Bien le Bonsoir à tous,
Boooon après avoir été menacée, insultée, suppliée et j'en passe, je vous ai écrit ce chapitre en 6 heures. Oui. Grâce aux encouragements de Zalia, Plumeris (mon poussin), et Licorne, ce chapitre à vu le jour en un temps record.
Je n'ai pas grand chose à dire sur celui-ci. Je me suis hype comme jamais. J'espère qu'il vous plaira ! Et...n'hésitez pas à venir vous plaindre en commentaire XD Rien ne me fera plus plaisir, vous le savez.
Je vous aime d'amour quoi qu'en disent les apparences...
Enjoy ?
Chapitre 9
Le choc avait été minime. C'était comme un pincement avant qu'une brûlure intense ne dévore sa peau. Puis il avait vaguement sentit un liquide chaud couler le long de son dos avant de sentir ses jambes faiblir
Lui avait-on lancé un sortilège des jambes-en-coton ? Il n'en n'avait aucune idée mais il voyait le visage du russe se troubler.
Qu'est ce qu'il lui disait…? Il le voyait articuler mais le son ne parvenait pas à ses oreilles… Quelque chose semblait clocher….
Il avait l'impression de glisser en avant ce qui était tout à fait improbable puisqu'ils étaient en train de discuter…
Ils étaient chez lui non ? Est-ce que sa bouche était pâteuse… ? Il ne sentait plus ses doigts… Comme si son corps pesait à présent des tonnes… Comme s'il n'était plus maître de ses mouvements…
Il avait comme l'impression qu'il devrait dire quelque chose… Surtout en voyant l'air paniqué se peindre sur le visage du tatoué… D'ailleurs… il semblait maintenant se tenir au-dessus de lui…
Est-ce qu'il s'était évanoui…? Il était couché sur le sol et il lui parlait.
Il n'entendait rien. D'ailleurs il ne ressentait plus rien non plus.
Ah...si… Il avait froid. Pas comme en hiver...Non.. C'était un froid qui venait de l'intérieur et qui se propageait doucement par ses veines. Et la fatigue. Et il sentit son corps être secoué par un quinte de toux, et ses poumons se serrer douloureusement.
Mais qu'est-ce qui… lui arrivait ?
Non ! Il ouvrit brusquement les yeux. Il avait quelque chose à dire… Mais ça lui échappait… Il était incapable de se souvenir ce qui semblait si important.. Et pourtant…
Il gémit et ne sentit pas le sang couler sur son menton.
Quand la tasse se brisa au sol, elle grimaça avant de jurer doucement. S'emparant de sa baguette, d'un mouvement rapide, elle répara le tout.
C'était un cadeau qu'elle avait reçu pour son emménagement, il y avait quelques semaines. Elle avait finalement accepté de prendre un appartement avec Blaise et leur choix s'était porté sur cet endroit.
L'appartement se situait dans l'hyper-centre du Londres sorcier, Blaise ayant refusé tout net les quartiers moldus. Le loyer était extravagant à son sens mais Cybèle Zabini avait insisté pour qu'elle ne s'inquiète pas. Blaise avait largement les moyens d'assumer une part importante des charges.
Et même si, au fond, cela la dérangeait de vivre en partie à ses crochets, elle s'était rapidement résignée, lassée de devoir habiter chez ses parents. Elle avait aussi abandonné l'idée de chercher seule un appartement. Elle n'avait pas le temps pour ce genre de choses.
Blaise avait fini par s'occuper de tout. Y compris en ce qui concernait l'ameublement. Sincèrement, elle s'en fichait et lui faisait confiance. Peut-être n'aurait-elle pas dû.
Après tout, elle se retrouvait maintenant avec une maison qui semblait tout droit sortir d'un de ses films gothiques. Soupirant, elle posa la tasse sur le comptoir de marbre noire et en observa le dessin, un sourire se dessinant sur ses lèvres.
La tasse lui avait été offerte par Ron. Enfin. Une pour elle, une pour Blaise. Sur la sienne, il y avait écrit "Je commande" et sur celle du serpentard "Je dis oui".
Ronald.
Elle s'inquiétait pour lui ces derniers temps. Elle avait vraiment cru qu'il allait se passer quelque chose avec le russe de Harry… Mais ensuite…. Merlin quel imbécile…
Ron était quasiment prêt à être cueilli et l'autre avait tout fait s'écrouler. Et c'était pourtant si évident qu'ils étaient parfaits pour être ensemble… Ron et son besoin d'être admiré… aimé… Et Alexei qui semblait désespéré de trouver quelqu'un pour le stabiliser…
Ron et sa famille, ses valeurs et son profond respect pour une vie simple et tranquille… Alexei et le vide qui l'entourait et qui n'attendait que de pouvoir le combler avec du monde…
Et puis le russe apporterai cette touche de folie qui manquait à Ron… Il l'obligerait à sortir de sa zone de confort. Lui ferait voir les choses sous un autre angle…
Quant à Ron, il était un peu comme la raison… Depuis qu'il avait perdu son père, il était devenu si sérieux, raisonné et réfléchi. Elle l'avait vu changer de manière si radicale…
Et en même temps, elle comprenait la fascination qu'il pouvait exercer sur la gente féminine… Il parlait peu, rougissait tout le temps et semblait vraiment tenir à faire les choses bien… Quelle femme ne le verrai pas comme un mari potentiel… ?
Sans parler de son physique. Bye bye le petit Ron pas très beau et plutôt empoté… Elle le lui avait dit d'ailleurs… Qu'il était devenu hyper sexy… mais il ne l'avait pas crue. Il avait pensé qu'elle n'avait dit une chose pareille que pour le réconforter…
Mais pas du tout… Entre sa carrure, Merlin, il avait un six pack absolument incroyable, et son visage à la mâchoire carrée, il était définitivement beau.
- Bébé ?
Elle sursauta et se tourna rapidement. Blaise se tenait dans l'encadrement de la porte de la cuisine, un sourcil haussé, il l'observait.
- J'ai cassé la tasse que Ron m'a offert.
Un ricanement et elle le regarda croiser les bras sur son torse, un air amusé sur le visage.
- Je connais beaucoup de sorciers qui y auraient vu un mauvais présage…
- Tch. Ridicule. Tu sais parfaitement que je trouve toute cette partie là du Monde Magique stupide.
- Il n'empêche que la divination est un art très ancien.
- Oh par Merlin. je t'en prie. Ne parle pas de ça. Encore que je veuille bien croire que les centaures soient doués mais il s'agit plus d'une question de culture plutôt que de vraie magie.
- Si tu le dis…
- J'aimerai bien avoir la même horloge que Molly… Tu sais, elle montre où se trouvent les membres de la famille…
- Je croyais qu'il allait bien ?
- Il va bien. Sûrement. Il est aurore après tout…
Elle le vit s'avancer lentement vers elle, la coinçant contre le plan de travail, ses mains s'enfonçant dans ses cheveux, la forçant à doucement basculer la tête en arrière, ses lèvres se posant sur les siennes.
- Normalement, cela ne montre que les membres de ta famille…
- Ron est comme ma famille… Harry aussi.
- Mn. Et moi ?
- … toi euh...je..oui..aussi je pense
- Tu penses.. ? Devrais-je faire en sorte que cela soit une certitude pour toi ?
- Non. On en a déjà parlé. Je ne me marierai pas avant d'avoir terminé mes études.
- Le mariage n'empêche en rien d'avoir une carrière.
- Blaise…
Elle ne termina pas sa phrase, la voix de Fred brisant le silence de l'appartement depuis le salon.
- HERMIONE !
Molly Weasley avait toujours été une mère dévouée. Elle avait élevé ses enfants avec patience et amour… Elle avait fait en sorte de leur inculquer principes et valeurs, et pouvait maintenant se targuer de chacun d'eux.
Bill était un grand conjureur… Marié à une femme magnifique et père de beaux enfants, il vivait parfaitement heureux entre l'Angleterre et l'Egypte.
Charlie, lui, était toujours en Roumanie, il fréquentait un beau jeune homme et sa relation semblait bien partie pour être sérieuse… Il la contactait souvent pour lui donner des nouvelles, s'inquiétant constamment de ses frères et sœurs…
Puis venait Percy… Elle sourit un instant. De tous ses enfants, Percy était celui qui était le plus guindé. Mais malgré tout, il avait trouvé chaussures à son pied, épousant une jeune femme charmante et avait, lui aussi deux belles petites-filles absolument adorables. Il travaillait au Ministère, grimpant doucement les échelons, il semblait heureux.
