d'aller arracher la langue de ces femmes. D'aller crever les yeux de celle qui s'était couchée nue sur son bureau. De faire disparaître celle qui avait tenté de lui faire une fellation de force…
Parce que même s'il l'avait d'abord vu comme un beau morceau. Un joli fessier à mettre dans son lit, un hététo à convertir, un défi, il ne pouvait décemment pas se mentir plus longtemps.
Il avait "parlé" avec lui. Il l'avait observé. Il avait noté son intelligence. Il avait remarqué ses petites attentions envers les autres. Noté son manque de confiance. Comprit qu'il se débattait avec ses propres démons. S'était imaginé le réconforter. Il s'était imaginé pouvoir être à lui… Il était sûr… que si jamais…Lui, il s'occuperai de lui… Il s'était pris à rêver… De pouvoir être avec lui. De bénéficier de son inquiétude. D'avoir droit à ses gestes… De pouvoir s'asseoir à table dans sa famille de roux et...savourer.
Ronald était dangereux. Foutrement attirant… Beaucoup trop gentil… Il était probablement sa perte. Et là… Précisément à cette seconde, il crevait d'envie de l'embrasser.
Il s'était approché sans même s'en rendre compte, sa main maintenant posée à plat sur le ventre de l'apprenti aurore qui semblait paniquer. Et pourtant.
Il ne le repoussait pas. Pas vraiment. Il semblait chercher une issue de secours. Mais plus dans le but de retarder l'échéance plutôt que de l'envoyer bouler… Il en était sûr. Ronald l'aimait bien… Il se laisserait convaincre… Il représentait pour lui, une sorte d'interdit et il fallait juste le pousser à franchir la ligne rouge.
Et il était doué pour cela. Pousser les gens à sauter dans le vide… Les convaincre de faire ce qu'ils ne se pensaient pas capable de réaliser…
Remontant lentement sa main contre son torse, il le sentit frissonner avant de se crisper quand il passa sur son téton. Il était dur, dressé. Et sensible apparemment. Prenant une longue inspiration pour se calmer, il vint lentement emboîter son corps contre les siens.
Par le tout premier Tsar. C'était lui qui était dur maintenant. Et c'était douloureusement et foutrement jouissif.
- Oh...Oh merde.
C'était dit dans une sorte de gémissement plaintif alors qu'il le coinçait entre lui et le mur, s'appuyant de tout son poids contre son corps, savourant la chaleur torride qui se dégageait du roux. Il était brûlant. Et lui, glacé. C'était agréable…
- Tu sens Ronald… ?
- ...P..putain...c..co..comment je...je ferai pour pas..s..sentir ça…
C'était presque un couinement alors qu'il s'étranglait sur les mots, le souffle un peu saccadé. S'emparant de son menton, il le força à le regarder, un sourire carnassier fleurissant sur ses lèvres, serrant sa mâchoire sans douceur alors qu'il plongeait son regard dans le sien.
- Ouvre la bouche Detka…
- Q...quoi ?
A peine avait-il tenté de parler, qu'il s'était penché sur lui, s'emparant de sa bouche, mordant sa lèvre inférieure, aspirant sa langue, l'envahissant sans lui donner la moindre chance. Merde. Il avait vraiment, vraiment envie de le manger.
De le coucher, tout nu, sur une table et de promener sa bouche partout. De l'attacher pour l'empêcher de fuir. Il le dévorerai entièrement.
Et Ronald Weasley pourrait alors l'avoir tout entier. Il lui donnerait son corps sans réserve.
Ploc.
Ploc.
Le bruit de la lourde chaîne raclant la pierre glaciale du mur derrière lui. Les voix graves et étouffées par la lourde trappe de bois massif. Les bruits des pas et les hurlements.
Ploc.
Ploc.
Il gémit de dégoût en sentant l'humidité sur sa joue, glisser sur son cou, imprégner sa chemise.
Rouge. Elle était rouge tomate.
Et elle avait chaud. Merlin et ses quatres fondateurs ! Jamais, au grand jamais, elle n'aurait pensé tomber sur "cette" scène là.
Et elle était restée figée… Absolument incapable de détourner le regard de son ancien copain en train de se faire embrasser comme jamais par un sorcier aussi dangereux que controversé.
Et le tout, sur le perron de la très illustre et très ancienne demeure familiale de Draco Malefoy. Il en ferait une attaque c'était certain.
Seigneur. Elle passa une main dans ses boucles brunes et bifurqua pour se retrouver dans une sorte de… salon ? Encore un, qu'elle n'avait jamais vu.
S'asseyant sur un des fauteuils, elle soupira longuement. Par Merlin tout puissant. Comment est-ce que la situation avait-elle pû dégénérer à ce point là ?
Au moins, il y en avait un qui semblait aller vers quelque chose de plus...agréable.
Fermant les yeux lentement, elle se remémora lentement les événements de la soirée. Le plan qui avait parfaitement fonctionné… et puis finalement la capture de Harry et Alexei.
Ils avaient découvert alors où était Draco et la moitié du groupe s'en était allé prestement afin de le libérer. L'autre moitié, dont elle, était restée pour prêter main propre aux deux apprentis Langue-de-plomb.
Sauf que de sa position, elle avait tout entendu. Tout ce qu'ils avaient dit… Et ce que Le Groupe de Circé voulait de Harry.
Les contes des Trois Frères. Elle ne pensait pas en entendre parler à nouveau un jour… Tout comme des reliques de la mort. Elle n'était pas stupide, à l'époque, quand Dumbledore lui avait laissé ce livre à sa mort, elle avait longuement étudier les fables qui s'y trouvaient… Tout comme les symboles qui semblaient revenir partout… Le même que Harry avait maintenant de tatoué sur la nuque.
Les reliques. La cape, la baguette et la pierre.
Elle avait fait de nombreuses recherches mais cela n'avait mené nulle part. Elle n'avait pas pû trouver la moindre information quant à l'utilité des reliques… Mais alors quel avait été l'intérêt du Professeur Dumbledor de les mettre sur cette piste… ?
Certes, la baguette de Sureau semblait incroyablement puissante…Et ils avaient d'abord pensé qu'elle serait la clé de la victoire contre L'ancien Seigneur des Ténèbres… Mais Harry avait, entre-temps, caché à tout le monde ce qui, réellement, serait l'instrument de la chute du Mage Noir et personne n'avait touché à la baguette de sureau.
Et puis il y avait la cape..? Elle avait une certaine utilité mais n'était pas aussi précieuse, par exemple, que la pierre de résurrection…
Quant à cette dernière, même s'ils avaient voulu en faire l'utilisation, ils auraient eu bien de la peine… Elle avait été perdue de ce qu'elle en savait. Tout cela était ridicule.
Et cela avait forcément un sens. Quelque chose lui échappait. Ou plutôt, depuis que Harry était parti au Dernier Combat, tout leur échappait. Et au vu de sa réaction quand l'homme en avait parlé à Harry, elle était certaine qu'il n'en savait pas plus qu'elle concernant les reliques.
D'ailleurs, il aurait dû les détruire...Du moins, la baguette aurait dû être brisée. Trop de pouvoir à un seul homme était toujours néfaste.
