In The Heart Of The Sea (Au Cœur De La Mer)

Résumé : Les Mers et leurs cousins meurtriers, les Sirènes, furent toujours en désaccord mais récemment, quelque chose, ou quelqu'un, avait commencé à rallier les prédateurs normalement solitaires sous une seule bannière et le climat de paix sur le récif où Harry était né et avait grandi sombra dans l'anticipation d'une guerre. Malheureusement pour Harry, selon Luna, il y avait une sirène dans son avenir.

Auteur : Kaede Ravensdale

Traductrice : yaoipowaa56

Disclaimers : Je ne possède rien d'Harry Potter


Chapitre 1 : Le Bord du Récif

La lumière du soleil perça l'eau dans des puits d'or scintillant, mettant en lumière les coraux colorées et faisant scintiller le sable comme de la poussière de perles écrasées. L'herbe de tortue et les feuilles de varech se balançaient paresseusement dans le doux courant qui passait à toute allure, tirant doucement sur les courtes mèches de ses cheveux noirs alors qu'il posait sa tête sur ses bras qui étaient repliés sur le rebord de la fenêtre. En observant de nombreux poissons aux couleurs vives et, à l'occasion, la dérive des raies chauves-souris, il vaquait à ses occupations quotidiennes. Il se délectait de la glorieuse sensation de l'eau chauffée par le soleil qui frôlait ses joues.

Ses branchies s'enflammèrent doucement alors qu'il prenait une profonde respiration d'eau du matin et il se mit à sourire. Ce serait une bonne journée, il le sentait. Ron et lui allaient retrouver Draco sur la Bordure Abyssale et finalement faire en sorte que ce crétin au visage de loutre relève le défi. Il était impossible que ce poisson-globe nage dans la fosse. Il aurait trop peur d'y mettre une nageoire et personne ne le laisserait vivre là-bas.

En souriant, le jeune Mer quitta sa place près de la fenêtre de sa chambre et nagea dans le couloir de la maison qu'il partageait avec ses deux parents jusqu'à la cuisine. Son père était déjà parti rejoindre ses deux parrains, Rémus et Sirius, pour leurs rondes de patrouille - les Sirènes était devenue plus agressive ces derniers temps, il fallait donc une garde quasi permanente pour empêcher les prédateurs d'envahir le récif - mais sa mère était toujours là pour préparer le petit déjeuner.

«Tu sors encore aujourd'hui avec Ron et Draco ?» Lui demanda-t-elle sur ce ton maternel trop doux, ce qui rendit douloureusement évident le fait qu'il allait recevoir une réprimande préventive.

«Ouais, maman.» Répondit-il en grimaçant légèrement et en prenant le plat en forme de coquillage avec les algues qu'elle lui passait. «Merci.»

«Ce Draco Malefoy est un fauteur de troubles. Je veux que vous restiez tous les deux dans le récif ; les eaux libres sont le territoire des sirènes et, vu l'agressivité de ces bêtes ces derniers temps, ton père et moi voulons que tu t'éloignes des endroits où tu pourrais être en danger.»

«Ouais, d'accord maman.» Grogna et soupira à moitié Harry, avec la bouche pleine d'algue, il n'avait absolument pas l'intention de tenir compte de l'avertissement. Ce serait lui et Ron ainsi que Draco et - connaissant le blond - Crabe et Goyle aussi ; les Sirènes étaient des solitaires et, même si ils étaient beaucoup plus grands et extrêmement territoriales par nature, la probabilité qu'un groupe de cinq Mer - même s'ils n'étaient que des adolescents à peine en âge de faire la cour - soit attaqué était très mince, voire nulle.

Les mères s'inquiétaient toujours de ce qu'il supposait. C'était en quelque sorte leur occupation secondaire.

«On va probablement aller faire un tour aux Blue Holes. Au milieu du récif. Au cœur du territoire ; pas de sirène à des kilomètres à la ronde.»

