XXII - Les valeurs de la marque
Deux jours plus tard, à la pause de dix heures, Marinette sortit son téléphone pour voir ses notifications. Elle nota qu'elle avait énormément de messages envoyés à son compte Instagram et supposa qu'une personnalité avait parlé de son défilé, expliquant l'afflux qu'elle constatait. Elle commença à faire défiler les messages et se figea. Loin d'être des compliments ou des demandes, ce qu'on lui envoyait était des insultes et des menaces.
— Alya, dit-elle d'une voix blanche. Regarde.
— Mais qu'est-ce que c'est que ça ? s'exclama son amie avant de plonger dans son téléphone.
Il lui fallut moins de trente secondes de recherche pour trouver la vidéo expliquant la vague de haine que Marinette était en train de recevoir. On voyait une porte sur laquelle s'affichait le panneau « Local d'entretien ». Cette dernière s'ouvrait, et on voyait Marinette vérifier que personne ne se trouvait aux alentours avant de sortir de la pièce qui se trouvait derrière. Puis Adrien apparaissait derrière elle et l'embrassait, avant qu'elle reparte. La vidéo revenait sur le baiser et, en légende, apparaissait la question : « Que faisait donc le nouvel espoir de la mode avec le mannequin vedette de la maison Agreste dans un placard à balai ? », puis « Réel talent ou promotion canapé ? ». Enfin, un gros plan était fait sur la pancarte de la porte, puis une animation faisait défiler l'image d'un balai. La mention « Les dessous de la mode ne sont pas aussi propres qu'on pourrait l'espérer », concluait la séquence. La vidéo était taguée #MarinetteWeek, #DupainCheng et #AdrienAgreste.
Alya et Marinette échangèrent un regard atterré. La jeune styliste était toute blanche.
— Je… je… je peux expliquer… commença-t-elle d'une voix paniquée.
— Tu la boucles et tu suspends immédiatement ton compte, la coupa Alya d'une voix ferme. Dépêche-toi.
— Adrien, je dois… commença Marinette en se levant.
Alya la fit rasseoir d'une main ferme et répéta entre ses dents :
— Suspends ton compte avant tout, Marinette, je m'occupe de le prévenir. Et reste là. Ce n'est pas le moment qu'on vous voie ensemble.
#Adrien, une sale vidéo tourne en ce moment sur Marinette et toi. L'équipe de communication de ton père doit faire cesser ça tout de suite. C'est évidemment une vidéo trafiquée. Surtout, NE VIENS PAS !
Alors que Marinette était toujours en train de faire le nécessaire sur son compte Instagram, Alya regarda autour d'elle. Certains camarades avaient dû voir la vidéo, car ils regardaient avidement dans leur direction.
— C'est un coup monté contre Marinette, fit savoir Alya. Quelqu'un doit être jaloux de son succès. Et si j'étais vous, je ne propagerais pas cette saleté. Ce n'est pas génial pour l'image du bahut.
Alya s'empressa ensuite de se connecter au compte du BDE et de masquer tous les articles citant Marinette. Il valait mieux qu'ils ne soient pas en ligne, tant que durerait le scandale.
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Adrien était en train de discuter avec Sundar, Sabrina, Chloé et Nino quand il reçut le message d'Alya.
Il fit immédiatement une recherche sur son nom et visionna la vidéo.
— Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda Nino.
— De la merde sur Marinette et moi, répondit le mannequin d'une voix blanche.
— Du genre ?
Adrien leur montra les dernières images.
— Qu'est-ce que tu vas faire ? chuchota Sabrina d'une voix choquée.
Adrien était déjà en train d'envoyer un message à Nathalie. Son père serait forcément au courant dans l'heure – si ce n'était déjà fait – et la priorité était de faire cesser le scandale, pas de tenter d'échapper à la sanction qui allait immanquablement tomber sur lui.
— Non, c'est vrai ? Elle est comme ça, Marinette ? demanda un élève d'une voix graveleuse.
— Espèce de… commença Adrien d'une voix colérique, en amorçant un pas dans sa direction.
— Arrête, idiot ! l'interrompit Chloé en se mettant sur son chemin.
Elle se tourna ensuite vers celui qui avait fait cette remarque malheureuse et lui dit sèchement :
— Si tu penses qu'une seule image de cette merde est la réalité, tu es vraiment le roi des imbéciles. C'est un fake, c'est évident !
— Nino, va dans la classe de Marinette, tout de suite ! le pressa Adrien. Elle ne doit pas être insultée.
Nino hocha la tête et s'exécuta. Adrien vit un nouveau message arriver sur son téléphone.
#Adrien, sortez de votre classe immédiatement. La voiture arrive pour vous chercher. Ne parlez à personne, laissez-nous régler cette affaire.
— Je dois y aller, dit-il à ses amis, en montrant l'ordre que lui avait envoyé Nathalie.