Plongée dans ses pensées, elle fronça les sourcils. Dumbledore ne disait jamais rien sans avoir une idée derrière la tête. Cet homme avait souvent plusieurs coups d'avance sur tout le monde…
Alors… Il y avait clairement quelque chose à comprendre. A découvrir. A deviner. Et à chaque fois qu'il leur avait laissé des indices par le passé, ceux-ci avaient servi à leur sauver la vie…
Elle devait vraiment avoir cette conversation avec Harry… Elle ne savait pas qui avait assisté à quoi, mais, au vu des effectifs présents, elle était quasiment certaine d'être la seule à avoir tout entendu clairement. Sans parler qu'il était probable que, comme eux, tout sorcier lambda ne pense que les sorciers lancés à la recherche des reliques étaient fous.
Le bruit des coups. Le corps qui se tord sur le plancher à cause des Doloris.
Les larmes et les gémissements. Les supplications et les prières. Les menaces et le chantage.
Ploc.
Ploc.
Et le sang qui coule. Qui continue de goutter au sol, imprégnant le bois et glissant sur sa peau sans qu'il ne puisse rien y faire.
Luttant contre la nausée à cause de l'odeur de sueur et de fer.
Ploc.
Ploc.
- Ce type a parlé des Reliques… Tu sais de quoi il parle… ?
Crispant les poings, il regarda lentement autour de lui avec dégoût. Sincèrement, il aurait préféré vendre un rein plutôt que de devoir entrer dans le laboratoire du Taré.
Esquivant précautionneusement une table de travail recouvertes de ce que l'autre psychopathe appelait des "ingrédients", il tenta de se rappeler pourquoi il était là.
Ah oui. II avait perdu à la courte baguette.
- J'en ai aucuuune idée ! Mais je suppose que notre élève le sait lui… Du moins, espérons-le, il y a tellement de reliques dans ce monde que même Merlin ne pouvait toutes les trouver.
- Qu'est-ce que tu veux que Merlin foute de toutes ces trucs de toute manière ?
- Je ne sais pas…? Dominer le monde ?
- … Par les couilles de Serpentard t'es vraiment un taré.
Fronçant les sourcils, il observa son équipier, en équilibre précaire sur une chaise, elle-même posée sur une malle, qui, apparemment, était calée d'un exemplaire de la Gazette du Sorcier…. Revenant à la réalité, il remontant les yeux sur Azarias qui tentait d'attraper un livre sur l'immense bibliothèque qui couvrait tout un pan de mur de son bureau.
La pièce était petite et sombre, aucune fenêtre ne laissant passer la lumière du jour. Des bougies flottaient partout, diffusant leur lumière douce dans les recoins les plus noirs. Sur un des murs, une étagère croulait littéralement sous les parchemins et les grimoires. En face, la paroi était constellée d'articles de journaux, de tableaux anciens et de parchemins déchirés pleins de croquis et de notes.
Au milieu se trouvait une grande table de bois massif et usé par le temps, celle-ci était accolée à un établis près de l'âtre sur lequel bouillonnait doucement un chaudron à l'odeur entêtante. On pouvait y trouver des plumes, de l'encre, des rouleaux entiers de parchemins, certains déroulés et tombés à terre, alors que, entre tous les objets hétéroclites, couraient rats et autres rongeurs…
De nombreux bocaux s'entassaient là. Des créatures vivantes ou mortes y étaient enfermées sous une couche épaisse de poussière. Certaines mixtures semblaient briller, d'autres bouillonnaient dangereusement dans leurs contenants, les couleurs variant entre chacun.
Dans le coin le plus reculé, un lit, complètement défait, les couvertures traînant au sol, comme si l'occupant en avait été tiré de force, arrachant les draps sur son passage… Les rideaux du baldaquin pendouillaient lamentablement, rongés par les mites.
- Ah ! Je l'ai !
Cicéron n'eut pas le temps de réagir - pas qu'il ne l'aurait fait si le contraire avait été vrai d'ailleurs - quand il vit son imbécile de collègue s'effondrer au sol, perdant équilibre. Croisant ses bras sur son torse, il le toisa de toute sa hauteur.
Ils n'avaient absolument pas le temps de faire mumuse avec des livres. La situation semblait bien plus complexe qu'ils ne l'avaient d'abord cru.
Recruter le jeune survivant avait été une vraie plaie. Pas qu'il soit un mauvais élève. Il était puissant, intelligent, il savait écouter et en général, il se laissait mettre des raclées sans se plaindre une seconde… De ce point de vue là, c'était tout bénéf à ses yeux. Seulement…
Seulement Harry Potter était… instable. Et plus il le voyait user de magie noire, plus il apprenait à le connaître et plus il voyait en lui le même potentiel que Tom Jedusor à l'époque.
Harry Potter avait tout du Mage Noir en devenir. Et, de ce fait, il ne pouvait lui accorder son entière confiance. Mais quelque chose le gênait dans ce raisonnement… Il avait l'impression, quelque part, que Potter était un peu à double tranchant.
Qu'il ne passerait de l'autre côté de cette ligne que si quelqu'un l'y poussait… Que s'il se retrouvait acculé… Ou s'il perdait son équilibre.
Non...Ce n'était pas ça… C'était faux… C'était comme ça depuis le début… Son instinct de Langue-de-Plomb le poussait à fouiner. A déterrer le secret qui entourait Harry Potter…
Il y avait quelque chose… Que personne ne savait à son sujet...Pas même lui. Ce secret qui englobait cette marque sur son torse… Qui expliquerait comment il avait survécu à la mort lors du Dernier Combat. Qui permettrai enfin de comprendre comment un simple petit sorcier de bas étage avait pu se relever de l'explosion de magie mortelle qui l'avait frappé de plein fouet.
Il le sentait. Le flairait… Tel le chasseur qu'il avait toujours été.. Il pouvait presque "toucher" ce lien si ténu, si sensible du mystère qui entourait le survivant… Comme un fil dont il tenait le bout et qu'il devrait suivre jusqu'à la source.
Parce que ces conneries de "Magie de l'Amour" comme le débitait toujours l'autre vieux fou existe réellement. Certaines choses avaient été actées… L'Ancienne Magie était réelle, puissante, primitive, et, de ce point de vue là, il était à peu près certain que Potter en usait en partie sans s'en rendre compte…
Mais de là à lui faire croire que des morts auraient protégé le gosse et lui aurait sauvé la vie, c'était du foutage de gueule.
Tout avait toujours une explication, et, même si cela lui prenait une vie, il expliquerait l'origine de Harry Potter au monde sorcier.
- T'as quoi le gros débile ?
- Le parchemin retrouvé dans le manoir de Tom. Celui qui contient ses recherches sur les Horcruxes !
- … Bordel et c'est maintenant que tu le sors ? Ça fait des mois qu'on essaie d'aider le morveux à gérer et t'as pas pensé que ça aiderait ?
- ...Je l'avais perdu.
- T'es vraiment un…
Prenant une lente inspiration, il lui arracha le document des mains et se dirigea d'un pas rapide vers la sortie de l'antichambre des enfers.
Qui l'aime le suive.
Les grincements du bois. Les tintements de la chaîne. Le bruit de son propre souffle.
Les martèlements de son cœur contre ses côtes. Le sang qui bat à ses tempes.
Les vertiges.
Ploc. Ploc.
Et ce bruit. Ce bruit infernal. Qui résonne à ses oreilles comme un coup à chaque fois. Comme le bruit du temps s'écoulant, grains à grain, hors de son corps.
