Note de l'auteure : Bon, voilà, c'est la première fanfiction que je publie… (Mais pas la première que j'écris.) C'est un OS, c'est court et un peu bizarre sur les bords… Dans le fond, le titre n'a pas de réel lien avec ce qui se passe dans l'histoire, mais il en fallait un et j'ai décidé de garder celui-là.

Normalement, j'ai bien géré et il n'y a plus de fautes d'orthographe. S'il en reste, je m'en excuse d'avance, moi aussi je déteste ça…

Enfin, je vous souhaite une bonne lecture !


OS – Ackerman


Ils étaient deux. Juste deux, à se fixer dans le blanc des yeux.

La pièce. Une chambre. Plutôt petite. Il y avait deux lits. Face à face. Une petite fenêtre entre les deux. Une porte en face. Une sorte d'armoire, dans un coin – une étagère en bois munie d'un pan de tissu pourpre. Deux tables de chevet. Les lits n'étaient pas très confortables. Une table de chevet était mieux que l'autre – elles n'étaient pas identiques. Une lampe n'éclairait qu'en multicolore. (L'autre éclairait visiblement trop fort.) Il y avait une poutre qui traversait le plafond.

Et il étaient deux.

Ils se toisaient, se jaugeaient, assis chacun sur leur lit, face à face.

Il y avait ce jeune homme. Il devait avoir la vingtaine. Petit, aux cheveux bruns, sombres, presque noirs. Des yeux ennuyés. Des pupilles qui, pourtant, indiquaient tout le contraire ; bleu métallique, couleur orage, scrutant sa proie. Comme un animal. De fins sourcils. De fines lèvres. Un undercut. Une frange un peu longue. Mais ces yeux.

En face, il y avait cette adolescente. On lui donnerait une quinzaine d'années. Grande, élancée. Au carré noir corbeau. Des yeux perçants. Des pupilles aussi. Entièrement noires. De longs cils. Une fine cicatrice sous l'œil droit. Une écharpe rouge.

Leurs valises, éventrées et vidées de leur contenu, gisaient à terre, de chaque côté de la chambre ; celui de l'homme, celui de la fille.

On pourrait croire qu'il n'y avait rien en dehors de cette chambre et de ses occupants, que le monde se résumait à ça. À ce bleu orageux contre ce noir profond. Sauf lorsqu'ils se fixaient dans le blanc des yeux. Là, c'était blanc contre blanc. Ni plus ni moins.

L'homme rompit l'échange sans un mot. Il l'avait déjà fait plusieurs fois. Depuis le temps qu'ils se fixaient. Il sortit un briquet et son paquet de clopes. Il en prit une et l'alluma. Cela fit un petit bruit dans la pièce silencieuse. Il tira dessus. Une fois. Deux fois. Trois f…

« Si vous pouviez éviter de fumer ici. L'odeur m'insupporte. »

La fille avait une voix neutre, glaciale. Son ton était sec et ses yeux lançaient des éclairs menaçants. Sans doute pas suffisamment menaçants aux yeux de l'homme.

« Bouche-toi le nez. » fit-il. « Gamine. » ajouta-t-il, comme si ce mot ponctuait sa phrase et clôturait le débat – du moins ce semblant de conversation.

La fille ramena ses genoux contre son torse. Elle portait, outre son écharpe, un gilet gris dont elle tripotait les manches – de rage, de gêne ? –, une jupe rouge bordeaux et un collant épais noir, en laine, troué par endroits.

L'homme continuait de fumer, ne la quittant pas d'un iota de son regard acier, et l'odeur de cigarette était omniprésente. Il finit par éteindre d'un geste sec et habitué la clope dans un cendrier qui errait, solitaire dans une mer de vêtements chiffonnés.

« Tss… Cet endroit est crade… » marmonna l'homme.

Il releva la tête. Lui était assis en tailleur, coudes sur ses jambes et poings contre sa mâchoire. Il portait un tee-shirt à manches longues blanc, aux manches effilochées, par-dessus lequel un tee-shirt bleu foncé à manches courtes, au col en V, et un jean troué. Et de vieilles chaussettes grises. Ses pompes – des baskets – gisaient au bout du lit, au sol.

