Bonjour à tous,
Alors tout d'abord, merci à tout ceux qui ont prit la peine de me mettre un commentaire sur le chapitre 6, merci également aux Guest qui, cette fois, se sont aussi mis à commenter. Votre soutient reste le plus précieux des atout pour continuer à écrire et je ne cesserai jamais de défendre ça. Sans vous, y'a pas d'histoire.
Sans vos retours, sans vos commentaires, comment savoir si l'histoire est bien ? Si l'intrigue accroche ou si les personnages sont attachants ? Bah on peut pas. Vous êtes primordiaux, chacun d'entre vous, à la bonne publication sur ce site de ce que j'écris.
Alors quand je vous dit que j'ai besoin de review, c'est pas pour flatter mon égo.. C'est pour savoir si je suis toujours sur la bonne voie pour vous publier quelque chose de qualité... Un chapitre qui sera suffisamment intéressant pour changer un peu votre journée...
Bref... Vous êtes, tous autant que vous êtes, et tout autant que moi, les architectes de cette histoire.
Merci à tous pour votre soutient.
Plein d'amour !
Enjoy
Chapitre 7
Toisant le sorcier roux de toute sa hauteur, il s'agaca intérieurement que ce type soit aussi grand et soupira.
- Où est Potter ?
- Quoi…?
Cet imbécile le fixait, les yeux grands ouverts, l'air passablement stupide. S'il avait dû le comparer au règne animal, Weasley aurait été un… poisson. Avec son air interdit, les yeux ronds et la mâchoire béante. Tss.
Grognant, il haussa les épaules, ignorant la douleur fulgurante qui partit de son épaule pour secouer son bras droit qu'il tenait en écharpe.
- Potter. Tu sais, le sorcier qui a sauvé le monde il y a quelque temps ?
- …
Bien. Il semblait finalement que cette discussion allait être bien plus chronophage que prévue... Et elle allait encore rendre sa journée encore plus détestable que ce qu'elle n'avait déjà été.
Pas qu'il ne se plaigne d'avoir - enfin - été récupéré par une horde d'Aurores incompétents, loin de là, même si, à son sens, ils auraient certainement besoin de revoir leurs compétences au vu du temps qu'il avait passé aux mains de ses ravisseurs. Mais, il fallait dire qu'il avait vécu des jours meilleurs.
- Weasmoche ?
- Tu vas bien ?
- Merveilleux. Où. Est. Potter ?
Sa patience venait de partir en fumée. Là, tout de suite. Merlin. Il savait dans quel état pitoyable il avait été trouvé. Il se rappellait parfaitement les sorts, son bras brisé, les doloris, le goût du sang et son odeur… Il savait que Weasley avait été le premier à le trouver derrière un sort de dissimulation et qu'il avait été passablement choqué…
Mais par les attributs du Lord en personne, il allait bien à présent! Son parrain s'était fait un devoir de le soigner. Il l'avait consciencieusement gavé de potions en tout genre, au point de lui donner une nausée insupportable. Mais le Maître des Potions s'était contenté de le fixer, impassible, se fichant comme de sa première cape de ses plaintes et réclamations.
Il avait senti ses os se ressouder, ses articulations s'emboîter à nouveau, sa douleur s'atténuer… Il avait senti la brûlure caractéristique de son sang se régénérer, ses forces lui revenir et son esprit se remettre à fonctionner petit à petit.
Il avait ensuite dû supporter la présence de ses parents. Sa mère et ses larmes contenues, ses yeux rougis. Son père et son air pincé alors que son regard laissait parfaitement entrevoir son soulagement. Il savait que tout cela était normal… Qu'il ne pouvait leur en vouloir de le revoir en vie… Mais il avait besoin d'autre chose.
Et les aurores. Les questions.
Salazar. Il en aurait hurlé de frustration. Personne n'avait-il la moindre once de respect dans cette maison ? Il voulait du calme. Et finalement, son parrain avait enfin noté qu'il perdait son calme et avait fait évacuer la chambre du blond en quelques paroles glaciales.
Et il s'était retrouvé seul. Cuvant les potions qu'on l'avait forcé à ingurgiter. Ses yeux lourds de sommeil, il avait lutté, jusqu'à ce qu'elles ne finissent par l'assommer, le brouhaha de conversations au rez-de-chaussée le berçant presque.
Quand il s'était réveillé, plusieurs heures plus tard, il lui avait fallu un moment pour comprendre qu'il avait dormi quasiment une journée entière… Et, en conséquence, il allait, physiquement, beaucoup mieux. Précautionneusement, il s'était assis au bord de son lit, testant chacun de ses membres, notant les hématomes sur sa peau qui mettraient certainement quelque temps à s'estomper.
Se levant, il s'était rendu devant le miroir et avait laisser ses yeux dériver sur son corps. Merlin.
Saisissant sa baguette, qui, apparemment, avait été retrouvée et posée sur sa table de chevet, il s'était immédiatement lancé plusieurs sorts. Propre, coiffé et habillé, il avait ensuite invoqué une écharpe afin de soutenir son bras droit qui ne semblait, lui, pas encore remis.
Et alors, il avait quitté sa chambre. Peu importe qu'il soit quasiment minuit, il avait quelqu'un à voir. Quelqu'un qui n'avait pas pris la peine de le visiter. Et qui avait intérêt à avoir une bonne excuse.
Draco Malefoy se tenait là, devant lui. Par les putains de cornes du diable en personne ! Il ne pouvait pas y croire.
Le blond avait été retrouvé depuis maintenant à peu près trente-six heures et dans un état… Il avait presque vomi quand il l'avait vu apparaître devant lui. Et rien que d'y penser, il sentit une sueur froide parcourir son dos.
Draco Malefoy avait été retrouvé enchaîné derrière un sort de dissimulation dans le sous-sol de la boutique d'artéfact magique abandonnée de l'allée des Embrumes.
Les vêtements en lambeau, les poignets entourés de lourdes chaînes, suspendu par les mains à une poutre, les épaules déboitées à cause de son poids, on aurait dit une marionnette sans vie.
Chacune de ses articulations avaient été disloquées d'ailleurs, l'empêchant de faire le moindre mouvement. Et il pendait là, devant lui, le regard gris vidé de toute émotion. Le visage impassible. Se balançant légèrement à cause d'un courant d'air.
A ses pieds, une petite flaque de sang. Il en avait plein sur le visage et il gouttait doucement à ses pieds, glissant de son menton pour s'écraser au sol. Mais ce n'était pas le sien… C'était celui de la victime qu'ils avaient d'abord trouver…
Le sorcier blond qui avait été torturé et quasiment éviscéré au rez-de-chaussée afin de laisser penser au premier abord qu'il s'agissait de l'héritier Malefoy. Sans la présence d'esprit de Snape qui avait juré qu'il ne s'agissait pas de son filleul, personne n'aurait pensé à fouiller plus loin…
Merlin merci… Il avait découvert la trappe sous le vieux tapis rongé aux mites… Il était descendu et avait longuement fixé l'espèce de petite pièce humide avant de tester chaque mur… Quand un de ses sort avait rebondi, il n'avait plus hésité et avait murmuré l'incantation… Et il l'avait vu.
Il était resté figé une seconde avant de se ruer vers lui, hurlant qu'il l'avait trouvé. Et puis tout le monde s'était entassé dans le sous-sol, Snape en premier.
Alors...Le voir là, debout, le teint pâle mais avec ce regard plein de morgue était… rassurant et effrayant à la fois…
Quand il avait raconté à Harry ce qu'il avait vu… Ou plutôt quand il lui avait partagé son souvenir, il l'avait vu se précipiter aux toilettes pour vomir… et se renfermer sur lui-même.
Alors la longue attente avait débuté. Snape avait donné les premiers soins, s'assurant que son filleul tombe rapidement dans une sorte de sommeil sans rêve alors que des Médico-mages débarquaient de Saint-Mangouste, prenant le relais.
De ce qu'il avait entendu, les soins avaient pratiquement duré douze heures avant qu'ils ne sortent de la chambre, annonçant à une Narcissa effondrée de soulagement qu'il allait s'en sortir. Qu'ils avaient fait en sorte que son corps récupère quasiment totalement et qu'à présent, il s'agirait uniquement de lui donner du temps.
