Bonjour à touuuus !
Alors, tout d'abord un immense merci pour touuutes les reviews que j'ai recu sur le dernier chapitre ! J'étais toute remontée à bloc ! Ce chapitre a d'ailleurs été assez fluide à écrire. Je l'ai terminé sans trop me prendre la tête pour une fois.
Je profite de cette intro pour vous annoncer une petit chose : la publication risque de clairement ralentir ces prochaines semaines. Je suis submergée de taff et les week end je suis blindée de choses à faire. mais je pense que vous c'est pareil ! Alors je ne vous promet rien quant au prochain chapitre, au pire des cas, vous aurez quelque chose d'ici noël puis en janvier ! Bien évidemment, ceci n'est absolument pas un hiatus qu'on soit bien claire...C'est juste décembre XD
J'espère que vous aimerez la suite que je vous propose et que vous y découvrirez quelques...indices ?
Ce chapitre est en honneur de Licorne qui méritait un cadeau d'anniversaire 3 Immense amour pour toi
Une immense pensée à Zalia aussi qui se donne de malade pour vous pondre le prochain chapitre...(on a hâte de ouf !)
Je vous aime d'amour !
Saya
Chapitre 13
Il était arrivé à la soirée avec le russe sur les talons. Les sourcils froncés, il l'observait maintenant. Appuyé contre une des colonne de marbre du salon Malefoy, un verre à la main, il avait vraiment envie d'une FairySmoke…
Ils s'étaient disputés… Du moins.. il pensait que c'était ça qui lui donnait l'impression d'avoir un poid sur la poitrine… Soupirant profondément, il leva son verre et trempa ses lèvres dans le liquide ambré qui lui brûla la gorge.
Il… était peut-être un peu coupable… Pour une fois… A nouveau, son regard s'égara sur la silhouette massive du sorcier et il vit la scène se dérouler sous ses yeux.
La veille, il était à peine rentré du Ministère après son premier jour de travail, ravi d'avoir enfin eu le droit d'y retourner, qu'il avait déchanté. Il avait poussé la porte de leur "appartement" pour tomber sur le russe la tête plongée dans la cheminée.
Et oui. "Leur" appartement, du genre, à eux, là où ils habitaient ensemble comme un….couple... parce que de manière tout à fait étrange, alors que le russe aurait dû retourner dans les dortoirs pour obéir aux directives de son mentor, il ne semblait ne s'en faire qu'à sa tête et squattait l'endroit sans vergogne.
Mais depuis quelques jours, il l'avait senti distant. Plus froid. Il avait ce regard hanté quand il s'imaginait que personne ne regardait...Et pourtant il ne cessait de lui offrir un sourire carnassier et laisser sous-entendre plein de ….truc sexuels… dès qu'il tentait de lui parler.
Mais il n'était pas stupide. Et il n'étudiait pas le comportement sorcier pour rien. Alors tous ces changements subtils dans son attitude lui avaient mis la puce à l'oreille…
Passant une main sur sa nuque, il détourna le regard et le laissa dériver sur les invités. Merlin. Jamais de sa vie il n'aurait pensé assister à la fête de fiançailles de Harry Potter et Draco Malefoy… Enfin… Il n'aurait non plus jamais pensé avoir ce….genre de relation avec un autre sorcier non plus dans une autre vie… alors…
Grimaçant alors que ses pensées s'égaraient de nouveau en direction de ce foutu slave, il avala cul sec le fond de son verre avant de le poser sur un plateau volant pour s'en débarrasser. Enfilant sa main dans sa poche, il se détourna, bien décidé à aller passer son stress dans le tabac cette fois.
Se faufilant à travers la foule, il s'approcha d'une des immenses portes fenêtres et se glissa à l'extérieur. Inspirant l'air froid de la nuit, il s'appuya dans un coin, dos au mur, plongé dans la pénombre, il sortit un petit cylindre blanc et le glissa entre ses lèvres, un sort lancé silencieusement et il pouvait inspirer la première bouffée.
Recrachant lentement la fumée bleutée, l'odeur épicée du tabac emplissant l'air, il soupira. Il avait besoin de réfléchir… besoin de faire le point.
- Ronald ?
Evidemment. Il aurait dû le savoir qu'elle attendrait le moment où il serait seul pour venir lui parler. Il était certain qu'elle avait vu. Qu'elle savait. Merlin. Hermione savait toujours tout à son propos… parfois même avant lui-même…
Tournant ses yeux bleus sur la sorcière qui s'était munie d'un châle pour se protéger du froid, il la regarda s'avancer silencieusement vers lui, sa jolie robe valsant autour de ses jambes, ses talons claquant au sol.
- Tu ne devrais pas fumer. C'est mauvais pour la santé…
- Merlin Hermione… Tu ne vas pas recommencer avec ça…
- … Non...Désolée… C'est juste que…
- Je sais. Mais je me passerai de tes leçons ce soir.
- … Tu t'es disputé avec Nazarov…?
- Mn.
- Tu veux en parler… ?
Est-ce qu'il avait envie d'en parler ? … Non… Mais après tout, Hermione avait toujours été de bon conseil… Il lui jeta un nouveau coup d'œil. La jeune femme était épanouie elle… Comparé à lui… Elle était en couple avec Zabini et l'adorait littéralement… Et puis elle aimait son travail… Il était prêt à parier que bientôt, elle leur annoncerait l'arrivée d'un mini sorcier aux cheveux bouclés et à la peau mate. Merlin. Il sentit la jalousie se réveiller en lui. Et il se détesta une minute pour ça.
Il...n'avait pas vraiment de raison d'être jaloux non…? Il était… heureux dans son travail… Avait des amis et… lui. En théorie… Il avait tout… Tirant sur le cylindre de sa FairySmoke, il remarqua alors seulement à quel point ses muscles étaient tendus, crispés. Roulant des épaules, il prit enfin le temps de lui répondre.
- Nazarov….C'est comme Harry…
- Comme Harry ?
- Ouais… tu sais...l'enfance de merde… l'instinct de survie à zéro…. et le besoin de toujours tout faire tout seul… De prendre des décisions débiles…
- Oh…
Il la vit, du coin de l'œil, froncer les sourcils, son expression vacillant entre un sourire nostalgique et de l'inquiétude. Il savait ce qu'elle pensait… Elle les revoyaient, tous les trois, dans cette période sombre où Harry s'était éloigné progressivement… Elle laissait remonter les souvenirs d'eux dans la salle commune de Gryffondor ou les matchs de quidditch… Et puis ces instants plus douloureux qui avaient suivis.
- Il a donc… fait quelque chose…?
- Ouais. Soit-disant dans mon intérêt. Mais j'ai rien demandé bordel.
- ….Dans ton intérêt ?
La jeune femme avait tourné son regard vers lui, elle le disséquait du regard, les yeux plissés et il soupira, sentant la colère monter à nouveau. Écrasant son mégot, le faisant ensuite disparaître en cendre, il sortit de sa poche une nouvelle cigarette, la collant entre ses lèvres pincées.
Il a repris contact avec certaines personnes… Pour savoir qui m'a tiré dessus.
Il avait eu envie de lui en coller une quand il l'avait appris. Quand il avait compris qui il avait contacté pour avoir des informations… Quand il avait enfin découvert que cet imbécile de slave avait remis les pieds dans la secte qui l'avait embrigadé enfant pour savoir qui s'en était pris à lui.
Tout ça, soit-disant, pour le venger. C'était des conneries. Il n'avait rien demandé ! Et surtout pas qu'il s'expose à ce point, au risque d'en payer un prix que ni lui, ni Nazarov n'étaient prêts à payer.
Il lui avait hurlé dessus qu'il lui faisait chier. Lui et et Harry et leur sens du sacrifice merdique.
- Je vois….
- Non Herm. Je ne pense pas que tu vois non.
Il lui avait répondu sèchement, crachant la fumée en même temps. Mais elle l'agaçait. Elle ne savait pas tout et ça, ça elle ne pouvait pas savoir ce que ça faisait… Parce que Zabini ne cherchait pas à se sacrifier pour elle.