Ensuite, les jumeaux. Ces deux-là étaient...indescriptibles. Ils avaient, dans le plus grand secret, monté tout un réseau de renseignement et étaient souvent amenés à côtoyer le danger, travaillant pour et avec de nombreux sorciers, que ce soit du Ministère ou des particuliers… Ils s'étaient, en plus de leur boutique, fait une vraie réputation à travers les différentes castes sorcières. Personne ne le savait, et ils ne s'en vantaient pas, mais ils étaient devenus très riches, envoyant de grosses sommes d'argent à leur mère pour le terrier… Elle essuya une larme furtive en pensant à tout ce qu'elle avait pu entreprendre comme réparations.
Et puis Fred s'était marié… Georges, lui, courait le jupon.
Et puis il y avait Ron et Ginny…
Sa petite fille chérie s'était expatriée aux Etats-Unis après avoir rencontré un joueur de Quidditch lors d'un séminaire à Manchester. Tombée sous le charme, foudroyée par l'amour, elle avait fait ses valises et l'avait suivi. Elle était partie depuis six mois quand elle lui avait écrit pour lui dire qu'elle était enceinte. Le mariage aurait lieu dans deux mois d'ailleurs… Même si cela lui semblait rapide, elle n'avait pas eu le cœur de dire quoi que ce soit face au bonheur de sa fille.
Et puis Ron… Son petit Ronald.. Son dernier fils… Celui d'entre eux qui avait été le plus affecté ces dernières années… Celui qui avait le plus changé. Non seulement physiquement mais également à l'intérieur.
Son petit garçon avait toujours été un peu timide, un peu jaloux… Il avait du mal à trouver sa place à la maison, écrasé par la personnalité de ses frères… Il était discret et peu sûr de lui… Et puis il avait rencontré Harry et il avait semblé prendre de l'assurance.
Mais tout avait tourné au vinaigre… Il lui semblait que c'était en troisième année qu'elle avait noté des changements chez son petit… Puis cela n'avait fait qu'empirer. Elle avait même, parfois, eu du mal à le reconnaître…
Et puis son père était parti… Sous leurs yeux. Et elle avait compris à ce moment-là qu'une partie de son fils était mort avec Arthur. Mais jamais elle n'aurait pensé le voir revenir un soir au terrier, le cœur torturé par un autre garçon…
Dire qu'elle n'avait pas été surprise était un mensonge. Jamais elle n'aurait imaginé Ronald se mettre en couple avec un homme. Il était trop conventionnel. Il tenait trop à l'avis des autres sur lui… Et puis il rêvait d'une famille, il le disait tout le temps. Qu'il voulait trouver "la bonne" et vivre la même chose que ses parents….
Mais de manière tout à fait improbable, plus il lui avait parlé de ce Slave, plus elle avait trouvé leur couple...mignon… Et sincèrement, son petit avait besoin de quelqu'un dans sa vie qui pourrait l'aimer inconditionnellement…
Et Ronald avait besoin de quelqu'un qui aurait désespérément besoin de lui… Et cet Alexei semblait exactement rentrer dans ce cadre… Un enfant abandonné qui ne demandait qu'à avoir un peu d'amour…
Elle rit. Ron et elle se ressemblaient vraiment sur ce point là. Aucun d'entre eux n'était capable de résister à cet appel là…
Se levant de son fauteuil, posant l'album photo sur la table basse, elle se dirigea lentement vers la cuisine. Une bonne tasse de thé, voilà ce qu'il lui fallait.
Il faudrait qu'elle demande à son fils de l'inviter à la maison. Elle aimerait beaucoup le rencontrer… Laissant ses pensées dériver, elle sourit. Elle était sûre que ce russe ne serait pas contre adopter quelques enfants… Et puis il y avait plein de petits sorciers orphelins qui seraient ravis d'avoir deux papas… Elle imaginait déjà son fils courir après deux garnements, un grand tatoué sortant de la cuisine, portant un tablier rose, une louche à la main…
Elle lui apprendrait à cuisiner s'il en avait besoin… Ron lui avait dit qu'il portait souvent des pulls mignons… Peut-être devrait-elle lui en tricoter un à Noël prochain ?
Versant doucement l'eau bouillante sur plusieurs feuilles de thé, elle inspira lentement et tourna son regard sur le mur, observant les aiguilles de l'horloge qui représentaient les membres de leur clan….
Celle de son cher époux ne bougeait plus maintenant...Pointant une petite image de pierre tombale… Merlin seul savait à quel point il lui manquait, lui et sa manie de toujours lui ramener pleins d'objets moldus.
Elle fronça doucement les sourcils, son regard subitement attiré par l'aiguille de son petit dernier. Ron… Ronald. L'aiguille semblait osciller entre "en danger de mort" et "décédé".
Elle sentit l'air brusquement quitter ses poumons et son sang quitter son visage, son cœur tombant de sa poitrine. Non.
Elle ouvrit la bouche, quand sa propre aiguille se mit lentement à bouger. Hypnotisée, elle fixait le mur jusqu'à ce qu'elle ne s'arrête, comme celle de Ronald, entre la mort et le danger.
Une fraction de seconde plus tard, le terrier explosait.
Fred était un coureur de jupons. A moins que ce soit Georges… ? Était-ce réellement important ? Peu importe à vrai dire. Parce que quelques soient les jupons dans lesquels ils se perdaient, il y avait certaines choses qui passaient avant tout.
Comme la famille. Et les jumeaux aimaient leur famille plus que tout autre chose. Et depuis l'incident avec la boutique de Farce et Attrappes, ils avaient planché jour et nuit sur la sécurité de leur famille…
Surtout Georges depuis qu'Angelina lui avait annoncé être tombée enceinte.
Alors, sans rien dire à personne, ils avaient trouvé la solution, développant un dispositif magique au travers de petits objets offerts à chaque membre de la tribu Weasley. Un collier à leur mère… Des livres à Percy, un bracelet pour Bill, Charlie et Ron. Des boucles d'oreilles pour Ginny… Chacun imprégné d'un sort.
En cas de danger ou de blessure, lui et Georges recevait comme une décharge électrique depuis leur propre artéfact. Une bague pour sa part, un anneau d'oreille pour son jumeau.
Alors quand, brusquement, il avait été tiré du sommeil post coïtal, il s'était rué sans attendre vers ses vêtements, quittant le lit de la belle sorcière qu'il avait séduit plus tôt pour débarquer chez son frère.
Fred était là, dans le salon, la tête dans la cheminée, criant le nom de Percy. Lui laissant la responsabilité de faire les cents pas alors que Fred se faisait envoyer bouler par Percy, Bill, Ginny puis finalement Charlie…
Il ne restait plus que Ronald et leur mère. Rongé d'angoisse, c'est lui qui, cette fois, tenta de prendre contact avec le terrier. Mais..c'était étrange parce que cela ne semblait pas fonctionner.
- F..fred… combien y'a-t-il de chance pour que ta cheminée tombe en panne… ?
- Aucune….
Une seconde plus tard, ils transplanaient direction leur maison d'enfance, atterrissant face à l'enfer.
Le terrier n'était plus. La maison, éventrée sur toute la partie droite, brûlait, le feu ronflant et hurlant, le bois craquant alors qu'une poutre s'effondrait, les braises s'envolant et illuminant le ciel noir, la fumée rendant l'air irrespirable.
Figés, aucun d'eux ne réussit à faire le moindre mouvement alors qu'ils enregistraient petit à petit ce à quoi ils assistaient.
Et puis c'est Georges qui bougea en premier, hurlant de toutes ses forces, appelant sa mère à s'en briser les cordes vocales, la voix chargée d'angoisse.
Sortant de sa transe, son jumeau brandit sa baguette, conjura un patronus et l'envoya chercher de l'aide, hurlant à son frère d'aller chercher leur mère, il tenterai, pour sa part, d'éteindre les flammes.
S'avançant vers le brasier, il se jeta un sort de protection contre la chaleur, sentant déjà ses habits roussir, plissant les yeux, il évita de justesse une explosion de flammes, s'écartant, s'avançant dans ce qui avait été leur jardin.