Il allait devenir fou. Cela ne s'arrêtait pas. Jamais. Cela devait s'arrêter ! Tout de suite !
Ploc.
Ploc.
Non. S'il-vous-plaît… Stop.
C'était impossible.
Impossible !
Rouge tomate, il s'essuya la bouche sur la manche de sa veste, le cœur en vrac, cognant tellement fort contre ses côtes que c'était presque douloureux. Il avait chaud, tellement chaud. Et sa tête tournait.
C'était un peu comme d'avoir l'impression d'être bourré alors que des petits frissons parcouraient sa peau et que son ventre le chatouillait. Et c'était sans parler de la pression contre son bas ventre.
Jamais.
Jamais de sa vie il n'avait été...excité par un mec. Du moins jusqu'à ce qu'un russe ne le coince contre un mur et ne lui ordonne d'ouvrir la bouche.
Merlin. Rien que d'y repenser il sentait ses joues le cuire alors que son souffle se raréfiait.
Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il s'était passé à cette seconde. Ni comment il s'était retrouvé à répondre au baiser. A se coller contre lui comme une fichue chatte en chaleur, le corps embrasé.
Il l'avait...caressé… Merlin, Morgane et le putains de gnomes du jardin de sa mère ! Il avait passé sa main sur son torse et il s'était sentit électrisé… Exactement comme avec sa dernière conquête… Qui était une femme…
Et puis… Il l'avait senti contre lui. Contre son bassin. Il avait cherché à reculer, mais, coincé par le mur, le mouvement n'avait qu'à servir à les frotter l'un contre l'autre, arrachant un râle au russe contre sa bouche.
Il avait, de son côté, vu les étoiles derrière ses paupières closes. Parce que oui, il s'était alors rendu compte qu'il avait les yeux fermés. Que sa langue était dans la bouche de Nazarov, que ses bras étaient sur ses flancs, ses mains aggripées à son t-shirt stupide avec un bébé sombral comme effigie…
Mais il n'avait rien de...mignon...ou de féminin… Il était...Aussi grand que lui...Probablement aussi baraqué mais définitivement plus...sombre. Il baignait dans quelque chose de dangereux. Foutrement et dangereusement attirant.
Claquant la porte de la salle de bain dans laquelle il venait d'entrer en catastrophe, il s'appuya contre la porte, le souffle court, laissant sa main descendre sur son pantalon. Il était encore excité… A cause de lui.
Il avait paniqué… Brusquement, quand il lui avait donné un coup de rein brûlant, il s'était rendu compte de la situation.
Ils étaient blessés. Ils rentraient d'une nuit d'enfer et ils se trouvaient, là, à la vue de tous, sur le putain de proche de la fouine à s'embrasser comme des perdus, sa main sur son torse, pincant son téton et le faisant frisonner comme une adolescente.
Alors il l'avait repoussé, mais, au lieu de reculer, le russe avait souri, s'appuyant un peu plus sur lui, emprisonnant de sa main sa mâchoire, examinant son visage, lui léchant la lèvre inférieure lentement.
Il allait se faire bouffer. C'était la première fois de sa vie qu'il se sentait comme ça… Comme une proie… Et ça avait envoyé un frisson direct dans ses parties. Parce que quelque chose lui soufflait discrètement qu'il pourrait bien accepter ça… à condition d'être celui qui mène…
Il avait vu l'image une fraction de seconde dans sa tête. Lui. Couché sur le russe. Tenant ses cheveux et lui arrachant un cri. Et il en avait presque jouit.
C'était là, à cet instant précis qu'il avait complètement paniqué et repoussé l'autre sorcier, s'enfuyant comme un lâche, le pantalon tendu par une érection douloureuse.
Si douloureuse qu'il se retrouvait là, dans une des vingt-trois salles de bain de Malefoy à devoir s'occuper seul de son...problème.
Putain.
Le sel de ses larmes.
Le fer de son sang.
Le goût âcre de sa sueur.
Ploc.
Ploc.
Il pouvait à peine s'empêcher de fermer les yeux à présent. L'air étouffant de l'endroit sombre dans lequel il se trouvait devenait nauséabond.
Il ne savait pas ce qui l'attendait, ni d'ailleurs comment il allait s'en sortir…
Ploc.
Ploc.
C'était devenu une petite mare au sol à présent… Il ne devait plus lui rester bien longtemps avant de sombrer.
Il regardait Lucius s'en prendre violemment à Kingsley, l'ensevelissement sous les insultes à peine dissimulées et les menaces claires.
Debout dans le bureau de son plus ancien ami, il finit par détourner le regard de la scène, se tournant vers la fenêtre, les sourcils froncés, fixant les premières lueures de l'aubes faire jaunir le ciel terne.
Il pleuvait toujours et la luminosité était moindre, obligeant les sorciers à allumer de nombreuses bougies. La soirée avait été difficile. Et elle s'était terminée sur des images qui le hanteraient longtemps.
Dès que l'homme du Groupe de Circé avait parlé, il avait quitté l'entrepôt pour suivre l'équipe d'aurore chargée de récupérer son filleul. Il en faisait partie pour ses talents de médicomages. Et parce qu'il refusait que quiconque ne touche à Draco avant qu'il ne fasse son propre diagnostic.
Si diagnostic il fallait faire. L'incertitude avait été tel un poison. S'insinuant dans leurs corps et rongeant petit à petit les chairs, faisant monter la tension à chaque minute écoulée.
Alors, quand l'homme avait parlé de l'allée des Embrumes, un soulagement morbide l'avait saisi. Il n'osait imaginer ce que devaient vivre le couple Malefoy cependant.
Ils étaient restés au Manoir, ni l'un, ni l'autre n'ayant le statut nécessaire pour prendre part à la mission. Le Ministre avait été très claire à ce propos. Si Lucius voulait avoir accès à ses ressources, il devrait respecter le fait de ne pas participer.
Aucun d'eux ne voulait avoir un père en furie à gérer le cas échéant. Trop dangereux. Trop incertain.
Alors il s'était chargé d'être leur représentant. Mais Merlin seul savait à quel point il regrettait à présent. Il y a certaines choses qu'on ne peut oublier. Et quand l'équipe d'aurore avait défoncé la porte centenaire, qu'ils avaient pénétré les lieux et qu'à son tour, il avait fait face à ce qu'il s'y trouvait…
Il avait manqué défaillir.
- Severus.
Sortant de ses pensées, il tourna légèrement la tête, notant la présence de Narcissa à sa droite.
- Où est Harry ?
- Je ne sais pas.
Son fils. Il l'avait abandonné aux aurores en menaçant silencieusement les sorciers de mille morts s'ils osaient le laisser se blesser durant l'extraction.
Il ne l'avait retrouvé que plusieurs heures plus tard, assis, silencieux, dans la bibliothèque de la maisonnée, son coéquipier Russe accroupi devant lui et parlant à voix basse.
Il avait relevé les yeux à son entrée et l'autre sorcier s'était promptement écarté. Il avait alors vérifié qu'il était entier, soignant une écorchure sur son visage avant de poser doucement sa main sur sa tête.
Il l'avait vu fermer les yeux. Fort. Alors que, de sous ses cils, les larmes avaient roulé. Il les avait rapidement essuyé, toujours muet, immobile.
