Bonsoir tout le monde !
Eh oui, c'est bien moi !
Je n'avais pas prévu de mettre aussi longtemps à publier cette histoire mais là voici !
Bonne lecture à tous et à toutes.
Chapitre 1
Harry grogna lorsqu'il entendit la sonnerie de son réveil. Pendant quelques secondes, il fut tenté de le désactiver d'un sort, mais après un soupir, il se décida à ouvrir les yeux et à se forcer pour s'extirper de la douce chaleur confortable de son lit.
- Hum… Je croyais que l'avantage d'être écrivain c'était de ne jamais avoir à régler d'alarme, marmonna l'homme à ses côtés.
- Un : Je ne suis pas écrivain puisque je n'ai encore jamais rien publié. Deux : Qu'importe le métier qu'on exerce, on a toujours des obligations qui nous forcent à nous lever à un moment donné. Et enfin, trois : Le réveil est aussi pour toi, je te rappelle que tu es attendu au Ministère pour ton entretien d'embauche.
- Merci de me filer la gerbe dès le matin, râla l'homme en rabattant la couette sur lui pour échapper à la luminosité du jour après qu'Harry ait ouvert les rideaux d'un coup de baguette magique.
Le Survivant revint vers le lit avec un sourire malicieux et tira la couette avec force, la faisant tomber du lit. Il monta ensuite sur le corps de son petit-ami et l'embrassa tendrement.
- Allez Dean, tu sais très bien que tu es le meilleur Auror de ta promotion… Ou l'un des meilleurs, avec Ron. Cet entretien, ce n'est qu'une formalité, le rassura-t-il.
- Tu es un amour, répondit Dean Thomas avant de joindre ses lèvres à celles d'Harry.
- Ceci dit, on doit vraiment se dépêcher, je doute que mon rendez-vous apprécie les retards et toi, tu dois encore passer chez toi pour te préparer, rappela Harry avant de quitter de nouveau le lit.
- Franchement, ton rendez-vous c'est Malefoy, on s'en fout un peu, non ? se moqua Dean.
- Pas du tout, il est la seule personne vivante qui puisse m'aider à améliorer mon livre ou du moins, la seule avec qui je peux envisager de collaborer. Je pense que mes chances de parvenir à le convaincre sont plus que minces alors autant ne pas le mettre dans de mauvaises dispositions, répondit Harry en se rendant dans la salle de bain, laissant la porte ouverte pour pouvoir continuer sa discussion.
- Ton livre est parfait comme ça, pas besoin de t'infliger la compagnie de ce blondinet de malheur pour l'améliorer…
- Moi je ne le trouve pas parfait et Hermione non plus…
- Ah, si Hermione le dit, s'amusa Dean avant de se rafraichir le visage au lavabo pendant qu'Harry commençait à prendre sa douche.
Harry soupira mais préféra ne pas surenchérir. Il adorait Dean et il était plutôt satisfait de sa vie de couple, mais son petit-ami pouvait se montrer assez borné, comme sur le fait qu'il pensait que Malefoy ne serait pas utile au livre d'Harry et qu'il n'en démordait pas malgré les multiples explications que lui avait données le Survivant. Il pouvait aussi se montrer irrité par la complicité d'Harry avec ses deux meilleurs amis, surtout par celle entre Hermione et lui.
Il fallait dire qu'avec ce qu'ils avaient vécu tous les trois, ils étaient plus que soudés et ils se comprenaient sans même avoir à parler. Dean se sentait souvent exclu lorsqu'ils se retrouvaient tous les quatre et il prenait assez mal le fait qu'Harry consulte toujours Ron et Hermione avant quiconque d'autre et qu'il tienne souvent plus compte de leurs avis que du sien.
Cependant, si Harry était prêt à de nombreux efforts pour son couple, il était hors de question de s'éloigner de ceux qui l'avaient toujours soutenu ou de changer leurs façons d'être ensemble pour faire plaisir à Dean et heureusement pour lui, il n'avait jamais rien demandé de tel.
