DISCLAMER : CET UNIVERS NE M'APPARTIENT PAS. IL EST A J.K. ROWLING.

- PDV SEVERUS -

Je m'écroule au sol de la cabane hurlante, ne pouvant retenir mes yeux de s'écarquiller et ma bouche de s'entrouvrir en sentant la douleur lancinante.

« Je regrette » dit froidement Voldemort.

Et il se détourne. Il n'y a aucune tristesse en lui, aucun remords.

Ma respiration est irrégulière. J'ai soudainement le souffle coupé en ressentant le poison s'infiltrer au niveau de ma marque. Il n'y a plus que la douleur, déchirante, incroyable. Celle de mon sang qui coule à flots de mon cou, celle de mes veines en feu qui ne peuvent pas échapper au mal qui les ronge. Rien que la souffrance et la sensation affolante de sentir la vie me quitter peu à peu. Je ne sais même pas vraiment si je suis triste. Ému, ça c'est certain, mais ai-je des regrets ? Je n'ai plus aucune mission, ici, désormais. Je ne vivais que pour essayer de me racheter, que pour essayer de continuer la mission que s'était donnée Lily. Oh, Lily… je ne pense plus qu'à elle désormais. Comme presque tous les instants de mon existence depuis que je l'ai connue, finalement.

C'est machinal, je ne sais même pas si j'ai envie de survivre, mais ma main se pose fermement sur la plaie de mon cou pour tenter d'arrêter l'hémorragie. Je n'arrive plus à avoir de pensées claires.

« Harry ! » murmure une voix de femme. Je la reconnaîtrais entre plein, celle là, je ne l'ai que trop entendue. Vous rendez-vous compte, je n'ai même plus la force de faire une grimace en entendant ce son.

Ni l'envie.

Savoir que le Survivant est là, c'est savoir que je vais pouvoir accomplir la fin de ma mission, c'est savoir que je vais pouvoir espérer trouver la paix dans la mort. Il faut qu'il sache le plan, il faut qu'il vienne à côté de moi…

À présent, mon devoir et la raison même de ma vie étaient accomplis. Je suis donc relativement serein. J'ai envie de fermer les yeux, de laisser la mort faire son travail. Mais alors que je laisse mes paupières s'abaisser, je le vois enfin débouler. Le garçon qui aura été le symbole du seul sens qu'avait ma vie depuis la mort de Lily.

Curieusement, lorsque je laisse mon regard se diriger faiblement vers le visage de la silhouette, je n'y perçois aucune haine. Du doute, peut-être. Il ne doit pas savoir quoi penser de son professeur tant détesté, le grand traître qui l'a brisé, là, gisant par terre, agonisant.

Potter. Il faut que je lui dise. Il faut…

J'essaie de lui parler mais aucun son de sort. Ma vue commence à se troubler. Alors, je tente d'utiliser mes dernières forces pour agripper le garçon vers moi.

Ma voix n'est plus qu'un horrible gargouillement quand je prononce : « Prenez-… les… Prenez-… les... »

De mon visage dont je n'imaginais ruisseler que du sang s'échappe une substance argentée. Il faut… il faut qu'il les prenne…

Je vois le garçon prendre sa baguette et verser la substance dans une flasque donnée par Granger.

Je… je… il faut que je voie ses yeux… Lily… je veux la revoir encore une fois, une dernière fois… Il faut…

Inconsciemment, ma main dessert son étreinte autour de la robe de Potter.

« Regardez-… moi »

Je la vois alors. Cette femme incroyable, celle que j'aimerai à jamais, celle que personne ne remplacera. Je sais que ce sont les yeux de Potter, je sais que ce n'est pas elle. Mais quand j'aperçois ses pupilles, juste avant de ne voir plus que du noir, c'est elle que je vois. Non pas avec un air blessé ou colérique. Je la vois m'adresser un grand sourire, et je me rends compte que je ne regrette plus rien. Je ne déteste même plus le garçon, il n'y a plus que la paix, une paix que je n'aurais jamais espéré ressentir un jour.

Le garçon va mourir… je suis dans un tel état de faiblesse et de lenteur d'esprit que je me surprends même à penser qu'il n'y restera pas.

Mais ça ne m'importe plus, parce qu'à présent, j'ai fermé mes yeux et je vois distinctement Lily rire dans mon esprit.

Tout s'embrume…

J'ai l'impression que l'instant a duré quelques secondes. Ou bien était-ce des heures ? C'est comme après s'être réveillé…

Je ne comprends pas. Qu'est ce qu'il m'arrive ?

J'ai envie d'ouvrir les yeux mais la luminosité m'assaille. Je me protège avec mes mains.

Après m'être habitué à la lumière, je me lève. J'ai l'impression d'être dans un parc, désert, avec une seule balançoire au fond. Je… non, c'est impossible. Le parc… là où j'ai parlé avec Lily pour la première fois ?

