Après une semaine à errer dans l'espace à la recherche de contrats qui ne se présentaient pas, Din Djarin dut se rendre à l'évidence. L'absence de l'enfant lui était insoutenable.
Le vaisseau dans lequel il circulait était un prêt de Greef Karga « en attendant qu'il se refasse ». Il n'y avait aucune trace de l'enfant à bord, et pour cause, Grogu n'y avait jamais posé le pied. De son passage dans sa vie, Din ne conservait que la bille de métal que l'enfant aimait tellement. Elle restait bien à l'abri dans une de ses poches. Il refusait de s'en séparer. Pourtant, même si le vaisseau était vide de traces de l'enfant, chaque bruit à bord faisait sursauter Din qui se retournait en s'attendant à moitié à le voir apparaître. À chaque fois, il réalisait qu'il se trompait et son cœur se brisait un peu plus.
Jamais il n'aurait du s'attacher à ce point. C'était une erreur depuis le début. Din avait tenté de résister, mais c'était impossible face aux grands yeux tristes de Grogu. Il s'était attaché dès la première seconde. Se mentir à lui même à ce sujet n'avait tenu qu'un temps ridiculement faible. Et maintenant l'enfant était parti, rendu aux siens comme il se devait. C'était bien. C'était la Voie.
C'était aussi la première fois que suivre la Voie lui était aussi douloureux et qu'il n'y trouvait pas de réconfort pour supporter la situation. Avant que tout ne change, il aurait pu en parler avec ceux de son clan pour tenter de surmonter cette épreuve, mais son clan s'était volatilisé. Pire, il avait appris à quel point il était mal considéré par les autres clans Mandaloriens et que c'était possiblement à raison. Probablement, même. Quand à en parler avec d'autres Mandaloriens... Din avait préféré s'éloigner très vite de Bo-Katan et des siens, avant qu'elle ne décide de l'affronter en duel pour récupérer le Sabre Noir. Il refusait de tuer un autre Mandalorien, pour une arme ou quoi que ce soit d'autre. Din n'avait donc aucun soutien à attendre de qui que ce soit.
Il était seul.
Dans ces conditions, il se précipita sur le premier contrat qu'on lui proposait avec un soulagement infini. La mission n'était pas dure, mais l'éloigna quand même deux jours de son vaisseau, avant qu'il ne ramène sa prime à bord. Il la congela aussitôt pour s'épargner des ennuis et démarra le moteur, déterminé à s'en débarrasser au plus vite auprès du client.
À sa grande surprise, un voyant clignotant lui indiqua que quelqu'un avait tenté de le contacter pendant son absence. Trois fois, à moins que trois personnes différentes n'aient tenté de le contacter. Mais qui ? Din attendit d'être dans l'hyper-espace pour écouter les messages. Il était curieux, mais surtout inquiet. Il se méfiait, sans trop savoir pourquoi. Ces derniers temps avaient accru la paranoïa naturelle d'un Mandalorien qui se respectait. Personne n'était censé le contacter. Il était reconnaissant à Greef Karga et Cara Dume de l'avoir aidé à se remettre sur pied, mais Din ne voulait parler à personne. L'enfant parti, il voulait disparaître sans avoir à supporter des regards compatissants qu'il ne méritait pas.
Le visage du Jedi apparut dans une lumière bleutée. Din se redressa aussitôt. Sa première pensée réflexe était de s'inquiéter que le Jedi ait pu obtenir un moyen de le contacter et de qui d'autre pouvait en être informé. Une autre pensée la remplaça aussitôt, écrasante et terrifiante. Qu'était-il arrivé à l'enfant ?
Dans l'enregistrement, le Jedi soupira et grimaça.
« Mandalorien. Pardon, je réalise que je ne connais pas votre nom. Grogu ne l'utilise pas pour parler de vous. Je vous contacte parce que... Je ne sais plus quoi faire. Grogu ne dors pas, ou à peine. Il n'est pas malade, rassurez-vous, mais je crois que vous lui manquez terriblement. En toute honnêteté, je ne sais plus quoi faire pour l'aider. Vous avez un truc pour l'endormir ? »
Il y avait des cernes sous les yeux du Jedi et son ton était presque suppliant. Din fronça les sourcils. Jamais Grogu n'avait eu la moindre difficulté à s'endormir avec lui. Parfois, un cauchemar le réveillait, mais Din murmurait quelques mots qu'il espérait rassurants, berçait son hamac de fortune et l'enfant se rendormait aussitôt. Avait-il bien fait de confier Grogu au Jedi ?
Il enclencha le deuxième message en essayant d'étouffer ses soucis. Le Jedi apparut à nouveau. Il tenait l'enfant dans ses bras et le secouait doucement en rythme. Ses cernes s'étaient élargies. Grogu geignait entre ses bras et la voix du Jedi était de plus en plus paniquée.