- On se voit ce soir ? demanda Harry, quelques minutes plus tard, en revenant dans la chambre, une serviette nouée autour de sa taille.
- Oui, on fait quelque chose en particulier ?
- Rejoins-moi ici, on avisera à ce moment-là.
Dean acquiesça et se dépêcha de terminer d'enfiler ses affaires de la veille en regardant l'heure.
- Ce serait quand même bien plus pratique si je n'avais pas à repasser par mon appartement chaque matin, ronchonna-t-il.
- Tu es un sorcier Dean, le voyage entre ici et chez toi ne te prends que quelques secondes, que ce soit par la cheminée ou en transplanant, fit remarquer Harry avec amusement.
- Oui mais ça m'oblige à m'habiller ici pour me déshabiller chez moi et chaque seconde de sommeil est précieuse pour quelqu'un comme moi.
- Eh bien tu n'auras qu'à ramener quelques vêtements de rechange, si vraiment tu penses que ça va améliorer ta qualité de vie, déclara Harry en ouvrant ses placards pour déplacer une pile de tee-shirt sur une autre étagère afin d'en libérer une. Voilà, tu as même de la place.
Dean se rapprocha et regarda le placard, un air neutre sur le visage, finalement, il se recula, avec un petit sourire et se tourna vers Harry.
- Waouh !
- Quoi ? demanda Harry, curieux, en regardant l'intérieur de son placard à son tour, s'attendant à y trouver quelque chose d'insolite.
- J'adore mon étagère !
Harry éclata de rire en même temps que Dean et les deux hommes s'embrassèrent avant que l'aspirant Auror ne quitte la chambre et qu'Harry continue de se préparer. Il enfila un boxer et un tee-shirt blanc et hésita sur ce qu'il devait porter. Il avait de tout, des robes de sorciers, des vêtements moldus plus ou moins élégants pour aller en toutes circonstances, mais il ne savait pas quoi mettre.
Définitivement quelque chose de chic, il allait se rendre à un rendez-vous important pour son livre et avec Malefoy de surcroît. Il ne le connaissait pas autrement qu'en tant que rival d'école, mais il en savait assez pour deviner qu'il apprécierait plus quelqu'un de bien habillé que de négligé.
Non pas qu'il voulait se faire apprécier de Malefoy, mais…
- Harry ?
Le jeune homme sortit la tête de son placard pour voir Hermione dans l'encadrement de sa porte. Cette dernière vivait sous le même toit que son meilleur ami, tout comme Ron. Après la guerre, ils avaient vécu quelques temps au Square Grimmaurd tous les trois pendant qu'Harry rénovait la maison de ses parents.
Finalement, une fois la maison de Godric's Hollow habitable, ils y avaient emménagé tous les trois. Ce qui, au début, avait été une nécessité due au fait qu'après tous ces mois de proximité dans la tente, ils n'étaient pas parvenus après la victoire, à s'éloigner les uns des autres, était devenu une colocation que chacun appréciait.
Harry savait très bien qu'aujourd'hui, il pourrait parfaitement vivre sans ses deux meilleurs amis sous le même toit et qu'il en allait de même pour Ron et Hermione, mais il ne voyait pas de raison de rompre leur cohabitation dans l'immédiat.
- Entre, tu vas peut-être pouvoir m'aider, lui dit Harry.
La jeune femme s'installa sur le lit de son meilleur ami.
- En quoi ? demanda-t-elle.
- Je ne sais pas quoi porter, avoua-t-il.
- D'habitude, tu prends la première chose qui te passe sous la main, fit-elle remarquer avec amusement.
- Oui, mais d'habitude je n'ai pas rendez-vous avec mon vieil ennemi d'école pour lui demander quelque chose de crucial que seul lui peut faire, répondit Harry, irrité.
