Bonjour à toutes et à tous,
Un nouveau chapitre qui, je l'espère, va vous plaire. Pour une fois, j'ai mis à peine deux jours à l'écrire et...bon bah on verra si c'est une bonne nouvelle pour vous ou pas.
Je tiens juste à préciser que ce chapitre est entièrement et complètement dédié à Plumeiris. Parce que elle m'a laissé une review qui m'a collé les larmes et ensuite une motivation de taré. Merci à toi tu sais pas comme je t'aime !
Je sais que je réponds pas forcément à vos reviews mais je les lis toutes. Si j'étais une bonne personne, je prendrai le temps de vous dire personnellement, à chacun, combien vous m'êtes précieux et comme j'aime avoir votre retour, mais j'avoue que je prend pas toujours le temps.
Merci à tous de me suivre. Je vous aime de fou.
Sur ce, Enjoy !
Chapitre 8
La discussion avec Snape lui avait fait du bien… Il y avait longuement réfléchi et il avait eu l'impression d'être enfin délesté du poids envahissant de sa propre rancœur.
Il avait lâché prise… Laissé sa jalousie de côté et s'était recentré sur ce qu'il avait à faire, Malefoy ou pas Malefoy.
Une semaine déjà depuis cette discussion et il n'avait pas eu une seconde à lui. Cette semaine, il avait été envoyé en stage au Ministère et, franchement, il aurait préféré s'en passer.
Supervisé par Cicéron, accompagné d'Alexei… Jamais le Ministère n'avait vu pareille équipe.
Entre la Langue-de-Plomb qui ne cessait d'insulter ou menacer tout le monde de mort, le russe qui ne décrochait pas le moindre mot mais qui, d'un simple regard, vous donnait l'impression d'avoir embrassé un détraqueur et le Grand Sauveur du Monde Sorcier qui déchaînait les foules…
C'était un véritable foutoir. Et d'ailleurs, le chef de l'unité du Département des Substances Magiques s'en arrachait les cheveux… C'était d'ailleurs lui qui hurlait sur eux depuis maintenant une dizaines de minutes, faisant trembler ses bajoues et rougir son visage…
Merlin. Pourquoi est-ce qu'il devait également être là ? Il n'y pouvait rien lui si Cicéron s'était battu avec une aurore en plein milieu de la salle de réserve d'Ingrédients Magiques…
Jetant un regard sur sa droite, il nota que le dernier membre de leur trio infernal se trouvait appuyé contre le mur, les bras croisés sur le torse, une capuche sur la tête, il fixait le sol, rendant invisible l'expression de son visage.
Alexei. Depuis que Ron lui battait froid, refusant tout net de lui adresser autre chose qu'un "tire toi enfoiré", il s'était à nouveau renfermé sur lui-même. C'était un miracle d'arriver à lui arracher plus de deux mots dans la même journée…
Passant une main dans ses cheveux, il soupira longuement.
- Je vous ennuie en plus Monsieur Potter ? Vous venez de soupirer ?
- Je….je vous demande pardon Monsieur Kranum ?
L'homme était maintenant en train de l'apostropher, apparemment frustré que Cicéron soit en train de se curer les dents de la pointe de sa baguette, se fichant éperdument d'avoir mécontenté qui que ce soit…
- On m'avait dit que vous étiez déjà dissipé lors de votre scolarité mais, par Merlin, ne pourriez-vous pas, au moins, descendre de votre piédestal afin d'écouter le bas peuple quand il vous parle ?
L'homme ne le portait pas vraiment dans son cœur… Il semblait avoir une idée préconçue de ce qu'était Harry Potter et quand il l'avait vu débarqué, il était resté bouche-bée…
Apparemment, piercings, tatouages et jeans déchirés n'étaient pas en adéquation avec l'idéal du Héro national. Alors, après s'être remis du choc initial de leur rencontre, le chef de la section n'avait eu cesse de le railler.
Il aurait presque eu l'impression de retourner à Poudlard avant que son père ne devienne l'adulte le plus important de sa vie… Sauf que tout ça le mettait de plus en plus sur les nerfs, le replongeant dans quelque chose qui n'avait rien de joyeux.
Relevant les yeux sur l'homme qui lui postillonnait presque dessus, il se redressa lentement. Plongeant son regard dans celui du sorcier, laissant apparaître sur ses lèvres un rictus made in Serpentard. Il sentait sa patience se fendiller au fur et à mesure des jours passés ici. Et là, franchement, il atteignait peu à peu cet état de nerfs qui le conduirait à faire n'importe quoi.
- Monsieur. Je suis Harry Potter. Rien ni personne ne me fera jamais descendre de mon piédestal comme vous dites… Maintenant, adressez-vous à mon secrétaire.
Désignant Alexei du menton, il vit l'homme faire un pas de côté, apparemment, le russe faisait peur. Mais pas lui.
- Sekretar' ?
Ah. Le russe, tourné maintenant vers lui, le fixait, un sourcil haussé et l'air pas vraiment ravi. Au moins, il lui avait arraché une réaction alors que le chef du département se tournait déjà vers lui, prêt à en rajouter une couche.
- Monsieur Potter, je suis outré de votre insolence ! Rappelez vous que votre titre ne garantit pas votre stage ici et…
Alors qu'un sifflement sortait d'entre ses lèvres, le fourchelangue prenant le pas sur sa langue maternelle à cause de l'exaspération, il fut brusquement interrompu par la porte du bureau s'ouvrant sur un sorcier.
Se tournant lentement vers le gêneur, il ne vit pas ni Cicéron, ni Alexei qui s'étaient approchés de lui, prêt à intervenir. A le retenir.
Si seulement ils savaient ce qu'il avait gardé pour lui depuis quelques jours…
Enfin...S'il s'était détendu vis à vis de son couple… Depuis son arrivée ici, l'ambiance de l'équipe s'était gravement dégradée. Entre le russe et sa dépression, et lui et ses réminiscences de son adolescence aux prises avec des adultes mal intentionnés… Il aurait mieux valu pour tout le monde que ce soit un autre de leur mentor qui soit présent plutôt que Cicéron.
Mais, pour il ne savait quelle raison, il avait insisté pour être celui qui les accompagnerait… Et depuis, il ne le lâchait plus… Il ne cessait de lui parler, de lui poser des questions… Il le suivait, ne cherchant même pas à se faire discret, se contentant de le prendre en filature dès qu'ils n'étaient pas censés être ensemble… Et cela ajoutait à cette pression silencieuse qui les englobaient de ses mains moites.
- Monsieur. Le département du Comportement Sorcier a besoin de vous pour une de leurs enquêtes.
- Mordicus. Ne voyez-vous pas que je suis occupé ?
- Mais...Monsieur...c'est que c'est le Chef Parkins qui m'envoie…
S'il avait déjà attiré son attention à la mention du département du Comportement Sorcier, la mention du supérieur hiérarchique de Ron avait également attiré celle pleine et entière du Russe. Déjà, il se dirigeait vers la porte, mains dans les poches.
- Viens Harry. On y va.
- Mn…
- Monsieur Potter restez…
- Ferme-là le vioque ou j'te bouffe le visage au prochain repas !
Cicéron avait stoppé net l'intervention du sorcier, son visage à quelques millimètres du siens, souriant de toutes ses dents, caressant la joue blafarde de l'auror du bout de sa baguette. Pour un peu, le survivant aurait juré qu'il faisait partie de la famille de Bellatrix avec son sourire désaxé .
Sortant du bureau, il se dépêcha de rejoindre Alexei qui, pour une fois, semblait pressé d'aller voir en quoi il pouvait se rendre utile.
- Nazarov…
- Kakiyie ?
- Tu as l'air trop pressé.
- Je n'ai pas l'air… Je suis pressé. Il est probablement là.
- Tu le harcèles.
- Da…
Soupirant, il secoua la tête et le laissa prendre les devants alors qu'il sentait la présence de Cicéron les rejoindre.
- Potter.
- Quoi ?
Il jeta un regard en coin à son Mentor, le surprenant à le fixer, les yeux plissés.
- Ne fais rien de … débile.
- Comme quoi ?
- J'en sais rien… Perdre le contrôle encore une fois. Utiliser la magie noire ou ce genre de connerie.
