autrefois, supplice infligé à quelqu'un pour obtenir des aveux
Bloom se trouvait au milieu du palais d'Eraklyon, vêtue de sa robe de bal bleue qui faisait ressortir ses iris. Elle était accrochée au bras de son prince charmant, à la chevelure blonde et au sourire qu'elle aimait tant. Elle aussi, souriait. Sky avait prévu d'annoncer à sa planète qu'il avait décidé de la prendre elle, Bloom, la princesse d'une planète désolée, comme épouse.
Elle était comme dans un rêve. Tout était parfait.
Mais lorsqu'elle tourna son visage, elle constata avec effroi qu'elle n'était plus accrochée au bras de Sky, mais à celui de Diapro qui lui souriait méchamment. Bloom poussa un cri avant de s'éloigner brutalement de la princesse qui disparu dans un nuage de fumée sombre.
L'état d'esprit serein dans lequel elle se trouvait l'avait quitté. Une étrange chaleur familière et désagréable s'était logée au creux de son estomac.
Le décor chatoyant dans lequel elle évoluait commença à se distordre doucement. Les couleurs prenaient une teinte plus foncée tandis que le soleil perdait peu à peu de son éclat.
Les yeux de Bloom étaient en alerte. Elle regardait tout autour d'elle, scrutait son environnement à la recherche de cet élément perturbateur qu'elle pouvait sentir sans pour autant le voir. L'angoisse commençait à nouer son estomac qui pesait déjà bien lourd. Les battements de son cœur s'accéléraient dangereusement et sa respiration se faisait erratique.
La peur prit peu à peu possession des traits de son visage qui, il y a quelques secondes encore, transpirait l'insouciance et la joie.
Les formes et les couleurs se mélangeaient autour d'elle, plus violemment cette fois. La fée ferma les yeux avec force, se concentrant sur sa respiration. Elle souhaitait avant tout reprendre le contrôle de cette peur panique qui menaçait de la gagner. La peur était une mauvaise conseillère, elle le savait. Elle se devait de garder la tête froide pour être en mesure de réagir correctement. Elle avait sûrement bu quelque chose pour tout tourne autour d'elle, il ne pouvait en être autrement. Diaspro lui avait jeté un mauvais.
Mais cette idée sonnait fausse dans son esprit. Le nom de Diaspro se répétait en boucle mais le volume diminuait et, finalement, un seul nom s'imposa avec force dans sa tête : Valtor.
« Bonjour Bloom. »
La voix du sorcier raisonna dans l'espace vide. Une voix grave, profonde, séduisante, qui avait le don de provoquer des frissons chez la princesse de Domino.
Le décor cessa de bouger, tandis que Bloom se figea et rouvrit brutalement les yeux. Elle constata, avec une surprise non dissimulée, qu'elle avait quitté la cour du palais d'Eraklyon. Elle se trouvait désormais dans les couloirs d'Alféa, plongés dans la pénombre. Sa belle robe de bal avait disparue. Elle était désormais vêtue de son pyjama, qui se constituait d'un débardeur cour et d'un short, lui aussi court.
En plus d'avoir peur, elle était mal à l'aise. Mais elle ne pouvait pas ignorer la présence néfaste qui se trouvait dans son dos. Alors, lentement, elle lui fit face.
Elle resta interdite un moment, clignant plusieurs fois des yeux comme s'il allait disparaître lorsqu'elle les rouvrirait.
Mais il était toujours là.
« Tu n'as rien à faire ici, s'entendit-elle dire d'une voix mal assurée. »
Un sourire satisfait étira les lèvres du sorcier tandis qu'il la déshabillait lentement du regard, avec un plaisir non dissimulée. Par réflexe, la pauvre Bloom croisa les bras sur sa poitrine, vaine protection contre l'œil avide de ce dangereux intrus.
« Allons Bloom, pourquoi diable prononçait-il toujours son prénom de cette façon ? Ne me dit pas que tu es surprise de me voir ? Finit par répondre Valtor sans se départir de son sourire. »
Bloom était comme pétrifiée. Chaque rencontre avec Valtor faisait naître en elles de multiples sensations divergentes qu'elle ne parvenait pas à comprendre. Il y avait d'abord la peur, car il était responsable de l'entière disparition de sa planète. Il y avait l'anticipation, de savoir ce qu'il lui réservait à elle. Il y avait également, l'excitation, parce que Valtor faisait naître en elle une adrénaline qu'elle n'avait encore jamais eu. Et puis il y avait cette étrange chaleur au fond d'elle. Chaque fois qu'il était proche, elle pouvait la sentir. Et plus il était proche, plus elle s'intensifiait. Alors elle faisait tout pour garder ses distances.