Alors il était resté là également. Dans le silence, caressant doucement les mèches noires, y trouvant son propre réconfort. Exorcisant comme il pouvait la terreur qui coulait encore dans ses veines.
Puis il avait été appelé par Lucius et après un dernier regard à son fils qui avait simplement hoché la tête, il s'était rendu dans le bureau de l'aristocrate blond, affrontant le regard condescendant de Kingsley.
- Comment va-t'il ?
- ... Physiquement bien dirais-je.
- Je..je vois.
Elle lui fit un pauvre sourire et se détourna, retournant à ses obligations d'hôtesse, circulant parmi les hommes et les femmes présentes afin de s'assurer que personne ne manque de rien.
Narcissa avait été forte jusque-là. Elle n'avait pas flanché. S'agrippant désespérément à son rôle, soutenue par Molly Weasley. Il avait beaucoup d'admiration pour cette femme et sa manière de rester digne.
Quant à son mari… Il avait finalement laisser éclater sa rage quand il avait appris. Il avait manqué retrouver ses anciens réflexes de Mangemort et de lancer un Doloris sur l'homme qui lui avait fait son rapport.
Il avait blêmit à tel point que Severus avait pensé qu'il allait exploser. Mais il s'était contenu. Sifflant aux travers de ses lèvres qu'il ne voulait plus le voir, congédiant l'aurore dans un geste brusque avant de tourner les talons et d'aboyer des ordres sur tout le monde.
Salazar. Cette journée était interminable. Après le ministère, de nombreuses familles de Sang Pur s'étaient présentées, venant présenter leurs respect au couple Malefoy, s'enquérant des différentes manières de leur porter de l'aide, leur assurant, à nouveau, de leur soutien.
Et alors que la nuit avançait, le Manoir s'était petit à petit vidé, les gens partant soigner leur blessures, retrouver leurs familles, prendre un peu de repos.
Et pour eux, le temps s'était figé.
Il cherchaient les reliques alors….
Assis en plein milieu du parc du Manoir de son père, son balais à côté de lui, le souffle court, il venait de s'arrêter, ayant passé toute sa colère, toute sa frustration et sa peur dans un vol chaotique et dangereux.
Et maintenant, épuisé de corps, il arrivait enfin à se concentrer sur ce qu'il s'était passé.
Les reliques… Cela faisait des mois qu'il n'en n'avait plus entendu parlé… La dernière fois, c'était alors que Dumbledore l'avait lancé sur la piste des Horcruxes… Il avait donné le livre de contes à Hermione… Et ils avaient conclu que Harry était en possession de l'une d'elle et Dumbledore de l'autre…
Quant à la pierre, ils avaient supposé qu'il s'agissait de la pierre philosophale qu'il avait perdu dans la forêt interdite en première année… Et que donc, ils n'avaient pas la moindre chance de remettre la main dessus…
Et puis tout s'était enchaîné et il n'y avait plus pensé… Il avait repris la baguette sur le corps sans vie du Directeur après que Draco l'ait tué… Et il l'avait soigneusement cachée dans la salle sur demande, au milieu de centaines d'objets hétéroclites. Dissimulée aux yeux de tous.
Pourquoi et comment ces hommes étaient-ils au courant de l'existence des objets maudits ? Il ne devait s'agir que d'une légende… Un fantasme sortant tout droit de l'esprit d'un sorcier trop poétique.
Sauf que Dumbledore savait qu'elles existaient… Et par conséquent, il était probable que Voldemort aussi… Alors...est-ce que le fait que d'autres sorciers soient à la recherche de leur pouvoir était si improbable.
Non. Mais...Maintenant qu'il y pensait c'était étrange… Pourquoi, par Merlin, ce vieux manipulateur lui avait-il donné la cape…? Lui avait-il parlé de la baguette...et de tout le reste.. ? Quel était le message qu'il avait voulu lui faire passer… ?
Et puis il y avait eu le portrait du premier directeur… Qui lui avait dit qu'il n'était pas encore prêt à obtenir ce qu'il y avait dans le coffre… Que cela lui serait utile plus tard…
Une sensation étrange et pourtant familière couru doucement sur sa peau, s'infiltrant dans ses veines. Il sentait que quelque chose lui échappait… Qu'il allait devoir trouver ce que c'était...que c'était important.. Vital.
Les sourcils froncés, fixant le vide, il remonta lentement le fil de ses souvenirs… Un indice. Il lui manquait certainement un indice pour être mis sur la bonne voie…
Il sentit son torse le brûler et y posa distraitement la main, caressant sous le tissus les fissures qui partaient du trou noir sur son pectoral gauche…
Dumbledor lui avait dit, dans sa lettre, qu'il espérait peut-être le revoir de l'autre côté… Qu'est-ce que cela signifiait… De l'autre côté de quoi ?
C'était, comme à chaque fois, incompréhensible… Et il lui manquait trop d'informations pour pouvoir réfléchir correctement… Peut-être..Que la première étape était de reprendre ses recherches sur les Reliques. Sur le symbole tatoué sur sa nuque…
Il était apprenti Langue-de-plomb à présent et non seulement il avait accès à tout une bibliothèque d'information phénoménale, mais en plus, il avait à sa portée de nombreux sorciers, provenant du monde entier, et qui pourraient certainement lui parler.
Il sentit son cœur battre la chamade. L'excitation de la chasse…. L'adrénaline du danger… C'était comme de sentir le réconfort venir l'entourer alors que cela chassait tout sentiment d'angoisse, ancrant un nouvel objectif dans son crâne…
Il avait un nouveau but.
Se tournant brusquement, sa baguette pointée devant lui, un vent magique soulevant ses cheveux, il se retrouva nez à nez avec Nazarov. Lentement, il baissa son bras et l'observa.
- Nazarov… ?
- Je te cherchais Harry…
- Pourquoi ?
Seul le silence lui répondit. Le tatoué détourna le regard après l'avoir fixé avec intensité et se laissa lentement tomber sur l'herbe humide à ses côtés. Se couchant sur le dos, il croisa ses bras sous sa tête.
- Est-ce-que ça va ?
Il… était étrange. L'observant lentement, il détailla son visage à moitié caché par la capuche. La crispation de ses lèvres. Ses épaules tendues sous le pull à l'image d'une sorte de petit sombral et soupira.
- Da…
- Tu mens…
- Bien deviné.
- Qu'est ce qu'il s'est passé ?
Il était évident que le russe hésitait à parler. Il pouvait presque le voir écrit sur son visage contrarié. Secouant la tête, il n'insista pas, haussant les épaules en signe d'abandon.
- Dis moi ce que c'est les Reliques.
Evidemment. Il aurait dû s'en douter. Nazarov n'avait rien d'un imbécile et il avait regardé le survivant avec gravité quand leur ravisseur les avait invoqués. La question était, avait-il assez confiance en lui pour parler librement ?
- Tu ne souhaites pas être impliqué là dedans… Crois-moi.
- Je suis grand Harry. Je décide.
Fronçant les sourcils, il jeta un coup d'œil à l'autre sorcier qui n'avait pas bougé un cil, les yeux fermés. Finalement, prenant une longue inspiration, il récita lentement.