«Très bien. Ne sois pas en retard pour le dîner Harry. Essaie de ne pas rester coincé comme la dernière fois que toi et tes amis êtes allés là-bas.»

«Ce n'était pas ma faute !» Protesta Harry, devenant rouge jusqu'aux oreilles. «Tout ça, c'est à cause de Fred et George et d'une de leurs farces ! C'est pour ça qu'on ne les emmène pas avec nous cette fois-ci !»

Oui, il y a deux ans, il avait été piégé en essayant de se faufiler dans un trou bien trop petit pour lui et, après s'être retrouvé coincé, il avait dû être secouru. Aucun de ses parents ne le laissait oublier ce moment particulièrement embarrassant.

«Maman !»

Sa mère se moqua de lui derrière ses cheveux rubis. «Je suis désolée chérie, parfois je ne peux pas m'en empêcher. Ton père à déteint sur moi, je suppose.»

Grognant pour lui-même et encore un peu rouge au niveau du visage, le Mer aux cheveux corbeau quitta rapidement sa maison avant que sa chère mère ne puisse se moquer de lui pour autre chose. Comme lors de l'incident avec la pieuvre à l'époque où il était encore un petit chiot qui aimait fourrer son nez là où il ne fallait pas. Littéralement.

«Bonjour Harry.» Le ton rêveur immédiatement reconnaissable le fit s'arrêter et se retourner avec un sourire. Une autre Mer s'était également arrêtée en chemin pour lui parler, sa queue jaune reflétait la lumière du soleil et une anémone de mer était joyeusement fixée au-dessus d'une oreille au milieu de ses cheveux argentés.

«Bonjour Luna. Tu es occupée ?»

«Oh, oui. Père et moi sommes inquiets à cause des lutins d'eau dans les Jardins Chatoyants ; l'activité récente des sirènes pourrait les effrayer.» L'informa-t-elle sérieusement. Ou, du moins, aussi sérieusement qu'une Mer comme Luna pouvait le faire. «J'allais justement les rassurer en leur disant que la Garde pourra les tenir à distance. Et toi ?»

«Pas très occupé, exactement, mais Ron et moi avons des projets pour la journée. Tu sais que face de Loutre continue de dire qu'il n'a pas peur des sirènes ou des eaux libres ? Eh bien, on va faire en sorte qu'il le prouve.»

«Bonne chance, mais faites attention près de la fosse. Il y a une sirène dans ton futur proche.» Avec cette remarque plutôt inquiétante, la Mer aux teintes vibrantes, s'éloigna de façon plutôt étourdissante.

Une sirène dans mon futur ? Luna avait toujours été étrange, avec sa croyance en l'inexistence de créatures comme les lutins d'eau - probablement quelque chose qu'elle avait appris de son père - mais ses prémonitions occasionnelles étaient remarquablement précises. J'espère que c'est amical. Ou, du moins, pas fringale.

Ou peut-être, même, qu'il aurait une chance incroyable et que pour une fois, Luna aurait tort. Il pouvait toujours espérer.

Harry continua sa route vers la flèche de corail quelque peu asymétrique sur le côté sud du récif où vivaient son meilleur ami et le reste de la famille Weasley. Il fut à peine arrivé à la porte que la jeune sœur de Ron, Ginny, lui coupa la route.

«Il m'a dit de te dire qu'il est désolé ; il ne pourra pas t'aider à tourmenter la loutre aujourd'hui.» Lui dit-elle. «Il va être coincé dans son lit pendant un moment.»

«Coincé au lit ?» Répéta-t-il. «Pourquoi ? Que s'est-il passé ?»

Ginny soupira, ses cheveux roux - quelques tons plus clairs que ceux de sa mère - se soulevait autour d'elle dans un halo rubis. «Cet idiot s'est retrouvé dans un Corail de Feu la nuit dernière.»

Harry ne put contenir complètement son reniflement. «Il n'y a que Ron pour nager à travers un Corail de Feu par accident.» Dit-il, en souriant. «Est-ce qu'Hermione le sait ?»

