Chapitre 1 :
Celui qui ne voit pas
.
.
.
Aujourd'hui, il avait 18 ans.
C'était un âge particulier pour les jeunes gens comme lui. Obi-Wan avait attendu sa majorité pendant des années, du moins jusqu'à qu'il se rende compte que peu importait son âge, s'il n'était que Padawan, rien ne changerait. Il avait encore quelques années avant d'obtenir le titre de Chevalier et de voler de ses propres ailes. En attendant, il était sous la responsabilité du chevalier Jedi, Qui-Gon Jinn.
Si pour lui, ce jour était particulier, pour son maître, cela ne l'était pas. Mais était-il surpris ?
Obi-Wan Kenobi avait fini par tirer un trait sur son jour de naissance, d'année en année depuis ses 13 ans. Plus les années passaient, moins il en attendait de son maître. Lui-même avait fini par oublier ce jour. Très souvent, ils se trouvaient en mission sur une autre planète, concentrés sur leur objectif. Donc un anniversaire n'était pas important à ce moment-là.
Pourtant, ces derniers jours, ils n'avaient pas eu de missions en raison d'une blessure que Qui-Gon s'était faite à l'épaule, ils ont eu un mois de congé, le temps qu'il se rétablisse et que Obi-Wan rattrape les cours qu'il avait pu manquer entre temps. Le duo Maître-Padawan était connu pour enchaîner mission après mission, obligeant Obi-Wan à suivre les cours par correspondance et sacrifiant le peu de temps libre qu'il avait lorsqu'il retournait au Temple à Coruscant. Les jours qui ont précédé n'ont pas du tout été de repos, contrairement à Qui-Gon, dont les journées se résultaient à dormir, manger, méditation, visite chez les Guérisseurs et supervision de l'entrainement au sabre de son Padawan. Autant dire que Qui-Gon n'avait pas eu l'autorisation de prendre l'arme, il se contentait donc de diriger Obi-Wan et de lui fournir des exercices physiques.
Le jeune apprenti pensait que du fait que son maître ne participerait pas entièrement à son entrainement, ce serait moins fatigant, il avait tort, Qui-Gon n'hésitait pas à l'épuiser physiquement et chaque soir, il finissait par avoir mal à ses muscles.
.
Pour son anniversaire, il s'était levé comme d'habitude, préparant le petit-déjeuner pour son maître et lui-même, se demandant malgré lui, si ce dernier allait lui dire quelque mot en ce fameux jour. Il avait même fait un effort pour se lever un peu plus tôt malgré ses 4h de sommeil, car la veille il s'était couché tard révisant ses cours et finissant les derniers exercices arithmétiques. Il avait donc préparé des pancakes et du jus de fruits comme son maître les aimait.
Qui-Gon se leva une bonne heure après lui, surpris de voir son padawan aussi matinal.
« Eh bien, Obi-Wan, quel festin, s'amusa-t-il en voyant les plats sur la table du salon.
- J'espère que cela vous plaira, sourit Obi-Wan en lui adressant une assiette de pancake en face de lui.
- Merci, Padawan. »
Il s'installa à la table et commença à engloutir son petit-déjeuner. Obi-Wan le rejoignit pour faire de même, légèrement anxieux. Il craignait d'avoir trop cuit les pancakes.
« C'est délicieux, bravo…bien que la pâte soit un peu trop épaisse. »
Les premiers mots avaient remplis de joie le jeune homme mais les derniers lui avaient laissés un gout amer. Evidemment, ce n'était pas assez pour Qui-Gon. Le ventre du Padawan se serra un peu, déçu de ce compliment. Ce n'était pas parfait, il devrait faire mieux. Il fixa ses pancakes et dut constater effectivement qu'elles étaient épaisses. Il se força à manger, bien que la faim qui l'avait eu ce matin ait disparu soudainement. Il avala rapidement son petit-déjeuner, ne mangeant qu'une crêpe, avant de se préparer pour partir à ses cours.
Il ne releva même pas l'absence de vœux d'anniversaire de son maître. Alors qu'il enfilait ses bottes à l'entrée de leur appartement, Qui-Gon vint à lui.
« Obi-Wan, j'aimerai que tu me fasses quelques courses, je t'enverrai cela tout à l'heure, vérifie des messages.
