Bonjour,
J'ai écris cette histoire pour le Challenge Histoires Horrifiques ou Fantastiques de L'Universims.
Je n'avais jamais rien écris en vue de le faire lire à quelqu'un, ne me trouvant pas assez bonne. Et contre toute attente, j'ai gagné le Challenge! Je mets donc cette histoire ici, en espérant qu'elle vous plaira.
Pour info, je joue aux Sims Freeplay. L'image est donc moins bonne que si j'avais joué aux Sims 4 ;)
Bonne lecture :)
Cassandra Gothik s'appliquait à surveiller sa foulée. Ses grandes enjambées, l'endroit où elle posait le pied histoire de ne pas tomber, sa respiration et son rythme. Tout était important pour garder une vitesse constante et arriver au bout. Elle faisait ça depuis des années. Quand un obstacle se présentait, elle savait instinctivement quand elle devait accélérer un peu: en fonction de la hauteur à franchir, elle devait prendre plus ou moins d'élan. Mais surtout, elle ne DEVAIT PAS tomber. Toute chute lui ferait perdre un temps précieux. Toute chute pouvait signifier la défaite.
A travers le bruit de son souffle, elle entendait les pas des autres autour d'elle. Assez espacés pour ne pas se gêner, mais assez proches quand même pour ne pas être séparés.
Soudain, un bruit de chute. Pourvu que ça ne soit pas Nathan! Mais Cassandra ne se retourna pas pour vérifier. Tout moment de distraction était la meilleure façon de faire une erreur. Celui qui était tombé serait aidé par ceux qui se trouvaient derrière lui.
Ils arrivaient aux abords d'un petit village, but de leur déplacement. Il était vide depuis si longtemps que les rues seraient probablement difficilement praticables. Mais ils devaient rallier le manoir entouré de hauts murs qui était leur cible, la raison de leur mission.
Pour l'instant, la voie était dégagée. Il fallait juste surveiller l'état de la chaussée. Même s'ils ne courraient pas très vite, se contentant de leur rythme de croisière, un nid-de-poule pouvait entraîner une blessure, une chute, un retard… la mort.
Arrivés près des premières maisons, la physionomie de la chaussée changea. Quelques voitures étaient garées le long des trottoirs, d'autres avaient été abandonnées en plein milieu du passage. Des détritus s'amassaient dans les caniveaux, mélange de tout ce qui avait fait la civilisation: journaux et prospectus, vêtements défraîchis, canettes et bouteilles, mêlés en une bouillie à laquelle s'étaient ajoutées les feuilles des arbres tombées récemment. Beaucoup d'objets aussi jonchaient la rue, témoignages de panique ou de résistance: des valises abandonnées, un vélo renversé, une barricade faite de bric et de broc qui était censée protéger l'entrée d'une maison….
Et puis le premier cadavre, à moitié dévoré et desséché. Vision d'horreur qui laissa pourtant indifférents Cassandra et son groupe, concentrés sur leur progression. Chaque maison, chaque voiture ou buisson pouvait cacher un danger et ils étaient si proches du but! Le groupe ralentit, continuer à courir dans ces conditions serait du suicide!
Malgré le stress du moment, un sentiment d'exaltation montait en Cassandra. Elle allait revoir le manoir, la maison de son enfance qu'elle avait quittée depuis près de cinq ans maintenant. Elle aurait pu ne jamais le revoir, mais la colonie était trop importante, ils avaient besoin d'en établir une autre.
Le manoir avait été une évidence. Spacieux avec des cheminées fonctionnelles, un grand parc et surtout un mur assez haut pour empêcher toute intrusion. Un endroit défendable et qui pourrait, avec quelques efforts, leur offrir une certaine autonomie. Cassandra avait déjà un plan précis de ce qu'elle allait y entreprendre.
Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas l'attaque venir. De derrière une voiture, surgit soudain la main décharnée de ce qui avait été un homme. Allongé sur l'asphalte et incapable de se relever, il avait attendu son heure, celle qui lui amènerait une proie sur un plateau d'argent… ou plutôt la cheville de Sarah dans sa basket rose. La chute fut inévitable et le cri aigüe de la jeune fille ramena Cassandra sur terre. Le temps qu'elle se retourne, le zombie avait déjà commencé à tirer vers lui une Sarah étourdie par sa chute. Nathan se précipita et, d'un coup bien placé au niveau de la tempe, régla son compte à Monsieur l'Opportuniste dont la cervelle se répandit lentement sur le bitume.
