XXIV - Le courant général
Le même jour, juste avant la pause déjeuner, Sundar reçut un message de Marinette :
#RDV préau 13:15
Il avait déjà reçu ce genre de convocation pour chacune des réunions anti-Lila. Au vu de la situation, il ne s'étonna pas que Marinette les réunisse. Il se tourna vers Sabrina, qui était ce matin-là à côté de Chloé, et elle lui rendit son regard avec un petit hochement de tête. Elle avait également eu le message.
Ils arrivèrent tous en même temps à leur endroit habituel. Sundar nota que Marinette avait l'air sombre. Il la sentit tendue.
— Ça va ? demanda-t-il. Tu as encore beaucoup de réflexions désagréables ?
— Le communiqué officiel de la maison Gabriel Agreste a été lu par pas mal de monde, répondit Alya à sa place. Les choses se calment petit à petit.
— J'ai entendu parler de la discussion de couloir entre Marinette et Adrien, compléta Nino. Ça a déjà fait le tour du lycée et la plupart sont convaincus que la vidéo est un fake. Le fait que personne ne savait qu'ils sortaient ensemble joue en leur faveur.
— Ce n'est pas pour ça que je vous ai réunis, coupa Marinette. Je me fiche de ce qu'on raconte sur moi. C'est la situation d'Adrien qui est préoccupante. On lui a coupé internet et confisqué son téléphone. C'est pour ça qu'il n'a répondu à personne. Son père m'a obligée à lui envoyer un message de rupture. Si je ne l'avais pas fait, Adrien ne serait pas au lycée aujourd'hui.
Des exclamations fusèrent.
— Quoi ! cria Alya. Mais pourquoi tu ne m'en as pas parlé ?
— Pour que tu ne réagisses pas comme ça devant d'autres personnes, répondit Marinette.
— Comment Adrien a-t-il eu ton message, s'il n'a ni internet ni téléphone ? interrogea Chloé. Et comment sais-tu tout ça, si tu ne peux pas communiquer avec lui ?
— Il a réussi à me faire passer un mot manuscrit. Je suppose qu'il a soudoyé quelqu'un qui travaille au manoir. Pour le téléphone, je pense que son père y a accès. Monsieur Agreste a pu vérifier que je m'étais exécutée et il s'est arrangé pour qu'Adrien le sache. Ce qui m'amène au point suivant : tout ce qui est dans le téléphone d'Adrien, et sans doute aussi son ordinateur, doit être considéré comme connu de son père. Cela veut dire que tous les messages que vous lui avez envoyés ont été lus et que tout ce que vous avez dit ou direz sur les groupes de discussion auxquels il a accès sera connu de Monsieur Agreste. Ce que je vous dis là, maintenant, ne doit pas être répété sur nos groupes. Pour plus de sécurité, je préférerais que vous ne mettiez rien par écrit.
Un silence lourd accueillit ses paroles.
— Attends, dit Sundar, qui trouvait ces informations incroyables. Tu es en train de me dire que le père d'Adrien espionne son téléphone et qu'il t'a obligée à rompre avec lui ?
— Oui.
— Mais pourquoi il ferait ça ?
— C'est un maniaque du contrôle. Tu n'as pas remarqué qu'Adrien ne peut pas sortir quand il veut ?
— Tu m'as dit que c'était parce qu'il ne voulait pas être reconnu par ses fans.
— J'ai un peu arrangé la vérité parce qu'Adrien n'aime pas qu'on le plaigne.
— C'est quoi le rôle de Lila, dans tout ça ? interrogea Sabrina. Adrien semble obligé de se mettre à côté d'elle.
— Elle est là pour l'espionner, c'est évident ! répondit Chloé.
— Je ne sais rien à ce sujet, avoua Marinette. Je suppose que son rôle est de vérifier qu'Adrien ne peut pas échanger en privé avec moi et qu'aucun de vous ne nous sert d'intermédiaire. Elle ne le lâche pas d'une semelle, je suppose.
— Elle l'a suivi jusqu'à sa voiture ce midi, confirma Chloé. Il ne mange plus à la cantine.
— As-tu pu dire à Adrien que tu avais été obligée de rompre avec lui ? s'inquiéta Alya.
— Pas encore. Je n'ai pas pu répondre à son message d'hier et je ne voulais pas prendre de risque ce matin avec tout le monde autour de nous. Je vais tenter de lui faire parvenir un mot ce soir. Surtout, ne dites ça à personne. Officiellement, vous pensez que tout va bien pour lui.
— Tu as parlé avec Kagami ? demanda Nino.
— Je n'ai pas osé lui écrire. On ne se parle pas vraiment depuis… enfin vous comprenez. Je vais le faire ce soir. Il faut la prévenir que Monsieur Agreste sait tout.
— Qu'est-ce qu'on peut faire pour aider ? demanda Sabrina.