La balançoire me paraît plus petite maintenant. Il n'y a personne, vraiment personne.

Quand tout à coup, je vois quelqu'un courir avec entrain vers moi. Je n'en crois pas mes yeux.

C'est elle.

C'est elle !

C'est elle !

Je voudrais courir, courir vers elle, la serrer contre moi rien que pour être certain qu'elle existe réellement, qu'elle ne va pas s'évaporer au bout d'un instant ou bien que mon esprit s'invente des choses.

Mais à la place je ne peux pas bouger, je reste planté là comme un piquet tandis qu'elle se rapproche en riant. Il n'y a pas que de la voir qui m'a manqué. Que quelqu'un me sourie, que j'ai l'impression que quelqu'un m'aime vraiment.

Alors que j'entends son rire comme au ralenti, je ne peux plus me retenir. Des larmes commencent à perler le long de mes joues et je m'effondre au sol. Je les sens couler de plus en fort à mesure que mon émotion s'intensifie. Je ne sais pas ce que je ressens en ce moment. Un mélange de tristesse, de regret, de joie et de soulagement. En tout cas, une émotion incroyablement forte.

Merlin, si forte !

Je sens un torrent de larmes couler, je sens mes épaules trembler. Tout mon stress s'évacue soudain quand je sens avec bonheur sa main se poser sur mon épaule.

Elle relève ma tête.

Elle est adulte, les cheveux d'un roux sombre, le sourire éclatant, les yeux pétillants.

Une fois arrivée près de moi, elle s'abaisse et me prend dans ses bras.

On reste là, quelques minutes, sans rien dire, juste moi à pleurer dans les bras de la seule personne devant qui j'ose me dévoiler sans peur et sans fierté. Elle relève alors la tête et s'assoit en tailleur en face de moi, comme lorsqu'on était enfants.

« Tu ne te demandes même pas où tu es ? demande Lily après un instant.

- Disons que ce n'est pas ma priorité, là, à l'instant, avec toi en face.

- Tu pourrais partir maintenant, tu sais. Tu pourrais tout arrêter. La mort ne te dérangeait pas il y a quelques heures.

- Quelques heures ? je m'étonne.

- Oui, tu es resté inconscient un bon moment. »

Je réfléchis silencieusement tandis qu'elle attend patiemment.

« Mais… on est où ?

- Ah ! Enfin ! s'exclame Lily en riant. En fait, tu es entre la vie et la mort. Tu te trouve dans un lieu qui est dans ta tête. En fait, ça ne m'étonne pas vraiment que ton inconscient ai choisi ce lieu… C'est réel, tu sais » ajoute-t-elle en devinant la prochaine question de Severus.

Je n'ai pas le cœur à me poser de questions, je suis juste heureux d'être avec elle, et en même temps empli de regrets.

« Lily… je… je suis désolé. Vraiment… tu ne peux pas savoir comme j'ai regretté tout ce qui t'as fait du mal… si je pouvais remonter le temps, je… oh Merlin… dis-je en enfonçant ma tête entre mes mains.

- Severus, murmure la voix de celle que j'aimais. Tu ne crois pas que tu devrais te pardonner à toi même ?

- Lily ! Tu es morte à cause de moi ! Tu étais tout ce que j'avais…

- Tu as passé dix-huit ans à rattraper tes erreurs et tu n'as jamais voulu me faire le moindre mal, Severus. Et d'ailleurs, pendant ces dix-huit ans, tu as lavé tous tes autres crimes. Tu as passé ces années à regretter et à t'en vouloir. Tu avais peur des autres, tu n'osais pas changer cette image de professeur acariâtre par peur de jugement et d'abandon. Tu ne l'as jamais vraiment voulu non plus, c'est vrai, mais tu ne crois pas que tu mérites de pouvoir retenter ta chance ?

- Que… que veux-tu dire ?

- Severus… de mon vivant, je ne suis pas revenue vers toi. J'avais enfin construit quelque chose de stable avec James et toi tu t'étais tourné vers Voldemort.

- Tu as dit son nom…

- T'inquiète pas, il est en train de se faire bien défoncer la gueule par Harry ! dit-elle en riant. Pour reprendre là où j'en étais, je voulais te dire que je n'avais pas envie de risquer la paix qu'avait trouvé mon âme pour aller te trouver. À ma mort, je t'en voulais pour ce que tu étais devenu. Mais avec le temps, j'ai réussi à encore mieux te comprendre. Je n'avais pas saisi tout l'amour que tu me portais, et celui dont tu as toujours cruellement manqué. C'est à cause de ce manque que tu t'es tourné vers Voldemort, et par peur d'un manque encore plus gros que tu as retourné ta veste. »

Elle plonge ses yeux dans les miens. Merlin, ses yeux.