Il n'était pas agacé par sa meilleure amie, mais bien par la situation. Il détestait devoir demander quelque chose à Drago Malefoy et il détestait encore plus l'idée qu'un refus de sa part aurait de lourdes conséquences sur son projet.
- Harry, quoi que tu portes…, commença Hermione.
- Je suis clairement plus à l'aise dans les vêtements moldus, mais comme je vais voir Malefoy, je ferais peut-être mieux de porter des habits sorciers, non ? Quoi que, je peux très bien porter un costume moldu, chic mais moldu, et s'il n'est pas content, c'est qu'il n'aura pas changé et dans ces cas-là, il peut bien aller se faire foutre, non ?
- Langage Harry, le réprimanda Hermione.
Ledit Harry leva les yeux au ciel mais continua de fouiller dans ses affaires jusqu'à trouver une robe de sorcier vert émeraude avec des dorures aux manches et au col.
- Vert Serpentard, ça devrait lui faire plaisir, non ? s'enquit-il.
- C'est plutôt vert comme tes yeux mais on s'en moque, elle te va à merveille celle-ci, approuva Hermione.
Avec un sourire de remerciement, Harry rangea toutes les affaires qu'il avait sorties d'un coup de baguette et enfila la tenue choisie. Il mit ensuite une paire de chaussures de ville noire et tenta, sans succès, de discipliner ses cheveux. Bon, ça, Malefoy savait à quoi s'attendre, il n'avait jamais su se coiffer, même du temps de Poudlard.
- C'est bon Harry, même si avoir son aide serait génial, ton livre est déjà très bien tel qu'il est…
- Hermione, ce livre traitera de la guerre qu'on a vécue et je ne veux pas qu'il soit très bien mais parfait. Si j'ai choisi de le publier, c'est pour que ceux qui le lisent comprennent ce qui s'est passé et que de telles choses ne se reproduisent jamais et pour le bien de tous, il faudrait aussi qu'ils comprennent que certaines personnes de l'autre camp n'avaient pas tellement le choix et que ça ne s'est pas mieux passé pour eux quand Voldemort régnait. Il me faut le témoignage de Malefoy.
Hermione se leva et donna une étreinte apaisante à son meilleur ami.
- Je sais Harry, mais ce que je veux te dire, c'est que tu ne dois pas te mettre autant de pression. Expose les choses ainsi à Malefoy mais quoi qu'il en soit, tu devras faire avec sa décision et compte tenu de vos relations passées, je ne pense pas que ce sera favorable.
- Ouais, je sais, se lamenta Harry en passant ses bras autour de la jeune femme.
Ils restèrent ainsi quelques instants avant qu'Harry ne s'éloigne.
- Bon, il va falloir que j'y aille, souhaite moi bonne chance !
- Bonne chance, dit la jeune femme avant que son meilleur ami ne quitte la pièce.
.
Drago était dans le petit salon de son Manoir en train de lire la Gazette du Sorcier sans vraiment réussir à se concentrer sur ce qu'il lisait. Avec irritation, il replia le quotidien et le jeta sur la table basse, face à lui.
Il se leva et retourna dans sa chambre qui se trouvait à l'étage du dessus. Là, il se rendit dans la pièce attenante, son dressing, et regarda le contenu de ses armoires. Il avait revêtu un costume moldu, il les avait trouvés plutôt beaux dans le magazine de vente par correspondance de Gaichiffon et en avait commandé un puis plusieurs autres quand il s'était rendu compte qu'il adorait les porter.
Cependant, il se demandait s'il ne devrait pas mettre autre chose. Quelque chose de moins chic par exemple. Après tout, il allait recevoir Harry Potter et celui-ci n'avait jamais eu l'air de faire attention à ce qu'il portait. Drago se souvenait encore de ses jeans et de ses pulls difformes qu'il portait lorsqu'il n'avait pas son uniforme d'école sur le dos.
