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Cette commande a été passée par Marina Ka-Fai : et si les Clios se retrouvaient coincés tous ensemble pendant la pandémie mondiale?
Note : Petit UA où Adam n'est pas du tout impliqué dans des trucs louches qui ont conduits à la mort de son père.
Pour la première fois les Clios regrettaient de vivre en France. Le pays venait d'annoncer le confinement à cause de la pandémie mondiale. Du fait, la famille se retrouvait bloquée dans l'imposante villa. Constantine était mort depuis quelques mois quand l'annonce était tombée. Il était passé pour mort une première fois, mais en réalité avait survécu à l'accident. Mais finalement, il était réellement mort car il ne s'en était pas remis, il était resté très faible. Georgina se retrouva donc coincée avec Irina, Adam, Christos et Adriana. La blonde se demandait déjà comment elle allait tenir le coup. Il avait été dit qu'ils seraient confinés deux mois, ça allait être interminable.
L'américaine était allongée dans sur une chaise longue dehors lorsqu'elle entendit des cris à l'intérieur :
-Pour l'amour du ciel Maman quand vas-tu me laisser vivre ma vie ?!
-Quand tu arrêteras de prendre de la drogue dès que tout ne vas pas dans ton sens !
-Maman tu es dure avec lui. Christos a beaucoup de pression sur les épaules car sous prétexte que moi j'ai pu suivre la voie que je voulais, lui il est obligé de gérer l'entreprise familiale. Il est obligé de s'occuper de tout ça même si il n'en a pas envie. Il est coincé entre l'aîné qui a pu suivre ses envies et la plus jeune qui du coup est autorisée à tout sous prétexte qu'elle est la dernière.
-Adam ne me mêle pas à ça ! Moi j'ai rien demandé à personne !
-Je me moque de ce que vous pensez. Christos tant que tu ne deviendras pas un homme, un vrai, je continuerai de surveiller tes moindres faits et gestes.
Georgina entra dans la maison et observa le petit groupe. Le jeune homme leva les yeux au ciel et partit dans sa chambre. Irina soupira :
-Tu vois, encore une preuve de ton immaturité !
-Je pense qu'il vaut mieux le laisser tranquille. Ce confinement est déjà compliqué, inutile d'y rajouter de la pression inutile. Nous sommes tous dans le même bateau, autant y mettre du notre. En plus j'ai confiance en Christos, il sait ce qu'il fait. Après tout, il anime des séminaires et s'en sort à merveille. Il est très doué pour gérer l'entreprise, même si il fait quelques erreurs, mais qui n'en fait pas ? Au moins il est honnête contre vents et marées, ce qui n'est pas le cas de tout le monde !
Irina afficha un regard outré :
-Je ne vous permets pas ! Ce n'est pas parce que vous étiez la dernière poule en date de Constantine que vous pouvez vous permettre de me parler ainsi !
-Je ne compte pas sur mon statut de « dernière poule en date », mais du fait que tout le monde fait des erreurs, même les personnes les plus puissantes et influentes en ce bas monde. Et même si Christos a quelques problèmes d'addiction ce n'est pas un mauvais garçon. Il fait de son mieux pour affronter les responsabilités qui lui ont été imposées du jour au lendemain. Il n'a jamais eu la chance de pouvoir suivre ses envies comme Adam et n'a pas non plus eu la chance qu'on lui cède tout car il est le petit dernier comme Adriana. Donc oui, il trouve du soulagement comme il peut. Je ne comprends pas pourquoi vous êtes restée ici pour le confinement alors que vous aviez quarante-huit heures pour partir pour le lieu où vous auriez souhaité rester.
-C'est justement là que je souhaitais rester, auprès de mes enfants.
-Pour leur faire du mal ? C'est ingénieux en effet. Vous devriez les laisser tranquille, cette situation est déjà difficile pour tout le monde.