« Tu n'as jamais reçu l'amour que tu méritais, et tu n'as fait que déverser ta haine et un amour encore plus fort aux autres tout au long de ta vie. Mais à toi même, tu ne t'es autorisé que la tristesse et le regret. Alors je te le dis, Severus. Pardonne-toi, parce que tous les autres t'ont pardonné depuis longtemps. Tu as gâché ta vie pour les autres et à cause des autres. Maintenant, tu as le droit de profiter de la tienne. »

Je sentais son souffle sur ma peau.

« Severus, je ne suis pas amoureuse de toi. Je t'aime aussi fort que toi, simplement pas de la même manière. Je voulais te remercier, Sev, pour tout ce que tu as fait pour Harry. Mais maintenant, répéta-t-elle, tu mérites de pouvoir retenter ta chance, tu ne crois pas ?

- Je…

- Pardonne toi, Sev. Je te le jure, tu es la dernière personne qui t'en veut encore à ce point. »

En croisant son regard si déterminé, je sens un poids immense quitter mon cœur. Je sens que je vais craquer de nouveau, mais de pure joie cette fois.

« Severus, murmure-t-elle en se remettant debout. Je vais devoir te quitter. Mais ne le regrette pas. Ne le regrette plus. Plus jamais. Sache que tu es pardonné, sache que je t'aime et sache que je ne suis pas la seule. Oublie le regard des autres et laisse toi aller à être celui que tu es vraiment, celui que j'ai vu quand je m'amusais avec toi. Tu n'es pas mauvais, Severus. Tu es quelqu'un de bon à qui il est arrivé de mauvaises choses. »

J'ai le souffle coupé, je suis soulagé. Si soulagé.

« Tu as été mordu par Nagini, Sev. Tu te rappelles bien l'anti-poison que tu avais ingéré il y a un an, après avoir tué Dumbledore ?

- Quoi ? Mais… en un an les effets se dissipent très largement…

- Voldemort ne pouvait pas être plus affaibli à ce moment là. Quand Nagini t'a mordu, il ne lui restait que deux horcruxes non détruits. La part de Voldemort présente en Nagini était donc incroyablement faible et par conséquent le serpent l'était aussi.

- Mais je… ça ne change pas, le poison reste mortel, Lily…

- Non, les restes de ta potion ont fait basculé la balance en ta faveur. De très peu, c'est juste, mais assez pour te permettre de rester en vie.

- C'est… incroyable…

- Enfin, Sev ! dit-elle en riant. Tu es le Maître des Potions ! Tes potions sont les meilleures, et crois-moi, je sais de quoi je parle, fit-elle avec un clin d'œil. Maintenant, je crois qu'il y en qui t'attendent en bas…

- Lily !

- Ne me regrette pas Severus, tu sais que je serais toujours avec toi et maintenant tu sais que je ne t'en veux plus. Alors vas-y ! Cours vers ta nouvelle vie ! »

Elle commence à s'effacer, de même que le parc autour de nous.

Je suis serein. On ne peut plus serein. Il faut juste que je lui dise…

« Merci. »

J'ai le temps de voir son sourire en réponse. Je souris moi aussi. Je suis plus heureux et posé que jamais. Je suis sûr de moi, je sais ce que je dois faire. Non… je sais ce que je veux faire.

Alors tout disparaît.

- PDV HARRY -

Ça fait environ deux jours qu'on a gagné. Qu'on a vaincu Voldemort… Oh, par les couilles de Merlin.

C'est incroyable, je ne réalise toujours pas. Mais je sais que maintenant, il faut que j'aille chercher le corps de Snape dans la cabane hurlante. Il faut que quelqu'un le fasse. Je soupire. Je ne veux pas me rappeler l'horreur de sa mort. Je ne l'aimais pas, c'est vrai, ma sa mort était si horrible… je ne souhaite ça à personne, vraiment personne. Et puis, quand j'ai vu ses yeux noirs me fixer, j'ai eu tellement de peine.

Surtout que maintenant, je connais son histoire. J'ai tellement de respect pour lui, c'est incroyable.

Quand j'arrive enfin devant la cabane, je sens que je tremble. Non, Harry, vas-y. T'es un Gryffondor, oui ou non ? Je souris. Je rentre.

Oh, Merlin. C'est impossible, c'est impossible.

Snape me regardait, assis contre le mur. Il semblait avoir faim, si faim. Et il n'avait plus beaucoup de sang.

« Professeur ? je murmure. Vous… vous êtes en vie…

- Eh oui, Potter… » Il sourit. « Il faut croire que je vais vous embêter encore longtemps… »

Cette phrase n'était même pas rabaissante. Incroyable. Il semblait plus en paix, plus serein.

« Il faut que je profite que vous n'ayez pas assez de force pour faire des sarcasmes, Professeur, dis-je en le traînant derrière moi. Ouh ! Vous êtes lourd…

- Alors utilisez votre tête et votre baguette par la même occasion, souffla-t-il faiblement.

- Vous alors… » je marmonne. Je ne ressentais plus aucune haine envers cet homme, et par je ne sais quelle magie, il me semble que lui non plus.

Je souris.