Alors seulement, tout s'était calmé… De nombreux sorciers avaient quitté les lieux, laissant la famille Malefoy aux côtés des Snape. Et il y en avaient d'autres comme Blaise qui avait refusé de partir tant que Draco ne serait pas réveillé… Hermione avait évidemment suivi… et lui aussi…
Et… Nazarov pour Harry. Mais ça, il ne préférait pas y penser… Parce qu'il était, de base, revenu récupérer ses affaires avant de se barrer d'ici. Pas question de recroiser l'autre con.
Mais ce n'était pas son jour de chance… Parce qu'il avait fallu qu'il croise un sorcier blond de sale humeur à pratiquement minuit passé… Et que ce même sorcier veuille absolument rejoindre le Sauveur du Monde.
- Euh… Sorti…
- Tu te fiches de moi Weasley ?
- Si seulement…
- Nous avons besoin de cette Relique ! Comment est-ce que vous avez pu échouer ? Vous aviez Potter à votre merci !
Le sort partit, éclairant vaguement les cachots où ils se trouvaient, laissant deviner la silhouette de plusieurs personnes dispersées dans la pièce alors que l'une d'elles s'écroulait au sol telle une poupée de chiffon dans un bruit mat. Morte.
- C'...c'était un piège… Les aurores sont intervenus avant que nous ne puissions extraire…
- Je m'en fiche !
Un second éclat vert et le silence tomba brusquement, uniquement brisé par le râle d'agonie de la seconde silhouette maintenant au sol.
- Et maintenant ?
La voix, dénuée de toute émotion, venait du coin le plus reculé de la pièce, impossible de distinguer quoi que ce soit dans l'obscurité. Et de toute manière, chaque sorcier présent était revêtu d'au moins un sort de glamour et certains plusieurs artéfacts masquant leurs réelles identités.
- On change de plan. Il ne sera plus possible d'approcher l'héritier. Mais Monsieur Potter semble avoir de nombreuses personnes qui gravitent dans son petit univers.
- La sang-de-bourbe ?
- Non. Pas encore. Prenez-vous en plutôt au fils Weasley. Voilà qui devrait à nouveau ébranler quelque peu les vingt-six. Je me réjouis de voir leurs têtes à la prochaine "Garden Party".
Un ricanement résonna à sa droite et il sourit.
- Ne laissez aucun indice… Rien. Contentez-vous de vous occuper de lui. La prochaine à avoir un "accident" sera la demi-sang.
- Bien. Je suppose qu'on peut y aller alors ?
- Oui. Évitez d'utiliser la magie cette fois. Les Langues-de-Plomb sont sur nos traces…
- A la Moldu alors…
- Exactement.
Une seconde plus tard, chacune des silhouettes disparaissait dans un claquement sec, laissant la cave du manoir désertée.
Il passa lentement une main dans ses cheveux et sourit. La baguette. La cape. Et la pierre. Tout cela n'était pas qu'une légende… Il savait qu'elles existaient et qu'avec elles, il deviendrait absolument invincible.
D'autres sorciers, au fil du temps, s'étaient lancés dans la quête des Reliques partout dans le monde… Mais tous avaient échoué à les réunir en un seul et même endroit. Cette guerre souterraine durait depuis des générations au sein des différents covents de sorciers.
Et au fur et à mesure, les reliques avaient été déplacées, perdues, puis retrouvées, revenant au grand jour alors qu'on les pensait détruites.
La baguette de sureau… Il l'avait vue par hasard… Dans la Gazette du sorcier alors que le pathétique feuillet à ragot à peine bon à jeter faisait l'éloge funèbre du Grand Albus Dumbledore.
D'abord, il n'en n'avait pas cru ses yeux. C'était impossible. Il posait devant l'école de Poudlard fièrement, sa baguette à la main. Cette baguette à la forme si reconnaissable…
La photo datait de son accession au rang de directeur en 1965 mais il n'y avait aucun doute. Il s'était alors intéressé de près à l'ancien illustre sorcier, retraçant sa vie pas après pas, ricanant de découvrir tous ses sales petits secrets, déterrant les cadavres du placard du soi-disant homme qui avait mené la guerre pour le "Plus Grand Bien".
Merlin tout puissant. Cet homme était un simple fourbe. Un sale petit intriguant qui avait manipulé des centaines de personnes durant des années, parachevant son œuvre avec le Sauveur du Monde.
Harry Potter.
Ce gamin des rues tout juste bon à récurer son sol… Était maintenant admiré de tous et osait encore s'en plaindre. Lui qui, dans son incroyable ignorance, préférant se draper de son auto-apitoiement, n'avait même pas noté le trésor qu'il possédait.
Parce que oui. Harry Potter possédait la cape et la baguette… Si la cape devait se trouver en sécurité au Manoir Snape, la baguette, elle, il n'en n'avait trouvé aucune trace…
Harry Potter était le dernier à avoir vu Albus Dumbledore. Il devait donc le savoir. Il l'avait cachée, il en était persuadé. Tout comme il était persuadé que le vieux fou avait tout fait pour le lancer sur cette piste… Sans pour autant lui dire les choses.
Non. Non il préférait voir ses pions jouer et se battre avec une fatalité dont ils ignoraient tout jusqu'au dernier instant. Il les tenaient dans le creux de la paume de ses mains, prêt à les écraser au moindre faux pas.
Il avait beau penser de lui qu'il était qu'un désaxé… Il ne pouvait s'empêcher d'admirer le génie du sorcier. Il avait, sans que personne ne le remarque jamais, été bien pire que Grindelwald… Bien pire que Voldemort…
Il savait qu'ils allaient devenir des dangers. Il les avait façonnés tous les deux de ses mains… les entraînant sur les chemins qu'il avait construit pour eux, utilisant leurs actions comme miroir des siennes, s'érigeant au poste de sauveur…
Il en avait des frissons d'excitation rien que d'y penser. Car même au-delà de la mort, il avait fait en sorte de piéger ses pions… Tous ici jouaient leur rôle à merveille.
Bougeant comme sur un échiquier, suivant les coups d'avance du Directeur aveuglément. Incapable de se rendre compte de la réalité, manipulés tels des Marionnettes.
Oui.
Les marionnettes le fascinaient. Ces poupées désarticulées que l'on pouvait manipuler avec ses dix doigts, les forçant à faire tout ce qu'on veut…
Il rit doucement en pensant à Draco. Avaient-ils déjà ré-emboité toutes ses articulations… ? Probablement.
Il était si beau accroché ainsi. Dommage.
Bien… Il était temps à présent. Sortant lentement sa montre à gousset sorcière, il sourit. Il avait rendez-vous dans moins d'une heure pour la soirée.
Quitter le bar après ça avait été plus simple que prévu. Nazarov s'était enfermé dans le silence et avait quasiment bu à lui tout seul deux bouteilles de Vodka Sorcière. Celle qui vous gelait les entrailles et vous faisait expirer des nuages de condensation.
Et pourtant, le russe tenait toujours debout. Il avait le regard légèrement vitreux mais c'était tout. Et Harry était à peu près persuadé que cet état là ne le désaventageait en rien. Pire. Cela le rendait probablement encore plus prompt à tuer le premier qui viendrait lui chercher des noises. Alors quand il avait suggéré de rentrer, il s'était contenté de hocher la tête et l'avait suivi sans histoire.
Non. Ce qui avait été compliqué… C'était de rentrer.. Parce que quand ils étaient arrivés devant le Manoir Malefoy c'était pour tomber sur eux.
Ah… Ils avaient tous les deux des problèmes en fait… Et maintenant qu'il y pensait, ils avaient dû avoir l'air bien cons tous les deux, imbibés d'alcool, faisant face à Draco et Ron…
Tournant lentement son regard sur la gauche, il observa la silhouette endormie. Le bras en écharpe. Les hématomes. Et il grimaça. Ces marques lui rappellaient trop ce qu'il avait vécu.
Sauf que, de les voir sur sa peau à lui, c'était bien pire que ce qu'il avait imaginé. Il s'en voulait.
Il ne pouvait pas faire autrement. C'était comme ça. Il s'en voulait à mort de savoir qu'il était de nouveau à l'origine de ce genre de problème. Et cela venait creuser encore un peu son sentiment de solitude.
Passant une main sur son visage, il se repassa la scène lentement dans sa tête….
