Disclaimer : Game of Thrones est l'oeuvre de George R.R Martin, de DB Weiss et de David Benioff, cet écrit est un écrit de fan, je ne gagne rien, sinon des reviews et les reviews ne permettent pas d'acheter des spaghettis.
Résumé : Si sa mort prochaine effraye Lancel, le fait de savoir qu'elle sauvera Sylvarant apaise vite ses angoisses.
Note de l'auteur : Cet écrit a été rédigé pour le concours d'écriture sur le Discord « Fics GOT » de House of the lion. J'ai choisi le thème numéro 3 : Ecrire un UA qui se passe ailleurs que sur Terre (des lieux irréels)
Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : Alphabet : L – Lancel Lannister + Quatre aspects de Lancel Lannister : Religion: Ecrire sur quelqu'un qui a la foi ou écrire sur quelqu'un qui se convertit à une religion + 50 nuances de Lancel Lannister
I'll sacrifice myself to you
Alors qu'il entre dans la Tour du Salut, Lancel sent l'angoisse étreindre son cœur. S'il avait encore pu ressentir le froid, il aurait eu ces picotements familiers provoqués par la peur, ceux qui causent aux poils de se dresser sur sa peau pâle. Mais voilà, il n'éprouve plus cette sensation. Il n'en éprouve plus aucune physique. Chaque seau brisé le sépare un peu plus de sa condition d'être humain pour l'emmener vers sa nature d'ange. C'est là le sacrifice de l'Elu du Mana. L'homme, la femme qui, par le sacrifice de sa vie, régénère le monde, lui rend ce mana si essentiel à toute vie. Parce que Sylvarant se meurt. C'est ce qu'on attend de lui depuis sa naissance vingt ans plus tôt. La surprise et la consternation ont été générales quand il est venu au monde avec le cristal du Cruxis serré dans son petit poing. Le fils d'un ange. C'est ce qu'ils disent tous. A ses yeux, son seul père est et sera toujours Kevan Lannister, le frère du nouveau gouverneur général de Palmacosta depuis la mort de Dorr aux mains d'un des sbires de Magnus. C'est pour lui, pour sa mère, pour ses frères, pour sa sœur, qu'il a accepté d'entendre l'oracle, d'entreprendre ce périple qui est littéralement une marche funèbre. De plus, il aime sa patrie. Et c'est un honneur d'avoir été choisi par la Déesse pour sauver le monde en déclin. Aussi cruel qu'il puisse être, sans son destin hors du commun, il n'aurait sans doute jamais quitté la cité portuaire, l'une des plus importantes de tout le royaume. Là, il a pu contempler le monde du haut du Pic d'Hakonesia. Il a senti les vents d'Asgard battre ses joues. Il a humé les embruns des rivages du village d'Izoold. Il a découvert les trésors cachés de l'oasis de Triet en plein cœur du désert. Il a pu voir un geyser en activité... Pour l'amour du ciel, avec ses compagnons, ils ont libéré une licorne prisonnière d'une prison aquatique dans le lac qui jouxte la ville de Luin ! Chaque morceau de sa terre natale est désormais infusée en lui aussi sûrement que le sang coule dans ses veines. Et il a survécu. Il a survécu à tout.
La tentative d'assassinat des renégats à l'entrée du temple de Martel.
La toxicose des anges qui s'empare un peu plus de lui à chaque seau libéré.
Les sauvetages des hommes, des femmes, des enfants, prisonniers des fermes humaines désianes.
Il aurait pu trépasser de nombreuses fois.
Mais il est là, toujours là, toujours debout, droit et fier.
Alors, oui, il a peur, il l'admet. Sa transformation lui fait peur. Pouvoir voler, avoir une vision et une ouïe si fine qu'il aperçoit à presque trois kilomètres à la ronde, sont des choses grisantes. Mais perdre peu à peu chaque partie de lui-même lui rappelle qu'il ne sera plus là pour contempler le résultat de ses aventures et de sa mission accomplie. La nourriture n'a plus aucun goût et le rend malade. Il n'arrive plus à dormir aussi le jour, la nuit, lui paraissent interminables. Il ne ressent plus aucune douleur, ce qui a l'air d'une bénédiction sauf que cela lui donne la sensation d'être prisonnier de son propre corps. La dernière chose qu'il peut encore offrir au nom de la salvation mondiale, c'est son cœur. Son esprit. Sa mémoire. Le voyage de l'Elu du Mana est peut-être la plus longue lettre de suicide de l'Histoire. Il déglutit, se concentre et pense aux bienfaits qui apparaîtront.
Les lacs de Luin seront de nouveau poissonneux.
Les monstres ne ravageront plus les forêts entourant Isélia.
Les cultures seront de nouveaux abondantes, les feuilles d'un vert si profond qu'il faudra inventer un adjectif pour les qualifier. Il s'imagine les voyageurs pouvant enfin aller où ils le veulent sans crainte d'être attaqués. Les pèlerins afflueront dans les maisons du Salut, les auberges. Et surtout, les désians n'existeront plus. L'horreur de ses camps de concentration d'êtres humains n'existera plus. On ne se servira plus de leurs victimes comme cobayes pour les exsphères. Les villes, les hameaux, ne seront plus terrorisés. Alors qu'est-ce qu'une simple vie face à une civilisation entière ? Son existence a une importance mais elle n'est pas celle qui doit surpasser les autres. Une fois sa mission accomplie, il n'aura plus de raison d'être. C'est peut-être pour cela qu'au lieu de le laisse retourner à la vie civile, Martel l'enlacera dans un sommeil éternel. Comment vivre une vie normale et redevenir un anonyme quand on porte sur ses épaules la survie d'un monde tout entier ? Les voies de la Déesse sont impénétrables. Peu à peu, l'agitation qui le parcourt se calme alors qu'il gravit les marches suspendues de l'escalier géant en colimaçon qui va l'amener jusqu'à Remiel.
Il est Lancel, de la maison Lannister, l'homme choisi par les Cieux eux-mêmes pour donner une nouvelle chance à l'Humanité. C'est ce que la Déesse a voulu de lui. Et un jour peut-être renaîtra-t-il pour jouir des résultats de ce dur labeur. Toujours est-il qu'il accepte son destin. Les images des différents endroits qu'il a parcourus rendent son ascension plus légère. Il fixe la stèle, entend les bruits d'ailes terriblement familiers. Il lève la tête, ses yeux émeraude plein de cette arrogance inhérente à son clan.
Il est prêt.
FIN