— Je pense qu'il faut soutenir Adrien le plus possible. Quand il est chez lui, il est totalement coupé du monde. Quand il est ici, il faut aller le voir et lui remonter le moral.
— On ne peut pas lui parler sans que Lila soit derrière lui, rappela Chloé.
— Eh bien, parlez-lui devant elle. Racontez-lui votre week-end, les trucs marrants que vous avez vus sur le net. Il faut qu'il sache qu'on ne le laisse pas tomber.
— Tu crois qu'elle va le suivre dans les toilettes ? demanda Nino.
Ils se regardèrent.
— Je suppose qu'elle se limitera à attendre devant la porte, finit par estimer Marinette.
— Sundar, si tu le vois y aller, fonce ! lança Nino.
— Et je lui dis quoi ?
— Que Marinette nous a expliqué la situation, répondit Nino.
— Et que je n'ai pas eu le choix, ajouta Marinette. Et fais attention que personne d'autre ne vous entende et que Lila ne se doute de rien.
— Tentez de vous donner rendez-vous précis pour la fois d'après, compléta Nino. J'essaierai d'être là.
— Et s'il n'y va pas ? opposa Sundar.
— Le cours d'EPS demain ! s'écria Chloé. Quand on pose nos affaires dans les vestiaires, tu pourras lui parler et établir des rendez-vous pour la suite.
— Si je n'ai pas réussi à lui faire parvenir un message, je te donnerai un mot à lui faire lire, lui dit Marinette. Tu veux bien ?
— Évidemment !
— Et contre Lila, qu'est-ce qu'on fait ? demanda Sabrina.
— On ne fait rien. Si on s'en prend à elle, Adrien ne viendra peut-être plus. Elle a son utilité.
— Qui vous a filmé ? interrogea soudain Alya. C'est forcément quelqu'un du lycée.
— Tu crois que c'est Lila ? demanda Sabrina.
— Je pense plutôt à Louane, fit savoir Marinette.
Elle raconta la discussion qu'elle avait eue avec elle, juste avant de rejoindre Adrien.
— Tout est ma faute, avoua-t-elle pour terminer. J'aurais dû être plus prudente. On savait tous les deux que c'était risqué de nous rencontrer en douce. Mais Adrien a tellement peu de temps disponible…
Elle s'interrompit, les larmes aux yeux. Alya l'enlaça et dit :
— On comprend Marinette. On sait que son père lui pourrit la vie et que vous n'aviez pas le choix. Ce n'est ni ta faute ni la sienne. Si vous aviez pu vous voir normalement, tout cela ne serait pas arrivé.
— Je suis certaine que la vidéo est de Lila, estima Chloé, parfaitement indifférente à l'émotion de Marinette. Louane est trop stupide pour faire ça. Elle a peut-être filmé, mais le montage est du Lila pur sucre. Tout dans l'insinuation. Même si elle est prise la main dans le sac, elle va prétendre qu'elle ne pensait pas à mal et qu'elle n'est pas responsable si les gens pensent que Marinette est une fille qui couche pour réussir.
— Merci Chloé, pour cette dernière précision, fit Nino d'un ton ironique.
— Je ne fais que répéter ce que j'entends.
— Personne n'a besoin que tu le fasses, dit sèchement Alya.
— Sur le groupe des copains, ils n'arrêtent pas de demander de ses nouvelles, indiqua Sabrina. Qu'est-ce qu'on répond ?
Tout le monde attendit que Marinette leur donne ses instructions.
— Si monsieur Agreste a accès aux mails d'Adrien, finit-elle par énoncer d'un ton songeur, il sait que nous sommes ensemble depuis des semaines et que vous le savez. Sur la vidéo, dites simplement qu'on tentait d'échapper aux photos volées, et que c'est raté. Faites savoir que, compte tenu de la situation, nous avons décidé de nous séparer. Si on vous demande si Adrien a eu des problèmes avec son père, dites qu'il ne vous en a pas fait part. Tentez de limiter toutes les extrapolations.
Ils hochèrent tous la tête pour montrer qu'ils avaient compris.
— Bon, dispersons-nous avant que Lila nous repère.
-o-
Dans la voiture qui le ramenait chez lui pour le déjeuner, Adrien tenta de faire le point. Trop bouleversé la veille pour réfléchir sainement, il ne s'était pas encore demandé ce que son père savait réellement. Or Nathalie avait visiblement accès à son téléphone, puisqu'elle avait réussi à l'allumer et lui montrer le message de Marinette.
Ce n'avait sans doute pas été très difficile, réalisa-t-il. Nino une fois avait bloqué son téléphone. Il avait pu retrouver son accès grâce à un code spécial, indiqué sur l'interface de son opérateur téléphonique. C'est Nathalie qui avait pris l'abonnement d'Adrien. Elle avait accès à ce code.
Il pouvait donc estimer qu'elle avait désormais lu toute sa correspondance et son historique internet. Quels éléments pouvait-elle en tirer ?