La blonde partit ensuite dans la cuisine pour prendre un verre d'eau. Elle se moquait qu'Irina soit furieuse contre elle. Après son verre d'eau elle monta et toqua à la porte de la chambre de Christos. Celui-ci lança :
-Je ne veux voir personne.
-C'est Georgina.
La porte s'ouvrit bientôt et il la laissa entrer. La blonde l'observa :
-N'écoute pas ta mère, ne fais pas attention à elle.
-C'est plus facile à dire qu'à faire.
-Je sais bien, mais tu ne dois pas lui accorder plus d'importance qu'elle n'en mérite.
-Je sais mais j'en ai assez qu'elle soit constamment là à m'espionner et à me critiquer.
-Je sais que c'est compliqué mais tu dois réussir à faire abstraction. Ou retourne son venin contre elle. Elle peut faire sa « Madame de » à présent, mais crois-moi son passé n'est pas très reluisant, elle n'a pas de leçons à te donner.
Christos eut un léger sourire :
-Merci, tu es vraiment une bonne personne.
-C'est gentil, même si ce n'est pas totalement vrai. J'essaie simplement de faire en sorte que cette enfer soit vivable. Tu n'es pas obligé d'aller dans les parties communes si ce n'est pas nécessaire. Après tout, à part pour manger c'est inutile.
Le jeune Clios sourit et Georgina le laissa tranquille. Elle descendit et observa Adam qui discutait avec sa petite sœur. Irina était sur la terrasse et fumait. Adriana regarda sa belle-mère avec un sourire en coin :
-J'ai jamais vu qui que ce soit tenir tête comme ça à Maman ! D'habitude les gens ont peur d'elle.
-Je suis américaine et je travaille dans le domaine de l'art, crois-moi il en faut plus pour me faire peur.
Les deux Clios se mirent à rire et Georgina lança :
-Heureusement que Simone avait prévu le coup et qu'elle était allée faire le plein de courses une semaine avant l'annonce du confinement. Comme ça elle n'a pas eu à affronter la folie des gens qui ont fait la razzia dans les magasins. Elle a aussi organisé la livraison des courses pour les prochaines fois. Alors Adam, tu vas profiter de cet enfermement imposé pour un nouveau livre ?
-Peut-être oui, je n'y ai pas encore réfléchi car ça ne fait que vingt-quatre heures qu'on est coincés.
Georgina sourit et partit piquer une tête dans la piscine, le temps allait être vraiment long.
Une semaine était déjà passée depuis l'annonce du confinement. Pour le moment personne ne s'était entre tué mais c'était vraiment compliqué. Leur équilibre ne tenait que sur un fil, Christos travaillait depuis sa chambre, Adam avait commencé un nouveau roman, Adriana ne savait pas quoi faire de ses journées et Irina rodait telle une hyène à la recherche de piques acérées à lancer. Georgina, pour sa part, lisait des livres sur l'art, elle continuait de se tenir informée de ce qui se passait dans ce domaine. L'enquête sur la mort de Constantine avait révélé des secrets vraiment durs à accepter mais la blonde était passée à autre chose. Heureusement elle avait pu compter sur le soutien de ses beaux-enfants, ils étaient restés aussi soudés que possible dans cette épreuve. Adam avait même fini par avouer à Georgina qu'il avait des sentiments pour elle. La blonde avait été surprise, elle n'avait jamais suspecté ce genre de choses. Elle n'avait pas répondu car elle ne savait pas trop quoi penser. L'américaine entendit Adriana dans le couloir :
-Maman arrête de m'embêter ! J'ai le droit de bronzer nue si je veux ! On est confinés, y a personne pour me voir !
-Tes frères et le personnel de maison, tu appelles ça personne ?!
La jeune rousse leva les yeux au ciel :
-Ils m'ont déjà vue comme ça !
-Non et le fait d'être enfermés ici ne donne pas tous les droits !
-Et être enfermés ici ne te donne pas le droit de nous pourrir la vie encore plus que d'habitude !