Se crispant, il serra doucement ses doigts autour de sa baguette dans la poche de sa robe de sorcier. Ce changement de comportement et cette méfiance du Langue-de-Plomb avait tendance à l'angoisser… C'était comme s'ils le soupçonnaient de quelque chose sans lui dire… Comme s'il était coupable mais qu'on avait pas assez de preuve contre lui… Déglutissant, il se rembrunit. Faire confiance aux adultes n'était pas son fort… Et le peu qu'il avait réussi à construire tout au long de cette année était parti en fumée ces derniers jours. Ah s'il savait…
- Mn.
Entrant rapidement dans l'Atrium, il se dirigea rapidement jusqu'à la cheminée où le russe les attendait, les sourcils froncés. Il n'était pas le seul à avoir noté le changement de comportement de Cicéron à son propos… Ni même celui d'Azarias ou Serpus…
Si Cicéron semblait suspicieux, Serpus lui puait l'inquiétude…. Quant à Azarias, il semblait de plus en plus extatique… Au dernier entraînement, le russe l'avait vu récupérer dans une fiole quelques gouttes de sueur du survivant… Depuis, il se tenait à une distance respectable du sorcier qui commençait sérieusement à lui donner des sueurs froides.
Lançant une poignée de poudre de cheminette dans l'âtre, il s'y avança d'un pas assuré, fermant les yeux une seconde, se retrouvant alors au chemin de Traverse. Après un transplanage rapide, il atterrit dans une ruelle sombre et glaciale du Londres Moldu.
Les aurores grouillaient de partout, examinant murs, sols, poubelles et escaliers de fer rouillés.
Des sorts de protections étaient posés un peu partout pour éviter que les Moldus ne remarquent leur présence, sécurisant ainsi la zone.
La ruelle étroite était typique de la ville anglaise. Des murs de briques sombres, un sol inégal et pavé de pierre noire, de petites fenêtres munies de barreaux laissaient deviner des carreaux jaunis par le temps alors que la luminosité était moindre.
Le mois de mai n'avait apporté que pluie et froid. Un vent glacial soulevait les robes des différentes personnes présentes alors que les ordres du Chef résonnaient dans le brouhaha ambiant. Mais ce qui attirait immédiatement les regards, ce n'était pas ça…
Au milieu des ordures débordant de plusieurs bennes, il y avait deux corps. Un homme et une femme. Visiblement des sorciers au vue des tenues des victimes.
S'approchant lentement, il sentit le bout de ses doigts picoter alors que les traces magiques résiduelles caressaient sa peau. Tournant son regard vers son binôme, il le vit s'accroupir du côté d'un des corps, silencieux, observant les visages déformés par la douleur, sans la moindre émotion.
- Ne touche pas aux corps Nazarov.
Il le vit se crisper mais ne pas bouger… Alors il se tourna lentement vers Ron. Il semblait littéralement épuisé. Des cernes violettes ourlaient ses yeux bleus. Il se tenait un peu voûté, mal rasé, les cheveux en bataille, il ressemblait à un de ses soldats qui revenait de la guerre après en avoir trop vu.
- Ça va ?
- Ouais. J'suis crevé. On a b'soin de vous plus loin. On a trouvé un objet qui mérite probablement l'attention du Département des Substances Magiques…
- Ronald…
Le russe avait déplié son grand corps et venait de se placer dans le dos du roux, se collant presque à lui, le frôlant délibérément.
- Bougez-vous.
L'ignorant superbement, il le vit tourner les talons et soupira, suivant alors le mouvement, notant que son mentor, lui, s'entretenait déjà avec le chef de son ancien meilleur ami.
- C'est quoi c'te merde ?
- On sait pas putain ! Vous pensez que j'me suis bouger l'fion ici pour un truc inoffensif ?
- Nan mais bon… vous pouvez pas gérer tout seule une saloperie de fiole de potion ?
- N'a pas le droit. A cause de ces conneries de protocoles j'crois… C'est c'que m'a dit mon assistant.
- Bordel. Ils font chier.
- Ouais. J'arrête pas d'le dire au Grand Patron…
- Et ?
- Il s'en bat les bijoux d'famille avec un putain de Gobelin en porcelaine.
- Ah. Tu m'étonnes. Ces fils de riches… Trop délicats pour l'terrain.
L'Auror éclata de rire et envoya une claque si puissante au Langue-de-Plomb que le survivant aurait juré le voir vaciller.
- Ah vous êtes là les merdeux ! Nazarov. Potter. Allez m'examiner ce truc et faites-moi un rapport.
Hochant la tête, il allait lentement s'avancer avant que Ron ne se penche vers lui.
- Fais gaffe mec… Ce truc pue vraiment…
- T'inquiètes…
- Et moi, Ronald…? je ne dois pas faire attention… ?
- … Toi, Nazarov, je m'en fous.
Il n'avait pas la moindre intention d'assister encore une fois à une de leurs discussions stériles. Il prit une longue inspiration et se concentra. Sortant sa baguette, il murmura plusieurs sorts, des runes apparaissant sous ses pas, lumineuses.
La fiole, au liquide rouge iridescent, se trouvait un peu plus loin, à une dizaine de mètres des corps. Le verre semblant fendu laissait supposer qu'elle avait été jetée au sol ou alors perdue dans une sorte de course poursuite pour échapper à leurs assassins.
Continuant de psalmodier, il entendit bientôt les chuchotements rauques de son binôme, en russe, le rejoindre, d'autres runes sécurisant encore leur avancée vers le produit supposé dangereux. La magie tourbillonnant dans les airs autour d'eux, faisant chuter la température de quelques degrés encore.
Le contrôle des Substance magique faisait partie de leur entraînement… Une Langue-de-Plomb était censée maîtriser à peu près toutes les spécialités du Ministère. C'était des sorciers considérés comme suffisamment puissants pour devenir l'élite du pays. Alors on attendait d'eux qu'ils puissent faire face à toute situation.
Alors après quasiment une semaine intensive de formation avec le chef du département, on leur avait clairement demandé de faire leurs preuves, et, jusque là, tout semblait se passer correctement.
Ils récitaient les formules et les longues psalmodies avec rigueur, articulant bien, faisant attention à leurs intonations, les mouvements de leurs baguettes synchronisées. La moindre erreur et ils risquaient de tout faire foirer.
Sauf que la sueur envahissait doucement son dos. Alors qu'un léger tremblement agitait son bras, la sensation de brûlure devenant plus forte à chaque seconde. Comme si ses muscles se tétanisaient que sa force l'abandonnait au profit d'une fatigue intense…
Ce n'était pas la première fois. Non. Depuis leur arrivée au Département, le phénomène ne cessait de se manifester. Cette fatigue. Comme s'il avait fait un effort physique intense et immodéré.
Serrant les dents, il raffermit sa prise sur sa baguette et se concentra. Il n'allait certainement pas faire de cette première mission un échec. Même pas en rêve. Il n'abandonnait pas. Pas lui. Pas pour ça.
Quand, enfin, ils furent à moins d'un mètre de la fiole, il échangea un rapide signe du menton avec le russe qui cessa ses propres incantations, jettant plusieurs sors de scellement sur l'objet, empêchant ainsi toute émanation de magie. Comptant sur lui pour maintenir les runes pendant ce temps-là, lui demandant un effort supplémentaire.
Et il était évident que ce truc avait été baigné dans de la magie noire. Ca puait carrément la puissance. Alors quand le russe le ramassa, ils furent tous les deux ébranlés par une sorte d'onde de choc, comme un battement sourd et profond qui résonna dans la silence de la ruelle.
C'était la même sensation que le collier de Salazar Serpentard… Cette sensation puissante et glaciale. Ce battement de coeur magique lui arracha une grimaçe alors que son propre organe semblait se retourner dans sa poitrine, et sa magie éclater partout sous sa peau, comme à l'agonie pendant une seconde avant de s'éteindre comme si on avait soufflé sur une bougie, laissant juste le noir.
- C'est bon. Objectif sécurisé.
Sortant de ses pensées, il laissa lentement retomber son bras contre son flanc, sa baguette battant sa cuisse. Le souffle court, il transpirait, épuisé.