« J'essaie, j'essaie, mais impossible de l'endormir ! Je suis à cours d'idées, si vous avez la moindre possibilité de me recontacter... Je dois donner une terrible impression, j'en suis conscient, et croyez-moi, ce n'est pas tout le temps comme ça, je jure que je me suis déjà occupé d'enfants, mais là, je suis complètement perdu. Si vous le pouvez, rappelez-moi. »
De plus en plus inquiet, Din passa sur le troisième message. Le visage du Jedi était cette fois détendu et il berçait doucement Grogu au creux de son bras.
« Je ne suis pas très fier de moi, mais j'ai réussi à l'endormir à l'aide de la Force. Désolé. J'ai du vous causer une sacré frayeur avec ces messages. À ma décharge, j'ai moi même dormi trois heures cette nuit, ça n'a pas du aider, ni pour endormir Grogu, ni pour lui donner l'impression qu'il était en sécurité. Je m'excuse encore. Je vais éviter de vous déranger et de me ridiculiser à nouveau, mais je reste preneur pour tout moyen aidant à endormir Grogu. Tant que j'y suis, il soutient qu'il a toujours le droit à trois grenouilles vivantes pour son repas, mais je le trouve un peu ballonné depuis quelques jours. Est-ce qu'il dit vrai ? »
Din grogna, soupira, et se pencha immédiatement vers ses écrans pour tenter d'entrer en communication avec le Jedi. À la dernière seconde, il arrêta son geste. C'était une mauvaise idée. Grogu lui manquait. Horriblement. Si le Jedi l'avait dans les bras au moment où il l'appelait... C'était déjà suffisamment dur de le voir comme ça, sur un enregistrement. Lui parler et faire comme si ça ne faisait pas horriblement mal serait mille fois pire. Din ne s'imposerait pas ça. Surtout, il ne l'imposerait pas à l'enfant. Mieux valait que la coupure soit nette et définitive. N'est-ce pas ?
Un enregistrement valait mieux. Din appuya sur un bouton. Il se racla la gorge et se redressa sur son siège. Inconsciemment, il se mit à faire tourner la boule de métal qu'affectionnait Grogu dans sa poche.
-J'ai reçu vos messages. L'enfant n'a jamais eu de problèmes pour s'endormir pendant qu'il était avec moi. Il avait une sorte de jouet, une boule de métal prise sur mon vaisseau. Peut être que vous pouvez lui trouver quelque chose comme ça. Et jamais plus d'une grenouille, c'est ça la cause de ses difficultés à s'endormir. Évitez aussi les excès de sucre, c'est un petit voleur sournois dès qu'il est question de nourriture, il faut le surveiller en permanence.
Cela sonnait comme une réprimande. Pourquoi pas après tout, on ne pouvait pas dire que le Jedi laissait une bonne impression avec ces messages. Il méritait qu'on lui rappelle ses devoirs. S'il n'était pas capable de s'occuper d'un enfant, il aurait du y penser avant de se charger de Grogu.
Non, c'était injuste. Din lui-même n'était pas vraiment prêt à s'occuper d'un enfant quand il avait décidé d'en assumer la responsabilité. Il s'était beaucoup trompé, surtout au début, mais s'il fallait être honnête, aussi au milieu et à la fin. L'enfant n'avait pas l'air de lui en vouloir, heureusement, mais il aurait été en droit de le faire. Peut être que Din pouvait laisser au Jedi une chance de faire ses preuves.
-Dites à Grogu... que je pense à lui, ajouta-t-il maladroitement, et que la Force soit avec lui.
Il coupa la transmission. Alors seulement il réalisa qu'il avait oublié de donner son nom. Il se sentit ridicule l'espace d'un instant, mais le Jedi non plus n'avait pas donné son nom. Disons qu'ils étaient à égalité.
Din résista à la tentation de revoir le dernier enregistrement pour pouvoir contempler le visage endormi de l'enfant. Il avait un long voyage devant lui et beaucoup à faire. Le plus sage était d'aller dormir et de ne plus penser à l'enfant.
Sa résolution tint pendant une bonne semaine. Din n'avait aucun mérite, d'ailleurs. C'est seulement que sa semaine avait été très occupée. C'était juste impossible de penser à l'enfant quand il se faisait tirer dessus de tous les côtés.
Six jours. C'était le temps qu'il avait fallu pour que la nouvelle qu'il était en possession du Sabre Noir se répande dans la galaxie. Din n'avait peut être jamais entendu parler de celui-ci avant qu'il entre en sa possession, mais ce n'était visiblement pas le cas de tout le monde. Il avait déjà échappé à trois assassinats et deux courses poursuites dans l'espace. Le pire, c'était que pas une, pas une de ces tentatives n'avait été perpétrée par un Mandalorien. Ce n'étaient que des mercenaires attirés par le prix que le marché noir avait accolé au Sabre. Une honte.