Irina décocha une gifle magistrale à sa fille. La jeune femme répondit par une gifle elle aussi et partit s'enfermer dans sa chambre après avoir claqué la porte. Georgina sortit de la chambre et lança tout en descendant les escaliers :
-Si vous continuez comme ça vos enfants décideront de ne plus jamais vous parler avant même la fin de ce fichu confinement.
-Je n'y peux rien si je vois le moindre de leurs petits défauts d'adultes maintenant que nous sommes coincés tous ensemble.
-Mais ça ne vous autorise pas à être une peste invivable.
Georgina atteignit le bas des escaliers et partit dans la cuisine. Elle était en train de se servir un verre de vin lorsqu'Adam entra dans la cuisine. Il déposa une pile de feuilles devant elle sur le comptoir :
-J'aimerais ton avis sur ce premier jet. J'ai eu une idée de roman et j'ai commencé mais je ne suis pas vraiment sûr du résultat.
La blonde arqua un sourcil et hocha la tête :
-D'accord, je vais lire et je te donnerai mon avis.
-Merci, ça compte pour moi.
Georgina lui sourit et le jeune brun partit pour nager un peu. La jeune veuve alla s'installer sur une chaise longue dehors et commença à lire. Elle devait avouer qu'Adam avait un très bon style d'écriture, la lecture était fluide. Toutefois, elle finit par réaliser que l'héroïne était largement inspirée d'elle-même et le héros d'Adam. D'ailleurs, une scène très sulfureuse arriva et Georgina dut avouer qu'elle lui donna très chaud. Elle en était là de sa lecture lorsque le bruit de la sonnerie du portail la fit sursauter. Elle alla voir le petit moniteur, un inconnu se tenait devant le portail. Elle appuya sur le bouton pour parler :
-Bonjour.
-Bonjour, je m'appelle Gabriel, j'ai emménagé dans la maison d'à côté juste avant le confinement. Je suis désolé de vous déranger mais je suis à court d'huile, pourriez-vous me dépanner s'il vous plaît ? Il est trop tard pour que j'aille faire des courses maintenant et je viens de me rendre compte que je n'ai plus de matière grasse pour cuisiner ce soir.
-D'accord je vous en apporte.
Georgina alla dans la réserve, prit une bouteille d'huile et se dirigea vers le portail. Elle l'ouvrit et vit l'homme face à elle. Il était plutôt séduisant, taille moyenne, corpulence moyenne, cheveux gris, yeux marrons, nez rond. Il sourit, il était adorable, il avait un air enfantin. La blonde lui sourit :
-Je m'appelle Georgina. Tenez.
Elle déposa la bouteille sur le sol car le confinement interdisait aussi aux gens le moindre contact physique. Gabriel sourit et ramassa la bouteille :
-Merci, vous me sauvez la vie.
-De rien, autant s'entraider dans cette période difficile.
-C'est gentil. Si vous avez besoin de quoi que ce soit n'hésitez pas.
Il déposa une carte professionnelle sur le sol. Georgina la prit et hocha la tête :
-Gabriel Hirsh, je m'en souviendrai.
-J'espère bien ! Bon je file avant d'être arrêté par la police.
Il lui offrit un magnifique sourire avant de lui faire un clin d'œil et de partir. La blonde retourna dans la villa et Adam fronça les sourcils :
-Avec qui discutais-tu ?
-Avec notre nouveau voisin, petit curieux.
-Il est plus beau que moi ?
-Il est différent.
Elle se mit à rire et retourna à sa lecture. Elle termina les quelques feuilles restantes et tendit ensuite la pile à Adam :
-Dis donc tu n'étais pas obligé de lui donner le même physique que moi et les mêmes tatouages. Puis bon, remplacer Georgina par Gina, un de mes surnoms... ce n'était pas très recherché non plus. En tout cas je te félicite si tu as autant d'endurance que Alan, là encore un prénom vraiment très ressemblant mais je vais faire croire que je n'avais pas compris qu'il s'agissait de toi et moi.
-Ça ne t'as pas inspirée ?