Puis Drago réalisa qu'il s'habillait pour lui et non pour Potter, aussi, il ressortit de son dressing en se disant que si Potter n'appréciait pas son costume moldu hors de prix, il n'aurait qu'à bien aller se faire foutre.
Déjà, le Survivant devrait être reconnaissant que Drago ait accepté de le recevoir sans qu'il ne lui confie l'objet de sa visite. Cela était une des raisons pour lesquelles l'ancien Serpentard était nerveux. Après trois ans sans contact, voilà qu'il recevait un hibou de son vieil ennemi lui demandant un entretien.
Drago avait d'abord jeté la lettre dans sa corbeille à papier, bien décidé à ne pas donner suite puis il avait récupéré le pli, indécis. Il n'avait pas envie de revoir Potter mais tout de même, il était curieux de savoir ce qu'il lui voulait. Il avait longtemps hésité puis finalement, une quinzaine de jours après réception, il lui avait envoyé une réponse, lui demandant pour quelle raison il voulait le voir.
Potter lui avait retourné son hibou avec un mot qui disait simplement qu'il voulait lui exposer la raison de sa visite de vive voix. Aussi, Drago avait fini par céder, trop curieux pour ignorer la demande. Il lui avait alors noté le jour et l'heure du rendez-vous et se demandait sans cesse ce qui avait bien pu motiver Potter à rentrer en contact avec lui.
Il refit ensuite un passage dans sa salle de bain et vérifia son reflet, parfait, comme toujours. Rasage propre, chevelure domptée. Potter, lui, aurait sans doute ses cheveux dans tous les sens, à moins qu'il ne se soit rasé depuis… Non, c'était ridicule, Potter sans ses cheveux, c'était comme un Botruc sans son arbre… triste.
Sachant qu'il ne lui restait qu'à attendre l'heure, il alla s'asseoir dans son bureau et rangea quelques papiers qui traînaient. Ce n'est qu'une demi-heure avant l'heure convenue qu'il reçut un hibou. Ne reconnaissant pas le volatile, il se prit à imaginer qu'il venait de Potter qui, pour une quelconque raison, annulait leur entrevue et cette idée lui déplut fortement sans qu'il ne sache pourquoi. Ce n'était pas comme s'il avait cruellement envie de revoir son vieil ennemi.
Il ouvrit le pli et soupira de soulagement en reconnaissant l'écriture d'Astoria Greengrass qui lui disait simplement qu'elle ne pourrait pas passer aujourd'hui, mais qu'elle viendrait le lendemain dans la matinée. Drago jeta le parchemin, de toute façon, il serait là pour la recevoir, comme toujours et elle le savait très bien.
Il continua de vaquer à ses occupations jusqu'à ce que son horloge sonne les dix heures.
- Voilà, je savais que ce crétin était du genre à ne pas être à l'heure à ses rendez-vous, rouspéta-t-il.
Mais la seconde d'après, le Patronus d'un cerf majestueux se matérialisa devant lui, annonçant, comme convenu, la présence de son propriétaire devant son portail.
Drago se leva, encore plus nerveux que jusqu'à présent, et débloqua l'accès à son visiteur tandis que lui se dirigeait vers le hall d'entrée pour l'accueillir lorsqu'il serait à sa porte.
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Harry était resté planté cinq bonnes minutes devant le portail avant de se décider à invoquer son Patronus pour annoncer son arrivée. D'une part pour ne pas montrer qu'il était en avance, mais surtout pour tenter de calmer sa nervosité aussi inexplicable qu'irritante.
Il ne comprenait vraiment pas ce qui lui prenait. La présence de Malefoy ne l'avait jamais rendu nerveux… Peut-être était-ce dû au fait que ça faisait trois ans qu'il ne l'avait pas revu. Il ne l'avait même pas croisé ou entraperçu en fait.