- T'as aucune idée de ce que ça fait de te laisser aller à un truc que t'avais jamais envisagé. De sauter dans le vide et de te dire "bah, advienne que pourra". T'as aucune idée de ce que c'est de devoir faire une croix sur tout ce que tu pensais savoir de toi… de… du monde qui t'entoure. T'as pas la moindre putain d'idée de ce que c'est de faire ça puis ensuite de réaliser que bordel, on peut tout te prendre, comme ça
Il claqua des doigts sous son nez, s'étant redressé, décollant son dos du mur pour lui faire face, la colère l'envahissant alors qu'il lâchait ce qu'il avait à dire. Ce qui, depuis la veille, lui tournait dans la tête en boucle.
- Après tous les efforts que t'as fait, de voir le tout te passer sous le nez… Pire. De te dire que ça, lui, il pourrait cesser d'exister à cause de ces conneries ! Et alors je ferai quoi moi ? Tu peux me le dire ?
Il avait la main qui tremblait légèrement alors qu'il approchait la cigarette de ses lèvres, les mots le hantant alors que des images du visage de son père, agonisant, lui revenaient en vrac. Merde. Fermant les yeux, il crispa la mâchoire.
C'était pour ça que tout ça était une mauvaise idée dès le début… Une femme, une gentille petite socière ne lui aurait pas fait ressentir tout ça… Elle n'aurait jamais tenté de se sacrifier pour lui. Jamais tenté de le protéger. Jamais couru après le danger. Il n'aurait pas eu peur de rentrer et de la retrouver morte. Ou que son appartement soit déserté de sa présence…
Il l'aurait simplement retrouvée en train de cuisiner… ou de lire… Ou...peu importe… Mais elle aurait été là… Il n'aurait pas eu peur. Tout le temps.
Il ouvrit brusquement les yeux quand il sentit les deux mains froides de son amie encadrer son visage. Elle se tenait face à lui, les sourcils froncés, son regard planté dans le sien.
- Tu lui a dit… ?
- q..quoi ?
Elle soupira longuement avant de secouer la tête.
- Tu es exactement comme Malefoy sur certains points… Tu imagines que Harry ou, en l'occurrence, Nazarov, sait à quel point tu tiens à lui… mais c'est faux…
- Mais de quoi tu parles…
- C'est très simple Ronald. Donne lui une bonne raison de ne jamais risquer sa vie.
Les sourcils froncés, il l'observa, perdu. Une bonne raison ? Parce qu'il n'en était pas une suffisante pour le russe…? Ce….truc entre eux ne comptait pas ?
- Merlin. Vous êtes bouchés vous les hommes ! Ce que je te dis, espèce de crétin, c'est que si Alexei est comme Harry alors je donnerai ma main à couper qu'il n'imagine pas une dixième de ce que tu ressens pour lui ! Dis-le lui ! Explique-lui ce que ca te ferait s'il lui arrivait quelque chose !
- Mais…
- Mais rien du tout… rappelle toi que Harry a mis des années avant de croire ce que Malefoy lui disait ! Tu connais ce russe depuis quoi ? Une année ? à peine ? Et tu passes ton temps à le repousser !
- C'est faux !
Non. C'était vrai. Il était encore mal à l'aise. Il luttait sans cesse contre lui...Contre son propre instinct… Il ne le laissait pas vraiment s'approcher en dehors de moments où ils étaient seuls. Merde. Quel con.
- C'est juste que…
- Je sais. Tu as encore du mal à accepter la situation… Mais tu devrais lui dire…
Ah merde. Merde merde merde. Passant une main sur son visage, il grimaça. Elle avait tellement raison...Et maintenant il ne pouvait s'en vouloir qu'à lui-même du renfermement du russe… C'était lui qui l'y avait poussé…
- Je suis… vraiment nul pour tout ça Herm'...
- Tout ça quoi ?
- Les relations...les sentiments… j'ai déjà tout foiré avec Harry….
- Tu ne couches pas avec Harry c'est différent
Il s'étouffa presque sur sa bouffée de tabac quand elle lui répondit, crachant et toussant, les larmes aux yeux, il gémit son prénom.
Elle en avait d'autres comme celle-là ?
S'échappant par miracle d'une conversation sur la noblesse du sang de la maison Malefoy, le survivant gémit et se faufila à travers la foule. Ce fichu traître de blond l'avait abandonné pour aller discuter potion et botanique avec d'autres sorciers et il avait dû supporter les divagation d'un sorcier sûrement aussi vieux que Nick-Quasi-Sans-Tête.
Contournant un groupe de sorcières qui semblaient glousser sur il ne savait quel mâle, il avisa du coin de l'œil son ancien binôme à côté du buffet et bifurqua.
Ils n'avaient pas vraiment reparlé de sa démission mais il n'était pas stupide. Il avait vu qu'il l'avait blessé… S'approchant, il s'empara d'un verre.
- Nazarov.
Il le vit lever son propre verre dans sa direction avant d'en boire une gorgée mais rester silencieux. Le ton était donné… Il savait ce qu'il avait fait… Et plus que personne il pouvait imaginer ce que cela avait fait au slave de se retrouver tout seul… Ils n'avaient jamais vraiment discuté de leur amitié… Mais le lien qui s'était forgé entre eux venait directement de quelques confidences entre eux après trop d'alcool… Celles où ils avaient parlé de leur enfance à demi-mot. C'était comme ça qu'ils avaient compris à quel point ils pouvaient être similaires dans leur manière de penser, de ressentir…
Et là...s'il devait être honnête… S'il avait été à sa place, il se serait senti trahi… Abandonné aussi… Il se serait sentit stupide de s'être attaché à un autre sorcier qui allait le laisser sans même lui en parler...Ne prenant même pas la peine de lui annoncer les choses autrement que dans un fichu restaurant sorcier, face à d'autres personnes…
- Tu m'en veux ?
- Da.
- Je suis désolé… J'avais besoin de…
- Je comprends. Mais tu aurais dû m'en parler.
Le survivant soupira, hochant la tête lentement. Il avait raison. L'annoncer comme il l'avait fait, c'était… Il sentit la culpabilité lui nouer la gorge… Il...ne regrettait pas sa décision… Mais Nazarov avait pris une place spéciale pour lui… Pas comme Malefoy...Ni comme Snape...mais… il le voyait comme quelqu'un de plus précieux qu'un ami… Et paradoxalement, il avait aussi le sentiment que ce sorcier là pourrait être un passage dans sa vie s'il ne faisait pas attention.
- Je sais. Je suis désolé….
- Et pour… ce que tu sais ?
Il vit le russe lui jeter un regard sombre et haussa les épaules, crispant légèrement ses doigts sur son verre, laissant son regard dériver sur la foule qui parlait, riait ou dansait, sans s'imaginer une seconde ce qu'il se tramait dehors…
- Cela ne change rien à mes plans. Je continuerai mes recherches. J'ai parlé à mon père.
- Je vois… J'ai parlé à mes contacts.
Il se crispa, tournant son regard émeraude sur le russe qui, lui, avait le sien fixé sur les portes fenêtres en face d'eux.
- Tu n'aurais pas dû faire ça. Ca t'expose à trop de visibilité.
- Peu importe. Je dois régler mes comptes.
- C'est à cause de ça que vous semblez en froid ?
Il l'avait vu tout de suite. Il les connaissait suffisamment tous les deux pour noter la différence de comportement. Nazarov n'avait pas ce sourire stupide aux lèvres et Ron semblait complètement perdu.
- … Il… s'est énervé tout seul.
Haussant un sourcil, le survivant tourna son regard vers l'autre sorcier, étudiant son expression faciale. Il semblait perplexe. Surprit et un peu en colère.
- Il a dit quoi ?
- ….Que je faisais chier
- C'est tout ?
Le slave hocha la tête lentement et haussa les épaules alors qu'il tendait son verre vide à un elfe, le regardant le remplir d'un liquide vert et brillant.
- Non. Il a dit qu'il n'avait pas besoin d'être protégé… Il a mal pris quand je lui ai rappelé que sans moi il serait mort.
