Réponse à la review anonyme :
hisana03 : Ma pauvre, je connais les misères des examens, et pour cause je suis repartie pour deux ans de fac... Courage à toi ! Vu que tu n'as pas reposté un commentaire, j'espère que tu as eu le temps de relire ou que ce n'est pas parce qu'il t'a déplu ! ahah. En tout cas, merci pour ton soutien, j'espère que la suite te plaira ! Dans le cas contraire, n'hésite pas à me le dire, j'accepte les critiques ;)
Chapitre 16
Le capitaine Kuchiki ne savait plus quoi faire…
Il ne faisait que se répéter qu'il fallait qu'il réagisse mais en faisant quoi… ?
Il n'eut d'autre choix que de voir Itachi sombrer, sombrer et sombrer encore un peu plus profondément. Son impuissance le rendait fou.
Puis cette nuit arriva…
Le noble était resté éveillé dans son lit (comme pratiquement toutes les nuits depuis un moment tellement l'état d'Itachi le préoccupait) à sonder la moindre fluctuation de Reiatsu du jeune homme, deux pièces plus loin.
Son Reiatsu était vraiment effrayant en cet instant. L'estomac du capitaine se tordait dans tous les sens tant il était inquiet. Quel était le contenu des pensées d'Itachi en cet instant pour que son Reiatsu réagisse aussi violemment ?
Là, c'était vraiment énorme. Il avait rarement senti son Reiatsu fluctuer autant, pourtant c'était tous les jours une valse qui n'en finissait plus.
Mais là… Il se passait vraiment quelque chose de différent… De plus fort…
Et il sentait que d'une minute à l'autre il allait bondir pour aller voir le jeune homme tant son Reiatsu devenait inquiétant.
Puis soudain, il y eut une violente secousse et envolée de Reiatsu qui en vint même à faire trembler les murs. Le capitaine se leva alors d'un saut.
Et à peine eut-il fait un pas en direction de la chambre du jeune homme qu'il s'interrompit net.
En effet, un terrible hurlement survint de la chambre du ninja. Il écarquilla les yeux. Affolé, il se mit à courir comme un dératé jusqu'à la chambre d'Itachi.
Lorsqu'il ouvrit la porte, il écarquilla les yeux. Son cœur sembla alors faire une chute libre de 1000mètres face à la vision d'horreur qui s'imposa à lui... : Itachi à quelques mètres, agenouillé sur son futon en train de s'agripper violemment les cheveux. Et surtout en train de pleurer de toutes ses tripes.
Le cerveau de Byakuya se déconnecta instantanément. Il accourut jusqu'à Itachi lorsqu'il le vit à nouveau hurler de toutes ses forces, en se balançant sur lui-même, s'arrachant presque les cheveux.
- Itachi ! Hurla-t-il alors en se jetant presque au sol pour venir près du jeune homme. Itachi, calme-toi ! Cria-t-il à ce dernier qui se balançait maladivement, pleurant tellement qu'il s'en étouffait.
Il toussait et s'asphyxiait en même temps… Byakuya tentait désespérément de lui enlever ses mains de ses cheveux qu'il allait réellement s'arracher s'il continuait de tirer dessus de la sorte.
Puis soudain, Itachi hurla à nouveau en se laissant tomber en avant sa tête et ses avant-bras heurtant son lit.
- J'en peux plus… S'étrangla-t-il alors d'une toute petite voix étouffée par la couette du lit. J'en peux plus… Répéta-t-il un peu plus fort. SASUKE ! Hurla-t-il en poussant un nouveau cri déchirant en se laissant cette fois retomber complètement sur le sol à plat ventre la tête enfouie dans son futon. C'est trop pour moi… Entendit Byakuya d'une voix étouffée par la couette et étranglée par les pleurs.
Il vit le ninja serrer la couette de toutes ses forces et pousser un énorme hurlement qui lui déchira les entrailles. Des larmes brouillant sa vue, Byakuya s'allongea et enlaça le corps d'Itachi par l'arrière. Dos à lui, il serra son corps de toutes ses forces, déposant sa tête contre son omoplate qui se soulevait incessamment au rythme de ses soubresauts et de ses spasmes. Il ne réfléchissait absolument plus à ce qu'il faisait... Il étreignit aussi fort qu'il put le jeune homme qui pleurait comme il n'avait jamais encore vu quelqu'un pleurer de toute sa vie.