Georgina se mit à rire :
-J'ai l'âge d'être ta mère voyons. Adam ne sois pas ridicule, tu trouveras une belle jeune femme après le confinement.
-Mais je n'ai pas envie d'une jeune femme, j'ai envie de toi !
La blonde soupira :
-Désolée mais je crois que ça n'arrivera jamais. J'étais mariée à ton père, je ne peux décemment pas entamer une relation avec toi maintenant.
-Pourquoi ?
-Parce que c'est comme ça !
Adam bougonna et partit dans sa chambre avec ses feuilles. Georgina soupira et resta sur la chaise longue, profitant du soleil. Le mois de mars était incroyablement chaud cette année.
Georgina hésitait à envoyer un message à Gabriel. Il était charmant, c'était dommage qu'elle ne puisse pas réellement avoir de contacts avec lui. Elle était en train de laisser son esprit divaguer lorsqu'on sonna à nouveau au portail. Elle vit Gabriel et sourit en appuyant sur le bouton :
-Bonjour.
-Bonjour, j'ai été faire des courses et je vous ai ramené une bouteille d'huile. Je la pose devant le portail.
-Merci beaucoup.
-De rien, je vous laisse j'ai du frais à mettre au frigo. Au revoir.
-Au revoir.
Elle le regarda partir et se rendit ensuite au portail pour récupérer la bouteille d'huile. Elle la plaça dans la réserve et envoya un message au voisin :
-Merci encore d'avoir ramené de l'huile même si ce n'était pas nécessaire.
-Ça m'a fait plaisir, je déteste devoir quoi que ce soit à qui que ce soit. Dites Georgina, j'ai une idée folle, et si nous dînions ensembles?
-Comment ça, je vous rappelle que nous sommes confinés !
-Par caméras interposées !
-Oh...
-Si votre mari n'est pas contre bien sûr.
-Je ne suis pas mariée, je suis veuve.
-Mince, c'est tout moi, je suis le roi des gaffes !
-Ce n'est rien, je serai ravie de dîner avec vous.
-Génial, on dit ce soir pour disons 20 heures ?
-Excellent.
-Alors à tout à l'heure.
Georgina sourit et piqua une tête dans la piscine avant d'aller prendre sa douche. Elle enfila une robe décontractée et annonça qu'elle mangerait dans sa chambre ce soir. Le repas fut apporté et la blonde monta aussitôt après avoir aussi embarqué du vin. Elle s'installa à son bureau et regarda l'heure, il était pile 20 heures. Une demande de FaceTime arriva sur son écran aussitôt. Elle sourit et décrocha :
-Bonsoir, ponctuel dites donc !
-Oui, c'est le minimum pour un premier dîner !
Georgina sourit et demanda :
-Votre femme n'est pas là ?
-Je suis veuf moi aussi.
La blonde soupira et leva son verre :
-Alors à nos moitiés, puissent-elles être en paix.
-A nos moitiés.
Il fit tinter son verre de whisky contre l'écran. Gabriel sourit :
-Alors, qu'avez-vous au menu ce soir ?
-Gambas grillées en entrée, puis spaghettis à la crevette, sauce coco et ananas et en dessert une île flottante. Et vous ?
-Euh... une tartine de pâté de foie de canard en entrée, une pizza maison jambon, champignons, olives, mozzarella, pepperoni, basilic et en dessert du riz au lait.
-Alors bon appétit.
-Bon appétit à vous aussi. Alors, vous habitez dans la région depuis longtemps ?
-Depuis quatre ans, j'étais là pour le travail, puis j'ai rencontré mon défunt mari. Et vous, qu'est-ce qui vous a fait venir là ?
-J'étais venu pour le travail moi aussi. Je suis chargé de récupérer les œuvres d'arts volées ou disparues et de les ramener à leurs propriétaires légitimes.
-Sans blague ?!
-Quoi ?
-Je suis dans le domaine de l'art moi aussi !
-Incroyable comme coïncidence ! Alors je lève mon verre à l'art.
