Bienvenue sur cette nouvelle fiction, j'espère qu'elle vous plaira ;) Elle devrait durer six ou sept chapitres (normalement !)

N'hésitez pas à me laisser un petit mot doux dans les reviews pour me dire ce que vous en pensez !

Merci à Takkaori pour la correction !


Résumé : "C'est le room-service !" Ancien junkie et sans-abris, Allen se voit offrir la chance de travailler dans un hôtel de luxe et de fuir son passé. Mais lorsque l'un de ses collègues disparaît dans de mystérieuses circonstances, c'est tout ce nouveau monde parfait qui s'écroule autour de lui. UA. Yullen

Le début et la fin des flash-back sont inscrits en gras. Les pensées des personnages en POV sont en italique (généralement on se trouve dans la tête d'Allen).

Les personnages ne m'appartiennent absolument pas et seul le premier chapitre comporte de la violence (le passage en flash-back).


Chapitre 1 : L'Hôtel Millénaire.

« C'est le room-service ! » Sa voix enjouée réveilla les clients. Qui osait les réveiller ainsi de si bon matin?

La femme fit signe à l'homme d'aller ouvrir la porte, ce dernier soupira d'exacerbation mais il se leva tout de même. Dans la plus grande chambre de tout l'hôtel, madame avait tous les pouvoirs. Il se dirigea vers la porte d'un pas lent, n'ayant cure de faire attendre le personnel. Il l'ouvrit d'un air peu commode espérant effrayer l'imbécile qui s'était permis de les réveiller.

Mais en voyant le sourire radieux du jeune garçon, l'homme d'un âge plus mûr ne put s'empêcher de lui sourire en retour, après quoi il prit la commande que le garçon du room-service lui tendait. Il remercia le drôle de garçon aux cheveux blancs neige, sans oublier de lui donner un petit pourboire accompagné d'un clin d'œil, s'excusant silencieusement de sa précédente réaction.

Allen prit le pourboire qu'il rangea dans sa poche intérieure et sourit de plus belles avant de repartir avec sa desserte. Il était neuf heure et quart et ils étaient les derniers clients à devoir être réveillés ce matin. Il s'agissait d'un couple qui se mariait dans la journée : une cérémonie civile à la mairie du village voisin ainsi qu'une cérémonie religieuse à l'église du même village en fin d'après-midi. Les deux futurs mariés devaient ensuite revenir passer la soirée dans la Grand-Salle de l'hôtel avec leur centaine d'invités afin de célébrer comme il se doit cet heureux événement.

Il prit dans la poche de son gilet sa montre à gousset pour vérifier l'heure.

Parfait, il ne lui restait plus qu'à redescendre en cuisine pour aider Jerry pour le repas du midi : le restaurant de l'hôtel pouvait se retrouver bondé en un rien de temps. Perdus en pleine campagne, les clients n'avaient d'autres choix que de manger à l'hôtel car il n'y avait nulle part ailleurs où manger dans le coin. Il passa près de la grande baie vitrée qui éclairait le couloir principal du quatrième étage. Le soleil, déjà haut dans le ciel bleu, l'illumina.

Cela allait être une bonne journée.

Même si le travail d'employé dans un hôtel de campagne n'était pas de tout repos, il ne l'échangerait pour rien au monde. Ce n'était pas le métier le plus reluisant qui existait mais cela allait bien à Allen, lui qui avait toujours été d'une grande sociabilité. Cependant il devait avouer que, de lui-même, il n'aurait jamais pensé à faire un métier pareil si on l'avait pas forcé. Il aimait cet endroit, sa nouvelle maison. A seulement 18 ans, il en avait déjà pas mal bavé et on lui avait accordé une seconde chance... Ici, il avait eu le droit à une nouvelle vie. Et maintenant il souriait, comme jamais il n'avait souri auparavant.

L'Hôtel Millénaire.

Il ne saurait dire pourquoi le propriétaire de l'hôtel avait choisi un nom aussi lugubre alors que tout rayonnait dans cet endroit. Un hôtel cinq étoiles de plus de huit étages qui dont seulement cinq étaient accessibles aux clients, avec une infinité de chambres, un restaurant, un spa, une salle de sport et une piscine. Mais également un petit village qui entourait l'hôtel comme s'il en était le centre et dont les commerces étaient tenus par des employés de l'hôtel : on pouvait y trouver une librairie, un tabac, un supermarché ou encore boulangerie. Mais la plus grande qualité de cet hôtel était surtout le fait que les employés dormaient sur leur lieu de travail aux étages supérieurs, dérangeables à toute heure, quelle idée merveilleuse !

Il prit les escaliers dérobés, descendit les deux étages qui le séparaient du rez-de-chaussée et arriva directement aux vestiaires où il troqua son magnifique costume de garçon de service noir et blanc pour un tablier bleu délavé avec des trous. Quelle classe... Malheureusement, ils étaient assez peu d'employés dans cet hôtel, ce qui expliquait pourquoi certains se retrouvaient à faire plus d'un travail.

Il jeta un dernier coup d'œil au miroir contre son gré.

Et il soupira.