Il pleurait à s'en étouffer et à s'en étrangler.
Une grimace de douleur passa sur le visage de Byakuya posé sur Itachi lorsqu'il entendit un nouveau hurlement de déchirement encore plus désespéré que tous les autres auparavant. Ce cri semblait porter toute la misère du monde en lui...
- Itachi… Susurra Byakuya en fermant les yeux, serrant le corps du jeune homme aussi fort qu'il le pouvait.
Itachi hurlait encore et encore. Ses hurlements auraient brisé le cœur de quiconque les aurait entendu sans même savoir la vie horrible qu'avait vécue le jeune homme. Il pleurait à s'en casser la voix.
Et Byakuya, complètement bouleversé ne trouva rien à dire car il n'y avait rien à dire. Itachi était bel et bien mort, il avait bel et bien vécu son infecte vie et avait bel un bien un frère dont il ne connaîtrait jamais la fin, si tant est qu'elle ne soit pas déjà arrivée... Il ne pouvait rien faire contre ça.
C'était la première fois que Byakuya voyait l'infaillible ninja craquer... Et ce n'était peut-être pas plus mal au final car le fait qu'il ne pleure jamais alors qu'il souffrait et avait souffert le martyre toute sa vie était un point qui l'avait toujours préoccupé. Mais à présent que c'était chose faite et que le jeune homme hurlait, criait, gémissait, s'étouffait à expulser tout son désespoir, Byakuya se maudit d'avoir un jour une seule seconde souhaité voir cet instant venir.
Il ne souhaitait à présent qu'une chose : que le jeune homme, sans forcément s'arrêter de pleurer, cesse au moins de hurler à s'en casser la voix et qu'il prenne au moins le temps de respirer.
Mais ce dernier trempait le matelas de ses larmes et de sa salive qu'il ne pouvait retenir en hurlant comme il le faisait, la tête étouffée dedans.
Itachi avait des hauts le cœur tellement dévastateurs qu'ils lui coupaient la respiration et il devait prendre de grandes inspirations pour respirer.
- Maman…. Crut entendre dire Byakuya le jeune homme dont le visage écrasé dans la couette étouffait toutes paroles. Papa… Murmura le ninja dont le nombre de soubresauts devenait réellement inquiétants. Sasuke...! S'exclama alors Itachi avec désespoir en repartant dans une violente crise de larmes.
Il rassembla les bouts de futon autour de lui pour pleurer encore plus violemment dedans, serrant désespéramment le tissu de toutes ses forces.
- J'suis désolé… Dit-il alors d'une toute petite voix aiguë. J'suis désolé…
Il pleurait, pleurait encore et encore dans de violents spasmes et soubresauts qui le terrassaient tandis qu'il s'étouffait, s'asphyxiait et suffoquait dans ses propres liquides.
Et Itachi pleura à la mort encore et encore. Désespéré, déchiré, esseulé, tiraillé… Implorant le pardon d'on ne savait trop qui.
Ce fut ainsi durant un temps incalculable, durant d'interminables minutes de supplice pour un Byakuya impuissant.
Tel un spectre sans âme, le capitaine regardait le fond de la pièce tandis que sa tête posée sur l'omoplate d'Itachi se soulevait à chaque sanglot du ninja. Ses bras enserrant son frêle corps, des larmes brouillant ses yeux sans vie. Oui, il ressemblait à un spectre à qui Itachi ôtait un peu plus la vie à chaque larme versée, à chaque soubresaut et hurlement subits…
Il le serrait simplement, souhaitant désespérément que le jeune homme cesse enfin de pleurer. Mais paradoxalement souhaitant qu'il évacue l'immensité de peine, de chagrin, de souffrance et de désespoir qu'il avait vécu toute sa courte mais ô longue vie. Tant d'années de souffrance… Byakuya se doutait que ça ne s'évacuait pas en deux minutes. Ne pas connaître l'issue de l'avenir d'un petit frère chéri plus que tout au monde, Byakuya se doutait qu'il ne suffirait pas d'un cri pour l'accepter. Et ô combien il arrivait à le comprendre sur ce point précis.
Itachi était inconsolable et hurla, pleura à la mort sans jamais cesser. Et sa souffrance transperça le cœur du noble…
En réalité, ce ne fut pas en minutes mais en heures que se calcula le temps qu'il fallut à Itachi pour simplement arrêter de s'étouffer par ses cris et ses sanglots.