- Le conte raconte l'histoire de trois frères qui arrivent au bord d'une rivière trop profonde et dangereuse à traverser, alors, ils firent apparaître un pont grâce à la magie. Mais, au milieu du pont, ils rencontrèrent une figure voilée, la Mort elle-même. La Mort était en colère que ces hommes puissent traverser sans périr, alors que d'autres étaient tous morts noyés dans les eaux de la rivière. Elle imagina alors un plan machiavélique pour rétablir ce qui lui semblait juste et fit semblant d'être heureuse qu'ils aient survécu, et le leur prouva en leur offrant un cadeau à chacun.
Il prit une inspiration, son cœur s'accélérant alors que, brusquement, ses rêves lui revenaient en pleine figure. Le pont. La rivière.
- Le plus vieux des frères demanda alors une baguette si puissante, qu'elle ne pourrait jamais perdre. Alors, la Mort prit une branche d'un sureau et lui tailla la Baguette de Sureau. Le second frère, arrogant, et voulant humilier la Mort encore plus, lui demanda le pouvoir de ramener les morts à la vie. La Mort prit donc une pierre près de la rivière, la lui remit, et affirma qu'il était maintenant en possession de la Pierre de Résurrection. Le plus jeune, humble et rusé, ne faisait pas confiance à la Mort, et lui demanda un objet qui lui permettrait de se déplacer sans être vu. La Mort lui donna donc à contre-cœur sa Cape d'Invisibilité. Après, elle s'écarta, et les frères continuèrent leur chemin.
Il le sentit bouger à côté de lui, mais il avait du mal à ne pas se lever et partir. Il devait commencer ses recherches… Parce que si les Reliques existaient...Alors est-ce que la Mort aussi ?
- Avec le temps, ils se séparèrent pour vivre chacun leur vie. Le plus vieux des frères provoqua de nombreux duels, qu'il ne perdit jamais. Mais, pour son malheur, il affirma partout bien haut que son pouvoir lui venait de sa baguette imbattable donnée par la mort elle-même. Et une nuit, un sorcier jaloux lui vola la baguette et lui trancha la gorge dans son sommeil. C'est ainsi que la Mort s'abattit sur le premier frère.
Et si la Mort existait… Alors… Qu'est-ce que cela avait à voir avec lui… ? "Rends-les moi"... Cela ne pouvait quand même pas… La bouche pâteuse, il déglutit et reprit son récit.
- Le second frère vivait seul dans sa maison. Il tourna la pierre trois fois dans ses mains et la femme qui lui était destinée, mais qui était morte avant le mariage, apparut. Malheureusement, celle-ci appartenait toujours au royaume des morts et elle ne fut qu'une âme en peine dans notre monde. Devenu fou de douleur, le deuxième frère se suicida pour la rejoindre et vivre son amour avec. La Mort s'abattit alors sur le deuxième frère.
Pinçant les lèvres, il arriva enfin au dernier frère, arrachant nerveusement quelques brins d'herbes.
- La Mort chercha longtemps le plus jeune frère, sans jamais le retrouver. Ce n'est qu'au crépuscule de sa vie, alors qu'il légua sa cape à son fils, que le plus jeune frère salua la Mort comme une amie, et qu'il l'accompagna en son royaume pour rejoindre ses deux frères.
- Les Reliques existent alors…
Il n'avait apparemment pas fallu longtemps au Russe pour comprendre. Il l'avait vu une ou deux fois sortir sa cape d'invisibilité et avait longuement tanné le survivant pour savoir où il se l'était procuré.
- Et tu es le descendant du troisième frère, Net..?
- Je ne sais pas…
Il n'avait jamais pensé à ça… A l'éventuel lien de parentée.. Et un frisson glacial remonta le long de son échine. Sincèrement, il espérait que non. Son héritage familial était déjà suffisamment lourd à porter pour lui…
- Est-ce que tu as les autres… ?
- Une seule…
- Je vois…. Et ces hommes...comment ils savent qu'elles existent…?
- Je ne sais pas… Après tout, avant eux, d'autres personnes m'en avaient parlé et c'est aussi pour cela que je suis entré en possession de deux des trois…
- Pourquoi ?
- … C'est la question…
Levant doucement sa baguette, il traca un rond, puis un triangle et finalement un trait, les assemblant.
- La pierre. La cape et la baguette. C'est le symbole qui m'a mis sur la piste des Reliques.
- Celui sur ta nuque.
- Oui.
- Pourquoi ?
- … Un moyen de ne jamais oublier je crois.
A nouveau, le silence s'étendit lentement entre eux.
- La...Smert'... Mort. Alors elle existe bien.
- C'est impossible… C'est pas… une personne.
- Pourquoi ? La magie existe… Les Reliques aussi…
Les arguments étaient...fumeux. Et pourtant, il ne pouvait pas les ignorer malgré son côté rationnel hurlant dans sa tête. La Mort était peut-être simplement un sorcier ayant vécu il y a très longtemps…
Mais...comment expliquer alors le Voile…? Ou encore les fantômes… ? Grimaçant, il passa une main dans ses cheveux.
- Je dois… juste trouver les indices qu'il m'avait laissé.
- Qui ?
- Dumbledore.
- Et ensuite quoi… ?
Ensuite… ? Il n'en n'avait pas la moindre idée… Devrait-il en parler à Snape…? A ses mentors…? Devait-il… Rendre les reliques ou plutôt les confier à quelqu'un de confiance…? Ou même...les détruire pour mettre fin à tout ça une bonne fois pour toute ?
- Ensuite...J'improviserai.
Un rire grave secoua la cage thoracique du sorcier à sa gauche.
- Da… Laisse-moi participer à ton priklyucheniye, aventure. Je suis sûr d'être utile…
- N'en parle à personne.
- Da… c'est un sekret...
Le sorcier souriait maintenant, appuyé sur un coude, il porta l'index de sa main gauche à sa bouche, mimant le geste du secret.
Les hurlements. Le bruit d'une explosion et celui de sorts s'écrasants contre le mur…
Ils n'étaient plus seuls…
Le silence s'abattit aussi rapidement que le bruit n'avait rompu son inconscience…
Ploc.
Ploc.
Assis en face du russe, il leva son verre et avala d'une traite le shot de vodka glacé.
Il l'avait entraîné dans un bar après leur conversation dans le parc du Manoir. Il lui avait dit qu'ils avaient besoin de boire. Beaucoup boire et qu'ensuite, après la Vodka, tout irait mieux.
Les yeux plissés, il observait Alexei qui, maintenant, ne s'amusait même plus à verser le liquide transparent dans son verre, y allant directement au goulot de la bouteille.
Merlin. Il aurait besoin d'une sacré dose de potion anti-gueule-de-bois quand il rentrerait s'il voulait pouvoir se lever le lendemain matin. Parce que le rythme de son coéquipier était impossible à suivre sans rouler sous la table, inconscient.
Ce qui était cependant étrange était que, cette fois, Nazarov reluquait sans vergogne les sorciers et sorcières qui passaient sous son nez, laissant ses mains traîner de ci, de là, offrants sourires carnassiers et coups d'œils brûlants…
Et...c'était étrange parce que depuis qu'il avait décidé qu'il voulait se faire Ron, il s'était exclusivement concentré sur sa proie…
- Il s'est passé un truc avec Ron ?
La question était sortie toute seule. Parce qu'il avait beau retourner la situation dans tous les sens et malgré les vapeurs d'alcool qui lui embrouillaient le cerveau, c'était la seule possibilité.