Même avec toute la volonté du monde, il n'y arrivait pas. Il leva les yeux au ciel, fatigué de lui-même.

Il n'arrivait à simplement ignorer la présence des miroirs. Comme s'ils le fixaient. Il fallait qu'il se regarde. Qu'il voit.

Son visage.

Il ne le reconnaissait même plus. Allen ne s'était jamais considéré comme moche, bien au contraire, il savait qu'il plaisait et s'en était souvent amusé. Il avait eu tout ce qu'il fallait. De la confiance, de beaux yeux argentés étincelants de malice, un visage à la fois fier et angélique que jamais un bouton n'avait souillé même pendant l'adolescence et des cheveux châtain foncé qui lui arrivaient jusqu'en bas du dos. Ça, ça c'était lui. Pas l'immondice qu'il voyait actuellement dans le miroir.

Aujourd'hui, il voyait toujours ces yeux argentés mais dénudés d'étincelles et même, parfois, peureux. N'osant même pas regarder son propre reflet dans le miroir. Son visage était maintenant balafré sur tout le côté gauche, une cicatrice laide qui partait de son front pour arriver sous sa joue, ses cheveux avaient blanchi et encadraient à présent son visage sans descendre plus bas. Sans oublié son bras. Brûlé sur toute sa longueur.

Il ne ressemblait plus au Allen Walker qu'il avait été pendant des années.

À cause d'eux...

Heureusement pour lui, maintenant il était en sécurité. Jamais ces idiots n'auraient l'idée de venir le chercher ici. En pleine campagne. D'ailleurs lui-même ne savait pas avec précision où il se trouvait. Cela faisait partie des « restrictions » qu'il avait acceptées quand on lui avait proposé le job.

Il inspira avec force, il fallait qu'il se reprenne ! La journée était encore longue et beaucoup de travail l'attendait.

Il noua ensuite sur son front une serviette, Jerry détestait la saleté et l'idée qu'un des cheveux, maintenant blancs d'Allen ''bien que très beaux, je t'assure'' pourrait s'introduire dans l'un de ses plats, n'était pas tolérée.

Il prit la direction des cuisines toujours en passant par le couloir de service. La cuisine se trouvait au rez-de-chaussée tandis que le restaurant se trouvait au cinquième étage. De cette façon, les clients avaient à disposition une très belle vue sur les campagnes et forêts aux alentours, d'autant plus que les tailles des maisons voisines ne dépassaient jamais deux étages. C'est vrai que tant de distance entre la cuisine et la salle pouvait se révéler parfois gênant mais le propriétaire avait visiblement privilégié une belle vue pour ses clients plutôt que la santé physique de ses employés.

Allen arriva dans les lieux où Jerry, rouge de colère, criait des ordres à tout bout de champ. Le chef cuisinier était retenu de force par Marie, un grand colosse, qui lança au nouvel arrivant un regard bienveillant. Il comprit par l'air énervé de l'homme aux couettes et des gestes insistants en direction du côté pâtisserie que c'était là que Allen devait se rendre. C'était toujours à lui qu'on demandait de régler les problèmes en pâtisserie. En effet, ses gâteaux avaient gagné le cœur des clients et lui-même se surprenait à y prendre du plaisir. La pâtisserie, c'était ce qu'il aimait le plus faire, notamment parce que c'était une certaine personne qui lui avait appris les bases des choux à la crème et autres profiteroles.

Qu'est-ce qui avait bien pu se passer aujourd'hui ?

Forcement.

Cela ne pouvait être que Miranda.

Le sol de la petite pièce était couvert de crème liquide qui avait sans doute dû échapper aux mains de la jeune femme. Elle était apparemment née avec une tendance à la malchance, comme elle le disait elle-même. Environ 99 % des choses qu'elle portait entre ses mains se retrouvaient à terre dans la minute où elle s'en saisissait. La plupart du temps, elle travaillait comme femme de chambre avec Lenalee, Chaoji et Timothy alors il n'avait pas vraiment à rattraper ses boulettes mais quand elle était en pâtisserie, c'était à lui de veiller sur elle. Allen soupira plus de fatigue que d'énervement : il ne pouvait pas lui en vouloir, elle était une crème. Mais littéralement. Beaucoup trop gentille pour son propre bien et cela lui avait valu des misères dans sa vie passée. Il aida la plus âgée à nettoyer les locaux et lancer en production quelques pâtisseries pour rattraper le coup. Le jeune homme aux cheveux blancs ne lui en tenait jamais rigueur car la brune malchanceuse avait pour habitude de s'excuser en lui offrant des bonbons.

Une fois qu'Allen eut fini d'aider Miranda, il put enfin prendre sa place auprès des fourneaux. Il y faisait une très forte chaleur, d'ailleurs. C'était l'une des places les plus atroces de la cuisine. Personne ne voulait y travailler en raison des 45° degrés qu'il y faisait en permanence. Ceci était dû à la présence de quatre grands fours qui fonctionnaient toute la journée et ce jusqu'à minuit. Souvent, ceux de corvées vers les fours suppliaient Allen d'échanger de place avec lui pour la journée en espérant avoir une meilleure place plus loin, sachant parfaitement que cela ne dérangerait pas le garçon aux cheveux blancs.