Puis de façon inespérée, il finit par se calmer plus au moins, des heures plus tard.
Cependant, Byakuya qui à présent était à moitié allongé sur le dos nu du jeune homme constata que même si la violence de la crise s'était apaisée, les larmes ne cessaient de couler de son visage.
Et en effet, le corps toujours pris de léger spasmes et soubresauts, Itachi regardait le même mur, les larmes coulant sans s'interrompre de son visage aussi éteint et sans vie que celui de Byakuya.
Byakuya caressait machinalement son bras nu et tatoué.
Et à chaque fois qu'Itachi recommençait à pleurer fortement, Byakuya allait automatiquement serrer et caresser le dos de sa main où régnait la bague de l'Akatsuki. Il ne faisait réellement plus attention à ce qu'il faisait. Il n'était plus le capitaine Kuchiki en cet instant. Il n'existait plus. Seul Itachi et son désespoir existaient à présent... Et il ne savait quoi faire pour l'apaiser...
Puis ça se recalmait à nouveau. Itachi pleurait à nouveau silencieusement, sans aucun signe de vie autre que ses larmes qui coulaient sans cesse le long de son visage livide.
Puis finalement, au bout d'un moment inopiné, Itachi manifesta un minuscule signe de vie lorsque, le regard éteint toujours empli de larmes, il pressa sensiblement la main de Byakuya sur la sienne.
Byakuya serra la sienne d'autant plus fortement en décalant légèrement sa tête pour déposer un furtif baiser sur son dos nu.
En réaction à ce geste, Itachi serra encore davantage sa main dans celle de Byakuya, se sentant alors prêt à repartir en larmes.
- Itachi… Susurra alors le capitaine, grimaçant légèrement.
Et dans un élan silencieux, Itachi se retourna sur le côté en même temps que Byakuya se décala légèrement pour lui faire face. Et d'un geste commun et silencieux, ils se prirent mutuellement dans les bras. Itachi repartit alors en sanglots pour de bon. Comme si cette accumulation de gestes tendres avait réenclenchée son chagrin.
Il serra Byakuya avec force, la tête enfouie dans son cou. Et plus il s'accrocha désespérément à lui, plus ses larmes semblaient revenir avec force.
Byakuya l'étreignit avec puissance tandis qu'il sentait les larmes du ninja et son visage trempé sur son cou et son épaule. Itachi pleura encore en encore, tenant toujours fermement Byakuya dans ses bras.
Et ce furent quelques heures qui s'écoulèrent à nouveau ainsi. Sa crise de larme se calmait légèrement puis repartait d'autant plus fortement, puis se recalmait à nouveau. Le noble qui, le menton posé sur le sommet de sa tête, ne l'avait pas lâché une seconde, avait recommencé à machinalement caresser son dos nu puis ses longs cheveux bruns.
Puis finalement, comme ça, après un temps interminable, Itachi finit par se calmer pour de bon.
Enfoui dans les bras du capitaine, les yeux posés sur le creux de son cou et ses mains contre son corps, Itachi relâcha légèrement et progressivement la pression de son étreinte.
Il resta alors silencieux, reniflant simplement de temps à autres, des soubresauts le secouant momentanément.
Puis, quelques minutes plus tard, il se recula légèrement de l'étreinte de Byakuya tout en essuyant son visage.
Et silencieusement, il leva la tête pour regarder le capitaine qui l'avait également lâché.
Il le regarda longuement.
Puis, il eut un faible sourire qui ne dura pas plus qu'une fraction de seconde.
- Je suis désolé… murmura-t-il tout bas d'une voix complètement cassée.
Il se redressa pour s'asseoir, suivi par Byakuya qui lui murmura de cesser de gaspiller sa salive, ce qui eut le mérite de lui soutirer un autre maigre sourire.
Le ninja tourna la tête vers l'extérieur de la pièce et vit que le soleil s'était levé depuis peu. Il venait donc de passer une nuit entière à pleurer…
Il se retourna alors vers le shinigami.
- Ton service Byakuya… chuchota-t-il le regard perdu dans le bas du visage de Byakuya, reniflant toujours.
- Je viens de te dire de cesser de gaspiller ta salive… Répéta le capitaine.