Din soupçonnait vaguement Bo-Katan d'être la source de la fuite. De toute évidence, il l'avait vexée en proposant de simplement lui céder le Sabre et avec, le trône de Mandalore. Et si aucun Mandalorien ne s'était présenté pour tenter de le vaincre en duel, c'est que les siens attendaient de voir de quel métal il était fait. S'il se faisait tuer par le premier mercenaire venu, il ne valait pas la peine qu'on lui courre après. S'il survivait, comme il comptait le faire... là les choses allaient devenir compliquées. Din n'allait pas pouvoir dormir beaucoup. Le seul moment où il put accorder une pensée à l'enfant, ce fut pour se féliciter qu'il ne soit pas là. C'était déjà suffisamment difficile de fuir ceux qui le chassaient sans qu'on rajoute les Impériaux qui s'intéressaient à Grogu.
Le Jedi ne le recontacta pas. C'était une bonne chose. Din n'avait pas besoin de distraction. Il avait besoin de se concentrer. Et puis, le Jedi n'avait jamais dit qu'il resterait en contact. Il n'était pas obligé de donner des nouvelles, régulièrement ou pas. Une rupture nette et définitive, c'était de ça dont ils avaient besoin. Din avait bien besoin de se mettre ça dans le crâne et avec de la chance, il finirait même par s'en convaincre.
Din continua à fuir, le Sabre Noir accroché à sa ceinture. La fatigue, sa vieille compagne, se faisait de plus en plus présente, ses poursuivants de plus en plus nombreux. Les idiots s'étant fait descendre, les compétents commençaient à remonter sa piste. De loin en loin, il voyait un Mandalorien en armure, mais celui-ci n'initiait jamais le contact. Din redoubla de précaution et évitait soigneusement en retour tout Mandalorien. Il ne voulait pas du sabre, mais refusait de se battre contre ses frères pour ce symbole.
Il se réapprovisionnait en carburant sur Tatooine quand trois hommes l'assaillirent en même temps. Ils le prirent par surprise, ce qui ne se serait jamais produit s'il avait eu plus de deux vraies nuits de sommeil sur les deux derniers mois, mais le beskar le protégea assez longtemps pour lui donner le temps de répliquer. En moins d'une minute, les trois hommes reposaient morts sur le sol. Din fouilla rapidement les corps. Les cinq palets dans la ceinture du premier les dénonçaient comme chasseurs de prime, mais aucun n'était à son nom. Ils travaillaient à leur compte et visaient le sabre. Tant pis pour eux. Din s'arrogea leurs palets. Une prime renflouerait peut être ses poches. Une fois à bord de son vaisseau, il prit le temps de les examiner. Les cinq premières concernaient du menu fretin, qui ne remboursaient pas le prix du déplacement. Quand il alluma le sixième palet, le visage du Jedi apparut à l'écran. Le montant de la prime fit se dresser très haut les sourcils de Din sous son casque. Il avait rarement vu une telle somme.
Le Jedi s'appelait Luke Skywalker et n'avait vraiment pas la tête de quelqu'un qui valait autant d'argent. Cependant, c'était un des derniers Jedis de la galaxie. Ils étaient encore plus rares que les Mandaloriens. Cela expliquait en partie la prime. Le talent qu'il avait montré en s'attaquant aux droïdes de Gideon finissait d'expliquer son montant.
Din n'hésita qu'un instant avant d'appeler l'holocom du Jedi. Le visage de celui-ci apparut presque immédiatement. Skywalker fronça les sourcils puis se détendit.
-Vous êtes le père de Grogu.
-Din Djarin.
Se présenter lui évitait de s'attarder sur le fait que l'enfant le considère comme son père. Tout valait mieux que ça.
-Merci, sourit le Jedi. Comme il pense seulement à vous comme son père, je ne savais trop comment m'adresser à vous.
-Mandalorien va très bien. Vous savez que vous avez une prime de quarante mille crédits sur votre tête ? En calamari flan ?
Skywalker leva un sourcil amusé.
-Quarante mille, seulement ? Je croyais l'Empire doté d'un peu plus de crédits, même maintenant.
-Pas l'empire, les Hutts.
-Oh, cette vieille histoire... On dirait que les cartels hutts se portent bien par contre, si ils ont doublé ma prime.
Une prime proposée par les Hutts, une par l'Empire... Din ne savait pas s'il devait être impressionné. L'indifférence du jeune homme devant la somme colossale engagée faisait se disputer en lui amusement et agacement. S'il n'y avait pas eu l'enfant, l'amusement l'aurait assurément emporté.
-Je vous ai confié Grogu. Il est activement recherché par ce qui reste de l'Empire, et vous me dites que vous aussi ils vous cherchent ? Vous êtes inconscient ? Si j'avais su que c'était un tel risque de vous confier l'enfant...
-Calmez-vous, tout va bien. Je gère la situation. Dès que nous aurons quitté Saleucami, l'enfant et moi...
Il s'interrompit soudainement, les yeux distants.
-Quoi ?, demanda Din.
-J'ai un mauvais pressentiment. Je vous recontacte.