Allen acceptait toujours l'échange malgré cette chaleur parfois insupportable, surtout en été, mais il préférait venir travailler ici plutôt qu'ailleurs parce qu'il savait qu'il ne serait pas loin de lui et ce pour plusieurs heures ... D'ailleurs, c'était étrange de ne pas y voir Kanda et Lavi, qui à cette heure-ci devaient déjà être en poste depuis une bonne demi-heure.

Qu'est-ce qu'ils font ?! S'insurgea Allen dans ses pensées.

La voix du vieux Bookman qui passait à travers l'interphone sortit Allen de ses pensées :

« On peut savoir ce que vous faîtes ? Il est 12h00, la salle à manger est pleine à craquer et il n'y a encore aucun plat de monté ! »

Il entendit la voix de Suman dans l'interphone ajouter quelque chose sans pour autant le comprendre, Allen cru comprendre qu'il s'agissait apparemment de clients mécontents de l'attente.

« C'est le monte-plat qui ne fonctionne plus ! » fit savoir Krory qui examinait la bête de plus près.

Oh non.

Si le monte-plat ne fonctionnait plus, cela voulait dire qu'ils allaient devoir monter eux-mêmes les plats en salle. Le rêve, cela faisait longtemps que Allen n'avait pas fait travailler ses quadriceps et pour tout dire, cela ne lui avait absolument pas manqué.

« Rien ne fonctionne jamais comme il faut, » s'irrita-t-il en vidant le bac de frites fraîchement découpées dans la friteuse.

« Ça ne sert à rien de râler, autant y mettre du nerf ! » lui répondit Lenalee qui resserra ses couettes avant de prendre les plats et de les monter elle-même avec entrain en salle en passant par l'escalier de service.

Il n'existait malheureusement pas d'ascenseur de service, l'hôtel était une vieille bâtisse de plusieurs siècles (c'est ce que lui avait dit Suman, une fois) et Komui leur avait dit que les travaux coûtaient cher quand il s'agissait d'en faire dans de vieux bâtiments. Mais il avait tout de même promis de faire installer un ascenseur dès que cela serait possible.

Allen avait espéré que ce soit avant sa mort due à de trop grands efforts physiques.

« Lenalee..., » miaula Allen dans la direction de la jeune fille comme pour la stopper sans pour autant y mettre l'énergie nécessaire.

Cet hôtel avait au moins trois-cents ans d'existence et Allen se demandait si cela avait toujours été ainsi. Avec la salle au cinquième étage. Comment faisaient les anciens employés? Il ne pouvait imaginer faire convenablement son travail sans le monte-plat.

« Le monte-plat est coincé en haut à cause d'un truc coincé en bas, » lui précisa Krory dans le flou le plus total.

« On va appeler Komui, il va nous réparer ça ! » décréta Jerry, atterré, en décrochant le téléphone mural.

Komui était le superviseur de l'hôtel mais il avait plusieurs fois fait référence au vrai patron, Allen ne l'avait jamais vu cependant, ce grand patron. De ce qu'il avait compris, ce dernier gérait plusieurs hôtels à la fois et venait très peu souvent ici. C'est pourquoi Komui, le grand frère de Lenalee, était devenu le superviseur de l'hôtel. Le trentenaire était une personne fort sympathique sauf si vous étiez de genre masculin et enclin à flirter avec sa sœur, heureusement pour Allen cela ne l'intéressait pas le moins du monde.

C'était sur ces douces pensées amères qu'en relevant les yeux Allen vit arriver le grand, le beau, Suman le magnifique.

Suman était là ! Le monde était sauvé !

« Bien, tout le monde. En attendant l'arrivée du superviseur, je me permets de prendre les choses en main. » La voix sereine de Suman résonna dans la cuisine et apaisa les angoisses de tous les employés. Le vieux Bookman arriva à sa suite, toujours d'un air stoïque à faire pâlir une statue de pierre, suivi de près par Marie.

« Allen, Timothy, Miranda, Krory et Chaoji : vous restez en cuisine et vous faîtes les commandes avec Jerry. »

Il avait commencé par son nom ! Il avait commencé par son nom ! Il avait commencé par son nom ! s'enthousiasma intérieurement Allen.

« Une fois qu'on aura retrouvé Daisya, Lavi et Kanda, vous leur direz de monter les plats. Si Kanda grogne : dîtes lui de venir me voir, » poursuivit l'homme souriant comme si cette phrase était d'une banalité sans nom et pouvait être prononcée par n'importe qui.

Allen sourit, il n'y avait que le grand Suman pour gérer le caractériel Yû Kanda. Une vertu que personne n'avait réussi à acquérir depuis qu'il travaillait ici.

« Marie ira à la réception pour gérer l'affût de clients, Bookman en salle pour faire le service avec Lenalee et moi. »

Bookman, Suman et Marie étaient les réceptionnistes et les maîtres d'hôtel de l'Hôtel Millénaire tandis que lui, Kanda, Lavi, Krory et Daisya étaient sobrement nommés ''les garçons de service''. Des termes ingrats qui voulaient simplement dire qu'ils faisaient office de bonnes à tout faire de l'Hôtel : faire le room-service, laver le linge, préparer les repas, etc. Ils faisaient la plupart des choses à faire dans cet hôtel.