Il réalisa soudainement qu'il n'avait pas la moindre idée de ce que faisait Malefoy aujourd'hui. Pourtant, la communauté magique Britannique n'était pas vaste et il était persuadé que s'il avait entendu quelque chose sur Malefoy, ça l'aurait marqué. Après tout, même si c'était dans le mauvais sens, l'ancien Serpentard avait eu un certain impact sur sa vie.
Toutes ses pensées s'évaporèrent lorsque les grilles du portail s'ouvrirent. Il comprit alors que Malefoy ne viendrait pas jusqu'ici pour l'accueillir et qu'il devait se rendre jusqu'à l'entrée du Manoir. Une fois devant les portes, il n'eut pas à signaler sa présence, elles s'ouvrirent, lui laissant voir le propriétaire des lieux.
Il fut surpris de voir qu'il portait un costume moldu, dire que lui avait opté pour une robe de sorcier en pensant que ça collerait plus aux attentes de Malefoy…
Physiquement, il n'avait pas vraiment changé en dehors de ses cheveux qui n'étaient plus lissés en arrière mais laissés libres, sans pour autant qu'un seul ne dépasse. Son visage avait aussi l'air plus adulte, mais pas de grands changements alors pourquoi Harry ne put s'empêcher de penser qu'il était charmant ? Il n'avait jamais trouvé Malefoy charmant du temps de Poudlard…
- Potter, dit-il de sa voix traînante en lui faisant signe de rentrer.
- Bonjour Malefoy, merci de me recevoir, répondit poliment Harry en se reprenant.
- Je dirais bien que c'est un plaisir, mais tu saurais que c'est une pure formule de politesse, je ne rabaisserai pas ton intelligence à ce point-là.
Harry se tendit mais ne chercha pas à répondre. Il savait comment les choses pouvaient vite dégénérer avec Malefoy et il ne fallait pas qu'il perde de vue qu'il avait besoin de son aide.
- Bon, quel est le but de ta visite ? s'enquit l'hôte.
- Eh bien Malefoy, je pensais vraiment que tu avais de meilleures manières. Tu ne me proposes même pas une tasse de thé ? ne put s'empêcher de faire remarquer Harry.
- Si tu y tiens, suis-moi, l'invita-t-il en se dirigeant vers les escaliers.
Harry s'exécuta mais son regard se tourna vers la porte close du salon où les Raffleurs les avaient emmenés, Ron, Hermione et lui. Drago sembla suivre son regard puisqu'il prit la parole rapidement.
- Cette salle est toujours fermée, je n'y vais plus jamais. C'était ici que tout se passait, ou presque, quand il était chez nous.
Harry acquiesça pour montrer qu'il avait entendu mais ne trouva rien à dire. Malefoy l'emmena jusqu'à une pièce qui devait servir de salon de remplacement. Elle était plus petite que celle dont se souvenait Harry, mais beaucoup plus chaleureuse. Les tons étaient marrons chauds et beiges et les meubles en bois clair, un peu trop vieillots aux goûts de Harry, mais pas déplaisant non plus.
- C'est le petit salon, expliqua Malefoy en prenant place dans l'un des fauteuils.
Harry lui aurait bien dit que son petit salon faisait la taille du sien avec sa cuisine comprise, mais il n'avait aucune envie d'entendre les réflexions de Malefoy sur la petitesse de son logement. Aussi, il se contenta de hocher la tête et de prendre place dans un autre fauteuil, face au propriétaire des lieux.
Ils se fixèrent quelques secondes, en silence avant que Malefoy ne claque des doigts et qu'un Elfe n'apparaisse dans la pièce en faisant une révérence devant son maître.
- Maître, vous avez besoin de Bobby ?
- Deux tasses de thé, répondit Malefoy.
S'il s'était agi de quelqu'un d'autre et surtout, si les circonstances avaient été différentes, Harry n'aurait pas manqué de dire qu'un s'il-te-plaît et un merci ne faisait de mal à personne mais là, il se pinça la langue pour se forcer à se taire. Il devait tout faire pour que Malefoy soit dans les meilleures dispositions possibles et entamer un débat sur les façons dont il traitait son Elfe n'était pas en raccord avec cette résolution.