-A l'art.
Ils sourirent et mangèrent tout en continuant de discuter. Gabriel était charmant, un peu dragueur, mignon et vraiment drôle. Georgina passa une excellente soirée avec lui. Ils étaient en plein milieu d'une discussion lorsqu'on toque à sa porte. Elle soupira et lança :
-Désolée Gabriel, je suis confinée avec les enfants de mon défunt mari et c'est la première fois qu'on toque à la porte.
-Sans blague ? Vous avez du courage !
-Je vous raconterai plus tard. Au revoir.
-Au revoir.
Elle raccrocha et alla ouvrir. Christos lui sourit :
-Ça va ? Avec qui tu parlais ? J'ai cru entendre une voix.
-Oui ça va, je discutais avec un ami, on dînait ensemble par caméra interposées.
-Super comme idée !
-Que puis-je pour toi ?
-Ah oui, je voulais te remercier pour ton soutien. Tu es vraiment super avec nous, tu nous aides à affronter notre mère. C'est précieux pour nous.
-De rien c'est bien normal.
-Non, nous ne sommes même pas tes enfants donc tu n'es pas obligée de faire ça pour nous. Oh et Adam m'a dit... je pense que tu as raison. Tu es une très belle femme, mais il ne devrait pas nourrir de sentiments à ton égard. Tu es notre belle-mère, ce n'est pas logique de vouloir plus que ça.
-Il semblerait que ton frère ne soit pas du même avis.
-C'est vrai oui... mais ça lui passera si il sait que tu fréquentes quelqu'un d'autre. Cet ami ce n'est rien de plus ?
-Non, enfin pas pour l'instant. À vrai dire c'est le nouveau voisin et je ne le connais que depuis hier. Mais je pense que ça pourrait évoluer car il est vraiment très agréable.
-Super, continue de faire connaissance avec le voisin, je pense que si tu es avec quelqu'un d'autre Adam te laissera tranquille.
Georgina haussa les épaules :
-J'espère en tout cas car ça ne va pas être vivable si je dois sans cesse repousser ses avances.
-Je sais, je vais lui en parler. J'espère qu'il sera un peu plus subtil à l'avenir. Bon je te laisse, bonne nuit.
-Bonne nuit Christos.
L'américaine referma la porte et alla se coucher, il était tard pour rappeler Gabriel.
Chaque jour apportait son lot de disputes. C'était comme si ce confinement n'allait jamais se terminer. Georgina avait l'impression qu'elle allait devenir folle, décidément les Clios ne se supportaient vraiment pas. Toutes les raisons étaient bonnes pour provoquer des querelles, et dans ces cas-là tout le monde profitait de cette dispute. La blonde regrettait d'être restée en France après la mort de Constantine. Si elle était rentrée aux États-Unis au moins elle aurait échappé à tout ça. Heureusement qu'elle pouvait discuter avec Gabriel pour s'évader de cette famille de fous. Parfois ils s'amusaient même à se faire des signes depuis leurs balcons, c'était vraiment amusant. Mais cela ne durait jamais longtemps, il y avait toujours une autre prise de bec pour les interrompre. Georgina était surprise de voir à quel point ce quatuor ne se supportait pas, elle se demandait même comment ils avaient fait pour ne jamais s'entre-tuer avant ! Peut-être ne comprenait-elle pas car elle était fille unique, que sa mère était morte quand elle était jeune et que son père était en prison... elle avait pu compter sur son oncle pour l'élever mais il n'avait jamais eu une grosse autorité. Au contraire il était plutôt l'oncle cool que toutes les ados rêvaient d'avoir. Pourtant, il leur était arrivé de se disputer, mais jamais aussi souvent et pour autant de prétextes que les Clios ! C'était comme si le moindre sujet était pris pour en venir à une dispute, c'était épuisant. Georgina regrettait l'époque où elle pouvait partir dans une galerie d'art ou n'importe où pour s'évader quand la situation devenait trop tendue à la villa.