— Ce n'est pas étonnant, considéra Chloé. Ne t'en fais pas trop, ton père a un service de communication professionnel. Ils sauront renverser la vapeur.
Adrien récupéra ses affaires et dit à ses amis :
— Vous pourrez prendre soin de Marinette ? Ça me rend malade de la laisser toute seule face à ça.
— Pourquoi ne l'emmènes-tu pas avec toi ? demanda Sundar.
— Parce que s'il le fait, il confirme qu'ils sont ensemble, chuchota Chloé. Réfléchis un peu !
— Je ne suis pas certain que l'amener à mon père serait lui rendre service, dit Adrien sur le même ton. Sinon, je le ferais.
— Compte sur nous, dit Sabrina.
— Chloé ? insista Adrien.
— Mais oui ! consentit Chloé avec une inflexion qui lui rappela les acceptations de Méli-Mélo. On va veiller sur elle, au nom de votre indéfectible amitié.
Adrien dédia à ses amis un sourire crispé et sortit de la classe. Une fois dans le couloir, il croisa le professeur qui arrivait.
— Où allez-vous comme ça, Adrien ?
— Je suis appelé en urgence par ma famille, expliqua son élève. Je suis certain que le proviseur est au courant.
— J'espère que ce n'est rien de grave.
— Je vous remercie, Monsieur.
Dans le hall, un surveillant l'attendait, avec son garde du corps. L'employé du lycée ouvrit la porte donnant sur l'extérieur.
— Près de moi, marmonna le chauffeur. Baissez la tête.
Adrien fit docilement ce qu'on attendait de lui. Il s'engouffra dans la voiture et boucla sa ceinture. Il se plongea de nouveau dans son téléphone. Il constata que certaines discussions avaient déjà disparu. L'équipe de community managers de son père devait être sur la brèche.
#Marinette, mon père me fait rentrer chez moi. Je suis désolé de ne pas pouvoir t'aider davantage. Ne va pas seule dans les couloirs, fais-toi raccompagner chez toi par les copains. Le service communication de mon père est sur l'affaire, ils font disparaître tout ce qui est possible.
#Ne t'en fais pas pour moi. Alya ne me quitte pas et Nino est arrivé en renfort. Bon courage à toi.
Marinette avait terminé son message par un emoji représentant un croissant. Cela mit du baume au cœur d'Adrien, qui répondit par une coupe de glace.
Il envoya ensuite un message à Kagami :
#Désolé pour ce qui se passe. Dis-moi ce que tu veux que je dise à mon père. En attendant, j'en révèle le moins possible.
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Comme Adrien s'y attendait, Nathalie était dans le hall quand il y pénétra.
— Votre père veut vous parler, Adrien, dit-elle d'une voix posée.
Il ravala le « Sans blague » qui lui était venu et bifurqua sans mot dire vers le bureau de son père. Il toqua, entra immédiatement et referma la porte derrière lui. Ensuite, il avança vers Gabriel, tendu comme un arc.
Son père le regarda froidement.
— Je suppose que tu es fier de toi, dit-il d'une voix atone.
— Les suppositions sous-entendues dans cette vidéo sont largement fantaisistes, répondit Adrien.
— Tu reconnais te rendre dans ce placard avec cette fille ?
— C'est arrivé, reconnut Adrien, qui pouvait difficilement faire autrement. C'est un local, pas un placard. Mais nous n'avons rien fait, euh… d'inconvenant. On se voyait surtout pour discuter, tous les deux.
— Si c'était à ce point innocent, pourquoi vous cachiez-vous pour le faire ?
— Nous ne voulions pas…
Adrien s'interrompit. Dire qu'il ne voulait pas que ses sentiments pour Marinette soient publics devenait risible désormais.
— Tu ne voulais pas que l'on sache que tu manques d'honnêteté et de respect avec la jeune fille avec qui tu sors ? compléta son père pour lui.
Adrien était coincé. Il ne pouvait pas dire qu'il n'était plus avec Kagami depuis des mois. Il ne voulait pas la mettre en difficulté. Il garda donc le silence.
— C'est tout ce que tu as à dire ? Alors c'est moi qui vais parler. Je suis extrêmement déçu par ta conduite, ou plutôt ton inconduite. Je ne sais pas si je suis plus désolé par la manière dont tu traites la fille d'une de mes plus importantes relations, ou par celle dont tu t'es fait piéger par une gourgandine.
— Je vous défends de parler de Marinette de cette manière ! ne put s'empêcher de protester Adrien.
— Pour commencer, tu n'as rien à me défendre. Ensuite, il faut appeler un chat un chat. Tu crois vraiment qu'elle s'intéresserait à toi si tu n'étais pas mon fils ? Elle a déjà tenté de me flatter en prétendant adorer ma collection et, maintenant, elle utilise tes hormones pour bien se placer auprès de moi. Tout ce qui l'intéresse, c'est sa future carrière.