Valtor provoquait en elle quelque chose qu'elle ne comprenait pas et elle se détestait pour ça.
Le silence qui suivit les paroles de Valtor permit à Bloom de reprendre peu à peu ses esprits. Elle scruta à nouveau le décor autour d'elle puis fronça les sourcils. Pourquoi Valtor se trouvait à Alféa ? Pourquoi était-elle en pyjama au beau milieu d'un couloir ?
Ce n'était pas normal.
Et soudain, elle comprit.
« Tu n'es que le fruit de mon imagination, constata Bloom en prenant tout même soin de reculer d'un pas. »
Son dernier souvenir se trouvait dans le vaisseau des spécialistes, en compagnie des Winx et de quatre des garçons. Après le fiasco de la fête du Millenium, ils avaient décidé de se rendre de nouveau au palais afin de trouver Sky et, si ce n'était pour le raisonner, au moins pour comprendre ses motivations.
Elle n'était pas à Alféa. Elle était dans sa tête. Tout ceci n'était qu'un rêve stupide.
« Tu n'es pas réel, réaffirma-t-elle d'une voix plus forte afin de donner plus de crédit à sa pensée.
— Je t'en prie, ricana Valtor en avançant d'un pas, ne sois pas si désagréable. Tu ne vas pas me faire croire que tu n'as jamais rêvé de moi. »
Son ton enjôleur s'accompagnait d'un sourire que Bloom n'aurait su décrire correctement. Ses yeux gris étaient plongés dans ceux de Bloom qui avait la désagréable sensation qu'il pouvait lire en elle. Elle avait l'impression qu'il plongeait au fond de son âme pour y extraire toutes ses peines, toutes ses peurs, tous ses désirs.
Son mal être ne fit qu'augmenter et elle fut saisie d'un haut-le-cœur. Elle vit la tête de Valtor se pencher légèrement, comme s'il savourait le spectacle qui se jouait devant lui.
Elle était le spectacle.
Son esprit était-il aussi malsain pour lui faire vivre une telle situation ?
« Les seuls rêves dans lesquels tu apparais, reprit Bloom avec assurance et en relevant la tête, sont ceux dans lesquels je te mets hors d'état de nuire. »
Elle distingua le sourire de Valtor s'élargir et une étrange lueur se mis à danser au fond de ses iris.
« Ce que je retiens, ma chère princesse, c'est que tu rêves de moi. »
Pourquoi fallait-il toujours qu'il insiste sur les possessifs lorsqu'il s'agissait d'elle ? Et pourquoi fallait-il qu'un frisson d'anticipation remonte le long de son échine ? Etait-ce seulement de l'anticipation ? Le simple fait de se poser la question dégoûta Bloom davantage.
Elle fit un pas en arrière.
Valtor fit un pas en avant.
« Tu ne peux pas te cacher de moi, Bloom, pourquoi son prénom sonnait-il si juste dans sa bouche ? Nous sommes liés, tu le sais mais tu refuse de la voir. C'est pour ça que tu en es là aujourd'hui, seule et abandonnée par ce prince de pacotille qui en préfère une autre.
— Non ! S'emporta Bloom, mais elle ignorait si c'était contre lui, ou bien contre elle-même. Si j'en suis là, c'est uniquement par ta faute. Parce que tu l'as ensorcelé. »
Cette fois, c'est un rire qui secoua les épales du sorcier qui, à chaque instant, se faisait plus proche d'elle.
« Tu savais qu'il se passer quelque chose, mais tu n'as rien fait. Tu as senti que j'allais intervenir mais tu as préféré l'ignorer et faire comme si cette connexion entre nous n'existait pas, la voix de Valtor se faisait plus dure et sa silhouette plus menaçante. »
Alors c'était ça ? Une sorte de punition ? Parce qu'elle refusait de lui accorder une place dans sa vie ? C'était du délire.
Le sorcier continuait d'avancer dans sa direction, tandis que Bloom s'évertuait à reculer. Mais l'inévitable arriva et son dos heurta le mur du couloir.