Avant de remonter, le sublime Suman adressa avec grâce et élégance un sourire à Allen que ce dernier lui rendit bien volontiers. Cet homme était la perfection incarnée : sensible, intelligent, fort, doué, beau. C'était lui qui avait pris Allen en charge à son arrivée à l'Hôtel et qu'il lui avait presque tout appris. Suman le somptueux savait tout faire, il n'y avait rien qu'il ignorait : la cuisine, le ménage, comment plier le linge, recoudre des tenues, négocier avec les clients. Tout. Mais la spécialité du grand Suman restait la gestion des équipes et du personnel.

Suman.

Son idole.

Des cheveux noirs corbeau parfaitement coiffés en arrière, des yeux couleur ambre à se damner et un visage parfaitement symétrique et sans aucune imperfection. Allen aurait pu en être amoureux s'il n'y avait pas déjà eu quelqu'un dans son cœur. Il fallait toujours que Allen tombe amoureux de la mauvaise personne. D'abord ça avait été Robin*, à l'époque où ils faisaient les quatre cents coups ensemble et maintenant... c'était cet espèce de crétin.

Où est-ce qu'il est encore passé ?

« Lavi, j'te jure que j'vais te défoncer ! » La voix chaste et détendue de Kanda arriva avec mélodie jusqu'à la cuisine, suivie d'harmonieux pas d'éléphants se coursant au galop.

Allen ne savait pas si son collègue asiatique avait dit cette phrase pour son sens figuré ou littéral, il espérait pour que ce soit littéral. Il n'était guère partageur.

Un rouquin avec un cache-œil et un brun aux yeux noirs à l'air malicieux arrivèrent en sautillant gaiement auprès d'Allen, lançant des regards inquiets mais joueurs en direction des escaliers de service, comme s'ils guettaient l'arrivée d'une personne tiers à qui ils auraient cherché des noises.

Le premier se nommait Lavi, ami d'Allen et était un grand comique incompris. Quant au deuxième, il s'agissait de Daisya, les deux avaient des sourires espiègles collés sur le visage. Lavi s'approcha plus d'Allen, lui passa un bras autour des épaules, avant de lui murmurer dans l'oreille :

« Tu devineras jamais la petite blague qu'on lui a jouée ! » ricana Lavi qui ne put en dire plus, finalement attrapé par Jerry qui lui passa un savon pour son retard. Daisya réussit à s'enfuir de justesse et se plaça en toute discrétion à l'endroit qu'il aurait dû occuper depuis presque une demi-heure.

Un instant plus tard et c'était Kanda qui arrivait en trombe dans la cuisine prêt à en découdre avec une expression de mort sur le visage. Il trouva Lavi du regard qui se réfugia entre les bras de Jerry qui le grondait encore. Les larmes aux yeux, demandant silencieusement protection à l'homme aux couettes et regrettant sûrement sa petite farce. Heureusement pour lui, son adversaire se fit attraper à l'épaule par Suman le fabuleux qui en un regard stoppa l'asiatique colérique. Ce dernier se défit de l'emprise du brun aux cheveux gominés d'un mouvement d'épaule suivit d'un grognement puis croisa les bras sans parler.

« La pièce montée est juste là, attention. » Suman l'éblouissant pointa du doigt un immense gâteau blanc remplit de décorations en chocolat et sur lequel on distinguait tout en haut un marié et une mariée.

Tous les employés s'arrêtèrent dans leur tâche pour admirer la venue de la pièce montée. Chaoji et Krory apportèrent la pâtisserie, qui sortait tout juste de la chambre froide, et la posèrent sur le plan de travail principal près du monte-plat pour que Jerry y apporte les derniers détails dans l'après-midi, le tout en surveillant que les bons plats partent au bon moment.

Devant le monte-plat était la place du chef et personne n'osait s'installer ici même lorsque Jerry était en congé tant tous redoutaient sa fureur. Et afin d'éviter un désastre, Miranda fut interdite de séjour dans cette partie de la cuisine.

« J'ai mis toute la matinée, depuis 4h du matin je suis à fond pour faire cette petite princesse ! Je parie que nos amoureux seront aux anges avec un gâteau pareil ! » rit fortement Jerry, remplit de fierté. Il avait pour habitude de parler de ses créations comme s'ils étaient ses propres enfants. Les autres applaudirent devant tant de talent.

« Allez, tout le monde au travail ! » reprit-il avant de continuer à s'extasier en silence sur sa "petite princesse". Lavi en avait profité pour filer en douce aux côtés d'Allen et commençait joyeusement à se mettre au travail quand-

« Bouge de là, Pousse de soja, » fit le charmant Kanda.

« C'est Allen, Kandabruti, » lui répondit simplement Allen.