Là où ils avaient joué pendant des heures, ce jardin qu'ils avaient passé des journées à dégnomer… Cet endroit où Georges et lui manigeanceaient les pires bêtises dans le dos de leur mère… Cet endroit qui avait recueilli les confidences de toute la fratrie.
Arrivé devant la porte, il pointe sa baguette et la fit exploser, se protégeant le visage de son bras, sentant quelques éclats de bois brûlants laisser des brûlures sur sa peau. Sa mère. Il devait retrouver sa mère.
L'air était brûlant et le bruit du feu étourdissant, il ne voyait pas à un mètre devant lui, ses yeux pleurants sous la chaleur et le fumée, les bras tendus devant lui, il se laissa tomber doucement au sol, progressant à quatre pattes, priant pour retrouver leur dernier parents.
Merlin. Faites qu'elle soit en vie. Faites qu'elle vive.
Il ne voulait pas devenir orphelin.
S'il-vous-plait.
Il l'avait tué ! Tué ! Il avait réussi ! Un rire monta lentement de sa gorge alors qu'il tournait le corps du bout du pied.
Il l'avait abattu comme un chien… Lui qui ne cessait de le traiter comme un moins que rien… Cela avait été si facile au final… Et cette expression sur son visage quand il avait compris qu'il était un traître…
Ahhh… C'était… c'était… Il passa lentement sa langue sur ses lèvres, y goûtant le sang, la sueur. La peur. C'était le goût du paradis. Encore meilleur que ce vin de fée…
Il allait être si fier de lui… Et ensuite il pourrait alors s'attaquer à sa vraie cible… bientôt… Il pourrait le goûter… Le manger. Le dévorer… Toucher à sa chair et s'emparer de ses os.
Il pourrait se baigner dans son sang et s'imprégner de son parfum. Il pourrait la forcer à venir… Il pourrait la rencontrer à son tour et lui demander de le prendre avec elle.
Se laissant tomber au sol, il rit encore, passant lentement ses doigts dans les cheveux sombres du cadavre à ses côtés.
Cicéron. C'était comme cela qu'il avait choisi de s'appeler quand il avait rejoint le Département des Mystères… Mais il avait enquêté sur lui, et ce n'était pas son vrai nom.
Un sorcier sauvage, violent et aux tendances agressives. Un sorcier qui avait fait l'objet de nombreuses expériences par son propre père, ce dernier, fasciné par les loups-garous, avait nourri son fils de leur sang, espérant ainsi pouvoir emprunter la magie de ces créatures de la nuit.
Le résultat avait été décevant du point de vue de son géniteur, jusqu'à ce que l'adolescent ne le tue. L'éviscérant un soir de pleine lune. Il avait, ensuite, vécu comme un sauvage dans la forêt de Yellowstone, chassant et s'intégrant à la nature comme un animal.
Quand une délégation de Sorciers anglais étaient tombée sur lui. C'était comme cela qu'il l'avait rencontré. Qu'il s'était intéressé à lui et qu'il avait soumis sa candidature.
Et il lui avait fait confiance. Du moins, relativement. Alors il lui avait donné la puissance.
Avant de le tuer.
Il rit à gorge déployée cette fois, passant une main sur son visage, un sourire immense déformant ses traits, ses yeux écarquillés.
Oui. Il lui avait offert la puissance puis la lui avait retirée. Comme s'il était dieu. Comme si il était sur le même pied d'égalité qu'Elle. Comme si…
Si…
Devrait-il envoyer son corps en signe d'avertissement.. ? Où devrait-il le laisser pourrir ici… Laissant ainsi le Département se questionner sur la raison de sa disparition… ?
Lequel des deux serait le plus drôle….?
Cicéron était mort de ses mains. Voilà qui était cocasse par Merlin !
Il avait fini par s'endormir chez lui. Souriant doucement, il se tourna, enfonçant son nez contre son torse.
- Potter.
- Mn…?
Pas plus réveillé que lui, il l'entendit grogner quelque chose. Sûrement un "Je suis pas un foutu hippogriff en peluche Potter". Il le savait. Il évita juste de lui faire la remarque qu'il l'imaginait plutôt comme Iota… Pas sûr que Malefoy prenne bien d'être comparé à son hermine.
S'étirant, il casa son corps contre le sien, posant ses lèvres sur sa clavicule, tirant le col de la chemise du blond pour l'atteindre.
- Je ne fais pas de câlin.
- Je sais.
Ouvrant lentement les yeux, il frotta son visage de ses mains, la vision encore floue. D'un informulé, il invoqua un Tempus et soupira. Presque le matin. Il devait se lever et retourner au dortoir qui était le sien tant qu'il était en stage au Département du Contrôle des Substances Magiques.
Merlin. Il n'avait pas la moindre envie de se replonger dans cette ambiance. Il détestait devoir travailler avec un Cicéron suspicieux… Sans parler de son coéquipier qui était de plus en plus sombre alors que les jours passaient.
Il était censé aller voir Ron la veille. Pour un peu, il le retrouverait complètement fermé ce matin… Parce qu'il n'était pas certain que le roux soit très...apte au pardon.
- Arrête de soupirer Potter. J'essaie de dormir.
- Tu râles beaucoup Malefoy…
Se tournant lentement, il le poussa sur le dos, venant s'asseoir sur son bassin, se penchant, mordillant ses lèvres, le forçant à ouvrir les yeux.
- Je dois rentrer.
- Vraiment Potter.
- Oui.
- Alors bouge de mon ventre…
- Pour ce que je t'ai dis…
- J'en parlerai pas…
- Surtout pas à Snape.
- … Je n'en parlerai pas, Potter. Contente-toi de ça.
Soupirant, il se leva, trop vite apparemment, un vertige le faisant vaciller alors que la sensation de vide revenait. Il sentit un bras l'entourer alors qu'il portait la main à son front, grimaçant.
- Potter.
- Ça va…
Il lui avait parlé de ça aussi...De ces moments où il avait l'impression qu'on le drainait de toute énergie puis de la douleur qui venait frapper son torse… Il savait aussi, que, parfois, les fissures sur sa peau s'étendaient… Il ne savait pas s'il se brisait ou si, au contraire, il se faisait envahir par ce...quelque chose.
Par cette chose qui était apparue sur son corps comme une énième marque de ses confrontations avec le Lord Noir… Tout ce qu'il savait c'est qu'il en était arrivé à la conclusion que tout cela était lié… Mais pouvait-il y faire quelque chose ? Il n'en avait pas la moindre idée.
Relevant les yeux, il vit le blond l'observer, les sourcils froncés, la bouche pincée mais apparemment il n'allait pas faire le moindre commentaire… Quand, enfin, il sentit la douleur s'estomper et le vertige se dissiper, il se leva avec précaution, récupérant sa baguette sur la table, soupirant lentement.
Il n'avait pas le choix n'est-ce pas… ? il devait sortir de sa bulle et retourner voir le monde… ?
Est-ce qu'un jour, il pourrait y échapper, au monde ?
- Potter ?
- Quoi ?
- Attends une seconde.
Il le vit se lever, prendre sa propre baguette avant de la pointer sur lui. Une seconde plus tard, ses habits étaient parfaitement repassés et ses cheveux relativement coiffés.
- … Evidemment.
- Bonne journée Potter.
Il ricana, se penche sur le blond et l'embrassa.
- Bonne journée chérie. Occupe-toi bien de la maison.
Il quitta les lieux, évitant de justesse un sort qui s'écrasa avec fracas contre la porte qu'il venait de claquer, dévalant les escaliers avant qu'un Serpentard ne le ratrappe et le fasse payer son outrecuidance.
Il hurlait. Il l'avait trouvée. Parmi les décombres, le visage en sang et des brûlures partout, elle avait miraculeusement été protégée du gros de l'explosion par la cuisinière en fonte qui supportait un amas de bois et de béton calcinés.
Mais elle ne respirait pas. Elle ne respirait plus. Elle était pâle et une de ses jambes était brisée. Il l'avait traînée jusqu'à la sortie, hurlant le nom de son jumeau, le suppliant de venir l'aider, aveuglé par les fumées épaisses et toxiques.