Les décors des rêves sont extensibles, ils répondent à la volonté du dormeur mais, malheureusement pour Bloom, son esprit était bien trop occupé par Valtor pour commander quoi que ce soit à son subconscient. De plus, elle n'avait jamais vécu pareille expérience, elle était totalement novice en la matière, et Valtor le savait parfaitement.
« Et pour quel résultat, Bloom ? Elle ne put retenir le frisson d'excitation qui parcourait son corps tandis que le visage du sorcier n'était plus qu'à quelques centimètres du sien. Dis-moi, continua-t-il d'une voix plus basse et plus grave alors qu'il plaquait ses mains de chaque côté du visage de la fée, désormais prise au piège, qu'as-tu gagné à m'ignorer ? »
La sensation au creux de son estomac n'avait jamais été aussi forte. Elle était persuadée que Valtor pouvait entendre les battements de son cœur qui menaçait de s'échapper de sa poitrine. Elle pouvait sentir le souffle chaud de Valtor balayer son visage tandis que ses yeux semblaient la transpercer davantage.
La présence du sorcier lui semblait bien trop réelle pour n'être que le fruit de son imagination. Elle n'aurait jamais pu imaginer une chose pareille, son esprit n'était pas pervers au point de la torture de la sorte.
Du coin de l'oeil, elle vit l'une des mains de Valtor quitter le mur pour se saisir d'une mèche de ses cheveux qu'il fit glisser entre ses doigts.
Il était évident qu'elle ne pouvait pas rêver d'une chose pareille. Ce n'était pas de son fait. Et cette pensée, qu'elle pensait rassurante de prime abord, lui glaça finalement le sang. Les couleurs quittèrent son visage, ce que Valtor ne manqua pas de remarquer. Un sourire triomphant illumina son visage.
« Tu as enfin compris, souffla-t-il en plantant à nouveau ses iris dans ceux de la fée. »
Il était dans sa tête.
Cette fois, la panique l'a gagna. Elle tenta de le repousser mais Valtor ne se laissa pas avoir. Il n'eut ainsi aucun mal à s'emparer de ses frêles poignets pour les plaquer au-dessus de sa tête, les maintenant fermement sa puissante poigne.
Bloom se détestait d'être aussi faible. Elle était dans son propre esprit elle ne pouvait rien faire.
« Que crois-tu pouvoir faire, trésor, nargua-t-il avec un sourire moqueur, tandis qu'un nouveau frisson secoua le corps de Bloom. Tu es à ma merci. »
La rouquine lui répondit pas un regard plein de hargne et de défi. Les mots étaient coincés dans sa gorge. La proximité du sorcier troublait ses sens. Une part d'elle voulait qu'il s'en aille, le plus loin possible et, une autre part, enfouie au fond, souhaitait plus.
Mais Bloom préféra se raccrocha à la raison plutôt qu'à la folie.
« Comment as-tu fait pour entrer dans ma tête ? »
Valtor ne répondit pas aussitôt, se délectant du spectacle que lui offrait le visage de Bloom.
« Je ne suis pas vraiment dans ta tête, trésor, finit-il par dire alors que sa main venait remettre de l'ordre dans sa chevelure de feu. Même si notre connexion m'a facilité la tâche, il m'a tout de même fallu dérober quelques sortilèges par-ci, par-là, expliqua-t-il non sans une certaine fierté. Mais pour entrer dans les rêves de quelqu'un, il faut obtenir de cette personne une sorte de... il feignit de chercher ses mots, d'autorisation. Un sourire énigmatique étirait alors ses lèvres tandis que son regard scrutait le visage de Bloom.
— Une autorisation ? Répéta-t-elle, sceptique. Qu'est-ce que ça veut dire ?
— Oh, tu as déjà oublié, répondit Valtor sur un ton faussement vexé.
— Je ne vois pas de qu... »
Mais les mots de Bloom moururent dans sa bouche alors que le pouce de Valtor venait de se poser sur sa lèvre inférieure.
Il n'avait aucun mal à contenir les deux poignets de la jeune femme dans une seule main, ce qui lui permettait de promener son autre main sur le visage de qui, à son contact, ne pu réprimer un nouveau frisson. La petite voix à l'intérieur de Bloom ne put s'empêcher de se demander qu'elle effet aurait le contact de la peau de Valtor contre la sienne.
Réprimant cette pensée, Bloom ferma les yeux.