- Mais tu…
- Il doit être huit heures à peine, soupira Byakuya en fermant les yeux, je vais faire parvenir un papillon de l'enfer à Renji pour l'informer de mon absence.
- Mais pourquoi ? Non, vas-y, ne reste pas pour moi s'il te plaît, je vais bien… Murmura Itachi d'une voix éreintée et cassée qu'il semblait avoir réellement abîmée.
Byakuya le regarda alors silencieusement de son éternel regard inexpressif. Puis il ferma les yeux.
- Cette fois, c'est moi qui vais économiser ma salive.
Itachi sourit et reconnut que c'était peine perdue tandis qu'il observa le capitaine transmettre silencieusement l'information à un papillon noir qui était apparu quelques minutes seulement après que le capitaine en ait parlé.
Une fois ce détail réglé, Byakuya s'était retourné vers Itachi qu'il regardait à présent d'un œil insistant, son visage toujours aussi inexpressif. Il baissa alors les yeux sur la couverture qu'il saisit d'une main sous le corps d'Itachi.
Puis il releva les yeux sur lui. Itachi soutint son regard.
- Allonge-toi et dors… Dit tout bas Byakuya avec ce qui sembla être de la douceur à Itachi. Tu n'as pas dormi de la nuit...
Itachi, n'ayant pas la force de rouspéter, s'exécuta et s'allongea sous la couverture que lui ouvrait le noble. Puis allongé, il regarda Byakuya, clignant lentement des yeux, sentant effectivement tout à coup le contrecoup de la violente crise de larmes qui lui avait martelée le corps durant des heures.
Cependant, il parvint à trouver la force de se reculer un peu sur le côté du futon et il rouvrit la couverture soutenant toujours le regard de Byakuya.
- Pas dormi non plus… Susurra-t-il d'une voix très faible et cassée.
Byakuya, silencieux, l'observa un moment. Puis sans dire mot, le visage inexpressif, il s'allongea à ses côtés.
Et du même élan réciproque qui les avait pris quelques temps plus tôt, ce fut dans ses bras que vint se poser Byakuya. Itachi le serra alors en refermant la couverture derrière lui.
Emmitouflés l'un contre l'autre, dans les bras l'un de l'autre dans ce petit futon, ils se serrèrent fort.
Itachi encore enfoui dans le creux du cou du capitaine caressa légèrement son dos. C'était bien la première fois qu'il avait un geste de la sorte d'ailleurs.
- Merci Byakuya… Murmura-t-il de sa voix abîmée. Merci… Répéta-t-il le serrant plus fort encore. Merci pour tout… Dit-il alors d'une voix soudainement étranglée.
Byakuya resserra encore davantage son étreinte lorsqu'il sentit contre lui le jeune homme se remettre à pleurer silencieusement.
Cette fois-ci ce ne fut pas une crise de larmes spectaculaire. Simplement, malheureux comme la pierre, Itachi pleura en silence et discrètement dans les bras réconfortants du capitaine Kuchiki.
« Je vais bien m'avait-il dit... » Songea le capitaine tandis qu'il maintenait doucement la tête du jeune homme contre lui, caressant ses cheveux de son pouce.
Il le berçait silencieusement de ses étreintes fermes et chaleureuses ainsi que de ses douces caresses machinales.
Les minutes défilèrent encore et encore.
Il serra davantage le corps du jeune homme éploré contre le sien puis ferma les yeux en enfouissant son visage dans ses cheveux bruns.
- Je suis désolé, Byakuya, je peux plus… Murmura soudain Itachi d'une voix éteinte et emmitouflée dans son torse tandis qu'il ne cessait de pleurer.
- Je sais Itachi… Chuchota le noble en le serrant encore davantage contre lui.
- J'y arrive plus… Murmura à nouveau le ninja en empoignant le tissu du kimono du capitaine avec plus de force, de nouvelles larmes brouillant sa vue.
- Chut, je sais… Répondit avec douceur le capitaine les sourcils froncés en déposant un baiser sur ses cheveux. Je sais…
Itachi, enfoui dans son cou, était secoué de spasmes et de sanglots.
- J'y arrive plus… Répéta le ninja. K'so ! Jura-t-il alors en serrant fermement le kimono de Byakuya.
- Je sais Itachi, ne dis plus rien… murmura à nouveau le noble le visage dans ses cheveux.