Il avait sentit plusieurs mains s'emparer de ses bras, les joues inondées de larmes, il s'était retrouvé contre le torse de son frère aîné, il entendait vaguement la voix de Percy, puis celle, plus loin, de Bill et Charlie… Comment pouvaient-ils être là… ?
Mais c'était pas le moment de s'en préoccuper. Il sentait ses poumons le brûler atrocement, toussant à en perdre le souffle alors qu'il sentait ses jambes trembler, et puis alors que Percy lui parlait, il entendit la voix d'autres sorciers, des bruits de transplanage et on s'empara de lui pour l'installer sur un brancard. Des médico-mages l'entouraient, et bientôt la douleur s'estompa, il pu ouvrir les yeux sans avoir l'impression que sa rétine se décollait. Georges était penché sur lui, exsangue, son visage déformé par l'angoisse.
Il était apparemment accroché à sa main de toutes ses forces. Toussant encore, il arriva juste à prononcer un "maman" rauque.
- Elle est avec Bill, Charlie et des médicomages. Tu l'as sauvée okay ? Alors maintenant clamse pas Frangin !
- O..ouais.
Clamser…? Certainement pas. Il allait soigneusement remonter tous ses filons d'informateurs et trouver qui était à l'origine de ce désastre… Qui avait fait exploser leur maison familiale…? Qui avait brûlé tous leurs souvenirs. Qui avait fait partir en poussière les dernières traces de leur père.
S'asseyant sur le brancard, repoussant le médicomage en train de l'examiner, il sentit son frère l'entourer de ses bras. Faisant de même, il regarda, par-dessus son épaule, l'endroit où gisait sa mère.
Entourée de sorciers, il nota qu'un peu à l'écart se trouvaient ses frères et sa sœur. Ginny semblait sur le point de s'écrouler. Le ventre aussi rebondi qu'un ballon, elle était dans les bras de Charlie qui caressait doucement ses cheveux…
Mais…
- Georges…?
- Ouais ?
- Où est Ron ?
Se ruant dans le salon, elle vit Fred sortir de sa cheminée, le corps couvert de suie, les habits trempés par endroit et, baguette en main, il la fixait avec l'air de quelqu'un qui venait de voir un fantôme.
- He...hermione ! est-ce que mon frère est là ?
- Ronald…?
- BIEN SÛR RONALD ! TU PENSES QUE JE PARLES DE QUI ?
Elle recula d'un pas quand il se mit à lui hurler dessus. Fred ne criait pas. Fred ne perdait même jamais son sourire. Fred était, comme Georges, la personne la plus positive qu'elle connaisse…
Alors qu'il soit dans son salon, à quasiment minuit passé, semblant avoir traverser les enfers et le visage rongé par la peur voulait dire que quelque chose de grave se passait.
- Calme-toi Weasley !
- Zabini ! J'ai pas de temps à perdre. Le terrier a explosé, ma mère est à Saint-Mangouste. Je suis passé chez Ron parce qu'on arrivait pas à le joindre et…
- Le terrier a quoi ?
- Salazar mais qu'est ce qu'il s'est passé ?
- Ron quoi ?
- … Il n'y avait personne. Juste une vitre brisée et du sang partout… Herm...il y avait une mare de sang dans son appartement.
C'était impossible. Qu'est ce que c'était encore que cette histoire ? Le terrier...Molly, Ron…
- Hermione !
- Quoi ?
Revenant sur terre, elle croisa le regard clair de son homme et prit une lente inspiration. C'était pas le moment de paniquer. Et elle, elle ne paniquait jamais. Elle réfléchissait. Analysait mais ne paniquait pas. Elle était une femme forte.
Fronçant les sourcils, s'emparant d'une veste et de sa baguette, elle se tourna vers Fred.
- On y va.
S'emparant d'une poignée de poudre de cheminette, ignorant les appels de Blaise, elle mit un pied dans la cheminée, prononçant distinctement l'adresse de son meilleur ami.
Quand elle franchit la cheminée de Ron, elle s'arrêta net. Bousculée par l'arrivée de Fred, elle s'écarta alors, voyant ensuite Blaise les rejoindre. Elle ne s'y attarda pas, le regard fixé sur l'énorme quantité de sang qui gorgeait le bois du parquet usé par le temps… Sur la table basse, il y avait un plat de lasagne à peine entamé…la fenêtre du salon était fissurée, seul un petit trou en son centre lui mit la puce à l'oreille.
- On dirait qu'il s'est fait tirer dessus…
- Tirer dessus ?
- Oui. Avec un engin moldu qu'on appelle un pistolet… Je...mais ça n'a aucun sens… Pourquoi des moldus s'en prendraient à lui ? Et dans le Londres sorcier en plus ?
- Et surtout où est le corps?
- Bordel Zabini parle pas de mon frère comme ça !
- Blaise !
Elle se tourna vers lui en même temps que Fred, le métisse levant doucement les mains en signe de reddition.
- Désolé...mais ma question n'en reste pas moins pertinente…
- Il se serait fait enlever… ?
- Ron ? mais pourquoi ?
- Cela doit avoir un rapport avec son travail non ?
Personne n'eut le temps de répondre alors que la porte de l'appartement explosait, laissant passer toute une équipe d'auror, faisant sursauter la jeune femme.
- WEASLEY !
Et à sa tête, le chef du roux. Blême, le regard inquiet, il tenait un parchemin dans sa main. En notant le sang et la présence des trois jeunes adultes, il envoya son poing dans le mur, fissurant le bois.
- NOM DE DIEU DE MERLIN DE MERDE ! On est arrivé trop tard !
- Trop tard ?
- T'es un frère Weasley toi ! T'es lequel ?
- Fred…
- Ah un des jumeaux maléfiques ! On a reçu une missive au département, des menaces ont été proférées contre notre unité...j'ai fait le tour de tout le monde...restait que Weasley…
Des menaces… Mais enfin, sur quoi, ou sur qui, enquêtait l'équipe de Ron pour qu'il se retrouve dans cette situation… Est-ce que l'explosion du terrier était en relation avec cette affaire ?
- Nous avons été mis au courant de la situation de votre mère également, nous espérons qu'elle s'en sortira…
- Nous aussi…
- Mais notre priorité est de savoir où se trouve Ronald à présent. Avez-vous touché quelque chose ?
- Non…
- Parfait. Evacuez-moi les lieux maintenant j'ai du travail. J'vais retrouver les salauds qui ont touché à mon p'tit dernier et leur faire manger leurs tripes. Crues.
L'auror ne plaisantais pas. Ron lui avait beaucoup parlé de son chef, de sa bonhomie quasi perpétuelle ou encore de sa force extraordinaire et de ses manies de s'en foutre des procédures… mais il ne lui avait jamais parlé de sa dangerosité… Parce que vu le regard qu'il avait en cet instant, personne n'aurait osé contredire ses ordres.
Sortant rapidement de l'appartement, sa main glissée dans celle de Zabini, elle suivit lentement Fred dans les escaliers miteux, se retrouvant dans la ruelle malfamée qu'habitait le roux.
Seigneur. Mais est-ce que tout cela s'arrêterait un jour. Quand ce n'était pas Harry, c'était Ron… Harry !
- Est-ce que quelqu'un a pensé à prévenir Harry ?
- Non… je suis venue directement chez toi… J'ai aucune idée de où il se trouve…
- Avec Draco.
- Quoi ?
Elle se tourna vers son homme et plissa les yeux, alors qu'il haussait les épaules.
- Je devais voir Draco hier soir. Il m'a envoyé un hibou pour me dire qu'il retrouvait Potter et qu'il ne viendrait pas… Je suppose donc qu'ils sont à son appartement…
- Hermione. Ne le prévient pas…
- Quoi ?
Elle se tourna maintenant vers Fred, qui, les sourcils froncés, fixait le sol.
- Harry ne va rien pouvoir faire… Et il vient à peine de sortir de tout ce bordel avec Malefoy… Il n'a peut-être pas besoin de savoir tout de suite… non ?
- Il va nous en vouloir…
- Hermione. Je préfère qu'il ne vienne pas. Il n'est pas stable. Je veux pas avoir à m'occuper de lui alors qu'il s'agit de Ron.
- Il a raison bébé… Harry ne sait pas gérer ses émotions.