C'était habituel maintenant ces petites disputes, généralement cela n'allait pas plus loin. Même si la première fois, ils s'étaient tout de même frappé jusqu'à devoir aller à l'infirmerie de l'hôtel. Les autres employés n'y voyaient là qu'une simple incompatibilité de caractère, mais ils ne savaient pas que c'était bien plus que cela... La réaction de l'interpellé ne se fit attendre et il s'approcha à grands pas de la tête blanche faisant voltiger sa queue de cheval brune dans la cuisine, les yeux plissés, signe d'une grande exaspération.

« Tu te trouves drôle ?

- Plus que toi ! » rit innocemment Allen avant de se remettre au travail.

Kanda répondit à son collègue d'un simple ''tch'' et se plaça à son poste près des fours, prêt à se mettre au travail. Allen avait toujours manqué de repartie face aux gens plus caractériels que lui depuis son changement d'apparence, il avait perdu beaucoup de confiance en lui. Pourtant, il devait l'avouer : il était plutôt fier d'avoir enfin réussi à rembarrer Kanda tout en lui trouvant un surnom qui lui allait à ravir.

Tandis que Kanda sortait pragmatiquement tous les ustensiles qui allaient lui servir jusqu'à la fin du service de midi, Allen eut la joie de lui faire savoir que c'était à lui, Lavi et Daisya de se muscler en portant les plats à l'étage. Face à l'air ahuri du brun et sentant sa colère monter doucement, Allen lui avait simplement dit d'aller en discuter avec Suman ce qui eut pour effet immédiat de le calmer. Kanda prit le plat qu'Allen lui tendait en grognant.

« Table 12 ! » lui rappela le balafré en faisant sonner la clochette.** Ce dernier n'eut pour réponse qu'un regard noir suivi d'un ramassis de paroles incompréhensibles par le commun des mortels, sûrement du vaudou pour le maudire, tandis que Lavi pleurait de façon dramatique sur le plan de travail en se plaignant de son sort qui, Allen devait l'avouer, était parfaitement injuste.

« Arrêtez de faire vos chochottes ! Quand j'ai commencé à travailler ici, il y a de nombreuses années il n'y avait pas de monte-plat. On devait tout faire à la force de nos bras et de nos jambes ! » gronda la voix de Bookman dans l'interphone.

« C'est pas de notre faute si tu vivais au temps des dinosaures, Pépé ! » lui répondit Lavi, les yeux remplis de fausses larmes et continuant de se lamenter sur son sort.

« Tais-toi jeune crétin, et monte ces plats avant que je ne descende moi-même te les faire monter de force ! » rétorqua le vieux Bookman depuis le cinquième étage, de moins en moins commode.

Le vieux Bookman possédait à ce jour deux titres : celui d'employé le plus âgé, Allen ignorait son âge mais il lui semblait que Bookman aurait dû être à la retraite depuis un petit moment déjà. Mais il possédait également le titre du plus vieil employé de l'hôtel, à l'entendre cela devait faire au moins quatre-cents ans qu'il y travaillait et au vu du nombre de rides abordait le visage du plus vieux, cela aurait presque pu être vrai.

D'après des rumeurs, il aurait également possédé le titre d'employé le plus grincheux, mais celui-ci lui aurait été raflé par Kanda et ce dès sa première année comme employé dans l'hôtel. Aussi aimable qu'une porte de prison ce type.

« Ça va, ça va, je monte, » se résigna Lavi face à la ténacité du plus vieux.

Il s'approcha d'Allen qui lui fit un sourire compatissant et Lavi prit d'un air courageux les deux plats du jour et le sauté de volaille en sauce.

« J'espère juste que Kanda ne va pas essayer de me tuer en me poussant dans les escaliers..., » fit tristement Lavi.

Ça ferait un super film policier, à la façon d'un bon Hitchcock : "Meurtre en sauce" ou "L'escalier de la Mort !" Allen rit à ses propres inepties non sans oublier de faire un signe d'adieu à Lavi, qu'il ne reverrait sans doute jamais, à l'aide d'un mouchoir qu'il secoua d'un air triste. Ce dernier lui rendit son signe par un regard déterminé, typique d'un homme prêt au sacrifice. Avant que son ami ne disparaisse de sa vue, Allen lui promit d'inscrire les mots suivants sur sa tombe :

"Rip Lavi. Tu nous manqueras, mais pas tes blagues."

A peine Lavi avait disparu, pour peut-être ne jamais revenir, qui sait... que Kanda apparut dans l'embrasure de la porte qui donnait accès aux escaliers de service, râlant comme toujours :

« Il est pas encore arrivé, l'superviseur ?! J'vais pas m'taper à faire des montées et des descentes pendant tout l'service ! »

Il arriva près d'Allen qui lui présenta les prochains plats à faire monter, en silence : une entrée du jour et deux terrines, ne trouvant rien à dire. Le Japonais s'en saisit sans un mot de plus. Les tempes en sueurs et la respiration saccadée, signes de fatigue évidents mais Allen constata aussi ses sourcils froncés signe d'une colère retenue qui n'allait pas tarder à leur exploser au visage.

« Vous avez demandé un héros ? Le voici ! » hurla fièrement Komui, arrivant dans les cuisines avec une entrée dramatique, sa valise répar'tout dans les mains.