- Bien, maître, ça sera fait. »
Le Padawan soupira intérieurement, il avait l'impression que Qui-Gon profitait parfois du fait qu'il était en convalescence pour lui faire faire les tâches les plus ingrats. Ainsi il ne put s'empêcher de lancer sarcastiquement :
« Puisque je suis votre domestique, peut-être voudriez-vous que je nettoie l'appartement ce soir, au passage, my lord ? »
La réaction de son maître ne fut pas celle à quoi il s'attendait, au lieu de soupirer et de rire doucement, comme il avait l'habitude de faire, Qui-Gon lui jeta un regard noir, énervé.
« Eh bien, si tu le prends ainsi, oui, tu me nettoieras l'appartement ce soir…et tu feras évidemment la cuisine. » Déclara-t-il sèchement.
Obi-Wan ouvrit la bouche pour protester mais son maître l'empêcha de parler.
« Tu apprendras à avoir un peu plus de respect envers tes ainés, Jeune Padawan, grinça-t-il en se retournant.
L'apprenti avala difficilement sa salive et émit un murmure d'excuse qui fut ignoré. Voyant que son maître n'avait plus rien à lui dire, il quitta les quartiers et se rendit à ces cours, alors que des larmes commençaient à lui monter aux yeux. Quelques respirations plus tard, il parvint à reprendre contrôle de ses émotions et à adresser des sourires à ses professeurs lorsqu'il atteint les salles de cours.
.
.
Vers midi, lorsque son dernier cours fut terminé, il voulut en profiter pour manger son déjeuner et faire une petite sieste dans un des jardins, mais le message envoyé par son maître l'en dissuada. Sa faim disparut de nouveau ainsi que son envie de dormir. Il était fatigué, il le sentait dans son corps. Ses entrainements, ses jours de cours, ses nuits parfois blanches à réviser ses cours en plus des tâches supplémentaires qu'il était obligé de faire car Qui-Gon avait été interdit en vue de sa guérison.
Une liste de cours lui avait été envoyée sur son datapad et il gémit en voyant que cela allait lui prendre toute l'après-midi. Pourquoi avait-il ouvert sa bouche ? Il était certain que qu'une partie des courses a été ajoutée à la dernière minute. Non seulement, il allait devoir sortir du Temple mais en plus, il ne pourra jamais finir cela avant la tombée de la nuit. Qui-Gon lui avait même demandé d'aller lui chercher quelques documents dans les Archives.
Il allait devoir retourner dans ses quartiers pour déposer ses affaires mais avant même qu'il eut fait un pas, Quinlan Vos l'attrapa par l'épaule et lui adressa un grand sourire.
Le jeune homme aux tresses noires semblait être en plein forme. Cela faisait des mois qu'Obi-Wan ne l'avait pas vu et il ne l'aurait pas reconnu si ce dernier n'avait pas sa bande jaune sur le visage.
« Salut, Obi ! ça fait longtemps ! S'écria son ami en passant un bras derrière son cou.
- Quinlan, quelle surprise, je te croyais en mission…
- Nous avons fini plus tôt et comme je passais par-là, je t'ai vu et je me suis demandé si tu avais oublié notre duel de l'année dernière.
- Une prochaine fois, je n'ai pas trop le temps…
- Allez, ça fait un an que j'attends. »
Le blond-roux hésita un moment. Il était content de voir Quinlan et il savait qu'il n'allait pas se revoir encore longtemps. C'était maintenant ou jamais.
« D'accord, je vais te mettre une raclée, Quin.
- Hâte de voir ça, Obi. »
.
.
Obi-Wan jura dans sa barbe. Il regrettait tellement d'avoir accepté le défi de Quinlan, il n'avait pas vu l'heure et trois heures sont passés tandis qu'ils s'entrainaient aux sabres lasers avec son ami d'enfance. Cela faisait quelques semaines qu'il n'avait pas échangées avec quelqu'un d'autre qu'un droïde de combat. Tous les Padawans de son niveau étaient tous en mission et les Chevaliers avaient d'autres priorités que de s'entrainer avec un Padawan comme lui, Qui-Gon étant indisponible physiquement parlant.