Il considéra que son père savait désormais qu'il avait rompu depuis longtemps avec Kagami. C'était très ennuyeux pour son amie – malheureusement, il ne pouvait rien faire à ce sujet – mais cela l'exonérait au moins d'un acte honteux. Par ailleurs, sa relation avec Marinette n'était plus un secret. Leurs rencontres bi-hebdomadaires devaient clairement apparaître. Enfin, son père savait désormais qu'il était capable de lui mentir sans vergogne. Il fallait qu'il le garde à l'esprit. Son père ne pouvait plus lui faire confiance, d'où le chien de garde qu'il lui avait imposé.
Adrien ne pensait pas avoir laissé d'indices sur sa vie héroïque. Tout au plus, son historique internet montrerait qu'il passait du temps sur le Ladyblog et sur les forums consacrés aux héros. Heureusement, il n'avait participé à aucune discussion. Cela n'intéresserait sans doute pas son père.
Le point délicat était les groupes de discussion avec ses amis. Qu'allaient-ils dire sur lui ? Il espéra que ses plus proches camarades ne diraient rien de compromettant. Il fallait qu'il fasse passer ce message-là à Marinette.
-o-
#Kagami, as-tu pu échanger avec Adrien ?
#Pourquoi veux-tu le savoir ?
#Peut-on se voir ?
#Pourquoi ?
#Il y a des choses que je ne peux pas mettre par écrit.
#Je suis en train d'aller à mon cours d'escrime. Je te parlerai si tu es là quand j'en sors.
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Marinette arriva quelques minutes avant que Kagami ne sorte du bâtiment.
— Il n'est pas venu, lui indiqua l'escrimeuse, sans la saluer.
— Son père le boucle. Il peut venir en cours, mais pas nous parler librement. Et il n'a plus accès à son téléphone. Si jamais tu lui as écrit, il n'a pas pu avoir ton message. Par contre, son père a pu le lire.
Kagami resta quelques instants à analyser les informations qu'on venait de lui donner.
— Tu aurais pu songer à sa réputation, finit-elle par dire.
— Il ne faut pas croire tout ce qu'on voit sur internet, répliqua Marinette.
— Que veux-tu de moi ?
— Je voulais te prévenir que Monsieur Agreste savait la vérité sur vous deux. Et puis, je voulais savoir comment tu allais. J'espère que cela se passe mieux pour toi que pour lui.
— Je me débrouille.
— Bien. Je ne te retiens pas plus longtemps, conclut Marinette, comprenant que son ancienne amie n'avait pas l'intention de lui faire des confidences.
Kagami se détourna et entra dans la voiture qui s'était avancée pour la ramener chez elle.
-o-
Adrien attendait Ladybug. Il était vingt heures. Il avait déjà mangé et avait terminé ses devoirs. Il avait poussé de nouveau la table basse contre sa porte, pour être certain qu'ils ne seraient pas dérangés. Il savait que sa partenaire n'allait pas venir si tôt, mais il brûlait de la voir. Il était aussi impatient de lui parler que de recevoir une réponse de Marinette. (Non, il ne devait pas trop espérer. Elle avait le droit de ne pas lui répondre et tenter d'avancer de son côté. Il lui avait fait du tort, elle ne lui devait rien.)
— On fait une partie de baby-foot ? proposa Plagg.
— Mhum.
— Tu m'agaces à tourner en rond. Les choses ne vont pas si mal. Tu as été au lycée, tu vas avoir de la visite. C'était drôle, non, ce que Nino a raconté, cet après-midi à la pause ?
— Ouais, j'ai adoré comment il a snobé Lila, reconnut Adrien. Allez, tu as raison, on se fait une partie.
Plagg et Adrien étaient en train de discuter un point litigieux ‒ Plagg trichait éhontément ‒ quand on frappa au carreau. Adrien se précipita pour ouvrir la fenêtre à sa partenaire.
— Bonsoir Chaton, bonsoir, Plagg !
— Bonsoir Milady.
Adrien ne put s'empêcher de vérifier qu'elle n'avait rien dans les mains.
— J'ai ta réponse, Chaton, lui fit-elle immédiatement savoir.
— Pardon, Buguinette, je suis très impoli. Je suis content de te voir.
— Tu sembles surtout très amoureux, sourit-elle en ouvrant son yoyo et en sortant une enveloppe.
Il se jeta dessus et s'éloigna un peu pour l'ouvrir et déchiffrer le mot qui était dedans.
Mon croissant doré
Je suis tellement désolée de te savoir si isolé et malheureux. Je suis navrée d'avoir dû t'envoyer cette déclaration. Je sais que cela t'a fait souffrir. Je n'ai pas eu le choix. Si je ne l'avais pas fait, tu n'aurais pas pu retourner au lycée.
Je n'ai qu'une envie, c'est de te serrer dans mes bras et de te dire combien je t'aime. Je veux effacer ce que j'ai dû écrire et que tu saches combien cela m'a coûté.