- Je vois…
Il était vraiment mal placé pour lui donner un conseil… Probablement qu'il aurait réussi à faire pire…
- J'aurais pas aimé… que Malefoy me dise ça… que sans lui je serais mort.
- Pochemu ? C'est la pravda, vérité.
- Je sais… Mais tu le fais passer pour un sorcier faible…. Et il ne l'est pas.
- Da… Ya znayu, Ronald est fort.
- Ouais… Il paraît qu'il est vraiment bon dans ce qu'il fait… Il a toujours été doué dans les stratégies… Et finalement, les enquêtes aussi…
- Pourquoi vous êtes- vous éloigné ?
A la question de Nazarov, il se crispa un peu, replongeant dans une époque les plus sombre de sa vie, les souvenirs affluant dans sa tête dans un flot chaotique d'images et de sensations.
- Parce qu'il m'a trahis de nombreuses fois…
- Ronald…?
- Ouais….
Il n'aimait pas parler de cette époque. N'aimait pas parler de ce qu'ils avaient été plus jeune.
- Il...s'est retourné contre moi à de nombreuses reprises… La dernière a été la fois de trop… Il a brisé ce qui existait entre nous il y a longtemps.
Un silence s'installa entre eux, uniquement brisé par la musique des violons et du piano ainsi que les rires et le brouhaha des conversations.
- Je ne pense pas que Ronald pourrait me trahir….
- Ron et moi on couchait pas ensemble Nazarov. Votre relation n'a rien à voir.
- Encore heureux Potter. J'aurais eu envie de te tuer sinon.
- Malefoy aussi.
Il trébucha, sentant ses jambes le lâcher, tendant la main pour se raccrocher au mur, sa tête tournant, sa vision trouble alors que le poison s'insinuait lentement dans ses veines, privant petit à petit son corps d'oxygène.
Il vacilla à nouveau, sentit une nausée immonde l'envahir alors que brusquement une main se saisissait de son bras, le forçant à se relever, à mettre un pied devant l'autre.
Il ne céderait pas. Il avait vécu tellement pire. Forcé d'avaler tant de poisons sous le joug de son ancien Maître, quand celui-ci exigeait qu'il prouve ses talents de potionniste. Ou encore quand il lui demandait simplement de s'assurer que sa nourriture et ses boissons n'étaient pas piégées… Combien de fois s'était-il retrouvé dans cette situation ?
Le corps en proie aux pires tourments pendant qu'une substance inconnue lui rongeait les organes, déchirant sa chair et intoxiquant son sang.
Il trébucha, toussa, et son regard vitreux accrocha le sang qui maintenant tâchait le mabre blanc qui habillait le sol. Le rouge carmin se détachant parfaitement par dessus les veinules d'ébène et d'or qui fissuraient la pierre.
Après tout ce par quoi il était passé, il était étrange de savoir que son sang était d'une couleur si pitoyablement commune. Il discerna vaguement la voix d'un homme sur sa gauche mais n'y prêta pas plus attention que ça.
Non. Il devait se concentrer sur quelque chose. Autre chose. Il avait du mal à faire le tri dans ses pensées chaotiques. Ah. Oui.
Prenant une lente inspiration, absolument pas certain que ses phrases aient un sens, il ordonna qu'on l'installe assis. Il sentit, quelques minutes plus tard, la sensation du velours contre ses doigts.
- Snape ? Vous m'entendez ?
Il fit un effort considérable pour focaliser son attention sur la voix. Face à lui, Fawley. Et Lucius.
Si le premier étaient penché sur lui, semblant d'examiner, le second était en train de parler à quelqu'un donnant apparemment des ordres, les sourcils froncés, la colère clairement affichée sur son visage.
- Cessez….de me crier dessus...fawley et...faites donc votre...travail. j'ai été...empoisonné. Je ne peux pas brasser...moi-même d'antidote.
Il avait grincé sa réponse, ses mains se crispant sur les accoudoirs de son fauteuil alors que sa vieille amie la douleur venait le saluer. Il la sentit s'enrouler autour de ses poumons lentement, en compresser chaque cellule pour les vider de leur air, puis, lentement, étendre ses tentacules venimeuses jusqu'à ses membres, ses muscles, agonisant à cause de la privation, hurlaient en écho.
Mais tout cela n'était que secondaire. Il était un ancien Mangemort et, de ce fait, la douleur ne l'effrayait pas. Il y avait développé une tolérance effrayante à force de subir empoisonnements et doloris.
Non. Le véritable défi consistait à rester maître de soi. Suffisamment lucide pour continuer à réfléchir. Faire abstraction complètement de ces sensations encombrantes pour maintenir un raisonnement logique.
Il avait tout de même perdu la main. A force de ne plus rien subir, son corps avait perdu l'immonde habitude de vivre constamment dans la douleur… Alors il avait besoin d'un peu de temps. Et d'aide. Même si cela lui arrachait la langue de le demander à ce petit snobinard de Kronos Fawley.
- A...Atropa Belladonna…
Il en était certain… Il avait lui-même utilisé cette baie à de nombreuses reprises dans ses potions… si à moindre quantité, elle pouvait booster n'importe quelle potion, après une certaine dose, elle devenait mortelle.
Troubles respiratoires, nausées, vomissements ou encore problèmes cardiaques, dilatation des pupilles, trouble de la vue voire cécité… Puis viendraient les hallucinations, vertiges, les délires ou encore l'hyperthermie.
Et finalement la prostration, le coma et la paralysie cardio-respiratoire qui conduisait inévitablement la victime de l'autre côté du voile.
- Que dites-vous ?
Fermant les yeux une seconde, sentant son coeur s'emballer anormalement contre sa cage thoracique, il laissa échapper une grimace face à cet imbécile.
- Le...Le poison. La… Belladone.
- En êtes-vous certain ? Lord Malefoy, faites venir ici de quoi brasser un antidote !
Nom de Cerbère. Il sentait sa bouche devenir pâteuse alors qu'il cherchait à articuler au mieux. Mais impossible. Il n'avait plus totalement la maîtrise de son corps.
Prenant une inspiration tremblante, il se concentra, faisant à nouveau, fi de la douleur.
- Nom...de Merlin… Si...vous ne savez….pas ce que vous faites….allez me chercher...mon filleul.
- Enfin Ronald… Il s'agit de choses naturelles… Je ne sais pas pourquoi tu sembles toujours aussi choqué…
- Merlin Hermione ! Je suis pas choqué par le..le...le sexe...j..juste… m'associe pas comme ça à Harry…
Gémissant rien qu'à l'idée de se retrouver nu avec Harry, il secoua la tête violemment. Déjà qu'avec le russe…
- Tu as été au bout avec Nazarov alors si j'ai bien compris ?
A nouveau, il manqua de s'étouffer sur son tabac. Bien. Apparemment le dicton "fumer tue" était véridique. Après une bouffée de chaleur révélatrice, il sentit son cou, ses joues et même ses oreilles le chauffer sous le regard inquisiteur de sa meilleure amie.
- Bordel Hermione...ce..c'est pas… enfin tu sais je…
- Jusqu'où alors ?
- Je…
Merlin. Il n'avait pas la moindre intention de parler de sa vie sexuelle avec le russe… enfin...si vie sexuelle il y avait… Parce que… enfin...Il y avait ce moment sous la douche… ce… putain de moment…
Dans la cabine de douche trop étroite pour eux… son corps contre le sien… ses mains sur… Stop.
Prenant une lente inspiration, respirant profondément pour calmer les petites pulsions au creux de ses reins qui irradiait directement sur son service trois pièces, il se réajusta discrètement.
Du moins, pensait-il être discret. Mais pas du tout. Elle lui fixait l'entre-jambe, un sourcil haussé, un immense sourire aux lèvres et le tout, sans la moindre honte.
Hermione était une perverse. Il n'avait jamais dû autant lutter contre elle de toute leur enfance...Mais depuis qu'il était avec Alexei, elle semblait littéralement se passionner pour leur vie… Et elle voyait de la romance partout.