Avec trois heures de retard, il dut carburer et décida de faire quelque chose qu'il n'avait jamais fait pour des tâches aussi simples. Il utilisa la Force, augmenta sa force physique et sa vitesse. Qui-Gon ne lui pardonnera pas d'utiliser la Force de cette manière-là, mais avait-il le choix ? Il voulait finir les courses à temps, surtout qu'il devait faire la cuisine et le ménage. Il n'avait pas envie de la mauvaise humeur de son maître ce soir. Il savait à quel point son maître serait irrité s'il n'avait pas fait ce qu'il avait demandé.
Ainsi il alla acheter des produits alimentaires, des pièces mécaniques, des piles d'alimentations, des produits d'hygiènes, quelques livres. Et tout cela, il les porta à bout de bras, aidé par la Force qu'il emmena dans les quartiers. L'appartement était vide et Obi-Wan conclut que son maître était sans doute sorti visiter les Guérisseurs.
Après avoir rangé ce qu'il fallait, il se rendit aux Archives et étudia les nombreux documents que Qui-Gon lui avait ordonné de récupérer pour un compte-rendu concernant une planète à la Bordure Extérieur, sachant très bien qu'il s'attendait à ce qu'il fasse un tri dans les informations qu'il pourrait récupérer, Obi-Wan resta jusqu'à la fermeture des Archives, jusqu'à que Jocasta Nu vint lui signaler. Fort heureusement, il avait pu récupérer tout ce qui permettait à Qui-Gon de compléter son rapport.
Lorsqu'il revint à leur quartier, Qui-Gon n'était toujours pas rentré et en consultant son datapad, il vit qu'il lui avait laissé un message. Il rentrerait tard, il avait une réunion avec le conseil à propos d'une mission d'un de ses confrères chevaliers et qu'ils avaient besoin de son avis, il espérait donc trouver les quartiers propres et le repas du soir fait.
Un torrent d'injures défila dans son esprit, mais il se mordit les lèvres, ravalant ses larmes qui menaçaient de tomber depuis ce matin. C'était désormais évident, Qui-Gon avait oublié quel jour on était, comme chaque année, avait-il envie de dire, bien que généralement, dans la journée, il avait toujours un petit mot gentil, mais aujourd'hui, rien. Alors qu'avoir 18 ans, pour un Padawan, c'était sacré. Obi-Wan avait toujours entendu que cette journée était inoubliable pour un apprenti Majeur.
« Je suis un Jedi, tout cela est futile, songea le jeune homme en commençant son ménage, je ne suis qu'un Padawan et je n'ai pas le droit d'exiger cela de mon maître. »
Malgré le fait qu'il se répétait toujours la même chose pendant qu'il rangeait, nettoyait et astiquait l'appartement, ses larmes sont tout de même tombés, glissant de ses joues, lâchant des sanglots interminables. Il ne devait pas pleurer, mais c'était plus fort que lui. La fatigue, l'épuisement émotionnel, l'épuisement de la Force, il était sans doute tellement exténué qu'il ne contrôlait même plus ses émotions.
Il termina son ménage en larmes, hoquetant sans arrêt, reniflant à tout bout de champs, rangeant même la chambre de son maître, dépoussiérant chaque meuble, chaque recoin de chaque pièce, ignorant la douleur dans ses muscles, la fatigue dans la Force qu'il commença alors à puiser malgré lui, quand il sentit que son corps pourrait s'effondrer à tout moment.
Il était si faible qu'il n'arrivait même plus à faire quelque chose d'aussi simple. Il était si pathétique.
Et lorsqu'il n'eut plus assez de larmes pour pleurer, lorsque ses yeux étaient rouges et gonflés, lorsqu'il finit de préparer le repas pour son maître, un steak végétarien avec des légumes, il se laissa aller à sa chambre, s'allongeant dans son lit. Il n'avait pas pris la peine de se faire à manger non plus. Il n'avait pas du tout faim.
Cette journée semblait l'avoir achevé. Si les jours précédents étaient tout aussi fatiguant, cette journée-ci l'était trois fois plus. Il ne ressentait plus aucune partie de son corps, même ses doigts n'avaient plus aucune sensation. Il ferma les yeux tentant de se connecter à la Force, mais il fut stupéfait de constater qu'il avait beaucoup utilisé cette dernière pour rester debout. Avec lenteur, il s'assit sur le lit et essaya de méditer, mais il fut repoussé sauvagement.