Ils étaient arrivés, tant bien que mal, jusqu'au Manoir, ayant évité de transplaner parce qu'avec la moitié du sang transformé en alcool il était peu probable qu'ils échappent à une désartibulation. Alors ils avaient utilisé un service de portoloin en libre service pour sorciers alcoolisés. Et c'est donc chancelant pour Nazarov, et au sol pour lui, qu'ils avaient atterri aux limites de la propriété Malefoy.
Il avait la nausée… Mais ça, c'était avant d'entendre sa voix.
- Bah alors Potty… On sait plus marcher ?
Relevant brusquement la tête, il tomba sur le regard glacial du blond. Habillé comme s'il ne s'était jamais rien passé, il le toisait, quelques pas plus loin. A sa droite, un peu en retrait se tenait Ron. Et il ne semblait pas plus ravi que ça d'être là.
- Malefoy…
- Je vois que l'alcool n'a, au moins, pas noyé tes derniers neurones.
Il ne remarqua même pas le moment où Ron fit demi-tour, Nazarov se lançant presque aussitôt à sa poursuite. Il était trop occupé à le détailler du regard.
Il n'avait pas pû aller le voir. D'abord parce qu'on lui avait interdit de déranger les soins… Ensuite parce qu'on lui a dit que sa magie, qui avait tendance à répondre à ses émotions et déborder, pouvait entraver la récupération du blond.
Alors il s'était tenu à l'écart… Soigneusement. Malgré l'envie étouffante qu'il avait de vérifier que ça allait… Il ne pouvait pas se permettre de le blesser. Encore.
Il se releva et s'écarta d'un pas.
- Qu'est-ce-que tu fais Potter… ?
Ce qu'il faisait… Il n'en avait aucune idée. Il était se sentait...emprunté… Stupide. Il l'avait là, devant lui, et la seule envie qu'il avait c'était de lui demander de l'aider. De l'aider à respirer de nouveau.
Mais...il ne pouvait décemment pas faire une chose pareille… De un… il était adulte… et de deux… Il n'était pas celui qui avait souffert. Pas cette fois. Les mots de Blaise lui brûlaient encore les tempes. "c'est ta faute". "Ne joues pas les divas". "Ici, il n'est plus question de toi mais de lui".
- Je… On m'a dit...d'éviter de trop t'approcher. A cause de ma magie.
- Ah vraiment.
- Oui… Elle "déborde trop"...Est-ce-que…
- Si tu me demandes si ça va Potter, je risque de te faire mal.
Il était en colère. Plutôt logique. Mais, cette fois, il avait comme l'impression que ce n'était pas contre lui… ?
- Viens ici.
- Non.
- Potter vient ici. Sinon il se pourrait bien que je refuse les soins ces prochains jours.
Le petit enfoiré le fixait avec son sourire arrogant. Il savait parfaitement comment le manipuler. Fronçant lentement les sourcils, il s'approcha. Prudemment.
- Qu'est-ce que tu veux Malefoy….?
- Toi Potter. Alors viens. Ici.
- Je ne…
Il n'avait pas eu le temps de terminer. Le blond, apparemment à bout de patience, venait de faire un pas, se saisir de son poignet et, dans un claquement, ils transplanèrent. Une seconde plus tard, il se retrouvait plaqué sur le dos, sur le lit à baldaquin de velours vert qu'il connaissait parfaitement.
- Bordel Malefoy ! Mais qu'est-ce que tu fous ? Je ne suis même pas sûr que t'es censé transplaner dans ton état et…
- Tais-toi.
Le blond, assis sur lui, les mains posées sur ses épaules pour l'empêcher de bouger, avait la tête baissée, ses cheveux cachant en partie son visage. Et la colère qui grondait en lui s'évanouit.
- Malefoy… ?
- Potter.
- …. Je… est-ce que…
- Non.
Il le vit prendre une lente inspiration.
- Écoutes-moi bien Potter. Juste pour l'instant… tu la fermes. Ca fait quasiment vingt-quatre heures que j'attends de… Peu importe.
- Okay…
Il...n'avait pas besoin de plus… c'était de nouveau cette sorte de contrat muet entre eux… Cette clause de leurs relation qui leur permettait de demander à l'autre de mettre sur pause le temps entre eux. C'était une sensation étrange. C'était leur signal. Celui pour pouvoir s'enfermer dans cette bulle. Celle où ils avaient le droit de craquer. De laisser aller tout ce qu'ils n'avaient pas le droit de dire face au monde.
Lui en tant que sauveur. Lui en tant qu'héritier. Lui en tant que Langue-de-Plomb. Lui en tant que Sang-Pur. Lui en tant que Sorcier puissant. Lui en tant que puissant financier…
Ces enfoirés Potter… Je vais les retrouver et leur faire payer ce qu'ils m'ont fait… Il m'a déboité chacune des articulations… et ça le faisait rire…
Il déglutit, son ventre se nouant, se mordant la lèvre pour contrôler la magie qui s'éveillait dans ses entrailles, picotant sa peau doucement. Il savait ce qu'il avait vécu. Il l'avait vu dans la pensine du père de Malefoy quand Ron les avait extraits de sa tempe. Étouffant la rage et la haine qui menaçaient de le submerger, il ferma les yeux une seconde.
- Comment t'as fait, Potter ?
- Quoi…?
- Pour encaisser les coups pendant des années… ?
- Je sais pas...Je pense qu'on s'y habitue…
- T'as aucune fierté.
- Et toi t'en as trop…
Il le sentit s'affaler lentement sur lui, glisser ses lèvres sur sa joue. Il lui avait manqué… Il… Non. C'était peut-être au-delà de cette sensation… Il avait appris à fonctionner sans lui. Mais il n'aimait pas ça…
Il leva une main tremblante, osant à peine le toucher. Il avait été… torturé alors…
- Je ne suis pas en sucre, par Merlin, Potter. Et maintenant crache le morceau.
Il le sentit s'emparer de son menton, ses doigts, froids, le forcèrent à lever le visage et le regarder. Il le fixait de ses yeux gris. Il ne semblait...ni effrayé… ni inquiet. Il n'avait même pas l'air d'avoir mal. Il avait...l'air en colère.
Et en comparaison, il se sentait comme un enfant. Parce que la peur l'avait dévoré, consummé toutes ces heures durant. Il avait manqué d'air trop longtemps et ses poumons le brûlaient horriblement. Il n'avait aucune chance de lui mentir. De lui cacher. Et..si lui ne disait rien...Alors le blond resterai muet lui aussi.
- Je suis vivant Potter. Respire.
Il secoua la tête. La gorge nouée. Il avait vraiment cru à la possibilité de le perdre. Vraiment envisagé l'après. Il avait dû imaginer ce qu'il ferait sans lui. Il avait… Il s'était...préparé à ça… A ne plus le voir. A ne plus l'entendre. A ne plus le toucher.
Il avait repoussé l'angoisse et l'asphyxie pendant des heures, luttant avec ce qu'il pouvait, s'accrochant stupidement à certains objets. Et il avait tourné leurs relation dans tous les sens. Il avait réfléchi à tout ce qu'ils s'étaient dit ou pas.
Il avait respiré l'odeur acide de la peur les quelques fois où un souffle d'air avait réussi à se frayer un chemin dans son corps. Est-ce que c'était malsain de l'aimer comme ça… ?
Il n'en avait pas la moindre idée… Mais, pendant ces heures d'attente, il s'était même demandé si être ensemble était vraiment une bonne chose. Il s'était demandé si deux personnes pouvaient vraiment grandir, évoluer et construire quelque chose de bien en étant dépendantes l'une de l'autre.
Et puis, il avait alors envisagé de ne plus être avec lui. Et il ne savait pas s'il arriverait alors regarder quelqu'un d'autre… Alors il avait imaginé ce qu'il deviendrait… Et il s'était juste vu devenir ce qu'il avait été avant lui. Rien. Personne.
Juste un étendard pour une cause. Un soldat qui s'executerai en fonction des missions qu'on lui attribuerait… Il aurait encore Snape… Encore Ron, Hermione ou Nazarov… Mais...ce n'était pas la même chose… Ils ne comprenaient pas. Ils ne savaient pas tout.
- Potter.
Le chuchotement le tira lentement de ses pensées, et, hagard, il porta à nouveau son regard sur le blond. Il s'était légèrement adouci. Il l'observait avec attention.