« Bah, c'est pas trop tôt en tout cas ! » lui fit remarquer Kanda qui n'en avait rien à faire de s'adresser ainsi à son supérieur hiérarchique. Il fallait dire que Kanda se fichait de mal de choses, en fait...

Komui ignora la remarque du brun grognon et s'approcha du monte-plat qu'il commença à bidouiller sans que Allen ne comprenne ce que ce dernier faisait et si cela réparait réellement la bête en question. Il sortit une lampe frontale qu'il alluma puis plusieurs tournevis de tailles et de formes différentes et autres outils dont Allen ne saisissait pas l'utilité avant de s'engouffrer dans le tunnel du monte-plat.

« Komui mon chou, on compte tous sur toi ! » fit joyeusement la voix fluette de Jerry, telle une pompon-girl, tout en finissant de préparer la pièce montée juste à côté du monte-plat.

Kanda émit un grognement animal face à la lenteur des travaux et partit en direction des escaliers de service avec les plats que lui avait mis Allen dans les mains. Lavi arriva sur ces entre-faits, se crispant de peur lorsque le brun passa près de lui sans le remarquer. Voyant que l'asiatique l'avait parfaitement ignoré, il arriva auprès d'Allen avec un sourire satisfait.

« Qu'est-ce que tu disais sur ma tombe, déjà ? » le nargua le roux visiblement suicidaire.

Soudain, un bruit retentit fort dans toute la cuisine comme si la foudre avait frappé l'hôtel. Après un silence angoissant de quelques secondes, Allen put entendre un ''oh-oh'' coupable suivit du bruit d'un objet métallique qui tombe. Un bruit similaire au premier se fit de nouveau entendre, mais cette fois-ci un nuage de poussière noire l'accompagna et se répandit dans les cuisines à travers l'ouverture du monte-plat.

La pièce, presque plongée dans le noir, fut irrespirable pendant quelques minutes. Les plus réactifs ouvrirent les fenêtres en grand et sous leurs yeux ébahis, la terrible vérité se découvrit.

La poussière noire avait envahi l'aire près du monte-plat et avait ruiné la pièce montée. Après un hurlement de frustration de Jerry qui s'évanouit face à cet horrible spectacle, Komui revint dans la cuisine, couvert de poussière noire, en précisant qu'il n'avait rien. Chose dont personne sur le moment ne se souciait vraiment car tous les regards étaient portés sur la pièce montée, fichue, et sur Jerry qui gisait inconscient au sol.

« Oups..., » fut la seule réaction de Komui quand il vit l'état dans lequel se trouvait le gâteau qui devait être servi le soir même à des mariés particulièrement exigeants.

La stupeur était telle que personne n'osait bouger.

Au même moment Reever débarqua, ce dernier travaillait à l'administration. Il était le secrétaire de Komui, bien que certains lui donnaient le titre de" baby-sitter en chef". Un type blond qui était un véritable drogué du travail et ne dormait que très peu. Il s'approcha du désastre et après avoir vérifié que Jerry était encore vivant, il contempla dans un silence honteux les dégâts causés par son chef.

« Bon, bah..., » commença-t-il en ayant un rire gêné.

Il se tourna vers Komui, qu'il attrapa par le bras et-

« Je compte sur vous tous pour régler ça-Bonne journée ! » reprit-il en parlant à la vitesse de la lumière et fuyant plus vite que son ombre la colère future de Jerry, sans oublier d'embarquer avec lui un superviseur à moitié stupéfait de sa propre bêtise.

Des hurlements d'indignations et d'appels à l'aide criés à genoux retentirent dans la cuisine dans l'anarchie la plus totale. Toute la nourriture et les plats près du monte-plat étaient foutus, il fallait tout refaire.

L'Apocalypse.

Allen ne voyait pas d'autre mot pour qualifier ce qui se passait aujourd'hui. Il y avait toujours eu des petits soucis mais aujourd'hui ils touchaient vraiment le fond. Comment allaient-ils s'en sortir ?

« Qu'est-ce qui se passe ici ? C'est quoi tout ce bruit ?! » Tyki arriva dans la cuisine avec un air impatient et échauffé qui se transforma en une expression d'incrédulité face au désastre qui se déroulait devant lui.

Tyki Mikk, un Portugais à la peau mate et aux cheveux ondulés qui n'avait aucune honte à draguer n'importe lequel ou laquelle de ses collègues si la personne concernée était à son goût. Il était le chef des garçons de services et des maîtres d'hôtel. À sa suite, arrivèrent Leenale, Suman, Bookman et Kanda qui face aux ravages qui se trouvaient présentement devant eux, arboraient le même air incrédule que Tyki précédemment. Ce dernier se pinça l'arrêt du nez quand Chaoji, prit de remords, lui expliqua la situation.

« Pas le choix, on va appeler ceux de dehors et ceux d'administration, » fit le chef des garçons de services en tapotant une suite de chiffres sur le téléphone mural.

« On va improviser ! » décréta le Portugais en se tournant vers eux.