Il vit le russe se crisper une fraction de seconde avant qu'il n'attire sur ses genoux une rousse sensuelle et explosive qui, plus tôt dans la soirée avait enflammé le public d'un chant lascif. Haussant lentement un sourcil, il vit le russe mordiller la peau blanche sous son oreille.
- Net…
- Tu mens mal Nazarov.
- Je suis occupé Harry….
Son accent devenait de plus en plus guttural au fil des heures, alors que l'alcool remplaçait son sang, enflammant ses sens apparemment. Il n'avait pas la moindre pudeur, ses doigts glissant sur le corps féminin sans retenue, caressant la peau laissée nue par la robe carmin de satin.
Merlin. Il s'était vraiment passé quelque chose alors…
- Il t'as encore jeté… ?
Il grimaça en voyant Alexei poser sa bouche sur celle de la chanteuse, levant les yeux au ciel et se versant un nouveau verre qu'il avala rapidement alors qu'un gémissement à peine contenu s'échappait de la sorcière.
- Net… Il a fuit…
- Quoi ?
Fusillant la sorcière d'un regard mauvais, il soupira d'agacement. Allait-elle longtemps rester là, à lui lécher le cou ? Sans rire ? Personne n'avait-il le moindre sens de l'intimité ici ?
- Je l'ai embrassé… et...plus. Il a fui.
Écarquillant lentement les yeux, il se figea, bouche-bée. Par les putain de couilles de Salazar… Ils avaient fait quoi ?
- Développe ?
- J'ai...embrassé Ronald et je l'ai touché. Il a préféré s'en aller. Mais il était… zhestkiy… dur. Pour moi.
Merde. Sérieusement. Il y a certaines choses qu'il ne voulait ni savoir, ni imaginer. Et pendant une seconde, il eut une pensée émue pour Ron et toutes les allusions salaces que lui avait jeté Draco au visage….
Grimaçant à la pensée du blond, il repoussa toute pensée rapidement pour se reconcentrer sur son partenaire.
- Il a ...fui donc..?
- Da…
- Et...c'est quoi ça… ?
Il désigna la femme du menton, haussant un sourcil lentement.
- Une vengeance…?
- Une consolation Potter…
- Je vois…
Il garda pour lui le fait que, si jamais le roux l'apprenait, c'était évident qu'il aurait des problèmes. Parce qu'il était peu probable que Ron se laisse "toucher" par un type dont il n'avait rien à faire…
Et en même temps… Il avait du mal à imaginer que cela se soit vraiment passé… Mais si c'était le cas… Alexei était en train de faire n'importe quoi.
Était-il censé dire quelque chose ? Après tout, Blaise s'était toujours mêlé de leurs affaires… alors…
- Mauvaise idée Nazarov.
Il le vit hausser les épaules et fronça les sourcils quand la rousse se leva pour tenter de l'entraîner avec elle. Levant une main, il la posa sur le poignet du russe, dardant son regard vert sur la fille.
- Tire-toi d'ici.
- Quoi ?
- J'ai dit tire-toi.
Il ne sut si c'était la pression de sa magie ou les volutes sur son bras nu se mettant à bouger qui la convainquit, mais elle lâcha Alexei et recula, vexée, tournant les talons rapidement.
- Potter.
- Rassied-toi Nazarov. Tu aurais regretté d'y être allé.
- Aller où ?
Tournant vivement la tête, il se retrouvèrent face à Ron. Planté là, devant leur table, les bras croisés sur le torse, et apparemment, de mauvaise humeur.
Soupirant longuement, il ferma les yeux. Étalé sur le canapé du "petit salon vert" Malefoy, il grimaça en entendant le meuble délicat craquer sous son poids.
Merlin. Il était sûr que ce meuble coûtait plus cher que tout ce qu'ils avaient au terrier… Mais...il était épuisé et n'avait ni la force de conjurer un lit, ni l'envie de dormir par terre… Quant à demander une chambre… Hors de question.
Il ne pouvait pas décemment demander un truc pareil à Madame Malefoy…. pas maintenant. Pas dans ces circonstances… Alors il s'était trouvé une pièce vide, avait tiré tous les rideaux et s'était précautionneusement écroulé sur le sofa…
Bon. Il avait eu du mal à y placer l'entièreté de sa carcasse de joueur de Quidditch… mais...il avait plus ou moins trouvé une position potable et tentait maintenant de s'endormir.
Et comment, par Merlin, était-il censé dormir après "ça" ? Hein ?
Il avait beau chercher à ne surtout pas y penser, à ne pas revoir la scène et comment il avait pitoyablement terminé dans les toilettes. Se tournant, il manqua s'écraser au sol avant de gémir et de s'asseoir.
Il n'arriverait jamais à penser à autre chose.. Ce...c'était… Il était… Enfin...jamais il n'avait...c'était ridicule… Lui…
- Ron… ?
Il sursauta violemment et releva la tête, tombant droit sur Hermione qui avait entrouvert la porte et y avait passé la tête, le regard inquiet.
- Je peux entrer… ?
- Qu...quoi ? Ah..euh...ouais bien sûr…
Il la vit se faufiler doucement dans la pièce, refermant derrière elle, s'approchant jusqu'à le rejoindre, prenant place dans un des fauteuils en face de lui.
- Est-ce que ça va… ?
- Ouais…
Non. Ça n'allait pas du tout. Sa vie entière partait complètement à la dérive. Passant une main dans ses cheveux, il les ébouriffa encore plus, nerveux. Perdu. Inquiet. Honteux peut-être…
- Ça n'a pas vraiment l'air…
Haussant les épaules, il évita soigneusement son regard. Il était incapable de réellement lui mentir. Il n'avait jamais su et ne saurait jamais cacher quoi que ce soit à Hermione Granger.
- Je...Disons...que pour faciliter les choses, il se pourrait que je vous ai vu…
Relevant la tête dans un mouvement brusque, il grimaça quand sa nuque craqua dans un claquement sec, le faisant se raidir alors qu'il dévisageait la sorcière aux joues rouges tomates. La bouche sèche, il déglutit avec difficulté, s'y reprenant à deux fois pour arriver à formuler une phrase avec son pathétique petit cerveau qui venait d'imploser.
- Tu...tu as...q..vu..euh..qui...enfin..quoi ?
- Toi. Et Alexei.
- A...ah...o..oui on a euh...parlé.
- Oui. Avec sa langue dans ta bouche…
Plus aucun doute possible. Elle avait alors vraiment TOUT vu. Merlin, Morgane et cette fichue fée clochette ! Ouvrant et fermant la bouche sans arriver à aligner deux mots l'un avec l'autre, il resta coi.
- Écoutes...Je… suis venue parce que...j'avais comme l'impression que tu aurais peut-être...besoin de parler ?
Parler ? Non. Il avait surtout besoin de….. D'alcool. Voilà. De Whiskey Pur Feu. Il n'y en avait pas ici par hasard ?
- Je...suppose que...enfin non. Je vois parfaitement que tu es perturbé. Mais Ronald. Tu ne devrais pas. J'ai appris, en étudiant le Monde Sorcier, que la communauté sorcière n'avait ce genre de préjugés stupides partagés par les Moldus concernant la sexualité.