- Le Maître a-t-il une préférence ?
- Potter, un thé préféré ? demanda-t-il.
- Earl Grey, s'il-te-plaît Bobby, ajouta-t-il en ignorant le regard moqueur de Malefoy.
- Pareil pour moi, ajouta-t-il.
L'elfe s'inclina devant les deux hommes à tour de rôle puis disparut dans le « pop » caractéristique aux Elfes de Maison.
- Bobby ? demanda Harry.
- Eh bien quoi ?
- C'est juste que vous n'avez pas l'air très inventif puisque votre ancien Elfe s'appelait Dobby, expliqua Harry avec un pincement au cœur pour son ami mort en leur sauvant la vie, blessé ici-même par le poignard de Bellatrix.
- Ah ça, ce sont mes parents qui ont choisi. Il y avait Dobby que tu connais et Robby qui est mort il y a quelques mois. Il y a toujours Bobby que tu as vu et Tobby qui s'occupe des résidences secondaires, hormis quand Bobby est en congé.
- Tu donnes des congés à ton Elfe ? s'étonna Harry.
- Eh bien oui Potter, je traite mieux mes serviteurs que mon père ne le faisait. Je suis assez malin pour savoir qu'un Elfe bien traité ne sera pas tenté de me trahir d'une quelconque manière. Bref, je ne pense pas que tu sois venu me rendre visite pour t'enquérir des conditions de vie de mes Elfes de maison.
- En effet, approuva Harry.
Il soupira et gigota un peu sur son siège avant de se décider à prendre la parole.
- J'ai besoin de ton aide Malefoy, annonça-t-il.
Ledit Malefoy haussa les sourcils, la surprise clairement visible sur son visage. L'Elfe revint dans la pièce avec un plateau sur lequel deux tasses, une théière fumante et une assiette de biscuits reposaient. Il posa son fardeau sur la table basse, s'inclina de nouveau devant les deux hommes et disparut. Sans un mot, Malefoy s'empara d'une tasse et la porta à ses lèvres.
- Eh bien, lâcha-t-il en reposant sa boisson. J'imagine que ça n'a pas été facile pour toi de me recontacter pour me demander de l'aide en sachant qu'il y a de fortes chances pour que je refuse, courage Gryffondorien je suppose. Je suis vraiment impatient d'entendre en quoi je pourrais t'être utile.
- Voilà, depuis quelques mois… Un peu plus d'un an pour être honnête, j'écris un livre sur la guerre que nous avons vécue. J'ai très bien avancé et le résultat est plutôt satisfaisant, mais je veux que ce soit parfait et pour ça, j'ai besoin d'un témoignage venant de l'autre camp…
- Ok Potter, tu peux t'arrêter là, le coupa Drago. Je vois très bien où tu veux en venir et il est hors de question que je te confie ce que je vivais ou ce que je ressentais à cette époque.
- Malefoy, il ne s'agit de me le confier à moi juste pour me faire plaisir, mais pour que le monde puisse comprendre…
- Je t'ai dit non et le monde, je m'en carre complètement, coupa-t-il en se levant. Tu n'es peut-être pas au courant, mais je me suis fait attaquer juste après la guerre…
- Bien sûr que je suis au courant, le coupa Harry à son tour. Je sais aussi que si les gens savaient ce que tu as enduré auprès de Voldemort, ils seraient plus compatissants qu'en colère contre toi.
- Sauf que je me moque de leur compassion. Je suis chez moi, en sécurité, et je n'ai pas à me soucier de ce que pensent les autres sorciers. Pour quelle raison devrais-je remuer toute la merde de cette époque, que j'ai bien pris soin de laisser derrière moi ?
- Pour expliquer qu'être à son service ne signifiait pas être mieux traité que ses opposants et pour montrer que tu as évolué, que les gens peuvent changer, plaida Harry.