Tiens bon, mon amour. On se mobilise tous pour toi. Sundar et Nino vont tenter de te rencontrer sans témoins dans les toilettes et les vestiaires de gymnastique.
J'ai parlé avec Kagami. Elle m'a dit qu'elle se débrouillait. Elle m'a dit t'avoir écrit. Je suppose que tu n'as pas pu la lire. Ton père peut-il avoir accès à ton téléphone ?
Si la situation ne s'arrange pas et qu'il faut t'attendre deux ans, je le ferai. N'aie aucun doute là-dessus. Je t'aime depuis trop longtemps pour t'abandonner au premier obstacle.
Prends soin de toi
Ton bonbon fondant
S'il n'avait pas été sous le regard de Ladybug et Plagg, il aurait embrassé le papier. Il se contenta de les regarder en souriant largement :
— Marinette a été obligée de rompre et n'en pense pas un mot. C'est grâce à ça que j'ai pu retourner au lycée.
— Tant mieux, dit Ladybug. Te voilà avec un souci de moins.
— Oui, je me sens beaucoup mieux. Cette fille, je ne la mérite pas !
— Moi, je pense que le héros qui sauve Paris chaque semaine mérite d'être heureux en amour, estima Ladybug.
— Et l'héroïne qui en fait autant ? lui retourna Adrien.
— Elle ne se plaint pas. Ça ne va pas trop mal, assura-t-elle avec un grand sourire.
— Tu as trouvé mieux que l'autre abruti qui ne t'avait pas calculée, j'espère, lui souhaita sincèrement Adrien.
Ladybug éclata de rire.
— Un jour, je te raconterai mes histoires de cœur, promit-elle, mais pas aujourd'hui.
— J'attends ce moment avec impatience, commenta Plagg.
— Bon, dit Ladybug. C'est bien que tu aies pu retourner en cours. Tu as un peu de liberté, là-bas ?
— Oui et non. Je peux parler à mes amis, mais pas à Marinette. Je suis tout le temps suivi par celle qui devient régulièrement Volpina. Ça risque d'être chaud au prochain combat, si c'est quand je suis au lycée.
— Ah, fit Ladybug d'un ton ennuyé.
Il y eut un silence, puis Adrien rassembla son courage et demanda :
— Il faut que je rende la bague ?
— Quoi ? fit sa partenaire en sortant de ses pensées. Non, non, j'étais en train de me demander si je pouvais confier un amalgame à Méli si l'alerte tombe pendant tes heures de classe. Tiens, je t'ai apporté le petit chat porte-bonheur. Il vibrera quand j'appuierai sur le bouton de la télécommande.
Adrien soupira de soulagement. On lui laissait la possibilité de quitter sa prison dorée.
— Je vais encore te demander quelque chose, en profita-t-il. Si cela t'ennuie, je ne le fais pas, je le promets.
— Quoi ?
— Je voudrais aller voir ma petite amie. Ce ne sera pas plus dangereux que d'échanger des lettres.
Ladybug ne répondit pas. Elle fixait ses pieds d'un air pensif.
— Tu penses lui révéler qui tu es ? demanda-t-elle.
— Non. Si je me détransforme avant d'arriver chez elle, je pourrais prétendre que quelqu'un me permet de sortir de chez moi le soir. C'est aussi plausible que notre messager fantôme.
— Il va devenir dingue coincée avec la menteuse au lycée et enfermé ici le reste du temps, intervint Plagg. De toute manière, il va sortir, et ni toi ni moi ne pouvons l'en empêcher. Autant savoir où il va.
— Elle te manque tant que ça ? demanda Ladybug à Adrien sans le regarder.
Adrien ferma les yeux, il tenta de répondre, mais l'émotion lui serra la gorge. Avant qu'il ne puisse retrouver l'usage de sa voix, il sentit une petite main sur son bras.
— D'accord, dit doucement Ladybug. Mais pas tous les jours. Et en étant très prudent. Fais-lui un mot ce soir et tente de la voir demain, d'accord ?
— Merci, ma Lady. Je ne te le ferai pas regretter.
— Il faut que j'y aille. Écris ta réponse, que je puisse la lui porter.
Adrien s'exécuta. Il inscrivit sa réponse au verso du message de sa dulcinée. Il aurait aimé garder ce mot pour le lire et le relire, mais il devait être prudent. Il était persuadé que son père n'hésiterait pas à faire fouiller sa chambre en son absence. Il sentait que ces mois de mensonges avaient fait sauter une digue. Aucun des deux ne pouvait plus faire confiance à l'autre. Il ne pouvait conserver que l'enveloppe où elle avait inscrit son prénom.
Ladybug partit rapidement ensuite. Il se coucha en songeant au lendemain. Il allait croiser ses amis au lycée et revoir Marinette le soir. Plagg avait raison. Cela ne se présentait pas si mal.
-o-
Marinette déplia le papier qu'Adrien lui avait confié, dès qu'elle fut détransformée.