Tous les employés approuvèrent d'un signe de la tête. Certains prirent en main le nettoyage, tandis que les autres tentèrent de faire tourner la boutique comme ils le purent. Lenalee, elle, s'occupait de Jerry qui encore en état de choc face à la perte de sa princesse et face à l'état dans lequel se trouvait sa chère et tendre cuisine.


Enfin, il pouvait souffler un peu.

Il était exténué.

Cela avait été une bonne journée, même s'ils avaient dû travailler deux fois plus dur pour rattraper les dégâts causés par Komui. Allen avait été dans l'obligation de faire une croix sur sa pause, comme tous les autres d'ailleurs. Heureusement les gens qui travaillaient au village et les employés de l'administration étaient venus leur prêter main forte, sinon ils auraient tous été cuits. À cause de l'attente, Komui avait fini par offrir aux clients du restaurant une remise sur leur note tout en se confondant en excuses.

Quant à la pièce montée, Allen et Kanda, qui étaient les plus doués en pâtisserie, avaient aidé Jerry à refaire un nouveau gâteau similaire au premier et jamais les mariés ne furent mis au courant de la petite frayeur que leur avait faite le superviseur de l'hôtel.

Allongé sur son lit, il leva le bras droit et admira les marques du travail de la journée. Des brûlures aux doigts, merci Lavi. Une entaille sur le majeur, merci Miranda. Ses yeux se posèrent sans le vouloir sur son poignet.

Il s'y trouvait une bande de tissu avec dessiné dessus une sorte ''S'' un peu stylisé. Il n'avait pas le droit de retirer ce bandage de son poignet, cela faisait partie des restrictions qu'il avait acceptées quand il était arrivé pour travailler ici. Il y en avait plusieurs et Allen s'était juré de ne jamais y penser, notamment parce qu'il ne voyait quel pouvait être le sens de telles interdictions.

Enfreindre l'une de ces restrictions était puni de renvoi immédiat et sans négociation, tous les employés y étaient soumis autant que lui. C'était quelque chose d'étrange mais comme cela ne lui coûtait rien de les respecter... Et puis cet endroit était tellement bien qu'il ne voulait le perdre pour rien au monde. Être renvoyé d'ici était synonyme pour lui de fin du Monde.

Howard Link...

Il posa sa main valide sur son bras meurtri. Il ferma les yeux et se souvint du jour où il avait rencontré cet homme.

« Écoute-moi bien sale petite merde, si la semaine prochaine quand on revient l'argent est pas gentiment là en train de nous attendre, on te fera bien pire que ce que tu as eu aujourd'hui ! » cria acerbe la voix du plus gros des trois tenant entre ses doigts les cheveux d'Allen.

Allen aurait aimé crier ou pleurer mais il l'avait déjà tellement fait ce jour-là qu'aucune larme ne parvenait à couler à présent, seulement du sang qui semblait se vider sans fin de son œil gauche.

« Est ce que je me suis bien fait comprendre ?! » dit encore une fois l'homme en assénant un dernier coup de pied sur le corps nu et blessé du jeune homme.

« Oui, » articula-t-il difficilement en serrant les dents pour mieux supporter la douleur. Son être entier était douloureux et le faisait souffrir. Comment pouvait-on faire autant de mal à une personne sans la tuer ?

Orphelin, abandonné par sa famille adoptive à cause de son tempérament vers 15 ans, Allen avait appris à survivre seul. Sans l'aide de personne, il lui était arrivé de voler pour manger et de dormir dans des squattes. Puis vers ses 17 ans il avait revu Robin, son frère adoptif, qui l'avait embarqué dans l'une de ses mauvaises combines comme il en avait l'irritante habitude.

Allen avait fini par devenir escroc professionnel, il séduisait des victimes dans les bars et leur faisait les poches dans la nuit sans que ces derniers ne s'en aperçoivent. Ou bien il jouait des parties de jeux de cartes truquées et parfois il arrondissait ses fins de mois en dealant pour son ancien frère adoptif. Il lui était souvent arrivé de se faire tabasser mais jamais comme cette fois-là.

C'était évident que les ennuis allaient arriver, comment cela aurait pu se passer autrement ? Robin n'avait pas eu de chance, il avait piqué de la marchandise à son boss et avait mystérieusement disparu. Quant à lui, après avoir accumulé un certain nombre de dettes, le boss l'avait fait tabasser presque à mort en le menaçant de rembourser.

Il ne lui restait plus rien, il n'avait même plus la volonté de vivre. De toutes façons, avait-il vraiment vécu un jour ? Il n'avait fait que survivre et cela allait se terminer. Allen savait que jamais il n'aurait réussi à rassembler la somme due et il s'était préparé à partir de lui-même de ce monde égoïste qui ne lui avait jamais donné sa chance.

Il ne devait sa survie qu'à un seul homme : Howard Link.

Sortit de nulle part, cet homme avait débarqué dans son squatte et lui avait proposé un travail dans cet hôtel. Un travail ''spécial'' qui comprenait certaines restrictions. Allen n'avait pas réfléchi un seul instant et avait accepté à peine la proposition sortie de la bouche de l'homme à la tresse blonde sans que ce dernier n'ait eu le temps d'expliquer au plus jeune de quoi il s'agissait.

