Le triangle amoureux
AVERTISSEMENT
Cette histoire s'adresse aux adultes dans leur tête et ouverts d'esprit.
C'est une histoire contenant des scènes érotiques, et une histoire d'amour entre deux hommes et la sexualité gay y est présente aussi. C'est pourquoi je l'ai classée bien évidemment M.
Mais c'est surtout une histoire d'amour à trois, un double amour et ses conséquences, une vision non traditionnelle et complexe de l'amour.
Désolée d'avoir donné le mauvais rôle à un personnage que j'affectionne mais c'est pour les besoins de l'histoire.
Les personnages principaux ne m'appartiennent pas mais sont ceux de Keiko Nagita qui autorise leur exploitation sans but lucratif, ce qui est le cas.
On retrouve ici Anthony avocat comme dans « Nous l'avions rêvé », et d'autres personnages de ma création propre à cette fiction si vous l'avez lue. Dans cette fiction j'avais "ressuscité" Anthony et crée un carré idéal d'amitié et d'amour.
Dans celle-ci, c'est un triangle entre Anthony, Terry et Candy et ils auront un tout autre destin.
C'est une assez longue histoire entièrement inédite partout sur Internet, en 18 chapitres entièrement écrits depuis longtemps mais corrigés ces temps. J'ai beaucoup hésité à la partager vu son contenu mais je le tente tout de même. Je posterai donc régulièrement les suites et vous êtes déjà sûrs d'avoir la fin.
J'accepte évidemment les critiques bonnes ou mauvaises et y répondrai sous condition de courtoisie et respect.
Si vous ne pensez pas pouvoir lire ce genre d'histoire, si ça vous choque ou dérange, abstenez-vous, mais pour les curieux qui voudront quand même la lire, bienvenue!
OoOoOoO
Chapitre 1
L'avocat entra en arborant un grand sourire aux lèvres dans le bureau de son patron, mais se sentit immédiatement si bouleversé que sa bouche resta bêtement ouverte trop longtemps. Il ne sut que fixer l'homme si nonchalamment assis dans le fauteuil réservé aux clients aisés de son boss. Il savait pourtant bien qui était cet homme et même s' il ne l'avait encore jamais vu en vrai au théâtre ou ailleurs, son visage ne pouvait le surprendre vu les affiches d'Hamlet qu'il avait vues placardées à Chicago il y a deux ans, ainsi que sa photo au bras de son épouse lors de son mariage qu'il clôturait ce jour d'un divorce rapide et calme. Mais bien que sur la photo il souriait et aujourd'hui aussi, ce n'était pourtant pas le même sourire. Ses yeux souriaient plus que sa bouche et c'était l'inverse sur la photo. Mais ses yeux faisaient plus que lui sourire, ils le déshabillaient, ils le transperçaient, ils le dévisageaient intensément. L'avocat avala sa salive et pensa enfin à avancer mais ne le put qu'encore plus lentement que d'habitude et il vit alors le regard de l'acteur s'appesantir sur sa jambe boiteuse et devenir inquiet. Il le releva alors vite sur le visage de l'avocat qui lut la question et y répondit en un sourire timide mais rassurant. L'acteur se leva alors et s'avança lentement jusqu'à l'avocat qui sentit sa respiration s'accélérer et ses jambes s'alourdir. Il avala à nouveau sa salive et un peu d'air en le trouvant encore plus impressionnant si près mais aussi fébrile que lui et ça le rassura.
- Très honoré de vous connaître Maître Brown et... disons... vraiment très... impressionné, j'avoue.
Sa voix avait déraillé sur la fin et il l'excusa en un regard si séduisant que l'avocat en déglutit encore sans pouvoir répondre autrement que par un sourire candide et tendre qui fit frémir l'acteur des pieds à la tête. Du coup, l'avocat en retrouva la voix et du culot et avança encore d'un mètre pour se trouver juste face au regard de l'acteur en constatant qu'il avait la même taille que lui. Il plongea dans son regard bleu roi et dit presque d'un murmure :
- Je le suis autant, Monsieur Grandchester mais vous, vous avez l'habitude.
- Pas de ce genre d'habitude Maître, non, c'est bien nouveau et imprévu pour moi aussi, enfin j'espère.