Il sentait bien qu'Itachi n'avait plus la force de repartir dans une violente crise de larmes comme celle qui avait précédée celle-ci. Mais le ninja n'en était pas moins désespéré ou calmé pour autant.
C'était pour cela qu'il serrait son kimono avec tout le peu de force qu'il lui restait tandis qu'il vidait une nouvelle fois son corps de toutes les larmes et de toute la peine qu'il pouvait contenir. Et ce, s'excusant encore et encore d'être à ce point affaibli et à bout de force.
Et le capitaine avait vu juste. Itachi était actuellement victime pour la première fois dans sa vie d'une chose qui l'avait pourtant toujours révulsé et effrayé : la perte de contrôle de ses sentiments et de ses émotions. Il les avait toujours, toujours, toujours si bien contenus…
Car c'était son nindo : protéger. Protéger en gardant contrôle de tout ce qui pouvait faire de près ou de loin interférence à ses projets. Les sentiments et émotions étaient les premiers ennemis et depuis son plus jeune âge, il avait appris à les contrôler et à les dompter.
Mais en réalité, il n'avait fait que contenir et refouler bien loin de sa conscience toute sa peine qui ne faisait que s'accumuler toutes ces années. Il avait contenu, contenu… Toute sa vie.
Cependant, il n'en était plus capable désormais. Il ne pouvait plus du tout. C'était bien trop pour lui. C'était trop. Il avait bien trop vécu pour ses 21 ans. Il avait trop enduré. Bien trop.
C'était cet horrible cauchemar qui l'avait réveillé quelques heures plus tôt qui en avait été l'élément déclencheur. Il en faisait pourtant presque tout le temps ces dernières semaines. Mais ils étaient de plus en plus violents.
Itachi ne savait si c'était dû au fait que lui-même dans sa vie avait fait vivre à ses ennemis des scènes de violences atroces et répétées via son sharingan, mais le dernier rêve qu'il avait fait cette nuit-là était d'une violence telle qu'il n'avait jamais vu de sa longue vie. Il lui avait semblé interminable. Comme beaucoup de nuits, il rêvait de cette fameuse nuit et se revoyait tuer tous les membres de sa famille, mais cette fois de façon infinie et répétée. Un peu comme ce qu'il avait fait subir à Sasuke à l'époque mais puissance mille.
Il s'était vu arracher les yeux de son père, couper les orteils de sa mère, arracher chaque ongle de Sasuke… Dépecer chacun des membres qui lui étaient le plus proche dans sa famille, avec une satisfaction qui lui assénait le coup de grâce.
Ce dernier rêve lui avait paru insoutenable et interminable. Ils le suppliaient tous d'arrêter en le traitant de monstre, en lui demandant pourquoi il les trahissait tous de la sorte. Tous étaient en train de pleurer. Et Sasuke le premier.
Sasuke était toujours la victime première de ses cauchemars. Tandis qu'il était en train de lui arracher membre après membre, ce dernier restait conscient. Tandis qu'il lui découpait tout doucement l'oreille, il le voyait en larmes lui hurler à quel point il le détestait de l'avoir fait souffrir toutes ces années. Tandis qu'il lui ouvrait le ventre dans toute sa longueur, ce dernier l'implorait d'arrêter et lui disant à quel point il l'aimait et l'idolâtrait depuis toujours. Tandis qu'il lui perçait le foie, il le suppliait de le sauver et de ne pas l'abandonner à son sort.
« C'est pour toi que j'ai fait tout ça Nii-san ! » Lui hurlait Sasuke le visage trempé de larmes. « C'est pour toi que j'ai fait de la haine mon nindo ! C'est pour toi que j'ai tué tous ces gens ! Ils vont me tuer Nii-san, sauve-moi je t'en supplie ! Sauve-moi ! »
Puis Itachi riait face à tout ça, il riait d'un rire diabolique et prenait un plaisir sadique à arracher les boyaux de son frère et à l'entendre le supplier d'arrêter. Dans une sorte de transe, en même temps qu'il dépeçait son frère, tous les corps déchiquetés de sa mère, son père, Shisui et tous ceux de sa famille s'accumulaient à côté de lui.
« Assassin ! » Lui hurlait son père
« Itachi comment as-tu pu tomber aussi bas ? » Lui demandait Shisui.