Allen voulait partir, loin, loin avant de faire quelque chose de regrettable. Il avait essayé d'expliquer sa situation à Link qui lui avait souri simplement et d'une main compatissante sur son épaule, lui avait dit que le passé ne comptait plus désormais et que ceux qui lui avaient fait du mal ne le retrouveraient jamais.

Il avait beaucoup pleuré ce jour-là. Puis il était parti sans se retourner sur ses ''colocataires'' inconscients et leurs seringues, sans rien emporter avec lui et avait suivi Link loin de cet endroit immonde.

Il inspira, c'était vraiment une bonne journée. Même si tout ne s'était passé comme prévu, ils avaient quand même réussi à éviter une catastrophe monumentale. Il s'était beaucoup amusé. Il avait ri à s'en faire mal au ventre. Une journée joyeuse et presque banale, les jours passés se ressemblaient sans pour autant être la copie conforme du précédent. Une agréable routine : une boulette différente de Komui, une nouvelle blague de Lavi et une nouvelle colère de Kanda.

Allen passa ses doigts noircis sur ses lèvres encore en train de sourire, quand il pensait au fait qu'il avait été toute la journée près de lui, qu'ils avaient travaillé ensemble et ne s'étaient disputé qu'une seule fois au début du service. La première fois depuis quelque temps. Peut-être que finalement...

Allen souffla. Non, il ne devait pas se laisser avoir. Ce n'était pas bon pour lui.

Il se leva d'un bond de son lit et attrapa de quoi se changer et sa trousse de toilettes. C'était une bonne journée et Allen ne devait pas la gâcher en pensant à de mauvaises choses.

Il ouvrit la porte de sa chambre et partit en direction de la salle de bain. 2H30 du matin, il devait n'y avoir personne à cette heure-là. Tout l'étage était réservé aux employés et était actuellement plongé dans un silence profond et une pénombre rassurante. Il y avait bien sûr les chambres, mais aussi un salon, une salle de relaxation, une salle de jeux avec un billard, une bibliothèque et même une cuisine commune avec un garde-manger si grand qu'Allen arrivait parfois à se perdre à l'intérieur. Il n'avait jamais eu un très bon sens de l'orientation...

Malgré la quinzaine d'employés résidant ici, il n'y avait que cinq salles de bain que les employés devaient se partager. Et bien évidemment lui, il devait la partager avec cet abruti de Kanda qui râlait tout le temps et qui prenait des douches d'une heure et demie et Lavi qui faisait des ''blagues'' qui ne font rire que lui en permanence. Heureusement, Suman était là pour remonter le niveau de ces idiots.

À peine arrivé, il soupira, elle était occupée. L'idée d'aller emprunter celles de ses collègues fleurit dans son esprit avant qu'une petite voix dans sa tête le pousse à vérifier qui était en train de se servir de la douche. Il essaya de chasser cette voix de son esprit mais il fut incapable de lutter. Il avait deux chances sur trois de tomber sur une vision du paradis et s'il tombait sur Lavi … eh... bien... il pourrait toujours demander au vieux Bookman de lui effacer la mémoire avec de l'acupuncture. Même s'il n'était pas certain que cela fonctionnait ainsi.

Il ouvrit discrètement la porte de la salle de bain et écouta en silence l'eau couler dans le bac de la douche. Il ouvrit un peu plus la porte et y jeta son regard.

Ses longs cheveux noirs longeaient son corps et finissaient leur course dans le bas de ses reins. Ce dernier, d'ailleurs, s'employait à les frotter en douceur. De la mousse glissa le long de son bras et poursuivit sa descente sur le torse du plus âgé, puis sur son ventre et descendit encore plus bas. Sa peau pâle rougissait sous la chaleur intense de l'eau chaude. Allen remarqua plusieurs petites cicatrices qui parsemaient le corps de son homologue comme de petites étoiles : sur le dos, au niveau des bras ou des cuisses, mais elles ne semblaient pas venir de grosses blessures. Son regard remonta lentement et il admira le visage de Kanda. Ses traits fins, ses yeux clos, son air serein.

Allen prit une profonde respiration silencieuse et détacha, malgré lui, son regard de l'objet de ses désirs. Il tira lentement la porte vers lui qui se ferma dans un léger ''clac'' comme si cette dernière ne voulait pas qu'Allen se fasse repérer. Le garçon aux cheveux blancs posa son dos contre la porte et glissa lentement contre la paroi rugueuse et froide jusqu'à atterri par terre, repassant sans cesse ces images dans sa tête.

C'était tellement douloureux de le voir ainsi sans pouvoir l'avoir. Il aimerait tellement être aimé de lui. Kanda ne pouvait pas l'aimer, ou bien il se refusait de l'aimer pour une raison que Allen ne comprenait pas. Il effleura de nouveau ses lèvres qui se pincèrent dans un mouvement douloureux.

...


*Il n'y a pas de personnage original ou de cross-over, il s'agit du one-shot de D Gray Man qui s'appelle "Zone" et où Allen s'appelait Robin. Je vous laisse aller le lire si ce n'est pas encore fait. ;)

** qui sert à prévenir quand les plats sont prêts