- Oui, moi aussi mais...
- C'est trop... rapide ?
- Oui, enfin... pas seulement, trop... impossible surtout.
- Pourtant l'impossible est déjà arrivé, le fuir ne le ferait pas disparaître pour moi, juste vivre de regrets certains.
- Mais Monsieur Grandchester, je ne suis pas... enfin... je croyais... je ne sais plus ce que je crois maintenant mais... je... ne veux pas fuir, jamais je n'ai fui.
- Moi si hélas mais je ne veux plus de regrets, je préfère les remords... Anthony.
- Même ceux qui damnent Terrence ?
- Je suis athée, libertaire et pense que l'amour est toujours un cadeau divin cher Anthony, et j'aimerais t'entendre m'appeler Terry pour commencer notre improbable mais excitante rencontre.
L'avocat éclata de rire et l'acteur le trouva merveilleux et rit aussi en saisissant sa main et la caressant de ses doigts racés.
Anthony sentit l'électricité pénétrer sa peau, son rire s'éteint et il regarda sa main avec envie et ferma les yeux en disant d'un souffle :
- Terry, je prends les remords, au diable les regrets !
Il sentit alors un léger souffle en face de ses lèvres et rouvrit les yeux pour faire face à son choix et se noyer dans un ciel de nuit d'été. L'acteur s'arrêta à dix centimètres de sa bouche en voyant ce ciel d'azur de si près et s'y noya d'abord en portant la main serrée contre son cœur trépidant. L'avocat sentit les cognements sous ses doigts et une chaleur si intense qu'il en osa mettre son autre main sur le bras de l'acteur et s'y accrocher comme à une branche solide. L'acteur sentit son bras chauffer et sourit en détaillant ce si beau visage aux yeux si clairs et éblouissants qui le regardaient avec autant d'admiration et d'espoir. Il le vit fixer sa bouche avec envie et fixa alors la sienne en poursuivant le voyage. Elle sentait l'amande et son souffle tiède l'emporta tout de suite au paradis. Elle s'ouvrit très vite pleinement et prit même les rênes la minute suivante en fouillant en profondeur partout de sa langue bouillante. L'acteur lâcha un gémissement et sa main pour la poser sur ses cheveux blonds dorés et si soyeux. L'avocat sentit ce nouveau plaisir l'envahir et fit pareil à la chevelure d'ébène en respirant voluptueusement les arômes de violette qu'il dégageait. Il fut surpris en sentant la délicieuse bouche lui échapper et son propriétaire reculer et il faillit s'effondrer. Mais l'acteur avança très vite pour le retenir d'un bras et lui désigna de l'autre la porte avec regret. L'avocat comprit que leur situation était maintenant dangereuse en entendant des pas s'approcher et attendit le gêneur en tentant de redevenir naturel. Il vit l'acteur guetter aussi mais lui semblait plus que naturel, presque indifférent et il en aurait presque souffert s'il n'était certain que Terrence jouait son rôle et vu son talent, le jouait à la perfection. Il jeta un regard bref sur l'avocat lorsqu'on cogna à la porte et en lui faisant signe de répondre entama un dialogue qui semblait bien commencé depuis cinq minutes en inspirant parfois à une cigarette qu'Anthony n'avait pas vu sortir de sa poche ni s'allumer et en s'étant rassis de façon relaxe juste avant que Maître Bradley ne pénètre dans son bureau en s'excusant d'avoir besoin de consulter son carnet d'adresses.
- C'est moi qui m'excuse Maître Bradley, Je revivais mes souvenirs de cavalier en Angleterre et je crois que j'ai perdu la notion du temps et ennuyé votre associé. Merci de m'avoir écouté si patiemment Maître Brown, je vais vous laisser à votre travail maintenant, mais merci encore pour votre efficacité et votre discrétion à tous deux.
- C'est bien normal Monsieur Grandchester, répondit Bradley d'un ton mielleux. Alors au revoir Monsieur Grandchester, au plaisir de vous revoir.