« Itachi arrête tout ça je t'en supplie ! » Implorait sa mère dont l'oeil pendait et n'était retenu que via un fil de chair.
« Arrête Itachi, ça fait mal ! » Hurlaient plusieurs personnes en même temps.
« Nii-san ! Hurlait alors Sasuke qui avait repris sa forme d'enfant et qu'Itachi rouait de coup de couteau, sauve-moi je t'en supplie ! Ne les laisse pas me tuer ! Nii-saaaaaaan ! »
Et il s'était réveillé en sursaut. C'avait été bien trop pour lui. La goutte d'eau qui avait fait déborder le vase ô combien large qu'il avait maintenu confiné toute sa vie. Il venait d'atteindre le point de rupture. Ainsi, la tête persécutée par les images de cet effroyable cauchemar et par tous les événements affreux qu'il avait vécu dans sa vie, il avait hurlé à s'en arracher les tripes.
Et depuis il n'y arrivait plus. Il n'arrivait plus à contrôler ses émotions. Il était esclave de ces émotions et sentiments qu'il avait retenus depuis si longtemps. Il était incapable de retenir ses larmes. Il était tellement à bout de force qu'il n'avait même plus l'envie de s'arrêter. Il était au bout du bout.
Il était à présent un être sans vie, assujetti à ses larmes et à ses émotions qu'il ne pouvait aucunement contrôler.
Heureusement que Byakuya était là pour plus ou moins lui rappeler qu'il était en vie. Itachi s'accrochait désespérément à lui et puisait il ne savait où la force de s'excuser d'être ainsi. Mais il était incapable de faire autre chose actuellement. Il était passif et observateur de la scène dans laquelle il était pourtant l'acteur principal. Il était là sans être là, emprisonné dans le prisme de ses émotions qui semblaient enfin prendre leur revanche.
Il n'eut alors plus aucune notion de rien. Il n'y avait que lui, ses émotions qui le martelaient, et Byakuya. Il sentait toujours Byakuya près de lui et c'était ce qui lui rappelait à nouveau qu'il était en vie. Mais il avait perdu toute notion du temps. Probablement que la journée était passée, il ne s'en aperçut pas. Il ne sut plus rien. Accroché au capitaine, il ne fit que subir. Il ne sut plus rien.
Son corps sembla pleurer encore et encore et même hurler par moment, mais sa conscience elle, était vidée. Il ne pensait à rien. Comme s'il était spectateur de ce corps qui semblait vouloir expulser toute cette rage et ce désespoir contenus depuis bien trop longtemps.
Lui était ailleurs. Il ne savait où mais ailleurs. Tout était noir, il ne voyait plus rien, et n'entendait plus rien. Et finalement, il était presque paisible cet endroit. Il allait bientôt finir par l'apprécier, ce lieu calme où plus aucune notion d'obscurité ou de lumière n'existait. Ce lieu où enfin plus aucune pensée ne venait l'accabler. Ce lieu où pour la première fois depuis une éternité il ne ressentait rien.
La seule chose qu'il ressentait était la présence de Byakuya contre lui. D'ailleurs ce dernier et sa douce odeur de fleur de cerisier finirent par faire partie intégrante de ce lieu où il avait atterri. Il y était bien. C'était sûr à présent. Il s'y sentait vraiment bien dans ce lieu. Si apaisé. Si reposé. Il y ressentait comme une sensation d'altitude. Il planait.
Comme c'était agréable de ne plus rien entendre. De ne plus rien ressentir. Il avait oublié comment cela faisait de ne pas souffrir. Même ses larmes qu'il avait continué à sentir pendant un bon moment lui semblaient à présent être un souvenir lointain. Auparavant, spectateur, il sentait toujours son corps se vider de ses émotions. Mais plus à présent.
A présent il était libre. Vagabondant au milieu du néant. Simplement bercé par cette douce odeur de fleur de cerisier qui ne faisait que rendre encore plus délectable ce lieu merveilleux.
Il ne saurait dire si Byakuya était toujours à côté de son corps physiquement. Il lui sembla que non par moment. Mais il demeurait avec lui dans le lieu où il se trouvait actuellement. Il y était présent, sans forme particulière mais comme une présence non loin de lui, rassurante, donc peu importait finalement.