Skywalker arrêta le communication, abandonnant Din sur place. Un mauvais pressentiment ? Si c'était encore un truc de Jedi, cela pouvait être grave, très grave. Din attendit, une minute, puis deux. Quand les deux devinrent cinq, sans que le Jedi ne tienne parole, il entra les coordonnées de Saleucami sans se poser de questions et programma le voyage.
Huit heures le séparaient de son objectif. Din attendit que le vaisseau passe en hyperespace, posa les pieds sur le tableau de bord, et s'endormit.
L'alarme de sortie de l'hyperespace réveilla Din. Il était tout ankylosé, son cou lui faisait mal, mais c'était le prix à payer quand on dormait en armure. Au moins, il avait pu en partie récupérer.
Le Jedi n'avait pas retenté de le contacter. Din grinça des dents. S'il ne s'était pas fait tuer, il était à deux doigts de s'en charger lui-même. Il aviserait quand il l'aurait trouvé. Heureusement pour lui, Saleucami n'était pas le pire endroit où chercher quelqu'un. La planète était assez aride, les villes peu nombreuses et les nouveaux venus vite identifiés, d'autant que les humains n'y étaient pas toujours les plus nombreux. Quand aux endroits où se cacher en dehors des villes, ils n'étaient pas si nombreux.
Din est un chasseur de prime. Il est déjà venu deux fois sur Saleucami à la recherche d'une proie. Il sait où chercher, il sait à qui s'adresser pour trouver des réponses. En moins de deux heures, Din tenait une piste. Encore une heure et il tombait sur la carcasse calcinée du vaisseau du Jedi. Quand il parvint à l'entrepôt où il se planquait, encerclé par une demi douzaine de chasseurs de primes, Din vit rouge. Il se mit en position et son tir de sommation atteignit l'homme le plus proche en plein dos. Avec un honteux manque de coordination, les autres se retournèrent pour lui faire face.
-Si j'en voit encore un ici dans dix secondes, il est mort.
Il s'attendait à devoir sortir le Sabre Noir pour renforcer la menace, mais ses mots dispersèrent l'assemblée en un clin d'œil. Din ne rengaina pas pour autant son blaster. Un œil fixé sur le dos des fuyards, il pénétra dans l'entrepôt en ruine.
Skywalker était assis en tailleur sur le sol poussiéreux, l'enfant installé dans une position semblable en face de lui. Même si ses yeux étaient fermés, il sourit et tourna la tête vers Din.
-Ah. Je savais qu'un moyen de quitter cet endroit finirait par se présenter de lui-même.
La colère de Din ressurgit au centuple.
-Je ne suis pas un transport et ces hommes allaient mener l'assaut d'un instant à l'autre. Et je vous trouve là assis à attendre sans rien faire ?
-Pas sans rien faire. Nous méditions et nous faisions confiance à la Force. Y allons-nous ?
Skywalker se leva et prit Grogu dans ses bras. Celui-ci tendit aussitôt ses petits bras vers Din en babillant.
-Nous ?, répéta Din en gardant fermement ses gras le long de son corps pour résister à la tentation de prendre l'enfant et de ne plus jamais le lâcher.
Il sentait encore la petite main griffue de l'enfant sur sa joue, plus de deux semaines après. Din ne pouvait pas se permettre de le prendre dans les bras.
-Oui, nous, continua le Jedi comme si c'était une évidence. Mon moyen de quitter la planète a malencontreusement explosé. Un sacré manque de chance, mais je savais que la Force nous procurerait un moyen de nous sortir de là.
Un manque de chance. Din lui jeta un regard noir sous son casque. Sans paraître le remarquer, le Jedi s'avança vers la sortie. Il boitillait légèrement. Din croisa les bras. Deux primes monumentales sur sa tête, un vaisseau détruit, des chasseurs à ses trousses, une blessure à la jambe. Le Jedi menait une vie dangereuse. Trop dangereuse pour quelqu'un censé protéger et éduquer un enfant, mais on pouvait dire la même chose de Din.
-J'imagine que je n'aurais droit à aucune explication ?
Le Jedi rougit légèrement.
-J'avoue que ça m'arrangerait. Je vais avoir déjà suffisamment de mal à expliquer tout ça à ma sœur. C'est ma faute, je n'était pas attentif et celui-là demande une attention de tous les instants.
Il fit les gros yeux à Grogu qui prit son visage le plus innocent.
-Ça ne marche pas avec moi, rappela Din à l'enfant.
-Avec moi non plus, s'empressa de le rassurer Skywalker. J'ai connu quelqu'un de son espèce. Oui, je parle de Yoda alors n'espère pas m'avoir avec ces regards là.
L'enfant protesta vaguement et tendit à nouveau les bras vers Din. Celui-ci se détourna en faisant mine de ne pas l'avoir remarqué. Il observa les alentours pour s'assurer que la voix était libre. Rien ne bougeait dans la rue.
-J'imagine que je peux vous déposer quelque part. Suivez-moi. En étant prudent, mon vaisseau sera facile à rejoindre.