Il lui serra la main mollement et l'acteur ne put ensuite qu'en faire autant mais de façon plus chaleureuse à Anthony d'un simple sourire poli et d'un au revoir rapide en lui tournant le dos dès que la réciproque eut lieu. Anthony sentit alors qu'il partait vraiment sans savoir comment le revoir et faillit paniquer mais l'acteur s'écria alors qu'il avait oublié ses cigarettes sur le bureau, ce qui était vrai. Mais Anthony comprit en voyant à la place sitôt fait, une carte de visite et vint discrètement la récupérer alors que son boss conduisait l'acteur vers la sortie en se courbant bien trop devant lui.
- Quel bellâtre ! s'exclama-t-il à son retour d'une grimace désagréable.
Anthony tut la riposte qui lui vint en tête et préféra vite rejoindre son bureau pour regarder la carte de l'acteur et revivre dans sa tête ce quart d'heure ayant bouleversé totalement sa vie.
Pourtant plus les heures passèrent, plus Anthony s'égara dans l'orée des remords.
Et à dix-neuf heures en quittant son bureau, en se souvenant qu'il devait aller chercher sa petite amie chez ses parents pour l'emmener au cinématographe, il décida de se persuader que personne n'était venu ce matin au cabinet et que sa vie était toujours telle qu'il la menait hier.
Mais la soirée lui parut interminable, le film insipide, la brune Virginia bien ennuyeuse et le baiser qu'il lui donna à la fin pour se prouver sa sage décision bien fade.
Terrence soupira en voyant minuit arriver et un nouveau jour moins optimiste que celui venant de mourir.
Il n'avait pas appelé.
Il craignait que les remords n'aient gagné la partie.
Il se prépara à ce nouveau vide.
Au moins l'habitude était prise.
Le lendemain, Anthony lutta avec lui-même et gagna la partie mais au prix d'un mal de tête et une humeur de chien qui l'envoya au lit à vingt heures avec deux somnifères.
Terrence vit encore ce deuxième jour s'achever sans appel et s'offrit deux whiskys secs pour s'endormir sur ses espoirs déçus.
Ce troisième jour, l'acteur se trouva plus convainquant que jamais en Cyrano de Bergerac, la nouvelle pièce qu'il allait jouer sur scène et pour la première fois, mettre en scène lui-même après avoir également choisi ses partenaires et adapté en langue anglaise seul, l'œuvre française d'Edmond Rostand. Une fois rentré chez lui et à nouveau à la proie de ses souvenirs sans suite, il fit deux heures de sport pour se fatiguer le corps mais sentit encore plus de vide après et avala deux somnifères avant de se coucher.
Anthony regardait le téléphone en fumant sa troisième cigarette alors qu'il n'avait jamais fumé avant ce soir et se sentait plus vide et triste qu'un désert. A bout, il composa le numéro, son cœur cognait fort mais personne ne répondit. Il reposa le combiné, il était plus de minuit, il devait dormir ou déçu, il se consolait chez une de ses conquêtes féminines ou masculines.
Terrence s'arrêta longtemps devant le cabinet Bradley avant d'aller au théâtre, espérant qu'à midi, Anthony en sortira pour déjeuner mais à treize heures il repartit encore déçu.
Anthony n'avait plus faim, il se contenta d'un café, quelques gâteaux secs et deux cigarettes sur la terrasse en imaginant l'acteur dans des bras divers. Il n'avait pu s'empêcher ce matin de lire tous les articles sur lui et sa réputation de coureur semblait plus vraie qu'il ne l'aurait cru auparavant, vu certains détails sans équivoques sur ses attirances «variées». Mais ses souvenirs de lui semblaient si sincères, il avait dit que c'était aussi nouveau pour lui, jouait-il alors ?
Il allait se décider à aller directement le voir chez lui ce soir mais dans l'après midi son boss lui demanda d'aller chercher un dossier à Philadelphie chez un confrère. Il prit donc le premier train le soir en se disant qu'au moins cela lui évitait la corvée de demain soir, vendredi, du dîner hebdomadaire au restaurant avec Virginia.
Terrence tenta un nouveau guet devant le cabinet Bradley pour essayer de le voir en sortir ce vendredi soir à dix neuf heures vu que la répétition s'était finie tôt mais à vingt heures n'en sortit que Bradley. Il tenta alors une visite, une femme fermait à clef, il l'interrogea et apprit seulement que Maître Brown était en voyage. Il repartit encore peiné mais en réfléchissant ensuite en conduisant, il se dit que peut-être ce n'était que ce voyage le seul motif de son silence, il n'avait pu le prévenir mais dès son retour il le fera savoir. Ce nouvel espoir lui donna l'énergie pour trois heures de sport, une à écrire et une douce nuit sans somnifères ni alcool.
