Disclaimer : Pas à moi.
Cette Fanfiction a été écrite dans le cadre du fest' intra-discord organisé par FESTUMSEMPRA sur le thème « HAPPY HALLOWEEN », un fest pour sauver votre personnage préféré, lui donner la fin méritée, l'amour de sa vie, en deux mille mots max. Un prompt/défi généré au hasard était également à intégrer et se trouve en note de fin.
La liste complète des œuvres participantes à cette édition est disponible sur AO3 dans la collection Happy_Halloween_Fest :
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Bonne lecture.
Elle avait pris son thé ce matin, avec des petits biscuits qu'elle avait trempé avec délicatesse, avec soin, avec élégance - comme le lui avait appris sa mère, et sa grand-mère avant elle. Car on était Black, ou on ne l'était pas.
Elle se redressa légèrement, droite et fière, comme seules les femmes de sa stature, de son rang, de son sang savaient l'être. Les autres familles faisaient pâles figures à côté de la sienne, on le lui avait assez répété. Quelle chance elle avait, d'avoir vue le jour, d'être née sous une bonne étoile dans une famille aussi prestigieuse, respectable, et bénie des astres.
Ses doigts, longs, fins, élégants, poussèrent la porte du salon de thé où ils avaient décidé de se rejoindre pour une collation matinale. Les employés la saluèrent respectueusement avant de la mener sans un mot de trop au petit salon annexe qu'elle avait réservé la veille.
Elle allait voir son fils adoré après son départ du foyer familial – un envol qu'elle avait attendu, qu'elle avait redouté, qui avait finalement eu lieu malgré tout. Son fils volait de ses propres ailes, faisant enfin honneur à la famille malgré ses erreurs et ses quelques déviations passées.
Oh bien sûr, que faisait-il à vivre loin d'eux, se questionneraient les mauvaises langues, y avait-il des tensions qui subsistaient entre la mère et le garçon ? Mais elle les faisait vite taire : sa position éminente au ministère était connue, et le fait qu'il prenne le temps entre deux voyages en France, de la retrouver pour une boisson chaude en pleine fraicheur automnale était une belle preuve d'amour. D'affection. D'attachement.
Elle était sa mère après tout.
Dire qu'elle était fière de sa réussite ne serait pas mentir : elle avait failli croire qu'ils n'y arriveraient pas, qu'ils ne survivraient pas à sa folle adolescence, qu'elle le perdrait, contre son gré, malgré tous ses efforts - mais les astres veillaient. Elles avaient bercé sa vie, lui avait souri dès la naissance, faisant de lui un robuste bébé, un beau jeune homme, un parfait héritier.
Posant ses doigts croisés sur la table de bois vernis, elle étudia la pièce d'un regard, cherchant à déceler le moindre faux-pas, la moindre maladresse. Mais aucune décoration pour une quelconque fête grotesque n'avait été disposé, tout semblait à sa place, comme elle n'avait pas eu à l'exiger tant son nom rimait avec classe et dignité.
La porte s'ouvrit à nouveau, cette fois sur la silhouette élancée de celui qu'elle avait porté, avec gloire et fierté, pour la continuité de la dynastie et malgré la maladie. Qu'elle avait prié pour qu'elle soit un jour fière et heureuse de prononcer son prénom ! Les astres l'avaient entendu, avait joué avec elle au point de faire vaciller ses croyances, avant de la combler de joie.
Il déposa un rapide baiser sur sa joue avant de s'asseoir face à elle, la réjouissant à nouveau d'avoir eu ce fils, fort et grand, gentleman ; plutôt qu'une faible et chétive fille.
Elle repensa avec nostalgie au fils de Tante Dorea, qui lui avait bien fait de l'œil dans sa jeunesse, mais décidément son mari avait été le meilleur choix. Bien que leurs noces aient été arrangées, ils partageaient valeurs et convictions et jamais il n'avait été contre son avis. Sa mère lui avait bien appris que c'était là la réelle force d'une épouse de qualité : savoir faire croire que le patriarche décidait quand en réalité c'était la femme, la mère, qui commandait.
« Comment allez-vous, Mère ? »
Elle esquissa un sourire face à ses manières, à cette déférence qu'il avait fini par assimiler malgré tout. Mais elle ne pouvait que saluer son intelligence. Son habileté. Le brio dont il avait fait montre, lorsqu'elle avait, à son insu, poussé sur son chemin la parfaite bru. Qu'il courtisait toujours, et qu'il finirait par épouser le moment venu. L'avenir de la famille, la descendance était assurée : le sang, pur, et la beauté.
Car il le fallait, c'était ainsi que le monde allait – les temps changeaient, les saisons passaient, mais ils demeuraient. Les Black, aussi imposant que le nom, riche de par leurs racines ancestrales, de par leurs valeurs, de par leurs coutumes.
Heureusement pour eux, Andromeda était morte avant d'avoir pu épouser son Sang-de-Bourbe, évitant ainsi d'afficher aux yeux de tous et toutes son ignominie. Et si sa mère, en un audacieux effort de redorer leur blason après ce drame à peine évité, avait réussi à comploter une alliance avec les Malefoy, que grand bien leur en fasse. Après trois filles, il fallait en faire des concessions, puisque invariablement seuls les fils héritaient.
Mais il fallait avouer que ce mariage fut une parfaite réussite pour Narcissa qui, malgré la tare maternelle, conçut un fils de cette union. Les Blacks, toujours vainqueurs. Encore plus quand l'une d'elle baptisaient son fils d'après la tradition stellaire, l'adoubant de façon certaine à ce qu'il soit reconnu des siens, porteur de leurs valeurs en dépit de son patronyme.
Drapée dans sa dignité, elle n'avait donc plus proféré un mot à leur encontre. La famille, c'était là le plus important. La famille, le sang et la pureté.
Elle avait endossé son rôle avec joie. La maîtresse de la Maison Black, la maison ancestrale entre ses savantes mains. Que demander de plus ?
La serveuse réapparut, sur la pointe des pieds, l'air intimidé quand bien même elle avait affublé de quelques niaises citrouilles sa robe. Elle fronça un sombre sourcil en voyant son fils lui jeter un rapide regard avant de se féliciter de la froideur qui transparaissait sur ses traits.
Car le talent des Blacks n'était pas la lâcheté des Malefoy : ils ne multipliaient point les courbettes, ils se contentaient d'exister, tels des rocs, précurseurs de leur temps à toujours et à jamais. Ils se devaient donc d'être dignes, polis, mais pas présomptueux, et c'était là toute la difficulté de la frontière qu'il fallait manier. Et que son fils semblait maîtriser amplement, désormais, si elle en jugeait sa réaction.
Se félicitant d'avoir réussi, là où d'autres moins persistantes qu'elle auraient sans doute échouées, elle humecta ses lèvres avant de devancer sa réponse :
« Il prendra un earl grey, avec une pointe de citron et un sucre. »
La jeune femme, plus sereine face à sa voix féminine, agita rapidement sa baguette, déposant la commande avant de disparaît aussitôt.
« Merci mère. »
Tout allait bien, tout était bien, dans le meilleur des mondes.
Elle regarda son aîné qui hocha la tête doucement, avec respect et convenance.
Il était le Black qui avait été à Gryffondor, avait dévié - mais était revenu à la raison. Toujours pur.
Du bout des lèvres, Sirius sourit, avant de boire une gorgée du breuvage.
« Vous avez toujours raison, comme d'habitude. »
Prompt/Défi : Sirius et Walburga vont prendre un café un matin et Walburga connaît déjà sa commande par cœur.
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