— Vous racontez n'importe quoi ! s'emporta Adrien. Elle a assez de talent pour réussir sans s'abaisser à de telles manœuvres. Ce n'est pas une question d'hormones, mais de sentiments. J'aime Marinette.
— Tu as manifestement beaucoup à apprendre sur les parasites, mon garçon. Si l'image que cela donnait de la maison Agreste n'était pas aussi déplorable, je me réjouirais de la leçon que cette affaire te donne. Il va falloir que tu apprennes à mieux choisir tes relations.
— Oh, croyez bien que je suis inconsolable à l'idée d'avoir égratigné la réputation de la Maison Agreste !
— Ton impertinence ne te mènera nulle part. Pour commencer, tu vas me donner ton téléphone. Sache que j'ai fait couper ton accès à internet. Cela t'évitera de passer du temps avec des personnes qui ne peuvent rien t'apporter.
— J'ai besoin d'aller sur le site du lycée pour récupérer mes devoirs à faire, protesta Adrien.
— Tu ne vas plus au lycée. Je vais te trouver des professeurs. En attendant, Nathalie te donnera des exercices.
Adrien eut l'impression que la pièce tanguait autour de lui. En quelques phrases, son père avait retiré de sa vie tout ce qui en valait la peine. D'une pâleur de craie, il implora :
— Non, père, pas le lycée. Laissez-moi y retourner !
— Tu peux aller dans ta chambre. Et laisse ton téléphone ici.
Adrien ouvrit la bouche pour protester, mais son expérience des discussions avec son père et l'air implacable de ce dernier lui apprirent que ce serait peine perdue. Les mains tremblantes, il se saisit de son téléphone qu'il jeta plus qu'il ne posa sur le bureau de son père. Puis il se dépêcha de quitter les lieux, pour ne pas montrer les larmes qui lui montaient aux yeux.
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Il traversa le hall en trombe, monta les escaliers deux par deux, et se rua dans sa chambre. Il claqua la porte derrière lui et poussa un rugissement de désespoir et de frustration.
— Du calme, gamin, du calme, fit Plagg en sortant de sa poche. Tu n'as pas tout perdu, d'accord ? Je suis là, on va trouver une solution.
— Quelle solution ? hurla Adrien.
— Eh, moins fort ! Je ne suis pas supposé être là, moi !
— Eh bien, moi non plus, je n'y suis plus. Plagg, transf…
— Adrien, non, écoute-moi d'abord ! cria le kwami.
— Parle vite !
— Tu vas faire des bêtises. Tu n'es pas en état de réfléchir. Il n'y a pas que ta vie à prendre en compte, mais la sécurité de Paris. Si tu veux, casse tout ce qui se trouve ici, mais ne te transforme pas !
Adrien hésita, le kwami en profita pour continuer :
— Pense à Ladybug. Je ne pense pas qu'elle apprécierait un chat fou galopant dans toute la capitale. Et encore moins un chat amoureux se précipitant chez sa petite amie révélant ses pouvoirs. On a déjà fait la Une des réseaux sociaux, on ne va pas le faire deux fois. Pas dans la même journée, en tout cas.
Vidé, Adrien s'assit sur son lit.
— Il faut prévenir Ladybug, dit-il. Si j'ai l'école à la maison, ce sera plus compliqué pour moi de la rejoindre, quand un combat se déroule pendant un de mes cours. Je n'ai même plus de téléphone pour être au prévenu des alertes akuma.
— À mon avis, elle est déjà au courant. Elle trouvera une solution, pour les alertes.
— Elle ne se rend sans doute pas compte…
— Écoute, s'il le faut, j'irais la voir et lui expliquer. D'accord ?
— D'accord. De toute manière, je ne sais pas où la trouver. Je pensais laisser un message sur notre répondeur, c'est tout.
— On a le temps. Calme-toi, pour commencer.
Adrien inspira profondément, puis se leva. Il alla à son bureau et alluma son ordinateur. Il cliqua sur l'icône du statut internet et envoya voler d'un geste brusque son clavier sans fil.
— Il ne bluffait pas, il m'a vraiment coupé de tout.
Il retourna se jeter sur son lit.
— Je ne vais pas sortir de cette maison avant mes dix-huit ans, dit sombrement Adrien. À part par la fenêtre.
— Essaye d'être positif, Adrien.
— Je ne vois pas ce qu'il y a de positif à ne plus parler à Marinette, Nino, Chloé ou Sundar durant les deux prochaines années, objecta-t-il. Je te jure que, le matin de mes dix-huit ans, je me barre définitivement d'ici.
— Ton père va peut-être te permettre de retourner au lycée d'ici quelque temps. C'est juste une punition temporaire.