Et il n'était pas le seul. Le russe aussi semblait crevé. Il lui jeta un regard et tous deux reculèrent prudemment, confiant la fiole à un sorcier qui se tenait là, un coffret de bois sombre ouvert afin qu'ils y déposent la fiole. Passant une main lourde sur son visage, il s'écarta alors pour faire son rapport à Cicéron accompagné du tatoué, le corps en vrac.
Le chef de Ron laissa un long sifflement admiratif lui échapper, ses bras massifs croisés sur le torse. Il était presque évident au sauveur qu'il devait avoir des gênes de géant dans son historique familial...Impossible d'être aussi imposant sans ça…
- Et dire qu'ça fait qu'une semaine… Jolie performance.
- Ouais. Ces merdeux sont pas n'importe qui.
- Tu m'étonnes. Potter j'sais qui c'est...mais l'autre ?
- Ah… Nazarov… Évite-le la nuit. Ce gosse est un pur produit de la koalitsiya.
- Par les couilles de Lucius Malefoy lui-même.
- Ouais.
La koalitsiya… Il lui en avait vaguement parlé une fois… Et puis il avait fait ses propres recherches ensuite.
Une organisation russe qui baignait dans toutes sortes de crimes sorciers. A portée internationale, elle était surtout connue pour le trafic d'enfants. L'organisation écumait les orphelinats de divers pays à la recherche d'enfants au potentiel magique afin de les recruter et de les former en leur sein.
Elle faisait d'eux des sorciers redoutables. Tant niveau puissance que niveau personnalité. Elle les dépouillait de tout trait humain pour les rendre obéissants.
Hiérarchisée à l'extrême, elle prônait certaines valeurs comme la loyauté ou encore la "famille". Et c'était un contrat à vie. Très souvent, les factions étaient liées à leurs supérieurs par une magie du sang, entraînant les victimes dans un cercle vicieux où aucune issue n'était possible.
Et il avait été élevé là-dedans... Apparemment, il y était entré très jeune ayant été abandonné à sa naissance au sein d'un orphelinat russe entièrement contrôlé par la koalitsiya.
Bordel. Il n'osait pas imaginer quelle avait été sa vie jusqu'à ce que les Langues-de-Plomb ne le sorte de ça…
Non.
Il n'était pas le moment de se laisser attendrir ou une connerie pareille. Tout ça ne le concernait pas. Revenant à l'instant présent, il observa les deux recrues du Département des Mystères s'approcher, le teint pâle, transpirant à grosse gouttes et les jambes tremblantes.
C'était...incroyable. Il avait déjà assisté à des interventions du Département de Contrôle des Substances Magiques et… sincèrement, c'était à chaque fois impressionnant. Les sorciers qui le composaient étaient tous très doués et surtout, expérimentés.
Alors voir deux novices accomplir ce que certains mettaient des années à consolider venait presque du miracle. Merlin. Il y avait de quoi crever de jalousie à les voir ces deux.-là… Comme si tout était facile… Comme si ce qu'ils venaient d'accomplir n'était rien d'autre qu'un simple sort de lévitation.
Mais non. C'était d'une complexité extrême et ils venaient de prouver à tous ceux qui étaient présents que leur place parmi les meilleurs était évidente.
Merde… Est-ce qu'il vacillait… ?
Avant même de s'en rendre compte, et dans un geste complètement stupide, il venait de se placer derrière le russe, une main sur son épaule, l'empêchant de partir en arrière.
Un ricanement à sa droite et il vit Potter s'asseoir à même le sol. Ah Merlin… c'est lui qu'il aurait dû soutenir… Déjà il ne pesait pas le poids d'un troll mort… Mais en plus… lui, il ne lui aurait pas jeté "ce" regard…
- Weasley !
- Oui chef ?
- L'est où Trimpers ?
- Vous l'avez envoyé prévenir Le Département d'Etudes des Potions de l'arrivée d'un colis pour eux.
- Ah ouais. Merde. Bon. Bah prends …. Kiley et accompagne les pour remettre le colis.
- Mais chef…
- Weasley. Bouge toi ! Et ensuite ramène ton petit cul de roux ici ! On repart sur la piste de ces fils de putes !
- ...oui chef.
- Parfait ! Si on m'cherche, j'suis avec Cicéron on va boire un coup !
- J'suis en mission Ducon.
Un énorme éclat de rire, et son chef s'emparait du Langue-de-Plomb, le traînant dans son sillage, hurlant de rire à chaque insulte de plus que lui lançait le sorcier.
- Ton chef est…
- Ta gueule Nazarov.
Levant les yeux au ciel, il s'écarta brusquement, ignorant le fait qu'il manqua de s'écrouler au sol et tendit une main au survivant, ignorant aussi son petit sourire goguenard.
- Tu rigolera moins mec quand tu sera face à la fouine toute à l'heure…
Eh ouais. Il le vit perdre son air moqueur et se tourna, interpellant Kiley pour qu'il les accompagne. Malefoy était également au Ministère ces derniers temps, travaillant avec son Maître sur le traffic d'ingrédients et de potions de magie noir qu'ils tentaient de démanteler.
- Ronald…
Il se raidit alors que le souffle brûlant s'échouait directement contre sa nuque. Ce russe n'avait pas la moindre notion de distance physique… En fait, il n'avait pas la moindre notion de quoi que ce soit…
Mais quand on savait comment il avait été élevé, est-ce que c'était réellement si étonnant que ça… ? Hermione n'avait pas cessé de le tanner à ce propos… Lui arrachant les vers du nez à coup de harcèlement, elle avait fini par arriver à ses fins et enfin savoir ce qu'il s'était passé…
D'ailleurs, il avait ensuite entendu parler de la gifle magistrale qu'elle avait collé au russe et n'avait pas réussi à faire autrement qu'à s'en réjouir. Juste une seconde.
Avant de se rappeler que y'avait absolument rien de drôle à cette fichue situation. Non. C'était pire que ça.
Parce que il n'avait eu d'autre choix que de se rendre à l'évidence. Il n'en n'avait pas rien à faire de lui. Pas du tout même. Et le voir avec cette expression malheureuse et froide...c'était…
Sauf que merde ! C'était lui qui avait fait n'importe quoi...et maintenant il était en train de culpabiliser. Mais il avait raison de ne plus lui parler… Parce que c'était pas un truc pour lui les relations compliquées… Il était pas comme Harry… ni Hermione…
Lui… il voulait quelque chose de simple… de doux… Il voulait juste… pas se sentir mal et seul… Il voulait pouvoir avoir confiance… Il voulait juste un type...enfin...une femme...et… non...enfin quelqu'un qui rentrerait le soir et qui comblerait le silence de sa vie…
Il voulait...un truc comme ses parents… Il...voulait quelqu'un qui soit là pour lui… Et Nazarov n'avait absolument rien en commun avec cette image…
Du moins, il n'avait plus rien en commun avec… Pas depuis qu'il s'était retrouvé à balader ses mains là où il ne fallait pas…
Mais voilà. Il l'avait touché lui aussi là où il ne fallait pas… Et ça, il n'arrivait pas à se le sortir de la tête… Il ressemblait à un foutu amoureux transis. Georges l'avait même comparé à une princesse se languissant du prince du haut de la plus haute tour d'un château.
Merci. Il se sentait viril après ça… Et pourtant Merlin savait qu'à aucun moment de leur...sulfureux échange, il s'était senti rabaissé… Non. Là, il s'était senti bien. La désillusion était venue après.
Passant une main sur son visage, il repensa aussi à la discussion avec sa mère… Il avait vraiment hésité à lui en parler… Et quand il s'était jeté à l'eau, avait bégayé pitoyablement une explication minable sur l'origine de sa déprime à la matriarche… Elle avait souri.
Avant de faire un commentaire sur le fait que de nos jours, il fallait avoir l'esprit ouvert. Et que si son petit dernier était avec un homme cela ne faisait pas grande différence pour elle….
Ils avaient eu une longue discussion où elle avait calmé ses doutes. Non. Ni elle, ni son père n'auraient été déçus de ne pas avoir de petits-enfants de son côté… Non. Ils n'auraient pas été contre un russe au passé douteux.