Tout moment de distraction était la meilleure façon de faire une erreur. Cette nouvelle vie aurait pu commencer par un drame. Mais il fallait déjà se ressaisir, reprendre la course. Il y avait tant à faire pour sécuriser le manoir, puis le village. Le convoi de chariots arriverait dans trois jours pour aider à leur installation. Reprenant ses esprits, Cassandra inspira profondément, raffermi sa prise sur sa machette et inspecta les alentours, plus attentive que jamais.
Le cri de Sarah en avait sûrement attiré d'autres, en meilleur état. Tant qu'ils n'étaient pas trop nombreux, Cassandra et son groupe pourraient faire face. Mais il valait quand même mieux éviter l'affrontement.
Nathan, David, Clara, vous passez devant, ordonna Cassandra. Mel et Pierrot, vous soutenez Sarah. Je reste à l'arrière avec Mich et Marie. Les autres, vous vous répartissez sur les flancs.
Tous bien entraînés, ils trouvèrent leur place et se remirent en route alors que deux zombies passaient le coin d'une maison. Très jeunes, un enfant d'une dizaine d'années et une jeune femme d'environ vingt ans. Ils les suivraient tant qu'ils seraient dans leur champs de vision, puis, sauf accident, les oublieraient.
Nathan tourna dans une ruelle à droite. Ils avaient soigneusement préparé leur trajet. La route la plus directe pour rejoindre le manoir passait devant la salle des fêtes, alors ils feraient des détours. Dans ce village de près d'un millier d'âmes avant la pandémie zombie, le maire avait entrepris d'y rassembler ses administrés, pensant pouvoir les défendre plus facilement. Avait-il eu raison? Ou les habitants étaient-ils toujours dans la salle des fêtes? Cassandra préférait ne pas avoir la réponse tout de suite. Ce qui était sûr, c'est qu'il n'y avait plus âme qui vive dans ce village. Ils l'avaient longuement observé la veille et n'avaient rien vu bouger, du moins, rien de vivant…
Ils continuèrent d'avancer quelques minutes, passant d'une ruelle à l'autre, traversant un jardin, le plus silencieusement possible. Ils avaient fini par semer leurs deux poursuivants, trop lents pour suivre le rythme.
Le groupe abordait un passage entre deux maisons quand David fut tiré dans un buisson. Un hurlement suivit, puis avant que quiconque ait pu réagir, des éclaboussures de sang, un râle. Se précipitant vers le jeune homme, Clara le tira vers elle même si elle savait qu'il était déjà trop tard. Une morsure, une griffure et s'était la mort, ou plutôt, la non-mort, ce semblant de vie qui animait les zombies.
Arrivant à hauteur, Cassandra comprit ce qu'il s'était passé: un portillon s'ouvrait sur un jardin. Mais dans le fouillis de branches enchevêtrées un zombie était resté coincé derrière, retenu par des branches qui avaient eu cinq ans pour pousser. Le peu de bruit qu'ils avaient fait avait été suffisant pour attirer l'attention du monstre qui n'avait eu qu'à tendre les bras pour saisir David.
Les groupes de zombies étaient dangereux, qu'ils soient à deux ou à cent. Ils suivaient le moindre bruit et s'abattaient sur leur proie. Mais isolés, c'était encore pire. Car là, le zombie attendait sa proie, finissant par se confondre avec son environnement à tel point qu'on ne le voyait plus: tas de chiffons sur la route, monticule recouvert de feuilles ou de mousse…. prisonnier au milieu d'un buisson.
Le visage ruisselant de larmes, la rage au cœur, Cassandra mît fin au calvaire de ce qui avait été un homme d'âge mûr un peu grassouillet, puis se tourna vers David, qui était déjà mort, la gorge arrachée. Cent mètres ! Il ne leur restait que cent mètres à faire avant d'arriver au manoir ! Là, ils devraient probablement se battre pour sécuriser les lieux, ils avaient conscience que certains d'entre eux pourraient y rester. Mais perdre David dans ces conditions…
Dans un état second, ils reprirent leur chemin après que Nathan ait chargé David sur ses épaules. Cassandra fit ces derniers mètres dans une sorte de brouillard et se retrouva devant le portail ouvert du Manoir. Elle était enfin rentrée chez elle…