Il frémit. C'était la première fois que cela lui arrivait. Il n'avait plus…de Force ? Il recommença de nouveau, entêté. Il avait besoin de la ressentir, il devait le faire, il n'avait pas le droit à l'échec. Il ferma les yeux et inspira fortement, espérant retrouver un semblant de contrôle dans son corps, captant la moindre étincelle de la Force qu'il pouvait percevoir, puisant dans ses réserves les plus enfouis.
C'est ainsi qu'il tomba dans une profonde et sombre méditation.
.
.
.
Lorsque Qui-Gon rentra, il fut heureux de découvrir un appartement propre, quasi neuf et son repas prêt à être réchauffé sur la table de la cuisine. Il soupira longuement, rassuré. Pendant un moment, il pensait qu'Obi-Wan, sous le coup de la colère, aurait refusé d'obéir. Fort heureusement pour lui, toutes les tâches qu'il avait demandées ont été remplies à la lettre.
La réunion n'avait pas duré très longtemps, les maîtres du conseil l'avaient autorisé à partir avant la fin à sa grande surprise et il avait donc fini par méditer pendant de longues heures dans la Salle des Milles fontaines.
Avant d'engloutir le plat préparé par son Padawan, il jeta un coup d'œil dans la chambre de ce dernier et il aperçut la forme habillée d'Obi-Wan allonger dans son lit, endormi. Qui-Gon fronça les sourcils en voyant cela et se promit plus tard, il irait faire une petite remontrance sur la négligence des vêtements pour dormir.
Il laissa le jeune homme dormir et reporta son attention sur la nourriture qui l'attendait.
.
.
Le lendemain matin, Qui-Gon fut surpris de voir que son jeune Padawan n'était toujours pas réveillé et le petit-déjeuner non fait, comme à son habitude. Cela irrita un peu le Jedi car cela décalait sa journée et Obi-Wan allait rater les cours du matin. Il se dirigea donc dans la chambre de ce dernier.
« Obi-Wan, réveille-toi. » S'écria-t-il d'un ton ferme.
L'apprenti, qui était toujours dans son lit, habillé de ses vêtements de la veille, sursauta soudainement et cligna des yeux.
« Maître ? »
La voix du Padawan n'était pas du tout sereine et Qui-Gon traduit cela comme une sorte de honte. C'était la première fois qu'il ne se levait pas avant lui. Il s'attendrit alors et se radoucit.
« Tu as loupé ton réveil, mon jeune apprenti, tu risques d'arriver en retard à tes cours. »
Qui-Gon fixa Obi-Wan qui n'avait pas levé les yeux vers lui depuis qu'il était entré dans sa chambre, fixant ses mains qui tremblaient.
« Padawan ? S'inquiéta-t-il.
- Laissez-moi, un instant, maître.
- Très bien, mais dépêche-toi. Je vais te préparer le petit-déjeuner. »
Il sortit de la pièce mais quelque chose chiffonna énormément Qui-Gon, comme une perturbation dans la Force, dans le faible qu'il avait pu créer avec son apprenti. Mais il n'arrivait pas à poser le doigt dessus. Il secoua sa tête, chassant ses pensées troublantes. Il était sans doute rouillé, un peu d'exercice matinal ne lui ferait pas de mal.
« Maître ? S'enquit une petite voix derrière lui.
Qui-Gon,qui préparait le thé, se tourna et aperçut Obi-Wan toujours affublé de sa tunique de la veille. Mais ce qui augmenta sa frustration anxieuse fut le regard de son apprenti qui balaya la pièce à la recherche de quelque chose.
- Obi-Wan, va te laver et va te changer, ordonna Qui-Gon légèrement agacé par son comportement.
- Mais Maître, je…
- Ne discute pas, tu pourras faire ce que tu souhaites après ta toilette.
- Bien, maître, obéit le plus jeune en se précipitant dans la salle de bain d'une démarche non assuré. Il n'était sans doute pas très bien réveillé.