Mon petit caramel
Au fond de moi, j'espérais que ce ne soit pas une vraie rupture, mais j'ai honte d'avoir pensé que cela pouvait être réel. J'aurais dû te faire davantage confiance. Pardonne-moi.
J'ai l'impression de ne pas mériter l'immense bonheur que j'éprouve désormais. Tu es formidable. J'ai une chance inouïe de te connaître. Je t'aime de tout mon cœur.
Mon père a effectivement accès à mon téléphone. Dis aux copains de faire attention à ce qu'ils disent sur les groupes dont je fais partie. N'hésitez pas à me désinscrire pour parler plus librement – de toute manière, je ne peux plus vous lire.
Tu me manques atrocement. Je vais voir si je peux me débrouiller pour sortir en douce.
Je sais que je suis égoïste d'accepter que tu restes avec moi, alors que notre avenir est aussi incertain. Je sais que je devrais être capable de renoncer à toi pour ton bien, mais tu es une des choses les plus belles que je n'ai jamais eues. Je ne peux pas m'empêcher de compter sur toi.
Je t'embrasse bien fort
Ta brioche au sucre
Elle serra la missive contre son cœur et demanda :
— Tikki, tu crois que j'ai eu tort, de lui permettre de venir ?
— C'est un risque certain, mais rester séparés n'est pas une bonne chose non plus. Vous êtes irrémédiablement liés.
— Ma tête me disait non, mais ma bouche a dit oui. Ce garçon me rend folle !
— Je crois que c'est réciproque.
— Je sais que ça l'est. Ça va être long, maintenant d'attendre 24 heures.
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Le lendemain, Adrien réalisa qu'il allait être débarrassé durant quelques minutes de Lila, alors qu'il entrait dans les vestiaires des garçons. Il vit le sourire moqueur de Chloé, quand sa garde-chiourme réalisa qu'elle ne pouvait pas le suivre. Il se demanda si elle oserait avouer à son père qu'elle l'avait un moment perdu de vue.
Sundar se plaça à côté de lui, quand il posa son sac et commença à retirer son manteau.
— Ça va ? Tu tiens le coup ? demanda-t-il tout bas, sans le regarder.
— C'est bon, le rassura Adrien. Merci de t'inquiéter.
— Je ne sais pas si tu as pu avoir un mot de Marinette, mais elle te fait dire qu'elle n'a pas voulu rompre, elle était obligée.
— Je l'ai reçu, merci. Elle va bien ?
— Je crois. C'est vrai qu'elle ne parle pas beaucoup d'elle. Elle s'inquiète beaucoup pour toi. Et puis Nino aimerait te parler aussi. On a pensé à des rencontres dans les toilettes.
— Si mon père savait ce qu'il me fait faire ! trouva le moyen de plaisanter Adrien, faisant rire Sundar.
— Dis comme ça, c'est vrai que ça fait bizarre. La pause de 15 heures 30, ceux à côté du cours de science, ça te va ?
— Impec, ça me changera des locaux techniques ! sourit Adrien.
Tout leur groupe sortait et ils furent obligés de suivre. Juste avant qu'ils ne rejoignent les filles dans le gymnase, Adrien souffla :
— Merci, mon vieux, ça fait du bien de savoir que vous êtes tous là !
Ils échangèrent un sourire et Sundar laissa trois camarades passer, pour ne pas sortir en même temps qu'Adrien.
-o-
— Je peux te parler, Alix ?
— Je suppose que c'est à Bunnyx que tu t'adresses.
— Oui, c'est vrai.
Les deux jeunes filles étaient dans un coin tranquille de la cour. Personne ne pouvait surprendre leur conversation.
— Tu sais ce que je vais te demander, se douta Marinette.
— Je te laisse le formuler.
— Ok. Est-ce que ce qui se passe actuellement est supposé se passer ainsi ?
— Je ne peux pas te répondre avec précision. Tout ce que je sais, c'est que le futur est le même que celui que j'ai inspecté quand tu m'as donné mon Miraculous.
— C'est comme ça que tu fais ? Tu as établi une référence et tu vas faire ton possible pour ne pas en dévier ?
— Tout à fait.
Marinette réfléchit et demanda :
— Est-ce que ta référence est celle dont nous a parlé ton futur moi ?
— Grosso modo. Je ne suis pas allée voir les détails.
— Cela ne t'intéresse pas ?
— Ce n'est pas ça. Ce qui compte, c'est le courant général. Toi et ton groupe de héros. Le Papillon, qui ne doit pas vous vaincre. Je ne veux pas risquer de faire varier ça en tentant de corriger des faits mineurs.
— Le fait qu'Adrien et moi soyons ou pas ensemble est un fait mineur, je suppose, dit Marinette d'une voix amère.