Le confinement touchait à sa fin. Georgina et Gabriel s'étaient beaucoup rapprochés, ils s'entendaient vraiment très bien. Irina avait failli être étranglée une bonne centaine de fois car elle avait finit par s'en prendre à Adam également. Elle lui reprochait de ne pas lui laisser lire le début de son roman alors que Georgina avait eu droit, elle. Elle lui reprochait aussi d'être toujours célibataire alors qu'il était un excellent parti. Cette discussion avait été très gênante car Irina avait fait en sorte de l'avoir en plein milieu du déjeuner. Adam n'avait rien répondu mais l'ambiance était devenue tendue. Christos était venu au secours de son frère en disant qu'en période de confinement il était vraiment compliqué de faire des rencontres. Lui-même était célibataire puisque Fatima avait été envoyée à l'étranger et qu'il n'avait rencontré personne depuis. Toutefois le brun ne désespérait pas, il n'était pas moche, il était intelligent, riche... normalement il avait tous les critères pour plaire. De son côté Adriana avait commencé à sortir avec Nico Eltham, mais ils n'avaient pas pu être confinés ensemble car le blond avait dû repartir en Angleterre pour une affaire peu de temps avant l'annonce du confinement. Toutefois il était prévu qu'il revienne en France dès que les frontières seraient rouvertes. La sœur de Nico avait eu le Covid, elle avait survécu mais elle gardait des séquelles, notamment une profonde fatigue permanente.
La blonde alla dans le jardin et s'approcha de la haie du côté du jardin de Gabriel. Elle l'entendait bricoler dehors en sifflotant. Elle sourit et marcha un moment avant de retourner dans la villa. À présent c'étaient Adam et Adriana qui se disputaient. Apparemment l'aîné venait de dire à sa sœur qu'il n'avait pas confiance en Nico Eltham et qu'elle ferait mieux de rompre avec lui. Christos arriva :
-N'oublie pas que pour coucher avec toi il a mis de la drogue dans mon verre alors que j'étais sobre ! Cet enfoiré savait parfaitement que j'avais des problèmes avec la drogue et il n'a pas hésité à en foutre dans mon putain de verre pour pouvoir te sauter !
Adriana lui décocha une gifle :
-Ne parle pas de lui comme ça !
-C'est un salaud ! Tout ce qu'il veut c'est ton argent !
-Il en a lui aussi !
-Pas tant que ça, je me suis renseigné. Sa mère a de l'argent mais lui non. Il vit avec les rentes que sa mère lui accorde généreusement, comme toi.
La rousse fronça les sourcils :
-Tu as fait une enquête sur lui ? Mais t'es vraiment qu'un salaud !
Georgina observait la scène sans rien dire, à vrai dire elle était d'accord avec les garçons. Adam soupira :
-C'est normal qu'on fasse nos recherches. Nous sommes l'une des plus grosses fortunes du monde, donc il est normal que ça attise la convoitise. Nico Eltham a tout l'air d'être un escroc. Je n'ai pas envie qu'il te mette enceinte pour que tu sois obligée de l'épouser et qu'ainsi il puisse piocher allégrement dans la caisse !
-Tu dis n'importe quoi, jamais il ne ferait ça ! En plus il s'est fait tatouer quelque chose en mon honneur pour me prouver son amour.
-N'importe qui peut se faire tatouer n'importe quoi et faire croire que c'est un signe d'amour. Nom de Dieu Adriana, grandis un peu !
La rousse se mit à pleurer :
-De toute façon vous critiquez toutes mes décisions sous prétexte que je suis la plus jeune. Je vous emmerde, je sortirai avec lui que ça vous plaise ou non !
Elle monta les escaliers en courant et s'enferma dans sa chambre. Irina lança depuis le salon :
-Pour une fois que ce n'est pas contre moi qu'elle en a ! Mais vous avez raison, bravo les garçons.
Christos regarda Georgina :
-Et toi tu en penses quoi ?