Parfait. C'était parfaitement parfait. Parler de...sexe avec son ancienne copine et… presque soeur…
- Et je tenais à te dire que après tout, homme ou femme, ce qui compte c'est que tu aimes ce que tu fais. Le reste n'a pas la moindre importance. Penser autrement serait être aussi étriqué et ridicule que les sbires stupides de Tu-Sais-Qui. Et Ronald. Tu ne veux pas être comme eux. Je le sais.
Mais il aimait les femmes ! Il avait imaginé une famille, des enfants et… pas le corps sculpté de ce russe et ses t-shirt licorne… et.. sa langue.
- Je te connais depuis suffisamment longtemps pour savoir que, malgré ta manière tout à fait agaçante de t'entêter, tu es quelqu'un de merveilleux et… je suis sûre que vous iriez parfaitement ensemble !
Il la regarda parler, décrochant complètement de son petit laïus débité de son ton docte et avec ce regard un peu inquiet et plein de douceur. Il l'aimait vraiment Hermione.
Et...Peut-être que de savoir qu'elle se fichait pas mal de qui mettait sa langue dans sa bouche, le soulageait quelque peu… Sauf que…
- Il est trop...différent de moi Herm'...
- Et alors ? Peut-être que cela vous ferait du bien justement…
Il ricana doucement, passant une main dans ses cheveux pour les repousser en arrière.
- Je sais pas… Ce...c'est un mec et je sais pas comment on se conduit avec eux…
- Et bien… Je dirais que tu n'as pas grand chose à faire vu comme il te poursuit…
Le petit sourire en coin de la sorcière le fit lever les yeux en l'air, rougissant.
- C'est une Langue-de-plomb… Et il… est dangereux…
Elle rit et secoua la tête, haussant les épaules avant de venir s'asseoir à côté de lui sur le canapé, étalant ses jambes sur ses genoux, comme quand ils étaient dans la salle commune des Gryffondors, dans un geste si naturel que c'était apaisant.
- Pas tellement plus que Harry si tu veux mon avis… Ou d'autres personnes de notre connaissance. Mais si tu veux tout savoir, je me suis dit pareil de Blaise à l'époque et aujourd'hui je ne regrette pas.
- Blaise ?
- Exact. Dois-je te rappeler qui est sa mère…? Ou de quelle maison il vient ? Ce n'est pas un enfant de cœur et tout un pan de sa vie reste un peu trop sombre à mon goût… Mais il m'apporte autre chose. Il n'est pas que ça. Comme je ne suis pas qu'une Sang-mêlée… Ne t'attarde pas sur ça…
Elle n'avait pas tort et il n'y avait jamais pensé… Mais Blaise, malgré ses airs de mec détendu et ses sourires constants, était un vrai danger. Il avait suffisamment entendu de rumeurs à propos de sa mère lorsqu'il faisait partie de l'Ordre, pour comprendre que, quiconque élevé par cette femme, n'était pas à prendre à la légère.
- Vous vous êtes réconciliés au fait ?
- Réconciliés ?
- Je l'ai entendu te parler comme à un elfe…
- Ah… Il s'est excusé… Étrangement, il a beau être borné et tranchant, il sait parfaitement reconnaître quand il va trop loin… Il s'excuse toujours…
- Contrairement à certains…
Il vit son visage s'assombrir et hocher lentement la tête.
- Tu sais où il est ?
- Non… Il a transplané apparemment.
- Tout seul ?
- Je suppose qu'il a été le rejoindre…
- Tu crois qu'on devrait s'inquiéter ?
- ….Avec Harry ? Sûrement.
La sorcière soupira longuement avant de récupérer un coussin et de le serrer contre sa poitrine, les sourcils froncés.
- Ron…
Il connaissait cet air. Ce visage froissé par la contrariété d'une énigme non résolue. Ça recommençait c'est ça ?
- Est-ce que tu sais ce que veut le groupe de Circé… ?
- Des reliques c'est ça ? Je l'ai vaguement entendu avant de partir avec le groupe d'intervention.
- Mn… Pas n'importe lesquelles.
- Comment ça ?
- Ils cherchent nos reliques.
- Nos reliques ?
Le regard mi-exaspéré, mi-blasé d'Hermione alluma brusquement la lumière dans son cerveau embourbé dans ses problèmes de cœur. Merlin. Sans déconner ?
- Merde…
- Comme tu dis…
- Est-ce que quelqu'un d'autre que nous sait ?
- Aucune idée… Mais… Est-ce que tu pourrais tendre l'oreille au bureau ?
- O..ouais bien sûr…
Gémissant, il passa une main lasse sur son visage. Harry avait vraiment une sorte de don pour les situations foireuses.
- Merci…
- Et toi ?
- Moi, je vais reprendre le livre du Professeur Dumbledore. Je dois vérifier quelques petits détails…
- Détails ?
- Je t'en parlerai plus tard…
Il la sentit se lever doucement avant de la voir se pencher sur lui, ses lèvres se posant sur sa joue.
- Ne te pose pas trop de questions. Et tiens moi au courant si tu entends quelque chose.
Un petit sourire et elle s'était éclipsée. Aussi rapide et légère que si elle était sur un balais.
Bon.
Il ne lui restait plus qu'à retrouver le sauveur du Monde Sorcier… Et prier pour que son...petit problème ne l'accompagne pas.
Le son s'était arrêté… Il n'entendait plus que les voix donner des ordres.
Ses mains étaient glacées… Il ne sentait plus ses doigts…
Le goût du sang dans la bouche, il expira difficilement, incapable de produire le moindre son.
Ils étaient si proches...
Hominum Revelio.
- Gavno
Merde. C'était le cas de le dire. Juste derrière lui se tenait Ronald Weasley.
Le sorcier roux le fixait, le visage neutre, les bras croisés sur son torse et il le vit lentement dévier son regard sur la fille qui venait de quitter ses genoux.
Qu'est-ce qu'il avait vu exactement… ?
- Harry.
- Ron.
Fronçant les sourcils, il nota que le foutu survivant venait de lever son shot de vodka à son nom, l'avant ensuite d'une traite. Il avait le regard légèrement vitreux et les joues rouges. Il était pas loin de sa consommation limite…
- Tu devrais rentrer.
- T'es pas ma mère Ron…
Se laissant lentement tomber sur la banquette, il renversa la tête en arrière et termina directement sa bouteille d'alcool au goulot, le liquide transparent brûlant ses entrailles sans la moindre pitié.
- Viens t'asseoir avec nous Ronald.
Seul le silence lui répondit et il se crispa quand la carcasse immense du sorcier s'affala à sa droite. Il avait préféré ne pas lui faire face alors… Intéressant. Écartant lentement les cuisses, il appuya son genou contre le sien, l'air de rien.
Il s'écarta.
Immobile, les sourcils froncés, il semblait plus que mal à l'aise. Tendu et pas à sa place, il avait les joues un peu rouges.
- Mon pote… Tu crois vraiment que c'est le moment de te noyer dans l'alcool… ?
- Précisément… Et il semblerait que t'en ai besoin aussi…
- Non. Merci.
Il s'était encore raidis un peu plus. A ce stade, dans quelques minutes, sa colonne vertébrale se briserait sous leurs yeux…
Levant une main, il la laissa frôler l'épaule du roux, alors qu'il commandait encore à boire. Parce que l'avoir sous les yeux était beaucoup trop tentant… Et que brusquement, toutes les femelles rousses de la salle lui paraissaient ridicules… Et fades.