Est-ce que c'était les hormones qui faisaient ça…? Sa mère parlait souvent de ces trucs qui, selon elle, déglinguait n'importe quelle femme au moins une fois par mois.
- Oh je t'en prie… Chacun d'entre nous est à présent assez âgé pour avoir une vie sexuelle, moi d'ailleurs, pas plus tard que hier je…
Interrompue, elle lui jeta un regard amusé alors qu'il plaquait sa main sur sa bouche, rouge tomate.
- Merlin. Hermione. T'es comme une sœur pour moi. T'imaginer avec Zabini va me filer la gerbe ! Comme pour la fouine et Harry. Alors pitié, garde ça pour toi.
Il la vit doucement pousser sa main, souriant en grand alors qu'elle haussait les épaules.
- Ronald...est-ce-que au moins tu sais comment on fait les bébés… ?
Il grogna une réponse sur l'idée que, selon lui, elle devrait - comme Ginny- rester immaculée pour l'éternité. Ca lui éviterai de nombreuses emmerdes et images non désirées…
- Et tu te demandes ensuite pourquoi la moitié de la population féminine se jette sur toi… Je comprends cette fameuse secrétaire qui avait fini nue sur ton bureau. Franchement. T'es l'archétype du grand balaise trop mignon…
- ...l'archéquoi ?
- Archétype Ronald. Il s'agit d'un mot qui désigne un symbole primitif, universel, appartenant à l'inconscient collectif. Et crois moi. Rien de plus primitif chez la femelle que de trouver un mâle gentil et protecteur.
…. Par Godric… Jamais il ne comprendrait les femmes...Et celle là encore moins que toutes les autres… Elle le faisait flipper comme jamais… Par moment, il plaignait Zabini quand même de devoir la supporter tout le temps…
- Bon. Sur ce, et si nous rentrions il fait froid et…
- Oui. C'est fait. D'ici quelques heures ce sera terminé.
- Bien. Prévenez Circé de la chute du Mangemort.
Ronald avait brusquement plaqué la sorcière contre le mur alors que deux sorciers semblaient discuter à quelques pas à peine de leur position. Une main sur sa bouche, il frémit alors seulement que les paroles le pénétraient.
Un mangemort…? Lequel ? Nombreux étaient les anciens partisans du Seigneur des Ténèbres qui étaient réunis ce soir au Domaine des Malefoy.
- Circé doit déjà être au courant. Mais je ferais parvenir le message officiellement.
Hermione, les sourcils froncés, ne bougeait pas un cil, concentrée également sur l'échange qui avait lieu juste là, alors que la soirée avait été surveillée comme l'événement de l'année et que la moitié de l'assistance était les hauts placés du Ministère et des troupes Aurores.
Qui étaient ces gens…? Et qui était en danger ?
- Et pour la cible principale ?
- Pas encore. Il s'agit de suivre le plan pour l'instant.
- Mais… et si le potionniste ne meurt pas…?
- Tais-toi imbécile ! Tu sais pourtant que les murs ont des oreilles !
- Oh je t'en prie, ils sont tous en train de fêter cette idée ridicule de fiancer le sauveur…
Un ricanement retentit alors qu'ils retenaient tout deux leur respiration.
- Certes. Vu le temps qu'il lui reste à vivre de toute manière… Enfin. Pour le moment, préviens-les que Severus Snape a ingurgité le poison.
- Oui Monsieur.
Un bruit de transplanage et celui de pas s'éloignant plus tard, il ne perdit pas une seconde, rentrant au pas de course dans la salle de réception.
Il n'avait pas le temps à perdre...Mais il ne pouvait pas se permettre de créer une vague de panique...S'arrêtant brusquement alors qu'il allait se mettre en quête du sauveur du monde, il se figea.
Il...n'avait pas la moindre foutue idée de la réaction du sorcier...Ni même dans quel état était leur ancien professeur de potions… Alors...débarquer pour lui parler de ce qu'il avait entendu...c'était… Peut-être pas l'idée du siècle.
- Ron ! Attends !
Hermione venait de le ratrapper, les sourcils froncés, elle posa une main sur son bras, regardant tout autour d'elle.
- Le professeur n'est pas là… Il faut donc supposer que soit il s'est éclipsé pour avoir un peu de calme, soit il y a effectivement un problème…
- Malefoy père n'est pas là également…
- Donc seconde hypothèse.
La logique de la sorcière le poussa à réfléchir à son tour. Les sourcils froncés, il s'écarta de la foule, l'entraînant dans son sillage, murmurant.
- Si on prévient Harry on prend le risque qu'il pète un câble.
- Seigneur. Harry n'a plus douze ans… Et mieux vaut lui en parler on peut cependant éviter de le faire au milieu de toute cette foule. Et ramener Draco.
- Malefoy est également émotionnellement impliqué.
- Malefoy restera calme. Et il calmera Harry si jamais il se met en colère.
- De quoi vous parlez ?
Les deux sorciers sursautèrent brusquement, se tournant pour trouver Zabini et Nazarov, verre à la main, les observant se faire des messes basses dans un coin sombre de la salle de réception des Malefoy. Oups.
Ignorant l'image qu'ils renvoyaient tous les deux pour l'instant, ignorant le regard brûlant de jalousie de Zabini et l'air sinistre du russe, il grogna et tira sur le bras du Slave pour l'approcher de lui.
- On a… assisté à une conversation sur la terrasse…
- Parce que vous étiez seuls tous les deux sur la terrasse… ?
Zabini s'était rapproché de sa femme, crispant ses doigts sur ses hanches en foudroyant le roux du regard alors qu'elle s'agaçait, levant les yeux au ciel et lui envoyant un coup de coude dans le ventre.
- Je t'en prie ne soit pas stupide Blaise !
- Et…? Qu'est ce que vous avez… entendu ?
Nazarov ne semblait pas moins agacé par la situation que le métisse...Si ce n'est que lui semblait renfermé, assombri et clairement dangereux.
- Écoute Nazarov. On a pas le temps de jouer à des petits jeux pour l'instant. Où est Harry ?
- Avec le Slyzerin pourquoi ?
Échangeant un regard avec Hermione, il raconta rapidement le contenu de la conversation aux deux autres sorciers. C'est Blaise qui prit la parole le premier.
- Il faut prévenir Draco et Potter.
- Je suis d'accord… mais pas ici… Harry pourrait perdre son calme.
- Potter est resté calme pour Draco quand il a disparu.
- Da… Mais le Slyzerin...et son otets… c'est différent.
Les sourcils froncés, le roux soupira.
- Peu importe. On perd du temps. On va les chercher et on trouve un endroit tranquille.
- Le salon bleu. Narcissa ne l'a pas ouvert ce soir. On y sera tranquille.
Sur un dernier regard échangé avec Zabini cette fois, ils se dispersèrent dans la salle de réception à la recherche du couple.
Potter, à sa droite, semblait sur le point de supplier pour quitter le salon mais il n'en n'avait cure. Il discutait pour le moment avec plusieurs sorciers du département de botanique et espérait bien nouer certaines relations afin de pouvoir s'en servir plus tard.
Alors, pour une fois, le survivant prendrai son mal en patience, après tout, la soirée ne faisait que débuter et ils étaient tous les deux le centre de celle-ci. Il serait tout à fait malvenu de quitter leur propre fête après seulement trois petites heures passées sur place.
Intérieurement il sourit. S'il était parfaitement à l'aise ici, il avait bien noté que Potter, lui, faisait un effort monstrueux pour se tenir relativement calme à ses côtés.
Il l'avait perdu de vue un moment dans la soirée mais le brun l'avait rapidement rejoint, semblant avoir besoin de lui. Et ça, c'était encore ce qui lui avait le plus plu ces dernières heures.
Il était en train de discuter d'une plante rare avec un des professeur de botanique les plus renommé quand le survivant était apparu à sa droite, glissant sa main dans la sienne, entrelaçant leurs doigts, se collant ou presque à lui. Il lui avait jeté un regard interrogateur et l'avait vu hausser les épaules nonchalamment.