« Je peux au moins vous demander qui vous êtes ? osa la fille.

— … » L'homme la toisa, silencieux. Puis il parla : « Livaï.

— Mikasa. » fit la fille en comprenant qu'il n'avait pas l'intention de lui retourner un poli "Et toi ?", mais n'ayant tout de même aucune envie qu'il continuât à l'appeler "gamine".

Il y eut un nouveau silence. Plus ou moins pesant.

« Qu'est-ce que t'as, à me fixer ? demanda Livaï.

— Vous me fixez aussi. » contre-attaqua Mikasa.

Livaï soupira. Il se redressa, rampa presque jusqu'au bord du lit, près de sa valise, et la scruta. Elle était vide. Merde. Depuis quand ? Il observa les alentours – que des vêtements. Ah, son bouquin était plus loin. Il s'en saisit et vint se tasser contre la tête de son lit. Bordel, pourquoi était-ce un traversin ? Il détestait ces trucs.

« Oï, morveuse, t'as pas un coussin ? » qu'il demanda.

Mikasa serra les poings et colla ses genoux à sa poitrine plus fermement.

« Ne m'appelez pas morveuse. J'ai un nom, c'est pas pour faire joli. Et non, je n'ai pas de coussin.

— Merde, tu sers à rien, en fait. »

Mikasa grogna. Elle n'aimait pas cet homme. Elle se tortilla sur place, se mordilla la lèvre inférieure. Elle se laissa tomber en arrière, roula sur le côté, puis resta là, en position fœtale. Autant elle ne voyait plus la sale gueule du nabot, autant il n'y avait rien d'intéressant sur ce mur blanc.

La jeune fille finit par se redresser pour voir ce que l'autre faisait. Elle le vit ouvrir à nouveau son paquet de cigarettes. Son livre était posé à côté de lui – il n'avait pas marqué sa page.

Mikasa tendit la main au moment où Livaï lui jeta une œillade appuyée mais lasse.

« Quoi ? fit-il.

— J'peux en avoir une ? »

Livaï eut un petit rictus moqueur. Il porta sa clope à sa bouche.

« J'croyais qu'tu fumais pas. » dit-il.

Mikasa le fixa de son regard sombre et vide. Avec un soupir malvenu et parfaitement inutile, Livaï lui lança cigarette et briquet. Mikasa s'en saisit.

Après plusieurs essais infructueux où elle faillit notamment se cramer les poils de nez, la jeune fille parvint à allumer le bâtonnet de nicotine.

Elle tira dessus et toussa. Non seulement c'était infect, mais en plus c'était la première cigarette qu'elle fumait de toute sa courte vie. Pourtant, elle recommença l'action. Sans tousser.

« C'est un peu… comme si il n'y avait rien en dehors de cette pièce. Comme si on était seuls au monde. » dit Mikasa, parce qu'elle le pensait vraiment.

Livaï la regarda pensivement de ses yeux couleur orage, par-dessous sa frange brune. Il baissa les yeux.

« Arrête deux secondes tes conneries. Tu t'es crue dans une sorte de film à l'eau de rose pour adolescentes pré-pubères ? » demanda-t-il avec un petit air dédaigneux dans la voix qui horripila Mikasa.

Un temps. Silence.

« Cela dit, t'as pas complètement tort. »

Il écrasa son mégot dans le cendrier.

Dehors, par la fenêtre, il n'y avait rien.

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FIN


J'avais décidé de finir sur cette phrase lorsque je rédigeais le milieu du texte, environ. Je pense que l'on peut interpréter ça comme un semblant de RivaMika (?), même si ce n'est pas vraiment dans ce but que je l'ai écrit.

À vrai dire, j'ai juste voulu me resservir d'une chambre d'un gîte dans laquelle j'ai passé deux nuits, et faire évoluer deux personnages dedans. Puis c'est tombé sur Livaï et Mikasa, Livaï parce que c'est un personnage que j'adore, et Mikasa parce que… Malgré le fait que je ne supporte pas de nombreux pairings avec elle, je suppose que j'aime bien son personnage quand même.

Merci d'avoir lu jusqu'au bout, n'hésitez pas à laisser un commentaire ! (Remarques négatives comme positives, du moment qu'elles sont constructives !)