«Pas encore.» Lui dit-elle. «Mais dans les prochaines heures, elle le saura probablement. Je te suggère de finir rapidement avec "Face de Loutre" pour que tu sois là à temps pour voir sa réaction.»

«Je ne manquerais ça pour rien au monde.» Gloussa-t-il. «Cela dit, je ne dois pas faire attendre Malefoy trop longtemps, sinon il rentrera chez lui pour éviter le défi.»

«Tu me diras comment ça s'est passé.»

«Oh, je te dirai. Ne t'inquiète pas. À plus tard, Ginny.»

Un léger mouvement de queue l'emporta en direction de la fosse où ils s'étaient arrangés pour rencontrer Draco, en prenant soin de prendre un chemin détourné pour que personne ne remarque où il se rendait et qu'il évite de croiser les gardes en patrouille. Après cinq minutes de nage à un rythme tranquille, il arriva à l'étendue de sable ouverte qui marquait le point des eaux libres, loin de la sécurité du récif et dans l'obscurité de l'océan.

Malefoy, fidèle aux attentes du corbeau, n'était pas seul ; le Mer à queue argentée et au visage pincé était accompagné de Crabe et de Goyle. Il leva les yeux à son approche et replia ses bras sur sa poitrine avec le ricanement habituel qui se déployait sur ses traits.

«Où est le poisson-belette ?»

«Ron ne vient pas, Malefoy.» Il ne révéla pas tout de suite la raison avant d'admettre avec un soupir. «Il a nagé à travers un Corail de Feu la nuit dernière.»

Le ricanement du blond devint plus amusé. Crab et Goyle ricanèrent stupidement.

«Non pas que cela fasse une différence quant à la raison pour laquelle nous sommes ici. Tu dois encore prouver que tu n'as pas peur des sirènes et des eaux libres.»

«J'en suis conscient Potter, Mais puisque c'était ton idée au départ, pourquoi ne pas commencer ?»

«Poisson-globe !»

«Je ne suis pas un poisson-globe !» Le Mer argenté lui rendit la monnaie de sa pièce en disant : «Je pensais que tu aimerais avoir l'honneur, en «poisson lion» que tu es.»

«Moi au moins, je vais le prouver.»

«Alors vas-y, Potter. Une centaine de coups de nageoire. Tu le fais en premier et je le ferai aussi.»

Harry souffla, ses oreilles en forme de nageoires s'évasant d'agacement alors qu'il agitait sa queue et nageait jusqu'au bord du récif. Il dépassa les pierres et le sable, et descendit dans l'abîme sombre qui se trouvait en dessous. Quelle était la profondeur de ce gouffre ? Quinze mètre ? Trente mètres ?

«Cent coups de nageoire ? Et tu feras de même ?» Avec la faible visibilité et le souvenir de la remarque de Luna encore frais dans son esprit, Harry ne pouvait s'empêcher d'être incroyablement nerveux. Même s'il n'y avait pas de sirène dans la région, il y avait un certain nombre d'autres prédateurs qui pouvaient le tuer et le manger tout aussi facilement.

«Je le ferai si tu le fais, Potter. Comme je l'ai dit.» Dit Malefoy. «Tu vas le faire ou pas ?»

Au lieu de répondre, Harry redressa les épaules et nagea en passant par le bord plongeant. Il sentait l'eau refroidir constamment contre sa peau. La nervosité s'estompait lentement avec chaque centimètre d'eau morte qu'il passait. Finalement, atteignant la distance convenue, il se retourna pour regarder.

Le bord du récif était désert.

«Bon sang, Malfoy !»

Il aurait dû savoir que le bâtard à tête de loutre ne manquerait pas une occasion de se défiler, surtout si cela signifiait qu'il n'avait pas à être celui qui nageait vers un danger potentiel. Il attendait probablement derrière le premier morceau de corail. En y repensant, il aurait probablement dû enrôler Neville ou l'un des autres pour prendre la place de Ron en venant ici, juste pour s'assurer que cette situation ne se produise pas.