Prudent, le Jedi l'était, il fallait reconnaître ça. Il se fondait presque dans les ombres. Plus d'une fois, Din dut s'assurer qu'il le suivait bel et bien et était à chaque fois surpris de voir que c'était bien le cas. Ils prenaient soin de marcher à une certaine distance l'un de l'autre. Les primes cumulées sur leurs têtes feraient prendre tous les risques au premier chasseur venu et attirerait trop l'attention.
Alors qu'ils approchaient du hangar où était remisé le vaisseau, le Jedi s'approcha tout près de Din.
-Nous sommes suivis.
-Je sais.
Il pouvait voir les deux Mandaloriens sur le toit. Ceux-ci les suivaient depuis dix bonnes minutes. Ils étaient discrets, mais Din les avait repérés presque immédiatement.
-Que faisons-nous ?, demanda le Jedi.
-Rien. Je sais pourquoi ils sont là.
Il n'apporta aucune explication supplémentaire et le Jedi ne demanda rien. C'était justice. Après tout, Din n'avait posé aucune question sur ce qui lui avait amené ces soucis. Il continua à avancer, le Jedi juste derrière lui, tout en gardant un œil sur leur escorte. Din ne comptait pas faire d'esclandre. Il ne voulait pas se battre avec des Mandaloriens, mais s'ils s'approchaient trop près et mettaient l'enfant en danger, il n'hésiterait pas.
Ce fut avec un réel soulagement qu'il posa le pied à l'intérieur de son vaisseau. Ce n'était pas le Razor Crest, mais ici au moins ils étaient en sécurité.
-Le poste de pilotage est par là, désigna-t-il tout en se débarrassant d'une partie de ses armes. Mettez-vous à l'aise.
Le Jedi opina et lança un coup d'œil à la ronde.
-C'est... étroit.
-Je voyage toujours seul.
C'était faux. Mais l'enfant n'avait pas besoin de beaucoup de place et Din non plus. Ce vaisseau suffisait amplement à leurs besoins. Dans les bras du Jedi, l'enfant se mit à couiner d'un air triste. Skywalker le déposa par terre l'examina d'un œil attentif.
-Il ne comprend pas pourquoi ce n'est pas votre vaisseau habituel.
-Celui-là a explosé.
Skywalker leva un sourcil amusé. Au concours de l'adulte le plus responsable, ils étaient tous les deux perdants. Din s'accroupit pour se mettre à la hauteur de Grogu.
-Je dois décoller avant qu'on ait davantage d'ennuis. Tu veux ta balle ?
L'enfant tendit aussitôt ses mains en couinant joyeusement, tout chagrin oublié. Din aurait aimé pouvoir en faire de même. Dès qu'il eut sortit la balle, celle-ci vola dans les petites mains de Grogu. Le cœur de Din se mit à déborder de fierté. L'enfant avait réagit plus vite que jamais. Skywalker devait être un bon enseignant.
-Il ne risque pas de s'étouffer avec ?, s'inquiéta ce dernier.
Din se crispa. Il n'y avait jamais pensé. Une scène d'horreur se dessina sous son crâne.
-Ça n'est jamais arrivé.
-Non, en effet.
La voix de Skywalker était dénuée de tout reproche, mais il devait forcément être en train de le juger. Din se retint d'arracher la boule à l'enfant.
-Trouvez quelque chose à quoi vous accrochez, je vais lancer la procédure de décollage. Et décidez de l'endroit où je vous dépose.
Une fois la destination programmée, Din s'installa aussi confortablement que possible dans son siège, déterminé à laisser le maigre espace à l'arrière au Jedi et à l'enfant. Grogu devait avoir besoin de repos après toutes ces émotions. Lui même était exténué, et pas que physiquement. Dormir lui ferait du bien. Il pourrait affronter plus facilement le reste avec deux heures de sommeil supplémentaires.
Une pression sur sa cape le réveilla, beaucoup trop tôt à son goût. Din grogna et se redressa pour chercher ce qui l'avait dérangé. C'était l'enfant, qui tentait de s'agripper à sa cape avec ses griffes pour grimper sur son siège. En le voyant réveillé, Grogu émit un bruit de contentement et leva les mains vers lui. Din soupira et se pencha pour le prendre dans ses bras et le déposer en douceur sur l'armure. Il garda une main posée sur le dos de l'enfant pour l'empêcher de tomber et referma les yeux. Il s'endormit aussitôt.
Din se réveilla une deuxième fois en ayant l'impression d'avoir mieux dormi en quelques heures qu'en un mois cumulé. L'enfant devait en être remercié. Même à travers son épais gant, il pouvait sentir la chaleur corporelle de l'enfant et ses battements de cœur. Le sien se serra tout d'un coup.
-Vous lui avez beaucoup manqué.
Sans qu'il s'en rende compte, le Jedi s'était installé sur le deuxième siège, à côté du sien. Il était doué, si Din s'était fait surprendre aussi facilement, peut importe sa fatigue. Din lui lança un regard noir. Peut être la Force permettrait à Skywalker de réaliser qu'il détestait qu'on le prenne ainsi par surprise. Si l'enfant n'était pas en train de dormir sur sa poitrine, Din aurait sortit une arme et tiré sans réfléchir.