— Marinette, je vous aime beaucoup et je vous souhaite tout le bonheur du monde. Mais mon boulot n'est pas de faire en sorte qu'Adrien et toi viviez heureux et ayez beaucoup d'enfants. C'est de contenir le Papillon et qu'il n'obtienne pas les Miraculous de la Coccinelle et du Chat. Je n'ai tout simplement pas le droit de mettre le reste en péril pour vous. Ce n'est pas pour ça que tu m'as choisie.
Marinette baissa la tête, vaincue. Inutile de demander à Bunnyx de modifier ce présent. Elle n'avait pas beaucoup d'espoir en approchant sa camarade, mais elle n'avait pas voulu laisser passer une chance d'aider Adrien. Alix dut deviner ce à quoi elle pensait, car elle ajouta :
— Je comprends que tu aies voulu vérifier que je ne pouvais rien faire. Ce n'est pas trahir ton devoir ou être faible que d'avoir essayé. Mais nous savons toutes les deux ce que doit être ma réponse.
Marinette hocha la tête :
— Je… je suppose que je dois me féliciter de t'avoir bien choisie, conclut-elle courageusement.
— Tu as le droit d'être en colère contre moi, même si c'est injuste, dit gentiment Alix. Je comprendrais. Et en tant que moi-même, tu peux me demander ce que tu veux. Vous êtes mes amis, j'ai envie de vous aider.
— Ce qui est important, c'est de soutenir Adrien. Il faut lui montrer que, malgré son père et Lila, il fait toujours partie de la bande.
— Je vois. Et pour toi, qu'est-ce qu'on peut faire ?
— Je vais bien, je n'ai besoin de rien. Nous… Adrien doit venir me voir ce soir. Il va prétendre qu'il a trouvé un moyen de sortir de chez lui.
— C'est bien. Mais tu as dû fermer ton compte Instagram, alors qu'il était bien lancé. C'est moche.
— J'en suis moins contrariée que j'aurais cru. Je m'inquiète davantage pour Adrien. Et puis Alya m'assure que je pourrais le rouvrir d'ici quelques semaines quand toute cette fange sera retombée. Mais j'avoue que ce n'est pas ma première préoccupation. En fait, j'ai beaucoup de mal à me projeter dans l'avenir. J'ai l'impression que ma vie peut basculer à tout moment et que cela ne sert à rien de prévoir à long terme.
— Ce n'est pas très bon, ça, Marinette, s'inquiéta Alix.
— Un jour, ton futur toi m'as dit que connaître son futur, c'est comme savoir à l'avance ce que va être ton cadeau de Noël. Elle avait raison. Je n'en ai pas vu tellement, mais c'est déjà trop. Comment se motiver quand on sait que tout est joué d'avance ?
— Arrête, Marinette, s'écria Alix en prenant sa camarade par les épaules. Rien n'est joué avant que tu ne le fasses. Si tu baisses les bras maintenant, la partie va se modifier. Reprends-toi !
Marinette fixa Alix et dit :
— Je suis désolée. J'ai parlé comme une mauviette. Chaque moment est important et je ne peux pas me permettre de laisser tomber. T'en fais pas, j'ai compris, je ferai ce qu'il faut.
Alix attira Marinette vers elle dans une étreinte amicale.
— Courage, ma belle, dit-elle doucement. Tu vas y arriver. Et si tu as besoin d'être encouragée ou de parler de tous tes secrets avec quelqu'un, tu sais où me trouver.
— Cest vrai. Merci, Alix.
-o-
Nino était déjà sur place quand Adrien poussa la porte des toilettes quelques heures plus tard. Il se plaça devant l'urinoir contigu.
— Il paraît que tu veux me voir ? fit-il d'un ton détaché.
— Ouais, mec, c'est ça, joue au dur ! répliqua Nino en souriant. Enfin, je suis content que tu trouves le moyen de t'amuser de la situation. D'après Marinette, ton paternel n'y est pas allé avec le dos de la cuillère.
— Les conditions de détention sont un peu meilleures qu'à Guantanamo, relativisa Adrien avec humour. C'est quand même pénible d'être sans téléphone et de ne pas pouvoir communiquer avec vous. Vous me manquez.
— Toi aussi tu nous manques, mec. On t'attend pour finir de faire sa fête au Wither sur Minecraft. Pas question de continuer sans toi.
— Vous risquez d'être coincés longtemps, soupira Adrien. Autre chose : je m'inquiète pour Marinette. Ça en est où la campagne de dénigrement ? Elle ne souffre pas trop ?
— Elle évite internet pour être tranquille. Elle a dû suspendre son compte, mais s'inquiète plus pour toi que pour elle. Ici, entre la communication de ton père et votre échange dans le couloir, les gens se sont calmés et ils la laissent en paix. Ceux qui sont un peu longs de la comprenette se font incendier par Alya. T'en fais pas pour ta copine. Si tu veux savoir, elle fait plus peur que pitié.
— Faites gaffe, elle a tendance à s'oublier quand elle se fait du souci pour les autres. Je veux qu'elle pense à elle, pas seulement à moi.