Et à aucun moment, il n'avait croisé le regard de Qui-Gon. Force, il avait un mauvais pressentiment.
.
.
C'était beaucoup trop long pour une douche, beaucoup trop long. Dans la salle de bain, Qui-Gon pouvait entendre le bruit de la douche depuis plus de 30 minutes. A cette heure-là, le premier cours de la matinée d'Obi-Wan avait déjà commencé. Il avait même reçu un message d'alerte sur datapad à propos de l'absence de son Padawan.
De plus en plus inquiet, il alla frapper à la Salle de bain.
« Obi-Wan, qu'as-tu ? Lança-t-il en cachant une soudaine angoisse.
Seul le bruit de l'eau répondit. Puis un sanglot. Qui-Gon tressaillit, le cœur battant à toute rompre. Il réagit alors très vite, s'excusant d'avance de la violation de la pudeur de son Padawan et utilisa le code d'urgence pour ouvrir la porte de la salle de bain.
L'image qui se présenta à lui, le figea d'horreur pendant un instant. Son jeune élève habillé uniquement d'un pantalon en toile, était recroquevillé à terre, ses bras autour de ses genoux contre sa poitrine, cachant son visage, pleurant sous une douche froide.
« Padawan ! »
Qui-Gon se jeta dans la douche, arrêtant le jet d'eau glacé et s'agenouilla auprès du jeune homme qui semblait ne pas l'avoir remarqué. Il posa ses deux mains sur les épaules froides de son Padawan, qui émit un cri effrayé, voulant s'éloigner de son toucher.
« Obi-Wan, calme toi, ce n'est que moi, souffla Qui-Gon sur un ton rassurant.
Que se passait-il chez son Padawan ? Qu'avait-il manqué pour qu'il finisse dans cet état ? Qu'est ce qui n'allait pas ? Le Jedi espérait obtenir toutes ses réponses le plus rapidement possible, il n'aimait pas ne pas savoir, ne pas savoir quoi faire, quoi agir.
- Maître…claqua des dents Obi-Wan à cause du froid, maître…je…maître…je ne… »
Il hyperventilait. Ce n'était pas bon. Le maître attrapa le visage de son apprenti et le força à capter son regard, mais curieusement, les yeux bleus habituellement brillants étaient vitreux, comme s'il ne regardait rien.
« Respire, Padawan, respire, suis ma respiration, l'incita-t-il en inspirant fortement.
Obi-Wan ferma alors les yeux, cachant ainsi ses yeux qui le rendaient si étrangement mal à l'aise et suivit les conseils de son maître. Lorsqu'il fut calmé, Qui-Gon le couvrit d'une grande serviette et l'aida à se relever et l'emmena dans le salon, l'installant sur le canapé. Pendant tout ce temps, il ne put s'empêcher de remarquer le tremblement constant, la démarche maladroite du plus jeune ainsi qu'une confusion étrange sur son visage juvénile.
Comme un enfant, le Padawan fut aidé à se sécher et à s'habiller, et ce, dans le plus grand silence. Qui-Gon espérait ainsi dissiper toutes les tensions, espérant permettre à son apprenti de trouver les mots pour lui parler et réciproquement.
« Maître…l'appela-t-il enfin alors qu'il chercha une ceinture dans l'armoire.
- Oui, Padawan ? Fit-il en se tournant vers lui.
Encore une fois, il ne le regardait pas. Mais le corps d'Obi-Wan se détendit, comme s'il était rassuré par sa voix.
- Maître, je suis désolé.
- Pourquoi cela ? L'interrogea-t-il doucement.
- Je…je…vous ai encore…déçu… »
Qui-Gon fronça les sourcils, essayant de comprendre cela, et s'approcha de lui. Il fit rapidement le lien avec le jour précédent.
« Si tu veux parler de ce qui s'est passé la veille, je ne t'en veux pas, tu peux parfois être maladroit dans tes propos…
- Non, maître…ce n'est…pas de ça…Coupa Obi-Wan d'une voix étouffée.
- Eh bien, parle, Padawan. Qu'as-tu fait pour que tu sois dans cet état ?
- Maître…je suis désolé, bredouilla-t-il en larmes, je ne vois…plus rien…je suis aveugle. »