Il ne répondit pas à la remarque.
-Alors c'est à ça que ressemble votre vie ? Parcourir la galaxie en long et en large à la recherche de primes ? Ce doit être une vie difficile.
Le Jedi était bavard. Din ne s'en serait pas douté lors de leur première rencontre. Il acquiesça de la tête dans l'espoir que Skywalker s'arrêterait là mais comprit aussitôt son erreur.
-Je ne peux pas dire que j'ai eu beaucoup de contacts avec des chasseurs de prime, et encore moins de bonnes expériences, mais je comprend pourquoi vous avez préféré me le confier. Lui aussi le comprend très bien. Il ne vous reproche rien.
Din se le reprochait suffisamment à lui même de toute façon, pensa-t-il avec amertume.
-Il débordait de joie en vous sentant approcher, continua le Jedi.
-Je croyais... L'autre Jedi a dit qu'il était dangereux qu'il tienne autant à moi.
Skywalker grimaça.
-Il reste peu de Jedi désormais. Mais je connais ce discours. Je ne peux pas dire que je l'approuve. La chaleur d'une famille... voilà qui me semble plus important que le respect de codes désuets.
-La tradition est importante, se renfrogna Din.
-Même celle qui blesse les enfants ?
Din n'avait pas de réponse à cela. Il avait toujours cru à l'importance des traditions avant que Bo-Katan ne lui envoie dans la figure ce qu'était son clan. Maintenant... Il doutait. Était-ce déjà le cas avant que sa route croise celle de l'enfant ? Honnêtement, il n'en savait rien.
-J'ai fait des erreurs, finit-il par dire. Avec l'enfant.
-Il vous a tout pardonné. Il vous aime.
-Cela ne change rien à l'affaire.
Le cœur de Din était si serré qu'il s'émerveillait d'arriver encore à respirer. Il avait tant à se reprocher mais il n'avait jamais formulé tout cela à voix haute.
-Oui. Et non. Grogu est encore très jeune, mais il est assez sage pour savoir quand une erreur est faite en toute honnêteté et quand elle est due à la malveillance ou l'indifférence. Qui ne fait pas d'erreur ? Je vois cette petite chose et je suis terrorisé à l'idée de me tromper. On ne s'improvise pas parent ou gardien. Sauf que c'est ce que vous avez fait.
Din voyait le reflet de ses doutes sur le visage du Jedi. Disparue la contenance sereine qui lui servait de masque. D'un coup, Din arrivait à décrypter ses émotions. Leurs peuples étaient peut être rivaux ou ennemis, Din n'était toujours pas sûr d'avoir bien compris, mais en cet instant, ils se comprenaient parfaitement.
-C'est la Voie, tenta-t-il de lui expliquer. Un Mandalorien n'abandonne pas un enfant. Les enfants sont l'avenir.
-Les Jedis pensent, pensaient, un petit peu la même chose, mais la moitié du temps, je n'ai pas la moindre idée de ce que je fais. Grogu est passé à travers tant de choses horribles. Il a besoin de toute mon attention, mais il y a d'autres enfants doués de la Force qui ont besoin d'aide, et si peu d'entre nous pour répondre à leur appel... Comment ne porter tort ni à lui ni aux autres ? Et si je gâchais tout le progrès qu'il a fait depuis votre rencontre ? Tout ce que vous avez fait pour l'aider ?
Din n'avait pas de réponses. Lui aussi s'en posait, des questions. Parfois il se demandait s'il n'avait pas laissé Skywalker prendre l'enfant parce qu'il avait tort d'échouer. D'un coup, il voyait le Jedi sous un autre angle. Sous ses airs détachés, il était aussi désarmé que lui. Son aura en prenait un coup, mais il semblait plus humain, plus réel. Din se sentait légèrement rassuré quand à l'avenir de Grogu.
-Il progresse bien ?, demanda-t-il soudain.
-Très. Quand il n'a pas décidé qu'il préférerait s'amuser.
-Je connais ça.
L'enfant dormait toujours, mais la voix de reproche que prit instinctivement Din le dérangea. Il commença à bouger en bougonnant. Din cessa aussitôt de bouger, mais il était déjà trop tard. Grogu ouvrit les yeux en rouspétant doucement. Une petite main griffue se posa sur son casque.
Skywalker se racla la gorge et se leva.
-Un moment de méditation me serait bien utile... Je vous retrouve plus tard.