Elle lui avait rappelé aussi qu'en tant qu'adulte en devenir, il était grand temps qu'il sorte de l'ombre de toutes les personnes l'entourant. Ses frères… Harry…
Elle lui avait parlé pour la première fois de son père depuis qu'il les avait quittés… Et ils avaient discuté jusqu'à l'aube…
Il avait quitté le terrier épuisé… mais un peu moins mal qu'en y arrivant… Mais ensuite, il avait retrouvé son petit appartement miteux du Londres sorcier et la déprime était revenue.
Alors Hermione avait pris la relève. Et puis la colère. Après l'abattement, il s'était, un matin, rendu-compte qu'il lui en voulait. Et il s'était muré dans le silence.
Il avait soigneusement ignoré chacune des tentatives du russe. Ses hiboux. Les ...chauve-souris qu'il lui envoyaient également… Et par Godric Gryffondor, QUI dans le monde sorcier se servait de chauve-souris pour son courrier… ? Même si… ces petites bêtes étaient...mignonnes au final… Merlin. Tout comme les paniers de fleurs ou les kilos de chocogrenouilles qui se retrouvaient sur son bureau quand il arrivait le matin.
Bordel. Il était devenu le sujet principal du bureau depuis que cet imbécile lui avait envoyé une sorte de… fleur carnivore hyper rare… qui avait bouffé la moitié de ses putains de dossiers.
Son chef s'était écroulé de rire sur son bureau alors qu'il luttait comme une dingue pour récupérer ses parchemins, récoltants bleus et griffures au passage.
Pattenrond en pleine crise de furie aurait été moins dangereux. Tch. Revenant à la réalité, il s'écarta, une main sur la nuque, rougissant alors qu'un frisson courait le long de sa peau.
- Quoi ?
- Laisse-moi une chance de te parler… Detka…
- N…
- Weasley…
- Ouais on y va.
Se tournant vers son collègue, il repoussa la main du russe qui venait de s'égarer sur son bras et s'avança d'un pas rapide en direction de la zone de transplanage pour rejoindre le Ministère. Ils n'avaient pas le temps.
Potter. Voilà une bonne nouvelle qui allait clairement illuminer sa journée qui était en passe de devenir terriblement agaçante.
Enfermé depuis des jours dans une des salle du Ministère, au Département de Recherche en Potion avec son Maître, il ne cessait d'examiner et réexaminer les différentes substances impliquées dans un réseau clandestin de magie noire.
Merlin. Aucun de ces imbéciles n'était doué en potion. Toutes celles qu'il avait eu entre les mains étaient instables et foutrement dangereuses. Et définitivement inutilisables.
Alors le travail avait été fastidieux, lent, incroyablement compliqué et vraiment peu distrayant.
Alors savoir que Potter allait se pointer pour lui livrer un nouveau colis venait légèrement relever le niveau de sa journée.
Potter. Depuis leur dernière conversation, depuis son enlèvement, depuis cet instant...où il avait craqué, ils n'avaient que peu discuté… Mais il y avait une semaine, il semblait avoir changé de mentalité… Ses messages n'étaient plus débordant de rancoeur et il semblait plus...détendu.
Et par Merlin. Cela ne lui plaisait pas du tout. Un Potter détendu était une plaie. Mais un Potter distant… c'était encore pire. Non pas qu'il… Enfin si. Il avait du mal avec l'idée de ne plus être le centre de son monde. Il était un Malefoy après tout et il avait l'habitude que tout lui gravite autour… Surtout quand il s'agissait du sauveur du monde…
Mais en l'occurrence… Il y avait aussi toute cette histoire de reliques. Granger lui avait écrit plusieurs fois à ce propos suite à une discussion qu'ils avaient eue, lui faisant part de quelques découvertes mais également de certains ouvrages à lire…
Et quand Dumbledore était impliqué, il s'agissait évidemment de mettre Potter en danger. Et cet imbécile ne le verrait probablement qu'au dernier moment…
Se levant de son bureau, il observa son établis, les ustensils et le chaudron parfaitement propre et passa une main dans ses cheveux. Salazar. Il lui manquait vraiment à ce point pour qu'il se sente si excité à l'idée de le croiser quelques minutes… ?
Probablement que oui. Il l'avait dans la peau depuis bien trop d'années maintenant pour que tout cela ne soit pas devenu une vraie addiction. Mais jamais il n'aurait pensé que de devoir se séparer de lui pour atteindre ses objectifs ne lui demanderait un tel sacrifice.
Sa mère trouvait la situation absolument "charmante" selon ses mots. Son père, lui, se contentait de hocher la tête quand sa femme lui rappellait ce que cela avait été pour eux.
Quant à son parrain, il restait parfaitement silencieux en ce qui concernait son héritier. Souriant une fraction de seconde, il jeta un coup d'œil au carnet à double sens qui trônait sur le coin de sa table de travail.
Il ne s'en séparait jamais. Potter avait eu beau croire qu'il ne se préoccupait pas de lui, c'était faux. Complètement faux. Il gardait toujours sous la main de quoi le joindre. Juste, il avait été vraiment occupé.
Et plus ils s'écrivaient, moins il arrivait à garder en vue ses objectifs… Alors il avait préféré limiter leurs interactions.
Sortant de son bureau, il ferma soigneusement la porte pour rejoindre le couloir donnant sur les ascenseurs. Ils n'allaient pas tarder.
S'appuyant contre le mur, croisant jambes et bras, il braqua son regard clair sur les portes.
Il attendit dix bonnes minutes comme ça, toisant chaque personne n'étant pas Potter sortir de l'ascenseur, offrant rictus mauvais et regards de glace jusqu'à ce que, enfin, ils n'arrivent.
La première chose qui creva sa vision était les cheveux affreusement criards du dernier Weasley. Parce que, et il ne s'en remettrai jamais, mais Weasmoche était devenu tellement...imposant qu'il était impossible à ignorer.
Malgré ses airs benêts de grand dadais mal dégourdis, il restait vraiment, vraiment large. Et c'était sans parler du russe qui lui collait aux talons constamment. Celui là aussi était… imposant. Alors forcément, Potter n'avait pas la moindre chance de se faire remarquer dans un ascenseur, coincé entre ces deux trolls.
- Weasley. Bouge. Tu me bloque la vue.
- Malefoy ? Qu'est-ce que tu fais dans le couloir…?
Ignorant le sorcier, il haussa un simple sourcil, signe de son impatience, récoltant au passage un regard noir du Slave avant que Potty ne se montre enfin.
- Malefoy.
- Potter.
Ces salutations. C'était presque aussi réconfortant que quand il avait la possibilité de rentrer au Manoir. Chez lui. Jamais il ne l'appellerait autrement. Cette manière de s'adresser à l'autre, c'était spécial. C'était à eux… L'intonation, le sourire moqueur, le rictus ou encore le regard provoquant… C'était eux.
Salazar. Il devenait écoeurant de romantisme.
Dévisageant le sauveur, il nota brusquement son teint pâle, ses mains un peu tremblantes et la fatigue qui écrasait ses épaules. Mais alors qu'il allait souligner la chose à coup de sarcasme, il le vit s'approcher de lui, passer un bras autour de son cou et poser ses lèvres sur les siennes.
- Du calme. Je viens juste de m'occuper de ton colis…
Ah vraiment… Tournant son regard sur Weasley, il le vit hocher la tête discrètement. Il ne remarqua qu'alors que le russe tirait plus ou moins la même tête que Potter, sauf que lui, il s'appuyait contre le mur puisqu'il avait grillé ses chances avec le roux présent ici.
- Je vois… Encore en train de rechercher la gloire Potter…
- Ouais… exactement.
Il avait beaucoup entendu parlé de lui ces derniers jours, les rumeurs courant vite parmi les différents tableaux du Ministère. Il avait d'ailleurs ricané quand il avait appris comment il était traité par l'imbécile de chef du département…
Passant lentement une main le long de son dos, il savoura silencieusement le fait de le toucher. De l'avoir près de lui, tournant la tête pour glisser ses lèvres sur sa joue. Il le sentit alors s'appuyer plus lourdement contre lui. Merlin.
- Suivez-moi.
Se redressant, il attrapa la main du survivant pour le tirer à sa suite, se fichant par contre de savoir si Weasley et Nazarov suivaient… Quant à l'Auror qui accompagnait le sorcier roux, il se fichait éperdument de sa simple présence, ne lui accordant pas le moindre regard.