- Tu penses trop.
- Si tu savais Malefoy…
Il avait la voix étranglée… Et il avait craqué. Il avait renversé le blond sous lui, l'entourant de ses bras, enfonçant son visage contre son cou, faisant juste attention de ne pas appuyer contre son bras encore immobilisé et il avait pleuré. Vraiment pleurer.
Il l'avait senti passer un bras autour de lui silencieusement. Le serrer en retour. Il n'avait pas fait le moindre commentaire le temps qu'il se calme. Et c'est seulement longtemps après, qu'il avait osé ouvrir la bouche, chuchotant.
- Je me sens coupable…
- Mn. M'étonne pas de toi Potter.
- Je suis coupable.
- Potter. Le jour ou tu tentera de me frapper ou de m'attacher, je t'aurais déjà lancé un Doloris. Crois-moi.
- Malefoy…
- Non. Ne commence pas à prendre sur tes épaules ce qu'ils ont fait. Peut-être que si j'étais sorti avec … Non. Bref. Si on n'était pas en couple, il ne s'en serait pas pris à moi. Mais si on était pas en couple Potter. Je pense que tu serai mort sous les coups de ton oncle.
Il n'avait pas eu tort… De ce point de vue là, il était, certes impliqué, mais pas coupable…
-Je ne nie pas que ta présence dans ma vie me fait courir certains risques… Mais la mienne a le même impact sur toi.
- ...Quoi ?
- Potter. Je sais que tu es complètement imbu de ta personne...Mais ouvre les yeux. Je suis un ancien Mangemort, mes parents aussi. Nous baignons dans la magie noire et avons de très nombreux ennemis. Un petit enlèvement et ils pourraient nous demander une fortune pour te récupérer…
Encore une fois. Il avait raison. Il avait découvert que les Malefoy avaient beau avoir combattu du côté de la Lumière, tout comme Snape, aucun d'eux ne serait jamais entièrement lavés de leur réputation…
- Je peux pas… fonctionner si t'es pas là.
- Que c'est touchant. Tu me fais une déclaration ?
Le ton sarcastique, le sourire narquois. Il se demandait vraiment pourquoi il était tombé amoureux de ce crétin de sorcier.
- Non. Laisse tomber. Finalement je vais aller me taper Ron.
- Weasley. Je t'en prie. Il ne sait même pas s'y prendre avec les femmes.
- Nazarov sait s'y prendre avec lui.
Fier de lui, il admira le blond s'étouffer ou presque sur sa salive, écarquillant les yeux.
- Je te demande pardon ?
- Alexei a failli se taper Ron. Sur ton perron d'ailleurs.
La grimace plus qu'éloquente du blond le fit sourire.
- Il y a certaines choses que je ne veux pas savoir, Potter.
Et alors qu'il allait répondre, il sentit sa bouche contre la sienne.
- Potter.
- Quoi ?
Il avait à peine répondu, frémissant alors que la langue du blond se perdait sur la peau de son cou.
- Verrouille la porte.
- Hm ?
- Lance un sort. Verrouille la porte.
- P...Pourquoi ?
- A ton avis ?
Il écarquilla doucement les yeux quand il mordilla le lobe de son oreille et fronça les sourcils.
- Malefoy t'es blessé bo...rdel
- Faudra donc que tu fasses tout le travail…
Hoquetant, il bégaya un sort et entendit le verrou de la porte cliqueter. Mais il oublia rapidement alors que la langue chaude dévalait son cou, sa main valide remontant le tissu de son pull sur son ventre, caressant sa peau, remontant jusqu'à son torse, pinçant doucement son téton, jouant avec son piercing, le faisant légèrement s'arquer.
- M..Malefoy.
- Chut Potter…
Il le sentit le repousser sur le dos, s'asseyant sur son bassin, lui donnant un coup de rein au passage, envoyant un frisson secouer tout son corps. Haletant, il le regarda lentement déboutonner sa chemise.
- Tu m'aides… ?
Se redressant, il retint un gémissement alors que, dans cette position, leur bas ventre se retrouvaient pressés l'un contre l'autre et il glissa ses mains sur le tissu, décrochant un à un les boutons de nacre, l'aidant à retirer complètement la chemise…
Se penchant, il glissa à son tour sa bouche sur ses pectoraux, suçotant les tétons l'un après l'autre, arrachant un grondement au sorcier blond alors qu'il lui retirait son pull et son t-shirt d'un même mouvement, le forçant à stopper ses baisers alors qu'il passait le tout par dessus sa tête.
Il en avait besoin. De ce contact, de sa chaleur. Parce qu'il était gelé. Depuis qu'ils l'avaient sorti de cette cave il avait froid. Il avait mal.
Et il l'entendait encore. Le bruit du sang qui s'écoulait de son menton contre le sol.
Incessant. Hypnotique. A rendre fou.
Glissant ses mains sur sa peau, il les descendit jusqu'à son pantalon, ouvrant lentement le bouton, puis la braguette. Il le sentit légèrement hoqueter alors qu'il cherchait à le dégager du tissu, sa bouche retrouvant la sienne après avoir dérivé délicatement sur sa mâchoire.
Potter était son ticket de sortie. Celle de son cauchemar personnel. Le seul qui pouvait savoir qu'il ne ressortait pas de ces heures sombres la tête haute… Le seul qui arriverait à l'écouter sans tressaillir…
S'arquant, il pressa son bassin contre le sien, souriant un peu alors que le sauveur du monde gémissait sous ses doigts. Il les passa doucement sur ses côtes, observant sa peau. Les tatouages sur son bras… Et le trou noir qui semblait remplacer son coeur sur son pectoral gauche...les fissure qui s'en dégageaient.
Il se saisit de sa baguette et d'un sort informulé, il fit disparaître son jean. Son boxer. Et ses propres habits. Ondulant contre lui, dévorant sa peau.
Il avait besoin de réconfort. Besoin qu'on le tienne. Il avait besoin de se rappeler qu'il n'allait pas ouvrir les yeux sur la vision de la flaque de sang. Il avait besoin de sentir ses membres bouger… Il ne voulait pas dormir. Pas seul.
Allongé contre lui, il releva lentement une de ses jambes l'appuyant contre son épaule avant d'aventurer sa main jusqu'à sa baguette. Nouveau sort et sa main se retrouva humide et glissante.
Il le regarda perdre le souffle. L'observa avec tellement d'attention qu'il vit le moment précis où son regard se voila complètement de plaisir. Il nota les petits frissons qui parcouraient sa peau. Il vit le rythme de son souffle changer pour quelque chose de plus rapide et plus superficiel.
C'était lent. Et… terriblement doux… Il le vit tendre une main vers lui, caresser sa nuque et le tirer vers son visage avant de doucement rouler sur lui, le faisant gronder de désir alors qu'il s'asseyait sur ses cuisses, caressant son ventre, remontant sur ses abdominaux, sa bouche laissant une trace humide et brûlante sur son cou.
Il le regarda soulever les hanches et le faire entrer en lui. Lentement. Centimètre par centimètre. S'arquant pour pouvoir l'accepter. Cela faisait trop longtemps pour que cela soit rapide…
Ils perdirent le souffle en même temps. Et pendant une seconde, il eut vraiment l'impression que là, maintenant, il avait trouvé ce petit espace qui lui permettait d'être en sécurité.
Parce que, à part ici, à part maintenant, la sécurité n'existait pas. Elle n'était qu'une notion mensongère destinée à calmer les plus anxieux.. Mais le danger était partout… Il pavait leurs chemins, attendant qu'ils trébuchent pour se jeter sur eux…
Le monde était ainsi. Et il fallait toujours regarder où l'on marchait. Cette fois, il avait relâché sa vigilance mais c'était la dernière… Et ils avaient échappé au pire… Potter. Potter aurait pû être leur cible directe. Et alors… qu'est ce qu'il aurait fait ?
Il l'avait déjà vu mourir une fois et il ne pourrait jamais refermer cette plaie. Il ne pourrait jamais oublier son expression quand la vie avait quitté son regard vitreux. Il ne pourrait jamais oublier le gouffre de douleur qui l'avait littéralement déchiré.
Est-ce que c'est pour ça qu'il avait pleuré dans ses bras… ?