- Encore une fois Potter, je me fiche de l'opinion des gens et qui te dit que j'ai changé ?
- Malefoy, tu donnes des congés à tes Elfes et ne me sors pas ton excuse sur la loyauté, avec un brin de politesse et de non-violence n'importe quel Elfe à ton service mourrait pour toi, donc si ce n'était que ça, tu n'aurais pas eu à aller jusqu'aux congés.
- Et alors ? Ça n'implique pas que j'ai révisé mes aprioris sur les Moldus…
Harry sortit alors son téléphone de sa poche, il l'avait senti vibrer pendant qu'ils montaient à l'étage mais par politesse, il ne l'avait pas sorti. Toutefois, il s'était étonné qu'il fonctionne dans les limites de la propriété Malefoy car les ondes magiques étaient censées détraquer les appareils moldus, sauf si elles étaient modifiées et pour ça, il fallait que le propriétaire le veuille. Cela prouvait bien que Malefoy avait changé car si ça n'était pas le cas, jamais il n'aurait fait en sorte de pouvoir utiliser d'objets moldus.
- Tu as f ait en sorte que les ondes magiques ne détraquent plus les objets moldus, ça veut dire que tu as choisi d'utiliser des appareils de leur monde. Le Malefoy que je connaissais n'aurait jamais fait ça s'il continuait à mépriser ceux qui n'ont pas de pouvoir et donc, par extension, les nés-Moldus…
- Je pense toujours que les Sang-Pur devraient être plus importants que les sorciers d'autres naissances dans la communauté magique et je reste convaincu qu'on doit protéger nos traditions, les mêmes que méprisent souvent ceux qui ne sont pas de Sang-Pur ou, plus généralement, ceux qui ne connaissent pas nos us et coutumes.
Le Survivant ne chercha pas à débattre avec Drago sur l'égalité quant aux statuts de sang. Ils ne tomberaient sans doute jamais d'accord sur ce point-là et il avait toujours besoin de son aide.
- Certes, je n'ai pas dit que tu étais devenu irréprochable non plus, juste que tu avais changé, nuança Harry.
- Eh bien d'accord, mais c'est toujours non Potter. Je ne vois aucune raison valable pour m'infliger ta présence et le mal que ça me fera de repenser à tout ça. Sur ce, je pense qu'il est temps pour toi de partir.
- Tu sais, ce livre, à la base, c'était juste censé être une sorte de thérapie conseillée par ma psychomage pour me permettre de guérir de ce passé. Peut-être que partager tout ça te permettra de moins souffrir en repensant à cette période, tenta une nouvelle fois Harry.
Il avait vraiment espéré ne pas avoir à donner l'origine de son idée à Malefoy, ne voulant pas qu'il se moque de lui sur son besoin de consulter, mais il voulait jouer le tout pour le tout.
- Je n'ai pas besoin de thérapie Potter, je me porte très bien et dans tous les cas, je ne ferais pas appel à toi. Pour la dernière fois Potter, c'est non. Au plaisir de ne jamais te revoir et là, ça n'est pas simplement une formule de politesse, s'impatienta l'ancien Serpentard.
Vaincu, Harry se dirigea vers la sortie, suivi du propriétaire des lieux. Cependant, avant que les portes ne se referment derrière lui, il se retourna.
- Si jamais tu changes d'avis, n'hésite pas à m'envoyer un hibou.
- Ça n'arrivera pas, Potter.
- C'est aussi ce que j'aurais répondu si jamais quelqu'un m'avait dit qu'un jour, j'aurais à te demander de l'aide, mais je suis pourtant là aujourd'hui alors on ne sait jamais.
Et sur ces dernières paroles, il se détourna et partit en gardant bien en mémoire le regard perdu de Drago Malefoy.
Et voilà, alors, que pensez-vous de ce premier chapitre ?
Je vous donne rendez-vous vendredi prochain pour la suite.
Bisous à tous et bonne semaine !