Slalomant dans les différents couloirs d'un pas rapide, il échangea quelques signes de mentons courtois avec certains de ses collègues. Supportant leurs regards curieux sur le sorcier qu'il entraînait à sa suite.
- … Est-ce que faire des potions requiert forcément de se retrouver dans des sous-sol.
- Quoi ?
Haussant un sourcil, il tourna son regard sur le brun qui semblait observer les lieux, notant les couloirs interminables de pierres sombres. L'humidité s'en dégageant ou encore la faible luminosité des torches fixées au mur et animée de sorts de lumière.
- … Potter. Tes remarques stupides ne m'avaient pas manquées.
- Quoi. Je remarque juste que tout potionniste qui se respecte semble aimer les endroits...sombres.
- Evidemment Potter. Ne sais-tu toujours pas que certaines potions sont instables à la lumière du jour ? Ou que l'hygrométrie est primordiale dans la conservation de certains ingrédients…?
- Ah… effectivement.. vu comme ça…
Levant les yeux au ciel, il poussa finalement la porte de son bureau, le déverrouillant d'un sort informulé avant d'y faire entrer le brun.
- Assieds-toi Potter.
Tournant son regard sur les autres sorciers, il les toisa lentement.
- Ne touchez à rien. Surtout toi Weasley.
- Sympa Malefoy…
- Si tu n'es pas content Weasmoche. Va voir ailleurs si j'y suis. Et prends Nazarov avec toi.
- Poshel na khuy Malfoy…
Le sourire carnassier du slave était suffisamment explicite pour qu'aucune traduction ne soit nécessaire… Mais peu importe. Il n'était pas non plus Mère Thérésa et à part Potter, il ne voyait pas pourquoi il devrait s'occuper de tout un tas de sorciers inutiles. Claquant des doigts, il vit un elfe apparaître et lui demanda d'apporter à manger au sauveur du monde.
- Malefoy….
- Tu vas manger Potter. On dirait que tu vas t'évanouir. Et j'ai aucune envie de devoir m'occuper de toi. Du moins...pas comme ça.
- Y'a des trucs qu'on veut pas savoir Malefoy…
- Weasley, ton problème de frustration avec ton russe ne me regarde pas non plus.
- Q..que's.
- C'est ça.
Haussant les épaules, il s'assit à son tour à son bureau, laissant Potter aux prises avec une part de tarte à la citrouille.
- Maintenant donne moi le colis.
Il vit alors le sorcier dont il ne connaissait pas le nom s'approcher et, d'un geste de baguette, faire léviter jusqu'à lui une boîte de bois scellée de plusieurs sortilèges et runes.
Haussant un sourcil, il examina d'abord la qualité de celles-ci. Impressionnant. Lui qui avait étudié les runes toute sa scolarité, il devait bien avouer que celles-ci étaient particulièrement réussies. S'emparant de sa baguette, il en passa la pointe délicatement sur les contours du coffret, désactivant un à un les sortilèges protégeant le contenu.
Mais quand il sentit les pulsations de magies émanant de l'intérieur, il stoppa ses gestes. Il ne pouvait pas ouvrir ça ici. Pas sans la présence de son Maître ou d'un supérieur. Trop dangereux.
- Il semblerait que ce soit la même concoction ratée que la dernière fois, Weasley.. Je ne sais pas ce qu'ils essaient de faire ni quel est le résultat attendu… Mais ils continuent d'essayer…
- Vous avez fini d'identifier les ingrédients.. ?
- Non. Pas encore. Certains sont trop dégradés… D'autres sont issus de magie noire.
- Merlin… J'suis pas prêt de dormir à nouveau…
- On dirait la magie du cœur d'un chernyy Drakon…
Le sorcier russe n'avait pas bougé de sa place, la capuche remontée sur la tête, les mains dans les poches, il s'était appuyé contre un mur et n'avait plus esquissé le moindre mouvement jusque là. Lui lançant un regard acéré, il plissa les yeux.
- Développe Nazarov…
- Nous utilisons souvent ça… cet ingrediyent dans la Koalit… en Rossiya.
- Et comment le sais-tu ?
- Les pulsations...c'est typique de la magie des Drakon.
- Je vois...J'en informerai mes supérieurs…
Et alors qu'il allait poser de nouvelles questions au russe, il s'interrompit brutalement, la porte s'ouvrant après qu'un bref coup y ait été frappé, laissant la place à son Maître d'apprentissage, Kronos Fowley.
- Draco. As-tu reçu le dernier colis en date ? J'ai reçu un hibou du Chef des Aurores me demandant de l'examiner rapidement.
Il le vit brusquement s'arrêter. Tout comme il vit Potter se crisper, reposer sa part de tarte et se lever. Brusquement tout le monde semblait avoir bougé en même temps. Le russe s'était approché du sauveur… Weasley de son collègue alors que Fawley entrait dans la pièce, sa cape tournoyant autour de ses jambes.
- Oui Maître.
- Oh. Je vois que tu as de la visite. Monsieur Harry Potter. Et...d'autres… personnes.
Le dédain dans la voix du Potionniste était si évident qu'il fit grimacer les deux aurors présents. Quant à Potter, il laissa errer son regard vert sur le sorcier, passant de son visage à son corps lentement, son russe faisant de même, impassible.
Et aucun des deux ne répondit à la salutation implicite.
- Effectivement Maître…
- Intéressant. C'est une… surprise Monsieur Potter.
- Bonjour.
Fronçant les sourcils, il se tourna lentement vers le brun, l'enjoignant silencieusement à se montrer un peu plus courtois avec l'homme qui était devenu son formateur et qui serait à la base de sa carrière. Mais Potter avait cet air là sur le visage.
Buté et fermé. Celui qui disait qu'il ne fournirait pas le moindre petit effort… Celui qu'il avait quand il ne supportait pas la personne… La dernière fois avait été pour Ombrage. Salazar. Fichu Gryffondor.
- Bon jour je ne sais pas… Après tout, mon apprenti devrait être en train de travailler et je le retrouve à boire le thé avec son… qu'êtes-vous exactement déjà pour lui ?
Il savait que son Maître ne portait pas le survivant dans son cœur… Il lui avait maintes fois répété que ce genre de célébrité basée sur des exploits non mérités le laissait de marbre.
Et il faisait partie des vingt-six. Il avait encore du mal avec les idées sur les sang-mêlés et les idées sur tout le monde Moldu. Il ne reconnaissait réellement que les races magiques alors que le sauveur ait été élevé par une bande de sans-magie le rendait...irritable. Mais c'était une mauvaise idée de s'en prendre à Potter.
- Vous me demandez ce que je suis pour Malefoy… ?
- Précisément… Est-ce un problème de m'informer quant aux relations de mon apprenti ?
- Pas vraiment… Mais si vous voulez tout savoir Malefoy est comme une mère pour moi…
S'étranglant presque aux paroles de Potter, il se tourna vivement vers lui, le fusillant du regard.
- Une mère Potter… ?
- Et bien oui Malefoy… Tu t'occupes de moi...me nourris… Tu surveilles ma santé…
- Potter.
- Quoi ?
Plissant les yeux, il le vit enfoncer ses mains dans ses poches, encore un signe de son agacement. Mais c'était étrange, aucune vague de magie, pas la moindre petite étincelle. C'était un peu comme si Potter se maîtrisait entièrement. Ce qui, à son sens, était complètement improbable. Potter et le self contrôle c'était comme d'associer Weasley et les galions.
- Je vois… Je pensais bien que votre… relation n'était qu'une sorte de… passade. Après tout, vous êtes une Langue-de-Plomb en devenir. Autant dire que vous disparaîtrez bientôt du paysage.
- Je ne pense pas Maître, que ce genre de discussion soit très...adéquate.
- Draco. Je te l'accorde. Après tout, Monsieur Potter est ici en mission.
- Certes. Il se trouve également que tout cela n'a rien d'une passade mais ma vie ne vous concerne pas. Je vous saurai gré de bien vouloir garder votre avis dessus pour vous.
Fawley était peut-être un des vingt-six, mais lui aussi. Et il était hors de question qu'il reste là sans réagir. Maître ou pas. Il était un Malefoy avant d'être son apprenti. Et il n'allait pas se laisser marcher dessus sous prétexte qu'il devait apprendre. Un maître était facilement remplaçable…
- Sans parler que je serai vous, je mesurerai mes paroles quant à Harry Snape.