Elle les fixait. Choquée. Parce qu'ils étaient en train de le décrire comme un frein. Comme un obstacle… Harry… Grimaçant, elle se rembrunit.
- C'est Ron… Jamais il ne demanderait à ce que Harry soit mis de côté… Il a obéi quand cela concernait Draco.
- Peu importe. Je ne tiens pas à le lui dire pour l'instant Hermione. C'est mon frère okay ? Ma famille.
- …. Je vois.
Se rembrunissant, elle fixa Fred longuement, jusqu'à ce qu'il détourne le regard, gêné. C'était une bêtise. Si jamais Harry savait ce qu'ils pensaient de lui, il metterai immédiatement une distance entre eux. Et ça, c'était une très mauvaise idée en ce moment. Et pour un peu que Ronald l'apprenne… Elle était à peu près certaine que ça ne lui plairait pas.
Mais soit. Il assumerai ses décisions. Par contre…
- Pas la peine de prévenir Draco ma douce… Laisse-les un peu ensemble. On leur en parlera quand on aura plus d'informations… Pour le moment on ne sait rien…
- Parfait. Mais vous pourriez regretter.
- On avisera à ce moment-là…
Bande d'homme stupide.
Il pouvait sentir le liquide gluant et chaud couler sur ses doigts alors qu'il appuyait sur la plaie. Il pouvait sentir sa respiration devenir laborieuse… Alors qu'il lui hurlait dessus, qu'il lui ordonnait de rester en vie, il pressait son dos, sentant les pulsations diminuer sous la peau diaphane.
Alors que son propre cœur semblait sur le point d'exploser, il sentit cet instant où il passait de la peur la plus morbide à cet état de vide. Celui qui lui avait été enseigné de force toutes ces années.
Cet état sans aucune émotion. Cet état où il n'était plus rien ni personne… Cet endroit de lui-même qu'il avait appris à craindre tant le vide y était angoissant… Mais cet état était aussi celui qui lui permettrait peut-être de le sauver…
Il sentit ses mains s'activer. Il sentit ses doigts s'enrouler autour de sa baguette pour la pointer sur la plaie.
Sortilège de cautérisation. Sortilège de désinfection. Conjurer de quoi clamper l'artère. Agrandir la plaie, stopper l'hémorragie. Rester insensibles aux hurlements de douleur. Rester aveugle et sourd aux suppliques du roux alors que de sa main droite, il fouille dans son dos. Une balle Moldu. Juste là… Trop loin pour l'atteindre…
Ne pas prêter attention à ses larmes. Ne pas noter son corps qui s'amollit alors qu'il sombre dans l'inconscience quand il caresse son omoplate brisée de ses doigts.
Ne pas écouter la peur acide qui traverse son corps, brûlant ses veines, mettant au supplice chaque terminaison nerveuse. Ne pas faire attention à cette pression insupportable contre son torse. Cette boule dans sa gorge et cette envie de pleurer. De hurler. De rage. De colère. de peur.
Ne pas perdre son calme alors que la mare de sang imbibe lentement son jeans.. Réfléchir.
Le saignement qui s'arrête provisoirement… Qui?
Qui pourrait lui apporter de l'aide. Qui est la personne de soutien la plus proche. L'hôpital… Saint-Mangouste ? Non… ce n'étais pas un moldu sinon il n'aurait jamais trouvé son appartement.
Un sorcier. Un sorcier lui avait tiré dessus avec une arme moldu. C'était une cible. C'était prémédité. Quelqu'un voulait le tuer… Pourquoi ? Comment ?
Ils n'étaient pas en sécurité ici. Ils devaient partir. Se mettre à l'abri des ennemis. Trouver un endroit sûr. Trouver un endroit où personne ne penserait à aller les chercher.
Potter. Non. Non Harry n'était pas assez stable. Il était puissant mais dangereux. Il avait trop d'ennemis. Trop de personnes surveillent ses moindres faits et gestes. La Smert' en personne le visitait dans ses rêves.
Qui. Alors QUI !
C'était impossible. Il devait trouver un plan de secours avant qu'il ne disparaisse entre ses doigts… Il pouvait presque sentir la vie s'échapper à chacune de ses respirations agonisantes… Il le vit ouvrir les yeux, le fixer.
Ses yeux étaient voilés. Troubles. Presque laiteux alors qu'il semblait le contempler, chercher à lui parler. Non. Non il ne devait pas parler. Ne pas se fatiguer. Il l'écouterai, il l'écouterai tout ce qu'il veut quand il ne perdrait plus tout son sang.
D'ici là, oui, d'ici là, il devait juste tenir bon. Il ne devait pas le laisser seul. Il était déjà trop seul ici dans ce monde. Il avait trouvé quelque chose à quoi s'accrocher, il n'avait pas le droit alors de sombrer sans lui.
Le jour où il s'en irait, il ferait en sorte de le suivre. Jusqu'en enfer. Ou au paradis.
La destination n'était pas importante. Ce qui comptait, c'était celui qui l'y emmènerait.
Avalant péniblement sa salive, il le supplia encore, doucement, fébrile, de tenir le coup. Il parlait russe. Il ne savait plus aligner que des mots de sa langue maternelle, l'anglais lui échappant complètement.
Azarias… Ou encore Serpus ou un autre de leur mentor. Cicéron ! où était Cicéron ! Il devait les appeler… Mais...s'il le faisait… Qu'est-ce qui lui garantissait qu'ils allaient l'aider. Ils étaient tous égoïstes. Tous centrés sur la puissance. Ils désaprouvaient les relations en dehors du Département des Mystères… Une exception avait été faite pour Harry… Mais il les avaient entendus parler. Malfoy était un frein pour leur élève selon eux.
Il ne pouvait pas leur faire confiance.
La fille. Celle qui le détestait… Elle était fiable. Il en était certain. Mais il n'avait pas la moindre idée de ses compétences en magie médicale. S'il se trompait. Il le tuerait.
Lui qui l'avait placé face à la fenêtre. Lui qui l'avait déjà cassé à cause de ses conneries. Lui qui l'avait déjà fait souffrir sans même le toucher. Il n'avait pas le droit de le tuer en plus.
Non. Il allait le sauver. Il devait le sauver. On ne laissait jamais un soldat en arrière de toute manière. On ne laissait jamais la famille en arrière. Dans la Koalitsiya on se vengeait de ceux qui avaient touché à la famille.
Ron était la famille. Il devrait se venger. Il devrait les tuer. Tous. Il allait entamer sa traque dès qu'il serait sûr qu'il vive. Il quitterai le département s'il fallait. Renouerai avec son passé s'il le devait. Il se jetterai en pâture si c'était nécessaire.
Et brusquement, il sut ce qu'il devait faire. C'était évident. Pourtant si évident qu'il en rit une seconde.
Il n'y avait qu'une seule personne à pouvoir les aider. Harry lui en avait parlé tellement de fois…
Serrant la mâchoire, il passa aussi délicatement que possible ses bras sous son corps. Il était lourd. Inconscient, pâle et lourd. Il était beau. Même avec le corps gorgé de son sang. Il n'oublierait jamais cette image.
Il n'oublierait jamais le mouvement de sa tête basculant en arrière, le corps aussi mou qu'une poupée de chiffon.
Se crispant, il prit une lente inspiration et se concentra. Il allait transplaner. A de nombreuses reprises. Pour les semer. Pour les confondre. Pour les perdre si jamais ils les surveillaient.
Alors il n'avait pas droit à l'erreur. Ni dans son trajet. Ni dans sa technique. Si jamais il le blessait, il s'en voudrait à vie.
Et sans un mot, son regard braqué sur les lèvres bleuies du roux, il disparut dans un claquement sec, ne laissant derrière lui que la trace de l'horrible tragédie qui venait de se produire sous ses yeux.
Quand il arriva au Ministère, les sorciers couraient partout. C'était la panique. Les chefs hurlaient des ordres, les subordonnés se rentraient dedans alors qu'ils sortaient des cheminées de l'Atrium.
Des notes volantes filaient à toute vitesse dans tous les sens alors que le bruit était assourdissant. Jamais il n'avait vu le Ministère dans un tel état de stress.
Qu'est ce qu'il se passait encore ?
Au loin, il vit une tête blonde parfaitement reconnaissable. Lucius Malefoy arrivait, sa canne frappant le sol, sa longue cape noire de velours volant derrière chacun de ses pas. Narcissa l'accompagnait. Tout comme Cybèle Zabini et d'autres sangs purs.