Il donna un coup de rein profond, il entendit son gémissement alors qu'il posait ses mains sur son torse pour se retenir de s'effondrer sur lui. La bouche entrouverte, les joues rouges, il pouvait presque sentir sur lui son souffle brûlant.
Grondant, il se redressa. Il avait besoin de plus. Plus près. Il le sentit enrouler ses bras autour de sa nuque et il cacha son visage contre son cou.
Voilà. Il était bien là. C'était de ça dont il avait eu besoin toute la journée. Non. Il mentait. C'était de ça dont il avait eu besoin ces derniers mois.
Ils s'étaient éloignés. À cause des langues-de-Plomb. A cause de son apprentissage. A cause de qui il était. A cause de qui IL était. C'était comme de voir leurs chemins se séparer en deux. Avancer en parallèle sans pouvoir se toucher. Regarder l'autre marcher dans la même direction que soi de l'autre côté d'une rivière…
Et c'était un sentiment étrange… Parce que la personne était là sans vraiment l'être… Alors elle ne manquait pas vraiment. Et on ne l'oubliait pas vraiment. C'était juste moins….bien.
Mais on ne culpabilisait pas comme ça. On se dit que c'est normal. Que c'est le sacrifice consenti de retrouvailles lointaines.
Lointaines comment… ?
Les picotements envahissaient son corps, se transformant par moment en frissons, cette pression si familière et brûlante s'accumulant au fur et à mesure dans son bas ventre.
Les mouvements plus lents, plus profonds. Les soupirs, les murmures. Peau contre Peau. Souffle contre souffle.
Il y avait beaucoup de choses qu'il ne savait pas dire. Ou qu'il refusait même d'exprimer… Montrer… Et ce moment, juste là, maintenant, ses larmes qu'il avait caché contre sa gorge en faisaient partie.
C'était comme ça. Entre eux. C'était leur manière de fonctionner. De se faire confiance.
Le moment où l'orgasme les faucha tous les deux les tétanisa presque. Il le sentit se tendre à l'extrême contre son torse, gémissant alors qu'il se déversait entre eux… Il ne lui fallut pas plus pour le suivre, le rejoindre. Le retrouver. Ici.
Une fois la vague passée, les laissant pantelants, vidés, le cœur au bord des lèvres, il se laissa doucement glisser contre le matelas, entraînant Potter dans son lent abandon.
Le souffle court, il le vit immédiatement se déplacer, évitant d'appuyer contre son bras, s'installant sur le flanc à sa gauche. Un baiser sur son épaule. Un contre son cou. Une caresse sur son bras. Un effleurement sur son ventre.
La dernière chose qu'il nota avant de se laisser emporter par le sommeil, c'était la douceur aérienne de son drap de soie qui était tirée sur leurs corps brûlants.
Il arracha son bras à la poigne dure et se tourna brusquement, plongeant son regard clair dans celui du russe.
- Qu'est-ce que tu veux Nazarov ?
- Ronald… Pourquoi est-ce que tu es fâché… ?
Pourquoi ? Pourquoi ? Mais parce que… Parce que… Il l'avait trouvé là-bas. Et il s'était sentit absolument stupide. Ridicule.
Il avait eu l'impression d'avoir été pris pour un con alors qu'il observait Nazarov laisser ses mains dériver sur le corps de cette foutu sorcière… Il… s'était peut-être fait des idées…
Il...s'était laissé convaincre. Avoir à l'usure… Il avait pensé qu'il s'intéressait vraiment à lui et il avait, peut-être, vraiment envisagé que ce serait quelque chose dans le domaine de l'imaginable.
Mais non. Il avait joué. Il était, comme tous les autres, un numéro sur les listes de proies du sorcier. Il n'était rien d'autre que ça. Et lui, grand débile, avait imaginé un truc...romantique.
C'était à cause d'Hermione. Elle lui avait fourré toutes ces idées dans la tête… Et crédule...Il s'était laissé entraîné par son envie de trouver la même chose que ses amis.
Il avait pensé qu'il ne serait plus seul comme ça… et que, peut-être, le fait d'avoir croisé le russe, d'avoir...bandé pour lui… c'était juste qu'il devait accepter d'être en couple… Que le sexe n'avait rien à voir là-dedans et que tout était vrai… Qu'il suffisait d'une personne pour vous faire battre le cœur…
Ah la bonne blague… Il lui avait bien fait battre le cœur… L'avait forcé à se poser des questions.. L'avait forcé à voir les choses sous un autre angle… Ça, c'était certain… Mais le seul bémol était que c'était, apparemment, à sens unique.
Les joues rouges de honte, il détourna le regard, reculant d'un pas. Merde. Il n'avait vraiment pas envie de lui parler. Il se sentait trahi. Et c'était ridicule parce qu'il ne lui devait rien.
Il l'avait repoussé… Il s'était barré après ce qu'il s'était passé entre eux… Parce qu'il avait eu peur… Il avait eu besoin de remettre de l'ordre dans ses pensées. Et apparemment, il avait loupé sa chance.
L'amour n'était-il pas une question de timing après tout ?
Il sentit la boule s'installer dans sa gorge. Ca faisait bien longtemps qu'il n'avait pas laissé quelque chose le toucher à ce point… Depuis la mort de son père, il avait soigneusement éloigné de sa vie tout ce qui serait à même de le perturber… Il aurait simplement dû continuer comme ça… Ça évitait de se sentir pathétique à nouveau…
- Dégage. J'ai pas envie de parler…
Il avait la voix rauque. Un peu tremblante… Mais peut-être que le russe ne l'entendrait pas, trop éméché pour reconnaître la faille dans son timbre…
Se crispant, il laissa son regard glisser sur le dessin de bébé Sombral sur le pull noir et recula encore d'un pas. Harry l'avait prévenu que c'était un de ces sorciers sans attache… Et il n'avait aucune intention de tomber pour lui…
Sauf que… il avait bien vu que le russe n'était pas juste ça… Il avait bien vu certains de ces côtés qu'il semblait vouloir cacher… Il avait vu l'envie du tatoué de percer sa solitude… Et il s'y était laissé prendre.
Abruti. Imbécile. Crétin.
- Laisse-moi… t'expliquer.
Il le vit chanceler une seconde, les sourcils froncés, il le fixait,le regard brillant. Il était loin d'être sobre et pourtant il arrivait encore à articuler, même si son accent ressortait, roulant chacun des "r" sur sa langue, mâchant certains mots.
- Cette, devochka, fille, elle n'est rien.
- Je m'en fous Nazarov...tu fais ce que tu veux…
- Net…
Il le vit s'approcher encore, son propre corps se figeant alors qu'il souhaitait plus que tout fuir la situation. Il détestait ce genre de confrontation… Il se sentait minable.
Le pauvre petit Weasley qu'on manipule. Le dernier d'une fratrie bon à rien. Celui qui est le second rôle. Juste l'ami du Sauveur. Celui qui n'est rien d'autre qu'un faire valoir.
Pas assez bon à l'école… Moyen en tout… Nul en amitié… Pathétique en amour… Ni beau, ni doué.
Merde. Il passa une main lentement sur son visage, se détournant alors que ses vieux démons s'invitaient dans sa tête. Ça faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti comme ça… Rabaissé.
Et pourtant, encore une fois, il chercha à se persuader qu'il était juste trop… sensible. Trop bête. Ils ne s'étaient rien promis. Ils n'étaient rien l'un pour l'autre. Alors il n'avait pas non plus vraiment le droit de réagir comme ça…
- Si tu réagis comme ça alors est-ce que ça veut dire que tu n'es pas …
- Ça veut juste rien dire Nazarov. Oublie.
- Ronal…
- Non. Laisse tomber.
Il le fixait, les sourcils froncés, semblant chercher les mots alors que sa langue maternelle revenait en premier. Mais c'était trop tard. Il n'avait rien de plus à dire. Il n'avait aucune intention de se retrouver dans ce genre de situation merdique.
- ya khochu byt' s toboy ...
- Bonne nuit.
N'attendant pas plus, sans avoir la moindre idée de ce que l'autre lui avait dit avec cet air si déterminé et un peu inquiet, il transplana. Le Terrier. Il n'y était pas venu depuis quelques temps, ayant pris un appartement dans le centre de Londre pour être plus indépendant… Mais cette ambiance… C'était juste ce qu'il lui fallait.