Il vit l'instant précis où Fawley se souvint à qui était affilié le sauveur et derrière son sourire faussement jovial, la crispation de sa mâchoire.
- Ah oui… Severus Snape a… adopté un...enfant.
- Malefoy. On va y aller.
La voix glaciale et le regard dur, le survivant se dirigeait déjà vers la sortie, ignorant complètement la remarque du Potionniste, le corps aussi tendu que s'il allait se jeter sur lui.
- Au revoir Monsieur Potter…
La voix dégoulinante de sarcasme de son Maître sembla envoyer un frisson dans le corps de Potter alors qu'il se stoppait brusquement, se tournant lentement vers le sorcier, un sourire mesquin sur le visage.
Il n'avait pas souvent vu cette expression sur le visage du Survivant… Et apparemment il n'était pas le seul à penser que cela annonçait certains...ennuis puisque le russe s'était approché encore, de même que Weasley.
Et le fourchelangue envahit la pièce alors que le survivant s'adressait directement à Fawley, de nombreux objets lévitant alors que la température de la pièce semblait tomber bien en-dessous du zéro degré celsius.
Cela dura juste quelques secondes avant que tout ne revienne à la normale et que le brun ne claque la porte avec violence derrière lui.
Salazar. Il allait le suivre quand la main de son Maître atterrit sur son épaule, ses doigts s'enfonçant dans sa peau.
- Reste ici, Draco. Nous avons du travail.
Levant un regard froid sur l'homme, il ne dit rien. Il avait raison. Il était au Ministère et se devait de garder un certain professionnalisme… Il écrirait à Potter plus tard…
Même si, Merlin seul savait à quel point ne pas se lancer à sa poursuite pour le plaquer contre lui était douloureux.
La vie lui paierait un jour tout ce qu'il avait sacrifié.
Il huma lentement le parfum, caressant du bout des doigts la peau de son poignet, souriant lentement.
Oui. C'était ça… Tournant son regard sur la silhouette assise dans le fauteuil face à la cheminée, il rit.
- Le vin de fée est-il à ta convenance très cher ?
- Certes. Une grande qualité de vin. Le parfum est délicat mais prenant.
- N'est-ce pas… ? Je l'ai obtenu d'une fée rencontrée il y a peu… Elle me devait un paiement et m'a proposé ça.
- Une très bonne affaire.
- Je suis d'accord.
S'emparant de sa baguette, il la bougea doucement et un verre se remplit du liquide argenté avant de léviter jusqu'à lui.
- Comment se passe notre affaire d'ailleurs ?
- Bien… Il semblerait que les équipes soient bientôt prêtes… Il leur aura fallu un peu de temps pour trouver les bons Moldus afin de leur expliquer le fonctionnement… Mais c'est fait.
- Fabuleux ! Je me réjouis de voir ce que cela va donner… Les conséquences que cela aura…
L'autre homme le fixait, sourcils froncés, il porta son verre de cristal à ses lèvres pour savourer le liquide avant de soupirer.
- Tu te concentres beaucoup trop sur lui… Tu sais que les Reliques sont nos vraies cibles.
- Pour toi mon cher ! Moi, je vois plus grand. Plus loin… De simples artéfacts ne sont que bonus…
- Simples artéfacts ! Comment peux-tu dire ça alors que nous les recherchons depuis si longtemps ?
- Eh bien… Disons que Dumbledore m'a ouvert les yeux quant à la multitude d'utilisation et de possibilité alors…
- Ridicule. Il n'y a qu'une utilisation possible et c'est en les rassemblant que nous pourrons en faire usage.
- Que tu dis !
S'approchant de lui, il se pencha lentement, examinant les cheveux de son acolyte. Il y avait si longtemps qu'ils se connaissaient… Si longtemps qu'ils travaillaient ensemble pour ce but commun… Mais, depuis, il s'était un peu égaré… Découvrant un chemin de traverse, s'y enfonçant un peu plus chaque jour.
Merlin. Il était tellement excité. Il n'en pouvait plus d'attendre les conclusions de tout cela… Il crevait d'envie de voir ce que cela ferait s'ils mettaient leur plan à exécution… Est-ce que cela le pousserait dans ses retranchements… ?
Est-ce que cela précipiterait ses visites…? Sa venue ? Est-ce qu'il pourrait la rencontrer aussi s'il était là au bon moment ?
Merlin. Rien que d'y penser… Revenant sur terre quand l'autre homme repoussa le bout de ses doigts de ses cheveux, il reporta son regard sur lui.
- As-tu fait ce que je t'ai demandé d'ailleurs ?
- Demandé ?
- Ne joue pas avec moi.
- Aaaaah. Oui. J'ai été discuté avec les différents chefs de Département du Ministère… Et… Les timings seront bons, j'ai tout organisé…
- Cette bande d'imbéciles. Ils sont de plus en plus facilement manipulables…
- Mmmm…. et que faisons nous pour lui ?
- Tu dis qu'il se doute de quelque chose ?
- Oui… Il pose beaucoup de questions. Teeeeellement de questions que je crains que cela n'attire l'attention d'indésirables…
Le silence s'installa une seconde alors que l'autre homme réfléchissait.
- Arriverais-tu à t'en débarrasser… ?
- Je ne sais pas… Peut-être…
- Peut-être ?
- Il est fort… Mais… après tout… Je suis très fort aussi…
- Cesse donc tes pitreries et décide. Soit tu t'en occupes, soit je le fais.
- Mmm. Avec un poison ?
- Probablement.
- Non… Je crois que je vais le faire… Je vais essayer et...si jamais je te passerais le relais.
- Très bien.
Il le vit se lever, le repoussant de son passage, lissant les plis de sa robe.
- A présent, excuse-moi, mais j'ai du travail. Je ne cesse d'être sollicité depuis tes petites expériences.
- N'est-ce pas drôle ?
- Non. Ton petit réseau ridicule me fatigue.
- Certes… Mais quelle belle diversion est-ce !
- Si tu le dis…
Lui jetant un dernier regard, il s'inclina légèrement avant de disparaître par la cheminée, y lançant une poignée de poudre de Cheminette articulant soigneusement sa destination.
- Ministère, Département du Comportement Sorcier.
Il ouvrit la porte d'un geste las. Murmurant le sort pour pouvoir enfin entrer chez lui. Trois semaines.
Trois semaines qu'il crapahutait partout dans Londres à la suite de son fou de Chef afin de coincer les types qui s'amusaient à faire du trafic de Substance Magique Dangereuse, semant les cadavres sur leurs passage.
Il était épuisé. Jetant sa cape sur une des chaises de son petit appartement miteux, il s'assit lourdement sur un fauteuil qui craqua sous son poids.
Son appartement. Sa mère avait dû passer parce que la couche de poussière qui y avait élu domicile avait disparu… Il aimait bien cet endroit même s'il n'était vraiment pas… enfin...il était vieux.
L'appartement était composé d'une petite pièce avec une cuisine ouverte et un coin salon avec une cheminée. Une chambre de petite taille et une salle de bain. Rien d'extravagant, de toute manière, il n'avait pas les moyens d'avoir mieux… Mais au moins, c'était chez lui.
Dès qu'il avait pu, il avait quitté le Terrier. Trop de souvenirs y étaient restés pour lui… Et il avait besoin de s'éloigner un peu du cocon familial et de sa mère…
Alors il avait pris la première location qui s'était présentée. Un petit appartement du Londres Sorcier dans un quartier bordant une ruelle plutôt mal famée mais qui avait l'avantage de ne pas être trop cher et plutôt propre.
Passant une main fatiguée sur son visage, il se leva et alla ouvrir son frigo. Sa mère était définitivement passée par là. Il était plein à craquer et, que Merlin la bénisse, uniquement de plats déjà cuisinés…
Sortant le premier qui lui tomba sous la main, il manqua pleurer de reconnaissance en découvrant des lasagnes. Sa mère était une sainte. Posant le tout sur la petite table de bois, il lança un sort de réchauffement dessus et sortit des couverts. Il était mort de faim.
