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Questionnements et incertitudes

La vie au Manoir des Roses était agréable. On y mangeait bien, on était au centre de tout ce qu'il se passait dans la Résistance et il y avait suffisamment d'espace pour que personne ne se marche dessus.

Peu après le retour de sa mère au Manoir, les choses avaient commencé à bouger. Les entraînements qu'Alastor imposait à ses troupes s'étaient fait plus intenses et après quelques jours, ils furent déplacés vers Le Centre. Mary s'y était déjà rendue pour parler avec Nagini et jugea qu'il s'agissait d'un bon choix. Le Centre avait un très grand terrain et le corps de ferme pouvait accueillir une petite armée. La fonction du manoir était plus administrative et sa mère semblait obsédée par l'idée d'éviter que les rosiers ne soient approchés ou abimés par les entraînements. Alors mieux valait se trouver à un endroit qui n'allait pas déclencher la fureur de la sorcière s'il était abimé.

La rousse fut enchantée de voir arriver William et Logan, l'ami de Cameron. Logan n'était que de passage car il souhaitait rentrer chez sa famille moldue, mais William allait rester vivre au Manoir. Il boitait et son regard s'était assombri, mais il refusait d'aller se cacher chez ses parents et voulait rester là pour elle et pour aider dans la mesure du possible. Quand il apprit la mort d'Emeli, il pleura et elle pleura à nouveau avec lui. Ils avaient du mal à réaliser qu'ils ne reverraient plus jamais leur amie blonde. Le né-moldu rejoignit l'entraînement que Cameron suivait avec le russe Lavrenti. Mary participait aussi, de temps en temps, mais avec la disparition de Tom s'était éteinte son envie de se battre. Elle n'y mettait guère d'enthousiasme et même Will qui devait s'aider d'une canne pour marcher était plus habile qu'elle. Susan Bones vînt aussi avec sa tante un après-midi. La Poufsouffle s'était renfermée sur elle-même et parla peu, malgré les efforts notables que William et Mary déployèrent pour lui arracher quelques mots ou un sourire.

La Potter s'efforçait de ne pas penser à Tom mais c'était plus facile à dire qu'à faire. Il lui arrivait fréquemment de rêver de lui et elle se réveillait en sursaut, couverte de sueur, parfois tremblante. Elle se demandait si c'était de peur ou du manque. Il avait fait partie de sa vie, de son esprit, si longtemps que le vide qu'il avait laissé résonnait douloureusement en elle dès qu'elle n'était plus occupée. Heureusement, elle ne cessait de progresser en occlumancie et parvenait à présent à se prémunir de la plupart des effets secondaires de sa disparition durant la journée. Seule la nuit, où ses barrières se relâchaient et son esprit se mettait à vagabonder librement, restait problématique. Mais elle savait qu'en s'entraînant quotidiennement, et surtout avant d'aller dormir, elle pourrait un jour occluder même en dormant. Sa mère le lui avait confirmé.

Mary n'en revenait toujours pas que sa survie soit due au professeur Rogue qui l'avait toujours détestée. Elle en avait un peu parlé avec sa mère. Elle savait pourquoi il ne l'aimait pas, mais sentait que sa mère ne lui avait pas tout dit. La Maître des Potions n'appréciait pas l'ex-mangemort non plus, mais semblait avoir commencé à revoir son opinion après qu'il ait aidé la Serdaigle à ne pas rester un légume. Parfois, Mary lisait en elle quelque chose qui ressemblait presque à de l'inquiétude devant le silence de Rogue qui n'avait plus donné aucune nouvelle depuis.

Globalement, la Serdaigle passait tout de même beaucoup de temps seule. Sa mère avait la résistance à diriger, son frère était obsédé par son entraînement et Will suivait le mouvement sans se faire prier, bien qu'il la rejoigne fréquemment dans la bibliothèque du Manoir. C'était devenu son nouveau sanctuaire. Elle n'était pas aussi ancienne ni aussi fournie que celle de Poudlard, mais il y avait de quoi la distraire. Elle cherchait un moyen de vaincre Voldemort sans le combattre. Autant dire que ce n'était pas gagné. Andreas, l'ami Russe taciturne et vaguement effrayant de sa mère, lui avait dispensé un cours approfondit sur les Horcruxes et elle en frissonnait encore à chaque fois qu'elle y pensait, même si elle se doutait qu'il l'avait préservée du pire. Comment pouvait-on en arriver là ? Certes, l'idée de mourir un jour l'effrayait mais pas au point de sacrifier son âme !