Anthony descendit du train à New York samedi à midi et se dépêcha de trouver un taxi pour aller déposer le dossier chez John Bradley. Il refusa l'invitation à entrer de son majordome, puis rentra prendre une douche et se changer. Il repartit vite dans sa voiture et se dirigea vers la banlieue Ouest, là où vivait l'acteur, une propriété bien cachée et difficile à pénétrer, surtout pour lui et ses handicaps vu les murs hauts. Il sonna, un homme assez âgé vint ouvrir et lui dit que Monsieur Grandchester était absent et ne recevait que sur rendez-vous. Anthony repartit dépité sans rien savoir de plus, il rentra et essaya de l'appeler à partir de dix-neuf heures à raison d'une tentative toutes les demi-heure.
Terrence rentra du dîner chez sa mère à vingt-trois heures, il prit une douche puis lut un peu. La sonnerie retentit alors qu'il allumait une cigarette, il sentit son cœur trépider et décrocha. Mais c'était Philippe, son partenaire au théâtre jouant Christian, qui l'invitait à une partie de poker en ville. D'abord Terrence refusa, prétextant qu'il était déjà en pyjama. Mais Philippe insista en lui disant qu'il viendra le chercher dans une demi-heure.
Anthony s'entendit dire par le standard que la ligne était occupée. Il se dit donc avec plaisir qu'au moins il était rentré et le tenta à nouveau une trentaine de minutes après mais cette fois ça ne répondait pas sans être occupé. Il soupira de rage en allumant une nouvelle cigarette, puis avala une rasade de scotch directement au goulot en imaginant Terrence parti rejoindre son amant ou sa maîtresse et finir la nuit dans ses bras. Il avala encore deux rasades puis, en colère contre toute l'humanité, décida d'aller changer d'air en allant jouer au poker et ainsi trahir sa promesse de ne plus fréquenter les établissements de jeu, faite à Virginia au temps où il croyait que leur flirt était de l'amour.
Terrence était chanceux ce soir, il avait doublé sa mise de départ alors que Philippe, à la roulette perdait mais semblait ravi car une belle brune raflait sa mise et il lui semblait lui plaire. L'acteur quitta la table et se dirigea vers le bar en allumant une cigarette sous les regards soutenus de deux ou trois filles qui ne lui firent ni chaud ni froid.
C'est à ce moment qu'Anthony entrait dans le casino et étudia les joueurs attablés d'un œil assuré, puis se dirigea à une table en demandant au croupier de l'inscrire. En attendant, il partit vers le bar s'offrir un nouveau scotch mais sentit son cœur sursauter en voyant qui s'y trouvait déjà à contempler vers la roulette dieu sait quoi ou qui.
Terrence sourit en voyant Philippe obtenir du galon avec sa brune en un regard très clair et lui fit un clin d'œil aussitôt suivi d'un renvoi par Philippe.
Anthony vit l'échange et sentit la rage l'envahir alors il fit demi-tour et allait s'enfuir mais le croupier l'apostropha pour lui dire que la table deux l'attendait. Il hésita mais sa fierté lui interdit de fuir et il avait trop envie de montrer à tous qu'il était le meilleur au poker. Alors il s'installa à la place vide qui le plaçait face à l'acteur qui le fixait et lui sourit discrètement mais chaleureusement. Pourtant il reçut à la place un regard méprisant qui lui brisa le cœur.
Il avala le reste de son verre rapidement et se leva pour partir tant il se sentait perdu et faible. Il réussit à passer devant l'avocat sans trembler mais un des joueurs dit au croupier qu'il quittait la table à cause d'un mal de ventre subit. Terrence sentit alors sa fierté revenir et pris d'un élan, demanda au croupier s'il pouvait prendre sa place. Celui-ci leva les yeux sur lui et lui dit qu'il ne s'était pas inscrit et qu'un autre joueur était prévu. Il lui demanda qui, le croupier désigna un homme à la roulette, Terrence partit le trouver et lui demanda sa place au poker. L'homme hésita mais Philippe puis sa conquête s'en mêlèrent et l'homme céda en disant que ça ferait toujours quelques billets de préservé vu que le champion boiteux était dans la partie. Terrence le remercia et gagna sa place puis salua ses adversaires en affichant un air calme et impénétrable.