Poussant la porte doucement, et malgré l'heure avancée, il trouva sa mère au salon, assise sur un fauteuil à bascule, ses mains s'activant apparemment à créer un nouveau pull en crochet…
- Salut Maman…
- Ronald… ? Est-ce que ça va, chéri… ?
- … Ouais.. plus ou moins…
- Tu veux me raconter… ?
L'odeur de cendre était de plus en plus étouffante alors que chacun de ses pas soulevaient d'épais nuages de poussière grise.
Gris.
Tout était gris ici. Où que son regard se pose, il n'y avait que ça. Le gris de la cendre. De la terre calcinée et des arbres brûlés. Le gris de l'eau. Le gris du ciel.
Et le silence. Le froid. Il savait où il se trouvait. Cet endroit même qui le hantait depuis des mois maintenant. Cet endroit qu'il redoutait tellement.
Mais cette fois c'était un peu différent. Parce qu'il savait qu'il rêvait… Alors il observa chaque détail du paysage… Il nota la trajectoire de la rivière en contrebas. L'architecture si particulière du pont. Le chemin qui s'enfonçait, au loin, dans une forêt qui n'était pas sans lui rappeler la forêt interdite…
Se tournant, il eut un mouvement de recule alors que là-bas,au loin, flottait une silhouette noire. Il savait qui c'était. Où plutôt ce que c'était et son cœur s'emballa. Il sentit son souffle se raréfier alors qu'un nuage de condensation se formait à chacune de ses expiration.
Encore. Il entendait les voix. Les cris. Tout autour de lui. Et il était incapable de bouger. Et brusquement Elle était là, à quelques centimètres de son visage. Il sentit la peur, dévastatrice, se ruer dans ses veines comme un torrent déchaîné, pulsant contre chacune des cellules qui le composait.
Une main squelettique se leva, des doigts uniquement faits d'os s'approchèrent de son torse et quand l'index se posa sur son torse, il se sentit partir en arrière.
- Rends-les moi.
Il eut l'impression de mourir. Encore une fois. C'était ce même sentiment de désespoir qui l'avait saisi face à Voldemort. Tout comme cette sensation de chuter dans le vide, les abysses l'entourant.
Il hurla. Il hurla à s'en briser les cordes vocales. De colère. De rage.
D'impuissance.
Il se réveilla en sursaut alors que Potter se relevait d'un bond, le repoussant et appuyant sur son bras, le faisant gémir de douleur.
Par Salazar Potter qu'est ce que tu fo… Potter ?
Le brun, assis, avait les yeux si écarquillés qu'ils lui mangeaient le visage. Il était incroyablement pâle aussi et il tremblait littéralement. Il était secoué de spasmes incontrôlables, la peur inscrite dans ses yeux. Les mains pressées sur son torse, il semblait avoir du mal à respirer, comme s'il venait de courir au-delà de toute raison.
- Potter ?
Il se redressa complètement, lançant un lumos pour pouvoir y voir claire et il se crispa. Juste là, sous ses yeux, il avait vu les fissures qui partaient de cette marque sur son pectoral gauche, s'étendre. Comme s'il se brisait… C'était..impossible.
Relevant les yeux, il posa une main sur son crâne et, tirant doucement sur ses cheveux, il le força à lever les yeux vers lui.
- Respire. Calme-toi et respire. Voilà… Inspire… Expire…
Il le vit se concentrer sur ce qu'il disait, tremblant toujours autant, le souffle rauque, il s'empara de sa baguette et en passa rapidement la pointe sur les traits tatoué sur ses poignets, l'encre se mettant à briller un instant avant que, brusquement, la pression magique de l'air ne disparaisse.
Par Salazar…. Potter avait toujours des bracelets dévoreurs de magie… Mais sous forme de… sorts ? Les sourcils froncés, il lui lança un regard noir. Pourquoi n'était-il pas au courant… ?
- C… C'est bon…
La voix enrouée, comme s'il avait hurlé des heures durant, était un signe qu'il lui mentait… Ouvrant la bouche, il se tut quand le brun leva une main, son regard se chargeant de fatigue.
- Ca fait un moment qu'on a pas discuté…
C'était légèrement accusateur alors qu'il détournait le regard, massant distraitement son torse, grimaçant sous une probable douleur.
- … J'étais légèrement occupé Potter… Tu sais les enlèvement sont relativement prenants.
- … On n'a pas parlé depuis des semaines….
- Je t'avais dit que j'aurais beaucoup de responsabilités à assumer…
- Ouais…
C'était définitivement plein de rancœur. Et c'était mal placé. Monsieur Potter n'aimait pas être relégué au second plan ? Et bien il devrait s'y faire. Il avait certains buts à atteindre. Il lui en avait suffisamment parlé pour que Monsieur ne se vexe pas quand il passait deux jours sans nouvelles de sa part.
- Quel rapport avec ta petite scène d'il y a quelques minutes ?
- … petite scène… ?
- Réponds-moi.
- Le rapport est que tu serai déjà au courant de tout si tu daignais répondre sur le carnet.
- J'étais…
- Occupé je sais. Mais ne viens pas me faire des reproches alors que tu es celui qui ne répond pas.
- Je n'ai rien dit, Potter.
Il lui jeta un regard glacial, ses yeux verts brillant dans la faible lumière du sort qu'il avait jeté et qui petit à petit avait perdu en intensité.
- Je te connais par cœur Malefoy.
Bon… Peut-être avait-il pensé, juste un instant, qu'il lui cachait encore délibérément des choses. Se reculant lentement, il s'assit face au brun, passant une main dans ses cheveux.
- Qu'est ce qu'il se passe alors, Potter ?
L'explication qui avait suivi avait été longue. Suffisamment longue pour que cela ne leur prenne le reste de la nuit et que l'aube se lève sur les confessions du survivant.
Salazar, Merlin, et tous ces foutus sorciers anciens. Comment est-ce que tout cela était possible ? Les reliques ? Réellement ? La Mort… ? Et ces rêves…
Tout cela… tout cela n'avait pas de sens. Quelque chose manquait.
- Potter.
- Quoi ?
Le brun était allongé sur le lit, sur le dos, un bras replié sur ses yeux, il semblait épuisé.
- Tu dis que le vieux Dumbledore t'avais parlé des Reliques ?
- Ouais… pourquoi ?
- … Parce que… Je pense que t'es censé les rendre.
- Non sans blague… Sauf que j'ai pas la pierre moi.
- Non. Je veux dire… En échange de quelque chose.
- Quoi ?
Le survivant avait retiré son bras de son visage et le fixait, les sourcils froncés.
- Comment ça en échange de quelque chose ?
- ...Bah il semblerait que ce soit comme ça que la Mort fonctionne selon le conte non ?
- … ouais mais… Les frères ont payé leurs échanges au prix fort…
- Sauf le troisième… Il a vécu une longue vie selon Beedle le Barde.
La remarque eut le don de plonger le sauveur du monde dans le silence alors qu'il semblait s'enfermer dans ses propres pensées.
- En échange de quoi ?
- J'en sais rien Potter. Mais si le vieux fou t'as parlé de ça...Je dirais qu'à un moment où à un autre, ça te sauvera la vie.
- Génial. Je me réjouis.
- Moi aussi, Potter… Moi aussi…
Deux semaines s'étaient écoulées depuis un retour des choses plus ou moins normal.
Il avait rejoint le Département des Langues-de-Plomb et son entraînement avait repris de plus belle alors qu'il s'était mis à rechercher des informations sur les reliques, Nazarov toujours avec lui.
Jetant un regard sur le carnet à double sens qui était jeté sur son lit, il se crispa. Pas de nouvelles.
Lui et Malefoy s'étaient quittés sur une sensation étrange de froid… Après ce qu'ils avaient partagé… après...l'avoir sentit s'écrouler sur son épaule, il s'était remis dans son rôle de connard arrogant et il s'était contenté de lui rappelé qu'il serait très pris ces prochaines semaines et donc, n'aurait que peu de temps à lui consacré…
C'était tellement… rageant. Frustrant. Il avait pensé le retrouver mais pas du tout. Refermant brusquement le grimoire qu'il tenait, dans un geste de mauvaise humeur pure, il se leva, ignorant le regard noir du russe qui s'était affalé sur un fauteuil pour lire aussi.