- Tu me manquais
- Tu ne peux pas survivre sans moi Potter ?
- Pas ici Malefoy.
Et juste comme ça, sans la moindre gêne, face à des dizaines de sorciers curieux il avait affirmé que lui, Draco Malefoy, était son ancre.
Merlin. Il avait dû lutter de toutes ses forces pour ne pas esquisser le moindre geste et, par exemple, transplaner avec lui sur l'épaule directement dans un coin sombre et discret dans lequel il aurait pû lui faire tout ce qui lui passait par la tête.
Non. Au lieu de ça, il avait pris ce petit air suffisant et toisé lentement l'assistance qui observait le sauveur du monde s'accrocher à l'héritier sang pur.
Salazar. Par moment il ne pouvait définitivement pas s'empêcher de le trouver mignon… A tel point qu'il avait une furieuse envie de le marquer à nouveau. "Truc possessif" aurait dit Potter…. Peu importe. Il assumait parfaitement cet aspect de sa personnalité.
Détournant les yeux une seconde de son interlocuteur pour se tourner vers un plateau chargé de coupes de vin de fée, il remarqua que son Mentor était sollicité par un de leur elfe… Étrange. Il le vit froncer les sourcils avant de quitter la pièce d'un pas vif.
Fronçant les sourcils à son tour il le suivit du regard jusqu'à ce que son attention ne soit détournée par Sir Caritus Legerton qui lui demandait ce qu'il pensait de l'utilisation de la feuille de Ficus Indien dans les potions de sommeil sous le regard vitreux d'un survivant semblant à bout.
- Draco.
Se tournant sans avoir eu le temps de répondre, il fit face à Zabini qui leva son verre lentement dans sa direction, un sourire fictif aux lèvres.
- Félicitations, Potter aussi.
Zabini devait apparemment lui parler. Il l'avait déjà félicité plus tôt et n'avait donc aucune raison de réitérer la chose, pas alors qu'il était en pleine discussion… C'était donc que le métisse avait une bonne raison d'être là.
- M'rci. Où est Hermione ?
Le survivant venait apparemment également de sauter sur l'occasion, priant visiblement pour que sa fichue amie-encyclopédie n'apparaisse pour le sauver.
- Hermione est au buffet, nous avions faim. Vous voulez vous joindre à nous ?
- Oui !
Evidemment. Potter et la subtilité cela faisait deux. Se retenant de lever les yeux au ciel, il se tourna vers le brun avant de soupirer discrètement et d'offrir un sourire de convenance au vieux sorcier, s'excusant poliment auprès de lui avant d'entraîner le sauveur du monde.
- Merlin Potter. Ne pouvais-tu pas, en plus, lui dire qu'il t'ennuyait ?
- Malefoy. Désolé mais j'en pouvais plus ! Il est pire que Bins !
- Il est influent.
- Et alors ?
- Alors il est utile.
- Utile pourquoi par merlin !
- Ca, Potter, on le saura quand on aura besoin de lui…
- Tss. Il pourrait bien passer l'arme à gauche d'ici là. Il doit avoir cent ans…
Levant les yeux au ciel, il suivit Zabini jusqu'au buffet où se trouvaient effectivement la sorcière, mais également Weasmoche et l'autre russe. Joie.
- Sauf qu'un échange de regard entre Zabini et les autres le fit se tendre, sa méfiance naturelle refaisant surface.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
Et apparemment, il n'était pas le seul, Potter s'était raidis et il les fixait tous les quatre, les sourcils froncés.
- Harry… Viens. Il faut qu'on discute.
- Qu'on discute de quoi ?
Granger semblait embêtée avant de secouer la tête, murmurant un "pas ici" avant que tout le monde ne la suive jusqu'au salon bleu de sa mère.
- Écoute. Ron et moi avons entendu une conversation dont nous n'aurions jamais dû être témoin.
- Ton Otets a été empoisonné. Je pense que tu devrais le chercher.
Si Granger avait tenté, apparemment, de prendre des pincettes, le slave, lui, s'était planté devant le survivant et lui avait asséné la nouvelle sans la moindre douceur, le fixant droit dans les yeux, sa voix glaciale et implacable.
Une sorte de vague de magie avait soufflé dans la pièce, trouvant son épicentre dans la personne du survivant alors qu'il crispait les poings. Et alors que Weasley et Granger semblaient sur le qui-vive, prêt à intervenir, son regard, lui, était fixé sur le visage du survivant qui n'exprimait rien.
Les mots mirent quelques secondes à s'imprimer dans son cerveau alors que le regard de Nazarov le transperçait.
Empoisonné.
Pour la première fois depuis longtemps, il sentit la vague de magie s'échapper de son corps, comme une onde de choc, manquant de le laisser complètement vidé de son énergie… Cela faisait des mois qu'il n'avait pas senti une telle puissance s'échapper de son corps et il ferma les yeux une fraction de seconde.
Pour savourer la sensation de cette puissance...pour sentir à nouveau sa présence alors que son corps, lui, rongé par la magie noire, ne cessait de s'affaiblir.
Il sentit ses mains trembler et ouvrit à nouveau les yeux, tombant sur les expressions inquiètes de Ron et Hermione… Et puis celle neutre du russe… Prenant une longue inspiration, contenant la peur qui s'enroulait lentement autour de son corps, glaçant son sang et rendant sa respiration laborieuse, il déglutit.
Ils s'inquiétaient pour rien...Même s'il l'avait voulu, il aurait été incapable de perdre le contrôle de sa magie...de s'enfoncer dans la terreur et la rage que la nouvelle provoquait en lui. Il n'arrivait plus à s'y noyer… Il n'arrivait plus à l'atteindre… C'était comme de voir la flamme d'une bougie vous mourir lentement entre les doigts, noyée par la cire épaisse et brûlante.
Sans un mot, il tourna sur lui-même, notant la présence du blond à sa gauche, notant également qu'il était entièrement focalisé sur lui, mais que lui, contrairement aux autres sorciers, ne semblait pas tellement inquiet de le voir perdre ses moyens… Il avait cette petite crispation dans la mâchoire, signe de son trouble, mais c'était tout.
Et puis cela le frappa. Son père. Son adulte préféré au monde, l'homme en noir qui l'avait tiré des griffes de son oncle était quelque part, dans cette maison, un poison dans les veines.
Quelqu'un cherchait à le lui arracher… Comme on avait cherché à lui arracher Draco...Ron… Hermione… On cherchait à faire le vide autour de lui. L'isoler. L'abandonner sur ce chemin jonché de corps.
Les corps de ceux qui comptaient. Lui arrachant petit bout après petit bout ce qui faisait qu'il n'était jamais complètement tombé dans la folie… Et alors qu'il réalisait ça, il sentait une haine incommensurable monter de son ventre, serrer ses organes, remonter le long de son thorax pour paralyser ses côtes et appuyer lourdement sur son sternum. Il sentit sa gorge se serrer...sa mâchoire se crisper et son nez le piquer alors que des larmes d'une haine parfaitement pure menaçaient de prendre forme.
Il avait une envie de….hurler si puissante que ça l'écrasait presque. Il n'entendait rien. Ne voyait rien. Ses doigts le picotaient alors que la magie répondait à cette haine viscérale qui le submergeait, écrasant tout sur son passage. Il se sentait hors de lui-même.
Et sans adresser la parole à qui que ce soit, il se détourna et s'approcha lentement de la porte, le battant de bois s'ouvrant sans qu'il ne dise quoi que ce soit, la pression de sa magie faisant s'ouvrir un chemin.
Son père n'était pas dans la salle de réception. Il le savait. Il n'y avait que quelques options. Bureau, Bibliothèque. Il doutait que son tuteur ne se soit retranché ailleurs que dans l'une de ces deux pièces… Et brusquement, son attention fut attirée par le balais de plusieurs elfes transportant du matériel en direction du bureau de Lucius Malefoy.
Si quelqu'un lui parla, il l'ignora. Incapable d'entendre. Il était focalisé sur son seul objectif.