Par Merlin mais c'était quoi ce cirque ? Il allait les interpeller quand subitement, il vit une porte s'ouvrir, Shackelbott en sortit, les sourcils froncés, il accueillit l'ancien Mangemort ainsi que les représentants des vingt-six dans un mouvement de tête, s'écartant pour les laisser passer.
- Harry ! Tu es là !
Sursautant, il s'écarta vivement alors que la main sur son épaule était dégagée dans le mouvement. Se tournant, il fit face à son mentor, Azarias.
- Qu'est-ce qu'il se passe ici ?
- Viens avec moi. Nous ne pouvons pas rester ici.
- Azarias.
- Serpus venait de se joindre à eux, les sourcils froncés, l'air grave.
- Où vas-tu ?
- Au dortoir. Nous ne pouvons pas lui parler de ça ici.
- De ça quoi ?
- Effectivement.
Il vit les deux sorciers échanger un regard qu'il ne connaissait que trop bien. Prenant une lente inspiration, il serra les poings. Cette fois. Juste pour cette fois, il fut reconnaissant de la situation. Pas de débordement de magie. Pas d'accident magique. Rien. pas même une petite fluctuation.
Suivant les deux hommes, il jeta un dernier regard à la porte qu'avait franchie Lucius, sans voir arriver Hermione et Blaise avec l'unité d'Auror de Ron.
S'engouffrant dans un des ascenseurs à la suite des adultes, il se poussa contre une des paroies pour éviter d'être écrasé par tous les sorciers qui s'entassèrent à leur suite, pressé d'accomplir telle ou telle mission en se rendant dans les différents étages.
Après un trajet plus qu'inconfortable, il finit enfin par arriver au sommet d'une des tours du Ministère, là où, le Département de Contrôle des Substances Magiques leur avaient fourni un endroit où dormir.
Poussant la porte de leur chambre, il fronça les sourcils quand il vit Serpus en condamner l'accès grâce à un sort, rendant la pièce hermétique.
- Encore une fois… Qu'est-ce qu'il se passe… ?
- Une attaque. Sur une des vingt-six familles de sang pur. Il y a une réunion de crise en ce moment.
- Quelle famille ?
- Peu importe. On nous a demandé de retourner au Département des Mystères.
- Quoi ? Pourquoi ?
- Tous les héritiers de famille sorcières de sang pur sont en quarantaine.
- Pourquoi ?
- Parce que l'héritier Malfoy a été enlevé… Et il s'en sont pris à un second.
- Qui !
Ils refusaient de lui en parler. Et cela voulait dire qu'il le connaissait. Sinon, ils auraient mentionné son nom dès le début. Il ne connaissait pas beaucoup de monde. Du moins, pas personnellement.
Malefoy. Zabini. Nott. Weasley. Londubat. Et de cette liste, il n'avait de certitude que pour Malefoy puisqu'il était avec jusqu'à il y a quelques minutes.
Il sentit la bile remonter le long de sa gorge et brûler la paroie de son œsophage. Qui ?
- D'autre part, nous avons un problème.
- Quand as-tu vu Cicéron pour la dernière fois, Harry ?
Serpus et Azarias le fixaient. Le premier avec gravité, les traits froncés et sombres, Le second avec un sourire désolé, cherchant probablement à le mettre en confiance.
- Je… cet après-midi… Après la mission, il est parti avec le Chef de la section de Comportement Sorcier…
- Je vois...Et depuis ? Plus de nouvelles ?
- Non…
- Es-tu resté ici toute la nuit Harry… ?
Il se crispa. Il savait qu'il n'avait pas le droit normalement de sortir d'ici… mais Cicéron le suivait partout alors il avait supposé que s'il outrepassait ses droits, son mentor lui tomberait dessus.
Quand rien ne s'était passé, il avait simplement pensé qu'il avait le droit d'y aller…
- Non…
- Où as-tu été ?
- … J'étais avec Malefoy.
- Je vois.
- Et Cicéron n'a rien dit…?
Serpus le fixait, à présent suspicieux également…
- Non !
- Harry, du calme. C'est juste que Cicéron ne nous a pas donné de nouvelles à nous non plus…
- Quoi ?
Il se tourna vivement vers Azarias qui semblait préoccupé, les sourcils froncés, il soupira longuement. C'était anormal. Les Langues-de-Plomb, quand elles étaient en mission, donnaient signe de vie toutes les deux heures via une de leurs runes.
- Nous n'avons aucune idée de où il se trouve, ni pourquoi il ne donne pas signe de vie…
- Vous...vous pensez qu'il est derrière l'attaque… ?
- N'as-tu vu aucun changement chez lui ces derniers temps ?
Oh si. Bien sûr qu'il l'avait vu. Tout comme Alexei. Cicéron était devenu méfiant… Il ne cessait de le suivre. Il l'épiait et lui lançait des sous-entendus de plus en plus souvent. Il se méfiait de lui. Le testait constamment. Il cherchait quelque chose… C'était évident… Mais il n'avait pas la moindre idée de ce que c'était…
- Si….
- Peux-tu nous en parler ?
- ...il...était méfiant...vis à vis de moi…
- De toi ?
- Oui… Il me disait souvent de ne pas jouer aux imbéciles...qu'il m'avait à l'œil..
- Et tu sais pourquoi ?
- Non… j'en ai aucune idée.. mais l'ambiance de l'équipe était tendue à cause de ça… il me suivait partout, tout le temps.
- Pourquoi ne nous en as-tu pas parlé, Harry ?
Azarias le fixait, son regard noisette posé sur lui, l'inquiétude se lisait dans ses yeux alors que Serpus, à sa droite, se tenait bien droit, les bras croisés sur le torse, semblant grimaçer sous son air impassible.
- Je… pensais que c'était une partie du test des Langues-de-Plomb… et il avait raison...Je suis du genre à faire n'importe quoi sous l'émotion…
- C'est faux..tu te maîtrise de mieux en mieux… Regarde toi à l'instant.
- Oui….
Se maîtriser. Ah la belle blague. S'ils savaient. Si le monde sorcier savait que leur héro national semblait perdre sa magie… Qu'elle se consumait entre ses doigts sans qu'il ne puisse rien y faire…
Si le monde savait qu'Elle l'attendait au tournant et que, encore une fois, il allait devoir affronter il ne savait quels démons pour pouvoir s'en sortir…
S'ils savaient qu'une fois encore, il était les mains liées par Dumbledore qui, depuis sa tombe, tirait les ficelles de sa vie, jouant les marionnettistes avec lui.
S'ils savaient que son cœur faiblissait à vue d'œil. Que son corps pourrissait littéralement. Se fissurait et se faisait dévorer par ce que Voldemort lui avait légué comme héritage macabre.
Aaaah. Est-ce qu'ils diraient encore la même chose?
Mieux se maîtriser ? Non.
C'était des conneries.
Ils y étaient presque. Il avait, soigneusement, transplané de lieux en lieux, rendant leurs traces invisibles, diluant sa magie dans des endroits malfamés aux simples places moldues.
Et finalement, il pouvait voir la silhouette du Manoir se profiler plus loin. En haut de la colline. Il n'avait pu trouver cet endroit que parce qu'il lui en avait donné le droit.
Il lui avait dit qu'il préférait savoir qu'il pourrait venir le chercher si jamais il avait un problème. Qu'il lui ferait même payer si jamais il ne faisait pas le nécessaire si cela devait arriver.
Il lui avait promis, de sa voix glaciale, une traversée des enfers en invité d'honneur si jamais il ne le prévenait pas. Alors… Il ne venait pas pour lui cette fois… mais c'était la seule personne qui serait capable de les aider.
Raffermissant sa prise sur le corps froid, il entama la montée. Il glissait sur l'herbe mouillée. Ne distinguait que les faibles lumières des quelques fenêtres illuminées alors que le brouillard compliquait encore sa tâche.
Il savait qu'il serait prévenu. Que tout l'endroit était jonché de pièges magiques et de sorts d'alarme. Tant mieux. S'il venait, il pourrait peut-être le sauver.
Il faiblissait. La fatigue faisant trembler ses jambes, paralysant ses muscles. Mais il n'avait pas le choix. Les soldats ne tombaient pas. La Koalitsiya ne mettait jamais un genoux à terre.