- J'ai besoin de prendre l'air.
- Tu devrais le quitter… Il reviendrait en courant.
Nazarov n'avait jamais beaucoup apprécié le blond… Mais depuis que le sorcier avait raillé son échec avec Ron, il ne le supportait que difficilement. Soupirant, il secoua la tête.
- Non… Je le quitterai jamais.
Il passe son temps dans des soirées avec d'autres personnes...et tu..
- Nazarov. Je ne juge pas ta… relation avec Ron. Fais pareil pour moi et Draco.
Le simple fait de mentionner le roux crispa l'autre sorcier. Il s'en voulait. S'était inscrit partout sur son visage. Et pour la première fois de sa vie, il vivait mal le fait d'avoir blessé quelqu'un par son comportement.
Il avait apparemment tenté des dizaines de fois de parler au roux sans le moindre succès… C'était tout juste s'il ne s'était pas traîner à ses pieds… Mais rien. Enfin si. Il s'était reçu la gifle la plus magistrale que Harry ait jamais vu par une Hermione aussi glaciale et en colère qu'un Nundu.
Elle n'avait pas prononcé le moindre mot. Elle s'était contentée de le frapper avec tellement de force que sa main s'était littéralement imprimée sur la joue d'Alexei. Puis elle avait tourné les talons, la tête haute, s'éclipsant telle une reine.
Merlin. Et depuis, elle refusait d'adresser le moindre mot au russe. Quant à lui, il lui avait fallu plusieurs jours pour avoir le fin mot de toute cette histoire… Et après cette discussion avec Ron, il s'était contenté de dire à son partenaire que si Hermione ne l'avait pas frappé, il s'en serait chargé.
Mais il n'avait pas pu en vouloir plus au tatoué… Pas avec cet air coupable qu'il affichait régulièrement… C'était étrange. Quand il l'avait connu, il n'avait pas plus d'expressions faciales qu'un mur… Il se fichait de tout et tout le monde… Et là, il était...inquiet. Coupable. Et triste…
- Tu as de nouveau essayé de lui parler ?
- … Da…
- Et ?
Son regard venait de s'assombrir alors qu'il détournait les yeux, posant le livre sur ses genoux.
- Il ne m'écoute pas..
- Je suis désolé…
Il n'avait rien de plus intelligent à répondre que ça… Parce qu'il n'était pas sûr d'être la meilleure personne pour conseiller le russe sur ça… Il avait été absolument nul sur à peu près toute la longueur de sa relation avec Malefoy alors…
Jetant un nouveau regard au cahier, il soupira, s'en empara et se saisit d'une plume, se rasseyant pour écrire.
- Malefoy ?
- Quoi ?
Il écarquilla les yeux alors que la réponse s'inscrivait presque immédiatement sous ses yeux.
- Je ne pensais pas que tu serai là…
- J'allais t'écrire Potter.
- Okay…
- Qu'est-ce-que tu voulais ?
- Rien de spécial…
- Vraiment…
Il pu presque entendre son ricanement dans les trois points de suspension et cela lui arracha un léger sourire.
- Vraiment. Tu avais quelque chose à dire ?
- Oui. Je voulais t'informer que je ne serai pas joignable durant quelques jours, je quitte l'Angleterre avec mon Maître pour un séminaire sur les Potions en Europe.
Ah… Donc c'était juste pour lui dire qu'il allait voyager. Super. Juste une information froide et sans sentiment… Et ce Fawley… Il avait de plus en plus de mal à supporter son nom…
- D'accord…
- Bonne soirée Potter
L'envie subite de balancer le cahier dans le feu le prit. Serrant les poings de toute ses forces, il se contint de justesse, les violentes émotions faisant déborder sa magie et la douleur l'envahit rapidement.
Depuis ce cauchemar, depuis cette nouvelle rencontre avec Elle, c'était de pire en pire… A chaque fois qu'il faisait usage de magie, la douleur revenait, c'était comme de se prendre un coup violent dans le plexus, son souffle se coupant sous la douleur aïgue et un vertige l'envahissant pour le paralyser plusieurs secondes…
Et les fissures… Il avait vu qu'elles s'étendaient maintenant bien plus loin qu'il y avait quelques semaines… Marbrant sa peau. Jetant son cahier sur sa table de nuit, il se leva, les jambes légèrement tremblantes pour se tourner vers le russe.
Il l'observait et avait probablement tout vu…
- Je sors un moment...Je vais voler…
S'emparant de son balais d'un geste brusque, il s'arrêta soudain, le reposant…
- En fait… Ne m'attends pas…
- Pourquoi ?
- Je vais à la maison…
- Hm.
Merlin. Qui aurait cru que cet imbécile finit de Carron s'endormirait le nez dans sa potion de Cappilours ? Non seulement il s'était retrouvé avec les cheveux aussi longs que ceux d'une gorgone, mais en plus, cet abruti avait trouvé la chose drôle.
Drôle ! Il lui avait rapidement fait passer l'envie de rire avec quelques dizaines de points de perdu pour sa maison mais en plus, la promesse affriolante d'une retenue à ses côtés.
Et il était évident qu'il avait, ensuite, choisi la potion la plus salissante possible pour son cours avec les premières années, promettant ainsi à cet imbécile de Serdaigle de devoir frotter des heures durant le fond de chaudrons calcinés.
Traversant les couloirs de son pas rapide, ses capes volant derrière lui, il ne fit pas plus attention que ça au flot d'élèves s'ouvrant sur son passage, telle la mer morte devant Moïse. Plongé dans ses pensées, il réfléchissait déjà aux préparations d'ingrédients à faire pour le lendemain. Sans parler que, ce soir, il devrait être présent au stade de quidditch pour un match opposant sa maison à leurs ennemis naturels, les Lions.
S'enfonçant dans les cachots, il finit par enfin atteindre les portes de ses appartements, après avoir croisé de nombreux étudiants de sa maison qui, comme à chaque fois, l'interpellaient pour tel ou tel détail, le retardant considérablement. Sortant sa baguette, il lança un informulé avant de voir la porte s'ouvrir, s'engouffrant enfin chez lui.
Soupirant longuement, il allait directement se diriger vers son bureau quand la porte de la chambre de son fils s'ouvrit. Fils qui n'était pas du tout censé être là… Mais qui, présentement, se tenait dans l'embrasure avec l'air de celui qui a besoin de quelque chose.
- Harry ?
- Bonjour… ?
Haussant un sourcil, il devina immédiatement que le jeune homme semblait attendre de savoir s'il était le bienvenue ou pas. L'observant une seconde, il détailla sa silhouette lentement. Il ne l'avait pas beaucoup vu ces derniers temps… Et Draco l'avait passablement mobilisé lors de cet épisode regrettable d'enlèvement… Ensuite, c'était Lucius qui l'avait quasiment recruté de force pour mener une sorte de vendetta personnelle.
Alors à part ces instants d'angoisse partagée avant qu'ils ne retrouvent l'héritier, il n'y avait, ensuite, pas eu de sas de décompression entre eux. Et vu la tête de son gamin, il était évident que cela lui avait manqué.
- Bonjour. Tu as faim ?
- ...euh… non… ça va.
- Assieds-toi. je vais commander quelque chose aux elfes de maison.
Il le vit hocher la tête avant d'aller s'asseoir en tailleurs sur un fauteuil, observant d'un air morose le feu qui crépitait dans la cheminée. Merlin. Il s'était encore disputé avec son filleul. Il en était sûr. Il ne faisait cette tête que quand cela concernant son héritier sang-pur…
Claquant des doigts, il demande du thé et de quoi grignoter avant de le rejoindre au salon, s'installant dignement en face de lui.
- Que me vaut le plaisir de ta visite ?
- … rien de spécial… J'avais juste envie de venir à la maison…
- Oh vraiment. Comment va Draco ?
La crispation et le regard noir qu'il lui lança à sa question plein de sarcasme lui arracha presque un rictus moqueur. Mais non. Son expression ne bougea pas d'un iota alors que le thé apparaissait sur la table basse et qu'il se saisissait d'une délicate tasse de porcelaine.
- J'en sais rien.
- Je vois.
Le silence s'installa quelques minutes alors qu'il se décidait enfin à demander ce qui lui trottait dans la tête.
- Tu connais… Kronos Fawley… ?
- Oui.
- ...et… ?