Voldemort, ou Tom, était prêt à tous les sacrifices pour atteindre ses objectifs. Que ce soit être immortel ou conquérir le monde sorcier. Tant de détermination la remplissait d'effroi et la laissait songeuse tout à la fois. Elle l'enviait d'un côté. Elle, elle avait toujours tout eu. Une famille aimante qui l'avait gâtée. Des amis, un parcours scolaires brillant, le monde sorcier l'admirait pour quelque chose dont elle ne gardait au final qu'un souvenir… Elle n'avait jamais vraiment eu à lutter pour quoi que ce soit. Elle n'avait pas eu besoin de développer cet acharnement, cette pugnacité pour atteindre ses objectifs.

Ce qu'il s'était passé à Poudlard cette année n'était rien en comparaison de ce qu'il avait pu vivre.

Durant le Tournois des Trois Sorciers, elle avait plus que tout voulu survivre. Mais à présent elle se demandait s'il ne s'agissait pas aussi d'une impulsion qui venait en grande partie de Tom.

Serait-elle prête à se sacrifier si cela sauvait tout le monde ? Elle ne leur devait rien. Mais pourrait-elle vivre en sachant que tous étaient morts à cause d'elle ? Jusqu'où allait son égoïsme ? Que voulait-elle vraiment ?

Mary referma brutalement le livre qu'elle était en train de feuilleter sans le lire et renversa la tête en arrière sur sa chaise, observant le plafond où une peinture de maître s'étalait. Comme partout dans le Manoir, des roses rouges y étaient intégrées. Les personnes représentées ne lui disaient rien, mais elle pouvait y deviner certains traits communs avec sa mère et la sœur de celle-ci, sa tante Aileen qui n'était plus revenue en Angleterre depuis le retour de Voldemort.

Elle ressentait de la colère. Comment pouvait-elle ne pas savoir ce qu'elle voulait ? Elle allait avoir 16 ans par Merlin. Que ce soit à court ou à long terme, quand elle pensait à son avenir elle n'y voyait rien. C'était le noir total. C'était effrayant et ça n'était sûrement pas normal non ? Tout le monde autours d'elle avait l'air d'y voir plus clair, même Cameron qui n'était pourtant pas une flèche. Il se concentrait plus que tout sur son objectif de devenir plus fort pour pouvoir se battre et aider dans cette guerre, alors même qu'il savait aussi bien qu'elle que jamais leur mère ne lui permettrait de participer à un combat. Pourquoi ne pouvait-elle pas être comme lui ? Où comme William qui allait boiter jusqu'à la fin de sa vie, mais dont la détermination n'avait fait que se renforcer ? Pourquoi ne pouvait-elle pas avoir la volonté de sa mère ? Sa puissance ? C'était elle qui aurait dû être l'Elue destinée à vaincre Voldemort ! Elle était puissante, déterminée, impitoyable, bonne combattante, une bannière derrière laquelle les sorciers et sorcières pouvaient se rassembler…

Alors qu'elle… elle, elle n'était qu'une banale adolescente. Pas une guerrière, pas une force sur laquelle on pourrait un jour compter. Tout ce qu'elle savait faire, c'était lire des livres et appliquer ce qu'on lui disait de faire. Ca lui donnait envie de pleurer. Rageusement, elle s'essuya les yeux tandis que Ladon essayait tant bien que mal de la consoler et elle quitta la bibliothèque telle une tempête, bousculant au passage quelqu'un. Sans s'excuser, elle dévala les nombreux escaliers, se précipita à l'extérieur et d'un bond se transforma.

Après la mésaventure de sa première transformation elle avait cru que jamais plus elle n'oserait réessayer, mais elle avait passé beaucoup de temps à occluder et le puma l'avait convaincue que ça irait beaucoup mieux. Poussée par le besoin de s'échapper et la peur, elles avaient toutes les deux mal procédé lors de leur première fois. Après quelques essais de transformation partielle qui avaient tous été un franc succès, Mary pouvait à présent devenir un puma aussi facilement qu'elle changeait de vêtement. Excepté qu'elle changeait de peau. En fusionnant avec son animal totem aussi bien physiquement que mentalement elle n'avait même pas eu besoin d'apprendre à marcher à quatre pattes. Ca semblait naturel. Elle aimait devenir puma. Ses pensées n'étaient pas aussi parasitées que lorsqu'elle était humaine.