Il disparut, laissant Din seul avec l'enfant. Celui-ci pencha sa tête sur le côté d'un air interrogateur et tapota de sa griffe sur son casque. D'une main tremblante, Din ôta celui-ci-ci. Les petites menottes se posèrent aussitôt sur sa joue. Grogu couina d'un air enthousiasme.C'était tellement étrange de sentir ce contact sur sa joue. Inconsciemment, Din se figea. Aussitôt, l'enfant retira ses mains et attendit, une expression interrogative dans son regard. Din réussit à lui sourire à travers ses larmes et lui fit signe qu'il pouvait continuer. Précautionneusement, l'enfant se remit à cartographier son visage. Il cherchait à le fixer dans sa mémoire. Din le laissa faire, ignorant au prix de grandes difficultés la petite voix qui lui soufflait qu'il devrait avoir honte de montrer ainsi son visage, même à l'enfant. Demain, il pouvait mourir, tué par un Mandalorien ambitieux ou un chasseur de prime. Il voulait que l'enfant se souvienne alors d'autre chose que d'une armure inexpressive. Que Grogu l'examine tout son saoûl. Sa satisfaction seule comptait, au contraire de l'inconfort de Din.
Finalement satisfait, l'enfant s'éloigna en roucoulant et reporta toute son attention sur le casque que Din avait déposé sur le tableau de bord. Din tendit la main pour s'en emparer, espérant que cacher son visage le ferait retrouver un peu de son sang froid. Avant qu'il n'ait eu le temps de faire plus qu'amorcer son geste, le casque s'envola vers l'enfant et se mit à flotter juste au-dessus de son visage. Ses grandes oreilles coinçaient la descente du casque, à sa grande déception.
-Tu ressemble à un vrai Mandalorien, approuva Din en essayant de ne pas rire. Mais je doute qu'un casque puisse t'aller avec ces oreilles.
L'enfant émit un gémissement de déception.
-Tu restes un Mandalorien, s'empressa de le rassurer Din. Et un Jedi. Je suis impressionné par tes progrès.
La tristesse se changea aussitôt en roucoulement joyeux. Au-dessus de la tête de Grogu, le casque se mit à vaciller. Il devait être trop lourd pour lui encore. Din s'en empara et s'en recoiffa. La tête de l'enfant dodelinait à nouveau. Din le positionna dans le creux de son bras et le laissa se rendormir. Un souvenir de sa propre enfance peu après son arrivée dans le clan, ressurgit d'un coup. Din se mit à chantonner en mand'oa. Le chant parlait de guerre et d'absence, et de désir de reconquête, il parlait de Mandalore. C'était aussi l'héritage de l'enfant. Peut être pouvait-il le lui transmettre. Peut être qu'il pourrait continuer à le voir, finalement. Skywalker n'avait pas l'air réticent à cette idée. Un homme étrange.
L'enfant finit de se rendormir. Din serait volontiers resté comme ça jusqu'à la fin du voyage, mais son dos commençait à le tuer. Il se redressa avec un luxe de précaution et se déplaça jusqu'à sa couchette, à l'arrière du vaisseau. Les yeux fermés, assis sur le sol, Skywalker méditait comme il l'avait dit. Din le contourna pour fouiller sous sa couchette et en tirer le hamac qu'il avait préparé au cas très improbable où Grogu monterait à bord de ce vaisseau. Une fois celui-ci accroché et l'enfant délicatement déposé à l'intérieur, le vaisseau commença à prendre des allures d'endroit habitable. Din allait peut être même finir par le nommer.
Quand il se retourna, Skywalker le fixait d'un air étrange.
-Je ne l'ai jamais vu dormir si profondément. Je comprend pourquoi. Il s'inquiétait tellement pour vous.
-Il ne devrait pas. Je suis capable de me défendre.
-Je le sais, et lui aussi. Cela n'a jamais empêché quiconque de s'inquiéter. Pourquoi en aurait-il été différemment pour nous ?
« Nous », pas lui. Skywalker aussi s'était inquiété. Din ne savait trop quoi faire de cette information, ni du fait que son cœur battait soudain plus vite.
-C'est pour ça que nous étions sur Saleucami, clarifia le Jedi sans paraître rien remarqué. Grogu voulait vous revoir et quelque chose me disait que vous ne seriez pas réceptif à mes appels.
Il n'avait pas tort.
-Qu'est ce que j'aurais pas sur Saleucami ?
-Je ne sais pas. Nous avons suivi la Force et des rumeurs sur des Mandaloriens. Grogu a aussi parlé d'un sabre étrange.
-Le Sabre Noir.
-Je sais. Je me suis renseigné. Même sans avoir de nom à vous donner, le titre de Mandalore est souvent revenu à mes oreilles. Grogu ne comprend pas tout, mais il est très fier de son père.
Une fois la seconde de bonheur absolue en entendant ça passé, Din fronça les sourcils. Il n'aimait penser ni au Sabre Noir, ni au titre de Mandalore. Mais si l'enfant devait être menacé par ce qui cette histoire, le Jedi devait tout savoir pour le protéger. Din s'assit face à Skywalker et commença à expliquer la situation, Bo-Katan, Gideon, le sabre. Skywalker ne l'interrompit pas une seule fois avant la fin de son récit.
Din se racla la gorge quand il en eut terminé. Il n'avait pas l'habitude de parler aussi longtemps.