Agacé comme il l'était, Harry dut admettre que c'était libérateur de flotter là, entouré de bleu avec rien d'autre en vue que les eaux libres. Pas de sable à quelques mètres seulement en dessous de lui. Pas d'architecture naturelle en pierre et en corail pour limiter ses mouvements. À ce moment, il ne put s'empêcher d'envier les sirènes.

Que pouvait-on ressentir en étant un superprédateur inattaquable ? Tout en muscle avec des dents.

Les dents furent précisément ce qui remplir sa vision au moment où il se tourna vers un mouvement scintillant dans sa vision périphérique. De grandes dents triangulaires, pointues et tranchantes, enchâssées dans une mâchoire béante qui se précipitait vers lui, au sommet de laquelle se trouvait une paire d'orbes avec une intention prédatrice.

Un requin !

Il eut à peine la chance de connaître l'identité de son chasseur que ces méchants poignards s'enfoncèrent dans sa queue. Perçant la chair et les écailles sans résistance. Remplissant l'eau autour de lui d'un sombre nuage rubis. La douleur le transperça alors que la bête qui le tenait encore dans sa gueule le secouait violemment comme une bourrasque sauvage. Fracassant sa tête contre son crâne dur à un moment donné, il provoqua un obscurcissement momentané de sa vision, lui laissant la chance nécessaire pour enfoncer ses doigts dans l'un de ses yeux.

L'attaque se termina aussi vite qu'elle avait commencé ; le prédateur le libéra et s'éloigna à la nage, sans doute content de revenir une fois qu'il serait vidé de son sang ou qu'il aurait perdu la force de se battre. Son corps était lourd. Sa queue était probablement déchiquetés. Il s'enfonçait. Il s'enfonçait lentement dans un bleu de plus en plus profond. Le sang rouge s'enroulait et prenait des formes bizarres au milieu des lances de lumière dorée qui plongeaient de la surface maintenant loin au-dessus.

Nager. Son esprit obscur parvint enfin à s'éclaircir. Il devait… nager… trouver… de l'aide… Mourir.

Sa queue était difficile à faire fonctionner correctement. Sa vue était floue. Pour autant qu'il le sache, il nageait droit vers le fond de la mer plutôt que de retourner vers le récif. Vers son habitat. Vers les secours.

Le courant le poussait. Le courant qui, il réussit à s'en souvenir, l'éloignait de sa maison. Du récif qui était tout ce qu'il avait jamais connu. Faible. Trop faible pour revenir. Trop faible pour combattre la volonté de la mer.

À sa gauche, dans sa vision qui s'évanouissait, il put voir une autre gueule béante emplie par les ténèbres. Pas une bouche, cette fois, mais l'ouverture d'une grotte sous-marine.

Un abri. Peut-être que quelqu'un le verrait et serait capable de le trouver. Sinon, au moins, ce serait un endroit assez agréable pour mourir. Un lieu de sépulture suffisamment protégé des éléments pour que son corps ait au moins une chance d'échapper aux charognards.

À condition que rien n'y vive.

Même les plus petits mouvements lui demandèrent toute son énergie et ses efforts, mais il réussit à se traîner dans l'eau et dans la grotte avant que son corps ne lâche. Il se traîna mollement dans l'eau pour se reposer sur le dos dans le sable doux et froid. Ses branchies se soulevèrent alors qu'il luttait pour respirer, il regarda ce qui allait presque certainement devenir sa tombe. Depuis l'entrée, la lumière du soleil de la mi-journée jaillissait, brillante et forte, bien qu'un peu plus faible qu'elle ne l'était que sur le récif en raison de la profondeur. De l'arrière, une paire de lumières rouges scintillaient doucement de temps en temps.

Non, pas un scintillement. Un clignement.

Alors que sa conscience s'effondrait complètement et qu'Harry plongeait dans l'obscurité, il se rendit compte que les points lumineux n'étaient pas du tout des lumières mais les yeux brillants d'une sirène.


A SUIVRE...