Elle traversa comme une flèche la pelouse pour aller se cacher dans les parterres où elle se tapit quelques minutes, observant William, Cameron et leur instructeur Lavrenti. Ils ne l'avaient pas vu. Alors, ramassée sur elle-même pour rester à couvert, elle s'éloigna vers la rivière qui coulait à l'arrière du Manoir. Là, il y avait des arbres dont un dans lequel elle était déjà allée se réfugier plusieurs fois, comme en témoignaient les marques de griffes dans l'écorce. Une fois sur sa branche fétiche, elle poussa un soupir tout à fait humain et observa l'autre côté de la rivière, profitant juste du moment loin des pensées embrumées de son esprit humain.

Un bruit derrière elle fit pivoter ses oreilles et elle se redressa, alerte. Quelqu'un approchait.

- Te voilà, tu sais que tu files drôlement vite ?

Il s'agissait d'un humain aux cheveux roux qu'elle se rappelait confusément avoir déjà vu il y a longtemps. Le puma montra les dents en feulant et l'humain leva les mains, signe universel de non agression et attendit. Ses babines retombèrent sur ses crocs et il ajouta :

- Mary, on peut parler ?

Le bout de la queue du puma s'agita de gauche à droite tandis que la partie humaine et animale de son esprit se consultaient. Finalement, la Serdaigle redevint humaine et se retrouva assise sur la branche. Elle remit immédiatement un nom sur la tête rousse qui se trouvait en bas de l'arbre. Cheveux courts, mâchoire carrée, trapu et musclé, il s'agissait de Charlie Weasley. Elle le salua d'un mouvement de tête.

- J'ignorais que tu étais une animagus, dit-il avec un sourire. Si je n'avais pas vu la transformation, j'aurais pu te chercher des heures sans te reconnaître après que tu sois sortie de la bibliothèque.

C'était donc lui qu'elle avait bousculé dans sa hâte de quitter le Manoir.

- Qu'est ce que tu veux ?

Elle ne se sentait pas d'humeur amicale. Elle était mieux sous sa forme animale.

- Tu veux bien descendre ? Je vais me tordre le cou sinon.

Sortant sa baguette elle sauta de la branche tout en lançant un sort qui lui permit d'atterrir quelques mètres plus bas sans se faire mal. La première fois qu'elle était redevenue humaine sur cette branche elle avait eu beaucoup de mal à descendre et avait cherché un sort capable de l'aider. Il lui avait fallu un peu d'entrainement pour arriver à atterrir sans se casser la figure, mais au final, ça ressemblait beaucoup à l'arrivée d'un Portoloin.

- Tu as bien grandi, lui dit-il.

Il était le plus petit des Weasley et elle était presque aussi grande que lui. Il avait levé une main pour lui ébouriffer les cheveux comme il l'avait déjà fait lors de leurs rencontres précédentes, mais elle se recula avec un mouvement brusque. Il fronça les sourcils, mais n'insista pas. Il sortit de sa poche une lettre.

- Les chouettes n'entrent et ne sortent plus de chez nous : Bill a missionné certains de ses amis pour installer un Fidelitas suite à ce qu'il s'est passé à Poudlard. Les jumeaux savaient que je venais aujourd'hui et m'ont confié ça pour toi.

Interdite, Mary resta quelques secondes à observer la missive qui paraissait plutôt épaisse. Fred et George n'étaient pourtant pas de grands écrivains. Elle se rendit compte que depuis qu'elle était revenue au Manoir, elle ne s'était même pas inquiétée de savoir si qui que ce soit avait survécu en dehors de William… Honteuse, et en colère encore une fois, elle demanda timidement :

- Est-ce… Est-ce que toute ta famille va bien ?

Elle se dit que ce n'était peut-être pas la bonne question : Arthur Weasley était mort il y a moins d'un an. Il ne sembla cependant pas mal le prendre.

- Tout le monde a survécu au siège de Poudlard, lui dit-il.

Elle fut soulagée. Elle n'était pas proche de Ron ou de Ginevra Weasley mais toute personne ayant survécu représentait une victoire. Combien de personne qu'elle connaissait était morte ? Elle avait passé tellement de temps à s'apitoyer sur son sort depuis qu'elle était arrivée au Manoir… Qui d'autre était mort parmi ses connaissances à part Emeli ?

- Mary ?

Elle sursautant quand il lui toucha légèrement l'épaule.