Jamais.
Quand enfin, il vit les hauts murs du manoir se dresser devant lui, il porta son regard clair sur les portes qui s'ouvraient, laissant apparaître une silhouette entièrement noire.
Severus Snape se tenait dans l'encadrement de la porte et, baguette en main, la baissa lentement alors qu'il contemplait ce qui venait de s'échouer sur son perron.
- Pomogi mne
Il travaillait vite. De manière systématique alors qu'il sortait potions et onguents. Sa baguette valsant au rythme d'un son que lui seul semblait entendre, les fioles et les pots envahissant la table, là où le jeune sorcier était étendu, le sang gouttant lentement de son établi contre le sol de pierre humide.
Ploc. Ploc.
Le bruit, lancinant, insupportable, résonnait à ses oreilles comme une oraison funèbre.
Faisant disparaître sa chemise imbibée de sang, il lui lança un sort de lévitation, le faisant tourner pour l'allonger sur le ventre, observant son dos.
Salazar. Qu'est-ce que c'était que cela.. ?
Examinant la plaie sur l'omoplate gauche, il fronça les sourcils alors que la chair torturée et calcinée suintait doucement le sang.
- Balle moldue. Je ne pouvais pas la retirer à cause de l'os…
- Balle moldue ? Elle doit alors être imprégnée de magie.
- Je ne sais pas. J'ai arrêté l'hémorragie.
Un travail de boucher. Un travail de soldat. Les artères et les veines avaient été cautérisées indépendamment des nerfs qui, eux, avaient été brûlés. La cicatrisation serait longue. S'il arrivait à le sauver.
Se remettant au travail, il remonta les manches de sa robe, grondant au jeune sorcier de ne pas mourir ici. Surtout pas ici.
Fermant les yeux une seconde, il prit une lente inspiration et se mit à psalmodier, sa baguette tendue devant lui, la pointe quasiment sur la plaie.
Weasley.
Par Merlin. Voilà que, par un soir ennuyeux et froid, il avait entendu les alarmes retentir. Il s'était précipité en direction de la porte d'entrée, quittant son laboratoire en catastrophe. Baguette en main, il était alors lentement sorti, prêt à se battre.
Mais quelle n'avait pas été sa surprise quand il avait vu une silhouette qu'il connaissait s'avancer dans la nuit. Il avait sentit son sang quitter son corps avant de comprendre que son fils n'était pas le sorcier allongé dans les bras du russe.
Non. Un lumos plus tard et il avait pris la pleine mesure de la gravité de la situation. Weasley gisait dans les bras du Slave. Ils étaient couverts de sang. Et le sorcier roux, lui, semblait déjà avoir quitté leur monde.
Les lèvres bleues, le teint pâle à faire peur, il était aussi immobile qu'une pierre… Sa poitrine ne se…
Il respirait. C'était ténu, à peine perceptible, mais présent. Alors que le russe lui disait quelque chose, lui, ne perdit pas de temps.
Ouvrant la porte en grand, il lui ordonna de le suivre. Vite. Ils n'avaient pas de temps à perdre. Pas une seule seconde.
Poussant la porte de son laboratoire, il envoya valser ce qui se trouvait sur un des tables de travail et lui demanda d'y déposer le roux.
Ploc. Ploc.
Le sang. Il en était recouvert. Il en avait perdu beaucoup trop. Il s'empara d'une des fioles de régénération sanguine mais il était inconscient. N'avalait pas.
Merlin.
Se tournant brusquement, il s'empara d'une autre et se tourna vers le russe.
- Tenez-le. Il va avoir mal. Mais il doit avaler.
Un hochement de tête. Nazarov n'avait plus la moindre expression sur le visage. Il se contenta de s'approcher, poser ses mains sur les épaules de Weasley et appuyer de tout son poids. Il ne bougerait pas. Peu importe ce qu'il se passait.
Lui jetant un regard, il prit une inspiration avant de faire flotter sous le nez de weasley une potion qui réveillerait un mort.
Une seconde plus tard, il gigotait, gémissant, un râle de douleur rauque s'échappant de ses lèvres bleues. C'était déchirant.
C'était ce genre de cris douloureux qui vous restaient en tête pendant des années. Ce genre de son d'agonie que seules les personnes prêtes à basculer de l'autre côté du voile pouvaient émettre.
Retenant un frisson, il demanda au russe de basculer leur victime sur le côté et le força à avaler la potion de régénération. Il s'étouffait à moitié avec, recrachant en partie la décoction, son regard vitreux posé dans le vide, comme si, déjà, il ne les voyait plus.
Par les cornes du diable. Ronald Weasley étaient en train de mourir sur sa table de travail. Hors de question.
- Nazarov. Donne ton bras. Je vais le transfuser directement depuis tes veines.
Après ce qui était arrivé à son fils, quand il avait découvert l'ampleur des dégâts que son oncle lui avait infligés, il avait demandé à Pomfresh de le former plus profondément à la magie médicale.
Il avait suivi plusieurs cours et stages afin d'être sûr que, si jamais, un jour, il devait se retrouver face au corps agonisant d'un autre élève, il saurait réagir.
Merlin seul savait que jamais de sa vie il n'aurait pensé devoir utiliser ses connaissances sur un des marmots Weasley.
Brusquement, le bras du russe s'invita dans son champ de vision. Il ne réfléchit pas et lança le sort, un filet long et continu de sang allant directement s'implanter dans le bras de son patient.
- Bien. Maintenant. Le dos.
Le tournant à nouveau sur le dos, il s'empara cette fois de sa baguette et jeta un sort de sommeil au sorcier, ses plaintes cessant pour ne laisser place qu'à l'angoisse.
Ploc. Ploc.
Et ce bruit. Le sang dégoulinait le long de l'épaule, du bras puis de la main du sorcier, celle-ci pendant en dehors de la table de travail, les gouttes de sang glissant de ses doigts.
S'approchant de son dos, il pointa sa baguette sur la plaie. Si l'arme était définitivement moldue, la balle, elle était bien imprégnée de magie, se forçant un passage dans les chaires, les brûlant comme de l'acide, une légère fumée s'en dégageant, une odeur nauséabonde accompagnant le tout.
Merlin. Du poison ?
Il devait absolument l'identifier, sans ça, Ronald Weasley n'avait pas la moindre chance de survie.
Il avait rejoint son poste après que Potter soit parti. Les sourcils froncés, il s'était douché, habillé puis était parti, direction son laboratoire au Ministère.
Ce qu'il lui avait dit le travaillait. Les conséquences le travaillent. Tout ce qui se passait là… Tout cela semblait trop… gros pour qu'aucun lien n'existe…
Quand il arriva finalement devant son bureau, il se figea. Relevant les yeux, il ne remarqua alors que maintenant l'agitation qui semblait faire trembler les tableaux.
Les peintures couraient partout, des notes voletaient dans tous les sens, ses collègues, fébriles, passaient d'une pièce à l'autre au pas de course.
- Malefoy !
Se tournant, il haussa un sourcil alors que Valmir se permettait de le alpaguer comme s'ils avaient gardé les Hippogrifs ensembles…
- Valmir…
- Mais qu'est-ce que vous faites là ?
- ...je vous demande pardon ?
- Vous devriez être en quarantaine !
- …
- Draco. Tu es là. Valmir. C'est assez. Laissez-nous. Je m'en occupe.
Se tournant, il fit lentement face à son mentor. Qu'est ce que c'était encore que cette histoire de quarantaine ? Il le vit lui faire signe d'entrer dans son bureau. Le déverrouillant d'un informulé, il passa la porte avant de s'appuyer contre sa table de travail, croisant ses bras sur son torse, observant le sorcier adulte, les yeux plissés.
- Que se passe-t-il ?
- Il y a eu une attaque sur les vingt-six. Tous les héritiers sont confinés.
- … Qui ?
- Weasley.
La nouvelle l'ébranla même si, en apparence, seul un de ses sourcils s'arqua lentement.
- Lequel ?
- Le plus jeune. Il a disparu. Une mare de sang a été retrouvée dans son appartement. Sa… maison aurait explosé. Madame Weasley est actuellement aux soins intensifs de Saint-Mangouste.