Anthony avait le même regard vide et rien n'aurait pu laisser deviner le trouble que lui causait cet acteur sans morale ni cœur. Il avait le culot de venir le défier, alors il allait voir à qui il avait affaire, il le laisserait poches vides et fierté en miettes. Il le toisa avec indifférence quand il salua la tablée puis se concentra seulement à gagner et rien d'autre.
Terrence s'aperçut très vite que l'avocat était redoutable, même si l'homme qui aurait dû être à sa place n'avait pas fait cette remarque. Leurs deux partenaires le surent aussi mais l'un d'eux réussit à le battre à la troisième partie. L'acteur préféra jouer la prudence un moment afin d'évaluer ses concurrents puis montra à la cinquième partie qu'il savait prendre des risques quand il le voulait. Si Anthony en fut surpris, il n'en montra rien quand il vit le brelan de roi de l'acteur battre sa paire d'as. Mais lorsque sa troisième défaite fit apparaître un sourire sur les lèvres de Terrence, il lui envoya un regard glacial et se gorgea d'assurance pour lui faire subir le pire. Il gagna les deux parties suivantes et à la troisième les deux autres se couchèrent, ne laissant que Terrence en liste pour le défier. Il mit une pile de jetons sur la table qu'Anthony se hâta de suivre. Terrence sembla réfléchir puis mit tout ce qu'il lui restait au milieu de la table en regardant l'avocat sans ironie ni mépris. Anthony cacha un doute et fixa ses cartes pourtant sûres en regrettant maintenant tant de vengeance sans réelles preuves de trahison. Mais il était impossible de revenir en arrière alors il mit sa plus grosse pile de jetons au milieu et retourna ses cartes, une suite à l'as ou quinte flush blanche. Puis il regarda Terrence en perdant en route colère et mépris. Celui-ci sourit avec douceur et montra à tous, sa suite par les deux qui lui faisait perdre de bien peu la partie. Il félicita son adversaire sans montrer de dépit puis se leva pour aller s'offrir un verre pour se remettre de cette épreuve et Philippe vint le rejoindre pour le consoler de sa défaite.
Anthony les observa en ramassant ses jetons et laissant un beau pourboire au croupier. Il vit Terrence rire et désigner quelque chose vers la roulette, puis faire des signes qui amenèrent au bar une belle jeune femme brune qui reçut un baisemain de l'acteur mais se mit ensuite à côté de l'autre homme, ce qui troubla les pensées d'Anthony.
Il se leva et alluma une cigarette en se demandant quoi faire désormais. Il finit par se décider à aller boire aussi un verre au bar à l'autre bout mais entendit en s'approchant, Terrence dire à ses amis qu'il préférait rentrer et leur souhaitait une bonne soirée. Anthony se dit alors qu'il avait eu tout faux, l'homme et la femme étaient un couple et Terrence pas accompagné ce soir. Il le suivit du regard jusqu'à la sortie, pensa alors à le suivre mais il n'avait pas encore échangé ses jetons, il sera parti quand ce sera fait. Mais il vit alors l'homme châtain dire à la femme brune qu'il avait oublié que Terrence était sans voiture puisqu'il l'avait emmené avec la sienne, il devait le ramener chez lui et lui éviter le taxi. Anthony vit la fille hésiter alors il prit le culot de venir leur parler.
- Excusez-moi, j'ai entendu sans le vouloir et vu que j'avais décidé de rentrer, je pourrais ramener votre ami chez lui, ce serait la moindre des choses vu qu'il est fauché à cause de moi!
- Eh bien ! fit Philippe perplexe.
- J'insiste monsieur, ce serait un plaisir. Il faudrait juste avertir votre ami, le temps que j'échange mon gain de ce soir.
Philippe accepta alors et partit à la recherche de Terrence pendant qu'Anthony se dépêchait de passer à l'échange. Philippe le trouva à fumer en regardant les étoiles et lui transmit le message de son vainqueur.