S'approchant de la pièce, il fit s'écarter les petites créatures qui semblèrent vaciller sous sa puissance magique et entra. La scène manqua de le mettre à genou.
Face à lui, devant la cheminée, son tuteur était allongé au sol, le teint cireux, convulsant alors que du sang semblait s'écouler de son nez et de ses yeux. Lucius Malefoy était penché sur lui, maintenant un morceau de bois entre ses dents pour éviter qu'il ne se morde la langue et la sectionne alors que les soubresauts secouaient violemment le corps du potionniste.
Personne ne fit attention à eux. Ni Kingsley ni Fawley. Le premier était occupé à maintenir la tête du sorcier, le second, penché au-dessus d'un chaudron, semblait brasser une potion.
Il entendit vaguement le petit cri d'une sorcière avant de voir Malefoy s'avancer, le dépassant pour rejoindre son père, lui parlant sans qu'il ne soit capable de distinguer la nature de leur discussion.
Tout ce qu'il pouvait voir, c'était le sang.
C'était comme d'observer un film muet et au ralenti. Les sorciers bougeaient autour de lui sans qu'il ne soit impacté. Hermione s'était précipitée dans la pièce, prenant la place de Malefoy alors que celui-ci rejoignait son mentor et l'aidait dans le brassage de ce qui devrait, logiquement, être un antidote.
Et lui il était là, planté sur le seuil de la porte. Doucement, il sentit qu'on le poussait vers l'avant. Nazarov. Il venait de l'entraîner dans un endroit où il ne dérangerait pas alors que Ron refermait les portes, veillant à ce que personne ne note ce qu'il se passait derrière le huis clos du bureau de l'hôte de la soirée.
Il ne sentait rien. Physiquement. Intérieurement, il était paralysé, étouffé par une peur sans nom. Il ne cessait de tenter de se convaincre que rien ne lui arracherait l'ex-mangemort. Que rien ne pouvait venir à bout du Professeur après tout ce qu'il avait traversé.
Et alors qu'il se sentait perdre pied, il s'accrocha à la seule chose qui le maintiendrait. Il allait mettre un terme à tout ça… Il utiliserait toutes les ressources à sa disposition mais cette fois, il allait devoir faire face à cette nouvelle mission…
Les reliques, la mort.
Il se souvint alors de ce qu'un sorcier lui avait dit un jour. Que la mort l'accompagnait depuis toujours, comme une vieille amie…
Dumbledore avait fait la même allusion… La mort. Elle s'était toujours mise en travers de son chemin. Elle refusait de le voir passer de l'autre côté du voile mais ne cessait d'y attirer son entourage. C'était comme si elle lui rappellait qu'elle pouvait lui prendre tout ce qui lui appartenait. Comme si elle se vengeait.
Les reliques. Ces objets maudits dont il avait en partie hérité. Et brusquement il se souvint.
Le coffre. Le premier Directeur de Poudlard. Et cette chose dont il n'était pas encore prêt à prendre possession à l'époque…
La baguette. La cape. La bague.
Et s'il se servait des trois. S'il se servait de cela pour faire chanter la mort. Pour la forcer à lui obéir… Et s'il défiait une nouvelle fois l'entité ?
Bloquant son regard émeraude sur le Prince de Sang-mêlé, il se crispa. Il devait la récupérer et mettre un terme à tout ça. Fermant les yeux, il prit une profonde inspiration et c'est comme si le monde se remettait à tourner à vitesse normale.
Il refit surface alors que les sensations le percutaient toutes en même temps. Les bruits, les odeurs, les conversations ou encore la chaleur de l'âtre.
Les sorciers présents bougeaient à nouveau normalement et il saisit les ordres de Fawley donné à Malefoy… Lucius parlant à son tuteur alors que Kingsley semblait murmurer une sorte de litanie en latin.
- Potter…. Potter.
Relevant les yeux, il tomba sur les iris grises du russe et se concentra sur lui.
- Reprends-toi, moy drug.
- Je..je suis là…
- Poison. Ingestion il y a une dizaine de minutes. Lucius Malefoy et Kingsley Shacklebolt présents. Ingestion mêlée à un liquide.
Les informations simples, claires, lui permirent de s'ancrer à nouveau à la réalité alors qu'il fronçait les sourcils, inspirant lentement, serrant les poings pour éviter à ses mains de trembler violemment.
- Ton Slyzerin aide pour un antidote… Mais ils doivent être sûrs du poison. Severus Snape a parlé de Belladone.
Il n'avait pas la moindre idée de l'utilisation de la Belladone ou même des antidotes à leur disposition. Mais Malefoy s'en occupait. Il avait été en partie formé par Snape et avait ensuite suivi les meilleurs…
- Granger est aussi sur le coup avec eux….
Bien sûr. Hermione n'était peut-être pas potionniste mais sa capacité d'analyse et ses connaissances seraient certainement utiles…
- Seigneur. Vous ne l'avez toujours pas guéris… ?
Se crispant, il se tourna lentement et observa la femme qui était assise sur le dos d'un homme qui s'était mis à quatre patte pour lui servir de tabouret humain.
Cybèle Zabini semblait avoir toujours été là sans que personne ne s'en aperçoive…
Gracieusement, elle se leva, rejetant une lourde mèche de cheveux d'ébène de son épaule alors que les plis de sa robe se réarrangeaient autour de son corps, le tissus transparent laissant deviner la courbe d'une poitrine parfaite et un ventre plat et à la peau laiteuse. Sur sa peau, autour de son cou, les dizaines de pierres précieuses composant sa rivière de diamant luisaient de reflets rubis alors que le feu s'y reflétait.
Son regard, brillant, bordé de cils épais se focalisa sur l'homme au sol et elle se mordit la lèvre inférieure délicatement. Se tournant lentement vers lui, elle arqua un sourcil aristocratique et soupira.
- Monsieur Harry Potter...Ne serait-ce pas temps de le lui donner… ?
Tout la pièce s'était figée. Les sorciers, surprit de la voir, n'esquissaient plus le moindre geste, comme si sa présence prédatrice avait éveillé leurs instincts.
L'homme à quatre pattes ne bougea pas non plus, son regard fixé sur le sol, le collier à son cou était orné d'une longue laisse de cuir rouge sang.
Il vit Lucius Malefoy se relever très lentement alors que Kingsley, sa baguette pointée sur Snape, avait finalement réussi à jeter son sort, stoppant au moins les convulsions.
- Lady Zabini…
- Lord Malefoy….
- Pourrions-nous savoir de quoi vous parlez….?
- De l'antidote très cher… De l'antidote.
Prenant une inspiration saccadée, de son côté, il la fixait sans réellement comprendre. Mais, de manière tout à fait étonnante, savoir que cette femme se trouvait là, avec eux, avait quelque chose de rassurant… Elle était connue et reconnue pour sa maîtrise des poisons et qu'elle parle d'antidote était probablement la meilleure des nouvelles.
A nouveau, elle posa son regard de charbon sur lui et fit une moue, soupirant un peu.
- Harry…?
Il se réveilla brusquement alors que lui revenait en mémoire cet instant dans la soirée où elle lui avait tendu un petit coffret de bois commun. Elle s'était penchée à son oreille et lui avait murmuré que son présent lui serait utile un peu plus tard… Perplexe, il avait pris le tout, imaginant qu'il s'agissait d'un cadeau de fiançailles…
Fébrile, les mains tremblantes, il plongea dans la poche de son pantalon et en sortit l'objet qu'il avait réduit pour le ranger le temps de la soirée. Avant même qu'il ait pu faire quoi que ce soit, elle jetait un sort dessus, lui faisant retrouver sa taille normale et s'en emparait, l'ouvrant avec délicatesse pour en faire émerger une fiole de cristal gravée aux armoiries des Zabini.
S'il n'avait pas été aussi désespéré en cet instant, il aurait sûrement rit en notant la tête de la gorgone qui les représentait… Cette femme était si dangereuse que cela en devenait presque risible….
- Eh bien ! Quelle coïncidence que je vous ai offert ceci justement ce soir ! La chance me sourit toujours outrageusement !