-Vous vous trompez, déclara le Jedi après un moment de silence.
-Pardon ?
-Les Mandaloriens que vous avez croisé ne cherchaient pas à s'emparer du Sabre, pas tous. J'ai parlé à certain d'entre eux, pendant que nous vous cherchions. Ils vous ont déjà donné un nom, vous savez ? Mandalore le Réticent. Ils attendent de voir si vous avez la trempe suffisante pour reconquérir Mandalore. Pour le moment, ils n'ont pas l'air de vouloir tenter quoi que ce soit.
Din aurait été incapable de dire s'il était soulagé par cette révélation ou si elle annonçait seulement plus de problèmes dans l'avenir. Mandalore le Réticent ? Si ça ne tenait qu'à lui, il aurait confié le Sabre à Bo-Katan ou au premier Mandalorien venu, à l'unique condition qu'il connaisse mieux que lui les traditions de leur peuple. Il n'aurait pas confié le Sabre à un survivant de son clan, c'était certain. Non, Din ne voulait ni du titre de Mandalore, ni des responsabilités qui allaient avec. Cependant, ce même titre pouvait accorder une protection supplémentaire à Grogu. Vingt ou cent Mandaloriens, prêts à tout pour défendre l'enfant... L'idée méritait qu'on s'y attarde.
-Je n'ai rien à leur dire, répondit-il enfin.
-Oui. Je comprends mieux le surnom.
Skywalker sourit. Din dut cligner des yeux pour cesser de le fixer en retour. Il n'avait pas la Force, comprenait à peine ce que c'était, mais l'énergie qui émanait de Skywalker rendait difficile de détourner le regard.
Finalement, le Jedi s'étira.
-Vous devriez dormir un peu, dans un vrai lit. Je monte la garde. Et ne vous inquiétez pas trop. Il est difficile de surprendre un Jedi.
Il tapota sur l'épaule de Din avec une familiarité qui le laissa complètement interloqué, avant de quitter cette partie du vaisseau sans se retourner. Din resta seul avec l'enfant endormi. Il se redressa avec difficulté, maudit au passage ses muscles raides et s'allongea sur l'étroite couche en tâchant de ne pas réveiller l'enfant.
Le sommeil ne vint pas. Din était hanté, par le souvenir de la main de l'enfant sur son visage et l'étrange sensation qu'il avait ressenti quand le Jedi l'avait touché, même avec toute l'épaisseur de l'armure qui les séparait. C'était comme si le métal avait chauffé à blanc. Din était tellement perturbé que même le léger bruit que faisait Grogu dans son sommeil l'empêchait de fermer l'œil. Il finit par se redresser et contempler l'enfant endormi. Après un long moment d'hésitation, il ôta son gant et passa un doigt sur le front de Grogu. Sa peau était rugueuse, marquée par des petits sillons. Les petits poils blancs qui poussaient sur son crâne étaient plus doux encore qu'il ne s'y attendait. Les larmes montèrent aux yeux de Din. Perturbé, l'enfant bougea dans son sommeil et saisit un des doigts de Din dans sa petite main. Din oublia même comment respirer.
Le Jedi avait cherché à le contacter, à plus d'une reprise. Skywalker ne cherchait pas à le séparer de Grogu. Din allait pouvoir continuer à voir l'enfant, même de loin en loin. Il ne le verrait pas grandir, il mourrait bien avant que Grogu n'apprenne à parler, vu leurs âges comparés respectifs, mais ce serait déjà fantastique.
-Je vais bien faire les choses, chuchota-t-il à l'enfant. Être un bon... Un bon père.
Il s'étrangla presque sur ce dernier mot. Il le prononçait pour la première fois à voix haute. Comme en réponse, l'enfant fit dans son sommeil quelque chose qui ressemblait à un sourire, avant de lâcher le doigt de Din.
À regret, celui-ci remit son gant, mais l'enfant semblait avoir imprimé la trace de sa main autour de son doigt, comme le visage de Din continuait à le démanger. Tout espoir de dormir définitivement annihilé, Din se releva et rejoignit le poste de pilotage. Assis dans un des deux fauteuils, Skywalker regardait la distorsion des étoiles dans l'hyper-espace comme si c'était le plus beau spectacle du monde. La gorge serrée, Din s'assit sur le second fauteuil et se mit à faire de même.
Un silence confortable s'installa. Cela semblait presque normal d'être là à deux, avec l'enfant qui dormait derrière. Dans quelques heures pourtant, ils se sépareraient. Din n'avait aucun moyen de savoir quand il reverrait l'enfant. Lui et le Jedi devaient en parler, de ça et de dizaines d'autres petites choses, sur Grogu, sur l'éducation qu'il fallait lui donner, ses besoins et tout le reste. Plus tard. Ils avaient tout le reste du trajet pour ça et Din était prêt à donner sa confiance à Skywalker, sans vraiment savoir pourquoi.
Sans même s'en rendre compte, il se rendormit.