- Moi je crois que si… Tu sembles tendu…
- Je vais bien. C'est pas important.
- Vraiment Ronald… ? Pas important ?
Il avait fait rouler lentement son prénom sur sa langue, son accent ressortant, sa voix rauque d'avoir trop bu. Il le savoura, provoquant, une pointe de colère acide se mêlant à son sourire carnassier. Il voulait se battre contre lui… ?
- T'as bien entendu Nazarov… Certaines choses ne valent pas la peine qu'on s'y attarde…
Le survivant observait leur échange sans en perdre un mot, les yeux plissés. Il aurait pu jurer sur la tête de sa putain de mère qu'il souriait intérieurement.
- Tu ne semblais pas si indifférent à la maison du Slizerin…
- J'ai repris mes esprits entre-temps… Toi aussi non ? Merry semblait bien assise sur toi.
Le petit ricanement du brun en face d'eux lui arracha un grognement. Il avait tout vu… Et il retint brusquement un sourire.
Il était… ?
- Tu es jaloux Ronald… ? Tu aurais aimé être sur mes genoux à sa place ?
Il s'était lentement tourné vers lui, observant son visage. Notant que sa nuque devenait rose alors qu'il pinçait les lèvres.
- Non
- Menteur… tu aurais vraiment aimé t'asseoir là…
Provoquant, il s'affala contre le dossier de la banquette de bois, écartant encore ses jambes, passant un bras derrière ron, utilisant son autre main pour tapoter sa cuisse, se léchant les lèvres.
Mais rien ne l'aurait jamais préparé à ça. Et à posteriori, cette scène resterait un de ses plus grand fantasme.
Alors que la minute d'avant, il était en train de le provoquer, celle d'après, il s'était retrouvé avec la main du roux sur la gorge, qui serrait, tirant sur son pull. Son visage à quelques centimètres du sien, la colère peinte sur son visage, le corps écrasé sous le sien, sa tête cognant fortement le bois.
- Je t'explique Nazarov… Je suis pas...une chose que tu peux...utiliser t'as compris ? Je suis pas un jouet. Ni ton sextoy ou je sais pas quoi… Tu m'embrasses pas pour aller fourrer ta langue je sais pas où après… Tu me touches pas pour aller t'envoyer en l'air derrière. Et ensuite, tu me le jette pas au visage.
Il pouvait sentir la fumée de cigarette dans son haleine, sa peau brûlante contre son cou, ses ongles s'enfonçant dans sa peau et la griffant. A moitié allongé sur la banquette, le roux le dominant de toute sa stature, il dû littéralement se retenir de gémir d'envie.
- T'es un enfoiré Nazarov...je...tu...t'es là...à..à me faire penser à tout ces trucs… J'y avais jamais...je...c'était la première…
Il était rouge tomate maintenant… Mais il pouvait voir la colère toujours présente sur ses traits. La crispation de sa mâchoire, sa main tremblante. Sauf que… Ses yeux c'était tout autre chose. Il pouvait parfaitement lire l'hésitation au fond. Et puis une sorte de déception ou… de résignation.
Merde. Il aurait jamais pu faire pire s'il l'avait voulu. Ronald Weasley était ce genre de personne… De celle qui pensait qu'elle ne valait rien… Et que si on le trahissait c'était de leur faute…Que c'était le juste déroulement des choses... Ce genre de personne qui ne vous avouait jamais quand ils étaient blessés… Mais qui, ensuite, mettait cette distance neutre entre vous… Qui ne se laissait plus approcher…
De celles… qui vous fermaient la porte au nez pour ne plus jamais la rouvrir…
Levant une main, il tenta d'attrapper la chemise du roux pour le tirer vers lui. Il avait une catastrophe à rattraper… Sauf qu'il se prit brusquement un coup de tête dans le nez.
Poussant un grondement de douleur, il porta immédiatement sa main à son visage, grimaçant alors que l'odeur du sang emplissait ses narines. Écarquillant les yeux, il releva la tête pour voir le roux se redresser, le toisant de haut en bas. Le visage fermé.
- Va te faire foutre.
Il l'avait frappé… Personne ne l'avait...frappé comme ça… Pour le repousser. On ne le repoussait pas en général…
Y'avait bien des types qui avaient tenté de le buter mais… c'était pour des trucs sérieux… Là…
Se redressant complètement, il le vit tourner les talons et se frayer un chemin dans la foule. Il plissa les yeux alors que plusieurs femmes suivaient sa progression jusqu'à la porte.
- C'est bien fait….
- Il m'a frappé…
- Ouais.
- … Je veux Ronald.
- Bonne chance.
Il avait attendu des heures entières. Après avoir été obligé de supporter leur présence et leurs discussions stupides. Il les avait vu les uns après les autres défilés devant lui avant de perdre patience et de renvoyer tout le monde.
Il avait besoin de silence. Ou de lui. Peu importe, mais, pour le moment, il n'avait ni l'un, ni l'autre et c'était inacceptable.
Ouvrant la porte de la bibliothèque, il fronça les sourcils en constatant qu'elle était vide. Enfin. Si la présence tout à fait dérangeante d'une fouine pouvait être ignorée.
Il dévisagea le petit animal qui dormait roulé en boule sur un des fauteuils près de la cheminée et se crispa. Il détestait les animaux. C'était, à son sens, une hérésie. Soit ils étaient utiles aux sorciers, soit ils finissaient en ingrédients. C'était tout. Il n'avait d'ailleurs jamais compris pourquoi les sorciers se gaussaient d'avoir des familiers.
Sans parler que dans leur monde, allez savoir qui se cachait sous les traits d'un simple animal… L'histoire de Pettigrew l'avait suffisamment dégoûté pour qu'il n'héberge jamais quoi que ce soit chez lui.
Par Merlin.
Soupirant d'agacement, il allait tourner les talons quand il entendit la porte du manoir claquer. Sortant de la pièce, il haussa un sourcil avec circonspection.
Que faisait Weasley là…? Et pourquoi avait-il l'air si en colère… ? Rectification. Il semblait à deux doigts d'exploser. Il claqua la porte si fort que plusieurs tableaux lui jetèrent un regard noir…
- Weasley ?
- Malefoy ?
- Il est là !
- Poussez-vous Weasley par Salazar !
Les cris. Sa vision était trouble et il avait du mal à réfléchir à cause de la douleur mais il aurait reconnu le ton glacial partout.
Il sentit les chaînes lui être retirées des poignets alors qu'il s'effondrait en douceur sur le sol, tout son corps endoloris.
La voix psalmodiait des incantations alors que les sorts, petit à petit, le faisait se fondre dans un monde sans douleur.
- Malefoy est vivant !
Par Salazar. Evidemment qu'il était vivant. Et ceux qui étaient responsable de tout ça le paierait de leur vies.
Foi de Draco.
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Bon. J'aurais été incapable de tuer Draco... Déjà j'aurais beaucoup trop pleuré et ensuite...Mon Drarry aurait plus eut aucun sens... J'espère que ce chapitre vous a plus, notamment le développement de l'intrigue mais surtout... Ron et Alexei. Perso j'ai le crush sur ce pairing !
Plein d'amour sur vous.