Pouvait-il y rester éternellement dans ce lieu ? Pouvait-il éternellement vivre dans ce lieu ? Oh tiens, vivre ne lui semblait plus être un fardeau à présent. Il se sentait chez lui ici, à sa place.
Il lui sembla que ce néant où la présence bienveillante et rassurante de Byakuya demeurant à ses côtés était la chose la plus merveilleuse qui lui soit arrivée de toute sa vie.
Pendant un très court instant, il se dit qu'elle aurait été encore plus fabuleuse avec Sasuke et sa famille, mais même cette pensée qui lui effleura à peine l'esprit de façon bien lointaine, ne sembla pas le préoccuper.
Car rien n'avait d'importance dans ce lieu, rien ne s'y passait et c'était ce qui en faisait le charme.
Il venait de prendre sa décision. Ça y est. C'était décidé.
Il y resterait. Il resterait dans ce lieu pour le restant de ses jours. Peut-être était-ce ça le paradis en fait ? Tout simplement ? Pouvoir flotter, flâner et errer sans fin dans un monde en paix sans préoccupation aucune ? Si c'était cela, Itachi l'acceptait. Lui qui s'était refusé toute forme de vie, comme s'il s'était à présent pardonné, il l'acceptait. Ici, il acceptait tout car tout était si simple et agréable.
Tandis qu'il se trouvait dans ce fameux lieu, actuellement son corps était peut-être encore en train de se vider avec violence de toute émotion, ça lui était égal à présent. Il était juste en paix. Ni heureux, ni malheureux pour autant. Juste en paix. Et cela suffisait amplement pour le combler.
Il était bien. Et il comptait bien faire en sorte que ça dure pour une fois dans sa vie.
oOoOoOo
Pourtant, Itachi ouvrit les yeux. Il les referma à plusieurs reprises, ébloui, comme s'il venait de se réveiller d'une très longue nuit. Et la première chose qu'il vit lorsque sa vision s'éclaircit fut le visage de Byakuya.
Alors il en était sorti de ce lieu finalement ?
Il cligna des yeux plusieurs fois et contempla le visage de Byakuya qui lui fit momentanément mettre toutes pensées de côté.
- Tu as sale mine Byakuya. Dit-il d'une voix bien plus faible et cassée qu'il ne l'aurait cru en s'adressant au Shinigami qui en effet avait à la fois les traits tirés, le teint horriblement pâle et des cernes immenses sous les yeux.
Il sembla même à Itachi qu'il avait perdu du poids. Il vit l'expression du brun se transformer progressivement en une expression qu'il ne réussit pas à cerner totalement. Il vit ses sourcils se froncer et ses lèvres s'entre-ouvrir. Puis il vit Byakuya lui saisir la main, la serrer avec force et il observa son visage et son front se poser contre elle dans un soupir qui ressembla à un mélange de gémissement et de sanglot.
Itachi tomba des nues et ne comprit absolument rien.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-il aussitôt face au capitaine qui lui semblait à présent plongé en plein désarroi.
Tandis qu'il observait le Shinigami qui avait son visage toujours caché derrière sa main aux ongles vernis, il remarqua que sur celle-ci se trouvait une sorte de perfusion. Il ne l'avait même pas senti ! A ce moment, il réalisa qu'il était également vêtu d'un kimono blanc et non plus de sa tenue de ninja.
- Byakuya ? Demanda-t-il alors à nouveau, incrédule, ne comprenant décidément plus rien.
Il vit le noble relever la tête de sa main qu'il tenait toujours dans la sienne. Byakuya le regardait à présent avec cette même expression qu'il n'avait pas réussi à cerner plus tôt : un mélange d'inquiétude, de soulagement et de désarroi à la fois. Et il ne sembla pas rêver en voyant les yeux du capitaine embués de liquide. Ledit capitaine le regarda longuement de ce même regard tout en serrant sa main qu'il apporta au bas de son visage, sourcils froncés, comme pour déposer un baiser dessus.
- Byakuya, dis-moi s'il te plaît… ? Répéta Itachi de plus en plus inquiet.
- Tu… Commença le capitaine en le fixant, plusieurs jours sont passés, expliqua-t-il d'une voix étranglée, je n'ai rien compris…Dit-il en fronçant encore les sourcils sur ses yeux anthracite qui s'embuaient de plus en plus dangereusement. Tu es tombé dans le coma Itachi…