— T'inquiète, Alya prend soin d'elle, et moi aussi.
— Ça me rassure de la savoir bien entourée.
— Elle est soulagée d'avoir réussi à te faire savoir que sa rupture était du bluff.
— Ça m'a fait du bien, confirma Adrien d'une voix qui trahissait le soulagement qu'il avait éprouvé. Bon, je dois y aller, y'en a une qui doit être en train de chronométrer le temps qu'il me faut pour soulager ma vessie.
— On se revoit quand ?
— Demain, 10 heures, premier étage, dans l'autre aile.
— Vendu.
-o-
Ce soir-là, Marinette eut beaucoup de mal à contrôler ses nerfs. Dans le fournil, elle laissa glisser une plaque recouverte de baguettes. Seuls les réflexes de son père empêchèrent la totalité des produits de glisser à terre.
— Oh, Papa, je suis désolée !
— Ne t'en fais pas, ma bichette, dit le boulanger en mettant les pains sauvés dans la panière et en jetant ceux qui avaient fini sur le sol. C'est normal que tu sois dans la lune, avec ce qui se passe.
Plus tard, pendant le repas, ce fut un verre qui s'écrasa au sol et vola en éclats. Sabine alla en prendre un autre dans le placard pendant que Marinette passait le balai. Personne ne fit de commentaire.
Ils venaient de terminer le dîner et Tom s'apprêtait à aller se coucher, quand on sonna à la porte. Marinette sursauta si fort qu'elle laissa échapper l'éponge avec laquelle elle nettoyait la table. Elle courut à la porte et l'ouvrit. Adrien se trouvait sur le seuil. Il lui lança un regard timide, comme s'il n'était pas certain d'être bien reçu.
Elle se jeta à son cou. Elle sentit ses bras se refermer sur elle et tout ce qu'elle avait réussi à contrôler jusque-là lui échappa. Elle éclata en sanglots.
Elle perçut vaguement la voix de son père dire « Ne restez pas sur le palier, les enfants », puis une pression, douce, mais ferme, qui l'incitait à se mouvoir. Sans se détacher d'Adrien, elle fit quelques pas, puis se laissa tomber assise sur le canapé, tout contre lui. Enfin, elle réussit à se maîtriser et à ravaler ses larmes.
Elle éloigna son visage de la chemise d'Adrien. Elle découvrit le visage de son amoureux, aussi bouffi que devait être le sien. Tout comme elle, il avait les joues trempées et les yeux rouges.
— Adrien, murmura-t-elle.
— Marinette, répondit-il sur le même ton.
Une main secourable leur tendit une boîte de mouchoirs et ils entreprirent de s'essuyer la figure et de se moucher, sans se quitter des yeux. Marinette finit par regarder autour d'elle et vit son père de l'autre côté de la table basse, sur un fauteuil. Sa mère était dans le coin cuisine, en train de préparer quelque chose. Le temps qu'ils reprennent tous les deux contenance, Sabine les rejoignit avec un plateau sur lequel se trouvaient quatre mugs fumants. Une odeur de cacao les enveloppa.
— Pardon d'arriver comme ça, commença Adrien.
— Chhht, fit Marinette. Je suis tellement contente de te voir.
Il lui sourit puis il se tourna vers les parents.
— Nous savons que c'est compliqué pour toi en ce moment, dit Sabine avant qu'il puisse s'excuser de nouveau.
— Surtout, ne nous dis pas comment tu as fait pour t'échapper, dit Marinette sur le ton de la plaisanterie. Il vaut mieux que nous ne le sachions pas.
Il hocha la tête, sans doute soulagé à l'idée que la question ne serait pas soulevée.
— Comment vas-tu ? s'enquit Sabine.
— Ça va, dit courageusement Adrien. Les copains sont super et Marinette est merveilleuse.
Il la couvrit d'un regard enamouré. Elle répondit par une pression sur leurs mains jointes.
— Vous devriez boire votre chocolat pendant qu'il est encore chaud, suggéra Sabine.
Ils s'exécutèrent tous les quatre. Marinette se sentit beaucoup mieux.
— C'est délicieux, complimenta Adrien en reposant sa tasse vide. Merci beaucoup.
— On doit avoir quelques gâteaux, fit Tom en se levant. Il faut que tu te fasses plaisir, mon garçon.
— Pas de problème avec ça. De toute manière, c'est terminé tous les interdits que m'impose mon père. Je ne vois pas pourquoi je l'écouterais, maintenant. Je le déteste !
Les derniers mots sonnèrent avec une telle colère que les trois Dupain-Cheng en restèrent figés. Marinette fut la première à réagir :
— Adrien, je sais que c'est dur, mais ne te laisse pas envahir par la haine, c'est dangereux.
— Je commence à en avoir assez d'être docile pour avoir quelques miettes de liberté ! revendiqua Adrien.
— Je ne te parle pas de ça. J'ai peur que tu sois akumatisé.
Elle le sentit se tendre. Il était conscient de l'enjeu.