Un sourire prédateur et elle s'approcha lentement de son père, ses hanches roulant, ses talons claquant d'abord sur le marbre noire avant que le bruit ne soit étouffé par l'épais tapis persan qui ornait le sol devant la cheminée.
- Oh...cher Severus… Voyez donc dans quel état pitoyable je vous retrouve…
Le silence était à couper au couteau… La femme semblait imperméable à l'ambiance lourde et angoissante du bureau alors que les sorciers reculaient à son approche.
S'emparant de sa baguette, elle la pointa sur son tuteur et sans s'en rendre compte, il se retrouva non seulement à ses côtés, mais une bulle de magie venait d'entourer l'ex-mangemort.
- Non.
Elle s'était figée, l'observant sans que la moindre émotion ne traverse son visage aux traits finement ciselés. Elle était belle. Bien trop pour le bien de la gente masculine…
- Monsieur Potter… Je n'ai pas le moindre ...intérêt… à m'en prendre à Severus… tout le contraire même…
- Dites-moi ce que vous comptez faire…
Elle rit. Un rire de gorge doux et pourtant si menaçant.
- Pourrais-tu indiquer à notre...ami de la Koalitsiya qu'il ne sert à rien d'appuyer sa baguette sur ma nuque ?
Personne ne l'avait vu bouger. Ou plutôt, personne ne les avait vus bouger.
- Mon fils le tuerait avant qu'il ne dise quoi que ce soit.
Nazarov avait sa baguette enfoncée sur la nuque de la sorcière alors que, devant lui, à la droite de sa mère, se tenait Blaise, sa baguette pointée sur le cœur du slave. Tous deux avaient les yeux braqués sur leurs cibles et ne bougeaient pas.
- Dites-moi ce que vous alliez faire.
Il ignora le petit hoquet de Hermione ou le juron à peine caché de Ron. Il se fichait des conséquences actuellement.
- Potter. Laisse-la faire. Zabini baisse ta baguette.
Malefoy. Il l'ignora lui aussi. Il n'avait pas le temps d'avoir des doutes. Pas le temps de prendre des risques non plus. Pas aujourd'hui. Prenant une courte inspiration, il baissa lentement sa baguette en signe de bonne volonté.
- Un simple sort de lévitation… Il se trouve que je ne tiens pas à froisser ma robe en m'agenouillant à ses côtés…
- Et ensuite… ?
- Lui administrer ceci Monsieur Potter…
Il fixa la petite fiole alors que la suspicion l'envahissait. Pouvait-il lui faire confiance et être sûr que ce qu'il y avait là-dedans était un antidote et non un moyen de mettre fin aux souffrances de l'ex-espion définitivement ?
Prenant une inspiration tremblante, se forçant à reculer, il fit un pas en arrière la bulle de magie éclatant dans son dos alors qu'il sentait le torse de Malefoy dans son dos.
A quel moment s'était-il rapproché ainsi de lui ?
- Merci pour votre confiance…
Elle lança un regard de biais à son fils qui, le visage austère, baissa sa baguette et recula à son tour, laissant deviner à quel point Blaise Zabini pouvait se montrer dangereux… Derrière ses sourires et son amour flagrant pour Hermione Granger, il s'agissait en réalité d'un sorcier élevé par une femme nommée la Veuve Noire….
Il ne s'était jamais penché sur la question, mais il était prêt à parier que Zabini était tout aussi formé au meurtre qu'Alexei lui-même.
Le russe d'ailleurs avait également reculé de quelques pas. Il s'était placé de manière à pouvoir intervenir au moindre geste suspect, le survivant en avait conscience et il prenait alors toute la mesure de l'immense pression de la pièce.
Lucius Malefoy était tendu, Kingsley les regardaient, plus pâle qu'à son habitude alors qu'il notait la présence des monstres dans la pièce.
Parce qu'ils étaient plusieurs… Lui… Nazarov...Les Zabini et les Malefoy….Aucun d'entre eux n'était...normal. Aucun d'entre eux n'était de ceux dont on pouvait se moquer impunément…
Et alors qu'il balayait la pièce du regard, il se tendit une seconde. Pendant un instant volé il avait vu quelque chose… C'était… étrange…
Mais bien vite son attention se détourna du sorcier pour se concentrer sur la femme qui venait de faire entrer son père en lévitation.
Elle passa délicatement ses doigts sur les lèvres bleuies du Potionniste et fronça les sourcils quand du sang tâcha la pulpe délicate de son index.
Elle soupira et laissa sa main caresser la courbe carré de la mâchoire du sorcier, étalant une traînée carmin sur la peau blafarde. Elle se redressa et soupira, débouchant la fiole avant de se pencher sur Snape, murmurant quelque chose à son oreille…
Et alors elle se redressa, vida le contenu de la fiole dans sa bouche et se pencha sur lui.
Il était figé. Incapable de réagir alors qu'il voyait les lèvres pulpeuses et peintes de rouge se presser sur celles étroites de son tuteur. Il vit une goutte de potion pourpre glisser de la commissure de ses lèvres alors que la femme écartait celles-ci pour lui faire alaver la décoction.
Elle...l'embrassait. Sous ses yeux.
Et cela n'avait absolument rien d'innocent.
Personne ne réagit. Dans un silence stupéfait et un peu cotonneux, personne n'osa dire quoi que ce soit jusqu'à ce qu'elle se redresse et ne lèche ses lèvres, un sourire étirant celles-ci.
Se détournant doucement, le corps du sorcier se posa délicatement dans un fauteuil de velours alors qu'elle claquait des doigts, son homme soumis se précipitant à ses côtés, lui tendant sa laisse, le regard enfiévré d'admiration.
Et alors qu'elle se dirigeait en direction de la porte du bureau, elle fit un court arrêt pour se pencher à son oreille.
- Monsieur Potter…. Méfiez-vous de ceux qui se disent des mentors. Rien n'est plus fourbe que cela… Dumbledore n'était-il pas une bonne leçon…?
Elle se redressa, souriant avant de se tourner vers le sorcier inconscient et soupire.
- Un baiser dont il ne se souviendra même pas…. Quelle hérésie.
Et sans un mot de plus, les portes s'ouvrirent en silence et elle sortit.
- Potter.
Planté derrière lui, les sourcils froncés, il observait le survivant qui n'avait pas bougé depuis maintenant une heure.
- Quoi ?
- Il faut qu'on aille faire figuration une dernière fois.
Suite au départ de Cybèle, les choses s'étaient brusquement accélérées. Potter s'était jeté ou presque sur son tuteur et avait constaté avec soulagement qu'il respirait.
Les sortilèges avaient été levés et Fawley remercié rapidement. Suite à cela, il s'était occupé avec son père de transférer son parrain jusqu'à une chambre.
D'un commun accord, rien n'avait été divulgué aux invités et ils avaient fait en sorte de faire des tours de garde pour que personne ne remarque leur absence…
La soirée touchait à sa fin, il n'y avait plus qu'à signer le document officiel qui les lieraient tous les deux mais, pour ce faire, leur présence à tous les deux était requise.
Et il doutait peut-être un peu d'arriver à convaincre Potter de laisser Severus sans l'un d'entre eux… jusqu'à présents ils s'étaient relayés avec son père afin de toujours avoir une personne de confiance au chevet du potionniste…
Un soupir fêlé s'échappa de la cage thoracique du sauveur du monde et il crispa ses doigts sur les draps qui recouvraient le corps immobile de son tuteur.
- C'est vraiment obligé…?
- ...On en a parlé. Tu sais que Severus ne voudrait pas que ce qu'il s'est passé ici se sache…. Il préférerait mourir que de savoir que des rumeurs circulent sur lui et son empoisonnement.
Il vit le brun se tourner légèrement, et lui lancer un regard sombre. Il semblait… affaiblis.
C'était comme si Potter avait perdu quelque chose qui ne reviendrait qu'avec son parrain. Et il devait bien l'avouer, cet attachement réveillait sa jalousie. Aurait-il été dans le même état si c'était lui qui avait ingurgité le poison…?