- Ma foi, dis-lui que j'accepte son offre et que je l'attends ici.
Anthony sortit le cœur battant en voyant Terry plongé dans sa contemplation et attendit qu'il daigne lui parler.
- Ne trouve-tu pas fascinant ce spectacle Anthony ! Imagine si sur une de ces étoiles quelqu'un se disait la même chose ! Nous ne pouvons pas être les seuls dans cet univers, non?
- Je ne sais pas Terry, je sais juste que mon imagination est plus cartésienne que la tienne, mais peut-être moins intuitive que toi.
Terrence tourna les yeux vers lui dès qu'il entendit son petit nom prononcé de cette voix si douce quand il voulait et le trouva encore plus fascinant que le ciel.
- Mon intuition m'a pourtant trompée cette semaine Anthony, j'ai cru que tout était simple mais ce n'est pas le cas.
- J'étais sincère Terry mais la mémoire m'est revenue ensuite, je... ne suis pas libre.
- Tu es marié ? fit l'acteur surpris en fixant sa main sans alliance.
- Non, mais c'est tout comme, je suis avec une fille depuis quelques mois et... je l'épouserai forcément.
- Ah ! Alors, je te souhaite tout le bonheur du monde avec elle Anthony. Bon, où est ta voiture chauffeur ?
L'avocat lui montra la berline un peu cabossée au bout du parking en se détestant déjà d'avoir dit ça mais Terry partait vers elle et il le suivit à son allure. Anthony lui ouvrit la portière passager puis s'installa au volant en attendant qu'il parle à nouveau mais il semblait maintenant ailleurs et ça le rendit morose. Il oublia de lui demander son adresse, s'y rendit sans hésiter et Terry ne s'en étonna pas mais c'est vrai qu'il lui avait donné sa carte de visite. Il sentit la panique le gagner à nouveau en voyant Terry lui tendre la main et lui dire :
- Adieu Anthony, je ne regretterai jamais de t'avoir rencontré, il reste un joli souvenir. Sois toujours heureux mon ami !
- Non !
L'avocat l'attrapa par le col de sa veste avant qu'il ne sorte et l'attira vers sa bouche avec hâte. Surpris, l'acteur eut du mal à le repousser mais s'y sentait obligé à contre cœur.
- Arrête, tu t'en voudras après, je ne suis pas un briseur de couple malgré tous mes défauts.
- Je romprai, c'est toi que...
- Tais-toi, moi je ne ressens pas de quoi voir loin, je ne suis l'homme que d'aventures courtes, tu n'es pas au courant ?
- Mais tu disais...
- Je suis libre et désire le rester, toi tu es fiancé et dois rêver à des enfants, une famille normale,! Un avocat ne peut vivre que cela, une vie droite et morale! Je te nuirai forcément et toi aussi si tu t'accroches trop !
- Alors c'est ça, tu n'es qu'un coureur, tu te vautres dans des histoires sexuelles avec des putains ou des hommes et ne donne rien d'autre ?
- Oui Anthony, je suis un débauché, j'ai besoin de variation mais jamais je n'ai brisé de couple volontairement ! Maintenant adieu !
Il sortit précipitamment avant de regretter vu le visage ravagé de déception entrevu. Car il ne voulait surtout pas rendre la vie de ce beau jeune homme emplie de honte et de remords, pas en sachant qu'il aimait une fille et se trouvait écartelé entre deux chemins de sa faute. Il réussit à ouvrir son portail sans se retourner, s'il l'avait fait, il aurait vu l'avocat ruisseler de larmes, il aurait craqué comme il se le permit dès à l'abri des regards en se laissant tomber sur les fesses la tête dans les mains et la douleur le traversant de toutes parts.
Anthony vida toutes les larmes de son corps puis resta en état léthargique affalé sur son volant plus d'une heure. Une envie de se venger remplaça alors ce vide: lui faire payer tant d'ignominie, lui rendre douleur pour douleur, mépris pour mépris, blessure pour blessure. Il démarra et repartit en ville dépenser l'argent gagné en partie à ce dépravé, dans un bordel à se saouler et se vautrer dans les bras des putains. Lui aussi pouvait le faire.
A suivre... si vous avez toujours la curiosité aiguisée...