— Sûrement pas. Il a décidé que je n'avais là-bas que de mauvaises fréquentations et que la réputation de son entreprise passait avant tout le reste ! Tu penses ! Qui se soucie du mec qui vit dans le corps du mannequin vedette de la Maison Agreste ? Son seul rôle est de porter les couleurs de l'auguste Maison et de ne vivre que pour sa réputation.
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Alors que son cours se terminait, un des employés de la maison vint indiquer à Kagami que sa mère voulait lui parler. La jeune fille vérifia dans la glace que sa tenue était irréprochable et descendit rejoindre madame Tsurugi.
— Prends ton téléphone et fais une recherche sur Adrien Agreste, lui demanda sa mère.
Étonnée, Kagami alluma son appareil et constata que son ami lui avait écrit. Elle déchiffra son message sans le comprendre avant de basculer sur son navigateur et de découvrir ce qui se disait sur lui.
— Je vais envoyer un message à Gabriel Agreste pour lui indiquer ce que je pense de la conduite inqualifiable de son fils, reprit sa mère. Il n'est évidemment plus le bienvenu dans cette maison. J'avoue que je suis déçue par la manière dont cette histoire se termine.
Pendant que Tomoe parlait, Kagami réfléchit. Dans tous les cas, ses leçons de claquettes étaient compromises. Elle n'aurait plus d'excuse pour sortir. Elle ne pouvait que faire une croix dessus. Elle repoussa ses regrets. Elle aurait le temps d'y penser plus tard.
Elle s'interrogea alors sur ce qui réconforterait le plus sa mère : penser que sa fille avait été trompée par un garçon indélicat ou connaître la vérité. Cette dernière comportait un aspect déplaisant : elle mettait à jour un mensonge qui avait duré durant des semaines. D'un autre côté, la sincérité mettrait fin à la tromperie. Or Kagami n'aimait pas tromper sa mère. Elle le faisait quelquefois, mais c'était un moyen qu'elle appréciait peu.
Il y avait un autre aspect à prendre en compte. Qu'allait dire Adrien ? Allait-il révéler la vérité à son père ou garder le silence pour la couvrir ? Elle n'en savait rien. Adrien était loyal. Le problème est que sa droiture pouvait tout autant l'amener à se taire pour l'aider, qu'à parler pour défendre l'honneur de Marinette.
Dans le cas où il dirait tout et que sa mère apprenne la vérité par la bouche de Gabriel Agreste après lui avoir fait des reproches injustifiés, ce serait un déshonneur. Kagami devait lui éviter ce faux pas.
La jeune fille se sentit soulagée. Son devoir était clair.
— Mère, Adrien et moi ne sommes plus ensemble depuis un moment. D'un commun accord, nous avons décidé de redevenir de simples amis. Adrien n'est sorti avec Marinette que plusieurs semaines après notre rupture. Je n'ai rien à lui reprocher.
Seul un léger tressaillement de ses lèvres trahit la surprise de sa mère.
— Pourquoi ne pas m'en avoir parlé plus tôt ? s'enquit-elle.
— Nous apprécions tous les deux d'avoir du temps à nous le samedi. Nous avons pensé qu'il était inutile de changer cette organisation.
— Passez-vous toujours ce temps ensemble ?
— Non, mère.
— Qu'en fais-tu, alors ?
Kagami n'hésita qu'un instant. Après tout, elle n'avait plus rien à perdre.
— Je prends des cours de claquettes. J'aime beaucoup. Je souhaite continuer.
Ce fut au tour de sa mère d'avoir besoin d'un moment pour décider quoi répondre.
— Comment les finances-tu ?
— Adrien m'a prêté de l'argent.
— Il n'est pas question que tu lui doives quoi que ce soit. Tu iras le lui rendre. Je te donnerai de quoi mettre fin à cette dette.
— Aurais-je aussi de quoi poursuivre mes cours ?
— Je vais y réfléchir.
— Merci, Mère.
Dès qu'elle fut sortie, Kagami envoya un message à Adrien :
#J'ai tout avoué à ma mère, cela s'est bien passé. Fais ce qui est le mieux pour toi. Je peux venir parler à ton père si tu penses que cela peut t'aider.
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— Monsieur, si vous avez quelques minutes…
— Oui, Nathalie.
— Pour commencer, Adrien a refusé de descendre déjeuner. Il a dit qu'il n'avait pas faim.
— Il peut sauter un ou deux repas. Vous direz aux cuisines de tout mettre sous clé pour qu'il ne puisse pas se restaurer en cachette. La faim finira bien par le faire sortir de son terrier.
— Bien Monsieur. Par ailleurs, l'examen des messages de son téléphone laisse à penser qu'il ne sort plus avec mademoiselle Tsurugi depuis plusieurs mois.
— Pardon ?
— Il semble qu'ils profitent des moments où nous supposions qu'ils étaient ensemble pour aller chacun de leur côté. Dans son dernier message, Kagami dit à Adrien qu'elle a tout avoué à sa mère et propose de venir vous l'expliquer elle-même.