La main du sorcier épousait parfaitement la joue de Bloom qui avait pris une teinte rosée. Une étrange chaleur se dégageait à travers son gant. Le pouce du sorcier qui reposait alors sur sa lèvre se mit à se mouvoir pour la caresser délicatement.
Son regard, qui se portait alors sur les lèvres de la fée, se planta à nouveau dans ses yeux. Bloom avait perdu toute capacité à émettre le moindre son. L'effet que lui faisait Valtor était au-delà de tout ce qu'elle avait imaginé. Elle le regardait avec de grands yeux, de la même façon qu'une biche fixe les fards du voiture avant de se faire violemment percuter.
« Tu étais bien moins farouche au bal du petit prince, fit-il remarquer sans se départir de son sourire victorieux. »
L'incompréhension déforma à nouveau le visage de Bloom. Le visage de Valtor perdit en netteté tandis que son esprit se concentrait sur les vagues souvenirs de cette soirée. De son côté, Valtor étudiait chacune des réactions de son visage.
Le premier souvenir qui heurta sa mémoire fut celle de l'annonce des fiançailles de Sky avec Diapsro. Ce souvenir était marqué au fer rouge et elle était certaine qu'elle ne l'oublierait jamais, quand bien même il était le fruit d'un maléfice. Avant cette terrible annonce, elle se souvenait avoir discuté avec le Winx Club. Elle voyait Flora essayer d'apaiser les tentions entre Musa et Stella.
Bloom fronça les sourcils, cherchant plus loin. Où diable Valtor voulait-il en venir ? Elle se souvint que Brandon l'avait emmenée voir Sky avant qu'il ne s'éclipse avec son père, puis il était précipitamment revenu pour l'embrasser avec une passion qu'elle ne lui connaissait pas. Elle souvient alors de la soudaine sensation de chaleur, les picotements lorsque leurs lèvres étaient entrées en contact et son sang qui s'était mis à bouillonner.
Tout ce qu'elle avait ressenti était dû à l'excitation du moment. C'était ce qu'elle croyait. C'était ce qu'elle souhaitait. Il ne pouvait en être autrement. Elle n'aurait pas pu...
Le cheminement de ses pensées fut brutalement arrêté par Valtor qui, visiblement, s'impatientait. De sa main libre, il avait empoigné les cheveux de Bloom qu'il tira sans ménagement, s'en servant ainsi de levier lui permettant d'avoir un accès sans restriction au visage de la fée.
Son cou était également exposé, nu. Lorsqu'il l'a vit déglutir, la fée distingua les pupilles du sorcier se dilater et sa respiration s'accélérer.
« Tu croyais vraiment, reprit-il alors en accentuant la pression sur ses cheveux et en approchant dangereusement son visage d'elle, que ton petit prince ridicule était capable de t'embrasser avec, ses lèvres charnues frôlèrent celles de Bloom et la sensation se reproduisit, autant de fougue ? »
Si le visage de Bloom était pâle, il le devint encore plus lorsqu'elle réalisa ce qu'il s'était vraiment passé. Vatlor avait prit l'apparence de Sky et l'avait embrassé comme jamais elle n'avait été embrassée avant.
Elle sentit une chaleur irradier son visage. Il ne faisait aucun doute que ses joues avaient pris une couleur cramoisie.
« Tu les as senties aussi, continua-t-il sans éloigner ses lèvres, murmurant contre sa bouche, les étincelles. Ces picotements. Cette chaleur, énuméra Valtor alors que ses lèvres glissait le long de sa joue. Tu peux pas ignorer notre connexion, Bloom, susurra-t-il au creux de son oreille. »
La sensation de sa bouche sur sa peau créait d'agréables picotements qu'elle ne pouvait ignorer. Et lorsque son souffle avait atteint son oreille, que son prénom avec glissé de sa bouche comme une prière, que ses lèvres caressaient son lobe et que son nez se frayait un chemin dans ses cheveux, Bloom ne put retenir un gémissement.
La petite voix agaçante au fond d'elle avait gagné. L'instinct l'emportait sur la raison. Son corps répondait, indépendamment de sa volonté.
Il fallait qu'elle se ressaisisse. La voix de la raison n'était pas morte. Elle ne pouvait pas se laisser manipuler ainsi dans son propre rêve. Il n'en était pas question.
« Qu'est-ce que tu veux ? Finit-elle par demander d'une voix faible. »
Sa bouche était pâteuse. L'effet qu'il avait sur elle était terrifiant.