-Je suis d'accord avec vous, ce Nico est un monstre. Il fait froid dans le dos, il est manipulateur, calculateur et absolument insondable. C'est impossible de connaître ses réelles intentions et pensées, ça en fait un homme véritablement dangereux.
-Je suis bien d'accord. Si il est capable de droguer quelqu'un uniquement pour coucher avec une jeune fille à peine majeure alors qu'il a la trentaine, alors qu'est-il capable de faire d'autre ?
-C'est vrai... il y a trois options : soit Adriana finira par se rendre compte qu'il n'est pas fait pour elle, soit elle ne le réalise pas et se fera avoir pour le reste de sa vie, soit il est sincère et dans ce cas tant mieux pour elle.
Les deux bruns hochèrent la tête et Georgina demanda :
-Vous voulez du café ? Je comptais m'en préparer un.
-Non merci.
-Je veux bien.
-D'accord.
-Moi un irish coffee merci.
-Ça ne m'étonne pas de vous Irina.
Georgina partit dans la cuisine et revint quelques instants plus tard avec les cafés. Décidément elle se demandait encore comment ils avaient réussi à survivre à ce confinement. Les disputes n'avaient pas cessé, parfois même l'immense villa n'était pas assez grande pour que tout le monde ait son intimité, le fait de ne plus avoir d'activité extérieur était une torture... bref même être riche n'avait pas été d'une grande utilité pendant ce confinement. De plus elle avait fini par parler de Gabriel aux autres et Adam n'avait pas très bien pris la chose. Il avait été distant pendant un moment, se sentant manifestement trahi. Mais au bout de deux semaines, il avait enfin arrêté de bouder. Apparemment son entichement pour la blonde était passé et il avait accepté l'idée qu'elle veuille fréquenter un homme dans ses âges.
De son côté Irina avait passé beaucoup de temps à boire et à fumer, se lamentant sur son sort, ressassant des histoires du passé. En réalité Georgina la plaignait car finalement, la mère de famille n'avait jamais eu une vie totalement épanouie et heureuse. Elle n'avait jamais eu de chance avec les hommes, ils avaient quasiment tous été malhonnêtes, infidèles et ou violents. Et même si elle aimait ses enfants, elle n'avait jamais réussi à être heureuse avec eux, il lui avait toujours manqué quelque chose. L'américaine avait de la pitié pour elle, Irina était rongée par l'amertume et semblait avoir perdu toute capacité à jamais pouvoir ressentir le bonheur. Georgina se demandait même si elle avait jamais eu cette faculté.
Le confinement était officiellement terminé. Chacun allait pouvoir à nouveau vaquer à ses obligations de son côté, enfin tout en étant encore restreint. Mais au moins ils pouvaient circuler un peu et ainsi ne plus être les uns sur les autres à constamment se chercher des poux sur la tête ! Georgina, pour sa part, était aussi très contente car elle allait enfin pouvoir dîner et discuter avec Gabriel dans la vraie vie. Ce serait bien plus agréable ainsi, et au moins de chez lui elle entendrait moins les crêpages de chignon de sa « famille » ! Cette perspective la remplissait déjà de bonheur, elle allait joindre l'utile à l'agréable en passant le plus de temps possible chez Gabriel. Et quelque chose lui disait que ce serait loin de déplaire au britannique, qui au contraire avait fait plus d'une fois allusion à son impatience de pouvoir passer autant de temps que possible avec elle après le confinement. Ils étaient quasiment déjà un couple car ils avaient appris énormément de choses l'un sur l'autre durant ces conversations virtuelles et une histoire d'amour n'était pas à exclure car en plus ils se plaisaient physiquement. L'avenir choisirait la nature de leur relation, mais pour le moment, le duo profita de la fin du confinement pour aller marcher sur la plage. La liberté retrouvée leur offrait des possibilités infinies pour le futur, mais pour l'instant, ils voulaient faire simple et s'éloigner autant que possible des Clios qui s'étaient remis à hurler.
Fin.