- Désolée, dit-elle avec un sourire tremblant.

- Tu veux parler ?

Parler ? Pour dire quoi ? Elle haussa les épaules ne sachant pas quoi répondre.

- Tu veux lire la lettre et répondre à Fred et George ? poursuivit-il. Je ne sais pas quand je reviendrais. Ils s'inquiètent pour toi.

C'est comme ça qu'elle se retrouva assise dans l'herbe adossée au tronc de l'arbre où elle était auparavant perchée, en train de lire les deux parchemins contenus dans la lettre. Elle voyait l'écriture des deux jumeaux, signe qu'ils s'étaient relayés pour la rédaction. Charlie avait commencé par examiner avec intérêt les traces de griffes dans ledit tronc avant de s'asseoir à côté d'elle et de fermer les yeux, attendant patiemment.

D'abord tendue, la rousse finit par s'apaiser. Charlie ne tenta pas d'engager la conversation et était si immobile qu'elle se demanda un moment s'il s'était endormi. Elle lui jeta un coup d'œil et il lui sourit comme s'il avait senti son regard. Perturbée, elle reporta son attention sur ce que disaient Fred et George. Ils allaient bien, ils faisaient des blagues à Ron et Ginny pour tenter de les dérider. Ils ne s'étendaient pas sur ce qu'il leur était arrivé à Poudlard. Quand les Mangemorts avaient fait main basse sur l'école, ils s'étaient acharnés sur certains élèves plus que sur d'autres. Les Weasley étant des traitres à leurs sangs, ils avaient été particulièrement touchés.

- Je suis désolée, finit-elle par dire.

- De quoi ?

- Ils ont fait du mal à tes frères et sœurs.

Il n'eut pas besoin de demander de qui elle parlait.

- Tu n'y es pour rien.

- Poudlard a été attaqué pour me capturer.

- Les mangemorts auraient attaqué de toute manière : après le Ministère, c'était la suite logique pour tenir l'Angleterre. Rien n'est de ta faute.

- Tu dois être un des rares à le croire... Les gens attendent de moi que je les sauve.

- Ca m'étonnerait que ta mère t'ait demandé de sauver qui que ce soit…

Elle eut un demi sourire.

- Bien sûr que non, c'est ma mère. Si elle pouvait m'enfermer dans une tour et être sûre que jamais personne ne s'en approcherait elle le ferait. Je parlais des autres.

C'était ce que les élèves avaient attendu d'elle quand ils avaient formés la Cabale. Fred et George lui avaient arraché la promesse de tout faire pour gagner la guerre après la mort de leur père et quand Tom était dans sa tête, c'était une promesse qu'elle avait volontiers faite. Mais maintenant ? Elle avait envie de fuir ce genre d'engagement. Alors qu'on attendait d'elle l'inverse. Même sa mère qui ne voulait pas qu'elle affronte Voldemort lui avait dit que ça arriverait sans doute malgré tout : les prophéties étaient puissantes dès lors qu'un des acteurs décidait de la prendre pour argent comptant.

- Je ne veux pas faire ça, chuchota t-elle. Je veux juste aller me terrer quelque part et attendre que ce soit fini. Je ne suis pas un héro.

- Ce qui fait de toi quelqu'un d'intelligent.

Etant donné qu'il venait de Gryffondor, elle aurait pensé qu'il l'accablerait de reproche. En tout cas, c'est ce qu'elle aurait eu comme réaction à l'é capta sa surprise et sourit à nouveau.

- Je travaille avec des dragons depuis des années. A leur contact on comprend vite que le courage ne suffit pas dans la plupart des situations. Face à une seule de ces bêtes déchainées, se lancer dans une action héroïque signifie la mort.

Il tendit son bras gauche pour illustrer son propos. Une peau couturée de cicatrices plus où moins anciennes qui recouvrait des muscles impressionnants. Une main calleuse qui paraissait immense.

- Nous avons beau être excessivement prudents, nous passons notre temps à être blessés. La magie d'un sorcier seul contre un dragon ne sert à rien. Leurs écailles sont impénétrables. Leur seule vulnérabilité ce sont leurs yeux, mais nous travaillons dans une réserve : nous ne voulons pas leur faire de mal. Ce sont cependant des Créatures qui ne rechignent pas à l'idée de manger de la viande humaine. Nous ne sommes que des fourmis pour eux. Un dragon ça ne s'apprivoise pas. Jamais.