— C'est en refusant la vengeance que Marinette a échappé à une akumatisation, l'autre jour, ajouta Sabine.
Marinette se crispa. Elle aurait préféré que sa mère n'évoque pas cet épisode devant Adrien.
— Quoi !? s'exclama-t-il d'un air horrifié. Tu as failli être akumatisée ?
— Tout va bien, il ne s'est rien passé, tenta-t-elle de minimiser.
— Tu l'as repoussé ? insista Adrien.
— Tout à fait, répondit Tom avec orgueil en posant une boîte contenant des douceurs devant Adrien. Et elle nous a ensuite aidés à en faire de même, quand il s'est attaqué à nous après.
Adrien les regardait, effaré, visiblement à court de mots.
— Tout s'est bien terminé, conclut Sabine. Marinette l'a emprisonné dans un verre et puis Ladybug est venue dans la nuit pour le purifier.
— Vraiment ? s'étonna Adrien.
— Elle a dû passer dans le coin et le repérer, avança rapidement Marinette. On avait laissé la fenêtre ouverte.
Adrien dut se souvenir qu'il avait lui-même envoyé sa partenaire dans l'immeuble pour déposer un message. Il hocha la tête et dit :
— C'est fou, cette histoire ! Vous êtes des personnes extraordinaires.
— C'est en pensant à toi qu'on a résisté, lui apprit Marinette. On s'est dit que tu aimais ton père et que tu ne voudrais pas qu'on lui fasse du mal. Il faut que tu sois dans le même état d'esprit. C'est normal que tu te sentes fâché et c'est sans doute là-dessus que misera le Papillon. Si jamais cela arrive, souviens-toi de tes sentiments pour ton père et, qu'en réalité, tu ne veux pas qu'il lui arrive quoi que ce soit.
— Je ne suis pas certain de ne pas le vouloir, dit Adrien d'un ton buté.
— Tu sais, mon garçon, intervint Tom, je suis resté plusieurs années sans parler à mon père. Il est très rigide et, quand j'ai épousé Sabine qui est allergique au gluten, j'ai commencé à prendre de la farine de riz pour faire mon pain. C'est lui qui m'avait tout appris et il a très mal vécu que je modifie sa recette. Il m'a dit que tant que je m'obstinerais, il ne voudrait plus me voir. Évidemment, j'étais furieux qu'il le prenne ainsi et qu'il ne comprenne pas que je change mes habitudes pour la femme que j'aimais. On s'est donc éloignés l'un de l'autre. Mais durant toutes ces années, il est resté mon père et j'ai continué à l'aimer. Je sais qu'il en a été de même de son côté. Cela nous a permis de nous réconcilier, des années plus tard, quand Marinette est allée le voir. Il ne reconnaîtra jamais ses torts et je ne céderai jamais sur ma farine, mais nous continuons à nous considérer comme père et fils.
Adrien resta un moment silencieux, assimilant le message du boulanger. Ses hôtes respectèrent cette réflexion.
— Avez-vous réussi à lui pardonner tout de suite ? finit par demander le jeune homme.
— Non, pas du tout. J'étais jeune et réactif, comme tu l'es. Mais je n'aurais pas voulu que quelqu'un s'en prenne à lui pour autant. Ce n'est pas comme ça qu'on règle ce genre de différend. Comme pour moi, le temps va passer. Tu vas avoir l'opportunité de faire tes choix et tu pourras lui montrer qu'ils te rendent heureux.
Marinette sentit Adrien se détendre dans ses bras. Tom avait réussi à dénouer quelque chose chez son amoureux. Elle se sentit pleine de reconnaissance pour ses parents. Une fois de plus, elle mesura la chance qu'elle avait d'être née dans cette famille.
— Je comprends ce que vous voulez dire et je vais le prendre en compte, dit Adrien. Merci.
Sabine se leva et dit :
— Nous allons maintenant vous laisser tous les deux. Ne rentre pas trop tard chez toi, Adrien. Je n'aime pas l'idée que tu sois dehors au milieu de la nuit. Et puis, vous avez besoin de dormir, les enfants. Vous avez classe, demain.
— On va dans ma chambre, décida Marinette pour laisser l'usage de la pièce de vie à ses parents.
— Avec votre permission, ajouta poliment Adrien.
— Allez-y. Vous avez sans doute beaucoup de choses à vous dire, dit gentiment Sabine.
— Merci encore, ajouta Adrien. Vous m'apportez beaucoup.
— À ton service, mon garçon, répondit Tom avec bonhomie.
Marinette prit son amoureux par la main, rafla la boîte de gâteaux et entraîna Adrien vers la pièce du dessus.
Voilà pour ce chapitre. Comme vous pouvez le constater, Adrien et Marinette n'ont pas l'intention de se laisser séparer. Allons-nous pour autant éviter Chat Blanc ?
À très bientôt pour le chapitre suivant qui s'appellera : Purger sa peine.