Emportant le tout avec lui, il s'installa sur le fauteuil, étala ses longues jambes devant lui et posa ses pieds sur la table basse avant de pouvoir enfin déguster ce qu'il avait dans son assiette sous les grondements de plaisir de son estomac.
Mais, le-dit plaisir, ne dura pas. Il était à peine en train d'entamer le tout qu'on frappait à sa porte. Gémissant de frustration, il se leva tout de même… Pas le choix. Il s'agissait peut-être d'un de ses collègues.
S'avançant d'un pas lourd jusqu'à sa porte d'entrée, il ouvrit le battant en priant pour qu'on ne vienne pas le chercher pour une énième chasse…
- Detka…
Avant même de comprendre qui il avait en face de lui, il refermait le battant de la porte, un pied chaussé de bottes de cuire l'en empêchant alors qu'il reculait.
- Dégage.
- Laisse-moi entrer. Il faut qu'on parle.
- Potter ?
- Quoi ?
- Est-ce que ça va ?
- … tu me poses la question ?
- Un problème avec ça… ? je peux aussi ignorer tes sauts d'humeur si tu préfères.
- Non, non, désolé…
- Alors. Réponds.
- J'ai pas envie de te parler.
- Je sais…
Il le regarda s'avancer tout de même dans la petite entrée de son appartement. Il portait un de ses pulls ridicules sous sa cape… Cette fois, dessus, il y avait un petit hippogriff et l'inscription "I'm a cute boy". Le tout contrastait avec son pantalon noir de jeans grossier et ses bottes de cuir renforcée de métal sur leurs bouts.
Il le vit enlever sa cape, l'accrocher à une des patères de l'entrée et remonter ses manches, faisant tomber sa capuche de son crâne. Son odeur envahit le petit espace et il recula encore d'un pas, croisant les bras sur son torse.
- J'étais en train de manger. Je suis crevé. Tire-toi.
Avant qu'il ne puisse réagir, il était devant lui, son pouce caressant une des cernes qu'il savait avoir sous ses yeux rougis de fatigue. Il était trop près. Beaucoup trop près pour que son cœur n'en prenne pas un coup. Il avait l'air fatigué lui aussi… Et… Il ne souriait pas de son air charmeur pour une fois. Il semblait mortellement sérieux.
- Je vois… Tu as besoin de te reposer…
- Exact. Alors si t'as comprit va-t'en !
- Net…
Repoussant sa main d'un geste sec, il sentit ses dernières gouttes de patience s'évaporer alors qu'il avait les nerfs à vif.
- Mais bordel Nazarov ! Tu veux quoi à la fin ! Tu sais quoi ? Dis ce que tu as à dire et ensuite je veux plus rien savoir !
- Il se passe quelque chose avec ma magie.
- Quoi ?
- Je ne sais pas… C'est comme si… elle s'évaporait…
- De quoi tu parles encore Potter ?
- Je sais pas...Je suis juste trop fatigué…
- Merlin. T'as été voir ce médicomage…? celui qui est devenu ton Mentor… ?
- Oui...Je lui en ai parlé tout à l'heure… Il dit que c'est probablement l'entraînement.
- Alors pourquoi tu t'inquiètes ?
- Parce que…. Est-ce que on peut se voir Malefoy ?
- Quoi ? Pourquoi ?
- S'il-te-plaît.
Retournant au salon, il se laissa tomber à nouveau sur son fauteuil, frottant ses yeux de ses mains. Merde.
Il l'entendit s'approcher de lui avant de sentir ses mains sur ses genoux. Retirant ses mains de son visage, il tomba dans ses yeux clairs. Il s'était accroupi face à lui et l'observait, toujours aussi grave.
- Je suis désolé…
- C'est trop facile Nazarov.
- Je ne sais pas ce que tu veux que je dise pour apaiser ta colère…
Le repoussant brusquement, il se leva, se mettant à faire les cents pas dans la petite pièce, la colère reprenant ses droits.
- Mais putain ! A ton avis ? Tu m'as couru après pendant des semaines alors que je t'ai dit que j'aimais les filles ! Et petit à petit...je..j'ai peut-être… imaginé un truc entre nous… et… t'as lancé les hostilités chez Malefoy ! Je… et j'ai réagis ! A cause de toi !
Cette fois, il était vraiment en colère. Il sentait ses joues rougir alors que le ton de sa voix montait, il criait maintenant. Merde. Il n'allait pas pleurer. Il était un homme !
- Je sais… J'étais très fier de te faire ça Detka
- Et ça t'as rendu fier aussi quand le lendemain t'as joué avec cette fille ? Ça t'as rendu fier de m'humilier ? C'est bon ? T'es content de toi d'avoir joué avec le stupide petit Weasley ?
- Net…
- Ferme-la ! J'en ai rien à foutre de ce que tu as à dire en fait ! J'avais confiance ! J'ai pensé sérieusement à… à changer...à accepter… Je suis peut-être un con de m'être barré après ce qu'il s'est passé mais tu ne pouvais pas comprendre que ça m'a fait flipper ? J'étais sûr d'être complètement hétéro ! Mais non ! t'as préféré aller te taper une fille !
Il le vit se rembrunir alors qu'il se prenait ses paroles haineuses dans la figure. Bien fait ! Il ne méritait pas plus que ça.
- Arrête de dire ça.
- Non mec. C'est ta faute toute cette situation. Et...je veux pas de ça. Je veux pas…
Une seconde et sa colère s'évanouissait entre ses mains. Partant en fumée. Merde. Il était vraiment fatigué. Fermant les yeux, il prit une lente inspiration.
- Je veux pas… me sentir comme ça de nouveau.
- Comment…?
- Tellement merdique que je doute de moi…
Il fixa le carnet à double sens pendant plusieurs minutes.
"S'il-te-plait"
Potter devait vraiment avoir besoin de parler pour qu'il écrive si clairement qu'il avait besoin de lui. Fronçant les sourcils, il détourna le regard de ce simple mot pour observer la potion qui bouillonnait doucement dans le chaudron à côté de son établi.
Il était déjà tard… Il avait largement dépassé les heures de travail réglementaires pour son apprentissage… Alors peut-être pourrait-il se permettre de faire une pause… Sans parler que… Il était vraiment frustré de la manière dont ils s'étaient quittés l'après-midi même.
Soupirant, il lança un sort de stase à son chaudron avant de s'emparer de sa plume, traçant les quelques mots sur le carnet.
- Rendez-vous dans un quart d'heure, chez moi, à l'appartement.
Pas même une seconde plus tard, il avait sa réponse.
- Ok.
Merde. Il avait vraiment merdé. Il sentit son vieux coeur desséché et complètement atrophié se serrer alors qu'il fixait le roux qui semblait...abattu.
Il avait commencé par lui crier dessus. Plein de rage, plein de rancœur avant de brusquement s'arrêter… Pour lui avouer à demi-mot, la gorge serrée qu'il se sentait minable à cause de lui.
Il avait le cœur… c'était un vrai foutoir… Il venait de le lui écraser sans même faire exprès… Non...en fait… S'il avait mal c'était vraiment uniquement de sa faute… Ronald avait raison. Il s'était vexé comme un imbécile et maintenant, il faisait face aux conséquences de ses actes.
Prenant une lente inspiration, il chercha les mots. Il était désolé… mais… Ça ne semblait pas vraiment suffisant… Il se sentait… mal. Il était...minable. Il était au sol. Il l'avait mis un genou à terre.
Et à présent, c'était lui qui avait la trachée si nouée qu'il arrivait à peine à parler.
- Pourquoi merdique… ?
II sentit sa langue rouler sur les "r" d'un ton guttural, signe de son stress… Il n'osait pas approcher. Il avait peur de le casser encore un peu plus… Si jamais il le touchait...c'était comme s'il allait lui faire mal. Encore.
- Parce que… t'as joué avec moi… tu t'es moqué de moi… Tu m'as fait croire que j'étais important espèce de salaud d'enfoiré…. Alors que c'était un mensonge…
- ...Je ne mentais pas…
- Si… parce que si j'avais été important, tu aurais pas fait ça…
- J'étais… je crois… en zloy...colère
- Bordel mais…
- Non...je..sais que c'était pas une izvineniye, excuse, mais je voulais vraiment t'avoir… et..j'y arrivais pas.