— Mais comment avez-vous pu manquer ça ? s'emporta Gabriel.
— J'ai manqué de vigilance, Monsieur. J'en suis absolument désolée. Je serai plus attentive à l'avenir.
— Je l'espère ! Sinon, vous pourrez vous trouver un autre poste.
— Je comprends, Monsieur.
Gabriel fit un signe pour montrer que le sujet était clos.
— Autre chose ?
— Adrien et mademoiselle Dupain-Cheng entretiennent depuis plusieurs semaines une correspondance très tendre. Adrien est très amoureux. Je crains qu'il ne se laisse pas facilement convaincre qu'elle le mène en bateau. Ce qui n'est d'ailleurs pas établi.
— Peu m'importent les sentiments de cette intrigante. Je ne veux pas d'elle près de mon fils, surtout après ce scandale.
— À ce propos, Monsieur, il m'a semblé, au ton de leurs échanges, qu'il ne se soit pas passé grand-chose dans ce placard. Leurs propos sont très innocents. Je sais que cela ne change rien à l'affaire, c'était juste pour votre information.
— Je vais tenter d'y trouver un soulagement, fit Gabriel d'une voix sarcastique.
— De nombreuses personnes ont écrit à Adrien, depuis ce matin, pour l'assurer de leur soutien. Je peux vous en donner la liste.
Son employeur fit le signe que cela ne l'intéressait pas.
— Que pensez-vous faire, à propos de Chloé Bourgeois ? continua Nathalie.
— Quoi, il a une relation avec elle, aussi ?
— Elle a remarqué à 14 h qu'il n'était pas de retour en classe et demande s'il veut qu'elle passe le voir ce soir. D'après leurs échanges, ils sont simplement de très bons camarades. Elle était au courant du changement de petite amie d'Adrien, comme tous ses amis les plus proches, et semble y être favorable.
— Personne ne voit ni ne parle à mon fils tant que je ne l'ai pas décidé. Si André Bourgeois appelle, je ne suis pas joignable.
— Bien, Monsieur.
— Avez-vous l'impression qu'Adrien a pu vous dissimuler autre chose ?
— Je n'ai rien constaté d'autre dans ses messages. Je n'ai pas encore eu le temps de me pencher sur sa navigation internet.
— Faites-le en priorité. Que ce soit la dernière fois que j'apprenne quelque chose sur mon fils par les réseaux sociaux !
— Bien, Monsieur.
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À quinze heures, Adrien sortit de sa chambre et descendit dans le hall. Le Gorille était de garde devant les écrans de sécurité. Quand il vit le fils de son patron, il se leva.
— Ne vous en faites pas, fit Adrien. Je n'ai pas l'intention de sortir.
Il bifurqua vers le bureau de son père où il entra sans frapper.
— Tu as faim, maintenant ? demanda Gabriel. Je suis désolé, mais tu vas attendre l'heure du dîner.
— Je veux retourner au lycée, annonça Adrien.
— Le sujet est clos.
— Je crains que vous n'ayez pas réfléchi avec assez d'attention aux conséquences de ma séquestration sur la réputation de la Maison Agreste.
— Séquestration, rien que ça, persifla Gabriel.
— Pour commencer, si je ne retourne pas rapidement au lycée, tout le monde va dire que je me cache parce que j'ai honte. Est-ce vraiment l'image que vous voulez donner de votre mannequin vedette ? Au contraire, si j'y retourne immédiatement, vous affirmez par là qu'il n'y a rien derrière ces images volées, peut-être falsifiées, et que vous continuez à me faire confiance pour porter vos couleurs. Votre service de communication saura sans doute utiliser positivement cette histoire.
Gabriel ne répondit pas. Il réfléchissait. Adrien se garda bien de l'interrompre.
— Tu as raison, finit par dire le styliste. Je vais publiquement faire savoir que je considère toute cette histoire comme de la diffamation pure et simple. Et je vais, dès cette semaine, te faire faire une nouvelle série de photos. Nous les placarderons dans tout Paris et chacun pourra constater que tu as toute ma confiance. Les prises de vue se feront à l'étranger. Cela te fera du bien de voyager un peu. D'ici ton retour, Natalie t'aura trouvé des professeurs pour la suite.
Adrien se raidit.
— Et vous croyez vraiment que je vais poser pour vous dans ses conditions ? questionna-t-il. Soit je retourne au lycée, dès demain, soit vous n'avez plus de mannequin vedette.
Le regard de son père se fit glacial.
— Du chantage, maintenant ?
— De la simple négociation, prétendit Adrien, qui contractait les muscles de ses jambes pour les empêcher de trembler. La réputation de votre maison contre ma vie. Avouez que vous êtes le grand gagnant !
— Tu te crois drôle, je suppose.
— Simplement réaliste.
— Tu peux retourner dans ta chambre.