- Et je pense que c'est un bon Potionniste…
- Aussi bon que toi ?
- Ne sois pas insultant.
- … Pourquoi est-ce que Malefoy l'a choisi alors ?
- Parce que je le lui ai recommandé.
Le regard surprit qu'il lui lança le fit soupirer.
- Fawley est un potionniste intéressant. Avec suffisamment de connaissances et de connexions pour permettre à Draco d'atteindre son but en Recherche en Potion pour le Ministère. S'il avait voulu devenir professeur ou encore indépendant, cela aurait été différent.
- … Je ne l'aime pas.
- Ah vraiment. Je ne suis pas surpris. Je n'aime pas particulièrement cet imbécile non plus.
- Mais alors pourquoi ?
- Encore une fois, parce que c'est ce qu'il y avait de mieux pour Draco et sa carrière. Tout comme les Langues-de-Plomb étaient ce qu'il te fallait…
Il le vit soupirer longuement avant de lever une main en direction de son col, caressant délicatement la petite tête de fourrure blanche qui semblait lovée contre sa carotide.
- Penses-tu que nous apprécions tes Mentors… ?
Cette fois, il avait haussé un sourcil, posant un regard suspicieux sur le petit animal qui couinait.
- Mes mentors ?
- Précisément. Ce sont tous soit des fous, soit des imbéciles aux pouvoirs bien trop grands pour ne présenter aucun danger. J'aurais préféré que tu restes ici.
- … Vraiment ?
- Vraiment Monsieur Potter. Et Draco n'était pas plus enchanté à l'idée que moi. Mais aucun d'entre nous n'a formulé la moindre remarque. Alors aie l'obligeance de faire de même pour lui.
- … Je...n'aime pas...fonctionner comme ça… je…
- Je sais. Mais devenir adulte c'est également devoir faire certaines concessions.
Il le vit ouvrir puis fermer la bouche avant de se plonge dans ses pensées. Il faisait toujours ça… Il l'écoutait avant de devoir y penser quelque temps.
Merlin. Il oubliait encore que cet enfant là n'était qu'un adulte en construction… Et que parfois, il allait devoir lui rappeler comment se comporter… Il avait de telles lacunes éducationnelles que c'était effrayant… Et il ne fallait pas être moldu pour comprendre que cette jalousie qu'il exprimait n'était que son ancienne peur d'abandon qui se manifestait…
Tout comme ce besoin d'indépendance de son filleul qui souhaitait absolument prouver au monde et, particulièrement, à son père, de quoi il était capable.
Agitant sa baguette, il fit léviter jusqu'à son fils une tasse de thé et quelques gâteaux.
- Mange. Je ne veux pas te voir maigrir.
Il le vit revenir sur terre et sourire, s'emparant de la tasse avant de secouer la tête.
- Je n'ai pas maigris ! J'ai même prit du muscle.
- Ah vraiment. Il semblerait pourtant que tu sois toujours plus petit que Draco…
- … Question de gènes uniquement.
- Mn. Mange. Et retient cette sale bête de mettre des poils partout.
- C'est Iota.
- Je ne vois pas ce que son nom changerai à ma demande…
- La maison me manque…
Haussant un sourcil lentement, il ne put s'empêcher de sentir son coeur se tordre. Merlin de Merlin. Comment pouvait-il lui dire des choses pareilles sans rougir ? Il ne comprendrait jamais cet aspect complètement spontané et sentimental de Potter…
- Il y a un match ce soir. Veux-tu rester souper et y aller avec moi ?
Les sourcils froncés, le nez plongé dans un immense grimoir qu'elle avait récupéré dans la bibliothèque de Madame Zabini, avec son accord, elle toussa en tournant une page, un nuage de poussière s'en élevant.
Elle n'avait eut cesse de chercher des informations sur les Reliques après avoir conclu que, pour en comprendre leur utilité, elle devrait déjà comprendre ce que c'était et quelle était leur histoire.
Elle poussa un petit cri quand, enfin, elle posa les yeux sur le passage qui l'intéressait.
"Il s'agit d'une baguette particulièrement puissante qui a appartenu à de nombreux mages noirs et qui est connue pour son histoire particulièrement sanglante, ses admirateurs s'entretuaient au fil des siècles dans l'espoir d'obtenir la baguette qui, selon la légende, aurait été arrachée à la Mort elle-même.
Ce qu'il advient de la Baguette après que l'assassin d'Antioche Peverell l'ai récupérée est inconnu. La plus vieille source sérieuse permettant d'affirmer qu'un sorcier ait possédé la Baguette concerne Emeric le Mauvais, qui périt rapidement après un duel féroce contre Egbert le Magnifique, qui devint à son tour maître de la Baguette de Sureau, et dont personne ne connaît le destin."
Par la suite, elle avait appartenu à différents Mages Noirs, tous la décrivant comme la source d'un pouvoir dangereux et fait de sang… Ce qui était étrange au vu de la personne qui avait été son dernier propriétaire… Comment est-ce qu'une baguette aussi malfaisante avait-elle pu choisir Albus Dumbledore par la suite ? Cela n'avait aucun sens…
Le passage suivant parlait de la cape et elle s'y plongea avec avidité.
"Les enchantements qui recouvrent la Cape sont très puissants. Elle serait capable de résister à n'importe quel type de sort qui pourrait endommager ou rendre inefficace une cape d'invisibilité normale et est probablement ensorcelée pour être à l'épreuve du temps.
Cependant, même si la Cape résiste très bien à de nombreux sortilèges, son utilisateur reste vulnérable aux sorts.
Bien que la Cape soit très efficace, sa capacité de rendre son utilisateur invisible peut-être contrée de diverses façons à l'instar des capes d'invisibilité normales comme en utilisant un sortilège d'Hominum revelio, grâce à un sortilège d'Homonculus ou encore probablement avec un Scrutoscope.
Il est dit que Ignotus Peverell garda la Cape d'Invisibilité toute sa vie et ne s'en sépara qu'à sa mort en la léguant à son fils, qui l'offre à son tour à sa fille aînée, Iolanthe.
Iolanthe épousa par la suite Hardwin Potter et lui parle de la tradition de la famille Peverell. Ainsi la Cape est transmise à l'aîné de chaque nouvelle génération, jusqu'à arriver à Henry Potter, puis à son fils Fleamont pour arriver finalement en possession de James Potter, dernier héritier connu."
Par Merlin… Ainsi donc, la cape ne s'était pas retrouvée en possession de Harry par simple hasard… Fébrile, elle se mordit doucement la lèvre inférieure, son cœur tambourinant.
Elle allait forcément découvrir quelque chose… Et...Il était de plus en plus évident que Dumbledore en savait bien plus qu'il ne leur avait dit… Mais il y avait toujours quelque chose qui lui échappait.
"La Pierre de Résurrection est une lourde pierre noire, ronde et légèrement aplatie, faisant environ trois centimètres de diamètre et sur laquelle est gravé le symbole des Reliques de la Mort. Elle est fendue en son milieu depuis juillet 1996, le long du trait qui représente la Baguette de Sureau.
Pour l'utiliser, il faut retourner trois fois la Pierre dans sa main, elle fait alors apparaître les défunts désirés autant de temps que l'utilisateur de la Pierre le souhaite."
Sur la pierre, c'était les seules informations disponibles, comme si le reste avait été supprimé du Grimoire. Se redressant lentement, elle se laissa aller contre le dossier de sa chaise, plongée dans ses réflexions.
Et si… en tant qu'héritier du troisième frère… il avait la mission de détruire ces reliques pour enfin mettre un terme à la chasse qu'elles semblaient créer… ?
Et si… Encore une fois Dumbledore s'était servi de Harry pour éradiquer du monde sorcier une puissante magie noire qui pourrait, par la suite, nuire à de nombreux sorciers… ?
Lui, l'enfant qui avait survécu à la Mort… Ce serait une belle image qu'il ne détruise ses artéfacts directement créés par elle… ?
Sans parler qu'il était déjà considéré comme un puissant sorcier œuvrant pour le camp de la Lumière… Qui d'autre que Harry Potter pourrait mener ce genre de mission ?
Merlin… Avait-il tout planifié après sa mort afin que Harry ne soit à nouveau obligé de se mettre en travers du chemin d'un Mage cherchant le pouvoir absolu… ?