Un grognement raisonna au creux de son oreille et Valtor s'éloigna de son visage. Un courant d'air glacial traversa le corps de Bloom.
« Pourquoi faut-il toujours que tu sois si sérieuse, se plaignit-il. »
La prise sur ses poignets se resserra lorsqu'elle tenta de se dégager à nouveau.
« Et si bornée. Tu en vas jusqu'à nier ce que tu es, Bloom. Ce que nous sommes.
— Toi et moi...
— Sommes liés, Bloom, la coupa-t-il d'une voix forte. Tu pourras le nier autant que tu le voudras, tu n'y changeras rien. Tu ne feras que perdre ton temps. Alors je te le demande, princesse, sa voix n'était plus aussi charmante, la colère y raisonnait. Cesse de m'ignorer. Cesse de nous ignorer. Sa bouche était à nouveau au-dessus de celle de Bloom et sa respiration saccadée balayait à nouveau son visage. Acceptes nous. »
Bloom avait raison. Ce qu'il avait infligé à Sky était une punition. C'était sa punition. Il la punissait pour l'avoir ignorer. Mais elle n'était pas idiote. Valtor continuerait de s'en prendre à son entourage car leur objectif était de le stopper dans ses desseins. Qu'elle accepte ou pas de reconnaître ce quelconque lien qu'il partageait, les choses resteraient les mêmes. Valtor détruirait tout ce qu'il toucherait, et les Winx continueraient d'œuvre pour l'arrêter.
« Il n'y a pas de nous, Valtor, répondit finalement la fée en s'emparant de tout son courage. Il n'y aura jamais de nous. »
Le sourire du sorcier disparu et la colère pris place sur son visage. Il n'était habituellement pas si facile de lire sur son visage.
Soudainement, le paysage autour d'eux se mit à vriller violemment. Bloom sentit la prise de Valtor autour de ses poignets et de ses cheveux s'intensifier mais elle savait qu'il ne pouvait pas la retenir. Elle savait qu'il ne pouvait pas l'empêcher de se réveiller.
Tout s'écroulait autour d'eux et la fée distingua le regard impuissant que Valtor lançait au décor. Finalement, ses iris emplis de colère se posèrent à nouveau sur elle tandis que sa prise disparaissait.
« Tu ne peux pas m'échapper Bloom, s'emporta-t-il. Tu ne peux pas m'ignorer ! Il criait, mais sa voix sonnait comme un écho lointain. Tu m'entends Bloom ? »
Elle était désormais hors de portée et la silhouette de Valtor n'était désormais plus qu'un amas de couleurs informes.
« Bloom ! »
Son cri désespéré raisonna au fin fond de son esprit et accompagna son réveil.
La respiration haletante, le corps en sueur, Bloom se redressa subitement, repoussant la veste qui lui servait de couverture de fortune. La voix de Valtor raisonnait encore clairement dans son esprit tandis que son regard balayait la pièce dans laquelle elle se trouvait.
Elle fut rassurée de constater qu'elle était bel et bien dans le vaisseau des spécialistes. Autour d'elle, ses amies dormaient paisiblement.
Il lui fallut de nombreuses minutes pour reprendre un rythme de respiration normal et entendre autre chose que les battements frénétiques de son cœur. L'image du sorcier hantait son esprit et la peur s'était installée au creux de son estomac. Elle se croyait hors d'atteinte mais elle s'était fourvoyée. Il serait toujours là.
Soudain, cette appréhension désagréable et familière tordit son estomac. Une dangereuse chaleur.
Valtor.
Valtor était ici, sur Eraklyon. Elle le sentait. Elle ne pouvait pas l'ignorer. Elle ne pouvait plus l'ignorer.
« Les filles ! S'exclama Bloom. Levez-vous. Valtor est ici. »
Bon, à la base, j'avais pas prévu de suite, c'était supposé être un one-shot avec une majuscule et un point final. Parce que je me connais, quand je veux faire plusieurs chapitres sur un coup de tête, ça fini par être laissé en suspens. Mais voilà, surprise, un deuxième chapitre a vu le jour. J'ai essayé de me concentrer sur le point de vue de Bloom (en restant à la troisième personne car j'ai horreur des récits à la première personne et je suis surtout très nulle pour les écrire). J'espère que ce n'est pas trop mauvais. Le prochain chapitre sera sûrement du point de vue de Valtor (car oui, il y aura un prochain chapitre).