Merlin. Faites que Potter soit en sécurité pour le moment.
- Je vois.
- Puisque tu es là, viens avec moi. J'ai reçu une missive de Severus Snape. Apparemment il aurait besoin d'aide pour une identification de substance.
- …. Parrain… ?
Que son parrain ait, non seulement besoin d'aide, mais qu'en plus il en demande était des plus improbables. Voir complètement délirant. Deux solutions.
Soit il n'avait pas le choix, se trouvant dans une situation compromettante, le forçant à faire appel à quelqu'un d'autre… Soit tout cela était un mensonge.
Plissant lentement les yeux, il ne bougea pas. Il vit son mentor hausser un sourcil à son tour avant de ricaner. Il le vit alors sortir un rouleau de parchemin de sa poche et le lui tendre.
- Serpentard jusque dans l'âme… N'est-ce pas ? Aussi suspicieux envers ses ennemis que ses amis.
Prenant lentement le morceau de papier, il n'infirma ni ne confirma ses dires, déroulant le parchemin pour y lire les quelques lignes griffonnées à la hâte.
"Venez ici tout de suite Fowley. Cheminée, lisez l'adresse à voix haute. Quelqu'un viendra vous chercher. Dépêchez-vous. J'ai besoin d'identifier quelque chose".
C'était bien son écriture. En plus de lui ressembler parfaitement. Aucun autre sorcier ne se serait permis de parler à Kronos Fawley comme s'il était son elfe de maison. Un rictus se formant sur ses lèvres, il hocha lentement la tête avant de se redresser, s'emparant de quelques outils au cas où.
- Je vous suis, Maître.
Sortant de la pièce, il suivit son Mentor jusqu'à l'air de cheminée de son service. S'approchant du premier âtre de la rangée, il prit une poignée de poudre de cheminette et la lança dans le feu, une lumière verte illuminant son visage alors que lui et Fowley prononçaient tous deux l'adresse donnée par son parrain.
Il vit la seconde où le feu devint vert et se tint prêt. A la seconde où deux silhouettes émergeaient des flammes, il pointa sa baguette sur la plus grande et murmura un sort.
- Impero.
L'homme s'arrêta brusquement, son regard se vidant d'un coup.
- Nazarov. Bonjour à toi aussi….i.
Il ignora le regard du Slyzerin sur son corps couvert de taches sombres parfaitement reconnaissables.
- Qu'est ce que tu fous ?
Il ignora la question, s'approchant du sorcier pour passer une sorte de sac de toile noire sur sa tête, l'empêchant de voir quoi que ce soit.
- … Nazarov. Ne me dit pas que tu enlèves mon Maître… ?
- Zamolchi Malfoy.
S'approchant du sorcier, il pointa sa baguette sur lui.
- Avance. Et toi, Malfoy, suis moi.
- Par Salazar mais qu'est ce qu'il se passe.
- Suis-moi.
- T'es couvert de sang Nazarov ?
- Da.
- Celui de qui ?
Il frémit. Son visage s'assombrissant et il lança un regard perçant au blond qui sembla brusquement comprendre que quelque chose le dépassant était en train de se jouer.
- Dis-moi juste que ce n'est pas celui de Potter.
- Net.
- ...Bien.
Et le silence tomba entre eux alors qu'il les entraînait jusqu'à un portoloin.
- Prends ça.
Il lui tendit l'objet et s'emparant du bras de sa victime, il attendit qu'il n'obéisse, la magie les entraînant jusqu'au Manoir Snape.
Alors qu'ils atterrissaient, il vit le serpentard épousseter lentement sa robe et lui lancer un regard glacial.
- Où est mon parrain ?
- Dans son laboratoriya
- Pourquoi tu es ici Nazarov…
- J'avais besoin de pomogat'... aide…
- Pour qui ?
Il prit une lente inspiration avant d'entraîner le sorcier à sa suite, poussant la porte.
- Pour Ronald.
- Merlin.
Descendant les marches les conduisant au repère du Potionniste, il poussa la porte.
- J'ai ramené l'homme que vous avez demandé…
- Bien. Retire le sort. Je dois… Draco ?
… Salazar…
Le blond fixait la pièce. Elle était jonchée de compresses pleines de sang, une odeur nauséabonde flottait dans l'ambiance surchauffée, son parrain se tenant au-dessus d'une mare de sang, Weasley allongé sur le ventre sur la table, le dos en lambeau.
- Mais…
- Parfait ! Viens donc m'aider. Donne un peu de ton sang. Nazarov n'est plus en état de m'en fournir et Weasley se vide comme un cochon qu'on égorge.
- Je…
- Je n'ai pas le temps pour tes petites histoires ridicules Draco ! Vient ici et donne moi ton bras par tous les saints des Enfers!
Une seconde plus tard, il servait de transfusion humaine au roux, les pieds dans son sang, alors que Nazarov retirait l'Imperium à Fowley.
- Mais qu'est ce qui vous prend par Merlin Snape ?
- Taisez-vous Fawley ou je demande à mon jeune ami de vous coudre les lèvres.
- Qu'est ce que… est-ce l'héritier disparu ?
- Précisément. Même si, présentement, il n'est plus si porté disparu que cela. Il a été touché par une sorte de poison. J'ai besoin d'aide pour l'antidote. Dépêchez-vous.
- Et, pour quelle raison je vous devrais brusquement vous venir en aide ?
- Parce que sinon je vous égorge.
Sans que personne n'ai noté quoi que ce soit, le russe s'était brusquement retrouvé dans le dos du sorcier, sa baguette appuyée contre sa gorge, la pointe luisant doucement alors que quelques gouttes de sang glissaient le long de la gorge de sa victime.
- Si vous refusez de sotrudnichat', collaborer, je vous donnerai en pâture à ma famille...Je vous ramènerai à la koalitsiya et je vous donnerai à ceux qui s'entraînent à tuer… C'est...ce que tu veux.. pour umeret'... mourir ?
- ...N..non
- Alors obéis.
Le poussant en avant, il ricana, se tenant à quelques centimètres à peine de l'homme, l'écrasant sous la pression de sa colère, sachant parfaitement comment laisser s'échapper sa magie afin de la laisser s'infiltrer chez sa victime, lui donnant l'impression d'être plongée dans un bain de glace.
Il vit l'homme se pencher sur le dos en charpie du sorcier et fronçer les sourcils. Ils discutaient, Malefoy se mêlant même à la conversation, les baguettes se levaient, dessinaient sorts et runes dans l'air et sur sa peau.
Ils devaient trouver la solution. Ils devaient trouver un moyen de le sortir de l'enfer dans lequel il était plongé… Des heures qu'il regardait le Maître des Potions charcuter le dos du sorcier roux… Des heures qu'il avait cette odeur de chair brûlée dans les narines…
Et même si son corps était à bout, il tenait. Parce que c'est ce qu'on lui avait enseigné.
Se laissant lentement glisser contre le mur de pierre, il s'assit au sol, son regard braqué sur le dos de l'homme qu'il avait soumis à un sortilège interdit sans la moindre hésitation.
Il ferma les yeux une seconde. Se retrouvant alors dans cet orphelinat. Cet endroit qui n'était rien d'autre qu'un camp d'entraînement. Un mouroir à enfant. Un endroit où, si on était pas fort. Si on craquait, on était tué. Cet endroit qui l'avait modelé à devenir la chose qu'il était aujourd'hui.
Non… En réalité, il avait commencé à devenir autre chose. Depuis qu'il avait renié sa famille, depuis qu'il vivait chez le Langues-de-Plomb. Depuis qu'il avait rencontré d'autres sorciers. Depuis qu'il avait ouvert les yeux sur le monde sans le filtre de la mère patrie.
Rouvrant les yeux, il les vit se figer.
- Je sais ce que c'est.
- Préparez l'antidote ! Dépêchez-vous !
Se relevant brusquement, il s'approcha à nouveau des sorciers, croisant le regard cerné du Maître des Potions.
- Nazarov.
- Il va vivre ?
Il resta le regard rivé sur son visage. La réponse lui parvenant comme à travers un brouhaha lointain.
Est-ce qu'il allait vivre ?
Oui ou non ?
.
.
.
.
Vous me détestez toujours hein... ?
Pardon ? (je vous jure que c'est relativement sincère comme excuse...)
De l'amour ?