Adrien rassembla toute sa volonté pour garder la tête haute, pendant qu'il faisait demi-tour et sortait.
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— Il va refuser, dit Adrien, alors que des larmes coulaient sur ses joues.
Il était de nouveau sur son lit, couché en chien de fusil.
— Ce n'est pas certain, tentait de le réconforter Plagg. Il n'a pas dit non. Cela veut dire qu'il se donne le temps d'y réfléchir.
— Réfléchir à la manière dont il va m'obliger à continuer de poser pour lui, sans me remettre au lycée, supposa Adrien.
— On n'en est pas là, dit Plagg. Ne vois pas tout en noir. Allez, regarde-moi !
— Tu es tout en noir, Plagg.
— Ah, tu retrouves ton sens de l'humour, je suis fier de toi !
— Pff !
— Ce soir, quand il fera nuit, on ira faire un tour, d'accord ? On attend juste que tout le monde soit couché, pour ne pas prendre de risque.
— Entendu. Merci, Plagg.
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Gabriel Agreste tient à faire savoir à quel point il est indigné et atterré par la manière basse et vulgaire dont on s'en est pris à son fils. Une plainte a été déposée et une enquête est en cours pour déterminer les auteurs du montage vidéo infamant qui a été mis en ligne.
Adrien Agreste est non seulement un grand professionnel du mannequinat, mais un élève sérieux et assidu dans ses études. Son père et toute la maison Gabriel Agreste lui témoignent leur solidarité et l'assurent de leur entière confiance sur sa capacité à porter avec probité et dignité les valeurs de la marque.
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La journée de Marinette n'avait pas été facile. Elle n'avait rien entendu des cours de la fin de la matinée. Elle était trop occupée à penser aux conséquences de la révélation. Comment allait réagir Gabriel Agreste ? Adrien serait-il autorisé à revenir au lycée ? Son retour précipité chez lui ne lui disait rien de bon. Qui avait pu faire ça ? Elle avait immédiatement pensé à Louane. Celle-ci l'avait-elle suivie après leur conversation ? Car la vidéo avait été prise le jour même. C'était la seule fois où ils avaient eu l'imprudence de s'embrasser dans un couloir du lycée. Qu'elle avait été idiote de ne pas vérifier ses arrières avec davantage de précautions ! Elle s'en voulait tellement !
Quand sonna l'heure de la cantine, elle se jeta sur son téléphone. Alya posa sa main dessus :
— Non, Marinette, ne fais pas ça. Cela ne sert à rien de voir tout ce qui se dit sur toi. Attends que cela se calme.
— Mais si Adrien m'écrit… Et je dois prévenir mes parents !
— D'accord, mais retire toutes tes notifications et n'ouvre les messages que de ta famille ou de tes amis.
— D'accord.
Marinette songea qu'il fallait qu'elle explique la situation à ses parents, avant que quelqu'un d'autre ne le fasse :
#Papa, Maman, une vidéo assez désagréable a été postée sur Adrien et moi. On en reparle ce soir. Je vous aime. Marinette.
#Je suis désolée ma chérie. Tu veux rentrer ce midi ?
#Non, j'ai trois heures de cours cet aprèm. Je serai là à l'heure habituelle. Faites comme moi, ne regardez pas ce qui circule sur internet. Ce sera bientôt oublié.
#Prends soin de toi, ma chérie.
#Ne vous en faites pas, Alya ne me quitte pas d'une semelle.
Quand Marinette eut terminé d'échanger avec sa mère, non seulement Nino, mais Sundar, Chloé, Sabrina, Alix et Juleka l'avaient rejointe.
— On va manger ? lança Nino. Les émotions, ça creuse !
— Je suis désolée de vous ennuyer avec ça, fit Marinette, contrite.
— Tu passes ton temps à aider les autres, répondit Alix. C'est normal qu'on soit là quand c'est toi qui as un problème.
Tous les autres approuvèrent, sauf Chloé – mais elle était présente, ce qui valait acceptation. Ils se dirigèrent en groupe vers la cantine. Leur petite troupe ne passait pas inaperçue dans le couloir. Marinette était mortifiée d'être le point de mire de tous les élèves. Elle regrettait d'avoir été si populaire les semaines précédentes. Tout le monde la connaissait de vue, maintenant, et elle ne pouvait pas compter sur le moindre anonymat.
Quand ils passèrent devant le couloir qui amenait au local, Marinette vit la tête de ses amis se tourner vers l'endroit – ils avaient tous vu la vidéo - mais aucun ne fit le moindre commentaire. Elle apprécia la délicatesse.
Ses amis restèrent auprès d'elle autant qu'il fut possible le reste de la journée. Ils empêchaient les autres de lui faire des réflexions désagréables, mais ne pouvaient l'empêcher de remarquer les regards méprisants ou moqueurs des autres élèves. Heureusement, certains lui adressaient des sourires de soutien ou ne faisaient tout simplement pas attention à elle – ce qui était finalement ce qu'elle préférait.