Il le vit relever son regard bleu sur lui et eut l'impression d'être transpercé. Se balançant d'un pied sur l'autre, il ferma les yeux une seconde, prenant une lente inspiration à son tour.
- Ca aurait été mieux pour toi Detka...si j'avais réussi à te sortir de ma tête avec une fille…
- Qu'est-ce que tu dis encore comme conneries ?
Il le fixait, un sourire désabusé sur le visage, semblant attendre la suite de ses explications. Fronçant les sourcils, il se détourna, ricanant.
- Je suis un enfant de la koalitsiya. Je n'ai rien. Ni personne. Je suis un criminel et un assassin. On m'a appris à ne pas être chelovek, humain alors qu'est ce qu'un type comme toi ferait d'un sorcier comme moi…?
- J'en sais rien… à toi de me le dire..c'est toi qui est venu me chercher bordel !
- Da… je sais…
- Alors c'est quoi ce discours merdique sur ce que tu es ou pas ?
- Je.. suis..celui qui devrait se sentir minable à côté de toi Ronald… Avec ta famille… avec tes amis… J'aimerais vraiment avoir….quelque chose comme ça…
- Qu'est-ce que tu racontes…
- Tu es un peu un ideal'nyy… pour moi...qui n'ai rien...tu es un peu tout…
Quand il frappa à la porte de l'appartement, elle s'ouvrit presque immédiatement sur le blond qui le regarda de haut en bas avant de s'écarter pour le laisser entrer.
Poussant le battant pour la fermer, il soupira avant de se coller à son torse. Voilà. Juste un moment comme ça. Il sourit légèrement en sentant ses doigts glisser sur sa nuque, puis dans ses cheveux.
- Bonsoir à toi aussi, Potter.
- Mn.
Un ricanement et il avait ses lèvres contre les siennes alors qu'il le plaquait doucement contre le mur, prenant tout son temps pour l'embrasser.
- Je préfère quand tu bosses au Ministère...au moins on peut se voir.
- N'est-ce pas.
Il promena encore sa bouche sur sa joue, descendant sur sa gorge doucement, semblant profiter tout autant que lui de cet instant.
- Dis-moi pourquoi tu ne voulais pas écrire dans le carnet à double sens…
- J'avais besoin... de te voir.
- Je vois…
- J'ai de nouveau des cauchemars… Ça revient…
- Toujours le même…?
- Oui.
Il se sentait vraiment exposé quand il en parlait… alors… il avait eu besoin de la présence physique du blond.
- Parles.
La gorge nouée, il le fixa. Qu'est-ce qu'il lui racontait encore. Il ne pouvait pas dire des trucs pareils… Après...il s'imaginait plein de choses… Il se laissait attendrir, toucher…
Parce qu'au final, là, tout de suite, il avait vraiment l'air d'un gosse abandonné.. D'un type qui avait tellement besoin qu'on le sorte de sa vie de merde et qu'on lui sourie… Il avait l'air d'avoir tellement besoin de… douceur.
Comme lui… C'était… comme lui.
Merde. Merde. Merde.
Déglutissant lentement, il prit une courte inspiration, c'était tout ce que la boule dans la gorge lui permettait…
- Dis pas de conneries…
- Je dis pas de conneries, pizdets !
Il s'était brusquement approché de lui, ses yeux brûlants de colère ou peut-être de quelque chose d'autre… Parce qu'il s'empara presque délicatement de ses bras, le poussant du côté de la fenêtre.
- Je mens pas ! Je dis la pravda, vérité ! Je voudrais t'avoir ! Parce que je voudrais une famille, je voudrais un endroit où venir chercher le komfort, je voudrais quelqu'un qui trouve mon serdtse !
Il le vit se détendre, se laissant aller contre lui, posant son front contre son épaule alors qu'il restait figé, les yeux légèrement écarquillés, le cœur en vrac et buttant douloureusement contre sa cage thoracique.
- Je voudrais… vraiment m'excuser… parce que je suis un salaud…
- O...ouais… t'es un...un enfoiré…
Il sentait ses barrières s'écrouler petit à petit alors qu'il levait une main pour la poser sur la nuque du Slave qui frémit doucement au contact… Il sentait sa réticence et ses doutes s'évaporer alors qu'il s'approchait, faisant se frôler leurs torses et qu'il le sentait l'entourer de ses bras.
- Je ne veux pas d'une relation où j'aurais pas confiance…
- Da… tu as raison…
- Je…
- Ronald.
- … quoi ?
- Est-ce que tu peux lyubi menya
- … je ne comprends pas le russe…
- Est-ce que tu peux…
Il le sentit s'éclaircir la gorge… Il sentait son coeur battre de manière irrégulière et trop rapide. Il pouvait sentir la crispation de son corps contre le sien ...
- Je peux quoi Nazarov ?
- juste un peu...m'aimer ? C'est comme ça qu'on dit ?
Il courait depuis maintenant plusieurs minutes, le souffle court, il sentait la brûlure de ses poumons à chaque inspiration alors qu'il tentait de lui échapper.
Il devait les prévenir. Leur dire ce qu'il se passait. Il entendit le bruit du transplanage juste à sa droite et se jeta sur le sol, ignorant la douleur lorsque son bras heurta une des pierres au sol.
Putain d'enfoiré de monstre. Il n'aurait jamais dû lui faire confiance ! D'entre tous, pourquoi lui ?
Il entendit un rire et se crispa. Il allait probablement pas s'en sortir… Le sort passa à un centimètre de son cuir chevelu et il changea de direction.
Peine perdue. Alors qu'il contournait un arbre centenaire, il se retrouva face à lui.
- Putain d'enfoiré de traître ! Je savais que quelque chose ne tournait pas rond !
Il lui souriait. L'air aussi détendu qu'à son habitude, il jouait avec sa baguette alors que les sorts s'activaient tout autour d'eux.
Il l'avait piégé… Il était bloqué sans aucune possibilité de fuite… Entouré de sorts, coursé par des inferis, blessé et épuisé… Merde…
Bordel. Jamais de sa vie il n'aurait pensé crevé comme un chien.
- Pourquoi est-ce que tu fais ça bordel !
- Pour elle bien sûr !
- Elle ? Mais de qui tu parles encore espèce de taré ?
Il n'entendit jamais la réponse qui avait été articulée. Le sortilège le frappa en pleine poitrine et il s'écroula.
Mort.
Il avait réussi à le dire… Il avait réussi à dire ce qu'il voulait...ce rêve qu'il caressait depuis qu'il était tout petit… Depuis qu'il pouvait rêver en fait…
Ce rêve qu'il faisait à l'orphelinat et qui avait toujours été son but… Alors jamais il n'aurait pensé que ce soit un homme qui lui apporterait mais pourquoi pas… Il s'en foutait au fond.. Il voulait juste y avoir droit, peu importe avec qui…
Il voulait avoir droit à ce regard. A ses mains. Il voulait avoir le droit de se sentir comme ça…
Et il avait enfin réussi à le dire à quelqu'un...sans avoir peur qu'on se moque de lui. Qu'on le batte ou qu'on le torture pour avoir été faible. Pour avoir eu un rêve autre que celui de devenir une arme pour la sem'ya.
Il avait avoué cet endroit si secret de lui et attendait maintenant la réponse.
- Je..
- Je sais...c'est beaucoup demandé… mais...peut-être que… c'est possible non…?
- Nazarov…
Plongé dans son angoisse, il n'entendit rien. Ne sentit rien. Jusqu'à ce qu'un bruit de verre cassé et une légère secousse ne secoue le corps du roux.
Fronçant les sourcils, il redressa doucement la tête, tombant sur le visage figé de surprise du sorcier.
- Detka ?
Il le vit ouvrir la bouche et brusquement un flot de sang en sortit. Il coula sur son menton alors que son corps semblait doucement s'écrouler contre lui, son regard se voilant d'un coup.
Derrière lui, dans la fenêtre, un petit trou. Dans son dos, le même trou. Sa chemise s'imbibant déjà de sang.
Ronald Weasley s'écroula lentement au sol à ses pieds sans qu'il ne puisse rien faire.
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Bon. Je sais que vous me détestez actuellement... Mais...ca avouez tout de même que ce chapitre est hyper fluffy non ?
Je vous aime ?