- Ce sont des Créatures magiques classifiées comme étant intelligentes pourtant.

- Oh, les dragons sont intelligents, mais ils sont étrangers à la notion de curiosité ou de pitié. Nous ne sommes pour eux qu'un danger où de la nourriture. Dans les deux cas, on se fait attaquer, à moins qu'il ne soit repu.

- Tu dis ça mais tu sembles les adorer.

Il parlait quand même avec enthousiasme du fait d'être un steak sur patte. Son regard s'était illuminé rien que d'y penser et il s'exclama :

- Ce sont des Créatures fascinantes !

Là, elle reconnaissait la fibre Gryffondor : adorer quelque chose qui ne voulait que le tuer. Cela réussit toutefois à la dérider.

- L'affrontement directe n'est jamais une bonne idée face à une force plus grande que soi, reprit-il après un instant. Te demander de faire face à un mage noir qui a des dizaines d'années d'expériences c'est comme me demander d'aller caresser un dragon fou furieux : du suicide.

- Tu as déjà caressé un dragon ?

- Un dragon n'est jamais inoffensif, mais peut-être neutralisé avec l'aide de plusieurs personnes. Quand tu ne peux pas attaquer de front, il faut trouver des alliés et mettre au point une stratégie ensemble. Attraper un dragon est une sacré aventure mais je n'ai jamais connu plus grand satisfaction que de pouvoir toucher ses écailles.

Mary imagina soudainement Voldemort ligoté au sol et elle, victorieuse, un pied sur son dos en train de poser pour une photo souvenir. Hautement irréaliste, mais c'était assez comique.

- Tu as plein d'alliés et ta mère ne te laissera jamais affronter Voldemort toute seule alors tranquillise toi.

- Je ne pourrais jamais l'affronter en duel de toute manière : je suis nulle…

- Ce ne sera pas nécessairement la force qui déterminera l'issus de cette guerre. Apprend à connaitre ton ennemi et tu trouveras peut-être la faille.

Elle connaissait déjà Voldemort. Elle avait eu Tom littéralement dans la tête pendant des années… En creusant un peu, elle avait bien dû apprendre des choses qui lui seraient utiles si jamais elle prenait le temps d'y réfléchir.

- Merci Charlie, dit-elle avec un franc sourire cette fois.

- Tu vas survivre à cette guerre, d'accord ?

Un rire nerveux s'échappa involontairement des lèvres de la Serdaigle. Il venait à peine de la rassurer sur un point qui la tracassait mais mettait le doigt immédiatement sur le deuxième. Comment pouvait-il voir si clair en elle ? Comment pouvait-il dire ça alors qu'elle venait de lui exposer qu'elle était une catastrophe en duel ? Peut-être était-ce parce qu'elle savait intuitivement qu'elle ne survivrait pas qu'elle était incapable de faire des projets pour l'avenir...

Sans comprendre comment, elle se retrouva soudainement étreinte par le jeune homme. Il sentait le… barbecue à défaut d'une meilleure comparaison. Ce qui avait du sens quand on savait que les dragons avaient tendance à carboniser leur nourriture avant de la manger : cela facilitait la digestion. La position n'était pas très confortable et elle avait la nuque coincée entre son biceps et son avant bras mais elle comprenait qu'il avait eu l'intention de la consoler.

Elle avait l'habitude des câlins. De la part des membres de sa famille. De ses amis parfois.

De la part d'un garçon plus âgé, qu'elle ne connaissait pas vraiment et qui venait de se montrer gentil et prévenant avec elle ? Non. C'était… agréable mais perturbant. Elle voulait qu'il la serre un peu plus contre lui, poser une main sur son avant bras mais en même temps s'enfuir en courant devant le maelström de sensation que déclenchait le contact entre leurs peaux.

Tiraillée, elle resta totalement figée. Quand il la lâcha, il lui jeta un regard étonné et elle se sentit rougir comme jamais elle n'avait rougi. Un sentiment de panique commença à grandir en elle et elle bondit sur ses pieds, marmonnant vaguement un au revoir avant de s'en aller en marchant si rapidement que ça ressemblait exactement à la fuite que c'était.

Qu'est ce qu'il venait de se passer par Merlin ?


Sans Tom dans sa tête Mary découvre qu'elle a 16ans et les hormones qui la travaillent. Ca m'a fait rire toute seule. Je me demande si je vais lui faire avoir LA discussion sur comment on fait les bébés avec sa mère XD

A suivre...