Prenant une courte inspiration, il chassa rapidement ces pensées déplaisantes de sa tête il s'avança encore, glissant doucement sa main sur sa nuque, caressant la peau chaude. Il le sentit alors se laisser aller en arrière, contre sa main, comme si, par ce simple geste, il lui rappellait de qui il avait également besoin.
Grinçant intérieurement contre lui-même, il se pencha doucement, posant ses lèvres sur son front avant de murmurer.
- On y va Potter. On va signer ce fichu parchemin et ça sera terminé.
- Ouais…
Il le vit se lever lentement, son regard vert émeraude posé sur le corps dans le lit et il se mordit la lèvre.
- Il était censé être là.
- Je sais, Potter.
Finalement, le survivant se détourna et s'empara de la main du blond, la serrant un peu trop fort pour que le geste soit complètement naturel. Doucement, il l'entraîna à sa suite, s'approchant de la porte.
- Nazarov va rester avec lui.
- Mn
S'arrêtant brusquement, il le tira contre son torse, emprisonnant son menton entre ses doigts, frôlant ses lèvres des siennes alors que leurs nez se touchaient, les yeux dans les yeux.
- Potter. Il va bien. Son métabolisme doit encore éliminer les dernières traces de substance neutralisée...Mais il va bien.
Il le vit prendre une inspiration rapide et hocher la tête, ses yeux se troublant.
- Je sais, Malefoy...Juste… j'ai...j'ai failli le perdre.
Il chuchotait, comme si parler trop fort rendrait la réalité trop brutale… Trop vraie pour lui. Comme si le son de sa voix résonnant dans la chambre plongée dans la pénombre risquait de déclencher autre chose et le briser.
- Je peux pas… Juste arrêter d'y penser comme ça.
Compartimente ton esprit Potter. Il nous reste une chose à faire pour la galerie. Redresse-toi et rappelle toi que Severus détesterai laisser qui que ce soit savoir ce qu'il se passe dans sa tête.
Il se sentait un peu ridicule de devoir le rassurer comme ça, mais il avait besoin que Potter tienne le coup, donne le change, ensuite, il le laisserait s'écrouler tout son saoul. Il serait là même pour essuyer les larmes. Mais pour le moment, c'était pas possible.
Il le vit carrer les épaules brusquement alors que son regard perdait toute trace de son angoisse et lui faire un sourire provoquant.
- Le masque, Malefoy ?
- Précisément Potter. Il y a certains qui ont besoin de voir que personne n'abbat Severus Snape.
Une seconde plus tard, le brun lui plantait un baiser sur les lèvres.
- Tu vois Malefoy… C'est pour ce genre de truc que je suis d'accord de t'appartenir…
Souriant à son tour, il ricana et ouvrit la porte, faisant signe au russe d'entrer à leur place.
- Potter. Crois-moi. Personne ne te demandait ton avis. Et surtout pas moi.
Le plan avait échoué.
Il avait bien réussi à lui faire prendre le poison mais avait sous-estimé sa victime. Celle-ci avait identifié la substance bien trop rapidement. Tout comme les premières manifestations.
Quel imbécile. Imbécile. IMBECILE. Il fulminait intérieurement. La rage consumant ses entrailles alors qu'il observait les sorciers évoluer sur la piste de danse.
Penser pouvoir berner un potionniste du calibre de Severus Snape. Ridicule. Cet incapable mériterai qu'on lui rappelle où était sa place. Mais il avait insisté… Alors il lui avait laissé une chance de faire ses preuves. C'était la dernière. La prochaine fois, il superviserait personnellement ses moindres faits et gestes.
Mais pour le moment, la seule chose qu'il voyait était que le résultat était un échec cuisant. Enfin… Presque. Il devait avouer cependant que tout cela avait forcé certains pions à dévoiler leur allégeance. A sortir de l'ombre. Et maintenant il savait où allaient les loyautés…
Et puis... il avait pu évaluer également les...capacités de ceux qui l'entouraient. La demi-sang… mais les autres aussi… C'était impressionnant. Ils fonctionnaient en équipe sans avoir besoin de se coordonné.… Un challenge supplémentaire pour lui. Les abattre serait plus… exaltant que prévu.
Et quelle surprise que de la voir intervenir à son tour. D'après ce qui lui avait été rapporté, elle aurait même laissé entendre qu'elle avait connaissance du plan ?
Il jubilait, portant son verre à ses lèvres il laissa s'échapper un gloussement, s'attirant les regards curieux d'autres sorciers l'entourant...Mais il n'en n'avait que faire…
C'était encore mieux. Excitant. Il sentit son coeur battre un peu trop fort alors que des frissons parcouraient tout son corps. Arriverait-il à la tuer elle aussi…? Il se baignerait dans son sang. Il était sûr que celui-ci était au moins aussi précieux que sa rivière de diamant.
Un tel adversaire n'apparaissait pas toujours pour compliquer la partie...Et là, elle avait un coup d'avance. Mais jusqu'à quand ? Jusqu'à quel point avait-elle percé ses secrets…? Jusqu'à où s'était elle enfoncée dans ses ténèbres ?
Caressant doucement sa robe de soirée, y lissant les plis, il observa les deux sorciers se rendre au centre de la pièce. Ni l'un, ni l'autre, ne laissait deviner ce qu'il s'était passé dans le bureau de Lucius Malefoy.
Harry Potter semblait égal à lui-même. Un peu sauvage et très provoquant. Draco Malefoy était parfaitement lisse. Entourés de Narcissa et Lucius, le patriarche posa sa baguette sur sa gorge et s'éclaircit la voix, demandant le silence.
Kingsley Shacklebolt se tenait là également, tout comme un représentant de la justice magique qui devait s'occuper du parchemin de lien du sang. Ce Ministre inutile et faible… Il y a bien longtemps qu'il aurait dû quitter son poste.
La cérémonie était très protocolée et relativement longue. Se perdant dans ses pensées, il fixa son regard sur le couple qui suivait le discours avec attention.
Il ne pouvait croire que cet enfant ridicule possédait les reliques… Et pourtant… Mais il avait travaillé son ce mystère, et il savait que sa vie semblait s'écouler lentement, grain par grain dans le sablier qui lui servait de réserve… C'était inéluctable. Un jour, il poserait un genou à terre et à cet instant, il serait là pour l'achever.
Il pouvait voir d'ici la magie noire suintant de ses pores, rongeant sa peau et dégradant son corps. Il savait qu'il s'épuisait petit à petit, jour après jour et que, tant que cette confrontation finale n'aurait pas lieu, rien ne serait résolu.
Il avait discuté avec certains tableaux et avait ainsi obtenu de nombreuses informations utiles… À commencer par les théories fumeuses de Feu Albus Dumbledore et de ce qu'il avait confié au sauveur du monde.
Un sourire étira ses lèvres alors que, nonchalamment, il applaudissait, faisant la même chose que ses pairs, calquant son attitude sur la leurs.
Ah merlin… Il se réjouissait tellement de la voir… Il mourrait d'envie d'accélérer tout cela...de le pousser dans ses derniers retranchements. Le forcer à débuter la chasse.
Comme il aimerait voir son visage quand il comprendrait quel est son destin… Comme il aimerait ensuite lui voler tout ce qu'il possède pour en faire son pire cauchemar.
Harry Potter était loin d'imaginer ce qu'il allait vivre ces prochaines semaines...mois…
Revenant à la réalité, sortant de ses fantasmes, il releva les yeux pour voir le survivant signer le parchemin et la magie en sortir, un lien doré venant frapper en même temps les deux poignets droits des sorciers, y laissant une marque discrète.
Bien… Tournant discrètement les talons, il fit un signe discret du menton à son acolyte avant de sortir par une des portes fenêtres, disparaissant dans la nuit, chantonnant une comptine pour enfant.
"Ma poupée chérie ne veut pas dormir
Petit ange mien, tu me fais souffrir
Ferme tes doux yeux, tes yeux de saphir
Dors, poupée, dors, dors ou je vais mourir"
Alors...qui serait le prochain ?
.
.
.
.
.
Alors ! J'ai tué personne !