Par Sundar, elle apprit qu'Adrien n'était pas revenu pour les cours de l'après-midi. Il n'avait répondu à aucun de ses messages, pas plus qu'à ceux des autres. Enfin, ce fut l'heure de rentrer chez elle. Alya, Nino et Sundar se désignèrent volontaires pour la raccompagner.
— Ça va aller ? demanda Alya quand ils arrivèrent en bas de son immeuble.
— Je pense. Merci pour tout.
— On reste en contact, hein ? précisa Alya.
— Oui, bien sûr. Mais je pense que cela va commencer par une discussion avec mes parents.
— Tu veux qu'on monte avec toi ? proposa la blogueuse.
— Non, ça ira. On se voit demain.
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Marinette n'en menait quand même pas très large en montant les escaliers. C'était le jour de fermeture de la boulangerie. Son père et sa mère devaient l'attendre.
Effectivement, ils étaient tous les deux installés à la table de la cuisine quand elle arriva.
— Ça va, ma chérie ? demanda Sabine.
— Comme ci, comme ça. Vous avez vu sur internet, je suppose.
— Même ta grand-mère est au courant, dit son père. Elle a appelé.
— Nous aimerions comprendre ce qui se passe, dit Sabine. Nous voulons t'aider.
Marinette rejoignit ses parents et s'assit près d'eux.
— Je sors avec Adrien depuis plusieurs semaines, résuma Marinette. Nous ne voulions pas que cela se sache officiellement, alors nous nous tenions à distance en public. Nous ne pouvons réellement être ensemble qu'avec nos amis, dans des lieux privés. À l'école, on a trouvé un endroit tranquille. On n'y faisait rien de mal. On s'embrassait et discutait, c'est tout.
— Je vois, ma chérie, fit Sabine. Mais pourquoi ne pas venir ici ou aller chez lui, plutôt que de vous cacher comme ça ?
— Son père ne savait pas que nous sortions ensemble. Il pense qu'Adrien est encore avec Kagami.
— N'aurait-il pas été plus simple de lui dire ?
— C'est compliqué. Déjà, c'était aussi une manière pour Kagami d'avoir le droit de sortir. C'est pour ça dans un premier temps qu'ils ont prétendu être toujours en couple. Pour avoir des heures de liberté, quand leurs parents respectifs les croient l'un avec l'autre. En ce qui concerne les moments qu'on passe à l'école, Adrien a prétendu qu'il avait des entraînements de sport. Il a très peu de temps dont il peut disposer. On voulait juste se voir deux heures de plus par semaine, termina Marinette les larmes aux yeux.
Ses parents eurent tous les deux le geste de poser la main sur son épaule. Elle les regarda avec reconnaissance. Elle savait qu'Adrien ne pouvait compter sur autant de bienveillance.
— Bon, sur le fond, reprit Sabine après avoir échangé un long regard avec son mari, je pense qu'il n'est pas très sain de mentir comme cela aux parents d'Adrien et Kagami. J'ai bien compris qu'ils sont sévères, mais tu vois que cela vous a poussé à vous mettre en danger. Enfin, je reconnais que ce n'est qu'une question de réputation, ce n'est pas ce qui peut arriver de plus grave.
— Je suis désolée.
— J'ai bien compris que vous n'avez rien fait de plus terrible que de prendre du temps pour être ensemble. Vous n'auriez pas dû avoir à vous cacher pour ça.
— Je savais à quoi je m'engageais en acceptant de sortir avec un mannequin célèbre, remarqua Marinette.
— Sans doute, mais cela ne rend pas les choses plus faciles.
Marinette haussa les épaules. Elle ne voulait pas être plainte par ses parents. C'était son imprudence qui l'avait menée là.
— Pour ce que tu fais avec Adrien, continua sa mère, vous avez seize ans et je ne vois rien que vous pourriez faire de mal, tant que vous êtes respectueux l'un envers l'autre. Simplement, quand cela arrivera, j'espère pour toi que ce sera dans un endroit où vous serez tranquilles et que votre seule préoccupation sera de le faire de manière responsable. Pour dire les choses autrement, je préfère que ce soit ici, avec ce qu'il faut sous la main, plutôt qu'à la va-vite dans un local à balai.
Marinette hocha la tête, trop gênée pour répondre, mais satisfaite de l'analyse de ses parents.
— Est-ce que tu veux rester quelques jours à la maison, le temps que cela se calme ? demanda Tom.
— Non, je refuse de me terrer ici comme si j'avais honte ou fais quelque chose de mal. J'irai demain en classe et je continuerai à vivre ma vie normalement. Et pour tout vous dire, je me fais davantage de souci pour Adrien que pour moi. Il n'est pas venu au lycée cet après-midi et il ne répond à aucun message.
— Veux-tu que nous contactions son père pour tenter d'arranger les choses ? demanda Sabine.
— J'en parlerai à Adrien, mais je ne pense pas que vous pouvez faire quoi pour l'aider. Son père est vraiment spécial. Je vous remercie de le proposer, en tout cas.
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Marinette monta dans sa chambre pour faire ses devoirs. Une heure plus tard, sa mère l'appela.
— Tu as de la visite, Marinette, cria-t-elle.
Espérant que c'était Adrien, Marinette descendit en trombe, pour se trouver face à Nathalie, le visage sévère.
— Monsieur Agreste veut vous parler, dit l'assistante sans un salut.
Elle sortit une tablette de son sac et présenta l'écran. Le visage de Gabriel apparut. Marinette comprit instantanément que quelque chose de terrible allait arriver.
— Mademoiselle Dupain-Cheng, votre relation avec mon fils fait du tort à la marque Gabriel Agreste, dit froidement le père d'Adrien. J'exige que vous y mettiez un terme sur le champ.
— Nous ne faisons rien de mal, protesta Marinette. La personne qui a fait cette vidéo laisse entendre des choses qui ne sont jamais arrivées.
— Si vous refusez, je serai dans l'obligation de retirer Adrien du lycée et il ne reverra plus ses amis.
— Adrien n'a rien fait pour mériter ça ! protesta Marinette.
— Eh bien, faites le bon choix ! Je ne veux plus que vous lui parliez ni que vous l'approchiez d'une manière ou d'une autre. Il m'a semblé comprendre que vous vouliez travailler dans la haute couture ? Si vous ne voulez pas que je détruise votre carrière avant même qu'elle commence, je vous conseille de faire exactement ce que je vais vous demander. Vous allez immédiatement lui écrire que votre petite histoire est terminée et que vous ne voulez plus qu'il vous adresse la parole. Vous avez une heure, pas une minute de plus. Ensuite, faites en sorte que je n'entende plus jamais parler de vous. Car je saurais vous le faire regretter, mademoiselle. Des parasites comme vous, j'en ai écrasé plus d'un.
Le corps de son père s'interposa entre Marinette et la messagère.
— Sortez immédiatement d'ici, grogna Tom d'une voix furieuse. Faites également en sorte que je n'entende plus parler de vous. Je ne vous laisserai pas insulter davantage ma fille !
Marinette ne vit pas le départ de Nathalie. Elle sentit à peine les mains de sa mère sur ses épaules ni n'entendit les imprécations de son père. Elle réfléchissait intensément. Adrien, retiré du lycée. Adrien, coupé de tous ses amis. Marinette ne doutait pas que Monsieur Agreste ait l'intention de mettre ses menaces à exécution. Allait-il simplement enfermer Adrien ? L'éloigner ? Le mettre dans un pensionnat ? Tout était possible. Que deviendrait le tendre Adrien, sans personne d'attentionné près de lui, sans la possibilité de s'échapper en tant que Chat Noir ? Parce que s'il ne pouvait plus venir combattre, elle n'aurait pas le choix. Elle allait devoir lui reprendre le Miraculous et le confier à quelqu'un autre. Elle était la gardienne, elle ne pouvait se laisser détourner de son devoir pour des raisons sentimentales.
Elle allait devoir se soumettre. Elle devait permettre à Adrien de sortir de chez lui, de profiter de Chloé, Nino, Sundar. Elle devait s'effacer pour que les autres puissent le soutenir. Allait-elle parvenir à lui parler, une fois au moins, pour qu'il sache qu'elle l'aimait toujours et qu'elle attendrait le temps qu'il fallait pour qu'il soit libre de la voir ? Elle en doutait. Gabriel Agreste savait qu'il pouvait faire appliquer ses interdictions, sinon, ils ne les auraient pas prescrites.
Mais elle trouverait une solution. Elle utiliserait Ladybug comme messagère, s'il le fallait. Oui, elle irait le voir plus tard, cette nuit. Il était normal qu'elle le fasse. Ladybug savait que le porteur du Chat avait des ennuis et elle allait s'assurer qu'il gardait le moral.
— Marinette !
Le ton paniqué de sa mère fit sortir la jeune fille de sa transe.
— C'est bon, Maman, je vais bien. Je réfléchissais.
— Marinette, on va voir ce qu'on peut faire. On connaît un peu le maire, tu sais qu'on fait des réceptions pour lui. On va aller lui parler et…
— Non, ne faites pas ça, vous perdriez le marché, c'est tout. Je vais me débrouiller. Je vous laisse. Je n'ai plus que cinquante-cinq minutes pour écrire à Adrien.
Bon, voilà, cela se complique. Il va de nouveau falloir gérer le risque "Chat Blanc". Nous verrons dans le prochain chapitre comment nos tourteraux arriveront à gérer cette situation. Le prochain chapitre s'appellera : "Savoir ce qu'est une famille".
